Histoire moderne : enjeux et découvertes
Histoire moderne : enjeux et découvertes
M. Burgeon
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INTRODUCTION AU COURS D’HISTOIRE
La finalité fondamentale du cours d’histoire est d’aider le jeune à se situer dans la société et à
la comprendre afin d’y devenir un acteur à part entière. La démocratie n’est pas un donné
mais le résultat d’un long combat intellectuel, politique et social, jamais achevé. « Apprendre,
c’est d’abord apprendre à penser ».
Être citoyen aujourd’hui, c’est s’inscrire dans une histoire et une culture particulières, prendre
conscience de ses racines pour s’ouvrir au monde et aux autres. Le patrimoine est constitué
des biens légués par les hommes et les femmes qui nous ont précédés. Les textes, les
monuments, les œuvres d’art, les découvertes scientifiques… qui ont contribué au
développement de nos régions sont notre premier patrimoine. Toutefois le patrimoine n’est
pas que régional. Il est aussi européen et mondial. À ces titres, des tanks de la Seconde Guerre
mondiale, la déclaration des droits de l’Homme… font partie de notre patrimoine.
2) La méthode historienne
L’histoire est une enquête (cf. Hérodote) ; elle se construit par l’approche scientifique des
traces du passé. Cela suppose pour l’historien comme pour l’élève une démarche scientifique
fondée sur le questionnement, la recherche, la critique et la mise en contexte des traces du
passé, la confrontation des hypothèses explicatives… La question est bien : quel type
d’homme et de femme veut-on former ? Il faut développer les compétences et le sens
critique !
3) Les 4 compétences
4) Le programme
1) L’EUROPE A LA DECOUVERTE DU MONDE : colonisation/impérialisme
- La connaissance du monde ; Les explorations du XVIe s. au XVIIIe s. ; La conquête ; L’exploitation des colonies
2) LE MOUVEMENT DES IDEES du XVIe s. au XVIIIe s. : humanisme/réformisme
- Un esprit nouveau : des mouvements qui remettent en cause les savoirs, le statut de l’Homme, l’art, … et leur diffusion
- La séparation des Églises chrétiennes
3) L’AFFIRMATION DES ÉTATS EN EUROPE du XVIe s. au XVIIIe s. : démocratie/impérialisme
- Absolutisme, parlementarisme ; La situation géopolitique en Europe :
4) LES RÉVOLUTIONS LIBÉRALES ET NATIONALES : inégalités sociales/démocratie/systèmes
- La société de l’Ancien Régime ; Les idées politiques et sociales de la philosophie des Lumières ; La révolution américaine
- La Révolution française
- La diffusion des idées révolutionnaires avec Napoléon et le Congrès de Vienne
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- Les mouvements libéraux et nationaux en Europe et la révolution belge
La remise en cause des pouvoirs telle qu’amorcée à la fin du Moyen Age aura tout au long de
cette période des conséquences différentes : un affaiblissement de la chrétienté dû à la
réforme et un renforcement du pouvoir central des monarques. L’absolutisme
monarchique devient la doctrine de gouvernement par excellence. Ce mouvement aboutira à
une remise en cause de ce pouvoir et trouvera dans la Révolution française (seconde césure
de la période) le début de son aboutissement.
Toutefois en histoire, les ruptures ne sont généralement pas aussi brutales que le laisse croire
la chronologie. Si la période moderne, marquée par la Renaissance artistique et humaniste, la
centralisation des Etats, la suprématie de l’Occident… représente dans son ensemble une vraie
rupture par rapport au Moyen Age, cette rupture ne s’est pas faite en un jour suite à un
événement particulier. La transition entre le Moyen Age et la période moderne s’est faite dans
la durée suite à une conjonction d’événements déterminants.
Quels sont les événements fondateurs de la période moderne et en quoi sont-ils porteurs
d’éléments de rupture ?
1453
1455
1492
1517
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LA RENAISSANCE
Le terme de Renaissance est l'équivalent français de l'italien rinascita : le renouveau des arts
européens, lequel prend sa source au XV e siècle, en Italie, où il est associé à la redécouverte de la
littérature, de la philosophie et des sciences de l'Antiquité ainsi qu'à l'évolution des méthodes
empiriques utilisées pour l'étude de ces disciplines. Mais la Renaissance, au-delà de la floraison
artistique et culturelle qui lui vaut son nom, est une période capitale pour l'Europe qui, avec les
Grandes Découvertes, va se lancer à la conquête du monde. La Renaissance est une notion discutée
et sans doute discutable. Certains traits caractéristiques de cette période se retrouvent en plein
Moyen Âge. Et pourtant, on ne peut négliger la conviction des contemporains, à la suite du peintre
Vasari, de vivre un véritable renouveau.
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Document 2 : Carte de Hortelius au XVIe siècle
Exercice : A l’aide de ces deux cartes, comparez le monde tel qu’il était perçu aux XVe et
XVIe siècles. Quelles différences perçois-tu ? Posez-vous deux questions par écrit.
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« Après la prise de Ceuta [1415], l'Infant don Henrique eut toujours sur mer des navires armés contre
les infidèles parce qu'il désirait savoir quelles terres il y avait au-delà des Canaries car, jusqu'à cette
époque, ni par écrit, ni par la mémoire d'homme, personne ne savait quelle terre il y avait au-delà.
L'Infant envoya ses propres navires vers ces contrées afin d'acquérir une certitude. Ceci fut la première
raison de son entreprise.
Et la deuxième fut l'idée que si en ces terres se trouvaient quelques populations de chrétiens, on
pourrait en rapporter au royaume beaucoup de marchandises bon marché pour la raison qu'il n'y aurait
point d'autres personnes de ce côté-ci qui négocieraient avec eux.
La troisième raison fut fondée sur ce qu'on disait que la puissance des Maures sur cette terre d'Afrique
était beaucoup plus grande qu'on ne le pensait généralement... L'Infant s'ingénie à envoyer des gens en
quête de renseignements afin de savoir jusqu'où allait la puissance de ces Infidèles.
La quatrième raison fut celle-ci : il désirait savoir si, en ces régions, il y aurait quelques princes
chrétiens en lesquels la charité et l'amour du Christ fussent assez forts pour qu'ils aidassent [à
combattre] contre ces ennemis de la foi.
La cinquième fut son grand désir d'augmenter la sainte foi de Notre Seigneur Jésus-Christ et d'amener
à elle toutes les âmes désireuses d'être sauvées...»
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Chroniques d’AZURAR. Tirées de [Link]
colonisation-esclavage-economie/[Link]
Exercice : Quelles sont les principales raisons qui poussent les occidentaux à entreprendre
de grands voyages maritimes ?
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C'est le Portugal, qui le premier, se lance dans ces expéditions à l'assaut de l'inconnu. Les
premières expéditions sont financées par le prince Henri II dit le Navigateur jusqu'en 1460. Il
désire explorer les côtes de l'Afrique, au sud du Maroc, pour récupérer l'or du Soudan. Très
vite les Portugais enregistrent des succès commerciaux (Madère, Açores, etc). Mais ils
ramènent aussi des Africains. Très vite, il y est vu l'intérêt de les traiter en esclaves, avec
l'approbation du pape en 1454. Dias franchit le Cap de Bonne Espérance (anciennement Cap
des Vents). Serait-ce la route des Indes ? La réponse tombe en 1498 avec Vasco de Gama.
Vasco de Gama navigue jusqu'au Mozambique. Il poursuit dans l'Océan Indien jusqu'aux
Indes. Remportant peu de marchandises, le voyage de retour est long et source de lourdes
pertes à cause du scorbut. Vasco de Gama a recourt à des méthodes guerrières, mutilant et
brûlant des équipages arabes.
Les Portugais, cherchant à maîtriser le commerce aux Indes mais par l'Est, n'investissent pas
d'expéditions vers l’Ouest. C'est l'Espagne qui se lance dans cette aventure. Ferdinand
d'Aragon et Isabelle de Castille accepteront après plusieurs demandes de sa part de financer
l'expédition de Christophe Colomb en 1492. Ce dernier cherche une route vers les Indes
mais en passant par l'Ouest.
Christophe Colomb part le 3 août 1492, avec trois caravelles (la Nina, la Pinta et la Santa
Maria) et nonante hommes d'équipage. Le 12 octobre, il atteint une île qu'il baptise San
Salvador (au Nord de Cuba). Il croit qu'il est au Japon (appelé Cipango à l'époque). Il est de
retour en Espagne le 15 mars 1493. Christophe Colomb fait trois autres voyages en 1493,
1498 et 1502. Mais pour lui, il est en Asie et ne prend pas conscience d'avoir découvert de
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nouvelles terres. Les découvertes de Colomb ne rapportent pas en termes de richesses (épices,
or…) toutes les promesses. Délaissé par le roi d'Espagne, ses biens étant confisqués, il doit
retourner en Espagne. Il meurt en 1506.
Amerigo Vespucci parle en 1504 de terres explorées comme « d'un nouveau monde ». On
commence à douter du fait que les territoires découverts par Colomb soient l'Asie. C'est en
l'honneur de Vespucci que le monde découvert sera appelé Amérique. Grâce à Magellan, il
n'y a plus à avoir de doute. Ce dernier, Portugais, accusé de malhonnêteté, propose ses
services à l'Espagne en 1519. En 1520, il découvre le détroit qui porte aujourd'hui son nom
(entre la pointe sud de la Patagonie et la Terre de feu). Son expédition dure trois ans. Elle
coûte de nombreuses vies dont celle de Magellan, tué en avril 1522. Son expédition a
cependant permis de faire le premier tour du monde.
Cortes part pour le Yucatan en 1519. Il conquiert le Mexique en combattant les aztèques.
Pizarro parvient à l'empire inca soumettre en 1531.
« Il me semblait que les Indiens étaient des gens très pauvres en tout. Tous étaient nus, même
les femmes. Certains se peignaient en noir, d'autres en blanc, en rouge. Ils ne possédaient rien en
fer. Je crois qu'ils deviendront facilement chrétiens, car il me semble qu'ils n'ont aucun culte. Je me
suis employé à savoir s'il y avait de l'or. J'ai réussi à apprendre, au moyen de signes, qu'en naviguant
vers le sud, nous trouverions une contrée avec un roi qui possède de grands vases d'or et une grande
quantité de ce métal. Que vos Altesses veuillent croire que les terres sont bonnes et fertiles [...].
Les Indiens n'ont pas le moindre génie pour le combat et sont très peureux. Ils sont donc propres
à être commandés et à ce qu'on les fasse travailler, semer et mener tous autres travaux dont on
aurait besoin. »
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A la fin du XVe siècle, les Européens partent à la découverte de nouvelles terres. Plusieurs
raisons expliquent ces voyages : ils ont notamment lu le Livre des Merveilles écrit par Marco
Polo au XIIIe siècle. Cet homme, qui a vécu en Chine, décrit l'Asie comme un monde
merveilleux et regorgeant de richesses. Ainsi, les Européens ont soif de découvrir cet univers
et espèrent s'enrichir. Ils souhaitent découvrir de nouveaux espaces pour étendre leurs zones
de commerce, trouver de nouvelles ressources, de l'or et des richesses, et espèrent trouver de
nouveaux peuples chrétiens pour s'allier avec eux pour faire face aux musulmans. Si ces
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peuples ne sont pas chrétiens, il suffira de les convertir pour étendre le christianisme. A la
suite des navigateurs, les conquistadores (conquérants espagnols) se lancent à l'assaut de ces
nouvelles terres et des empires amérindiens. Pour les conquistadores, les conquêtes des
Amérindiens sont rapides et faciles. En 1494, Espagnols et Portugais se mettent d'accord et se
répartissent les terres découvertes et à découvrir (traité de Tordesillas) : les Portugais créent
des comptoirs commerciaux sur la route des Indes et occupent les côtes du Brésil et les
Espagnols s’emparent de l’Amérique.
Toutes ces découvertes mettent à mal les théories établies de cette époque (terre plate). Et
dans cette aventure, c'est l'homme qui est au centre de ces activités. L'esprit de la Renaissance
souffle.
Exercice : Sur base des éléments de synthèse des différents navigateurs, tracez sur la carte
muette l’itinéraire approximatif de chacun d’entre eux (Colomb, Vasco de Gama,
Magellan, Cortes et Pizarro). Utilisez des couleurs différentes et indiquez-les dans une
légende.
B. de LAS CASAS, Très brève relation sur la destruction des Indiens, Madrid, 1552.
Exercice :
1) Qui est le témoin ? Est-il crédible ? Justifiez.
2) Quelle est la thèse de l’auteur ? Cette thèse vous semble-t-elle crédible ? Quels sont
les éléments qui appuient cette thèse ? Quels en sont les éléments qui la
discréditent ?
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Exercice : Posez-vous cinq questions pertinentes (= qui appellent à une problématique) à
propos de cette thématique.
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Enfin, la caravelle, voilier à trois mâts, léger et haut, va permettre aux navigateurs d'affronter en toute sécurité
les grandes vagues de l'océan.
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Elocutions : le phénomène d’acculturation
A) L’HUMANISME
Eusèbe = Alors qu'en ce moment la campagne entière reverdit, je m'étonne que des gens trouvent de
l'attrait aux villes enfumées.
Timothée = Tous les hommes ne sont pas séduits par la vue des fleurs ou des prés verdoyants, des
sources ou des rivières. Ou bien s'ils le sont, il y a autre chose qui les charmes davantage.
Timothée = Oui, mais pas seulement, mon cher. Il existe quantité d'autres gens, jusqu'à des prêtres et
des moines, qui, généralement par amour du lucre, préfèrent le séjour des villes, et même des plus
populeuses. Au diable les aveugles et leurs gains. Nous sommes des philosophes.
Eusèbe = Je possède hors de la ville une modeste propriété, peu étendue sans doute, mais
soigneusement entretenue. Je vous y invite à déjeuner pour demain pour un banquet.
Timothée = Nous sommes trop nombreux, nous mangerions tout ton bien. Il faut se contenter de
modestes biens et réjouissements.
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Eusèbe = Non, car le repas ne se composera que de légumes, mets qui, selon les mots d'Horace, ne
coûtent rien. Le vin vient du domaine. Que chacun amène, en guise d'ombre, un ami de son choix.
Comme vous êtes quatre, nous égalerons ainsi le nombre des Muses. Vous verrez un palais à l'image
de son roi. En tout cas pour moi c'est un logis plus agréable que n'importe quel véritable palais. Et si
c'est être roi que de vivre librement selon le désir de son cœur, je suis ici tout à fait roi. Vous verrez
que mon portier n'est pas muet : il s'adresse au visiteur en trois langues : en latin, en grec et en hébreu.
Ce lieu est tout entier consacré au plaisir, mais au plaisir honnête, repaître les yeux, flatter l'odorat,
délasser l'esprit. (…)
Timothée = Je pense que nous pouvons apprendre beaucoup des Anciens. Ainsi la légendaire Rome
nous apprend beaucoup de choses. Voyez ce qu’est devenue cette modeste ville fondée par Romulus,
recueilli par la louve. Il vous que vous lisiez l’Enéide de Virgile. Chers amis, je me pose une question.
Il n'y a aucun remède contre les excès des mauvais rois ?
Eusèbe = Le premier consisterait peut-être à ne pas laisser entrer un lion dans la cité ; le deuxième à
limiter sa puissance par l'autorité d'une assemblée, des magistrats et des citoyens, pour qu'elle ne
puisse dégénérer facilement en tyrannie. En vérité, Timothée, tu ne te contentes pas d'avoir des
cheveux blancs, tu possèdes aussi une maturité de pensée et une culture qui imposent le respect.
J'ignore dans quelles dispositions vous me quitterez ; moi en tout cas vous me laisserez meilleur et
plus instruit.
Timothée = Je ne crois ni en Jupiter, ni en Mars, ni en Quirinus, mais j’estime que l’héritage des
Romains est immense et qu’il faut recherche des exemples moraux chez les Anciens, comme l’a fait
Tite-Live.
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Exercice :
1) Sur quels points principaux s’appuient les principes d’Erasme ? Quelles étaient ses
idées ?
2) Pourquoi prétend-il que « l’on ne nait pas homme mais qu’on le devient » ?
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« Et puis pour combler notre attente et notre faim, arrive aussi vite que possible. En troisième lieu,
apporte autant de livres que tu peux. Fais en sorte que ne manque aucun historien, aucun poète, aucun
traité sur les fables poétiques. Fais nous avoir des règles de versification. Je voudrais que tu apportes
avec toi tout Platon, et tous les vocabulaires disponibles, indispensables pour résoudre les difficultés
de compréhension. Achète-moi un Plutarque et un Homère sur parchemin en grands caractères. Si tu
trouves une mythologie, achète-la. »
Exercice :
De quelle époque les auteurs cités sont-ils les représentants et quelle est l’attitude de ces
personnages vis-à-vis du savoir antique ?
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Elocutions sur les dieux et leurs sanctuaires : Zeus, Héra, Athéna, Hadès, Poséidon,
Déméter, Hestia, Héphaïstos, Apollon, Dionysos, Asclépios, Artémis
« J’ai imaginé toutes ces machines parce que j’étais possédé, comme tous les hommes de mon temps,
par une volonté de puissance. J’ai voulu dompter le monde. Mais j’ai voulu aussi passionnément
connaître et comprendre la nature humaine, savoir ce qu’il y avait à l’intérieur de nos corps. Pour cela,
des nuits entières, j’ai disséqué des cadavres, bravant ainsi l’interdiction du pape. Tout, pour moi, était
sujet d’étude. La lumière, par exemple, pour le peintre que j’étais, que de recherches passionnantes !
Ce que j’ai cherché finalement, à travers tous mes travaux, et particulièrement à travers ma peinture,
c’est à comprendre le mystère de la nature humaine. Avant de faire d’un cas une règle générale, on
doit répéter de espriux ou trois fois l’expérience en observant si chaque fois se produisent les mêmes
effets. Aucune investigation humaine ne se peut appeler vraie science si elle ne passe pas par des
démonstrations mathématiques. »
« L’île a cinquante-quatre villes grandes et belles, identiques par la langue, les mœurs, les institutions
et les lois. Elles sont toutes bâties sur le même plan et ont le même aspect, dans la mesure où le site le
permet. La distance de l’une à l’autre est au minimum de vingt-quatre milles ; elle n’est jamais si
grande qu’elle ne puisse être franchie en une journée de marche. Les Utopiens qui n'ont pas embrassé
la religion chrétienne ne cherchent, cependant, à en détourner personne et ne persécutent pas ses
adeptes. C'est, en effet, un des principes les plus anciennement établis en Utopie que nul ne doit être
inquiété pour sa religion. Il était interdit, si la persuasion échouait, d'avoir recours à la violence et à
l'injure. L'intolérance dans les controverses religieuses était punie de l'exil ou de l'esclavage. User de
violence et de menaces, en vue de faire accepter pour vrai par tous ce qu'on croit être la vérité, leur
paraissait un procédé tyrannique et absurde. Il n’est rien là qui constitue un domaine privé. Ces
maisons en effet changent d’habitants, par tirage au sort, tous les dix ans. En dehors de l’agriculture,
que tous connaissent ainsi que je l’ai dit, chacun apprend le métier qui lui plaît et qui sera le sien.
Chacun apprend un des autres métiers, aussi bien les femmes que les hommes. En Utopie, au contraire
où tout appartient à tous, personne ne peut manquer de rien, une fois que les greniers publics sont
remplis. Car la fortune de l’État n’est jamais injustement distribuée en ce pays. L’on n’y voit ni pauvre
ni mendiant et quoique personne n’ait rien à soi, cependant tout le monde est riche. Est-il en effet de
plus belle richesse que de vivre joyeux et tranquille sans inquiétude ni souci ? Est-il un sort plus
heureux que celui de ne pas trembler pour son existence ? »
Exercice :
1) Quels sont les thèmes majeurs abordés par l’auteur ?
2) En quoi More est-il un humaniste ?
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« Par bonté divine, en ces temps nouveaux, la lumière de la dignité a été rendue aux Lettres.
Maintenant, toutes les disciplines sont restituées : les langues anciennes, les usages élégants, etc. Mon
fils, je te conjure d'employer ta jeunesse à bien profiter en étude et en vertu. Tu es à Paris, tu as ton
précepteur Epistémon. J'entends et veux que tu apprennes parfaitement les langues. Qu'il n'y ait aucun
fait historique que tu n'aies en mémoire, ce à quoi t'aidera la cosmographie établie par ceux qui ont
traité le sujet. Des arts libéraux, la géométrie, l'arithmétique et la musique, je t'ai donné le goût quand
tu étais encore petit, à cinq ou six ans : continue et deviens savant dans tous les domaines de
l'astronomie. Du droit civil, je veux que tu saches par cœur tous les beaux textes, et me les commenter
avec sagesse. Quant à la connaissance de la nature, je veux que tu t'y appliques avec soin. Que rien ne
te soit inconnu. Puis relis soigneusement les livres des médecins grecs, arabes et latins. Et je veux que
rapidement tu mettes tes progrès en application. Mais parce que, selon le sage Salomon, la sagesse
n'entre jamais dans une âme méchante, et que science sans conscience n'est que ruine de l'âme, il te
faut servir, aimer et craindre Dieu, et en Lui mettre toutes tes pensées et tout ton espoir, et, par une foi
faite de charité. Tu dois te montrer sage en toute occasion. » De Utopie, ce 17e jour du mois de mars,
ton père Gargantua.
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Fr. RABELAIS, Gargantua, Paris, 1532.
Exercice :
Rédigez une synthèse sur l’humanisme en reprenant chaque document vu en classe.
Environ une demi-page. Insistez sur les thèmes propres à la Renaissance dont les
conceptions du savoir que proposent ces philosophes.
Voici quelques thèmes à exploiter pour la rédaction de votre synthèse : le Moyen Age, selon
les humanistes, ne favorisait pas le savoir (le latin utilisé par les hommes d’Eglise
s’apparentait plus à un jargon) ; l’imprimerie a permis une révolution des idées ; il y a eu un
renouveau des études hébraïques, grecques et latines (les intellectuels cherchaient le retour
aux sources) et une redécouverte avec esprit critique des Evangiles.
Synthèse
Le mot humaniste apparaît en Europe occidentale au XVIe siècle. Il désigne les érudits qui ne
se contentent plus de la connaissance du latin, la langue commune à toutes les personnes
instruites de leur époque, mais étudient aussi les autres langues prestigieuses de l'Antiquité, le
grec et l'hébreu. Ces langues anciennes sont dites humanistes (du latin humanus qui signifie
« humain »). De là, le mot « humanités » qui désigne leur étude et le terme « humanisme » qui
désigne le courant intellectuel de la fin du XVe siècle et du XVIe siècle.
Quelques humanistes sont des laïcs, comme Pic de la Mirandole. Mais la plupart sont des
hommes d'Église (moines). À la différence de leurs prédécesseurs, qui ne s'intéressaient qu'à
l'étude des questions religieuses (la théologie), ils placent l'être humain au cœur de leurs
préoccupations. Les artistes comme Léonard de Vinci le peignent sous toutes les coutures et
étudient même son anatomie. Mais il s'agit dans leur esprit d'un être humain idéalisé, vers
lequel peuvent tendre les êtres supérieurs qui ont l'avantage d'appartenir à l'élite dirigeante ou
intellectuelle.
Les philosophes comme le Hollandais Érasme ou l'Anglais Thomas More s'interrogent sur le
sens de la vie. Le premier critique les abus de l'Église tout en lui restant fidèle. Le second est
décapité par le roi d'Angleterre en raison de sa fidélité au pape et au catholicisme. Dans
l’Eloge de la folie, qui connut un grand succès, Erasme donne la parole à la folie
omniprésente dans la société, ce qui lui permet de critiquer les institutions, en particulier
ecclésiastiques, et l’aveuglement des gens, avant de faire l’éloge de la vraie foi, qui pour lui
ne peut être que chrétienne. En 1516, Th. More fait paraître son court traité sur la meilleure
forme de gouvernement, qu’il situe sur une île nouvelle, appelée « Utopie » (qui signifie
« nulle part »). L’utopie hérite de certains motifs de la mythologie antique, de la philosophie
grecque et de la doctrine chrétienne. L’homme, face à sa condition sur terre, s’est toujours plu
à imaginer des mondes meilleurs. Chez More, la société idéale peut être une construction
humaine, en prenant les hommes comme ils sont. Sur l'île, la propriété privée est inconnue, les
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Utopistes travaillent six heures par jour et prennent leur repas en commun. Le temps libre est
consacré à l’étude des lettres, à la philosophie et aux échecs. More sera assassiné par le roi
Henri VIII.
Le moine François Rabelais, médecin réputé, bouscule les idées reçues dans une fiction,
l'histoire des géants Gargantua et Pantagruel. Les humanistes prennent de véritables risques
dans leur quête de la vérité et leur dénonciation des préjugés. Le moine polonais Nicolas
Copernic attend d'être à l'article de la mort pour publier sa thèse selon laquelle la Terre tourne
sagement autour du Soleil et n'est donc pas le centre de l'univers (héliocentrisme). J. Bruno,
philosophe et dominicain italien, reprendra cette thèse et déclarera que l’univers est infini. Il
sera condamné par l’Inquisition (tribunal institué par le pape pour lutter contre les hérésies) et
brûlé vif à Rome. L’astronome Galilée devra se rétracter pour éviter la mort (« Et pourtant
elle tourne » [la Terre autour du soleil]). Pour mieux soigner les vivants, les médecins comme
le Brabançon André Vésale ne craignent pas de disséquer les cadavres (action interdite par
l'Église qui considère que c'est manquer de respect aux morts).
"On porte par tout le pays, au nom de votre grâce et seigneurie, l'indulgence papale pour la
construction de la cathédrale de Saint-Pierre de Rome. Je ne blâme pas tant les grandes clameurs des
prédicateurs de l'indulgence, lesquels je n'ai point entendus, que le faux sens adopté par le pauvre,
simple et grossier peuple, qui publie [= dit] partout hautement les imaginations qu'il a conçues à ce
sujet. Cela me fait mal et me rend malade. Ils croient que les âmes seront tirées du purgatoire dès qu'ils
auront mis l'argent dans les coffres. Ils croient que l'indulgence est assez puissante pour sauver le plus
grand pêcheur."
Document 2 : Autres idées des protestants
« En ce qui concerne les images, elles ne sont pas nécessaires, mais nous sommes libres d'en avoir ou
de ne pas en avoir ; quoiqu'il serait préférable que nous n'eussions pas les dites images, à cause de
l'abus funeste et maudit et de l'impiété auxquels elles donnent lieu. La foi suffit à un chrétien, il n'a
besoin d'aucune œuvre pour se justifier. Des œuvres bonnes et justes ne font jamais un homme bon et
juste, mais un homme bon et juste fait de bonnes œuvres. Celui qui n'a pas la foi ne peut tirer profit
d'aucune bonne œuvre pour se justifier et assurer son salut. Par contre, ce n'est aucune de ses œuvres
mauvaises qui le rend mauvais ni le damne, mais son manque de foi qui rend la personne et l'arbre
mauvais et qui fait les œuvres mauvaises et maudites. »
"Nous appelons prédestination le conseil [= décision] éternel de Dieu par lequel il a déterminé ce qu'il
voulait faire d'un chacun homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais il ordonne les
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uns à vie éternelle, les autres à éternelle damnation. Ainsi selon la fin à laquelle est créé l'homme,
nous disons qu'il est prédestiné à mort ou à vie (...). Selon donc que l'Ecriture montre clairement, nous
disons que le Seigneur a une fois constitué, en son conseil éternel et immuable, lesquels il voulait
prendre à salut et lesquels il voulait laisser en ruine.
Exercice : Rédigez une analyse critique des idées religieuses au XVIe siècle.
« Les évêques doivent être irréprochables, sobres, chastes. Bref, qu'ils fuient les vices et suivent les
vertus. Le saint Concile ordonne et déclare que la Vulgate [= la Bible en latin] soit tenue pour
authentique et que nul que ce soit, ne présume de la rejeter. Qu'il y a 7 sacrements : le baptême, la
confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrême onction, l'ordre et le mariage. Si quelqu'un dit que
dans l'Église catholique, il n'y a pas de hiérarchie composée des évêques, des prêtres et des ministres,
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instituée par une disposition divine, qu'il soit anathème. Instruire avec soin les fidèles, principalement
au sujet de l'intercession des saints, de leur invocation, de l'honneur dû à leurs reliques et du légitime
usage de leurs images. On doit avoir et garder, surtout dans les églises, les images du Christ, de la
Vierge Marie mère de Dieu et des autres saints, et leur rendre l'honneur et la vénération qui leur sont
dus. Non pas parce qu'on croit qu'il y a en elles quelque divinité ou quelque vertu justifiant leur culte,
ou parce qu'on doit leur demander quelque chose ou mettre sa confiance dans des images, comme le
faisaient autrefois les païens qui plaçaient leur espérance dans les idoles, mais parce que l'honneur qui
leur est rendu renvoie aux modèles originaux que ces images représentent. »
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Elocutions :
- comparaison des religions
- rites
Synthèse
Né en Saxe, Luther devient moine et professeur à Wittenberg. Il était préoccupé par son salut
et la conscience de son péché. L'étude de la Bible lui permet de comprendre que l'homme n'est
pas sauvé par ses seuls mérites mais gratuitement par la foi en Jésus-Christ. C'est pour lui une
révélation. Il comprend aussi que l'enseignement de l'église est en contradiction avec les
écritures et qu'il faut donc la réformer. La vente des indulgences scandalise Luther qui le 31
octobre 1517 affiche ses 95 thèses à la porte de l'église de Wittenberg. A partir de là, les idées
de Luther se répandent en Europe, aussi bien par ses écrits que lors de discussions publiques.
Peu à peu, la rupture avec Rome dévient inévitable. En 1521, le pape Léon XIII le menace
d'excommunication dans une bulle papale (= écrit du pape) que Luther s'empresse de brûler.
Le père du protestantisme est contraint de se cacher quelques mois, pendant lesquels il
commence à traduire la Bible en allemand. Les idées de la Réforme gagnent l’Allemagne et
d'autres pays. Lors de la diète de Spire (= assemblée) en 1529, les princes délégués ont rédigé
une protestation pour soutenir les idées luthériennes. D'où le surnom de « protestants » qui est
resté depuis.
L'Ecriture est l'autorité suprême, au-dessus du pape. Seul le Christ est le chef de l'Eglise. Il
prône le libre examen de l'Ecriture contre les traditions. Des 7 sacrements, il n'en retient que
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2 : le baptême et la Cène (le dernier repas de Jésus). Cependant, il ne juge pas nécessaire de
tout changer, il suffit de changer seulement ce qui ne va pas. Calvin a surtout insisté sur la
notion de prédestination.
Le Concile de Trente en Italie (1545-1563) a deux objectifs : préciser les dogmes de l’Eglise
attaqués par les protestants et rétablir des pratiques plus conformes au Nouveau Testament
(volonté de mettre fin à certains abus). La Rénovation passe aussi par une réforme de
l’enseignement dont se chargent les Jésuites (création de séminaires pour une meilleure
formation des prêtres). Mais pour mieux contrôler les hérésies, les autorités religieuses
imposent la censure, l’index (= livres condamnés par l’Eglise) et l’Inquisition (= tribunal
ecclésiastique au XIIIe siècle) redouble d’activités.
Exercice : Etablissez une ligne du temps avec les dates et événements suivants :
1516 : Il est proclamé roi d'Espagne et des Deux-Siciles et souverain des Amériques sous le
nom de Charles Ier.
1519 : Il est élu empereur sous le nom de Charles V (dit Charles Quint).
1556 : Abdication au profit de son fils Philippe II, puis transmission du titre impérial à son
frère Ferdinand.
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Rappel : pour faire une ligne du temps, il faut :
1. lister par ordre chronologique les dates et événements à placer sur la ligne
2. repérer les dates extrêmes et calculer le temps à représenter
3. tracer une ligne (mode paysage) et à gauche de la ligne, indiquer …
4. à droite, de la ligne, tracer la flèche
5. choisir une échelle
adaptée à la longueur utilisable et à la tranche de temps à représenter
simple à manipuler sur le plan des calculs
permettant d’occuper le maximum de longueur utilisable
7. noter l’échelle choisie sur la feuille
8. graduer la ligne et indiquer les points de repère
9. indiquer avec précision les informations listées à l’étape 1 en tenant compte de l’échelle et en
séparant les dates et les événements
10. indiquer le titre de la ligne du temps
Les rois de France : Charles VIII (XVe siècle ; campagne d’Italie) – Louis XII (XVe-XVIe)
– François Ier – Henri II
"C'est à la tête seulement qu'il appartient de délibérer et de résoudre, et toutes les fonctions des autres
membres ne consistent que dans l'exécution des commandements qui leur sont donnés. Celui qui a
donné des rois aux hommes (c'est-à-dire Dieu) a voulu qu'on les respectât comme ses lieutenants, se
réservant à lui seul le droit d'examiner leur conduite. Sa volonté est que quiconque est né sujet obéisse
sans discernement. Cet assujettissement qui met le souverain dans la nécessité de prendre la loi de ses
peuples est la dernière calamité où puisse tomber un homme de notre rang. Quelque mauvais que
puisse être un prince, la révolte de ses sujets est toujours infiniment criminelle. C'est à la tête
seulement qu'il appartient de délibérer et de résoudre, et toutes les fonctions des autres membres ne
consistent que dans l'exécution des commandements qui leur sont donnés. Voilà pourquoi on me vit
toujours vouloir être informé de tout ce qui se faisait, traiter immédiatement avec les ministres
étrangers, recevoir les dépêches, me faire rendre compte à moi-même par ceux qui étaient dans les
emplois les plus importants, conserver en moi seul mon autorité."
Exercice :
1) Sur base de ce document, donnez une définition de l’absolutisme monarchique (ses
principes, ses caractéristiques…)
2) Comparez la vie des gens sous l’absolutisme et sous la démocratie.
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Documents 2 :
"Il faut qu'il y ait de l'ordre en toutes choses, car nous ne pourrions pas vivre en égalité de condition,
mais il faut par nécessité que les uns commandent et que les autres obéissent. Les uns sont dédiés
particulièrement au service de Dieu ; les autres à conserver l'État par les armes ; les autres à le nourrir
et maintenir par les exercices de la paix. Ce sont nos trois ordres ou États généraux de France, le
Clergé, la Noblesse et les Tiers États. Mais chacun de ces trois ordres est encore subdivisé en degrés
subordonnés à l'exemple de la hiérarchie céleste."
"Près de la dixième partie du peuple est réduite à la mendicité ; des neuf autres parties, il y en a cinq
qui ne sont pas en état de faire l'aumône à celle-là, parce qu'eux-mêmes sont réduits, à très peu de
chose près, à cette malheureuse condition ; que des quatre autres parties qui restent, les trois sont fort
malaisées et embarrassées de dettes ; et que dans la dixième où je mets tous les Gens d'Epée, de Robe,
Ecclésiastiques et Laïques, toute la Noblesse haute, la Noblesse distinguée, et les Gens en Charge
Militaire et Civile, les bons Marchands, les Bourgeois rentés et plus accommodés, il n'y en a pas (un
dixième) qu'on puisse dire être fort à leur aise."
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Document 6 : Critiques de cette société par Fénelon (précepteur du Dauphin) et Locke
(philosophe anglais, partisan du parlementarisme)
« Le peuple même, qui vous a tant aimé, qui a eu tant de confiance en vous, commence à perdre
l'amitié, la confiance, et même le respect. Vos victoires et vos conquêtes ne le réjouissent plus ; il est
plein d'aigreur et de désespoir. La sédition s'allume peu à peu de toutes parts. Ils croient que vous
n'avez aucune pitié de leurs maux, que vous n'aimez que votre autorité et votre gloire. Tout commerce
est anéanti. La France est aux abois ; qu'attendent-ils pour vous parler franchement ? Que tout soit
perdu ? Ils ne vous aiment donc pas ; car il faut être prêt à fâcher ceux qu'on aime, plutôt que de les
flatter ou de les trahir par son silence. Je sais bien aussi qu'on doit vous plaindre, vous consoler, vous
soulager, vous parler avec zèle, douceur et respect ; mais enfin il faut dire la vérité. Malheur, malheur
à eux s'ils ne la disent pas, et malheur à vous si vous n'êtes pas digne de l'entendre ! Il est honteux
qu'ils aient votre confiance sans fruit depuis tant de temps. C'est à eux à se retirer si vous êtes trop
ombrageux, et si vous ne voulez que des flatteurs autour de vous. La personne qui vous dit ces vérités,
Sire, bien loin d'être contraire à vos intérêts, donnerait sa vie pour vous voir tel que Dieu vous veut, et
elle ne cesse de prier pour vous. »
« Moi John Locke, je dénonce l’absolutisme. Je dénonce le manque de liberté et d’égalité des hommes
dans la société dans laquelle ils sont nés. Je trouve que la société politique en France s’est dépouillée
de son pouvoir naturel et l’a remis entres les mains d’un seul homme, contrairement à ce qui se passe
en Angleterre. La monarchie absolue est incompatible avec la société civile de cette époque pour des
raisons éthiques et économiques. Les citoyens doivent s’affranchir d’une volonté illimitée. »
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Exercice : Comparez les 2 schémas. Quel modèle est proche du nôtre actuellement ?
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Synthèse
La société est juridiquement divisée en trois groupes ou ordres hérités du Moyen Âge : le
clergé, la noblesse et le Tiers-Etat. Les deux premiers, qui constituent à peine 2 à 3 % de la
population totale (estimée à 28 millions), jouissent d'importants privilèges :
- ils ne paient pas d'impôts mais en perçoivent,
- ils ont accès aux charges de la cour et aux postes importants dans l'armée et l'Église,
- et seul un parlement peut les juger en cas de crime.
À l'intérieur de chaque ordre, les inégalités juridiques se doublent d'inégalités sociales qui
accentuent encore les différences entre les Français :
- Le clergé se répartit entre le haut clergé, presque toujours d'extraction noble, vivant dans le
luxe et disposant de richesses considérables, et le bas clergé issu majoritairement du Tiers-
Etat. Le clergé n’est donc pas un ordre homogène puisqu’il compte en son sein des membres
dont les origines sociales sont très diverses. Certains individus du clergé, en particulier ceux
issus du bas clergé, partagent avec le Tiers-Etat des idées de changement, voire de réformes,
en vue de plus d’égalité sociale. La majorité de ses membres restent cependant défenseurs de
l’ordre établi.
- La noblesse connaît elle aussi d'importantes disparités : il n'y a rien de commun entre un
grand seigneur habitué de la cour, occupant des fonctions politiques, et un petit noble
provincial vivant du revenu de ses terres et de ses droits féodaux. La vieille noblesse (d'épée)
s'oppose souvent à la noblesse de robe (des bourgeois anoblis par le roi).
- Le Tiers-Etat, catégorie la plus nombreuse, constitue un groupe très hétérogène : quelques
paysans aisés (fermiers ou laboureurs) côtoient la masse misérable des journaliers dans les
campagnes et les bourgeois.
La société française est globalement pauvre et c’est un paradoxe pour un royaume réputé
riche. La France est l'un des royaumes les plus peuplés d'Europe en raison du recul des
épidémies d'une amélioration des rendements agricoles. La bourgeoisie, privée de droits
civiques et de pouvoirs politiques, aspire au changement. Elle sera aux commandes de la
Révolution française en 1789.
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Le despotisme éclairé est une doctrine politique issue des idées des philosophes du siècle des
Lumières. Variante du despotisme, le pouvoir y est exercé par des monarques de droit
divin dont les décisions sont guidées par la raison et qui se présentent comme les premiers
serviteurs de l’État (plus de justice sociale par exemple). Les principaux despotes éclairés ont
ainsi entretenu une correspondance suivie avec les philosophes des Lumières. L’action des
despotes éclairés est parfois qualifiée de moderne, pour leur inspiration philosophique et les
réformes qu’ils mettent en place. Cependant la structure même du pouvoir politique et de la
société ne sont pas modifiés par ces régimes, qui se rapprochent ainsi des absolutismes de
l’époque
Henri IV ; Louis XIII et Richelieu (1642) ; régence d’Anne d’Autriche avec Mazarin ;
Louis XIV ; Louis XV, le Soleil noir, influencé par madame de Pompadour.
« Qu'est-ce que les Lumières ? La sortie de l'homme de sa Minorité, dont il est lui-même responsable.
Minorité, c'est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (= de sa raison) sans la direction
d'autrui, minorité dont il est lui-même responsable, puisque la cause en réside non dans un défaut de
l'entendement, mais dans un manque de décision et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui.
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Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des lumières. Or, pour les
lumières, il n'est rien requis d'autre que la liberté ; et à vrai dire, la liberté la plus inoffensive de tout ce
qui peut porter ce nom, à savoir celle de faire un usage public de sa raison dans tous les domaines.
Mais j'entends présentement crier de tous côtés : "Ne raisonnez pas !" L'officier dit : "Ne raisonnez
pas, exécutez ! " Le financier: "Ne raisonnez pas, payez ! " Le prêtre: "Ne raisonnez pas, croyez !" [...]
ll y a partout limitation de la liberté. »
Exercice :
1) Quelle est la principale idée développée par Kant dans le texte qui précède ?
2) En fin de compte, comment définir les Lumières par opposition à l’absolutisme ?
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« La liberté politique ne se trouve que dans les gouvernements modérés. Il y a dans chaque État trois
sortes de pouvoirs : la puissance législative, la puissance exécutrice des choses qui dépendent du droit
des gens et la puissance exécutrice de celles qui dépendent du droit civil. Par la première, le prince ou
le magistrat fait des lois pour un temps ou pour toujours et corrige ou abroge celles qui sont faites. Par
la seconde, il fait la paix ou la guerre, envoie ou reçoit des ambassades, établit la sûreté, prévient les
invasions. Par la troisième, il punit les crimes, ou juge les différends des particuliers. On appellera
cette dernière la puissance de juger, et l'autre simplement la puissance exécutrice de l'État. Lorsque
dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la
puissance exécutrice, il n'y a point de liberté ; parce qu'on peut craindre que le même monarque ou le
même sénat ne fasse des lois tyranniques pour les exécuter tyranniquement. Il n'y a point encore de
liberté si la puissance de juger n'est pas séparée de la puissance législative et de l'exécutrice. Si elle
était jointe à la puissance législative, le pouvoir sur la vie et la liberté des citoyens serait arbitraire : car
le juge serait législateur. Si elle était jointe à la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir la force
d'un oppresseur. Tout serait perdu si les mêmes hommes, ou le même corps de principaux, ou des
nobles, ou du peuple, exerçaient ces trois pouvoirs : celui de faire des lois, celui d'exécuter des
résolutions publiques, et celui de juger les crimes et les différends des particuliers. »
Exercice : Pourquoi avoir voulu cette séparation des trois pouvoirs ? Etait-ce une avancée
démocratique ?
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b. Rousseau
« Si donc on écarte du pacte social ce qui n'est pas de son essence, on trouvera qu'il se réduit aux
termes suivants : "Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême
direction de la volonté générale, et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible
du tout. A l'instant, au lieu de la personne particulière de chaque contractant, cet acte d'association
produit un corps moral et collectif, composé d'autant de membres que l'assemblée a de voix, lequel
reçoit de ce même acte son unité, son moi commun, sa vie et sa volonté. Cette personne publique, qui
se forme ainsi par l'union de toutes les autres, prenait autrefois le nom de cité, et prend maintenant
celui de république ou de corps politique. A l'égard des associés, ils prennent collectivement le nom de
peuple, et s'appellent en particulier citoyens, comme participants à l'autorité souveraine, et sujets,
comme soumis aux lois de l'État. »
"L'homme est né libre et partout il est dans les fers. Tant qu'un peuple est contraint d'obéir et qu'il
obéit, il fait bien; sitôt qu'il peut secouer le joug et qu'il le secoue, il fait encore mieux: car en
recouvrant sa liberté par le même droit qui la lui a ravie, ou il est fondé à la reprendre, ou on ne l'était
point à la lui ôter. Mais l'ordre social est un droit sacré qui sert de base à tous les autres. Cependant, ce
droit ne vient point de la nature, il est donc fondé sur des conventions. Il s'agit de savoir quelles sont
ces conventions."
Exercice : En analysant ces extraits, identifiez les propositions et idées nouvelles véhiculées
par Rousseau ? En quoi ces idées peuvent-elles paraître révolutionnaires pour ses
contemporains ?
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c. Diderot et d’Alembert
« Il faut tout remuer sans exception et sans ménagement. Il faut fouler aux pieds toutes les vieilles
puérilités, renverser les barrières que la raison n'a point posées ; rendre aux sciences et aux arts une
liberté qui leur est si précieuse. J'ai dit qu'il n'appartenait qu'à un siècle philosophe de tenter une
encyclopédie ; il fallait un temps raisonneur, où l'on ne cherchât plus les règles dans les auteurs mais
dans la nature. »
d. Voltaire
« La fureur qu'inspirent l'esprit dogmatique et l'abus de la religion chrétienne mal entendue a répandu
autant de sang, a produit autant de désastres, en Allemagne, en Angleterre, et même en Hollande qu'en
France. Il faut être indulgent. Ce serait le comble de la folie de prétendre amener tous les hommes à
penser d'une manière uniforme sur la métaphysique. »
Synthèse
Le mouvement des Lumières est un courant de pensée intellectuel et scientifique fondé sur
l’usage de la raison. Il remet en cause tout ce qui ne repose pas sur celle-ci. Ce qui le conduit
à attaquer les fondements de la société d’Ancien Régime. En effet, les philosophes défendent
la liberté des individus, une liberté fondée sur la séparation des trois pouvoirs (Montesquieu)
et la liberté d’opinion (Diderot). Ils revendiquent également l’égalité des hommes, quelle que
soit leur naissance (Rousseau). Enfin, ils dénoncent les superstitions, les abus de la religion et
prônent la tolérance religieuse (Voltaire). Les idées des Lumières se diffusent dans l’opinion
publique, surtout en France, en Allemagne et en Angleterre par l’intermédiaire des livres et
des journaux, mais aussi des lieux (cafés) où l’on se rassemble pour discuter des idées
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nouvelles. L’exemple de l’Encyclopédie (Diderot et d’Alembert) montre qu’il s’agit d’un
phénomène européen.
La mort de Louis XIV en 1715 fait souffler un vent de liberté sur la France. Les dernières
années du règne se sont en effet révélées très sombres (guerres, famines, persécutions
religieuses, autoritarisme du roi…). Le climat change, la vie intellectuelle se développe, en
particulier dans les Cafés et les Salons parisiens, tenues par des femmes cultivées où se
rencontrent les esprits les plus brillants qui échangent, débattent, élaborent les idées nouvelles.
B) LA REVOLUTION AMERICAINE
Exercice :
1) A quel pays appartiennent ces drapeaux ?
2) Quelles sont les similitudes et les différences entre les trois drapeaux ?
3) Quelles questions te poses-tu après avoir comparé ces trois tableaux ?
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Document 1 : La déclaration d’indépendance à Philadelphie le 4 juillet 1776
Auteurs : Thomas Jefferson (futur 3e président des USA), John Adams (futur 2e président des USA) et
Benjamin Franklin.
« Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes : que tous les hommes naissent égaux, que
leur Créateur les a dotés de certains droits inaliénables […] ; que pour garantir ces droits, les hommes
instituent des gouvernements dont le juste pouvoir émane du consentement des gouvernés ; que si un
gouvernement […] ne respecte pas cela, le peuple a le droit de le modifier ou de l’abolir et d’instituer
un nouveau gouvernement […] dont il organisera les pouvoirs. Lorsqu’une longue suite d’abus
marque le dessein de soumettre les peuples à un despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur
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devoir de renverser le gouvernement qui s’en rend coupable […]. L’histoire du roi actuel de Grande-
Bretagne est l’histoire d’une série d’injustices et d’usurpations répétées, qui toutes avaient pour but
direct l’établissement d’une tyrannie absolue sur ces Etats […]. En conséquence, nous représentants
des Etats-Unis d’Amérique, réunis en congrès général, […], affirmons et déclarons que ces colonies
sont et doivent être des états libres et indépendants ; qu’elles soient relevées de toute fidélité à l’égard
de la couronne britannique […] et qu’elles ont, en tant qu’Etats libres et indépendants, plein pouvoir
de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, d’établir des relations commerciales,
d’agir et de faire toutes autres choses que des Etats indépendants sont fondés à faire. »
Audition de l'Américain Benjamin Franklin, en 1766, au sujet du droit de timbre ( stamp act) imposé
par le roi d'Angleterre.
Question : Les Américains paient-ils des taxes ?
Réponse : Oui, beaucoup, et des taxes très lourdes.
Question : Dans quel but sont levées ces taxes ?
Réponse : Pour subvenir aux établissements civils et militaires et pour résorber les lourdes dettes
contractées pendant la dernière guerre. (Il s'agit de la Guerre de Sept Ans menée contre la France et
l'Autriche de 1756 à 1763 et qui s'est déroulée en partie au Canada)
Question : Le peuple est-il en mesure de payer ces taxes ?
Réponse : Non.
"La nuit dernière, trois cargaisons de thé de Chine furent jetées à la mer. Ce matin, un navire de guerre
fait voile. C'est la manifestation la plus magnifique de toutes. Dans ce dernier effort des Patriotes, il y
a une dignité que j'admire grandement. Le peuple ne devrait jamais se soulever sans accomplir quelque
chose de mémorable. La destruction du thé est hardie, courageuse, intrépide, déterminée à tel point
que je ne puis pas ne pas la considérer comme une page épique de notre histoire. Bien des gens
souhaitent qu'il y ait autant de cadavres flottant dans les eaux de port que de caisses de thé. Un plus
petit nombre de vies suffirait pourtant à supprimer les causes de nos malheurs. Le plaisir malicieux
qu'ont pris le gouverneur Hutchinson, les consignataires du thé et les officiers des douanes à noter la
détresse du peuple, sa lutte pour faire retourner le thé à Londres et finalement la destruction du thé,
tout cela n'a pas manqué d'étonner. (…) La question est de savoir si la destruction du thé était
nécessaire. Je crois très fermement qu'elle l'était ; elle était indispensable. (…) Il fallait trancher
l'alternative : le détruire ou le débarquer. Le laisser débarquer, c'était se soumettre au principe de
l'imposition par le Parlement, contre lequel le continent lutte depuis dix ans. C'était renoncer à dix ans
d'efforts."
"O vous amis de l'humanité ! Vous qui osez vous opposer non seulement à la tyrannie mais au tyran,
avancez-vous ! L'oppression ravage chaque recoin du Vieux Monde. La liberté a été pourchassée sur
toute la surface du globe. Le soleil n'a jamais éclairé une aussi grande et digne cause."
Exercices :
- Dressez la carte d’identité de chaque document (1 à 4)
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- Lisez les documents 1 à 4 et rédigez une synthèse d’une quinzaine de lignes dont le
sujet sera : « Les causes de la Révolution américaine » (structurez le texte en
fonction des différentes causes, en n’oubliant pas de vous référer aux documents
utilisés)
Carte d’identité
Fiabilité :
Fiabilité :
Fiabilité :
Fiabilité :
Document 5
« Il ne suffit pas de proclamer l’indépendance. Encore faut-il la défendre les armes à la main. La
guerre contre l’Angleterre fait peur. C’est par miracle que le général Washington met sur pied une
armée. Et pourtant face à la puissante machine de guerre des Anglais, les Américains ne s’effondrent
pas. L’aide de la France a été décisive. Deux traités sont signés entre la France et les Etats-Unis. La
France envoie un corps expéditionnaire sous le commandement du comte de Rochambeau. En 1780,
Washington et Rochambeau décident d’assiéger les troupes anglaises à Yorktown, qui tombe en
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octobre. Cette bataille décide de l’issue de la guerre. Le Parlement anglais entame des pourparlers qui
aboutissent le 3 septembre 1783 au Traité de Paris. C’est la première fois que dans l’histoire du monde
moderne des colonies révoltées accèdent à l’indépendance. »
A. KASPI, Les Américains, t.1 : Naissance et essor des Etats-Unis 1607-1945, Paris, 1986, p. 156.
Exercice :
1) Donnez un titre au document 5.
2) Comment qualifier la période allant de 1776-1783 ?
3) Quel rôle la France a-t-elle joué durant cette période ? Quelles étaient ses
motivations ?
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Article premier : Tous les pouvoirs législatifs accordés par le présent acte seront confiés à un
Congrès des Etats-Unis, qui sera composé d'un Sénat et d'une Chambre des représentants. La Chambre
des représentants se composera de membres choisis, tous les deux ans, par le peuple des divers Etats...
Article II : Le pouvoir exécutif est conféré à un président des Etats-Unis d'Amérique. Il restera en
fonction pendant une période de 4 années, et sera élu de la manière suivante, en même temps que le
vice-président, choisi pour la même période. Chaque Etat nommera, suivant le mode prescrit par sa
législature, un nombre d'électeurs égal à la totalité des sénateurs et des représentants que l'Etat a le
droit d'envoyer au Congrès, mais aucun sénateur ou représentant, ni aucun fonctionnaire des Etats-
Unis, ne pourra être nommé électeur. Le président sera commandant en chef de l'armée et de la marine
des Etats-Unis, et de la milice des divers Etats lorsqu'elle sera appelée au service des Etats-Unis.
Article III : Le pouvoir judiciaire des États-Unis sera confié à une Cour Suprême et à telles cours
inférieures.
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Document 7 : Carte des Etats-Unis de 1776 à 1959
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La part de l’immigration dans l’accroissement de la population aux Etats-Unis de 1821 à 1910.
Périodes Nombre d’immigrants
1821-1830 150 000
1831-1840 600 000
1841-1850 1 700 000
1851-1860 2 600 000
1861-1870 2 300 000
1871-1880 2 800 000
1881-1890 5 400 000
1891-1900 3 700 000
1901-1910 8 700 000
J.-L. JADOULLE et M. BOUHON, Développer les compétences en histoire, L-L-N, 2001, p. 128.
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Fondées aux XVIIe et XVIIIe siècles sur la côte Est de l’Amérique du Nord, les Treize
colonies anglaises jouissent d’une administration locale, composée d’un gouverneur par
colonie et d’une assemblée d’élus. Leur compétence s’arrête toutefois à la vie locale et les
colons ne disposent pas de représentants à Londres. Or depuis le Bill of rights de 1689, il est
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convenu que tous les impôts soient votés par le Parlement. Il y a de fortes taxes douanières à
l’entrée des colonies sur le sucre et le café notamment et un droit de timbre sur les journaux.
Le premier président des États-Unis sera George Washington, commandant des Insurgés, élu
en 1789. Ce riche propriétaire terrien né en Virginie sera réélu pour un second mandat. Mais il
se retirera ensuite volontairement de la vie politique et laissera la présidence à son ancien
rival, John Adams. Son nom sera donné à la capitale fédérale un an après sa mort (en 1800).
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Dépenses (en millions de livres) : total 622
instruction; 1
dépenses militaires et
diplomatiques; 166
dette (intérêts); 50
Loterie royale; 10
Domaines Royaux; 50
Recettes diverses; 78
Gabelle; 60
Documents réalisés par R. van BREUGEL d’après les données tirées de J.-M. GAILLARD, Histoire
2de. Les fondements du monde contemporain, Paris, 2001, p.181.
Question : Que révèle l’état des finances du Royaume de France à la veille de la Révolution
française ? Quelles solutions le Roi peut-il envisager ?
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Document 2 : ………………………………………………………………………………
Question : A quoi correspondent les trois personnages représentés sur le document ? Que
représente cette scène ?
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Document 1 :
Document 2 :
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Auteur du document :
Le document est-il pertinent et peut-on faire confiance à l’auteur ? Justifiez et nuancez.
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« Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que
demande-t-il ? A y devenir quelque chose […]. Qui donc oserait dire que le Tiers-Etat n’a pas en lui
tout ce qu’il faut pour former une nation complète ? Il est l’homme fort et robuste dont un bras est
encore enchaîné. Si l’on ôtait l’ordre privilégié, la nation ne serait pas quelque chose de moins mais
quelque chose de plus. Ainsi qu’est-ce que le Tiers ? Tout, mais un tout entravé et opprimé. Que
serait-il sans l’ordre privilégié ? Tout, mais un tout libre et florissant. Rien ne peut aller sans lui, tout
irait infiniment mieux sans les autres. »
- Le Roi et la nation pourront également proposer - Pour l’allégement des tailles et des corvées. Les
les lois ; mais elles ne seront exécutées qu’après députés pourront consentir qu’à l’avenir tout
qu’elles auront été approuvées par l’un et par impôt distinctif entre les ordres soit aboli ; qu’il
l’autre […] Tiers de Domme n’y ait plus d’exceptions, de privilèges, ni
- On s’en rapporte à la sagesse des Etats d’exemptions pécuniaires dans l’Etat. Le clergé
généraux pour fixer les limites de l’influence d’Orléans
qu’aura la prérogative royale sur leurs - Les députés demanderont l’abolition entière de
délibérations […] Noblesse d’Amont tous les privilèges des nobles, clercs […]. Tiers
- L’abolition de la gabelle, des tailles, […], et de La Chapelle…
autres droits. Que pour remplacer ces impôts et - Que nul ne soit arrêté et emprisonné excepté le
droits, il soit établi […] une taxe foncière qui cas de flagrant délit, sans une demande préalable.
frappe indistinctement les citoyens des trois Tiers de Rouen
ordres. Qu’on puisse abolir les dîmes. Tiers de - Que tout individu jouira de la liberté d’écrire et
La Chapelle-Craonnaise d’imprimer. Qu’aucun citoyen ne pourra être
- Nous nous réservons les droits honorifiques, dépossédé des propriétés dont il jouit […]. Qu’il
exemptions et autres distinctions qui tiennent à soit créé une commission pour l’établissement
notre dignité et qui sont essentiels dans une d’une éducation nationale et qui s’étende à toutes
monarchie. Noblesse d’Orléans les classes de citoyens […] Nous
recommanderons de détruire la traite et de
préparer la destruction de l’esclavage des Noirs.
Clergé de Mantes…
Remplissez ce tableau en précisant pour chaque document le type de cause qu’il illustre
et en quoi il explique une des causes de la Révolution française.
38
Document 2
Document 3
Document 4
39
D) LA REVOLUTION FRANCAISE : démocratie –
autoritarisme ; conservatisme – réformisme
Document 1 :
40
Document 3 : Les motivations de la prise de la Bastille
Exercice : Résumez en quelques lignes ce qui s’est passé lors de chacun de ces 6
événements. En quoi ont-ils été fondamentaux ?
41
Document 5 : L’abolition des privilèges le 4 août 1789 et la Déclaration des droits de
l’Homme le 26 août 1789.
42
Exercice : Ces trois épisodes de 1789 ont-il favorisé la liberté, l’égalité et la fraternité ?
Argumentez et nuancez !
"Les citoyens d'un même état et profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte, les
ouvriers d'un art quelconque ne pourront, lorsqu'ils se trouveront ensemble, se nommer ni président, ni
secrétaire, ni syndicats ; ils ne pourront ni délibérer, ni former des règlements sur leurs prétendus
intérêts communs. Tous les attroupements composés d'artisans, ouvriers, compagnons, journaliers
contre le libre exercice de l'industrie et du travail, seront dissipés par les dépositaires de la force
publique."
[Refrain] :
Aux armes citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons
………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………
43
Documents 11 : Louis XVI en 1791 (à la fois pour et contre la Constitution) et en 1793
(guillotiné)
Synthèse
Cet événement capital, qui a créé la France moderne, a été inspiré par la Révolution
américaine de 1776. La révolution a-t-elle vraiment apporté la liberté ? Les historiens ont des
avis différents.
44
importantes ; la guerre pour l’indépendance des Etats-Unis a coûté cher à la France). Autres
causes : les Lumières, la Révolution américaine et l’enrichissement de la bourgeoisie de plus
en plus ambitieuse.
- En 1789, les Etats Généraux (représentants élus des 3 classes : la noblesse + le clergé + le
Tiers-Etat) se réunissent à Versailles. Devant des difficultés venues de discussions sur le
protocole à suivre (vote par ordres ou vote par têtes), les Etats Généraux se déclarent
"Assemblée Nationale". Le roi cède devant la révolte du peuple de Paris qui, le 14 Juillet,
prend la Bastille. L'Assemblée supprime l'absolutisme dans la nuit du 4 août et le 26 août, la
déclaration des droits de l’Homme et du citoyen est votée.
- En 1792, le roi, devenu impopulaire, est renversé. Il sera guillotiné ainsi que la reine en
1793. La république est créée au moment même où la France entre en guerre contre
l'Angleterre, l'Autriche, et la Prusse.
- En 1793-1794, Robespierre supprime les libertés, instaure la Terreur et la guillotine pour ses
ennemis.
- De 1795 à 1799, on essaie d'instaurer une République modérée, mais la guerre continue et
les divisions intérieures sont trop grandes. Ceci permet un coup d'état militaire qui donne le
pouvoir à Napoléon Bonaparte en 1799.
3. Ses conséquences
45
prit le pouvoir en profitant des
Le peuple gagna peu et eut l'impression d'avoir été
élections et qui s'enrichit en
trompé, ce qui expliquera son envie de recommencer
achetant les biens du clergé et des
(1830 + 1848 + 1870 + 1936 + 1968)
nobles.
La Révolution a duré dix ans, de 1789 à 1799. Dix ans, c'est une période à la fois très longue
mais aussi très courte. Ce fut très long pour les contemporains qui l'ont vécue, mais ce fut
également très court pour permettre un changement des mentalités.
En 1789, le roi Louis XVI n'avait plus d'argent. En partie parce que la noblesse recevait
beaucoup d'argent mais ne payait pas d'impôt. Ni les nobles ni l'Eglise ne payaient d'impôt, or
ils constituaient les classes les plus riches. Peu de temps avant que ne commence la révolution
française, Louis XVI avait aidé la révolution américaine. La France a été le seul pays à aider
Washington, ce qui lui a couté très cher et a ruiné la monarchie française. Le 5 mai, le roi a
donc convoqué à Versailles les Etats Généraux, c'est-à-dire l'assemblée des députés de la
noblesse, du clergé et du Tiers-Etat. Cela a mis en marche le processus de la révolution, car
les députés des Etats Généraux ont fait le serment de réformer la France. On discute un mois
sans aboutir. Les députés du Tiers-Etat, sous l’influence de Sieyès, ont décidé le 17 juin de se
constituer en assemblée nationale, car ils représentaient 96 % de la population. Le roi ne
pouvant accepter cela, ferme la salle des séances. Le 20 juin, le Tiers-Etat en profite pour se
réunir dans la salle du jeu de Paume et prêtent serment de ne jamais se séparer avant d’avoir
donné à la France une constitution (= serment du jeu de Paume). Immédiatement, la France
s'est agitée, même si les séances communes ont repris. Mirabeau, député du Tiers-Etat mais
proche de la royauté, cria : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du
peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. » Le roi devant faire un
geste pour calmer le peuple, les Etat Généraux ont pris le nom d'Assemblée Constituante le 27
juin. L'Assemblée Constituante fut nommée ainsi parce qu'elle a rédigé la Constitution.
Il y a eu en effet des troubles dans le pays tout entier, dont le renvoi du ministre des finances
Necker, apprécié du peuple, qui ont abouti, notamment sous l’impulsion de Desmoulins et la
direction de Danton, le 14 juillet 1789, à la prise de la Bastille. La Bastille était une vieille
prison ou l'on détenait les prisonnier politiques, pratiquement inoccupée en 1789 (7
prisonniers), mais elle était devenue le symbole de la monarchie. Le gouverneur de la prison
de Launay est décapité et sa tête sera promenée dans les rues de Paris sur une pic. Le roi devra
porter la cocarde bleue-blanc-rouge (bleu et rouge étaient les couleurs de Paris ; le blanc
symbolisait la royauté) tendue par La Fayette, devenu chef de la garde nationale. Les
Jacqueries (les paysans incendient ou détruisent les châteaux des nobles) et la Grande Peur
(les pauvres prennent les armes de façon systématiquement car ils ont peur) ont lieu en juillet-
août.
46
La première réforme que les Etats Généraux ont entreprise fut d'abolir la noblesse. Tous les
hommes furent dorénavant considérés égaux ; les privilèges furent abolis le 4 août. Il y avait
donc en France toujours des nobles, mais la classe de la noblesse avait été abolie. Le 26 août,
on écrit la première déclaration des droits de l’Homme. En octobre 1789, les dames de la
Halles sont venues de Paris à Versailles pour demander du pain au roi. Le roi a alors quitté
Versailles et est venu s'installer à Paris, sous l’impulsion notamment de Marat, qui est
redevenue la capitale de la France.
Une nouvelle assemblée, dite législative, a été réunie en octobre 1791. L'Assemblée
Constituante établissait une constitution, l'Assemblée législative promulguait des lois.
En 1792, le roi et l'assemblée ont déclaré la guerre à l'Angleterre et à l'Autriche. Cette guerre,
qui commença en 1792 et dura jusqu'en 1815, a provoqué la chute du roi. Le peuple a accusé
le roi d'être un traître, de vouloir la défaite de la France et la victoire de l'Autriche, sa femme,
Marie-Antoinette, étant elle-même Autrichienne. La monarchie a été renversée le 10 août
1792. On a alors réuni une nouvelle assemblée qui a été appelée la Convention.
A la convention il y avait les Girondins, très attachés aux libertés individuelles et
économiques.
Les Montagnards (appelés ainsi parce qu'ils siégeaient sur les plus hauts bancs de
l'Assemblée) étaient les membres radicaux de l'assemblée. C'était les députés de Paris,
menés par Robespierre. Ils sont plus sensibles aux difficultés du peuple. Leurs chefs
sont Robespierre, Danton, Camille Desmoulins, Marat, Saint-Just.
Au centre siège une majorité de députés, surnommée la Plaine ou le Marais.
La guerre a provoqué l'invasion du pays. La France a été attaquée de toutes parts. C'est à cette
époque qu'a été créé l'hymne national actuel, intitulé La Marseillaise, qui était le chant de
ralliement des armées du Rhin. Les soldats ennemis, les Autrichiens, y sont décrits comme
des bêtes féroces, des êtres sauvages et cruels.
La guerre a amené l'établissement d'une dictature dirigée par un homme qui a institué la
Terreur : Robespierre. Celui-ci n'a pas été choisi par le peuple ; il s'est imposé par la
Convention. La Révolution a été guidée par l'idée de la liberté, paradoxalement la Terreur voit
l'établissement de la dictature. L'instrument préféré de la Terreur a été la guillotine, constituée
par un couperet qui s'abat sur la tête du condamné, laquelle est recueillie dans un panier. (La
guillotine est restée l'instrument de la peine de mort en France jusqu'en 1975) 10 000 à 12 000
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personne ont été ainsi exécutées de cette façon. Louis XVI a été jugé par la convention, et
guillotiné le 21 janvier 1793. Marie-Antoinette a été jugée par un tribunal révolutionnaire en
octobre 1793 et guillotinée sur ordre du Comité de Salut Public. Robespierre a fait exécuter
ses amis et rivaux dont Desmoulins et Danton.
La mort du roi a déclenchée une guerre civile très dure dans toute la France, en particulier
dans les provinces de l'Ouest : en Bretagne et en Vendée (les chouans).
« Le premier consul (Bonaparte) était toujours présent à la discussion et y prit souvent la plus grande
part : il gardait d’abord le silence et attendait ordinairement qu’ils (les ministres) eussent établi leur
doctrine et développé leur opinion ; ensuite il prenait la parole, présentait souvent la question sous un
nouveau jour et montrait une sagacité, une profondeur prodigieuse ; il portait la conviction dans les
esprits et faisait souvent modifier les projets de la manière la plus sage. Sa tête était abondante, fertile,
productive ; il y avait dans ses paroles une richesse d’expression, dans ses pensées, une profondeur
que je n’avais jamais vues chez personne ; son esprit prodigieux a brillé du plus vif éclat dans cette
discussion, où tant de questions lui avaient été toujours étrangères. »
Napoléon a aussi créé : la Légion d’honneur, les préfets, les lycées, le franc et la Banque de
France, le cadastre… et a autorisé les divorces.
48
Art. 4. – Le Premier Consul de la République nommera, dans les trois mois, qui suivront la publication
de la Bulle de Sa Sainteté, aux archevêchés et évêchés de la circonscription nouvelle.
Art. 6. – Les évêques, avant d’entrer en fonctions, prêteront directement entre les mains du Premier
Consul le serment de fidélité…
Art. I. - « Les pays de Liège, de Stavelot, de Logne et de Malmédy (seront réunis) au territoire
français…
Art. II - Seront réunis au territoire français le Hainaut, le Tournaisis, le pays de Namur, et la majorité
des communes de la Flandre et du Brabant…
Art. VII – Les pays mentionnés… seront divisés en neuf départements
DAVID
Exercice : Pourquoi Napoléon a-t-il mis en place le blocus continental et en quoi consiste
celui-ci ? Quel était son dessein ultime ?
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Documents 7 : Carte de l’Europe de Napoléon en 1815 après Waterloo et le Congrès de
Vienne
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Synthèse
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1799 : Coup d’État du 18 Brumaire de l’an VIII, Bonaparte renverse le Directoire
(gouvernement de l’époque) et devient consul.
1802 : Il devient consul à vie.
1804 : Napoléon est sacré empereur des Français à Notre-Dame de Paris.
1805 : Victoire d’Austerlitz (en Moravie), la « bataille des trois empereurs » : la Grande
Armée bat les Autrichiens (François II) et les Russes (Alexandre Ier). Bataille bien préparée
par Napoléon qui a choisi le terrain.
1806 : Bataille d’Iéna : conquête de l’Allemagne. Blocus continental contre l’Angleterre.
1808 : Révolte des Espagnols écrasée dans le sang.
1809 : Bataille de Wagram : victoire contre la Russie. Napoléon devient alors le maître de
l’Europe continentale.
1812 : Retraite de Russie, bataille de la Bérézina. Désastre militaire total pour les Français.
Napoléon était entré dans Moscou, mais la ville fut incendiée.
1813 : Défaite napoléonienne à Leipzig, la « bataille des Nations », en Allemagne.
1814 : Paris est envahi et capitule devant l’armée des coalisés. Toute la France est envahie.
Napoléon abdique à Fontainebleau et est exilé à l’île d’Elbe. Première Restauration avec le roi
Louis XVIII.
1815 : Napoléon s'échappe de l’île d’Elbe et revient en France : les 100 jours. Battu
définitivement à Waterloo, il abdique et est envoyé en exil sur l’île de Sainte-Hélène où il
meurt en 1821. Le Congrès de Vienne redessine les frontières des pays vaincus par Napoléon.
« Le Belge hait le Hollandais et celui-ci méprise le Belge, au-dessus duquel il se place à une hauteur
infinie, et par son caractère national, et par les créations de son industrie, et par les souvenirs de son
histoire. Dédaignés par leurs voisins du Nord, gouvernés par un prince dont ils ne possèdent pas la
confiance, gênés dans l’exercice de leur culte, et, disent-ils, dans la jouissance de leurs libertés,
surchargés d’impôts, ne prenant à la représentation nationale qu’une part disproportionnée à la
population des provinces du midi, les Belges se demandent s’ils ont une patrie, et s’agitent dans une
situation pénible, dont ils cherchent en vain à prévoir le terme… »
La répartition belgo-hollandaise
BELGES HOLLANDAIS
Population 3.500.000 2.000.000
Députés 55 55
Ministres 1 6
Fonctionnaires 11 106
Officiers 288 1.679
Exercice : Quelles informations ces documents nous donnent-t-ils concernant les rapports
entre les Belges et les Hollandais ?
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« Hier (25 août), une foule immense encombrait la salle de théâtre (de la Monnaie à Bruxelles) où on
représentait la Muette, et presque tous les passages ont provoqué les plus bruyants applaudissements.
A la fin du spectacle, un peuple nombreux s’est transporté au bureau du National dont on a brisé les
carreaux : de là, on s’est transporté à la demeure de Libry Bagnano ; en un instant, les portes et les
fenêtres ont été enfoncées : meubles, livres, tout a été jeté dans la rue, brisé et lacéré par le peuple. Au
même instant, les boutiques de quelques armuriers ont été forcées, et l’on s’est emparé de toutes les
armes qu’on y a trouvées : le peuple s’est ensuite divisé en plusieurs colonnes, l’une s’est portée sur le
palais de justice. A 3 heures du matin, une foule considérable est revenue au Petit-Sablon ; les portes
du Ministère de la Justice ont été enfoncées et tous les meubles, qu’on jetait par les fenêtres, étaient
aussitôt livrés aux flammes. A 5 heures, le feu a été mis à l’hôtel et, malgré les efforts de pompiers, il
n’était pas encore éteint à 9 heures. »
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6 - … Les Belges sont égaux devant la loi ; seuls, ils sont admissibles aux emplois civils et militaires…
7 - … La liberté individuelle est garantie. Nul ne peut être poursuivi que dans les cas prévus par la loi, et
dans la forme qu’elle prescrit…
10 - … Le domicile est inviolable…
14 – La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en
toute matière sont garanties.
17 – L’enseignement est libre ; toute mesure préventive est interdite…
18 – La presse est libre ; la censure ne pourra jamais être établie ; il ne peut être exigé de cautionnement
des écrivains, éditeurs ou imprimeurs…
19 – Les Belges ont le droit de s’assembler paisiblement et sans armes, en se conformant aux lois qui
peuvent régler l’exercice de ce droit…
20 – Les Belges ont le droit de s’associer ; ce droit ne peut être soumis à aucune mesure préventive.
23 – L’emploi de langues usitées en Belgique est facultatif ; il ne peut être réglé que par la loi, et seulement
pour les actes de l’autorité publique et pour les affaires judiciaires.
26 – Le pouvoir législatif s’exerce collectivement par le Roi, par la Chambre des Représentants et le Sénat.
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29 – Au roi appartient le pouvoir exécutif, tel qu’il est réglé par la Constitution.
30 – Le pouvoir judiciaire est exercé par les cours et tribunaux. Les arrêts et jugements sont exécutés au
nom du Roi.
Exercice : Résumez les droits garantis aux Belges par la Constitution de 1831. En quoi la
Constitution de 1831 est une étape vers l’établissement d’une société basée sur la liberté et
l’égalité ?
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Synthèse
Après la défaite de Napoléon en 1815, le Congrès de Vienne décida de créer un royaume des
Pays-Bas regroupant à la fois les anciennes Provinces-Unies mais également les anciens Pays-
Bas autrichiens (la future Belgique). Cette décision avait pour but d’ériger un Etat tampon
puissant au nord de la France. En 1815, la Belgique est donc sous domination hollandaise et
dirigée par Guillaume d’Orange. A cette époque, la Belgique possède des atouts non
négligeables. Elle dispose de minerais, l’industrie métallurgique y est présente depuis John
Cockerill et l’agriculture est bien développée. Les Pays-Bas, de leur côté, possède des ports
très importants. Pour ne pas les citer : Anvers, Rotterdam, Amsterdam.
Le début de la révolution fut une émeute à Bruxelles dans la nuit du 25 août 1830 qui a fait
suite à un opéra sentimental et patriotique « La muette de Portici » (opéra d’Auber). La foule
afflua dans les rues après la séance, criant des slogans patriotiques et prit rapidement
possession de l’hôtel de ville et d’autres bâtiments gouvernementaux. Le Roi des Pays-Bas,
essaya de rétablir l’ordre par la force mais il en fut incapable. Le 27 septembre 1830, les
troupes hollandaises quittent Bruxelles (fête de la Communauté française). Un gouvernement
provisoire fut ensuite déclaré à Bruxelles et une déclaration d’indépendance suivit. Le mois
suivant, un congrès national fut formé et le 7 février 1831, la constitution belge fut proclamée.
Du 2 au 12 août 1831, l’armée hollandaise envahit la Belgique et vainquit les forces belges
près d’Hasselt et Louvain. Seule l’arrivée de l’armée française força les Hollandais à se
replier. L’indépendance de la Belgique est reconnue en 1931 par le traité de Londres.
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Une royauté s’installe en Belgique et il faut donc choisir un roi. Léopold Ier de Saxe Cobourg
Gotha (un Allemand élevé en Angleterre) est « désigné ». Il prendra comme épouse Marie-
Louise d’Orléans, une Française, fille de Louis Philippe. Ce mariage tissera bien entendu des
liens avec notre puissant voisin, la France.
La création d’une constitution était un pas important dans la mise en place de notre pays. Elle
sera d’ailleurs longtemps considérée comme un modèle du genre. En effet, elle dépasse toutes
les constitutions déjà imaginées. Elle prévoit : L’égalité de tous les citoyens
Les libertés individuelles (on a le droit de faire ce que l’on veut, tant que l’on respecte la
loi)
Inviolabilité du domicile
Droit à la propriété
Liberté du culte et des opinions
Liberté de la presse : il n’existe pas de censure
Liberté de l’enseignement : tout le monde peut ouvrir une école
Liberté de réunion et d’association
Liberté dans l’emploi des langues
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