0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
64 vues228 pages

Guide pratique pour la gestion de l'eau

Ce guide, élaboré pour les acteurs du service public de l'eau en RDC, vise à fournir des orientations pratiques et stratégiques pour améliorer la gestion de l'eau. Il s'adresse aux gouvernements provinciaux et aux entités territoriales décentralisées, et a été validé lors d'un atelier à Kinshasa en juillet 2023. Le document couvre divers aspects, y compris le cadre légal, la planification, la mobilisation des ressources et la gouvernance du service public de l'eau.

Transféré par

kilibwa
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
64 vues228 pages

Guide pratique pour la gestion de l'eau

Ce guide, élaboré pour les acteurs du service public de l'eau en RDC, vise à fournir des orientations pratiques et stratégiques pour améliorer la gestion de l'eau. Il s'adresse aux gouvernements provinciaux et aux entités territoriales décentralisées, et a été validé lors d'un atelier à Kinshasa en juillet 2023. Le document couvre divers aspects, y compris le cadre légal, la planification, la mobilisation des ressources et la gouvernance du service public de l'eau.

Transféré par

kilibwa
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Préambule

Le présent guide a été développé à la demande des acteurs en charge du


service public de l’eau dans les six provinces d’intervention du projet RESE
phase II, par le cabinet AMBERO.

Il a pour objectif de fournir des orientations pratiques et stratégiques


aux maîtres d’ouvrages locaux du service public de l’eau que sont les
gouvernements provinciaux et les exécutifs des entités territoriales
décentralisées notamment les villes, les communes, les secteurs et les
chefferies.

Il servira comme outil aux différents acteurs dans l’exercice de la maitrise


d’ouvrage du service public de l’eau et permettra à terme d’améliorer
durablement la fourniture du service public d’eau aux populations.

Ce guide fait partie des différents outils élaborés par le Ministère des
Ressources Hydrauliques et Electricité, avec l’appui du projet RESE II pour
renforcer l’efficacité du service public d’eau en RDC.

Ce document a été finalisé et validé au cours de l’atelier qui s’est tenu du 10


au 12 juillet 2023 à Kinshasa à l’hôtel Pullman avec les principaux acteurs que
sont les représentants du secrétariat général à l’électricité et aux ressources
hydrauliques, les ministres provinciaux en charge du service public de l’eau, les
membres des régies provinciales du service public de l’eau des huit provinces
d’intervention du projet RESE et les experts et conseillers techniques du
projet RESE II.

3
Table des matières

Liste des sigles et abréviations ..........................................................................................11

CHAPITRE 1 : CONTEXTE ET CADRE LEGAL .......................................................13


1.1. Contexte et justification ...........................................................................................14
1.2. La Définition et historique de la maitrise d’ouvrage .......................................................15
1.3. Le cadre légal de la maitrise d’ouvrage ...................................................................16
1.4. Les compétences de l’Entité territoriale décentralisée ...........................................17
1.5. Les principes de la maitrise d’Ouvrage ..................................................................18
1.6. L’exercice de la maitrise d’ouvrage ..............................................................................19
1.7. Les cinq dimensions essentielles de l’exercice de la maitrise d’ouvrage ....................21

CHAPITRE 2 : LA STRUCTURATION ET L’ORGANISATION INSTITUTIONNELLE ........23


2.1. Les missions du Maître d’ouvrage ...............................................................................25
2.2. L’organisation du Maître d’ouvrage ...............................................................................26
2.2.1. Le Pool administratif et financier ..............................................................................26
2.2.2. Le pool technique ......................................................................................................27
2.2.3. Le pool juridique ......................................................................................................28
2.3. Les ressources humaines ...........................................................................................29
2.3.1. Compétences à mobiliser ..........................................................................................29
2.3.2. Le renforcement des capacités ...............................................................................30
2.4. Le patrimoine ..................................................................................................................31
2.4.1. Définition du patrimoine .........................................................................................31
2.4.2. Connaissance du patrimoine .............................................................................32
2.4.3. Gestion du patrimoine ..........................................................................................33

CHAPITRE 3 : LA FONCTION PLANIFICATION DE LA MAITRISE D’OUVRAGE .......35


3.1. Les bases de la planification stratégique ...................................................................37
3.2. Politique sectoriel et engagements (international, national et local) ...............................38
3.3. Les normes et critères de planification ..................................................................40
3.4. Planification stratégique ..........................................................................................41

5
3.4.1. Principes devant régir le processus d’élaboration ..........................................41
3.4.2. Processus d’élaboration d’une stratégie sectorielle AEP ...............................41
[Link]. Phase préparatoire .........................................................................................42
[Link]. Phase de diagnostic stratégique ..................................................................46
[Link]. Phase de formulation de la stratégie Provinciale de développement ........56
[Link]. Phase de validation de la stratégie et du plan d’action ...............................60
[Link]. Phase de mise en œuvre de la stratégie et du plan d’action ...............................61

CHAPITRE 4 : LA MOBILISATION DES RESSOURCES FINANCIERES ...............................63


4.1. Le cadre légal de la mobilisation des ressources financières ...............................65
4.2. Auprès de qui mobiliser les ressources financières ....................................................65
4.2.1. Ressources financières endogènes ...............................................................67
4.2.2. Le budget de la province .........................................................................................67
4.3. Le développement des partenariats .............................................................................68
4.3.1. Définition et processus partenariat ................................................................69
[Link]. Définition de quelques notions associées aux partenariats .............................69
[Link]. Le processus du partenariat ...........................................................................70
4.3.2. La typologie des partenaires potentiels .................................................................81
[Link]. Le Partenariat Public Privé .............................................................................81
[Link]. Les formes de partenariat en fonction du nombre, secteurs,
nature et structures .........................................................................................81
[Link]. La coopération décentralisée .............................................................................81
4.4. La stratégie de mobilisation des ressources ..................................................................82
4.4.1. Que contient une stratégie de mobilisation des ressources ..............................82
4.4.2. Les outils de marketing et de communication du plan de mobilisation
des ressources ....................................................................................................86
[Link]. La formulation des projets ...........................................................................86
4.4.2. Les supports de communication dans une stratégie de mobilisation
des ressources ....................................................................................................86
[Link]. Les dépliants .....................................................................................................86
[Link]. Les fiches de projets .......................................................................................86
[Link]. Les sites web et les liens ............................................................................86
[Link]. Les tables rondes ........................................................................................87
[Link]. Le porte à porte ........................................................................................87
[Link]. Le plaidoyer ....................................................................................................87

6
4.5. Piloter la mobilisation des ressources .............................................................................89
4.5.1. Le comité de pilotage .........................................................................................89
4.5.2. Rôles, missions et fonctionnement possibles du comité de pilotage ..................89

CHAPITRE 5 : LE DEVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES ...............................91


5.1. Les préparatifs de la réalisation des infrastructures ......................................................93
5.1.1. Le recrutement des prestataires ............................................................................94
5.1.2. Les études de faisabilité et d’APS ..................................................................95
5.1.3. Les études APD et les DAO .............................................................................97
5.1.4. La contractualisation et la gestion des contrats .......................................................99
5.2. La construction ...........................................................................................................101
5.2.1. Les ordres de service .......................................................................................102
5.2.2. Le suivi des chantiers (réunion de chantier, ouvrage, calendrier, budget) ......103
5.2.3. La réception des ouvrages ...........................................................................104
5.3. Les arrangements connexes ........................................................................................105
5.3.1. L’assistance à la maitrise d’ouvrage ...............................................................105
5.3.2. La maitrise d’œuvre ........................................................................................106
5.4. La prise en compte de l’approche nexus humanitaire –
développement dans le développement des services ...................................................107
5.4.1. Prise en compte de l’approche Nexus HDP ...................................................107
5.4.2. Préparation et coordination de l’action humanitaires ou des urgences ................108
5.4.3. Pérennisation des acquis de l’action humanitaires ou des urgences ..................109

CHAPITRE 6 : LA DELIVRANCE ET LE SUIVI DES PERFORMANCES


DES SERVICES ......................................................................................111
6.1. Principes du service public .......................................................................................112
6.2. Les modes de gestion : les avantages et les contraintes .......................................113
6.3. Le rôle des acteurs dans la gestion du SPE ...............................................................115
6.4. Contractualisation de la DSP ........................................................................................121
6.4.1. Processus ...................................................................................................121
6.4.2. Les obligations au contrat de gestion ...............................................................122
[Link]. Les obligations du délégataire ............................................................................123
[Link]. Les obligations du maître d’ouvrage ................................................................124
6.5. Le financement du service public de l’eau et la tarification .........................................125
6.5.1. Les principes du financement ............................................................................125
6.5.2. Le tarif et la politique tarifaire ............................................................................127

7
CHAPITRE 7 : LA GOUVERNANCE DU SPE AU NIVEAU DE LA PROVINCE .................127
7.1. Le processus de la gouvernance du service public de l’eau potable .................128
7.2. Le monitoring ou suivi du SPE ...........................................................................131
7.2.1. Définition des indicateurs à suivre ................................................................131
7.2.2. La mesure de la durabilité du SPE ................................................................132
[Link]. La capacité d’autofinancement des services .........................................137
7.2.3. La collecte et le traitement des données .....................................................137
[Link]. La collecte des données ............................................................................137
[Link]. L’analyse des résultats et la formulation des mesures correctives .................137
7.3. La Reddition des comptes ........................................................................................139
7.3.1. Le rapport annuel de l’Etat de l’AEP au niveau de la province .............................139
7.4. La politique de dialogue sectoriel au niveau de la province ........................................141
7.4.1. La mutualisation des services et des contrats ....................................................141
7.5. Animer la redevabilité et la concertation provinciale .....................................................143
7.5.1. Concertation provinciale sur les performances et les actions correctives ......144
7.5.2. Revue annuelle des projets et programmes de la province .............................144
7.5.3. Redevabilité avec les usagers et clients/acteurs ...................................................147
7.5.4. Capitalisation et apprentissage sectoriel ...............................................................148
7.6. La gestion des cas d’urgence .......................................................................................149
7.6.1. Urgence en cas de pénurie de la ressource ...................................................149
7.6.2. Urgence en cas de contamination de la ressource .......................................150
7.6.3. Urgence en cas de défaillance du délégataire ...................................................151

8. ANNEXES ..............................................................................................................153
Annexe 1 : le contenu de l’APS ........................................................................................154
Annexe 2 : le contenu de l’APD ........................................................................................156
Annexe 3 : le modèle de l’ordre de service ................................................................158
Annexe 4 : le modèle d’ordre de suspension ................................................................160
Annexe 5 : le modèle d’ordre de reprise ...........................................................................161
Annexe 6 : le modèle de PV de réunion de chantier ....................................................162
Annexe 7 : le modèle du PV de réception provisoire .....................................................164
Annexe 8 : le modèle de PV de réception définitive .....................................................166
Annexe 9 : le modèle du contrat de concession ................................................................167
Annexe 10: le modèle du contrat d’affermage et le cahier des charges .............................177
Annexe 11: le modèle du contrat de gérance ...............................................................204

8
Annexe 12 : modèle du contrat de la régie intéressée ....................................................210
Annexe 13 : Modèle de lettre de notification ...............................................................217

LISTE DE TABLEAUX
Tableau 1: Les 5 dimensions fondamentales de la maitrise d’ouvrage provinciale .......21
Tableau 2: Missions de la régie provinciale du service public de l’eau ..............................25
Tableau 3: Niveau de services au niveau national (PNSPE, 2020) .............................40
Tableau 4: L’échelle JMP pour les services d’approvisionnement en eau de boisson .......40
Tableau 5: Exemple d’inventaire des acteurs dans le domaine AEP (non-exhaustif) .......66
Tableau 6: Identification des partenaires potentiels .....................................................71
Tableau 7: Outil d’analyse d’un partenaire potentiel en vue d’un partenariat ..................72
Tableau 8: Outil d’analyse FFOM ........................................................................................73
Tableau 9: Outil d’analyse des opportunités de partenariats .........................................74
Tableau 10: Plan d’évaluation .........................................................................................79
Tableau 11: Analyse SEPO ..........................................................................................80
Tableau 12: Les étapes et rôles dans le pilotage du comité de mobilisation
des ressources financières au niveau de la province ......................................................89
Tableau 13: Avantages et inconvénients de la gestion déléguée .........................................114
Tableau 14: Les fonctions, les rôles et les responsabilités des acteurs du SPE ..................115
Tableau 15: Les obligations du délégataire selon le mode de gestion .............................123
Tableau 16: Obligations du maître d’ouvrage selon le mode de gestions .............................124
Tableau 17: Les paramètres à prendre en compte dans le cadre
de la bonne gouvernance ...................................................................................................130
Tableau 18: Les indicateurs pertinents de monitoring des services AEP ............................133
Tableau 19: Outil De synthèse des indicateurs ...............................................................138
Tableau 20: Outil d’analyse des indicateurs ................................................................138
Tableau 21: canevas du rapport annuel sur l’état de l’AEP .........................................139
Tableau 22: Atouts et contraintes de la mutualisation ....................................................142
Tableau 23: Fiche de collecte des données des partenaires ........................................145
Tableau 24: Analyse des financements par composante ....................................................146

9
LISTE DE FIGURES
Figure 1: L’exercice de la maitrise d’ouvrage .................................................................19
Figure 2: Schéma du processus d’élaboration d’une stratégie provinciale AEP ..................42
Figure 3: Les échelles des différents acteurs du financement de l’AEP ..............................66
Figure 4: Les trois principes pour développer le partenariat ...........................................68
Figure 5: Processus du partenariat gagnant/gagnant ......................................................70
Figure 6: La pyramide de la communication
(JG. Péraud-Hexalto, Leadership et communication) ..........................................75
Figure 7: Processus de la mise en concurrence de la délégation de gestion .................122
Figure 8: Principe de financement du service public de l’eau ........................................125
Figure 9: Répartition de la redevance ..........................................................................128
Figure 10: Le processus de la gouvernance du SPE .....................................................129

10
Liste des sigles et abréviations

AEPS Adduction d’Eau Potable Simplifiée


AEP Approvisionnement en Eau Potable
ANO Avis de Non-Objection
ARMP Autorité de Régulation des Marchés Publics
ARSPE Autorité de Régulation du Service Public de l’Eau
AUE Association d’Usagers de l’Eau
BE Bureau d’Etudes
CCAG Cahier des Clauses Administratives Générales
CCAP Cahier des Clauses Particulières
CEP Cellule d’Exécution des Projets Eau
CNAEHA Comité National d’Action pour l’Eau, l’Hygiène et l’Assainissement
DGCMP Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics
DP Demande de Proposition
DSP Délégation de Service Public
DSPEP Délégation de Service Public de l’Eau Potable
ETD Entité Territoriale Décentralisée
FC Franc Congolais
FRE Fonds de renouvellement et d’extension
IC Instructions aux Candidats
IGC Instructions Générales aux Candidats
IPC Instructions Particulières aux Candidats
JMP Joint Monitoring Program
OCE Office Congolais des Eaux
ONHR Office National de l’Hydraulique Rurale
PDP Plan de Développement Provinciale
PMO Part Maître d’ouvrage
PPP Partenariat Public Privé
PTF Partenaire Technique et Financier
QC Qualité Coût
RDC République Démocratique du Congo
RP Régie Provinciale
SPE Service Public de l’Eau

11
12
Chapitre I :
CONTEXTE ET
CADRE LÉGAL
1.1. Contexte et justification

La République Démocratique du Congo possède environ 52% des ressources hydrologiques


du continent africain, malgré ce fort potentiel le pays fait face aujourd’hui à d’énormes défis
pour assurer un accès durable des populations à l’eau potable.

Selon les statistiques du ministère des Ressources Hydrauliques et Electricité, l ‘accès à l’eau
potable en milieu urbain par province oscille entre 1% et 65% tandis qu’en milieu rural, ils sont
de l’ordre de 0,27% à 13,12%.

Le programme national Eau-Hygiène-Assainissement à l’échéance 2030 vise à contribuer à


l’amélioration des conditions de vie de la population congolaise par une gestion durable des
ressources en eau, un accès universel et équitable à l’eau, l’assainissement et les bonnes
pratiques d’hygiène.

Le cadre institutionnel du secteur de l’approvisionnement en eau potable est en pleine


adaptation pour mieux répondre aux exigences de la loi n°15/026 du 31 décembre 2015
relative à l’eau qui consacre le transfert des compétences de l’Etat vers la province et les ETD
en RDC dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la loi relative à l’eau, huit (8) régies provinciales du service
public de l’eau pilotes ont été créées dans les provinces ci-après :

• Lomami • Kwilu
• Kasaï-Oriental • Nord Kivu
• Kasaï • Sud Kivu
• Kasaï-Central • Sud-Ubangi
Les dispositions de la loi relative à l’eau n’autorisent pas les provinces à gérer en régie directe
le service public de l’eau potable, elles sont donc obligées de déléguer la gestion à des
opérateurs privés ou à des ASUREP.
La loi n°18/016 du 09 juillet 2018 relative au Partenariat-Public-Privé régit la délégation du
service public de l’eau potable, en quatre modes de gestion :
• L’affermage,
• La concession,
• Le partenariat
• Et la régie intéressée.

Le projet RESE II dans sa mission d’appui à la réforme du secteur de l’eau en général et de la


gouvernance décentralisée du secteur de l’eau en particulier s’emploie à doter progressivement
des outils nécessaires à l’exercice de la maitrise d’ouvrage.
A la suite de l’élaboration et de la validation du guide à la délégation de gestion, le présent
guide de la maitrise d’ouvrage a pour objectif d’outiller les six régies provinciales d’un cadre
pour accomplir les fonctions techniques de la maitrise d’ouvrage provinciale.

14
1.2. La Définition et historique de la maitrise d’ouvrage

A l’origine la notion de maitrise d’ouvrage


provient du domaine de la construction et a été
progressivement étendue à d’autre domaines
(eau potable et assainissement, partenariat
industriel, le système d’information etc…)
Dans tous ces domaines, le maître d’ouvrage
est la personne physique ou morale de droit
public ou privé pour qui la réalisation est faite.
Il en est le commanditaire, propriétaire et doit
donc supporter les coûts financiers de la
réalisation normalement destinée à satisfaire
un besoin de son activité principale.

Dans le domaine de l’approvisionnement en eau


potable, l’ouvrage peut désigner un captage
des eaux de surface, un forage, un puits, une
adduction d’eau potable, un barrage etc….

La province dans ce contexte a un rôle


essentiel à tenir au cours de la réalisation
et de la gestion, dans ses interactions avec
les différents intervenants (hydraulicien,
hydrogéologue et le maître d’œuvre).
Cependant, elle n’a pas nécessairement
toutes les compétences ni surtout le temps qui lui permettrait de tenir tous ces rôles lui-même.
La maîtrise d’ouvrage dans le cas précis de la RDC est transférée à la province qui au terme de
la loi organique n°08/016 du 07 octobre 2008 est l’entité porteuse du besoin, définissant son
objectif, son calendrier et le budget consacré à cette réalisation.

En somme les rôles essentiels de la province dans le cadre du développement, la réhabilitation et


l’extension des services publics sont les suivants :
♦ Le maître de l’ouvrage est celui qui exprime et formalise le besoin à satisfaire et les
caractéristiques du produit qui lui permettront de satisfaire à son emploi futur ;
♦ Sur le plan budgétaire, il est celui qui paie l’ouvrage à construire (par exemple une nouvelle
adduction d’eau potable). À ce titre, il est le juge final des arbitrages envisageables entre
coûts et performances ;
♦ Sur le plan calendaire, il est celui qui juge de l’opportunité du projet par rapport à son
calendrier propre, lance sa réalisation, et le clôt en prononçant la réception.

15
En outre, Il appartient à la maîtrise d’ouvrage 1 :
♦ De s’assurer de la faisabilité et de l’opportunité de l’opération envisagée ;
♦ D’en déterminer la localisation et d’en définir le programme : il définit dans le programme
les objectifs de l’opération et les besoins qu’elle doit satisfaire ainsi que les contraintes et
exigences relatives à la réalisation et à l’utilisation de l’ouvrage ;
♦ D’en arrêter l’enveloppe financière prévisionnelle et d’en assurer le financement.

Le maître de l’ouvrage peut confier les études nécessaires à l’élaboration du programme et à


la détermination de l’enveloppe financière prévisionnelle à une personne publique ou privée.
L’élaboration détaillée du programme et la détermination définitive de l’enveloppe financière
prévisionnelle peuvent se poursuivre pendant des études d’avant-projet.

1.3. Le cadre légal de la maitrise d’ouvrage

Le cadre juridique de la maîtrise d’ouvrage du service public de l’eau en République


démocratique du Congo (RDC) repose sur plusieurs lois et textes réglementaires dont voici les
principaux :

1. Constitution de la RDC du 18 février 2006 et les modifications y apportées : La


Constitution dispose en son article 48, le droit à l’eau potable comme un droit
fondamental pour tous les citoyens congolais. Elle garantit également la protection de
l’environnement et des ressources naturelles.
2. Loi n° 15/026 du 31 décembre 2015 : Cette loi consacre le gouvernement provincial et
le collège exécutif des ETD comme maîtres d’ouvrage du secteur de l’eau. Elle définit
les principes généraux de la politique de l’eau, les droits et devoirs des usagers, les
modalités de gestion des ressources en eau, et prévoit la création d’une Autorité de
régulation de l’eau.
3. Loi n°08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre
administration des provinces ;
4. Loi organique n°08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et
fonctionnement des ETD et leurs rapports avec l’Etat et les Provinces ;
5. La loi n°13/008 du 22 janvier 2013 modifiant et complétant la loi n°08/012 du 31 Juillet
2008
6. La loi n°88-2022 du 30 décembre 2022 régissant les partenariats public-privé
7. Décret n° 07/024 du 23 mars 2007 : Ce décret fixe les modalités de mise en œuvre de la
loi sur l’eau. Il précise les compétences des différents acteurs impliqués dans la gestion
de l’eau, y compris la maîtrise d’ouvrage du service public de l’eau.
8. Décret n°22/04 du 1er Mars 2022 portant création, organisation et fonctionnement de
l’ARSPE, Autorité de régulation du service public de l’Eau

16
9. Réglementation de l’ARSPE : L’Autorité de régulation du service public de l’eau élabore
des règlements spécifiques pour encadrer la gestion de l’eau en RDC. Ces règlements
définissent les modalités de gestion des services publics de l’eau, y compris la maîtrise
d’ouvrage.
10. Les arrêtés de création des régies provinciales du service public de l’eau.

1.4. Les compétences de l’Entité territoriale décentralisée

La décentralisation en matière de gestion du service public de l’eau potable en République


démocratique du Congo (RDC) est régie par la Loi n° 08/012 du 31 juillet 2008 portant principes
fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces ainsi que la loi organique n°08/016
portant composition, organisation et fonctionnement des ETD et leur relation avec l’Etat et les
Provinces.

Ces lois établissent les principes et les modalités de la décentralisation en RDC, y compris
dans le domaine de la gestion de l’eau.

Les points importants relatifs à la décentralisation dans le contexte de la gestion de l’eau en


RDC sont :

1. Transfert de compétences : La loi prévoit le transfert de compétences de l’État central


vers les provinces, notamment en ce qui concerne la gestion de l’eau potable. Les
provinces ont ainsi la responsabilité de la planification, de la mise en œuvre et de la
supervision des services publics de l’eau potable sur leur territoire.
2. Autorités provinciales : Les autorités provinciales, notamment les gouverneurs de
province et les assemblées provinciales, disposent d’un pouvoir décisionnel dans la
gestion de l’eau potable. Elles sont responsables de l’élaboration des politiques et des
plans de développement, de l’allocation des ressources, de la construction des ouvrages
hydrauliques t de la coordination des activités liées à l’eau potable au niveau provincial.
3. Partenariat avec l’État central : Bien que les provinces aient une plus grande autonomie
dans la gestion de l’eau potable, la coopération et le partenariat avec l’État central restent
essentiels. L’État central joue un rôle de soutien, de coordination et de supervision pour
garantir la cohérence et la qualité des politiques et des actions entreprises au niveau
provincial.
4. Coopération inter-provinciale : La loi encourage également la coopération entre les
provinces dans le domaine de la gestion de l’eau potable. Les provinces peuvent
établir des accords de collaboration pour partager les ressources, les connaissances
et les bonnes pratiques, notamment en ce qui concerne les bassins hydrographiques
transfrontaliers.

17
1.5. Les principes de la maitrise d’Ouvrage

La maîtrise d’ouvrage du service public de l’eau potable repose sur certains principes
fondamentaux qui visent à assurer la fourniture d’eau potable de manière efficace, sûre et
durable. Les principes clés de la maîtrise d’ouvrage du service public de l’eau potable sont :
1. L’universalité : Le service public de l’eau potable doit être accessible à tous les
usagers, sans discrimination, sur l’ensemble du territoire desservi. Cela signifie que
chaque personne a droit à l’accès à l’eau potable, quels que soient son lieu de résidence,
ses revenus ou sa situation sociale.
2. L’égalité : Tous les usagers doivent bénéficier d’un traitement équitable et recevoir
une eau potable de quantité et de qualité conforme aux normes sanitaires ou de potabilité
en vigueur conformément à l’OMS. Les décisions prises par la maîtrise d’ouvrage doivent
donc être objectives et transparentes, sans favoritisme ni discrimination.
3. La continuité du service : La maîtrise d’ouvrage a la responsabilité d’assurer la continuité
de la fourniture d’eau potable, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Cela implique de mettre
en place des dispositifs de surveillance, d’entretien et de réparation des installations pour
prévenir les pannes et assurer une réactivité en cas d’incident.
4. La qualité de l’eau : La maîtrise d’ouvrage est chargée de veiller à la qualité de l’eau
distribuée. Cela implique de réaliser des analyses régulières pour s’assurer de la conformité
aux normes sanitaires ou de potabilité conformément à l’OMS, de mettre en œuvre des
dispositifs de traitement de l’eau lorsque cela est nécessaire et d’informer les usagers
sur la qualité de l’eau fournie.
5. La durabilité : La maîtrise d’ouvrage doit adopter une approche durable dans la gestion
du service public de l’eau potable. Cela inclut la préservation des ressources en eau, la
lutte contre les gaspillages, la recherche de solutions économes et durable en énergie
et en produits chimiques, ainsi que la sensibilisation des usagers à l’importance de la
préservation de l’eau.
6. La participation des usagers : Les usagers doivent être associés à la gestion du service
public de l’eau potable. La maîtrise d’ouvrage doit favoriser la consultation, l’information
et la participation des usagers, notamment par le biais de comités de concertation ou de
structures de dialogue.

Ces principes guident la maîtrise d’ouvrage dans sa mission de fournir un service public de
l’eau potable de qualité, en veillant à répondre aux besoins des usagers tout en assurant la
protection de la ressource en eau et la préservation de l’environnement.

18
1.6. L’exercice de la maitrise d’ouvrage
L’exercice de la maitrise d’ouvrage est structuré à travers six fonctions essentielles
présentées dans le graphique (Figure 1) ci-dessous:

Connaitre les politiques


1. ORGANISATION sectorielles/ Mobiliser les
acteurs et les responsabiliser
INSTITUTIONNELLE
Renforcer les compétences

2. DEFINITION DE DES
Diagnostic
POLITIQUES LOCALES, Planification
PLANIFICATION
MAITRISE
D’OUVRAGE
Ressources locales
(province, FRE)/ Ressources
3. MOBILISATION Nationale (Etat, fonds des
DES RESSOURCES collectivités, PTF, partenariat)
FINANCIERES Ressources internationales
(partenariat, PTF)/ Dons et legs

Validation des études/


4. MISE EN ŒUVRE
Passation des marchés
DES INVESTISSEMENTS Suivi des travaux

GESTION DES CRISES


Niveaux des services
5. GESTION
Préparation / Veille/Alerte Modalités de gestion
Réponse/ Suivi-évaluation
ET REGULATION Renforcer la gestion
DU SERVICE Régulation des services

Bilans périodiques
6. SUIVI-EVALUATION Rendre compte
ET REDEVABILITE Recommandations
et planification

19
• L’organisation institutionnelle et politique de la maitrise d’ouvrage nécessitera :
o Une connaissance approfondie des politiques sectorielles,
o La mobilisation des acteurs pour les responsabiliser,
o Renforcer les provinces à travers leurs organes de pilotage (régies provinciales).
• La définition des politiques provinciales et la planification impliquante :
o Un diagnostic
o Une stratégie provinciale pour le développement du secteur de l’eau.
o Un plan de financement.
• La mobilisation des ressources financières comprenant :
o Les ressources propres et endogènes,
o Les ressources transférées par l’Etat central, les PTF, les différents partenaires au
niveau national et international,
o Les ressources mobilisées auprès des usagers pour prendre en charge certains
équipements dont la durée de vie est inférieure à 20 ans.
• La mise en œuvre des investissements comprenant :
o La validation des investissements (études de faisabilité et d’avant projets (APS,
APD), réception des études),
o La passation des marchés,
o Le suivi des travaux.
• La gestion et la régulation des services comprenant :
o L’évaluation du niveau des services,
o L’évaluation des modalités de gestion,
o Le renforcement de la gestion,
o La régulation des services.
• Le suivi-évaluation des actions provinciales et la redevabilité consistante :
o Les Bilans périodiques aux institutions provinciales, nationales et aux usagers,
o La Formulation des recommandations et planification.

Aux six fonctions de l’exercice de la maitrise d’ouvrage s’ajoute une autre fonction propre à
toute action humaine, c’est la gestion des crises comprenant :
o La préparation,
o La mise en place d’un système de veille et alerte,
o L’évaluation des situations de crise,
o La réponse aux différentes crises,
o Le suivi-évaluation

L’exercice de la maitrise d’ouvrage est un cycle continu à travers les différentes fonctions
ci-dessus énumérées, l’atteinte d’un résultat entraine la naissance de nouveaux besoins que
le maître d’ouvrage va s’évertuer à satisfaire.

20
Dans le domaine des services publics, la situation est très évolutive en termes de quantité
et de qualité de service, le maître d’ouvrage a l’obligation de réadapter continuellement le
service dans ses dimensions qualité et quantité à tout moment.

1.7. Les cinq dimensions essentielles de l’exercice


de la maitrise d’ouvrage

La maitrise d’ouvrage provinciale couvre l’ensemble des compétences et des responsabilités


de la province pour conduire les projets d’aménagement, de construction ou de réhabilitation
des infrastructures publiques.
Elle comporte 5 dimensions fondamentales ci-après synthétisées.

Tableau 1: Les 5 dimensions fondamentales de la maitrise d’ouvrage provinciale

Dimension
N° Consistance
de la MOP
Définir les caractéristiques techniques des réalisations pour en assurer la bonne
exécution. La province doit être capable de définir les besoins de la population
1 Technique et de concevoir les projets en lien avec ces besoins. Elle doit être également
capable de superviser les réalisations en contrôlant les travaux pour garantir leur
bonne qualité.
Assurer la gestion financière des différentes réalisations depuis leur conception
jusqu’à leur réalisation en élaborant les budgets prévisionnels, en mobilisant les
2 Financière financements nécessaires pour ensuite les gérer et rendre compte de l’utilisation
des fonds alloués à chaque réalisation.
Assurer la gestion administrative des projets depuis leur conception jusqu’à leur
réalisation. La province devra réaliser les démarches administratives nécessaires
3 Administrative (permis de construire, les autorisations diverses, le foncier…), veiller au respect
des réglementations en vigueur en garantissant la transparence dans sa gestion.
Prendre en compte les préoccupations sociales des populations dans la concep-
tion et la réalisation des projets, consulter les usagers pour prendre en compte
4 Sociale leurs besoins et attentes pour favoriser la participation citoyenne et garantir
l’inclusion sociale dans la mise en œuvre des projets.

Considérer les impacts environnementaux des différents projets et veiller


au respect des normes environnementales en vigueur. Une étude d’impact
5 Environnementale environnementale (y compris l’élaboration d’un PGES le cas échéant) précédera la
mise en œuvre de chaque projet afin de garantir la durabilité des réalisations.

21
De ce qui précède, il parait difficile de réunir toutes les compétences dans les différentes
dimensions de la maitrise d’ouvrage.

C’est pour cette raison que le maître d’ouvrage est amené souvent à déléguer certaines
fonctions de ses attributions tout en assumant fondamentalement toutes ses responsabilités
à travers les décisions définitives qu’elle prend.

Conseil Pratique

En cas d’arbitrage, la décision finale revient toujours au maître d’ouvrage, qui décidera
en toute connaissance de causes. Les prestataires d’assistance à la maitrise d’ouvrage
devront toujours présenter au maître d’ouvrage les différentes options technologiques
avec leurs implications, sociales, environnementales et financières pour lui permettre
de faire son choix qui sera mis en œuvre selon les règles de l’art.

22
Chapitre II :
LA STRUCTURATION
ET L’ORGANISATION
La structuration et l’organisation institutionnelle jouent un rôle crucial dans le service public
de l’eau. Voici quelques raisons pour lesquelles elles sont importantes :
1. Clarification des responsabilités : Une structure institutionnelle bien définie permet
de clarifier les rôles et les responsabilités de chaque acteur impliqué dans la fourniture du
service public de l’eau. Cela évite les chevauchements, les conflits de compétence et les
lacunes dans la responsabilité. Chaque acteur sait quelles sont ses obligations et peut
agir en conséquence.
2. Cohérence et coordination : Une structure organisationnelle efficace permet une
meilleure coordination entre les différents acteurs du service public de l’eau, tels que les
organismes gouvernementaux, les régulateurs, les autorités locales, les fournisseurs de
services, les partenaires privés et les organisations de la société civile. Une coordination
adéquate facilite la mise en œuvre harmonieuse des politiques, des programmes et des
projets, ainsi que le partage des ressources et des connaissances.
3. Prise de décision éclairée : Une structure institutionnelle bien établie favorise la prise
de décision éclairée et basée sur des critères objectifs. Les organes de gouvernance,
les comités et les instances de décision peuvent analyser les informations pertinentes,
évaluer les différentes options, consulter les parties prenantes et prendre des décisions
fondées sur des considérations techniques, financières, sociales et environnementales.
4. Gestion efficace des ressources : Une structure organisationnelle solide contribue à
une gestion efficace des ressources, qu’il s’agisse des ressources financières, humaines
ou matérielles. Cela implique une planification stratégique, une allocation efficace des
ressources, un suivi rigoureux des dépenses, une gestion des talents et une optimisation
des processus opérationnels. Une gestion efficace des ressources permet de maximiser
l’efficacité et l’efficience du service public de l’eau.
5. Redevabilité et transparence : Une structure institutionnelle bien définie favorise
la redevabilité et la transparence dans la fourniture du service public de l’eau. Les
organes de gouvernance, les régulateurs et les institutions chargées de la supervision
sont responsables de rendre compte de leurs actions et de leurs performances aux
bénéficiaires, aux autorités publiques et à d’autres parties prenantes. La transparence
dans les processus décisionnels, la gestion financière et la communication des
informations renforce la confiance du public et facilite la surveillance sociale.
6. Adaptabilité et innovation : Une structure organisationnelle flexible et adaptative
permet de répondre aux changements et aux défis émergents dans le secteur de l’eau.
Elle favorise l’innovation, l’apprentissage continu et la recherche de solutions novatrices
pour améliorer la fourniture du service public de l’eau, intégrer de nouvelles technologies,
répondre aux besoins changeants des utilisateurs et s’adapter aux conditions socio-
économiques et environnementales.

En résumé, la structuration et l’organisation institutionnelle sont essentielles pour assurer


une gestion efficace, coordonnée et responsable du service public de l’eau. Elles contribuent à
l’amélioration de la qualité du service, à l’utilisation optimale des ressources et à la satisfaction
des besoins des utilisateurs.

24
2.1. Les missions du Maître d’ouvrage

La loi n°15/026 du 31 décembre 2015 relative à l’eau en son article 76 dispose « le


gouvernement provincial organise une régie chargée notamment d’assurer la mise en œuvre
des ouvrages pour le service public de l’eau. Un arrêté provincial délibéré en conseil des
ministres en détermine les modalités de fonctionnement ».
La régie provinciale est le bras technique de la province dans le cadre de l’exercice de sa mission
de service public en lien avec l’eau, l’hygiène et l’assainissement. Ses missions couvrent les 5
fonctions de la maitrise d’ouvrage comme présentés dans le tableau ci-après :

Tableau 2: Missions de la régie provinciale du service public de l’eau


Fonction de la maitrise
d’ouvrage Missions en lien avec les différentes fonctions
• Faire un état des lieux (inventaire des ouvrages, leur état de fonctionnement)
Planifier les • Evaluer les besoins (eau hygiène et assainissement)
infrastructures • Elaborer un plan de financement de l’AEPHA
• Tenir à jour l’état des lieux des ouvrages

• Elaborer un plan de mobilisation des ressources financières ;


Mobiliser les ressources • Développer les partenariats ;
financières • Piloter le plan de mobilisation des ressources financières ;
• Gérer les ressources mobilisées.

• Organiser les études de faisabilités et d’avant projets (APS, APD) ;


Assurer la mise en œuvre • Réceptionner les études ;
des ouvrages • Contractualiser la réalisation des ouvrages ;
• Réceptionner les ouvrages réalisés ;

• Déléguer la gestion du service public de l’eau ;


• Suivre le respect des clauses contractuelles de la DSPE ;
• Gérer les éventuels conflits ;
Délivrer le service et suivre • S’assurer de la constitution des provisions nécessaires au renouvellement de
l’exploitation certains équipements ;
• Evaluer les performances de service public de l’eau ;
• Organiser les concertations nécessaires avec les différents acteurs
impliqués.
• Faire le monitoring de service public de l’eau ;
Gouverner les services • Formuler les mesures correctives avec les différents acteurs ;
publics et rendre compte • Suivre la mise en œuvre des mesures correctives ;
• Rendre compte de l’évolution de service public de l’eau.

La régie provinciale pour assurer l’ensemble de ses missions fera nécessairement recours
à d’autres compétences extérieures (maître d’œuvre, assistant à la maitrise d’ouvrage).

25
2.2. L’organisation du Maître d’ouvrage

Les régies provinciales du service public de l’eau ont été instituées dans le cadre de la
mise en œuvre des réformes du secteur de l’eau. Il s’agit d’un service technique chargé de la
gestion du service public de l’eau au niveau provincial.
De manière générale, les régies provinciales obéissent aux règles suivantes :
1. Création et statut : Les régies provinciales du service public de l’eau sont créées et
régies par les autorités provinciales conformément à la législation en vigueur. Chaque
province peut décider d’établir sa propre régie de l’eau pour assurer la gestion du service
public de l’eau potable sur son territoire.
2. Responsabilités : Les régies provinciales du service public de l’eau sont responsables
de plusieurs aspects liés à la gestion de l’eau potable au niveau provincial. Cela peut inclure
la contractualisation de la gestion du service public de l’eau à des opérateurs privés, le
suivi de la bonne exécution des contrats, le suivi de l’entretien des équipements, la veille
pour la constitution des provisions nécessaires au renouvellement des équipements,
ainsi que la planification et le développement des services d’eau potable.
3. Gouvernance : Les régies provinciales du service public de l’eau sont placées sous
la supervision des autorités provinciales, telles que les gouverneurs de province, le
ministre provincial en charge du service public de l’eau. Elles peuvent être dirigées par
un coordonnateur ou directeur, selon la structure et les modalités de fonctionnement
spécifiques établies au niveau de chaque province.
4. Financement : Les régies provinciales du service public de l’eau sont financées par
différentes sources, notamment les redevances perçues auprès des usagers, les dons
et legs, les subventions publiques, les prêts ou les partenariats avec des organismes
nationaux ou internationaux. Leur capacité financière peut varier en fonction des
ressources disponibles et de la situation économique de la province.
5. Coopération et coordination : Les régies provinciales du service public de l’eau peuvent
collaborer avec d’autres acteurs du secteur de l’eau, tels que les autorités nationales,
les organisations de la société civile, les partenaires internationaux et les autres régies
provinciales du service public de l’eau. Cette coopération vise à renforcer les capacités
techniques, à partager les bonnes pratiques et à promouvoir une gestion intégrée et
efficace de l’eau potable au niveau provincial.

Afin de mener à bien leur mission, les régies sont organisées en Pool, généralement un pool
administratif, un pool juridique et un pool technique.

2.2.1. Le Pool administratif et financier

Le Pool administratif et financier au sein d’une régie provinciale du service public de l’eau en
République démocratique du Congo (RDC) remplit plusieurs fonctions essentielles pour assurer
la gestion efficace, transparente et durable.

26
Voici quelques-unes des fonctions clés du pool administratif et financier :
1. Gestion financière et du patrimoine : Le pool administratif et financier est responsable
de la gestion des ressources financières de la régie provinciale du service public de l’eau.
Cela inclut la planification budgétaire, la collecte des revenus provenant des opérateurs
de gestion du service public de l’eau, la gestion des dépenses, la tenue de la comptabilité
y compris la comptabilité analytique des ouvrages, la gestion des comptes bancaires et la
préparation des rapports financiers.
2. Gestion des ressources humaines : Le pool administratif et financier s’occupe de la
gestion du personnel de la régie provinciale du service public de l’eau. Cela comprend le
recrutement, la gestion des contrats de travail, la gestion des salaires et des avantages
sociaux, la formation et le développement des compétences, ainsi que la gestion des
relations de travail.
3. Gestion administrative : Le pool administratif et financier gère les tâches
administratives courantes de la régie provinciale du service public de l’eau. Cela peut
inclure la gestion des documents et des archives, la coordination des réunions et des
événements, la rédaction de correspondances officielles, la gestion des contrats avec les
fournisseurs, ainsi que le respect des procédures administratives et des réglementations
en vigueur.
4. Reporting et suivi : Le pool administratif et financier est responsable de la préparation
des rapports financiers, des rapports d’activité et des rapports de conformité à destination
des autorités de tutelle, des organismes de régulation ou d’autres parties prenantes. Il
assure également le suivi des indicateurs de performance financière et administrative
pour évaluer l’efficacité et l’efficience de la régie provinciale du service public de l’eau.

En résumé, le pool administratif et financier joue un rôle crucial dans la gestion financière, la
gestion des ressources humaines, la gestion administrative et le reporting au sein d’une régie
provinciale du service public de l’eau. Ces fonctions contribuent à assurer une gouvernance
solide, une transparence financière et une efficacité opérationnelle du service.

2.2.2. Le pool technique

Le pool technique des régies provinciales du service public de l’eau a la responsabilité de


piloter toutes les taches techniques permettant d’assurer le service public de l’eau potable
aux populations.
Les fonctions clés du pool technique sont :
1. Planification et développement des infrastructures : Le pool technique est
responsable de la planification à long terme du développement des infrastructures de
l’eau potable. Cela comprend l’identification des besoins en infrastructures, la conception
de nouveaux réseaux de distribution, la construction de stations de traitement de l’eau,
des réservoirs de stockage et d’autres infrastructures connexes.

27
2. Exploitation et maintenance des installations : Le pool technique assure le suivi
technique de l’exploitation et de la maintenance des installations de production et de
distribution de l’eau potable. Cela implique le suivi des systèmes de pompage, des stations
de traitement de l’eau, des réservoirs, des réseaux de distribution, des compteurs d’eau
et d’autres équipements. Il veille à ce que les délégataires assurent le fonctionnement de
manière optimale et à leur entretien régulier.
3. Surveillance de la qualité de l’eau : Le pool technique est responsable de la surveillance
de la qualité de l’eau potable. Cela comprend la réception, l’analyse et la vérification des
résultats d’analyse régulière de l’eau fournis par les délégataires pour qu’elles répondent
aux normes de qualité requises. En cas de non-conformité, des mesures correctives
doivent être mises en place pour garantir la sécurité et la salubrité de l’eau potable.
4. Gestion des réseaux de distribution : Le pool technique suit la gestion des réseaux
de distribution de l’eau potable par les délégataires, y compris la planification de leur
extension ou de leur réhabilitation. Il s’assure auprès des délégataires de la sectorisation
des réseaux, de la gestion des pressions et des débits, de la détection et de la réparation
des fuites, ainsi que de la gestion des branchements et des compteurs d’eau.
5. Recherche et innovation : Le pool technique est responsable de la recherche de
nouvelles technologies, de l’innovation et de l’adoption de bonnes pratiques dans le
domaine de la gestion de l’eau potable. Cela peut inclure l’exploration de solutions pour
l’amélioration de l’efficacité énergétique, la réduction des pertes d’eau, l’utilisation de
sources alternatives d’eau, etc.

En résumé, le pool technique joue un rôle clé dans la planification, l’exploitation, la maintenance
et l’amélioration des infrastructures de l’eau potable. Il s’assure de la disponibilité, la qualité et
la distribution efficace de l’eau potable aux usagers tout en s’assurant du respect des normes
techniques et de sécurité.

2.2.3. Le pool juridique

Au sein d’une régie provinciale du service public de l’eau, le pool juridique assume diverses
fonctions et rôles liés au domaine juridique. Quelques exemples des responsabilités et des
activités que ce pool pourrait avoir sont :
1. Conseil juridique : Le pôle juridique peut fournir des conseils juridiques aux différentes
divisions et départements de la régie. Il peut répondre aux questions juridiques, donner
des avis sur l’interprétation des lois et réglementations, et aider à prendre des décisions
conformes au cadre juridique en vigueur.
2. Rédaction et examen des contrats : Le pôle juridique peut être responsable de la
rédaction et de l’examen des contrats liés aux activités de la régie, tels que les contrats
d’approvisionnement en eau, les contrats de services, les contrats de travaux publics,
etc. Il s’assurera que les contrats sont conformes à la loi, protègent les intérêts de la régie
et respectent les obligations légales.

28
3. Conformité réglementaire : Le pôle juridique peut être chargé de surveiller et de
garantir la conformité de la régie aux réglementations et aux lois en vigueur dans le domaine
de l’eau. Cela peut impliquer la mise en œuvre de politiques et de procédures internes
pour s’assurer que la régie respecte les obligations légales, telles que la protection de
l’environnement, la qualité de l’eau, la sécurité des travailleurs, etc.
4. Gestion des litiges : En cas de litiges, le pôle juridique peut être responsable de la
gestion des procédures légales. Cela peut impliquer la coordination avec des avocats
externes, la préparation de la défense de la régie, la négociation de règlements à l’amiable,
et la représentation de la régie devant les tribunaux ou les instances administratives.
5. Veille juridique et formation : Le pôle juridique peut effectuer une veille juridique
régulière pour se tenir informé des nouvelles lois, réglementations et décisions judiciaires
qui pourraient avoir un impact sur les activités de la régie. Il peut également organiser des
sessions de formation et de sensibilisation pour le personnel de la régie afin de les tenir
informés des obligations juridiques et des bonnes pratiques.

Ces fonctions et rôles ne sont qu’un aperçu général et peuvent varier en fonction de la structure
et des besoins spécifiques de la régie provinciale du service public de l’eau.

2.3. Les ressources humaines

2.3.1. Compétences à mobiliser

Les régies provinciales du service public de l’eau doivent mobiliser différentes compétences
pour assurer une gestion efficace du service public de l’eau potable. Quelques compétences
clés nécessaires au niveau des régies provinciales sont :
1. Gestion administrative et financière : Les régies provinciales du service public de l’eau
doivent disposer de compétences en gestion administrative et financière pour assurer la
planification, la budgétisation, la gestion des ressources humaines, la gestion comptable
et financière, ainsi que la collecte des redevances versées par les opérateurs privés.
2. Ingénierie et gestion des infrastructures : Le suivi de la gestion des infrastructures
de l’eau potable nécessite des compétences techniques en ingénierie, en construction
et en maintenance des réseaux d’eau, des stations de traitement, des réservoirs et des
équipements connexes. Ces compétences sont essentielles pour s’assurer auprès des
opérateurs privés d’une garantie de la qualité et de la continuité de la distribution de l’eau
potable.
3. Gestion opérationnelle : Les régies provinciales du service public de l’eau doivent être
en mesure de gérer les opérations quotidiennes liées à la production, à la distribution et à
la maintenance en cas de défaillance de l’opérateur privé. Cela inclut la planification des
interventions, la gestion des stocks de produits chimiques et de pièces de rechange, la
supervision des équipes d’opération, ainsi que la gestion des systèmes de surveillance et
de contrôle de la qualité de l’eau.

29
4. Gestion des relations avec les usagers : Une bonne communication et une gestion
efficace des relations avec les usagers sont essentielles. Les régies provinciales du
service public de l’eau doivent mobiliser des compétences en service à la clientèle, en
gestion des plaintes, en éducation et sensibilisation du public, ainsi qu’en développement
de programmes de gestion de l’eau durable pour appuyer les délégataires du SPE.
5. Connaissance du cadre juridique et réglementaire : Les régies provinciales du service
public de l’eau doivent avoir une bonne connaissance du cadre juridique et réglementaire qui
régit la gestion de l’eau en RDC. Cela comprend les lois, les réglementations, les politiques
et les directives nationales et provinciales liées à l’eau potable. Ces compétences sont
nécessaires pour assurer la conformité et la bonne gouvernance dans la gestion des
ressources en eau.

Il est important que les régies provinciales du service public de l’eau développent des
partenariats et collaborent avec d’autres acteurs, tels que les autorités nationales, les
organismes de régulation, les experts techniques et les organisations de la société civile, pour
renforcer leurs compétences et bénéficier d’un soutien technique et financier.

2.3.2. Le renforcement des capacités

Pour assurer le renforcement des capacités des ressources humaines et obtenir des
performances optimales au sein d’une régie provinciale du service public de l’eau potable, voici
quelques approches et actions recommandées :
1. Évaluation des besoins en formation : Effectuer une évaluation approfondie des
besoins en formation des employés de la régie provinciale de l’eau. Cela permet d’identifier
les lacunes de compétences existantes et les domaines nécessitant un renforcement
des capacités.
2. Planification stratégique de la formation : Élaborer un plan de formation à court,
moyen et long terme en tenant compte des besoins identifiés. Ce plan doit être aligné sur
les objectifs de la régie et viser à améliorer les compétences techniques, managériales et
comportementales des employés.
3. Formation technique spécialisée : Offrir des formations techniques spécialisées
pour renforcer les compétences techniques des employés dans des domaines tels que
la gestion des réseaux d’eau, le traitement de l’eau, la maintenance des infrastructures,
la gestion des ressources en eau, etc. Cela peut être réalisé par le biais de formations
internes, de formations dispensées par des experts externes ou de partenariats avec des
institutions spécialisées.
4. Formation en gestion et leadership : Fournir des formations en gestion et en leadership
pour développer les compétences de gestion des cadres et des responsables de la régie
provinciale du service public de l’eau. Ces formations peuvent inclure la gestion de projet,
la gestion des ressources humaines, la gestion financière, la communication efficace, le
travail d’équipe, etc.

30
5. Partenariats et échanges de bonnes pratiques : Établir des partenariats avec
d’autres régies provinciales du service public de l’eau, des organismes de régulation, des
institutions académiques ou des experts du secteur de l’eau. Cela permettra d’échanger
des bonnes pratiques, de partager les connaissances et de bénéficier de l’expertise
d’autres acteurs pour renforcer les capacités des ressources humaines.
6. Mentorat et coaching : Mettre en place des programmes de mentorat et de coaching
pour permettre aux employés de bénéficier de l’accompagnement et des conseils
de professionnels expérimentés. Cela favorise le développement des compétences
individuelles, la transmission des connaissances et le partage d’expériences.
7. Encouragement à la formation continue : Promouvoir une culture de la formation
continue au sein de la régie provinciale du service public de l’eau en encourageant les
employés à participer à des séminaires, des ateliers, des conférences et des programmes
de développement professionnel. Cela peut inclure le remboursement des frais de
formation engagés par un agent à son initiative, la reconnaissance des réalisations et
l’incitation à l’apprentissage tout au long de la carrière.

Il est important d’intégrer le renforcement des capacités des ressources humaines dans
une approche globale de développement organisationnel, en veillant à ce que les actions de
renforcement des capacités soient alignées sur la vision stratégique de la régie provinciale du
service public de l’eau et soutenues par une gestion efficace du changement.

2.4. Le patrimoine
La fourniture des services d’approvisionnement en eau potable est basée sur un certain
nombre de biens, d’installations et infrastructures qui constituent le patrimoine.

2.4.1. Définition du patrimoine

Le patrimoine pour le service public de l’eau potable comprend l’ensemble des biens et des
installations nécessaires à la production, au traitement, à la distribution et à la gestion de
l’eau potable. Il regroupe les infrastructures, les équipements, les réseaux, les ouvrages et les
installations qui permettent d’assurer la fourniture en eau potable aux usagers.

Voici quelques exemples des éléments constituant le patrimoine du service public de l’eau
potable :
1. Les captages d’eau : Il s’agit des points de prise d’eau utilisées pour prélever l’eau
brute. Cela peut inclure des puits, des sources, des lacs ou des rivières qui fournissent
l’eau nécessaire à la production d’eau potable.
2. Les stations de traitement : Ce sont les installations où l’eau brute est traitée pour
éliminer les impuretés, les substances indésirables et les micro-organismes. Les stations
comprennent 3 types de traitements (physique, chimique et bactériologique) suivant des
processus de dégrillage, coagulation/floculation, décantation, filtration, désinfection,
etc…

31
3. Les réservoirs de stockage : Ils sont utilisés pour stocker l’eau traitée avant sa
distribution aux usagers. Ces réservoirs peuvent être souterrains, semi souterrains ou en
surface / surélevé et permettent de garantir une réserve d’eau en cas de demande élevée
ou de perturbation de la distribution. Ils servent aussi à assurer la distribution gravitaire
de l’eau potable.
4. Les réseaux de distribution : Ce sont les canalisations et les conduites qui
acheminent l’eau potable depuis les réservoirs de stockage jusqu’aux points de livraison
(raccordements des usagers). Les réseaux de distribution peuvent être de différentes
tailles et sont souvent composés de conduites souterraines.
5. Les équipements de mesure et de contrôle : Ils comprennent les compteurs d’eau
installés chez les usagers pour mesurer leur consommation, ainsi que les équipements
de surveillance et de contrôle du réseau pour détecter les fuites, mesurer les débits, etc.
6. Les ouvrages annexes : Il peut s’agir d’infrastructures complémentaires telles que
les postes de pompage, les vannes de régulation, les stations de surpression, les bornes
d’incendie, les systèmes de télégestion, les locaux administratifs, etc.

Le patrimoine du service public de l’eau potable constitue une infrastructure essentielle pour
garantir la distribution d’une eau potable de qualité aux usagers. Il nécessite une gestion
rigoureuse, notamment en termes d’entretien, de renouvellement et de modernisation, afin
d’assurer la pérennité et l’efficacité du service.

2.4.2. Connaissance du patrimoine

La Connaissance du patrimoine est incontournable pour un maître d’ouvrage. Elle lui permet
d’assurer notamment la continuité du service public et surtout la durabilité de la fourniture
des services.

Pour assurer la connaissance du patrimoine du service public de l’eau, il est essentiel de mettre
en place des dispositifs de gestion et de suivi adéquats. Quelques mesures clés pouvant aider
à la connaissance du patrimoine sont :
1. Inventaire et cartographie : Réaliser un inventaire complet de l’ensemble des biens
et des installations du service public de l’eau potable, en identifiant et en répertoriant
chaque composant du patrimoine. Cela peut inclure des captages, des stations de
traitement, des réservoirs, des réseaux de distribution, des équipements de mesure,
etc. Les informations collectées doivent être consignées dans une base de données
centralisée et géoréférencées sur des cartes.
2. Évaluation de l’état du patrimoine : Effectuer régulièrement des évaluations de
l’état des infrastructures et des équipements du service public de l’eau potable. Cela
peut comprendre des inspections, des relevés de terrain, des analyses de laboratoire,
des audits techniques, etc. L’objectif est d’identifier les éléments qui nécessitent des
travaux de réparation, de maintenance ou de remplacement.

32
3. Suivi des interventions et de la maintenance : Mettre en place un système de suivi
des interventions réalisées sur le patrimoine, qu’il s’agisse de travaux de maintenance
préventive, de réparations ou de remplacements. Garder une trace des actions effectuées,
des dates, des coûts associés et des résultats obtenus. Cela permet de maintenir
l’historique des interventions et d’établir des plans d’action futurs.
4. Utilisation des technologies de l’information géographique (SIG) : Les systèmes
d’information géographique sont très utiles pour gérer et visualiser les données
géospatiales liées au patrimoine du service public de l’eau potable. Ils permettent
de cartographier les composants du patrimoine, de superposer différentes couches
d’informations, d’effectuer des analyses spatiales et de faciliter la planification des
interventions.
5. Formation et compétences : Assurer une formation adéquate du personnel chargé de
la gestion du patrimoine du service public de l’eau potable. Il est important de développer
les compétences nécessaires pour la collecte, l’analyse et la mise à jour des informations
relatives au patrimoine, ainsi que pour l’utilisation des outils de gestion et de suivi.
6. Collaboration avec les acteurs concernés : Établir des partenariats et des
collaborations avec les acteurs locaux et provinciaux, tels que les ETD/Provinces, les
entreprises de distribution d’eau, les services de l’État central, etc. Ces partenariats
peuvent faciliter l’échange d’informations, la coordination des actions et la mutualisation
des ressources pour une meilleure connaissance du patrimoine.

En mettant en œuvre ces mesures, il est possible de développer une connaissance approfondie
du patrimoine du service public de l’eau potable, ce qui permet une gestion plus efficace, une
prise de décision éclairée et une planification stratégique à long terme.

2.4.3. Gestion du patrimoine

Pour assurer une gestion efficace du patrimoine du service public de l’eau potable, voici
quelques actions clés à mettre en place :
1. Planification stratégique : Élaborer un plan de gestion du patrimoine à long terme
qui définit les objectifs, les priorités et les actions à entreprendre. Ce plan doit prendre
en compte les besoins de renouvellement, de maintenance et de modernisation du
patrimoine, ainsi que les contraintes budgétaires et réglementaires.
2. Maintenance préventive : Mettre en œuvre à travers les délégataires un programme de
maintenance préventive pour assurer la durabilité et le bon fonctionnement du patrimoine.
Cela implique des activités régulières d’entretien, d’inspection, de surveillance et de suivi
afin de détecter les problèmes potentiels avant qu’ils ne deviennent plus importants.
3. Gestion des risques : Identifier et évaluer les risques liés au patrimoine du service
public de l’eau potable, tels que les risques de défaillance des équipements, les risques
de contamination de l’eau, les risques naturels (inondations, sécheresses, etc.) ou les
risques liés à la sécurité. Mettre en place des mesures préventives et des plans d’urgence
pour atténuer ces risques.

33
4. Suivi financier : Établir un suivi financier rigoureux pour assurer une gestion budgétaire
efficace du patrimoine. Cela inclut l’estimation des coûts de maintenance, de réparation
et de renouvellement, l’établissement de budgets prévisionnels, le suivi des dépenses
réelles, ainsi que la recherche de financements complémentaires si nécessaire.
5. Digitalisation des données : Utiliser des outils numériques et des systèmes de gestion
de l’information pour centraliser et organiser les données relatives au patrimoine. Cela
facilite l’accès aux informations, permet une meilleure analyse des données, et favorise
la prise de décision éclairée et la planification des interventions.
6. Suivi et évaluation des performances : Mettre en place des indicateurs de performance
pour évaluer l’efficacité de la gestion du patrimoine. Ces indicateurs peuvent inclure
des mesures de disponibilité du service, de taux de conformité aux normes de qualité
de l’eau, de coûts d’exploitation, de satisfaction des usagers, etc. Le suivi régulier de
ces indicateurs permet d’identifier les domaines à améliorer et de prendre des mesures
correctives si nécessaire.
7. Collaboration et coordination : Assurer une coordination étroite entre les différents
acteurs impliqués dans la gestion du patrimoine, tels que les services techniques, les
équipes d’exploitation, les gestionnaires, les prestataires de services, etc.
La communication et la collaboration efficaces permettent une gestion intégrée et
cohérente du patrimoine.

En mettant en œuvre ces actions, il est possible d’assurer une gestion efficace du patrimoine
du service public de l’eau potable, en optimisant les ressources, en garantissant la durabilité
des infrastructures et en fournissant un service de qualité aux usagers.

34
Chapitre III :
LA FONCTION PLANIFICATION
DE LA MAITRISE D’OUVRAGE
La planification est d’une importance cruciale dans le service public d’eau potable pour
plusieurs raisons :
1. Répondre aux besoins présents et futurs : La planification permet d’anticiper les
besoins en eau potable de la population actuelle et future. Elle permet de déterminer les
ressources en eau disponibles, d’évaluer la demande en eau, de prévoir les infrastructures
nécessaires et de développer des stratégies pour répondre aux besoins croissants de
la population. Une planification adéquate garantit que les services d’eau potable sont
adaptés et suffisants pour répondre à la demande.
2. Utilisation efficace des ressources : La planification aide à optimiser l’utilisation des
ressources disponibles, qu’il s’agisse des ressources en eau, des infrastructures, des
ressources financières ou des ressources humaines. Elle permet d’identifier les meilleures
options pour collecter, traiter, stocker et distribuer l’eau potable de manière efficace et
efficiente. Une planification bien conçue permet de maximiser l’utilisation des ressources
limitées et d’éviter les gaspillages.
3. Développement d’infrastructures adéquates : La planification permet de définir les
infrastructures nécessaires pour la production, le traitement, le stockage et la distribution
de l’eau potable. Elle tient compte des caractéristiques géographiques, démographiques
et socio-économiques de la région desservie. Une planification adéquate garantit que les
infrastructures sont conçues pour répondre aux normes de qualité de l’eau, aux besoins
de la population et aux contraintes naturelles et environnementales.
4. Gestion des risques et des urgences : La planification intègre la gestion des risques
et des urgences liés à la fourniture d’eau potable. Elle permet d’identifier les risques
potentiels tels que les sécheresses, les inondations, les contaminations de l’eau, les
pannes d’équipement, etc., et de mettre en place des mesures préventives et des plans
d’intervention d’urgence. Une planification solide contribue à renforcer la résilience du
système d’eau potable face aux situations de crise.
5. Prise en compte des aspects environnementaux et sociaux : La planification intègre
la dimension environnementale en évaluant les impacts potentiels sur les ressources en
eau, les écosystèmes et la durabilité à long terme. Elle tient également compte des aspects
sociaux, tels que l’accès équitable à l’eau potable, la participation des communautés
locales et la protection des droits des utilisateurs. Une planification holistique assure une
approche intégrée qui prend en considération les dimensions environnementales, sociales
et économiques.
6. Mise en œuvre cohérente des politiques et des réglementations : La planification
permet de traduire les politiques et les réglementations en actions concrètes pour
améliorer la fourniture d’eau potable. Elle assure la cohérence entre les objectifs politiques,
les besoins de la population et les actions entreprises. Une planification rigoureuse
garantit que les politiques et les réglementations sont appliquées de manière appropriée
et efficace.

En somme, la planification est essentielle pour assurer une fourniture durable, efficace et
équitable d’eau potable. Elle permet de répondre aux besoins de la population, d’utiliser

36
efficacement les ressources disponibles, de gérer les risques et les urgences, de prendre
en compte les aspects environnementaux et sociaux, et de mettre en œuvre de manière
cohérente les politiques et les réglementations.

3.1. Les bases de la planification stratégique

La planification stratégique consiste à définir les objectifs à long terme d’une entreprise ou
d’une organisation et à élaborer un plan d’action pour atteindre ces objectifs. La planification
stratégique implique une analyse approfondie de l’environnement dans lequel l’organisation
opère ainsi que de ses forces et faiblesses internes. Elle implique également une réflexion sur
les comportements futurs et l’évolution des tendances, afin d’anticiper et de s’adapter à ces
changements.

Une fois que les objectifs stratégiques ont été définis, des plans d’action détaillés sont
élaborés pour chacun des domaines d’activité avec la répartition des responsabilités entre
les acteurs. Des budgets et des ressources sont alloués à ces plans, et des indicateurs clés
de performance sont également établis pour suivre les progrès de l’organisation dans la
réalisation de ses objectifs.

Elle est un processus continu, qui doit être révisé et ajusté en fonction de l’évolution de
l’environnement et des résultats obtenus. Elle peut également impliquer la mise en place
de changements organisationnels ou la poursuite de nouvelles initiatives pour atteindre les
objectifs fixés.

Le développement à long termes des services publics d’eau potable à l’échelle locale, à travers
une planification stratégique, doit être balisé par des référentiels, qui définissent :
♦ Le cadre législatif et réglementaire ;
La base légale de la planification sectorielle de service publics d’eau potable au niveau
provinciale est constituée de différents textes législatifs et réglementaires. Partant de
la Constitution qui consacre le droit des populations à des services sociaux de base, et les
principes de l’organisation du territoire national en entités décentralisées et la participation
démocratique des populations, les référentiels législatifs fournissant une base légale,
comprennent principalement les lois qui légifèrent en matière (i) de gestion de l’eau, (ii) de la
gouvernance locale à l’échelle des entités et (iii) d’orientation sur le développement durable
en RDC.
♦ Le cadre opérationnel et programmatique ;
Le cadre opérationnel est balisé par l’ensemble de décrets et arrêtés portant transfert des
compétences et des ressources de l’Etat aux provinces dans le domaine de l’approvisionnement
en eau potable et assainissement.

A ces textes, s’ajoute tous les documents liés à la gestion des infrastructures hydrauliques
d’alimentation en eau potable en milieux rural et semi urbain.

37
♦ Le cadre organisationnel
La loi n°16/001 du 03 mai 2016 fixant l’organisation et le fonctionnement des services
publics du Pouvoir Central, des provinces et des entités territoriales décentralisées, définit
le jeu des acteurs. Globalement, les catégories d’acteurs concernés par la planification du
développement des services d’AEP à l’échelle provinciales sont les suivantes :
♦ Les structures nationales d’orientation constituées des ministères et des directions
centrales en charges de l’élaboration et du suivi de la mise en œuvre des politiques,
stratégies, projet ou programmes.
♦ Les structures de gouvernance provinciale et locale qui assurent la maîtrise
d’ouvrage des actions de développement à l’échelle de la province et des entités
territoriales décentralisées.

Il s’agit
• De l’assemblée provinciale, en tant qu’organe délibérant au niveau provincial, est
l’instance décisionnelle. Elle assure la maîtrise d’ouvrage du développement provincial
qu’elle a déléguée à la régie provinciale.
• Des conseils urbains, communaux, du secteur et chefferie des villes, communes, secteur
et chefferie ;
• Régie provinciale des services publics d’eau potable.

Elles constituent la clé de voûte de toute la dynamique, par conséquent l’analyse de leurs
capacités de leadership et d’action, est indispensable.

• Les bénéficiaires directs ou les usagers des services d’AEP, composés des ménages,
des unités économiques, les écoles et centres de santé ;
• Les opérateurs privés ou qui assurent l’offre de biens, de travaux ou de services
inhérents à l’efficacité des usagers ;
• Les OSC ou associations à base communautaires investies dans le développement
des maillons de l’accès à l’AEP ;
• Les partenaires techniques composés des coopérations multilatérales, bilatérales,
décentralisées et des ONG à envergure nationale ou internationale.

A ces catégories d’acteurs, s’ajoutent les organes consultatifs ou de concertation, pour


lesquelles il faut parvenir à cerner la performance et les contraintes de leur fonctionnement.

3.2. Politique sectoriel et engagements


(international, national et local)
En plus de référentiels, la planification stratégique au niveau locale doit s’inscrire dans
une dynamique de prise en compte et d’opérationnalisation des politiques sectorielles et
engagements du niveau national au niveau international (notamment l’ODD 6).
Au niveau national, elle permet d’opérationnaliser les politiques et les engagements de l’Etat.

38
Au niveau International et Régional
En septembre 2015, 193 Etats membres des Nations Unies se sont engagés collectivement
pour atteindre les 17 objectifs de développement durable (ODD) d’ici à 2030 dont l’objectif
6 relatif à l’eau et à l’assainissement est de « garantir l’accès de tous à des services
d’approvisionnement en eau et d’assainissement, et assurer une gestion durable des
ressources en eau ».
Au niveau humanitaire, le manuel Sphère reste la référence pour les interventions humanitaires.
Il vise à améliorer la qualité des interventions humanitaires dans les situations de catastrophe
et de conflit, ainsi qu’à renforcer la redevabilité des actions humanitaires vis-à-vis des
personnes touchées par une crise. Fruit de l’expérience collective de nombreuses personnes
et agences, il traite de la Charte humanitaire et des standards minimums de l’intervention
humanitaire avec des chapitres de base portant sur la Charte humanitaire, les principes de
protection et la Norme humanitaire fondamentale de qualité et de redevabilité (CHS) ainsi
que des Chapitres techniques portant sur l’Eau, assainissement et promotion de l’hygiène, la
Sécurité alimentaire, la Nutrition, les Abris et l’habitat et la Santé.

Au niveau National
Le cadre programmatique du développement de service public de l’eau est défini par la Politique
Nationale du Service Public de l’Eau (PNSPE) élaboré en 2020. Elle oriente la mise en application
de la Loi relative à l’Eau et les dispositions de la Constitution en matière d’eau potable. Á cet
effet, la PNSPE définit en détail la réorganisation du sous-secteur de l’eau potable et les
modalités d’intervention des acteurs publics et privés, ainsi que celles des usagers et des
organisations de représentation de leurs intérêts.

La Loi relative à l’Eau et la Politique Nationale du Service Public de l’Eau sont les piliers du
développement du sous-secteur et tracent le chemin d’un meilleur service de l’eau potable
accessible à tous les Congolais.

Au niveau Local
Le transfert des compétences de l’Etat vers les provinces et ETD en matière d’approvisionnement
en eau potable, hygiène et assainissement implique pour ces entités, le développement, la
réhabilitation et l’extension des installations et des services (article 72 de la loi 15/026 du 31
décembre 2015 relative à l’eau). Pour ce faire, chaque province devra élaborer un plan Provincial
de financement des services AEP (PPF-AEP).
La démarche de réalisation d’un PPF-AEP comporte 6 phases avec 14 étapes ci-dessous
répertoriées.

Le Plan Provincial de Financement de l’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et


Assainissement (PPF-AEP) constitue le socle à partir duquel la province pourra développer
des partenariats et mobiliser des ressources financières en faisant le marketing auprès des
potentiels bailleurs. En outre, le diagnostic permet de disposer d’un tableau de bord de la
situation (besoins, état de fonctionnement) nécessaire à la bonne gouvernance. Le tableau de
bord de la situation de l’AEP doit être continuellement actualisé par la régie provinciale.

39
3.3. Les normes et critères de planification
Dans le processus de planification stratégique, il est important de tenir compte des normes
d’accès qui sont définis au niveau du pays et au niveau international (JMP).
Les progrès et les performances de la stratégie seront mesurées à travers ces normes d’accès.

Tableau 3: Niveau de services au niveau national (PNSPE, 2020)


Critères:
Niveau de
Milieu Démographiques et Niveau de technologie commandée
service
Socio-économiques
Urbain - Supérieur ou égal à Branchement - Usine avec ou sans traitement plus réseau
100.000 habitants privés de stockage et de distribution, avec
- Prédominance réseaux gravitaires ou motorisés
d’activités non Bornes - Réseaux autonomes dans des quartiers
agricoles fontaines isolés présentant une demande solviable
Péri-urbain - Inférieur ou égal à Branchement En fonction du relief, du niveau de revenu,
et petites 100.000 à 2000 privés de la démographie et de la demande d’eau
villes habitants potable:
- Activités agricoles et Bornes - Réseaux autonomes gravitaires
autres fontaines - Réseaux autonomes motorisés avec pompe
actionnée par l’énergie thermique ou solaire
ou éolienne ou hybride
Milieu rural Inférieur ou égal à Un point d’eau - Réseaux autonomes et/ou réseaux multi-
2000 habitants pour 300 villages actionnés par l’énergie thermique
personnes ou solaire ou éolienne ou hybride (en
fonction du niveau de la demande solviable):
- Source simple aménagée
- Puits protégé sans pompe
- Puits protégé avec pompe à motrice
humaine
- Forage avec pompe à motricité humaine
- Collecte et stockage d’eau de pluie
- Abreuvoir (pour le cheptel)
Le tableau ci-dessus est donné à titre indicatif. Une évaluation préalable de la faisabilité technique, financière,
socio-économique et culturelle doit être réalisée avnt de retenir l’option qui convient le mieux.

Quant au niveau international les services sont définis par le JMP, le Joint Monitoring Program.

Tableau 4: L’échelle JMP pour les services d’approvisionnement en eau de boisson


NIVEAU DE SERVICE DÉFINITION
Eau potable provenant d’un point d’eau amélioré situé à domicile, disponible
Géré en toute sécurité au besoin exemple de matières fécales et de contamination chimique
Eau de boisson provenant d’un point d’eau amélioré, à condition que le trajet
Services élémentaires aller-retour pour aller chercher l’eau ne dépasse pas 30 minutes, temps
d’attente compris
Eau de boisson provenant d’un point d’eau amélioré, pour lequel le trajet aller-
Limité retour pour aller chercher l’eau dépasse pas 30 minutes, temps d’attente
compris

40
Eau de boisson provenant d’un puits non protégé ou d’une source non
Non amélioré
protégée
Eau de boisson provenant directement d’une rivière, d’un barrage, d’un lac, d’un
Eaux de surface étang, d’un ruisseau, d’un canal ou d’un canal d’irrigation
Remarque: Les points d’eau améliorés incluent les points d’eau raccordés par canalisation, les puits
tubulaires ou forages, les puits protégés, les sources protégées, les eaux de pluie
et les eaux conditionnées ou livrées.

3.4. La planification stratégique

3.4.1. Principes devant régir le processus d’élaboration

Les principes applicables à la conduite du processus de planification du développement des


services d’AEP, doivent être :
♦ L’AEP comme un droit et non comme un besoin ;
♦ L’approche holistique des services d’AEP ;
♦ La responsabilisation des acteurs locaux ;
♦ La concertation à différents niveaux ;
♦ L’inclusion sociale ;
♦ L’adhésion libre au processus.

Les autres principes non cités ci-haut, très importants, ne concernent pas la conduite du
processus, mais beaucoup plus l’intelligence qui doit résider dans la définition du jeu des
acteurs, la formulation des options d’investissement, la mobilisation et la gestion des
ressources y relatif, à savoir :
♦ L’élargissement du champ des investissements financés par les appuis extérieurs
(partenaires techniques et financiers, coopérations décentralisées, ONG, etc.).
♦ Le recentrage du rôle de l’Etat et l’implication des opérateurs privés et de la société
civile dans l’appui aux communautés rurales pour la planification et la mise en œuvre de
leurs projets.
♦ Le cofinancement des investissements ;
♦ La flexibilité ;
♦ La fongibilité.

D’une part, il revient au gouvernement provincial et à son administration d’intérioriser ces


principes et de veiller à leur application tout au long du processus. L’ingéniosité de la bonne
application de ces principes incombe au facilitateur.

3.4.2. Processus d’élaboration d’une stratégie sectorielle AEP

Le processus d’élaboration d’une planification stratégique s’apparente à celui du Plan Provincial


de Financement de l’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (PPF-
AEPHA) mais le contenu des étapes reste différent.

41
Figure 2: Schéma du processus d’élaboration d’une stratégie provinciale AEP

PRÉPARATION
Ressources en Eau Actifs AEPA
identification et (inventaire des
évaluation des ouvrages et leur
ressources en potentialités)
mobilisable LANCEMENT OU
pour DÉMARRAGE
l’AEP
DIAGNOSTIC
STRATÉGIQUE
DIAGNOSTIC
Evaluation
Coûts et des niveaux
dépenses de la des services rendus
fourniture selon les normes
des services nationales et ODD ÉLABORATION DE
LA STRATÉGIE

Éléments transversaux VALIDATION


Facteurs socio-économiques
(Facteurs culturels, économiques peuvent
influencer l’accès et la fourniture des services)
Développement institutionnel MISE EN
(Leadership, redevabilité, concertation, maîtrise ŒUVRE
d’ouvrage)

[Link]. Phase préparatoire

La phase préparatoire est l’étape au cours de laquelle l’autorité et son administration s’engagent
dans le processus d’élaboration d’une planification stratégique d’AEP, parce que fortement
conscients de l’importance de l’AEP de programme de développement ou sensibilisées sur la
nécessité de disposer d’une planification stratégique locale valide.

C’est la phase, au cours de laquelle, sous le leadership l’autorité, l’assemblée Provinciale,


les communes et ses partenaires prennent conscience de la nécessité de disposer d’une
planification stratégique locale pour conduire de façon inclusive et transparente l’action
provinciale en matière d’accès aux services d’eau potable et d’assainissement des eaux usées
et excréta.

L’objectif de cette étape est de créer un dispositif provincial pour conduire le processus et de
créer les conditions minimales nécessaires pour faciliter son déroulement. D’abord, la mise
en place du dispositif Provincial réside dans la création d’une commission ad hoc et dans le
déclenchement d’un certain nombre de procédures.

42
Ensuite, la création des conditions requises à l’aboutissement du processus tient à un
ensemble de diligences à opérer afin de réussir l’adhésion, la mobilisation et participation
des différentes catégories d’acteurs concernées, notamment de la population, les services
techniques déconcentrés de l’Etat en charge de l’AEP, les partenaires techniques et financiers
de la province et les personnes ressources.

Les principaux résultats attendus au terme de la phase préparatoire sont :


♦ l’élaboration des TDR du plan de l’AEP par la régie provinciale ;
♦ l’analyse des TDR et identification des parties prenantes au processus par les ministères
RHE, plan et budget ;
♦ la validation des TDR et projet de budget y relatif au conseil des ministres ;
♦ l’arrêté du Gouverneur portant création de la commission ad hoc pour piloter le processus
d’élaboration du plan;
♦ l’approbation du dossier d’appel d’offre si l’option est de recruter un bureau d’études ou
du projet d’appui par un partenaire technique et financier de la province;
♦ la mobilisation et le bouclage du budget nécessaire au financement du processus ;
♦ la validation de la méthodologie et des outils du facilitateur, qu’il s’agisse d’un bureau
d’études ou d’un PTF ;
♦ un plan de communication pour l’information de la population et des différents acteurs.

Cette phase dure environ 3 mois à partir de la décision l’assemblée Provinciale d’élaborer une
stratégie de service public de l’eau et d’assainissement.

Principales activités de la phase préparatoire


La tenue des réunions préparatoires (régie provinciale, ministères sectoriels,)

- La tenue d’atelier de motivation des parties prenantes


Deux cas de figure sous-tendent la réalisation de ces activités, à savoir :
♦ Le Ministre provincial en charge du service public de l’eau, inscrit l’AEP comme
une des priorités d’action. Dans ce cas de figure, il prend l’initiative de mobiliser le
gouvernement provincial pour l’aider à amorcer la dynamique de ses ambitions ;
♦ Le ministre provincial en charge du service public de l’eau est approché par une
structure partenaire de la province ou par un des services techniques déconcentrés
de l’Etat, en l’occurrence celui en charge de l’AEP, dans la perspective de motiver la
province à s’engager dans la promotion de l’AEP.

Dans tous les cas, la tenue d’un atelier de démarrage vise à sensibiliser conséquemment les
députés, conseillers municipaux, membres du gouvernement Provincial, services techniques,
opérateurs, bénéficiaires, PTF et ONG sur la situation de l’AEP dans la province et sur les
politiques nationales en la matière. L’animateur de ces ateliers est la régie provinciale du
service public de l’eau en étroite collaboration avec les acteurs au niveau provincial en charge
de la santé, de l’éducation, de la promotion de la femme et du genre, de l’action sociale et de
l’économie et de la planification.

43
La tenue d’un atelier de démarrage consacre la mobilisation des services techniques
déconcentrés de l’Etat à accompagner le Ministre provincial en charge du service public de
l’eau, son administration et la régie provinciale dans l’aboutissement du processus.

- L’opérationnalisation des délibérations du gouvernement Provincial


L’opérationnalisation des délibérations du gouvernement Provincial, c’est-à-dire, la mise en
œuvre de ces décisions incombe au Ministre provincial en charge du service public de l’eau
et la régie provinciale. Cette activité réside dans la prise des déférents arrêtés par le Ministre
provincial en charge du service public de l’eau pour exécuter les décisions de l’assemblée
Provinciale, tels que :
♦ l’arrêté du Ministre provincial en charge du service public de l’eau portant engagement
de la province à élaborer une stratégie sectorielle de Service public d’eau potable et
d’assainissement ;
♦ l’arrêté du ministre provincial en charge du service public de l’eau portant création de la
commission ad hoc dont la composition est définie dans l’arrêté provincial pour piloter
le processus d’élaboration de la stratégie sectorielle de Service public d’eau potable et
d’assainissement.

- La tenue des rencontres de la commission ad hoc ;


La commission ad hoc est mise en place pour (i) appuyer le conseil et l’administration
provincial dans l’élaboration de la stratégie, (ii) assurer un processus participatif des acteurs
institutionnels et (iii) faire l’assurance qualité des documents attendus. Ses attributions sont
les suivantes :
♦ élaborer et faire adopter le calendrier ainsi que le budget de fonctionnement ;
♦ assurer l’interface entre l’assemblée provinciale et le facilitateur ;
♦ assurer l’interface entre les services techniques de la province et le facilitateur
lors de la recherche de documentation et pour la réalisation de l’évaluation du PHAC
précédent;
♦ assurer l’interface entre les populations et le facilitateur ;
♦ faciliter l’organisation des rencontres avec les services techniques déconcentrés
concernés par l’exercice ;
♦ faciliter l’organisation des réunions avec les populations dans les villages et les
localités de la province ;
♦ participer à la planification et à la programmation ;
♦ examiner les termes de référence du facilitateur (prestataire) avant sa validation par le
Ministre provincial en charge du service public de l’eau potable;
♦ assurer l’organisation des ateliers.

- La contractualisation de l’élaboration de la stratégie avec un facilitateur


La contractualisation, qui doit se faire conformément à la procédure des marchés publics, est
une activité déterminante du processus d’élaboration de la stratégie.
- Rencontre de cadrage avec le facilitateur

44
Cette étape permet à la commission ad hoc et au facilitateur :
♦ d’harmoniser la compréhension des objectifs de la prestation ;
♦ de préciser le déroulement des différentes étapes de diagnostic, la méthodologie
utilisée, les appuis attendus et les résultats qui doivent en résulter ;
♦ de valider les outils et les supports qui seront utilisés pour la collecte des données et
des informations : fiches de collecte de données et guides d’entretien ;
♦ de valider le mode de collecte de données en fonction de leur nature (responsabilités
de la province / du facilitateur / du service technique déconcentré) ;
♦ d’arrêter le calendrier de processus d’élaboration de la stratégie sectorielle de SPEPA ;
♦ de fixer le nombre et la nature des réunions et les conditions de leur prise en charge ;

- Le lancement de l’élaboration de la stratégie


Elle consiste essentiellement en la tenue de l’atelier d’information et de lancement officiel
du processus d’élaboration du plan stratégique. Sous l’égide du Ministre en charge du
service public de l’eau potable, la régie provinciale organise la tenue d’un atelier d’information
auquel participent les membres de l’assemblée provinciale, les maires des communes, de
la commission ad hoc, les services techniques de l’Etat, les partenaires et les personnes
ressources de la province.

Cet atelier est présidé par le Ministre provincial en charge du service public de l’eau potable et
animé par le bureau d’études. L’atelier répond aux objectifs suivants :
♦ créer l’adhésion des différents acteurs et de permettre aux élus provinciaux de
comprendre et d’accompagner activement le processus ;
♦ informer les participants sur les enjeux de l’élaboration de la stratégie et de son
déroulement ;
♦ présenter les différents acteurs et leurs rôles ;
♦ sensibiliser les participants sur la nécessité d’une mobilisation sociale pour
l’élaboration de la stratégie puis pour l’accompagnement de sa mise en œuvre ;
♦ présenter l’équipe du facilitateur (bureau d’études prestataire) ;
♦ lancer officiellement le processus.

- Diffusion de l’information à l’adresse de la population


Elle réside dans des tournées des élus locaux dans leurs villages ou arrondissement d’élection.
Une bonne information des populations et de l’ensemble des élus locaux doit être faite afin
que ceux-ci comprennent le processus, acceptent d’y participer et d’exprimer leurs opinions
et leurs attentes.

Le bon déroulement de cette activité incombe aux élus provinciaux qui mobilisent aussi bien les
chefs de quartiers ou de villages que les populations. L’information auprès des populations par
le biais de réunions. Il est bien que la radio locale couvrant la province soit mise à contribution.

45
Conseil Pratique

La réussite de la planification dépend fortement de la phase préparatoire (préparation


et lancement) car c’est le moment d’engager tous les acteurs dans le processus
de planification stratégique et de solliciter leur contribution.
Il est donc important d’identifier et mobiliser tous les acteurs provinciaux même
les acteurs non habituels du secteur.
Les ETDs seront les acteurs à prendre en compte et à intégrer systématiquement
dans toutes les instances de décision et concertation.

[Link]. Phase de diagnostic stratégique

La phase de diagnostic est une phase clé du processus d’élaboration d’une stratégie.
Elle permet à la province et à ses partenaires d’identifier les forces, les faiblesses, les
potentialités ou les opportunités et les menaces qui caractérisent l’évolution de la situation
des différents segments des services de l’AEP, d’une part ; et d’autre part, fixer les enjeux et
les défis de la fourniture des services d’eau potable et d’assainissement dans la province en
vue d’orienter les futures actions de développement des services.

Le diagnostic doit être mené de manière différenciée selon le milieu de résidence des
acteurs (urbain et rural) et selon d’autres paramètres jugés pertinents par le facilitateur et la
commission ad hoc.

Toutefois, Il ne s’agit pas de faire une monographie complexe de la province mais de faire
preuve de discernement pour recueillir les éléments nécessaires et suffisants permettant de
s’engager dans l’élaboration de la stratégie proprement dite.

Son objectif principal poursuivi est l’établissement de données fiables pour la planification
et une base de référence par rapport à laquelle le plan fera l’objet de suivi et de reddition des
comptes par rapport aux engagements des différents acteurs.

Dans cette perspective, le diagnostic à établir doit concerner à la fois l’environnement interne
de la province et son environnement extérieur (régional, national et international) et l’état de
l’accès aux services AEP.

Le diagnostic permet à la province et à tous les résidents de mieux connaitre les performances
du sous-secteur AEP à son échelle, d’appréhender l’accès par les personnes ayant des besoins
spécifiques (les femmes et les enfants) ou vulnérables, de cerner les contraintes et les
potentialités.
Il permet d’avoir une nouvelle vision qui incite à rechercher de solutions idoines aux problèmes
mis en évidence.

46
Au terme du diagnostic, les résultats attendus qui seront consignés dans le rapport de
diagnostic sont les suivants :
♦ Une connaissance des capacités institutionnelles de la province à exercer la maîtrise
d’ouvrage locale et des besoins de développement de capacités pour l’exercer.
♦ Une connaissance des déterminants liés à l’environnement physique et socio-culturel
et des conditions des usagers à supporter les services publics d’AEP.
• Le milieu physique, principalement les ressources en sols, les ressources en eau, les
ressources végétales disponibles pour la vie de la province ;
• Le milieu humain, à savoir les caractéristiques démographiques (recensement de la
population, les mouvements migratoires, les ethnies et les pratiques religieuses…) ;
• L’organisation socioculturelle soit l’organisation politico-administrative de la
province et les rapports sociaux entre les différents groupes dans la province, la place
et le rôle des femmes, des jeunes, des vieux, le recensement des groupes organisés,
les relations entre la province et l’extérieur ;
• L’occupation et la gestion de l’espace : une description de l’organisation spatiale
(agriculture, habitation, commerces, transport…), la localisation des quartiers, le mode
de gestion du foncier, les problèmes liés à la gestion de l’espace ;
• Les infrastructures socio-économiques de base à savoir un relevé de l’état, des
modalités et difficultés de gestion de chaque type d’infrastructure (santé, éducation,
marchandes, économiques et de production) ;
• Les activités économiques c’est-à-dire les types et les niveaux de production
agricole et d’élevage, les activités marchandes et de transport, le tourisme… ;
♦ Une connaissance claire de l’état du patrimoine AEP et de son potentiel à répondre aux
besoins des usagers ;
La situation du secteur de l’AEP : situation en eau potable (ouvrages hydrauliques), analyse de
la problématique de l’eau potable (accès à l’eau potable, les contraintes majeures rencontrées
en eau potable), contraintes du sous-secteur hygiène et assainissement l’existence
d’investisseurs privés dans les services AEP, notamment les AEPS…

Ces différentes analyses devront être confortées par une appréciation d’une part, des
modalités actuelles de gestion du service de l’eau et de l’assainissement et, d’autre part, de
l’appropriation par les autorités Provinciales des outils développés dans le cadre de la Réforme
du système de gestion des infrastructures hydrauliques (document synthétique présentant
les principes de la Réforme, contrats type d’affermage, concession et de gérance solution de
régies Provinciales, contrats types avec des artisans réparateurs, contrats types province-
ASUREP, les cahiers de charges concessionnelles entre les ETD et les opérateurs privés dans
le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) orienté inclusion des pauvres et vulnérables aux
services AEP, etc.) ;
♦ Une base de référence des niveaux de services d’AEPHA, des opérateurs de services et
leur capacité ;
♦ Une connaissance de la couverture des différents coûts du cycle de vie des services
actuels et futurs afin de parvenir à l’accès universel avec la pérennité requise ;

47
♦ Une connaissance du potentiel des ressources en eau en termes de quantité et de
qualité pour satisfaire durablement la demande.

NB : Quelle que soit la méthode participative retenue (MARP, ZOPP, SWOT…) le résultat de
l’exercice de diagnostic doit permettre à l’Assemblée Provinciale d’identifier clairement
les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces du secteur de l’AEP au
niveau provincial, et ainsi adapter les objectifs aux réalités, puis formuler des stratégies de
développement en vue de l’atteinte des ODD.
Cette phase dure en moyenne 1, 5 à 2 mois si des bases de données existent et aussi en
fonction de la taille de la province.

Principales activités du diagnostic

- Exploiter les documents disponibles


L’exploitation documentaire permet au facilitateur (consultant ou bureau d’études) d’avoir un
aperçu préliminaire de la situation de la province et d’orienter les recherches complémentaires
ou les précisions à mobiliser sur le terrain.

Elle consiste en l’identification et la capture des informations et données pertinentes relatives


à la situation de l’AEP et des actions en cours. Elle donne lieu à un corpus d’informations et
données consignées dans des notes de lecture ou des tableaux de données statistiques.

Les principales sources d’informations sont :


♦ les documents nationaux de loi, de code, de politiques et stratégie relatif à l’AEP ;
♦ les documents régionaux ou communaux de schémas d’aménagement, de plan d’action
ou de stratégie ou de planification technique ou financière touchant à l’AEP ;
♦ les documents de schémas d’aménagement, de plan d’action ou de stratégie à l’échelle
des bassins versant touchant une portion du territoire Provincial ;
♦ les rapports d’évaluation du Plan Provincial de Financement de l’Approvisionnement
en Eau Potable (PPF-AEP) arrivé à terme, de rapport d’activités, d’études thématiques
disponibles au niveau de la province, des services déconcentrés et des projets, ayant un
lien fondamental ou significatif avec le développement de l’AEP.
♦ les statistiques officielles, tels que le recensement de la population, Santé, profil de
pauvreté, etc.
♦ les résultats d’enquêtes déjà réalisées ou statistiques disponibles concernant l’AEP;

Le corpus d’informations et données établi est censé être complété ou actualisé par les
informations et données collectées sur le terrain auprès des acteurs ciblés dans le cadre de
la mission.

48
- Evaluer le Plan Provincial de Financement de l’Approvisionnement
en Eau Potable (PPF-AEP) en cours
L’évaluation du PPF-AEP en cours est orientée vers la connaissance des conditions de mise
en œuvre du PPF-AEP dans l’objectif de tirer les leçons pour mieux orienter les solutions et
remplir les conditions de leur faisabilité. Si la province n’a pas renseignée les documents de
suivi-évaluation, le facilitateur devra concevoir un outil pour conduire une évaluation rapide.

- Evaluer les capacités institutionnelles d’exercice de la maîtrise d’ouvrage


locale par la province
L’AEP est une des compétences transférées aux provinces par l’État et qui à leur tour ont
délégué aux régies provinciales des services publics d’eau potable. Par ailleurs le Ministère
de l’énergie et des ressources hydrauliques a un devoir d’appui aux provinces. Aussi pour être
complet, et créer les conditions pour atteindre les objectifs, l’évaluation de la performance de
la maîtrise d’ouvrage sera étendue aux structures d’appui à la maitrise d’ouvrage provinciale
et aux opérateurs de services.

Il est également important de comprendre les priorités, les capacités et les facteurs dans le
secteur au sens large et au niveau de la province qui peuvent soutenir ou entraver les efforts
d’amélioration.
Les résultats attendus de cette évaluation sont :
• Les mesures d’établissement ou de renforcement des structures institutionnelles
sont identifiées ;
• Les besoins de renforcement des capacités en quantité et en qualité sont identifiés ;

Il est préconisé d’utiliser les méthode et outils suivants :


Pour la conformité de la province aux orientations nationales :
• la conformité de la province avec le système de gestion des infrastructures
hydrauliques AEP en milieu rural et urbain ainsi que les mécanismes de collaboration
avec les opérateurs le cas échéant.
• La mise en application de la réglementation au niveau local
Pour la capacité de management:
• L’audit organisationnel rapide du service technique en charge de l’eau ;
• L’évaluation de la capacité managériale de la province (structuration du service
administratif et financier, contrôle et suivi-évaluation des services) sont examinées à
travers des entretiens semi-structuré avec les autorités provinciales et les directions
déconcentrées de l’état.

- Identifier et analyser les déterminants physiques, socio-culturelles


et socio-économiques de l’AEP
Ce sont les données générales sur la province. Elles doivent comporter au moins les champs
suivants : le milieu physique, le milieu humain, l’organisation socioculturelle, l’occupation,
l’habitat et la gestion de l’espace, la situation de pauvreté de la population, les infrastructures

49
socio-économiques de base, les activités économiques, les partenaires techniques et
financiers de la province. L’objectif de cette partie est d’identifier les paramètres physiques,
socio-culturelles et socio-économiques qui ont une incidence sur l’accès aux services ;

Les résultats attendus cernent des aspects très importants dans les champs suivants :
• L’évolution spatiale et urbanistique de la province ;
• Le milieu humain et l’organisation socioculturelle ; les connaissances et les
comportements en matière d’hygiène,
• La population et la situation de pauvreté de la population ;
• Les entraves psychologiques et culturelles à l’accès aux services : les connaissances
des risques liés au déficit d’AEP, les raisons qui sous-tendent les pratiques des
populations ;
• Les activités économiques et les infrastructures socio-économiques de base ;
• Les aspirations des populations et la cohésion sociale ;
• La perception de l’action publique, de l’administration Provinciale et des services
techniques déconcentrés ;
• Les logiques organisationnelles et les capacités d’actions des acteurs ;

Les résultats de questionnaires ou d’inventaires doivent être compilées, vérifiées et apurées.


Ensuite, elles donnent lieu à des statistiques simples ou croisées permettant une lecture de
la situation et des tendances d’évolution.

- Réaliser l’inventaire des actifs de l’AEP


L’inventaire des actifs permet d’avoir une situation exhaustive des différents types de
systèmes AEP implantés sur le territoire provincial ainsi que les taux de couverture AEP. Il
s’agit de mettre à jour les données existantes et de faire une monographie des systèmes AEP
et PEA. Ils seront classés en fonction du type, de l’âge, de l’état technique actuel et de la date
d’amortissement comptable des infrastructures et des équipements en présence ; ceci dans le
but de prendre des décisions ultérieures pour leur mise à niveau ou prédire leur renouvellement
ou leur extension.

C’est la source pour la création d’une base de données et la production de cartes thématiques
pour la province. L’objectif est d’établir une situation exhaustive des différents types de
systèmes AEP implantés sur le territoire Provincial.

Résultats attendus :
- Bases de données existantes à jour ;
- Monographie des systèmes AEP ;
- Investissement en cours ou programmées ;
- Valeurs historique et vénales des patrimoines AEP.

50
Conseil Pratique

Cette partie est déterminante dans la suite pour les choix d’option d’investissement.
Il est donc important pour chaque type d’ouvrage de faire un audit technique qui
permettrait de connaitre son état actuel, ses potentialités en termes d’extension ou de
transformation (transformer des PMH et mini-AEP ou PEA).

- Evaluer les niveaux de services et les capacités des opérateurs de services

La qualité des services à la clientèle ou aux usagers constitue l’une des grandes préoccupations
des acteurs des professionnels de l’AEP, notamment en milieu rural et semi-urbain où les
pannes des AEPS/PEA et des PEM évoluent peu à la baisse et la continuité du service est très
aléatoire.

Les objectifs seront de :


• Établir les taux d’accès à l’AEP et l’assainissement par niveau de service suivant
les définitions issues des ODD et celles au niveau nationales (normes, critères et
indicateurs d’accès aux services au niveau national) en vue d’avoir une base de
référence pour le suivi des progrès ;
• Établir les performances actuelles des opérateurs de service (fermiers, ASUREP,
concessionnaire) en vue de prendre des dispositions pour la mesure et l’amélioration
des prestations.

Méthode et outils
La base de l’évaluation est constituée des données existantes, des données collectées
auprès des usagers et des opérateurs et une combinaison des deux sources en vue de tirer
des conclusions correctement renseignées.

Les données existantes incluent essentiellement des données d’enquêtes à grappes à


indicateurs multiples (MICS), d’enquêtes démographiques et de santé, des enquêtes en
matière d’AEP précédentes dans la province, etc.

• Les enquêtes auprès des ménages statistiquement représentatifs sur les sujets
suivants : (i) les niveaux de services d’AEPHA auxquels les ménages accèdent
actuellement, (ii) les connaissances, les attitudes et les pratiques dans les ménages
en matière d’assainissement et d’hygiène et de consommation d’eau, (iii) la volonté et
la capacité de payer pour les services d’AEPHA.
• Les enquêtes auprès des ménages peuvent être complétées par des aspects tels
que l’échantillonnage de la qualité de l’eau au niveau des installations, les enquêtes
sanitaires, afin de recueillir, entre autres, des informations sur l’équité en termes
d’accès.

51
• Les enquêtes sur l’AEP dans les institutions : une enquête exhaustive sur le statut
en matière d’AEPHA des institutions publiques, telles que les écoles et les centres de
santé, et potentiellement aussi sur les connaissances et les pratiques du personnel et
des élèves et des patients.
• Les données sur les points de desserte des services ainsi que les données
d’exploitation des différents systèmes AEP collectées auprès des opérateurs de
service (concessionnaire, fermiers, vidangeurs, ASUREP) permettent de déterminer
les niveaux d’accès. Ils seront classifiés selon les normes et les critères d’accès et
confrontés aux exigences des ODD 6.1et 6.2.

L’analyse croisée des données vont permettre d’établir une base de référence fiable
pour la planification. Une attention particulière sera accordée à la disponibilité et
la continuité du service, la qualité de l’eau et l’information sous-jacente sur les
aspirations des usagers à une amélioration des prestations des opérateurs et
l’élévation des niveaux de service. Il faut sortir du schéma où on considère les normes
comme étant les aspirations des usagers.

En ce qui concerne les opérateurs de service, leurs performances seront mesurées à travers
des enquêtes et des fiches d’appréciation.

- Comprendre les coûts et les dépenses de la fourniture des services AEP


Les flux financiers pour la construction des infrastructures, l’exploitation des services,
l’entretien et le renouvellement des installations ainsi que les coûts indirects de fourniture de
services (maîtrise d’ouvrage, contrôle et audit des services) seront collectés dans l’optique
d’évaluer leur régularité et leur suffisance pour atteindre les objectifs de développement qui
seront fixés.

Les coûts seront classés en fonction des trois principales sources de financements (le tarif, les
taxes et les transferts). Les dépenses des ménages pour la construction des infrastructures
domestiques (toilette, raccordement au réseau d’eau par ex.) seront également collectées.

Si les données de comptabilité analytique sont disponibles, l’analyse des différents coûts du
cycle de vie des services sera effectuée afin de mesurer la durabilité des services. On pourra
alors tirer les conclusions sur la capacité des usagers de la province à supporter le service de
l’eau et de l’assainissement, le potentiel de financement endogène de la province, et le volume
des financements mobilisables par le réseau des partenaires de la province.

L’objectif est de :
• Evaluer la durabilité des services sur la base de l’analyse de la couverture des coûts du
cycle de vie complet de la fourniture et du maintien des services d’AEP dans la province ;
• Identifier les finances nécessaires à la mise en œuvre du plan et leurs sources
potentielles ;

52
Les coûts récurrents actuels et futurs sont composés des coûts d’exploitation et d’entretien
courant (opération et maintenance), de réparation, de remplacement, d’extension, ainsi que
les coûts de suivi et de soutien des prestataires de services.
Des différentes informations seront recherchées auprès des autorités chargées de la
régulation et des acteurs opérationnels.
• Entretiens avec autorités locales pour l’examen de leurs dépenses pour le suivi et le
contrôle des services ;
• Entretiens avec des prestataires de services pour l’examen de leurs flux financiers ;
• Analyse des registres d’actifs et des coûts unitaires moyens (incluant potentiellement
les coûts de conception technique)
• Consolidation des données, analyse et validation par les parties prenantes.

- Évaluer la disponibilité des ressources en eau pour l’AEP


La connaissance de la quantité et la qualité des ressources en eau est nécessaire à une
planification qui assure la sécurité de l’approvisionnement en eau potable. Le diagnostic
est orienté vers l’identification du potentiel, les possibilités de mutualisation des usages
ou d’importation de ressources en eau, ainsi que les menaces qui pèsent sur leur qualité et
capacité de renouvellement.

L’objectif de cette évaluation est de :


• Etablir une connaissance suffisante des ressources en eau potentiellement
• disponibles pour la province (ressources en eau de la province, importation d’autres
horizons, utilisation concurrentielles, quantité, qualité) ;
• Établir une base de référence pour le suivi ultérieur.

- Autres études complémentaires


Quelques études complémentaires ou la confirmation de choix sont nécessaires afin de
consolider les plans stratégiques des provinces. Les problématiques concernées sont les
suivantes :

♦ Domaine transversal
• AFDH pour comprendre comment surmonter les obstacles pour atteindre l’accès
universel à des services de qualité pour tous
• Efficacité des modèles choisis ou appliqués par la province pour gérer ses services.
• Approche par les pairs
• Approche à ne pas nuire

♦ Approvisionnement en eau potable


• Étude de choix de technologies ou de systèmes adaptés à la poursuite de l’objectif
d’accès universel à des services d’eau en toute sécurité ;
• Examen de la faisabilité des possibilités de mutualisation de la production et le transport
d’eau potable (Centre de production d’eau) ;
• Adaptation des modèles de gestion aux besoins de la province.

53
- Mettre en cohérence les informations et les données collectées
Les données de questionnaires ou d’inventaires doivent être compilées, vérifiées et apurées.
Ensuite, elles donnent lieu à des statistiques simples ou croisées permettant une lecture de
la situation et de son évolution.

Les informations collectées dans le cadre des entretiens qui sont de nature qualitative font
également l’objet de traitement à travers une analyse de contenu et une analyse comparée
(triangulation). Ce traitement permet de cerner des aspects très importants, tels que les
aspirations et les besoins des populations, la cohésion sociale, les entraves psychologiques
et culturelles, la perception de l’action publique de l’administration Provinciale et des services
techniques déconcentrés, les connaissances des risques liés au déficit d’AEP par la population,
les raisons qui sous-tendent les pratiques, les logiques organisationnelles et les capacités
d’actions des acteurs, etc.

Le traitement des informations et données réside également dans la consolidation de celles de


sources primaires (enquêtes et inventaires réalisés dans le cadre de la mission) et de sources
secondaires issues de l’exploitation documentaire.
Le traitement des informations et des données peut donner lieu à une note des principales
constatations ou problématiques inhérentes au développement de l’hygiène et de
l’assainissement, dont certains points doivent être approfondis dans le cadre d’entretiens
complémentaires avec des personnes de ressources. Cette note doit aboutir au tableau
d’analyse FFOM.

FACTEURS EXTERNES FACTEURS INTERNES

Menaces (M) Forces (F)


ANALYSE
SWOT/FFOM
Opportunités (O) Faiblesses (F)

- Rédiger le rapport provisoire de diagnostic

Le facilitateur élabore le rapport provisoire du diagnostic censé contenir au moins les points
suivants :
♦ Les données générales sur la province ;
♦ L’évaluation PPF-AEP achevés, en termes de pertinence, d’efficacité, d’efficience,
d’impact et de durabilité ;
♦ Les capacités d’action de l’institution Provinciale et des structures techniques
déconcentrés concernées par le développement, l’animation et le contrôle de la
fourniture des services de l’AEP ;
♦ Les déterminants d’accès aux services d’eau potable ;
♦ L’inventaire des infrastructures et la connaissance des investissements en capital ;

54
♦ L’état des lieux (inventaire de l’existant) des opérateurs, des pratiques des usagers, de
la gestion des services, de la gouvernance, la prise en compte des personnes pauvres
ou vulnérables, et des interventions en cours ou planifiés ;
♦ Les bases de référence des niveaux de services, leur qualité et leur pérennité et
l’estimation des besoins prioritaires des usagers ;
♦ L’estimation des moyens alloués au développement de l’AEP par la province ;
♦ La validité des choix de technologies ou de systèmes adaptés à la poursuite de l’objectif
d’accès universel à des services d’eau en toute sécurité ;
♦ L’équité, la participation et le genre afin de comprendre comment surmonter les
obstacles pour atteindre l’accès universel à des services de qualité pour tous
♦ L’examen de la faisabilité des possibilités de mutualisation de la production et le
transport d’eau potable interprovincial (Centre de production d’eau) ;
♦ Les forces, faiblesses, opportunités et menaces de l’AEP à caractère stratégique ;
♦ Les enjeux et défis identifiés.

- Restituer le diagnostic
Le rapport est d’abord présenté en réunion restreinte à la province et à la commission ad’ hoc
afin de juger de sa suffisance pour une restitution. Il est ensuite restitué au cours d’un atelier de
restitution et de validation au niveau de la province et l’ensemble des parties prenantes.

- Elaborer le rapport final de diagnostic


Suite à la restitution, le prestataire procède reprise du rapport provisoire en rapport final de
diagnostic, sur la base des observations et des amendements au rapport provisoire qui lui sont
notifiés, par le comité de pilotage.

Conseil Pratique

Sans le diagnostic il n’y a pas de planification stratégique pertinente.


La phase diagnostic doit être suivi de bout en bout par les services techniques
en charge de l’eau et de l’assainissement de la province pour s’assurer
que les données collectées sont de bonne qualité.
Eviter de penser que le facilitateur est payé pour le travail donc il le fait seul car
après sa prestation le document vous reviendra et vous devriez être
en mesure de le présenter et de la défendre

55
[Link]. Phase de formulation de la stratégie Provinciale
de développement des services d’AEP

L’objectif de cette phase est d’élaborer une stratégie de développement des services publics
d’eau et un plan d’action assorti d’un plan de financement et d’un calendrier d’exécution, à
l’échelle provinciale pour atteindre et maintenir l’accès universel aux services AEP.

Deux résultats ont attendus de cette phase. Il s’agit de :


♦ Un plan stratégique en matière d’eau potable et d’assainissement est fondé sur des
données fiables, échelonné et chiffré, comportant : des cibles, des impacts par étape,
des activités, des dispositions de mise en œuvre et de suivi-évaluation, une stratégie
de mobilisation des ressources, une analyse et une gestion des risques ;
♦ Un plan d’action à moyen terme adopté et lancé à l’échelle provincial avec l’adhésion des
acteurs locaux, l’aval des Directions centrales et déconcentrées du Ministère chargé de
l’hydraulique, le soutien des PTF intervenant dans la province.

Sur le plan de la méthode, le processus global de planification est participatif et inclusif, jalonné
par les échanges au cours d’ateliers et de réunions pour l’appropriation et l’internalisation par
les acteurs afin de faciliter ultérieurement le pilotage du plan par la province, la mobilisation
des ressources, l’évaluation des progrès par la société civile.

C’est l’autorité provinciale elle-même qui doit piloter l’élaboration de la stratégie, car c’est elle
qui doit mobiliser les ressources, aligner et harmoniser les interventions des partenaires de la
province (Etat, PTF, ONG). Afin de donner une forte légitimité nécessaire à sa pérennisation,
l’élaboration de la stratégie devra être non partisane. Il faut se souvenir que la stratégie
constitue la base pour l’évaluation des progrès par la société civile et la redevabilité envers
les citoyens.
La durée de cette phase est de 1.5 mois avec un mois de travail pour le facilitateur.

Principales activités

- Conduite de l’atelier de planification stratégique


Le choix des axes stratégiques, des solutions et de leur priorisation sont opérés au cours d’un
atelier ou retraite de planification, réunissant les acteurs clés (ministre provincial en charge du
service public de l’eau, Commission ad’ hoc, Gouvernement provincial, personnes ressources
de la province). L’exercice consiste à entrer dans un processus normal de planification
participative au cours duquel le facilitateur oriente et suscite les réflexions des participants
sur les points suivant de planification.

- Consolidation des résultats du diagnostic


La masse des données et des informations collectées au cours de la phase de diagnostic
doivent être organisées et harmonisées. Cet exercice va éclairer le choix des défis à relever
et des principaux obstacles à lever pour assurer le développement continu de l’AEP dans la

56
province. Dans cet exercice le tableau d’analyse FFOM reste très important à représenter.

- Fondements de la stratégie
Les fondements de la stratégie sont constitués des engagements de l’État tant au niveau
international, régional et national pour la satisfaction des besoins en eau potable.

- Principes directeurs
En fonction de l’environnement socio-économique de la province, les acteurs adoptent
par consensus des principes directeurs. Ce sont les valeurs et les règles qui vont guider la
formulation, la mise en œuvre et le suivi-évaluation de la stratégie.
Chaque principe directeur doit être spécifiquement expliqué de le mettre en contexte, d’éviter
les différences d’interprétation et favoriser une gestion axée sur les résultats dans la conduite
des actions de la stratégie et éviter les bavardages inutiles.

- Orientations stratégiques
L‘exercice consiste à
♦ Définir un objectif d’amélioration par composante et rédigé sous forme d’axe stratégique.
Le nombre de composantes peut varier de 3 à 5. Les objectifs d’amélioration des servies
AEP sont des réponses aux problèmes (faiblesses identifiées dans l’analyse FFOM) et
aux enjeux et défis exprimés par la population. L’accent est mis sur la durabilité et la
pérennité des services.
♦ Identifier les solutions et les cibles pour chaque objectif stratégique et les prioriser. Les
activités de cette étape consistent à identifier les différentes solutions qui permettent
d’atteindre l’objectif recherché. Les solutions choisies doivent être dynamiques pour
permettre d’adresser l’objectif concerné et rester en synergie avec les solutions des
autres objectifs.

Les solutions sont regroupées dans des axes stratégiques. Elles doivent respecter au moins :
- L’équité de l’accès aux services ;
- le respect de l’environnement ;
- la durabilité des services ;
- L’AFDH.

Les cibles à atteindre à des étapes précises du processus de mise en œuvre de la stratégie
doivent rester réalistes et dans les capacités des acteurs. La réalisation de la stratégie est
subdivisée en plusieurs phases avec une révision et une mise à jour à des dates fixées. Les
cibles seront alors réajustées en fonction des résultats obtenus tout en gardant la cible finale.

L’exercice devra s’achever par l’élaboration d’un cadre de mise en œuvre de la stratégie et la
budgétisation des actions.

57
- Mécanismes de mise en œuvre et de suivi-évaluation
Les mécanismes de mise en œuvre et de suivi-évaluation doivent être détaillés dans la
stratégie, notamment les rôles et les responsabilités des acteurs, les flux financiers. Les
mécanismes de mise en œuvre doivent être souples afin de permettre la combinaison des
interventions des différents acteurs (Gouvernement, PTF, ONG) sans toutefois déstabiliser la
stratégie.

La mission de suivi et d’évaluation de la stratégie doit être confiée à l’un des cadres de
concertation existants dans la province, afin que les données générées par le suivi restent en
harmonie avec les systèmes existants.

- Risques et gestion des risques


Les circonstances ou les évènements potentiels qui dépassent le champ de la stratégie et
qui peuvent contrarier l’atteinte des résultats de chaque axe sont identifiés et classés en
risques faibles, moyens ou forts. En fonction du niveau de risque, des mesures d’adaptation,
de contournement ou d’atténuation seront élaborées pour les gérer.

- Rédiger le document de présentation de la stratégie


La rédaction du document de stratégie est confiée au facilitateur. Pour la rédaction des options
stratégiques retenues le facilitateur doit se référer aux cadres programmatiques sectoriels en
vue de s’assurer de la cohérence entre la stratégie et ces documents sectoriels. Il revient
à l’équipe du facilitateur de tester la cohérence entre la vision, les axes stratégiques, les
solutions proposées et le réalisme des cibles à atteindre.

58
- Elaborer le plan d’action à moyen terme
Le plan d’action est le produit dérivé de l’activité précédente. L’objectif de cette phase est de
mettre au point un document opérationnel sur
♦ Les résultats attendus par composante au cours de la période, les indicateurs d’impact
et les indicateurs d’effet liés ;
♦ Les activités à réaliser pour mener à bien chaque action ou projet, leur coût, les
indicateurs d’activité et les échéances.

Pour chaque action retenue, les résultats attendus à l’échéance programmatique sont formulés
en tenant compte de la situation de départ et des contraintes liées au contexte, y compris les
contraintes financières. Les principaux supports de travail utilisés sont : le cadre logique, les
fiches projet, les fiches activité, un tableau des prix unitaires.

Le plan d’action s’élabore dans une période où il y a des actions en cours au niveau de la province.
Ces actions sont soit financées par la collectivité et/ou le gouvernement ou financés par
les partenaires de la province. Tous ces financements ou actions en cours ont été identifiés
pendant le diagnostic.

Dans l’élaboration du plan d’action il est important de prendre en compte ces actions ou
financement déjà acquis en tenant compte de la période de mise en œuvre.
La budgétisation du plan d’action peut prendre le format ci-dessous.

Activité Coût estimatif de mise en œuvre


Année Quantité Cout Montant Montant Montant Montant Montant Total
unitaire An1 An2 An3 An4 An4
Axe stratégique 1

Résultat intermédiaire 1 (RI1)

Activité 1

Pour ce qui est des ouvrages à réaliser il est important d’utiliser les coûts unitaires justifiés ou
standards.

Attention

Veiller ne pas réduire le plan d’action aux financements acquis car le plan d’action est un
outil de mise en œuvre du plan stratégique donc doit s’inscrire dans une dynamique des
actions à mettre en œuvre pendant les cinq prochaines années pour espérer atteindre
les objectifs et la vision de la province.

59
[Link]. Phase de validation de la stratégie et du plan d’action

La validation du plan stratégique comprend trois principales activités :


⚪ Validation technique ;
⚪ Adoption par le gouvernement provincial en conseil des ministres ou les conseils
exécutifs des ETD ;
⚪ Autorisation de mise en œuvre du ministre ayant le secteur de l’eau dans ses attributions.

La durée de l’étape d’adoption du Plan d’investissement-AEP ne doit pas dépasser un (1) mois.

- Validation technique du plan d’investissement des services


publics d’eau potable
L’objectif de la validation technique et de s’assurer de la validité et la cohérence des choix
techniques retenus, et de la cohérence avec les programmes sectoriels.

Le plan stratégique est soumis par la province au ministère en charge de l’eau pour validation
technique, et ceci dans le cadre des fonctions régaliennes de l’Etat.
C’est une étape obligatoire.

60
- Adoption du plan d’investissement par le gouvernement provincial
L’adoption du plan d’investissement s’effectue au cours d’une session de conseil des ministres
régulièrement convoquée. Cette adoption par le gouvernement provincial permet de s’assurer
que le consensus est acquis sur les orientations, que le processus de planification a pris en
compte les besoins et aspirations de la province et les ETD et que le gouvernement provincial
s’engage sur le plan d’action à moyen terme.

Il serait important qu’au cours de sa délibération, il y ait un engagement de la province à faire


en sorte que toutes les interventions (y compris Gouvernement, PTF, ONG, coopération
décentralisée, communes et le secteur privé) sur son territoire soient conformes au plan
stratégique.

- Autorisation de mise en œuvre du plan d’investissement


L’autorisation pour la mise en œuvre du plan d’investissement sera faite par le ministre
gouverneur de province.

[Link]. Phase de mise en œuvre de la stratégie et du plan d’action

La réussite de l’exécution du plan d’investissement repose non seulement sur une bonne
stratégie de mise en œuvre adaptée au contexte de la province mais aussi sur des mécanismes
fiables et la prise en compte des risques et de certains prérequis qui peuvent compromettre
la dynamique.

Les outils de mise en œuvre du plan stratégique sont :


- Plan de communication et du marketing de la stratégie
- Plan d’action ou d’investissement
- Plan annuel de travail budgétisé (PTAB)

a) Plan de communication et marketing


Le plan de communication et de marketing est élaboré pendant l’élaboration de la stratégie ou
après la validation du plan stratégique.

Il a pour objectif de promouvoir le plan et mobiliser tous les acteurs pour sa mise en œuvre.
Il consiste à exécuter les activités suivantes :
- Confection des visuels de communication, ici un résumé édité du plan stratégique.
Ce document servira de Support pour rencontrer les partenaires de la province
- Cérémonie de lancement officiel. Elle consiste à organiser une cérémonie parrainée
par une haute autorité pour le lancement de la mise en œuvre du plan stratégique.
C’est l’occasion de mobiliser l’ensemble des acteurs et surtout des partenaires
techniques et financiers et demander leur engagement auprès de la province dans
la mise en œuvre du plan stratégique.

61
- Les audiences auprès des partenaires. On distingue trois types d’audiences :
Audiences auprès des autorités politiques, administratives et religieuses, les
audiences auprès des PTF et les audiences auprès des ONGs et Associations de
développement. Avant chaque audience il est important de connaitre les centres
d’intérêt de chaque acteur et de préparer un discours en conséquence.

b) Plan d’action ou le plan d’investissement


Le plan d’action ou plan d’investissement est un outil de mise en œuvre du plan stratégique. Il
est élaboré sur une période de 5 ans et comporte les actions à court termes et à moyen termes
extraite du plan opérationnel global du plan stratégique. Ces actions doivent contribuer à
l’atteinte des objectifs fixés dans le plan stratégique pour l’atteinte de la vision de la province
à long termes.

c) Plan de travail annuel Budgétisé (PTAB)


Sur la base du plan d’action, la Province élabore chaque année un plan de travail annuel
budgétisé. C’est à la suite de la validation du bilan annuel de mise en œuvre de la stratégie
qu’un PTAB est élaboré sur la base du plan d’action. Il identifie les activités à conduire dans
l’année en fonction des financement acquis, des perspectives de mobilisations et des cibles à
atteindre dans le plan d’action.

62
Chapitre IV :
LA MOBILISATION DES
RESSOURCES FINANCIÈRES
La mobilisation de financement pour le service public de l’eau potable en République
démocratique du Congo (RDC) revêt une importance cruciale pour plusieurs raisons :
1. Amélioration de l’accès à l’eau potable : La mobilisation de financement permet de
financer les études, la construction, la réhabilitation et l’extension des infrastructures
de l’eau potable, telles que les stations de captage, les aménagements des sources
d’eau, les stations de traitement, les réseaux de distribution et les réservoirs, , les
forages, les bornes fontaines, la source d’énergie adéquate, etc. Cela contribue à
améliorer l’accès à l’eau potable dans les communautés en général, en particulier
dans les zones rurales et les quartiers urbains défavorisés.
2. Qualité de l’eau et santé publique : Les ressources financières mobilisées peuvent
être utilisées pour mettre en place des systèmes efficaces de traitement de l’eau
répondant aux normes, assurant ainsi une meilleure qualité de l’eau potable fournie
aux consommateurs. Cela réduit les risques de maladies d’origine hydrique et
contribue à améliorer la santé publique.
3. Durabilité des services : La mobilisation de financement permet d’assurer la gestion,
le contrôle, le suivi et la durabilité des ouvrages d’eau potable en garantissant
la maintenance régulière des infrastructures, la réparation des équipements
défectueux et le remplacement des composants obsolètes. Cela garantit la
continuité de la fourniture d’eau potable à long terme et évite les interruptions
fréquentes du service.
4. Développement économique et social : L’accès à l’eau potable est l’un des facteurs
clés pour le développement économique et social d’un pays.
La mobilisation de financement pour le service public de l’eau potable favorise la
productivité économique en fournissant de l’eau aux entreprises, aux exploitations
agropastorales, aux institutions publiques et aux industries. De plus, l’accès à
l’eau potable facilite l’éducation des enfants, en réduisant le temps, la corvée et
les risques des violences liées à la collecte d’eau pour les femmes et les filles, ce
qui leur permet de consacrer plus de temps à l’éducation, l’épargne et à d’autres
activités productives.
5. Gouvernance et transparence : La mobilisation de financement pour le service
public de l’eau potable exige une gestion transparente et responsable des
ressources financières. Cela encourage une meilleure gouvernance au sein des
régies provinciales de service public de l’eau en favorisant la responsabilité
financière, la reddition de comptes et la transparence dans l’utilisation des fonds.
Une bonne gestion financière contribue à renforcer la confiance des usagers et des
partenaires financiers, ce qui facilite l’obtention de financements supplémentaires.

En résumé, la mobilisation de financement pour le service public de l’eau potable en RDC


est essentielle pour améliorer l’accès à l’eau potable, assurer la qualité de l’eau, garantir la
durabilité des services, stimuler le développement économique et social, et promouvoir une
bonne gouvernance et transparence. Cela nécessite des investissements adéquats et une
gestion efficace des ressources financières pour répondre aux besoins de la population en
matière d’eau potable.

64
4.1. Le cadre légal de la mobilisation des ressources financières

En République démocratique du Congo (RDC), le cadre légal de la mobilisation des ressources


financières pour le service public de l’eau potable est établi par plusieurs textes législatifs et
réglementaires.

Voici quelques-uns des principaux éléments du cadre légal :


1. Loi N° 10/010 du 27 Avril 2010 relative aux marchés publics et loi n° 18/016 du 09
juillet 2018 relative au partenariat public-privé : Dans le cadre de la mobilisation
des ressources financières, les régies provinciales du service public de l’eau
peuvent conclure des conventions ou des contrats avec les utilisateurs, tels que
des contrats de fourniture d’eau potable, des conventions de gestion déléguée ou
des accords de partenariat public-privé. Ces documents précisent les conditions
financières, les obligations des parties et les mécanismes de paiement.
2. La loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relatives aux finances publiques, le budget des
provinces comprennent des ressources internes et des ressources externes. Loi
n° 15/026 du 31 décembre 2015 relative à l’eau : Cette loi spécifique concerne
la fourniture de l’eau potable en RDC. Elle établit les principes de tarification, de
financement et de gestion des services d’eau potable, ainsi que les droits et
obligations des usagers. Les Lois des finances, les édits des finances (Budgets
provinciaux), …,
3. Les textes réglementaires du secteur de l’eau : Le ministère en charge de l’eau
en RDC a émis plusieurs textes réglementaires complémentaires pour encadrer la
mobilisation des ressources financières. Cela peut inclure des arrêtés ministériels,
des directives techniques et des instructions administratives qui précisent les
modalités de tarification, de facturation, de collecte des paiements, de gestion
des recettes, etc.

4.2. Auprès de qui mobiliser les ressources financières ?

L’identification des partenaires doit considérer tout l’environnement au niveau local,


provincial, national, et international pour faire une liste (situation) des organisations/acteurs
qu’on y trouve ou qui sont connus dans le domaine AEP.
La liste doit être établie en prenant en compte différents niveaux/échelles.

Les différents niveaux ou échelles : Les acteurs du financement de l’AEP sont situés à plusieurs
niveaux et les échelles de l’intervention varient : depuis le niveau ménage jusqu’au niveau
international. Il faut dès lors faire des subdivisions pour les classer en fonction de l’échelle.

65
Figure 3: Les échelles des différents acteurs du financement de l’AEP

Niveau international

Union Européenne, Organisation des Nations Unies (ONU), Agence Internationale de


Développement (IDA), Agences de coopération,....

Niveau national

• Macro (Budget de l’Etat, MRHE, REGIDESO, Water-Aid, Eau et Assainissement pour


L’Afrique (EAA))...
• Méso ou intermédiaire (Gouvernement provincial, représentation provinciale des ONG,
services Etatiques et projets,...
• Micro (Association des ressortissants du village, groupements villageois, Association
d’Usagers d’Eau (AUE), Association Villageoise de Développement (AVD)...

Ci-après un exemple d’inventeur des acteurs pouvant financer la création, le développement


ou la réhabilitation des services publics de l’eau potable et de l’assainissement

Tableau 5: Exemple d’inventaire des acteurs dans le domaine AEP (non-exhaustif)

Niveau international
Union Européenne, Agences françaises de Développement (AFD),
UNICEF, Banque Mondiale Associations étrangères (occidentales)
BAD (Banque Africaine de Développement) Collectivités territoriales (occidentales)
Délégation de l’Union Européenne HCR (Haut-commissariat des Réfugiés)
Water-Aid, ENABEL (coopération belge)
Eau et Assainissement pour l’Afrique (EAA) HELVETAS
Action contre la Faim (ACF) Coopération Allemande,
Solidarité International (SI) USAID
OCADES, Coopération suédoise,
CRS Coopération japonaise (JICA)
Mercy Corps

Niveau national
Gouvernement Central

66
Niveau provincial
Gouvernement provincial, emprunts au niveau de la FRE (fonds de renouvellement et d’extension)
caisse de péréquation,
Régie provinciale de l’eau,

Niveau local
Association des ressortissants du village, Association des Usagers d’Eau, ASUREP, Comité de
Groupements et associations villageoises jumelage
Autres opérateurs

L’inventaire des acteurs reflète la réalité de la province et des opportunités en présence


impliquant une forte ou faible présence de différents acteurs.

4.2.1. Ressources financières endogènes

Aucun acteur et aucune ressource n’est à négliger, le citoyen, à travers les taxes, les impôts,
les droits d’usage, etc., participe à la mobilisation des ressources pour le budget de l’Etat et le
budget provincial.

Dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement, le citoyen


participe aux divers niveaux :
- Paiement de l’abonnement pour un branchement privé ;
- Paiement de l’eau au volume ;
- Contribution aux fonds de renouvellement et d’extension inclus dans le tarif de
l’eau.

4.2.2. Le budget de la province

Le budget de la province est composé de :


• Recettes courantes (parts des recettes à caractère national alloués aux
provinces, les impôts et taxes provinciaux d’intérêt commun, les impôts et taxes
spécifiques aux provinces relevant de la fiscalité directe ou indirecte, les recettes
administratives rattachées aux actes générateurs dont la décision relève de la
province, les recettes de participation de la province) ;
• De recettes en capital (les produits de cession d’actifs, les ressources et
subventions affectées aux dépenses d’investissement, notamment celles
provenant de la caisse nationale de péréquation) ;
• Et des recettes exceptionnelles (les dons et legs intérieurs des projets, les dons et
legs extérieurs des projets, les subventions éventuelles du pouvoir central, autres
que celles affectées aux investissements et les produits des emprunts) .

En RDC, la contribution des usagers à l’investissement initial n’est pas encore exigée, la
province en sa qualité de maître d’ouvrage doit mobiliser les ressources à tous les niveaux
pour financer le développement de service public de l’eau.

67
4.3. Le développement des partenariats
Le développement du partenariat repose sur trois principes fondamentaux :
• Equité,
• Transparence,
• Bénéfice mutuel.
Les trois principes sont ci-après expliqués dans le schéma ci-dessous.

Figure 4: Les trois principes pour développer le partenariat

1 Équité 2 Transparence 3 Bénéfice mutuel

Dans une relation de Franchise et honnêteté Si tous les partenaires


partenariat il y a dans les relations doivent contribuer au
d’énormes divergences d’affaires sont des partenariat, ils doivent
de pouvoir, de conditions préalables aussi avoir accès à ses
ressources et à la confiance (perçue bénéfices.
d’influences. par beaucoup comme Un partenariat qui se
L’équité ne veut pas un ingrédient important porte bien fera en sorte
dire égalité, mais dans la réussite d’un que chaque partenaire
implique d’avoir accès partenariat). puisse avoir des
et droit à la même table C’est seulement avantages spécifiques
de négociation et de par la transparence en sus des avantages
participer totalement. que le partenariat communs à tous les
Il s’agit de la validation pourra véritablement partenaires.
de toutes les rendre des comptes C’est seulement de
contributions y compris aux partenaires cette façon que le
celles qui ne sont pas contributeurs et autres partenariat pourra
simplement mesurables parties prenantes. s’assurer d’un
en termes financiers ou engagement continu de
en visibilité publique. ses partenaires et donc
pourra être durable.

Ces trois principes majeurs peuvent constituer un point de départ des discussions
entre futurs partenaires avant de formaliser le partenariat, les partenaires pourront par
la suite développer d’autres principes acceptés de tous.
Il importe que tous les partenaires se mettent d’accord pour se conformer
à ce que le groupe lui-même aura décidé d’adopter.

68
Les partenariats les plus stables et les plus efficaces sont ceux qui ont pu réunir les meilleures
organisations partenaires.
C’est pourquoi, en phase préliminaire, après avoir « tracé le contour » du partenariat, il est
nécessaire :
• D’identifier le genre d’organisations partenaires qui apporteraient de la valeur
ajoutée au partenariat ;
• D’explorer les options disponibles, soit en misant sur des contacts existants et qui
ont fait leurs preuves, soit en cherchant de nouveaux contacts ;
• De choisir les partenaires les mieux adaptés et obtenir leur participation active. Il
est bon de consacrer du temps à l’identification des partenaires.

4.3.1. Définition et processus partenariat

Un partenariat est une relation officielle dans laquelle au moins deux (2) parties ayant des
objectifs compatibles s’entendent pour œuvrer ensemble à son atteinte. Les partenariats
concernent les gens qui travaillent ensemble dans une relation qui leur procure des avantages
communs et qui leur permet de faire ensemble des choses qu’ils ne pourraient accomplir seuls.
(Source : Guide du partenariat de Frank et Anne Smith »).

[Link]. Définition de quelques notions associées aux partenariats :

Certaines notions associées aux partenariats sont utiles pour l’établissement de partenariats
mais ne constituent pas, pris isolément, des partenariats :
a) La collaboration
La collaboration est l’exécution, par des acteurs différents, d’une ou plusieurs tâches en
vue de l’atteinte d’un résultat fixé. La collaboration se fait avec ou sans engagement formel,
elle peut être libre ou réglementée.

b) La synergie d’action
La synergie d’action est une orientation ou une concentration des efforts d’acteurs
différents, par les mêmes actions, dans le même temps, vers la mise en œuvre d’une
politique ou d’une stratégie communément partagée.

c) Le dialogue
C’est un échange direct et en temps réel entre deux ou plusieurs personnes ou groupes
de personnes, sur un sujet défini, en vue d’aboutir à un accord, ou en vue de maintenir, de
poursuivre un accord sur des questions données.

d) Le cadre de concertation
Un cadre de concertation est un espace de réflexion et d’échange regroupant les
représentants de toutes les institutions, organismes et couches socio - professionnelles
concernées par la gestion des ressources et des actions d’un secteur d’activité donné,
dans un territoire donné.

69
[Link]. Le processus du partenariat

Le processus du partenariat dans le cadre de l’exercice de la maitrise d’ouvrage comprend 8


étapes ci-dessous schématisées.

Figure 5: Processus du partenariat gagnant/gagnant

Identification des partenaires potentiels sur la base de liste


1
générale des partenaires et des besoins

2 Identification des opportunités de partenariats

3 Elaboration de la note conceptuelle du partenariat

4 Communication productive

5 Etablissement de la convention de partenariat

6 Mise en œuvre du contenu du partenariat

7 Evaluation

8 Clôture du partenariat/ Etablissement d’un nouveau partenariat

Etape 1. Identification des partenaires potentiels sur


la base de la liste générale des partenaires

Chaque partenaire potentiel de la liste générale n’est pas apte à tout faire dans un partenariat
dans le domaine AEP.

Par exemple, pour la construction d’infrastructures hydrauliques, certaines organisations


bien qu’œuvrant dans le domaine AEP, sont plus aptes dans un partenariat orienté vers
le renforcement des capacités de gestion des infrastructures, d’autres sont meilleures
dans un partenariat orienté vers l’élaboration de stratégies, d’autres dans la recherche de
financements, etc.

70
Matériaux pour l’identification des partenaires potentiels de la province
Pour identifier les partenaires potentiels d’une province donnée dans le domaine AEP, il faut :
• Un Plan de financement des services AEP de la province ;
• La liste générale des partenaires potentiels (établit sur la base de l’inventaire des
acteurs).

Il est impérativement nécessaire de bien s’approprier le contenu du plan de financement des


services AEP de la province et de déterminer les différents besoins.

Au regard de chaque besoin du plan de financement de la régie provinciale, on identifie


dans la liste générale quels sont les partenaires potentiels qui sont aptes à intervenir.
Il faut dresser la liste des besoins et au regard de chaque besoin, de disposer les
partenaires potentiels

Un tableau à deux colonnes suffit pour faire un état des besoins et des partenaires.

Tableau 6 : Identification des partenaires potentiels

Besoins de la Province Partenaires potentiels Adresse/Contact

C’est après ce travail qu’une Province dispose de la liste des partenaires potentiels de la
Province.

Outil d’analyse d’un partenaire potentiel


Une fois les partenaires potentiels listés, on analyse encore chaque partenaire par rapport à
l’objet du partenariat. Cette analyse va nous permettre d’apprécier ce que le partenaire peut
vous apporter et vous aider dans votre approche avec lui.

71
Tableau 7: Outil d’analyse d’un partenaire potentiel en vue d’un partenariat
Elément à prendre en compte Résultats de l’analyse
Besoin de la province et Objectif de la Décrire clairement ce qu’on veut. Objectifs « smart ou
province (AEP) pour le partenariat avec sport ». (5km de caniveaux ? 15 forages PMH ?)
(Nom du partenaire)
Intérêts escomptés (Province) Si l’objectif est réalisé, qu’est- ce ça change pour la
province ?

Intérêts escomptés (population, Si l’objectif est réalisé, que gagnent les ménages, (les
bénéficiaires, cibles) femmes, les enfants), la population … ?

Intérêts escomptés par le partenaire Si l’objectif est atteint que gagne le partenaire objet de
l’analyse ? une visibilité, un ancrage ou positionnement ?

Points forts du partenaire Compétences ? lesquelles ? ressources financières ?
combien ?

Points de divergences possibles Sur quoi on peut ne pas s’entendre facilement ?

Points de convergences Sur quels points nous nous entendrons facilement ?

Eléments à prendre en compte pour Quels sont les éléments sur lesquels nous devons tabler
réussir le partenariat pour réussir le partenariat ?

Risques liés à l’implication du Quels sont les risques si nous allons en partenariat avec
partenaire ce partenaire ?

Conseil pratique

L’objectif est le but précis, la visée, l’ambition, le dessein que se propose d’atteindre
l’action. C’est une situation intermédiaire entre le contexte actuel et l’idéal (vision).
Le concept permet de répondre à la question : Quel résultat doit être atteint et quand ?
Les objectifs doivent être SMART (Spécifique, Mesurable, Acceptable, Réaliste,
Temporel) ou bien SPORT (Spécifique, Positif, Observable, Réaliste, Temporel).

Etape 2. Identification des opportunités de partenariat

La définition du partenariat précise que la relation permet de faire ensemble des choses qu’ils
ne pourraient accomplir seuls.
Cela induit que pour établir des partenariats il faut savoir ce qu’on ne peut faire seul. Dès lors il
est nécessaire d’analyser objectivement sa propre situation pour déterminer ce qu’on ne peut
faire seul et qui nécessite donc un partenariat. L’outil suivant permet de faire cette analyse :

72
Outil d’analyse des Forces Faiblesses, Opportunités et Menaces (FFOM)

Par rapport à un besoin ou problème, il s’agit de déterminer :


• Quelles sont les forces de la province face à cette situation (besoin), quelles sont
mes forces pour combattre ce problème ?
• Quelles sont mes faiblesses face à cette situation ou à ce problème ?
• Qu’elles sont les menaces de l’environnement face à la situation ?
• Quelles sont les opportunités qu’offre l’environnement face à la situation ?

Pour remplir l’outil, on liste les forces dans la case correspondante, les faiblesses dans la case
correspondante et on fait de même pour les menaces et les opportunités.
• Les forces et les faiblesses se rapportent à la province.
• Les menaces et les opportunités se rapportent à l’environnement.

Tableau 8 : Outil d’analyse FFOM

Facteurs internes Facteurs externes


Forces Opportunités
- -
- -
- -
- -

Faiblesses Menaces
- -
- -
- -
- -
- -

L’analyse des forces et des faiblesses de la province permet de savoir sur quels éléments, elle
a besoin de partenaires.

Outil d’identification des opportunités de partenariats


Un travail avec l’outil d’identification des opportunités de partenariat (ci-dessous) permet
d’identifier les opportunités de partenariat entre une province et les partenaires potentiels au
regard des faiblesses de la province et des opportunités qu’offre l’environnement.

L’outil d’identification des opportunités des partenariats est utilisé dans le but de tirer profit
des résultats de l’analyse des forces, des faiblesses, des opportunités et des menaces (FFOM).
L’outil permet de recenser les éléments qui justifient le fait qu’on fasse appel à un partenariat.

73
Par exemple, dans le domaine de mobilisation des ressources pour l’AEP, une province peut
ressortir comme faiblesse : « Insuffisance de connaissances dans la mobilisation de ressources
». Cette insuffisance de connaissances est un élément de contexte favorable et peut justifier
la recherche d’un partenariat. A partir de cet exemple, les autres chapeaux de l’outil seront
remplis.

On ajoutera des lignes autant que nécessaire.

Tableau 9 : Outil d’analyse des opportunités de partenariats


Approches/
Eléments/contexte Possibilités Partenaire stratégie choisies
favorable au (précises) d’action potentiel à pour nouer le
partenariat de partenariats impliquer partenariat
(Justificatif) (Communication
productive)
Exemple : 1. Former des services Partenaires techniques Ecrire une note
Insuffisance de techniques provinciaux Water –Aid; conceptuelle qui leur
connaissances dans pour la recherche de RESEII sera soumise par
la mobilisation des financement dans le Monsieur le / Madame
ressources domaine AEP. ASUREP- ENABEL (la) coordonnateur(trice)
2. Utiliser l’expérience de la Régie provinciale
d’une province d’une
autre institution ou Faire une lettre à RESEII
organisation ayant
réussie la mobilisation
des ressources.
Faiblesse

Opportunité offerte

Etc.

Etape 3. Elaboration de la note conceptuelle du partenariat

La note conceptuelle est le document du projet objet du partenariat avant l’accord de


partenariat. Il peut être facilement modifié puisqu’il n’est pas encore contractuel. Dans le cas
d’un projet d’AEP, la note conceptuelle part d’un extrait du Plan de financement des services
AEP de la Province. Il faut rédiger la note conceptuelle en prenant en compte les intérêts
du/des partenaires potentiels. Certains partenaires s’engagent si les questions de bonne

74
gouvernance sont bien prises en compte, d’autres, si le partenariat leur offre des espaces de
visibilité (capitalisations, documentaires, publications…). Il s’agit de motiver le partenaire à
une adhésion. L’outil d’analyse du partenaire potentiel prend tout son sens pour produire une
bonne note conceptuelle dans la recherche de partenariat.

Etape 4. Communication productive

La communication productive est une communication qui place « ceux » qui parlent et « ceux
» qui écoutent en direction du futur (J. Guy Peraud). On s’en sert pour entrer en relation avec
le/les partenaires potentiels et aboutir à des avancées. La communication productive est
représentée par une pyramide de quatre (4) niveaux appelée pyramide de la communication.
L’utilisation de la communication productive avec un partenaire potentiel suppose que l’analyse
du partenaire pour l’établissement d’un partenariat nous a permis de bien le connaître (vision,
valeurs, objectifs...). La communication doit être évolutive en passant d’une étape à l’autre.

Figure 6: La pyramide de la communication (JG. Péraud-Hexalto,


Leadership et communication)

Quand ?
ACTION

STRATÉGIE
Comment ?

VISION
Quoi ?

Qui ?
RELATION

• Niveau 1 : Centré sur la relation


La communication centrée sur la relation doit nous présenter et montrer au partenaire potentiel
ce que nous pouvons espérer l’un de l’autre, les engagements que nous partageons et
comment le travail à travers la relation peut l’aider également à réaliser ses engagements.

La communication sur la relation doit permettre au partenaire potentiel de savoir quels


engagements sont à l’origine de notre initiative, dans quelle mesure ils sont complémentaires
à ses propres engagements et comment les deux parties peuvent travailler ensemble pour
assurer un avantage réciproque.

75
• Niveau 2 : Centré sur la vision
Après la relation, il faut gérer la communication pour éviter qu’elle ne dégénère en de simples
discussions ou opinions. Il faut créer une ambiance favorable à la spéculation, aux hypothèses
et être perméable aux propositions du partenaire potentiel. Ne pas discuter de la faisabilité
avant la présentation de toutes les possibilités.

• Niveau 3 : Centré sur la stratégie


Il s’agit à cette étape de créer un pont entre la vision et l’action et vise à rendre l’action
irrésistible.
C’est là qu’on mesure la faisabilité, les options, les avantages, les coûts et les risques (ce qui
pourrait ne pas marcher) A cette étape, on conçoit les étapes-clés du projet de partenariat (le
planning).

• Niveau 4 : Centré sur l’action


Il s’agit dès lors de définir qui fait quoi et quand, de faire des promesses concernant des
actions/résultats spécifiques dans un délai spécifique.

Etape 5. Etablissement de la convention de partenariat

Il s’agit là de la concrétisation de l’accord de partenariat (contractualisation) et de la signature


de la convention de partenariat.

• Pourquoi contractualiser ?
Quel que soit le type de projet concerné, la contractualisation vise à s’assurer que les objectifs
du partenariat et les moyens définis sont partagés par les différents partenaires.

En fixant les règles du jeu entre les partenaires et en clarifiant les engagements, la
contractualisation permet d’établir clairement les responsabilités de chacun vis-à-vis des
bénéficiaires, des autorités et entre partenaires.

Dans ce cadre, on distingue principalement deux outils qui répondent chacun à des objectifs
distincts :
♦Un accord général qui s’inscrit dans la durée. Il présente la dimension
stratégique du partenariat. On le nommera protocole de collaboration ;
♦Un accord plus spécifique et ponctuel qui précise comment on travaille
ensemble ; il est lié aux objectifs de réalisation du partenariat. On l’appellera
convention spécifique.

76
• Principales caractéristiques des deux outils

Protocole de collaboration
Il formalise la volonté de travailler ensemble, fixe le cadre général de la
Objectif relation.

Champs Il couvre la dimension stratégique et institutionnelle du partenariat.

Durée Il inscrit le partenariat dans la durée.

Niveau de Un bon protocole doit permettre d’évoluer et ne pas enfermer la relation de


contractualisation partenariat.

Il présente chacun des partenaires et le contenu général du partenariat.


Contenu

Convention spécifique
Il précise le contenu du partenariat, les engagements pris par chacun et les
Objectif échéances.

Champs Il couvre le champ de l’opérationnel.

Durée Elle couvre une action ponctuelle limitée dans le temps

Niveau de Il permet de se prémunir s’il y a un engagement financier auprès d’un bailleur.


contractualisation
Il précise les objectifs, les moyens, la méthode, les échéances, les montants,
Contenu etc.

Pour être reconnus par chacun des partenaires,


ces documents doivent être négociés.

• Les enjeux de la contractualisation


Les enjeux de la contractualisation doivent être bien clairs pour chacun des partenaires et
explicités. Dans le cas contraire, il y a une forte probabilité que l’accord ne soit pas respecté.

Enjeux communs
♦ Appropriation du projet par les partenaires ;
♦ Renforcer les partenaires (dimension pédagogique) ;
♦ Négocier au même niveau ;
♦ Se fixer des priorités ;
♦ Disposer d’un outil d’interpellation pour le partenaire qui a le sentiment que l’autre ne
respecte pas les règles ;
♦ S’accorder sur les valeurs.

77
Enjeux du protocole de collaboration
♦ Préciser une vision province qui se décline en objets ;
♦ Reconnaissance réciproque de l’objet de chacun : “ne plus être vu comme un bailleur ou
un simple exécutant” ;
♦ Inscrire la relation dans la durée ;
♦ Ne pas enfermer le partenariat dans un projet opérationnel mais lui donner la possibilité
d’évoluer.
Enjeux de la convention spécifique
♦ Clarifier les engagements de chacun, y compris au niveau financier ;
♦ Formaliser des objectifs, les moyens et la méthode.
♦ Limites et recommandations

Qui impliquer ?
En général, le Gouverneur ou le ministre provincial en charge de l’eau qui signe le protocole ou
la convention spécifique. Cependant l’expérience montre qu’il est important d’impliquer les
opérationnels en amont dans la réflexion et dans la rédaction des outils, car le processus est
formateur et permet une meilleure appropriation des enjeux et des responsabilités.

La contrainte de temps
Le temps disponible pour l’élaboration d’un protocole de collaboration ou d’une convention
spécifique négociée par les deux partenaires représente en général une contrainte forte. Le
fait de disposer de protocoles ou de conventions types permet de gagner du temps, à condition
ensuite de les discuter et de les adapter avec les partenaires.

Les problèmes d’interprétation


Il arrive que des problèmes de communication ou de compréhension mutuelle, en lien avec la
langue et la culture, amènent à des interprétations différentes des conventions. Au-delà de
l’ouverture et de la volonté réciproque de connaître le partenaire tel qu’il est, la formulation
et l’explicitation des termes de l’accord sont indispensables pour bien cerner quels sont les
enjeux du protocole ou de la convention pour chacun des partenaires.

Contractualisation à deux dans un jeu à trois avec un bailleur de fonds


Les bailleurs exigent de plus en plus que les relations partenariales soient contractualisées.
Pourtant, en cas de problème, c’est l’organisation par qui transite le financement qui est
responsable devant le bailleur. C’est la raison pour laquelle celle-ci précisera un maximum
d’éléments dans la convention spécifique même ou par des accords ou engagements
complémentaires spécifiques.

Les recours en cas de non-respect de l’accord


Il n’est pas toujours facile d’exiger une fermeté des engagements dans le cadre de relations
de partenariat souvent très personnalisées, mais il est cependant nécessaire de prévoir dans
les conventions spécifiques un recours en cas de non-respect de l’accord. Est généralement
prévu un règlement à l’amiable, la médiation ou l’arbitrage d’une autorité morale reconnue de

78
tous. Dans un contexte international, il est en effet complexe d’organiser un véritable recours
et de trouver un tiers qui ait autorité sur chacun des partenaires. En cas de conflit non résolu
ou de malversation, le partenariat est habituellement rompu.

Jusqu’où contractualiser ?
Il existe différents niveaux de contractualisation, qui formalisent de façon plus ou moins
détaillée les objectifs et les moyens mis en œuvre. Il faut arriver à trouver un équilibre entre
un haut niveau de précision, qui risque d’empêcher toute adaptation aux changements de
contexte et une trop grande souplesse, qui empêchera l’accord de constituer un document de
référence pour les partenaires.

Validité des accords


Pour être valable, les accords doivent être datés, signés et paraphés en bas de chaque page
par chacune des parties. Il en est de même pour toutes les annexes et avenants aux contrats
et conventions.

Etape 6. Mise en œuvre des contenus du partenariat

Il s’agit à cette étape de l’exécution, du rapportage, de la gestion des fonds, etc.


C’est la mise en œuvre des contenus des partenariats. Très souvent des problèmes peuvent
surgir dans l’exécution, dans ces cas, il ne faut pas attendre la période de rapportage avant de
le signaler aux partenaires.

Etape 7. Évaluation

L’objectif du processus d’évaluation est de déterminer la pertinence et l’accomplissement


des objectifs, l’efficience en matière de développement, l’efficacité, l’impact et la durabilité.
Une évaluation devrait fournir des informations crédibles et utiles permettant d’intégrer les
leçons de l’expérience dans le processus. Elle se rapporte à ce que vous aviez entrepris de
faire, ce que vous avez accompli et la façon dont vous l’avez mené à bien. Elle ne doit pas
être vécue comme quelque chose de menaçant ; au contraire elle doit être perçue comme un
moyen de vérification des atteintes des objectifs. Les objectifs d’une évaluation doivent être
déterminés au préalable pour dégager des indicateurs, en plus de ceux déterminés lors de
l’élaboration d’un partenariat. Il est important d’avoir un plan d’évaluation et prévoir des temps
d’évaluation dans la durée, afin que celle-ci soit effective.

Tableau 10: Plan d’évaluation


OUTILS: PLAN D’ÉVALUATION

Source Acteurs
Activités Indicateurs d’information concernés Méthodologie Durée Responsable

79
Il faut également prévoir des outils d’évaluation.
Quelques exemples d’outils :
Une évaluation semi externe (pour un maximum d’objectivité) : orchestrée par un membre
de votre organisation non impliqué dans la relation et / ou un membre de l’organisation
partenaire ; moins de réticence au jugement et à la transmission d’informations que lors d’une
évaluation externe.
Elle peut se dérouler sous forme de rencontres individuelles avec une grille de questionnaire (se
basant sur les indicateurs et objectifs établis lors de la construction du partenariat) auprès de
toutes les parties concernées et d’une restitution avec tous et comme médiateur ce membre
du réseau. Le résultat des débats soulevés également lors de cette restitution complétera le
rapport d’évaluation.
Effectuer une première évaluation après la première année pour bien poser la relation (ou
dès que vous le pouvez pour les plus anciennes). Cela étant, un rythme moins soutenu peut
être envisagé, tel qu’une fois tous les deux ans, à condition que le suivi soit vraiment réel et
efficace.
Analyser aussi bien la différence entre les objectifs prévus et atteints, que les contraintes de
chacun, les problèmes rencontrés comme les solutions trouvées, etc.
Une évaluation externe : elle peut être bénéfique si par exemple, la relation pose de réels
problèmes et que vous ne voyez aucun membre de votre organisation ayant les capacités de
mener une évaluation et pouvant faire preuve d’assez d’objectivité et de recul par rapport à ce
partenariat. Cela peut être aussi envisagé en cas de manque de temps des différents membres
de l’organisation et du partenaire.
Une analyse SEPO (Succès, Echecs, Potentialités, Obstacles) des points forts et faibles
de la relation de partenariat pouvant se réaliser chacun de son côté et effectuer une mise en
commun, également lors de la restitution.

Succès = Points forts (réalisations, apports…).


Echecs = Points faibles (conflits, problèmes relationnels…).
Potentialités = Potentiel de chacun (ressources humaines, financières, expertise…).
Obstacles = Contraintes de chacun

Tableau 11: Analyse SEPO


OUTILS: ANALYSE SEPO

Succès Echecs Potentiel Obstacles

Points forts Points faibles Potentiel de chacun Contraintes de chacun


(réalisations, apports) (conflits, problèmes (Ressources humaines, -
- relationnels…) financières, expertise) -
- - -
- -

80
Etape 8. Clôture du partenariat /Etablissement d’un nouveau partenariat

A la fin du protocole, il est important de se remercier. Il est généralement bon de faire un atelier
bilan de la mise en œuvre du partenariat qui présentera les résultats, les défis rencontrés
et relevés à partir des divers documents. Certains documents peuvent être mis en ligne et
donneront de la visibilité aux différents intervenants dans le partenariat

4.3.2. La typologie des partenaires potentiels

Plusieurs typologies sont utilisées pour désigner les partenariats ; les plus rencontrées sont
les suivantes :
- En fonction des organisations/ structures/ secteurs

[Link]. Le Partenariat Public Privé

La loi n°18/016 du 09 juillet 2018 définit le régime juridique applicable aux contrats de
Partenariat Public-Privé (PPP) et fixe les règles et la procédure relatives à leur conclusion, leur
exécution, leur suivi et à leur contrôle, le règlement de leur contentieux, le régime juridique
des biens nécessaires, les régimes fiscal, douanier et parafiscal applicables, ainsi que les
obligations de parties.

En somme le contrat PPP porte notamment sur une mission globale de financement d’une
infrastructure, sa conception, sa construction, son exploitation, son entretien à charge du
partenaire privé.

[Link]. Les formes de partenariat en fonction du nombre,


secteurs, nature et structures

- En fonction du nombre de partenaires : Bipartites, tripartites, quadripartite puis à partir de


plus de quatre partenaires multipartites (multi-acteurs) ;
- En fonction de l’origine des partenaires : Partenariat Nord-Sud ; Belgo-Congolaise ;
- En fonction de la nature de l’apport dans le partenariat : Technique, financier, stratégique,
opérationnel ;
- Partenariats institutionnels : Les mêmes missions dévolues à des organisations
différentes mais à des échelles différentes nécessitent un partenariat de fait. Quelques fois
la réglementation exige que certaines structures/organisations travaillent en partenariat sur
certaines questions (La province et ARSPE par exemple pour les questions d’AEP) ;
- En fonction de la territorialité : Partenariats locaux ; Nationaux ; régionaux ; interprovinciaux.

[Link]. La coopération décentralisée

Contrairement à l’espace sahélien, la coopération décentralisée ne semble pas bien développée


en RDC, avec la décentralisation relativement récente (2006), le jumelage reste à développer.

81
Les entités territoriales décentralisées pourraient par ce canal mobiliser des ressources pour
financer les infrastructures sociales de base dont l’approvisionnement en eau potable.

4.4. La stratégie de mobilisation des ressources

Pour élaborer une stratégie de mobilisation de ressources dans le domaine AEP, la province
doit disposer :
♦ D’un plan provincial de financement/AEP approprié ;
♦ D’un tableau des opportunités de partenariat (Cf. Processus d’établissement des
partenariats) ou une analyse des besoins et l’identification des partenariats ;
♦ De compétences internes à la province et/ ou externes (bureau d’appui conseil,
personnes ressources) pour définir la méthodologie, les modalités et faciliter le
processus d’élaboration ;
♦ D’un budget pour l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie

Important : Où trouver les fonds pour élaborer et mettre en œuvre


une stratégie de mobilisation de ressources ?

Il est impératif d’inscrire au budget provincial ou local, une ligne budgétaire pour
l’élaboration de la stratégie et une ligne budgétaire pour la mise en œuvre de la stratégie
une fois celle-ci-élaborée. La stratégie de mobilisation de ressource devra être adoptée
par le gouvernement provincial ou le Collège exécutif de l’ETD selon le cas.

4.4.1. Que contient une stratégie de mobilisation des ressources ?

Contexte

Axes Stratégiques

Objectifs

Résultats

Activités

Planning

Budget

82
• Un contexte
Le contexte décrit la situation actuelle des ressources et indique le niveau de mobilisation
à atteindre (des compétences, financières). La réalité du budget provincial et les capacités
d’autofinancement (fonds propres) et leur système de mobilisation. Le contexte présentera
également mais brièvement le contexte AEP dans la province.
• Des axes stratégiques
Les axes stratégiques de mobilisation sont les méthodes qui vont être mises en œuvre pour
la mobilisation des ressources.
Exemple : A1. Elaboration d’un plan de communication pour la mise en œuvre du plan de
mobilisation des ressources ;
• Des objectifs
Axe 1. Objectif Spécifique 1. : Elaborer un plan de communication
• Des résultats
A1. OS1. Résultat1 : Des plans de communications en direction des différents niveaux de
partenaires potentiels sont élaborés.
• Des activités
• Un planning (avec des échéances pour chaque activité)
• Un budget

4.4.2. Les outils de marketing et de communication du plan


de mobilisation des ressources

[Link]. La formulation des projets

Au niveau d’une stratégie de mobilisation des ressources dans le domaine AEP, la formulation
de projets à proposer à des partenaires potentiels est toujours présente. Généralement
les partenaires financiers ont leur propre canevas de présentation des projets qui précise
les rubriques et leur niveau de développement (longueur du texte). La longueur demandée
renseigne sur l’intérêt que le partenaire porte à la rubrique.
Il existe deux méthodes de formulation de projet :

[Link].1. La méthode proactive

La formulation est faite sans d’abord cibler un partenaire en particulier.


Elle comporte les parties suivantes :

♦ Un contexte du projet : qui décrit la situation présente ;


♦ Une justification : qui décrit le problème que le projet veut résoudre ;
♦ La description du projet : les objectifs, les résultats attendus, les activités à mettre en
œuvre, les indicateurs ;
♦ Les effets et impacts attendus : ce qui va changer après la mise en œuvre du projet au
niveau de la province, des populations, des femmes, des enfants ;
♦ Le mécanisme de gestion du projet et des ressources : le personnel affecté au projet et

83
leurs attributions ;
♦ La pérennisation des acquis du projet (durabilité) ;
♦ La visibilité du projet et des partenaires ;
♦ Les risques qui peuvent entraver la mise en œuvre et les mesures envisagées si ces
risques se produisent (Tableau) ;
♦ Un cadre logique ;
♦ Les différents livrables : rapports, capitalisation, évaluation ;
♦ Le budget : Le budget est établi avec ce que chaque partenaire apporte. Au niveau
du budget, beaucoup de partenaires octroient une subvention mais demandent la
participation du bénéficiaire à hauteur d’un certain pourcentage. Par exemple, l’Union
européenne exige une participation de 10% au moins de la part du bénéficiaire.

Intérêt de la méthode proactive :

Elle permet de préparer tous les éléments d’un projet à l’avance.


Il s’agira par la suite en cas d’appel à proposition, de reverser le contenu dans le
canevas fournis par le partenaire financier.

Cette méthode permet de gagner du temps, même quand les délais de soumissions
sont courts.

Conseil Pratique

Le processus de budgétisation provincial des fonds transférés et des autres fonds de


la province doivent prévoir les cofinancements des actions à mettre en œuvre dans la
stratégie de mobilisation.
Aussi, il est important que les services d’appui à la maîtrise d’ouvrage dont ceux des
volets financiers (contrôleur financier par exemple) soient des parties prenantes des
comités de mobilisation des ressources.
Cela favorisera la budgétisation provinciale pour l’élaboration et la mise en œuvre de la
stratégie de mobilisation d’une part et la budgétisation des cofinancements pour les
partenariats d’autre part.

84
[Link].2. La méthode « appel à proposition »

Cette méthode est faite sur la base d’un appel à proposition et suit des lignes directrices
prédéfinies et un canevas type. Les canevas des partenaires financiers sont généralement
téléchargeables sur leurs sites internet. Pour être informé en temps réel des appels à
proposition quand ils sont lancés, une veille sur internet active est nécessaire.

La veille sur internet :


La veille sur internet est une recherche d’information sur un sujet ou une personne
(physique ou morale) qui va s’inscrire dans le temps. En général, il y a deux méthodes de
veille.
La première est appelée « Pull » (tirer). Elle consiste à tirer vers soi certaines informations,
par exemple lorsque vous faites une recherche sur Google.
La deuxième appelée « Push » (pousser), part du principe qu’il va falloir pousser les
informations vers soi. Il s’agira de collecter les informations souhaitées de manière
automatique, par exemple en s’inscrivant à la newsletter (publication périodique) d’un
organisme.

Il convient d’analyser les critères de sélection contenus dans les appels


à proposition afin de s’assurer qu’on remplit les conditions avant d’y
répondre. L’analyse des critères de sélection des projets est importante
avant de répondre à un appel à proposition

Conseils pour effectuer la recherche sur internet

Utiliser un moteur de recherche (par exemple : « Google »).


Tout d’abord, il faut comprendre comment fonctionne un moteur de recherche.
Un moteur comme Google parcourt le web pour « indexer » (c’est-à-dire enregistrer sur
sa base de données) toutes les pages.
Il est ainsi en mesure de connaître toutes les nouvelles pages et de savoir quelles ont
été les modifications effectuées sur des pages qu’il avait déjà dans sa base.

Ensuite, pour classer les résultats, Google va appliquer un algorithme basé à la fois
sur le contenu de la page (titre de la page, mots qu’elle contient, analyse des balises
utilisées lors du développement, etc.) et sur sa popularité (est-ce que beaucoup de
liens pointent sur cette page ?
Les liens vers cette page sont-ils populaires eux-mêmes ? …).
Si les résultats de Google sont excellents, il doit tout de même jongler avec plusieurs
milliards de pages indexées dans sa base de données, il va donc falloir
lui faciliter la tâche en lui formulant une recherche précise.

85
Google prend en compte l’ordre des mots. Il va donc faire ressortir en priorité les pages
qui utilisent les termes dans le même ordre que vous. Ensuite, le moteur de recherche
utilise tous les mots clés que vous lui donnez. Ainsi si votre requête contient 5 mots
différents, il ne vous sortira aucune page avec uniquement 4 des 5 mots.
Cela permet justement d’affiner votre recherche, ou, au contraire, de l’élargir en supprimant
un mot clé.

Si vous recherchez une expression précise : Il suffit de mettre l’expression entre


guillemets. Par exemple, si vous recherchez “Table de salon”, les résultats ne seront pas
les mêmes que si vous tapez : Table de salon. Dans ce deuxième cas, Google peut faire
ressortir des pages qui ne vendent pas de tables de salon mais présentent des tables
basses et des rideaux de salon par exemple…

Si vous ne cherchez qu’un type de document spécifique (Excel, Word, PowerPoint,


PDF…). Pour cela, il suffit de taper filetype: suivi du type de fichier à la fin de sa recherche
(xls, doc, ppt, pdf).

4.4.2. Les supports de communication dans une stratégie


de mobilisation des ressources

Divers outils sont utilisés dans les stratégies de mobilisations des ressources. Il s’agit pour
une province de sélectionner et d’insérer dans sa stratégie les outils qui lui sont favorables en
fonction des cibles de partenaires potentiels.

[Link]. Les dépliants


Les dépliants présentent brièvement la province, les domaines d’intérêts de partenariats, le
budget, les besoins de financements …

[Link]. Les fiches de projets


Ce sont des résumés synthétiques des projets prévus et formulés (méthode proactive). Des
contacts et des adresses emails y figurent. En cas de réaction d’un partenaire, la version
électronique du projet doit pouvoir être fourni dans des délais courts.

[Link]. Les sites web et les liens


Les sites web (et blogs) sont devenus de nos jours incontournables pour diffuser des
informations en direction de divers acteurs même éloignés.
Les sites web sont faciles à créer mais ils doivent être fournis et actualisés régulièrement.
Le développement de liens dans les sites de partenaires permet de drainer un plus grand trafic
vers le site web. De même, il est important de connaître les sites des partenaires potentiels et
de procéder à une veille afin d’être informé à temps des appels à propositions.

86
[Link]. Les tables rondes

Les tables rondes sont des espaces de présentation et d’échanges autour d’un projet
en particulier. Elles peuvent être organisées pour une cible de partenariat (par exemple
les partenaires potentiels locaux) ou pour l’ensemble des partenaires ou pour un type de
partenaires (par exemple les OSC ou les partenaires financiers). Des communications sont
faites et sont suivies d’échanges. Les tables rondes permettent également de recueillir des
avis et des intentions de partenariats.

Elles nécessitent une préparation, des présentations en amont du projet pour lequel on
recherche des fonds auprès des partenaires potentiels (ainsi lors de la table-ronde, les
partenaires sollicités seront à même de se prononcer sur leurs participations ou non) et des
objectifs clairs.

Conseil pratique pour réussir sa table ronde

♦ Préparation (au moins 4 semaines avant) = déterminer le budget de la table ronde ;


rencontrer les partenaires ciblés pour la table-ronde, leur présenter le projet avant
la rencontre afin qu’ils puissent examiner de façon approfondie leurs possibilités et
se prononcer lors de la table-ronde (participation : oui/non ? quel montant ? quelles
rubriques/activités ? etc.).
♦ Préparer les documents de présentation et le guide de discussion ; établir une liste
de participants potentiels (par types de participants) ; prévoir le matériel didactique;
préparer le programme et le mode d’animation ; réserver la salle et matériels y
afférant ; rédiger un compte rendu (à transmettre par la suite aux participants) ;
lettre de remerciement ; etc

[Link]. Le porte à porte

Il consiste à rencontrer des partenaires potentiels un à un sur rendez –vous (au bureau ou
lors d’espaces où se trouve le partenaire comme le cas des pauses pendant un séminaire, un
atelier).

Une documentation (fiches de projets, synthèse PPF/AEP) doit être mise à disposition du
partenaire potentiel. On peut user de ses relations interpersonnelles pour faire distribuer des
dépliants ou d’autres documents lors de voyages, de séminaires…

[Link]. Le plaidoyer

Le plaidoyer pour mobiliser les ressources financières au profit des service publics de l’eau au
niveau de la province consiste à planifier et mener des actions qui peuvent prendre plusieurs
formes comme ci-après :

87
• Lobbying : processus qui consiste à essayer d’influencer directement les
décideurs : responsables politiques, fonctionnaires ou dirigeants de grandes
entreprises
• Campagne publique : activités menées pour mobiliser l’opinion et un soutien
démonstratif en faveur du financement de l’AEP
• Actions médiatiques : sensibiliser l’opinion publique au paiement du service
public, en vue de dégager des ressources pour le pérenniser ;
• Renforcement des capacités : accroître les connaissances de ceux qui sont
touchés par une question donnée ; accroître leurs compétences et développer
leurs structures pour leur permettre de réaliser leur propre action de plaidoyer.

88
4.5. Piloter la mobilisation des ressources

Les processus pour élaborer des stratégies de mobilisation et les piloter nécessitent la mise
en place de structures de pilotage.

4.5.1. Le comité de pilotage

Le pilotage de la mobilisation des ressources, et partant, de la stratégie de mobilisation, est


dévolu à la province. Face à l’ampleur des tâches et aux décisions à prendre (inscriptions
budgétaires, contrôles), il est impératif qu’un vrai leader provincial soit à la tête du pilotage.

Il n’y a pas encore de règles en la matière mais la mise en place d’un comité de pilotage
comprenant des représentants des services provinciaux, des représentants des services
d’appuis à la maîtrise d’ouvrage et d’acteurs provinciaux (OSC, comité de jumelage) est
recommandée.
Un arrêté provincial est indiqué pour ce faire.

4.5.2. Rôles, missions et fonctionnement possibles du comité de pilotage

Le tableau ci-dessous indique les rôles et les étapes du pilotage du comité de mobilisation des
ressources financières.

Tableau 12: Les étapes et rôles dans le pilotage du comité de mobilisation


des ressources financières au niveau de la province

L’élaboration des différents outils nécessaires à la mobilisation des


ressources (PPF/AEP, liste des acteurs, liste générale des partenaires
potentiels ; liste des partenaires potentiels choisis, identification
des opportunités de partenariats et des partenaires potentiels,
Conduire élaboration des notes conceptuelles) ;
L’élaboration d’un plan de mobilisation de ressources et le faire
adopter par le l’assemblée provinciale ;
La mise en œuvre du plan de mobilisation des ressources ;

Les inscriptions budgétaires au niveau du budget provincial pour


Favoriser l’élaboration et la mise en œuvre du plan de mobilisation des
ressources ;
Périodiquement la mise en œuvre du plan de mobilisation des
Évaluer ressources ;

Veiller Au respect des clauses des conventions de partenariats obtenues ;

89
Pour le fonctionnement, le comité de pilotage pourra établir chaque année un programme
d’activités et un rapport d’activités à l’adresse du Ministre provincial en charge de l’eau.

Ce rapport est rendu public et doit contenir le bilan des activités réalisées ainsi que les
difficultés rencontrées. Un règlement intérieur fixera les modalités du fonctionnement du
comité de pilotage y incluant la fréquence des rencontres, le financement du fonctionnement
(qui pourra se faire à partir du budget provincial).
Le financement du développement local est un enjeu important pour les entités territoriales
décentralisées.

Face à la faiblesse des ressources locales propres, aussi bien humaines que financières, les
provinces doivent développer des stratégies pour mobiliser les ressources exogènes afin de
financer leur développement.

C’est dans ce contexte qu’une stratégie de mobilisation de ressources repose sur des
partenariats et donne aux provinces :
i) les outils nécessaires pour l’identification et l’analyse des partenaires ;
ii) les outils pour inventorier les opportunités de partenariats nécessaire à la mise en œuvre
du plan stratégique ;
iii) l’approche stratégique pour élaborer un plan de mobilisation des ressources ;
iv) les éléments pour le pilotage de la mobilisation des ressources.

90
Chapitre V :
LE DÉVELOPPEMENT
DES INFRASTRUCTURES
L es infrastructures jouent un rôle crucial dans le service public de l’eau potable. Elles sont
essentielles pour assurer la fourniture continue d’une eau potable de qualité aux usagers.

Voici quelques raisons qui soulignent l’importance des infrastructures dans ce domaine :
1. Fourniture d’eau potable : Les infrastructures, telles que les captages d’eau, les
stations de traitement, les réservoirs de stockage et les réseaux de distribution, sont
nécessaires pour acheminer l’eau potable des sources jusqu’aux consommateurs
finaux. Elles permettent de collecter, de traiter, de stocker et de distribuer l’eau de
manière sécurisée et efficace.
2. Qualité de l’eau : Les infrastructures de traitement de l’eau jouent un rôle crucial
dans la garantie de la qualité de l’eau potable. Les stations de traitement éliminent
les impuretés, les substances indésirables et les agents pathogènes, assurant
ainsi la conformité aux normes sanitaires. Ces infrastructures permettent de
rendre l’eau sûre à la consommation.
3. Continuité du service : Les infrastructures de stockage, tels que les réservoirs,
sont indispensables pour assurer la continuité de la distribution d’eau potable.
Ils permettent d’accumuler une réserve d’eau pour faire face aux variations de la
demande, aux pannes ou aux situations d’urgence. Les réseaux de distribution
assurent la distribution de l’eau potable de manière fiable et constante aux usagers.
4. Gestion des ressources en eau : Les infrastructures contribuent à une gestion
efficace et durable des ressources en eau. Par exemple, les captages et les
stations de traitement permettent de prélever l’eau brute de manière contrôlée, en
évitant les contaminations et les atteintes à la qualité. De plus, les infrastructures
peuvent être conçues pour favoriser l’efficacité énergétique, le recyclage des eaux
traitées ou la récupération des eaux pluviales suivi d’un conditionnement.
5. Sécurité sanitaire : Les infrastructures du service public de l’eau potable sont
soumises à des normes et des réglementations strictes en matière de sécurité
sanitaire. Elles doivent respecter des critères de conception, d’exploitation
et de maintenance pour garantir la salubrité de l’eau fournie aux usagers. Les
infrastructures sont régulièrement contrôlées et surveillées pour prévenir les
risques pour la santé publique.
6. Développement économique et social : Un accès fiable à une eau potable de qualité
a un impact direct sur le développement économique et social d’une communauté.
Les infrastructures adéquates permettent d’améliorer la santé publique,
d’encourager l’installation d’entreprises, de favoriser l’essor du tourisme, et de
créer un environnement propice à la vie quotidienne des habitants.

En résumé, les infrastructures sont indispensables pour garantir un service public de l’eau
potable de qualité, en assurant la fourniture continue d’eau potable, la conformité aux normes
sanitaires, la sécurité sanitaire, la gestion durable des ressources en eau, et le développement
économique et social des communautés desservies.

92
5.1. Les préparatifs de la réalisation des infrastructures

Avant de réaliser des infrastructures pour le service public de l’eau potable, plusieurs
préparatifs sont nécessaires pour assurer la réussite du projet. Voici quelques étapes clés :
1. Étude de faisabilité : Réaliser une étude approfondie de faisabilité pour évaluer la
viabilité du projet d’infrastructure. Cela peut inclure l’analyse des besoins en eau
potable, l’évaluation des ressources en eau disponibles, l’étude des contraintes
techniques, environnementales et réglementaires, ainsi que l’évaluation des coûts et
des avantages du projet.
2. Planification du projet : Établir un plan détaillé du projet, qui comprend les objectifs,
les étapes de réalisation, les délais, les ressources nécessaires et les responsabilités
des parties prenantes. La planification doit également prendre en compte les
aspects financiers, les études d’impact environnemental et social, les autorisations
administratives requises et les consultations publiques éventuelles.
3. Etude d’impacts environnemental et social : ensemble des procédés utilisés pour
évaluer les effets de l’activité sur l’environnement et le social afin de proposer toutes
les mesures possibles en vue de faire disparaître, réduire ou atténuer les effets
néfastes inhérents.
4. Conception technique : Réaliser une conception technique des infrastructures en
se basant sur les études préliminaires et les besoins identifiés. Cela comprend la
conception des captages, des stations de traitement, des réservoirs, des réseaux
de distribution, ainsi que des équipements associés. Il est important d’adopter les
meilleures pratiques en matière de technologie, d’efficacité énergétique et de
durabilité.
5. Financement du projet : Identifier les sources de financement disponibles pour la
réalisation des infrastructures. Cela peut inclure des fonds publics, des partenariats
public-privé, des subventions, des prêts ou des contributions des usagers. Établir un
plan financier solide en prenant en compte les coûts de construction, de maintenance
et d’exploitation des infrastructures.
6. Obtention des autorisations : S’assurer du respect des réglementations en vigueur et
obtenir les autorisations nécessaires pour la réalisation du projet. Cela peut inclure des
autorisations environnementales, des permis de construction, des accords fonciers,
des consultations publiques ou des approbations des autorités compétentes.
7. Appels d’offres et sélection des prestataires : Lancer des appels d’offres pour
sélectionner les prestataires (entreprises de construction, bureaux d’études,
fournisseurs d’équipements, etc.) qui seront responsables de la réalisation des
infrastructures. Établir des critères de sélection clairs et évaluer les propositions
selon des critères tels que l’expérience, la compétence technique, le respect des
délais et le coût.

93
8. Suivi et gestion de projet : Mettre en place une équipe de suivi et de gestion de projet
pour superviser la réalisation des infrastructures. Cela implique la coordination des
différentes parties prenantes, le respect des échéances, le contrôle de la qualité des
travaux, la gestion des risques, la communication avec les parties intéressées et la
surveillance des coûts.

Ces préparatifs sont essentiels pour assurer une réalisation réussie des infrastructures du
service public de l’eau potable. Ils permettent de garantir la faisabilité du projet, de respecter
les réglementations, de mobiliser les ressources nécessaires et de prévoir les mesures de
gestion adéquates pour une mise en œuvre efficace.

5.1.1. Le recrutement des prestataires

Lors de la réalisation des infrastructures pour le service public de l’eau potable, différents
prestataires peuvent être nécessaires. Voici quelques-uns des prestataires couramment
impliqués et des conseils sur l’organisation de leur recrutement :
1. Entreprises de construction : Les entreprises de construction sont chargées de la
réalisation physique des infrastructures, telles que les captages, les stations de
traitement, les réservoirs et les réseaux de distribution. Pour recruter les prestataires,
les étapes suivantes sont requises :
• Établissement d’un cahier des charges détaillé qui spécifie les travaux à réaliser,
les exigences techniques, les délais et les critères de qualité attendus ;
• Lancement de l’appel d’offres en diffusant largement les informations sur le projet
et en invitant les entreprises de construction à soumissionner ;
• Évaluation des propositions reçues en fonction des critères préétablis, tels que
l’expérience, les compétences techniques, les références, la capacité financière
et le respect des délais ;
• Organisation des réunions avec les entreprises présélectionnées pour discuter
de leurs propositions, clarifier les points éventuellement flous et évaluer leur
compréhension du projet ;
• Sélection de l’entreprise de construction la plus qualifiée ;
• Négociation des termes du contrat, y compris les coûts, les délais et les modalités
de paiement.

2. Bureaux d’études et de conception : Les bureaux d’études sont chargés de réaliser les
études techniques, les plans, les calculs et les dessins nécessaires à la conception
des infrastructures. Voici comment organiser leur recrutement :
• Identification des compétences spécifiques requises pour les études techniques
(ex : génie civil, génie hydraulique, etc.) en fonction des besoins du projet ;
• Publication des annonces de recrutement ou lancement des appels d’offres pour
sélectionner des bureaux d’études ;
• Évaluation des propositions en fonction des critères tels que l’expérience, les
compétences techniques, les références et la compréhension du projet ;

94
• Organisation des entretiens pour discuter des propositions, évaluation de la
capacité du bureau d’études à répondre aux besoins du projet et s’assurer d’une
bonne communication et collaboration ;
• Sélection du bureau d’études le plus approprié et négociation des modalités du
contrat, y compris les coûts, les délais et les livrables attendus.

3. Fournisseurs d’équipements : Les fournisseurs d’équipements fournissent les


composants, les systèmes et les dispositifs nécessaires aux infrastructures du
service public de l’eau potable. Voici comment organiser leur recrutement :
• Identification des types d’équipements nécessaires (ex : pompes, vannes, filtres,
compteurs, etc.) en fonction des spécifications techniques du projet ;
• Recherche pour identifier les fournisseurs potentiels qui offrent les équipements
nécessaires ;
• Contacter les fournisseurs pour obtenir des informations détaillées sur leurs
produits, leur disponibilité, leur conformité aux normes et leurs prix ;
• Évaluation des offres des fournisseurs en fonction des critères tels que la qualité
des équipements, la fiabilité, le respect des normes, les délais de livraison et le
rapport qualité-prix ;
• Sélection des fournisseurs les plus appropriés et établissement des contrats
d’approvisionnement en spécifiant les conditions de livraison, les garanties, les
modalités de paiement et les obligations contractuelles.

Il est important de noter que chaque projet peut avoir des besoins spécifiques en termes de
prestataires, en fonction de sa taille, de sa complexité et des spécificités locales. Il est donc
recommandé de consulter des experts ou des professionnels du secteur de l’eau potable pour
obtenir des conseils adaptés à votre projet spécifique.

NB : Les procédures de recrutement des prestataires sont régies par la Loi 10/010 du 27
Avril 2010 relative aux marchés publics ainsi que la loi n°18/016 du 09 juillet 2018 relative au
Partenariat Public-Privé.

5.1.2. Les études de faisabilité et d’APS

Les études de faisabilité sont des études préalables au lancement des travaux d’infrastructures
du service public de l’eau. Elles consistent à s’assurer de la viabilité des travaux dans toutes ses
phases (conception/réalisations, exploitation et sa maintenance). Les études de faisabilité
doivent permettre de répondre positivement aux questions suivantes :
- Est-ce que les travaux d’infrastructures du service public de l’eau sont-ils faisables
avec les moyens financiers, humains, techniques dont nous disposons ?
- Est-ce que les travaux d’infrastructures du service public de l’eau sont-ils faisables
dans l’environnement dans lequel nous évoluons (politique, social, concurrentiel,
légal, réglementaire, etc…) ?
- Est-ce que les travaux d’infrastructures du service public de l’eau permettront

95
de couvrir les exigences du maître d’ouvrage par exemple et plus largement les
exigences des parties prenantes (opérateurs, bénéficiaires, usagers, etc…) ?

L’élaboration d’avant-projet sommaire précise la composition générale des infrastructures


du service public d’eau potable à installer. Elle décrit les différentes solutions techniques
retenues. Elle peut également comprendre un calendrier de réalisation, donner une première
estimation du coût et de la durée des travaux. Dans tous les cas, elle doit être confirmée par
une étude d’avant-projet définitive ou détaillé.

Durant l’APS, les solutions techniques évoquées lors de l’étude de faisabilité sont triées des
telles façons que certaines sont sélectionnées alors que d’autres sont abandonnées.
Les études de faisabilité et d’avant-projet sommaire sont des étapes cruciales dans la
planification et la réalisation des infrastructures du service public de l’eau potable.

1. Étude de faisabilité : L’étude de faisabilité vise à évaluer la viabilité technique,


financière, économique, environnementale et sociale d’un projet d’infrastructure. Les
principales composantes de cette étude incluent :
• Etudes sur la description de la situation géographique, politique et sociale du Projet
;
• Évaluation des besoins en eau potable : Il s’agit d’analyser la demande actuelle
et future en eau potable, en tenant compte de la croissance démographique, des
activités économiques et des autres facteurs pertinents. Cette évaluation permet
de déterminer la capacité nécessaire des infrastructures à mettre en place ;
• Ressources en eau disponibles : Il est essentiel de quantifier et d’évaluer les
ressources en eau disponibles pour le projet, qu’il s’agisse de captages de sources
naturelles, de prélèvements dans des cours d’eau ou de l’utilisation des eaux
souterraines. Cette évaluation permet de déterminer la disponibilité et la durabilité
des ressources en eau nécessaires pour répondre aux besoins identifiés ;
• Contraintes techniques, sociales et environnementales : Il convient d’identifier
les contraintes techniques, sociales et environnementales qui pourraient affecter
la réalisation du projet. Cela peut inclure des aspects tels que la topographie, la
qualité de l’eau brute, les contraintes réglementaires, les zones protégées ou les
impacts potentiels sur l’environnement et les écosystèmes ;
• Analyse économique et financière : Cette partie de l’étude évalue les coûts
estimés du projet, y compris les investissements initiaux, les coûts d’exploitation
et de maintenance. Elle examine également les sources de financement possibles,
les tarifs applicables aux usagers et les mécanismes de récupération des coûts.
L’objectif est de s’assurer de la viabilité financière du projet sur le long terme ;
• Risques et mesures d’atténuation : L’étude de faisabilité doit également identifier
les risques potentiels associés au projet, tels que les risques techniques,
environnementaux, financiers ou de gestion. Des mesures d’atténuation appropriées
doivent être proposées pour minimiser ces risques et assurer la réussite du projet.

96
2. Avant-projet sommaire : L’avant-projet sommaire consiste en une première étape de
conception des infrastructures, où l’accent est mis sur une évaluation préliminaire des
besoins techniques et des options possibles. Cette étude comprend généralement
les éléments suivants :
• Analyse des différents intervenants au Projet ;
• Analyse des solutions techniques : l’équipe chargée de l’avant-projet sommaire
examine différentes options techniques pour répondre aux besoins identifiés lors
de l’étude de faisabilité. Cela peut inclure des analyses comparatives de différentes
technologies de traitement de l’eau, des schémas de réseaux de distribution et
des choix d’équipements ;
• Estimation des coûts sommaires : une évaluation préliminaire des coûts est
réalisée pour chaque option technique envisagée. Cela permet d’avoir une idée
approximative des investissements nécessaires pour chaque solution ;
• Évaluation des impacts environnementaux : bien que plus détaillée dans les études
d’impact environnemental ultérieures, l’avant-projet sommaire peut déjà identifier
les principaux impacts environnementaux potentiels associés aux différentes
options techniques. Cela permet de prendre en compte ces considérations dès
cette phase préliminaire. (Proposer aussi des mesures atténuations y afférentes
ou correspondantes aux risques relevés) ;
• Calendrier et planification préliminaire : une première évaluation des délais et de la
planification est effectuée pour chaque option technique. Cela permet d’avoir une
vision globale du temps nécessaire à la réalisation du projet.

L’étude de faisabilité et l’avant-projet sommaire fournissent une base solide pour la prise de
décision concernant la faisabilité technique, économique et environnementale d’un projet
d’infrastructures pour le service public de l’eau potable. Ces études permettent d’orienter les
choix futurs, d’établir un plan de travail détaillé et de définir les prochaines étapes du projet
(Voir en annexe 1 le contenu de l’étude APS).

5.1.3. Les études APD et les DAO

Les études d’avant-projet définitif vont plus loin que l’étude d’avant-projet sommaire. Elle
détaille les dernières mises au point pour les solutions retenues par le maître d’ouvrage : les
plans, les dimensions et les volumes de la construction, le choix des matériaux, les prestations
techniques, etc…. Elle approfondit également le chiffrage des travaux en le divisant par des
postes bien clairs.

De manière générale, elle permet au maître d’ouvrage d’arrêter définitivement le projet de mise
en œuvre des infrastructures du service public de l’eau.
L’obtention de l’APD, nous aide à obtenir des documents tels que :
- La demande de permis de mise en œuvre travaux pour certains cas (permis de
construire)
- Les constituants du dossier de consultation des entreprises (DCE ou DAO) ;
- La rédaction du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) ;

97
Les études d’avant-projet détaillé (APD) et les dossiers d’appel d’offres (DAO) sont des étapes
supplémentaires dans la planification et la réalisation des infrastructures du service public de
l’eau potable, qui font suite aux études de faisabilité et à l’avant-projet sommaire. Voici une
description de ces deux types d’études :
1. Avant-projet détaillé (APD) : L’avant-projet détaillé consiste en une phase de conception
plus approfondie des infrastructures, où tous les détails techniques et opérationnels
du projet sont développés. Les principales composantes de l’APD incluent :
• Conception technique approfondie : L’équipe chargée de l’APD développe les plans,
les dessins et les calculs détaillés pour les infrastructures du service public de
l’eau potable. Cela comprend la conception précise des captages, des stations
de traitement, des réservoirs, des réseaux de distribution et des équipements
associés ;
• Les méthodes de mise en œuvre ;
• Les prescriptions techniques des travaux à exécuter ;
• Estimation des coûts précis : À partir des éléments de conception détaillés, une
estimation plus précise des coûts du projet est réalisée. Cela inclut les coûts de
construction, les coûts des équipements, les coûts de main-d’œuvre, les coûts
des matériaux, les coûts des études et des services professionnels, ainsi que les
coûts indirects associés au projet ;
• Planification détaillée : L’APD permet d’affiner la planification du projet en
déterminant les étapes, les délais, les ressources nécessaires et les responsabilités
des différentes parties prenantes. Cela comprend également la coordination des
différentes phases du projet, de la préparation du site à la mise en service des
infrastructures ;
• Étude d’impacts environnemental et social approfondie : L’APD peut inclure une
étude d’impacts environnemental et social plus détaillée, en se basant sur les
éléments de conception précis. Cela permet d’identifier et d’évaluer de manière
plus précise les impacts environnementaux et sociaux potentiels du projet, ainsi
que les mesures d’atténuation nécessaires (voir annexe 2 le format des études
APD) ;
• Établissement du calendrier et des délais : Une fois que tous les aspects du projet
sont bien définis, l’APD permet d’établir un calendrier détaillé avec des délais
spécifiques pour chaque étape du projet.
2. Dossier d’appel d’offres (DAO) : Le dossier d’appel d’offres est un document
préparé à partir de l’APD et qui contient toutes les informations nécessaires pour
les entreprises intéressées à soumissionner pour la réalisation des travaux. Les
principales composantes d’un DAO comprennent :
• Description détaillée du projet : Le DAO présente une description complète du
projet, y compris les objectifs, les spécifications techniques, les exigences de
qualité, les quantités estimées, les délais, les modalités de paiement, les conditions
contractuelles, etc. ;
• Documents contractuels : Le DAO inclut les documents contractuels tels que les
conditions générales, les formulaires de soumission, les modèles de contrat et les

98
annexes ;
• Critères d’évaluation : Le DAO précise les critères d’évaluation utilisés pour évaluer
les propositions des soumissionnaires, tels que l’expérience, les compétences
techniques, les références, la capacité financière, les délais proposés, la qualité du
plan de travail, etc. ;
• Plans et dessins : Le DAO comprend les plans, les dessins et les documents
graphiques détaillés des infrastructures à réaliser ;
• Spécifications techniques : Le DAO spécifie les exigences techniques détaillées
pour les matériaux, les équipements, les méthodes de construction, les normes à
respecter, etc. ;
• Procédures de soumission : Le DAO précise les modalités de soumission des offres,
les dates limites, les conditions de dépôt, les garanties requises, etc.

Le DAO est publié aux entreprises intéressées, qui peuvent ensuite soumettre leurs offres
pour la réalisation des travaux. Il sert de base pour l’évaluation des propositions et la sélection
de l’entreprise de construction ou des prestataires appropriés pour la réalisation des
infrastructures du service public de l’eau potable.

Ces étapes de l’APD et du DAO sont essentielles pour assurer une conception détaillée, une
planification précise et une mise en œuvre efficace des infrastructures, tout en favorisant la
concurrence et la transparence dans le processus de sélection des prestataires.

5.1.4. La contractualisation et la gestion des contrats

Une fois la sélection des prestataires faites à la suite de l’analyse de leurs offres et sur la
base des critères définis dans le DAO, des notifications sont adressées aux prestataires
retenus provisoirement selon les procédures des marchés publics (modèle en annexe 14).
Il peut s’avérer nécessaire d’organiser des négociations avant de conclure définitivement
l’attribution du contrat si le montant de l’offre du prestataire provisoirement retenu dépasse
l’enveloppe budgétaire disponible.

La contractualisation et la gestion des contrats jouent un rôle essentiel dans la réalisation


et l’exploitation des infrastructures du service public de l’eau potable. Voici quelques points
importants à prendre en compte :
1. Contractualisation : La contractualisation consiste à formaliser les relations et les
obligations entre les parties impliquées dans la réalisation du projet, que ce soit les
donneurs d’ordre (maître d’ouvrage) et les prestataires (entreprises de construction,
bureaux d’études, fournisseurs, etc.). Quelques aspects clés de la contractualisation
sont :
• Contrats clairs et complets : Les contrats doivent être rédigés de manière
claire, précise et complète, en incluant toutes les obligations, les droits et les
responsabilités des parties. Cela comprend les détails sur les travaux à réaliser,
les échéances, les modalités de paiement, les pénalités en cas de non-respect des
engagements, les garanties, etc ;

99
• Répartition des risques : Les contrats doivent définir la répartition des risques entre
les parties de manière équitable. Cela peut inclure des clauses sur les risques liés
aux retards, aux changements de scope, aux performances insatisfaisantes, aux
conditions météorologiques, etc. Il est important de clarifier comment ces risques
seront gérés et qui en sera responsable ;
• Mécanismes de résolution des litiges : Les contrats doivent inclure des mécanismes
de résolution des litiges, tels que des procédures de médiation, d’arbitrage ou
de règlement extrajudiciaire des conflits. Cela permet de résoudre les éventuels
différends de manière efficace et équitable, sans recourir à des litiges longs et
coûteux.
2. Gestion des contrats : La gestion des contrats fait référence à toutes les activités
nécessaires pour s’assurer que les parties respectent les termes et les conditions
des contrats tout au long du projet. Voici quelques aspects importants de la gestion
des contrats :
• Suivi des performances : Il est essentiel de suivre et d’évaluer régulièrement les
performances des prestataires par rapport aux engagements contractuels. Cela
peut inclure des rapports d’avancement, des inspections, des tests de conformité,
des revues de qualité, etc. En cas de non-respect des engagements, des mesures
appropriées doivent être prises conformément aux clauses contractuelles ;
• Gestion des modifications : Tout au long du projet, il peut être nécessaire d’apporter
des modifications aux contrats en raison de changements de scope, d’imprévus
ou d’autres circonstances. Il est important de mettre en place des procédures
claires pour gérer ces modifications, y compris les approbations nécessaires, les
évaluations des coûts et des délais, et les ajustements contractuels appropriés ;
• Gestion financière : La gestion des contrats implique également une gestion
rigoureuse des aspects financiers, tels que les paiements aux prestataires, la
vérification des factures, la gestion des retenues de garantie, etc. Un suivi précis
des coûts du projet est essentiel pour éviter les dépassements budgétaires et
assurer une utilisation efficace des ressources financières ;
• Communication et collaboration : Une bonne communication et une collaboration
étroite entre les parties contractantes sont essentielles pour une gestion réussie
des contrats. Il est important d’établir des canaux de communication clairs et de
favoriser un dialogue ouvert pour résoudre les problèmes, partager les informations
pertinentes et prendre des décisions conjointes lorsque nécessaire.

Une gestion efficace des contrats garantit la conformité aux engagements contractuels,
minimise les risques, favorise la transparence et la responsabilisation, et contribue à la réussite
globale du projet d’infrastructures du service public de l’eau potable.

100
5.2. La construction

La construction des infrastructures du service public de l’eau potable comprend généralement


plusieurs phases, qui peuvent varier en fonction de la complexité et de l’ampleur du projet.
Voici les phases typiques de construction :
1. Travaux préparatoires et installation chantier : Avant de commencer les travaux de
construction, il est nécessaire de préparer le site. Cela peut inclure des activités
telles que l’aménagement des accès, le nivellement du terrain, la mise en place des
installations temporaires (chantier, bureaux, entrepôts), la sécurisation du site, etc ;
2. Génie civil et construction des ouvrages : Cette phase implique la construction des
ouvrages nécessaires à la production, au stockage et à la distribution de l’eau potable.
Cela peut inclure la construction de captages d’eau, de stations de traitement, de
réservoirs de stockage, de réseaux de distribution, l’installation des pompes, pose des
canalisations, de vannes, etc. Les travaux de génie civil, tels que les terrassements,
les fondations, les structures en béton, les installations électriques, sont également
réalisés à cette étape ;
3. Installation des équipements : Une fois les ouvrages principaux construits, les
équipements nécessaires au fonctionnement du système d’eau potable sont installés.
Cela peut inclure des équipements de traitement de l’eau (filtres, désinfection,
adoucissement, etc.), des pompes, des compteurs d’eau, des instruments de contrôle
et de surveillance, des systèmes de télégestion, etc ;
4. Mise en service et tests : Après l’installation des équipements, la mise en service
du système est effectuée. Cela comprend les essais et les tests des différentes
installations pour s’assurer qu’elles fonctionnent correctement et répondent aux
normes de qualité de l’eau potable. Des ajustements et des réglages peuvent être
nécessaires à cette étape pour garantir le bon fonctionnement du système ;
5. Formation et documentation : Il est important de fournir une formation adéquate au
personnel chargé de l’exploitation et de la maintenance du système d’eau potable. Les
procédures opérationnelles standard, les manuels d’utilisation, les plans techniques,
les schémas de réseau, les certificats de conformité, les rapports d’essais, etc.,
doivent également être documentés et mis à disposition pour faciliter la gestion
future du système ;
6. Réception des travaux : Une fois les travaux de construction terminés, une réception
des travaux est effectuée. Cette étape implique une inspection détaillée des
installations pour vérifier leur conformité aux spécifications contractuelles. Si tout
est conforme, la réception des travaux est officiellement réalisée, marquant la fin de
la phase de construction. A titre de rappel, l’étape de réception des travaux se fait en
3 phases :
♦ La réception technique des travaux ;
♦ La réception provisoire des travaux ;
♦ La réception définitive des travaux.

101
Il convient de noter que ces phases peuvent se chevaucher dans certaines situations, et
des ajustements spécifiques peuvent être nécessaires en fonction des besoins et des
contraintes propres à chaque projet. Une planification minutieuse et une coordination efficace
entre les différentes parties prenantes sont essentielles pour assurer la réalisation réussie
des infrastructures du service public de l’eau potable.

5.2.1. Les ordres de service

Lors de la construction des infrastructures du service public de l’eau potable, plusieurs


ordres de service peuvent être émis pour organiser et donner des instructions spécifiques
aux entrepreneurs et aux prestataires de services. Voici quelques-uns des ordres de service
couramment utilisés :
1. Ordre de démarrage des travaux : Cet ordre de service est émis au début de la phase de
construction pour autoriser formellement le démarrage des travaux. Il indique la date
de démarrage, les responsabilités des différentes parties et les délais à respecter
(voir un modèle en annexe 3) ;
2. Ordre de variation : Lorsqu’il est nécessaire de modifier les travaux prévus initialement
en raison de changements de scope, de spécifications ou d’autres circonstances, un
ordre de variation est émis. Cet ordre de service précise les modifications à apporter,
les impacts sur les délais et les coûts, et les ajustements contractuels nécessaires ;
3. Ordre de suspension : Si des circonstances spécifiques nécessitent la suspension
temporaire des travaux, un ordre de suspension est émis. Cela peut être dû à des
problèmes techniques, des retards imprévus, des problèmes de sécurité ou d’autres
raisons. L’ordre de suspension précise la durée de la suspension et les actions requises
avant de reprendre les travaux. (Voir modèle en annexe 4) ;
4. Ordre de reprise : Lorsque la suspension des travaux est levée et qu’il est autorisé
de reprendre les activités, un ordre de reprise est émis. Il indique la date de reprise
des travaux, les actions à effectuer pour la reprise en toute sécurité et les éventuels
ajustements aux délais prévus (voir modèle en annexe 5) ;
5. Ordre de complétion : Une fois que les travaux sont considérés comme terminés et que
toutes les obligations contractuelles ont été satisfaites, un ordre de complétion est
émis. Cet ordre de service marque la fin des travaux et peut déclencher des actions
supplémentaires telles que des inspections finales, des tests de performance et le
transfert de responsabilités à l’exploitant du service public de l’eau potable ;
6. Ordre de paiement : Lorsque les travaux effectués par les entrepreneurs sont acceptés
et vérifiés conformément aux termes du contrat, un ordre de paiement est émis pour
autoriser le paiement correspondant. Cet ordre de service spécifie le montant à payer,
les modalités de paiement et les documents requis pour le processus de facturation.

Il est important de noter que la terminologie et les procédures spécifiques peuvent varier d’un
projet à l’autre, et les ordres de service peuvent être adaptés en fonction des besoins et des
pratiques contractuelles spécifiques.

102
5.2.2. Le suivi des chantiers (réunion de chantier, ouvrage, calendrier, budget)

Le suivi des chantiers dans le cadre de la construction des infrastructures du service public de
l’eau potable est essentiel pour s’assurer de la bonne progression des travaux, du respect des
délais, de la qualité des ouvrages et de la conformité aux spécifications contractuelles.

Voici quelques éléments clés de l’organisation du suivi des chantiers :


1. Équipe de suivi du chantier : Une équipe de suivi du chantier est généralement mise en
place pour superviser et coordonner les activités de construction. Cette équipe peut
être composée de représentants du maître d’ouvrage, de gestionnaires de projet,
d’ingénieurs, de responsables de la qualité, de spécialistes techniques, etc. Chaque
membre de l’équipe peut avoir des responsabilités spécifiques liées à son domaine
d’expertise. (Voir en annexe 6 le modèle du PV de chantier) ;
2. Réunions de chantier : Des réunions de chantier régulières sont organisées pour
assurer la communication entre les différentes parties prenantes du projet. Ces
réunions permettent de partager des informations, de résoudre les problèmes
éventuels, de discuter des progrès réalisés, des retards éventuels, des ajustements
nécessaires, etc. Les réunions de chantier peuvent se tenir hebdomadairement ou à
un rythme convenu entre les parties concernées (modèle de PV en annexe 7) ;
3. Rapports d’avancement : Des rapports d’avancement périodiques sont établis
pour fournir un aperçu détaillé de l’état d’avancement des travaux. Ces rapports
peuvent inclure des informations sur les activités réalisées, les retards éventuels,
les problèmes rencontrés, les ressources utilisées, les éventuelles modifications de
scope, etc. Ils servent de base pour évaluer la performance du chantier et prendre des
mesures correctives si nécessaire ;
4. Suivi de la qualité : Le suivi de la qualité est essentiel pour garantir que les ouvrages
sont réalisés conformément aux normes et aux spécifications contractuelles. Cela
peut impliquer des inspections sur site, des tests de conformité, des échantillonnages,
des vérifications de la documentation, etc. Tout écart par rapport aux critères de
qualité définis peut nécessiter des actions correctives et des ajustements dans le
processus de construction ;
5. Suivi des délais : Le suivi des délais permet de s’assurer que les travaux progressent
selon le planning établi. Cela comprend la surveillance des jalons clés, des échéances
intermédiaires et des délais contractuels. Si des retards sont identifiés, des mesures
appropriées peuvent être prises pour les rattraper, tels que la réaffectation des
ressources, l’accélération des travaux ou la renégociation des délais si nécessaire ;
6. Gestion des modifications : Tout au long du chantier, des modifications peuvent
être nécessaires en raison de changements de scope, d’imprévus ou d’autres
circonstances. Il est important de mettre en place un processus clair et bien défini
pour gérer ces modifications, y compris les approbations nécessaires, les évaluations
des coûts et des délais, et les ajustements contractuels appropriés.

103
L’organisation du suivi des chantiers peut varier en fonction de la taille et de la complexité du
projet, ainsi que des exigences spécifiques du maître d’ouvrage et des parties contractantes.
L’objectif principal est de permettre une gestion efficace du chantier, de minimiser les risques,
d’assurer la qualité des ouvrages et de garantir le respect des délais et des spécifications
contractuelles.

5.2.3. La réception des ouvrages

La réception des ouvrages réalisés dans le cadre du service public de l’eau potable est une
étape cruciale pour s’assurer de la conformité des travaux par rapport aux spécifications
contractuelles et aux normes de qualité. Voici les principales étapes du processus de réception
des ouvrages :
1. Planification de la réception : Avant la réception proprement dite, il est important de
planifier cette étape en fixant une date et en invitant toutes les parties concernées.
Cela doit inclure le maître d’ouvrage, les représentants des prestataires, les ingénieurs,
les experts techniques, les autorités réglementaires, etc. ;
2. Inspection des ouvrages : Une fois sur site, une inspection approfondie des ouvrages
est réalisée. Cela doit inclure la vérification de la conformité des installations par
rapport aux plans, aux spécifications techniques et aux normes applicables. Les
équipements, les infrastructures, les systèmes de traitement, les réservoirs, les
canalisations, les vannes, etc., sont examinés en détail ;
3. Vérification de la conformité : Pendant l’inspection, la conformité des ouvrages aux
exigences contractuelles est évaluée. Il s’agit ici de s’assurer que les travaux ont
été réalisés selon les normes de qualité requises, en respectant les délais et les
spécifications techniques. Tout écart ou défaut est relevé et documenté ;
4. Essais et tests : Des essais et des tests sont souvent réalisés pour vérifier le bon
fonctionnement des ouvrages. Cela doit inclure des tests de pression, des tests
de fuite, des tests de performance des équipements, des analyses de l’eau traitée,
etc. Les résultats de ces tests sont examinés pour s’assurer de la conformité aux
exigences contractuelles ;
5. Procès-verbal de réception : Une fois que l’inspection, la vérification de la conformité
et les tests ont été effectués avec succès, un procès-verbal de réception est établi.
Ce document officiel atteste que les ouvrages ont été réalisés conformément aux
spécifications contractuelles. Il doit également inclure les réserves ou les observations
éventuelles qui nécessitent des actions correctives ;
6. Réception provisoire et réception définitive : Dans certains cas, une réception
provisoire peut être réalisée si des travaux mineurs restent à achever ou si des réserves
mineures ont été identifiées. Une réception définitive est ensuite effectuée une fois
que tous les travaux ont été terminés et que toutes les réserves ont été levées. La
réception définitive marque la fin du projet et permet le transfert des responsabilités
à l’exploitant du service public de l’eau potable. (Voir en annexe 8 le modèle de PV de
réception provisoire et annexe 9 le modèle de réception définitive).

104
Il est important de noter que le processus de réception peut varier en fonction des dispositions
contractuelles spécifiques et des réglementations locales. Une bonne communication entre
le maître d’ouvrage et les prestataires, ainsi qu’une documentation précise et complète, sont
essentielles pour une réception réussie des ouvrages réalisés.

5.3. Les arrangements connexes


Dans le processus de réalisation des ouvrages, le Maître d’Ouvrages peut se faire accompagner
dans l’accomplissement de ses responsabilités à travers des délégations de certaines
responsabilités. Il s’agit essentiellement de la mise en place d’une assistance à la maitrise
d’ouvrage (ou maitrise d’Ouvrages déléguée) et de la maitrise d’œuvre.

Ces arrangements connexes visent à faciliter la coordination, la collaboration et la gestion


efficace de la réalisation des infrastructures du service public de l’eau potable. Ils contribuent
à assurer la qualité, le respect des délais et la conformité aux spécifications techniques, tout
en minimisant les risques et les perturbations potentielles dans le processus de construction.

5.3.1. L’assistance à la maitrise d’ouvrage

L’assistance à la maîtrise d’ouvrages (AMO) est un service qui vise à accompagner et soutenir
le maître d’ouvrage dans la réalisation de son projet. Dans le contexte du service public de l’eau
potable, l’AMO peut jouer un rôle important pour garantir le bon déroulement du projet et la
réussite de sa mise en œuvre. Voici quelques points clés concernant l’Assistance à la Maîtrise
d’Ouvrages dans ce domaine :
1. Expertise technique et réglementaire : L’AMO peut apporter une expertise technique
et réglementaire pointue dans le domaine de l’eau potable. Cela peut inclure la
connaissance des normes, des réglementations et des meilleures pratiques en matière
de conception, de construction et d’exploitation des infrastructures de distribution
d’eau potable. L’AMO peut aider le maître d’ouvrage à prendre les bonnes décisions
techniques et à s’assurer de la conformité aux exigences légales et réglementaires ;
2. Gestion de projet : L’AMO peut assurer la gestion de projet pour le compte du maître
d’ouvrage. Cela peut inclure la planification, l’organisation, la coordination et le suivi
des différentes étapes du projet. L’AMO peut établir un calendrier, identifier les
tâches critiques, gérer les ressources, surveiller les avancements, gérer les budgets
et les contrats, etc. Cela permet au maître d’ouvrage de se concentrer sur ses
responsabilités tout en bénéficiant d’une gestion professionnelle du projet ;
3. Assistance dans les études et les choix techniques : L’AMO peut apporter une
aide précieuse dans les études préliminaires et les choix techniques. Cela peut
inclure l’analyse des besoins, la réalisation d’études de faisabilité, la définition des
spécifications techniques, l’évaluation des différentes options technologiques, etc.
L’AMO peut fournir des conseils éclairés pour aider le maître d’ouvrage à prendre des
décisions éclairées et à choisir les meilleures solutions techniques adaptées à ses
besoins spécifiques ;

105
4. Suivi des travaux et contrôle de la qualité : L’AMO peut assurer le suivi des travaux
et le contrôle de la qualité tout au long du projet. Cela peut inclure l’inspection des
chantiers, la vérification de la conformité aux plans et aux spécifications, le suivi de
l’avancement des travaux, la gestion des réserves, la réalisation de tests et d’essais,
etc. L’AMO veille à ce que les travaux soient réalisés selon les normes de qualité
attendues et aux exigences du maître d’ouvrage ;
5. Assistance dans la réception des ouvrages : L’AMO peut également apporter une
assistance lors de la réception des ouvrages réalisés. Cela peut inclure la préparation
des procès-verbaux de réception, la vérification de la conformité des ouvrages, la
gestion des réserves éventuelles, etc. L’AMO aide le maître d’ouvrage à s’assurer que
les ouvrages livrés répondent aux attentes et aux exigences contractuelles.
L’assistance à la maîtrise d’ouvrage dans le domaine de l’eau potable contribue à garantir la
bonne réalisation du projet, en apportant une expertise spécialisée, une gestion professionnelle
et un suivi rigoureux. Cela permet au maître d’ouvrage de bénéficier d’un soutien technique et
organisationnel, tout en assurant la qualité, la conformité et le respect des délais du projet.

5.3.2. La maitrise d’œuvre

La maîtrise d’œuvre (MOE) est un acteur clé dans le processus de réalisation des infrastructures
dans le cadre de la maîtrise d’ouvrage. La MOE représente le maître d’ouvrage et est responsable
de la conception, de la coordination et du suivi des travaux. Voici quelques points importants à
considérer concernant la maîtrise d’œuvre :
1. Conception technique : La maîtrise d’œuvre est chargée de la conception technique
des infrastructures. Cela comprend la réalisation des études préliminaires, des plans,
des schémas, des calculs, etc., pour définir les caractéristiques techniques des
ouvrages. La maîtrise d’œuvre doit s’assurer que la conception répond aux besoins du
maître d’ouvrage, respecte les réglementations en vigueur et intègre les meilleures
pratiques de l’industrie.
2. Coordination des intervenants : La maîtrise d’œuvre est responsable de la coordination
des différents intervenants impliqués dans le projet, tels que les bureaux d’études,
les ingénieurs, les entreprises de construction, etc. La maîtrise d’œuvre veille à ce
que les travaux soient réalisés de manière cohérente et harmonieuse, en assurant la
communication et la collaboration entre les parties prenantes.
3. Suivi des travaux : La maîtrise d’œuvre assure le suivi des travaux sur le terrain. Cela
comprend la vérification de la conformité des travaux réalisés par rapport aux plans
et aux spécifications, la gestion des éventuels problèmes techniques, la coordination
des différentes étapes du chantier, etc. La maîtrise d’œuvre joue un rôle essentiel
dans la qualité de l’exécution des travaux et le respect des délais ;
4. Contrôle de la qualité : La maîtrise d’œuvre effectue le contrôle de la qualité tout au
long du projet. Cela implique la réalisation de tests, d’essais et d’inspections pour
s’assurer que les travaux respectent les normes de qualité établies. La maîtrise
d’œuvre identifie les éventuels écarts ou défauts et propose les mesures correctives
nécessaires ;

106
5. Gestion des modifications et des réclamations : La maîtrise d’œuvre gère également
les modifications éventuelles du projet et les réclamations des parties prenantes. Cela
comprend l’évaluation des impacts des changements proposés, la négociation avec
les intervenants, la proposition des solutions alternatives, etc. La maîtrise d’œuvre
veille à ce que les modifications ne compromettent pas la qualité ou les délais du
projet ;
6. Réception des ouvrages : La maîtrise d’œuvre participe à la réception des ouvrages
réalisés. Elle vérifie la conformité des travaux par rapport aux spécifications et aux
exigences du maître d’ouvrage, et établit un procès-verbal de réception. La maîtrise
d’œuvre peut également assister le maître d’ouvrage dans la gestion des réserves
éventuelles.

La maîtrise d’œuvre travaille en étroite collaboration avec le maître d’ouvrage et les autres
acteurs du projet pour assurer la bonne réalisation des infrastructures dans le respect des
objectifs fixés. Son rôle est essentiel pour garantir la qualité, la conformité et la réussite du
projet.

5.4. La prise en compte de l’approche nexus humanitaire –


développement dans le développement des services

La délivrance des services publics d’eau potable et d’assainissement doit impérativement


tenir compte des menaces et les crises récurrentes tels que :
• Les catastrophes naturelles : les inondations, les sécheresses et crises alimentaires/
nutritionnelles associées, les éruptions volcaniques, etc. ;
• Les conflits et troubles civils : Les guerres, les conflits communautaires, les
attaques/menaces terroristes et déplacements de populations (PDI, retournés).

Dans ce cas, la délivrance des services doit prendre en compte l’approche nexus dans sa
conception et sa mise en œuvre.
Le nexus est compris comme une optimisation de l’efficacité des ressources humaines et
de développement en assurant une continuité voire une coordination programmatique et
opérationnelle combinant diverses options en fonction de la spécificité du contexte et des
dynamiques dans la zone concernée.
Le nexus n’a pas pour vocation de se limiter à promouvoir une stricte transition de l’humanitaire
vers le développement.

5.4.1. Prise en compte de l’approche Nexus HDP

Le Nexus humanitaire-développement est une approche intégrée qui vise à combler les
liens entre les actions humanitaires d’urgence et les efforts de développement à plus long
terme. Dans le contexte du service public d’eau potable, il est important de prendre en
compte cette approche pour assurer la durabilité des infrastructures et répondre aux besoins

107
des populations de manière holistique. Voici quelques points clés pour intégrer le Nexus
humanitaire-développement dans le service public d’eau potable :
1. Analyse des besoins : Il est essentiel de réaliser une analyse approfondie des
besoins des populations touchées, en tenant compte des aspects humanitaires et
développementaux. Cela inclut l’évaluation des besoins en eau potable, en hygiène et
en assainissement, ainsi que des facteurs socio-économiques et environnementaux.
Cette analyse permet de définir les priorités et d’orienter les actions de manière
intégrée
2. Planification conjointe : La planification conjointe entre les acteurs humanitaires et
les acteurs du développement est cruciale pour garantir une approche coordonnée
et cohérente. Il est important de réunir les différents acteurs concernés, tels que les
organismes humanitaires, les gouvernements locaux, les agences de développement,
les ONG et les communautés locales, pour élaborer un plan commun et aligné sur les
objectifs de développement durable.
3. Intégration des interventions : Il est nécessaire d’intégrer les interventions
humanitaires et de développement dans la mise en œuvre des infrastructures d’eau
potable. Cela implique de concevoir des projets qui répondent aux besoins immédiats
des populations touchées tout en contribuant à des résultats à plus long terme. Par
exemple, en utilisant des technologies durables, en renforçant les capacités locales
et en favorisant la participation communautaire.
4. Renforcement des capacités : Le renforcement des capacités des acteurs locaux est
une composante clé du Nexus humanitaire-développement. Il est important d’investir
dans la formation et le transfert de connaissances aux niveaux communautaire,
institutionnel et technique. Cela permet aux communautés locales et aux acteurs
locaux d’être plus autonomes dans la gestion, l’entretien et la durabilité des
infrastructures d’eau potable.
5. Suivi et évaluation : Le suivi et l’évaluation réguliers des projets d’eau potable sont
essentiels pour mesurer l’impact et l’efficacité des interventions, tant d’un point
de vue humanitaire que développemental. Cela permet d’ajuster les approches,
d’apprendre des bonnes pratiques et de partager les leçons apprises. Le suivi et
l’évaluation doivent inclure des indicateurs pertinents pour mesurer à la fois les
résultats immédiats et les résultats à plus long terme.

En intégrant le Nexus humanitaire-développement dans le service public d’eau potable, on


favorise une approche globale et durable, qui répond aux besoins urgents des populations tout
en contribuant à leur résilience et à leur développement à long terme.
Tout cela doit permettre à la province de réaliser les programmes nationaux relatifs à l’accès à
l’eau et l’assainissement et donc des ODD en tout temps (y compris les situations d’urgence).

5.4.2. Préparation et coordination de l’action humanitaires ou des urgences

Pour assurer la préparation et la coordination de l’action humanitaire dans le service public de


l’eau potable, voici quelques mesures clés à prendre :

108
1. Établir des plans d’urgence : Développer des plans d’urgence spécifiques pour le
secteur de l’eau potable en cas de situations d’urgence telles que des catastrophes
naturelles, des conflits armés ou des épidémies. Ces plans doivent inclure des
procédures d’intervention d’urgence, des mécanismes de coordination et des
stratégies pour garantir la continuité des services d’eau potable pendant les crises.
2. Identifier les partenaires clés : Identifier les partenaires clés dans le domaine
humanitaire, tels que les agences des Nations Unies, les organisations non
gouvernementales (ONG) spécialisées dans l’eau et l’assainissement, les autorités
locales et les autres acteurs pertinents. Établir des relations de travail solides avec
ces partenaires afin de faciliter la coordination et la mobilisation des ressources en
cas d’urgence.
3. Renforcer les capacités du personnel : Assurer que le personnel du service public
de l’eau potable est formé et préparé pour répondre aux situations d’urgence. Cela
comprend la formation sur les procédures d’intervention d’urgence, la gestion des
crises, la distribution d’eau en situation d’urgence, la désinfection de l’eau, etc. Il est
également essentiel de former le personnel sur les principes de l’action humanitaire,
y compris la protection des droits des bénéficiaires et la coordination avec d’autres
acteurs humanitaires.
4. Mise en place d’un système de surveillance et d’alerte précoce : Établir un système de
surveillance pour détecter les signes précurseurs de crises liées à l’eau potable. Cela
peut inclure la surveillance des niveaux d’eau, de la qualité de l’eau, des indicateurs
sanitaires, des conditions météorologiques, etc. Un système d’alerte précoce
permettra de prendre des mesures proactives pour prévenir les crises ou pour y
répondre rapidement.
5. Coordination intersectorielle : Coordonner les actions avec d’autres secteurs, tels
que la santé, l’assainissement, la logistique, la sécurité alimentaire, etc. L’eau potable
est étroitement liée à d’autres aspects de l’action humanitaire, il est donc essentiel
de travailler en étroite collaboration avec d’autres acteurs pour une réponse intégrée
et coordonnée.
6. Stockage d’équipements et de fournitures d’urgence : Prévoir un stock d’équipements
d’urgence tels que des kits de traitement de l’eau, des réservoirs d’eau, des pompes,
des équipements de distribution, des tests de qualité de l’eau, etc. Assurer également
la disponibilité de fournitures d’urgence telles que des jerrycans, des pastilles de
purification de l’eau, des produits chimiques de désinfection, etc.
7. Exercices et simulations : Organiser régulièrement des exercices et des simulations
pour tester la préparation et la réponse du service public de l’eau potable aux situations
d’urgence. Cela permet de mettre en pratique les plans d’urgence, d’identifier les
lacunes et de renforcer les capacités de réaction en temps réel.

En mettant en place ces mesures, le service public de l’eau potable peut améliorer sa capacité
à prévenir, préparer et coordonner l’action humanitaire dans le domaine de l’eau potable, et
ainsi répondre de manière efficace et efficiente aux besoins des populations touchées par les
crises.

109
5.4.3. Pérennisation des acquis de l’action humanitaires ou des urgences

La pérennisation des acquis des réalisations faites dans le cadre des urgences humanitaires
est un défi important. Quelques stratégies et approches qui peuvent contribuer à cette
pérennisation sont :
1. Approche de développement durable : Il est essentiel d’adopter une approche de
développement durable dès le début de l’intervention humanitaire. Cela signifie intégrer
des éléments de durabilité dans la planification, la conception et la mise en œuvre
des projets humanitaires. Il faut tenir compte des aspects sociaux, économiques
et environnementaux pour s’assurer que les interventions répondent aux besoins
immédiats tout en renforçant la résilience des communautés à long terme.
2. Renforcement des capacités locales : Investir dans le renforcement des capacités
des acteurs locaux, tels que les gouvernements locaux, les organisations de la
société civile et les communautés elles-mêmes, est essentiel pour assurer la
pérennité des acquis. Cela peut se faire en fournissant une formation, des ressources
et un accompagnement technique pour renforcer leurs compétences et leur capacité
à prendre en charge la gestion des ressources et des services après le départ des
intervenants humanitaires.
3. Partenariats et coordination : Travailler en partenariat avec les acteurs locaux, les
autres organisations humanitaires et les acteurs du développement est essentiel pour
assurer une transition fluide de l’urgence vers le développement. Une coordination
efficace entre les différents acteurs permet de rationaliser les efforts, d’éviter les
doubles emplois et de maximiser l’impact des interventions.
4. Implication des bénéficiaires : Les communautés affectées par l’urgence humanitaire
doivent être étroitement impliquées dans la planification, la mise en œuvre et
l’évaluation des interventions. Leur participation active permet de prendre en compte
leurs besoins spécifiques, leurs connaissances et leurs ressources locales. Cela
favorise également un sentiment d’appropriation et de responsabilité, ce qui peut
contribuer à la pérennisation des réalisations.
5. Transfert progressif de responsabilités : Au fur et à mesure de l’évolution de la situation,
il est important d’assurer un transfert progressif des responsabilités de l’intervention
humanitaire vers les acteurs locaux. Cela peut se faire de manière planifiée et
coordonnée, en veillant à ce que les capacités et les ressources nécessaires soient
en place pour assurer une transition réussie.
6. Suivi et évaluation : Un suivi continu et une évaluation régulière des interventions
permettent d’identifier les succès, les leçons apprises et les défis rencontrés. Cela
fournit des informations précieuses pour ajuster les stratégies, améliorer les pratiques
et renforcer la pérennité des réalisations.
En mettant en œuvre ces approches, il est possible de pérenniser les acquis des réalisations
faites dans le cadre des urgences humanitaires, en s’assurant que les communautés
bénéficiaires sont mieux préparées à faire face à de futures crises et à poursuivre leur
développement à long terme.

110
Chapitre VI :
LA DÉLIVRANCE ET LE SUIVI DES
PERFORMANCES DES SERVICES
L a délivrance d’un service public de l’eau durable et performant est une fonction essentielle
de maitrise d’ouvrage et correspond à la 6ème fonction de la maitrise d’ouvrage.
En RDC la loi n°15/026 du 31 décembre 2015 relative à l’eau dispose en son article 78 ce qui
suit :

« La province est l’entité territoriale décentralisée, maîtres d’ouvrage, ne sont pas


autorisés à exploiter le service public de l’eau en régie directe.
Des sociétés et établissements publics ou privés ou des associations d’usagers,
maîtres d’œuvre, assurent la fourniture des services, la gestion et la maintenance des
installations dans le cadre de conventions de gestion, etc. »

6.1. Principes du service public


La loi n°15/026 du 31 décembre 2015 relative à l’eau définit les principes du service public de
l’eau potable en ces termes :

• Le service public de l’eau relève du pouvoir central, de la province et de l’entité


territoriale décentralisée, chacun dans les limites de ses compétences et
attributions (article 70).
• Le gouvernement définit la politique nationale du service public de l’eau. Il
en assure avec le gouvernement provincial et le collège exécutif de l’entité
territoriale décentralisée la mise en œuvre. Cette politique se conforme
aux principes d’égalité et d’équité entre les usagers, de continuité et
d’adaptation des services à l’évolution des besoins (article 71).
• Le gouvernement provincial et le collège exécutif de l’entité territoriale
décentralisée assument, dans les limites de leurs compétences et attributions
respectives, les responsabilités de maître d’ouvrage. Le maître d’ouvrage
est responsable du développement, de la réhabilitation et de l’extension des
installations et des services. Il s’assure que toutes les mesures nécessaires
à leur protection, à leur bon fonctionnement et à leur entretien sont mises en
œuvre (article 72).
• Le service public de l’eau est ouvert à toute personne physique ou morale
(article 74).

Concernant l’accès au service et le prix du service, la loi précise :

• Le service public de l’eau est accessible à tous. Il n’est pas gratuit. Son prix
est déterminé par un tarif. Les tarifs de consommation d’eau sont calculés de
manière transparente, afin de couvrir l’ensemble des coûts supportés par leurs
gestionnaires, sans toutefois dépasser les coûts autorisés (Article 84).

112
La loi n°15/026 du 31 décembre 2015 relative à l’eau en son article 85 précise 4 principes
fondamentaux du service public de l’eau, ce sont notamment : les concepts d’égalité, d’équité
et de non-transférabilité :
• La vérité des prix consistant en ce que les tarifs reflètent tous les coûts y compris les
coûts d’exploitation encourus pour l’approvisionnement des consommateurs en eau.
Ces coûts sont comptabilisés de façon claire et transparente et vérifiés par l’autorité
de régulation.
• L’égalité consiste en ce que les tarifs représentent, pour chaque catégorie de
consommateurs, les coûts occasionnés pour son approvisionnement en eau.
• L’équité consiste en ce que les tarifs sont jugés acceptables pour chaque catégorie
de consommateurs
• La non-transférabilité consiste en ce que les tarifs reflètent la structure des coûts
encourus selon différents niveaux de consommation.

6.2. Les modes de gestion : les avantages et les contraintes

L’article 79 de la loi n°15/026 du 31 décembre 2015 relative à l’eau dispose que les conventions
de délégation du service public peuvent prendre les formes ci-après :
• L’affermage
• La concession,
• La gérance
• Toute variante ou combinaison de ces trois modes.

Les différentes définitions retenues par le guide à la délégation du service public de l’eau
potable adopté en atelier les 7 et 8 avril à Kinshasa sont ci-après :
- Affermage : est entendu comme le contrat par lequel le maître d’ouvrage confie à
un opérateur privé la gestion du service public de l’eau dont elle a la responsabilité.
Le fermier exploite le service à ses risques et périls, restitue les ouvrages et
équipements dans un bon état de fonctionnement et verse une redevance à l’autorité
délégante. Le gouvernement provincial approuve par délibération le principe de
l’affermage du service puis les termes du contrat d’affermage. Le fermier se rémunère
directement auprès des usagers. La tarification des services est fixée, en accord
avec le fermier, par délibération du gouvernement provincial. Les prix doivent garantir
l’équilibre financier du système d’AEP et la pérennité du service. Le fermier assure la
maintenance et constitue mensuellement une provision pour les grosses réparations
et le renouvellement des équipements. A l’expiration de l’affermage, le solde du
compte est utilisé pour le renouvellement des équipements avant leur remise à la
province (se référer au guide à la délégation de service pour plus de détails, modèle de
contrat et cahier des charges en annexe 11).
- Concession : Mode de gestion d’un service public dans le cadre duquel le délégataire
réalise à ses frais les investissements nécessaires à l’établissement du service public
de l’eau et en assure la gestion. Celui-ci se rémunère directement auprès de l’usager

113
et exploite le service à ses risques et périls. Le concessionnaire remet les ouvrages
et les équipements en bon état de fonctionnement à la province en fin de contrat.
(voir en annexe 10 le modèle du contrat)
- La gérance : consiste à confier la gestion du service public de l’eau à un opérateur
susceptible de l’exploiter dans de meilleures conditions. Les contrats de gérance
doivent être de courte durée et renégociés à chaque renouvellement. La tarification
des services est proposée par l’opérateur en conformité avec les règles et les
modalités de fixation et de révision applicables par les opérateurs édictées par les
Ministres du Gouvernement central ayant respectivement en charge le service
public de l’eau et l’économie. Celle-ci est validée après délibération en conseil des
ministres du gouvernement provincial. Les prix doivent garantir l’équilibre financier
du SPE et le renouvellement des équipements. La province supporte entièrement le
risque de l’exploitation et les dépenses de gros entretiens et de renouvellement des
équipements. Le gérant est rémunéré par un montant fixe indépendant des résultats
financiers du service (voir le modèle du contrat de gérance en annexe 12 et celui de la
régie intéressée en annexe 13).

En prenant en compte les réalités locales d’autres conditionnalités pourraient s’appliquer


aux trois modes ci-dessus définis, la loi n°15/026 du 31 décembre 2015 relative à l’eau
l’autorise.

Les avantages et les contraintes de la délégation de gestion du service public de l’eau potable
sont ci-après présentés:

Tableau 13: Avantages et inconvénients de la gestion déléguée

Atouts Limites
- Transfert des risques financiers sur le - Risque de dérapage si l’opérateur est en
délégataire situation de monopole, sans véritable contre-
- Apport de capital pour financer le pouvoir (la négociation du contrat doit permettre
fonctionnement, la maintenance et le de minimiser ce risque)
renouvellement de certains équipements - Difficultés pour trouver un exploitant si les
- Diminution des charges financières du maître risques sont élevés et les opportunités de profit
d’ouvrage, peu attrayantes
- Apport de savoir-faire pour améliorer la qualité - Risque d’isolement des petits centres peux
et la durabilité du service rentables
- Facilité des acquisitions pour le fonctionnement - Très longues périodes d’amortissement des
et la maintenance des équipements investissements (5 à 30 ans), ce qui rend le
- Possibilité d’exigence sur les performances secteur de l’eau moins attrayant que d’autres
- Facilité d’innovations - Insuffisance des textes fiscaux
- Intéressement au développement du service
public.

114
Bien que les souverainistes reprochent à la gestion déléguée du service public de l’eau
potable une perte de souveraineté, son originalité réside dans le fait de conserver
l’efficacité du privé tout en conservant l’intérêt public.

6.3. Le rôle des acteurs dans la gestion du SPE


La gestion du service public de l’eau implique plusieurs acteurs de différents secteurs (public,
privé) dont les fonctions, les rôles, les tâches et les responsabilités sont récapitulées dans le
tableau ci-après.

Tableau 14: Les fonctions, les rôles et les responsabilités des acteurs du SPE

Fonctions Acteurs Rôles et responsabilités Tâches spécifiques


Coordon- Primature Clarification des rôles et - Organiser un diagnostic
nateur des attributions des acteurs institutionnel impartial et sensible
institutions publics au genre
nationales - Mettre en œuvre les
recommandations de ce
diagnostic
Mettre en place des - Définir les rôles du ministère en
nouvelles institutions charge du SPE
- Organiser la mise en place de
l’autorité de régulation
Coordonner la mise en œuvre - Vulgariser la PNSPE
de la PNSPE et d’autres - Coordonner l’élaboration d’une
actions du développement approche programmatique pour le
développement du sous-secteur
de l’eau potable
- Coordonner la mise en œuvre des
dispositions de la PNSPE et du
programme national
- Assurer le suivi-évaluation de la
mise en œuvre du PNSPE et du
programme national
- Assurer le partage des résultats
de ce suivi-évaluation avec toutes
les parties prenantes
- Elaborer les normes techniques
des ouvrages et infrastructures
- Elaborer les normes de service

115
Fonctions Acteurs Rôles et responsabilités Tâches spécifiques
Contrôleur Minis- Elaboration des normes et - Elaborer les normes de service
et tère en standards du service public - Fixer les conditions d’agréement
régulateur charge de l’eau des exploitants du SPE
du secteur de l’eau - Elaborer les règles de fixation
des tarifs (en collaboration
avec le ministère en charge de
l’économie)
- Déterminer les conditions et
procédures d’agrément des
organismes de contrôle de la
qualité de l’eau de consommation
(en collaboration avec le Ministère
de la santé publique)
- Déterminer les procédures
d’agrément des sites et projets de
captage d’eau de consommation
Appui à la maîtrise d’ouvrage - Elaborer les outils standards
sensibles au genre intervenant en
appui à l’application des normes
par les maîtres d’ouvrage et
exploitants de service
- Développer et assurer l’application
des outils de bonne gouvernance
- Appuyer l’indentification et
vulgariser les technologies
adaptées aux différents
milieux en RDC (y compris les
technologies d’approvisionnement
en énergie des infrastructures
d’approvisionnement en eau
potable

Promotion des modes - Collecter, gérer et partager


d’approvisionnement de la les données sur les réseaux
population pauvre autonomes
- Développer et assurer la mise en
œuvre des mesures de promotion
des réseaux autonomes
- Développer et assurer la mise en
œuvre des mesures de promotion
de l’engagement du secteur privé

116
Fonctions Acteurs Rôles et responsabilités Tâches spécifiques
- Collecter, gérer et partager les
données sur les associations
d’usagers, des ONG et
communautés religieuses
exploitant le service public de
l’eau en RDC
- Développer les mesures de
formalisation des associations
d’usagers et des comités locaux
d’eau
Référant Ministère Assurer la qualité de l’eau - Elaborer les normes de potabilité
sur la en brute - Déterminer les conditions et
qualité de charge les procédures d’agrément des
l’eau de la organismes de contrôle de qualité
santé de l’eau de consommation
publique - Elaborer les stratégies et outils
sensibles aux différents besoins
des femmes et des hommes
en matière de l’eau potable à
appliquer par les zones de santé et
les maîtres d’ouvrage
- Contrôler la qualité de l’eau
Fixateur Ministère Elaborer les règles en matière - Elaborer les règles de fixation des
des des de fixation du tarif du service tarifs (en collaboration avec le
règles de finances Ministère en charge du SPE
tarification
du service
de l’eau
Contrôleur ARMP et Contrôle de la régularité de - Veiller au respect de la
en matière DGCMP passation des marchés de réglementation nationale
de marché délégation en matière de passation et
public d’exécution des marchés publics
Régulateur Autorité Assurer la qualité du service - Veiller au respect, par les
du SPE de régu- public de l’eau et veiller sur le opérateurs du secteur, des
lation du droit des usagers conditions d’exécution des
service contrats de concession, des
public de déclarations et des autorisations
l’eau - Suivre l’application des standards
et normes par les exploitants du
service public de l’eau et les régies
provinciales

117
Fonctions Acteurs Rôles et responsabilités Tâches spécifiques
- Proposer des contrats types aux
maîtres d’ouvrage
- Etablir les cahiers des charges
en collaboration avec les maîtres
d’ouvrage en vue de l’attribution
des concessions et tout document
normatif dans le cadre du SPE
(possibilité de collaboration avec
les comités de bassin, de sous-
bassin et comités locaux d’eau
- Procéder à la conciliation des
différends entre opérateurs, entre
opérateurs et usagers et entre
opérateurs et maîtres d’ouvrage
- Veiller au respect des règles de et
modalités de fixation des tarifs
- Veiller à ce que les tarifs ne
dépassent pas le maximum
autorisé
- Assurer le suivi du niveau de
fonctionnalité et de service
des ouvrages et de leur viabilité
financière et technique
Maîtrise Gouver- Assurer l’alimentation en eau - Assurer l’investissement dans les
d’ouvrage neur/ potable des populations de infrastructures
Ministre la province - Planifier les mesures et
Provin- investissements nécessaires
cial en pour le développement du service
charge public de l’eau dans le respect
du SPE du cadre socio-économique et
environnemental
- S’assurer des choix
technologiques et
organisationnels adaptés aux
besoins et au pouvoir d’achat de
sa population
- Développer les secteurs auxiliaires
nécessaires à un service public de
l’eau rentable et durable

118
Fonctions Acteurs Rôles et responsabilités Tâches spécifiques
- Fixer les modalités de délégation
Déléguer la gestion du de la maitrise d’ouvrage
service public de l’eau - Agréer les exploitants du service
public de l’eau

- Contractualiser les exploitants


du service public de l’eau en
respectant les normes et
standards nationaux du SPE
- S’assurer du respect de la
convention de gestion par
l’exploitant et lui-même
- Assurer le suivi-évaluation des
activités, des indicateurs et des
objectifs du secteur
- Autoriser les nouveaux tarifs
proposés par les exploitants après
avis de l’autorité de régulation
du SPE (en collaboration avec le
ministère provincial en charge de
l’économie)
Opération- Régie Réaliser l’inventaire du - Faire un état de lieux de l’existant
naliser la provin- patrimoine - Projeter les besoins
maitrise ciale et - Elaborer un plan de financement
d’ouvrage bureau - Mettre à jour régulièrement les
local de données
service - Etablir un tableau de bord
public de
l’eau
Coordonner les travaux - Recruter les prestataires pour faire
les études APS et APD
- Faire les choix technologiques
adaptés
- Suivre les travaux de réalisation,
de réhabilitation ou d’extension
- Réceptionner les ouvrages
Suivre et évaluer - Organiser les rencontres
l’exploitation des AEPS périodiques avec les exploitants
- Réceptionner et analyser les
rapports d’exploitation, rapports
d’exploitation

119
Fonctions Acteurs Rôles et responsabilités Tâches spécifiques
- Décider des mesures correctives
nécessaires
- Veiller sur l’exécution des contrats
de délégation
- Suivre la mise en œuvre des
mesures correctives
Redevabilité - Faire un bilan de l’exploitation des
infrastructures
- Rendre périodiquement compte
aux usagers
Exploita- Opéra- • Exploitation des - Recrute le personnel d’exécution
tion des teurs installations (fontainiers, pompistes, gardiens)
AEPS privés et • Gestion administrative, - Gère au quotidien les installations
ASUREP commerciale et financière et réalise l’entretien courant, la
• Entretien et maintenance maintenance et la réparation des
des équipements équipements
- Assure la vente de l’eau aux tarifs
fixés par le maître d’ouvrage
- Collecte pour le compte du
maître d’ouvrage, la part maitrise
d’ouvrage de la redevance
Représen- Associa- Représentation et défense - Ne se substitue pas au maître
tation et tion des des intérêts des usagers du d’ouvrage, mais est plutôt son
défense usagers service public de l’eau partenaire sur site
des inté- - Représente les usagers et
rêts des concoure à la bonne gestion
usagers -Défend les intérêts des usagers
dans les différentes instances,
- Alerte le maître d’ouvrage
et le délégataire des cas de
dysfonctionnement
- Assiste le délégataire dans la
protection des installations contre
tout acte mal veillant
- Sensibilise la population sur la
nécessité du paiement de l’eau à
son prix coûtant comme gage de
pérennité du service public.

120
6.4. Contractualisation de la DSP
La contractualisation du service public de l’eau à un opérateur est une fonction essentielle de
la maitrise d’ouvrage. Le cadre légal et réglementaire de la délégation du service public est régi
par la loi n°10/010 du 27 avril 2010 relative aux marchés publics.

En son article 6 la loi relative aux marchés public définit les préalables à la commande public
comme suit:

Toute commande public obéit aux préalables ci-après :


1. L’identification du projet,
2. L’évaluation de l’opportunité
3. L’intégration des besoins dans le cadre d’une programmation budgétaire
4. La disponibilité des crédits
5. La planification des opérations de mise en concurrence
6. Le respect des obligations de publicité et de transparence

Le contrat de délégation de service public de l’eau est soumis aux principes ci-après
conformément à la loi :
• Les marchés publics sont passés par appel d’offres,
• Dans certains cas, ils peuvent être exceptionnellement attribués selon la procédure de
gré à gré dans les conditions définies par la loi (Article 17).

6.4.1. Processus

Le processus de la délégation du service public de l’eau potable conformément à la loi n°10/010


du 27 avril 2010 relative aux marchés publics respecte les conditions ci-après :
• Dans les procédures restreintes ou ouvertes, le délai de réception des candidatures ou
des offres ne peut être inférieur à 30 jours calendaires,
• Dans certaines conditions d’urgence ce délai peut-être ramené à 15 jours calendaires.

Le choix du candidat est opéré en tenant compte notamment des critères de qualification
techniques et de l’évaluation de l’offre économique la plus avantageuse.

Le processus de mise en concurrence peut prendre plusieurs formes et plusieurs étapes


comme l’autorise la loi n° 10/010 du 27 avril 2010, pour le secteur de l’approvisionnement en
eau potable, le schéma ci-après semble adapté en raison de sa spécificité.

121
Figure 7 : Processus de la mise en concurrence de la délégation de gestion

1. Préqualification

•Avis à manifestation d’intérêt (45 jours)


•Evaluation des dossiers de présélection (expérience professionnelle, expérience
pertinente en matière de DSP, connaissance du milieu, capacité financière, ressources
matériels disponibles).
•Shortlist à publier (au moins 2 semaines)

2. Qualification

•Elaboration du dossier de demande de proposition


•Transmission de la demande proposition aux candidats présélectionnés (30 à 45 jours
pour répondre en fonction de la complexité)
•Evaluation des propositions technique (personnel, développement du service public,
suivi des ouvrages et des équipements, coût d’accès du service public proposé pour les
usagers, part maître d’ouvrage de la redevance) 70 à 80%
•Evaluation de la proposition financière (coût d’accès au service public 20 à 30%)
•Evaluation combinée des propositions techniques et financières (SC = PT x ST + PF x SF)
•La DSP est attribuée au candidat qui a obtenu le score combiné le plus élevé

La loi PPP est difficile à mettre en œuvre dans le domaine de l’approvisionnement en eau
potable en raison de la faible valeur ajoutée tirée de cette activité et du temps relativement
long pour un retour sur l’investissement.

Les cas de PPP réussit dans le domaine l’alimentation en eau potable s’accompagne toujours
d’autres activités à fort valeur ajoutée telle que l’énergie.

Dans le cas de la RDC, de nombreuses questions restent encore en suspens ce sont


notamment :
• Le manque des différents décrets d’opérationnalisation du PPP
• L’absence des documents types pour la mise en concurrence.

6.4.2. Les obligations au contrat de gestion

Les obligations des parties au contrat sont spécifiées dans les différents cahiers des charges
selon le mode de gestion (affermage, concession ou la gérance ou toute autre variante des
trois modes de gestion cités).

122
[Link]. Les obligations du délégataire

Les obligations du délégataire (opérateur privé ou ASUREP) sont récapitulées dans le tableau
ci-après selon le mode de gestion.

Tableau 15: : Les obligations du délégataire selon le mode de gestion

Affermage Concession Gérance


• Assure la gestion • Finance la mise en place • Assure la gestion technique,
technique du service conformément commerciale et financière du
commerciale et aux descriptions et service.
financière des planning du maître • Assure l’entretien courant du
installations d’ouvrage matériel et des installations
• Développe le service • Assure la gestion • Assure la continuité du service.
public pour répondre technique commerciale Toute interruption du service doit
aux besoins des et financière des être immédiatement signifiée à la
usagers installations province
• Propose le tarif • Développe le service • Le Gérant recrute et affecte au
d’accès au service sur public pour répondre aux fonctionnement du service un
la base d’un compte besoins des usagers personnel en nombre et qualification
d’exploitation • Propose le tarif d’accès suffisante pour remplir sa mission.
• Assure la maintenance au service sur la base d’un Ce personnel sera sous statut de
des équipements compte d’exploitation droit privé
(maintenance • Assure la maintenance • Le Gérant est seul responsable vis à
courante et des équipements vis des tiers de tous les accidents,
maintenance curative) (maintenance courante et dégâts et dommages occasionnés
• Reverse au maitre maintenance curative) par l’exécution du service.
d’ouvrage sa part • Reverse au maître • Le Gérant conclu les assurances qui
de la redevance d’ouvrage sa part couvriront les différents risques
(fonctionnement de de la redevance • Le règlement intérieur du service est
maitrise d’ouvrage, (fonctionnement de préparé par le Gérant et approuvé par
autres charges du maitrise d’ouvrage, la province. Le Gérant doit afficher de
maître d’ouvrage et le autres charges du manière visible le règlement intérieur
renouvellement des maître d’ouvrage et le • Le Gérant doit indiquer pour l’année
équipements de moins renouvellement des écoulée :
de 20 ans d’âge) équipements de moins de o L’évolution du nombre
• Cautionne la bonne 20 ans d’âge) d’usagers ;
exécution du contrat • Cautionne la bonne o Le montant des dépenses
• Assure la continuité du exécution du contrat payées classées par nature
service public • Assure la continuité du o L’évolution de l’état des
• Rends compte au service public matériels et installations
maître d’ouvrage • Rends compte au maître utilisées
Régulièrement sur d’ouvrage Régulièrement
l’exploitation du SPE sur l’exploitation du SPE

123
o Les modifications de
l’organisation du service.
• Un cautionnement de la bonne
exécution du contrat est constitué
sur la part du gérant,
• Le Gérant produit le compte rendu
annuel dans un délai de 1 mois à
compter de la clôture de l’exercice.

Contrairement dans le cadre de l’affermage et de la concession, le risque commercial reste


entier à la province dans le cadre de gérance.
La province reverse mensuellement une rémunération forfaitaire au gérant.

La durée du contrat dans le cadre de la gérance doit être de courte durée pour permettre au
maître d’ouvrage de négocier des conditions plus avantageuses en fonction des résultats
et des performances du gérant.

[Link]. Les obligations du maître d’ouvrage

L’Autorité Délégante, la province dans le cas de la RDC a pour mission de satisfaire les besoins
en eau potable de la population, ses obligations selon le mode de gestion sont ci-après
récapitulées selon le mode de gestion.

Tableau 16 : Obligations du maître d’ouvrage selon le mode de gestions

Affermage Concession Gérance


• Apporter son appui au • Définir le périmètre de la • Apporter son appui au Délégataire
Délégataire dans le concession dans le règlement de conflits
règlement de conflits • Approuver le projet et éventuels ;
éventuels ; tous les plans pour la mise • Renouveler les équipements lorsque
• S’assurer de la en place du service nécessaire
constitution de • Réceptionner les • Informer les acteurs et les services
provisions suffisantes équipements avant leur de l’Etat des conditions d’exécution
pour permettre le mise en service du service public de l’eau
renouvellement des • Apporter son appui au • Approuver le règlement d’usage et
équipements et leur Délégataire dans le les tarifs ;
bonne utilisation règlement de conflits • Autoriser les branchements dont la
• Renouveler les éventuels ; demande est formulée
équipements lorsque • S’assurer de la
nécessaire constitution de

124
• Informer les acteurs provisions suffisantes .
et les services de pour permettre le
l’Etat des conditions renouvellement des
d’exécution du service équipements et leur
public de l’eau bonne utilisation
• Approuver le règlement • Informer les acteurs et
d’usage et les tarifs ; les services de l’Etat des
• Autoriser les conditions d’exécution du
branchements dont la service public de l’eau
demande est formulée. • Approuver le règlement
d’usage et les tarifs ;
• Autoriser les
branchements dont la
demande est formulée.
Les différents cahiers des charges selon le mode de gestion, détaillent les autres obligations
du maître d’ouvrage.

6.5. Le financement du service public de l’eau et la tarification

Le financement du service public de l’eau ne peut être assuré uniquement par le tarif d’accès
au service, le principe repose sur les « Ts »

6.5.1. Les principes du financement

Le principe des « 3Ts » est ci-dessous schématisé

Figure 8: Principe de financement du service public de l’eau

Qui ? Etat, PTF Etat Usagers du service

Comment ? TRANSFERTS TAXES/ IMPÔTS TARIF DE L’EAU

Premier Renouvellement des


investissement équipements de durée
Renouvellement des de vie <20ans
Quoi ? équipements
de durée de vie
Développement Exploitation
du service du système

La répartition des charges entre les trois « T » est ci-après indiquée :

125
• Les premiers investissements, les réhabilitations et extensions du service sont
supportés par le budget de l’Etat, les subventions ;
• Le renouvellement des équipements d’une durée de vie supérieure à 20 ans est financé
par les ressources internes de la province,
• Le tarif de l’eau finance le renouvellement des équipements d’une durée de vie de moins
de 20 ans ainsi que les charges d’exploitation du service.

6.5.2. Le tarif et la politique tarifaire

La redevance pour service rendu est perçue auprès des usagers selon le principe de l’«utilisateur
payeur ». Elle comprend 2 parts : la part destinée à couvrir les charges d’exploitation et la part
destinée à couvrir les autres charges supportées par le maître d’ouvrage.
On distingue :
• La Part Délégataire qui est destinée à couvrir les charges d’exploitation ;
• La Part Maître d’Ouvrage qui est destinée à couvrir les frais de gestion liés à l’exercice de
la maîtrise d’ouvrage (Province), y compris les charges des prestations contractualisées
par le maître d’ouvrage dans le cadre du bon fonctionnement du SPE.
• La Part Maître d’Ouvrage comprend aussi la provision pour le renouvellement et
l’extension des équipements.
De ce qui précède, les charges du service public de l’eau se répartissent au travers de la
redevance pour service rendu perçu auprès des usagers de la façon suivante :

Figure 9 : Répartition de la redevance


Energie et consommables Part Délégataire
Charges
d’exploitation du SPE
Entretien et maintenance

Provision pour le Personnel délégataire et


renouvellement des prestataires
Redevance
équipements (durée de
pour
vie inférieure à 20 ans Provision pour le fond de
service rendu
renouvellement et d’extension

Autres charges du Fonctionnement Maître


Maître d’ouvrage d’Ouvrage
(frais de gestion du
Part Maître
SPE et de suivi Autres charges du MO d’ouvrage

Aussi, le tarif de l’eau n’est pas unique, mais doit être établi selon une structure qui différencie
les catégories d’usagers en particulier en fonction du niveau de service fourni.
Les catégories socio-économiques sont relativement homogènes en milieu rural, la politique
tarifaire ne fera en principe pas de distinction entre les catégories de consommateurs (privé,
établissements commerciaux, institutions) ; la différenciation sera plutôt fondée sur le niveau
de service et de confort. Une majoration acceptable de 10% entre le prix de l’usager de la
borne fontaine et de l’usager disposant d’un branchement privé est envisageable.

126
Chapitre VII :
LA GOUVERNANCE DU SPE
AU NIVEAU DE LA PROVINCE
L a stratégie de mise en œuvre de la politique nationale du service public de l’eau potable en
RDC dans la définition des activités dévolues à la province précise en son activité 6 :
« Assurer le suivi et l’évaluation du service public de l’eau. Cette activité est continuelle et
prend place dès que le service public de l’eau est fourni. Le maitre d’ouvrage en assume la
responsabilité ». Il s’agit en réalité de la bonne gouvernance du service public de l’eau potable
au niveau de la province.

La gouvernance est le processus par lequel les décisions sont prises et mises en œuvre. C’est
le résultat d’interactions, relations, et réseaux entre les différents secteurs (gouvernement,
secteur public, secteur privé, et société civile) avec pour but d’assurer des services optimaux.
Cela implique tous les mécanismes, processus, institutions, et relations au travers desquels
les citoyens et groupes articulent leurs intérêts et exercent leurs droits et devoirs. Cela
comprend toutes les relations de puissance entre les partenaires afin de déterminer qui fait
quoi, quand et comment.

La gouvernance opère à différents niveaux, du niveau national à celui des foyers au sein d’une
communauté. La gouvernance définie la manière dont un service ou un ensemble de services sont
planifiés, gérés, et régulés au sein d’un ensemble de systèmes politique, social et économique
afin d’assurer la durabilité des services. Enormément de parties prenantes sont impliquées.
Au niveau local, ces parties incluent les autorités locales (conseillers et fonctionnaires), les
organisations provinciales, ONG, prestataires de services AEPHA, représentants provinciaux,
les associations locales, et peut-être même les chefs traditionnels. Les parties prenantes au
niveau local incluent aussi les utilisateurs de ces services.

La gouvernance des services AEP se rapporte aux règles et processus décisionnel des
politiques publiques de l‘AEP et à leur mise en œuvre. Elle renvoie à une série de processus
politiques, institutionnels et administratifs par lesquels les parties prenantes articulent leurs
intérêts, préoccupations et besoins, par lesquels les décisions sont adoptées et mises en
œuvre, et par lesquels les décideurs sont responsables du développement et la gestion des
ressources et services AEP (OCDE).

7.1. Le processus de la gouvernance du service


public de l’eau potable
La bonne gouvernance permet d’atteindre des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène
qui sont durables, tout en assurant que les parties, y compris les plus vulnérables, aient une
voix dans les prises de décisions.

La bonne gouvernance nécessite une coopération constructive entre les différentes


parties prenantes et adresse les problèmes de genre, transparence, redevabilité, capacité,
apprentissage et performance.
La gouvernance comporte plusieurs fonctions dont les plus importantes sont ci-après
schématisées.

128
Figure 10: Le processus de la gouvernance du SPE

État initial du service public de l’eau État du service public de l’eau améliorée

6
FOURNIR LES
5 SERVICES 7
RENDRE
RÉALISER COMPTE

4 ORGANISER

MOBILISER LES
RESSOURCES:
financières, humaines
ÉVALUER
et matérielles

3 PLANIFIER 1

2
L’évaluation est la fonction initiale de la gouvernance c’est à travers cette fonction que l’on
peut établir un diagnostic, effectuer un monitoring, en somme les résultats de cette fonction
éclairent la gouvernance.

Une gouvernance sans évaluation (MONITORING), on dira d’elle une gouvernance aveugle,
comme une gouvernance sans communication ni participation on la qualifiera de gouvernance
tyrannique.

Il n’existe pas de gouvernance type que l’on pourrait enseigner cependant, la bonne gouvernance
doit tenir compte de certains paramètres importants ci-dessous présentés.

129
Tableau 17 : Les paramètres à prendre en compte dans
le cadre de la bonne gouvernance

Paramètres Implications
L’implication de tous les acteurs est importante pour la prise
et la mise en œuvre des décisions, les décisions ne doivent
Processus participatifs pas être perçues comme provenant d’un individu ou d’un
groupe ou une autre instance. La participation citoyenne a
toute son importance dans ce processus.

Chaque acteur doit tirer du processus une amélioration de


son savoir-faire, les décisions sont analysées sur tous les
Secteur d’apprentissage et de partage
angles et doivent prendre en compte tous les points de vue.

La consultation d’appui ou d’expertise permet d’éviter les


Support de capacité erreurs, l’appui doit se faire dans une dynamique de transfert
de connaissances.

La province doit être présente à toutes les instances pour


présenter sa situation et rechercher le partenariat avec des
Plaidoyer et communication plans et des programmes élaborés montrant ainsi la maitrise
locale du sujet.

Tous les acteurs s’obligent à rendre compte, tous les acteurs


se considèrent sous un mandat confié à eux par les autres
Transparence et « redevabilité »
acteurs dont notamment les usagers des services AEPHA.

Les règles décidées et mise en œuvre sont valables pour


tous les usagers, cependant des dispositions sont prises
Equité et genre pour l’accès aux services AEPHA des indigents et des
personnes vulnérables et démunies.

La collecte systématique des informations pour l’analyse


et la formulation des mesures correctives. L’évaluation
Suivi des performances des acteurs et du fonctionnement des
différents services.

En fonction des situations, les paramètres peuvent prendre d’autres formes et d’autres
implications, en somme, la gouvernance des services AEPHA reste toujours perfectible
c’est un cycle continu d’évaluation et de correction.

130
7.2. Le monitoring ou suivi du SPE

Le monitoring apporte l’éclairage nécessaire à la bonne gouvernance, prépare la régie


provinciale au dialogue sectoriel dans le but d’améliorer le fonctionnement du service public
de l’eau. Le monitoring est le processus d’évaluation périodique des performances du service
public de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement dans une province.

Le monitoring comporte les activités suivantes :


• Une synthèse des données à partir des comptes rendus de rencontres des acteurs,
• Des visites de terrain pour constater et collecter des données,
• L’analyse des données collectées,
• La formulation des mesures correctives,
• La mise en œuvre des corrections décidées avant de procéder à une nouvelle
évaluation.

Le dispositif du monitoring à prévoir au niveau provincial comprendra :


• L’enquête provinciale annuelle de bilan de la gestion des services AEPHA réalisée par
le personnel de la régie provinciale, ou dans le cadre d’une sous-traitance avec une
structure privée,
• Une analyse des données collectées pour en dégager les réussites et les insuccès,
• La formulation des mesures correctives et le suivi de leur mise en œuvre,
• La restitution annuelle de l’état de l’AEP dans une perspective de redevabilité.

Le monitoring des services AEPHA au niveau de la province doit être en lien avec tous les
documents produits par les différents acteurs de l’AEPHA :
• Les rapports périodiques des exploitants et des ASUREP ;
• Les comptes rendus des associations des usagers ;
• Les demandes et plaintes formulées par les usagers.

Une compilation de toutes ces données avec l’enquête qui ne touchera que certains sites
permettent d’établir un état complet de la situation du service public de l’eau dans chaque
province.

7.2.1. Définition des indicateurs à suivre

Le monitoring se fonde sur la mesure d’indicateurs qui traduisent l’état de fonctionnement


des services AEPHA, on pourrait dans ces conditions démesurément pousser l’ambition de
multiplier inutilement la quantité des indicateurs à mesurer.

Cependant, la réalité des moyens matériels et des ressources humaines disponibles dans les
régies provinciales impose plus de retenue et de rigueur pour limiter le nombre des indicateurs
à mesurer périodiquement.

131
Tenant compte de la réalité des régies provinciales, nous prenons en compte 17 indicateurs
qui se regroupent comme suit :
• Les indicateurs de bonne gouvernance (IBG) : ils doivent permettre d’apprécier
la conformité du dispositif provincial de gestion du service public d’eau potable en
lien avec la réglementation nationale. Ils doivent également permettre d’apprécier
la qualité du fonctionnement des structures impliquées dans la chaîne de fourniture
des services d’eau potable par rapport aux rôles et responsabilités assignés par la
réglementation.
• Les indicateurs de performance technique (IPT) : ils permettront d’apprécier la
qualité des services conformément aux normes et critères nationaux définis pour
l’accès à l’eau potable.
• Les indicateurs de performance financière (IPF) : ils permettront d’apprécier les
coûts, les financements et la viabilité financière du service.

Les indicateurs de bonne gouvernance (IBG) au nombre de 7 dont 5 sont mesurés à travers les
Assemblées Générales (AG) des structures de représentation et de défense des intérêts des
usagers et les 2 autres à travers les rapports d’exploitation des opérateurs.
Les performances techniques et financières des services d’une part, le coût énergétique et le
recouvrement sont reflétés par les différents rapports des exploitants et des ASUREP.

7.2.2. La mesure de la durabilité du SPE

Pour chaque indicateur, une référence a été établie pour bien le distinguer, aussi une description
de l’indicateur le précise davantage.
La valeur de référence ou norme de référence de chaque indicateur est indiquée, les modalités
de vérification de l’indicateur sont établies, la fréquence de la vérification de l’indicateur est
également définie.

Les données de base ou les sources à exploiter dans le cadre de l’évaluation de l’indicateur sont
indiquées. Les informations à collecter et la source à investiguer pour procéder à l’évaluation
de l’indicateur sont indiquées, il en est de même de la formule de calcul de l’indicateur ainsi
que l’acteur responsable de sa mesure. Les indicateurs de monitoring du fonctionnement des
services AEP au niveau de la province sont ci-après présentés.

132
Tableau 18: Les indicateurs pertinents de monitoring des services AEP
Périodicité de Données de base Informations Responsable
Référence de Libellé de Valeur de Formule de calcul
la mesure de à exploiter / à collecter / de la mesure de
l’indicateur l’indicateur référence
l’indicateur Source Source l’indicateur
Satisfaction des 100% des Annuelle AG des usagers Vote à l’AG Nombre d’usagers Coordination de
usagers par rapport usagers sont PV des AG satisfaits/nombre la RP
IBG-1 à la qualité de l’eau satisfaits total d’usagers
fournie par PEM

Satisfaction des 100% des Annuelle AG des usagers Vote à l’AG Nombre d’usagers Coordination de
usagers par rapport usagers sont satisfaits/nombre la RP
à la fonctionnalité de satisfaits total d’usagers
IBG -2 chaque PEM (durée
des pannes et nombre
de pannes)

Satisfaction des 100% des Annuelle AG des usagers Vote à l’AG Nombre d’usagers Coordination de
usagers par rapport usagers sont satisfaits/nombre la RP
IBG-3 à la tarification satisfaits total d’usagers
appliquée à chaque
PEM
Satisfaction des 100% des Annuelle AG des usagers Vote à l’AG Nombre d’usagers Coordination de
usagers par rapport usagers sont satisfaits/nombre la RP
IBG-4
à la gouvernance du satisfaits total d’usagers
service
Besoin 0% Semestrielle Rapport exploitant Rapport Nb total d’Hbts/500 Coordination de
IBG-5 d’extension (nb BF exploitants et – Nb de BF la RP
supplémentaires) ASUREP existantes

Capacité de 100% Semestrielle Rapport de Rapport Provision FRE / Coordination de la


renouvellement l’exploitant exploitants et objectif d’épargne RPP
IBG-6 ASUREP exprimé en %
Solde FRE/objectif
d’épargne exprimé
en %
133
134

Périodicité de Données de base Informations Responsable


Référence de Libellé de Valeur de Formule de calcul
la mesure de à exploiter / à collecter / de la mesure de
l’indicateur l’indicateur référence
l’indicateur Source Source l’indicateur
Taux de recouvrement 100% Semestrielle Rapport de Rapport de Montant versé par Coordination de
du Fonds de l’exploitant et l’exploitant le délégataire à la RP
renouvellement et ASUREP la province (FRE)/
IBG-7 d’extension (FRE) [provisions pour
renouvellement et
extensions * volume
vendu] exprimé en
%
Recouvrement des 100% Semestriel Rapport des Rapports Recettes effectives Pool financier de
recettes auprès des exploitants et des semestriels de l’ASUREP la RP
IPF-1 usagers ASUREP des ASUREP et / Recettes
exploitants prévisionnelles

Coût de <40% du coût Semestriel Rapport de Dépenses Coût du carburant Pool financier de
fonctionnement du du m3 l’exploitant semestrielles ou factures la RP
IPF-2 système de pompage des exploitants d’électricité/ volume
et des ASUREP produit (FC/m3)
en énergie

Prix de vente moyen 2000 FC Semestrielle Rapport de Recette totale/ Pool financier de
IPF-3 l’exploitant volume vendu] (FC/ la RP
m3)

Capacité de 75% au moins Semestrielle Rapport de Si capacité de Pool financier de


financement l’exploitant renouvellement < la RP
d’extension 0,75, égale à zéro
IPF-4 Si capacité de
renouvellement
> 0,75 : [Objectif
d’épargne *0,75 –
solde FRE] en FC
Périodicité de Données de base Informations Responsable
Référence de Libellé de Valeur de Formule de calcul
la mesure de à exploiter / à collecter / de la mesure de
l’indicateur l’indicateur référence
l’indicateur Source Source l’indicateur
Taux de recouvrement 100% Semestrielle Rapport de La recette Pool financier de
du service l’exploitant encaissée par le la RP
délégataire / la
IPF-5 recette théorique
(redevance BF
* volume sortie
BF + redevance
branchement *
volume sortie BP)
exprimé en
Nombre personne Impact de Mensuel Nombre AEP, BF BP Nombre de (Nombres de BF en Pool technique de
impactée par les 20% du taux et PEA / Province pannes réunion panne*500 +Nbre BP la RP
pannes de couverture et population mensuelle, en panne*10 + Nbre
IPS-1 théorique desservie exploitants et PEA en panne*500)
ASUREP / Population totale
desservie*100
Qualité sommaire de 100% des Semestriel Nombre de PEA et Données Examen de la Pool technique de
l’eau AEPS et AEPS du service de qualité conformité des la RP
PEA ont une public sommaire observations pour
bonne qualité : turbidité, chaque ouvrage
sommaire de clarté, goût, avec les valeurs de
l’eau inconvénients référence
IPS-2 liés à l’utilisation
/ Fiches de suivi
des exploitants
et des ASUREP
135
136

Périodicité de Données de base Informations Responsable


Référence de Libellé de Valeur de Formule de calcul
la mesure de à exploiter / à collecter / de la mesure de
l’indicateur l’indicateur référence
l’indicateur Source Source l’indicateur
Consommations 20l/j/hbts Semestrielle Rapport exploitant Rapport des Journalière : volume Pool financier de
spécifiques exploitants et vendu (BF+BP) / la RP
IPT-3 ASUREP
population (l/j/ha)

Points de distribution 100% Semestriel Rapport de des Nbre de BF et [BF fonctionnelles Pool technique de
fonctionnels exploitants et des BP inactifs et + branchements la RP
IPT-4 ASUREP nombre total actifs] / [Nb total
de BF + Nb total de
branchements]
Rendement du réseau 95% Semestriel Rapport des Volumes Volume vendu / Pool technique de
exploitants et des produits et volume produit (2) la RP
IPT-5 ASUREP les volumes en%
distribués
[Link]. La capacité d’autofinancement des services

Un compte d’exploitation est établi dans le cadre de la gestion de chaque service AEP,
permettant ainsi de définir :
• Les différentes charges d’exploitation (énergie, personnel, consommable, frais
financiers y compris la marge de l’exploitant)
• Les provisions (renouvellement et extension).

En terme comptable, la capacité d’autofinancement est la somme du bénéfice net et de ce


qu’on appelle les « charges non décaissées » (dotations aux amortissements et extensions).
La gestion des services publics AEP est généralement déléguée à des opérateurs privés,
dans ce contexte le bénéfice dégagé n’appartient pas au maître d’ouvrage, la capacité
d’autofinancement sera alors indexée sur la part du maître d’ouvrage et pourra se calculer
comme suit :

- Si la provision de renouvellement est inférieure à 75%, on considère que la capacité


d’autofinancement est nulle,
- Si la provision de renouvellement est supérieure à 75%, on calculera la capacité
d’autofinancement comme suit (objectif d’épargne*0,75 – Solde FRE) en francs
Congolais.

Il apparaît ici clairement que la constitution d’au moins 75% de la provision pour les
renouvellements et les éventuelles extensions des services est une obligation majeure pour le
maître d’ouvrage ; car c’est partir de ce seuil que l’on peut se permettre une certaine utilisation
de ces fonds (extension par exemple).

7.2.3. La collecte et le traitement des données

Avec l’évolution technologiques des NTIC, la collecte et le traitement des données utilisera des
supports numériques. Une base de données est en cours d’élaboration pour les 8 provinces
pilotes, un lien sera établi avec cette base pour recevoir les données de l’enquête provinciale
sur l’état de l’AEP.

[Link]. La collecte des données

Des fiches de collecte de données seront élaborées et implémentées dans des smartphones
ou des tablettes pour réaliser la collecte des données.

[Link]. L’analyse des résultats et la formulation des mesures correctives

La bonne compilation des données collectées facilite leur analyse, ainsi les données collectées
seront rangées par rubrique, en faisant ressortir les variations des indicateurs mesurés en
comparaison avec les indicateurs mesurés antérieurement, comme ci-après indiqué.

137
Tableau 19 : Outil De synthèse des indicateurs
Référence Valeur de l’année Valeur de l’année
Indicateur Constat
indicateur en cours précédente

Après avoir reporté les valeurs de l’année évaluée et les valeurs de l’année antérieure
disponibles (n-1), l’analyste pourra faire les constats suivants :
• Les valeurs des indicateurs de l’année sont en hausse, en stagnation ou en baisse ?
C’est à la suite de ces constats qu’une série de questionnements commencent :
• Le recouvrement des redevances Provinciales pour le suivi et l’entretien des pannes
est en baisse, pourquoi ?
• Est-ce du fait des usagers ? des ASUREP ? de l’exploitant? ou plutôt de la province qui
n’a pas joué son rôle ?

Il sera peut-être parfois nécessaire de faire un recul pour regarder les résultats des autres
années antérieures pour mieux comprendre la situation et formuler les mesures correctives
nécessaires.
Les réponses à l’ensemble de ces questions doivent permettre de dresser un autre tableau se
présentant comme ci-après.

Tableau 20 : Outil d’analyse des indicateurs


Référence Valeur de Explication des Proposition de
indicateur Indicateur l’année en Constat constats mesure corrective
cours

Il n’y a pas une seule explication à un constat (hausse, baisse, stagnation de l’indicateur),
plusieurs faits peuvent concourir à la situation constatée, l’analyste se doit de rechercher, de
questionner, de rapprocher les différentes informations pour se convaincre soi-même. Autant
il n’y a pas une seule solution pour formuler des mesures correctives, l’analyste se doit ici
également de s’interroger sur les implications de chaque mesure corrective formulée pour en
dégager la pertinence.

L’analyse et la formulation des mesures correctives doivent être validées par le Ministre
provincial en charge du service public de l’eau en sa qualité de maître d’ouvrage, la meilleure
approche consistera à impliquer les autres acteurs de l’AEP pour une appropriation et
un partage des décisions prises. L’analyse des données et la formulation des mesures
correctives, prennent en compte un grand nombre de paramètres et exigent un savoir-faire et
de l’expérience.

138
7.3. La Reddition des comptes
La province à travers sa régie provinciale de l’eau exerce une mission de service public
impliquant la nécessité de rendre compte à ceux pour qui ce service est rendu.
La communication avec les différents acteurs de l’AEP sur son état participe de la transparence
et de la « redevabilité » de la bonne gouvernance.

La reddition des comptes au niveau de la province comportera :


• La production du rapport annuel de l’état de l’AEP au niveau de la province,
• La restitution du rapport de l’état de l’AEP

7.3.1. Le rapport annuel de l’Etat de l’AEP au niveau de la province

Le rapportage annuel sur l’état de l’AEP impliquera tous les acteurs du service public de l’eau
(opérateurs privés, ASUREP, association des usagers de l’eau …) avec au centre la régie
provinciale de l’eau.

Il s’agira pour la régie de compiler l’ensemble des données produits au cours de l’année :
• Les comptes rendus des réunions trimestrielles avec les exploitants et les ASUREP,
• Les résultats de l’enquête annuelle sur l’état de l’AEP,
• Les rapports semestriels des exploitants et ASUREP,
• Les comptes rendus des activités de tous les acteurs (AUE…).

Les données seront compilées selon le canevas ci-dessous indiqué:

Tableau 21 : canevas du rapport annuel sur l’état de l’AEP


Rubrique Détails Source d’information
1. Généralités - Nom de la Province, - Données descriptives
- Population, nombre de villages, - Rapport de l’enquête de
- Etat des acteurs de l’eau de conformité de la délégation
l’hygiène et assainissement en provinciale de l’ARSPE
présence (AUE, ASUREP, nombre
de convention de délégation de
gestion)
2. Infrastructures et - La situation de la desserte en AEP, - Inventaire provincial des
équipements des services - Type et nombre d’infrastructures ouvrages
AEP (PMH, AEPS, PEA, latrines - Les rapports AUE et exploitants
publiques)
- Fonctionnement et état technique
des équipements

139
Rubrique Détails Source d’information
3. Performance du service - Taux de fonctionnalité - Enquête annuelle de bilan
public - Volume et durée des interruptions de la gestion Provinciale des
de service services AEPHA réalisée par le
3.1. Technique - La qualité sommaire de l’eau technicien Provincial
3.2. Financière - Respect des prix unitaires - Rapport semestriel des AUE
3.3. Les acteurs du (tarification adoptée par la - Rapport semestriel des
service public province) exploitants (AEPS, PEA)
- Recouvrement des redevances - AG annuelle des usagers
- Recouvrement des recettes - Synthèse des rapports (AUE,
auprès des usagers exploitants)
- Résultat financier annuel - Données de collecte des
- Mise en évidence des difficultés redevances
rencontrées au regard du respect - Plaintes formulées par les
des dispositions contractuelles, usagers auprès des exploitants,
- Des acteurs sont-ils défaillants ? ASUREP et province.
- Le volume et l’ampleur des
réclamations déposées par les
usagers,
- Existe-t-il des conflits ?
4. Les contraintes - Présentation des contraintes - Rapport des AUE
techniques, financières, humaines - Rapport des exploitants
et contractuelles qui entravent le - AG des usagers
bon fonctionnement des services
AEP
5. Les perspectives - Présentation des appuis et - Synthèse des données de suivi
réalisations planifiés, de l’AEP,
- Des actions envisagées dont les - Dossiers de partenariat de la
financements sont à rechercher province
- Les perspectives en matière de
révision et d’harmonisation des
tarifs

Le rapport sera transmis au ministre provincial en charge de l’eau qui le présentera au


gouvernement provincial.

Le rapport sera ensuite présenté à une session du parlement provincial en présence des
représentant des différents acteurs (ASUREP, AUE et exploitants privés), c’est à la suite de
l’approbation du rapport au niveau provincial que la version définitive sera transmise au niveau
central (ministères impliqués dans la gestion et le suivi du SPE).

140
7.4. La politique de dialogue sectoriel au niveau de la province
De nombreux cadres de concertation du secteur de l’eau ont été créés en République
Démocratique du Congo, ce sont notamment :
• Le Comité National de l’Eau (CNE) : instance présidée par le ministre en charge
de l’eau et regroupant les représentants des ministères, les institutions publiques,
les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers et les
entreprises.
• Le Comité de Pilotage du Projet d’Aménagement et de Gestion Intégrée
de Ressources en Eau (COPAGE) : chargé de la mise en œuvre du projet
d’aménagement et de gestion intégrée des ressources en eau en RDC.
• Le Comité Interministériel de l’Eau (CIE) : créé pour coordonner les actions des
différents ministères impliqués dans la gestion de l’eau (Ministère des Ressources
Hydrauliques et Electricité, Ministère de l’Environnement et du Développement
Durable, Ministère de l’Agriculture et Développement Rural, Ministère des Finances,
Ministères des Affaires Sociales et Humanitaires).
• Le Comité de Suivi de la Réforme du Secteur de l’Eau (CSRSE) : chargé du suivi de
la mise en œuvre de la réforme du secteur de l’eau
• Le Comité de Pilotage du Programme Nationale pour l’Eau-Hygiène-
Assainissement (CP PNEHA) : chargé du pilotage de la mise en œuvre du
programme national l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement.
• Les Comités Locaux de l’Eau (CLE) : instance de concertation et de coordination au
niveau local regroupant les acteurs impliqués dans la gestion de l’eau au niveau des
bassins, les autorités locales et les partenaires techniques et financiers.

Le rapportage sur l’état des services AEP au niveau de la province et sa restitution renforcera
le dialogue sectoriel au niveau de la province et donnera davantage de crédibilité aux nouvelles
régies provinciales créées exercer la maitrise d’ouvrage. (L La en place une

7.4.1. La mutualisation des services et des contrats

La gestion centre par centre ne favorise pas le développement durable des services AEP, alors
que la politique provinciale en matière d’approvisionnement en eau potable vise une pérennité
et une durabilité des services.
C’est dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable et précisément dans le cadre
de la gestion déléguée des AEPS que la gestion mutualisée a été expérimentée, permettant
ainsi dans un élan de solidarité aux centres les moins rentables d’être supportés par ceux plus
rentables.

Cette approche solidaire de la gestion des services et des contrats devrait d’avantage se
développer dans le contexte actuel de crise et de renchérissement des coûts.
En vérité aucune province ne peut se suffire à elle seule et offrir une réponse à tous les besoins,
d’où l’intérêt de la mutualisation des services et des contrats.

141
La loi organique n°08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et
fonctionnement des entités territoriales décentralisées et leurs rapports avec l’Etat et les
provinces pose les principes de leur libre administration et l’autonomie de gestion de leurs
ressources humaines, économiques, financières et techniques.

Dans une perspective de mutualisation, un allotissement sera à faire dans les différentes
procédures de délégation de gestion du service public de l’eau potable et éviter de constituer
des lots qui ne sont pas financièrement viable.

La mutualisation des contrats et des services offre des atouts pour répondre aux besoins
de services AEP des populations, cependant elle comporte des contraintes qui doivent être
acceptées par les différentes parties. Les avantages et les contraintes de la mutualisation
des services et des contrats sont évoqués dans le tableau ci-après :

Tableau 22: Atouts et contraintes de la mutualisation


Atouts Contraintes
Déficit des services moins rentables supporté par Obligation pour toutes les parties d’observer les
les plus rentables dispositions communautaires jusqu’à échéance de
la convention.
Offre de service étendue aux communautés dont le Impossibilité de disposer des provisions
service est moins rentable constituées par les services AEP de son ressort.

Possibilité d’investir prioritairement dans le Obligation pour chaque membre de la mutuelle


renforcement des services les plus performants d’accepter les priorités d’investissement définies
pour accroître leur capacité de soutien aux autres. collectivement.
Possibilité de réduire le coût d’accès aux services Obligation de concertation avec les autres
membres de la communauté avant de prendre une
décision sur la gestion des services AEP de son
ressort.
Dialogue facilité avec un interlocuteur (exploitant Obligation de tarif unique d’accès aux services
unique pour plusieurs infrastructures)

La mutualisation des services et des contrats peut évoluer vers une mutualisation des
ressources dans le but d’accroître les réponses aux différentes demandes de services tout
en impulsant une utilisation rationnelle et optimale des ressources disponibles.

C’est au titre de la mutualisation des ressources que des équipements de pompage (groupe
électrogène, pompe) peuvent être transférés d’un site à un autre pour adapter l’équipement
de chaque centre à la demande de service. Par cette approche, de nouveaux investissements
seront évités et les coûts d’exploitation des différents centres seront ajustés permettant
ainsi de maintenir les tarifs supportables d’accès au service.

142
7.5. Animer la redevabilité et la concertation provinciale
La redevabilité dans le cadre du service public de l’eau potable se réfère à l’obligation pour
les acteurs impliqués dans la fourniture de ce service de rendre compte de leurs actions, de
leurs décisions et de leurs performances vis-à-vis des bénéficiaires, des autorités publiques
et d’autres parties prenantes.

Cela vise à assurer la transparence, la responsabilité et la confiance dans la gestion du service


de l’eau potable.

Voici quelques aspects importants de la redevabilité dans ce contexte :


1. Transparence : La redevabilité exige que les informations sur les politiques, les
procédures, les coûts, les performances et les résultats du service de l’eau potable
soient accessibles au public. Cela comprend la divulgation des contrats, des budgets,
des rapports financiers, des rapports d’activité et des données sur la qualité de l’eau.
Les parties prenantes doivent être informées de manière claire et compréhensible.
2. Participation et consultation : La redevabilité implique de donner aux bénéficiaires et
aux utilisateurs du service de l’eau potable la possibilité de participer aux processus
décisionnels. Cela peut inclure des consultations publiques, des mécanismes
de participation communautaire, des comités d’usagers et des mécanismes de
rétroaction permettant aux bénéficiaires de faire part de leurs préoccupations, de
leurs besoins et de leurs suggestions.
3. Responsabilité financière : Les acteurs responsables de la fourniture de l’eau potable
doivent rendre compte de l’utilisation des ressources financières allouées. Cela
comprend la gestion transparente des fonds, la justification des dépenses, la lutte
contre la corruption et la fraude, et la mise en place de mécanismes de contrôle
financier et d’audit.
4. Qualité du service : La redevabilité exige que les prestataires de services publics
de l’eau potable garantissent la fourniture d’un service de qualité, sûr et fiable. Cela
implique de mesurer et de suivre la qualité de l’eau, de respecter les normes de qualité
nationales ou internationales, de répondre aux plaintes et aux préoccupations des
utilisateurs concernant la qualité du service.
5. Mécanismes de plainte et de recours : Les bénéficiaires doivent disposer de
mécanismes pour exprimer leurs plaintes, signaler des problèmes et demander des
recours en cas de défaillance du service public de l’eau potable. Les fournisseurs de
services doivent établir des procédures de traitement des plaintes, de résolution des
conflits et de compensation équitable en cas de préjudice subi par les utilisateurs.
6. Évaluation et suivi : La redevabilité implique la réalisation régulière d’évaluations et
de suivi de la performance du service public de l’eau potable. Cela permet de mesurer
les progrès, d’identifier les lacunes, de prendre des mesures correctives et de rendre
compte des résultats obtenus aux parties prenantes.

143
La redevabilité dans le cadre du service public de l’eau potable favorise la transparence, la
participation des bénéficiaires, la responsabilité financière et la fourniture d’un service de
qualité. Elle permet de renforcer la confiance entre les acteurs impliqués et de garantir les
besoins des utilisateurs.

7.5.1. Concertation provinciale sur les performances et les actions correctives

De nombreux cadres de concertation du secteur de l’eau ont été créés en République


Démocratique du Congo mais il n’existe pas de cadre au niveau provincial dédié aux questions
de services publics de l’eau potable et d’assainissement de façon spécifique.
Pour renforcer le dialogue sectoriel au niveau provincial, il est important que les performances
des services publics d’eau potable et d’assainissement soient restituées au niveau de la
province ce qui donnera davantage de crédibilité aux nouvelles régies provinciales créées pour
exercer la maitrise d’ouvrage.

Il est donc recommandé à la Province, de créer et d’animer un cadre spécifique sur les questions
des services publics d’eau potable et d’assainissement. Ce cadre devrait prendre en compte
tous les acteurs intervenants dans le domaine de l’eau et de l’assainissement et des acteurs
influents de la province.
Ce cadre pourra se réunir au moins deux fois par an, pour analyser le rapport de performances
de services publics d’eau potable et d’assainissement produit par la province à travers la
régie provinciale, identifier les problèmes et planifier annuellement les actions correctives. La
première réunion de ce cadre de concertation, doit être utiliser pour élaborer le Plan de Travail
Annuel Budgétisé (PTAB) dans chaque province.

7.5.2. Revue annuelle des projets et programmes de la province

L’atteinte de la vision de la province en termes de planification stratégique dépendra du


leadership provincial et de l’efficacité des mécanismes de coordination des activités mise en
place.

Pour ce faire, il est important pour la province de mettre en place des mécanismes pour
mieux coordonner les actions en matière d’eau et d’assainissement sur son territoire. Ces
mécanismes de coordination sont articulés autour des points suivants :
- la concertation avec tous les partenaires,
- la collecte des informations et des données sur les activités de l’ensemble des
partenaires ;
- La tenue d’un atelier de revue annuelle des projets et programmes de la province.

• La concertation avec les partenaires de la province


Il s’agit se sensibiliser les partenaires de la province sur la nécessité de la coordination des
actions sur l’ensemble du territoire provinciale, la mise à disposition des informations et
données sur leurs activités dans la province et la nécessité de travailler en synergie avec les
autres partenaires pour plus d’efficacité et d’efficience.

144
• La collecte des informations et données des partenaires
La province à travers son service technique en charge de l’eau et de l’assainissement doit
concevoir une fiche de collecte des données sur les activités des partenaires. Cette fiche est
envoyée par l’autorité Provinciale à l’ensemble des partenaires en fixant une date de retour.
Une fois les fiches collectées, le service technique se charge de faire une compilation des
données. Cette compilation se fera en bilan des activités déjà exécutés en année N et la
programmation en année N+1.

Tableau 23 : Fiche de collecte des données des partenaires


Logos

Revue annuelle : Bilan (ou programmation) des interventions des


partenaires dans la province

Date : du …........... au ….......................

Canevas de présentation

Structure :
Adresse :
Personne contact ou point focal pour la province (Nom et prénom, mail et numéro
téléphone)

Bilan des activités WASH mise en œuvre

Activités Période de mise en Acteurs Coûts


œuvre (mois) impliqués (FC)
1. Approvisionnement en eau potable

2. Assainissement

3. Promotion de l’hygiène et ingénierie sociale

4. Difficultés rencontrées
1
2
3
NB : la même fiche est utilisée pour le bilan et la programmation.

145
• Atelier de la revue annuelle des projets et programmes de la province
Parallèlement à la compilation des données des partenaires, la Province à travers la régie
prépare la tenue de l’atelier revue annuelle des projets et programmes eau et assainissement
de la province. La préparation consiste à l’envoie des termes de référence (TDRs) et invitations
aux participants, le suivi des invitations pour s’assurer que tous les partenaires ont été
contactés et l’élaboration des présentations.

Cette revue doit être animée impérativement par L’Autorité provinciale pour lui donner toute
son importance.
L’animation de la revue, sera articulée autour de trois grands points :
- Présentation du bilan et de la programmation de ses activités de chaque partenaire ;
- Présentation des activités prévues et réalisées sur fonds propres et/transfert/appui
de l’Etat par la province ;
- Présentation de la synthèse des bilans, des programmations et du tableau de
performances ;
- L’analyse des bilans et programmations en cohérence avec le plan stratégique de la
province ;
- Analyse des financements par composante ;
- Formulation des recommandations.

Tableau 24 : Analyse des financements par composante.


Volet eau
Sous composante Montant (Monnaie)

Infrastructures communautaires xxxx

Infrastructures institutionnelles xxx

Activités softs communautaires xxxx

Activités softs institutionnelles xxxxx

Volet assainissement
Infrastructures communautaires xxxxx

Infrastructures institutionnelles xxx

Activités softs communautaires xxxx

Activités softs institutionnelles xxx

Volet promotion de l’hygiène


Activités softs communautaires xxxxxx

Activités softs institutionnelles x

146
L’analyse des financements par composantes permet d’attirer l’attention de la Province sur
les composantes les moins financés.
Le résultat attendu de cette revue est le plan de travail annuel budgétisé dans lequel il ressort
le bilan, les analyses et les recommandations. Ce plan est ensuite envoyé à l’ensemble des
partenaires.

Quant à la province, elle mettra en place un tableau de bord permettant de faire un suivi
hebdomadaire du PTAB.

Conseils pratique pour réussir sa revue annuelle

- Période idéale pour la tenue de la revue : Au plus tard le 15 février de l’année


concernée
- Préparation : Commencer la préparation de la revue dans la première semaine de
Janvier de l’année concernée. Mobiliser un agent pour aller échanger et collecter les
fiches chez les partenaires
- Atelier de la revue : Faire présider par une autorité politique et administrative, le tenir
sur 2 jours idéalement, confier la facilitation à une personne aguerrie, prendre des
notes sur toutes les discussions, etc
- PTAB : Finaliser le PTAB dans un délai maximum d’une semaine âpres l’atelier,
envoyer officiellement (accompagner par un courrier de l’Autorité) le PTAB à tous les
partenaires cela permet de le rendre plus important.

7.5.3. Redevabilité avec les usagers et clients/acteurs

La redevabilité envers les usagers et les clients est gage de pérennité des services et de
mobilisation des usagers autour de la question d’eau potable et d’assainissement.

Il importe à la province d’instituer une journée provinciale de redevabilité qui lui permettra de
rendre compte à la population des performances de la province en termes de fourniture de
services publics d’eau potable.

L’objectif global poursuivi à travers cette approche est d’améliorer la participation et le


dialogue entre les Autorités et les populations afin de favoriser la participation, l’implication
et la responsabilisation du citoyen dans la délivrance de services publics d’eau potable et
d’assainissement avec le slogan de :
- Interpeller pour Comprendre ;
- Comprendre pour Participer ;
- Participer pour Développer.

147
Cette journée provinciale de redevabilité doit avoir pour objectifs spécifiques de :
- Rendre effectifs les principes de la gestion concertée et participative à la gestion des
affaires provinciales en matière d’eau et assainissement ;
- Permettre aux élus de rendre régulièrement compte (actions, résultats obtenus, défis
existants, actions envisagées) ;
- Donner l’occasion aux citoyens de s’informer davantage sur la gestion des services
publics de l’eau et d’assainissement de leur province ;
- Impliquer les citoyens à la gestion des ouvrages d’eau potable et d’assainissement de
leur province.

Conseils pratique pour réussir sa journée de redevabilité

- Période idéale pour la tenue de la journée : Décembre de l’année en cours ou en janvier de


l’année N+1
- Préparation : Commencer la préparation de la journée au moins deux mois avant par
l’élaboration du rapport, l’élaboration des TdRs, la mobilisation de la population à travers
les Radio locales (communiquer), mobilisation de la diaspora proche et lointaine à travers
des invitations personnalisées et de la communication à travers les réseaux sociaux,
confection des outils de communication (banderoles), etc.
- Journée de redevabilité : Faire présider la cérémonie par l’autorité de tutelle de la
Province, confier la facilitation à très bon communicateur ou animateur, permettre à toute
personne d’intervenir et faire passer la cérémonie est directe sur les radios locales pour
permettre à ceux qui n’ont pas pu faire le déplacement de participer, etc
- Après la journée redevabilité : Produire un rapport de la journée pour archivage.

7.5.4. Capitalisation et apprentissage sectoriel

La capitalisation d’expériences est un processus itératif par lequel une expérience (avec ses
succès et ses échecs) est identifiée, valorisée et documentée sur différents supports. Ce
processus systématique permet de tirer des enseignements et dégager des bonnes pratiques.

Dans une capitalisation d’expériences, les protagonistes transforment leur savoir individuel et
institutionnel en capital afin de pouvoir l’utiliser dans le futur. La capitalisation d’expériences
est tournée vers l’avenir et vise le changement d’une pratique collective institutionnelle.

La capitalisation des expériences est une démarche collective permettant aux acteurs de
renforcer leurs capacités et de partager leurs connaissances avec d’autres. C’est un processus
qui, s’il est mené avec enthousiasme, conduit à apprendre et à progresser individuellement et
collectivement.

148
La province en tant que maître d’ouvrage dans le domaine de l’eau potable et de l’assainissement
devrait mettre en place un dispositif de capitaliser pour lui permettre d’améliorer ses pratiques.
Pour chaque approche ou outil expérimenté, elle devrait produire une fiche de capitalisation
sur les succès, échecs et leçons apprises.

Les succès seront utilisés pour communiquer sur l’institution Provinciale de sorte à attirer
plus de partenaires et plus de ressources financières.
Quant aux échecs et leçons apprises, ils devraient être utilisés dans le montage des futurs
projets à travers l’amélioration des outils et approches qu’on y propose.

La province pourrait également organisée une journée porte ouverte provinciale sur l’eau
et l’assainissement pour partager ses expériences et tirer profit d’autres expériences
développées dans d’autres localités.

7.6. La gestion des cas d’urgence

Par cas d’urgence, il faut comprendre ici une déficience généralisée d’un réseau de fourniture
d’eau potable, qui affecte soudainement l’ensemble ou la plus grande partie de la population
desservie et la prive de l’accès à l’eau potable. Les déficiences ou pannes localisées doivent
naturellement être réparées dans les meilleurs délais, mais ne justifient pas l’application des
procédures d’urgence décrites ici.

Trois situations justifiant des mesures d’urgence peuvent se produire :


1. La pénurie de la ressource naturelle exploitée (eau souterraine ou de surface) ;
2. La contamination physico-chimique de l’eau distribuée, qui devient impropre à la
consommation ou constitue un risque pour la santé publique ; cette contamination
peut trouver son origine dans une contamination de la ressources exploitée (pollution
environnementale) ou dans une contamination dans le réseau de distribution lui-même
(manque de propreté aux environs immédiats des sites de captage, dans le château
d’eau, le réseau de distribution, autour des bornes-fontaines, erreurs de dosage de
produits de traitement de l’eau) ;
3. La mauvaise gestion technique, financière ou administrative du gestionnaire,
entraînant son incapacité à maintenir le service de l’eau (par exemple pas de pompe
de rechange en cas de panne, situation de faillite financière, etc.).

7.6.1. Urgence en cas de pénurie de la ressource

Il incombe au gestionnaire d’assurer un suivi régulier de la ressource exploitée pour évaluer


l’impact des prélèvements sur la disponibilité de la ressource et anticiper le risque d’une
pénurie. Cette disposition vise à éviter autant que possible de se retrouver dans une situation
d’urgence imprévue.

149
Sur le plan juridique, la Loi relative à l’eau prévoit en son article 102 que « Lorsque des
événements imprévus ou exceptionnels affectent les ressources en eau, notamment en cas
de sécheresse, de pollution ou d’inondation, le gouvernement, le gouvernement provincial
et le collège exécutif de l’entité territoriale décentralisée, chacun dans les limites de ses
compétences et attributions, prend les mesures appropriées au cas ». La régie provinciale est
donc clairement habilitée à prendre les mesures nécessaires pour le compte du gouvernement
provincial.

Sur le plan opérationnel, dans le cas où la ressource viendrait à être insuffisante pour satisfaire
la demande, un plan d’urgence doit être déclenché. Il comporte les étapes suivantes :
- Le gestionnaire délégué du service de l’eau informe la RPSPE sans délai dès que la
situation de pénurie est connue, ou très probable à très court terme ;
- La RPSPE informe le Ministre de tutelle et le Gouverneur de la situation et de son
impact sur le service de l’eau ;
- La RPSPE organise une rencontre d’urgence avec le gestionnaire délégué et des
représentants du ministère de tutelle, du ministère en charge de la santé et
du Gouvernorat pour analyser la situation et examiner les solutions d’urgence
envisageables (pouvant aller jusqu’à la distribution d’eau par camion si le réseau
devient complètement inopérant) ;
- La RPSPE informe les populations après cette rencontre d’urgence ; cette information
a lieu par la voie la plus adaptée à la situation (messages audio, SMS aux abonnés,
affichage aux bornes-fontaines, ou autre) ; des conseils sont donnés à la population
pour le recours à une ressource alternative la moins nuisible possible pour la santé ;
- Une rotation de la fourniture dans les différentes branches du réseau est organisée
de façon à fournir de l’eau au moins 2 heures par jours à tous les points de distribution,
si possible.
- La RPSPE organise une séance de travail avec le gestionnaire délégué et des
représentants du ministère de tutelle et du Gouvernorat pour examiner les solutions
techniques envisageables à court et moyen terme pour l’exploitation de nouvelles
ressources en eau, ainsi que leurs coûts.

7.6.2. Urgence en cas de contamination de la ressource

La Loi relative à l’eau prévoit en son article 103 que « En cas de constat d’une fourniture
d’eau hors normes de potabilité, le gouvernement provincial ou le collège exécutif de l’entité
territoriale décentralisée fait procéder sans délai à l’arrêt, à la remise en état ou à la modification
d’ouvrages défectueux ainsi qu’au renforcement du contrôle de la qualité des eaux ».

Sur le plan opérationnel, le plan d’urgence comporte dans ce cas les étapes suivantes :
- L’entité qui fait le constat de la contamination (le gestionnaire délégué, la RPSPE,
l’Autorité de Régulation, un service de santé publique, un usager ou groupe d’usager
ou toute autre personne physique ou morale) en informe immédiatement la RPSPE ;
- La RPSPE organise une campagne d’urgence de vérification de la qualité de l’eau

150
sur l’ensemble du réseau concerné, avec l’appui technique du gestionnaire délégué
et des services de santé publique (y compris les laboratoires disponibles au niveau
provincial) ;
- La RPSPE organise une réunion d’urgence avec le ministère en charge de la santé
et le gestionnaire délégué pour évaluer le risque pour la santé publique et évaluer
la nécessité de fermer tout ou partie du réseau de distribution. Elle informe le
Gouvernorat et l’Autorité de Régulation de la situation et des décisions prises. En
fonction des risques de la contamination pour la santé publique, la décision éventuelle
de fermer le réseau sera mise en balance avec le niveau de risques encourus par la
population si elle doit utiliser d’autres ressources en eau non potables qui seraient
encore plus nocives pour la santé publique. Dans le cas où la fermeture du réseau est
jugée inévitable dans l’intérêt de la santé publique, les mesures d’urgence décrites
pour le cas de pénurie de la ressource seront appliquées (fourniture d’eau alternative,
par camion, ou conseils à la population pour l’utilisation de ressources alternatives) ;
- La RPSPE organise une campagne d’information d’urgence de la population sur les
mesures à prendre pour la consommation de l’eau (ne pas utiliser pour la boisson, faire
bouillir, ne pas donner aux jeunes enfants ou autre mesure pertinente) ;
- La RPSPE et le gestionnaire délégué examinent et prennent les mesures d’urgence
nécessaires, en coordination avec le Gouvernorat, pour réduire ou arrêter la source de
la contamination ;

La RPSPE commandite une évaluation d’urgence de la durabilité de la pollution

7.6.3. Urgence en cas de défaillance du délégataire

La Loi relative à l’eau prévoit en son article 83 que « En cas de défaillance du gestionnaire,
le maître d’ouvrage prend des mesures pour le remplacer. A défaut du remplaçant, le maître
d’ouvrage peut, à titre exceptionnel, procéder à l’exploitation en régie directe dont la durée ne
peut excéder douze mois ».

Les mesures d’urgence en cas de déficience du gestionnaire ne pourront se justifier que si


cette déficience a un impact significatif et récurrent sur la qualité du service de l’eau. Les
déficiences plus ponctuelles ou mineures seront discutées entre la RPSPE et le gestionnaire
par l’application des modalités contractuelles, à l’amiable si possible, et à défaut en justice.

La déficience du gestionnaire pouvant mener à une situation d’urgence peut être d’origine :
- Technique : par exemple l’indisponibilité d’équipements de secours ou de pièces de
rechange, la rupture de la source d’énergie ;
- Financière : par exemple une mauvaise gestion financière, un taux de recouvrement
insuffisant des factures, un déséquilibre entre les coûts de fonctionnement et les
recettes ;
- Organisationnelle : par exemple une faiblesse d’organisation des ressources humaines,
de coordination des prestations, de gestion des ressources humaines (y compris le
risque de grève, quelle qu’en soit la raison).

151
Dans le cas où une déficience du gestionnaire mène à une situation d’urgence, les mesures
suivantes seront prises :
- La RPSPE organise une réunion d’urgence avec le gestionnaire, en présence de
représentants du ministère de tutelle et du Gouvernorat, pour analyser la situation,
ses causes, ses impacts et les mesures correctrices possibles ;
- Dans un premier temps, une solution à l’amiable sera recherchée de façon à rétablir
et maintenir le service de l’eau ; en cas de besoin, la recherche de solution passera
par une renégociation des clauses contractuelles, provisoires ou définitives, et par la
possibilité d’un soutien, également temporaire ou définitif, de la part du Gouvernement
provincial (soutien logistique, organisationnel, financier, en ressources humaines) ;
- Si le constat est qu’il ne sera pas possible de corriger la déficience du gestionnaire, la
RPSE, conformément à la loi, mettra un terme au contrat de gestion dans le respect
des clauses contractuelles prévues à cet effet, et prendra en charge temporairement
la régie directe du service de l’eau. Une négociation entre la RPSPE et le gestionnaire
défaillant aura lieu pour que la RPSPE puisse utiliser tout ou partie des ressources
matérielles et humaines du gestionnaire défaillant ; à défaut d’accord, une procédure
de justice en urgence sera engagée par le Gouvernement provincial pour obtenir le
droit d’utilisation des ressources matérielles et humaines du gestionnaire par la
RPSPE ;
- La RPSPE lancera dans les meilleurs délais une procédure de recrutement d’un nouveau
gestionnaire ;
- Si cela est jugé utile, notamment dans le cas où la déficience du gestionnaire sera
liée à une situation de malversation, le ministère de tutelle de la RPSPE lancera
une procédure juridique de demande d’indemnisation de la régie provinciale par le
gestionnaire déficient.

152
VIII : ANNEXES
1. CONTENU RAPPORT AVANT
PROJET SOMMAIRE (APS)

Un rapport d’avant-projet sommaire (APS) est un document utilisé dans le cadre de la


planification et de la conception d’un projet. Bien que le contenu spécifique puisse varier
en fonction des exigences du projet et des normes de l’organisation, voici les éléments
généralement inclus dans un rapport d’APS :

1. Page de garde : La page de garde devrait inclure le titre du rapport, le nom de


l’entreprise ou de l’organisation, la date et éventuellement le logo.

2. Table des matières : Une liste des sections principales du rapport avec les numéros de
page correspondants.

3. Résumé exécutif : Un résumé concis du rapport qui présente les points clés de l’avant-
projet sommaire, y compris les objectifs, les principales recommandations et les
conclusions.

4. Contexte et objectifs : Une introduction qui présente le contexte du projet


d’infrastructures d’eau potable, y compris les besoins en eau potable de la région, les
problèmes existants, les objectifs du projet et les bénéfices attendus.

5. Description du système actuel : Une évaluation du système de fournitures d’eau


potable existant, y compris la source d’eau, les installations de traitement, les réseaux
de distribution, les réservoirs, les stations de pompage, etc. Cette description devrait
inclure une analyse des forces et des faiblesses du système actuel.

6. Étude de faisabilité technique : Une analyse détaillée de la faisabilité technique du


projet, en prenant en compte des éléments tels que la capacité requise, la qualité de
l’eau, les technologies de traitement appropriées, les matériaux de construction, les
contraintes géographiques, etc.

7. Étude de faisabilité financière : Une évaluation des coûts estimés pour la mise en
place du projet d’infrastructures d’eau potable, y compris les coûts de conception, de
construction, d’exploitation et de maintenance. Cette étude peut inclure une analyse
du financement disponible, des modèles de tarification de l’eau potable et des sources
potentielles de financement.

8. Planification du projet : Une proposition détaillée du plan d’action pour la mise


en œuvre du projet, y compris les étapes clés, les activités prévues, les délais, les
responsabilités des parties prenantes et les livrables attendus.

154
9. Analyse des risques : Une évaluation des risques potentiels associés au projet
d’infrastructures d’eau potable, tels que les risques environnementaux, les risques
techniques, les risques liés à la disponibilité des ressources, etc. Cette analyse devrait
également proposer des mesures d’atténuation pour chaque risque identifié.

10. Aspects environnementaux : Une évaluation des impacts environnementaux


potentiels du projet et des mesures prévues pour minimiser ces impacts. Cela peut
inclure des considérations sur la préservation des ressources en eau, la gestion des
déchets, l’efficacité énergétique, etc.

11. Consultation des parties prenantes : Une description des consultations effectuées
auprès des parties prenantes concernées, telles que les autorités locales, les
communautés locales, les experts en eau, etc. Il est important d’inclure leurs
commentaires, préoccupations et recommandations dans le rapport.

12. Cadre réglementaire : Une présentation des lois, des réglementations et des normes
applicables au projet d’infrastructures d’eau potable, ainsi que des exigences de
conformité.

13. Conclusion et recommandations : Une synthèse des principales conclusions du


rapport, y compris la viabilité du projet, les prochaines étapes recommandées, les
mesures prioritaires à prendre, etc.

14. Annexes : Des documents complémentaires pertinents tels que des cartes, des
schémas techniques, des études hydrologiques, des rapports d’analyse de l’eau, des
autorisations requises, etc., peuvent être inclus en annexe.

155
2. CONTENU RAPPORT AVANT
PROJET DÉTAILLÉ

Voici une description brève du contenu de chaque paragraphe pour une étude d’avant-
projet détaillé et un dossier de consultation des entreprises pour un projet d’adduction d’eau
potable :

1. Introduction :
• Présente le contexte global du projet d’adduction d’eau potable.
• Définit les objectifs spécifiques de l’étude d’avant-projet détaillé et du dossier de
consultation des entreprises.

2. Évaluation des besoins en eau potable :


• Identifie la population à desservir avec l’adduction d’eau potable.
• Évalue les besoins en eau potable actuels et futurs de cette population, en prenant
en compte la croissance démographique et d’autres facteurs pertinents.

3. Identification des sources d’eau :


• Évalue les différentes sources d’eau disponibles pour le projet, en tenant compte de
la quantité et de la qualité de l’eau.
• Effectue une analyse approfondie des caractéristiques hydrologiques et
hydrogéologiques de chaque source.

4. Conception de l’infrastructure :
• Propose une conception détaillée de l’infrastructure d’adduction d’eau potable,
comprenant les schémas techniques, les plans de génie civil, les spécifications des
équipements, etc.
• Précise le tracé précis des conduites pour le réseau de distribution, en indiquant les
diamètres, les matériaux et les points de raccordement.

5. Estimation des coûts :


• Estime les coûts détaillés de conception et de construction de l’infrastructure, y
compris les coûts des matériaux, de la main-d’œuvre, des équipements, etc.
• Établit un budget prévisionnel pour l’ensemble du projet, en incluant les coûts
indirects, les frais généraux et les provisions.

6. Gestion environnementale :
• Évalue les impacts environnementaux potentiels du projet d’adduction d’eau potable,
conformément aux réglementations et aux normes environnementales.
• Propose des mesures d’atténuation et de gestion des impacts, en mettant l’accent
sur la préservation des ressources en eau et de l’écosystème environnant.

156
7. Aspects techniques :
• Développe les aspects techniques du projet, en détaillant les différentes
composantes de l’infrastructure (réservoirs, stations de pompage, systèmes de
traitement, etc.).
• Spécifie les exigences techniques et les normes de qualité de l’eau à respecter tout
au long du processus de conception et de construction.

8. Planification et calendrier :
• Établit un calendrier détaillé du projet, en identifiant les différentes phases, les
étapes clés, les délais et les jalons importants.
• Met en place un plan de suivi et de contrôle pour assurer la progression conforme du
projet.

9. Consultation des entreprises :


• Prépare le dossier de consultation des entreprises, comprenant les documents
d’appel d’offres, les spécifications techniques, les critères d’évaluation des offres,
etc.
• Identifie les exigences administratives, financières et techniques pour les
entreprises intéressées à soumissionner.

10. Conclusion et recommandations :


• Résume les principales conclusions de l’étude d’avant-projet détaillé et du dossier de
consultation des entreprises.
• Formule des recommandations pour la sélection de l’entreprise, la mise en oeuvre du
projet et la gestion efficace de l’adduction d’eau potable.

Ce contenu offre une vue d’ensemble des éléments clés à inclure dans une étude d’avant-
projet détaillé et un dossier de consultation des entreprises pour un projet d’adduction d’eau
potable. Bien entendu, des ajustements spécifiques peuvent être apportés en fonction des
besoins et des exigences spécifiques du projet en question.

157
3. MODÈLE D’ORDRE
DE SERVICE

MARCHÉ N°.........
SUIVANT ……………………

Objet : ………………………………….
Titulaire: [entreprise], Tel :……..........…. Lieu de résidence ……….........
Montant: .........................................................................................................................
Financement : ...............................................................................................................
Délai d’exécution: .......................................................................................................
Imputation : ...................................................................................................................

ORDRE DE SERVICE N°........


Relatif au marché N°............

Monsieur le Directeur Général de [entreprise] est invité à :


– Prendre acte de l’approbation du marché suscité;
– Recevoir [nombre] copies du marché pour enregistrement;
– Retourner au [maître d’ouvrage] [nombre] exemplaires dûment enregistrés, dont
l’original;
– Fournir une caution de bonne exécution équivalente à 5% du montant du marché
dans un délai de trente (30) jours pour compter de la date de notification de
l’approbation du marché ;
– Et à prendre connaissance de ce qui suit :
1) La date du ………. est retenue comme date de démarrage des travaux relatifs au
marché ci-dessus mentionné pour un délai d’exécution de ……… jours …….;
2) Conformément aux textes en vigueur, le délai d’enregistrement du marché est de
trente (30) jours calendaires à partir de la date de notification de l’approbation du
marché ;
3) La date du …………. est retenue comme date de fin d’exécution des travaux relatifs
au contrat.
Le présent ordre de service, certifié conforme à la minute inscrite sous le numéro ci-dessus,
sera notifié au titulaire par Monsieur ……………………….

Pour la REPRESE XXX


Le Coordonnateur xxx

158
NOTIFICATION

Je soussigné, Monsieur, …………….de la commune, déclare avoir notifié ce jour …. le présent


ordre de service au représentant de l’entreprise.

Le fonctionnaire chargé de la notification Reconnu exact/ l’Entrepreneur

159
4. MODÈLE D’ORDRE
DE SUSPENSION

MARCHE N°………….

OBJET : ............................................................................................
MONTANT: ............................................................................................
FINANCEMENT : .................................................................................
DÉLAI D’EXÉCUTION : ......................................................................
TITULAIRE : ............................................................................................

ORDRE DE SERVICE de suspension N°………..

[titulaire] représenté par Monsieur ..............., est invité à prendre connaissance de ce qui suit :
1. Le (spécifier la date) est retenu comme date de suspension des prestations relatives au
marché (motif de suspension) ;

2. Le présent ordre de service de suspension, certifié conforme à la minute inscrit sous le


numéro ci-dessus sera notifié à l’attributaire par Monsieur ............., chargé des marchés
..................

Pour la REPRESE XXX


Le Coordonnateur XXX

NOTIFICATION

Je soussigné ...................…. déclare avoir remis ce jour …/…/20..; au fournisseur ou à son


représentant, la copie conforme du présent Ordre de Service.

Le chargé de la transmission Reconnu exact

160
5. MODÈLE D’ORDRE
DE REPRISE

MARCHE N°.........

OBJET : .............................................................................................
MONTANT : .............................................................................................
FINANCEMENT : ..................................................................................
DÉLAI D’EXÉCUTION : .......................................................................
TITULAIRE : ..............................................................................................

ORDRE DE SERVICE de reprise N° ................

Nom de l’entreprise ………………….. représentée par Monsieur .............., est invitée à prendre
connaissance de ce qui suit :
1. Le (spécifier la date) est retenu comme date de reprise des prestations relatives au marché;
2. Le délai restant pour l’exécution du marché est de (spécifier la date) à partir de la date
indiquée au point 1;
3. Le (spécifier la date) est retenu comme date de fin d’exécution des prestations relatives
au marché.

Le présent ordre de service de reprise, certifié conforme à la minute inscrit sous le numéro ci-
dessus sera notifié à l’attributaire par Monsieur ................., chargé des marchés.

Pour la REPRESE XXX


Le Coordonnateur XXX

NOTIFICATION

Je soussigné -------------, déclare avoir remis ce jour …./….../…..; au fournisseur ou à son


représentant, la copie conforme du présent Ordre de Service.

Le Fonctionnaire chargé de la notification Reconnu exact

161
6. MODÈLE DE PV DE RÉUNION
DE CHANTIER

PROCÈS VERBAL DE LA NIEME (nème) RÉUNION


DE CHANTIER DU PROJET ……………..

Date : ........................................................................................................
Lieu : ........................................................................................................
Début :............ heure ......... min
Fin : ............. heure ........... min
Présences (Voir liste nominative de présence en annexe)
Maître d’ouvrage : ..................................................................................
Contrôle : .............................................................................................
Entreprise : .............................................................................................
Ordre du jour : ..................................................................................

1 Amendement du procès-verbal de la rencontre du ……………………


2. Etat de mise en oeuvre des recommandations
3. Etat d’avancement des travaux
4. Difficultés rencontrées
5. Perspectives
6. Recommandations
7. Divers

I. Amendement du procès-verbal de la rencontre du ……………………


II. Etat d’avancement des travaux

Tableau n°1 : Etat d’avancement des réalisations des travaux


− Taux d’exécution physique .......................................
− Taux d’exécution financière ......................................
− Délai consommé .......................................................

III. Difficultés rencontrées


Au titre des difficultés rencontrées dans la mise en oeuvre des activités on peut citer :
- ..........................................
- ..........................................
- ..........................................

162
IV. Perspectives
V. Remarques et Observations
- ............................................................
- ............................................................

VI. Recommandations
- A l’endroit du maître d’ouvrage : ....................................................
- A l’endroit du contrôle : ................................................................
- A l’endroit de l’entreprise : ................................................................

Rapporteur de séance Président de Séance

Tableau n°2: Liste de présence à la nième (nème) réunion de chantier du ………..

N° Nom et Prénom(s) Structure Contact E-mail

163
7. MODÈLE DE PV DE RÉCEPTION
PROVISOIRE AEPA

PROCÈS VERBAL DE RÉCEPTION PROVISOIRE

Marché N°: ...................................................................................


Objet: ..............................................................................................
Attributaire: ...................................................................................
Montant : ...................................................................................

Délai d’exécution: ........................................................................


Financement: ........................................................................

Imputation: ...................................................................................
Date de la réception provisoire: .................................................

L’an deux mille …………… et le …………….., la commission composée de …………………


s’est rendue dans les localités de en vue de procéder à la réception provisoire de (nombre)
(type d’ouvrage) réalisées par l’entreprise………………. dans le cadre du marché N°………,
financé par …………………..….

La commission était composée de:

Nom et prénom Structure Signature

La réception a consisté à effectuer des contrôles sur la qualité et le nombre d’ouvrages


réalisés afin de s’assurer qu’ils sont conformes aux spécifications techniques demandées
dans le marché et fonctionnent toujours.

La liste des ouvrages réceptionnés provisoirement est présentée dans le tableau ci- après :

164
Après une visite minutieuse et suivi d’échanges sur l’ensemble des ouvrages, la commission
a constaté que les travaux ont été réalisés dans les règles de l’art. Elle a donc procédé à la
réception provisoire desdits travaux.

En foi de quoi le présent procès-verbal de réception provisoire a été dressé pour valoir ce que
de droit.

Ont signé :

165
8. MODÈLE DE PV RÉCEPTION
DÉFINITIVE AEPA

PROCÈS VERBAL DE RÉCEPTION DÉFINITIVE

Marché N°: ...................................................................................


Objet: ..............................................................................................
Attributaire: ...................................................................................
Montant : ...................................................................................

Délai d’exécution: ........................................................................


Financement: ........................................................................
Imputation: ...................................................................................

Date de la réception provisoire: .................................................


Date de la réception définitive: .................................................

La réception a consisté à effectuer des contrôles sur la qualité et le nombre d’ouvrages


réalisés afin de s’assurer qu’ils sont conformes aux spécifications techniques demandées
dans le marché et fonctionnent toujours.

La liste des ouvrages réceptionnés est présentée dans le tableau ci- après :

Après une visite minutieuse et suivi d’échanges sur l’ensemble des ouvrages, la commission
a constaté que les travaux ont été réalisés dans les règles de l’art. Elle a donc procédé à la
réception définitive desdits travaux.

En foi de quoi le présent procès-verbal de réception définitive a été dressé pour valoir ce que
de droit

Ont signé :

La commission était composée de :

Nom et prénom Structure

166
9. MODÈLE CONTRAT DE
CONCESSION DU SERVICE

Table des matières

Article 1: Objet .............................................................................................................168


Article 2: Durée .............................................................................................................168
Article 4: Mise à disposition des terrains ...........................................................................168
Article 5: Ouvrages existants ..................................................................................................168
Article 7: Financement des ouvrages ......................................................................................169
Article 8: Approbation des plans et documents techniques ...................................................169
Article 9: Modalité d’exécution des travaux ............................................................................169
Article 10: Sous-traitance des travaux ............................................................................169
Article 11: Délai d’exécution des travaux ............................................................................169
Article 12: Indemnisation des tiers ........................................................................................170
Article 13: Réception des travaux ........................................................................................170
Article 14: Acceptation de l’ouvrage ........................................................................................170
Article 15: Obligation du service ........................................................................................170
Article 16: Sous-traitance ...................................................................................................171
Article 17: Règlement intérieur .......................................................................................171
Article 18: Entretien du matériel et des installations ...............................................................171
Article 19: Renouvellement ...................................................................................................171
Article 20: Exécution d’office ..................................................................................................171
Article 21: Personnel ..............................................................................................................171
Article 22: Conditions financières .......................................................................................172
Article 23: Tarifs de l’eau ...................................................................................................172
Article 24: Indexation des tarifs .......................................................................................172
Article 25: Révision des conditions tarifaires ............................................................................174
Article 26: Régime fiscal ...................................................................................................173
Article 27: Compte d’exploitation ........................................................................................173
Article 28: Compte rendu annuel ........................................................................................173
Article 29: Contrôle ...............................................................................................................174
Article 30: Amortissement et provision ............................................................................174
Article 31: Responsabilité du Concessionnaire ................................................................174
Article 32: Cautionnement de l’ouvrage ............................................................................174
Article 33: Cautionnement de l’exploitation ............................................................................174
Article 34: Mise en régie provisoire .......................................................................................175
Article 35: Sanction pécuniaire .......................................................................................175
Article 36: Sanction résolutoire .......................................................................................175
Article 37: Règlement des litiges .......................................................................................175
Article 38: Continuité du service en fin de contrat ...............................................................176
Article 39: Intuitu personnae ...................................................................................................176
Article 40: Résiliation pour motif d’intérêt général ................................................................176
Article 41: Fin d’exploitation ...................................................................................................176

167
Entre :

Le Maître d’ouvrage, représenté par M/Mme ...................................... Gouverneur de la province de


...............................................; Ci-après dénommé «le concédant»;

Et

La Société ................, au capital social de ..............FC, siège social ................., immatriculée au


registre du commerce à ............. sous le numéro.............., représentée par M................ ; Ci-après
dénommé « le Concessionnaire »

Article 1: Objet
Le présent contrat a pour objet la concession de la construction et de l’exploitation du service
public de l’eau potable de………………………………….

Article 2: Durée
Le présent contrat est conclu pour une durée de … ans à compter du ../../.... . Il ne peut pas être
reconduit tacitement.

I - Mise à disposition

Article 3: Périmètre
Le service est concédé à l’intérieur du périmètre défini en annexe 1 (annexer un plan de
l’emprise).

Article 4: Mise à disposition des terrains


Les terrains inclus dans le périmètre défini à l’article 3 sont mis à la disposition du
Concessionnaire pendant toute la durée de la concession.

Le Concessionnaire reconnaît avoir une parfaite connaissance du terrain, des installations et


des ouvrages existants et renonce à toute réclamation à ce sujet envers le Concédant.

Article 5: Ouvrages existants


Les ouvrages et les biens d’exploitation décrit en annexe 2 sont mis à la disposition du
Concessionnaire pendant toute la durée de la concession.

Le Concessionnaire prend les ouvrages et biens d’exploitation, dans l’état où ils se trouvent,
qu’il déclare bien connaître, et renonce à toute réclamation à ce sujet envers le Concédant.

168
II – Réalisation de la concession

Article 6: Description des ouvrages à réaliser


L’ouvrage à réaliser est conforme au descriptif figurant en annexe 3.

Article 7: Financement des ouvrages


Le Concessionnaire assure le financement des dépenses occasionnées par la réalisation des
ouvrages.

Le coût global est estimé à ...............FC. par le Concessionnaire. Le plan de financement établi
par le Concessionnaire figure en annexe 4 au présent contrat.

Article 8: Approbation des plans et documents techniques


Le Concessionnaire soumet au Concédant l’ensemble des projets et plans d’exécution pour
approbation. L’approbation par le Concédant des plans et documents techniques ne limite en
rien la responsabilité exclusive, pleine et entière du Concessionnaire.

Le planning de préparation des projets et plans d’exécution et documents technique figure en


annexe 5 au présent contrat.

Article 9: Modalité d’exécution des travaux


Les travaux doivent être exécutés conformément aux projets approuvés et dans le respect de
toutes les observations et directives données par le Concédant.

L’organisation des chantiers doit permettre un contrôle et une surveillance dans les conditions
et selon une fréquence décidée par le Concédant.
L’approbation par le Concédant de tout ou partie des travaux ne limite en rien la responsabilité
exclusive, pleine et entière du Concessionnaire.

Article 10: Sous-traitance des travaux


Le Concessionnaire doit faire réaliser les travaux par des entreprises préalablement agréées
par le Concédant.
L’agrément du Concédant ne limite en rien la responsabilité du Concessionnaire.

Article 11: Délai d’exécution des travaux


Le Concessionnaire est tenu de respecter le planning fixé en annexe 6.
Lorsque le Concessionnaire ne respecte pas la date de démarrage des travaux ou d’une des
échéances contractuelles le Concédant, après une mise en demeure restée infructueuse dans
un délai de 15 jours calendaires, a le droit de résilier le contrat aux torts du Concessionnaire.

Le Concessionnaire s’engage à mettre en service l’ouvrage dans un délai de ......... à compter du


début des travaux.

169
Article 12: Indemnisation des tiers
Le Concessionnaire assume seul la responsabilité des dommages occasionnés au tiers ou au
Concédant lors de la réalisation des travaux.

Article 13: Réception des travaux


Immédiatement après l’achèvement des travaux et avant tout prononcé de réception des
travaux entre le Concessionnaire et les entreprises chargées de la réalisation des travaux, le
Concessionnaire réalise un état des lieux contradictoirement avec le Concédant.

Dans le cas où le Concédant estime que les conditions du prononcé de la réception des travaux
entre le Concessionnaire et les entreprises ne sont pas réunies, le Concessionnaire doit
refuser la réception.

Après réalisation des travaux nécessaires, le Concédant et le Concessionnaire procèdent à un


nouvel état des lieux. En cas de réserves émises par le Concédant, le Concessionnaire doit les
mentionner lors de la réception des travaux entre lui-même et les entrepreneurs.

A défaut de respecter ces dispositions, la responsabilité du Concessionnaire se trouve


engagée et le Concédant peut résilier le présent contrat aux torts du Concessionnaire.

Article 14: Acceptation de l’ouvrage


L’achèvement de l’ouvrage fait l’objet d’un procès-verbal d’acceptation des travaux par
le Concédant et d’un état des lieux contradictoirement effectué par le Concédant et le
Concessionnaire.

Préalablement à ces opérations, le Concessionnaire fournit au Concédant l’ensemble des


documents de recollement nécessaires à la bonne connaissance des ouvrages.

III – Conditions d’exploitation

Article 15: Obligation du service


Le Concessionnaire doit assurer:
A ses risques et périls, sous sa responsabilité, toutes les fonctions de l’exploitation des
systèmes, objet du présent Contrat, à la satisfaction des consommateurs.

Ses tâches de gestion intègrent tous les aspects de la gestion de l’exploitation : techniques,
commerciaux, administratifs, financiers et juridiques.

Le Concessionnaire doit informer, sans délai, le Concédant de toute interruption ou modification


du service.

170
Article 16: Sous-traitance
Le Concessionnaire est tenu d’assurer personnellement l’exploitation du service qui lui est
confié. Il ne peut sous-traiter tout ou partie des tâches qui lui incombent sans l’accord préalable
et écrit du Concédant.

Article 17: Règlement intérieur


Le règlement intérieur du service est préparé par le Concessionnaire en collaboration avec les
représentants des usagers et doit être approuvé par le Concédant avant la mise en service.

Le règlement intérieur fixe les principales dispositions relatives au fonctionnement du service


et aux conditions de sécurité et d’évacuation.
Le règlement intérieur est communiqué à chaque usager au moment de l’attribution d’un local.

IV – Entretien et travaux

Article 18: Entretien du matériel et des installations


Tous les ouvrages, équipements, installations et matériels situés dans le périmètre de la
concession ou nécessaires à la bonne marche de l’exploitation sont entretenus en bon état de
fonctionnement et réparés par les soins et aux frais du Concessionnaire.

Article 19: Renouvellement


Les travaux de renouvellement sont à la charge du Concessionnaire. Ils comprennent
notamment tous les équipements et ouvrages nécessaires au bon fonctionnement du service
public de l’eau potable.

Article 20: Exécution d’office


Lorsque le Concessionnaire n’effectue pas les travaux d’entretien et de renouvellement, le
Concédant peut faire procéder à l’exécution des travaux nécessaires au fonctionnement du
service aux frais et charges du Concessionnaire, après une mise en demeure restée en tout
ou partie infructueuse dans un délai de 10 jours calendaires à compter de sa réception par le
Concessionnaire.

V – Personnel

Article 21: Personnel


Le Concessionnaire recrute et affecte au fonctionnement du service un personnel en nombre
et qualification suffisante pour remplir sa mission. Ce personnel sera sous statut de droit privé.

Le Concessionnaire devra communiquer au Concédant la convention collective applicable et la


liste du personnel. Le Concessionnaire communique au Concédant chaque changement dans
le personnel affecté au service.

171
VI – Conditions financières

Article 22: Conditions financières


Le Concessionnaire est tenu de verser au Concédant une redevance mensuelle de .......... pour
occupation du domaine public.

La redevance évoluera chaque année à la date anniversaire de la signature du présent contrat


selon la formule suivante : ......... (ou conformément à l’indice des prix publié par la structure
habilitée), (ou de X% la première année, X% la deuxième année, etc.)

La rémunération du Concessionnaire est constituée par les ressources tirées de l’exploitation


du service concédé.

Article 23: Tarifs de l’eau


La redevance perçue auprès des usagers se compose comme ci-dessous

A la borne fontaine,
branchements particuliers Aux branchements privés :
et abreuvoirs ……./m3*
FC/m3
1. Part Concessionnaire (PC)
Dont fond de garantie

2. Part Maître d’Ouvrage (PMO)

Dont quote-part FRE ....................................................


Dont quote-part frais de gestion ....................................................
de la régie provinciale
Total :

*Le montant total de la redevance aux branchements privés est d’au mois 10% supérieur
à celui-applicable à la borne fontaine, aux abreuvoirs et branchements particuliers.

Assiette de facturation/Volume vendu attendu : ……………. m3/an

Article 24: Indexation des tarifs


Les tarifs fixés à l’article 23 évolueront chaque année à la date anniversaire de la signature du
présent contrat selon l’actualisation du compte d’exploitation.

Article 25: Révision des conditions tarifaires


L’ensemble des conditions financières est soumis à réexamen, sur production par le
Concessionnaire des justifications nécessaires, en cas d’apparition d’un déficit d’exploitation,
durant 3 mois consécutifs, non imputable à une faute de gestion.

172
• En cas de variation de plus ou moins 20% des volumes vendus par rapport au volume
de référence ;
• En cas de variation de plus ou moins 20% du nombre d’abonnés par rapport au nombre
de référence ;
• En cas de modification substantielle des Infrastructures ;
• En cas de modification significative des conditions d’exploitations par des
circonstances indépendantes du Délégataire ;
• En cas de révision du périmètre concédé.

Article 26: Régime fiscal


Le Concessionnaire est redevable de l’ensemble des impôts établis par l’Etat ou la province
liée à la réalisation et à l’exploitation du service.

VII – Comptabilité

Article 27: Compte d’exploitation


Les activités de la concession font l’objet d’une comptabilité séparée.
Le Concessionnaire établit pour chaque exercice un compte d’exploitation, un compte de
résultat et un bilan du service.
Le compte de résultat comporte à son crédit les produits d’exploitation et à son débit les
charges d’exploitation.

Le solde de ce compte fait apparaître l’excédent ou le déficit d’exploitation.


Le dernier jour de l’exercice est fixé au 31 décembre.
Le Concessionnaire produit le compte d’exploitation, le compte de résultat et le bilan dans un
délai de 1 mois à compter de la clôture de l’exercice.

Un compte d’exploitation prévisionnel est établi par le Concessionnaire à la fin de chaque


exercice pour l’exercice suivant. Il est soumis à l’approbation de la régie provinciale avant le
début de l’exercice concerné.

Article 28: Compte rendu annuel


Le Concessionnaire doit fournir pour l’année écoulée un compte rendu :
• De l’évolution de l’activité ;
• De l’évolution de l’état des ouvrages,
• Installations et matériels utilisés ;
• Des modifications de l’organisation du service ;
• Des travaux d’entretien exécutés ;
• Des travaux de renouvellement exécutés.

Le Concessionnaire produit le compte rendu annuel dans un délai de 1 mois à compter de la


clôture de l’exercice.

173
Article 29: Contrôle
Le Concédant a le droit de contrôler les renseignements donnés par le Concessionnaire dans
le compte d’exploitation et le compte rendu annuel.

Article 30: Amortissement et provision


Pendant toute la durée de la concession, le Concessionnaire constitue chaque année les
amortissements et provisions nécessaires à l’exécution des travaux de grosses réparations et
de renouvellement des ouvrages, matériels et installations concédées de telle sorte que ceux-
ci, à l’issue de la concession, soient remis au Concédant en parfait état de fonctionnement.

VIII – Responsabilités et garanties

Article 31: Responsabilité du Concessionnaire


Le Concessionnaire conserve pendant toute la durée du présent contrat la responsabilité du
bon achèvement et de la qualité des ouvrages et travaux réalisés.
Le Concessionnaire est responsable du bon fonctionnement du service public de l’eau potable.

Le Concessionnaire est seul responsable vis à vis des tiers de tous les accidents, dégâts et
dommages occasionnés par les ouvrages et équipements et par l’exécution du service.
Le Concessionnaire conclu les assurances qui couvriront les différents risques.

Article 32: Cautionnement de l’ouvrage


Dans un délai de … jours calendaires après la signature du présent contrat, le Concessionnaire
constituera une caution d’un montant de ……… auprès du Receveur provincial. Cette somme
formera le cautionnement de l’ouvrage.
Ce cautionnement sera libéré après l’approbation par le Concédant du procès-verbal de
réception des ouvrages.

Article 33: Cautionnement de l’exploitation


Dans un délai de 10 jours calendaires, après la signature du présent contrat, le Concessionnaire
constituera une caution pour l’exploitation de l’ouvrage d’un montant de ….., auprès du
Receveur provincial.

Sur ce cautionnement seront prélevés, notamment les pénalités, les dépenses engagées par
le Concédant pour la remise en état des ouvrages, matériels et installations ou à l’occasion de
la mise en régie provisoire de la concession, et plus généralement toutes sommes dues par le
Concessionnaire au Concédant en vertu du présent contrat.

Toutes les fois qu’une somme quelconque sera prélevée sur le cautionnement, le
Concessionnaire devra la compléter dans un délai de 10 jours calendaire.
Ce cautionnement sera remboursé de plein droit 10 jours après l’expiration du présent contrat
après imputation des sommes éventuellement dues au Concédant.

174
IX – Sanctions et contentieux

Article 34: Mise en régie provisoire


En cas de faute grave du Concessionnaire, et notamment si la continuité du service n’est pas
assurée en toutes circonstances le Concédant peut prendre toutes les mesures nécessaires
pour assurer le service.

Cette mise en régie provisoire sera précédée d’une mise en demeure restée infructueuse dans
un délai de 10 jours calendaire.

Le Concédant peut alors prendre possession des ouvrages, matériels, installations et


approvisionnements nécessaires à l’exploitation.

Article 35: Sanction pécuniaire


En cas d’interruption du service, excepté les interruptions provoquées par un manquement
du Concédant à ses obligations ou par un événement extérieur indépendant de la volonté du
Concessionnaire et qui rend l’exécution du contrat totalement impossible, le Concessionnaire
est redevable envers la régie provinciale d’une pénalité de ….. par jour calendaire de persistance
de l’infraction.

Le montant des pénalités est prélevé par la régie provinciale sur le montant du cautionnement.

Article 36: Sanction résolutoire


Le Concédant peut de plein droit mettre fin au présent contrat en cas de manquement du
Concessionnaire à l’une des obligations souscrites dans le cadre du présent contrat ayant fait
l’objet d’une mise en demeure restée infructueuse dans un délai de 10 jours calendaire.

Article 37: Règlement des litiges


Lorsqu’un litige intervient entre le Concessionnaire et le Concédant, le Concessionnaire
expose dans un mémoire le motif du litige.

Le Concédant notifie au Concessionnaire sa proposition de règlement dans un délai de 10


jours.
Si le Concessionnaire conteste la proposition de règlement du Concédant, il peut saisir l’ARSPE
pour conciliation. .

L’arspe dispose d’un délai de 10 jour calendaire pour entendre les parties et proposer une
solution de règlement amiable.

Si cette proposition ne rencontre pas l’assentiment des parties, le différent est alors soumis
au Tribunal Administratif territorialement compétent à la requête de la partie la plus diligente.

175
X – Fin de contrat

Article 38: Continuité du service en fin de contrat


A l’expiration du présent contrat, le Concédant se substitue au Concessionnaire pour
l’exploitation du service. Le Concédant est alors subrogé dans les droits du Concessionnaire.

Article 39: Intuitu personnae


Le présent contrat est conclu en considération des qualités et capacités du Concessionnaire.
Toute modification des membres du Conseil d’administration du Concessionnaire est
subordonnée à l’accord préalable du Concédant.

Article 40: Résiliation pour motif d’intérêt général


Le Concédant peut mettre fin au présent contrat de manière anticipée pour préserver l’intérêt
général. Le Concédant en informe le Concessionnaire par une lettre motivée. La concession
prend fin XX jours à compter de la date de notification de la résiliation.

La fin d’exploitation s’effectue dans les conditions prévues à l’article 41. Toutefois, le
Concessionnaire pourra obtenir une indemnité compensatrice égale à la valeur des travaux
réalisés et non amortie.

Article 41: Fin d’exploitation


Le Concédant, à l’expiration de la durée normale de la concession, entre immédiatement en
possession des ouvrages, équipements, installations et matériels qui font partie intégrante
de la concession sans indemnisation d’aucune sorte du Concessionnaire.

Le Concédant a la faculté de racheter au Concessionnaire les matériels et approvisionnements


nécessaires à l’exploitation, financés par le Concessionnaire mais ne faisant pas partie
intégrante de la concession.

Gouverneur de province / Chef de l’ETD Le Concessionnaire

Liste des annexes

1. PV de réception des ouvrages et des équipements


2. Plan et schéma des ouvrages et équipements
3. Plan de définition du périmètre de la concession
4. Spécifications techniques des équipements
5. Liste des tâches du concessionnaire

176
10. MODÈLE DE MARCHE CONTRAT
TYPE DE DÉLÉGATION DE SERVICE
PUBLIC D’EAU (AFFERMAGE)

Marché de délégation de Service Public d’Eau

passé entre

..........................................................................................

RÉGIE PROVINCIALE DU SERVICE PUBLIC


DE L’EAU DU XXX
REPROSE-XX

et

..............................................................................................
[Insérer le nom du Délégataire]

Date : ..................................................................

177
I. Modèle de Marché

Le présent MARCHE (intitulé ci-après le “Marché”) est passé le [jour] jour du [mois] de
[année], entre, d’une part, la Régie Provinciale du Service Public d’Eau de la Province de xxx
(ci-après appelé l’Autorité Délégante) et, d’autre part, [nom du Délégataire] (ci-après appelé le
“Délégataire”).

[Note : Si le Délégataire est constitué de plusieurs entités, le texte ci-dessus doit être modifié
en partie comme suit : “... (ci-après appelé le “Client”) et, d’autre part, une co-entreprise/
association constituée des partenaires suivants [insérer la liste des partenaires] solidairement
responsables à l’égard de l’Autorité Délégante pour l’exécution de toutes les obligations
contractuelles, (ci-après appelés “le Délégataire ”).”]

ATTENDU QUE

(a) l’Autorité Délégante a demandé au Délégataire de fournir certaines prestations de


services définies dans le présent Marché (ci-après intitulées les “ Services ”) ;
(b) le Délégataire, ayant démontré à l’Autorité Délégante qu’il possède les compétences
professionnelles requises, ainsi que les ressources financières, techniques et en
personnel, a convenu de fournir les Services conformément aux termes et conditions
stipulés dans le présent Marché ;

EN CONSÉQUENCE, les Parties ont convenu de ce qui suit :

1. Les documents suivants, qui sont joints au présent document, seront considérés comme
faisant partie intégrante du présent Marché :

(a) Le Cahier des Clauses Administratives et Générales - CCAG


(b) Le Cahier des Clauses Administratives Particulières- CCAP
(c) Les Termes de Référence (Cahier des Charges-Exigences du Maitre d’Ouvrage) ;
(d) Le PV des négociations du Contrat de Délégation des services
(e) Les Annexes : [Note : Si une annexe n’est pas utilisée, indiquer la mention « Non utilisée
» en regard du titre de l’Annexe en question sur la liste ci-jointe.]

Annexe 1
Visa des Associations des Usagers de l’Eau (AUE) concernées par le Contrat, attestant
qu’elles sont informées des conditions dans lesquelles le Délégataire mettra en oeuvre le
service de l’eau dans leurs villages ;

Annexe 2
Plan des réseaux, indiquant l’étendue du réseau au moment de sa mise en gestion déléguée,
et comportant le plus de détails possibles : emplacement des points remarquables, des
branchements et des bornes fontaines, caractéristiques du ou des forages et des autres
installations (château d’eau et système d’exhaure…) ;

178
Annexe 3
Procès-verbal d’inventaire des équipements existants attestant de leur conformité avec les
spécifications techniques et de leur bon fonctionnement établi de manière contradictoire
entre l’Autorité Délégante, les services techniques de l’Etat et le Délégataire.

Annexe 4
Modèles de rapports : rapport mensuel d’activités technique et financière et rapport annuel
d’activités technique et financière ;

Annexe 5
Compte d’exploitation annuel ;

Annexe 6
Répartition des catégories de travaux, réparation et prestations (hors entretien courant) ;

Annexe 7
Tarifs de l’eau : montant de la redevance ;

Annexe 8
Règlement d’usage.

2. Les droits et obligations réciproques de l’Autorité Délégante et du Délégataire sont ceux


figurant au Marché ; en particulier :

(a) le Délégataire fournira les Prestations d’approvisionnement régulier en eau potable


des populations ciblées, en qualité et en quantité suffisantes et prélèvera des
redevances auprès des usagers au titre du service rendu conformément aux
stipulations du Marché ; et
(b) l’Autorité délégante recevra la part des redevances (Part Maître d’Ouvrage-PMO)
auprès du Délégataire conformément aux stipulations du Marché.

EN FOI DE QUOI, les Parties au présent Marché ont fait signer le présent Marché en leurs noms
respectifs les jour et an ci-dessus :

Pour [insérer le nom de l’Autorité Délégante] et en son nom


.......................................................................................................
[Représentant Habilité]

Pour [insérer le nom du Consultant] et en son nom


.......................................................................................................
[Représentant Habilité]

179
[Note : Si le Délégataire est constitué de plusieurs entités juridiques, chacune d’entre elles
doit apparaître comme signataire de la façon suivante :]

Pour et au nom de chacun des Membres du Délégataire


[Membre du Groupement]

.............................................................................................................
[Représentant Habilité]

.............................................................................................................
[Membre du Groupement]

.............................................................................................................
[Représentant Habilité]

II. Conditions Générales du Marché

1. DISPOSITIONS GÉNÉRALES

1.1 Définitions
A moins que le contexte ne le requière différemment, chaque fois qu’ils sont utilisés dans le
présent Marché, les termes ci-après ont les significations suivantes :

(a) Droit applicable désigne les lois et autres textes ayant force de loi en République
Démocratique du Congo, au fur et à mesure de leur publication et de leur mise en
vigueur notamment la loi n°18/016 du 09 juillet 2018 relative au Partenariat Public-
Privé ;
(b) « Délégataire » désigne toute entité publique ou privée bénéficiaire d’une convention
de délégation de service public.
(c) « Délégation de Service Public » : La présente convention passée entre l’Autorité
contractante et le Délégataire auquel sont jointes les présentes Conditions
générales (CG) du Marché, les Conditions particulières (CP) et les Annexes, ainsi que
tous les documents énumérés à la Clause 1 du Marché signé ;
(d) Part Délégataire/PD : partie du prix payé par l’usager destiné à couvrir les frais
d’exploitation et d’entretien de l’Infrastructure et toutes les charges du Délégataire
stipulées dans le Contrat d’Exploitation ainsi que sa marge bénéficiaire. Elle est
exprimée en FC/m3. Elle comprend aussi la provision pour le Fonds de garantie.
(e) Part Maître d’Ouvrage/PMO : partie du prix payé par l’usager destiné à financer les
charges de l’Autorité Délégante y compris les subventions qu’elle peut attribuer aux
associations d’usagers, les frais d’intervention de la structure d’appui conseil. Elle
comprend la provision pour renouvellement et extension. Elle est exprimée en FC/m3.
(f) Redevance : est le prix payé par l’usager pour accéder au service. Elle se décompose

180
en Deux parts : la Part Délégataire (PD) et la Part Maître d’Ouvrage (PMO). Les tarifs
y afférents présentent la décomposition de la redevance pour chacune des Parts
y compris le montant de la provision pour le Fonds de garantie et le montant de la
provision pour Fonds de renouvellement et d’extension. Elle est exprimée en FC/m3.
(g) « Date d’entrée en vigueur »: signifie la date à laquelle la DSP entre en vigueur
conformément aux dispositions de la Clause CG 2.1
(h) CG : Conditions générales du Marché;
(i) Membre : si le Délégataire est constitué par plusieurs entités juridiques, notamment
coentreprise/consortium/association, l’une quelconque de ces entités juridiques et
Membres : toutes ces entités juridiques ;
(j) Partie : signifie l’Autorité contractante et le Délégataire ;
(k) « Personnel » : les personnes engagées en tant qu’employés par le Délégataire
ou par un de ses Sous-traitants, et affectées à l’exécution de tout ou partie des
Prestations
(l) « CP » : Conditions particulières du Marché qui permettent de modifier ou de
compléter les Conditions générales ;
(m) « Prestations » : les prestations que doit effectuer le Délégataire en vertu du
présent Marché, comme indiqué à l’Annexe A ci-après ;
(n) « Sous-traitant » : toute personne physique ou morale à laquelle le Consultant sous-
traite une partie des Prestations
(o) « Tiers » : toute personne physique ou morale autre que l’Administration, l’Autorité
contractante, le Consultant ou les Sous-traitants.
(p) Par écrit : signifie une communication écrite accompagné d’un accusé de réception.

1.2 Droit Applicable au Marché


Le présent Marché, sa signification, son interprétation, et les relations s’établissant entre les
Parties seront régis par le Droit Applicable.

1.3 Langue
Le présent Marché a été rédigé dans la langue française.

1.4 Notifications

1.4.1. Toute notification, demande ou approbation requise ou accordée, faite conformément


au présent Marché, devra être sous forme écrite. Une telle notification, demande ou
approbation sera considérée comme ayant été effectuée lorsqu’elle aura été transmise
en personne à un représentant autorisé de la Partie à laquelle cette communication
est adressée, ou lorsqu’elle aura été envoyée à cette Partie à l’adresse indiquée dans
les CP.

1.4.2. Une Partie peut changer son adresse aux fins de notification en Donnant à l’autre
Partie notification par écrit de ce changement à l’adresse indiquée dans les CP.

181
1.5 Lieux
Les Prestations seront rendues sur les lieux indiqués dans l’Annexe A ci-jointe et, lorsque
la localisation d’une tâche particulière n’est pas précisée, en de tels lieux que l’Autorité
contractante approuvera, au Congo ou à l’étranger.

1.6 Autorité du mandataire du Groupement


Si le Consultant est constitué par une co-entreprise/ association de plus d’une entité, les
Membres autorisent par la présente l’entité indiquée dans les CP à exercer en leur nom tous
les droits, et remplir toutes les obligations envers l’Autorité contractante en vertu du présent
Marché et à recevoir, notamment, les instructions et les paiements effectués par l’Autorité
contractante.

1.7 Représentants Habilités


Toute action qui peut ou qui doit être effectuée, et tout document qui peut ou qui doit être établi
au titre du présent Marché par l’Autorité contractante ou par le Consultant, sera effectuée ou
établie par les représentants indiqués dans les CP.

1.8 Impôts et Taxes


Sauf disposition contraire figurant aux Conditions particulières, Le Consultant, les Sous-
traitants et le Personnel paieront les impôts, droits, taxes, redevances et autres charges
imposés en vertu du Droit applicable et dont le montant est réputé être inclus dans le Prix du
Marché.

Une taxe parafiscale est due par le Titulaire à l’Autorité de Régulation des Marchés publics au
taux prévu dans les CP, conformément à l’article 12 du décret n° 10/21 du 02/06/2010.

1.9 Sanction des fautes commises par les candidats ou titulaires de Marchés publics

1.9.1. La République Démocratique du Congo exige que les candidats, et les titulaires
de ses marchés publics, respectent les règles d’éthique professionnelle les plus
strictes durant la passation et l’exécution de ces marchés. Les candidats doivent
fournir une déclaration attestant qu’ils ont pris connaissance des dispositions de
la loi n° 18/016 du 09 juillet 2018, relative aux Partenariat Public-Privé, en matière
de corruption, de collusion et de toutes autres pratiques contraires à l’éthique et
qu’ils s’engagent à les respecter. Des sanctions sont prononcées par le Comité de
Règlement des Différends de l’Autorité de Régulation des Marchés publics à l’égard
des candidats et titulaires de marchés en cas de constatation de violations des
règles de passation des marchés publics commises par les intéressés. Est passible
de telles sanctions tout candidat ou titulaire qui:

a) a octroyé ou promis d’octroyer à toute personne intervenant à quelque titre que ce


soit dans la procédure de passation du marché un avantage indu, pécuniaire ou autre,
directement ou par des intermédiaires, en vue d’obtenir le marché ;

182
b) a offert, donné ou accepté de donner, directement ou indirectement, un quelconque
avantage en vue d’influencer l’action d’un agent public au cours de l’attribution ou de
l’exécution du marché ;
c) a participé à des « manœuvres collusoires » consistant en une entente entre deux
ou plusieurs soumissionnaires visant à maintenir les prix du marché à des niveaux
artificiels et non compétitifs, privant ainsi l’Autorité contractante des avantages
d’une concurrence libre et ouverte ;
d) s’est livré à des « manœuvres frauduleuses » consistant à déformer ou dénaturer
des faits, ou fourni délibérément, dans son offre, des informations ou des
déclarations fausses ou mensongères, afin d’influencer l’attribution ou l’exécution
d’un marché ;
e) a établi des demandes de paiement ne correspondant pas aux prestations
effectivement fournies.

1.9.2. Les violations commises sont constatées par le Comité de Règlement des
Différends qui diligente toutes enquêtes nécessaires et saisit toutes autorités
compétentes. Sans préjudice de poursuites pénales et d’actions en réparation du
préjudice subi par l’Autorité contractante les sanctions suivantes peuvent être
prononcées, et, selon le cas, de façon cumulative :

a) Confiscation des garanties constituées par le contrevenant dans le cadre des


procédures de passation de marchés auxquelles il a participé ;
b) Exclusion du droit à concourir pour l’obtention de marchés publics, délégations de
service public et contrats de partenariat pour une durée déterminée en fonction de
la gravité de la faute commise.

1.9.3 Ces sanctions peuvent être étendues à toute entreprise qui possède la majorité du
capital de l’entreprise contrevenante, ou dont l’entreprise contrevenante possède
la majorité du capital, en cas de collusion établie par le Comité de Règlement des
Différends.

1.9.4 Lorsque les violations commises sont établies après l’attribution d’un marché, la
sanction prononcée peut être assortie de la résiliation du marché en cours ou de la
substitution d’une autre entreprise aux risques et périls du contrevenant sanctionné.

1.9.5. Le contrevenant dispose d’un recours devant les tribunaux à compétence


administrative à l’encontre des décisions du Comité de Règlement des Différends. Ce
recours n’est pas suspensif.

183
2. COMMENCEMENT, EXÉCUTION, AMENDEMENT ET RÉSILIATION DU MARCHE

2.1 Entrée en vigueur du Contrat


Le présent Contrat entrera en vigueur à la date à laquelle le Contrat est signé par les deux
Parties ou toute autre date ultérieure indiquée dans les CP. Cette date est la date d’entrée en
vigueur.

Le Délégataire dispose de trente (30) jours pour démarrer l’exploitation, période durant laquelle
il devra :
- Participer à la réception provisoire des Infrastructures ou participer à la visite d’état
des lieux pour attester de la conformité des Infrastructures aux plans et descriptifs ;
- Recruter les personnels nécessaires à l’exploitation, l’entretien courant et le
recouvrement ;
- Constituer les stocks nécessaires à l’exploitation ;
- Louer ou construire les bureaux nécessaires à son activité.

Cette période de trente (30) jours pourra être prolongée par l’Autorité Délégante en cas de
retard dans l’achèvement des travaux identifiés lors de la réception provisoire.

2.2 Commence-ment des Prestations


Le Délégataire commencera l’exécution des Prestations dans le délai (nombre de jours) suivant
la date d’entrée en vigueur du Marché et à la date indiquée dans les CP.

2.3 Achèvement du Marché


A moins qu’il n’ait été résilié auparavant conformément aux dispositions de la Clause 2.6 ci-
après, le présent Marché prendra fin à l’issue de la période et à la date suivant la Date d’entrée
en vigueur indiquées dans les CP.

2.4 Avenant
Aucun avenant aux termes et conditions du présent Marché, y compris les modifications
portées au volume des Prestations, ne pourra être effectué sans accord écrit entre les Parties
et sans avoir été approuvé par l’autorité compétente. Toutefois, chaque Partie prendra dûment
en considération les propositions de modification présentées par l’autre partie.

Des avenants au présent Contrat pourront être passés, pour les raisons et dans les conditions
suivantes :

• Intégration des extensions dans le patrimoine des systèmes, objet du présent Contrat,
à condition que leur réalisation ait fait l’objet d’un accord préalable entre les parties à
l’issue d’études techniques et économiques attestant de leur faisabilité ;
• Extension du périmètre du Contrat par la prise en compte d’autres Infrastructures de
sites voisins, à condition que le Délégataire ait strictement respecté les conditions

184
de mise en oeuvre du présent Contrat ;
• Réduction du périmètre du Contrat par retrait d’un système à condition que des
dispositions aient été prises par l’Autorité Délégante au préalable pour assurer la
continuité du service de l’eau dans le site concerné ;
• Modifications des conditions de tarification du service de l’eau ou pour toute raison
précisée dans les CP.

2.5 Force Majeure

2.5.1. Définition
Aux fins du présent Marché, force majeure signifie tout événement hors du contrôle
d’une Partie et qui rend impossible l’exécution par cette Partie de ses obligations, ou
qui rend cette exécution si difficile qu’elle peut être tenue pour impossible dans de
telles circonstances.

2.5.2. Non rupture de Marché


Le manquement de l’une des Parties à l’une de ses obligations contractuelles
ne constitue pas une rupture de Marché, ou un manquement à ses obligations
contractuelles, si un tel manquement résulte d’un cas de force majeure, dans la
mesure où la Partie placée dans une telle situation :

a) a pris toutes les précautions et mesures raisonnables, pour lui permettre de remplir
les termes et conditions du présent Marché ; et
b) a averti l’autre Partie de cet événement dans les plus brefs délais.

2.5.3 Prolonga-tion des délais


Tout délai accordé à une Partie pour l’exécution de ses obligations contractuelles sera
prorogé d’une durée égale à la période pendant laquelle cette Partie aura été mise
dans l’incapacité d’exécuter ses obligations par suite d’un cas de force majeure.

2.6 Résiliation
Après échec d’une tentative de conciliation par l’autorité chargée de la régulation du secteur,
chacune des parties peut demander la résiliation du Contrat par lettre avec accusé de réception,
avec copie au service déconcentré du Ministère chargé de l’Hydraulique, en respectant un
délai de trois (3) mois ou tout autre délai indiqué dans les CCAP, en indiquant le motif de la
résiliation. Celle-ci ne sera valable que si elle s’appuie sur l’une des causes énumérées ci-
dessous considérées comme motifs légitimes. Toute autre cause pourra être considérée
comme abusive et donner lieu à indemnisation.

2.6.1. Par l’Autorité contractante


L’Autorité contractante peut résilier le Marché dans les cas visés aux alinéas (a) à (h)
ci-après. L’Autorité contractante remettra une notification écrite d’un délai minimum
de trente (30) jours au Consultant

185
(a) Cession du présent Contrat à un tiers sans l’autorisation de l’Autorité Délégante ;
(b) Interruption prolongée de la fourniture d’eau par le Délégataire ;
(c) Défaut ou insuffisance grave de l’entretien des installations dûment constaté ;
(d) Non-respect répété et dûment constaté des tarifs par les fontainiers ;
(e) Retard du Délégataire de plus de trois (3) mois pour le versement des sommes
collectées pour le compte de l’Autorité Délégante ;
(f) Refus par le Délégataire d’une révision de la Part Délégataire préparée conformément
aux dispositions prévues par le présent Contrat ;
(g) Défaut de production des comptes annuels ou rejet des comptes pour fraudes ou
anomalies graves ou manquement grave aux dispositions du Contrat ;
(h) Déclaration de faillite ou de liquidation judiciaire du Délégataire.

2.6.2. Par le Délégataire


Le Délégataire peut résilier le présent Marché par notification écrite effectuée dans
un délai qui ne saurait être inférieur à trente (30) jours suivant l’apparition de l’un des
événements décrits aux alinéas (a) ou (c) ci-après :

a) Refus d’une révision de la Part Délégataire par l’Autorité Délégante préparée


conformément aux dispositions prévues par le présent Contrat ;
b) Refus de l’Autorité Délégante de procéder aux renouvellements des installations ;
c) Incapacité de l’Autorité Délégante à résoudre une situation conflictuelle au niveau
d’un système, objet du présent Contrat, se traduisant par une baisse de plus de 30%
des recettes du service de l’eau générées par ce système ou mettant en danger la
sécurité des équipements ou du personnel de l’exploitant, Dans ce cas, le délai de
résiliation de trois (3) mois est ramené à un (1) mois après que l’Autorité Délégante en
ait été dûment informée.

2.6.3. Disposition spéciale


La fonction de délégataire étant incompatible avec toutes autres fonctions dans une
autre structure, acteur du service public de l’eau (représentation des usagers assurée
par les Associations des Usagers de l’Eau) et toutes fonctions électives (territoriales
et nationales), l’accession du Délégataire à ces fonctions et/ou mandat dans le
périmètre du Contrat entraîne la résiliation du Contrat de délégation.

3. OBLIGATIONS DU DÉLÉGATAIRE

3.1 Dispositions Générales

3.1.1. Rôle du Délégataire


Le Délégataire a pour rôle d’assurer à ses risques et périls, sous sa responsabilité,
toutes les fonctions de l’exploitation des systèmes, objet du présent Contrat, à la
satisfaction des consommateurs. Ses tâches de gestion intègrent tous les aspects
de la gestion de l’exploitation : techniques, commerciaux, administratifs, financiers et

186
juridiques.
Les travaux, réparations et prestations (hors entretien courant) sont, selon leur
nature, à la charge de l’Autorité Délégante ou du Délégataire selon les dispositions
décrites dans l’Annexe 7.

3.2 Exploitation technique des systèmes

3.2.1. Entretien du forage


Les travaux d’Entretien du forage (soufflage pour le désensablement, vérification
de l’état des crépines et du tubage) sont pris en charge par l’Autorité Délégante. Sur
présentation d’éléments justifiant une intervention sur le forage (baisse de débit
constaté, présence de sable dans le réseau de distribution), le Délégataire est en
mesure de demander à l’Autorité Délégante une intervention pour analyser la situation.
Pendant le temps d’analyse ainsi que pendant le temps d’éventuelles interventions
au niveau du forage, le Délégataire est déchargé de toute responsabilité en ce qui
concerne la discontinuité du service ou l’insuffisance du volume d’eau distribuée.

3.2.2. Maintenance de l’Infrastructure autre que le forage


Le Délégataire a la charge d’exploiter les installations et d’en assurer la maintenance,
en respectant les normes définies dans les notices des fabricants (en particulier, la
fréquence des entretiens et la conformité des lubrifiants et pièces détachées).

La maintenance (entretien, réparations et nettoyage annuel ou biannuel des châteaux


d’eau) est de la responsabilité du Délégataire durant tout son Contrat.
Il doit prendre toutes les mesures nécessaires pour disposer en temps utile des
stocks de carburant, lubrifiants, pièces détachées diverses (filtres, pièces d’usure,
robinetterie, compteur, éléments de conduite, etc) afin d’assurer la continuité du
service.
Les travaux d’entretien et de réparation sont effectués par les agents du Délégataire
ou désignés par lui, disposant de toutes les compétences nécessaires et placés sous
sa responsabilité.

3.2.3. Panne et délai de réparation


En cas de panne constatée, le Délégataire interviendra sur le site dans un délai
maximum de 48 heures et réparera la panne dans les règles de l’art dans un délai
maximum d’une (1) semaine.

Pour des interventions nécessitant un délai de réalisation non garanti au-delà d’une
(1) semaine d’interruption de la distribution d’eau, le Délégataire fera son affaire
d’assurer la continuité du service en concertation avec l’Autorité Délégante et le
service déconcentré du Ministère chargé de l’Hydraulique, par exemple en fournissant
un groupe électrogène ou une pompe de secours jusqu’à la réparation de l’élément en
panne

187
3.2.4. Protection des installations
Le Délégataire doit assurer la protection des installations contre les déprédations et
les vols.

- Distribution de l’eau

Tous les points de distribution d’eau devront être équipés de compteurs en état de marche.
Le Délégataire assure la distribution de l’eau aux bornes fontaines (BF) et branchements au
prix fixé au présent Contrat.

Ces fontainiers assureront le nettoyage des abords du point d’eau et des robinets. Ils auront
autorité et responsabilité d’interdire toute activité (vaisselle, lessive, abreuvement des
animaux, lavage de véhicules) dans un rayon de 15 mètres autour du point d’eau.

Les bornes fontaines doivent être ouvertes tous les jours conformément au règlement d’usage.
Le personnel du Délégataire procédera au relevé des compteurs des branchements au minimum
une fois par mois, et établira une facture en conséquence.

Il est seul responsable de l’encaissement des sommes facturées, et pourra suspendre la


livraison d’eau en cas de non-paiement conformément au règlement d’usage.

- Bonnes relations du Délégataire avec les usagers

Afin d’assurer un service de proximité auprès des usagers des systèmes, le Délégataire doit
respecter certaines consignes et obligations. Notamment, le Délégataire doit :

a. Ouvrir un local accessible au public, dans le centre du village (marché), avec des heures
d’ouverture « raisonnables » (minimum 8 heures par jour). Les conditions d’accès au
service public (coût de connexion, tarifs de vente de l’eau, règlement d’usage) doivent
impérativement être affichées bien en vue dans ce local ouvert par le Délégataire,
éventuellement traduites en langue locale ;
b. Recueillir les réclamations (orales et écrites) des usagers par rapport à la qualité du
service fourni (dans un registre tenu à cet effet) et est tenu d’y répondre dans un délai
d’une semaine, si la demande est fondée ;
c. Procéder à des campagnes de sensibilisation pour la consommation d’eau potable et
des pratiques saines d’hygiène et d’assainissement ;
d. dPromouvoir le paiement régulier du service public de l’eau.

- Obligations du Délégataire en matière de tenue des documents

Le Délégataire tiendra quotidiennement à jour les informations suivantes pour chaque site
dont l’exploitation lui est confiée. Toutefois, le détail des ventes d’eau aux branchements est
tenu en général mensuellement à jour.

188
3.3 Concernant les points de distribution
a) Le détail de la distribution d’eau par borne - fontaine (relevé du compteur à la
fermeture de la borne-fontaine) ;
b) Les sommes collectées par borne-fontaine ;
c) Le registre des abonnés.

3.4 Concernant l’Entretien


a) Un document de suivi de l’utilisation du système de pompage :
• Relevé du compteur d’eau au forage ;
• Heures de mise en marche et d’arrêt de la pompe ;
• Relevé du compteur horaire du groupe électrogène, le cas échéant ;
• Relevé du compteur électrique, le cas échéant ;
• Consommation de carburant ;
• Relevé du compteur temps de l’armoire de commande ;

b) Un document technique récapitulant les entretiens et les réparations effectuées (sur


le groupe électrogène, la station de pompage, le réservoir, le réseau de distribution et les
points de vente).

3.5 Concernant les dépenses/recettes


a) Un grand livre des dépenses/recettes (date, objet du flux financier, dépenses
réalisées, recettes encaissées, mouvements bancaires) ;
b) Un classeur rassemblant toutes les pièces justificatives des flux financiers
(dépenses journalières, recettes journalières des bornes-fontaines, reçu
d’encaissement des factures des points de distribution, mouvements bancaires,
encaissements des redevances éventuelles…).

3.6 Comptabilité
Le Délégataire tiendra une comptabilité séparée concernant toutes les activités liées à
l’exécution du présent Contrat. Le Délégataire est tenu d’établir et d’adresser les états de
gestion suivants à l’Autorité Délégante, par bordereau d’envoi :
a) Tous les mois, avant le 7 du mois suivant, une fiche de données mensuelles technique
et financière conformément au modèle en Annexe 5 qui présente les résultats
financiers et techniques de la gestion du mois écoulé ;
b) Tous les ans, avant la fin du premier trimestre du nouvel exercice :
• Un rapport annuel d’activités technique et financier sur les résultats de l’exercice
écoulé. Ce document est accompagné du compte d’exploitation présenté
conformément au modèle donné en annexe 6 ;
• Un programme d’activité annuel, comportant notamment son analyse du
fonctionnement du service, les volumes des ventes envisagés, argumenté et
accompagné d’un compte d’exploitation prévisionnel. L’Autorité Délégante dispose
d’un délai d’un (1) mois pour communiquer ses observations.

189
4. OBLIGATIONS DE L’AUTORITÉ DELEGANTE

4.1 Description des Obligations


L’Autorité Délégante, qui a pour mission de satisfaire les besoins en eau potable de la
population, s’engage à :

♦ Apporter son appui au Délégataire dans le règlement de conflits éventuels ;


♦ S’assurer de la constitution de provisions suffisantes pour permettre le renouvellement
des équipements et leur bonne utilisation ;
♦ Renouveler les équipements lorsque nécessaire ;
♦ Décider des choix d’investissement en matière de développement du service public de
l’eau ;
♦ Informer les acteurs et les services de l’Etat des conditions d’exécution du service
public de l’eau ;
♦ Approuver le règlement d’usage et les tarifs ;
♦ Autoriser les branchements dont la demande est formulée auprès de l’ASUREP et du
délégataire conformément au Titre VI.

4.2 Autres Obligations


Dans un délai maximum de deux (2) mois après la remise des Installations, l’Autorité Délégante
approuve le règlement d’usage élaboré par l’ASUREP en collaboration avec le Délégataire.

5. DISPOSITIONS FINANCIÈRES

5.1 Principes généraux


Le Délégataire est responsable du recouvrement des recettes de la vente de l’eau sur la base
des dispositions du présent article.

La distribution de l’eau, quel que soit le type de point de distribution, est payante pour tous les
usagers, et aucun usager, qu’il soit une personne physique ou une personne morale (y compris
l’Etat et ses démembrements), ne peut en être dispensé. Dans tous les cas la facturation se
fera en fonction du volume consommé.
Le tarif de vente de l’eau est défini en Annexe 8.

5.2 Bornes-fontaines
Le Délégataire vend l’eau aux usagers par l’intermédiaire du fontainier.
L’eau est généralement vendue dans un bidon ou un récipient dont la contenance est
généralement de 25 litres. Le règlement d’usage précise le prix de vente par récipient (ramené
par exemple à 25 litres).

Une variation d’au plus 10% du tarif effectif ramené au m3, est tolérée au niveau des bornes-
fontaines en raison de la variabilité du volume des récipients.

190
5.3 Branchements
Le Délégataire est autorisé à demander une caution qui ne peut excéder le montant de la
facturation estimée pour une période de deux mois. Ce montant sera déterminé dans les CCAP

Le compteur sera relevé au minimum tous les mois et le Délégataire établira une facture
conformément aux tarifs définis.
L’abonné s’acquittera de sa facture au plus tard quinze (15) jours après son émission. En cas
de retard supérieur à quinze (15) jours, le Délégataire est en droit de suspendre le branchement
et de prélever la totalité de la caution.

La remise en service d’un branchement qui a été suspendu est conditionnée par le dépôt d’une
nouvelle caution.
En cas de litige sur le compteur, l’abonné peut solliciter un contrôle par l’Autorité Délégante.
Les frais d’intervention de l’Autorité Délégante sont à la charge du Délégataire si le compteur
est défaillant, et de l’abonné dans le cas contraire.

Si le compteur est défaillant, le Délégataire prend en charge son remplacement et les factures
des trois (3) mois précédents peuvent être révisées en conséquence.

5.4 Autres utilisateurs


En fonction des spécificités de chaque système, des tarifs de vente d’eau peuvent être définis
pour les autres catégories d’utilisateurs, à savoir :
- Les points de vente d’eau en gros (potences) ;
- Les opérateurs économiques (commerçants, industries, maraîchers…) ;
- Les instances officielles (écoles, services de l’Etat) ;
- Les utilisateurs pastoraux.

Dans tous les cas la facturation se fera en fonction du volume consommé.

5.5 Décomposition et gestion des sommes collectées par l’exploitation

5.5.1. Principe général


Le Délégataire exploite les installations qui lui sont confiées à ses risques et péril. Il
est rémunéré sur les recettes du service (Part Délégataire de la redevance).
Le Délégataire est tenu de percevoir pour le compte de l’Autorité Délégante auprès
des usagers la Part Maître d’Ouvrage de la redevance s’ajoutant à sa rémunération
propre.
Le Délégataire est entièrement responsable du recouvrement et de la sécurisation de
la totalité des recettes du service.
La Part Délégataire et la Part Maitre d’Ouvrage de la redevance basée sur le volume
vendu (en FC par m3) sont définies en Annexe 8.

191
5.5.2. Part Délégataire
La Part Délégataire (PD), basée sur le volume vendu (en FC/m3) est destinée à
couvrir les frais de gardiennage, d’exploitation et d’entretien de l’infrastructure de
production et de distribution, y compris toutes les charges du Délégataire (salaires,
consommables) stipulées dans le présent Contrat, les dépenses générales (impôts,
taxes) ainsi que sa marge commerciale. Elle inclut également une provision mensuelle
au titre de Garantie de bonne exécution. Ce montant est précisé dans le CCAP

5.5.3. Part Maître d’Ouvrage


La Part Maître d’Ouvrage (hors provision pour renouvellement et extension), basé sur
le volume vendu (en FC/m3), est destinée à couvrir les frais de gestion du Contrat par
l’Autorité Délégante, y compris la rémunération des prestations supplémentaires que
le maitre d’ouvrage jugera nécessaire de contractualiser.

Pour la régie Provinciale de l’eau, un compte spécifique est ouvert dans une banque
commerciale dont les coordonnées bancaires sont précisées dans les CCAP
Le versement de la Part Maître d’Ouvrage est effectué par le Délégataire à la fin de
chaque mois, au plus tard le 10 du mois suivant ou par rapport au calendrier fixé dans
les CCAP.
En cas de retard dans le versement de cette redevance, l’Autorité Délégante exigera
des pénalités plafonnées à un taux d’intérêt précisé dans les CCAP, du montant dû par
mois de retard.

5.5.4. Fonds de Renouvellement et d´Extension


Pour chaque système, un compte spécifique pour les provisions au Renouvellement
et Extension est ouvert dans une banque commerciale dont les coordonnées sont
précisées dans les CCAP.
Une comptabilité séparée par site est tenue par l’Autorité Délégante. Les contributions
initiales des populations bénéficiaires (si applicables) aux réalisations et réhabilitations
sont versées dans ce compte ainsi que la garantie de bonne exécution constituée au
cours du Contrat.

Ces provisions sont destinées à couvrir les dépenses pour :


♦ Le Renouvellement des Infrastructures à charge des usagers (ceux dont la durée de
vie est inférieure ou égale à 20 ans, en particulier les onduleurs, groupes électrogènes,
pompes, réseaux de distribution) ;
♦ Le remplacement des modules photovoltaïques brisés ou volés, dans la limite de 5% de
la valeur totale du générateur (au-delà de cette limite, les remplacements pour cause de
bris ou de vol sont à charge du Délégataire) ;
♦ Les renforcements ou les extensions de l’infrastructure destinés à améliorer le service
et/ou à en étendre l’accès à de nouveaux usagers (construction de nouvelles bornes
fontaines, extension de réseau, mise en place de moyens d’exhaure plus puissants,
etc.) ;
♦ Les frais bancaires assujettis à ce compte.

192
Les règles de gestion des provisions au renouvellement sont les suivantes :
♦ Est basée sur le volume vendu (en FC par m3) dont le montant est précisé en annexe 8 ;
♦ Versement mensuel, au plus tard le 10 du mois suivant le mois considéré par le
Délégataire ;
♦ Les intérêts éventuels produits restent dans le compte ;
♦ En cas de retard dans le versement, l’Autorité Délégante exigera des pénalités plafonnées
à un montant dû par semaine de retard précisé dans les CCAP ;
♦ Le renouvellement s’appuie sur une étude technique réalisée par un prestataire
indépendant ou la structure d’appui conseil s’il en existe et approuvée par les services
déconcentrés du Ministère chargé de l’Hydraulique ;
♦ Les dépenses et décaissements ne pourront être engagés qu’avec la double signature
de l’Autorité Délégante et du représentant des ASUREP de la province ;
♦ Les dépenses pour renforcement ou extension de l’infrastructure ne sont autorisées
qu’à condition que le montant des provisions représente au moins 75% de la valeur
actuelle de renouvellement des Infrastructures existantes ;
♦ Le Fonds ne peut être mobilisé à d’autres fins que le développement du service de l’eau.

5.6 Révision de la redevance

5.6.1. Principes
La Part Délégataire et la Part Maître d’Ouvrage peuvent être révisées à tout moment
selon les dispositions prévues au présent article après accord des deux parties,
notifié dans un avenant au présent Contrat.
La part Délégataire est indexée périodiquement suivant les clauses décrites dans le
présent article.
Toute modification de la redevance doit être répercutée sur les tarifs de vente de
l’eau, à partir du mois suivant la date de son approbation.

5.6.2. Révision de la part Maître d’Ouvrage

5.6.3. Révision de la provision pour le renouvellement et les extensions en prévision de


dépenses supplémentaires
L’Autorité Délégante notifie au Délégataire le montant de la part Maître d’Ouvrage au
moins un mois avant la période de consommation. En l’absence de cette notification,
le montant fixé pour la période précédente est reconduit.
La provision pour le Fonds de Renouvellement et d’Extension pourra être actualisé, sur
demande de l’Autorité Délégante ou du Délégataire pour :
- Se prémunir contre le vieillissement imprévu des installations ;
- Suivre l’augmentation du coût des équipements (inflation) ;
- Répondre aux besoins d’extensions du réseau (y compris si une pompe plus
puissante doit être installée).

L’Autorité Délégante notifie au Délégataire le montant de la part Maître d’Ouvrage au


moins un mois avant la période de consommation. En l’absence de cette notification,

193
le montant fixé pour la période précédente est reconduit.

Chacune des parties peut demander le réexamen de la Part Délégataire dans les cas
suivants :
- En cas de variation de plus ou moins 20% des volumes vendus par rapport au
volume de référence ;
- En cas de variation de plus ou moins 20% du nombre d’abonnés par rapport au
nombre de référence ;
- En cas de modification substantielle des Infrastructures ;
- En cas de modification significative des conditions d’exploitations par des
circonstances indépendantes Délégataire ;
- En cas de révision du périmètre d’affermage.

5.6.4. Révision de la Part Délégataire


L’Autorité Délégante et le Délégataire ne pourront refuser une diminution ou une
augmentation de la Part Délégataire que sur la base d’une critique argumentée,
validée par le service déconcentré du Ministère chargé de l’Hydraulique. En cas de
refus d’une des parties, l’autre partie pourra procéder à la résiliation du Contrat selon
les dispositions prévues à cet effet.

5.6.5. Modalité d’indexation de la Part Délégataire


La Part Délégataire est indexée une fois par an au 1er Janvier. Elle est ajustée par
l’application d’un coefficient d’indexation calculé suivant la formule suivante :

Pour les installations branchées sur le réseau électrique :


In = 0,7 + 0,3 * (En/E1)
Avec E1, En : Prix de vente de l’énergie électrique (FC/kWh), respectivement pour
l’année 1 et l’année considérée.
Pour les installations équipées de groupes électrogènes
IGn = 0,4 + 0,6 *(Gn/G1)
Avec G1, Gn : prix de vente du gasoil par litre payé (FC/litre), respectivement pour
l’année 1 et l’année considérée.

La Part Délégataire pour l’année considérée est calculé suivant la formule suivante :

PDn = In * PD1

Avec : PD1, PDn Part Délégataire (FC/m3), respectivement pour l’année 1 et l’année
considérée.

Nota : Les formules ci-dessus sont données à titre indicatif. Le calcul du coefficient
qui détermine la part du compte d’exploitation sur laquelle l’indexation est appliquée

194
sera précisé dans les CCCAP au cas par cas . Pour les systèmes solaires, l’indexation
automatique annuelle pourra se faire par exemple sur la base d’un indice reflétant le
coût de la main d’oeuvre.

6. RÉGIME DES BRANCHEMENTS

6.1 Demande de branchement


Toute personne physique ou morale peut demander un branchement. La demande est formulée
auprès de l’AUE qui transmettra la demande à l’Autorité Délégante.

L’autorisation est accordée, par l’Autorité Délégante, après avis du service déconcentré du
Ministère chargé de l’Hydraulique.
L’Autorité Délégante charge le Délégataire, qui, selon les articles ci-après, a la responsabilité
du fonctionnement du réseau :
• De s’assurer, par une étude de faisabilité, que ces travaux n’entraîneront pas une
dégradation des conditions de fourniture d’eau aux points de desserte existants ;
• De faire un devis des travaux à réaliser ;
• De réaliser les travaux.

6.2 Propriété des installations


L’Autorité Délégante est propriétaire de l’extension de réseau nécessaire pour réaliser le
branchement, jusqu’au compteur compris.
En particulier, il s’agit des équipements suivants :
• La canalisation en petit diamètre (32 ou 25 mm) raccordée au réseau secondaire ;
• La vanne d’arrêt ;
• Le compteur ;
• La trappe de visite.

Ces équipements seront de préférence installés le plus près possible de l’usager sur le domaine
public afin de faciliter leur accès par le personnel de l’exploitation (releveur, plombier, etc.).
L’usager est propriétaire de tous les équipements situés après le compteur.

6.3 Financement du branchement


L’ensemble des coûts des travaux et fournitures nécessaires à la réalisation du branchement
est à la charge du demandeur

195
7. SUIVI, CONTRÔLE ET FIN DE CONTRAT

7.1 Par l’Autorité Contractante


La régie provinciale de l’eau dispose d’un droit de contrôle permanent sur l’exécution technique
et financière du présent Contrat, ainsi que sur la qualité du service rendu aux usagers.

Le Délégataire doit permettre l’accès aux personnels de l’Autorité Délégante, ou de toute autre
personne mandatée par elle, à tout moment, à tout document technique et financier relatif aux
activités liées à l’exécution du présent Contrat.

En cas de litige entre les parties suite à une défaillance du suivi technique et financier, l’Autorité
Délégante fera appel à sa charge à une structure agrée pour procéder à un audit,
En cas de résiliation anticipée du présent Contrat, les comptes du dernier exercice feront
l’objet d’une vérification conduite par une structure agréée par le maître d’ouvrage.

7.2 Fin du contrat


Le Contrat prend fin dans les cas suivants :
- Echéance du Contrat ;
- Résiliation du Contrat par l’Autorité Délégante ;
Résiliation du Contrat par le Délégataire

7.3 Remise des bens


A l’expiration du Contrat pour quelque raison que ce soit, le Délégataire est tenu de remettre en
bon état de fonctionnement, à l’Autorité Délégante les Infrastructures qui lui ont été confiées,
y compris les extensions de réseau et matériels de pompage acquis au cours de l’exploitation
en mobilisant les provisions pour Renouvellement et Extension. L’ensemble des équipements
et du matériel devra être en état de bon fonctionnement et avoir reçu un bon entretien.

Un (1) an avant la fin du Contrat, l’Autorité Délégante procède à un état des lieux Après
l’achèvement des travaux et au plus tard un (1) mois avant la date de fin du Contrat, une
seconde visite contradictoire est effectuée.

Si la réception des travaux est acceptée, il lui est remis une attestation de bonne exécution,
visée par le service déconcentré du Ministère chargé de l’Hydraulique.
Dans le cas contraire, le reliquat éventuel du Fonds de garantie de bonne exécution est saisi
par l’Autorité Délégante

7.4 Remise des documents


Un (1) an avant la fin de Contrat, le Délégataire doit fournir un dossier, sur support papier et
support informatique comprenant :
- Le fichier des usagers disposant de branchements (privés et particuliers) ;
- Le récapitulatif des cautions branchements ;
- Les plans et descriptifs techniques des ouvrages ;
- Les documents d’exploitation et de maintenance.
Un (1) mois avant la fin de Contrat, le Délégataire fournit le dossier ci-dessus mis à jour.

196
III. Conditions particulières du Marché

(Les Clauses entre crochets [ ] sont facultatives ; toutes les notes doivent être éliminées
du texte final)

Numéro de la Modifications et Compléments Apportés aux Clauses des Dispositions


Clause CG générales du Marché
Les adresses sont les suivantes :

L’Autorité contractante :
A l’attention de: ..............................................................................................
Télécopie: .......................................................................................................
1.4 Courriel (e-mail): ............................................................................................

Délégataire:
A l’attention de: ..............................................................................................
Télécopie: .......................................................................................................
Courriel (e-mail): ............................................................................................
{Le Membre responsable est [insérer le nom]}
Note : Si le Délégataire est constitué par une co-entreprise/consortium/
1.6 association de plus d’une entité juridique, le nom de l’entité dont l’adresse figure
à la Clause CP 1.6 doit être inséré ici. Si le Délégataire est constitué par une seule
entité, la présente Clause 1.8 doit être supprimée.
Les Représentants habilités sont : ..................................................................
Pour l’Autorité contractante : .........................................................................
1.7 Pour le Délégataire: ........................................................................................
[Lorsque le Marché sera exempté de certains impôts, droits ou taxes, il conviendra
1.8 de l’indiquer précisément ici, sinon ne pas modifier les CG]
Le taux des frais de régulation est de 0,7 % du montant hors taxes du marché .

2.1 {La date d’entrée en vigueur du Marché est [date].}

(Le délai pour commencement des Prestations est [nombre de jours] après la date
2.2 de mise en vigueur).
La date de commencement des prestations est [insérer la date]
2.3 La période considérée sera de [durée à préciser, par ex. douze mois] ; la date .
est [insérer la date d’achèvement des prestations]
2.6 Le délai requis est de [durée à préciser, par ex. six mois]

5.3 Le montant de la caution est de [insérer le montant].

5.5.2 Le montant de la Part Délégataire (PD) est de [insérer le montant].


Le montant de la Part Maitre d’Ouvrage est de [insérer le montant].
Le compte bancaire est :
5.5.3 [Insérer le numéro de compte]
Les paiements seront effectués sur la base du calendrier ci-après :
[Insérer le calendrier convenu]
Le taux des pénalités est [entre 2et 5 %].

197
Le compte bancaire est : ..........................................................................
5.5.4 Le taux des pénalités est [entre 2et 5 %].
Le coefficient d’indexation est calculé par la formule suivante :
5.6.5
[Insérer la formule]

1. SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES (CAHIER DES CHARGES


EXIGENCES DU MAITRE D’OUVRAGE)

2. PROCÈS VERBAL DES NÉGOCIATIONS

3. ANNEXES

Annexe 1
Visa des Associations des Usagers du Services Publics de l’Eau (AUSPE) concernées par
le Contrat, attestant qu’elles sont informées des conditions dans lesquelles le Délégataire
mettra en oeuvre le service de l’eau dans leurs villages.

Les représentants des Associations d’Usagers du Service Public de l’Eau ci-dessous attestent
avoir pris connaissance des conditions de mise en oeuvre du service de l’eau telles qu’elles
sont définies dans le Contrat de délégation de gestion liant la REPROSE-KOR du Kassaï oriental
à la société ……………………………… et s’engagent à en faciliter l’exécution :

……………………………….
Représentant de l’ASUREP des sites de …………………….
Fait à …………………… le ……………………

……………………………….
Représentant de l’ASUREP de ……………………
Fait à …………………… le ……………………

……………………………….
Représentant de l’ASUREP de ……………………
Fait à …………………… le ……………………

……………………………….
Représentant de l’ASUREP de ……………………
Fait à …………………… le ……………………

Annexe 2
Plan du réseau indiquant l’étendue du réseau au moment de sa mise en gestion déléguée
et comportant le plus de détails possibles : emplacement des points remarquables, des
branchements et des bornes fontaines, caractéristiques (du) des forages et des autres
installations (château d’eau et système d’exhaure…), etc.

198
Annexe 3
Procès-verbal d’inventaire des équipements existants attestant de leur conformité avec les
spécifications techniques et de leur bon fonctionnement établi de manière contradictoire
entre l’Autorité Délégante, les services techniques de l’Etat et le Délégataire.

Annexe 4
Modèles de rapport mensuel d’activités technique et financière et de rapport annuel d’activités
technique et financière.
Nota : A convenir avec l’Autorité Délégante

Annexe 5
Compte d’exploitation annuel

Annexe 6:
Répartition des catégories de travaux, réparations et prestations
(hors entretien courant)

NATURE DES TRAVAUX, RÉPARATIONS ET PRESTATIONS


(hors entretien courant) LA CHARGE DE*
- Mise en conformité aux règles de sécurité et réglementation Commune
RÉSEAU DE REFOULEMENT ET DE DISTRIBUTION
(hors bornes fontaines et branchements) ET ACCESSOIRES
- Recherche et élimination des fuites Délégataire
- Actions de vidange des réseaux Délégataire
- Déplacement Autorité Délégante
- Renforcement Autorité Délégante
- Renouvellement de canalisations inférieur à 12 ml Délégataire
- Renouvellement au delà de 12 ml, y compris accessoires Autorité Délégante
- Extensions Autorité Délégante
- Renouvellement accessoires hydrauliques (vannes, ventouses, vidanges, etc.) Délégataire
BORNES FONTAINES, BRANCHEMENTS ET ACCESSOIRES
- Mise en place de compteurs aux bornes fontaines et abreuvoirs Autorité Délégante
- Réalisation des branchements (particuliers et privés) Demandeur
- Recherche et élimination des fuites Délégataire
- Renouvellement de canalisations inférieur à 12 ml Délégataire
- Renouvellement compteur et équipements annexes des branchements Délégataire
(vanne d’arrêt, trappe de visite)
- Renouvellement compteur et équipements annexes des bornes fontaines (vanne Délégataire
d’arrêt, trappe de visite)
EXHAURE, POMPAGE ET TRAITEMENT
Ouvrages de captage

199
- SoufÒage pour le désensablement, Autorité Délégante
- Vérification de l’état des crépines et des colonnes d’exhaure Autorité Délégante
- Nettoyage des crépines Autorité Délégante
- Re chemisage Autorité Délégante
- Renouvellement Sonde de niveau forage Délégataire
Électro pompes
- Renouvellement Autorité Délégante
Groupe électrogène
- Renouvellement Autorité Délégante
Onduleur
- Renouvellement Autorité Délégante
Modules photovoltaïques
- Renouvellement Autorité Délégante
- Bris ou vol (au delà de 5% de la valeur total du générateur) Délégataire
Équipements de traitement
- Renouvellement Autorité Délégante
Accessoires tête de forage (clapet, ventouse, compteur, vanne, etc)
y compris plomberie château d’eau (robinets vannes, etc)
- Renouvellement Délégataire
Installations électriques
- Renouvellement armoire de commande Autorité Délégante
GÉNIE CIVIL ET BÂTIMENTS
Ouvrages en béton ou en maçonnerie
- Renouvellement Autorité Délégante
- Réparations localisées de fissures, d’étanchéité, d’enduit, de peinture, … Délégataire
- Réparation d’éclats de béton et de défaut de peinture Délégataire
- Étanchéité des cuves de réservoirs Autorité Délégante
- Peinture intérieure et extérieure Délégataire
- Nettoyage des cuves de réservoirs Délégataire
Ouvrages métalliques, serrurerie, menuiserie et vitrerie
- Renouvellement (hors cuve métalliques) Délégataire
- Renouvellement (cuves métalliques) Commune
- Protection anti-corrosion et peintures Délégataire
- Mobilier : renouvellement Délégataire
- Nettoyage des cuves de réservoirs Délégataire
Toiture, couverture, zinguerie
- Réparations localisées Délégataire
- Renouvellement Autorité Délégante
AMÉNAGEMENTS EXTÉRIEURS
Clôtures et portails

200
- Peintures des portails Délégataire
- Entretien et remplacement ponctuel (inférieur à 6 mètres) des clôtures Délégataire
- Renouvellement des clôtures et portails Autorité Délégante
Voies de circulation interne
- Réfection générale Autorité Délégante
- Réfection ponctuelle Délégataire
Remarque : La province prend en charge les travaux de renouvellement et d’extension avec l’appui de l’Etat selon
la stratégie de financement du secteur et les principes de recouvrement des coûts par les tarifs.

Annexe 7:
Tarifs de l’eau : montant de la redevance

A. Éléments de calcul pour la détermination des provisions pour


renouvellement et extension par site

Volume Provisions annuelles


AEP vendu° m3/ Valeur des
(Village) infrastructures Amort. Bris/ Extensions Autres Total
an (1) vols (2) (3) (4)
FC
............. ................... .......................... ............... .............. ................. ............. ........
............. ................... .......................... ............... .............. ................. ............. ........
............. ................... .......................... ............... .............. ................. ............. ........
............. ................... .......................... ............... .............. ................. ............. ........
............. ................... .......................... ............... .............. ................. ............. ........
............. ................... .......................... ............... .............. ................. ............. ........
Ensemble ................... .......................... ............... .............. ................. ............. ........
lot

(1) estimé sur la base de la valeur totale actuelle des infrastructures en fonction de la durée
d’amortissement
(2) uniquement dans le cas d’une pompe solaire, maximum 5% de la valeur du générateur
photovoltaïque
(3) base initiale : 10% de la valeur des amortissements annuels
(4) 2% du total provisionné

B. Redevance pour service rendu

Remarque : A présenter éventuellement pour chaque site.

201
A la borne fontaine,
branchements particuliers Aux branchements privés
et abreuvoirs :
FC/m 3 FC/m3*
1. Part Délégataire (PD)

Dont fonds de garantie


2. Part Maître d’Ouvrage (PMO)
Dont quote-part FRE ......................................
Dont quote-part fraîche de gestion de la
Commune .......................................
Total :

*Le montant total de la redevance aux branchements privés est d’au moins 10% supérieur à celui-applicable
à la borne fontaine, aux abreuvoirs et branchements particuliers.

Assiette de facturation/Volume vendu attendu : …………… m3/an

Annexe 8:
Modèle de règlement d’usage

Sur proposition de l’association des usagers du service public de l’eau, le maire de la


commune de………………………arrête les procédures d’usage du service public de l’eau
dans le village de : ……………………

Article 1 : Principe
Le traitement équitable des usagers pour le même niveau de service est le principe de base du
service public de l’eau.

Article 2 : Ouverture et fermeture des bornes fontaines


Les bornes fontaines sont ouvertes à …heures et sont fermées à …heures.

Article 3 : Tarifs applicables, paiement du service et règlement des litiges


Les tarifs du service public de l’eau conformément à l’Annexe 8 de contrat sont :

Branchement Branche-
particulier ment privé Abreuvoir BF PMH
……...................… ……… ………
FC/m3 Récipient de 20 litres FC FC
……......… ……......…
FC/m3 FC/m3 ……… ………
Récipient de 30 litres FC FC

……… ………
Récipient de 50 litres FC FC

202
Le paiement du service est obligatoire pour tous les usagers.
Les abonnés s’acquittent de leur facture au plus tard 15 jours après son émission.

En cas de retard supérieur à 15 jours, le Délégataire est en droit de suspendre le branchement


et de prélever la totalité de la caution.

Article 4 : Périmètre de protection


Le périmètre de protection des équipements comprend :
• 15 mètres à la ronde de chaque borne fontaine et de la station de pompage ;
• 5 mètres de part et d’autre le long des canalisations et du réseau de câbles électriques.

Il est interdit d’entreprendre toute activité (culture, construction, creusage de trou, etc.) dans
le périmètre de protection pouvant porter atteinte à l’intégrité des équipements.

Article 5 : Règles d’hygiène


Le personnel du délégataire est chargé du nettoyage régulier des équipements (borne fontaine,
station de pompage, abri groupe, etc.).

Il est interdit de faire la lessive, vaisselle, lavage des engins à la borne fontaine ; une aire située
en dehors du périmètre de protection sera désignée et aménagée pour ces activités.

Tout contrevenant à ces dispositions s’expose à des sanctions.

Article 6 : Suivi du règlement d’usage


L’association des usagers du service public de l’eau en collaboration avec le délégataire est
chargée de la diffusion et du suivi de l’application du présent règlement d’usage.

..............…………., le………………

203
11. MODÈLE DE CONTRAT DE
GÉRANCE DU SERVICE PUBLIC

Table des matières

Article 1: Objet .......................................................................................................... 205


Article 2: Durée .......................................................................................................... 205
Article 3: Description des équipements ........................................................................ 205
Article 4: Périmètre du service ................................................................................... 205
Article 5: Obligations de service ................................................................................... 205
Article 6: Sous-traitance .............................................................................................. 206
Article 7: Règlement d’usage ................................................................................... 206
Article 8: Continuité du service ................................................................................... 206
Article 9: Entretien du matériel et des installations ............................................................ 206
Article 10: Renouvellement .............................................................................................. 206
Article 11: Travaux d’extension ................................................................................... 206
Article 12: Personnel ........................................................................................................ 207
Article 13: Rémunération du Gérant ...................................................................... 207
Article 14: Compte rendu annuel ................................................................................ 207
Article 15: Contrôle ........................................................................................................ 207
Article 16: Responsabilité du Gérant ....................................................................... 207
Article 17: Cautionnement ............................................................................................. 208
Article 18: Mise en régie provisoire .................................................................................. 208
Article 19: Sanction pécuniaire ................................................................................. 208
Article 20: Sanction résolutoire ................................................................................... 208
Article 21: Règlement des litiges .................................................................................. 208
Article 22: Continuité du service en fin de contrat ............................................................ 209
Article 23: Intuitu personnae .............................................................................................. 209
Article 24: Résiliation pour motif d’intérêt général ............................................................ 209
Article 25: Fin d’exploitation ............................................................................................. 209

204
Entre :

La province de….. , représentée par la régie provinciale du service public de l’eau potable de…..,
, autorisé par délibération du gouvernement provincial n°..... du
......, devenue exécutoire le ........., ci-après dénommée « la Régie Provinciale du Service Public de
l’Eau de….. »;

Et

La Société ...................., au capital social de ..............FC, siège social ................., immatriculée au


registre du commerce à ...................... sous le numéro........................, représentée par M. .................. ;

Ou M. ......................,titulaire de la carte d’identité nationale n° ............... ; Ci-après dénommé


« le Gérant »

Article 1: Objet
Le présent contrat a pour objet la gestion du service public de l’eau de ……..

Article 2: Durée
Le présent contrat est conclu pour une durée de 1 an à compter du .... .

Il ne peut pas être reconduit tacitement.

I – Mise à disposition

Article 3: Description des équipements


Le Gérant utilisera l’ensemble du matériel et des installations d’exploitation mis à sa
disposition par la Régie provinciale et dont la liste est en annexe 1.

Un inventaire du matériel et des installations est établi contradictoirement au plus tard 10


jours calendaires après la signature du présent contrat.

Article 4: Périmètre du service


Le Gérant assure l’exploitation du service dans le site XXXXX dont le plan est annexé au
présent contrat.

II – Conditions d’exploitation

Article 5: Obligations de service


Le Gérant s’engage à assurer le bon fonctionnement et la continuité du service qui lui est
confié.

205
Les prestations à assurer sont en annexe 2.

Article 6: Sous-traitance
Le Gérant est tenu d’assurer personnellement l’exécution de la mission qui lui est confiée.

Il ne peut sous-traiter tout ou partie des tâches qui lui incombent.

Article 7: Règlement d’usage


Le règlement d’usage du service public de l’eau est préparé par le Gérant en collaboration
avec la structure de représentation des usagers et approuvé par la province.

Le Gérant doit afficher de manière visible le règlement d’usage.

Article 8: Continuité du service


Le Gérant est tenu d’assurer la continuité du service.

Toute interruption du service doit être immédiatement signifiée à la régie provinciale du service
public de l’eau.

III – Entretien et travaux

Article 9: Entretien du matériel et des installations


Le Gérant est responsable de l’entretien courant du matériel et des installations.

En cas de défaillance constatée, et après une mise en demeure restée infructueuse dans un
délai de 10 jours, la régie provinciale du service public de l’eau peut faire procéder à l’exécution
des travaux aux frais et charge du Gérant.

Article 10: Renouvellement


Le renouvellement du matériel et des installations d’exploitation est à la charge de la
province.

Le Gérant devra informer sans délai la régie provinciale des travaux de renouvellement à
effectuer.

Article 11: Travaux d’extension


La province est maître d’ouvrage de tous les travaux entraînant un accroissement du
patrimoine du service confié au Gérant.

Le Gérant dispose d’un droit de contrôle sur tous les travaux. Le Gérant a le droit de suivre
l’exécution des travaux. Le Gérant est invité à assister aux réceptions et est autorisé à
présenter ses observations qui seront inscrites au procès-verbal.

Le Gérant ne pourra à aucun moment invoquer les éventuels dysfonctionnements provoqués


par l’exécution des travaux pour se soustraire aux obligations du présent contrat.

206
IV – Régime du personnel

Article 12: Personnel


Le Gérant recrute et affecte au fonctionnement du service un personnel en nombre et
qualification suffisante pour remplir sa mission.

Ce personnel sera sous statut de droit privé.

V – Conditions financières

Article 13: Rémunération du Gérant


La régie provinciale verse au Gérant une rémunération forfaitaire fixée à .............. FC par mois.

La rémunération du Gérant couvre les charges d’exploitation du service et sa rémunération


propre. Les sommes dues au Gérant sont versées mensuellement.
La régie provinciale procède au mandatement dans un délai maximum de 5 jours à compter de
la réception à la mairie de la facture émise par le Gérant.

VI – Comptabilité

Article 14: Compte rendu annuel


Le Gérant doit indiquer pour l’année écoulée :

• L’évolution du nombre d’usagers ;


• Le montant des dépenses payées classées par nature ;
• L’évolution de l’état des matériels et installations utilisées ;
• Les modifications de l’organisation du service.

Le Gérant produit le compte rendu annuel dans un délai de 1 mois à compter de la clôture de
l’exercice.

Article 15: Contrôle


La Régie provinciale a le droit de contrôler les renseignements donnés par le Gérant dans le
compte rendu annuel.

VII – Responsabilités et garanties

Article 16: Responsabilité du Gérant


Le Gérant est responsable du bon fonctionnement du service.

207
Le Gérant est seul responsable vis à vis des tiers de tous les accidents, dégâts et dommages
occasionnés par l’exécution du service.
Le Gérant conclu les assurances qui couvriront les différents risques.

Article 17: Cautionnement


Dans un délai de 10 jour calendaire après la signature du présent contrat, le Gérant constituera
une caution d’un montant de ............. FC auprès du Receveur provincial.

Cette somme formera le cautionnement des matériels et installations remis par la province.
Toutes les fois qu’une somme quelconque sera prélevée sur le cautionnement, le Gérant devra
la compléter dans un délai de 10 jour calendaire.

Ce cautionnement sera remboursé de plein droit 10 jours après l’expiration du présent contrat
après imputation des sommes éventuellement dues à la province.

VIII – Sanctions et contentieux

Article 18: Mise en régie provisoire


En cas de faute grave du Gérant, et notamment si la continuité du service n’est pas assurée
en toutes circonstances la régie provinciale peut prendre toutes les mesures nécessaires
pour assurer le service.

Cette mise en régie provisoire sera précédée d’une mise en demeure restée infructueuse dans
un délai de 10 jour calendaire.
La régie provinciale du service public de l’eau peut alors prendre possession des matériels et
installations nécessaires à l’exploitation.

Article 19: Sanction pécuniaire


En cas d’interruption du service, excepté les interruptions provoquées par un manquement
de la régie provinciale du service public de l’eau à ses obligations ou par un événement
extérieur indépendant de la volonté du Gérant et qui rend l’exécution du contrat totalement
impossible, le Gérant est redevable envers la régie provinciale du service public de l’eau
d’une pénalité de ............ FC par jour calendaire de persistance de l’infraction.

Le montant des pénalités est prélevé par la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau sur le
montant du cautionnement.

Article 20: Sanction résolutoire


La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau peut de plein droit mettre fin au présent
contrat en cas de manquement du Gérant à l’une des obligations souscrites dans le cadre
du présent contrat après une mise en demeure restée infructueuse dans un délai de 10 jour
calendaire.

Article 21: Règlement des litiges


Lorsqu’un litige intervient entre le Gérant et la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau, le
Gérant expose dans un mémoire le motif du litige.

208
La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau notifie au Gérant sa proposition de règlement
dans un délai de 10 jours.
Si le Gérant conteste la proposition de règlement de la Régie Provinciale du Service Public de
l’Eau, il peut saisir une Commission de conciliation de l’ARSPE.

La commission une fois constituée dispose d’un délai de 10 jour calendaire pour entendre les
parties et proposer une solution de règlement amiable.
Si cette proposition ne rencontre pas l’assentiment des parties, le différent est alors soumis
au Tribunal Administratif territorialement compétent à la requête de la partie la plus diligente.

IX – Fin de contrat

Article 22 – Continuité du service en fin de contrat


A l’expiration du présent contrat, la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau se substitue
au Gérant pour l’exploitation du service.

La province est alors subrogée dans les droits du Gérant.

Article 23 – Intuitu personnae


Le présent contrat est conclu en considération des qualités et capacités du Gérant. Toute
modification des membres du Conseil d’administration du Gérant est subordonnée à l’accord
préalable de la la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau.

Article 24 – Résiliation pour motif d’intérêt général


Pour la préservation de l’intérêt général, la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau peut
mettre fin de manière anticipée au présent contrat.

La gérance prend fin 10 jours calendaires à compter de la notification de la résiliation dûment


motivée. Les matériels et les installations d’exploitation sont remis à la Régie Provinciale du
Service Public de l’Eau dans les conditions prévues à l’article 25.

Article 25 – Fin d’exploitation


A l’expiration de la durée normale de la gérance, la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau
entre immédiatement en possession des matériels et installations remis sans indemnisation
d’aucune sorte du Gérant.

La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau pourra reprendre, contre indemnité, les matériels
et approvisionnements nécessaires à l’exploitation financés par le Gérant.
La province Le Gérant

LISTE DES ANNEXES:


1. Liste du matériel et état des ouvrages,
2. Liste des Prestations du gérant
3. Plan des équipements
4. Spécification techniques des équipements

209
12. CONTRAT DE DÉLÉGATION DE SERVICE
PUBLIC DE L’EAU PORTABLE SOUS
LE MODE DE LA RÉGIE INTÉRESSÉE

Table des matières

Article 1: Objet ........................................................................................................ 211


Article 2: Durée ........................................................................................................ 211
Article 3: Description des équipements ...................................................................... 211
Article 4: Périmètre du service ................................................................................. 211
Article 5: Obligations de service ................................................................................. 211
Article 6: Sous-traitance ............................................................................................ 212
Article 7: Règlement d’usage ................................................................................. 212
Article 8: Continuité du service .................................................................................. 212
Article 9: Entretien du matériel et des installations ............................................... 212
Article 10: Renouvellement .............................................................................................. 212
Article 11: Travaux d’extension .................................................................................. 212
Article 12: Personnel ......................................................................................................... 213
Article 13: Tarif ......................................................................................................... 213
Article 14: Garantie de versement (facultatif) ............................................................ 213
Article 15: Rémunération du Régisseur ....................................................................... 213
Article 16: Versement à la Commune ....................................................................... 214
Article 17: Compte rendu annuel .................................................................................. 214
Article 18: Contrôle ........................................................................................................ 214
Article 19: Responsabilité du Régisseur ....................................................................... 214
Article 20: Cautionnement ............................................................................................. 214
Article 21: Mise en régie provisoire ................................................................................... 215
Article 22: Sanction pécuniaire ................................................................................... 215
Article 23: Sanction résolutoire .................................................................................. 215
Article 24: Règlement des litiges ................................................................................. 215
Article 25: Continuité du service en fin de contrat ............................................................ 215
Article 26: Intuitu personnae .............................................................................................. 215
Article 27: Résiliation pour motif d’intérêt général ........................................................... 215
Article 28: Fin d’exploitation ............................................................................................. 216

210
Entre :

La Province de ….. , représentée par sa Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable,
autorisé par délibération du gouvernement provincial n°..... du ......, devenue exécutoire le .......,
ci-après dénommée « Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable»;

Et

La Société ................. ...., au capital social de ..............FC, siège social ................., immatriculée au
registre du commerce à .............. sous le numéro..............., représentée par M. .................. ;

Ou M.......................,titulaire de la carte d’identité nationale n° ............... ; Ci-après dénommé « le


Régisseur »

Article 1: Objet
Le présent contrat a pour objet la gestion du service public de l’Eau potable de ........................

Article 2: Durée
Le présent contrat est conclu pour une durée de 1 an à compter du .... . Il ne peut pas être
reconduit tacitement.

I – Mise à disposition

Article 3: Description des équipements


Le régisseur utilisera l’ensemble du matériel et des installations d’exploitation mis à sa
disposition par la province et dont la liste est en annexe 1.

Un inventaire du matériel et des installations est établi contradictoirement au plus tard 10


jours calendaires après la signature du présent contrat.

Article 4: Périmètre du service


Le Régisseur assure le service dans le périmètre de ..................... délimité conformément au
plan annexé au présent contrat.

II – Conditions d’exploitation

Article 5: Obligations de service


Le Régisseur s’engage à assurer le bon fonctionnement et la continuité du service qui lui est
confié.

Le service est assuré contre paiement d’une redevance arrêtée de commun accord avec le
régisseur, suite à la validation de L’ARSPE ; Il de ….FC par m3 rapporté aux différents récipients
de puisage et en fonction du volume.

211
Tout changement du tarif d’accès au service public de l’eau sans l’autorisation de la province
entraîne la saisie de la caution et la résiliation immédiate du contrat sans préjudice des
poursuites judiciaires.

Article 6: Sous-traitance
Le Régisseur est tenu d’assurer personnellement l’exécution de la mission qui lui est confiée.
Il ne peut sous-traiter tout ou partie des tâches qui lui incombent.

Article 7: Règlement d’usage


Le règlement d’usage du service public de l’eau potable est préparé par le Régisseur en
collaboration avec la structure de représentation des usagers et approuvé par la province.

Le Régisseur doit afficher de manière visible le règlement d’usage du service public de l’eau
potable.

Article 8: Continuité du service


Le Régisseur est tenu d’assurer la continuité du service public de l’eau potable. Toute
interruption du service doit être immédiatement signifiée à la Régie Provinciale du Service
Public de l’Eau Potable.

III – Entretien et travaux

Article 9: Entretien du matériel et des installations


Le Régisseur est responsable de l’entretien courant du matériel et des installations
d’exploitation de manière à les maintenir en parfait état de fonctionnement.

Faute pour le Régisseur de pourvoir à l’entretien du matériel et des installations, et après une
mise en demeure restée infructueuse dans un délai de 10 jours, la Régie Provinciale du Service
Public de l’Eau Potable peut faire procéder à l’exécution des travaux aux frais et charge du
Régisseur.

Article 10: Renouvellement


Le renouvellement du matériel et des installations d’exploitation est à la charge de la
Province.

Le Régisseur devra informer sans délai la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable
des travaux de renouvellement à effectuer.

Article 11: Travaux d’extension


La Province est maître d’ouvrage de tous les travaux entraînant un accroissement du
patrimoine du service confié au Régisseur.

Le Régisseur dispose d’un droit de contrôle sur tous les travaux. Le Régisseur a le droit de
suivre l’exécution des travaux.

212
Le Régisseur est invité à assister aux réceptions et est autorisé à présenter ses observations
qui seront inscrites au procès-verbal. Le Régisseur ne pourra à aucun moment invoquer les
éventuels dysfonctionnements provoqués par l’exécution des travaux pour se soustraire aux
obligations du présent contrat.

IV – Régime du personnel

Article 12: Personnel


Le Régisseur recrute et affecte au fonctionnement du service un personnel en nombre et
qualification suffisante pour remplir sa mission. Ce personnel sera sous statut de droit privé.

V – Conditions financières

Article 13: Tarif


Le tarif est fixé à : …….FC/m3 et rapporté au volume par récipient.
Le Régisseur doit afficher les tarifs de manière visible au niveau du local réservé pour les
paiements et la réception des plaintes, ainsi qu’au niveau des bornes fontaines publiques.

Article 14: Garantie de versement (facultatif)


Le Régisseur garanti à la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable le versement
mensuel de .................. FC. Le déficit de recouvrement par rapport à ce montant est couvert
des propres deniers du Régisseur.

Article 15: Rémunération du Régisseur


Le Régisseur est rémunéré selon les bases suivantes :
• ... % des montants recouvrés tant que le recouvrement effectué depuis le 1er janvier est
inférieur à .................. FC ;
• ... % des montants recouvrés au-delà de ................. FC de recouvrement annuel.

Ou

La rémunération du Régisseur est égale à la différence entre le versement garanti et le montant


recouvré.
La rémunération du Régisseur couvre les charges d’exploitation du service et sa rémunération
propre.

Les sommes dues au Régisseur sont versées mensuellement.


La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable mandate la rémunération du Régisseur
sur la base du montant versé au Receveur provincial attesté par une quittance.

La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable procède au mandatement dans un délai
maximum de 5 jours à compter de la réception d’une facture accompagnée de la quittance
émise par le Receveur provincial.

213
Article 16: Versement à la régie provinciale du service public de l’eau
Le Régisseur est régisseur des recettes et désigne M. ........ nommément agréé en cette
qualité.

A ce titre il collecte les sommes versées par les usagers et les reverse sur le compte de la
Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable ouvert au Trésor.

Le dernier jour du mois, le Régisseur présente à la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau
Potable un exemplaire de l’état de versement pour l’établissement du titre de recettes. Puis, le
Régisseur verse au Receveur provincial les montants recouvrés, l’état de versement et le titre
de recettes.

VI – Comptabilité

Article 17: Compte rendu annuel


Le Régisseur doit indiquer pour l’année écoulée :

• L’évolution du nombre d’usagers par catégorie ;


• Le montant des sommes perçues ;
• Le montant des dépenses payées classées par nature ;
• L’évolution de l’état des matériels et installations utilisées ;
• Les modifications de l’organisation du service.

Le Régisseur produit le compte rendu annuel dans un délai de 1 mois à compter de la clôture
de l’exercice.

Article 18: Contrôle


La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable a le droit de contrôler les
renseignements donnés par le Régisseur dans le compte rendu annuel.

VII – Responsabilités et garanties

Article 19: Responsabilité du Régisseur


Le Régisseur est responsable du bon fonctionnement du service et des locaux mis à sa
disposition.

Le Régisseur est seul responsable vis à vis des tiers de tous les accidents, dégâts et dommages
occasionnés par l’exécution du service. Le Régisseur conclu les assurances qui couvriront les
différents risques.

Article 20: Cautionnement


Dans un délai de 10 jour calendaire après la signature du présent contrat, le Régisseur
constituera une caution d’un montant de ............. FC auprès du Receveur provincial.

214
Cette somme formera le cautionnement des fonds détenus pour le compte de la Régie
Provinciale du Service Public de l’Eau Potable et de l’exploitation.

Toutes les fois qu’une somme quelconque sera prélevée sur le cautionnement, le Régisseur
devra la compléter dans un délai de 10 jour calendaire.

Ce cautionnement sera remboursé de plein droit 10 jours après l’expiration du présent contrat
après imputation des sommes éventuellement dues à la Régie Provinciale du Service Public de
l’Eau Potable.

VIII – Sanctions et contentieux

Article 21: Mise en régie provisoire


En cas de faute grave du Régisseur, et notamment si la continuité du service n’est pas
assurée en toutes circonstances la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable peut
prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le service.

Cette mise en régie provisoire sera précédée d’une mise en demeure restée infructueuse dans
un délai de 10 jour calendaire. La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable peut alors
prendre possession des matériels et installations nécessaires à l’exploitation.

Article 22: Sanction pécuniaire


En cas d’interruption du service, excepté les interruptions provoquées par un manquement
de la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable à ses obligations ou par un
événement extérieur indépendant de la volonté du Régisseur et qui rend l’exécution du
contrat totalement impossible, le Régisseur est redevable envers la Province d’une pénalité
de ............ FC par jour calendaire de persistance de l’infraction.

Le montant des pénalités est prélevé par la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable
sur le montant du cautionnement.

Article 23: Sanction résolutoire


La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable peut de plein droit mettre fin au
présent contrat en cas de manquement du Régisseur à l’une des obligations souscrites
dans le cadre du présent contrat après une mise en demeure restée infructueuse dans un
délai de 10 jour calendaire.

Article 24: Règlement des litiges


Lorsqu’un litige intervient entre le Régisseur et la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau
Potable, le Régisseur expose dans un mémoire le motif du litige.

La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable notifie au Régisseur sa proposition de


règlement dans un délai de 10 jours.

Si le Régisseur conteste la proposition de règlement de la Régie Provinciale du Service Public


de l’Eau Potable, il peut saisir une Commission de conciliation auprès de l’ARSPE.

215
La commission une fois constituée dispose d’un délai de 10 jour calendaire pour entendre les
parties et proposer une solution de règlement amiable.
Si cette proposition ne rencontre pas l’assentiment des parties, le différent est alors soumis
au Tribunal Administratif territorialement compétent à la requête de la partie la plus diligente.

IX – Fin de contrat

Article 25: Continuité du service en fin de contrat


A l’expiration du présent contrat, la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable se
substitue au Régisseur pour l’exploitation du service.
La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable est alors subrogée dans les droits du
Régisseur.

Article 26: Intuitu personnae


Le présent contrat est conclu en considération des qualités et capacités du Régisseur.
Toute modification des membres du Conseil d’administration du Régisseur est subordonnée
à l’accord préalable de la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable.

Article 27: Résiliation pour motif d’intérêt général


Pour la préservation de l’intérêt général, la Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable
peut mettre fin de manière anticipée au présent contrat.

La régie prend fin 10 jours calendaires à compter de la notification de la résiliation dûment


motivée. Les matériels et les installations d’exploitation sont remis à la Régie Provinciale du
Service Public de l’Eau Potable dans les conditions prévues à l’article 28.

Article 28: Fin d’exploitation


A l’expiration de la durée normale de la régie, le Régisseur procède à un versement général
des fonds et valeurs détenues.

La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable entre immédiatement en possession


des ouvrages, équipements, installations et matériels qui font partie intégrante de la régie
sans indemnisation d’aucune sorte du Régisseur.
La Régie Provinciale du Service Public de l’Eau Potable pourra reprendre, contre indemnité, les
matériels et approvisionnements nécessaires à l’exploitation financés par le Régisseur et ne
faisant pas partie intégrante de la régie.
Pour la Province Le Régisseur

Liste des annexes


1. Définition du périmètre
2. Etat des lieux des équipements et matériels
3. Spécifications techniques des équipements
4. Liste des tâches du régisseur

216
13. MODÈLE DE NOTIFICATION
DU MARCHE

Marché n°.........

Approuvé le ............... par............ (indiquer le nom et la qualité de l’autorité d’approbation)


Objet du marché: ........................................................................................................
Montant : .....................................................................................................................
Entrepreneur: ..............................................................................................................
Délai de validité du marché (indiquer l’année budgétaire)
Enregistré le .................... au montant forfaitaire de ..........................................FCFA
Financement : .............................................................................................................

Notification N°......... du............. (indiquer le jour mois et année)

Je soussigné (indiquer le nom et la qualité de la personne habilité à émettre la notification) représentant


légal du maître d’ouvrage habilité à agir dans le cadre de l’exécution du présent contrat, invite
monsieur, madame (indiquer le nom et la qualité de la personne habilitée à engager la société) à :

− Prendre acte de la notification du présent contrat relatif au marché ci-dessus cité ;


− Recevoir (préciser nombre) exemplaires dudit contrat ;
− Prendre connaissance des informations suivantes :

Article 1: montant du marché


Le montant du présent marché est de ............. HT- HD ou TTC.
Il résulte de l’application des prix unitaires du marché aux quantités du présent contrat suivant
le devis estimatif ci-joint arrêté en valeur ou en quantité.

Article 2: Délai d’exécution


Le délai d’exécution des prestations objet du présent contrat est de ....... jours ou mois à
compter du ............... (indiquer la date)

Article 3: Retard dans l’exécution des prestations


En cas de retard dans l’exécution du présent contrat, il sera appliqué sur simple constatation
de ce retard une pénalité de ............................ par jour calendaire de retard.

Article 4: Enregistrement du contrat


Le présent contrat établi en (préciser nombre) exemplaires devra être enregistré;
Le délai d’enregistrement est compris dans le délai de livraison.
(préciser nombre) exemplaires dûment enregistrés me devront être retournés.

Article 5: Réception des travaux


La réception des travaux sera prononcée conformément aux dispositions de l’article xx relatif
aux marchés de travaux.

217
Article 6: Notification du contrat
Le présent contrat, certifié conforme à la minute au numéro ci-dessus sera notifié à l’attributaire
à son siège sis à (indiquer le lieu). L’émargement du cahier de transmission vaut réception et
ordre de commencer les travaux suivant les prescriptions du présent contrat.

Signature du maître d’ouvrage

Jointe au présent le devis quantitatif et les prescriptions techniques des travaux Nom, fonction
et qualité

Date .................................................

218
Toutes les annexes peuvent être consultées et
téléchargées sur le site Internet de Mayi ya Congo :
[Link]

219
Notes

220
Notes

221
Notes

222
Notes

223
Notes

224
Notes

225
Notes

226

Vous aimerez peut-être aussi