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Impact de la digitalisation sur l'audit

Ce document présente un travail de recherche pour l'obtention d'un Master en Audit et contrôle de gestion, axé sur la digitalisation des opérations comptables et son impact sur les procédures d'audit légal. Il aborde les transformations économiques dues à la digitalisation, le retard de l'Algérie dans ce domaine, et les implications pour les métiers de l'audit et de la comptabilité. La méthodologie inclut une étude descriptive, analytique et comparative, avec des enquêtes et des observations pratiques.

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Impact de la digitalisation sur l'audit

Ce document présente un travail de recherche pour l'obtention d'un Master en Audit et contrôle de gestion, axé sur la digitalisation des opérations comptables et son impact sur les procédures d'audit légal. Il aborde les transformations économiques dues à la digitalisation, le retard de l'Algérie dans ce domaine, et les implications pour les métiers de l'audit et de la comptabilité. La méthodologie inclut une étude descriptive, analytique et comparative, avec des enquêtes et des observations pratiques.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique

UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI TIZI OUZOU


FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES, COMMERCIALES
ET DES SCIENCES DE GESTION
DEPARTEMENT DES SCIENCES DE GESTION
Filière des Sciences financières et comptabilité

En vue de l’obtention du Diplôme de Master


Spécialité : Audit et contrôle de gestion

Thème

Digitalisation des opérations comptables et impact


sur les procédures d’audit légal

Réalisé par : Encadré par :


Mr AMIAR Habib
Melle SAHOUI Nora
Melle SAIB Ghenima

Soutenu publiquement devant le jury composé de :


Président : Mr HADJOU Abdelaziz, MAA
Examinateur : Mr OUSSAID Aziz, MAA
Rapporteur : Mr AMIAR Habib, MAA à l’UMMTO

Promotion 2019
Remerciements
Louanges à Dieu, le miséricordieux, de nous avoir accordé la santé, le

courage et la volonté pour élaborer ce travail qui représente le fruit de notre

cursus d’études.

Il nous est offert ici, par ces quelques lignes, l’honneur d’adresser nos

remerciements les plus chaleureux à toutes les personnes qui, par leurs

conseils, leurs suggestions ou par leur simple présence ont permis d’aboutir à

l’accomplissement de ce travail.

Nos remerciements vont particulièrement à Mr AMIAR Habib notre

promoteur d’avoir accepté d’encadrer ce projet de master, de nous permettre

de profiter de ses précieux conseils et de nous accompagner avec beaucoup de

pertinence et de pédagogie.

Nous tenons à exprimer notre profonde reconnaissance et notre haute

considération à Mr SAHOUI Said, Mr SAHOUI Rachid et Mr SAHOUI Nabil,

ainsi que tout le personnel du groupe INFONET qui ont accepté de nous

recevoir et de répondre à nos interrogations et d’avoir mis à notre disposition

les documents nécessaires à la réalisation de ce travail.

Nous ne saurons oublier de remercier tous les experts comptables,

commissaires aux comptes, auditeurs et autres professionnels d’avoir veillé à

nous fournir les informations nécessaires au bon accomplissement de ce travail.

Nos remerciements s’adressent aussi aux membres du jury pour avoir

accepté d’évaluer notre travail.

Enfin, Nous tenons à remercier également, l’ensemble des enseignants

et le corps administratif de notre faculté qui nous ont beaucoup aidés durant

notre cursus. Et tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la réalisation

de ce travail.

Nora et Ghenima
Dédicace
Le meilleur moyen de répandre le bonheur est de le partager avec les

personnes chères à notre cœur

Nous avons l’immense plaisir de dédier ce modeste travail :

A nos chers parents

Aucune dédicace ne saurait exprimer notre respect, notre amour

eternel et notre considération pour les sacrifices que vous avez

consentis pour notre instruction ainsi que notre bien-être.

Nous vous remercions pour tout le soutien et l’amour que vous nous

portez depuis notre enfance et nous espérons que votre bénédiction

nous accompagne toujours.

Que ce modeste travail soit l’exaucement de vos vœux tant formulés, le

fruit de vos innombrables sacrifices. Puisse Dieu, le très haut, vous

accorder santé, bonheur et longue vie.

Nos frères et sœurs

Nos familles respectives

Nos chers amis chacun à son nom

Ghenima et Nora
Introduction générale…………………………………….....8
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur
l’économie…………………………………………………..13
Introduction …………………………………………………………………………………………………………………...14

Section 01 : La révolution technologique mondiale………………………….15

Section 02 : La numérisation en Algérie…………………………………………...26


Conclusion …………………………………………………………………………………………………….......................36

Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les


entreprises et les métiers......................................................37

Introduction …………………………………………………………………………………………………………………..38

Section 01 : Digitalisation et transformation des métiers et des


entreprises………………………………………………………………………………………………..39

Section 02 : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les


administrations algériennes……………………………………………………………………..64
Conclusion………………………………………………………………………………………………………………………83

Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital………….84


Introduction …………………………………………………………………………………………………………………...85

Section 01 : Présentation de l’enquête et recueil d’informations …….86

Section 02 : Traitement des informations et résultats……………………..97


Conclusion ……………………………………………………………………………………………………………………103

Conclusion générale……………………………………... 104


Références bibliographiques
Annexes
Table des matières
Abréviation Signification

TIC Technologie de l’Information et de la Communication

WWW World Wide Web

OCDE Organisation de Coopération et de Développement Economiques

EDI Echange de Données Informatisées

OMC Organisation Mondiale du Commerce

CNUCED Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le Développement

GAFA(M) Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft

PIB Produit Intérieur Brut

NATU Netflix, Airbnb, Tesla, Uber

VHS Video Home System

BATX Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi


VTC Véhicule de Tourisme avec Chauffeur

TPE (1) Terminal de Paiement Electronique

ARPT Agence de Régulation des Postes et Télécommunication

Asymmetric Digital Subscriber Line


ADSL Ligne d’abonné numérique à débit asymétrique

MPTIC Ministère des Postes et Technologies de l’Information et


Communication

Ministère de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et


MPTTN du Numérique

DGE Direction des Grandes Entreprises

CPI Centre de Proximité des Impôts

CDI Centre Des Impôts

LF Loi de Finance

MIT Massachusetts Institute of Technology

DARES Direction de l’Animation et de la Recherche, d’Etudes et des


Statistiques
ONG Organisation Non Gouvernementale

QR Quick Response code

SCF Système Comptable Financier

SAE Système d’Archivage Electronique

GED Gestion Electronique des Données (Documents)

TPE (2) Très Petite Entreprise

PME Petite et Moyenne Entreprise

LAN Local Area Network

ANSEJ Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes

GE Grande Entreprise

CA Chiffre d’Affaires

BDL Banque de Développement Local

BADR Banque de l’Agriculture et de Développement Rural

EPH Etablissement Public Hospitalier


CHU Centre Hospitalier Universitaire

APC Assemblée Populaire Communale

MBA Master Business Administration

DEUA Diplôme d’Etudes Universitaires Appliquées

DEA Diplôme d’Etudes Approfondies

XBRL eXtensible Business Reporting Language

CAC Commissaire Aux Comptes

SAP Systems, Applications & Products


Liste des annexes et figures

ANNEXES
Annexe 01 Projet d’investissement d’une unité de fabrication de câble LAN et optique

Annexe 02 Les logos représentant les clients et partenaires du groupe INFONET

Adoption des technologies du numérique par l’Enseignement Supérieur et la


Annexe 03
Recherche Scientifique

Annexe 04 Adoption des technologies du numérique par les institutions financières

Annexe 05 Adoption des technologies du numérique par les centres de santé

Adoption des technologies du numérique par les Assemblées Populaires


Annexe 06
Communales (APC)

Annexe 07 Questionnaire

FIGURES

Figure 01 Les principales fonctions d’un logiciel comptable


Liste des tableaux
Tableaux

Tableau N°1 Comparaison entre ancienne et nouvelle économie

Tableau N°2 Le nombre de cartes CIB actives entre 2017 et le 1er semestre de 2018

Tableau N°3 Le nombre d’abonnés par technologies

Tableau N°4 Comparaison entre ancienne et nouvelle approche

Tableau N°5 L’évolution des métiers selon leur degré d’empathie

Tableau N°6 L’analyse SWOT du processus de dématérialisation

Tableau N°7 Les moyens humains d’INFONET SERVICES

Tableau N°8 Les moyens matériels d’INFONET SERVICES

Tableau N°9 Les moyens humains d’INFONET INFORMATIQUE

Tableau N°10 Les moyens matériels d’INFONET INFORMATIQUE

Tableau N°11 Les moyens humains d’INFONET PRINT

Tableau N°12 Les moyens matériels d’INFONET PRINT

Tableau N°13 Les clients et partenaires de l’entreprise INFONET

Tableau N°14 Les commandes reçues par voie électronique et traditionnelle

Tableau N°15 Le nombre de logiciels installés aux TPE, PME et GE par INFONET
INFORMATIQUE

Tableau N°16 Le nombre de codes barres et codes QR imprimés


Liste des graphes
Graphes

Graphe N°1 Comparaison du PIB 2018 et valorisation boursière des GAFAM


en milliards de dollars au 14/12/2019

Graphe N°2 L’évolution de l’indice de développement des TIC (IDI-UIT)

Graphe N°3 Nombre de cartes Edahabia CIB (retrait/paiement) actives

Graphe N°4 Comparaison entre l’année 2017 et l’année 2018 en fonction du


nombre d’abonnés par technologies

Graphe N°5 Variation des effectifs métiers entre 1986 et 2016 selon l’institut
Sapiens

Graphe N°6 Comparaison entre les commandes reçues de la manière classique


d’INFONET SERVICES et INFONET PRINT

Graphe N°7 Comparaison entre les commandes électronique d’INFONET


SERVICES et INFONET PRINT

Graphe N°8 Comparaison entre les commandes reçues de la manière classique


et par voie électronique chez INFONET SERVICES

Graphe N°9 Comparaison entre les commandes reçues de la manière classique


et par voie électronique chez INFONET PRINT

Graphe N°10 Le chiffre d’affaires généré suite à l’installation de logiciels de


gestion par type d’entreprise

Graphe N°11 Le chiffre d’affaires généré suite à l’installation des réseaux


informatiques par type d’entreprise

Graphe N°12 L’évolution de l’utilisation des codes barres par les TPE et PME

Graphe N°13 L’évolution de l’utilisation des codes QR par les TPE et PME
Introduction générale

Introduction générale

Le 21ème siècle a vu apparaître de nouveaux moyens de communication. Les avancées


techniques et technologiques font accélérer la mondialisation. Désormais, les informations
peuvent être transmises, presque instantanément, à travers le monde. Ce phénomène offre
alors de nouveaux horizons aux organisations et de nouvelles plateformes à exploiter tels que
les réseaux sociaux.

Il semble alors, ne faire de doute pour personne, que nous sommes entrés dans une ère
digitale de la sphère économique. De nouvelles technologies ont envahi notre quotidien
depuis quelques années, et se sont désormais emparées du monde des entreprises. La
transformation digitale peut être considérée comme l’un des enjeux actuels majeurs pour les
entreprises du monde entier, et sans aucun doute le sujet de préoccupation numéro un de la
plupart des entreprises à l’heure actuelle. Offreurs de technologies, consultants, conférenciers,
journalistes, dirigeants… Rares sont les professionnels qui n’évoquent pas, au détour d’une
conversation, les challenges liés au nouveau monde digital qui émerge et auquel les
organisations doivent s’adapter, depuis plusieurs années maintenant.

Par ailleurs, l’Algérie connaît un retard considérable dans le domaine de la


numérisation. D’après Farid FARAH ; consultant en technologie du numérique ; nous vivons
une vraie sécheresse digitale, estimant qu’il y a des moyens et aussi des efforts réalisés dans
les télécoms qui sont à saluer et on a des plateformes d’accès à internet mais on n’a pas de
contenu propre à nous : « il est grand temps d’affranchir la transition numérique dans tous les
secteurs et pas que le secteur de l’information ».

Parmi les nombreux métiers touchés par la digitalisation on trouve notamment celui de
l’expert-comptable. Cette profession a pour but principal d’établir des comptes des entreprises
ainsi que la consolidation des comptes annuels des groupes de sociétés. Afin de réaliser ses
missions, l’expert-comptable est régulièrement confronté à une quantité importante de
données, lesquelles deviennent de plus en plus numériques, ce qui exige des modifications à
son travail.

Ce travail a pour objectif principal de répondre à la problématique suivante : Quelles

sont les transformations majeures apportées à l’économie, aux entreprises,


administrations ainsi qu’aux institutions financières et par conséquent la
12
Introduction générale

profession d’auditeur légal à travers l’utilisation des outils technologiques du


digital ?

Notre problématique est axée sur un certain nombre d’interrogations dont nous
tenterons d’y répondre :

 Quel est l’apport de la digitalisation à l’économie ?

 L’Algérie est-elle restée à l’écart face à cette révolution ? Si non, quelles sont
les actions de cette dernière ?

 Que représente la digitalisation pour les entreprises ?

 Comment de nouvelles technologies vont transformer les pratiques


comptables ?

 A quel point la profession d’auditeur légal est et va-t-elle être impactée par
l’avènement des technologies du numérique ?

A cet effet, nous émettons les hypothèses suivantes :

 La digitalisation contribue au passage d’une économie traditionnelle à une nouvelle


économie améliorant ainsi les anciens paradigmes archaïques et obsolètes et s’ouvrant
à de nouveaux autres ;

 Malgré les efforts déployés, l’Algérie accuse un retard considérable par rapport aux
autres pays du monde concernant la numérisation ;

 La digitalisation constitue un incontournable et un avantage concurrentiel pour les


entreprises ou n’importe quel type d’organisation (cabinets d’expertise comptable,
audit…etc).

Afin de répondre aux interrogations précédemment posées et pour vérifier la validité ou


non de nos hypothèses, nous avons adopté la démarche méthodologique suivante :

 Une étude descriptive :

 Revue de littérature et documentaire ;


Introduction générale

 Petit stage pratique au sein de l’entreprise INFONET afin d’obtenir


quelques informations concrètes concernant la digitalisation des
entreprises algériennes ;

 Une enquête par le biais d’un questionnaire adressé aux différents cabinets
d’expertise comptable se trouvant aux différentes wilayas d’Algérie (Tizi-
Ouzou, Alger, Oran, Mostaganem…etc) ;

 L’observation libre.

 Une étude analytique :

 L’élaboration d’une problématique de laquelle découlent certaines


questions ;

 Réponses à ces dernières au fur et à mesure de l’avancement du travail.

 Une étude comparative :

 Comparaison entre l’état des lieux et ce qui a été programmé


théoriquement dans ce contexte ;

 Comparaison entre les cabinets d’audit algériens et les cabinets


internationaux et plus précisément ceux de la Belgique en matière de
digitalisation.

Ce travail est subdivisé en 3 chapitres :

Chapitre 01 : portera sur les différents changements qu’a apporté la digitalisation à


l’économie que ce soit au niveau international ou national ;

Chapitre 02 : traitera la transformation digitale des métiers, entreprises ainsi que des
administrations que nous allons traduire en cas pratique au sein de l’entreprise INFONET ;

Chapitre 03 : portera sur notre cas pratique qui consiste en une enquête auprès des différents
cabinets d’expertise comptable et de commissariat aux comptes suivie d’une étude
comparative afin de savoir où en est le processus de dématérialisation des opérations
comptables ainsi que les difficultés rencontrées lors de cette transition, aussi l’impact de cela
Introduction générale

sur les procédures d’audit légal pour ensuite suggérer des solutions et recommandations en
cas de détection d’éventuelles anomalies.

Choix du sujet

Nous avons pris la peine de traiter ce sujet car on l’a jugé intéressant d’autant plus que
c’est un sujet d’actualité occupant désormais une place importante au sein des organisations
ainsi que notre quotidien, et qui nous a beaucoup inspiré car il est en constante évolution.
L’audit comme le digital sont deux domaines qui ont longuement attiré notre curiosité.
Comme disait Steve Jobs : « la seule façon de faire du bon boulot, c’est d’aimer ce que vous
faîtes ».

De plus, il s’agit également d’une thématique très peu traitée par les étudiants pour ne
pas dire jamais, ce qui nous a encore plus motivées à nous engager là-dedans.
Chapitre I :
La digitalisation et ses
conséquences sur
l’économie
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Introduction

Le numérique s’est petit à petit glissé dans notre quotidien : services, loisirs, santé,
culture…etc. Le visionnaire Steve Jobs avait raison : l’informatique est devenue un objet
convivial et familial.

Dans les pays développés comme dans les pays en développement les technologies
disruptives apportent rapidement des solutions innovantes à des défis complexes dans un large
éventail de secteurs.

Pourtant tout le monde n’en bénéficie pas de manière uniforme : bien que cette
révolution soit un phénomène mondial, de profondes disparités subsistent malgré tout d’un
pays à l’autre et au sein d’un même pays ce qui est de la pénétration, du coût et des
performances des services numériques. Si plus de la moitié de la population mondiale a
désormais accès à l’internet, le taux de pénétration n’était que de 15% dans les pays les moins
avancés, soit une personne sur sept (selon l’institution spécialisée des nations unies pour les
technologies de l’information et de communication).

Tout au long de ce chapitre, nous allons essayer de donner un aperçu sur les mutations
que le monde vit aujourd’hui, lesquelles sont liées à des mécanismes d’intermédiation et à
Internet ; Uber dans le transport, Google dans la publicité, Netflix dans la vidéo, Amazon
dans le commerce, Airbnb dans la location saisonnière, etc. Aussi nous allons voir où en est
l’Algérie et ce qui est prévu concernant cette révolution.

17
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Section 1 : La révolution technologique mondiale

Le numérique prend de plus en plus de place dans notre vie quotidienne, le digital est
omniprésent dans la vie de tous et pas seulement les plus jeunes. Dans cette section nous
allons appréhender les sociétés leader du monde digital, et puis nous allons mettre à votre
disposition des notions concernant ces dernières.

1.1. De l’informatisation à la digitalisation


Depuis leur apparition en 1980, les technologies d’information et de communication
(TIC) ne cessent d’évoluer à travers le temps. Le passage de l’informatique au digital s’est fait
par plusieurs étapes chronologiques conduisant ainsi à l’avènement de nouveaux horizons, on
cite notamment:

 Les années 1980 ont été celles de la micro-informatique et des infrastructures client/
serveur ;

 Les années 1990 celles du « Web » ou World Wide Web « www » qui, selon le
dictionnaire Le Robert représente « un ensemble des données reliées par des liens
hypertextes, sur internet» ;

 Les années 2000 celles du numérique au sens maîtrise de la donnée dans une logique
de flux de transport et de transfert ;

 Les années 2010 sont celles du digital au sens de technologie informatique portable
qui permet de nouveaux usages et apporte de nouvelles données à gérer1.

A ne pas confondre :

 La notion de numérique renvoie davantage à la notion d’informatisation de la donnée,


et par conséquent l’automatisation de son traitement et de sa mise en valeur.

 Digital » (dont l’étymologie renvoie à la notion de doigt) désigne la technologie


portable en termes d’usage. D’où notre choix d’utiliser le terme « digital » et non

1
Emily Metais-Wiersch & David Autissier, « La transformation digitale des entreprises », éd Eyrolles, Paris,
2016, p.12.
18
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

« numérique » même si le digital prolonge et accentue l’importance de la notion de


numérique de part le caractère central de la gestion de la donnée2.

1.2. De l’économie traditionnelle à la nouvelle économie


La nouvelle économie, qualifiée aussi « d’économie de savoir », « économie
informationnelle » ou « révolution numérique et digitale », autant de désignations
omniprésentes dans les discours des économistes, chercheurs et politiciens mais sans
s’accorder sur la signification exacte de ces notions qui restent ambigües.

En effet, le sens donné à cette dernière est flou, elle est représentée « tantôt comme
une « évolution technique » inéluctable, à l’instar des catastrophes naturelles. Tantôt au
contraire, on en fait une potentialité « révolutionnaire », annonçant la venue d’une nouvelle
civilisation autogestionnaire des communs 3
». Néanmoins, aucun secteur d’activité
n’échappera à cette nouvelle économie qui « catalyse de nouveaux échanges, d’autres formes
de transactions entre personnes, amplifie les flux du trafic de l’immatériel, crée de nouveaux
réseaux de savoir4».

1.2.1. La nouvelle économie : de quoi parle-t-on ?

La nouvelle économie correspond d’abord à une période de l’activité économique mondiale


récente. Ce phénomène a pour origine l’émergence de l’économie de la connaissance qui a été
citée pour la première fois « par l’universitaire Peter Drucker en 1969 pour désigner
l’ensemble des secteurs activité intensifs en connaissance 5 » et a été approfondie par les
études de Robin Mansell ou encore Nico Stehr en 1990. Mais c’est grâce à l’article de
Business week « new thinging about the new economy, 19 may 1997, N° 3527 6 » que ce
phénomène fut développé.

2
Emily Metais-Wiersch & David Autissier, [Link], P.12.
3
[Link], [Link], « Révolution numérique ou révolution informationnelle ? », revue d’économie politique
742-743, juin 2016, p.16
4
[Link], « La veille informationnelle en éducation pour répondre au défi de la société de la connaissance
au XXIème siècle », thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication, université de marne
la vallée, France, 2006, P.45.
5
[Link], « L’économie de la connaissance aux États-Unis : concepts, institutions, territoires », Revue
LISA, vol. XIV-n°1, 2016. P.3.
6
[Link] et all, « Les grands auteurs en management de l'innovation et de la créativité », édition EMS,
paris, 2016, p.2
19
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Pour l’OCDE, la nouvelle économie se caractérise « directement par la production, la


diffusion et l’utilisation du savoir et de l’information7 », pour d’autres, cette dernière est le
fait de combiner « des indicateurs portant sur la production et la gestion des savoirs, tels que
les dépenses de recherche et développement (R&D), le taux d’emploi des travailleurs
diplômés et l’intensité de l’utilisation des nouvelles technologies de l’information 8 ». La«
nouvelle économie », selon Olivier Midière, serait donc tout simplement « un secteur, celui
des technologies de l’information, qui regroupe les activités liées à l’informatique, aux
télécommunications, à l’électronique et à Internet9 ».

En d’autres termes, nous pouvons parler de nouvelle économie à partir du moment où


l’actif intangible (immatériel) dépasse l’actif tangible (matériel) dans les entreprises. A cet
effet, le fondateur de Microsoft plaisante souvent en répétant une phrase, devenue célèbre :
« mes actifs rentrent tous les soirs chez eux dans leurs maisons »

En gros l’émergence de la nouvelle économie a comme vecteur deux facteurs essentiels : la


globalisation des marchés et l’évolution des TIC, ensuite les cyberentrepreneurs, avec leurs
start-up.

1.2.2. Nouvelle économie et changement de paradigmes

Le passage à la nouvelle économie implique une rupture avec les anciens paradigmes de
l’ancienne économie qui constitue un «héritage de la révolution industrielle qui est au
fondement du système capitaliste et au remplacement de l’artisan, maniant l’outil, par la
machine10 ». Dans l’économie actuelle, qualifiée par certains économistes par « la nouvelle
révolution», la machine remplace l’homme non seulement dans les tâches manuelles, mais
aussi « dans une partie des activités cérébrales centrées sur le traitement de l’information
(calcul, raisonnement), grâce à l’instrument numérique11 ».

Des changements de paradigme sont observés sur plusieurs plans : économique, industriel et
celui des ressources humaines. Ces changements sont résumés dans le tableau ci-dessous :

7
OCDE, « L’économie fondée sur le savoir », Paris, OCDE, 1996, P.3, cité in : Martine. Azuelos, [Link], P.4.
8
Dominique. Foray, L’économie de la connaissance, Paris, La Découverte, 2009, P.5, cité in : Martine. Azuelos,
[Link], P.4.
9
Jean-Paul Pinte, [Link], P.70.
10
Paul. Boccara, « la révolution informationnelle, ses ambivalences, ses antagonismes, ses potentialités », revue
d’économie politique 742-743, juin 2016, P.9.
11
[Link], [Link], [Link], P.18.
20
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Tableau N° 1 : comparaison entre ancienne et nouvelle économie

Critères de comparaison Ancienne économie Nouvelle économie


Marchés Stables Dynamiques
Sur le plan Rôle de l’Etat acteur / interventionnisme Facilitateur/ partenaire
économique Compétition Nationale Globale
Organisation Hiérarchisée/bureaucratique En réseau
Production De masse Flexible
Facteurs de Capital/ travail Innovation / connaissance
production
Facteurs de Mécanisation Numérisation
Industrie compétitivité
Et économie de Sources Baisses des coûts et économie Innovation/qualité/coûts
d’avantage d’échelle
l’entreprise compétitif
Relation entre Confrontation Coopération (alliances)
entreprises
Compétences Spécifiques Transdisciplinaires
Emploi et Formation Compétence et/ou diplôme Apprentissage à vie
formation Emploi Stable Flexibilité, risque et
opportunités
Management Adversité Collaboration
du personnel
Source : Tableau de synthèse réalisé à partir des références suivantes ([Link] 2006, [Link]és 2017,
[Link] ONUDI 2002)

1.2.3. Développement du e-commerce ou du commerce électronique

Les avancées dans le secteur des TIC ont permis l’éclosion d’un nouveau circuit de
distribution, qu’est le e-commerce ou du commerce électronique. En réalité, ce dernier ne date
pas de l’ère internet car bien avant, le système d’échange de données informatisées (EDI)
avait permis de simplifier considérablement les transactions commerciales entre entreprises
(prise de commande, envoi de catalogues, facturation et dans une moindre mesure, paiement).
L’apport indéniable d’internet pour le e-commerce se manifeste surtout dans la
démocratisation de ce dernier (entreprises/consommateurs et commerce entre consommateurs)
et la baisse des coûts.

Le commerce électronique peut être définit comme étant « l’achat, la vente et l’échange de
biens et services sur un réseau informatique à travers lequel les transactions ou termes de
vente sont effectués électroniquement 12 ». Pour l’organisation mondiale du commerce

12
Christophe Bobineau. E-Commerce : Stratégies et Pratiques. École d’ingénieur. E-Commerce, Institut
Polytechnique de Hanoi, Ecole de Formation Internationale, Vietnam, 2016, P.514.
21
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

(OMC), il s’agit de « la production, publicité, vente et distribution de produits par les réseaux
de télécommunication13 ». Ce phénomène a pris un nouvel essor avec l’apparition des sites
dédiés au commerce en ligne aux Etats-Unis vers 1995 notamment Amazon et Dell, puis en
Europe en 1998.

Le commerce électronique se décline, selon les modèles d’affaires, en plusieurs formes dont
les 4 grandes formes plus fréquentes sont :

 Le commerce entre entreprises (Business to Business ou B2B) ;

 Le commerce destiné aux consommateurs (Business to Consumer ou B2C) ;

 Les échanges entre consommateurs (Consumers to Consumers ou C2C) ;

 Le commerce entre entreprise et Etat (Business to Government ou B2G).

A l’heure actuelle, les chiffres d’affaires relatifs au commerce en ligne sont faramineux.
D’après les données de l’OMC, rien qu’en 2018, le chiffre d’affaires mondial entre entreprises
et consommateurs finals devrait dépasser les 1 250 milliards de dollars en Union
Européenne 14 . Le rapport de Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le
Développement (CNUCED) de 2019, avance la valeur totale des transactions effectuées dans
le cadre du commerce électronique qui est de 15 29 367 milliards de dollars, dont 25 516
milliards d’entreprise à entreprise et 3 851 milliards d’entreprise à consommateur.

1.2.4. L’avènement de la monnaie électronique

La dématérialisation de la monnaie est parmi les caractéristiques de la nouvelle économie ;


cette dématérialisation a commencé avec la multiplication des modes de payement
électronique durant les années 1990, mais ces payements s’effectuent avec les monnaies
nationales ou des devises. Ces dernières années, une autre forme de monnaie est apparue et
qui est la monnaie électronique, appelée « crypto-monnaie ». En effet, le premier protocole de
cette monnaie « le Bitcoin » est apparu en 2009 et qui est « le résultat d’un subtil assemblage

13
OMC, Electronic commerce and the role of WTO, Genève, 1998, cite in: Philippe Barbet. Commerce
électronique et régulation des échanges internationaux. Annals of Telecommunications - annales des
télécommunications.
14
Voir site officiel de l’OMC : [Link]
15
CNUCED, rapport sur l’économie numérique ; création et captation de valeur : incidence sur les pays en
développement, ONU, Genève, 2019. Document disponible en ligne sur le lien suivant :
[Link] consulté le 26/03/2020.
22
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

de protocoles cryptographiques élaborés fin 2008 et mis en œuvre le 3 janvier 2009 par un
chercheur, ou peut-être plusieurs, caché sous le nom de Satoshi Nakamoto16 »

Sur le plan légal, la monnaie électronique est définie par l’Union Européenne, comme « une
valeur monétaire qui est stockée sous une forme électronique, y compris magnétique,
représentant une créance sur l’émetteur qui est émise contre la remise de fonds aux fins
d’opérations de paiement et acceptée par une personne physique ou morale autre que
l’émetteur de monnaie électronique17 »

Il n’est pas question de s’étaler sur le long mécanisme de création et de fonctionnement de


cette monnaie, mais il est important de donner quelques indicateurs reflétant l’importance et
l’ampleur que prend celle-ci. En effet, Le cours du Bitcoin avoisine les 7 000 dollars alors
qu’en 2009, sa première estimation à partir de son « coût de production », un Bitcoin valait
seulement 0,001 dollars. Le nombre d’utilisateurs de cette monnaie ne cesse d’augmenter, ils
sont actuellement plus de 43 millions à travers le monde.

1.3. La domination des grandes sociétés du digital


1.3.1. Les GAFA
L’internet, dont l’usage s’est démocratisé dans les années 1990 auprès du grand public a
fait émerger au milieu de cette même décennie son propre modèle économique, avec
l’avènement des GAFA18. Les géants du numérique connus aussi sous le nom des « Big four »
pèsent aujourd’hui 1 722 milliards de dollars 19 auxquels est parfois adjoint Microsoft : les
« GAFAM », ces entreprises stars de la Silicon Valley californienne ont envahi notre
quotidien20.

16
[Link] et all, « Les monnaies virtuelles décentralisées sont-elles des dispositifs d’avenir ? », Revue
Interventions économiques N°59, 2018, P.8.
17
[Link], [Link]. Les nouvelles monnaies numériques : au-delà de la dématérialisation de la monnaie et
de la contestation des banques, Revue de la régulation, n°18, 2015, P.3
18
Emily Metais-Wierche&David Autissier, [Link], P.13.
19
Philippe Arraou, « L’expert-comptable et l’économie numérique », éd septembre 2016, P.29.
20
[Link]
les-nouveaux-maitres-du-monde/, Institut pour l’éducation financière du public, 2019. Consulté le 19/04/2020.

23
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

[Link]. Google

Crée en 1998 par Larry Page et Sergey Brin, Google représente aujourd’hui un fantastique
moteur de recherche. Sans que personne ne s’aperçoive, ce dernier fait désormais partie de
notre quotidien, et nous avons du mal à imaginer notre vie sans son existence. Nous y sommes
tous ou presque. Il faut dire que le résultat est impressionnant. En quelques fractions de
secondes, la réponse à toute question, à tout mot recherché, apparaît sur notre écran, comme
par enchantement. De plus, cet accès à l’information à tout moment et sur tout sujet est l’une
des principales caractéristiques de notre société d’aujourd’hui. Toutefois, il y a certaines
choses que nous ignorons complètement sur Google, comme nous le savons tous, cet
incroyable moteur de recherche est accessible gratuitement, alors comment se fait-il qu’il est
devenu numéro 01 en termes de capitalisation boursière mondiale ? En vendant de la donnée
tout simplement, en vendant le « click », la connexion qui amènera le consommateur sur le
site marchand d’une entreprise, car toute entreprise est disposée à payer pour être en contact
avec des prospects : c’est une dépense courante 21 , autrement appelé « le système de
monétisation de la publicité ou de la position des résultats de recherche ».

[Link]. Amazon

Une entreprise américaine fondée en 1995 par Jeff Bezos spécialisée dans la vente de
livres en ligne et qui n’a cessé d’évoluer depuis, au point de devenir le leader du e-commerce
mondial.

Amazon s’est introduit dans une grande partie de nos activités et de nos transactions
quotidiennes. Plus de la moitié des personnes qui vont sur le net pour y faire des achats
démarrent leur recherche directement sur Amazon. Ce dernier vend aujourd’hui plus de livres,
plus de jouets, articles…etc qu’aucun autre distributeur22, et ne compte probablement pas en
rester là, et nous en avons une démonstration toute récente avec sa dernière idée qui consiste
en la livraison des courses en moins d’une heure ! Sans doute, cela ne concernera que les
abonnées prémium dans un premier temps. Ceci nous donne une idée des intentions de
croissance d’Amazon ainsi que sa volonté de sortir de sa zone de confort23.

21
Philippe Arraou, [Link], P.31 et 32.
22
Olivia La Vecchia& Stacy Mitchell, « Amazon, cette inexorable machine de guerre qui étrangle la
concurrence, dégrade le travail et menace nos centres-villes », Institute For Local Self-Reliance, P.5.
23
Philippe Arraou, [Link], P.32.
24
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

[Link]. Facebook

Une société américaine créée en 2004 par Mark Zuckerberg basée sur le réseau social. Il
s’agit là, d’une plateforme d’échange « entre amis » gratuite. Néanmoins, Facebook se révèle
au cinquième rang de la capitalisation boursière mondiale ! En fait, ce que nous
méconnaissons du « Business plan » de M. Zuckerberg, c’est que toutes les données qui
allaient transiter sur sa plateforme allaient être commercialisées, et il n’existe aucune société
commerciale au monde qui n’est pas intéressée d’acheter de la data (donnée) plus
précisément, d’acheter des espaces pour une publicité ciblée ou personnalisée. Par
conséquent, plus d’un milliard d’utilisateurs quotidiens de Facebook dans le monde sont
devenus, sans le savoir, des objets de négociation commerciale et des cibles parfaites de la
publicité contemporaine. Plus besoin de panneaux 4 par 3 le long des voies publiques.
Aujourd’hui, la technologie permet d’entrer dans le quotidien des consommateurs sur leur
propre terrain de réceptivité, ce qui est bien plus efficace24.

[Link]. Apple

Une entreprise multinationale américaine fondée par Steve Jobs et Steve Wozniak en 1976
spécialisée dans la création et la commercialisation de produits électroniques, ordinateurs
personnels, logiciels informatiques…etc. Apple est devenu leader du secteur micro-
informatique. Ce dernier a développé la consommation de contenus culturels digitalisés,
musiques, vidéos sur son micro-ordinateur puis en mobilité sur baladeur numérique ou iPod.
Apple a également fait émerger le marché du smartphone ou téléphone intelligent « iPhone »
qui exploite toute la richesse et la continuité avec internet25.
Le graphe ci-dessous, illustre la valorisation boursière des GAFA(M) selon la banque
mondiale :

24
Philippe Arraou, [Link], P.30 et 31.
25
Emily Metais-Wierche&David Autissier, [Link], P.14.
25
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Graphe N°1 : Comparaison du PIB 2018 et valorisation boursière des GAFAM


En milliards de dollars- au 04/12/2019
25000

20000

15000

10000

5000

0
Canada
Inde

Corée du sud
Russie

Espagne

Amazon
Pays-Bas
Google
Italie
Brésil

Australie

Microsoft

Suisse
GAFAM

France

Apple

Indonesie

Turquie
Arabie Saoudite

Suède
Chine
Japon

Pologne
Allemage

Mexique

Facebook
Etats-Unis

Royaume-Uni

Source : [Link] d’après la banque mondiale, voir site :


[Link]
les-nouveaux-maitres-du-monde/

1.3.2. Les NATU : quand l’élève dépasse son maître

Autre exemple qui illustre l’innovation et la vitesse de l’économie numérique : à peine le


monde avait-il compris et intégré les GAFA qu’il a fallu faire de la place aux NATU.
Les quatre plus belles success stories des deux dernières années, les NATU (Netflix, Airbnb,
Tesla et Uber)26.

[Link]. Netflix

Une entreprise multinationale américaine créée en 1997 par Reed Hastings et Marc
Randolph. Netflix est l’un des rares acteurs de l’ancienne économie, quand il diffusait son
catalogue de films avec de bonnes vieilles cassettes VHS, a pris le leadership mondial avec

26
Philippe Arraou, [Link], P.33.

26
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

une plateforme de streaming payante. Autrement dit, il propose via son site d’accéder à des
films, séries ou encore des documentaires en streaming (payant)27.

[Link]. Airbnb

Entreprise américaine spécialisée dans la réservation et la location de logements, fondée en


2008 par Brian Chesky, Joe Gebbia et Nathan Blecharczyk. Airbnb qui compte environ 600
employés et ne possède aucune chambre fait trembler le secteur de l’hôtellerie avec une
capitalisation boursière équivalente à celle de son concurrent Accor, qui compte 3 700 hôtels
et plus de 180 000 salariés28.

[Link]. Tesla

Qui tire son nom du célèbre inventeur Nicola Tesla, est une société américaine fondée en
2003 par Martin Eberhard et Mark Tarpenning, cependant, dirigée par Elon Musk est
spécialisée dans la production et la vente de véhicules entièrement électriques. Tesla a
d’ailleurs cassé l’image ringarde de l’électrique dans le secteur de l’automobile et a
complètement révolutionné une industrie où l’électrique était vu comme peu attractif.
Contrairement à ses concurrents, l’objectif principal de Tesla est de suggérer à ses clients un
véhicule capable d’offrir des performances, un confort haut de gamme ainsi qu’une bonne
conscience énergétique29.

[Link]. Uber

Entreprise américaine créée en 2009 par Travis Kalanick et Garrett Camp, exploitant ainsi
la technologie de la géolocalisation dont est équipé un smartphone et sa mise en contact avec
des conducteurs assurant des services de transport et ce, pour un seul et unique objectif qui est
la satisfaction totale du client.

Par ailleurs, Uber, qui compte 1 500 employés et qui n’est propriétaire d’aucun taxi, a une
capitalisation boursière estimée à 69 milliards de dollars. Ce dernier n’aurait probablement
pas existé si les taxis avaient intégré la technologie de la géolocalisation dans l’exercice de
leur fonction et si la satisfaction client avait été un peu plus au cœur de leurs préoccupations30.

27
Philippe Arraou, [Link], P.33. .
28
Idem.
29
Séminaire, «TESLA MOTORS révolutionne l’industrie automobile », stratégie d’entreprise, P.2.
30
Philippe Arraou, [Link], P.33.
27
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Autres innovations majeures des NATU, c’est d’avoir su placer le digital au centre des
usages. Ils proposent ainsi une approche centrée sur leurs fameuses plateformes, véritables
places de marché en temps réel auxquelles on accède d’abord et surtout par des applications
mobiles, les NATU ont ainsi transformé l’économie du monde réel31. Toutefois, ces derniers
ne font pas le poids face aux GAFA et ne peuvent pour l’instant les rivaliser en termes de
capitalisation boursière, néanmoins, elles s’imposent comme des leaders sur leur marché.

1.3.3. BATX et YANDEX : des alternatives nationales en plein développement


La principale concurrence pour les GAFA vient de Chine et de Russie.

 En Chine : les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) que nous allons énumérer
ci-dessous :

 Baidu : entreprise créée en 2000 par Robin Li et Eric Xu, autrement appelé
« le Google chinois » qui a su s’imposer comme quatrième site internet le plus
visité au monde.

 Alibaba : entreprise spécialisée dans le e-commerce, créée en 1999 par


plusieurs fondateurs dont Jack Ma et Joseph Tsai. Cette dernière dispose de
plusieurs plateformes totalisant ainsi plus de 420 millions de clients.

 Tencent : gère les services internet et mobiles les plus populaires en chine qui
combinent ceux proposés par les américains (Whatsapp, Apple Pay…etc).

 Xiaomi : entreprise spécialisée dans l’électronique et l’informatique,


notamment la téléphonie mobile, Créée en 2010. Xiaomi est considéré comme
étant l’Apple asiatique, ajouté à cela qu’il est à ce jour classé deuxième start-
up la plus valorisée au monde après Uber, à leurs côtés Didi, le service de VTC
le plus populaire en chine qui comptabilise 300 millions d’utilisateurs32.

 En Russie : les concurrents les plus redoutables sont Yandex ; le moteur de recherche
qui fait de l’ombre à Google, et Vkontakt ; l’alternative russe à Facebook, entrée en
2014 dans le top 10 des réseaux sociaux avec 228 millions d’utilisateurs33.

31
Lettre mensuelle de l’OMC n°51, juin 2016, P.4.
32
Idem, P.4 et P.5.
33
Ibidem, P.5.
28
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Comme les GAFA, leurs homologues étrangers ont rapidement compris qu’il leur fallait
se diversifier pour se développer et les BATX notamment ont développé des systèmes de
paiement propres, des applications de mapping, et pour certains des organismes de crédit
pour TPE ou un groupe de télévision et de production. Les raisons de ce succès tiennent à
la fois à la spécificité de leurs marchés intérieurs et à des politiques en matière
d’économie numérique qui encadrent de très près les marchés pour favoriser les
entreprises chinoises au détriment des sociétés étrangères34.

Section 2 : La numérisation en Algérie


Le monde d’aujourd’hui est en perpétuelle transformation, il est marqué par
l’avènement des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui évoluent
rapidement. La mondialisation entre dans une nouvelle phase historique, celle de « l’ère de
l’information ». Le monde devient un petit village, l’Algérie ne peut pas rester loin de cette
dynamique du développement engendré par ces technologies. Pour ce faire, elle doit saisir les
opportunités qu’offrent les TIC à l’entrepreneuriat, aux entreprises et à tout l’environnement
administratif afin de se repositionner sur la voie du développement et ne plus compter sur la
rente pétrolière qui est une richesse éphémère.
Dans cette présente section, nous allons mettre l’accent sur l’état des lieux du
numérique en Algérie ainsi que toutes les dispositions qui ont été mises dans ce contexte que
ce soit sur le plan juridique ou institutionnel.

2.1. Emergence des technologies de l’information et de la communication en


Algérie
En Algérie, l’accès à la technologie a toujours été un rêve partagé ; un rêve de
croissance et de rattrapage technologique pour les dirigeants, de promotion et de distinctions
sociales pour les agents sociaux. C’est ainsi que ce pays tente depuis près d’un demi-siècle de
promouvoir une économie industrialisée. Au cours de cette période, l’État a entrepris à deux
reprises de mettre en place une « stratégie » d’industrialisation et d’accès aux nouvelles
technologies :
 La première, bien connue, fut menée au cours des années 1970 autour des industries
dites « industrialisantes ».

34
Lettre mensuelle de l’OMC, [Link], P.5.
29
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

 La deuxième a été initiée au cours des années 1990 et portait sur « l’intégration des
technologies de l’information et de la communication ».
Financées et pilotées par l’Etat, ces deux expériences avaient en commun de revêtir une
ambition nationale. Chacune s’est accompagnée, en effet, d’un dispositif institutionnel et
organisationnel complet et relativement cohérent au plan formel. Chacune a donné lieu à la
création d’un nombre plus ou moins important d’entreprises, essentiellement publiques dans
le premier cas, mais aussi privées dans le deuxième cas. Pourtant, aucune de ces tentatives n’a
permis, dans sa démarche formelle, l’émergence de milieux innovateurs conséquents. Si
certaines entreprises ont pu exceller dans l’exploitation des technologies importées, peu
d’entre elles se sont fait connaître par des capacités remarquables de renouvellement
technologique autonome. Publiques ou privées, les entreprises mises en place se cantonnent
depuis 50 ans au rôle d’utilisatrices passives, sans contribution notable au mouvement,
désormais quasi planétaire, d’innovation technologique35.
À l’inverse, on observe l’émergence ici et là d’une créativité surprenante, venant de réseaux
informels, « parallèles » ou «underground », formés de bricoleurs et de gens parfois peu
instruits. Le fait remarquable est qu’autant les technologies qui sont mises en œuvre au sein
du dispositif formel — celui des entreprises ou même des institutions scientifiques comme
les universités et les centres de recherche — ne dépassent pas le stade d’une utilisation, au
mieux conforme au mode d’emploi, sans guère connaître une quelconque modification,
adaptation ou amélioration, autant celles qui se pratiquent en marge des prescriptions
formelles sont appropriées, adaptées, voire « détournées » de leurs usages initiaux. C’est ainsi
que la plupart des inventions et des propositions d’innovation naissent en dehors ou à la
périphérie des dispositifs mis en place.
Ces inventions restent cependant à l’état expérimental, dépassant rarement, pour ne
pas dire presque jamais, le stade du prototype. Les tentatives répétées de les traduire en
innovations se heurtent quasi systématiquement à une sorte de « mur invisible »qui empêche
leur aboutissement. Si des inventions parviennent à naître en marge de l’organisation
formelle— voire contre la logique même qui l’anime—, peu d’entre elles franchissent le seuil
de l’industrialisation, pour donner lieu à un produit ou à une qualité technologique acceptable
par le marché. En somme, si les organisations formelles s’avèrent stériles, les pratiques

35
Hocine Khelfaoui, « Accès aux technologies en Algérie : imposition ou appropriation ? », Montréal, 2011, P.2.
30
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

informelles se révèlent plus inventives, sans pour autant parvenir à traduire leurs inventions
en innovation technologique au sens schumpetérien36.
Ceci a conduit l’Etat à entreprendre une vaste réforme tant sur le plan juridique
qu’institutionnel, en dotant ce secteur d’un cadre législatif et réglementaire. C’est ainsi, que la
loi – Décret Législatif – n°2000-03 promulguée le 5 août 2000, constitue un tournant dans
l’histoire des TIC en Algérie. Elle édicte le principe de l’ouverture à des opérateurs publics et
privés du secteur des télécommunications, mettant ainsi fin au monopole de l’Etat. Cette Loi
met donc en place le cadre législatif et réglementaire nécessaire à l’ouverture du marché à de
nouveaux opérateurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Cette concurrence est amenée à
s’exercer sur la téléphonie fixe comme sur la téléphonie mobile et, au-delà, sur tous les modes
d’échange d’information modernes comme l’Internet, les liaisons par satellite ou encore les
réseaux internes d’échange d’informations37.

2.2. Les investissements de l’Algérie en matière des TIC


Les bases d’une économie numérique en Algérie ont été réalisées à partir des années
2000. C’est au début de ces années qu’Algérie Télécom (qui est actuellement le seul opérateur
de la téléphonie fixe en Algérie) et l’agence de la régulation des postes et télécommunications
(ARPT) sont créées suivies de l’ouverture du marché aux opérateurs étrangers : DJEZZI-
OOREDOO mis en concurrence avec l’opérateur algérien MOBILIS (filiale actuelle
d’Algérie Télécom) qui détenait le monopole. Durant cette même période Algérie poste est
créée et la première connexion ADSL est lancée par un provider privé, EEPAD qui a dû
mettre fin à ses activités fin 200938. Et depuis les TIC ne cessent d’évoluer, et le graphe ci-
dessous le démontre:

36
Hocine Khelfaoui, [Link], P.3.
37
Kessouri Mohamed Amine, « L’observatoire des TIC en Algérie », 2012, P.12.
38
Djilali Slimani, « Les problèmes de concurrence dans l’économie numérique en Algérie », Genève, 2019, P.7.
31
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Graphe N°2 : L’évolution de l’indice de développement des TIC (IDI-UIT)

5
4,5
4
3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017

Source : Documents sur les indicateurs des infrastructures et services postaux en Algérie – Direction Générale
de l’Economie Numérique.

2.2.1. Cybers parc

L’investissement dans les TIC (pour des raisons économiques, éducatives, de recherche,
etc.) a créé des cybers parc technologiques dans tout le territoire algérien. Ces cybers parc
visent d’un côté à rapprocher les services et produits des TIC au citoyen algérien (vente et
réparation de PC et de téléphones portables, vente et programmation de logiciels, accès à
internet, etc.) et de l’autre côté à exploiter les TIC dans les différents champs d’activité
(l’enseignement, la recherche, le partage et l’accès à l’information, etc.). Le cyber parc créé
rassemble les différents acteurs du marché algérien : les entreprises privées et publiques, les
établissements d’enseignement et de formation, les universités et les instituts, les centres de
conférence, les hôtels, etc.39

Article de l’agence nationale de développement de l’investissement (andi), avril 2017.


39

32
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

2.2.2. Le programme « e-Algérie 2013 »

Fin 2008, le programme de développement des TIC sur cinq ans « e-Algérie 2013 » dont
l’objectif principal est de généraliser les TIC dans plusieurs domaines d’application est conçu
par le ministère des postes et technologies de l’information et communication (MPTIC)
devenu récemment Ministère de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du
Numérique (MPTTN) et lancé, cependant réalisé partiellement. Le taux de réalisation de ce
projet est estimé aujourd’hui à 28%. D’ailleurs l’appellation de ce dernier fut modifiée pour
devenir « e-Algérie », car il était devenu impossible de se fixer une échéance à l’atteinte d’une
telle finalité. 90% des actions planifiées concernaient la modernisation de l’administration
publique40.

2.2.3. Numérisation des administrations publiques algériennes

La numérisation de l’administration publique est devenue une réalité et concerne un grand


nombre de documents tels que les actes d’état civil, le passeport et la carte d’identité
biométriques ainsi que les correspondances et les différents types de formulaires. La
numérisation de l’ensemble des registres de l’état civil permet désormais au citoyen d’obtenir
instantanément ses documents à partir de n’importe quelle commune ou antenne
administrative du territoire national. La mise en place du fichier national électronique des
cartes grises permet également de se faire délivrer ce document sur place41.

De même pour d’autres administrations telles que les impôts qui ont mis en ligne un
nouveau système de télédéclaration et télépaiement des impôts et taxes « Jibaya’tic », axé sur
la dématérialisation de toutes les opérations fiscales et l’automatisation intégrale de toutes les
procédures de traitement des données dont les premières prémices sont déjà visibles
aujourd’hui, au niveau de 22 centres des impôts et qui se généraliseront incessamment à la
direction des grandes entreprises (DGE) et aux centres de proximité des impôts (CPI)42.

La mise en place de ce système d’information s’inscrit dans le cadre du programme de


modernisation du Ministère des finances visant à instaurer une administration fiscale
électronique dont la finalité est d’une part, l’amélioration de l’efficacité interne de

40
Djilali Slimani, « Les problèmes de concurrence dans l’économie numérique en Algérie », Genève, 2019,
page7 et page8.
41
Lounes Houda, « L’administration électronique en Algérie, entre plan et réalisations », 2018, P.502.
42
Bulletin d’information de la Direction Générale des Impôts « Modernisation de l’administration fiscale »,
N°90/2018.
33
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

l’administration et renforcer la relation entre l’administration fiscale et les contribuables en


leur offrant des services de qualité (accès direct à leur compte fiscal, télédéclaration et
télépaiement, consultation du calendrier fiscal…etc.) d’autre part43.

Par ailleurs, Algérie Poste de son côté a levé le voile en 2017 sur sa nouvelle carte
interbancaire (CIB) « Edahabia », ce qui a lancé définitivement le service de paiement en
ligne chez les clients de la poste. Ce sont près de 20 millions cartes qui ont été distribuées aux
clients. Cette nouvelle carte de paiement est attribuée aux détenteurs de comptes CCP ce qui
leur permet d’effectuer tout type de transactions sur internet notamment le règlement des
factures d’eau et d’électricité, mais aussi l’achat et le paiement de produits sur le Web via la
plateforme « BaridiNet »44.

Tableau N° 2 : Le nombre de cartes CIB actives entre 2017 et le 1er semestre 2018

Indicateur 2017 1er semestre 2018

Nombre de cartes Edahabia


CIB (retrait/paiement) 4 097 010 4 799 693
actives
Source : Documents sur les indicateurs des infrastructures et services postaux en Algérie – Direction Générale
de l’Economie Numérique.

Graphe N° 3 : Nombre de cartes Edahabia CIB (retrait/paiement) actives

4 799 693
4 097 010

2017 1 er sem 2018

Source : Documents sur les indicateurs des infrastructures et services postaux en Algérie.

43
Bulletin d’information de la Direction Générale des Impôts, [Link], N°90/2018.
44
Revue des nouvelles technologies « N’TIC », éd Sense Conseil, Alger, 2017, P.6.
34
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Durant le 1er Semestre 2018, le Nombre de cartes Edahabia (retrait/paiement) actives a connu
une croissance de 17,15% par rapport à l’année 2017.

2.2.4. La téléphonie mobile

S’agissant de la téléphonie mobile, ce domaine en pleine expansion, est marqué par


l’émulation de trois opérateurs en lice sur le marché, totalisant ensemble près de 45 millions
d’abonnés avec des offres de plus en plus diversifiées, à des prix concurrentiels. La téléphonie
mobile de technologie 3G, mise en œuvre depuis 2014, s’est déployée graduellement sur
l’ensemble du territoire national ; elle s’est étendue au cours de l’année 2016 à la technologie
4G, de très haut débit, permettant la facilitation de la vie digitale de l’entreprise et du
citoyen45.

Tableau N° 3 : Nombre d’abonnés par technologies

2014 2015 2016 2017 2018


GSM 34 789 121 26 706 268 20 125 227 14 385 131 11 629 246
3G 8 509053 16 684 697 24 227 985 21 592 863 19 239 448
4G / / 1 464 634 9 867 671 20 621 452
Total 43 298 174 43 390 965 45 817 846 45 845 665 51 490 146
Source : Documents sur les indicateurs des infrastructures et services postaux en Algérie – Direction Générale
de l’Economie Numérique.

Graphe N°4 : Comparaison entre l’année 2017 et l’année 2018 en fonction du nombre
d’abonnés par technologies

2017 2018
22%
47% 4G 4G
37%40%
31% GSM GSM
23%
3G 3G

Source : Documents sur les indicateurs des infrastructures et services postaux en Algérie.

45
Agence nationale de développement de l’investissement (andi), voir site :
[Link] consulté le 26/04/2020

35
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

En 2018 plus de 40% d’abonnés mobiles sont des abonnés 4G soit avec une augmentation de
81,8% par rapport à 2017. Cela est expliqué par le choix de la technologie offrant le meilleur
débit.

2.2.5. Les télécommunications par satellite

En complément aux réseaux terrestres et sous-marins, plusieurs actions ont été menées et
d’autres sont en cours, dans le domaine des télécommunications par Satellite, pour
la réalisation d’un ensemble de plateformes offrant aux usagers une multitude de solutions en
termes de télécommunications et de service par satellite (VSAT, IP phone, Visioconférence,
Géo localisation)46.

Cependant, beaucoup de chantiers restent inachevés ou pas encore entamés. En particulier


les services destinés à faciliter la création d’entreprise ou ceux lui permettant d’exécuter ses
opérations courantes telles que le paiement de ses factures.

2.3. Les réformes engagées

2.3.1. Les grands axes législatifs révolutionnant le secteur des TIC :

La législation du secteur de la poste et des TIC est passée par trois (03) grandes étapes :

 L’étape du monopole que consacrait l’ordonnance n°75-89 portant code des postes et
des télécommunications, étape durant laquelle l’Etat était le fournisseur direct et
unique des activités de la poste et des télécommunications. La poste et les
télécommunications étaient alors un service public fourni par l’administration à
l’usager.

 L’étape de l’ouverture de la concurrence initiée par la loi 2000-03 qui a introduit les
mécanismes du marché dans le secteur de la poste et des TIC.

 L’étape de la mise à niveau du cadre législatif régissant les activités du secteur qui
s’est traduit par la promulgation de la loi 18-04, qui intervient pour s’adapter aux

46
Agence nationale de développement de l’investissement (andi), voir site :
[Link] consulté le 26/04/2020.
36
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

développements socioéconomiques nationaux et internationaux ainsi qu’aux progrès


techniques et technologiques enregistrés depuis l’année 200047.

2.3.2. Mesures en faveur du développement de l’usage des technologies numériques (Loi


de finances 2020) :

Le législateur algérien renforce et perfectionne ses dispositions législatives afin de répondre


aux besoins de plus en plus exigeants pour règlementer le travail dans les TIC, protéger les
droits des clients et des investisseurs et punir les infractions perpétrées dans ce domaine.
Voici les dernières mesures régissant ce domaine :

 Introduction de la taxe judiciaire d’enregistrement applicable aux certificats de


nationalité et les casiers judiciaires et exemption des de cette taxe des certificats
délivrés par voie électronique (Art.32 LF 2020) ;
 Institution de l’ancrage légal permettant aux personnes et entités relevant des CDI et
CPI de souscrire leurs déclarations fiscales et de s’acquitter des impôts et taxes dont
elles sont redevables par voie électronique (Art.65 LF 2020).
Suite à la mise en production progressive des nouvelles fonctionnalités du système
d’information « Jibaya’tic » au niveau des centres des impôts et des centres de proximité des
impôts, les dispositions de l’article 65 de la loi de finances pour 2020 ont prévu la mise en
place d’un ancrage légal permettant aux personnes et entités relevant des CDI et CPI de
souscrire leurs déclarations fiscales et de s’acquitter des impôts et taxes dont elles sont
redevables par voie électronique.
Toutefois, ces dispositions seront mises en œuvre progressivement et ce, jusqu’au
déploiement total de la solution informatique au niveau desdits centres.

 Elargissement des instruments de paiement électronique


L’article 111 de la LF pour 2020 modifie l’article 111 de la LF pour 2018 qui avait pour but
de rendre obligatoire l’utilisation des terminaux de paiement électroniques (TPE).
Cette mesure vise à revenir sur cette obligation et d’autoriser tous moyens de paiement
électroniques qui soient acceptés par les banques algériennes.
Cette mesure aura comme impact positif de lutter contre le circuit informel de l’économie.

47
Voir site officiel du Ministère de la Poste et des Télécommunications ;
[Link] consulté le 06/05/2020.
37
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Les agents économiques doivent se conformer à ces dispositions, au plus tard le 31 décembre
2020.

2.4. L’impact sur l’environnement économique du pays

L’étendu du marché algérien ainsi que les facilités visant la promotion de


l’investissement en Algérie ont captivé plusieurs entreprises. Certaines d’entre elles ont même
créé des ateliers de production (Condor par exemple) pour produire au pays, d’autres ont
monté des agences afin de promouvoir leurs produits et garantir ainsi leurs parts du marché
(Samsung, Nokia…etc). Par ailleurs, de nombreuses entreprises étrangères et nationales
spécialisées dans les prestations de services en matière de TIC ont été créées en Algérie telles
que : Mobilis, Djezzy et Ooredoo.

Nul ne doute aujourd’hui des opportunités offertes par les TIC en termes de
croissance, de création d’emploi (140 000 emplois en Algérie), d’amélioration des conditions
de vie (meilleur accès à l’éducation, à la santé…etc.), comme levier d’inclusion sociale et
financière48. Selon le MPTIC, le chiffre d’affaires global du marché TIC en Algérie aurait
dépassé les 5 milliards de dollars en 2011, dont 4.5 milliards de dollars pour le seul secteur
des télécoms49.

48
Rachid Jankari, « Les technologies de l’information au Maroc, en Algérie et en Tunisie », IPEMED, Paris,
2014, P.6.
49
Idem, page 10.
38
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie

Conclusion du chapitre

Les TIC s’imposent en tant qu’une intervention de première nécessité à apporter pour
garantir le bien-être dans tous les domaines de vie et d’activité. D’après Emmanuel Macron
« Ignorer aujourd’hui les bouleversements à l’œuvre, ou chercher à les contourner, c’est se
condamner à les subir demain de plein fouet. Il y a plus d’opportunités que de danger dans la
transformation numérique, à condition de l’embrasser ».
Sur l’environnement concurrentiel, la nouvelle donne est intégrée. L’irruption de
nouveaux acteurs issus du numérique a rebattu les cartes de l’accès au marché en moins de
deux décennies et certains d’entre eux sont désormais le mètre-étalon à l’aune duquel se
mesurera chaque étape d’une transformation digitale.
Sur le versant “marché”, le client est désormais au centre des attentions. L’enjeu est
bien ici de faciliter la vie du citoyen, accommoder le travail des employés et améliorer les
services fournis... L’Algérie quant à elle accorde un intérêt certain à la recherche scientifique
et à la production technologique et ce, d’après les projets et les programmes consentis en
matière des TIC. Ainsi qu’elle a conduit une réforme de fond, basée sur l’ouverture des
marchés des télécommunications et de la poste qui s’est traduite par un meilleur accès aux
réseaux de l’information.
Cependant, penser digital c’est accepter que l’entreprise devienne ce que les
consommateurs font, disent et attendent d’elle. Evidemment, cela peut bousculer certaines
certitudes, apprendre de nouveaux codes. L’intégration du digital à l’ADN des entreprises ne
peut que s’accentuer et continuer à croître dans le futur. A cet égard, il est essentiel d’aborder
les pratiques d’intégration du numérique dans les entreprises.

39
Chapitre II :
L’impact de la
digitalisation sur les
entreprises et les métiers
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Introduction
A l’instar du 19ème siècle connu par la révolution industrielle, le 21ème siècle lui aussi a
connu des révolutions techniques et technologiques bousculant les secteurs économiques. De
nouvelles perspectives s’imposent, d’après EY ; l’un des plus importants cabinets d’audit
financier et de conseil au monde ; « nous devons passer d’une logique centrée produit à des
produits et services connectés ».

En quelques années ; une nouvelle donne s’est imposée comme moteur de croissance
des économies : « La digitalisation ». L’économiste Joseph Schumpeter nous rappelle « il ne
peut y avoir de véritable création sans destruction d’un passé, ce qu’il faut accepter ».
Désormais, les succès économiques ne reposant plus sur la richesse des matières premières
comme ce fut le cas durant les trente glorieuses, mais plutôt sur un capital immatériel comme
source d’avantage compétitif.

A l’heure où le digital ne cesse d’évoluer et de gagner en importance au sein de notre


quotidien, la fiabilité, la recherche, la simplicité, la confidentialité, l’immédiateté, la
personnalisation de la relation et enfin l’omnicanalité des transactions font que les habitudes
d’achat et de consommation soient tout aussi bouleversées. Pour cela, il devient donc essentiel
pour les entreprises de s’adapter afin d’offrir des services et des produits qui répondent aux
nouvelles attentes des clients. Les entreprises doivent donc embrasser le digital pour répondre
aux nouveaux usages.

Dans ce présent chapitre, nous allons voir à quel point les entreprises et les métiers
sont touchés par le phénomène que l’on appelle « digitalisation », et qu’en est-il des
entreprises algériennes.

41
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Section 1 : Digitalisation et transformation des métiers et des


entreprises

Dans un monde toujours aussi connecté, les modèles d’affaires dits traditionnels sont
chamboulés et les dirigeants n’ont guère le choix que de faire subir une transformation
digitale à leurs entreprises afin que ces dernières restent compétitives dans un environnement,
où la concurrence devient de plus en plus rude. Ce qui implique un changement des
comportements, des esprits ainsi que des métiers.

1.1. L’entreprise au cœur de la numérisation


Etant donné que la digitalisation n’est pas un phénomène passager touchant ainsi
pratiquement tous les secteurs, les entreprises doivent s’adapter aux changements causés par
ce dernier. D’après l’économiste Théodore Levitt : « Le futur appartient à ceux qui voient les
possibilités avant qu’elles ne deviennent évidentes », comme ce fut le cas des GAFA.

Désormais, le numérique prend une place très importante dans notre vie quotidienne,
tout va de plus en plus vite, nous sommes connectés du matin au soir et plus de 50% de notre
communication passe par internet. A cet effet, les innovations digitales ont conduit à la
progression des besoins et habitudes des individus que ce soit au niveau personnel ou
professionnel50.

Cependant, le digital n’est plus forcément un moyen d’assurer les relations avec les
clients, mais il est au cœur de :

 La stratégie de l’entreprise ;

 Ses processus de travail ;

 Son business plan51.

50
Extellient, « La digitalisation des entreprises, un enjeu stratégique », voir site
[Link] consulté le 20/05/2020.
51
Idem.
42
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

1.1.1. La transformation digitale n’est plus une option mais une nécessité

Les motivations qui poussent les dirigeants à s’engager dans un processus de


transformation digitale vont au-delà d’une simple volonté de modernisation. Selon l’étude
menée conjointement par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et capgemini
consulting (entreprise de service du numérique), les entreprises subissent aujourd’hui trois
(03) pressions les engageant à s’inscrire dans un processus de transformation digitale :

 Une pression provenant des clients de l’entreprise ;

 Une pression provenant des concurrents ;

 Une pression provenant des employés52.

D’une part, l’adoption des technologies par les clients incite voire oblige l’entreprise à
effectuer sa transformation digitale afin qu’elle puisse rester sur le marché et ainsi satisfaire
les besoins de ses clients qui deviennent de plus en plus exigeants53, comme dit le dicton :
« Le client est roi ». Selon Joël Gueguen (ingénieur en informatique au sein d’une société de
service) ; la méthode de digitalisation consiste souvent à expérimenter, mesurer et améliorer
en permanence les produits et services en tenant compte du retour des utilisateurs.

D’autre part, les entreprises traditionnelles sont confrontées depuis quelques années à
l’émergence d’entreprises entièrement digitales qui se révèlent être des concurrents
redoutables. Ces entreprises ont su établir un lien fort avec leurs clients grâce à leur présence
sur Internet et à une forte réactivé dans leur prise de décisions. Ainsi, pour éviter
l’obsolescence de leurs produits et services et la perte de parts de marché, ces entreprises non
modernisées doivent entamer leur transformation digitale pour améliorer leur chiffre
d’affaires et ainsi rester compétitives dans un monde en pleine mutation54.

Le tableau ci-dessous, représente les points clés d’une nouvelle manière de conduire :

52
Etude du cabinet Mille-Alliance, « La transformation digitale des entreprises », Novembre 2015, P.6.
53
Idem.
54
Ibidem.
43
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Tableau N° 4 : Comparaison entre ancienne et nouvelle approche

Ancienne approche Nouvelle approche


Contrôle Confiance
Communication descendante (top-down) Communication transparente, en réseau
Compétences plus importantes que le Comportement aussi important que les
comportement compétences
Résultats à court terme Résultats à long terme
Postes de travail fixes Mobilité et flexibilité
L’argent comme source de motivation Le sens comme source de motivation
Crainte de l’erreur Echecs fréquents, mais rapides et peu coûteux
Enrichissement des actionnaires Epanouissement de toutes les parties prenantes de
l’entreprise
Source : Christian Petit, « Les entreprises face au défi de la digitalisation », édition IDHEAP, Genève, 2017,
page 16.

1.1.2. Les enjeux d’une entreprise digitale

La transformation qui se prépare est encore plus radicale sous deux angles
complémentaires :

 L’information sera typiquement produite et échangée au sein de l’entreprise à travers


des outils mobiles rendant ainsi la forme matérielle classique des structures de
l’entreprise complètement obsolète ;

 L’information ne sera plus échangée entre l’homme et sa machine uniquement, mais


les flux d’information seront produits et dirigés par les machines sans intervention
humaine et ce, dans de nombreuses situations55.

1.2. L’impact de la digitalisation sur les métiers

La révolution digitale s’impose comme processus de disruption créatrice, elle


transforme les métiers, elle en métamorphose d’autres « il y a bien évidemment un volet
création d’emplois qui pourrait être plus puissant que celui entraînant la disparition des

55
Jean-Pierre Corniou, « La transformation numérique au service de la croissance », ed Fondapol, Paris, 2011,
P.29.
44
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

métiers. C’est un exercice très difficile que d’imaginer des métiers qui n’existent pas encore,
un exercice qui nécessite de faire preuve d’une imagination prospective importante.
Néanmoins, certains se sont essayés à cet exercice pour déterminer les contours du marché
du travail de demain ».

1.2.1. Disruption créatrice de métiers

La vitesse dont la technologie s’est évoluée au cours de ces dernières années est plus
qu’impressionnante. Elle bouscule notre société de fond en comble, tous les secteurs
d’activité, toutes les organisations sont touchés par la transformation numérique plus
particulièrement le monde du travail. Mais qu’en est-il, qu’en sera-t-il de l’ensemble des
emplois ? Certains seront-ils amenés à disparaître, d’autres à évoluer en profondeur ?
Plusieurs études se sont intéressées à la phase disruption du cycle schumpétérien classant
ainsi les banques, les assurances, les professions médicales, les métiers juridiques,
l’enseignement, les agences de communication, les constructeurs automobiles, et bien d’autres
activités sur la « hit list » de la disruption56.
Les études et les analyses réalisées sur cette disruption
 John Maynard Keynes : prévoyait que d’ici la fin du XXe siècle, la
technologie aurait détruit les emplois aliénants et pénibles. Une intuition
qui se révèle exacte : le classement de la Direction de l’Animation et de la
Recherche, d’Etudes et des Statistiques (DARES) des métiers les plus
pénibles se superpose avec celui des métiers menacés57.

 En 2013, l’étude de deux chercheurs de l’Université d’Oxford, Carl Benedikt


Frey et Michael Osborne, spécialistes de l’impact de la technologie sur l’emploi,
et le Cabinet de Conseil Deloitte : faisait l’effet d’une bombe, aux Etats-Unis, 47%
des emplois étaient déclarés menacés dans les vingt prochaines années par les récentes
innovations technologiques. Ce chiffre s’appuyait sur un postulat : un emploi est
exposé dès lors que 70% des tâches qui le composent sont susceptibles d’être
automatisées58. Le tableau ci-dessous représente les métiers les plus menacés59 :

56
Philippe Arraou, [Link], P.22.
57
Erwan Tison, « L’impact de la révolution digitale sur l’emploi », Institut Sapiens, 2017, P.5.
58
INFFO Formation n°957, « Ces métiers que la digitalisation transforme », 2019, P.2.
59
Emmanuel Okamba, « Transition digitale et reconfiguration des métiers dans les organisations : le rôle du
manager de transition », France, 2018, P.7.
45
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Tableau N° 5 : L’évolution des métiers selon leur degré d’empathie

Rang Métier % de chance de


disparition
1 Démarcheur téléphonie 99,0%
2 Dactylographie 98,5%
3 Secrétaire juridique 97,6%
4 Gestionnaire de compte financier 97,6%
5 Peseur, niveleur ou trieur 97,6%
6 Testeur ou inspecteur 97,6%
7 Administrateur des ventes 97,2%
8 Expert-comptable 97,0%
9 Responsable financier 97,0%
10 Employés d’assurance 97,0%
11 Employés de banque 96,8%
12 Employés d’administration financière 96,8%

13 Directeur d’ONG 96,8%


14 Responsable administratif au niveau local 96,8%
15 Bibliothécaire 96,7%
16 Assembleur 96,7%
17 Opérateur dans l’industrie du bois et du 96,5%
papier
18 Opérateur de communication 96,5%
19 Standardiste 96,5%
20 Opérateur dans l’industrie textile 96,1%
Source : les métiers les plus menacés d’après Carl Benedikt Frey et Michael Osborne (2013)

 L’anthropologue David Graber ; professeur à la London School of Economics :


juge que les robots vont éradiquer ce qu’il nomme les « bullshit jobs », ces emplois
inutiles qui ne portent aucun sens ni pour l’employeur ni pour l’actif occupant60.
 L’institut Sapiens : « Au total, selon nos estimations, ce sont près de 2,1 millions
d’actifs concentrés dans ces 5 métiers qui ont une forte probabilité de voir leur emploi

60
Erwan Tison, [Link], P.5.
46
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

disparaître dans les prochaines années » 61 , les cinq (05) métiers en question sont
énumérés ci-dessous :
 Les employés de banque et assurance : la banque et les assurances sont les
secteurs les plus touchés par ce phénomène de digitalisation. Aujourd’hui, la
digitalisation facilite, automatise et minimise un ensemble d’opérations
pénibles et routinières. De ce fait, les acteurs traditionnels n’ont guère le
choix ; soit ils l’adoptent et apprennent à faire avec, soit ils vont disparaître62.
Cependant, les fonctionnaires de la banque et des assurances qui sont
contraints de disparaître sont principalement : les agents de guichets, les
employés de services techniques et les commerciaux. Ceci est dû à la
digitalisation de la plupart des services bancaires ainsi que l’émergence des
technologies financières63. Par ailleurs, la banque et les assurances ne comptent
plus que 253 000 employés, contre 323 000 en 1986. Selon les estimations
faites par Erwan Tison (macro-économiste), elle risque de ne plus n’en
compter aucun d’ici 2038 à 2051, alors que le métier embauchait encore près
de 2% de la population active il y’a 30 ans64.

 Les employés de comptabilité : Ce secteur comme de nombreux autres fait


face à ce que nous appelons «digitalisation ». De nos jours, plusieurs logiciels
sont apparus automatisant ainsi certaines opérations, ce qui a permis aux
entreprises d’externaliser la fonction comptable. Des cabinets spécialisés
traitent la comptabilité de plusieurs compagnies désormais, ce qui impacte
négativement la masse salariale et ça ne s’arrêtera forcément pas ici, car
d’autres études s’avèrent encore plus pessimistes en ce qui concerne la
profession ; les jeunes qui font actuellement des études et qui comptent devenir
de futurs experts-comptables ne pourront exercer ce métier toute leur vie, et
seront obligés de se réorienter et donc suivre une nouvelle formation au cours
de leur carrière. Cette formation est primordiale afin d’éviter que la

61
Erwan Tison, [Link], P.5.
62
Laurent Corbiere, « La digitalisation : un enjeu stratégique pour le secteur banque et assurance », 2019. Voir
site [Link]
et-assurance/ consulté le 27/05/2020.
63
Erwan Tison, [Link], page 8.
64
Idem.
47
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

digitalisation qui est notamment à l’origine de l’extinction de plusieurs emplois


ne se transforme en une vraie crise sociale. Erwan Tison montre également que
conjointement, d’autres secteurs évoluent et recrutent de plus en plus. En
revanche, les fonctions proposées nécessitent un niveau d’étude assez élevé.
Ce qui veut dire que dans les prochaines années, la seule chose qui pourra
sauver les individus du chômage est bel et bien leur compétence65.

 Les secrétaires de bureautique et de direction : Avec l’avènement des


technologies, le métier de secrétaire de bureau et de direction a été lourdement
affecté. Autrement dit, ce métier n’est plus exercé au sein des entreprises elles-
mêmes mais par des prestataires de services qui se mettent à la disposition de
leurs clients en permanence. Contrairement au secrétariat traditionnel qui n’est
disponible que pendant les heures ouvrables, ces prestataires spécialisés sont
disponibles à tout moment et de manière constante66.

 Les caissiers : La robotisation est à l’origine de nombreuses destructions


d’emplois dont le métier de caissier et les employés de libre-service. Les
caisses automatiques ont envahi notre monde dernièrement, ceci permet aux
clients de gagner du temps tout en facilitant leur passage en caisse. Toutefois,
cette automatisation ne joue pas au profit des salariés car la masse salariale a
connu une baisse importante au cours de ces dernières années67.

 Les manutentionnaires : Le métier de manutentionnaire fait partie des


métiers les plus fastidieux et moins sécurisants, et qui est en voie de disparition
et ceci est dû au remplacement au fur et à mesure des professionnels par des
robots manutentionnaires, utilisés par exemple dans les entrepôts des grands
groupes de commerce en ligne qui permettent une plus grande productivité68.

65
Erwan Tison, [Link], p.10.
66
Idem, p.12.
67
Ibidem, p.14.
68
Dito, p.16.
48
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Graphe N°5 : Variation des effectifs par métier entre 1986 et 2016 selon l’institut
Sapiens

30%

20%

10%

0%
Employés de la Secrétaire de Ouvriers non Employés de la Caissiers, employés Total population
-10% banque et des direction qualifiés de la comptabilité de libre service active
assurances manutention
-20%

-30%

-40%

-50%

Source : Erwan Tison, « L’impact de la révolution digitale sur l’emploi », Institut Sapiens, 2017, p6.

1.2.2. Des secteurs dans l’œil du cyclone numérique

Comme nous l’avons précédemment constaté, la numérisation a chamboulé tous les secteurs
sans exception. Le monde du travail a été principalement affecté.

L’apparition de nouveaux outils tels que les smartphones, tablettes, logiciels…etc, et leur
incorporation au travail nécessite de développer ou d’acquérir de nouvelles compétences 69
notamment, ce que l’on appelle les soft skills telles que : la créativité, la capacité à manager, à
négocier avec les autres, à former…etc 70 . Ceci engendre également de nouveaux métiers,
transforme ou modifie des métiers déjà existants, d’autres sont amenés à disparaître71.

Par ailleurs, aucune des fonctions de l’entreprise n’est épargnée de ce changement. De ce


fait, elle se voit donc dans l’obligation de s’y adapter. D’après Hervé Monange (conseiller
spécial) : « Il est important d’y voir clair afin de se préparer le plus vite possible- mais sans

69
Bruno Mettling, « Transformation numérique et vie au travail », 2015, page7.
70
INFFO formation n°957, [Link], p.12.
71
Bruno Mettling, [Link], p.7.
49
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

précipitation- à cette disruption qui implique non seulement les métiers, mais aussi
l’organisation du travail ». Il est donc primordial pour les entreprises de placer au cœur de
leur stratégie une formation continue afin que cette transition numérique soit source
d’opportunités pour les salariés (Mc Kinsey)72.

Cependant, de nouveaux paradigmes et de nouveaux modes de travail ont vu le jour grâce à


la digitalisation parmi lesquels :

[Link]. Le télétravail

Selon le dictionnaire Le Robert, le télétravail représente « une activité professionnelle


exercée à distance (d’une entreprise), grâce aux outils de la télécommunication ». En
revanche, un télétravailleur peut exercer en tant que salarié comme il peut exercer en tant que
travailleur indépendant. Par ailleurs, ce nouveau mode de travail a de nombreux avantages
que ce soit pour l’entreprise ou pour les employés selon certaines études.

 Pour l’entreprise : le télétravail lui permet de réduire ses coûts, améliore la


productivité, simplifie son management ainsi qu’il facilite le recrutement ; il est plus
facile pour l’entreprise d’engager des personnes handicapées ne pouvant pas travailler
que de leur domicile73.

 Pour les employés : ceci leur permet de gagner du temps tout en évitant le
déplacement quotidien au lieu de travail, c’est un moyen d’échapper au stress lié aux
relations entre collègues, aux horaires à respecter…etc sans pour autant perdre son
salaire, comme il permet également une certaine conciliation entre le travail et la vie
de famille vu que la majorité des télétravailleurs effectuent leur mission de chez eux74.

Toutefois, le télétravail a certains inconvénients que nous allons citer comme suit :

 Une autonomie obligatoire : le télétravailleur n’a pas d’horaire fixe ni de supérieur


pour l’initier, ce qui l’oblige à s’organiser et s’encadrer lui-même afin d’atteindre les
objectifs préalablement fixés par son employeur ;

72
INFFO formation n°957, [Link], p.12.
73
Diane-Gabrielle Tremblay, Catherine Chevrier & Martine Di Loreto, « Le télétravail comme nouvelle forme
d’organisation du travail », Québec, 2007, p.8.
74
Idem, p.9.

50
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

 L’isolement : le fait de travailler à domicile et à plein temps implique l’absence de


collègues, pour cela les personnes risquent de se sentir seules ;

 Certaines personnes trouvent leur matériel informatique obsolète et moins performant


qu’au bureau75.

A ne pas oublier aussi, qu’en raison de la crise sanitaire du Covid 19 à laquelle fait face le
monde actuellement, les gens ne peuvent plus se déplacer ou sortir comme ils avaient
l’habitude de faire que ce soit pour se rendre au travail, à l’école ou ailleurs. De ce fait, les
entreprises se sont trouvées dans l’obligation d’organiser le télétravail pour faire en sorte que
l’activité continue sans pour autant faire de déplacement et ainsi éviter que la situation ne
s’aggrave davantage.

[Link]. La robotisation

Suite aux progrès technologiques, les robots entrent dans une nouvelle ère et leur champ
d’action s’étend progressivement à tous les domaines : médecine, agriculture, logistique…etc.

Cependant, d’après les études préalablement réalisées nous déduisons qu’il y a deux (02)
parties opposantes. D’une part, il y a ceux qui prétendent que la robotique va engendrer la
création de nombreux emplois et d’autre part, il y a ceux qui sont convaincus que les robots
vont causer la destruction d’emplois, autrement dit ; l’humain va être remplacé par le robot.

Par ailleurs, le secteur d’activité le plus touché par la robotisation est bel et bien « la
logistique », le géant du commerce et de la logistique « Amazon » en est le meilleur exemple,
ce dernier a acquis « Kiva Systems » ; une société qui fabrique des systèmes de robotique
mobile dont le nom est devenu aujourd’hui « Amazon Robotics », qui lui permet de disposer
de robots qui peuvent mouvoir des racks entiers pour préparer les commandes76. Ajouter à
cela, Amazon développe un projet de drones livreurs de colis, qui sera en marche dans un
futur proche77.

75
Diane-Gabrielle Tremblay, Catherine Chevrier & Martine Di Loreto, [Link], p.12.
76
Adecco Group, « Digitalisation et robotisation : réinventer les métiers ? », livre blanc informatif n°07, France,
2016, p.14.
77
INFFO formation n°957, [Link], p.13.
51
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

[Link]. Automatisation de la chaîne de distribution

Les codes-barres sont présents dans la chaîne de distribution et de la logistique au niveau


des produits, des colis et des palettes. C’est à la fois, un moyen de contrôle et de traçabilité
des flux et de gestion de stocks78.

Définition : selon le dictionnaire Le Robert, le code-barres se définit comme étant « un


code constitué d’une série de traits verticaux comportant des informations identifiant
instantanément le produit ainsi étiqueté : sa dénomination, son prix, sa référence dans le
stock, etc. l’interprétation de ce code est effectuée par un lecteur optique spécifique ».

L’utilité des codes-barres

Dans la grande distribution, le code-barres permet entre-autres :

 D’entrer rapidement un produit en stock ;

 D’en connaître l’origine (le pays d’où provient le produit en question, son
fabricant…etc) ;

 D’en faciliter le réapprovisionnement ;

 D’automatiser la sortie des stocks et d’obtenir un inventaire simplifié permanent ;

 De gagner du temps en caisse.

La vérification des codes-barres

Les fabricants, imprimeurs, sous-traitants ainsi que les logisticiens sont les seuls responsables
de la qualité et de la performance des codes-barres qu’ils impriment. Pour cela, ils sont dans
l’obligation de mettre en place un système de contrôle qualité des codes. Cela nécessite
l’utilisation des outils de vérification notamment ceux conformes aux normes ISO/IEC 15415,
15426,…etc79.

78
Axicon, « La vérification des codes à barres », Paris, p.2.
79
Idem, p.4.
52
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Toutefois, de nouveaux codes comme le code QR (Quick Response Code) sont apparus
dernièrement sur les panneaux publicitaires, sur certains produits (tablettes de chocolat par
exemple)…etc. Ces derniers sont décryptés par smartphone80.

1.3. La digitalisation du domaine de la comptabilité


Le monde est en mutation continue, et l’homme n’a point le choix que de s’y adapter,
selon Socrate : « Ce qui fait l’homme, c’est sa grande faculté d’adaptation ».

La majeure partie des entreprises a subi ou est en train de subir une transformation
digitale, ce qui impacte la comptabilité en vue de son importance et de sa nécessité au sein de
l’entreprise. Cette dernière est à la fois un outil de gestion, d’information et de prévision,
ajoutons à cela qu’une comptabilité bien tenue révèle clairement la situation financière d’une
entreprise. Toutefois, la tenue de la comptabilité est une tâche chronophage et l’apparition de
nombreux logiciels spécialisés dans la facturation, la paie, la gestion des immobilisations…etc
a rendu la tâche plus ou moins facile. Ces derniers sont fiables et disponibles sur internet et
dans les grands magasins comme on peut les obtenir auprès des sociétés spécialisées.

80
Axicon, [Link], p.2.
53
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

1.3.1. Le logiciel comptable

Le schéma ci-dessous illustre les principales fonctions d’un logiciel comptable

Figure 01 : Principales fonctions d’un logiciel comptable

Tenir la comptabilité
générale de
l’entreprise
Gérer les
Exporter les
transactions
données
comptables avec les tiers

Générer les Lettrer les


états synthèse comptes
auxiliaires

Gérer les
Utiliser des
ouvertures et
modèles
clôtures des
d’enregistrement
exercices
comptable
Sauvegarder les
données
comptables

Source : MAZARS, Dar El Moukawil, p.5.

54
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Décortication du schéma précédent

Si on décortique le schéma ci-dessus, on obtient ceci :

1- Tenir la comptabilité générale de l’entreprise :

 Comptabilisation des factures (achats/ ventes) ;

 Comptabilisation des opérations bancaires ;

 Comptabilisation des immobilisations ;

 Comptabilisation des opérations diverses ;

 Comptabilisation des écritures de fin d’exercice.

2- Gérer les transactions avec les tiers :

 Permet des consultations des comptes généraux et auxiliaires (comptes clients,


comptes fournisseurs…etc.) ;

 La prise de connaissance des soldes de comptes de tiers.

3- Lettrer les comptes auxiliaires :

 Poursuivre efficacement les créances et les dettes et procéder à l’archivage des


mouvements soldés ;

 L’édition du grand livre, en ne prenant en considération que les mouvements non


lettrés (non soldés).

4- Utiliser des modèles d’enregistrement comptable :

 Un logiciel comptable permet d’utiliser des modèles d’enregistrement permettant de


faciliter la tâche à l’utilisateur.

5- Sauvegarder les données comptables :

 Un logiciel comptable permet l’archivage des informations comptables, cependant des


tests d’archivage périodique doivent être effectués par l’entreprise pour s’assurer de la
sauvegarde des données utiles et la suppression de celles qui sont inutiles.

55
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

6- Gérer les ouvertures et clôtures des exercices :

 L’automatisation des ouvertures et clôtures des exercices comptables, et donc la


minimisation des risques d’erreur.

7- Générer les états de synthèse :

 Balance générale, grand livre et les différents journaux ;

 Bilan comptable, compte de résultat, état des soldes de gestion…etc.

8- Exporter les données comptables :

 L’exportation de tout ou une partie de la comptabilité pour l’intégrer, par exemple


dans le logiciel de son expert-comptable ;

 L’importation des données également81.

Les avantages d’un logiciel comptable

Ce dernier permet entre autre de :

 Gérer son entreprise au quotidien : autrement dit, gérer l’ensemble des obligations
comptables de l’entreprise et être informé en temps réel sur sa situation financière ;

 Accompagner le développement de son entreprise : plus l’entreprise évolue plus le


nombre de transactions réalisées avec les tiers augmente, et ce logiciel permet de
répertorier l’ensemble de ces transactions ;

 Gagner du temps : l’automatisation de certaines tâches permet à l’entrepreneur de se


consacrer à son cœur de métier ;

 Limiter le risque d’erreur : telles que les écritures en double, les écritures non
équilibrées…etc ;

 Unifier l’information : ce logiciel permet l’unicité de l’information, et donc une


meilleure lecture des états synthèse82.

81
MAZARS, « Les logiciels comptables », Dar El Moukawil, p.6, p.7 et p.8.
82
Idem, p.4.
56
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

1.3.2. La dématérialisation des documents comptables

Durant ces dernières années, nous avons beaucoup entendu parler de ce que l’on appelle
« Dématérialisation ». C’est en effet, un sujet d’actualité alors qu’est-ce-que la
dématérialisation ? Et en quoi est-elle utile ?

La dématérialisation consiste en la numérisation (informatisation) de tout ce qui est


représenté sur support papier et on la trouve dans de nombreux secteurs d’activité notamment
le secteur de la comptabilité dans lequel elle facilite la gestion des flux de documents
principalement au niveau logistique et relation avec le client. Comme elle permet également
le classement ainsi qu’elle facilite l’accès à la consultation et à la recherche de documents
comptables au moment de la révision83.

Parmi les nombreux documents comptables existant, nous avons deux (02) principaux
documents qui sont : le livre-journal et le grand livre.

 Le livre-journal : comme son nom l’indique ; c’est un document sur lequel sont
enregistrées toutes les opérations qui impactent le patrimoine de l’entreprise
quotidiennement et de manière chronologique.

 Le grand livre : est un document sur lequel figurent tous les mouvements financiers
effectués par l’entreprise, ces derniers sont classés par comptes selon les normes
établies par le système comptable financier (SCF).

Ces documents sont obligatoires et jouissent d’une très grande importance au sein de
l’entreprise, pour cela ils demandent du temps et de la précision en les éditant pour éviter qu’il
y ait des anomalies. Mais c’est fini tout ça, le comptable n’aura plus à passer énormément de
temps à réaliser ces écritures comptables récurrentes. Aujourd’hui, il existe des logiciels de
saisie d’écritures comptables qui permettent la dématérialisation de ces documents ce qui rend
leur édition plus facile et réalisable en peu de temps. Cependant, la conservation de ces
derniers exige une attention particulière de la part des chefs d’entreprises en termes de cyber
sécurité. S’agissant du grand livre, la loi stipule qu’il doit être conservé au minimum 10 ans.

Le tableau ci-dessous donne une vue générale sur la dématérialisation :

83
Livre blanc, « La dématérialisation de la production comptable », Paris, p.4.
57
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Tableau N°6 : L’analyse SWOT du processus de dématérialisation

Forces (S) Faiblesses (W)

- Diminution des coûts - Investissements :


- Gain de productivité Financier/ temps/ mise
- Réactivité (recherche/ en place
révision de documents) - Nécessité de formation
Intégration d’une - Valorisation de - Prérequis techniques
solution de l’information et - Changement des
dématérialisation (en l’optimisation de son habitudes de travail des
interne) traitement collaborateurs/ clients.
- Accessibilité des pièces
comptables
- Traçabilité des documents
- Automatisation du
traitement comptable
- Confort de travail…etc.
Opportunités (O) Menaces (T)
- Intérêt croissant pour la - Forte culture papier des
dématérialisation cabinets
- Développement des - Ignorance de la
Marché de l’expertise missions de conseils : dématérialisation.
comptable (en externe) nécessité de gain de temps
sur les missions de saisie
- Délocalisation de saisie
comptable…etc.
Source : Livre blanc, « La dématérialisation de la production comptable », éd informations comptables, Paris,
p.6.

1.3.3. L’archivage électronique

Pour toutes les activités générant beaucoup de documents qui demandent énormément de
temps pour les classer chronologiquement dans des boites d’archives, telle que la comptabilité
qui génère de nombreux documents exigeant une grande attention de la part des responsables

58
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

afin d’éviter qu’ils ne soient égarés. Il existe maintenant un nouveau système d’archivage plus
simple et moins fastidieux que l’on appelle « archivage électronique ».

Définition : un système d’archivage électronique (SAE) est un outil informatique permettant


la conservation pérenne et sécurisée des documents électroniques. Une fois intégré dans un
SAE, un document n’est plus modifiable et conserve donc sa valeur probante84.

Nous entendons parler également de gestion électronique des documents (GED) et de serveur,
le SAE diffère de ces deux là :

 Un serveur : est un outil de stockage des données, cependant il n’assure ni la gestion


de ces données ni le maintien de leur valeur probante.

 Un GED : système informatique permettant la gestion des documents électroniques


dans leur utilisation quotidienne. Ce dernier ne peut assurer la pérennité sur le long
terme ni la préservation de leur intégrité (ils sont susceptibles d’être modifiés)85.

Par ailleurs, ce mode d’archivage est assez développé dans plusieurs pays du monde tels que
les Etats-Unis d’Amérique ; là où ce système est né et en France aussi. En ce qui concerne
l’Algérie, ceci n’est pas encore adopté par les administrations et les entreprises mais il y a une
forte volonté pour réaliser ce projet notamment l’archivage des documents papier sous la
forme électronique après leur numérisation qui commence à progresser petit à petit.

1.3.4. La facturation électronique

La facture joue un rôle très important dans les relations interentreprises. Cependant, son
élaboration ainsi que son traitement demandent beaucoup de temps et de concentration afin
d’éviter qu’il y ait des anomalies. Mais de nos jours, on a tendance à entendre parler de la
facture électronique. De quoi s’agit-il exactement ?

De prime abord, la facture dite électronique est une facture numérisée et elle est envoyée en
format électronique (Word, PDF…etc) plutôt qu’en format papier, accompagnée d’une
signature électronique bien évidemment. Ce qui implique la mise en place de contrôles
documentés et permanents permettant d’établir une piste d’audit fiable entre la facture et la
livraison de biens ou services. Toutefois, il existe trois (03) principes à respecter :

Le service Archives du CIG, « Système d’archivage électronique », fiche pratique, Paris-Versailles, 2014, p.1.
84
85
Idem.
59
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

 Authenticité de l’origine ;

 Intégrité du contenu ;

 Lisibilité de la facture, depuis son émission jusqu’à la fin de la période de


conservation86.

Néanmoins, scanner une facture papier pour l’envoyer par email n’en fait pas pour autant une
facture électronique.

En second abord, la dématérialisation des factures fournisseurs suscite des investissements


en logiciels. La lecture automatique des factures et les taux de reconnaissance des données
doivent être maîtrisés, alors que ces documents sont le plus souvent dans des formats
différents. C’est pourquoi, les interventions humaines restent encore nécessaires pour le
traitement des factures notamment lorsque les données sont mal reconnues ou incohérentes.
Ceci exige une adaptation organisationnelle et matérielle que beaucoup d’entreprises n’ont
pas encore intégrée87.

Les avantages de la facture électronique

La facture électronique permet entre autre de :

 Réaliser des économies de papier, enveloppes et timbres ;

 Améliorer la visibilité et la traçabilité des factures ;

 Faciliter l’accès aux factures archivées à tout moment et partout, sur n’importe quel
appareil ;

 Gagner du temps sur l’ensemble de la procédure de facturation (moins


d’administration) ;

 Exclure la fraude ;

 Faciliter la vie à son expert-comptable88.

86
Aurélie Leleu, « Facture électronique : nouveaux modes opératoires, nouvelles valeurs ajoutées », éd
MARKESS by exaegis, Paris, p.2.
87
Idem.
88
Livre blanc, « Êtes-vous prêt pour la facturation électronique », NEOPOST, 2015, p.9.
60
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Par ailleurs, la crise sanitaire liée au Covid-19 a poussé plusieurs entrepreneurs et


comptables à opter pour une facturation électronique, car plus les avantages précédemment
cités, cette dernière permet également de garantir la sécurité contre le virus (zéro contact
physique = zéro contamination). Cependant, nous espérons que cette tendance ne s’arrêtera
pas là, et ce nouveau mode de facturation doit être adopté par toutes les entreprises sans
exception.

1.3.5. La signature électronique

Nous l’avons brièvement évoquée en haut en parlant de la facture électronique, cette


dernière a pour fonction d’identifier la personne qui l’appose et de manifester son accord afin
d’éviter toutes contestations. Pour signer électroniquement, il est nécessaire de disposer d’un
certificat électronique de signature et d’un logiciel de signature également. Néanmoins, pour
les personnes morales, on parle de cachet et non pas de signature89.

 A ne pas confondre : Une signature électronique ne peut être qualifiée de signature


numérique car une signature est dite numérique quand celle-ci est manuscrite et
conservée sous forme numérique après avoir été apposée sur un écran tactile90.

Le certificat électronique : est un fichier informatique qui a pour but d’authentifier


l’identité de la personne et ce, grâce à un procédé cryptographique. C’est une sorte de carte
d’identité électronique indiquant notamment :

 Le nom et le prénom du titulaire du certificat ;

 La dénomination sociale de l’entreprise ;

 La clé permettant d’authentifier la signature du titulaire du certificat91.

Par ailleurs, l’adoption de la loi n°15-04 du 11 Rabie Ethani 1436 correspondant au 1er
février 2015 fixant les règles générales relatives à la signature électronique et à la certification
électronique92, exprime l’intention de l’Algérie d’entamer la modernisation de son économie
et de son administration. Et comme nous avons pu le constater à travers le chapitre précédent,
cette volonté est déjà apercevable depuis quelques années notamment l’informatisation des

89
Créatis, « Le guide du chef d’entreprise », Paris, 2017, p.8.
90
Idem.
91
Ibidem, p.5.
92
Journal Officiel de la République Algérienne n°06 du 10 février 2015, p.6.
61
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

registres de l’état civil, passeports et cartes d’identité biométriques, télédéclaration...etc.


Toutefois, il reste encore du chemin à faire afin de réaliser ce grand projet.

1.4. L’expert-comptable face à la numérisation


Comme nous l’avons déjà observé, le numérique se développe à la vitesse de l’éclair et
ne laisse rien au passage, touchant ainsi tous les secteurs d’activité notamment celui de
l’expertise comptable qui se trouve désormais au cœur du tourbillon. Ces dernières années ont
vu apparaître de nombreux logiciels spécialisés dans le domaine, ces derniers sont rapides,
performants et surtout intelligents. S’ils sont bien maitrisés, ils peuvent devenir des outils de
productivité. Pour cela, l’expert-comptable n’a pas d’autre choix que de s’y intégrer, comme
disait Charles Darwin : « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni
les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux au changement ».

En outre, le but de la digitalisation des cabinets d’expertise comptable ne consiste pas


uniquement à procéder à l’achat des logiciels ou bien ouvrir un site web afin de concrétiser un
projet informatique mais bien plus que ça. En effet, le but principal de cette digitalisation c’est
de rendre le cabinet plus performant et générer une forte valeur ajoutée93.

1.4.1. Les défis de la profession d’expert-comptable

L’homme d’affaires français Jean-Michel Aulas , trouve que la révolution digitale constitue
une partie des défis à relever tout en étant aussi une part importante de la réponse et des
solutions à apporter. Cette économie de la plateforme et des services qui lui sont associés, ne
pouvait que percuter l’activité traditionnelle des cabinets d’expertise comptable et
particulièrement leurs relations avec les entreprises clientes. Les experts comptables doivent
se poser la seule question qui vaille : celle de leur utilité, celle des usages possibles et des
bénéfices par leurs clients par rapport à leurs services94.

Par ailleurs, les clients sont devenus plus volatiles, plus exigeants et susceptibles de changer
d’expert-comptable dans le cas où ce dernier ne leur apporte pas l’entière satisfaction, de ce
fait l’expert-comptable doit prendre en considération leurs attentes (conseil, flexibilité,
disponibilité…etc) tout en essayant d’entretenir la relation client 95
. Ajouter à cela,

93
Agiris, « Guide de la digitalisation de la profession comptable en 5 étapes », guide pratique, p.9.
94
Ordre des experts-comptables, « Les experts-comptables acteurs du changement », 2017, p.5.
95
Agiris, [Link], p.7.
62
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

l’inextinguible source d’innovation qu’est la technologie implique de grands changements au


sein des cabinets, d’après Philippe Arraou ; expert-comptable et commissaire aux comptes :
« Les cabinets doivent changer, doivent s’adapter, doivent évoluer pour ne pas mourir et cela
passe par une méthodologie nouvelle qui doit repositionner l’activité professionnelle de
l’expert-comptable par un rapport à son environnement en mutation. Il faut organiser le
passage de la comptabilité au conseil, du chef d’entreprise comptable obsédé par
l’organisation de son cabinet au consultant dynamique perméable aux évolutions de ses
clients ». A cet effet, les experts comptables doivent s’acclimater pour tirer le meilleur parti
de ces évolutions, autrement ils seront contraints de faire face à de fortes turbulences sans y
être préparés. Toutefois, cette adaptation ne sera pas aussi facile ni rapide car la profession est
raide ainsi qu’elle a très peu évolué au cours de ces dernières années. Néanmoins, la nouvelle
donne est lourde d’enjeux pour les cabinets et va nécessiter de leur part une adaptation
profonde dans des délais assez courts96. Un proverbe chinois dit : « Quand le vent se lève,
certains construisent des brise-vents, d’autres construisent des moulins » ; chaque cabinet
doit édifier ses propres moulins pour survivre dans un monde qui ne cesse d’évoluer. Il est
important de savoir aussi que, comme toute autre entreprise, chaque cabinet a des
opportunités comme il a aussi des menaces mais une chose est sûre, plus un événement est
anticipé ( détecté plus tôt ) , plus il est aisé d’en faire une opportunité. Dans le cas contraire, il
y’a de fortes chances qu’il soit qualifié de menace97.

Il est important de savoir également que l’enjeu pour les cabinets n’est pas de disposer du
matériel informatique nécessaire ou de varier les logiciels. Certes, ils ont besoin de tous ces
outils et ils ne peuvent pas s’en passer. Mais l’enjeu d’aujourd’hui est de repenser
l’organisation afin de faire de la révolution numérique un levier de croissance pour les
cabinets.

Cependant, cette réflexion stratégique doit être menée au regard de :

 L’analyse des opportunités qu’offre le numérique en matière de croissance ou de


création de valeur ;

 L’analyse des tendances en termes de consommation et de technologie ;

Philippe Barré, « Experts comptables : l’heure des grands défis », b-ready, 2011, p.72.
96
97
Idem, p.73.
63
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

 L’identification des concurrents et de leur stratégie ;

 L’évaluation continue de l’efficacité de la stratégie digitale98.

Il ne faut pas oublier aussi que l’expert-comptable représente un tiers de confiance pour
les entreprises. Qui est meilleur que l’expert-comptable pour conseiller ou connaître au
mieux une entreprise ? Personne ! C’est là que se définit un autre challenge pour l’expert-
comptable qui est de passer d’un expert-comptable à un expert en consulting autrement
dit ; de moins en moins comptable de plus en plus conseiller ce qui va lui permettre de
dégager plus de valeur ajoutée.

Toutefois, la profession a deux (02) atouts extraordinaires pour répondre au défi de


l’adaptation des entreprises à cette société en mouvement continu :

 La matière comptable et fiscale lui assure une présence auprès de 90% des TPE/PME
jusqu’à 20 salariés ; aucune autre profession n’est aussi bien implantée ;

 L’expert-comptable jouit d’une très grande confiance de la part de ses clients


dirigeants, il est considéré comme l’expert de référence sur les questions comptables,
fiscales et dorénavant sociales également. C’est l’ADN de la profession ainsi que c’est
le tiers de confiance pour l’optimisation du patrimoine privé du dirigeant, c’est un
atout qu’il faut valoriser99.

1.4.2. Les étapes d’une bonne digitalisation des cabinets d’expertise comptable

En premier lieu, il est important de savoir que la transition numérique n’est pas qu’un
problème de logiciel mais concerne en grande partie tous ceux qui travaillent dans les
cabinets. En fait, beaucoup de gens pensent que la transformation digitale n’est qu’une simple
affaire de technologie or que ce n’est pas vraiment le cas, c’est avant tout un challenge pour
les cabinets d’expertise comptable et une aventure qui concerne tout le monde (salariés,
collaborateurs, dirigeants…etc.) et ne fait aucune exception.

En deuxième lieu, afin que la digitalisation d’un cabinet soit un succès, il est impératif
d’impliquer les collaborateurs et les clients.

98
Philippe Arraou, [Link], p.127.
99
Ordre des experts comptables, « Les experts comptables acteurs du changement », 2017, p.6.
64
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Pour mettre en pratique le processus de digitalisation d’un cabinet, il est conseillé de suivre
les étapes suivantes :

 Etape 1 : la mise en place d’un référent

Comme nous l’avons déjà expliqué, la transition digitale impacte et impactera la fiduciaire
davantage ce qui oblige les cabinets à repenser leur organisation. Afin de mener à bien ce
projet, il est recommandé de nommer au sein du cabinet un responsable. Néanmoins, il est
préférable qu’il ait déjà touché aux outils digitaux, qu’il sache les manipuler et ce, peu
importe son niveau hiérarchique. Ce dernier va avancer petit à petit et aider les autres
collaborateurs un à un. Le rôle du référent est de se former aux nouveaux outils, de les
paramétrer pour la fiduciaire en collaboration avec l’éditeur du logiciel, de réaliser des tests
en interne, de commencer à équiper quelques clients pilotes et valoriser ses premiers succès
auprès de ses collègues. Le référent est la personne centrale dans le projet de déploiement de
l’offre digitale au sein du cabinet. Il devra suivre de près les clients à digitaliser, le
déploiement interne, les formations…etc, comme il sera aussi capable de juger de la
pertinence des nouveaux outils, les tester ainsi que les mettre en œuvre.

 Etape 2 : la sensibilisation de tous les collaborateurs

Nous l’avons déjà précisé au début, il faut absolument impliquer les collaborateurs dans la
démarche de digitalisation du cabinet et ce, dès le départ. A vrai dire, cette étape consiste à
commencer à lever les freins inhérents au changement, d’expliquer les enjeux de la
dématérialisation et de présenter les nouveaux outils. Il est important de savoir aussi que peu
importe le nombre de collaborateurs, cette démarche reste essentielle.

 Etape 3 : le déploiement progressif des outils digitaux

Afin de réussir cette transition, il est conseillé de ne pas déployer les outils digitaux sur la
totalité des collaborateurs et des clients. Après le référent, il faut choisir les personnes les plus
aptes à accepter le changement et qui penchent beaucoup plus vers les nouvelles technologies.
Par conséquent, les bénéfices évidents entraîneront le reste de l’équipe de manière naturelle à
appréhender et à manier les nouvelles procédures. De même pour les clients, il faut
commencer à utiliser ces outils avec les clients demandeurs d’abord.

65
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

 Etape 4 : la formation technique

Il est nécessaire que chaque collaborateur bénéficie d’une familiarisation et d’une formation
technique aux nouveaux outils. Ces formations peuvent être données soit par le référent ou par
l’éditeur de logiciels s’il propose ce genre de service.

 Etape 5 : la formation des clients

Même si la majorité des PME n’ont pas encore mis en place une procédure de transformation
digitale, celle-ci est déjà lancée et elle est également source d’opportunités pour elles.

En outre, certains éléments peuvent être mis en exergue auprès des clients afin qu’ils
affranchissent le pas à leur tour :

 La digitalisation permet d’appliquer le nouvel impératif d’immédiateté ;

 Elle permet également une transmission efficace des chiffres et indicateurs clés
de l’entreprise ;

 Les lourdes évolutions fiscales et sociales entraînent un besoin d’adaptabilité et


de réactivités des cabinets ;

 Les nouvelles applications de type plateforme d’échange vont leur permettre


de gagner du temps et de s’investir davantage dans leurs chiffres.

Une fois les clients convaincus, cette étape formative est indispensable car si le client ne sait
pas comment manier ces outils, la digitalisation du cabinet sera vouée à l’échec. Ce qui fait
que les collaborateurs sont dans l’obligation d’expliquer pas à pas la manière d’utiliser ces
différent outils ainsi que comment profiter des avantages qu’offre leur utilisation.

 Etape 6 : définition d’une nouvelle offre

Avec la digitalisation, les cabinets comptables gagnent du temps et en profitent pour se


diversifier. Pourtant, la majeure partie du chiffre d’affaires de la plupart des cabinets est
réalisée grâce aux missions traditionnelles (tenue de la comptabilité, déclarations fiscales…).
Cependant, grâce au temps dégagé suite à l’introduction et à l’utilisation des nouveaux outils,
le cabinet comptable pourra améliorer la qualité ainsi que le niveau de ses services ce qui va

66
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

augmenter le volume de sa clientèle petit à petit et se positionner sur de nouveaux marchés


également.

Maintenant, en quoi consiste la nouvelle offre des cabinets ? En effet, cette dernière s’articule
autour de 03 axes :

 La plateforme comptable qui simplifie et fluidifie les échanges ;

 Les outils de reporting qui permettent d’accéder à l’essentiel des valeurs


comptables en un clin d’œil ;

 Le temps dégagé pour la mission de conseil permet à l’expert-comptable de se


positionner comme le meilleur interlocuteur des entreprises100.

Section 02 : l’impact de la digitalisation sur les entreprises et les


administrations algériennes

Dans cette présente section, nous allons mettre à votre disposition une présentation
synthétisée de l’échantillon INFONET suivie d’une étude de cas en vue de collecter un
maximum d’informations concernant l’adoption des technologies par les entreprises
algériennes qui nous permettront de traiter et analyser les résultats obtenus.

2.1. Présentation de l’entreprise familiale INFONET

INFONET SAHOUI est une start-up créée en 2002, elle n’était au départ qu’une toute
petite entreprise voire un cybercafé qui s’est transformée par la suite en une entreprise de
prestation de services informatiques (INFONET SERVICES). Son directeur est titulaire d’un
diplôme de technicien supérieur en électromécanique délivré par le collège technique de TIZI-
OUZOU en 1967 ; il est important de savoir qu’à l’époque, la notion « Informatique »
n’existait pas, on parlait beaucoup plus d’électromécanique et d’électricité industrielle. Son
fondateur quant à lui a suivi une formation en cybersécurité à la Silicone Valley californienne
là où il poursuit son travail à distance avec ses frères qui, eux se trouvent au sein de
l’entreprise elle-même. Par ailleurs, la forte volonté de ces derniers d’accroître leur activité

100
Livre blanc, « Réussir la digitalisation », WinBooks, p.26 et p.27.
67
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

ainsi que leur savoir-faire les a conduits à élargir leur champ d’action en créant deux autres
succursales (INFONET INFORMATIQUE et INFONET PRINT) que nous allons illustrer par
la suite. De plus, il est à noter qu’un projet d’investissement d’une unité de fabrication de
câble LAN et optique (INFONET INDUSTRIE) ; le premier en son genre dans toute
l’Afrique ; est en cours de réalisation (Annexe N° 1).

2.1.1. INFONET SERVICES

Comme nous l’avons précédemment cité, INFONET


SERVICES est une entreprise de prestation de services
informatiques. Elle est considérée comme le bureau des
entreprises qui la sollicitent pour leurs travaux routiniers.
Ajouter à cela, cette dernière accompagne ses clients dans
leurs démarches administratives visant l’international.

 Coordonnées

Tél : +213 26146 973 Mob : +213 560 783 212

Courriel : infonetcyb@[Link]

Adresse : Immeuble Meziane Centre d’Affaires Gare Routière Azazga, Tizi-Ouzou.

 Moyens humains

Le tableau ci-dessous représente le nombre de travailleurs par fonctions et par diplômes


obtenus :

68
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Tableau N°7 : les travailleurs d’INFONET SERVICE

N° Fonctions Diplômes et formations


requis
Certificat d’Aptitude à la
Profession d’Avocat
1 Directeur Licence en sciences
juridiques et administratives
Infographie
Formation en langue
anglaise
Master audit et contrôle de
gestion
Licence Finances et
comptabilité
2 Contrôleur de gestion Technicien bureautique
Formation en langue
anglaise
Formation création
d’entreprise avec le BID et
ANSEJ
Technicien bureautique
3 Agent administratif Formation secrétariat
Opérateur en micro-
4 Stagiaire informatique
Source : établi par nous-mêmes.

 Moyens matériels

Le tableau ci-dessous illustre les moyens matériels dont dispose l’entreprise :

69
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Tableau N°8 : les moyens matériels d’INFONET SERVICES

N° Désignation Type Quantité


1 Véhicule Utilitaire Fourgonnette 1
3 Véhicule service Touristique 1
Bureau d’accueil 2
4 Immobilisation Poste de service 1
Atelier 1
Salle d’archive 1
Source : établi par nous-mêmes.

2.1.2. INFONET INFORMATIQUE

L’entreprise INFONET INFORMATIQUE est créée en


2008 et se déploie sur plusieurs segments. Ayant une
expérience, cette dernière propose des solutions intégrées avec
une performance et une rapidité de réaction. Exerçant dans :

- Installation de réseaux informatiques, téléphonie,


automatisme;

- Fourniture et maintenance matériels informatiques.

 Coordonnées

Tél : +213 26341 281

Adresse : Immeuble Meziane Centre d’Affaires Gare Routière Azazga, Tizi-Ouzou.

Courriel : infonetdz@[Link]

Site web : [Link]

 Moyens humains

Le tableau ci-dessous illustre le nombre de travailleurs et leurs fonctions au sein


d’INFONET INFORMATIQUE ainsi que leurs diplômes :

70
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Tableau N°9 : les moyens humains de l’entreprise

N° Fonctions Diplômes et formations

Technicien supérieur
Electromécanique (collège
1 Directeur
technique TIZI-OUZOU)
Formation en réception de
données informatiques
Formation Installation et
2 Gérant
maintenance réseaux
téléphoniques et
Informatiques (CFP Alcatel-
Lucent)
Diplôme en cybersécurité
(Silicone Valley)
3 Expert en sécurité Technicien supérieur
informatique
informatique de gestion

Formation en infographie
Formation Installation et
maintenance réseaux
4 Chef de projet informatique
téléphoniques et
Informatiques (CFP Alcatel-
Lucent)

Master en génie électrique et


informatique spécialité
5 Technicien de maintenance
en informatique machine électrique

71
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Diplôme de technicien
supérieur en informatique
6 Technicien télécoms et option systèmes et réseaux
réseaux
informatiques

Diplôme d’ingénieur d’Etat


7 Développeur informatique en informatique option
Software
Diplôme COROBOR
System.
8 Ingénieure technique et Technicien supérieur
commercial en informatique bureautique
9 Gestionnaire de parc micro- Diplôme agent micro-
informatique informatique
10 Ingénieur système Diplôme technicien
supérieur instrumentation
11 Electricien Diplôme en électricité
bâtiment
12 Agent administratif Brevet technicien secrétaire
bureautique
13 Stagiaire Brevet d’enseignement
professionnel maintenance
des systèmes informatiques
14 Ouvriers par intérim Formations diverses

Source : établi par nous-mêmes.

 Moyens matériels

Le tableau suivant représente tout le matériel dont dispose l’entreprise en types et en


quantités :

Tableau N°10 : les Moyens matériels d’INFONET INFORMATIQUE

N° Désignation Type Quantité


1 Véhicule Utilitaire Fourgon 1
2 Véhicule Utilitaire Fourgonnette 2
3 Véhicule service Touristique 1
4 Immobilisations Magasin de matériels 2
informatiques, fourniture de
bureau
Bureau d’accueil 1

72
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Atelier 1

Bureau de direction 1

Entrepôt 2

Hangar 2

Source : établi par nous-mêmes.

2.1.3. INFONET PRINT

Fondée en 2017, INFONET PRINT est une agence


de communication et d’impression numérique qui a
pour objectif d’accompagner ses clients (particulier,
société, artisan ou association…etc.) en leur proposant
de nouvelles idées ayant rapport avec les dernières
technologies.
Cette dernière s’adapte aux différentes technologies de l’industrie de la communication
visuelle afin d’offrir un service personnalisé et une gamme de produits imprimés diversifiés.

 Coordonnées

Tél : +213 26 146 977 Mob : +213 550 814 489

Même adresse

 Moyens humains

Tableau N°11 : les moyens humains de INFONET PRINT

N° Fonctions Diplômes et formations


Certificat d’Aptitude à la
Profession d’Avocat
1 Gérant Licence sciences juridiques
et administratives
Infographie
Formation en langue anglaise

73
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Diplôme national des beaux-


2 Infographiste arts : option design graphique
3 Agent commercial Licence en commerce
international
4 Stagiaire Licence marketing
Source : établi par nous-mêmes.

 Moyens matériels

Tableau N°12 : les moyens matériels de l’entreprise

N° Désignation Type Quantité


1 Véhicule Utilitaire Fourgonnette 1
2 Immobilisations Bureau d’accueil 1

Show-room 1

Atelier 3

Entrepôt 2

Source : établi par nous-mêmes.

Par ailleurs, INFONET collabore avec des partenaires et des clients dont on cite quelques-uns
des plus importants dans le tableau ci-dessous (Annexe N°2) :

Tableau N°13 : partenaires et clients de l’entreprise INFONET

Partenaires Clients
hp Ministère des Travaux Publics et des Transports
Intel Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales
EPSON Ministère de la Poste, des Télécommunications, des
Technologies et du Numérique
Canon Ministère de l’Education Nationale
DELL Ministère de la Santé de la Population et de la
Réforme Hospitalière

74
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Lenovo Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la


Recherche Scientifique
Brother Ministère de la Culture
ASUS Ministère du Tourisme et de l’Artisanat et du Travail
Familial
SAMSUNG Direction des Travaux Publics
SONY Banque de l’Agriculture et de Développement Rural
FUJITSU Banque de Développement Local
Panasonic Banque Nationale Algérienne
LG Axa Assurance
Alcatel-Lucent Centre National du Registre de Commerce
Cisco ENIEM
APC Protection civile
tp-link Méditerranéenne des Travaux Maritimes
D-Link novo nordisk
Telesystem Cosider
Legrand /
3M /
General Cabl /
Amana Assurance /
Source : Adapté par nos soins.

2.2. L’usage des TIC par les entreprises algériennes


A travers le chapitre précédent nous avons pu constater que l’Algérie a cumulé depuis
quelques années maintenant des initiatives ayant pour but de favoriser l’accès aux
technologies du numérique afin de moderniser son économie au sens large du terme.

En outre, nous avons choisi de faire une étude plus ou moins approfondie sur
l’entreprise INFONET vu que cette dernière s’occupe de tout ce qui est technologie dans de
nombreuses entreprises et administrations algériennes afin de voir à quel point ces dernières
introduisent-elles ce type de technologie dans leurs activités.

75
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Adoption des technologies du numérique par les entreprises algériennes : cas INFONET
SERVICES / INFONET PRINT et INFONET INFORMATIQUE

Afin d’éviter de trop parler là-dessus, nous avons choisi de nous exprimer de manière plus
concrète à l’aide des tableaux et graphes suivants :

Tableau N°14 : Les commandes reçues par voie électronique et traditionnelle

2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020


IS IS IP IS IP IS IP IS IP
Commandes 850 1009 1150 1184 1200 250 1090 2780 1200 3240 1350 2250
reçues par
Mail
Commandes 11580 11300 11220 11002 10950 520 10116 1540 9360 840 7020 540
reçues de la
manière
classique
Source : Adapté par nos soins.

A partir de ce tableau, nous avons établi les graphes ci-dessous :

Graphe N°06 : Comparaison entre les commandes reçues de la manière classique


d’INFONET SERVICES et INFONET PRINT

14000

12000

10000

8000

6000

4000

2000

0
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020

INFONET SERVICE INFONET PRINT

Source : Adapté par nos soins.

76
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Nous avons un schéma illustrant l’évolution des commandes reçues de la manière classique
dans deux entreprises appartenant au même groupe : INFONET SERVICES et INFONET
PRINT de la période allant de 2013 à 2020.

D’après ce dernier nous constatons qu’INFONET SERVICES reçoit plus de commandes de la


manière traditionnelle (le client se rend sur place pour effectuer sa commande) par rapport à
PRINT, malgré le déclin observé.

Graphe N°07 : Comparaison entre les commandes électronique d’INFONET


SERVICES et INFONET PRINT

3500

3000

2500

2000

1500

1000

500

0
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020

INFONET SERVICE INFONET PRINT

Source : Adapté par nos soins

Comme nous l’avons déjà précisé en haut, INFONET PRINT a débuté son activité en fin
2017, ce qui justifie le peu de commandes électroniques reçues. De plus, on observe un
certain déclin dans l’année 2020 ce qui est tout à fait normal car cette étude a été faite en Août
2020 (l’année n’est pas encore terminée). Cependant, on remarque que les commandes
électroniques reçues chez INFONET SERVICES sont beaucoup plus basses que celles reçues
chez PRINT et ce, malgré l’écart du début d’activité.

77
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Graphe N°08 : Comparaison entre les commandes reçues de la manière classique et par
voie électronique chez INFONET SERVICES

14000

12000

10000

8000

6000

4000

2000

0
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020

Commandes reçues/mail Commandes reçues de manière classique

Source : Adapté par nos soins

Nous remarquons qu’au sein de la même entreprise « INFONET SERVICES », les


commandes reçues de la manière traditionnelle sont bien plus élevées que celles reçues par
voie électronique.

Graphe N°09 : Comparaison entre les commandes reçues de la manière classique et par
voie électronique chez INFONET PRINT

3500

3000

2500

2000

1500

1000

500

0
2017 2018 2019 2020

Commandes reçues/MAIL Commandes reçues traditionnellement

Source : Adapté par nos soins

78
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

On note qu’au sein de la même entreprise « INFONET PRINT », les commandes reçues par
mail sont beaucoup plus élevées que celles reçues traditionnellement.

Interprétations

Suite à l’étude des graphes ci-dessus, nous déduisons que les entreprises ont tendance
à se digitaliser d’une vitesse assez remarquable contrairement aux particuliers qui,
eux aussi ont tendance à se digitaliser mais ils restent toujours restreints, ceci est
apercevable chez INFONET SERVICES notamment en ce qui concerne les
commandes électroniques qui demeurent très minimes. Toutefois, nous constatons
également que ces dernières sont clairement ascendantes ce qui signifie une forte
volonté de digitalisation des particuliers. Ajoutons aussi que, même si les commandes
reçues de la manière classique chez INFONET SERVICES sont fortement élevées par
rapport à celles reçues chez INFONET PRINT, ces dernières ont tout de même
tendance à baisser, ceci implique que le client commence à limiter ses déplacements ;
ce qui peut être traduit par le recours au digital.

79
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Comparaison entre le nombre de logiciels installés de la période allant de 2015 à 2020 aux TPE, PME et GE par l’entreprise INFONET
INFORMATIQUE en fonction du chiffre d’affaires

Le tableau ci-dessous nous démontre laquelle des TPE, PME ou GE utilise le plus de logiciels par rapport aux autres, et je tiens à préciser que les
chiffres sont représentés en kilo dinars (KDA) :

Tableau N°15 : Le nombre de logiciels installés aux TPE, PME et GE par INFONET INFORMATIQUE

2015 2016 2017 2018 2019 2020


TPE PME GE TPE PME GE TPE PME GE TPE PME GE TPE PME GE TPE PME GE
Logiciels 210 140 0 105 140 200 105 70 200 70 70 0 315 21 40 105 22 20
de 0 0
gestion
Réseaux 0 400 1500 60 400 3000 120 400 4500 150 600 60 180 800 60 150 800 90
informat 0 00 00 00
ique 0 0 0
Source : Adapté par nos soins.

80
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Graphe N°10 : Le chiffre d’affaires généré suite à l’installation des logiciels de gestion
par type d’entreprise

450000
400000
350000
300000
250000 TPE
200000 PME
150000 GE
100000
50000
0
2015 2016 2017 2018 2019 2020

Source : Adapté par nos soins

D’après ce schéma, nous constatons que le chiffre d’affaires généré par la mise en place des
logiciels de gestion dans les TPE ainsi que les GE est en constante évolution. S’agissant des
PME, nous observons un déclin assez remarquable.

Graphe N°11 : Le chiffre d’affaires généré par l’installation des réseaux informatiques
par type d’entreprise

10000
9000
8000
7000
6000
TPE
5000
PME
4000
GE
3000
2000
1000
0
2015 2016 2017 2018 2019 2020

Source : Adapté par nos soins

81
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Nous observons une constante évolution du chiffre d’affaires (CA) généré par la mise en
place des réseaux informatiques dans les TPE, PME et GE. Toutefois, on note que ce dernier
demeure faible pour les TPE et PME.

Déduction

Quelle que soit leur taille, de nombreuses entreprises ont tendance à opter de plus en
plus pour l’intégration des nouvelles technologies dans leur ADN ainsi que leur
processus de gestion.

Adoption des technologies numériques dans la chaine logistique par les entreprises
algériennes : échantillon imprimerie numérique INFONET PRINT

Le tableau ci-dessous illustre un exemple d’impression des codes-barres et codes QR :

Tableau N°16 : Le nombre de codes-barres et codes QR imprimés

2017 2018 2019 2020


TPE PME TPE PME TPE PME TPE PME
Codes- 35280 50580 55600 61200 75224 80150 82750 112000
barres
Codes 45862 60250 57982 78900 90453 100754 119245 150357
QR
Source : Adapté par nos soins

Graphe N°12 : L’évolution de l’utilisation des codes-barres par les TPE et PME

120000

100000

80000

60000 TPE
PME
40000

20000

0
2017 2018 2019 2020

Source : Adapté par nos soins

82
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

On note que les entreprises se servent de plus en plus des codes-barres dans leur chaine de
logistique.

Graphe N°13 : L’évolution de l’utilisation des codes QR par les TPE et PME

160000
140000
120000
100000
80000 TPE

60000 PME

40000
20000
0
2017 2018 2019 2020

Source : Adapté par nos soins

Nous remarquons que les codes QR ne cessent d’être utilisés par les entreprises tant les
PME que les TPE dans leur chaine de logistique. Ces derniers ont une certaine particularité ;
ils sont facilement décryptés à l’aide des smartphones ce qui explique leur emploi en masse.

Déduction

Depuis leur apparition, les codes-barres et les codes QR ne cessent d’évoluer au fil du
temps et sont fréquemment utilisés par les entreprises notamment dans la logistique.
Ceci leur facilite la saisie et la gestion des immobilisations ainsi que l’inventaire et la
gestion des stocks principalement.

2.3. L’impact de l’utilisation des TIC sur la performance des entreprises et


administrations algériennes

Les TIC ont joué un rôle très important dans la modernisation des entreprises ainsi que
des administrations algériennes depuis leur introduction à ce jour et ce, malgré le retard
qu’accuse l’Algérie dans ce domaine par-rapport aux autres pays notamment les pays voisins
tels que le Maroc et la Tunisie qui sont bien plus avancés que nous.

83
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

En outre, l’introduction de ces technologies dans la majorité des secteurs (finances,


santé, industrie, éducation…etc) a été un bon investissement pour l’Algérie et a contribué à
améliorer la qualité du travail ainsi que des services publics.

2.3.1. L’Enseignement Supérieur et la Recherche Scientifique

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a lancé


dernièrement plusieurs plateformes et services en ligne au profit des enseignants et des
étudiants. Ajoutons à cela que l’enseignement en ligne ou ce que l’on appelle « e-learning » a
connu une croissance assez remarquable et ce, depuis le début de la pandémie du Covid-19
comme quoi cette dernière a certains points positifs aussi !

Néanmoins, l’université algérienne s’avère très en retard en matière d’usage des TIC et de
présence sur le web comparée aux autres universités du continent Africain. En effet, selon le
dernier classement de « 4 International Colleges & Universities » ; moteur de recherche
international de l’enseignement supérieur et répertoire d’examen des universités et collèges
accrédités dans le monde, nos universités arrivent aux derniers rangs de ce classement
international qui classe les facultés en fonction de leur présence sur le net. Ainsi, sur un
classement de dix (10) universités les plus célèbres en Afrique, figurent l’université Abou
Bekr Belkaid de Tlemcen suivie de celle de Mentouri de Constantine et Mouloud Mammeri
de Tizi-Ouzou qui occupent respectivement la 42ème et la 44ème place dans le top 100 des
universités les plus célèbres d’Afrique. Ceci prouve que les universités algériennes ne sont
pas à jour avec l’évolution des TIC. En revanche, l’intention de moderniser et numériser le
secteur en question demeure toujours présente (Annexe N°3).

2.3.2. Les institutions financières

Le secteur bancaire est particulièrement touché par la transformation numérique depuis


quelques années, notamment avec l’émergence de nouveaux moyens de paiement. En effet,
nous avons longtemps entendu parler de réforme bancaire dans notre pays sans qu’elle ne soit
vraiment mise en œuvre dans sa globalité. Peu d’actions ont été menées jusqu’à présent ! Par
contre, de nombreuses banques algériennes (BDL, BADR…etc) ont sollicité INFONET
INFORMATIQUE pour d’éventuelles installations réseaux dans le but de numériser leurs
opérations bancaires et ainsi simplifier certaines tâches fastidieuses afin de satisfaire le client
et gagner sa confiance (Annexe N°4).

84
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

2.3.3. Les centres de santé

Lors d’un communiqué qui s’est déroulé en juin dernier, le Ministre de la Santé, de la
Population et de la Réforme Hospitalière a mis l’accent sur les travaux de préparation du
lancement de programme de digitalisation et de numérisation du secteur (e-santé), réalisé avec
l’appui du Ministère de la micro-entreprise, des start-up et de l’économie de la connaissance.

Ainsi, la biométrie offre de nombreux avantages notamment la sécurité et la commodité


partout où elle est déployée, mais dans certains cas elle apporte une organisation accrue. Dans
le domaine de la santé, cela est particulièrement vrai surtout quand il s’agit des dossiers de
santé qui sont des documents personnels et très précieux dont les médecins ont besoin d’y
accéder rapidement.

Par ailleurs, plusieurs centres hospitaliers ont récemment fait appel à INFONET
INFORMATIQUE en vue de réaliser des projets de grande envergure et ce, dans des délais
assez courts. Ces derniers sont : l’hôpital Mohamed Boudaoud de Dellys, l’établissement
public hospitalier (EPH) d’Azeffoun, le centre Pierre et Marie Curie relevant du Centre
Hospitalier Universitaire (CHU) Mustapha Pacha, l’hôpital Dr Fares Yahia de Koléa et
l’hôpital Saïd-Aouamri de Bougâa Sétif (Annexe N°5).

2.3.4. Les Assemblées Populaires Communales (APC)

Si dans plusieurs pays développés dans le monde, les citoyens arrivent à tirer leur extrait de
naissance sur Internet sans avoir à se déplacer, en Algérie, nos collectivités locales ignorent
encore l’existence du Web. Cependant, l’année 2016 a été marquée par la numérisation des
APC à l’instar des pièces d’identité nationale, carte grise ainsi que les documents d’état civil.

Chargée de l’automatisme, INFONET INFORMATIQUE a procédé à la mise en place des


plateformes de numérisation des APC dont on cite : APC Azazga, Ifigha, Ait-Chaffa,
Timizart, Freha, Idjeur, Zekri, Beni Zikki, Bouzeguène, Frikat, Ouguenoun, Akkerou… Cette
opération vise à faciliter certaines tâches administratives qui étaient autrefois pénibles que ce
soit pour les employés ou les citoyens algériens. Ainsi, on met à votre disposition l’exemple
de l’APC Azazga (Annexe N°6).

85
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers

Conclusion du chapitre

A travers ce deuxième chapitre, nous avons pu constater que la digitalisation est en


train de prendre une place centrale dans notre vie de tous les jours. Cette dernière s’est
incrustée dans notre vie quotidienne et professionnelle sans même nous en rendre compte
modifiant ainsi nos habitudes, nos métiers et même nos entreprises.

Aujourd’hui plus que jamais, les métiers dits traditionnels ont pris conscience des
enjeux et de l’importance de subir une digitalisation afin de prospérer dans un monde qui
devient de plus en plus digital. S’agissant des métiers du chiffre, du droit, de la santé, de
conseil et de contrôle ou d’autres, des efforts ont été déployés pour embrasser ce changement
car l’avenir de ces métiers là, dépend forcément de leur digitalisation, comme disait
Churchill : « Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par
la gorge » .

Ajoutons que l’impact de la digitalisation des métiers est assez flagrant notamment
dans le domaine de la comptabilité dont l’évolution a été remarquable durant ces dernières
années, et la dématérialisation des opérations comptables a été l’une des principales
évolutions, ceci allège les tâches administratives et permet à l’expert-comptable de devenir un
conseiller proactif capable de créer de la valeur pour sa clientèle.

Etant donné que l’audit est étroitement lié à la comptabilité, ceci implique certains
changements dans les pratiques de ce dernier. Pour cela, il est nécessaire d’aborder les défis
auxquels l’auditeur doit faire face pour mener à bien sa mission dans cette nouvelle ère qui est
marquée par la révolution digitale.

86
Chapitre III :
L’audit légal à l’heure
du digital
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

Introduction

L’heure du numérique a bel et bien sonné et nul ne peut l’ignorer même les
traditionalistes les plus convaincus. En effet, les entreprises ont pris conscience de
l’importance de la digitalisation et sont conscientes également qu’il ne s’agit pas uniquement
d’un simple projet parmi d’autres, vu qu’elle impacte tous les services et tous les domaines
sans exception tout en poussant ces dernières à évoluer leurs processus internes ainsi qu’à
repenser leurs métiers. C’est notamment le cas des cabinets d’audit qui sont eux aussi dans
l’obligation de modifier leurs habitudes de travail afin de mener à bien leurs missions surtout
dans le cas où il s’agit d’auditer une entreprise complètement digitalisée.

Le terme « audit » est un nouveau concept qui est devenu très courant ces dernières
années, notamment dans le monde des affaires. Ce dernier consiste à effectuer rigoureusement
et systématiquement des travaux d’étude, de vérification et d’évaluation des divers aspects de
l’activité de l’entreprise. Ce qui fait que si l’entreprise a subi une transformation digitale cela
va impacter de manière directe ou indirecte le travail de l’auditeur qu’il soit interne ou
externe.

Ce chapitre a donc pour objectif de mettre l’accent sur l’impact de la digitalisation sur
les procédures d’un type d’audit qu’est l’audit légal ; autrement dit les challenges auxquels le
commissaire aux comptes doit faire face pour effectuer sa mission dans les meilleurs délais et
conditions. A cet égard, nous avons choisi de faire une petite enquête suivie d’une étude
comparative sur deux échantillons de cabinets d’audit nationaux et internationaux en vue de
faire ressortir des éventuelles divergences entre les cabinets les plus digitalisés et ceux
travaillant encore avec les moyens traditionnels.

88
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

Section 01 : Présentation de l’enquête et recueil des informations


Dans cette présente section, nous mettons en évidence, analysons et interprétons les
différents résultats obtenus suite à notre enquête auprès des différents cabinets d’audit et plus
particulièrement les commissariats aux comptes aussi nationaux qu’internationaux, afin de
voir s’il y a des divergences. Il est à souligner que cette enquête s’est déroulée dans
l’anonymat absolu. Le but étant de répondre à notre problématique liée à l’impact du digital
sur le travail de l’auditeur légal.

A cet effet, nous avons élaboré un questionnaire en ligne composé d’une vingtaine de
questions dont la plupart sont fermées avec des choix multiples et des cases à cocher, car
c’est plus facile d’y répondre. Nous aurions également pu procéder à des entretiens en face à
face mais à défaut des circonstances liées à la pandémie du Covid-19 ainsi que du manque de
temps, nous les avons épargnés tout en se focalisant sur l’enquête en ligne qui s’est avérée
bien plus efficace.

1.1. Questionnaire : de quoi parle-t-il ?

Le questionnaire tourne autour de notre problématique qui est : « Quelles sont les
transformations majeures apportées à l’économie, aux entreprises, aux administrations ainsi
qu’aux institutions financières et par conséquent la profession d’auditeur légal à travers
l’utilisation des outils technologiques du digital ? ». Pour ce faire, nous avons procédé à la
répartition du questionnaire en trois parties essentielles plus une partie facultative ; la
première étant de voir l’état des lieux à l’aide des informations générales sur les personnes
interrogées, la deuxième partie visant à prendre en compte l’évolution ou pas de la profession
d’auditeur légal suivie de l’impact du digital sur cette dernière, terminant ainsi avec un volet
facultatif qui traite certaines connaissances sur les nouvelles technologies adapté d’après une
étude faite par des chercheurs de l’université UC Louvain ( School of Management) en
Belgique en vue de faire ressortir des éventuels écarts en introduction ainsi que l’utilisation
des nouvelles technologies par les auditeurs nationaux et leurs homologues internationaux
( Annexe N°7).

89
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

1.2. Déroulement de l’enquête

Sélection des professionnels interrogés

Vingt quatre (24) personnes jusqu’à présent ont répondu à notre questionnaire en ligne; six
(06) réponses non acceptées car jugées incohérentes. Dans les dix-huit restantes, nous avons
neuf (09) auditeurs et dix (10) comptables dont deux (02) comptables vérificateurs.

Aussi, il est à noter que le questionnaire reste toujours ouvert ainsi nous continuons à
recevoir d’autres réponses de la part des experts comptables, commissaires aux comptes,
auditeurs…etc. Mais, malheureusement à défaut de temps nous n’avons pas pu toutes les
traiter.

Par ailleurs, on retrouve plus de ¾ des professionnels interrogés travaillant dans des
cabinets de taille moindre à celle des Big four (Deloitte, EY, KPMG, PwC). Ce n’est pas un
hasard parce qu’à travers notre recherche théorique, nous avons été régulièrement confrontées
à des études et des recherches de ces derniers. Or, nous désirions également obtenir des
informations relatives aux autres cabinets. Aussi, il est également intéressant d’inclure des
auditeurs plus expérimentés ainsi que ceux débutant tout juste leur carrière dans l’audit.
Finalement, nous avons sondé des professionnels ayant de 1 mois à 37 années d’expérience.

De plus, afin d’exercer dans le domaine en question, ces derniers ont tous suivis un cursus
universitaire ou d’autres études assez classiques mais avec quelques différences de parcours.
Par exemple, l’auditeur N°13 ayant 37 ans d’expérience a suivi des études de master en
business administration (MBA) aussi titulaire d’un diplôme d’études approfondies (DEA)
tandis que le comptable N°11 débutant tout juste sa carrière avec 1 mois d’expérience est
titulaire d’un diplôme en master audit et contrôle de gestion.

1.3. Statistiques descriptives

Le but étant d’illustrer en détail et en chiffres les différentes réponses des


professionnels questionnés pour ensuite procéder à leur analyse ainsi que leur traitement.

90
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

1.3.1. Informations générales sur les personnes interrogées

1) Travaillez-vous plutôt dans un cabinet de : (17 réponses)

24% Petite taille


53% Taille moyenne
23% Grande taille (Big four)

2) Depuis combien d’années travaillez-vous dans l’audit ? (18 réponses)

3,5
Nombre de professionnels

3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
moins 1 an 2 ans 4 ans 5 ans 7 ans 15 ans 20 ans 23 ans 25 ans 30 ans 37 ans
d'un an
Années d'experience

3) Quelle(s) formation (s) aux études supérieures avez-vous suivi pour devenir
auditeur (Bac, licence, master ou autre…) ? (17 réponses)

- Licence ;
- Commissaire aux comptes ;
- Master audit et contrôle de gestion ;
- Diplôme d’Etudes Universitaires Appliquées (DEUA) en audit et gestion
opérationnelle ;

91
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

- Master Business Administration (MBA) ;


- Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) ;
- Formation professionnelle.

4) Quel est votre poste au sein de votre établissement ? (18 réponses)

Comptable
Comptable vérificateur
Commissaire aux comptes
28%
39% Commissaire aux comptes
stagiaire
Expert-comptable
22% Expert-comptable stagiaire
11%
Auditeur

1.3.2. La profession d’auditeur légal dans l’ère du digital

5) Qu’en dites-vous sur l'évolution de la profession ces dernières années ? (18


réponses)

Elle évolue plutôt rapidement


5%
Elle évolue doucement mais
sûrement
39%
39% Elle évolue négativement

Elle n'évolue pas vraiment


17%

Je ne sais pas

92
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

6) Pensez-vous que les jeunes diplômés sont suffisamment formés pour faire face
aux besoins actuels du métier d’audit ? (18 réponses)

11% 17%
Oui
Non
Je ne sais pas
72%

7) Avez-vous rencontré des difficultés lors des recrutements en raison du manque


de compétences en informatique et/ou en analyse de données chez les personnes?
(18 réponses)

28% Oui
Non
72% Je ne sais pas

1.3.3. Impact du digital sur l’audit légal

8) Avez-vous déjà entendu parler des termes : dématérialisation, numérisation et


digitalisation ? (18 réponses)

11%
Oui
Non

89%

93
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

9) Considérez-vous que le métier d’audit est entré dans un processus de transition


numérique ? (18 réponses)

44% Oui
56% Non

10) Pensez-vous que le support physique est voué à être remplacer par le numérique
prochainement ? (18 réponses)

Il est fort probable que le


numérique remplace
17% entièrement le physique
22%
Il est vrai que le numérique est
plus pratique que le physique
mais ce dernier reste tout de
même indispensable
Le physique reste meilleur que
le numérique
61%

11) A l’avenir, pensez-vous qu’il est possible de travailler depuis son bureau sans
avoir à se déplacer chez le client ? (18 réponses)

Oui, pour certaines


33% procédures
Oui, nous n’avons presque
56% plus à nous déplacer
Non, le déplacement reste
11% toujours indispensable

94
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

12) Quels sont les outils numériques que vous employez dans le cadre de votre
production comptable et/ou de votre gestion des données ? (18 réponses)

Autre 6,00%
Je n’emploie pas ce type de solution 0,00%
Gestion électronique des données (GED) 40,00%
Site internet 39,00%
Logiciels internes 33,00%
Le cloud computing 6,00%
Logiciels comptables 89,00%

13) Quels sont les apports que vous pouvez constater dans l’utilisation de ces outils ?
(17 réponses)

Autre 0,00%

Meilleure accessibilité à l’information 77,00%

Réduction des erreurs ou fautes d’inattention 35,30%


Meilleure sécurité 47,00%
Réduction des coûts 47,00%
Gain de temps 100%

14) Quelle est l’échelle des gains de productivité générée par l’utilisation de ces
outils ? (17 réponses)

12% Aucun gain de productivité


18%
Moins de 10%
Entre 10% et 20%
24%
Entre 20% et 40%
35% Entre 40% et 50%
12%
Plus de 50%

95
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

15) Comment qualifiez-vous, votre relation avec vos clients après avoir intégré les
outils du digital dans votre cabinet ? (17 réponses)

18% 18% Très bonne


Bonne
Moyenne
Mauvaise
Très mauvaise
64%

16) L’utilisation des outils technologiques du digital améliore-t-elle la qualité des


informations financières des entreprises auditées ? (18 réponses)

28% Oui, considérablement


Oui, mais pas trop
50%
Non, pas vraiment

22% Je ne sais pas

17) L’usage de ces outils augmente-t-il le niveau des risques inhérents et des risques
liés au contrôle ? (17 réponses)

Oui, il est désormais plus


difficile de détecter des
anomalies
18% Oui, mais il demeure minime
23%

18% Non, au contraire

41%
Aucune idée

96
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

18) La digitalisation engendre-t-elle des changements en ce qui concerne le choix de


la stratégie d’audit ? (18 réponses)

11% Oui, quelques modifications


s’imposent
Non, il n’y a aucun rapport
50%
39%
Je ne sais pas

19) L’environnement numérique vous impose-t-il en tant qu’auditeur d’acquérir des


connaissances concernant l’usage de ces outils là ? (18 réponses)

11% Oui, il n’y a aucune


22% échappatoire à cela
Oui, il existe des formations
pour ça
Non, pas autant que je le sache
67%

20) Avez-vous rencontré des difficultés dans l’introduction et/ou l’utilisation des
outils numériques dans votre travail ? (17 réponses)

Non, pas vraiment 11,80%


Oui, c’est un processus qui demande énormément
29,40%
de temps
Oui, en ce qui concerne la formation du personnel 100%
Oui, dans la mise en place de ces outils sur
17,60%
l’équipement existant
Oui, des coûts élevés 100%

97
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

1.3.4. Réflexions poussées sur les nouvelles technologies (volet facultatif)

21) Avez-vous déjà entendu parler de la technologie « Blockchain » et/ou du « Big


Data » ? (17 réponses)

Oui, je sais parfaitement de


33% quoi s'agit-il
Oui, j'ai une petite là-dessus
67%
Non, je ne sais vraiment pas
ce que c'est

22) Connaissez-vous d’autres technologies comme eXtensible Business Reporting


Language « XBRL » ? (16 réponses)

6%
Oui, je sais exactement de
19% quoi s'agit-il
Oui, le terme m'est familier
mais sans plus
75% Non, je n’en ai aucune idée

23) En résumé, la « Blockchain » est une technologie de stockage et de transmission


d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de
contrôle. Elle est principalement connue grâce au Bitcoin mais possède également
de nombreux avantages pour l'audit, en termes d'automatisation des procédures,
autonomie, transparence, sécurité, responsabilisation client... etc. Utilisez-vous, à
votre connaissance, la « Blockchain » pour votre travail ? (17 réponses)

98
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

Oui, depuis un moment


5%
18% Oui, récemment
18%

Non, mais nous envisageons


de l'utiliser dans pas
longtemps
Non, ce n'est pas dans nos
cordes
59%
Je ne sais pas

24) Concernant la technologie XBRL, en gros, il s’agit d'un langage informatique


rendant le mécanisme d'échange d'information (de données) entre plusieurs
acteurs plus structuré et plus optimisé. Utilisez-vous, à votre connaissance, XBRL
pour votre travail? (17 réponses)

Oui, depuis un moment


6% 6%
6%
Oui, récemment

17% Non, mais nous projetons de


l’utiliser prochainement
65% Non, ce n’est pas dans nos
cordes
Je ne sais pas

25) Utilisez-vous d'autres technologies particulières pour l'audit ? Si oui, laquelle ou


lesquelles? (4 réponses)

- Non
- Des logiciels de construction de diagrammes et d’organigrammes (Visio)
- Magnitude de SAP
- Sage
26) Avez-vous quelque chose à ajouter ? Sur un sujet pas suffisamment abordé au
cours de cette enquête, ou bien pas abordé et qui mériterait de l'être ? (5
réponses)

- Non
99
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

- Il reste beaucoup à faire en matière d’audit notamment l’organisation préalable


de l’économie…
- Au niveau de vos études cela suffit.
- Oui, c’est un sujet très intéressant surtout avec les changements et l’évolution
technologique.
- En tant qu’auditeur, je dois avouer que l’utilisation des TIC nous a
énormément aidés dans notre travail qui est de nature très rigoureux.
Cependant, avec l’apparition de la pandémie du Covid-19 dont on ne peut
prédire la fin malheureusement ! Nous devons envisager une utilisation accrue
de la technologie notamment dans le partage de données et aussi faire recours
aux réunions virtuelles.

Section 02 : Traitement des informations et résultats

2.1. La profession d’auditeur légal dans l’ère du digital

2.1.1. L’évolution actuelle et future de la profession

Près de 50% des répondants estiment que la profession est en phase d’évolution et sont
également convaincus qu’elle va encore se transformer à l’avenir. Tandis que les 50% restants
trouvent que la profession n’évolue pas vraiment ou du moins évolue négativement !

2.1.2. Lacunes des jeunes diplômés

Les jeunes diplômés qui sortent tout juste de l’université et qui envisagent de faire leur
carrière dans l’audit, doivent avoir acquis les compétences nécessaires qui leur permettront de
décrocher un premier poste de travail, comme ils doivent aussi posséder des aptitudes plus
générales afin de pouvoir suivre des formations complémentaires en cours et en dehors
d’emploi pour qu’ils progressent davantage dans un marché du travail en pleine mutation. Ces
derniers pourraient donc apporter un nouveau souffle à la profession qui traverse
d’importants bouleversements. Malheureusement, ce n’est pas le cas. En effet, presque 72%
des auditeurs interrogés jugent que les jeune diplômés ne sont pas suffisamment prêts pour
exercer le métier en question encore moins de faire face à ses besoins actuels. Cependant,
trois (03) comptables dont deux (02) comptables vérificateurs estiment que les jeunes
diplômés sont capables de travailler directement et de manière efficace en tant qu’auditeurs.

100
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

Par ailleurs, ces réponses quasiment unanimes prouvent qu’il y a vraisemblablement un


problème concernant la formation des jeunes experts en vérification des comptes. D’après
certaines personnes, ceci est dû à un manque de connaissances notamment les connaissances
approfondies en analyse de données, compétences en informatique, pratique et d’esprit
critique.

2.2. Impact du digital sur l’audit légal

Les nouvelles technologies du numérique représentent un fait de plus en plus en vogue


et touchent tous les domaines notamment celui de l’audit. En effet, presque la majorité des
personnes interrogées excepté 11% savent ce que c’est que la dématérialisation, numérisation
et digitalisation. Aussi, près de la moitié des professionnels interrogés estiment que le métier
de l’audit est entré dans un processus de transition numérique. Cependant, une totale
transformation digitale est à écarter ou du moins a besoin d’un temps énorme pour être
réalisée sans oublier les coûts importants qu’elle pourrait engendrer.

2.2.1. Remplacement du support physique par le numérique

Plus de la moitié des répondants (83%) pensent que le physique est indispensable et il est
formellement impossible de s’en séparer malgré que le numérique est de plus en plus
imposant. C’est notamment le cas du commissaire aux comptes (CAC) N°4, de l’auditeur
N°10, du CAC N°13 et plusieurs autres comptables qui considèrent que le physique reste
essentiel et encore meilleur la plupart du temps, car pour eux ; travailler sur du physique est
beaucoup plus simple et permet d’avoir une preuve tangible du travail accompli.

Cependant, certains pensent qu’il est fort probable que le numérique remplace entièrement
le support physique.

2.2.2. Inégalables déplacements en clientèle

Bien que les documents soient de plus en plus numérisés, qu’il existe de nouveaux moyens
de communication à distance tels que la visioconférence, les professionnels interrogés se sont
quasiment (89%) tous mis d’accord sur le fait que le déplacement chez le client reste
primordial, excepté quelques-uns (11%) qui s’accordent à dire qu’ils ne sont presque plus
obligés à se déplacer chez le client.

101
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

2.2.3. L’utilisation progressive des outils digitaux par les cabinets

Les cabinets font désormais recours de plus en plus à de multiples outils technologiques
dans le cadre de leur production et/ou gestion de données. L’exemple le plus pertinent
concerne notamment les logiciels comptables implémentés majoritairement dans les cabinets
avec un taux de 89%.

On constate également la présence grandissante d’autres outils tels que : les GED employés
par près de la moitié des cabinets (47%) suivi par les sites internet (39%) ainsi que les
logiciels internes à l’établissement installés dans 1/3 des cabinets.

De plus, certains testent d’autres outils dans l’exécution de leurs missions, comme les
progiciels et solutions de gestion d’entreprise britannique « sage » ; considéré comme
troisième éditeur européen de progiciels, derrière le progiciel de gestion intégré allemand
« Systems, Applications and Products (SAP) » plus particulièrement magnitude de SAP, ainsi
que les logiciels de construction de diagrammes et d’organigrammes.

2.2.4. Les apports du digital aux cabinets

Comme c’est le cas pour de nombreuses autres entreprises et dans de nombreux autres
domaines, l’utilisation des outils numériques impacte plutôt positivement les cabinets d’audit
et d’expertise comptable. Cela est apercevable notamment dans l’énorme gain de temps que
procure l’emploi de ces outils d’après tous les professionnels questionnés.

En outre, plus de ¾ de ces derniers estiment que les technologies du numérique apportent
une meilleure accessibilité à l’information, aussi meilleure sécurité et réduction des coûts
selon près de la moitié des répondants (47%). On ne peut également nier l’apport lié à la
réduction des risques d’erreurs ou fautes d’inattention bien que peu (¼) des personnes
interrogées l’affirment.

C’est ainsi que ces constatations se traduisent par une échelle de gain de productivité au
moins supérieure à 10% voire 20%, 40% ou même 50% selon la plupart des répondants avec
un taux avoisinant les 90% et nul n’a osé dire le contraire !

Par ailleurs, la relation client/ auditeur a tendance à s’améliorer de manière progressive suite
à l’introduction et l’utilisation des différentes technologies existantes. En effet, la majorité
(82%) des répondants affirme qu’ils entretiennent de bonnes ou même très bonnes relations
avec leurs clients.

102
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

S’agissant de la qualité des informations financières des entreprises auditées, près de ¾ des
personnes sondées affirment qu’il y a une amélioration considérable. En revanche, il existe
toujours des risques inhérents et d’autres liés au contrôle et ce, malgré l’usage de ces outils
plutôt performants.

2.2.5. Les changements imposés par l’environnement numérique

Comme nous le savons tous, l’avènement des nouvelles technologies du numérique a


bouleversé pratiquement tous les métiers, l’audit en fait grandement partie. En effet, les
auditeurs interrogés sont quasiment tous (78%) conscients des enjeux de la digitalisation et
que cette dernière constitue un vrai défi pour eux qu’ils soient internes ou externes et les
obligent à acquérir des compétences de plus en plus accrues pour l’audit dans un
environnement digitalisé et toujours aussi connecté.

2.3. Etude comparative

Le but étant de savoir à quel point les gens, et plus particulièrement tous ceux qui
travaillent dans la comptabilité et l’audit sont branchés technologies ou pas. En effet, nous
avons eu beaucoup de réponses que ce qu’on espérait avoir d’autant plus que cette partie du
questionnaire en ligne est facultative et que nul n’est obligé d’y répondre.

Ainsi, nous avons choisi de faire une étude de façon à comparer entre le niveau de
digitalisation des cabinets d’audit algériens et les cabinets internationaux en se référant à une
étude déjà faite par les chercheurs de l’université de Louvain en Belgique.

L’introduction et l’utilisation des technologies : Blockchain, Big Data et XBRL… en


audit

Une très grande partie des auditeurs algériens questionnés ignorent complètement de quoi
parlent ces technologies et encore moins leur utilité. Néanmoins, c’est moins le cas pour les
auditeurs belges dont la plupart en sont déjà au courant.

S’agissant de la Blockchain et du Big Data, peu des répondants en Algérie savent


pertinemment ce que c’est ou peuvent uniquement les caractériser en quelques mots. Tandis
qu’en Belgique, la majorité des auditeurs le savent. Pourtant, nous remarquons que dans les
deux cas plus de la moitié d’entre eux n’envisagent même pas de l’utiliser. Alors que cette
technologie possède éventuellement de nombreux avantages pour les pratiques d’audit en

103
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

termes d’automatisation des procédures, d’autonomie, de transparence, de sécurité et de


responsabilisation du client …etc.

En outre, si on prend l’exemple du langage XBRL, la totalité des auditeurs belges jugent
qu’il s’agit d’une technologie connue depuis longtemps, ils voient exactement ou du moins
ont une petite idée sur cette dernière, et au moins la moitié d’entre eux l’utilisent pour leur
travail. Or, c’est moins le cas pour les auditeurs en Algérie qui, eux n’ont aucune idée de
quoi s’agit-il et n’envisagent même pas de l’implémenter au sein de leurs cabinets et encore
moins l’utiliser pour leur travail.

Il est à noter qu’en plus de cette avance que connaît le secteur de l’audit et du conseil en
Belgique en termes des technologies suscitées comparant à celui en Algérie, d’autres
technologies notamment les logiciels d’audit tels que Révisaudit Premium et Circulariz ont
été déjà appréhendé par quelques cabinets en vue d’assurer au mieux la mission de contrôle.

2.4. Difficultés et limites de la recherche

Le stage pratique ou étude de cas est un processus très important et une étape
incontournable pour tout étudiant souhaitant terminer ses études avec la meilleure des façons.
Ceci nous permet de nous enrichir nous-mêmes en tant que jeunes étudiants en nous aidant à
avoir un premier contact avec le monde du travail et nous permet également d’apporter du
concret à notre travail de recherche et ainsi le compléter. Cependant, comme pour tout autre
travail, nous avons eu quelques soucis lors de notre stage.

Bien que cette enquête quantitative soit riche en enseignement et objective, nous ne
pouvons pas non plus affirmer que ces résultats soient complètement représentatifs.

Recueillir l’avis d’autant d’auditeurs est intéressant et pertinent pour notre recherche
empirique, même si les questions posées sont orientées et ne poussent pas nécessairement les
répondants à donner explicitement et en détails leur avis sur la situation de la profession
aujourd’hui.

Pour être plus représentatif, il faudrait reproduire l’enquête pour un échantillon bien
plus large et idéalement questionner des auditeurs de presque tous les cabinets en Algérie,
afin de voir s’il y a des divergences, ou si, au contraire, leurs opinions ont tendance à
converger. Mais, à défaut de manque de temps, de la crise sanitaire liée au Covid-19 qui nous

104
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

a causé un énorme retard de 1, de petits changements dans notre programme initial de 2, des
déplacements très limités de 3, la recherche s’est avérée moins signifiante.

Toutefois, nous avons pu braver toutes les entraves qui ont fait obstruction au bon
déroulement de notre stage avec l’utilisation massive des outils technologiques du digital ce
qui fait particulièrement l’objet de notre étude.

105
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital

Conclusion du chapitre

Au cours de ce troisième et dernier chapitre, nous avons mené une enquête ciblant les
cabinets comptables et les cabinets d’audit en Algérie, tout en se basant sur des critères bien
définis à savoir la carrière professionnelle, la nature de la profession et enfin le degré de
numérisation des cabinets en question et ce que cela implique comme conséquences.

En outre, nous avons pu collecter des données quantitatives et qualitatives que nous
avons traitées au fur et à mesure de l’avancement de notre travail de recherche. Les résultats
obtenus nous ont amené à conclure que l’utilisation des nouvelles technologies du numérique
améliore considérablement la démarche d’audit. Cependant, cette amélioration reste encore
très limitée.

En fait, les cabinets d’aujourd’hui doivent automatiser leurs processus internes et faire
évoluer leurs systèmes d’information, ce qui va transformer le métier de l’audit en le
réorientant vers des tâches à plus forte valeur ajoutée. La profession a également besoin de
nouveaux talents, maîtrisant l’analyse et le traitement de données qui constitue la pierre
angulaire de l’audit. Au-delà des compétences techniques, les auditeurs doivent posséder des
compétences en matière de pensée critique, d’innovation et de créativité ce qui va améliorer
davantage la qualité d’audit.

Néanmoins, comme l’audit est une activité réglementée, il est donc primordial que les
régulateurs ainsi que le normalisateur suivent le courant des choses en faisant évoluer les
normes d’audit vers une meilleure intégration des nouvelles technologies.

106
Conclusion générale

Conclusion générale

« Changer de communication pour communiquer sur le changement ». Au terme de


notre mémoire de fin d’études, nous avons constaté que la révolution technologique est l’un
des éléments qui peut influencer la performance et la compétitivité de n’importe quel
organisme. Cette dernière représente notamment une immense opportunité pour le continent
africain et pour l’Algérie du fait de sa zone stratégique.

En effet, nous avons tout d’abord élaboré un éclairage théorique sur le développement
technologique dans le monde allant de sa naissance à aujourd’hui afin de démontrer quelles
sont ses répercussions que ce soit sur l’économie, sur les entreprises ou sur les métiers en
général. En outre, la disruption des modèles productifs industriels traditionnels ainsi que la
capacité d’innovation qui nourrit et assure le développement de la digitalisation demeurent
faibles.

S’agissant de l’Algérie, celle-ci n’est pas restée à l’écart de tout ce mouvement


technologique qui n’arrête pas de bouleverser le monde et a mené bel et bien des actions en ce
qui concerne la numérisation dans tous les secteurs (industrie, santé, éducation, collectivités
locales…) mais plusieurs lacunes restent encore à combler et ce n’est pas prêt à arriver
d’aussitôt !

Nous avons également abordé l’enjeu de la nouvelle économie se fondant sur des
initiatives individuelles, sur des énergies entrepreneuriales illustré par l’exemple de
l’entreprise INFONET.

En dernier lieu, nous avons procédé à une enquête par questionnaire en ligne adressé
aux cabinets comptables et d’audit dans quasiment tous les coins de l’Algérie (Tizi-Ouzou,
Alger, Mostaganem, Bejaïa, Oran…) en vue de vérifier le degré de numérisation de ces
derniers. L’analyse des données recueillies de notre enquête après traitement, nous a permis
d’obtenir des résultats sur l’apport de l’utilisation des outils digitaux dans les cabinets en
question.

En effet, la majorité des enquêtés sont conscients de l’importance de ces outils, et ils
consacrent une partie de leur budget pour l’acquisition de nouveaux outils ainsi que la
formation du personnel. Toutefois, les entraves souvent rencontrées sont généralement liées
au manque de compétences et la complexité de l’utilisation de ces outils.

108
Conclusion générale

Par ailleurs, cette enquête ainsi que tout ce travail nous ont conduits à confirmer une
grande partie de nos hypothèses ; que l’intégration ainsi que le maniement des nouvelles
technologies impactent plutôt positivement et efficacement tout organisme de manière
globale, bien que cette intégration reste toujours restreinte. Ce qui nous a amené à formuler
des recommandations notamment sur la généralisation de la pénétration du numérique dont on
cite :

- La sécurité et le développement économique dépendent désormais de l’espace


numérique. Mais avant de parler de stratégie, il y a un préalable, pour ne pas dire une
urgence : garantir une vitesse de connexion internet qui permettra enfin aux réseaux et
aux outils de communication de bien fonctionner. Car c’est bien loin d’être le cas en
ce moment.
- Viendra ensuite le contenu d’une stratégie numérique globale qui reste à définir pour
indiquer comment et dans quels domaines les autorités, l’économie, les milieux
scientifiques, la société civile et les acteurs politiques doivent collaborer afin que le
pays puisse tirer pleinement profit de ce processus de transformation numérique.
- Parmi les maillons faibles de ce secteur en Algérie, figurent la formation et la
cyberadministration qui demeurent à la traîne. Le pays accuse notamment un
important retard au niveau de l’enseignement qui peine à former les jeunes au
numérique. La bonne intégration de la communauté scientifique passerait par la
création de centres de compétence en éducation numérique et la réorientation de la
formation vers l’incontournable et névralgique secteur du digital. Parmi les autres
chantiers fondamentaux, figurent la généralisation des moyens de paiement mobiles et
la mise en place d’un mécanisme numérique d’accès aux aides sociales et l’inclusion
financière des populations fragiles, et notamment non bancarisées.
- L’autre levier consiste à offrir les conditions favorables aux start-up pour pouvoir
créer un véritable écosystème numérique. C’est surtout dans les domaines du
financement et de la fiscalité que réside un potentiel d’amélioration de leur
environnement économique. Outre, l’éradication de la bureaucratie, l’Etat doit offrir
des conditions attrayantes aux fondateurs et une protection aux investisseurs à travers
une réglementation et des mesures incitatives.
- Des réglementations efficaces et adéquates doivent être ainsi promulguées pour
faciliter l’intégration des technologies digitales et permettre à l’économie du
numérique de se développer. A titre d’exemple : la fiscalité des entreprises doit être

109
Conclusion générale

réformée pour renforcer la concurrence afin de réaliser des gains de productivité.


Toutes ces réformes sont susceptibles de permettre de favoriser la création
d’incubateurs, d’accélérateurs et de centres d’innovation.

Cependant, ce travail comprend probablement des insuffisances qui demandent d’en


tenir compte mais qui peuvent très bien devenir des pistes de recherche à l’avenir.

110
Ouvrages
 Emily Metais-Wiersch & David Autissier, « La transformation digitale des
entreprises », éd Eyrolles, Paris, 2016.
 [Link] et all, « Les grands auteurs en management de l'innovation et de la
créativité », édition EMS, paris, 2016.
 OMC, Electronic commerce and the role of WTO, Genève, 1998, cite in: Philippe
Barbet. Commerce électronique et régulation des échanges internationaux. Annals of
Telecommunications - annales des télécommunications.
 Philippe Arraou, « L’expert-comptable et l’économie numérique », éd septembre
2016.
 Olivia La Vecchia& Stacy Mitchell, « Amazon, cette inexorable machine de guerre
qui étrangle la concurrence, dégrade le travail et menace nos centres-villes », Institute
For Local Self-Reliance.
 Jean-Pierre Corniou, « La transformation numérique au service de la croissance », ed
Fondapol, Paris, 2011.
 Emmanuel Okamba, « Transition digitale et reconfiguration des métiers dans les
organisations : le rôle du manager de transition », France, 2018.
 Bruno Mettling, « Transformation numérique et vie au travail », 2015.
 Adecco Group, « Digitalisation et robotisation : réinventer les métiers ? », livre blanc
informatif n°07, France, 2016.
 Livre blanc, « La dématérialisation de la production comptable », Paris.
 Aurélie Leleu, « Facture électronique : nouveaux modes opératoires, nouvelles valeurs
ajoutées », éd MARKESS by exaegis, Paris.
 Livre blanc, « Êtes-vous prêt pour la facturation électronique », NEOPOST, 2015.
 Philippe Barré, « Experts comptables : l’heure des grands défis », b-ready, 2011.
 Livre blanc, « Réussir la digitalisation », WinBooks.

Articles et revues
 [Link], [Link], « Révolution numérique ou révolution informationnelle ? »,
revue d’économie politique 742-743, juin 2016.
 [Link], « L’économie de la connaissance aux États-Unis : concepts,
institutions, territoires », Revue LISA, vol. XIV-n°1, 2016.
 Paul. Boccara, « la révolution informationnelle, ses ambivalences, ses antagonismes,
ses potentialités », revue d’économie politique 742-743, juin 2016.
 [Link], [Link]. Les nouvelles monnaies numériques : au-delà de la
dématérialisation de la monnaie et de la contestation des banques, Revue de la
régulation, n°18, 2015.
 Revue des nouvelles technologies « N’TIC », Alger, 2017.

Thèses et Rapports
 Jean-Paul. Pinte, « La veille informationnelle en éducation pour répondre au défi de la
société de la connaissance au XXIème siècle », thèse de doctorat en sciences de
l’information et de la communication, université de marne la vallée, France, 2006.
 CNUCED, rapport sur l’économie numérique ; création et captation de valeur :
incidence sur les pays en développement, ONU, Genève, 2019. Document disponible
en ligne sur le lien suivant :
[Link] consulté le
26/03/2020.
 Ariane. Tichit et all, « Les monnaies virtuelles décentralisées sont-elles des dispositifs
d’avenir ? », Revue Interventions économiques N°59, 2018.
 Lounes Houda, « L’administration électronique en Algérie, entre plan et réalisations »,
2018.
 Diane-Gabrielle Tremblay, Catherine Chevrier & Martine Di Loreto, « Le télétravail
comme nouvelle forme d’organisation du travail », Québec, 2007.

Réglementations et lois
 Ordonnance n°75-89 portant code des postes et des télécommunications.
 Loi 2000-03 introduisant les mécanismes du marché dans le secteur de la poste et des
TIC.
 Promulgation de la loi 18-04, intervenant sur l’adaptation aux développements
socioéconomiques nationaux et internationaux ainsi qu’aux progrès techniques et
technologiques enregistrés depuis l’année 2000.
 Art.32, 65 et 111 de la loi de finance 2020.
 Loi n°15-04 fixant les règles générales relatives à la signature électronique et à la
certification électronique.

Sites web
 Site officiel de l’OMC : [Link]

 [Link]
economies/gafa-gafam-ou-natu-les-nouveaux-maitres-du-monde/, Institut pour
l’éducation financière du public, 2019.
 Site officiel de l’agence nationale de développement de l’investissement (andi) :
[Link]
tic

 Site officiel du Ministère de la Poste et des Télécommunications ;


[Link]
 Extellient, « la digitalisation des entreprises, un enjeu stratégique », site
[Link]
 Laurent Corbiere, « La digitalisation : un enjeu stratégique pour le secteur banque et
assurance », 2019. site [Link]
un-enjeu-strategique-pour-le-secteur-banque-et-assurance/

Autres
 Séminaire, «TESLA MOTORS révolutionne l’industrie automobile », stratégie
d’entreprise.
 Lettre mensuelle de l’OMC n°51, juin 2016.

 Hocine Khelfaoui, « Accès aux technologies en Algérie : imposition ou


appropriation ? », Montréal, 2011.
 Kessouri Mohamed Amine, « L’observatoire des TIC en Algérie », 2012.
 Djilali Slimani, « Les problèmes de concurrence dans l’économie numérique en
Algérie », Genève, 2019.
 Article de l’agence nationale de développement de l’investissement (andi), avril 2017
 Bulletin d’information de la Direction Générale des Impôts « Modernisation de
l’administration fiscale », N°90/2018.
 Rachid Jankari, « Les technologies de l’information au Maroc, en Algérie et en
Tunisie », IPEMED, 2014.

 Etude du cabinet Mille-Alliance, « La transformation digitale des entreprises »,


Novembre 2015.
 Erwan Tison, « L’impact de la révolution digitale sur l’emploi », Institut Sapiens,
2017.
 INFFO Formation n°957, « Ces métiers que la digitalisation transforme », 2019.
 Axicon, « La vérification des codes à barres », Paris.
 MAZARS, « Les logiciels comptables », Dar El Moukawil.
 Le service Archives du CIG, « Système d’archivage électronique », fiche pratique,
Paris-Versailles, 2014.
 Créatis, « Le guide du chef d’entreprise », Paris, 2017.
 Ordre des experts-comptables, « Les experts-comptables acteurs du changement »,
2017.
 Documents internes à l’entreprise INFONET.
 Questionnaire élaboré par nos soins.
Madame, Monsieur ;

Nous nous permettons de vous solliciter, car actuellement étudiantes en deuxième


année master audit et contrôle de gestion à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.
En effet, dans le cadre de notre recherche pour notre mémoire dirigé par Mr
AMIAR Habib, nous souhaitons recueillir vos expériences en ce qui concerne la
digitalisation des cabinets d’audit et plus précisément les commissariats aux comptes. Ainsi,
nous nous intéressons en grande partie à l’utilisation des outils technologiques du digital par
les cabinets en question qu’ils soient nationaux ou internationaux dans le but de déceler
d’éventuelles divergences dans l’adoption et le maniement de ces outils.

Par ailleurs, nous sollicitons votre participation à une brève enquête de 10 à 15


minutes afin de mieux connaître vos intérêts pour les technologies de l’information et de la
communication (TIC). Nous tenons à vous préciser également que cette enquête est disponible
en ligne à l’adresse URL suivante :
[Link]
ZnzmVOQfNfw0_w/viewform?vc=0&c=0&w=1&flr=0&fbclid=IwAR3vbUMegZm5h3E6g
VQvtn567nYWHzusISezv8sJe1ACuBK-wK12A-kI5E0

Si toutefois vous acceptez de participer à cette enquête, vous devez savoir que :
● Votre participation est volontaire; rien ne vous oblige à répondre au questionnaire qui
vous a été remis;
● Nous vous remercions de bien vouloir remplir ce questionnaire à votre meilleure
convenance;
● Nous vous demandons simplement de répondre le plus précisément possible aux questions
posées de façon à nous permettre un recueil de réponses les plus représentatives
possibles;
● Les données recueillies sont confidentielles et votre anonymat est garanti dans la mesure
où rien ne permettra aux responsables de cette enquête de vous identifier;
● Vous pouvez toujours nous contacter si vous avez besoin d’informations
complémentaires.

Nous vous remercions de l’attention portée à notre projet et vous prions d’agréer,
Madame, Monsieur, l’expression de nos meilleurs sentiments.
Partie 01 : Informations générales sur les personnes interrogées

1) Travaillez-vous plutôt dans un cabinet de :

 Petite taille

 Taille moyenne

 Grande taille (Big four)

2) Depuis combien d’années travaillez-vous dans l’audit ?

……………………………………………………………………………………………..

3) Quelle(s) formation (s) aux études supérieures avez-vous suivi pour devenir auditeur
(Bac, licence, master ou autre…) ?

…………………………………………………………………………………………………

…………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………….

4) Quel est votre poste au sein de votre établissement ?

 Comptable

 Comptable vérificateur

 Commissaire aux comptes

 Commissaire aux comptes stagiaire

 Expert-comptable

 Expert-comptable stagiaire

 Auditeur

Partie 02 : La profession d’auditeur légal dans l’ère du digital

5) Qu’en dites-vous sur l'évolution de la profession ces dernières années ?

 Elle évolue plutôt rapidement


 Elle évolue doucement mais sûrement

 Elle évolue négativement

 Elle n’évolue pas vraiment

 Je ne sais pas

6) Pensez-vous que la profession est destinée à évoluer dans un futur proche ?

 Oui, certainement

 Oui, mais pas significativement

 Pas du tout

 Aucune idée

7) Pensez-vous que les jeunes diplômés sont suffisamment formés pour faire face aux
besoins actuels du métier d’audit ?

 Oui

 Non

 Je ne sais pas

8) Avez-vous rencontré des difficultés lors des recrutements en raison du manque de


compétences en informatique et/ou en analyse de données chez les personnes?

 Oui

 Non

 Je ne sais pas

Partie 03 : Impact du digital sur l’audit légal

9) Avez-vous déjà entendu parler des termes : dématérialisation, numérisation et


digitalisation ?

 Oui

 Non
10) Considérez-vous que le métier d’audit est entré dans un processus de transition
numérique ?

 Oui

 Non

11) Pensez-vous que le support physique est voué à être remplacer par le numérique
prochainement ?

 Il est fort probable que le numérique remplace entièrement le physique

 Il est vrai que le numérique est plus pratique que le physique mais ce dernier reste tout

de même indispensable

 Le physique reste meilleur que le numérique

12) A l’avenir, pensez-vous qu’il est possible de travailler depuis son bureau sans avoir à
se déplacer chez le client ?

 Oui, pour certaines procédures

 Oui, nous n’avons presque plus à nous déplacer

 Non, le déplacement reste toujours indispensable

13) Quels sont les outils numériques que vous employez dans le cadre de votre
production comptable et/ou de votre gestion des données ?

 Logiciels comptables

 Le cloud computing

 Logiciels internes

 Site internet

 Gestion électronique des données (GED)

 Je n’emploie pas ce type de solution

 Autre : …………………………………………………………………..

14) Quels sont les apports que vous pouvez constater dans l’utilisation de ces outils ?
 Gain de temps

 Réduction des coûts

 Meilleure sécurité

 Réduction des erreurs ou fautes d’inattention

 Meilleure accessibilité à l’information

 Autre : ……………………………………………………………….

15) Quelle est l’échelle des gains de productivité générée par l’utilisation de ces outils ?

 Aucun gain de productivité

 Moins de 10%

 Entre 10% et 20%

 Entre 20% et 40%

 Entre 40% et 50%

 Plus de 50%

16) Comment qualifiez-vous, votre relation avec vos clients après avoir intégré les outils
du digital dans votre cabinet ?

 Très bonne

 Bonne

 Moyenne

 Mauvaise

 Très mauvaise

17) L’utilisation des outils technologiques du digital améliore-t-elle la qualité des


informations financières des entreprises auditées ?

 Oui, considérablement

 Oui, mais pas trop


 Non, pas vraiment

 Je ne sais pas

18) L’usage de ces outils augmente-t-il le niveau des risques inhérents et des risques liés
au contrôle ?

 Oui, il est désormais plus difficile de détecter des anomalies

 Oui, mais il demeure minime

 Non, au contraire

 Aucune idée

19) La digitalisation engendre-t-elle des changements en ce qui concerne le choix de la


stratégie d’audit ?

 Oui, quelques modifications s’imposent

 Non, il n’y a aucun rapport

 Je ne sais pas

20) L’environnement numérique vous impose-t-il en tant qu’auditeur d’acquérir des


connaissances concernant l’usage de ces outils là ?

 Oui, il n’y a aucune échappatoire à cela

 Oui, il existe des formations pour ça

 Non, pas autant que je le sache

21) Avez-vous rencontré des difficultés dans l’introduction et/ou l’utilisation des outils
numériques dans votre travail ?

 Oui, des coûts élevés

 Oui, dans la mise en place de ces outils sur l’équipement existant

 Oui, en ce qui concerne la formation du personnel

 Oui, c’est un processus qui demande énormément de temps

 Non, pas vraiment


Partie 04 : Réflexions poussées sur les nouvelles technologies (volet
facultatif)

22) Avez-vous déjà entendu parler de la technologie « Blockchain » et/ou du « Big


Data » ?

 Oui, je sais parfaitement de quoi s’agit-t-il

 Oui, j’ai une petite idée là-dessus

 Non, je ne sais vraiment pas ce que c’est

23) Connaissez-vous d’autres technologies comme eXtensible Business Reporting


Language « XBRL » ?

 Oui, évidemment que je sais de quoi il s’agit

 Oui, je sais à peu près de quoi ça parle

 Non, je n’en ai aucune idée

24) En résumé, la « Blockchain » est une technologie de stockage et de transmission


d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle.
Elle est principalement connue grâce au Bitcoin mais possède également de nombreux
avantages pour l'audit, en termes d'automatisation des procédures, autonomie,
transparence, sécurité, responsabilisation client... etc. Utilisez-vous, à votre
connaissance, la « Blockchain » pour votre travail ?

 Oui, depuis un moment

 Oui, récemment

 Non, mais nous envisageons de l’utiliser dans pas longtemps

 Non, ce n’est pas dans nos cordes

 Je ne sais pas

25) Concernant la technologie XBRL, en gros, il s’agit d'un langage informatique


rendant le mécanisme d'échange d'information (de données) entre plusieurs acteurs plus
structuré et plus optimisé. Utilisez-vous, à votre connaissance, XBRL pour votre travail?

 Oui, depuis un moment

 Oui, récemment

 Non, mais nous projetons de l’utiliser prochainement


 Non, ce n’est pas dans nos cordes

 Je ne sais pas

26) Utilisez-vous d'autres technologies particulières pour l'audit ? Si oui, laquelle ou


lesquelles ?

…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….
27) Avez-vous quelque chose à ajouter ? Sur un sujet pas suffisamment abordé au cours
de cette enquête, ou bien pas abordé et qui mériterait de l'être ?

…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….
Notions Définitions

recouvrent tous les moyens et outils qui


permettent de traiter (matériels, logiciels de
traitement), transmettre (réseaux et moyens de
Technologies de l’information et de la
transmission et d’échange), de conserver
communication (TIC)
(supports de stockage) l’information
électronique. Autrement dit, les TIC sont des
outils générés par le progrès de la technologie de
l’informatique et des télécommunications.

conversion de documents (support papier,


microforme ou enregistrement audiovisuel
Numérisation
analogique) en représentation codée
numériquement dans un but de conservation ou
de traitement de ces représentations.

désigne le processus qui consiste, pour une


organisation, à intégrer pleinement les
Transformation digitale
technologies digitales dans l’ensemble de ses
activités.
est le processus d’intégration de la technologie
numérique dans tous les aspects de l’entreprise,
Transformation numérique
nécessitant des changements fondamentaux en
termes de technologie, de culture, d’opération et
de création de valeur.

est une monnaie cryptographique décentralisée


créée en 2009 par Satoshi Nakamoto. En tant que
Bitcoin
monnaie, le bitcoin est à la fois un intermédiaire
de paiement et une réserve de valeur.

constitue une base de données qui contient


l’historique de tous les échanges effectués entre
ses utilisateurs depuis sa création. Cette dernière
est sécurisée et distribuée ; elle est partagée par
ses différents utilisateurs sans intermédiaire, ce
Blockchain
qui permet à chacun de vérifier la validité de la
chaîne. Autrement dit, c’est une technologie de
stockage et de transmission d’informations,
transparente, sécurisée, et fonctionnant sans
organe central de contrôle.

il s’agit d’un concept permettant de stocker un


Big Data nombre indicible d’informations sur une base
numérique.
est un terme général employé pour désigner la
livraison de ressources informatiques sous forme
de services à la demande par internet. Il désigne
Cloud Computing
le stockage et l’accès aux données par
l’intermédiaire d’internet plutôt que via le disque
dur d’un ordinateur.

est un domaine de l’informatique dont le but est


Intelligence artificielle (IA) de recréer un équivalent technologique à
l’intelligence humaine.
Résumé
La révolution numérique est une révolution totale. Elle bouleverse notre manière de produire,
de consommer, de travailler. Elle transforme les métiers, fait apparaître des pans entiers d’activités,
elle en métamorphose d’autres en introduisant la concurrence la où il n’y en avait pas, en remettant en
cause les modèles d’affaires traditionnels.

Dans les pays développés comme dans les pays en développement les technologies disruptives
apportent rapidement des solutions innovantes à des défis complexes dans un large éventail de
secteurs.

Les modèles d’affaires dits traditionnels sont de plus en plus remis en cause. Pour cela, il
devient donc essentiel pour les entreprises de s’adapter afin d’offrir des services et des produits qui
répondent aux nouvelles attentes des clients. Embrasser le digital pour répondre aux nouveaux usages
constitue donc un réel défi pour ces dernières.

S’agissant de la profession de l’auditeur légal, l’avènement de l’économie numérique n’est pas


une menace mais une véritable opportunité. Bien qu’elle demeure un challenge historique sans
précédent. En effet, réinventer le métier de la comptabilité, c’est lui donner encore davantage de
valeur. Il n’y a pas de fatalité. Une profession n’est jamais menacée dès lors qu’elle fait l’effort de se
réinventer.

Abstract
The digital revolution is a total one. It upsets our way of producing, consuming and working.
It transforms professions, brings out entire areas of activity. It transforms others by introducing
competition where there was none, by reconsidering traditional business models.

In both developed and developing countries, disruptive technologies bring quickly innovative
solutions to complex challenges in a wide variety of sectors.

The so-called traditional business models are increasingly reconsidered. Therefore, the
companies must conform with in order to offer services and products meeting new customer hopes.
Consequently, embracing digital to fulfill new purposes constitutes a real challenge for them.

Regarding to the legal auditor profession, the digital economy emergence doesn’t represent a
threat but a real opportunity, although it remains an unprecedented historical challenge. Indeed,
reinventing the accountant profession is awarding it more value. There is no fatality. A profession is
never threatened when it makes the effort to reinvent itself.

‫ملخص‬
‫ كما قامت بتبديل‬.‫تعتبر الثورة الرقمية ثورة شاملة كونها زعزعت طريقتنا في اإلنتاج واالستهالك والعمل على حد سواء‬
‫ وذلك بالتشكيك‬،‫ إلى جانب تحويل مهن أخرى من خالل إدخال المنافسة حيث لم تكن موجودة‬،‫ وإبراز برا مج عمل وطنية كاملة‬،‫المهن‬
.‫في نماذج األعمال التقليدية‬
‫ا‬
‫حلوال مبتكرة للتحديات المعقدة على نطاق واسع من‬ ‫سرعان ما تقدم التقنيات التحليلية في كل من البلدان المتقدمة والنامية‬
.‫القطاعات‬

‫ يتعين على الشركات التكيف من أجل تقديم خدمات ومنتجات‬،‫ لهذا‬.‫تو اجه ما يسمى بنماذج األعمال التقليدية تحديات متزايدة‬
.‫ فإن تبني التقنيات الرقمية لتلبية االستخدامات الجديدة يمثل تحدياا حقيقياا لها‬،‫ وعليه‬.‫تستجيب لتطلعات الزبائن‬

‫ على الرغم من‬.‫ فإن ظهور االقتصاد الرقمي ال يشكل تهديد اا وإنما فرصة حقيقية‬،‫عندما يتعلق األمر بمهنة المدقق القان وني‬
،‫ و”ال داعي للقلق‬.‫ تعتبر إعادة صياغة مهنة المحاسبة دافعا يزودها قيمة أكبر‬،‫ وفي الواقع‬.‫أنه ال يزال يمثل تحدي اا تاريخياا غير مسبوق‬
.‫حيث ال تكون المهنة مهددة أبداا طالما تبذل جهد اا إلعادة صياغة نفسها‬

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