1.
Quels sont les principes gouvernant la procédure judiciaire au
Burkina Faso ?
La procédure judiciaire au Burkina Faso est régie principalement par la LOI
N° 022-1999/AN PORTANT CODE DE PROCEDURE CIVILE et la LOI N°
008-2025/ALT PORTANT ORGANISATION JUDICIAIRE AU BURKINA
FASO.
Elle repose sur plusieurs principes fondamentaux énoncés pour la plupart
au Titre 1 du Livre premier de la loi portant CODE DE PROCEDURE CIVILE,
et au chapitre 2 de la loi portant ORGANISATION JUDICIAIRE et destinés à
garantir à tous les justiciables un procès juste et équitable.
La liste n’est pas limitative mais parmi les plus importants nous pouvons
relever :
I. Le principe du libre accès à la justice : Enoncé aux articles 2
et 3 du code de procédure civile, il vise à garantir à tout citoyen
se sentant lésé dans ses droits de faire entendre sa cause par
une juridiction indépendante et impartiale. Il constitue la porte
d’entrée de tous les autres droits liés à la procédure judiciaire.
II. Le principe d’indépendance et d’impartialité (de la justice
et du juge) : Ce principe est évoqué à plusieurs reprises dans le
code de procédure civile et la loi portant organisation judiciaire.
L’article 341 du code de procédure civile vient renforcer ce
principe en permettant aux parties dans un procès de demander
la récusation du juge en cas de doutes sur l’impartialité de ce
dernier. Ce principe vise à faire en sorte que la justice soit rendue
sans favoritisme, pression ou préjugé.
III. Le principe du contradictoire : Elément essentiel des droits de
la défense, il signifie que toute partie à un procès doit être mise
en mesure de connaître, discuter et répondre aux arguments,
pièces et demandes de l’autre partie. Ce principe s’applique à
toutes les étapes de la procédure. Il est prévu à l’article 7 du
code de procédure civile.
IV. Le principe de la publicité des débats et des décisions de
justice : Qui affirme que les audiences sont en principe ouvertes
au public, et les décisions judiciaires prononcées publiquement,
sauf dans des cas spécifiques que la loi prévoit. Ce principe vise à
garantir la transparence de la justice, et à renforcer la confiance
des citoyens à la justice. Il est énoncé aux articles 9 de la loi
portant CODE DE PROCEDURE CIVILE et 6 de la loi portant
ORGANISATION JUDICIAIRE.
V. Le principe du double degré de juridiction : Il permet aux
justiciables n’ayant pas été satisfait de l’issue du procès de faire
juger l’affaire une seconde fois par une juridiction supérieure. Il
vise à garantir une meilleure sécurité juridique et corriger
d’éventuelles erreurs de droit ou de fait. Ce principe est évoqué
aux articles 523 et suivants du code de procédure civile.
VI. Le principe du respect dû à la justice ou obligation de
réserve : Il impose aux parties de garder en tout temps une
attitude respectueuse envers la justice. Le juge peut sanctionner
les manquements, notamment en ordonnant la suppression
d’écrits calomnieux ou la publication du jugement. Il est prévu à
l’article 10 du code de procédure civile.
VII. Les principes généraux du service public appliqué à la
justice :
A. La continuité du service public de la justice
B. L’Egalite devant le service public de la justice
C. La gratuite du service public de la justice
En somme, l’ensemble de ces principes gouvernant la procédure judiciaire
burkinabè, vise à concilier efficacité de la justice et respect des droits
fondamentaux des justiciables.
2. Quelles sont les juridictions existantes au Burkina Faso et quelles
sont leurs domaines de compétence ?
Les juridictions burkinabè sont reparties de prime abord selon deux grands
ordres juridictionnels distincts : l’ordre judiciaire et l’ordre administratif.
C’est la constitution du Burkina Faso du 2 juin 1991 en son article
124 qui consacre ce dualisme juridictionnel.
I. L’ORDRE JUDICIAIRE
Les juridictions de l’ordre judiciaire sont régies par LOI N° 008-2025/ALT
PORTANT ORGANISATION JUDICIAIRE AU BURKINA FASO. Ce sont :
A. La Cour de cassation : C’est la juridiction suprême de cet ordre.
Selon l’article 15 de la LOI N°18-2016/AN PORTANT COMPOSITION,
ORGANISATION, ATTRIBUTIONS, FONCTIONNEMENT DE LA COUR
DE CASSATION ET PROCEDURE APPLICABLE DEVANT ELLE, elle a
compétence pour connaître des pourvois en cassation. C’est-à-
dire qu’elle juge les recours contre les décisions rendues en
dernier ressort par les juridictions judiciaires.
« Elle connaît en outre :
- des demandes en révision en matière pénale ;
- des règlements de juges ;
- des récusations ;
- des contrariétés d’arrêts ou de jugements en dernier ressort,
entre les mêmes parties sur les mêmes moyens, entre différentes
juridictions ; - de toutes procédures pour lesquelles la loi lui
attribue compétence.
La Cour de cassation ne connait pas du fond des affaires, sauf
dispositions législatives contraires. »
B. La cour d’appel : C’est la juridiction d’appel des décisions
rendues en premier ressort. Selon l’article 19 de la nouvelle loi
portant organisation judiciaire La cour d'appel examine les appels
contre les décisions des tribunaux de grande instance en matière
civile pénale correctionnelle et de police, des tribunaux de
commerce pour les litiges commerciaux, et des tribunaux de
travail pour les conflits sociaux, tout en statuant également sur
les recours contre les décisions du juge de l'application des
peines.
Elle peut fonctionner en formation collégiale ou à juge unique
selon les cas.
C. LE TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE : C’est une juridiction de
droit commun de premier degré, instituée dans le ressort de
chaque cour d'appel (Art. 34). Sa compétence est à la fois
générale, d'attribution et d'appel.
Selon l’article 35 de la loi sus-citée, il a compétence générale
pour toutes les affaires pour lesquelles la loi n'attribue pas
expressément la compétence à une autre juridiction. Cela fait de
lui le juge de droit commun. Il connaît également des appels
rendus par les tribunaux départementaux ou d’arrondissement en
matière civile.
L’article 36 dispose que le TGI a compétence exclusive, dans les
matières déterminées par la loi, notamment :
· L'état des personnes : mariage, divorce, séparation de corps,
filiation, adoption, absence, disparition, nationalité.
· La rectification des actes de l'état civil.
· Les régimes matrimoniaux et les successions.
· Les réclamations civiles dont le montant est supérieur à 300 000
FCFA.
· Les actions immobilières.
· Les procédures en matière de propriété intellectuelle.
· Les litiges concernant les honoraires des officiers ministériels.
Il a également compétence pour recevoir tous les serments qui
doivent être prêtés en justice, sauf si la loi en dispose autrement.
(Art. 37).
Sous réserve de dispositions spéciales, il connaît de toutes les
infractions à la loi pénale (crimes, délits, contraventions). (Art.
38)
D. Le tribunal de commerce : C’est une juridiction spécialisée de
premier degré, instituée dans le ressort de chaque Tribunal de
Grande Instance (Art. 66). Sa compétence est définie par l'article
67, qui énumère les litiges relevant de son autorité.
Selon ledit article, le Tribunal de Commerce est compétent pour
connaître :
Des contestations relatives aux engagements et
transactions intervenus entre :
· Commerçants,
· Etablissements de crédit,
· Commerçants et établissements de crédit, à condition que le
montant du litige soit supérieur à 300 000 FCFA.
Des litiges relatifs aux sociétés commerciales : Toutes les
contestations concernant la constitution, le
fonctionnement, la dissolution ou la liquidation des
sociétés commerciales (SARL, SA, etc.).
Des contestations relatives aux actes et effets de
commerce (lettres de change, warrants, etc.) entre toutes
personnes, telles que prévus par l'Acte uniforme de
l'OHADA relatif au droit commercial général.
Des procédures collectives d'apurement du passif.
Des litiges entre associés : Des contestations nées entre
les associés d'une société commerciale ou d'un GIE.
Des procédures incidentes en matière d'arbitrage prévues
par la loi (ex : nomination d'arbitre, difficultés d'exécution
de la convention d'arbitrage).
De l'appel : Il connaît en appel des décisions rendues par
les tribunaux départementaux ou d'arrondissement en
matière commerciale.
E. LE TRIBUNAL DE TRAVAIL : est une juridiction spécialisée de
premier degré, instituée dans le ressort de chaque Tribunal de
Grande Instance (Art. 75). Sa compétence est principalement
définie par l'article 76, qui énumère les litiges relevant de son
autorité en matière de droit social et du travail.
Selon l'article 76, le Tribunal de Travail est compétent pour
connaître :
Des différends individuels du travail : C'est son domaine de
compétence par excellence . Il juge les litiges pouvant
survenir entre :
· Les travailleurs et leurs employeurs,
· Les stagiaires et leurs employeurs,
· Les apprentis et leurs maîtres,
· à l'occasion de l'exécution ou de la rupture de leurs contrats de
travail (licenciement, démission, rupture conventionnelle, etc.).
De la sécurité sociale : Des litiges nés de l'application du
régime de sécurité sociale (ex : contestation du montant
des prestations, affiliation, cotisations).
Des conventions collectives : Des différends individuels
relatifs à l'application des conventions collectives de travail
et des textes qui en tiennent lieu.
Des litiges entre travailleurs : Des différends nés entre
travailleurs à l'occasion du travail, ainsi que des actions
directes des travailleurs contre l'entrepreneur principal
prévues par la loi.
Des litiges avec les institutions de prévoyance : Des
différends entre les institutions de prévoyance sociale et
leurs assurés.
Des actions récursoires : Des actions récursoires des
entrepreneurs principaux contre leurs sous-traitants dans
le cadre de dettes liées aux salaires.
Champ d'application personnel (Art. 78 & 79) :
· Il est compétent pour les personnels des services publics
lorsqu'ils sont employés dans les conditions du droit privé.
· Il demeure compétent même si une collectivité territoriale ou un
établissement public est mis en cause dans un conflit de travail.
F. Le tribunal départemental ou d’arrondissement : Le
tribunal départemental une juridiction de proximité et de premier
degré. Il est institué au chef-lieu de chaque département, et son
ressort territorial correspond aux limites de ce département. Dans
les communes à statut particulier, il est remplacé par un Tribunal
d’Arrondissement par arrondissement (Art. 90).
L’article 91 de LOI PORTANT ORGANISATION JUDICIAIRE en
détermine le domaine de compétence en ces termes : « Le
tribunal départemental ou d’arrondissement est compétent pour
connaître :
- De toutes les situations non contentieuses relevant de l’état
des personnes : jugements déclaratif d’état ou supplétif
d’actes de naissance, de mariage, de décès, de certificat
d’hérédité et d’individualité ;
- Des litiges en matière civile et commerciale dont le taux
évalué en argent est inférieur ou égal à trois cent mille
(300 000) francs CFA ;
- Des réclamations en argent par suite de dévastation de
champs, de récoltes sur pied ou engrangées, bris de clôture,
lorsque que le montant de la réclamation est inférieur ou égal
à trois cent mille (300 000) francs CFA.
Cependant, il existe également des tribunaux militaires (ou
tribunaux des forces armées) qui sont des juridictions d’exception
de premier degré qui s’intègrent dans l’ordre judiciaire général,
mais avec des compétences spécialisées et une organisation
particulière.
Les tribunaux militaires sont compétents pour juger :
Les infractions purement militaires (ex. : désertion, insubordination,
abandon de poste).
Les infractions de droit commun commises par des militaires dans
l’exercice de leurs fonctions ou en lien avec le service.
Les crimes et délits contre la sûreté de l’État impliquant des
militaires (ex. : trahison, espionnage).
Les infractions commises en période de conflit armé ou en état
d’urgence.
Leurs décisions sont susceptibles d’appel devant la cour d’appel.
II. L’ORDRE ADMINISTRATIF
Tout comme l’ordre Judiciaire, il comprend 2 degré de juridiction et une
juridiction suprême.
A. Le Conseil d’État : C’est la juridiction suprême de l’ordre
administratif au Burkina Faso. Il a compétence pour :
- Connaître des recours en annulation pour excès de pouvoir
contre les actes administratifs (décrets, règlements, etc.).
- Connaitre des pourvois en cassation des décisions rendues en
dernier ressort par les juridictions administratives.
- Connaître du contentieux électoral local (recours, proclamation
des résultats).
- Donner des avis consultatifs sur les projets de lois, décrets ou
difficultés administratives.
B. La Cour administrative d’appel : C’est la juridiction intermédiaire de
l’ordre administratif au Burkina Faso. Elle a compétence pour :
- Connaître des appels formés contre les décisions rendues par
les Tribunaux administratifs.
- Réexaminer les litiges administratifs jugés en premier ressort
par les Tribunaux administratifs.
- Préparer le terrain avant un éventuel pourvoi en cassation
devant le Conseil d’État.
C. Le Tribunal administratif : C’est la juridiction de premier degré de
l’ordre administratif au Burkina Faso. Il a compétence pour :
- Connaître en premier ressort du contentieux administratif
(fonction publique, contrats administratifs, domaines fonciers,
etc.).
- Statuer sur les litiges relatifs à l’interprétation et à la légalité
des actes administratifs relevant de son ressort territorial.
- Juger comme juridiction de droit commun en matière
administrative, sauf dispositions contraires prévues par la loi.
3. Quelle est la règle de principe gouvernant la compétence
territoriale des juridictions burkinabè et quelles sont les
assouplissements et exceptions à cette règle de principe ?
La règle de principe gouvernant la compétence territoriale des juridictions
burkinabè est la règle du « Forum Rei », plus complètement « Actor
sequitur forum rei », qui signifie que le demandeur suit le tribunal du
défendeur.
Ce principe est consacré par l’article 43 du Code de procédure civile
du Burkina Faso, qui dispose que, sauf disposition contraire de la loi, le
tribunal compétent est celui du domicile du défendeur. Cette règle vise
à garantir l’équité procédurale en permettant au défendeur de se défendre
dans son ressort habituel.
Cependant, le Code prévoit plusieurs exceptions ou assouplissements à
cette règle de principe, en fonction de la nature du litige :
Article 44 :
o En matière réelle immobilière, le tribunal compétent est
celui du lieu de situation de l’immeuble.
o En matière de succession, la juridiction compétente est celle
du ressort où la succession est ouverte.
Article 45 : Le demandeur peut saisir, à son choix :
o En matière contractuelle : le tribunal du lieu de formation du
contrat ou d’exécution de l’obligation.
o En matière délictuelle : le tribunal du lieu du fait
dommageable.
o En matière mixte : le tribunal du lieu de situation de
l’immeuble.
o En matière d’aliments ou de contribution aux charges du
mariage : le tribunal du domicile du créancier.
Article 46 : En matière commerciale, le demandeur peut saisir :
o Le tribunal du domicile du défendeur,
o Celui du lieu de la promesse ou de la livraison,
o Celui du lieu d’exécution du paiement.
Article 47 : En matière de procédure collective de règlement
du passif, le tribunal compétent est celui du domicile du
débiteur.
Articles 48 et 49 : Lorsque le défendeur est magistrat ou
auxiliaire de justice, le demandeur peut saisir une juridiction
située dans un ressort limitrophe.
Article 50 : Les demandes pour frais d’avocats ou d’huissiers
sont portées devant le tribunal où les frais ont été engagés.
4. Qui peut ester en justice ?
Ester en justice désigne le fait, pour un individu, de mettre en œuvre son
droit d’action en justice, c’est-à-dire de saisir une juridiction afin de faire
valoir ses droits ou de défendre ses intérêts.
La LOI N° 022/99/AN du 18 mai 1999, portant Code de procédure
civile, consacre ce principe dans ses articles 2 et 3, en affirmant que
toute personne a le droit de saisir une juridiction pour faire entendre sa
cause. Ce droit fondamental est garanti par la Constitution, les
conventions internationales, ainsi que les lois et règlements en vigueur.
Plus loin, les articles 11 à 14 du même code énoncent les conditions
générales à respecter pour pouvoir ester en justice :
L’article 11 définit l’action comme le droit, pour l’auteur d’une
prétention, d’être entendu sur le fond de celle-ci, et pour
l’adversaire, le droit de contester cette prétention.
L’article 12 précise que l’action est ouverte à toute personne ayant
un intérêt légitime, sauf dans les cas où la loi réserve ce droit à
des personnes qualifiées.
L’article 13 rend irrecevable toute prétention formulée par ou
contre une personne dépourvue du droit d’agir, notamment en
cas d’incapacité juridique.
L’article 14 rappelle que l’action est soumise aux délais de
prescription prévus par le Code civil ou par des lois spécifiques
selon les matières.
En résumé, selon le Code de procédure civile du Burkina Faso, toute
personne peut ester en justice à condition :
d’avoir un intérêt légitime,
de disposer de la capacité juridique,
et de respecter les délais de prescription fixés par la loi.
5. Quelles sont les types de demandes que peut soumettre le
demandeur au Juge ?
Le demandeur peut soumettre au juge plusieurs types de demandes,
chacune ayant une fonction précise dans le déroulement du procès. Le
Code de procédure civile, dans son Titre V, distingue principalement la
demande principale, les demandes incidentes, et les interventions.
Le demandeur peut ainsi soumettre au juge une demande principale
pour initier le procès, une demande additionnelle qui est un type de
demande incidente pour compléter ou modifier ses prétentions
antérieures, et des interventions (forcées dans son cas) pour faire entrer
un tiers dans le litige. Ces demandes doivent respecter les conditions de
recevabilité, de compétence et de lien suffisant avec les prétentions
originaires.
6. Quels sont les moyens de défense dont dispose le défendeur ?
Les moyens de défense dont dispose le défendeur sont les arguments
juridiques lui permettant de contester la demande formulée contre lui. Le
Code de procédure civile du Burkina Faso, dans son Titre VI,
distingue trois grandes catégories de moyens de défense : les défenses
au fond, les exceptions de procédure, et les fins de non-recevoir.
I. Les défenses au fond
Selon l’article 120, il s’agit de tout moyen qui tend à faire rejeter la
prétention de l’adversaire comme non fondée. Elles peuvent être
soulevées en tout état de cause, c’est-à-dire à n’importe quel moment
de la procédure.
II. Les exceptions de procédure
Définies à l’article 121, elles visent à faire déclarer la procédure
irrégulière ou à en suspendre le cours. Elles doivent être soulevées
avant toute défense au fond, sous peine d’irrecevabilité (article 122).
Les principales exceptions sont :
Exception de caution
Exception d’incompétence
Exception de litispendance ou de connexité
Exception dilatoire
Exception de nullité
III. Les fins de non-recevoir
Selon l’article 145, elles tendent à faire déclarer la demande
irrecevable sans examen au fond, pour défaut du droit d’agir. Elles
peuvent être soulevées en tout état de cause (article 146) et doivent
être relevées d’office lorsqu’elles sont d’ordre public (article 148).
Exemples :
Défaut de qualité ou d’intérêt
Prescription ou expiration d’un délai préfix
Autorité de la chose jugée
En résumé
Le défendeur dispose de trois moyens principaux pour se défendre :
Les défenses au fond pour contester le bien-fondé de la demande,
Les exceptions de procédure pour contester la régularité ou
suspendre la procédure,
Les fins de non-recevoir pour faire déclarer la demande
irrecevable sans examen du fond.
7. Quels sont les mécanismes de résolution des différends ou litiges
mis à la disposition du justiciable au Burkina Faso et quels sont les
avantages et inconvénients de chaque mode de règlement de
différends ?
Au Burkina Faso, plusieurs mécanismes de résolution des différends sont
mis à la disposition du justiciable, allant des procédures juridictionnelles
classiques aux modes alternatifs de règlement des conflits. Ces
mécanismes sont encadrés par le Code de procédure civile, les actes
uniformes OHADA, ainsi que diverses lois nationales.
I. La voie juridictionnelle (recours aux tribunaux)
Le justiciable peut saisir les juridictions civiles, commerciales ou sociales
pour faire trancher son litige par un juge.
Avantages :
Décision ayant force exécutoire.
Procédure encadrée par la loi.
Possibilité d’appel et de recours.
Inconvénients :
Procédure souvent longue et coûteuse.
Formalisme rigide.
Relations entre parties souvent détériorées.
II. La conciliation
La conciliation est un processus par lequel le juge ou une autorité tente de
rapprocher les parties pour qu’elles trouvent un accord amiable. Elle peut
être ordonnée par le juge ou sollicitée par les parties.
Avantages :
Procédure simple, rapide et peu coûteuse.
Préserve les relations entre les parties.
Accord librement consenti.
Inconvénients :
Ne débouche pas toujours sur un accord.
Pas de force exécutoire automatique sans homologation judiciaire.
III. La médiation
La médiation est un mode de règlement amiable dans lequel un tiers
neutre (le médiateur) aide les parties à trouver une solution à leur
différend. Elle peut être judiciaire ou extrajudiciaire.
Avantages :
Confidentialité des échanges.
Autonomie des parties dans la solution.
Procédure souple et adaptée.
Inconvénients :
Nécessite la bonne foi des parties.
Coût du médiateur à la charge des parties.
Absence de décision contraignante sans homologation.
IV. L’arbitrage
L’arbitrage est un mode de règlement des litiges par lequel les parties
confient à un ou plusieurs arbitres soit par une clause compromissoire soit
par un compromis d’arbitrage le soin de trancher leur différend. Il est
encadré par l’Acte uniforme OHADA sur le droit de l’arbitrage.
Avantages :
Procédure rapide et confidentielle.
Choix des arbitres par les parties.
Sentence arbitrale ayant force exécutoire.
Inconvénients :
Coût élevé (honoraires des arbitres).
Recours limité contre la sentence.
Moins accessible aux justiciables non avertis.
V. La transaction
La transaction est un contrat par lequel les parties mettent fin à un litige
ou en préviennent un, par des concessions réciproques.
Avantages :
Solution définitive et consensuelle.
Évite le procès.
Peut être homologuée pour exécution forcée.
Inconvénients :
Nécessite des concessions parfois difficiles à accepter.
Risque de déséquilibre si une partie est mal informée.
En résumé
Le justiciable au Burkina Faso dispose de plusieurs mécanismes pour
résoudre ses litiges :
La voie judiciaire pour une décision contraignante,
La conciliation et la médiation pour des solutions amiables,
L’arbitrage pour une justice privée rapide,
La transaction pour un accord contractuel.
Chaque mode présente des avantages en termes de rapidité, coût et
souplesse, mais aussi des limites liées à l’exécution, à l’accessibilité ou à
l’équilibre des rapports entre les parties.
8. Quelles sont les voies de recours juridictionnelles et arbitrales en
droit ouvertes contre les décisions burkinabè et les délais qui les
affectent ?
9. Quelle est la différence entre une juridiction de fond et une
juridiction de cassation ?
10. Quelle est la différence entre la juridiction du Président et celle
tribunal ou de la cour dont il relève ?
11. Quelles sont les attributions de la juridiction du Président en
matière civile, commerciale et sociale, en ce qui concerne les
juridictions de première instance et celles d’appel ?
12. Qu’est-ce qui distingue la procédure de référé d’une procédure
en la forme des référés ?
13. Qu’est-ce qu’une assignation ? qu’est-ce qu’une requête ?
qu’est-ce qui les distingue ?
14. Que recouvrent les notions de mémoire et de conclusions ?
15. Que recouvrent les notions d’ordonnance, de jugement, d’arrêt,
de sentence ? qu’est-ce qui les distingue ?