Le constructivisme et le socioconstructivisme
Plan :
Introduction
I. Le constructivisme
1. Biographie de Jean Piaget
2. Jean Piaget et le constructivisme
II. Le socioconstructivisme
1. Biographie de Lev Vygotsky
2. Vygotsky et le socioconstructivisme
III. Analyse comparative du constructivisme et du socioconstructivisme
Conclusion
Introduction
L’étude de l’acquisition de la connaissance a particulièrement attiré l’attention des scientifiques des
deux derniers siècles. Dès lors, il faut dire que la psychologie behavioriste a exercé sa domination
dans ce domaine pendant 75 ans. Selon ce courant, tout apprentissage se ramène à des conditions
extérieures qui déclenchent des comportements ; d’où l’association du couple stimulus-réponse
(SIR). Il ne fait donc pas de différence entre les mécanismes d’apprentissage humains et des animaux.
C’est à partir des années 1960 ; 1970 que vit le jour un autre courant pédagogique qui met en avant
le postulat que ce qui permet l’apprentissage est interne à l’individu ; c’est le constructivisme qui se
fonde sur l’apprenant doté d’un cerveau non vide et qu’il faut mettre en activité consciente par la
résolution de problèmes, de cas pour l’amener à construire et à mieux s’approprier la connaissance
dont il est ainsi le véritable artisan.
En sus des facteurs internes chers au constructivisme, il faut dès 1995 composer avec les facteurs
externes du socioconstructivisme qui étend la théorie des apprentissages au facteur social. Jusqu’à
ce jour, la conception socioconstructiviste demeure la mieux partagée dans le champ du
cognitivisme.
Dans notre étude, nous allons mettre en exergue et comparativement le constructivisme et le
socioconstructivisme sans oublier leurs initiateurs en chef à savoir Jean Piaget et Lev Vygotsky.
I. Le constructivisme
Ce courant doit ses thèses sur l’apprentissage à Piaget qui en est le principal théoricien.
1. Biographie de Piaget
Piaget est né en 1896 à Neuchâtel en suisse. N’ayant jamais suivi de formation de psychologue,
Piaget fut professeur de psychologie, sociologie, de philosophie des sciences aux Universités de
Neuchâtel, de Lausanne et de Genève de 1929 à 1952. De 1952 à 1967, il fut le seul professeur suisse
invité à enseigner à la Sorbonne. Pendant la même période, il était le directeur du Bureau
International d’Éducation jusqu’en 1967. A partir des années 1950, ses idées épistémologiques et
psychologiques ont servi de fondements à l’éducation actuelle, à la critique de l’éducation
traditionnelle et aux réformes récentes de l’éducation dans le monde.
Jouissant d’une notoriété internationale, Piaget est considéré par plusieurs comme le plus grand
psychologue de l’intelligence au XXe siècle. Jusqu’à sa mort en 1980, il a dirigé le Centre International
d’Épistémologie qu’il a lui-même fondé. Selon lui, l’apprentissage est tributaire est tributaire du
développement de la personne ; c’est la base du constructivisme.
2. Piaget et le constructivisme
Pour Piaget, la psychologie de l’enfant est la base scientifique de la pédagogie et de l’éducation. Il
considère la connaissance non comme un état ou un contenu mais comme un processus adaptatif
perpétuel. C’est pourquoi il a proposé d’aborder le problème de la connaissance sous l’angle de son
développement car l’esprit humain selon lui se développe et se construit à travers ses actions sur le
monde.
Si pour le behaviorisme le modèle de référence est l’animal conditionné c’est-à-dire défini
entièrement par l’environnement, pour Piaget et ses disciples du constructivisme, c’est l’être vivant
qui s’adapte à son milieu et en s’adaptant se transforme lui-même. Apprendre ce n’est donc pas
seulement assimiler quelque chose de nouveau c’est aussi transformer sa pensée en intégrant cette
nouveauté. De ce point de vue la connaissance n’est ni plus ni moins qu’une fonction biologique qui
prend la forme d’une structure cognitive. Cette structure émerge de l'action et se développe soit en
assimilant les nouveautés à des schèmes déjà établis dans cette structure soit en accommodant sa
structure aux nouveautés qui ne s’y intègrent pas.
Le développement de l’enfant se fait de manière naturelle et spontanée et le moteur de ce
développement se trouve dans le sujet et plus particulièrement dans l’activité de ce dernier sur son
environnement. C’est cette action sur le réel qui permet au travers du processus naturel de
déséquilibre/rééquilibre d’assimilation et d’accommodation, la formation des structures opératoires.
Pour Piaget donc, l’intelligence se développe par stades que l’enseignant se doit de tenir en compte
dans le processus d’enseignement/apprentissage. Il s’agit du stade sensorimoteur, du stade
préopératoire, du stade des opérations concrètes et du stade des opérations formelles.
Au demeurant, il ressort avec le constructivisme que l’apprentissage repose essentiellement sur le
développement singulier du sujet qui ne fait que s’adapter à sa société en se développant lui-même.
C’est dans la foulée de ce défaut de contextualisation que le socioconstructivisme prit le relais du
constructivisme avec à sa tête Vygotsky.
II. Le socioconstructivisme
1. Biographie de Vygotsky
Lev Seminovich Vygotsky est né à Orsha en Biélorussie le 17 novembre 1896. Après l’école
secondaire dans la ville de Gomel, il fait des études universitaires de droit, de philosophie et
d’histoire à Moscou à partir de 1929. Durant ses études secondaires et universitaires, il acquiert une
excellente formation dans le domaine des sciences humaines : langue et linguistique, et littérature,
philosophie et histoire.
Dès l’âge de 20 ans, Vygotsky écrit une volumineuse étude sur Hamlet. Poésie, théâtre, langue et
problèmes de signes et de signification, théories de la littérature, cinéma, problèmes d’histoire et de
philosophie, tout l’intéressait vivement bien avant qu’il n’aborde la recherche en psychologie.
Son premier ouvrage qui l’a conduit définitivement vers la psychologie était psychologie de l’art (
1925). Tout comme Piaget, il n’a jamais reçu de formation de psychologue en plus d’être né la même
année que lui. Après l’université, il revient à Gomel où il se livre à des activités intellectuelles fort
variées : il enseigne la psychologie, commence à se préoccuper des enfants handicapés comme son
étude de la théorie de la littérature et de la psychologie de l’art. Après le premier succès
professionnel en psychologie, il s’installe à Moscou en 1924 et devient collaborateur de l’Institut de
psychologie. C’est là au cours d’une prodigieuse décennie (1924-1934) que Vygotsky entouré de
collaborateurs passionnés comme lui par l’élaboration d’une véritable reconstruction de la
psychologie, crée sa théorie historico-culturelle des phénomènes psychologiques. Pendant cette
brève période Vygotsky a rédigé quelques 200 ouvrages dont une partie est perdue. Longtemps
ignorés, ses écrits et activités professionnelles ont été redécouverts assez récemment et peu à peu
reconstitués. La source principale reste ses œuvres complètes publiées en russe entre 1982 et 1984.
En 1934, Vygotsky meurt prématurément d’une tuberculose.
[Link] et le socioconstructivisme
Si l’on veut définir la spécificité de la théorie de Vygotsky par une série de mots et de formules clés, il
faut mentionner au moins les suivants : sociabilité de l’homme, interaction sociale, signes et
instruments, culture, histoire, fonctions mentales supérieures.
Pour lui, l’être humain se caractérise par une sociabilité primaire. Les fonctions mentales supérieures
ont leur origine dans la médiation sociale. Elles existent d’abord sur le plan inter-psychologique entre
les personnes dans une interaction sociale en tant que groupe social et ensuite sur le plan intra-
psychologique en tant que caractéristiques de l’individu qui les extériorise. On va donc de l’extérieur
vers l’intérieur autrement dit du social à l'intra-personnel.
Pour définir le rapport effectif entre développement et apprentissage, il est nécessaire de
déterminer deux niveaux de développement : le niveau de développement actuel de l’enfant et le
potentiel du développement actuel.
C’est tout le sens de ce que Vygotsky a appelé Zone Proximale de Développement (ZPD). C’est la
différence entre le niveau de résolution de problèmes sous la direction et avec l’aide d’adultes et
celui atteint seul par l’enfant. Pour Vygotsky un enseignement orienté vers un stade déjà acquis est
inefficace. Le seul bon enseignement est celui qui précède le développement.
Vygotsky crée des concepts de base comme : communauté, enseignement coopératif, entraide,
interactions dans la classe, partage, microsociété, négociation des points de vue, conflits
sociocognitifs…
Le terme « étayage » (scoffolding) caractérise les interactions pédagogiques qui prennent place au
sein d’une communauté d’apprenants. Celles-ci consistent pour le partenaire plus avancé, à prendre
en charge les parties de la tâche qui dépassent initialement les capacités du partenaire moins avancé
en lui permettant de se concentrer sur les parties de la tâche qui lui sont accessibles. Cette stratégie
de l’enseignement guidé implique que l’enseignant et les élèves explorent leurs différentes
situations-problèmes puis partagent leurs méthodes de résolution.
Fondamentalement, il se révèle que le constructivisme et le socioconstructivisme regorgent de
caractéristiques qu’il convient d’analyser.
III°) Analyse comparative du constructivisme et du socioconstructivisme :