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Espaces métriques et topologiques : définitions clés

Le document traite des espaces métriques et topologiques, en définissant des concepts clés tels que la distance, les boules ouvertes et fermées, ainsi que la topologie induite. Il aborde également la continuité des applications entre espaces métriques et topologiques, ainsi que les notions de limites pour les suites. Enfin, il présente des propriétés importantes des espaces topologiques, notamment la séparation et la densité.

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Espaces métriques et topologiques : définitions clés

Le document traite des espaces métriques et topologiques, en définissant des concepts clés tels que la distance, les boules ouvertes et fermées, ainsi que la topologie induite. Il aborde également la continuité des applications entre espaces métriques et topologiques, ainsi que les notions de limites pour les suites. Enfin, il présente des propriétés importantes des espaces topologiques, notamment la séparation et la densité.

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Espaces métriques et espaces topologiques : rappels (J-Y D)

Définition
On considère un ensemble E.
(a) Une distance sur E est une application d : E ⇥ E ! R+ vérifiant :
(i) 8x, y 2 E d(x, y) = 0 () x = y ;
(ii) 8x, y 2 E d(x, y) = d(y, x) ;
(iii) 8x, y, z 2 E d(x, z)  d(x, y) + d(y, z) (« inégalité triangulaire »).
(b) On suppose que d est une distance sur E (on dira que (E, d) est un espace métrique).
Les boules ouverte et fermée de centre x0 2 E et de rayon r > 0 sont :
e 0 , r) := {x 2 E | d(x, x0 )  r} .
B(x0 , r) := {x 2 E | d(x, x0 ) < r} et B(x
Le diamètre d’une partie non vide A de E est : diam A := sup d(x, y)  +1.
x,y2A
Par convention : diam(;) = 0. On dit qu’une partie A de E est bornée si diam A < +1.

Exemple
Soient A un ensemble et (E, d) un espace métrique.
On pose : du (f, g) := min sup d(f (x), g(x)), 1 pour f, g : A ! E.
x2A
L’application du est une distance sur E A , appelée distance de la convergence uniforme.

Définition-Proposition
(a) Soient (E, d) un espace métrique et F une partie de E.
La distance induite sur F par celle de E est la distance (x, y) 2 F ⇥ F 7! d(x, y) sur F .
La boule ouverte de centre x0 2 F et de rayon r > 0 dans F est l’intersection avec F de celle de E.
(b) Soient (E1 , d1 ) et (En , dn ) des espaces métriques.
La distance produit sur E1 ⇥ ... ⇥ En est la distance 1 sur E1 ⇥ ... ⇥ En définie Qpar : (⇤)
1 (x, y) = max di (xi , yi ) quand x = (xi )1in et y = (yi )1in sont dans Ei .
1in 1in
La boule ouverte de centre (x1 , ..., xn ) et de rayon r > 0 dans E1 ⇥...⇥En est B(x1 , r)⇥...⇥B(xn , r).
(c) Soit (En , dn ) n2N une
Q suite d’espaces métriques. Q
La distance produit sur En est la distance 1 sur En définie par :
n2N n2N Q
1
1 (x, y) = sup min dn (xn , yn ), 2n quand x = (xn )n2N et y = (yn )n2N sont dans En .
n2N n2N

Définition
{

(a) Un espace topologique est un ensemble X muni d’un ensemble T de parties de X, tels que :
(i) ; 2 T et X 2 T ;
(ii) l’intersection de deux éléments quelconques de T appartient à T ;
(iii) la réunion d’une famille quelconque d’éléments de T appartient à T .
hors programme

Dans ce cas, cet ensemble T s’appelle la topologie dont on munit de X.


(b) On se donne ici un espace topologique (X, T ) et a 2 X.
}|

On dit qu’une partie U de X est ouverte (ou que U est un ouvert de X) si U appartient à T .
On dit qu’une partie F de X est fermée (ou que F est un fermé de X) si {X F est ouverte.
On dit qu’une partie V de X est un voisinage de a si V contient un ouvert U contenant a.
On note V(a) l’ensemble des voisinages de a.
(c) On dit qu’un espace topologique (X, T ) est séparé (ou que sa topologie est séparée) si pour
tous a, b 2 X distincts, il existe U 2 V(a) et V 2 V(b) tels que U \ V = ;.
z

P P 1
(⇤) Les distances 1: (x, y) 7! di (xi , yi ) et 2: (x, y) 7! di (xi , yi )2 2
sur E1 ⇥ ... ⇥ En se comparent à
1in 1in
p
1 au moyen des inégalités suivantes, qui sont « immédiates » : 1  2  1  n 2  n 1.
Proposition
Soit (E, d) un espace métrique. On va construire à partir de d une topologie sur E.
(a) Les réunions de familles quelconques de boules ouvertes de E forment une topologie sur E.
Cette topologie est séparée. Toute boule ouverte (resp. boule fermée) est ouverte (resp. fermée).
(b) Une partie U de E est ouverte si et seulement :
8x0 2 U 9r > 0 B(x0 , r) ✓ U .
Un voisinage d’un point a de E est une partie de E qui contient une boule ouverte centrée en a.

Définition-Proposition à connaître dans le cas des espaces métriques

(a) Soient (X, T ) un espace topologique et A une partie de X.


On appelle intérieur de A la partie Å := {x 2 A | A 2 V(x)} de X et adhérence de A la partie
A := {x 2 X | 8V 2 V(x) V \ A 6= ;} de X.
On a : Å est le plus grand ouvert de X inclus dans A et A est le plus petit fermé de X contenant A.
En particulier : A est ouverte (resp. fermée) si et seulement si A = Å (resp. A = A).
On a aussi : Å ✓ A ✓ A, {X Å = {X A et {X A = {é̊ X A.
On appelle frontière de A, et note @A, le complémentaire de Å dans A.
(b) Soient (X, T ) un espace topologique et A une partie de X.
On dit que A est dense dans X si A = X.
Un point isolé de A est un point de A qui a un voisinage ne contenant pas d’autre point de A.
Un point d’accumulation pour A est un x 2 X dont tout voisinage contient un point de A\{x}.
Ainsi A est la réunion disjointe de l’ensemble des points isolés de A et de l’ensemble des points
d’accumulation pour A.
(c) Soit (E, d) un espace métrique et A une partie de E. On verra plus tard la définition d’une
« suite convergente dans E » (définition connue dans le cas où E est égal à Rn ou Cn , n 2 N).
La partie A est l’ensemble des limites des suites d’éléments de A qui convergent dans E (?) .
Les points d’accumulations de A sont les x 2 E limite d’une suite convergente d’éléments de A\{x}.

Définition-Proposition
{

(a) Soient (X, T ) un espace topologique et Y une partie de X.


La topologie induite sur Y par celle de X est la topologie U := {U \ Y ; U 2 T } sur Y .
(Lorsque T provient d’une distance, la topologie induite provient de la distance induite.)
Les ouverts, fermés, voisinages d’un point a de Y dans Y sont les intersections avec Y de ceux de X.
Lorsque la topologie de X est séparée, la topologie induite sur Y est séparée.
(b) Soient (X1 , T1 ), ..., (Xn , Tn ) des espaces topologiques.
La topologie produit sur X1 ⇥ ... ⇥ Xn est la topologie dont les éléments sont les réunions de
hors programme

parties de la forme U = U1 ⇥ ... ⇥ Un avec U1 2 T1 , ..., Un 2 Tn .


}|

(Lorsque T1 , ..., Tn proviennent de distances, la topologie produit provient de la distance produit.)


Les voisinages d’un point (a1 , ..., an ) de X1 ⇥...⇥Xn sont les parties de X1 ⇥...⇥Xn qui contiennent
un certain U1 ⇥ ... ⇥ Un avec U1 ouvert de X1 contenant a1 , ..., Un ouvert de Xn contenant an .
Lorsque les topologies de X1 , ..., Xn sont séparées, la topologie produit sur X1 ⇥...⇥Xn est séparée.
(c) Soit ((Xi , Ti ))i2I uneQ famille d’espaces topologiques..
La topologie produit sur Xi est la topologie dont les éléments sont les réunions de parties de
Q i2I
la forme U = Ui avec Ui 2 Ti pour tout i 2 I et l’ensemble J := {i 2 I | Ui 6= Xj } est fini.
i2I
(Lorsque I = N et les Tn proviennent de distances, cette topologie provient de la distance produit.)
z

(?) Cette caractérisation, très utile, est fausse dans le cas d’un espace topologique quelconque.
Suites et applications continues : rappels (J-Y D)

On considère des espaces métriques (E, dE ) et (F, dF ), et des espaces topologiques X, Y et Z.

Définition
(a) On dit qu’une application f : E →! F est continue en a ∈ E si : "
∀ε > 0 ∃α > 0 ∀x ∈ E dE (x, a) < α =⇒ dF (f (x), f (a)) < ε .
On dit qu’une telle application f : E → F est continue si elle est continue en tout point de E.
! "
(b) On dit qu’une suite un n≥0 d’éléments de E a pour limite l ∈ E quand n → +∞ si :
! "
∀ε > 0 ∃N ∈ N ∀n ∈ N n ≥ N =⇒ dE (un , l) < ε .
# $% &
signifie que dE (un , l) −→ 0
n→+∞
! "
On notera comme d’habitude « un −→ l » pour exprimer que un n≥0 a pour limite l.
n→+∞
! "
(c) On dit qu’une suite un n≥0 d’éléments de E a pour valeur d’adhérence λ ∈ E si :
! "
∀ε > 0 ∀N ∈ N ∃n ∈ N n ≥ N et dE (un , λ) < ε .

Remarque
On suppose que les espaces métriques produits usuels Rp et Rq sont munis de bases B et C .
'x 'f (x ,...,x ) 'a
' .1 ' 1 1. p ' 1
q
(a) Si f : A p−→ R envoie tout v ' .. ∈ A sur f (v) '
' ' .. ∈ R et a '' ... ∈ A , on a :
q
partie de R /B xp fq (x1 ,...,xp ) /B ap /C
f est continue en a si et seulement si f1 et ... et fq sont continues en (a1 , ..., ap ).
'x 'l
! " ' 1,n '1
(b) Si une suite un n≥0 d’éléments de Rp s’écrit un '' .. pour n ∈ N et l '' ... ∈ Rp , on a :
.
/B xp,n /B lp
un −→ l si et seulement si x1,n −→ l1 et ... et xp,n −→ lp .
n→+∞ n→+∞ n→+∞

Définition-Proposition
Les deux définitions suivantes (dont découle la dernière) généralisent la définition ci-dessus.
(a) On dit qu’une application f : X → Y est continue en a ∈ X si :
∀V ∈ V(f (a)) ∃U ∈ V(a) f (U) ⊆ V .
# $% &
signifie que f −1 (V ) est un voisinage de a

On dit qu’une application f : X → Y est continue si elle est continue en tout point de X.
(b) On se donne A ⊆ X et a ∈ A (par exemple A = X et a ∈ X), et l ∈ Y .
On dit qu’une application f : A → Y a pour limite l quand x → a avec x ∈ A si :
∀V ∈ V(l) ∃U ∈ V(a) f (U ∩ A) ⊆ V . ←−[voisinages dans Y et dans X]

On notera « f (x) −→ l » pour exprimer que f a pour limite l quand x → a avec x ∈ A. (!)
x→a, x∈A
Dans ce cas et lorsque Y est séparé, cet élément l de Y est unique et noté lim f (x).
x→a, x∈A
! "
(c) On dit qu’une suite un n≥0 d’éléments de Y a pour limite l ∈ Y quand n → +∞ si :
! "
∀V ∈ V(l) ∃N ∈ N ∀n ∈ N n > N =⇒ un ∈ V .
Il s’agit du cas particulier du (b) avec X = N ∪ {+∞} (donc X ⊆ R ∪ {−∞, +∞}) et A = N.
# $% &
on prolonge u· avec une valeur de u+∞ arbitraire

(!) Quand f : R → R et a ∈ R, on obtient les notions de limites finies suivantes :


x → a (X = A = R), x −→ a (X = R et A = R\{a}), x → a− (X = R et A = ]−∞, a[), x → a+ (X = R et
x!=a
A = ]a, +∞[), x → −∞ (X = R ∪ {−∞} et A = R), x → +∞ (X = R ∪ {+∞} et A = R).
# $% & # $% &
on prolonge f avec une valeur de f (−∞) arbitraire on prolonge f avec une valeur de f (+∞) arbitraire
Dans ces derniers exemples, la topologie de R ∪ {−∞, +∞} est celle qui induit la topologie de R et pour laquelle les
voisinages de −∞ (resp. +∞) sont les parties contenant [−∞,α[ (resp. ]α,+∞]) pour un α ∈ R.
Remarque
(a) La distance d’un espace métrique est continue (découle de : |d(x, y) − d(y, z)| ≤ d(x, z)).
(b) Soient A ⊆ X et B ⊆ Y , f : X → Y telle que f (A) ⊆ B, et a ∈ A.
Si f est continue en a, alors la restriction f A,B : A → B qui envoie x ∈ A sur f (x) ∈ B est
continue en a. La réciproque est vraie lorsque A est un voisinage de a dans X.
(c) Soit (x0 , y0) ∈ X × Y . Si u : X × Y → Z est continue en (x0 , y0 ), alors l’application
u(·, y0) : X → Z est continue en x0 et l’application u(x0 , ·) : Y → Z est continue en y0 .
(d) Soit x0 ∈ X. Une application v : X → Y ×Z est continue en x0 si et seulement si
x .→ (v1 (x), v2 (x))
les applications v1 : X → Y et v2 : X → Z sont continues en x0 . ←[donc Y ×Z → Y ×Z et Y ×Z → Y ×Z sont continues]
(y, z) &→ y (y, z) &→ z
! "
(e) Soit (k, l) ∈ Y × Z. Une suite (vn , wn ) n≥0 d’éléments de Y × Z a pour limite (k, l) si et
seulement si la suite (vn )n≥0 a pour limite k et la suite (wn )n≥0 a pour limite l.

Proposition
(a) Une application f : X → Y est continue si et seulement si :
∀ V ouvert de Y f −1 (V ) est un ouvert de X.
On a une caractérisation analogue en remplaçant « ouvert » par « fermé ».
(b) Si f : X → Y est continue en a ∈ X et g : Y → Z est continue en f (a),
alors l’application g ◦ f : X → Z est continue en a.
! "
(c) Si un n≥0 a pour limite b dans Y et g : Y → Z est continue en b, alors g(un ) −→ g(b).
généralise (b) et (c)

n→+∞
$

(d) On se donne A ⊆ X et a ∈ A, B ⊆ Y et b ∈ B, l ∈ Z.
Si f : A → Y vérifie f (A) ⊆ B et f (x) −→ b, alors (g ◦ f )(x) −→ l.
&#

x→a, x∈A x→a, x∈A


g : B → Z vérifie g(y) −→ l
%

y→b, y∈B

Corollaire
Toute
( réunion finie de parties de X de la forme )
! x (∈ X | α 1 (x) < a 1 , ..., α p (x) < ap , β1 (x) > b1 , ..., βq (x) > bq , γ 1 (x) =
0 c 1 , ..., γ r (x) =
0 c r )"
resp. x ∈ X | α1 (x) ≤ a1 , ..., αp (x) ≤ ap , β1 (x) ≥ b1 , ..., βq (x) ≥ bq , γ1 (x) = c1 , ..., γr (x) = cr
avec α1 , ..., αp , β1 , ..., βq , γ1 , ..., γr : X → R continues et a1 , ..., ap , b1 , ..., bq , c1 , ..., cr ∈ R
est ouverte (resp. fermée).

Définition-Proposition
(a) On dit qu’une application f : X → Y est un homéomorphisme si :
f est bijective, et les applications f et f −1 sont continues.
(b) On dit qu’une application f : E → !F est uniformément continue si : "
∀ε > 0 ∃α > 0 ∀x, y ∈ E dE (x, y) < α =⇒ dF (f (x), f (y)) < ε .
Dans ce cas, f est continue.
(c) Soit k ≥ 0. On dit qu’une application f : E → F est k-lipschitzienne si :
∀x, y ∈ E dF (f (x), f (y)) ≤ k dE (x, y).
Dans ce cas, f est uniformément continue.

Définition
Soit E un ensemble muni de deux distances d1 et d2 . On note idE : E → E l’application x .→ x.
(a) On dit que d1 et d2 sont topologiquement équivalentes si :
idE est continue de (E, d1 ) dans (E, d2 ) et de (E, d2 ) dans (E, d1).
(Cela signifie que d1 et d2 définissent la même topologie sur E.)
(b) On dit que d1 et d2 sont uniformément équivalentes si :
idE est uniformément continue de (E, d1 ) dans (E, d2 ) et de (E, d2 ) dans (E, d1).
(c) On dit que d1 et d2 sont Lipschitz-équivalentes si :
idE est lipschitzienne de (E, d1 ) dans (E, d2) et de (E, d2 ) dans (E, d1 ).
Espaces métriques complets : rappels (J-Y D)

On considère deux espaces métriques E et F .

Définition
(a) On dit qu’une suite un n 0 d’éléments de E est une suite de Cauchy si :
8" > 0 9N 2 N 8p, q 2 N p N et q N =) d(up , uq ) < " .
| {z }
s’écrit en abrégé : d(up , uq ) ! 0
min(p,q)!+1

(b) On dit que l’espace métrique E est complet si toute suite de Cauchy dans E est convergente.
(c) On dit qu’une application f : E ! F est contractante si elle est k-lipschitzienne pour un
certain k 0 qui vérifie k < 1.
(d) On dit qu’une application f : E ! F est isométrique si : 8x, y 2 E d(f (x), f (y)) = d(x, y).

Proposition
(a) Toute partie complète d’un espace métrique est fermée.
Toute partie fermée d’un espace métrique complet est complète.
(b) L’image d’une suite de Cauchy par une application uniformément continue d’un espace
métrique dans un autre est une suite de Cauchy.
(c) Un produit fini ou dénombrable d’espaces métriques complets est complet.
(d) Soit n 2 N. L’espace métrique R est complet, donc l’espace métrique Rn est complet (pour
une distance associée à une norme quelconque) et ses parties complètes sont ses parties fermées.
(e) On suppose que E est complet. Pour tout ensemble A, l’ensemble E A des applications de A
dans E est complet pour la distance du de la convergence uniforme. (?)

Théorème (« théorème du point fixe »)


On suppose que E est complet non-vide et que f : E ! E est contractante.
Alors il existe l 2 E unique tel que f (l) = l, et pour tout x0 2 E la suite récurrente (xn )n 0
déterminée par la relation xn+1 = f (xn ) converge vers l. (??)

Proposition
(a) On suppose que D est une partie dense de E et que F est complet.
Toute application uniformément continue f : D ! F a un unique prolongement continu
f˜: E ! F ; de plus f˜ est uniformément continue.
(b) Il existe un espace métrique complet E, e appelé complété de E, muni d’une application
e
isométrique d’image dense ĩ : E ! E. Pour tout autre couple (E, e ĩ) qui convient dans le rôle
e ĩ), il existe une bijection isométrique j : E
de (E, e!E e telle que ĩ = j ĩ.

Proposition
(a) Les suites de Cauchy dans E sont les suites de points de E convergentes dans E.e
En particulier toute suite de Cauchy est bornée, et toute suite convergente est de Cauchy.
(b) Tout espace métrique compact est complet (car il est fermé dans son complété).

(?) On note ici (E A )b le fermé de E A formée des applications dont l’image est bornée. Il est aussi muni de la distance
d1 définie par d1 (f, g) = sup d(f (x), g(x)). Comme d1 est uniformément équivalentes à la distance induite par du ,
x2A
l’ensemble (E A )b muni de d1 est complet quand E est complet.
(??) Quand f est k-contractante on a la majorationn
suivante de l’erreur commise en approximant l par xn :
d(xn , l)  1k k d(x0 , x1 ) pour tout n 0.
On suppose dans la suite que E et F sont des espace vectoriels normés sur K = R ou C.

Définition
(a) On appelle espace de Banach un espace vectoriel normé qui est complet pour la distance
associée à sa norme. ⇣ ⌘
P Pn
(b) On appelle série d’éléments de E une suite ( un )n 0 de la forme un , uk où (un )n 0
k=0 n 0
⇣P n ⌘
est une suite d’éléments de E. Sa convergence équivaut donc à celle de la suite uk .
k=0 n 0
P P
+1
(c) La somme d’une série convergente ( un )n 0 d’éléments de E est le vecteur un suivant :
P
+1 Pn n=0
un = lim uk .
n=0 n!+1 k=0
P P
+1
(d) On dit qu’une série ( un ) n 0 d’éléments deE est normalement convergente si kun k<+1.
n=0

Exemples
(a) Soit K un espace topologique compact. L’espace vectoriel C (K, R) des applications continues
| {z }
fermé de l’espace des applications bornées de K dans R
de K dans R, muni de la norme de la convergence uniforme, est un espace de Banach.
(b) Si F est un espace de Banach, l’espace vectoriel L (E, F ) des applications linéaires continues
| {z }
s’identifie à un fermé de l’espace des applications bornées, de la boule unité fermée de E, dans F
de E dans F , muni de la norme des applications linéaires, est un espace de Banach.

Proposition
(a) On suppose que D est un sous-espace vectoriel dense de E et que F est un espace de Banach.
Toute application f 2 L (D, F ) a un unique prolongement f˜ 2 L (E, F ) ; de plus kf˜k = kf k.
(b) Il existe un espace de Banach E, e appelé complété de E, muni d’une application linéaire
isométrique (???)
d’image dense ĩ : E ! E.e Pour tout autre couple (E,
e ĩ) qui convient dans le rôle
e ĩ ), il existe une bijection linéaire isométrique j : E
de (E, e!E e telle que ĩ = j ĩ.

Proposition
P
(a) Si une série ( un ) n 0 d’éléments de E converge, elle vérifie :
P
+1 P
+1
un ! 0 et un  kun k  +1.
n!+1 n=0 n=0
(b) Toute série absolument convergente d’éléments d’un espace de Banach est convergente. (????)

(???) Une application linéaire f : E ! F est isométrique si et seulement si : 8x 2 E kf (x)k = kxk.


(????) Plus précisément, E est un espace de Banach si et seulement si toute série absolument convergente d’éléments
de E est convergente.
Espaces
| topologiques
{z compacts} : rappels (J-Y D)
(à connaître dans le cas des espaces métriques)

On considère un espace topologique X et un espace métrique E.

Définition
S
(a) On appelle recouvrement de X une famille (Ai )i2I de parties de X telle que X = Ai . Dans
i2I
ce cas, un sous-recouvrement de (Ai )i2I est un recouvrement de X de la forme (Aj )j2J avec J ✓ I.
(b) On dit que l’espace topologique X est compact si X est séparé et tout recouvrement (Ui )i2I
de X à l’aide d’ouverts Ui a un sous-recouvrement (Uj )j2J avec J fini.
(c) On appelle suite extraite d’une suite (xn )n 0 d’éléments de E une suite de la forme (xnk )k 0
où (nk )k 0 est une suite strictement croissante d’éléments de N.

Proposition
(a) Toute partie compacte d’un espace topologique séparé est fermée.
Toute partie fermée d’un espace topologique compact est compacte.
(b) L’image d’une application continue d’un espace topologique compact dans un espace topolo-
gique séparé est compacte. En particulier, une bijection continue d’un espace topologique compact
dans un espace topologique séparé est un homéomorphisme, car elle envoie un fermé sur un fermé.
(c) Un produit d’espaces topologiques compacts est compact (« théorème de Tychonoff »).

Proposition
(a) L’espace métrique E est compact si et seulement si toute suite (xn )n 0 d’éléments de E
possède une suite extraite (xnk )k 0 qui converge (« théorème de Bolzano-Weierstrass »).
(b) Toute application continue d’un espace métrique compact dans un espace métrique est
uniformément continue (« théorème de Heine »).

Proposition
Soient n 2 N et K = R ou C.
(a) Les parties compactes de Kn sont ses parties fermées et bornées pour k k1 .
(b) Une partie compacte non-vide de R a donc un plus petit élément et un plus grand élément.
En particulier, toute application continue d’un espace topologique compact non-vide dans R prend
une plus petite et une plus grande valeur. A fortiori tout espace métrique compact est borné.
(c) Toutes les normes sur Kn sont équivalentes. (?)
En particulier, on peut remplacer k k1 dans le (a) ci-dessus par n’importe quelle norme sur Kn .

P
(?) Une norme N sur Kn muni de k k1 est lipschitzienne car N (x)  N (ei ) kxk1 pour x 2 Kn , où
| {z } 1in
grâce à l’inégalité |N (u) N (v)|  N (u v)
(ei )1in est la base canonique, donc 1/N est majoré sur la sphère unité pour k k1 qui est compacte.
Espaces
| topologiques
{z connexes} : rappels (J-Y D)
(à connaître dans le cas des espaces métriques)

On considère un espace topologique X.

Définition
(a) On dit que l’espace topologique X est connexe si X n’est pas réunion de deux ouverts
disjoints non-vides.
(b) On appelle chemin de X d’origine a 2 X et d’extrémité b 2 X une application continue
: [0, 1] ! X telle que (0) = a et (1) = b.
0 1
Quand ⇢ est un chemin de X joignant a à b et est un chemin de X joignant b à c, leur composé
@ (2t) si 0  s  12 A
: t 7! au sens des chemins est un chemin joignant a à c.
(2t 1) si 2 < s  1
1

(c) On dit que l’espace topologique X est connexe par arcs si pour tous a, b 2 X il existe un
chemin de X qui a pour origine a et extrémité b.

Proposition
(a) L’espace topologique X est connexe si et seulement si toute application continue de X dans
{0, 1} est constante. A fortiori la réunion de connexes de X qui ont un point commun est connexe.
(b) L’image d’une application continue d’un espace topologique connexe (resp. connexe par arcs)
dans un espace topologique est connexe (resp. connexe par arcs).
(c) Un produit de deux espaces topologiques non-vides est connexe (resp. connexe par arcs) si
et seulement si chacun des deux est connexe (resp. connexe par arcs).

Proposition
(a) Les parties connexes de R sont les intervalles.
Par conséquent, une application continue d’un espace topologique connexe dans R qui prend des
valeurs ↵ et prend aussi toutes les valeurs entre ↵ et (« théorème des valeurs intermédiaires »).
(b) Tout espace topologique connexe par arcs est connexe.
Espaces vectoriels normés : rappels (J-Y D)

Soient E, F , et G des espaces vectoriels sur K = R ou C.

Définition
(a) Une norme sur E est une application N : E ! R+ vérifiant :
(i) 8v 2 E N (v) = 0 () v = 0 ;
(ii) 8v 2 E 8 2 K N ( v) = | | N (v) ;
(iii) 8v, w 2 E N (v + w)  N (v) + N (w) (« inégalité triangulaire »).
(b) On dit que deux normes N1 et N2 sur E sont équivalentes si :
(?)
9↵, > 0 ↵N1  N2  N1 .
(c) La distance associée à une norme N sur E est l’application d : E ⇥ E ! R+ définie par :
(??)
8x, y 2 E d(x, y) := N (x y) .

Exemple 1 (espaces de fonctions réelles ou complexes)


(a) On définit une norme N sur l’espace vectoriel K[X], qui « s’identifie » à l’espace des appli-
R1
cations polynomiales de K dans K, en posant : N (P ) := 0 |P (t)| dt pour tout P 2 K[X].
(b) Soit A un ensemble. On définit une norme k k1 sur l’espace vectoriel (KA )b formé des
applications bornées de A dans K en posant : kf k1 := sup |f (x)| pour tout f 2 (KA )b .
x2A

Rappel
Soit A un ensemble. On pose : kf k1 := sup |f (x)|  +1 pour toute application f : A ! K.
x2A
(a) On dit qu’une suite (fn )n 0 d’applications de A dans K converge simplement vers une
application f de A dans K si : fn (x) ! f (x) pour tout x 2 A.
n!+1
(b) On dit qu’une suite (fn )n 0 d’applications de A dans K converge uniformément vers une
application f de A dans K si : kfn f k1 ! 0. Dans ce cas (fn )n 0 converge simplement vers f .
n!+1

Exemple 2 (espaces de suites de nombres complexes)


⇣ +1
P ⌘1/p
p
(a) Soit p 2 [1, +1[. On pose : k(an )n 0 kp := |an |  +1 pour tout (an )n 0 2 CN .
n=0
On note : lp := (an )n 0 2 CN | k(an )n 0 kp < +1 .
L’application k kp se restreint en une norme sur l’espace vectoriel complexe lp .
(b) On note : l1 := (an )n 0 2 CN | k(an )n 0 k1 < +1 l’espace vectoriel des suites bornées.
L’application k k1 se restreint en une norme sur l’espace vectoriel complexe l1 .
(c) Les espaces vectoriels normés lp avec p 2 [1, +1[ et l1 sont des espaces de Banach.

Cas particulier (suites de nombres complexes nulles à partir du n + 1ème terme)


On fixe n 2 Nq
\{0}. On pose, pour tout (x1 , ..., xn ) 2 Kn : k(x1 , ..., xn )k1 := |x1 | + · · · + |xn |,
k(x1 , ..., xn )k2 := |x1 |2 + · · · + |xn |2 , et k(x1 , ..., xn )k1 := max (|x1 |, ..., |xn |).
Chacune des applications k k1 , k k2 , et k k1 est une norme sur l’espace vectoriel Kn .
(?) On verra plus tard que toutes les normes sur un K-espace vectoriel de dimension finie sont équivalentes.
(??) Des distances d1 et d2 associées à des normes N1 et N2 sur E sont topologiquement équivalentes (resp. unifor-
mément équivalentes, Lipschitz-équivalentes) si et seulement si les normes N1 et N2 sont équivalentes.
Définition
On se donne une norme k kE sur E.
(a) Soient a, b 2 E. Le segment [a, b] est l’ensemble suivant : [a, b] := a + t(b a) ; t 2 [0, 1] .
(b) On dit qu’une partie U de E est convexe si : [a, b] ✓ U pour tous a, b 2 U .

Définition-Proposition
On se donne des normes k kE et k kF sur E et F .
L’espace vectoriel produit E ⇥ F , formé des couplesq(v, w) avec v 2 E et w 2 F , est muni de la
norme 2 du produit k kE⇥F définie par : k(v, w)kE⇥F := k vk2E + kw k2F pour tout (v, w) 2 E⇥F . (⇤)

Définition-Proposition
On se donne une norme k kE sur E.
(a) Une suite (xn )n 0 d’éléments de E converge vers un élément a de E si et seulement si pour
tout " > 0 il existe N 2 N tel que : kxn akE < " dès que n > N .
P ⇣ Pn ⌘
(b) On dit qu’une série ( an )n 0 dans E, c’est à dire une suite de la forme (an )n 0 , ( ak )n 0
P k=0
avec an 2 E pour tout n 0, converge absolument si la série ( kan kE )n 0 converge dans R.

Proposition
On se donne des normes k kE , k kF , k kG sur E, F , G, et deux normes N1 et N2 sur E.
(a) Une application linéaire u : E ! F est continue si et seulement s’il existe k 0 tel que :
ku(x)kF  k kxkE pour tout x 2 E.
Ainsi N1 et N2 sont équivalentes si et seulement si idE : (E, N1 ) ! (E, N2 ) est bicontinue.
(b) Lorsque E est de dimension finie : toute application linéaire de E dans F est continue (une
P
base (e1 , ..., en ) de E fournit une norme N : xi ei 7! max |xi | qui s’avère équivalente à k kE ).
1in 1in
(c) Une application bilinéaire ⇡ : E ⇥F ! G est continue si et seulement s’il existe k 0 tel que :
k⇡(x, y)kG  k kxkE kykF pour tout (x, y) 2 E ⇥ F .
(d) La somme de E ⇥ E dans E et la multiplication par un scalaire de K ⇥ E dans E sont des
applications continues (cas particuliers respectivement de (a) et de (c)).

Définition-Proposition
On se donne des normes k kE , k kF , et k kG sur E, F , et G.
(a) On note L (E, F ) l’espace vectoriel formé des applications linéaires continues de E dans F .
On pose : E 0 = L (E, K). C’est le sous-espace vectoriel de E ⇤ formé des formes linéaires continues.
(b) On appelle norme subordonnée à k kE et k kF la norme k k sur L (E, F ) définie par :
ku(x)kF (⇤⇤)
kuk := sup kxkE
pour tout u 2 L (E, F ).
x2E
x6=0
| {z }
(ce sup dans R+ vaut par convention 0 quand E = {0})

En particulier, on a : si u 2 L (E, F ) et x 2 E, alors ku(x)kF  kukkxkE .


(c) Si u 2 L (E, F ) et v 2 L (F, G), alors v u 2 L (E, G) et kv uk  kvkkuk.

(⇤) Comme les normes k k1 , k k2 , et k k1 sur R2 sont équivalentes, cette norme k kE⇥F est équivalente aux normes
(v, w) 7! k vkE + kw kF et (v, w) 7! max(k vkE , kw kF ) sur E ⇥ F .
(⇤⇤) Le nombre kuk est donc le plus petit réel k 0 vérifiant : ku(x)kF  k kxkE pour tout x 2 E.
Suites de fonctions : rappels (J-Y D)

Proposition (curiosité)
Soient X un espace topologique X, Ω ⊆ X, fn : Ω → C pour n ∈ N, F : Ω → C, et a ∈ Ω.
On suppose que fn (x) a une limite quand x → a pour chaque n ∈ N ;
x∈Ω
(fn )n≥0 converge uniformément vers F .
Alors F (x) a une limite quand x → a et : x→a lim F (x) « interversion des limites ».
lim fn (x) −→ x→a
x∈Ω n→+∞
x∈Ω x∈Ω

On obtient comme corollaire le résultat suivant.

Proposition 1 (« théorème convergence uniforme + continuité »)


Soient Ω un espace topologique, fn : Ω → C pour n ∈ N, et F : Ω → C, et a ∈ Ω.
On suppose que fn est continue en a pour chaque n ∈ N ;
(fn )n≥0 converge uniformément vers F .
Alors F est continue en a.

Proposition 2 (« théorème convergence uniforme + différentiabilité »)


Soient Ω un ouvert convexe de RN et fn : Ω → C pour n ∈ N.
On suppose que fn est différentiable pour chaque n ∈ N ;
! "
il existe x0 ∈ Ω pour lequel la suite fn (x0 ) n≥0 converge ;
la suite (dfn )n≥0 converge uniformément.
Alors (fn )n≥0 converge uniformément sur toute partie bornée de Ω vers une fonction différentiable F
telle que : dF (x) · h = lim (dfn (x) · h) pour x ∈ Ω et h ∈ RN .
n→+∞

Proposition 3 (« continuité et dérivabilité d’une intégrale dépendant d’un paramètre »)


Soient [a, b] un segment (a < b), Ω une partie de RN et I un intervalle infini.
#b
(a) Si f : [a, b] × Ω → C est continue, alors F : x &→ a f (t, x) dt est continue sur Ω.
#b
(b) Si f : [a, b] × I → C est continue et ∂f ∂x
est définie et continue, alors F : x &→ a f (t, x) dt
#b
est dérivable sur I et F % : x &→ a ∂f
∂x
(t, x) dt.

On se donne maintenant un espace mesurable T muni d’une mesure positive µ, et des applica-
tions ft , t ∈ T , d’un espace métrique Ω de RN dans C. Quand T = N avec la mesure de comptage,
les propositions 1’ et 2’ donneront les proposition 1 et 2 dans le cas de la convergence normale.

Théorème (« théorème de convergence dominée ») (∗)


On considère des applications ϕn , n ∈ N, de T dans C.
On suppose que (i) la suite (ϕn (t))n∈N converge pour µ-presque tout t ∈ T ;
(ii) l’application t &→ ϕn (t) est mesurable pour tout n ∈ N ;
(iii) il existe g ∈ LR1 (µ) tel que sup |ϕn (t)| ≤ g(t) µ-p. p. .
n∈N
Alors il existe ϕ ∈ LR1 (µ) tel que ϕn (t) −→ ϕ(t) µ-p. p. ;
# # n→+∞
ϕn (t) dµ(t) −→ T ϕ(t) dµ(t) .
$T %& ' n→+∞
défini

(∗) En particulier : si une suite d’applications continues fn : [a, b] → C , n ∈ N converge uniformément vers f ,
#b #b
alors a fn (t) dt −→ a f (t) dt (prendre T = [a, b] et ϕn = fn − f ).
n→+∞
Proposition 1’ (« continuité d’une intégrale dépendant d’un paramètre »)
On fixe a ∈ Ω.
On suppose que (i) l’application t "→ ft (x) est mesurable pour tout x ∈ Ω ;
(ii) ft est continue en a pour µ-presque tout t ∈ T ;
(iii) il existe g ∈ LR1 (µ) tel que sup |ft (x)| ≤ g(t) µ-p. p. .
! x∈Ω
Alors l’application F : x "→ T ft (x) dµ(t) est continue en a.
" #$ %
défini
Démonstration (idée)
Pour tout (xn )n∈N ∈ ΩN vérifiant xn −→ a, le théorème de convergence dominée montre que :
! n→+∞ !
F (xn ) = T ft (xn ) dν(t) −→ F (a) = T ft (a) dν(t).
n→+∞

Proposition 2’ (« différentiation d’une intégrale dépendant d’un paramètre »)


On suppose ici que Ω ⊆ RN est un ouvert de RN .
On suppose que (i) l’application t "→ ft (x) appartient à LR1 (µ) pour tout x ∈ Ω ;
(∗)
(ii) ft est différentiable sur Ω pour µ-presque tout t ∈ T ;
g ∈ LR1 (µ) tel que sup 'dft (x)' ≤ &
(iii) il existe & g (t) µ-p. p. .
! x∈Ω
Alors l’application F : x "→ T ft (x) dµ(t) est différentiable sur Ω ;
!
dF (x)·h = T dft (x)·h dµ(t) pour tous x ∈ Ω et h ∈ RN .
" #$ %
défini

Démonstration (idée)
Soit a ∈ Ω. On se donne hn −→ 0 dans RN avec hn (= 0 et [a, a + hn ] ⊆ Ω pour n ≥ 0. On a :
! n→+∞
'
F (a + hn ) − F (a) − T dft (a)·hn dµ(t) ft (a + hn ) − ft (a) − dft (a)·hn
= dµ(t) −→ 0 car
'hn ' T 'hn ' n→+∞
|ft (a + hn ) − ft (a) − dft (a)·hn |
≤ sup 'dft (a + θhn ) − dft (a)' pour µ-presque tout t ∈ T .
'hn ' 0≤θ≤1

Proposition 3’ (« holomorphie d’une intégrale dépendant d’un paramètre »)


On choisit maintenant pour Ω un ouvert de C = R2 .
On suppose que (i) l’application t "→ ft (z) est mesurable pour tout z ∈ Ω ;
(ii) ft est holomorphe sur Ω pour µ-presque tout t ∈ T ;
(iii) il existe g ∈ LR1 (µ) tel que sup |ft (z)| ≤ g(t) µ-p. p. .
! z∈Ω
Alors l’application F : z "→ T ft (z) dµ(t) est holomorphe sur Ω ;
! (n)
F (n) (z) = T ft (z) dµ(t) pour tous n ∈ N et z ∈ Ω.
" #$ %
défini

Démonstration (idée)
On rappelle qu’une application f : Ω → C est holomorphe si et seulement si elle est différen-
tiable et l’application df (z) est C-linéaire pour tout z ∈ Ω (équation de Cauchy-Riemann).
Dans ce cas, pour tout z ∈ Ω on dispose d’un unique f & (z) ∈ C tel que df (z) : h ∈ C "→ f & (z) h.
Soient a ∈ Ω et r > 0 tels que B(a, r) ⊆ Ω. Toute fonction holomorphe f : Ω → C vérifie :
& 1
! f (u)
f (z) = 2iπ C (a,r)+ (u−z)2
du pour tout z ∈ B(a, r) (cf. l’analycité des fonctions holomorphes).
( ! (
& (1 ft (u) ( 1 g(t)
D’où : sup |ft (z)| = sup ( 2π C (a,r)+ (u−z)2 du( ≤ 2iπ ×2πr × r 2 µ-presque partout.
( )
z∈B(a, r2 ) z∈B(a, r2 ) 2

&
Ainsi, la famille (ft B(a, r ) )t∈T vérifie une hypothèses analogue à (iii) qui porte sur (ft )t∈T .
2

On applique la proposition 2’ sur l’ouvert B(a, 2r ) qui contient z := a, puis fait une récurrence.
(∗) Lorsque Ω est convexe et x0 ∈ Ω, l’inégalité des accroissements finis permet de remplacer la condition (ii) par la
condition suivante : « l’application t "→ ft (x) est mesurable pour tout x ∈ Ω et t "→ ft (x0 ) appartient à LR1 (µ) ».

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