1
INTRODUCTION
1. Contexte de l’étude
L’entreprise est une entité qui est appelée à faire des choix multiples, et à
prendre des décisions dans le but d’atteindre des objectifs fixés préalablement. Le principal
de ces derniers est la réalisation d'un profit financier. La plupart des décisions prises par
l'entité sont des décisions opérationnelles qu’engagent l’entreprise sur le court terme et
d’autres sur le moyen et long terme. De plus, les entreprises se trouvent toutefois face à une
concurrence difficile imposée constamment par le marché et l’environnement économique
qui devient aussi plus en plus instable. C’est pourquoi la trésorerie de l’entreprise se trouve
menacée. Le fonctionnement d’une entreprise dépend inévitablement des opérations réalisées
avec son environnement et se traduisent immédiatement ou à terme, par des flux de trésorerie.
La trésorerie d'une entreprise peut être analysée comme l'ensemble de ses possibilités de
paiement considéré par rapport à l’ensemble des engagements qu'elle a contracté. C’est ce
qu’exprime la notion de solvabilité qui est définie comme l'aptitude d'un agent économique à
faire face à ses dettes lorsque celles-ci viennent à échéance.
La gestion de la trésorerie et au cœur de la fonction financière de l’entreprise.
Autrefois simple élément de la direction financière de l’entreprise, la trésorerie est devenue
une entité cohérente et multiforme qui devient dans l’entreprise la manifestation
opérationnelle de la fonction financière, cela au moment où cette dernière assume un rôle
stratégique croissant. Or, la gestion de trésorerie est amenée à répondre à un certain nombre
d’objectifs dont les principaux sont de gérer, contrôler et sécuriser l'ensemble des flux
financiers de l'entreprise, d'assurer la solvabilité de l'entreprise au moindre coût, d'arbitrer
entre les différents produits de financement et de placement, de gérer les risques financiers et
les risques de change et d'optimiser et gérer la relation (banque / entreprise). Aussi, la
gestion de trésorerie qui constitue une pierre angulaire devient de nos jours, une
préoccupation majeure au sein de toute organisation.
En effet, la GECAMINES a connu des variations significatives dans sa
structure financière et sa gestion de trésorerie, notamment : les fluctuations des prix de
minerais, les politiques gouvernementales et la gestion interne de l’entreprise.
2
2. Phénomène observé
La performance de la Générale des Carrières et des Mines implique toujours la
bonne gestion du cycle d’exploitation. Une entreprise performante est celle qui est en même
temps efficace, c’est-à-dire, qui atteint ses objectifs fixés par rapport aux résultats et ;
efficiente, c’est-à-dire, les moyens employés qui correspondent aux résultats.
En effet, notre observation a été effectuée sur les états financiers de la société
en étude allant de l’année 2017 à l’année 2021. Précisément sur les indicateurs de la
performance et de la structure financière.
Ce tableau ci-dessous nous montre l’évolution de la trésorerie :
Tableau 1:Evolution des trésoreries de la Gécamines de 2017 à 2021
Libellés 2017 2018 2019 2020 2021
FRN -258 072 572 -103 757 977 -211 291 439 -445 332 211 -430 489 402
BFR -266 864 564 -105 478 838 -181 598 608 -359 238 746 -415 554 960
TN 8 791 992 1 720 861 -29 692 831 -86 093 465 -14 934 442
Source : réalisé à partir des données comptables de la Gécamines.
Ce tableau ci-dessus nous montre que la trésorerie représente l’ensemble des
encaisses en banque et en caisse. En effet, la société présente une trésorerie aisée durant deux
ans, de 2017 à 2018 de 8 791 992 et 1 720 861 grâce aux besoins de financement global et a
réalisé son équilibre immédiat ; par contre durant ces trois dernières années 2019, 2020 et
2021 la société a enregistré une trésorerie négative de 29 692 831, 86 093 465 et 14 934 ; par
conséquent l’entreprise n’a pas réalisé son équilibre financier immédiat.
D’où notre question de départ est : de quelle manière la structure financière influe-t-elle
sur la trésorerie de la GECAMINES ?
3. Objectif de la recherche
3.1. Objectif général
L’objectif de notre recherche est de comprendre l’impact de la structure
financière sur la trésorerie de la GECAMINES.
3.2. Objectifs opérationnels
3
Afin d’atteindre notre objectif général, nos objectifs opérationnels se
présentent comme suit :
Analyser le fonds de roulement ;
Analyser le besoin en fonds de roulement
Analyser la trésorerie
4. Revue de littérature
L’étude de notre thématique a déjà fait l’objet de plusieurs recherches et nous
n'avons pas la prétention d'avoir lu tous les ouvrages ou encore tous les travaux
antérieurement élaborés dans ce domaine. Cependant, nous avons sélectionné quelques-uns
en raison de leur rapprochement avec notre sujet.
4.1. Revue de littérature théorique
Dans cette partie, nous allons énoncer quelques théories sur la structure
financière et la trésorerie de la GECAMINES selon différentes pensées.
Philipe Desbrières et Evelyne poincelot1 : dans leur ouvrage soulignent que
la conception de la trésorerie des organisations (entreprise industrielles, commerciales,
associations,…) est traditionnellement multiforme. On peut en effet l’appréhender à partir
de la notion d’équilibre financier ou comme étant la résultante de multiples flux de
liquidités encaissés et décaissés. Il en va de même concernant la finalité et les modalités
opérationnelles de sa gestion.
Elie COHEN2 dans son ouvrage souligne que, l’analyse financière propose
un
ensemble de méthodes et d’outils qui permettent de décrire et de juger la situation et la
performance des entreprises et des organisations (associations coopératives, mutuelles,
établissements ;…) ses démarches de diagnostic connaissent aujourd’hui un remarquable
développement et se trouvent appliquées dans des domaines aussi divers que l’analyse de
crédit, l’évaluation des entreprises, l’analyse boursière et la gestion de portefeuille, ces
méthodes permettent aussi à un dirigeant, à un responsable de faire le point sur la marche et
les perspectives de son entreprise.
4.2. Revue de littérature empirique
1
Philipe Desbrières et Evelyne Poincelot, Gestion de trésorerie, éditions EMS, Paris 2015.
2
Elie Cohen, Analyse financière, EDICEF, 1991, 58 rue Gabriel laumain75010, paris.
4
Nous ne pouvons pas prétendre être le premier à traiter le sujet du domaine
de la structure financière c’est pourquoi nous avons fait recours à la lecture de certains
ouvrages qui nous a permis de bien appréhender les notions de l’analyse financière. Ainsi
nous citons :
BELKACEMI&HACHEMI Khaled3 : dans leur mémoire stipulent que la
situation financière d’une entreprise se retrouve dans son aptitude à maintenir un degré de
liquidité suffisant, afin d’assurer en permanence sa solvabilité et sa croissance. Et les
éléments qui influencent la rentabilité d’une entreprise se situent à deux niveaux : facteurs
macroéconomiques et microéconomiques qui varient en fonction du changement et des
incertitudes qui régissent l’environnement financier et commercial de l’entreprise. Ils ont
aussi mis l’accent sur le poids de l’endettement sur la rentabilité.
Jean-Claude juhel4 : dans sa thèse écrit que, plus l’immobilisation de fonds
est trop importante moins l’affaire est rentable, toutes choses restant égales par ailleurs, de
même plus l’encaisse détenue est trop forte et plus la sécurité de l’entreprise est garantie
mais le rendement des actifs en est affaibli d’autant. L’objectif du responsable financier est
donc de définir un équilibre entre liquidité et rentabilité. Une entreprise dont l’encaisse
fluctue en permanence légèrement autour de zéro indique, toutes choses restant égales par
ailleurs ; que le responsable financier :
- Maitrise les flux de liquidité
- Réaffecte efficacement le cash-flow dans les emplois
- Apprécie au plus juste leurs besoins de financement -
- Et négocie au mieux leurs conditions de banque.
MUHUNGA MUPULU Marc (2010)5, dans son mémoire intitulé : « Analyse
de la structure financière d’une entreprise du secteur de transport maritime (cas de
l’AMICONGO de 2007 à 2009), affirme que le fonds de roulement net indicateur
d’appréciation d’équilibre, est demeuré négatif durant toute la période sous analyse.
AMICONGO s’est révélé incapable de couvrir les besoins nés de son cycle d’exploitation à
l’aide de ressources financières stables. Ce qui suppose que son cycle d’exploitation a pu
3
BELKACEMI&HACHEMI Khaled ; Impact de la structure financière de l’entreprise sur la rentabilité,
Mémoire en gestion financière, université d’Alger, 2016-2017.
4
Jean-Claude juhel, Gestion optimale de la trésorerie des entreprises, thèse, université Nice Sophia, 1978.
5
MUHUNGA MUPULU Marc, Analyse de la struture financière d’une entreprise de transport maritime (cas de
l’Amicongo de 2007 à 2009) Université libre de Kinshasa Licence 2010.
5
tourner grâce aux crédits fournisseurs avec le risque de compromettre à sécurité financière de
de l’entreprise. Le besoin en fonds de roulement reste négatif, durant la période sous analyse.
Le signe négatif du BFR, dans ce cas ne doit pas être directement interprété comme
l’expression d’une gestion efficace des ressources de l’entreprise en ce sens que le cycle
d’exploitation, loin d’être une charge pour l’entreprise, produit de la trésorerie au lieu d’en
absorber. La trésorerie nette d’AMICONGO s’est avérée très serrée. Durant la période sous
étude analyse ses disponibilités se sont révélées insuffisantes pour lui permettre de faire face
aux exigences de court terme. Elle se trouve donc à la position de faiblesse face à ses
créanciers. Cette situation est la résultante de deux agrégats à savoir FRN et BFR. Elle est la
conséquence d’une mauvaise répartition des ressources de financement (c’est-à-dire on a
alloué plus de ressources au cycle d’exploitation et moins dans le cycle d’investissement).
Les ratios de liquidité et de solvabilité sont respectivement inférieurs à l’unité et supérieurs à
l’unité ? Ces ratios démontrent d’une part qu’AMICONGO est incapable de faire face à ses
exigences à court terme. Elle n’a pas assez de liquidité et ne peut transformer suffisamment
vite certains de ses actifs circulants pour couvrir ses dettes à court terme ; d’autre part que
cette entreprise ne dispose pas d’autonomie financière.
Pour nous distinguer des autres, nous voulons comprendre l’impact qu’a une
structure financière sur la trésorerie d’une entreprise à travers une analyse de ses différentes
composantes de gestion.
5. Problématique de la recherche
La problématique est une formulation, la question centrale de la recherche. Il
s’agit de l’ensemble des questions principales que se pose un chercheur sur les phénomènes
observés6.
En effet, la société présente une trésorerie aisée durant deux ans, de 2017 à
2018 de 8 791 992 et 1 720 861 grâce aux besoins de financement global et a réalisé son
équilibre immédiat ; par contre durant ces trois dernières années 2019, 2020 et 2021 la
société a enregistré une trésorerie négative de 29 692 831, 86 093 465 et 14 934 ; par
conséquent l’entreprise n’a pas réalisé son équilibre financier immédiat.
La finance sous-entend la vie d’une entreprise, pour fonctionner efficacement
et assurer sa pérennité, toute organisation nécessite une remise en question performante de
6
SEM MBIMBI et A. CORNET ; Méthodes et techniques de la recherche scientifique appliquées en économie
et en gestion P. 24, 2018
6
sa gestion tant matérielle que financière. Pour ce, elle doit procéder à une analyse
permanente lui permettant de détecter ses points forts et ses points faibles ce qui laisse voir
une remise en question dans le but de rechercher les solutions appropriées aux problèmes
pour rencontrés pour son développement. Comme toutes les opérations se traduisent en flux,
leur bonne gestion est une nécessité dans le cas contraire, l’entreprise se prête à la
liquidation.
L’analyse financière reste un instrument de suivi d’évaluation et de contrôle
de gestion permettant aux dirigeants d’organiser et de prendre des décisions au moment
opportun, étant donné que l’atteinte des objectifs dépend de la réalisation de profit grâce aux
moyens mis en place. Toutefois, la trésorerie est un outil générateur des bénéfices sans
lequel l’entité sera butée aux difficultés de payer ses charges, régler ses dettes envers les
tiers.
La trésorerie elle-même ne suffit, il va falloir appliquer certains mécanismes
dans le but d’obtenir une trésorerie positive quels que soient les mouvements générateurs
des bénéfices malgré qu’en réalité le bénéfice n’est pas du tout une trésorerie positive du
fait que la trésorerie exclue les charges et les produits non décaissables et encaissables alors
que le résultat c’est la différence de l’ensemble de produits et charges.
La trésorerie est l’ensemble de sommes d’argent disponibles à toute gestion
d’entreprise, plus largement de toute structure nécessitant la circulation d’argent ; c’est
pourquoi le trésorier, personne en charge de la trésorerie, se doit d’avoir la meilleure gestion
possible des finances d’une entreprise. Par ailleurs, notre étude est centrée sur la structure
financière et la trésorerie de la Générale des Carrières et des Mines.
De tout ce qui précède, une question mérite d’être posée dans le cadre de
notre travail à savoir :
Quel est l’impact de la structure financière sur la trésorerie de la
GECAMINES ?
6. Hypothèse
L’hypothèse est l’ensemble des propositions des réponses à la question de
recherche : il s’agit d’une réponse anticipée, une affirmation provisoire qui décrit ou explique
un phénomène.7
7
SEM MBIMBI et A. CORNET ; Méthodes et techniques de la recherche scientifique appliquées en économie
et en gestion P. 45, 2018
7
Ainsi en vue de répondre à notre problématique, nous nous appuyons sur l’approche des
traditionnalistes qui disent que la valeur de l’entreprise dépend de sa structure financière.
Nous disons en termes d’hypothèse que
La structure financière de la Gécamines serait déséquilibrée et aurait un
impact négatif sur sa trésorerie.
7. Méthodologie de la recherche
7.1. Méthode
La méthode est la démarche logique d’une science, c’est-à-dire l’ensemble des
pratiques particulières qu’elle met en œuvre pour que le cheminement de ses démonstrations
et de ses théorisations soit clair, évident et irréfutables.8
A. Méthode analytique
Elle nous a permis d’analyser l’évolution de la trésorerie de la GCM par ses
états financiers de rapports annuels.
7.2. Technique
La technique quant à elle présente des procédés et limites qui mettent en jeux
des éléments pratiques, concrets, adapter à un but précis et définis.9
a. Technique documentaire
Celle-ci nous a permis de consulter les différents ouvrages, notes de cours,
mémoires concernant notre recherche.
b. Technique d’interview libre
Elle nous a été favorable du fait que nous avons eu certaines explications au
travers les gestionnaires en ce qui cadre avec les rapports de la GECAMINES.
8. Pertinence de la recherche
8.1. Choix du sujet
Le choix porté sur ce sujet est justifié par l’importance stratégique de la
GECAMINES dans l’économie congolaise et par la nécessité d’évaluer son rôle dans le
développement durable du secteur minier. De plus, l’étude de la structure financière et de la
8
SEM MBIMBI et A. CORNET ; Méthodes et techniques de la recherche scientifique appliquées en économie
et en gestion P. 81, 2018
9
Jordan FRANCKLYN, Méthode de la recherche P 45. Edition 2, 2007
8
trésorerie est cruciale pour les investisseurs et les parties prenantes qui s’intéressent à la
viabilité de l’entreprise.
8.2. Intérêt de l’étude
Ce travail présente trois niveaux d’intérêts suivants :
a. Intérêt personnel
Ce travail nous permettra d’analyser les causes de la mauvaise gestion et ses
impacts sur la production et proposer des pistes des solutions pour assurer la survie et le
redressement de l’entreprise.
b. Intérêt social
Cette étude présente un intérêt crucial pour la société car la GRCAMINES est
une entreprise publique stratégique qui emploie de nombreux congolais et contribue aux
recettes de l’Etat. Ses difficultés financières ont des répercussions économiques et sociales
négatives au niveau local et national. Une meilleure gouvernance et un redressement
pourraient stimuler le secteur minier congolais et la création de valeur partenariale.
c. Intérêt scientifique
Ce travail pourra contribuer à la littérature sur la gouvernance des entreprises
minières en partenariat avec la GECAMINES et la création de valeur partenariale. Et tester
l’applicabilité de théories de financement comme la théorie de financement hiérarchique.
9. Délimitation du sujet
Notre travail se délimite sur deux aspects suivants :
a. Du point de vue spatial
De ce point de vue, notre travail se délimité à la GECAMINES qui est notre
champ d’investigation.
b. Du point de vue temporel
De ce point de vue, notre travail s’étend à une période de 2017 à 2021. Car au
cours de cette période, la GECAMINES a connu des évolutions économiques caractérisées
par les fluctuations des prix des matières premières ; et des reformes réglementaires qui ont
eu l’impact sur la gestion financière de l’entreprise.
9
Chapitre Premier : CADRE CONCEPTUEL ET
PRESENTATION DE LA GECAMINE
SECTION I : Considérations générales
Toute démarche scientifique est soumise à une règle qui exige la définition
des concepts opératoires autour desquels gravite l’étude, et ceci dans le but d’éviter toute
interprétation erronée. Ainsi, cette partie se propose de définir les différents concepts de bases
liées à la structure financière et à la trésorerie.
Adam Smith définit la structure comme étant l’organisation des activités
économiques au sein de la société
Le terme structure financière est un ensemble de concepts qui revêt plusieurs sens.
Dans son sens large, la structure financière fait référence à l’ensemble des
ressources qui financent l’entreprise, qu’il s’agisse des capitaux propres, dettes à long
terme, des dettes à court terme ou des ressources d’exploitation.
Dans son sens étroit, la structure financière est l’ensemble des proportions qui
existent à un moment donné entre les différentes ressources de l’entreprise, propres ou
empruntées, permanentes ou provisoires.
La structure financière désigne la combinaison des dettes bancaires et financières
Nettes et capitaux propres auxquels l’entreprise fait recours pour son financement.
Richards Bradley et Stewart Myers définissent la structure financière comme la
répartition des actifs de l’entreprise entre les différentes sources de financement y compris
les dettes et les capitaux propres
10
Elie COHEN considère que la référence au concept de « structure financière »
Procède essentiellement de l’idée selon laquelle le bilan d’une entreprise ne
constitue pas une simple juxtaposition d’encours, la superposition contingente d’éléments
disparates. Elle constitue bien des relations significatives et des ajustements favorables entre
les composantes du patrimoine.10
L’analyse financière peut être définie comme une démarche qui s appui sur
l’examen critique de l’information comptable et financière fournies par une entreprise à
destination des tiers ayant pour but d’apprécier le plus objectivement possible sa
performance financière et économique , sa solvabilité et son patrimoine .
Section 2: champs investigation: la Gécamines
Ici, il est question de présenter la Gécamines qui fait l’objet de notre étude. Ainsi
nous allons parler de son historique, sa situation géographique, son objet social, sa situation
juridique, son organisation et structure et son domaine d’exploitation.
II.1. HISTORIQUE ET PRESENTATION DE LA GECAMINES
La générale de la carrière et de mines « Gécamines » en sigle est dérivé d’une
exploitation qui date de long temps. Cependant, il est établi que l’exploitation du métal
rouge du Katanga (Cuivre) était déjà florissante au-delà du 18ème siècle et ce sont les
autochtones qui avaient entrepris cette activité par la campagne annuelle de cuivre.
Cette société fut créée en 1906 sous la dénomination de l’union minière du Haut
Katanga (UMHK) par le roi Belge Léopold II. Depuis sa création, cette société a connu
plusieurs plusieurs appellations :
L’Union Minière du Haut Katanga ;
La Générale congolaise des mines (GECOMINES) ;
La Générale des Carrières et des Mines exploitation ; (Gécamines/
Exploitation) filiale de la Gécamines Harding, au même titre que la Générale des Carrières et
des Mines Commerciale et Développement ;
La Générale des Carrières et des Mines (GECAMINES) ; et a ces jours, La
Générale des Carrières et des Mines Sarl (GECAMINES/Sarl).
10
Elie COHEN ; « Analyse financière » Edition Economica ; paris ; 2006, P. 203
11
II.2. SIEGE SOCIAL ET SITUATION GEOGRAPHIQUE
La Gécamines est une entreprise publique à caractère industriel et commercial, elle
jouit d’une personnalité juridique et soumise a la tutelle du ministre de mines
Jouit d’une personnalité juridique et soumise à la tutelle du ministère de mines, son
siège est basé à Lubumbashi, sise boulevard Kamanyola numéro 419 dans la province du
haut-Katanga en République démocratique du Congo.
Elle possède des réorientations tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays,
notamment
Likasi, Kolwezi, Kinshasa, Bruxelles, Johannesburg, Ndola. Toutes ces
présentations, la Gécamines s’étend sur une superficie d’environ 34km dans Katanga. Dans
son organisation actuelle, il est composé des 3 grandes unités de production, à savoir :
Le groupe sud : dont le gisement est concentré autour des usines de
Lubumbashi, celui-ci traite les minerais de cuivre de Kipushi ;
Le groupe centre : le centre des activités de ce groupe se trouve à Likasi, on y
trouve les usines métallurgiques les plus importantes de l’entreprise. Elle traite les minerais
de Kambove et Kakanda ;
Le groupe ouest : il s’est situé à Kolwezi, et ses environs, le groupe ouest
comporte plusieurs gisements dont, ceux de kamoto, luilu, Luena.
Le site de Lubumbashi 1910
Emile WANGERMEE, représentant du comité spécial pour du Katanga CSK, et
premier sous-gouverneur général du Katanga, choisit le site de Lubumbashi pour remplacer
LUKONZOLWA. Le 30 juin1911 à 22h était le jour de la réalisation de la première coulée
de cuivre dans les usines de Lubumbashi.
II.3. OBJET SOCIAL DE GECAMINES SARL
L’objet même de la Gécamines est :
La prospection et la recherche des minéraux ;
L’exploitation des minerais ;
Traitement des minéraux extraits ;
La commercialisation des produits finis ;
Recherche et exploitation minéraux ;
12
Pour répondre aux besoins de la population ;
Former une main d’œuvre qualifiée et semi-qualifiée pour les usines et ateliers de
l’entreprise ;
Assurer la vente a ses agents, à prix réduits, de denrées alimentaires dans ces
centres de ravitaillement et cantines ;
Stabiliser les agents afin de rentabiliser la production.
II.4. ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE LA GECAMINES
L’organisation et le fonctionnement de GCM Sarl sont régis conformément aux
dispositions des articles 6 à 24 de la loi 78002 du 6janvier 1978 relative aux dispositions
générales applicables aux entreprises publiques. Quant au cadre organique et au règlement
du personnel, ils sont fixes par le conseil d’administration.
II.5. DENOMINATION ET CREATION, STATUT ORGANE DE
GESTION
II.5.1. Dénomination
La Générale des carrières et des mines.
II.5.2. Création
La Gécamines fut créée le 01 janvier 1967 sur les cendres de l’ex UMHK fondée,
le 28 octobre 1906, cette société avait fêté avec faste son premier anniversaire de cinquante
ans en 1956.
Voici les différents changements de nom de ladite société depuis cette date :
a) La GECOMIN (le général congolais de minerais), Créée par l’ordonnance-loi
N 067-01 du 2 janvier 1967
b) La GECOMINES (le général congolais de mines), créée par l’ordonnance-loi
N 70-014 du 11 mars 1970
c) La GECAMINES (la générale de carrières et de mines), créée par
l’ordonnance-loi N72-
05 du 14 septembre 1972
d) La GECAMINES Exploitation, créée par l’ordonnance-loi N84-222 du 02
novembre 1984, compose de la Gécamines Holding, ensemble avec la Gécamines
Commerciale et la Gécamines du développement
13
NB : En 1995, retour à la Gécamines de 1972 par les décrets lois N95-0020, 95-
0021, 95-0022, 95-0023, portant dissolution de la Gécamines Holding-exploitation –
commerciale – développement.
II.6. STATUT DE LA GECAMINES
La Gécamines est une entreprise à caractère industriel et commercial dotée d’une
personnalité juridique, elle a été créée par l’ordonnance-loi no 072-050 du 14 septembre
1972.
Elle est régie par la disposition de l’ordonnance présidentiel no 084-222 du 02
novembre 1984 telle que modifiée et complétée à ces jours portant disposition générales
applicables aux entreprises Publiques.
II.7. ORGANISATION ET STRUCTURE DE LA GECAMINES
Il sied de noter que depuis la dissolution du conseil d’administration de la
Gécamines/exploitation, le 11 février 1997, la Gécamines fonctionne avec trois organes à
savoir
:
- Le conseil d’administration ;
- Le comité de gestion ;
- Le collège des commissaires aux comptes.
II.7.1. Le conseil d’administration
C’est l’organe qui prend toutes les décisions nécessaires à la réalisation de l’objet
Social de la société.
Il s’agit :
Opérations d’acquisition, de vente ou de prise de participation ;
Transaction de sessions ;
L’élaboration et la présentation de bilan annuel -Etc.
Les membres du conseil d’administration qu’on appelle des administrateurs sont
nommés par le président de la République.
14
II.7.2. Le comité de gestion
C’est l’organe de gestion qui est chargé de veiller à l’exécution des décisions du
conseil d’administration.
IL a pour mission:
- D’assurer la gestion courante de l’entrée contre conformément aux pouvoir lui
déléguer par le concile d’administration ;
- De préparer les comptes financiers et économiques de l’entreprise ; - De diriger et
surveiller l’ensemble des services ; -Etc.
II.7.3. Le collège du commissaire aux comptes
Cet organe est chargé de :
- Vérifier la véracité des bilans, livres comptables ; de la caisse, des
portefeuilles et les valeurs dans les entreprises ;
- Contrôler la régularité et la sincérité des inventaires ainsi que l’exactitude des
informations, des données sur le compte de l’entreprise dans les rapports des conseils
d’administration ; - etc.
Cet organe est composé de 2 à 4 membres par le président de la République, ces
Membres sont agents du conseil permanent de la comptabilité et de l’inspection de la
finance.
II.8. STRUCTURES DE LA GECAMINES
La Gécamines est structurée de la manière suivante :
1. Cadre de commandement Le CA : le conseil d’administration ;
• Le PCA : Le Président du conseil d’administration ;
• L’AD : L’administrateur Directeur ;
• L’ADGA : L’administrateur directeur-adjoint ;
• Les GDH : Les grandes directions hiérarchiques ;
• Les DPT : Les départements et sièges ; et en fin
2. Les Divisionnaires : les directeurs divisionnaires.
• Les chefs de services : ce sont les cadres de collaboration ;
15
• Les chefs de Bureau de section : ce sont les cadres de maitrise ;
• Les agents 5-4 classés : ce sont des employés hautement qualifiés ; Et en fin Les agents 8-
6 classés : ce sont des employés agents d’exécution.
II.8.1. L’administration de la Gécamines
L’administration centrale qui gère toute l’administration générale de la Gécamines
est basée à Lubumbashi. Cette direction possède en son sein plusieurs directeurs
départementaux de sièges et de divisionnaires.
L’administration des Groupes qui gère l’administration locale des groupes sud à
Lubumbashi, centre à Likasi, et Ouest à Kolwezi.
II.9. DOMAINE D’EXPLOITATION
La Gécamines extrait dans des concessions qui couvrent près de 34000km2 dans
le Haut Katanga principalement : le cuivre, le cobalt et le Zinc et subsidiaire (argent, le
caesium, le germanium, le calcaire, la chaux, …
Pour parvenir à ces extractions minières, la Gécamines s’organise en 3 grands
secteurs de production appelée unité, siège ou groupe d’exploitation qui est les suivants :
Le groupe Sud-Est
Cette unité de production regroupe des usines de Lubumbashi et installation de
Kipushi, ce groupe produit le cuivre, le cobalt, le germanium ainsi que le Zinc.
II.10. STRUCTURE FONCTIONNELLE
La générale des carrières et des mines est organisée en trois groupes ou centres
D’exploitations décentralisées. Il faut noter par ailleurs que dans sa reconfiguration
actuelle, elle exploite plusieurs gisements en partenariat avec des tiers investisseurs.
a. Le Groupe Sud
Le siège de Lubumbashi
Capital cuprifère, Lubumbashi est le siège social et administratif de la Gécamines.
Outre la direction générale et autres bureaux centraux, le siège de Lubumbashi est constitué
des usines de Lubumbashi, U.L. en sigle, visibles par la cheminée et la réserve de terril et
laminoirs et câbleries, en sigle, LC qui font la singularité du groupe Sud.
Les laminoirs et câbleries comprennent le laminage à chaud et le laminage à froid.
On y fabrique des fils électriques à partir des wires-bars, des profilés et des tubes creux
ainsi que des tôles.
16
Le siège minier de kipushi : il comprend la mine souterraine la plus profonde de la
Gécamines avec 1.200 mètres, riche en cuivre, zinc et Germanium. L’accès est assure par
les puits I, II, III, IV et V. ce dernier est considéré comme le monument symbole de la ville
minière de Kipushi.
b. Le Groupe Centre
Mine à ciel ouvert, concentrateurs, ateliers, usines hydro métallurgique constituent le
Groupe centre.
Mines à ciel ouvert : une mine à ciel ouvert de kamfundwa a Kambove.
Le concentrateur de kambove (HMS) : 4.000 tonnes sèches par jour, telle est la production
du concentrateur de kambove déjà opérationnel après sa réhabilitation à travers toutes ses
cinq sections :
La section de broyage à sec (BAS) ;
La section de broyage humide (BH) ;
La section flottation ;
La section Décantation.
Les Ateliers centraux de Panda(ACP) : l’ACP comprend cinq divisions :
Division Métallurgique, MET ;
Division mécanique avec notamment des machines à commande numérique ;
Division électrique et rénovation spécialisée dans la réparation des moteurs
électriques et appareillage, ELEC – MUR ;
Division technique (DT) ;
Division Marketing et commercialisation ;
Les Usines hydro métallurgiques de shituru (US) : Dans cette usine l’objectif est de
produire du cuivre et du cobalt cathodique de qualité requise à moindre cout.
c. Le groupe Ouest
Le groupe Ouest est exploité en partenariat avec SOCOMINES l’ancienne mine de
Kolwezi (SKM). L’usine a zinc de Kolwezi (UZK) est transformée en usine hydro
métallurgique et le traitement pyro métallurgique est actuellement en activité. A ce titre elle
17
prend des participations dans le capital social desdits partenaires qui exploitent ses domaines
miniers
18
II.13. ORGANIGRAMME DE LA GECAMINES
Source : DIRECTION DES RESOURCES HUMAINES DE LA
GECAMINES.
19
Chapitre deuxième
Cadre théorique
Section 1: la structure financière
Les décisions en matière de la politique financière concernent l’investissement et le
Financement. La première représente l’allocation des ressources vers les projets,
quant à la deuxième, elle est consacrée au choix de la structure financière, c'est-à-dire le choix
entre ces différentes sources de financement. L’entreprise dispose de plusieurs modes de
financement, en plus des fonds propres, qui prennent la forme de l’autofinancement ou de
l’augmentation de capital, elle peut recourir à l’endettement.
Les travaux de Modigliani et Miller (M&M) en 1958 constituent le point de départ
D’une réflexion profonde sur la question de l’existence d’une structure financière
optimale et ses déterminants. La recherche de la structure financière optimale suppose de
trouver la meilleure répartition des ressources financières qui permet de minimiser les coûts
des ressources de financement de l’entreprise et donc maximiser sa valeur.
En effet, M&M ont été les premiers à mener une analyse théorique sur l’incidence de
la structure financière sur la valeur de l’entreprise. Ils montrent que sous certaines
hypothèses, notamment la perfection du marché financier, toutes les formes de financement
sont équivalentes. Toutefois, le relâchement progressif de ces hypothèses a permis de mettre
en évidence l’influence de plusieurs facteurs sur la structure financière ce qui a permis de
rejeter l’hypothèse de la neutralité. Et l’intégration de l’effet d’endettement, des coûts de
faillite, les coûts d’agence et la mise en œuvre de plusieurs théories modernes dans un marché
imparfait
I.1.1. Définition de la structure financière
La structure financière désigne la combinaison des dettes bancaires et financières
Nettes et capitaux propres auxquels l’entreprise fait recours pour son financement
20
Elie COHEN ; « Analyse financière » Edition Economica ; paris ; 2006, P. 203
I.1.2. Objectifs de la structure financière
La structure financière permet de mettre en lumière les quatre masses bilantaires et
S’apprécie à partir de l’équation financière minimum et des éléments qui influent sur
elle.
L’analyse de la structure financière d’une entreprise a pour objectif de porter un
diagnostic sur la santé financière de cette dernière en examinant son équilibre financier, son
aptitude à faire face à ses engagements à court terme et à long terme et partant, sur l’autonomie
des décisions de l’entreprise.
I.1.3. Importance de la structure financière
La structure financière constitue une source d’informations aussi bien pour les
opérations économiques que pour toutes personnes intéressées par la vie de l’entreprise.
Pour les responsables de l’entreprise, la structure financière leur permet d’évaluer la
santé financière de celle-ci afin d’orienter leurs décisions dans l’utilisation rationnelle des
ressources limitées dont dispose l’entreprise.
Pour les bailleurs de fonds, elle constitue un indicateur fiable avant d’accorder un
Crédit ou de prêter l’argent à une entreprise.
I.1.4. Les composantes de la structure financière
Le financement des entreprises est structuré autour de trois sources de financements
Principales qui représentent à son tour les composantes de la structure financière de
l’entreprise qui sont :
Financement par fonds propres ;
Financement par quasi-fonds propres ;
Financement par fonds étrangers.
I.1.4.1 Financement par fonds propres
Les capitaux propres représentent :
Les fonds apportés par les actionnaires à la constitution de l’entreprise ;
21
Les bénéfices non distribués sous forme de dividendes et laissés à la disposition de
l’entreprise.
Le rôle des capitaux propres est double : financer l’investissement en tout ou en partie
Et garantir les créanciers de l’entreprise lorsqu’ils
financent l’autre partie de l’investissement
I.1.4.2. Le financement par les quasis fonds propres
Les quasis fonds propres sont des ressources financières n’ayant pas la nature
comptable des fonds propres mais s’en approchant.
Les quasi fonds propres sont stables et peuvent pour certains être transformés en fonds
propres.
. I.1.4.3. Les capitaux étrangers
Les ressources internes ne parviennent pas toujours à couvrir l’ensemble des besoins
De l’entreprise, surtout lorsqu’ils sont en forte croissance. Les entreprises doivent
alors avoir recours à l’endettement ressources externes
II.1.1. Les différentes approches
II.1.1.1. L’approche traditionnelle de la structure financière
Cette approche se base dans son raisonnement sur l’impact du levier financier
sur le taux de rentabilité puis sur la valeur de l’entreprise. On considère que ces
differents problèmes sont équivalents:
Maximisation de la valeur de l’entreprise (intérêts des propriétaires et des prêteurs) ;
Maximisation de la valeur actualisée des résultats économiques (au sens du cashflow) ;
Minimisation du coût moyen pondéré du capital.
II.1.1.2. L’approche de Modigliani et Miller (M&M)
Avant M&M, l’impact de l’endettement sur la valeur de l’entreprise était
considéré trop compliqué. En effet, l’absence d’une formulation théorique dans
l’approche traditionnelle laisse cette dernière peu convaincante. M&M ont le mérite
d’établir un résultat « stupéfiant de simplicité ». Ils démontrent, dans un article, que la
valeur de l’entreprise est indépendante de sa structure financière sous certaines
hypothèses. Leur résultat est considéré par la suite comme le point de départ de la
finance d’entreprise moderne.
22
Les hypothèses de l’approche de Modigliani & Miller
L’approche de M & M repose sur plusieurs hypothèses qui sont :
Les marchés sont parfaits : disponibilité et gratuité de l’information pour tous les
agents, rationalité des investisseurs et absence des coûts de transaction ;
Absence des coûts de faillite ;
Les individus et les entreprises peuvent prendre les mêmes décisions financières au
même prix (emprunter au même taux) ;
Absence d’impôt ;
Les entreprises n’émettent que deux types de titres au taux sans risque ;
Les actifs sont indéfiniment divisibles ;
Les bénéfices sont distribués en totalité ;
Toutes les entreprises peuvent être réparties en classes de risque homogènes.
Apports ET limites de l’approche M&M
L’idée de M &M est considérée comme révolutionnaire. Elle a le mérite d’être
La première théorie qui formalise d’une manière « simple et claire » le problème de
l’impact de la structure financière sur la valeur de l’entreprise. C’est aussi elle qui introduit le
principe, de la séparation entre la sphère réelle et la sphère monétaire à la finance de
l’entreprise. Ce principe implique par la suite que c’est l’investissement qui crée la richesse et
non pas son financement. Ce résultat constitue la base d’un raisonnement macro-économique
qui sert à calculer le produit national brut.
Enfin, les résultats de M &M ne sont valides que dans leur contexte. Les
Hypothèses cruciales de ce modèle ignorent certains facteurs comme
l’existence de la fiscalité, les coûts de faillite et les coûts d’agence. Par ailleurs,
plusieurs critiques sont formulées à l’égard de cette théorie quant à son réalisme. C’est
la raison pour laquelle M &M ont complété leurs deux propositions en introduisant
l’effet fiscal.
II.1.2. La structure financière selon les nouveaux courants de la finance moderne.
Après avoir supposé que le marché est parfait et abouti à la neutralité de la
structure financière, les études sur la structure financière introduisent les effets de
23
l’imperfection du marché. Dès le début des années 70, un courant de la finance
moderne s’efforce à expliquer le comportement financier des entreprises en prenant en
compte non seulement les imperfections du marché mais aussi les imperfections dues
à l’organisation des entreprises et le problème de l’asymétrie de l’information. Ce
nouveau courant s’illustre essentiellement par trois grandes théories ; la théorie
d’agence, la théorie du signal et la théorie de l’ordre hiérarchique (Pecking Order
Theory).
Au début des années 1970, deux grandes théories dans le domaine de la finance
D’entreprise émergent. La première ; théorie organisationnelle ; avance que
l’entreprise est un ensemble des différents types d’agents qui sont : les propriétaires
(actionnaires), les dirigeants (managers1) et les salariés. La deuxième ; théorie
contractuelle ; fait la différence entre les propriétaires et les prêteurs (obligataires ou
créanciers).
II.[Link]. La théorie du signal
Elaborée par Ross (1977), la théorie du signal a pour hypothèse implicite l’asymétrie
De l’information entre les agents. Sachant que cette situation a pour conséquence la
dégradation de la valeur de l’entreprise par les fournisseurs des capitaux, les dirigeants vont
des lors miser sur la communication via leur décision, considérée comme un signal, afin de
convaincre le marché. L’idée phare qui est soutenue ici est que chaque médaille porte son
propre revers. Ainsi, quel que soit le moyen de communication choisi à savoir financement
par dettes ou par fonds propres, celui-ci porte des conséquences négatives au cas où le signal
s’avérait erroné (Vernimen, 2002). En outre, d’après la théorie du signal les décisions
financières au sein de l’entreprise ne doivent pas être fortuites (par hasard). Les dirigeants ont
avant tout intérêt à s’interroger sur la portée au plan interne et externe leurs décisions.
Concrètement, les partisans de cette théorie soutiennent que l’endettement est perçu comme
un indicateur de la solvabilité de l’entreprise c’est-à-dire de sa capacité a honorer ses
engagements à échéance (Ross, 1977).
De ce fait, une entreprise qui s’endette a plus de chance de vendre ses titres sur le
marché, car les investisseurs analysent cet acte comme la capacité de l’entreprise à générer des
flux futurs.
Les limites de l’approche
24
Plusieurs critiques ont été formulées à cette théorie. Premièrement, Quintart et
Ziswiller estiment que l’approche précédente est critiquable du fait qu’elle ne
considère pas la taille, le pouvoir et la réputation de l’entreprise.
Deuxièmement, les résultats de cette approche se contredisent avec ceux de plusieurs
Autres théories. Par exemple, dans cette approche le niveau d’endettement élevé
signalerait la performance de l’entreprise alors que pour plusieurs d’autres auteurs, dont
Jensen, l’endettement serait un vecteur de réduction des comportements opportunistes.
Enfin, ils existent plusieurs résultats empiriques qui nient ses prédictions. Ils
annoncent que les entreprises les plus endettées sont les entreprises les moins retables. Ils
affirment que le choix d’une structure financière correspond beaucoup plus aux perspectives
de l’entreprise.
Donc, la structure financière n’est peut-être pas un signal mais c’est plutôt sa
modification.
II.[Link]. La théorie du cout d’agence
La théorie d’agence suppose, en plus, qu’il n’y a pas une convergence naturelle des
intérêts entre ces différents agents. Dans ce cas, l’optimisation de la structure financière
revient à optimiser l’ensemble des intérêts des éléments de cette organisation
Dans une optique de la théorie d’agence, on considère l’entreprise comme un
ensemble de contrats formels et informels. Selon Jensen et Meckling, une relation d’agence
est matérialisée par un contrat par lequel un principal (propriétaire) donne mandat à un agent
(Dirigeant) d’agir dans son intérêt en lui déléguant un pouvoir de décision et en
utilisant ses fonds et les fonds d’une tierce personne (prêteur).
On trouve ici, deux types de conflits d’intérêts, on peut considérer que :
Les dirigeants non propriétaires de l’entreprise ont des intérêts qui ne sont pas les
mêmes que ceux des propriétaires non dirigeants.
Il existe des conflits entre les actionnaires et les prêteurs (créanciers).
25
II.[Link]. Hiérarchisation des Sources de Financement (Pecking
OrderTheory)
Il s’agit de connaitre l’ordre de préférence des sources de financement, cette théorie
a été développée dans les travaux de Myers (1984) et Myers et Majluf (1984) et qui tient les
racines dans les travaux de Donaldson (1961).
Le raisonnement de cette théorie s’appuie sur la considération des coûts inhérents à
l’existence d’asymétrie d’information. Cette asymétrie engendre des phénomènes de sélection
adverse qui affectent la demande de financement externe. Pour éviter de subir cette sélection
adverse, les entreprises ont un ordre de préférence entre les moyens de financement. Elles les
classent comme suit : Financement interne (L’autofinancement) et le financement extérieur
(Dette classique en suite la dette convertible et augmentation du capital par l’émission
d’actions nouvelles).
II.[Link]. Le financement interne
C’est le financement par les bénéfices non distribués. En effet, l’entreprise ne fait
appel
À d’autres moyens de financement qu’une fois elle a épuisé toute sa capacité
d’autofinancement. Le recours en premier lieu au financement interne a été prouvé par
plusieurs enquêtes depuis les travaux de Donaldson (1961) mais sa formulation théorique
n’est faite qu’avec
L’introduction du concept d’asymétrie de l’information. Ainsi, le financement
interne permet d’adopter une politique de distribution de dividendes en fonction de ses cash-
flows espérés sans pour autant fournir l’information sur ses projets. L’information supposée
chère peut être utilisée par les concurrents.
II.[Link]. Le financement extérieur
Une fois le financement interne est épuisé, l’entreprise choisit toujours
l’endettement en premier lieu dans les financements extérieurs. Cependant, en
présence de coûts de défaillance importants dus à l’endettement excessif, l'entreprise
peut être amenée à émettre des actions pour financer ses investissements ou pour se
désendetter.
26
I.1.2. L’analyse financière
I.1.2.1. Définition
L’analyse financière peut être définie comme une démarche qui s’appuie sur
l’examen
critique de l’information comptable et financière fournie par une entreprise à
destination des tiers, ayant pour but d’apprécier le plus objectivement possible sa
performance financière et économique, sa solvabilité (risque potentiel qu’elle présente pour
les tiers, capacité à faire face à ses engagements…), et enfin son patrimoine.
I.1.2.2. Equilibre financier
Pendant longtemps, l’analyse financière est restée focalisées sur l’étude de la
situation
Financière de l’entreprise à maintenir le degré d’équilibre suffisant pour assurer en
permanence sa solvabilité. L’équilibre financier de l’entreprise est apprécié par deux éléments
Caractéristiques : les indicateurs d’équilibre financier (FR, BFR, T) et les ratios
d’équilibre. Comme le précise GINLINGER « L’équilibre financier est réalisé à un moment
donné, l’entreprise peut acquitter ses exigibles, il convient, pour apprécier l’équilibre financier,
de confronter la structure de l’actif et exigibilité de passif ».
I.[Link]. Les indicateurs d’équilibre financier
D’autres ressources que celles générées par l’exploitation (ressources générées par
l’activité) doivent être disponibles afin d’assurer la couverture de ce décalage.
Le Fonds de roulement (FR) et le Besoin en fonds de roulement (BFR) sont les deux
Principales notions permettant l’étude de ce phénomène. Plus globalement, calculés à
partir du bilan, ils permettent de vérifier l’équilibre financier d’une structure.
La Trésorerie, en réalisant l’équilibre financier à court terme entre le fonds de
roulement et le besoin en fonds de roulement, joue également un rôle fondamental dans le
champ de la gestion financière d’une association.
Fonds de roulement
Le fonds de roulement est égal à la différence entre les capitaux permanents et les
immobilisations. Il s'agit d'un concept de financement à long terme : il indique le montant de
27
capitaux permanents investis dans l'entreprise pour financer les actifs autres que les
immobilisations.
Ce montant est une garantie de liquidité de l’entreprise, plus elle est importante plus la
marge de sécurité de l’entreprise est grande.
Mode de calcul de FRN
Pour calculer le fonds de roulement il existe 2 méthodes : la méthode du haut du bilan
et la méthode du bas du bilan. 11
Par le haut du bilan
La détermination du fonds de roulement net est assez simple en pratique, c’est la
différence entre les capitaux permanents et les actifs immobilisés dont la formule de calcul est
la suivante :
Fonds de roulement = capitaux permanents – actif immobilisé
Par le bas du bilan
Le fonds de roulement net est généralement calculé par le haut du bilan, mais il peut
aussi être calculé par le bas du bilan, car il représente la marge de sécurité constitué par
l’excédent des capitaux circulants sur les dettes à court terme.
Tableau 2:Détermination du fonds de roulement net
Fond de roulement = actif circulant – dettes à court terme
Interprétations du fond de roulement
F.R. > 0 Capitaux permanents > Actif immobilisé
11
AFTALION, DUBOIS et MALKIN, théorie financière de l’entreprise, op cit. pp.50 et 51, 57-63.
28
Cette situation indique que l’entreprise est en équilibre financier à long terme, car
elle dégage un excédent de capitaux à long terme destiné à financer son actif circulant,
donc fonds de roulement constitue une marge de sécurité appréciable dans le maintien de
la solvabilité.
F.R. < 0
Dans cette situation, les capitaux permanents ne représentent pas un montant suffisant
Pour financer l’intégralité des immobilisations, celui-ci exprime un déséquilibre
dans la structure de financement de l’actif de l’entreprise. C’est ce qui va l’obliger à financer
la partie manquante par des ressources à court terme.
F.R. = 0
Dans ce cas, l’entreprise réalise un équilibre financier minimum. L’actif circulant
couvre les dettes à court terme, ainsi que les ressources stables couvrent les emplois durables
sans qu’un excédent ne soit généré.
Le besoin en fonds de roulement
a. Définition du BFR
Le Besoin en fonds de roulement (BFR) traduit le besoin de financement du cycle
D’exploitation (l'activité de la structure). Il résulte de décalages dans le temps entre
les encaissements et les décaissements des flux liés à l’activité de l’entreprise. Il s’agit d’un
besoin de financement structurel à court terme que génère le cycle d’exploitation.
b. Interprétations du BFR
Cas n°01 : B.F.R. > 0
Dans ce cas, les emplois d’exploitation de l’entreprise sont supérieurs aux ressources
D’exploitation. L’entreprise doit alors financer ses besoins à court terme soit par son
fonds de roulement soit par des dettes financières à court terme.
Cas n°02 : B.F.R. < 0
Dans ce cas, les emplois d’exploitation de l’entreprise sont inférieurs aux ressources
29
D’exploitation, l’entreprise n’a pas donc de besoin d’exploitation. Aucun besoin
financier n’est généré par l’activité et l’excédent de ressources dégagé va permettre
d’alimenter la trésorerie nette de l’entreprise.12
Cas n°03 : B.F.R = 0
Dans ce cas, les emplois d’exploitation de l’entreprise sont égaux aux ressources
D’exploitation, ces dernières permettent de couvrir les emplois en intégralité.
L’entreprise n’a aucun besoin à financier mais elle ne dispose d’aucun excédent financier.
La trésorerie nette
a. Définitions
La trésorerie joue un rôle fondamental dans toute structure économique. Elle
réalise l’équilibre financier à court terme entre le fonds de roulement et le besoin en fonds
de roulement.
La trésorerie (d’une entreprise, d’une association, etc.) est la somme de tous les
avoirs et dettes à court terme. Une partie importante de la trésorerie est le contenu des
comptes des banques et des comptes de caisse d’épargne de l’entreprise. La trésorerie
permet de:
Contrôler les entrées et les sorties de fonds ;
Optimiser la gestion de trésorerie, dans un sens de sécurité et de rentabilité ;
S’assurer de la bonne application des conditions bancaires : jours de valeurs, frais appliquée sur
les flux de trésorerie.
La gestion de trésorerie consiste à veiller à maintenir une liquidité suffisante pour faire
face aux échéances tout en optimisant la rentabilité des fonds.
b. Mode de calcul
La trésorerie nette se calcule selon deux formules qui sont :
Tableau 3:Trésorerie Nette
12
Depallens G, gestion financière de l’entreprise, Sirey, 5e edition.
30
Trésorerie = Actif de trésorerie – Passif de trésorerie
Ou bien Trésorerie = FR - BFR
c. Interprétations de la trésorerie
La trésorerie varie en fonction du fonds de roulement et du besoin en fonds de
roulement.
Cependant on distingue trois situations de trésorerie :
Situation n°01 : T.N. > 0
La situation financière de l’entreprise semble saine étant donné qu’elle se trouve en
mesure de financer des dépenses nouvelles sans avoir recours à un mode de financement
externe
(Emprunt par exemple). L’équilibre financier fonctionnel est respecté.
Situation n°02 : T.N. < 0
L’entreprise ne dispose pas des ressources suffisantes pour faire face à ses besoins.
Sa situation financière est déficitaire et elle doit absolument avoir recours à des modes de
financements à court terme pour pallier cette situation (découvert bancaire). L’équilibre
financier fonctionnel n’est pas respecté.
Situation n°03 : T.N. = 0
Dans cette situation, les ressources financières de l’entreprise suffisent juste à
satisfaire ses besoins (F.R. = B.F.R.). L’entreprise ne dispose d’aucune marge de
manœuvre bien que sa situation financière soit à l’équilibre. Le fonds de roulement finance
le BFR à l’identique et toute augmentation de ce dernier conduira l’entreprise à rencontrer
des difficultés de trésorerie.13
I.1.3. La démarche d’analyse financière
L’objet de l’analyse financière est de faire le point sur la situation financière de
13
Depallens G, gestion financière de l’entreprise ; Sirey, 5e édition.
31
L’entreprise en mettant en évidence ses forces et ses faiblesses. Aussi, les
orientations de l’analyse financière seront fortement influencées par les contraintes
financières de l’entreprise. Elles dépendront en plus des objectifs poursuivis par l’analyste et
de la position des différents utilisateurs.
La préparation de l’analyse financière consiste à collecter des informations
comptables et extra comptables et à les retraiter de façon à donner une image plus fidèle de la
situation financière l’entreprise et de son activité. Les documents de base de l’analyse
financière sont les états de synthèse comptables qui sont : le bilan, le compte de produits et de
charges, l’état des soldes de gestion, le tableau de financement et l’état des informations
complémentaires Toutefois, le bilan comptable et le CPC doivent subir deux types
d’opérations pour servir l’analyse : des reclassements et des retraitements des postes. Celles
servent à adapter les documents comptables aux objectifs de l’analyste et à ses orientations.
I.1.3.1. Le schéma directeur de l’analyse
L’analyse financière est fondée sur l’information contenue dans les différents
comptes du bilan, du compte des produits et des charges et de l’état des informations
complémentaires, et bien évidemment l’ensemble des informations internes et externes qui
ont une relation avec l’entreprise, son personnel, ses dirigeants et qui ont une influence
directe ou indirecte sur celle-ci. Les objectifs de l’analyse financière varient en fonction des
différents utilisateurs ; c’est ainsi qu’on distingue couramment l’analyse financière interne,
effectuée à l’intérieur de l’entreprise, de l’analyse financière externe faite par les analystes
extérieurs à l’entreprise. La démarche comprend, généralement et pour toutes les approches,
les étapes suivantes :
1ère étape : elle précise le passage du bilan comptable au bilan retraité ; ce dernier
Pouvant être fonctionnel ou financier selon l’approche adoptée. Il en est de même du
compte de produits et de charges qui doit être retraité.
La 2ème étape : elle présente le bilan financier (patrimonial ou liquidité) ou fonctionnel
en grandes masses ; et le CPC retraité.
La 3ème étape : Elle présente, en justifiant le cas échéant les calculs, les ratios les plus
Significatifs concernant la structure financière ; la liquidité ; l’activité et la rentabilité.
La 4ème étape : C’est la plus importante, est l’analyse financière proprement dite. Il
s’agit de commenter l’évolution des ratios (pourquoi cette variation ? Est-ce favorable ou
défavorable ? Dans ce dernier cas, que peut-on faire ?) Et ceci ratio par ratio ou par bloc de
32
ratios. Cette étape doit mener à un jugement de valeur ou à une appréciation de la situation
financière de l’entreprise (ses forces et les faiblesses).14
Bilan financier
Un bilan financier est un document comptable qui reprend le passif et l’actif de
L’entreprise pour visualiser le niveau de liquidité et d’exigibilité de l’entreprise afin
de mettre en avant sa solvabilité.
Bilan retraité fonctionnel
Tableau 4: Bilan retraité fonctionnel
Emplois Vale % RESSOURC vale %
(Actif) ur ES (PASSIF) ur
ACTIF FINANCEM
IMMOBILISE EN PERMANENT
Capitaux
Immobilisatio
propres
ns en non valeurs
Capitaux
Immobilisatio
propres assimilés
ns incorporelles
Immobilisatio Dettes de
ns corporelles financement
Immobilisatio
14
Paul Bert, 92240 ; alakoff, www. [Link] Dunod, 5e Édition ; 2017, 11 rue
33
ns financières
ACTIF PASSIF
CIRCULANT (HT) CIRCULANT (HT)
Stocks Fournisseurs
Créances de Etat et
l’actif circulant organismes sociaux
Titres et Comptes
valeurs de placement d’associés
TRESORER TRESORER
IE-ACTIF IE PASSIF
Chèques Crédits
d’escompte
Banques
Crédits de
Caisse
trésorerie
Banques
(soldes créditeurs)
Source : Prof S. SOLHI, analyse financière, page 17
Bilan retraité patrimonial
Tableau 5: Bilan retraité patrimonial
Actif Passif N
N
-Actif immobilisé net -Capitaux permanents
*Capitaux propres
-Actif circulant hors *Dettes à LMT
trésorerie
-Dettes à court terme (Hors
Trésorerie)
34
-Trésorerie Actif -Trésorerie Passif
Source : Prof MALLOUKI et FEKKAK, analyse financière, 2014, page 14
SECTION II : LA TRESORERIE
III.1. ORIGINE DE LA TRESORERIE
La trésorerie est un élément du patrimoine de l’entreprise au même titre que les
investissements réalisés, les stocks détenus ou encore les créances en attente d’encaissement.
Or, le document de synthèse qui synthétise ce patrimoine est le bilan comptable. Néanmoins,
conçu pour des besoins comptables et fiscaux, ce document ne peut être directement
exploitable par le financier qui cherchera donc à le retraiter pour mieux l’analyser.
Obsédés par l’équilibre financier et au- delà par les risques financiers d’insolvabilité et
d’il liquidité de leurs entreprises clientes, les banquiers ont très tôt introduit dans leur analyse
financière, le découpage du patrimoine de leurs clients en grands équilibres bilanciels
susceptibles de mettre en évidence le risque financier éventuel d’il liquidité de ces derniers,
risque matérialisé dans le pire des cas par la cessation de paiement.
III.2. DEFINITION
La trésorerie désigne l’ensemble des liquidités disponibles en caisse ou en banque
dont
Dispose une entreprise pour faire face aux dettes qui viennent à échéance.
III.3. IMPORTANCE DE LA TRESORERIE DANS UNE ENTREPRISE
La trésorerie d’une entreprise est un élément clé de la gestion financière de
l’entreprise : en effet, c’est la trésorerie disponible qui permet de régler les charges de
l’entreprise : les salaires, fournisseurs, etc. et en entreprise, la trésorerie désigne un ensemble
des sommes que la société possède à un instant T.
La trésorerie assure également la gestion des liquidités afin qu’il y ait toujours assez
35
D’argent disponible. Et aussi elle permet de tenir compte non seulement des intérêts
bancaires, des taux de change ainsi que de leur fluctuation.
III.4. LES DIFFERENTES APPROCHES DE LA TRESORERIE
Dans l’ensemble de la gestion financière, et selon les auteurs, nous distinguons trois
approches : (l’approche bilancielle, les ratios de trésorerie et l’approche des flux financiers).
Certains auteurs définissent la trésorerie de l’entreprise comme une différence entre
Les valeurs réalisables et disponibles d’un côté et les dettes à court terme d’autre
coté (approche bilancielle : statique).D’autres se basent sur le rapport entre ces valeurs
réalisables et disponibles et des dettes à court termes (approche des ratios : statique).En fin et
contrairement à l’approche statique certains auteurs définissent la trésorerie en terme des flux
(approche dynamique).
III.4.1. Approche bilancielle
L’analyse des bilans n’est pas sans critique, mais elle permet de développer les trois
grandes masses du bilan, à savoir le fond de roulement (FR), besoin en fond de roulement
(BFR) et la trésorerie (T), ces masses représentent la structure de base de l’analyse financière
actuelle.
III.4.2. Les ratios de trésorerie
Les ratios de trésorerie, sont des rapports mettant en relation deux grandeurs
homogènes liées par une logique économique, pour tirer des indications de tendances,
fournissent une information qui permet d’informer l’analyste financier sur de nombreux aspect
de l’entreprise qu’il souhaite mettre en valeur : rentabilité, liquidité, et structure financière.
L’objectif primordial de la méthode des ratios consiste à évaluer précisément
l’importance des qualités et défaut de l’entreprise et à mieux la connaître. Une bonne
connaissance de passé améliorera la qualité des prévisions.
Les ratios de trésorerie ont pour objectif de mesurer la solvabilité à CT qui dépend de
volume de FR, mais aussi la composition des capitaux circulants et des dettes à CT.
Quelques ratios financiers:
R1 : Ratio de trésorerie relative = valeurs réalisable et disponible/ dettes à CT. Ce
36
Ratio se propose d’apprécier l’endettement de l’entreprise, nous avons coutume de
dire, qu’il doit être supérieur ou égale à 1. Les stocks sont bien sûr financés par des capitaux
permanents.
R2 : Ratio de trésorerie immédiate = disponibilité/ dettes à CT. Son usage est
toutefois
Une portée limitée si l’on ne dispose d’une analyse détaillée des dettes à CT. Il est
important de savoir, pour apprécier ce ratio, si une opération d’escompte n’a pas été réalisée.
R3 : Ratio de crédit bancaire à CT = capitaux propres/ crédit bancaire à CT. Ce ratio
permet de faire une comparaison entre le montant total des crédits bancaires à CT accordés à
l’entreprise.
R4 : Ratio d’autonomie financière = capitaux propres/ Total des dettes A l’aide de ce
ratio, l’entreprise peut définir son degré d’indépendance vis-à-vis de ses bailleurs de fonds.
A titre d’information, un ratio de 1 signifie que l’ensemble du passif est constitué
par les capitaux propres ou le résultat. Un ratio de 0,5 qui représente une norme financière
acceptable, veut dire que l’entreprise a autant de ressources propres que de ressources
empruntées.
R5 : Ratio d’équilibre financier = Capitaux permanent + cumul d’amortissement/
Immobilisation brute totales
Ce ratio vérifié si l’entreprise respecte ou non la règle d’équilibre financier qui veut
qu’une immobilisation, soit financée par des capitaux des durées au moins égales.
Troisième Chapitre
L’IMPACT DE LA STRUCTURE FINANCIERE DE LA GECAMINES SUR SA
TRESORERIE
Au-delà de la revue de littérature se rapportant au sujet traité dans ce mémoire, la
37
Validation des hypothèses dans celui-ci, exige une descente sur terrain. Il s’agit d’une étude
empirique au sein de l’entreprise Gécamines.
En effet, le troisième chapitre est réservé à l’évaluation et diagnostic financier de
L’entreprise Gécamines, il s’agit de nous appuyer sur les états financiers propres à
l’organisme champ d’étude question de ressortir la relation entre la structure financière de
l’entreprise Gécamines et sa trésorerie. Et ceci par la méthode statique faisant intervenir
l’étude des équilibres (F.R, B.F.R et la T.N) et la méthode des ratios à partir des bilans
comptables ainsi que la méthode dynamique (Analyse des flux financiers à partir du tableau
des flux de trésorerie).
SECTION 1 : PRESENTATION DES DONNEES
Tableau 6:Les Actifs de la Gécamines de 2017 à 2021 en milliards USD
DESIGNATION EXERCICE EXERCICE EXERCICE EXERCICE EXERCICE
2017 2018 2019 2O20 2021
ACTIF 2 964 288 458 2 953 184 512 2 895 983 402 3 007 897 346 2 815 555 301
IMMOBILISE
STOCK ET 94 895 748 103 685 653 89 084 554 98 932 404 100 391 834
ENCOURS
CREANCES 723 218 966 804 716 136 740 659 697 752 575 532 846 335 358
TRESORERIE 45 753 710 36 077 062 8 135 734 40 160 977 50 239 672
- ACTIF
TOTAL 3 828 156 882 3 897 663 363 3 733 863 387 3 899 566 259 3 812 522 165
Source : fait par nous-même sur base des données comptables la Gécamines.
Tableau N°7: Les Passifs de la Gécamines de 2017 A 2021 en milliards USD
DESIGNATION EXERCICE EXERCICE EXERCICE EXERCICE EXERCICE
2017 2018 2019 2020 2021
CAPITAUX 2 003 777 669 2 139 047 753 2 055 645 308 1 839 853 894 1 682 801 745
PROPRES
DETTES 702 438 217 710 378 782 629 046 655 722 711 241 702 264 154
FINANCIERES
DETTES A 1 084 979 278 1 013 880 627 1 011 342 859 1 210 746 682 1 362 282 152
COURT TERME
TRESORERIE 36 961 718 34 356 201 37 828 565 126 254 442 65 174 114
PASSIF
TOTAL 3 828 156 882 3 897 663 363 3 733 863 387 3 899 566 259 3 812 522 165
Source : Fait par nous-même sur base des données comptables de la Gécamines.
Commentaire
Ces bilans représentent la situation patrimoniale de la Gécamines allant de 2017 à
38
2021 ; en fait ces immobilisations sont respectivement de 2 964 288 458, 2953 184 512, 2 895
983 402, 3 007 897 346, 2 815 555 301 ; ses stocks de 94 895 748, 103 685 653,
89 084 554, 98 932 404, 100 391 834 ; ses créances sont de 723 218 966, 804 716 136, 740
659 697, 752 575 532, 846 335 358 et une faible trésorerie de 45 753 710, 36 077 062, 8 135
734, 40 160 977, 50 239 672 ; contre les fonds propres de 2 003 777 669, 2 139 047 753,
2 055 645 308, 1 839 853 894, 1 682 801 745 ; et des fonds des tiers de 702 438 217, 710 378
782, 629 046 655, 722 711 241, 702 264 154 ; en dépit des dettes fournisseurs respectivement
de 1 084 979 278, 1 013 880 627, 1 011 342 859, 1 210 746 682, 1 362 282 152, et enfin de
trésorerie passif de 36 961 718, 34 356 201, 37 828 565,
126 254 442 et 65 174 114. Tous ces montants sont exprimés en milliards (CDF)
1. Les bilans condensés
Tableau 9: Bilan condensé au 31/12/2017
ACTIF MONTANTS % PASSIF MONTANTS %
Actif immobilise 2 964 288 458 77,43382911 Ressource stable 2 706 215 886 70,6923977
actif circulant 818 114 714 21,37098189 passif circulant 1 084 979 278 28,3420798
Trésorerie 45 753 710 1,195189001 trésorerie passif 36 961 718 0,96552255
TOTAL 3 828 156 882 100 TOTAL 3 828 156 882 100
Source : réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
Tableau: 10Bilan condensé au 31/12/2018
ACTIF MONTANTS % PASSIF MONTANTS %
Actif immobilise 2 953 184 512 75,7680753 ressource stable 2 849 426 535 73,1060194
Actif circulant 908 401 789 23,30631726 passif circulant 1 013 880 627 26,0125242
Trésorerie actif 36 077 062 0,925607438 Trésorerie actif 34 356 201 0,88145634
TOTAL 3 897 663 363 100 TOTAL 3 897 663 363 100
Source : réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
Tableau 11: Bilan condensé au 31/12/2019
ACTIF MONTANTS % PASSIF MONTANTS %
Actif immobilise 2 895 983 402 77,55997212 Ressource stable 2 684 691 963 71,9011834
actif circulant 829 744 251 22,22213737 passif circulant 1 011 342 859 27,0856953
trésorerie actif 8 135 734 0,217890511 Trésorerie passif 37 828 565 1,01312129
TOTAL 3 733 863 387 100 TOTAL 3 733 863 387 100
Source : réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
Tableau 12: Bilan condensé au 31/12/2020
ACTIF MONTANTS % PASSIF MONTANTS %
Actif immobilise 3 007 897 346 77,1341515 Ressource stable 2 562 565 135 65,7141068
39
actif circulant 851 507 936 21,83596532 passif circulant 1 210 746 682 31,0482398
trésorerie actif 40 160 977 1,02988318 trésorerie passif 126 254 442 3,23765346
TOTAL 3 899 566 259 100 TOTAL 3 899 566 259 100
Source : réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
Tableau 13: Bilan condensé au 31/12/2021
ACTIF MONTANTS % PASSIF MONTANS %
Actif
immobilise 2 815 555 301 73,8502015 Ressource stable 2 385 065 899 62,5587418
actif circulant 946 727 192 24,83204427 passif circulant 1 362 282 152 35,7317831
Trésorerie actif 50 239 672 1,317754227 trésorerie passif 65 174 114 1,70947502
TOTAL 3 812 522 165 100 TOTAL 3 812 522 165 100
Source : réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
2. Les Bilans financiers cristallisés
Tableau 14:Bilan financier cristallisé au 31/12/2017
ACTIF MONTANTS % PASSIF MONTANS %
Emploi
acyclique 2 964 288 458 77,4338291 Capitaux permanents 2 706 215 886 70,6923977
Emploi cyclique 863 868 424 22,5661709 Ressources cycliques 1 121 940 996 29,3076023
TOTAL 3 828 156 882 100 TOTAL 3 828 156 882 100
Source : Réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
Tableau 15:Bilan financier cristallisé au 31/12/2018
ACTIF MONTANTS % PASSIF MONTANTS %
Emploi acyclique 2 953 184 512 75,7680753 capitaux permanents 2 849 426 535 73,1060194
Emploi cyclique 944 478 851 24,2319247 Ressource cyclique 1 048 236 828 26,8939806
TOTAL 3 897 663 363 100 TOTAL 3 897 663 363 100
Source : réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
Tableau 16:Bilan financier cristallisé au 31/12/2019
ACTIF MONTANTS % PASSIF MONTANTS %
Emploi acyclique 2 895 983 402 77,5599721 Capitaux permanents 2 684 691 963 71,9011834
Emploi cyclique 837 879 985 22,4400279 Ressource cyclique 1 049 171 424 28,0988166
TOTAL 3 733 863 387 100 TOTAL 3 733 863 387 100
Source : réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
40
Tableau 17:Bilan financier cristallisé au 31/12/2020
ACTIF MONTANTS % PASSIF MONTANTS %
Emploi acyclique 3 007 897 346 77,1341515 Capitaux permanents 2 562 565 135 65,7141068
Emploi cyclique 891 668 913 22,8658485 Ressource cyclique 1 337 001 124 34,2858932
TOTAL 3 899 566 259 100 TOTAL 3 899 566 259 100
Source : réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines
Tableau 18:Bilan financier cristallisé au 31/12/2021
ACTIF MONTANTS % PASSIF MONTANTS %
Capitaux
Emploi acyclique 2 815 555 301 73,8502015 permanents 2 385 065 899 62,5587418
Emploi cyclique 996 966 864 26,1497985 Ressource cyclique 1 427 456 266 37,4412582
TOTAL 3 812 522 165 100 TOTAL 3 812 522 165 100
Source : réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
Commentaire:
Ces bilans condensent les différents postes en un tout formant ainsi un cycle. Les
emplois acycliques allant de 2017 à 2021 sont de 2 964 288 458, 2 953 184 512, 2 895 983
402, 3 007 897 346, 2 815 555 301 ; des emplois cycliques de 863 868 424, 944 478 851, 837
879 985, 891 668 913, 996 966 864 ; et des capitaux permanents (capitaux propres et dettes
financières) de 2 706 215 886, 2 849 426 535, 2 684 691 963, 2 562 565 135, 2 385 065 899 ;
Et des ressources cycliques (Dettes à court terme et des trésoreries passifs) de 1 121 940 996,
1 048 236 828, 1 049 171 424, 1 337 001 124 et 1 427 456 266 ; exprimés en milliards des
francs congolais.
SECTION 2 : TRAITEMENT DES DONNEES
A partir des résultats obtenus dans les bilans financiers, nous allons enchainer par
L’analyse de la structure financière moyennant les indicateurs de l’équilibre financier et les
ratios.
2.1. L’analyse par les équilibres financiers
Nous allons procéder à une analyse financière de la situation financière de l’entreprise
Gécamines. Ceci, en calculant le Fonds de roulement, le Besoin en Fonds de Roulement et la
Trésorerie nette.
41
2.1.1. Etude du Fonds de roulement
Le but poursuivi dans cette étude est celui d’étudier la marge de sécurité de l’entreprise
Gécamines ; c’est-à-dire la partie des ressources permanentes qui financent l’actif circulant
après couverture des emplois permanents. Par ailleurs, il existe deux méthodes de calcul de
Fonds de Roulement net : par le haut du bilan et par le bas du bilan.
- Calcul par le haut du bilan.
FR = Capitaux permanents – Actif immobilisé
Tableau 18:Evolution du fonds de roulement
Libellés 2017 2018 2019 2020 2021
Cap permanent 2 706 215 886 2 849 426 535 2 684 691 963 2 562 565 135 2 385 065 899
Actifs Immobilisés 2 964 288 458 2 953 184 512 2 895 983 402 3 007 897 346 2 815 555 301
F.R.N -258 072 572 -103 757 977 -211 291 439 -445 332 211 -430 489 402
Source : réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
- Calcul par le bas du bilan.
FR = Emploi cyclique – Ressource cyclique
Figure 1: Fonds de roulement net
0
2017 2018 2019 2020 2021
-50 000 000
-100 000 000
-150 000 000
-200 000 000
-250 000 000
-300 000 000
-350 000 000
-400 000 000
-450 000 000
-500 000 000
GRAPHIQU
E N°1: F.R.N
Source : fait par nous-même sur base du tableau N°18
42
Interprétation
En considérant le tableau ci-haut et le graphique, nous constatons que durant les cinq
années de notre étude (2017 ; 2018 ; 2019 ; 2020 ; 2021), les fonds de roulement sont
insuffisants et négatifs. Ainsi le principe de l’équilibre minimum n’a pas été respecté par
l’entreprise « Gécamines » ce principe veut que les actifs immobilisés soient financés par les
capitaux permanents. Pour cette entreprise, ceci constitue un mauvais signe qui traduit une
mauvaise structure financière.
2.1.2. Besoins en fonds de roulement.
Le besoin en fonds de roulement est le montant des capitaux investis dans le cycle
D’exploitation non couvert par les dettes à court terme.
BFR = actif circulant – passif circulant
Tableau 19:Tableau des besoins en fonds de roulement de 2017 à 2021
Libellés 2017 2018 2019 2020 2021
Actif exploitation 818 114 714 908 401 789 829 744 251 851 507 936 946 727 192
Passif
d'exploitation
1 084 979 278 1 013 880 627 1 011 342 859 1 210 746 682 1 362 282 152
B.F.R -266 864 564 -105 478 838 -181 598 608 -359 238 746 -415 554 960
Source : réalisé à partir des données comptables de la Gécamines.
Figure 2: Besoin en fonds de roulement
0
2017 2018 2019 2020 2021
-50 000 000
-100 000 000
-150 000 000
-200 000 000
-250 000 000
-300 000 000
-350 000 000
-400 000 000
-450 000 000
GRAPHIQUE
N°2 :B.F.R
Source : fait par nous-même sur base du tableau N°19
43
Interprétation.
Le tableau ci-haut et le graphique nous montrent que, pendant les cinq années de
notre étude, la société présente une structure des besoins en fonds de roulement négatifs
respectivement de 266 864 564, 105 478 838, 181 598 608, 359 238 746 et 415 554 960,
menaçant mais plutôt favorable pour l’entreprise, c’est-à-dire, les ressources d’exploitation
sont supérieures aux besoins d’exploitation. Ainsi l’exploitation apporte un supplément de
ressources. En d’autres termes, cela signifient que les ressources d’exploitation couvrent la
totalité des besoins d’exploitation.
2.1.3. Calcul de la trésorerie nette
La trésorerie nette est la différence entre le fond de roulement et les besoins en fond
de roulement :
TN= F.R – B.F.R
Tableau 20:Evolution des trésoreries de la Gécamines de 2017 à 2021
Libellés 2017 2018 2019 2020 2021
FRN -258 072 572 -103 757 977 -211 291 439 -445 332 211 -430 489 402
BFR -266 864 564 -105 478 838 -181 598 608 -359 238 746 -415 554 960
TN 8 791 992 1 720 861 -29 692 831 -86 093 465 -14 934 442
Source : réalisé à partir des données comptables de la Gécamines.
44
Figure 3: Trésorerie nette
20 000 000
0
2017 2018 2019 2020 2021
-20 000 000
-40 000 000
-60 000 000
-80 000 000
-100 000 000
GRAPHIQUE
N°3:TN
Source : fait par nous-même sur base du tableau N°20.
Interprétation
La trésorerie représente l’ensemble des encaisses en banque et en caisse. En effet, la
société présente une trésorerie aisée durant deux ans, de 2017 à 2018 de 8 791 992 et 1 720
861 grâce aux besoins de financement global et a réalisé son équilibre immédiat ; par contre
durant ces trois dernières années 2019, 2020 et 2021 la société a enregistré une trésorerie
négative de
29 692 831, 86 093 465 et 14 934 ; par conséquent l’entreprise n’a pas réalisé son équilibre
financier immédiat.
2.2. Analyse des ratios de structure financière et de liquidité
Un ratio est un rapport entre deux quantités variables entre lesquelles, il existe une
relation logique de nature économique ou financière. Sans ce lien logique un ratio est un
simple chiffre inexploitable dans le diagnostic financier.
2.2.1. Ratios de liquidité
Les ratios de liquidité expriment la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements.
Autrement dit, ces ratios permettent d’apprécier la solvabilité de l’entreprise à court terme.
- Ratio de liquidité générale = (Actifs circulants) / (Dettes à court terme)
45
- Ratio de liquidité restreinte = (créances a moins d’un an + disponibilités) / (Dettes à
court terme)
- Ratio de liquidité immédiate = (Disponibilités) / (Dettes à court terme).
Tableau 21: Ratio de liquidité générale
Libellés 2017 2018 2019 2020 2021
Actif circulant 863 868 424 944 478 851 837 879 985 891 668 913 996 966 864
Dettes à CT 1 121 940 996 1 048 236 828 1 049 171 424 1 337 001 124 1 427 456 266
Liquidité Générale 0,77 0,90 0,79 0,67 0,69
Source : Réalisé par nous-même à partir des données comptables
Le ratio obtenu est inférieur à 1 pour les
Cinq ans d’étude, cela veut dire que l’actif circulant ne couvre pas les dettes à court terme.
Tableau22:Ratio de liquidité immédiate
Libellés 2017 2018 2019 2020 2021
Disponibilités 45 753 710 36 077 062 8 135 734 40 160 977 50 239 672
Dettes à court terme 1 121 940 996 1 048 236 828 1 049 171 424 1 337 001 124 1 427 456 266
Liquidité Immédiate 0,043 0,033 0,007 0,030 0,035
Source : Fait par nous-même à partir des données
Nous constatons que l’entreprise ne peut pas faire face à ses dettes à court terme
avec ses disponibilités d’autant plus que ces dernières sont trop inferieures à la moyenne
exigée, c’est à-dire 0,50 au-delà, pendant les cinq années de l’analyse.
Tableau 23: Ratio de liquidité restreinte
Libelles 2017 2018 2019 2020 2021
Stocks & Créances 818 114 714 908 401 789 829 744 251 851 507 936 946 727 192
Dettes à CT 1 121 940 996 1 048 236 828 1 049 171 424 1 337 001 124 1 427 456 266
Liquidité Restreinte 0,73 0,86 0,78 0,64 0,66
Source : Réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
Le ratio de liquidité restreinte est inferieure a 1 durant notre période sous étude ceci
signifie que les valeurs réalisables et les valeurs disponibles ne suffisent pas à rembourser les
dettes à court termes
46
2.2.2. Ratios de structure financière
Les ratios de structure financière mesurent essentiellement la sécurité dont jouissent
les critères à long terme, moyen terme et court terme constituant ainsi la marge de crédit de
l’entreprise.
Tableau 24:Ratio d’indépendance financière (Capitaux propres / Total bilan).
Libellés 2017 2018 2019 2020 2021
Capitaux propres 2 003 777 669 2 139 047 753 2 055 645 308 1 839 853 894 1 682 801 745
Total bilan 3 828 156 882 3 897 663 363 3 733 863 387 3 899 566 259 3 812 522 165
D'indépendance 0,52 0,54 0,55 0,47 0,44
Source : Réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines.
Durant notre période sous étude, la Gécamines est indépendante financièrement, à
52% pour l’année 2017, à 54% pour l’année
2018, à 55% pour l’année 2019, à 47% pour l’année 2020 et a 44% pour l’année 2021.
Tableau 25:Ratio de dépendance financière (Dettes totales / Total bilan).
Libellés 2017 2018 2019 2020 2021
Dettes totales 1 787 417 495 1 724 259 409 1 640 389 514 1 933 457 923 2 064 546 306
Total Bilan 3 828 156 882 3 897 663 363 3 733 863 387 3 899 566 259 3 812 522 165
Dependance 0,46 0,44 0,43 0,50 0,54
Source : Réalisé par nous-même à partir des données comptables de la Gécamines
Le ratio de la Gécamines est dépendant financièrement à 46% pour l’année 2017, à 44% pour
l’année 2018, à 43% pour l’année 2019, à 50% pour l’année 2020 et enfin à 54% pour l’année
2021. Donc pour l’année 2020 et 2021, la Gécamines est plus dépendante des financements
extérieurs.
Tableau 26:Ratio de solvabilité (Total bilan / totales dettes).
Libellés 2017 2018 2019 2020 2021
Total bilan 3 828 156 882 3 897 663 363 3 733 863 387 3 899 566 259 3 812 522 165
Dettes totales 1 787 417 495 1 724 259 409 1 640 389 514 1 933 457 923 2 064 546 306
Ratio solvabilité 2,1 2,2 2,3 2,0 1,8
Source : Réalisé à partir des données comptables de la Gécamines.
Nous constatons que l’actif de l'entreprise couvre largement tous ses engagements
externes. Ce qui nous permet de conclure que l’entreprise est solvable à long terme d’une
manière générale.
47
SECTION3 : PRESENTATION DES RESULTATS, DISCUSSION ET
VERIFICATION DES HYPOTHESES.
3.1. Présentation des résultats.
Tableau 27:Présentations des données
Libelles 2017 2018 2019 2020 2021
F.R -258 072 572 -103 757 977 -211 291 439 -445 332 211 -430 489 402
B.F.R -266 864 564 -105 478 838 -181 598 608 -359 238 746 -415 554 960
T.N 8 791 992 1 720 861 -29 692 831 -86 093 465 -14 934 442
L.G 0,77 0,90 0,79 0,67 0,69
L.R 0,73 0,86 0,78 0,64 0,66
L.I 0’043 0,003 0,007 0,030 0,035
Independence 0,52 0,54 0,55 0,47 0,44
Dependence 0,46 0,44 0,43 0,50 0,54
Solvabilité 2,1 2,2 2,3 2,0 1,8
Source : Nous-mêmes sur base de l’analyse financière.
3.2. Discussion et vérification des résultats
Apres analyses, la générale des carrières et des mines présente une structure financière
Qui n’est pas appréciable, par conséquent, c’est une structure déséquilibrée car ses différents
indicateurs sont jusque-là défavorables pour la société en termes de financement de ses
investissements.
Comme nous le constatons dans le tableau ci-haut, les fonds de roulement calculés
durant notre période sous étude demeurent négatifs. Ce qui signifie les ressources stables ne
financent qu’une partie des actifs immobilisés et l’autre partie est financée par les dettes à
court terme. Ce qui viole la règle de l’équilibre financier à long terme qui stipule que, il n’est
pas sain de financer un actif fixe ou immobilisé par des fonds exigibles, par contre, il est
censé être « rentabilisé » sur une longue période, ce qui veut dire, il faudra longtemps pour
que le cumul des flux nets de trésorerie qu’il génèrera atteigne sa valeur d’achat. En ce qui
concerne les besoins en fond de roulement, durant notre période sous étude, ils demeurent
aussi négatifs. Ce qui signifie que les emplois sont inférieurs aux ressources.
Donc aucun besoin financier n’est généré par l’activité et l’excèdent. Et pour finir, la
trésorerie nette calculée durant la période d’étude, évolue en dent de scie, c’est-à-dire, la
Gécamines a généré une trésorerie nette positive pour les deux premières années, de 2017 et
48
2018, respectivement de 8 791 992 et 1 790 861 ; pour les trois années, de 2019, 2020 et
2021, elle a enregistré une trésorerie négative de 29 692 831, 86 093 465 et 14 934 442.
En définitif, en analysant les différents ratios calculés sur base des états financiers de
la Gécamines, la société demeure autonome en terme d’indépendance financière et de la
solvabilité dans le long terme, mais à court terme, l’entreprise n’est pas à mesure de répondre
aux besoins immédiats.
Ainsi les résultats de notre travail montrent que notre hypothèse est confirmée par le
Fait que les différentes méthodes d’analyse financière attestent que la structure financière de
l’entreprise Gécamines est en déséquilibre et a un impact négatif sur sa trésorerie.
49
CONCLUSION GENERALE
Arrivé au terme de notre travail qui a porté sur « la structure financière et la trésorerie
D’une entreprise » cas de la générale des carrières et des mines, Gécamines en sigle. Sur une
période allant de 2017 à 2021. Le choix de notre étude était guidé par le fait que depuis un
certain temps les entreprises publiques rencontrent des difficultés liées à la gestion qui font à
ce que les entreprises se retrouvent plonger dans une situation d’insolvabilité.
C’est pourquoi au départ nous avons formulé une question comme suit : comment la
structure financière influe-t-elle sur la trésorerie de la GECAMINES.
Pour répondre à cette question, nous avons parcouru la littérature en gestion
financière et analyse financière en ce qui concerne les études théoriques et empiriques. Cette
revue de littérature nous a permis de construire notre problématique : quel est l’impact de la
structure financière sur la trésorerie de la GECAMINES ?
Partant de cette question, nous avons retenue l’hypothèse selon laquelle la
Gécamines présenterait une structure financière déséquilibrée et qui aurait un impact négatif
sur sa trésorerie.
Afin d’examiner cette hypothèse, nous avons fait recours à la méthode analytique qui
nous a permis de collecter et analyser les états financiers de la Gécamines afin de porter un
jugement sur sa santé financière. Nous avons fait également recours aux deux techniques à
savoir la technique documentaire qui nous a permis de lire les différents ouvrages, revues
ainsi que certains documents de la Gécamines relatifs à notre sujet et la technique d’interview
libre qui nous a permis d’échanger avec certains responsables de la Gécamines sur les
questions de notre problématique afin d’obtenir les éléments de réponses.
Apres analyses, les résultats nous montrent que la Gécamines présente une structure
financière déséquilibrée qui a un impact négatif sur sa trésorerie soit fonds de roulement: -
258 072 572, -103 757 977, -211 291 439, -445 332 211,-430 489 402, Besoin en fonds de
roulement :- 266 864 564, -105 478 838,-181 598 608,-359 238 746,-415 554 960 Et une
trésorerie nette : 8 791 992, 1 720 861 , - 29 692 831 , -86 093 465 ,-14 934 442 . Ceci
nous pousse à confirmer notre hypothèse.
Apres critiques et suggestion, il nous convient de noter que le domaine de gestion
Financière étant vaste nous ne pouvons pas à l’issus de ce travail prétendre avoir épuisé toute
la matière y afférente. Malgré les différentes difficultés que nous avons rencontrées dans la
50
collecte des données, néanmoins, nous estimons avoir balisé le chemin à d’autres chercheurs
qui pourront éventuellement nous compléter pour plus d’éclaircissement à ce sujet.
BIBLIOGRAPHIE
I. OUVRAGES
1. AFTALION, DUBOIS et MAKLIN « Théorie financière de l’entreprise », op cit
pp.50 et 51, 57-63.
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4. Depallens G. « Gestion financière de l’entreprise », Sirey, 5e Edition.
5. Elie COHEN « Analyse financière, EDICED, 1991, 58 rue Gabriel Laumain 75010,
paris.
6. Elie COHEN « Analyse financière » édition Economica ; paris ; 2006, p.203.
7. Jean-Claude JUHEL « Gestion optimale de la trésorerie des entreprises », thèse,
université Nice Sophia, 1978.
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11. Myers ET Majluf « journal of financial Economics », ed. ELVESIER.
12. Pascal BARNETO et Georges GREGORIO « Finance manuel et Application »,
édition Dunod, 2e Edition, Paris.
13. Philippe ROUSSELOT et Jean François VERDIE « Gestion de trésorerie », 2e Ed
DUNOD.
14. SEM MBIMBI et A. CORNET ; Méthodes et techniques de la recherche
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II. MEMOIRE
1. BELCKACEMI & HACHEMI Khaled « impact de la structure financière de
l’entreprise sur sa rentabilité », mémoire en gestion financière, université d’Alger,
2016-2017.
III. Jean-Claude juhel, Gestion optimale de la trésorerie des entreprises, thèse,
université Nice Sophia, 1978.
51
IV. MUHUNGA MUPULU Marc, Analyse de la struture financière d’une
entreprise de transport maritime (cas de l’Ami Congo de 2007 à 2009) Université libre
de Kinshasa Licence 2010.
1.
V. NOTES DES COURS
1. Amuri N’SIMBO « Cours de méthodes de recherche scientifique », UNILI, 2018-
2019.
VI. WEBOGRAPHIE
1. http : //[Link]/finance-marches/vernimmen/definition_struture financière,
15/04/2015.