0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues12 pages

Droit Processuel et Organisation Judiciaire

Le document traite du droit processuel et des principes directeurs de l'organisation de la justice, en mettant l'accent sur la hiérarchie des normes, la responsabilité de l'État, et les droits des justiciables. Il souligne l'importance de l'impartialité des juges, le droit à un contrôle de jugement, ainsi que les différences entre l'appel et le pourvoi en cassation. Enfin, il aborde les principes de publicité et de collégialité au sein des juridictions.

Transféré par

lcopain2606
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues12 pages

Droit Processuel et Organisation Judiciaire

Le document traite du droit processuel et des principes directeurs de l'organisation de la justice, en mettant l'accent sur la hiérarchie des normes, la responsabilité de l'État, et les droits des justiciables. Il souligne l'importance de l'impartialité des juges, le droit à un contrôle de jugement, ainsi que les différences entre l'appel et le pourvoi en cassation. Enfin, il aborde les principes de publicité et de collégialité au sein des juridictions.

Transféré par

lcopain2606
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Partie I.

Droit commun des juridictions

CH1 : LE DROIT PROCESSUEL


Devant toutes les juridictions, il y a des règles directives, invariables qui s’appliquent : ce sont les règles de droit
processuel.

LA HIÉRARCHIE DES NORMES :


Les règles les plus importantes sont les droit fondamentaux (« droits de l’homme »)
‣ Inhérents à l’homme
‣ Consacrés dans les textes de valeur supra-légale et dans la jurisprudence qui les accompagne
‣ Ces textes sont la Constitution et les conventions internationales telles que la CEDH.
✴ Jurisprudence de la Constitution = Le Conseil Constitutionnel
✴ La CEDH = La Cour Européenne des Droits de l’Homme

Bloc
Ensemble des principes et dispositions que doivent respecter les lois.
constitutionnel

Bloc conventionnel Traités internationaux négociés sur le plan international

Bloc législatif Lois votées par le parlement = pouvoir législatif

Règlements, décrets, arrêtés… pris au niveau national par le gouvernement =


Bloc réglementaire
pouvoir exécutif

Les normes inférieures doivent respecter les normes supérieures. Néanmoins, il y a des dérogations admises a n
de concilier plusieurs droits fondamentaux antinomiques.
Les juridictions sont chargées de l’interprétation des droits fondamentaux, car ils ont des limites. Notamment, par
exemple, le droit à un procès public peut ne pas être respecter et donner lieu à un huit clos dans certaines
conditions.

Le noyau du droit fondamental ne doit jamais être atteint. Par exemple, c’est en vertu d’un droit fondamental, le
« droit à la vie », que la peine de mort a été abrogée en France.

SECTION 1 : LES PRINCIPES DIRECTEURS DE L’ORGANISATION DE LA JUSTICE

I. Le principe de séparation des pouvoirs et de hiérarchie des juridictions

Au sein d’un État, il y a plusieurs pouvoirs.


‣ Les uns ne doivent pas s’immiscer dans les activités des autres

1

fi
Partie I. Droit commun des juridictions

‣ En France, on considère que le pouvoir judiciaire ne doit pas juger le pouvoir exécutif → la justice est
scindée en deux ordres.

Plus on monte dans les juridictions, plus les juges sont censés être compétents et travailler en collégialité. Il n’y a
qu’une juridiction en contrôle de pourvoi, a n d’éviter qu’elles ne jugent dans des sens différents. Dans ce cas, il y
aurait une insécurité juridique, et les juridictions inférieures ne sauraient plus à quoi s’en tenir.
Néanmoins, une juridiction supérieure ne peut, en principe, pas dicter à une juridiction inférieure. Ainsi, parfois, les
juges résistent et refusent la décision de la Cour de Cassation.
Néanmoins, le justiciable qui perd devant la juridiction inférieure peut saisir la juridiction supérieure.

II. La responsabilité de l’État pour fonctionnement défectueux du service public de la justice

Tout le personnel du service public de la justice est susceptible d’engager la responsabilité de l’État, y compris les
juges.
Les règles de la responsabilité de l’État pour fonctionnement défectueux du service public de la justice sont
similaires s’agissant des deux ordres juridictionnels.

Qui statue sur la question du mauvais fonctionnement de la justice, et la responsabilité de l’État qui en découle ?
Si un dysfonctionnement de la justice est constaté, ce sont les tribunaux de l’ordre juridictionnel concerné qui
statuent. La responsabilité de l’Etat n’est engagée qu’en cas de faute lourde ou de déni de justice, c’est à dire si le
juge refuse de statuer sans raison valable.

Si le justiciable pouvait agir directement contre le juge :


‣ Actions trop fréquentes
‣ Juges déstabilisés : ils jugeraient trop légèrement, de peur des représailles → cela explique aussi le
secret du délibéré.

En cas de faute causée par les juges, l’État garantit les victimes des dommages causés par les fautes personnelles
des juges.
La responsabilité de l’État est de plus en plus reconnue, notamment en cas de dénis de justice ou de délais
anormalement longs. Néanmoins, les erreurs, même aux conséquences lourdes, ne sont pas toujours quali ées de
dysfonctionnement.
2

fi
fi
Partie I. Droit commun des juridictions

Les magistrats peuvent être exposés à différentes types de responsabilité pour des faits commis dans l’exercice de
leurs fonctions :
- Responsabilité pécuniaire : Obligation de rembourser nancièrement l’État ou les parties lésées en cas de
faute personnelle détachable.
- Responsabilité pénale : Peut être poursuivi et sanctionné par la justice s’il commet une infraction pénale,
même dans l’exercice de ses fonctions.
- Responsabilité disciplinaire : Répondre devant une juridiction ou un conseil de discipline interne à la
magistrature pour des manquements à ses devoirs professionnels, pouvant entraîner des sanctions.

III. Le principe de publicité

• Principe de publicité : Accès au public de la salle d’audience où statue la juridiction de jugement.

La justice doit être rendue de manière non clandestine, si l'on veut éviter des soupçons ou de fausses
interprétations. Elle doit donc être publique. La publicité ne doit pas toutefois favoriser le scandale, ni porter
atteinte à certains droits fondamentaux. Ainsi, les débats sont publics, au même titre que les décisions de justice.
Néanmoins, à l'exception des ordonnances du contentieux scal, les jugements sont lu publiquement à l'audience.
Même dans le cas où exceptionnellement, les débats se serait tenu à huis clos. Cela permet de marquer que le
jugement fait partie de l'ordre juridique, et de marquer le moment de dessaisissement du juge.

Ce principe de publicité a des limites :


‣ Le secret de l’instruction, pour les dossiers répressifs
‣ En matière civile, l'audience peut se tenir en chambre du conseil, pour éviter tout scandale ou préserver la
tranquillité des personnes.
‣ En matière pénale, l'audience peut se tenir à huis clos si la loi l'or donne, comme dans le cas des poursuites
contre un mineur, ou si la loi le permet. Par exemple, le président peut ordonner le huis clos aux assises,
interdire la salle aux mineurs, si la publicité paraît dangereuse pour l'ordre ou les mœurs, ou si il s'agit de
certaines infractions sexuelles, si la victime le requiert
‣ Les juges, ne peuvent révéler la teneur du délibéré, et la presse ne peut elle-même pas rendre compte en
toute liberté des décisions de justice.

IV. Le principe de collégialité

Au sein d’une juridiction, les affaires sont jugées par des collèges de juges.
La collégialité des juridictions est traditionnelle, et se présente généralement sous la forme d’un nombre impair de
juges, pour éviter l’égalité des voies au délibéré.
Les formations collégiales de jugement comprennent un Président de formation qui préside et dirige les débats, et
assure la police de l’audience.
Les juges qui statuent sont les assesseurs du Président. Leurs voix et celles du Président se valent lors du délibéré.
Le principe de collégialité tend à prévenir les erreurs de jugement et à assurer la partialité de la juridiction.
Néanmoins, cela présente des inconvénients :
- Coût
- Ralentissement de la justice
- En cas d’hésitation d’un juge, il risque de reposer sa conscience sur les autres juges.
3

fi
fi
Partie I. Droit commun des juridictions

La collégialité n’est ni un droit processuel fondamental, ni un principe directeur de l’organisation juridictionnelle.


Ainsi, aujourd’hui, elle est en recul, notamment pour des raisons budgétaires.

Une fois que l’affaire est en état d’être jugée, les débats sont clos et l’affaire est mise en délibéré, qui peut avoir lieu
immédiatement ou plusieurs mois après la clôture des débats. Les membres de la formation collégiale délibèrent
sur la décision à rendre sans la présence des parties et du public.
L’opinion majoritaire emporte la décision. Or, les juges ne dévoilent pas le scrutin : la décision est considérée
comme collective et la voie minoritaire est ignorée.
‣ Permet aux juges d’être moins exposés aux rancoeurs du plaideur perdant et de se sentir plus libre
dans leurs décisions.
➡ Explique pourquoi le justiciable ne peut pas agir directement contre le juge.

SECTION 2 : LES DROITS DES JUSTICIABLES DEVANT LES JURIDICTIONS

I. Le droit à un juge indépendant et impartial

• Impartialité : Le juge doit être neutre et objectif, sans favoritisme ni préjugé envers l’une des parties en cause.

Le juge qui estime être partial dans une affaire doit le signaler pour être remplacé. On dit alors qu’il se « déporte ».
Néanmoins, on ne peut pas compter uniquement sur la bonne volonté du juge : un des plaideur peut donc
demander à ne pas que son affaire soit jugée par un juge en particulier. C’est la « récusation » du juge. Cette
demande doit être justi ée.
La récusation est l’élément à privilégier par rapport à la déportation.

Il est également possible de demander que l'affaire ne soit pas jugée par tel ou telle juridiction tout entière.
L'affaire est alors renvoyée à une autre juridiction.

Exemple : M. X veut engager la responsabilité de l’État pour une faute commise au sein d’un tribunal judiciaire →
il peut exiger qu’un autre tribunal judiciaire statue sur l’affaire.

Si un plaideur découvre le motif de partialité après le jugement, la partialité peut être neutralisée dans le cadre des
voies de recours.

Exemple : M. Y a manqué de respect à un magistrat pendant l’audience. Le magistrat l’a fait sortir de la salle. La
question de la partialité de ce magistrat s'est posée par la suite, mais le Conseil d'État estime que ce n'est pas pour
autant que le magistrat a manqué d'impartialité dans l'arrêt rendu : il n’a fait qu’exercer des pouvoirs que lui
reconnaît la loi (pouvoir de police de l’audience).
Or, dès le lendemain de l'audience, le magistrat a déposé plainte (au pénal) contre le plaideur pour outrage à
magistrat. Un peu plus tard, les 3 juges de la CAA ont rendu leur arrêt dans l'affaire initiale de droit administratif, ils
ont tranché contre ce plaideur.
M. Y a fait valoir, dans son recours en cassation, la partialité du magistrat. Le Conseil d’État estime que le fait de
déposer plainte contre le plaideur a fait perdre au magistrat son impartialité.

4

fi
Partie I. Droit commun des juridictions

Or, tout magistrat d'une formation collégiale de jugement qui s’estimerait victime d'un outrage à magistrat peut
porter plainte contre l'auteur des faits.
Ainsi, si un magistrat est impliqué dans une affaire où ses actions sont contestées, le président doit retirer l’affaire
de l’audience pour éviter tout doute sur son impartialité. L’affaire sera examinée lors d’une autre audience par une
formation de jugement différente.

La CEDH impose aux juridictions nationales la conception suivante : en cas de doute raisonnable sur l’impartialité
du juge, cela suf t pour sanctionner la situation, car il est impossible de connaître le fond de sa pensée.

En raison de cette impartialité, le juge qui tranche une affaire ne peut pas se saisir lui-même, sinon, on pourrait
avoir l’impression qu’il n’est pas neutre en faisant ses choix.
‣ En droit pénal, il est saisi par le procureur ou par la victime
‣ En droit civil ou administratif, il est saisi par une personne intéressée

II. Le droit à un contrôle de jugement ?

Le droit à un contrôle de jugement par les juridictions supérieures est-il de principe ?

A. Nature de l’appel et du pourvoi en cassation


1. L’appel

L’appel est une voie de recours ordinaire : il est, en principe, toujours possible (sauf affaires jugées en premier et
dernier ressort). Il entraîne un nouvel examen en faits et en droits de l’affaire.
Il s’agit d’une voie de réformation, c’est à dire que la juridiction d’appel peut modi er ou corriger la décision rendue
par le juge de première instance.
‣ Si elle statue dans le sens du tribunal de première instance, on dit qu’elle con rme
‣ Si elle statue dans le sens contraire, on dit qu’elle in rme

En cour d’appel, en principe, la représentation par un avocat est obligatoire.

2. Le pourvoi en cassation

Cette voie de recours est différente de l'appel : elle a pour objet exclusif un contrôle en droit de la décision
critiquée. Le recours est donc possible uniquement contre les décisions rendues en dernier ressort.
La cour de cassation, contrôle l’exacte application des règles de forme et de fond, elle ne se penche pas
uniquement sur les questions de procédure.

Le pourvoi en cassation est une voie d’annulation, c’est à dire que la Cour ne juge pas le fond de l’affaire, mais peut
annuler la décision d’un tribunal si elle constate une erreur de droit. Elle casse donc la décision contrôlée quand
elle considère que la Cour d’Appel a ignoré ou mal appliqué une règle de droit.
Mais sa décision ne va pas, en principe, remplacer la décision contrôlée : la juridiction de cassation renvoie l'affaire
à une autre juridiction du fond.
La Cour de Cassation ne statue que sur les faits : on parle d’appréciation « souveraine » des juges du fond.
Si le pourvoi est manifestement infondé ou abusif, on parle de pourvoi « fantaisiste ».

5

fi
fi
fi
fi
Partie I. Droit commun des juridictions

Il existe néanmoins des exceptions à ses règles :


- La juridiction de Cassation revient quand même sur les faits
‣ Quand les juges du fond ont dénaturé la situation de fait (la situation n’a rien à voir avec comment les
juges du fond l’ont présentée).
- La Cour de Cassation donne elle-même une solution dé nitive à l’affaire

Le Conseil Constitutionnel et la CEDH n’exigent pas, de façon générale, l’ouverture du voie de recours, mais ils la
favorisent.

B. Nature de l’appel et du pourvoi en cassation


1. L’appel

L’appel est un principe général du droit, et on parle du principe du double degré de juridiction : il n’est pas
systématiquement ouvert.
‣ Il est ouvert si l’enjeu de l’affaire est important ; mais fermé si l’enjeu est faible

En matière civile, il existe un taux de ressort : c’est le montant de la somme réclamée par un plaideur, au-delà de
laquelle l’appel est ouvert en matière civile.

Les tribunaux statuent :


- En premier et dernier ressort (appel fermé) si la demande est inférieure ou égale à 5000€
- En premier ressort (appel ouvert) si la demande est supérieure à ce montant
‣ Le jugement d'un tribunal susceptible d'appel que lorsqu'une demande, devant lui, est supérieur à ce
montant, ou si la demande est d'un montant indéterminé.

Exemple : En 1e instance, une personne demande à une autre une pension alimentaire de 500 €…
Cela constitue une demande d’un montant indéterminé, car les 500 € seront à payer chaque mois, ce montant est
donc susceptible de se multiplier de façon indéterminée, la demande n’est pas inférieure ou égale à 5000 € à
l’appel est ouvert. Une demande a un montant indéterminé à chaque fois qu’elle ne porte pas (seulement) sur une
somme d’argent et à chaque fois qu’elle n’est pas du tout évaluable en argent.
Tel est toujours le cas des demandes de nature extra-patrimoniale

Le terme ressort n'a rien à voir avec le pourvoi en cassation, il n'est jamais employé en rapport avec le
pourvoi en cassation. D'ailleurs, on ne dit jamais que la cour de cassation est un troisième degré de
juridiction.

En matière pénale, l’appel est généralement possible pour les délits et les contraventions. En matière criminelle,
depuis les années 2000, il est possible de faire appel des décisions de la cour d’assises.

2. Le pourvoi en cassation

Il est ouvert de façon générale, dans toutes les matières. C’est également un principe. La Cour de cassation a
compétence pour statuer sur les pourvois formés contre les arrêts des cours d’appel, et aussi contre les jugements
rendus en 1er et dernier ressort.

6

fi
Partie I. Droit commun des juridictions

La Cour de Cassation est formée comme suit :


- Trois chambres civiles (avec, chacune, ses spécialités)
- Une chambre sociale (droit du travail et de la sécu)
- Une chambre de commerce et nancière
- Une chambre criminelle

C. Parcours typique d’une affaire dans le cadre des voies de recours

Lorsque le tribunal de Valenciennes statue en premier et dernier ressort, le perdant peut former un pourvoi en
cassation, mais uniquement sur une question de droit et non de faits.
‣ Si la Cour de cassation con rme le jugement, elle rejette le pourvoi.
‣ Si la Cour de cassation n’est pas d’accord, elle casse le jugement et renvoie l’affaire devant un tribunal du
même type pour être rejugée.

Lorsque le tribunal de Valenciennes statue en premier ressort, mais que l’appel est ouvert, le perdant peut
interjeter appel devant la Cour d’appel de Douai, pour contester la décision sur une question de fait ou de droit. Le
perdant devant la Cour d’appel peut ensuite former un pourvoi en cassation sur une question de droit.
‣ Si la Cour de cassation n’est pas d’accord avec l’arrêt de la Cour d’appel de Douai, elle casse cet arrêt et
renvoie l’affaire devant une autre Cour d’appel.
‣ Si cette seconde Cour d’appel statue dans le même sens que la première Cour d’appel, cela signi e que les
juridictions du fond partagent le même point de vue, différent de celui de la Cour de cassation.

On parle alors de jurisprudence bien établie, lorsque la solution de la Cour de cassation est constante depuis
plusieurs années.

Si le perdant a été défavorable devant la première et la seconde Cour d’appel, il peut former un nouveau pourvoi
en cassation. En raison de la divergence persistante entre les juges du fond et la Cour de cassation, le législateur
prévoit que l’affaire peut être portée devant l’Assemblée plénière de la Cour de cassation, composée de 19 juges :
trois juges de chacune des six chambres, plus le premier président de la Cour.
L’Assemblée plénière ré échit à la question pour décider si :

1. La Cour de cassation persiste dans sa solution, casse l’arrêt et renvoie l’affaire à une troisième Cour d’appel, qui
est tenue de suivre la décision de la Cour de cassation (principe : la juridiction supérieure ne peut cependant
pas dicter sa décision à la juridiction inférieure)
2. La Cour de cassation se laisse convaincre par le raisonnement des juges du fond, rejette le pourvoi, et l’affaire
est dé nitivement terminée dans l’ordre juridictionnel interne.
‣ Si un droit fondamental est en cause, le plaideur perdant peut saisir la Cour européenne des droits de
l’homme.
‣ Si c’est une question de droit de l’Union européenne, il peut saisir la Cour de justice de l’Union européenne
(CJUE).

En général, les revirements de jurisprudence surviennent souvent après un double pourvoi en cassation, provoqué
par les juges du fond, et sont consacrés par l’Assemblée plénière. Cette assemblée est également compétente pour
statuer sur des questions de principe, c’est-à-dire les affaires particulièrement importantes. Des mécanismes
similaires existent devant les juridictions administratives.
7

fi
fl
fi
fi
fi
Partie I. Droit commun des juridictions

• Revirement de jurisprudence : Changement d’interprétation de la loi par le juge.

Le principe de motivation impose que chaque décision de justice ne se contente pas d’indiquer le résultat, mais
explique également les raisons justi ant cette solution. Ce principe est obligatoire à tous les niveaux et pour tous
les types de contentieux, a n que la Cour de cassation ou le Conseil d’État puissent véri er la légalité et la
pertinence de la décision.

III. Le droit d’agir en justice

Le droit d'agir en justice est un droit fondamental, mais seules les personnes intéressées peuvent agir.
‣ Il faut mettre à part l'action que déclenche le procureur de la république, contre une personne qu'il suspecte
avoir commis une infraction, ou contre le mariage d'un couple incestueux
‣ Le procureur de la république, n'est personnellement pas intéressé ; son rôle d'agir dans l'intérêt général.
En revanche, toutes les autres personnes doivent en principe, pour pouvoir agir en justice, avoir un intérêt
personnel à l’action.

A. Les mesures destinées à favoriser l’exercice effectif de l’action en justice

Le but est de rendre la justice plus accessible.

1. Le point de vue matériel

La justice doit être accessible dans le temps. Elle doit être permanente et continue.
Ainsi :
‣ Par un décret du 27/02/1974, les vacances judiciaires ont été supprimées.
‣ Les magistrats de l’ordre judiciaire n’ont pas le droit de grève.
‣ Il a été institué des procédures d’urgence.

Par ailleurs, des tribunaux ont été implantés partout sur le territoire, a n que la justice soit accessible dans l’espace.
L’idéal est de rapprocher le juge du justiciable.

2. La réduction des obstacles intellectuels

A n de rendre la justice intelligible, on a supprimé les tournures archaïques, pour que le langage soit plus
explicite. Néanmoins, le langage judiciaire est nécessairement précis et technique.

B. Les mesures destinées à éviter l’exercice abusif de l’action

La justice est un service public. Un plaideur ne peut ainsi, par pur esprit de chicane, la con squer à son pro t.
Ainsi, les pouvoirs publics utilisent la dissuasion nancière :
‣ Les bureaux d’aide juridictionnelle peuvent refuser d’accorder cette dernière à un requérant qui la demande
pour introduire une action manifestement infondée.
‣ Il existe des condamnations pécuniaires à l’encontre du perdant (dépens, dommages et intérêts, amandes
du Trésor public).

8

fi
fi
fi
fi
fi
fi
fi
fi
Partie I. Droit commun des juridictions

IV. Le droit à un procès contradictoire

- L’article 14 du Code de Procédure Civile dispose que nul ne peut être jugé sans avoir été entendu ou appelé
(audi alternam partem).
- Principe de la contradiction des débats : Nul ne peut être jugé sans avoir connaissance de ce qu’on lui
reproche ou de ce que l’on demande contre lui.
‣ S’impose à toute partie du procès et devant toutes les juridictions.

Le principe du contradictoire trouve toujours un prolongement dans le principe général de procédure, selon lequel
les décisions de justice doivent être motivés. En effet, la motivation du jugement permet aux parties de véri er
qu'elles ont été entendu par le tribunal, que le tribunal a bien pris en considération leur thèse.

Le demandeur doit, lors de l’introduction de l’instance :


- Révéler son identité à son adversaire, ainsi que l’objet du procès et les raisons pour lesquelles il lui est intenté.
- Indiquer à l’adversaire de quelle manière il doit comparaitre devant la juridiction saisie, qui peut l’assister ou le
représenter, et ce qu’il risque en faisant défaut.

Par ailleurs, durant l’instance, les parties doivent se faire connaître mutuellement en temps utile, les moyens et
faits de droits qu’elles invoquent, et les éléments de preuves qu’elles produisent.
Le justiciable moyen préfèrerait surprendre l’adversaire au dernier moment. Ainsi, le juge doit veiller au respect du
principe de ce principe, notamment devant les juridictions d’exceptions, où les plaideurs peuvent se défendre eux-
mêmes.

‣ En matière civile et administrative, les parties doivent pouvoir y assister pour éventuellement pouvoir les
critiquer.
‣ En matière pénale, la phase d'instruction du procès n'est pas vraiment contradictoire : on ne va pas tenir la
personne mise en examen au courant, en temps réel, de tout ce que l'on a contre elle. La contradiction se
fera au moment du jugement.

La contradiction dure jusqu'à ce que l’affaire soit en état d'être jugée. Le juge déclara alors les débat clos et la faire
mise en délibéré.

Néanmoins, cela ne se passe pas toujours ainsi


L'une des parties peut s'absenter du procès sans se faire représenter. Ce défaut de comparution, qui peut être
volontaire, ne doit pas empêcher la justice d'être rendue. Le juge va leur statuer au vu des éléments fournis par le
demandeur. Le principe du contradictoire a été respecté.
Mais il arrive que la noti cation ne lui soit pas parvenu, et que le défaut de comparution était involontaire. Dans ce
cas, le défendeur condamné pour son absence, pourra se défendre lors d'un examen de l'affaire en voie de recours.

Le juge doit faire observer le principe de contradiction. Ainsi, il est de son devoir de véri er que l’acte introductif
d’instance :
‣ A été délivré à temps : le défenseur doit avoir béné cié d’un temps suf sant pour organiser sa défense.
‣ A touché ou non le défenseur en personne, particulièrement s’il ne comparaît pas. Autrement, le jugement
sera « réputé contradictoire », ou « rendu par défaut ».

9

fi
fi
fi
fi
fi
Partie I. Droit commun des juridictions

Le juge doit également observer lui-même le principe de contradiction, c’est à dire qu’il ne peut ni faire usage de
connaissances ou d’investigations personnelles, ni faire asseoir sa décision au civil sur des moyens de pur droit
sans avoir au préalable suscité les observations des parties sur ces moyens.

V. Le droit d’être assisté ou représenté

Il est en rapport avec le droit fondamental à l'effectivité de l'action en justice. Les justiciables, sujets de droit,
ignorent souvent leurs droits. Lorsqu'il les connaissent à peu près, ils ignorent souvent comment les faire-valoir
justice. De plus, un plaideur ne doit pas souffrir de son inexpérience ou de sa timidité. Ainsi, le droit d'agir en
justice ne serait pas effective s'il ne pouvait pas avoir recours à un juriste.

L’assistance signi e qu’un avocat est là pour conseiller et soutenir la partie, tandis que la représentation signi e
qu’il agit et parle juridiquement à sa place.

A. L’assistance

L’assistance est toujours possible, car elle est la garantie d’une bonne justice. L’assistance est généralement le fait
de l’avocat, mais elle peut, devant certaines juridictions, être apportée par des proches du plaideur.
Dans certains cas, l’assistance par un avocat est obligatoire.

Néanmoins, l'avocat est libre d'accepter ou non le dossier d'un justiciable qui le sollicite.
Le justiciable ne trouve pas un avocat, il peut s'adresser au bâtonnier, qui est le chef de l'ordre des avocats, et qui
lui désignera un avocat commis d'of ce. Attention néanmoins, cela ne signi e pas que l'avocat est gratuit.

B. La représentation

À la différence de l’assistance, elle n’est pas toujours possible :


‣ En matière pénale, le juge a besoin d’interroger la personne poursuivie
‣ En matière civile, la tentative de conciliation ne peut être menée sans les intéressés

La représentation est néanmoins parfois obligatoire. C’est le principe devant le TJ, la Cour d’Appel, et la Cour de
Cassation.
Avec la réforme de 2019, la représentation obligatoire par un avocat gagne du terrain.

VI. La prise en charge des frais liés au procès

La justice coûte à l’État. La théorie du service public n’interdit pas de répercuter ce coût sur les usagers. Néanmoins,
le principe d’égalité devant la justice se satisfait mal d’une justice qui coûterait aux usagers.

Ainsi, si le plaideur intéressé devait assumer ses frais, sans aménagement, deux droits fondamentaux processuel
peuvent être cités :

- Être compromis : L’égalité des armes des plaideurs qui s’opposent (les deux plaideurs n’ont généralement pas
les mêmes moyens nanciers), et l’effectivité du droit d’agir en justice.
- Être insurmontable : Pour certains justiciables pauvres
10

fi
fi
fi
fi
fi
Partie I. Droit commun des juridictions

Néanmoins, certains justiciables, aisés, hésitent à engager des frais pour une petite affaire : il se demande si c'est
vraiment rentable, ils sont à leur dissuadés.

A. Remède au caractère dissuasif des frais liés au procès

En matière civile et administrative, le législateur veut encourager les justiciables qui pensent être en droit d’agir : Il
fait peser en dé nitive sur le perdant une bonne partie des frais de justice engagés par les deux parties.
Tous les frais ne sont pas traités de la même manière : certains frais sont répercutés automatiquement sur le
perdant.

La partie perdante est, en général, condamnée aux entiers « dépens » (le perdant doit supporter tous les frais
engagés pour le commissaire de justice, tous les frais d’une expertise judiciaire… exposés par la partie adverse).

Pour d’autres frais, le juge joue un rôle de modérateur (frais de déplacement, d’avocat…)

Le perdant sera condamné à supporter, seulement une somme modérée au titre des frais de déplacement, ou au
titre des frais d'avocat, pas forcément toutes les somme que le gagnant a pu dépenser. On appelle ces frais, les frais
irrépétibles en matière civile, ce sont les frais de l'article 700 du code de procédure civile.

Cette différence de traitement des divers faits s’explique par :


‣ Les frais exposés pour le commissaire de justice sont réglementés par les textes.
‣ Les frais de l’expertise judiciaire sont xés par le juge.
➡ Ils ne sont pas susceptibles d’abus par le plaideur.

Au contraire, les frais de déplacement dépendent en grande partie des choix du plaideur ; les frais d’avocats
dépendent d’une entente entre le plaideur et son avocat ; ils sont susceptibles d’exagération et d’abus.

C’est la ratio legis : je juge modère les frais susceptibles d’exagération et d’abus.

B. Remède à l’impossibilité pour le plaideur d’exposer les frais liés au procès

Aller en justice avec l’aide juridictionnelle ne signi e pas que l’on ne peut pas être condamné au dépens.

L’aide juridictionnelle s’applique à tous les frais liés au procès, y compris aux faits relatifs à l’exécution de la décision
de justice. Aussi bien le demandeur que le défendeur à une action en justice ont vocation à obtenir l'aide
juridictionnelle.
Son critère d’attribution principal est nancier. L’aide juridictionnelle peut être totale ou partielle, selon un barème
révisé annuellement. On ne prend pas seulement en compte les revenus de la personne qui va en justice, mais
tous les revenus du foyer scal.

Pour les victimes de crimes graves, la condition de faibles ressources ne joue pas.

11

fi
fi
fi
fi
fi
Partie I. Droit commun des juridictions

Une autre condition est que le demandeur n’a pas une assurance protection juridique qui est souvent contenue
dans l’assurance habitation multirisques. Si on compare la situation de l'avocat qui travaille dans le cadre de l'aide
juridictionnelle, et celui qui travaille dans le cadre d’une assurance de protection juridique.
Ce dernier est mieux loti : les barèmes selon lesquels les assureurs rémunèrent l’avocat, sont plus généreux que le
barème selon lequel l'État rétribue les avocats qui travaillent à l’aide juridictionnelle.
Un avocat qui travaille dans le cadre d'une assurance de protection juridique, peut, en plus, convenir avec le client
d’un honoraire complémentaire au barème de l’assureur. Celui qui travaille à l'aide juridictionnelle ne peut pas
demander au client un honoraire complémentaire si le client est à l’aide juridictionnelle totale. Mais les assurances
de protection juridique ne couvrent pas toute sorte de procès, ils ne couvrent habituellement pas.

12

Vous aimerez peut-être aussi