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Communication politique : théories clés

Le livre 'Communication politique : théories et approches' explore les dynamiques de la communication politique, en se concentrant sur les acteurs, les théories et l'impact des médias. Il aborde des concepts clés tels que la médiatisation, le cadrage et les campagnes électorales, tout en examinant l'évolution des médias traditionnels vers les nouveaux médias numériques. Les auteurs, Guillermo López García, José Gamir-Ríos et Lidia Valera-Ordaz, apportent une analyse approfondie des implications de ces changements sur la politique contemporaine.

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Communication politique : théories clés

Le livre 'Communication politique : théories et approches' explore les dynamiques de la communication politique, en se concentrant sur les acteurs, les théories et l'impact des médias. Il aborde des concepts clés tels que la médiatisation, le cadrage et les campagnes électorales, tout en examinant l'évolution des médias traditionnels vers les nouveaux médias numériques. Les auteurs, Guillermo López García, José Gamir-Ríos et Lidia Valera-Ordaz, apportent une analyse approfondie des implications de ces changements sur la politique contemporaine.

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Communication politique : théories et approches

LivreMai 2018

CITATION LIT

1 24 763

3 auteurs :

Guillermo López García José Gamir-Ríos


Université de Valence Université de Valence
111PUBLICATIONS944CITATIONS 27 PUBLICATIONS115CITATIONS

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Lidia Valera-Ordaz
Université de Valence
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Communication politique

Théories et approches
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Communication politique

Théories et approches

Guillermo López García


José Gamir Ríos
Lidia Valera Ordaz
Tous les droits réservés. Il est interdit, sous peine de sanctions.
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ou transmettre cette publication, en tout ou en partie,
par tout système de récupération et par tout moyen,
mécanique, électronique, magnétique, électroptique, par photocopie
ou pour tout autre, sans l'autorisation préalable écrite
de Editorial Síntesis, S. A.

Imagen de cubierta:

© Guillermo López García


José Gamir Ríos
Lidia Valera Ordaz

© ÉDITORIAL SÍNTESIS, S. A.
Vallehermoso, 34. 28015 Madrid
Téléphone:915932098
[Link]

ISBN: 978-84-9171-143-8
Dépôt légal : M. 4.356-2018

Imprimé en Espagne
Indice

Introduction............................................................................................................................................. 9

[Link] champ de jeu de la communication politique.................................................


11
Objectifs 11
1.1. Qu'est-ce que la communication politique 11
1.2. Les acteurs du processus de communication politique 13
1.2.1. Les acteurs politiques......................................................................................... 13
1.2.2. Les médias....................................................................... 15
1.2.3. Le public................................................................................................................ 15
1.3. Théories de la communication (politique) 16
1.4. El contexto histórico del proceso de comunicación política......... 19
1.4.1. La communication politique « classique »....................................................... 21
1.4.2. L'irruption de la télévision........................................................................ 22
1.4.3. L'influence des nouveaux médias numériques...................................... 23
1.5. L'américanisation de la politique et des systèmes de
représentation................................................................................................................... 23
1.6. Cas pratique : 1984 contre Un monde parfait 28
Questions d'auto-évaluation................................................................................................ 29

2. Perspectives théoriques en communication politique.................................................31


Objectifs 31
2.1. Le modèle de mise à l'agenda 31
2.1.1. Origines et définition........................................................................................ 31
2.1.2. La recherche empirique.............................................................................. 34

5
Communication politique

37
2.1.3. Les fondements théoriques...............................................................................
2.1.4. Des sujets aux attributs......................................................................... 39
2.2. Le cadrage : l'étude des cadres du discours................................. 41
2.2.1. Origines et définitions................................................................................... 42
2.2.2. Cadre versus mise à l'agenda : différences théoriques..................... 45
2.2.3. Courants de recherche.......................................................................... 48
2.3. Cas pratique : le débat sur l'avortement analysé
depuis la perspective du cadrage......................................................................... 51
Questions d'autoévaluation..............................................................................................
52

3. Les médias et la médiatisation de la politique.............. 55


Objectifs 55
3.1. La médiatisation de la politique 55
3.2. Conséquences de la médiatisation :
l'influence de la télévision.................................................................................... 59
3.2.1. Le discours télévisuel........................................................................................ 60
3.2.2. Prédominance de l'info-divertissement dans le traitement
médiatique de l'information politique....................................................... 62
3.2.3. La production du discours politique : fragmentation,
personnalisation et spectaculaire 67
3.3. Les nouveaux médias 69
3.3.1. L'espace de la communication politique et les nouveaux flux
informations........................................................................................................... 69
3.3.2. Communication politique 2.0............................................................................. 71
3.4. La relation moyens-politique 74
3.4.1. Systèmes médiatiques comparés.............................................................. 74
3.4.2. Modèles d'interaction................................................................................... 78
3.5. Cas pratique. Médiatisation de la politique et fiction audiovisuelle :
L'aile ouest de la Maison Blanche contre The Thick of It........................ 79
Questions d'auto-évaluation 80

4. Communication politique et Internet................................................................................... 83


Objectifs 83
4.1. Le cyberoptimisme : la vision d'Internet comme moteur de
changement social et politique.............................................................................................. 83

6
Indice

4.2. Le cyberpessimisme : le scepticisme face à la démocratisation


et les risques d'Internet pour l'espace public.................................... 88
4.3. La dimension politique des nouveaux médias 93
4.3.1. Sites web................................................................................................................. 94
4.3.2. Blogs et wikis.......................................................................................................... 95
4.3.3. Repositories audiovisuels............................................................................ 96
4.3.4. Réseaux sociaux....................................................................................................... 97
4.3.5. Cibermédias........................................................................................................... 98
4.4. Le public numérique 99
4.5. Cas pratique. Fragmentation et communication politique
sur Internet : les patterns de consommation médiatique......................................
103
Questions d'auto-évaluation................................................................................................
104

[Link] campagnes électorales..................................................................................................... 107


Objectifs 107
5.1. Le vote, la propagande, le marketing électoral et les campagnes.... 107
5.2. Évolution du marketing électoral et des campagnes 110
5.3. Fonctions et phases des campagnes électorales.........................................
114
5.4. Analyse du contexte et recherche sur l'électorat...........................
115
5.5. Stratégie et planification 117
5.6. Outils de diffusion et canaux de communication directe....... 120
5.6.1. Outils unidirectionnels................................................................... 121
5.6.2. Canaux bidirectionnels et interactifs................................................... 127
5.6.3. Outils et canaux d'interaction limitée.............................. 130
5.7. Techniques de communication médiatisée : les cabinets de presse....... 142
5.8. Cas pratique : la planification d'une campagne électorale.............. 143
Questions d'auto-évaluation................................................................................................
146

Bibliographie................................................................................................................................................ 149

Solutionnaire.............................................................................................................................................. 155

7
3
Les médias de communication et la
médiatisation de la politique

Objectifs

Ce chapitre traite des médias comme l'un des trois acteurs fondamentaux.
fondamentales de la communication politique. Les objectifs sont :

1. Définir et conceptualiser le processus de médiatisation de la politique qui, né à


racine de l'omniprésence des médias dans la société, a conduit à surmonter dans la
pratique la simple recherche de ses effets sur le public pour aborder ses implications
cations d'une manière plus large.
2. Examiner les conséquences de la transposition des caractéristiques propres à
discours télévisé sur le traitement de l'information politique, avec l'émergence du
info-entrepreneuriat, et au propre processus de production du discours politique, me-
face à la simplification, à la personnalisation et à la spectacularisation.
3. Établir les effets de l'irruption d'Internet sur la communication politique, dans
la question de la fragmentation et de la segmentation des publics, et de l'affaiblissement et
polarisation des médias.
4. Catégoriser la relation entre le système de médias et le système politique à partir de
la comparaison de divers systèmes médiatiques et de l'inventaire des différents
modèles d'interaction entre les deux.

3.1. La médiatisation de la politique

Le concours des médias est indispensable pour analyser et


évaluer le processus de communication politique, comme on peut le déduire de lui-même

55
Communication politique

concept. La communication politique n'est pas la politique, mais la matérialisation de la po-


la politique qui parvient aux citoyens est effectivement le résultat de la communication politique et,
conséquence, de l'action médiatrice des médias de communication. En mots
de Castells :

Les médias [...] ne sont pas le Quatrième Pouvoir. Ils sont beaucoup plus importants :
c'est l'espace où le pouvoir se crée. Les médias constituent
c'est l'espace où se décident les relations de pouvoir entre les acteurs
politiques et sociales rivales. C'est pourquoi, pour atteindre leurs objectifs, presque tous les
les acteurs et les messages doivent passer par les médias. Ils ont
que d'accepter les règles du jeu médiatique, le langage des médias et ses
intérêts (2009 : 262).

Cette prépondérance des médias à leur intersection avec d'autres acteurs so-
ciales (et, dans le cas qui nous concerne, les partis politiques) est étroitement
liée au phénomène de la médiatisation. Il s'agit d'un concept qui a fait
fortuna dans les études de communication au cours de la dernière décennie, liant, fonde-
mentalement, deux phénomènes qui se sont produits en parallèle. D'une part, le me-
la diatización incide sur l'augmentation de la présence des moyens et systèmes de
communication dans le champ social (Couldry et Hepp, 2013). À partir de ce point de
Vue, on peut considérer que le concept suppose une évolution et une mise à jour.
des observations soulevées par la théorie des médias, de l'École de Toronto
(Finnemann, 2014).
D'autre part, la médiatisation fait référence à la capacité performative
des médias sur le champ social ; les dispositifs narratifs
spécifiques des médias, la logique de la construction des
actualités et leur insertion dans une périodicité déterminée, ainsi que l'inévitabilité
que les acteurs sociaux doivent filtrer leurs discours à travers le prisme de
les médias, leur confèrent un rôle de plus en plus prépondérant. Depuis ce
point de vue, la médiatisation peut être liée au concept de médialogique,
la "logique médiatique" (Altheide et Snow, 1979).
L'approche de la médiatisation implique de surmonter l'idée qu'un texte média-
Tico a des effets sur le public, pour élaborer une analyse beaucoup plus diverse et
profond sur l'impact des médias sur la société à des niveaux
très divers (Strömbäck, 2008). L'omniprésence des médias et des systèmes de
communication dans la société du sièclexxi, dérivée du développement d'Internet et les
les technologies numériques, obligent à aller un pas plus loin que le schéma classique d'analyse
de la communication de masse production-texte-audience. Les médias de comu-
la communication génère des changements profonds dans le domaine social. Concrètement, Schulz
(2004) identifie quatre types de changements : extension, substitution, amalgame et
adaptation.

56
Les médias et la médiatisation politique

1. Extension : les médias sont de plus en plus présents dans la vie des per-
sonas, et sa nature est de plus en plus diverse, de sorte qu'elles peuvent avec-
cebirse comme des extensions de l'être humain (McLuhan, 1996).
2. Substitution : les médias s'immiscent dans des activités qui se déroulaient auparavant
sans son concours (les gens jouent à des jeux vidéo au lieu de jeux
traditionnels, par exemple) et les insèrent dans leur logique. Les nouveaux médias
les numériques remplacent les anciens (un cas clair est le remplacement du courrier
postal par e-mail)
3. Amalgama : les médias se combinent et se mélangent avec d'autres activités non
médiatiques. Comme, par exemple, conduire tout en écoutant la radio,
ou se promener en regardant le téléphone mobile.
4. Adaptation : le poids spécifique du secteur des médias induit des changements
sociales de todo tipo, de forma que instituciones y actores sociales han de
s'adapter à la logique des médias. Par exemple, c'est le cas des diri-
gentes politiques, qui doivent adapter leurs discours, leurs stratégies, même
son apparence, aux besoins et aux préférences de la télévision.

Un des champs sociaux les plus affectés par le processus de médiatisation,


Comme on pourrait le supposer, c'est celui de la politique. En fait, les études sur la médiati-
la médiatisation de la politique
cándose, en consecuencia, en el contexto spécifi que des études de communicatio-
politique. Strömbäck (2008) offre une définition particulièrement ingénieuse et
fortunate de médiatisation de la politique, qui décrit comme un processus à travers
dont la discussion concernant l'indépendance des médias de communication
L'action face aux acteurs politiques se transformerait en l'analyse contraire, c'est-à-dire : le
degré d'indépendance des acteurs politiques par rapport aux médias, qui passeraient à
ostenter une position prépondérante.
Le discours politique médiatisé, en somme, implique d'élaborer la forme et le con-
tenu du message conformément aux intérêts des médias, ce qui signifie :

Encadrer le processus politique comme un jeu stratégique ou "course de ca-


ballos", plus qu'un champ discursif dans lequel débattre des questions políti-
cas fondamentaux. Les médias, de plus, utilisent des techniques narratives comme la
simplification, polarisation, intensification, personnalisation, visualisation
le recours aux stéréotypes ; se concentrer sur des stars médiatiques et des scandales et
offrir une plateforme pour l'« homme normal » (Meyen, Thieroff et Strenger,
2014; la traduction est à nous).

C'est-à-dire que la politique médiatisée oblige les partis à adapter leurs discours,
ses stratégies et même ses candidatures aux intérêts des médias de communication
cación. De plus, la perception de la politique que le public a, son évaluation de

57
Communication politique

les affaires publiques, ce qui est important et ce qui ne l'est pas, se voit également inévitablement
conditionnée. Mazzoleni (2010 : 103-104) le résume en regroupant les effets de la
médiatisation en deux grandes catégories :

1. Les effets médiatiques, c'est-à-dire ceux qui affectent principalement les


aspects médiatiques de la communication politique : « spectacularisation »
construction de l'agenda politique et fragmentation de l'information po-
lítica.
2. Les effets politiques, qui affectent directement la façon d'être et de se situer.
se del sistema politique : personnalisation, « leaderisation » et sélection des
élites politiques.

Le propre modèle de la communication de masse, caractérisé par la diffusion


unidirectionnel de messages par l'émetteur à un large public indéterminé
navigué à travers les médias, sans qu'il soit possible d'inter-
réaction ou de réponse de la part du public, met en évidence le rôle central des
médias dans le processus et, comme cela a déjà été vu, jette les bases de la médiatisation. Le
le rôle des médias dans la formation de l'opinion publique est si pertinent que,
selon Mazzoleni (2010 : 51), ils constituent « l'axe autour duquel tourne [...]
le débat public caractéristique du processus démocratique" jusqu'au point où le
l'électorat "se voit relégué à jouer un rôle résiduel".
Ce déplacement de la citoyenneté vers un lieu marginal est, précisément-
te, la première conséquence de la médiatisation, comme en témoigne sa disparition
comme émetteur intentionnel de messages dans les définitions fournies par d'autres étu-
diosos. Wolton (1998 : 110), par exemple, considère que la communication politique
l'espace où s'échangent les discours contradictoires de [...] les
les politiciens, les journalistes et l'opinion publique à travers les sondages. De plus,
cette centralité des médias dans la communication politique et dans le processus démo-
Le cratique n'est pas propre seulement aux théories que McQuail (1994) caractérise comme de
approche médiacentre, mais elle s'applique également à celles qui sont englobées dans l'approche
sociocentrique, et bien qu'il considère que les médias sont le reflet des systèmes po-
lithique et économique, ne discute pas de sa condition de principal canal de communication
de masses.
La centralité des médias existe, aussi comme extension logique, dans le
cas spécifique des campagnes électorales. À cet égard, Mancini considérait à
au milieu des années 90 où les campagnes électorales étaient immergées
dans une phase où "les médias de masse agissent ensemble-
tamment avec les appareils de parti et, souvent, ils les obligent à s'adapter à leurs
propres logiques" (1995 : 147). Ils le faisaient après avoir traversé, initialement, une étape en
que la communication politique et électorale était contrôlée par les appareils de
les partis et, ensuite, une autre dans laquelle les médias et les organisations se reliaient de
manière subalterne. Selon le même auteur, la phase de centralité des

58
Les médias et la médiatisation politique

les médias ont commencé dans les années 60 dans le contexte d'un processus de diversification
social caractérisé, entre autres aspects, par l'extension de l'électorat et par
l'élargissement du rôle des médias de masse, en général, et
de la télévision commerciale, en particulier (1995 : 156-164). Tout cela accompagné,
selon Verón (1998), en raison d'un affaiblissement du système politique comme
conséquence de la soumission des médias au marché de consommation et de la
propre évolution de la communication politique avec l'introduction d'outils
tas propres du marketing. Ainsi, si le déplacement de la citoyenneté à un endroit
Le quasi-résiduel est la première conséquence de la médiatisation, l'adaptation des
messages from the political system to the characteristics of the media discourse are, without
duda, la deuxième.

Nous assistons, d'une part, à la décadence du champ où s'exerçait la


gestion des collectifs à long terme (celui du politique) et, d'autre part, au domi-
nio croissant d'un autre domaine (celui des médias) essentiellement orienté par la
gestion des collectifs à court terme. […] Essayer d'atteindre le contrôle
des médias à tout prix, les politiciens ont perdu le contrôle de leur propre
esphère (Verón, 1998 : 230).

Dans le cas espagnol, le concept de médiatisation doit être analysé sous un


prisma particulier : les caractéristiques spécifiques du système de médias espagnol et son
étroite liaison avec le système politique, selon le modèle de pluralisme pola-
rizado (Hallin et Mancini, 2004), que nous détaillerons ci-après, pourraient peut-être
mettre en doute la prépondérance des médias de communication aux niveaux qui
nous sommes en train d'analyser ici. Dans un modèle comme le nôtre, les médias ont tendance à
s'allier à un secteur du tissu politique et institutionnel, dont ils sont – jusqu'à
certain point - porte-paroles, défenseurs et interprètes privilégiés.
Le niveau de médiatisation, dans ce contexte, est faible (Casero, Izquierdo et Do-
ménech, 2014), bien que certains auteurs constatent une certaine augmentation ces dernières années
années (Martínez Nicolás, Humanes et Saperas, 2014). Une augmentation qui résulte de-
systématique, d'autre part, avec des phénomènes récents comme le cycle électoral de 2014-
2016, caractérisé par l'irruption des partis émergents (qui sont, au moins
partiellement, produit de la médiatisation, car c'est à travers les médias que
« émergent » et se consolidant) et le rôle central des médias, en particulier la télé-
vision, pour canaliser l'attention du public sur certains sujets, discours
et candidats (López-García et Valera-Ordaz, 2017).

3.2. Conséquences de la médiatisation : l'influence de la télévision

Dans le germe du phénomène de la médiatisation, comme le souligne Mancini, il en-


explique l'élargissement du rôle des médias, en général, et

59
Communication politique

de la télévision commerciale, en particulier, qui malgré la popularisation d'Internet


reste la principale source d'information pour les citoyens. Aux États-Unis
Unis, selon les données de 2016 publiées par le Pew Research Center
dans l'étude "Le Consommateur de Nouvelles Moderne", 57 % de la population consomme
con fréquence des nouvelles à la télévision, contre 38 % qui le fait par le biais de...
ginas web, applications numériques et réseaux sociaux, 25 % le font via la
radio, et 20 % par le biais de la presse. Dans le cas de l'Europe, l'Eurobaromètre
d'automne 2015 reflète que la télévision est le moyen préféré de 81 % de la
citoyenneté des pays membres pour consommer des actualités politiques nationales,
suivie de la radio et de la presse écrite (41 %) et d'Internet (38 %). Le même
étude reflète, de plus, que 84 % regardent la télévision tous les jours, 59 % accèdent à
Internet, 50 % écoute la radio, 32 % utilise les réseaux sociaux, et 31 % lit
la presse écrite. Et en Espagne, selon le baromètre du Centre de Recherche-
enquêtes sociologiques d'octobre 2014, 68,7 % des citoyens écoutent
Je regarde quotidiennement les informations à la radio ou à la télévision pour obtenir des informations sur
actualité politique ou relative à la société, face aux 20 % qui lisent la section de
politique d'un quotidien et les 17,1 % qui utilisent Internet à cette fin.
Et selon le baromètre de mars 2013 élaboré par la même institution, la te-
La télévision continuait d'être le moyen préféré des Espagnols pour s'informer.
avec 56,8 %, devant Internet (16,1 %, résultat de l'addition de 11,9 % de
les cibermédias, 3,6 % des réseaux sociaux et 0,6 % des blogs), la radio
(13,7 %) et les journaux papier (9 %).
Les effets médiatiques et politiques de la médiatisation de la communication
la politique est le résultat, en pratique, de la traduction des traits du discours
télévisuel au traitement médiatique de l'information politique, dans le premier cas,
il y a la génération même du discours politique, dans le second. Pour décrire am-
Il est nécessaire de s'arrêter d'abord sur les éléments qui caractérisent le discours.
télévisif.

3.2.1. Le discours télévisuel

Les caractéristiques du discours télévisuel ont été largement étudiées


par la sémiotique de la communication. Eco (1986) a catégorisé l'évolution du média
en deux stades, paleotélévision et néotélévision, à la suite du changement observé dans
ses stratégies de légitimation après l'implantation de la télévision commerciale
les démocraties libérales européennes. Alors que le modèle de la paléotélévision se
reposait sur des chaînes monopolistiques, soutenues par le secteur public avec un
stratégie de légitimation basée sur la véracité de l'énoncé et qui, par conséquent,
se séparait clairement l'information et la fiction, le modèle de la néotélévision est apparu
après la multiplication des chaînes en raison de l'entrée d'opérateurs privés, que
a provoqué un changement dans sa stratégie de légitimation. La rupture du modèle de

60
Les médias et la médiatisation politique

le service public soutenu par des monopoles d'État représentait une nouveauté dans le
système de financement et l'entrée de la publicité, ce qui a finalement rapproché le
modèle européen au modèle américain.
La sémiotique avait initialement tenté de décrire les caractéristiques d'un
langage spécifique hypothétique du milieu jusqu'à ce qu'à un nouveau stade de ses
travaux, la conception du discours télévisuel s'est consolidée comme une combinaison de
codes et genres préexistants et hétérogènes. Comme l'indique González Requena
(1995 : 24), « sa spécificité consisterait dans sa propre in spécificité, dans sa capacité-
papa de incorporer toutes les combinaisons qui rendent spécifiques à d'autres systèmes.
Selon Cebrián Herreros (1978: 163), ces combinaisons se produisent
à travers la propre programmation, qui définit comme « un ensemble de programmes
unis ou liés d'une certaine manière les uns avec les autres avec un rythme propre et des
lois spécifiques qui ne correspondent à aucun autre moyen." Ainsi, les programmes
ce sont des structures autonomes, des textes unifiés dans une structure discursive supérieure,
la programmation, qui constitue donc un macrotexte, un macrodiscours. La
structure fonctionnelle de ce macrodiscours, sa façon de combiner les programmes,
Les formats et les genres se basent, selon González Requena, sur la présence simultanée
de fragmentation et de continuité (1995 : 35-37) : fragmentation de la grille en
divers programmes, et des programmes dans diverses sections, et continuité entre
eux par la répétition cyclique de contenus ou par leur sérialisation. À la télévision
généraliste commercial, propre à la néotélévision européenne et au modèle américain
dense, l'élément qui fragmente et en même temps donne continuité au flux télévisuel est le
publicité, fondamentale pour comprendre la logique économique et discursive
du milieu.
Numerosos autores han analizado las características del discurso televisivo,
que, comme conséquence de la médiatisation de la communication politique, se sont
étendu de manière générale à la fois au traitement de l'information politique comme
à la production des messages politiques. Parmi les traits synthétisés par
Aguaded (2000: 8-14) à partir de différents chercheurs, comme le propre Eco
y González Requena, se distinguent par leur translation ultérieure dans le discours politique :

– Spectaculaire, hypnotique, autoréférentiel et fabulateur. La télévision


il est capable de combler le regard du spectateur par un discours spé-
taculaire et spectaculaire qui finit par envahir la réalité quotidienne, de
manière que cette réalité "est construite, présentée et servie comme un
espectáculo que está en función de la programación televisiva”. Lo hace
de manière hypnotique, puisque « la conjonction des codes visuels et écrits
tos, avec supports vocaux, musique, son, image en mouvement, couleur,
Le texte et la forme constituent un puissant attrait pour capter l'attention.
et la maintenir" ; et autoréférentielle, faisant davantage référence à elle-même, au progra-
mación, ses éléments et protagonistes, que à la propre réalité, à laquelle
modifie, déforme et remplace, la transformant en une simple fable.

61
Communication politique

– Fragmentaire, intertextuel et non linéaire. Le discours télévisuel se trouve fragmenté.


mentionné tant dans son émission, par la publicité et les autopromotions,
comme dans sa réception et sa consommation, par les irrupções continues de l'ex-
positions décidées par le spectateur pour éviter de voir les élé-
mentos qui fragmentent l'émission. Le premier aspect, la fragmentation
de l'émission, conduit nécessairement à l'intertextualité –par le biais de
répétitions de contenus et de formats - et à la sérialisation, qui garantissent
la continuité du propre discours tout en permettant de présenter des offres
homologables entre eux et, par conséquent, facilement reconnaissables et assimilables
de la part du spectateur. Le deuxième aspect, le zapping, rompt la ligne-
l'idée de la lecture ou, à tout le moins, construit une linéarité aberrante
en conséquence de sa discontinuité et de son incohérence.
– Du simulacre conversationnel, phatique et conatif. Comme discours propre
de la communication de masse, la télévision présente un processus de diffusion
sion de l'information essentiellement unidirectionnelle qui, cependant, ne
renonce à exhiber une apparence conversationnelle. Il le fait par un
simulacre d'interaction dans lequel cette conversation a lieu uniquement par ma-
nera fictionnelle, dans le cadre de la programmation mais pas avec le spectateur,
de manière que prédominent les fonctions phatiques et conatives du langage
Je : la programmation télévisuelle cherche à prolonger le contact, la réception,
mediante todo tipo de apelaciones e interpelaciones, directas o indirectas,
explicites ou implicites, visant à favoriser un sentiment inclusif et de
appartenance entre ceux qui consomment le discours.

3.2.2. Predominance of infotainment in the media treatment of


l'information politique

Le changement de stratégie de légitimation de la paléotélévision à la néotélévision


a rendu inutile la stricte séparation des genres et l'isolement de ce
informatif concernant les autres genres, car la télévision avait cessé de tenter
se légitimer comme une fenêtre ouverte sur le monde (Eco, 1986). Wolf a déjà décrit
Au milieu des années 80, la tendance future à l'hybridation, « réduisant son
rigidité et différences" par la "contiguïté de contenus divers dans
"le même genre" et la "contiguïté des genres pour un même contenu" (1984 :
194-197).
Ainsi, s'il y avait une claire distinction des genres dans la paléotélévision, dans la néo-
la télévision a commencé une hybridation, en raison de la recherche de l'es-
pectacularización puesta en marcha por parte de operadores privados para atraer a
l'audience. De nombreuses recherches ont également corroboré l'association
entre espectacularisation et audience. La menée par Grabe, Zhou, Lang

62
Les médias et la médiatisation politique

y Bolls (2000) a établi que la simple incorporation dans les nouvelles de cinq élé-
mentos (musique, effets sonores, ralenti, transitions entre les plans,
et la prééminence du ton de voix du présentateur) a les effets suivants sur la
audiencia:

– Augmentation de la stimulation psychologique.


Augmentation de la stimulation physiologique.
Augmentation de l'attention accordée.
– Moins de temps pour la récupération mémorielle de l'information.
Perception des nouvelles comme plus amusantes.

Quoi qu'il en soit, comme le soutiennent Delli Carpini et Williams (2001 : 161)
à partir d'Edelman, la politique a toujours été une expérience médiatisée, cu-
Vos attitudes et actions sont le résultat de l'interprétation de nouvelles informations
à travers un regard construit socialement à partir de sources partagées
parmi lesquelles se trouve la culture populaire. Et cela malgré son importance dans le
la construction des nouvelles et de l'opinion publique a traditionnellement été omise,
en raison des structures et des pratiques des "médias, des chercheurs et des
"les élites politiques" ont artificiellement distingué "faits d'opinions, affaires de...
blicos de culture populaire, nouvelles de non nouvelles, et citoyens-consommateurs de
experts-producteurs

Ces murs […] s'érodent rapidement, résultat de la


technologies de communication en mutation, de la nouvelle économie de
les médias et les tendances culturelles plus larges. Ceci
l'érosion rend non seulement plus évident le sens politique de la culture po-
sauter dans la construction sociale et l'interprétation de la nouvelle, mais pas
rend de plus en plus insoutenable la distinction entre les nouvelles et les non-nouvelles.
l'environnement médiatique résultant restructure les relations traditionnelles
le pouvoir, puisque l'autorité des journalistes, des fonctionnaires et
d'autres gardiens politiques sont de plus en plus défiés par d'autres producteurs
de signification politique et sociale, y compris le public lui-même (Delli Carpini et
Williams, 2001 : 161).

La plasmation de cette érosion des barrières, de l'hybridation dans la distin-


La création de genres et de formats donne lieu à l'infoshow, l'un des onze macrogénres.
enregistrés par l'observatoire sur la télévision européenne Euromonitor et le que
mais a crû ces dernières années, occupant la troisième place au prime time
les télévisions généralistes du Royaume-Uni, d'Italie, d'Allemagne, de France et d'Espagne
(Prado et Delgado, 2010). Les autres sont, en plus des deux hybrides (informe-
fiction, concours, sports, enfant, jeunesse, éducation, religieux
et divers.

63
Communication politique

Tableau 3.1. Macrogénres et genres


Informations Infoshow Montrer
Actualités Satire d'actualité Caméra cachée
Conteneur Chat Conteneur
Face à face Débat Cirque
Débat Docudrame Spécial
Documentaire Docuserie Festival
Événement Docusoap Gran gala
Entretien Docucomedy Humour
Magazine Entretien Magie
Mini magazine jeu de réalité Musical
Magazine d'actualitésÉmission de télé-réalité Sexy show
Noticiario Émission de témoignage Variétés
Reportage Tribunal cathodique
(Source : Prado et Delgado, 2010)

Et si l'hybridation des genres a donné lieu à l'infoshow, à la spectaculaireisation


de l'information a conduit à l'info-divertissement, tendance mondiale initiée
aux États-Unis dans les années 80 et qui, comme l'affirme Carrillo (2013), "combine
l'information et le divertissement tant dans les formes que dans le contenu.
L'info-divertissement se manifeste de trois manières distinctes et parallèles tant dans
le propre infoshow comme dans le macrogène informatif :

D'une part, dans l'incorporation de nouvelles légères ou mineures (soft news)


au sein des bulletins d'information traditionnels. D'une autre part, dans la tendance à aborder
des affaires d'information sérieuses appartenant au débat public dans le cadre de pro-
grammes et formats destinés prioritairement à la distraction du spectateur
dor.Y, enfin, dans l'apparition de programmes qui parodient l'actualité
informative (Berrocal, Redondo, Martín et Campos, 2014 : 89).

À partir de contributions personnelles et d'autres auteurs, les mêmes chercheuses


ils réalisent un inventaire exhaustif des traits qui contribuent au style de l'infoen-
divertissement, en ce qui concerne les préférences thématiques, le choix et le traitement-
aux sources d'information, les caractéristiques techniques et le style narratif (2014 :
89-92). Dans de nombreux cas, la spectacularisation de l'information qui implique le
l'info-divertissement suppose l'intensification de certains critères classiques
de noticiabilité établis par Warren (1979) : actualité/nouveauté, proximité,
prominencia/relevancia de las personas implicadas, curiosidad/rareza, conflicto,

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Les médias et la médiatisation politique

suspense, émotion/drame et conséquences/progrès. Les principales caractéristiques de l'


foentretenimiento, selon le travail de Berrocal, Redondo, Martín et Campos (2014),
ce sont les suivants :

– Préférences thématiques. Prédominance des informations "susceptibles de


générer un impact sur le téléspectateur ou favoriser le spectacle visuel :
événements, désastres, nouvelles d'intérêt humain, curiosités, célébrités.
Traitement dramatique, parodique ou humoristique des informations tra-
dicionalmente considérées hard news, avec ce que l'information politique
n'est pas transmise avec rigueur, mais "dans le but de divertir en cherchant
l'anecdote ou la moquerie de manière à en faire des pièces plus attrayantes pour
le public
– Choix et traitement des sources d'information. Décontextualisation
des déclarations de sources officielles, qui apparaissent parodiées, et avec-
version de la citoyenneté en protagoniste de l'information. Acquisition de
une condition de coprotagoniste de la part du journaliste ou du présentateur, qui
passe de témoin ou de transmetteur à s'impliquer dans l'actualité et à y incorporer son
personnalité « à travers ses gestes et des commentaires qu'il introduit dans
la narration des faits
– Caractéristiques techniques. Caméra à l'épaule pour offrir une sensation de
proximité, réalité et mouvement ; connexions en direct pour donner l'im-
pression d'immédiateté ; utilisation de la musique pour obtenir rythme, drame
tisme ou comédie ; édition du son ambiant et utilisation de ressources
sonoros; sucesión rápida de planos para transmitir mayor tensión; cámara
lente pour souligner l'importance des images, ou rapide pour accroître
mentar la sensación de angustia o comicidad; premiers plans ou plans
détail pour souligner l'émotivité ou la réaction des impliqués ; plan
subjectif pour que le spectateur vive les mêmes sensations que
le personnage assumé par la caméra ; des légendes sur les images pour extraire
manipuler ou influencer son sens ; autopromotions et appâts.
– Style narratif. Décontextualisation, personnalisation, sentimentalisation
mo, émotivité, dramatisation, humour, critique, etc. Utilisation d'un len-
guaje « descriptif et expressif » avec une locution de textes « qui résulte
affectée et parfois alarmiste” (Berrocal, Redondo, Martín et Cam-
pos, 2014 : 89-92).

Dichas características propias del infoentretenimiento –temáticas, de fuentes,


techniques et narrations – se manifestent partiellement dans des programmes du macro-genre
informative et de manière quasi absolue, mais pas toujours simultanément, dans des formats
deinfoshow.
Par exemple, en ce qui concerne les préférences thématiques, une recherche longue-
tudinal sur les thèmes traités dans leurs informations par les principales chaînes

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Communication politique

du Royaume-Uni entre 1975 et 2001 (Winston, 2002) a montré la diminution du


nombre de nouvelles d'information politique nationale, affaires étrangères et économiques
mía, et l'augmentation de la quantité de nouvelles locales et de société, d'événements et d'intérêt
humano. De hecho, los informativos televisivos incluyen cada vez más contenidos
de l'intérêt humain au détriment des nouvelles politiques à l'échelle nationale ou inter-
national (Holtz-Bacha et Norris, 2001).
Cependant, la tendance vers l'info-divertissement n'est pas uniquement présente dans
les programmes d'information, mais aussi dans d'autres plus propres au macrogenre
infoshow. Cebrián et Berrocal (2009) distinguent trois formats de thématiques éminentes.
temente política:

– Formats politiques spectacularisés : « programmes dans lesquels le conte-


nids et les participants appartiennent au domaine politico-journalistique tradi-
analystes, journalistes et politiciens, qui traitent les questions de l'actualité
politique conventionnelle dans un cadre exceptionnel, généralement orientée vers
capter l'attention du public.
-Revues politisées : « programmes avec une thématique variée, développés dans
une structure qui inclut des interviews, des commentaires ou des reportages dans lesquels
la politique s'entrelace à égalité de conditions avec d'autres sujets de la
actualité et qui sont traités avec un douteux bon goût ou une valeur sociale.
– Infoshows politiques : « des programmes indiscutablement orientés vers le divertissement »
nimiento mais qui traitent de préférence de l'actualité, en la présentant
d'un point de vue ironique” (2009: 8-9).

Indépendamment de sa présentation, il n'existe pas de consensus académique sur


les effets de la spectacularisation du traitement médiatique de l'information
politique sur la démocratie. Ceux qui défendent son impact positif soutiennent,
par exemple, que les traditionnellement considérées comme des nouvelles douces approchent l'infor-
information politique à des segments de l'électorat qui ne la consomment habituellement pas
(Baum, 2002), de manera que el infoentretenimiento televisivo tiene un potencial
démocratisant, car il peut éveiller chez les citoyens l'intérêt pour la politique et
les affaires publiques (Thussu, 2007). Jones précise que cette implication se produit dans
le plan cognitif, en parlant de politique, parce que les spectateurs analysent le
contenu du programme pour décider s'ils sont ou non d'accord avec leurs propositions
tos; et aussi socialement, en partageant leurs visions avec d'autres citoyens (cit. en
Ferré Pavia et Gayà Morlà, 2009).
Eh bien, d'autres recherches limitent ces effets à certains segments.
de l'électorat et, par conséquent, son impact potentiel en matière de démocratisation. Par exemple, le
la consommation de l'info-divertissement est liée à la disposition à voter et
avec les niveaux de discussion interpersonnelle sur la politique, mais ce lien
est plus grande parmi les citoyens les plus informés, car la compréhension de l'humour
que le imprègne nécessite une compréhension contextuelle préalable, un trait plus commun

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Les médias et la médiatisation politique

parmi les spectateurs de statut socio-économique élevé (Moy, Xenos et Hess,


2005 : 125-126). En tout cas, et sans faire référence spécifiquement à l'infoentrete-
Graber (2001) considère que la diversification de l'élaboration des
les nouvelles pour plusieurs types d'audiences peuvent augmenter la compréhension de la
politique entre les nouvelles générations.
En revanche, ceux qui défendent son impact négatif considèrent, entre autres
questions, qui a un effet désmobilisateur en plus d'appauvrir le débat
public et, ce faisant, la santé du système démocratique. Brants (1998) limite cela
impact négatif sur trois situations : lorsque l'info-divertissement domine la co-
communication politique, quand elle distord l'image des politiciens ou quand elle a
comme objectif de cacher de l'agenda thématique des questions pertinentes.

3.2.3. La production du discours politique : fragmentation,


personnalisation et spectacularisation

Les effets systémiques de la médiatisation ne se limitent pas au domaine médiatique, mais


qui affectent également le propre processus d'élaboration et de diffusion du discours po-
littoral comme conséquence de l'adoption des dynamiques et du langage des
médias de communication, en particulier la télévision, de la part des acteurs
politiques. De cette manière, les effets de la médiatisation dans le domaine politique sont le
résultat, entre autres facteurs, de l'adoption volontaire, par les partis
politiques, des traits discursifs de la néotélévision.

A) Fragmentation, simplification et condensation du discours

Comme nous l'avons déjà esquissé, la réception du discours télévisuel se fait me-
face à une consommation fragmentée en raison de la facilité d'interruption
volontaire de l'exposition de la part du spectateur (pour éviter les interruptions publicitaires
tarios –zapping–, pour suivre plusieurs programmes simultanément –grazzing–, par
placer, sans intention explicite ou pour rendre hommage à la programmation
–flipping–). Cela confère aux informatifs un rythme rapide qui renforce certains
des traits propres au style journalistique, comme l'utilisation d'un lexique compréhensible
pour tout type de public indépendamment de ses compétences linguistiques
cas ou niveau culturel, et surtout l'utilisation du minimum de mots
nécessaires pour expliquer l'information. La simplicité et la condensation se traduisent
en morceaux d'une durée majoritairement inférieure à une minute (Pestano, 2008),
ce qui, à son tour, génère ce qu'on appelle des effets sound bites, à travers lesquels se
tercalan «fragments de déclarations, phrases d'effet de tel ou tel exposant»
politique, citations brèves qui s'accordent parfaitement avec le rythme pressant de la
"nouvelles télévisées" (Mazzoleni, 2010 : 109). En effet, selon ce qu'en dit le même

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