Impact de la digitalisation sur l'audit
Impact de la digitalisation sur l'audit
Thème
Promotion 2019
Remerciements
Louanges à Dieu, le miséricordieux, de nous avoir accordé la santé, le
cursus d’études.
Il nous est offert ici, par ces quelques lignes, l’honneur d’adresser nos
remerciements les plus chaleureux à toutes les personnes qui, par leurs
conseils, leurs suggestions ou par leur simple présence ont permis d’aboutir à
l’accomplissement de ce travail.
pertinence et de pédagogie.
ainsi que tout le personnel du groupe INFONET qui ont accepté de nous
et le corps administratif de notre faculté qui nous ont beaucoup aidés durant
notre cursus. Et tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la réalisation
de ce travail.
Nora et Ghenima
Dédicace
Le meilleur moyen de répandre le bonheur est de le partager avec les
Nous vous remercions pour tout le soutien et l’amour que vous nous
Ghenima et Nora
Introduction générale…………………………………….....8
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur
l’économie…………………………………………………..13
Introduction …………………………………………………………………………………………………………………...14
Introduction …………………………………………………………………………………………………………………..38
LF Loi de Finance
GE Grande Entreprise
CA Chiffre d’Affaires
ANNEXES
Annexe 01 Projet d’investissement d’une unité de fabrication de câble LAN et optique
Annexe 07 Questionnaire
FIGURES
Tableau N°2 Le nombre de cartes CIB actives entre 2017 et le 1er semestre de 2018
Tableau N°15 Le nombre de logiciels installés aux TPE, PME et GE par INFONET
INFORMATIQUE
Graphe N°5 Variation des effectifs métiers entre 1986 et 2016 selon l’institut
Sapiens
Graphe N°12 L’évolution de l’utilisation des codes barres par les TPE et PME
Graphe N°13 L’évolution de l’utilisation des codes QR par les TPE et PME
Introduction générale
Introduction générale
Il semble alors, ne faire de doute pour personne, que nous sommes entrés dans une ère
digitale de la sphère économique. De nouvelles technologies ont envahi notre quotidien
depuis quelques années, et se sont désormais emparées du monde des entreprises. La
transformation digitale peut être considérée comme l’un des enjeux actuels majeurs pour les
entreprises du monde entier, et sans aucun doute le sujet de préoccupation numéro un de la
plupart des entreprises à l’heure actuelle. Offreurs de technologies, consultants, conférenciers,
journalistes, dirigeants… Rares sont les professionnels qui n’évoquent pas, au détour d’une
conversation, les challenges liés au nouveau monde digital qui émerge et auquel les
organisations doivent s’adapter, depuis plusieurs années maintenant.
Parmi les nombreux métiers touchés par la digitalisation on trouve notamment celui de
l’expert-comptable. Cette profession a pour but principal d’établir des comptes des entreprises
ainsi que la consolidation des comptes annuels des groupes de sociétés. Afin de réaliser ses
missions, l’expert-comptable est régulièrement confronté à une quantité importante de
données, lesquelles deviennent de plus en plus numériques, ce qui exige des modifications à
son travail.
Notre problématique est axée sur un certain nombre d’interrogations dont nous
tenterons d’y répondre :
L’Algérie est-elle restée à l’écart face à cette révolution ? Si non, quelles sont
les actions de cette dernière ?
A quel point la profession d’auditeur légal est et va-t-elle être impactée par
l’avènement des technologies du numérique ?
Malgré les efforts déployés, l’Algérie accuse un retard considérable par rapport aux
autres pays du monde concernant la numérisation ;
Une enquête par le biais d’un questionnaire adressé aux différents cabinets
d’expertise comptable se trouvant aux différentes wilayas d’Algérie (Tizi-
Ouzou, Alger, Oran, Mostaganem…etc) ;
L’observation libre.
Chapitre 02 : traitera la transformation digitale des métiers, entreprises ainsi que des
administrations que nous allons traduire en cas pratique au sein de l’entreprise INFONET ;
Chapitre 03 : portera sur notre cas pratique qui consiste en une enquête auprès des différents
cabinets d’expertise comptable et de commissariat aux comptes suivie d’une étude
comparative afin de savoir où en est le processus de dématérialisation des opérations
comptables ainsi que les difficultés rencontrées lors de cette transition, aussi l’impact de cela
Introduction générale
sur les procédures d’audit légal pour ensuite suggérer des solutions et recommandations en
cas de détection d’éventuelles anomalies.
Choix du sujet
Nous avons pris la peine de traiter ce sujet car on l’a jugé intéressant d’autant plus que
c’est un sujet d’actualité occupant désormais une place importante au sein des organisations
ainsi que notre quotidien, et qui nous a beaucoup inspiré car il est en constante évolution.
L’audit comme le digital sont deux domaines qui ont longuement attiré notre curiosité.
Comme disait Steve Jobs : « la seule façon de faire du bon boulot, c’est d’aimer ce que vous
faîtes ».
De plus, il s’agit également d’une thématique très peu traitée par les étudiants pour ne
pas dire jamais, ce qui nous a encore plus motivées à nous engager là-dedans.
Chapitre I :
La digitalisation et ses
conséquences sur
l’économie
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Introduction
Le numérique s’est petit à petit glissé dans notre quotidien : services, loisirs, santé,
culture…etc. Le visionnaire Steve Jobs avait raison : l’informatique est devenue un objet
convivial et familial.
Dans les pays développés comme dans les pays en développement les technologies
disruptives apportent rapidement des solutions innovantes à des défis complexes dans un large
éventail de secteurs.
Pourtant tout le monde n’en bénéficie pas de manière uniforme : bien que cette
révolution soit un phénomène mondial, de profondes disparités subsistent malgré tout d’un
pays à l’autre et au sein d’un même pays ce qui est de la pénétration, du coût et des
performances des services numériques. Si plus de la moitié de la population mondiale a
désormais accès à l’internet, le taux de pénétration n’était que de 15% dans les pays les moins
avancés, soit une personne sur sept (selon l’institution spécialisée des nations unies pour les
technologies de l’information et de communication).
Tout au long de ce chapitre, nous allons essayer de donner un aperçu sur les mutations
que le monde vit aujourd’hui, lesquelles sont liées à des mécanismes d’intermédiation et à
Internet ; Uber dans le transport, Google dans la publicité, Netflix dans la vidéo, Amazon
dans le commerce, Airbnb dans la location saisonnière, etc. Aussi nous allons voir où en est
l’Algérie et ce qui est prévu concernant cette révolution.
17
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Le numérique prend de plus en plus de place dans notre vie quotidienne, le digital est
omniprésent dans la vie de tous et pas seulement les plus jeunes. Dans cette section nous
allons appréhender les sociétés leader du monde digital, et puis nous allons mettre à votre
disposition des notions concernant ces dernières.
Les années 1980 ont été celles de la micro-informatique et des infrastructures client/
serveur ;
Les années 1990 celles du « Web » ou World Wide Web « www » qui, selon le
dictionnaire Le Robert représente « un ensemble des données reliées par des liens
hypertextes, sur internet» ;
Les années 2000 celles du numérique au sens maîtrise de la donnée dans une logique
de flux de transport et de transfert ;
Les années 2010 sont celles du digital au sens de technologie informatique portable
qui permet de nouveaux usages et apporte de nouvelles données à gérer1.
A ne pas confondre :
1
Emily Metais-Wiersch & David Autissier, « La transformation digitale des entreprises », éd Eyrolles, Paris,
2016, p.12.
18
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
En effet, le sens donné à cette dernière est flou, elle est représentée « tantôt comme
une « évolution technique » inéluctable, à l’instar des catastrophes naturelles. Tantôt au
contraire, on en fait une potentialité « révolutionnaire », annonçant la venue d’une nouvelle
civilisation autogestionnaire des communs 3
». Néanmoins, aucun secteur d’activité
n’échappera à cette nouvelle économie qui « catalyse de nouveaux échanges, d’autres formes
de transactions entre personnes, amplifie les flux du trafic de l’immatériel, crée de nouveaux
réseaux de savoir4».
2
Emily Metais-Wiersch & David Autissier, [Link], P.12.
3
[Link], [Link], « Révolution numérique ou révolution informationnelle ? », revue d’économie politique
742-743, juin 2016, p.16
4
[Link], « La veille informationnelle en éducation pour répondre au défi de la société de la connaissance
au XXIème siècle », thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication, université de marne
la vallée, France, 2006, P.45.
5
[Link], « L’économie de la connaissance aux États-Unis : concepts, institutions, territoires », Revue
LISA, vol. XIV-n°1, 2016. P.3.
6
[Link] et all, « Les grands auteurs en management de l'innovation et de la créativité », édition EMS,
paris, 2016, p.2
19
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Le passage à la nouvelle économie implique une rupture avec les anciens paradigmes de
l’ancienne économie qui constitue un «héritage de la révolution industrielle qui est au
fondement du système capitaliste et au remplacement de l’artisan, maniant l’outil, par la
machine10 ». Dans l’économie actuelle, qualifiée par certains économistes par « la nouvelle
révolution», la machine remplace l’homme non seulement dans les tâches manuelles, mais
aussi « dans une partie des activités cérébrales centrées sur le traitement de l’information
(calcul, raisonnement), grâce à l’instrument numérique11 ».
Des changements de paradigme sont observés sur plusieurs plans : économique, industriel et
celui des ressources humaines. Ces changements sont résumés dans le tableau ci-dessous :
7
OCDE, « L’économie fondée sur le savoir », Paris, OCDE, 1996, P.3, cité in : Martine. Azuelos, [Link], P.4.
8
Dominique. Foray, L’économie de la connaissance, Paris, La Découverte, 2009, P.5, cité in : Martine. Azuelos,
[Link], P.4.
9
Jean-Paul Pinte, [Link], P.70.
10
Paul. Boccara, « la révolution informationnelle, ses ambivalences, ses antagonismes, ses potentialités », revue
d’économie politique 742-743, juin 2016, P.9.
11
[Link], [Link], [Link], P.18.
20
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Les avancées dans le secteur des TIC ont permis l’éclosion d’un nouveau circuit de
distribution, qu’est le e-commerce ou du commerce électronique. En réalité, ce dernier ne date
pas de l’ère internet car bien avant, le système d’échange de données informatisées (EDI)
avait permis de simplifier considérablement les transactions commerciales entre entreprises
(prise de commande, envoi de catalogues, facturation et dans une moindre mesure, paiement).
L’apport indéniable d’internet pour le e-commerce se manifeste surtout dans la
démocratisation de ce dernier (entreprises/consommateurs et commerce entre consommateurs)
et la baisse des coûts.
Le commerce électronique peut être définit comme étant « l’achat, la vente et l’échange de
biens et services sur un réseau informatique à travers lequel les transactions ou termes de
vente sont effectués électroniquement 12 ». Pour l’organisation mondiale du commerce
12
Christophe Bobineau. E-Commerce : Stratégies et Pratiques. École d’ingénieur. E-Commerce, Institut
Polytechnique de Hanoi, Ecole de Formation Internationale, Vietnam, 2016, P.514.
21
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
(OMC), il s’agit de « la production, publicité, vente et distribution de produits par les réseaux
de télécommunication13 ». Ce phénomène a pris un nouvel essor avec l’apparition des sites
dédiés au commerce en ligne aux Etats-Unis vers 1995 notamment Amazon et Dell, puis en
Europe en 1998.
Le commerce électronique se décline, selon les modèles d’affaires, en plusieurs formes dont
les 4 grandes formes plus fréquentes sont :
A l’heure actuelle, les chiffres d’affaires relatifs au commerce en ligne sont faramineux.
D’après les données de l’OMC, rien qu’en 2018, le chiffre d’affaires mondial entre entreprises
et consommateurs finals devrait dépasser les 1 250 milliards de dollars en Union
Européenne 14 . Le rapport de Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le
Développement (CNUCED) de 2019, avance la valeur totale des transactions effectuées dans
le cadre du commerce électronique qui est de 15 29 367 milliards de dollars, dont 25 516
milliards d’entreprise à entreprise et 3 851 milliards d’entreprise à consommateur.
13
OMC, Electronic commerce and the role of WTO, Genève, 1998, cite in: Philippe Barbet. Commerce
électronique et régulation des échanges internationaux. Annals of Telecommunications - annales des
télécommunications.
14
Voir site officiel de l’OMC : [Link]
15
CNUCED, rapport sur l’économie numérique ; création et captation de valeur : incidence sur les pays en
développement, ONU, Genève, 2019. Document disponible en ligne sur le lien suivant :
[Link] consulté le 26/03/2020.
22
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
de protocoles cryptographiques élaborés fin 2008 et mis en œuvre le 3 janvier 2009 par un
chercheur, ou peut-être plusieurs, caché sous le nom de Satoshi Nakamoto16 »
Sur le plan légal, la monnaie électronique est définie par l’Union Européenne, comme « une
valeur monétaire qui est stockée sous une forme électronique, y compris magnétique,
représentant une créance sur l’émetteur qui est émise contre la remise de fonds aux fins
d’opérations de paiement et acceptée par une personne physique ou morale autre que
l’émetteur de monnaie électronique17 »
16
[Link] et all, « Les monnaies virtuelles décentralisées sont-elles des dispositifs d’avenir ? », Revue
Interventions économiques N°59, 2018, P.8.
17
[Link], [Link]. Les nouvelles monnaies numériques : au-delà de la dématérialisation de la monnaie et
de la contestation des banques, Revue de la régulation, n°18, 2015, P.3
18
Emily Metais-Wierche&David Autissier, [Link], P.13.
19
Philippe Arraou, « L’expert-comptable et l’économie numérique », éd septembre 2016, P.29.
20
[Link]
les-nouveaux-maitres-du-monde/, Institut pour l’éducation financière du public, 2019. Consulté le 19/04/2020.
23
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
[Link]. Google
Crée en 1998 par Larry Page et Sergey Brin, Google représente aujourd’hui un fantastique
moteur de recherche. Sans que personne ne s’aperçoive, ce dernier fait désormais partie de
notre quotidien, et nous avons du mal à imaginer notre vie sans son existence. Nous y sommes
tous ou presque. Il faut dire que le résultat est impressionnant. En quelques fractions de
secondes, la réponse à toute question, à tout mot recherché, apparaît sur notre écran, comme
par enchantement. De plus, cet accès à l’information à tout moment et sur tout sujet est l’une
des principales caractéristiques de notre société d’aujourd’hui. Toutefois, il y a certaines
choses que nous ignorons complètement sur Google, comme nous le savons tous, cet
incroyable moteur de recherche est accessible gratuitement, alors comment se fait-il qu’il est
devenu numéro 01 en termes de capitalisation boursière mondiale ? En vendant de la donnée
tout simplement, en vendant le « click », la connexion qui amènera le consommateur sur le
site marchand d’une entreprise, car toute entreprise est disposée à payer pour être en contact
avec des prospects : c’est une dépense courante 21 , autrement appelé « le système de
monétisation de la publicité ou de la position des résultats de recherche ».
[Link]. Amazon
Une entreprise américaine fondée en 1995 par Jeff Bezos spécialisée dans la vente de
livres en ligne et qui n’a cessé d’évoluer depuis, au point de devenir le leader du e-commerce
mondial.
Amazon s’est introduit dans une grande partie de nos activités et de nos transactions
quotidiennes. Plus de la moitié des personnes qui vont sur le net pour y faire des achats
démarrent leur recherche directement sur Amazon. Ce dernier vend aujourd’hui plus de livres,
plus de jouets, articles…etc qu’aucun autre distributeur22, et ne compte probablement pas en
rester là, et nous en avons une démonstration toute récente avec sa dernière idée qui consiste
en la livraison des courses en moins d’une heure ! Sans doute, cela ne concernera que les
abonnées prémium dans un premier temps. Ceci nous donne une idée des intentions de
croissance d’Amazon ainsi que sa volonté de sortir de sa zone de confort23.
21
Philippe Arraou, [Link], P.31 et 32.
22
Olivia La Vecchia& Stacy Mitchell, « Amazon, cette inexorable machine de guerre qui étrangle la
concurrence, dégrade le travail et menace nos centres-villes », Institute For Local Self-Reliance, P.5.
23
Philippe Arraou, [Link], P.32.
24
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
[Link]. Facebook
Une société américaine créée en 2004 par Mark Zuckerberg basée sur le réseau social. Il
s’agit là, d’une plateforme d’échange « entre amis » gratuite. Néanmoins, Facebook se révèle
au cinquième rang de la capitalisation boursière mondiale ! En fait, ce que nous
méconnaissons du « Business plan » de M. Zuckerberg, c’est que toutes les données qui
allaient transiter sur sa plateforme allaient être commercialisées, et il n’existe aucune société
commerciale au monde qui n’est pas intéressée d’acheter de la data (donnée) plus
précisément, d’acheter des espaces pour une publicité ciblée ou personnalisée. Par
conséquent, plus d’un milliard d’utilisateurs quotidiens de Facebook dans le monde sont
devenus, sans le savoir, des objets de négociation commerciale et des cibles parfaites de la
publicité contemporaine. Plus besoin de panneaux 4 par 3 le long des voies publiques.
Aujourd’hui, la technologie permet d’entrer dans le quotidien des consommateurs sur leur
propre terrain de réceptivité, ce qui est bien plus efficace24.
[Link]. Apple
Une entreprise multinationale américaine fondée par Steve Jobs et Steve Wozniak en 1976
spécialisée dans la création et la commercialisation de produits électroniques, ordinateurs
personnels, logiciels informatiques…etc. Apple est devenu leader du secteur micro-
informatique. Ce dernier a développé la consommation de contenus culturels digitalisés,
musiques, vidéos sur son micro-ordinateur puis en mobilité sur baladeur numérique ou iPod.
Apple a également fait émerger le marché du smartphone ou téléphone intelligent « iPhone »
qui exploite toute la richesse et la continuité avec internet25.
Le graphe ci-dessous, illustre la valorisation boursière des GAFA(M) selon la banque
mondiale :
24
Philippe Arraou, [Link], P.30 et 31.
25
Emily Metais-Wierche&David Autissier, [Link], P.14.
25
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
20000
15000
10000
5000
0
Canada
Inde
Corée du sud
Russie
Espagne
Amazon
Pays-Bas
Google
Italie
Brésil
Australie
Microsoft
Suisse
GAFAM
France
Apple
Indonesie
Turquie
Arabie Saoudite
Suède
Chine
Japon
Pologne
Allemage
Mexique
Facebook
Etats-Unis
Royaume-Uni
[Link]. Netflix
Une entreprise multinationale américaine créée en 1997 par Reed Hastings et Marc
Randolph. Netflix est l’un des rares acteurs de l’ancienne économie, quand il diffusait son
catalogue de films avec de bonnes vieilles cassettes VHS, a pris le leadership mondial avec
26
Philippe Arraou, [Link], P.33.
26
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
une plateforme de streaming payante. Autrement dit, il propose via son site d’accéder à des
films, séries ou encore des documentaires en streaming (payant)27.
[Link]. Airbnb
[Link]. Tesla
Qui tire son nom du célèbre inventeur Nicola Tesla, est une société américaine fondée en
2003 par Martin Eberhard et Mark Tarpenning, cependant, dirigée par Elon Musk est
spécialisée dans la production et la vente de véhicules entièrement électriques. Tesla a
d’ailleurs cassé l’image ringarde de l’électrique dans le secteur de l’automobile et a
complètement révolutionné une industrie où l’électrique était vu comme peu attractif.
Contrairement à ses concurrents, l’objectif principal de Tesla est de suggérer à ses clients un
véhicule capable d’offrir des performances, un confort haut de gamme ainsi qu’une bonne
conscience énergétique29.
[Link]. Uber
Entreprise américaine créée en 2009 par Travis Kalanick et Garrett Camp, exploitant ainsi
la technologie de la géolocalisation dont est équipé un smartphone et sa mise en contact avec
des conducteurs assurant des services de transport et ce, pour un seul et unique objectif qui est
la satisfaction totale du client.
Par ailleurs, Uber, qui compte 1 500 employés et qui n’est propriétaire d’aucun taxi, a une
capitalisation boursière estimée à 69 milliards de dollars. Ce dernier n’aurait probablement
pas existé si les taxis avaient intégré la technologie de la géolocalisation dans l’exercice de
leur fonction et si la satisfaction client avait été un peu plus au cœur de leurs préoccupations30.
27
Philippe Arraou, [Link], P.33. .
28
Idem.
29
Séminaire, «TESLA MOTORS révolutionne l’industrie automobile », stratégie d’entreprise, P.2.
30
Philippe Arraou, [Link], P.33.
27
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Autres innovations majeures des NATU, c’est d’avoir su placer le digital au centre des
usages. Ils proposent ainsi une approche centrée sur leurs fameuses plateformes, véritables
places de marché en temps réel auxquelles on accède d’abord et surtout par des applications
mobiles, les NATU ont ainsi transformé l’économie du monde réel31. Toutefois, ces derniers
ne font pas le poids face aux GAFA et ne peuvent pour l’instant les rivaliser en termes de
capitalisation boursière, néanmoins, elles s’imposent comme des leaders sur leur marché.
En Chine : les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) que nous allons énumérer
ci-dessous :
Baidu : entreprise créée en 2000 par Robin Li et Eric Xu, autrement appelé
« le Google chinois » qui a su s’imposer comme quatrième site internet le plus
visité au monde.
Tencent : gère les services internet et mobiles les plus populaires en chine qui
combinent ceux proposés par les américains (Whatsapp, Apple Pay…etc).
En Russie : les concurrents les plus redoutables sont Yandex ; le moteur de recherche
qui fait de l’ombre à Google, et Vkontakt ; l’alternative russe à Facebook, entrée en
2014 dans le top 10 des réseaux sociaux avec 228 millions d’utilisateurs33.
31
Lettre mensuelle de l’OMC n°51, juin 2016, P.4.
32
Idem, P.4 et P.5.
33
Ibidem, P.5.
28
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Comme les GAFA, leurs homologues étrangers ont rapidement compris qu’il leur fallait
se diversifier pour se développer et les BATX notamment ont développé des systèmes de
paiement propres, des applications de mapping, et pour certains des organismes de crédit
pour TPE ou un groupe de télévision et de production. Les raisons de ce succès tiennent à
la fois à la spécificité de leurs marchés intérieurs et à des politiques en matière
d’économie numérique qui encadrent de très près les marchés pour favoriser les
entreprises chinoises au détriment des sociétés étrangères34.
34
Lettre mensuelle de l’OMC, [Link], P.5.
29
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
La deuxième a été initiée au cours des années 1990 et portait sur « l’intégration des
technologies de l’information et de la communication ».
Financées et pilotées par l’Etat, ces deux expériences avaient en commun de revêtir une
ambition nationale. Chacune s’est accompagnée, en effet, d’un dispositif institutionnel et
organisationnel complet et relativement cohérent au plan formel. Chacune a donné lieu à la
création d’un nombre plus ou moins important d’entreprises, essentiellement publiques dans
le premier cas, mais aussi privées dans le deuxième cas. Pourtant, aucune de ces tentatives n’a
permis, dans sa démarche formelle, l’émergence de milieux innovateurs conséquents. Si
certaines entreprises ont pu exceller dans l’exploitation des technologies importées, peu
d’entre elles se sont fait connaître par des capacités remarquables de renouvellement
technologique autonome. Publiques ou privées, les entreprises mises en place se cantonnent
depuis 50 ans au rôle d’utilisatrices passives, sans contribution notable au mouvement,
désormais quasi planétaire, d’innovation technologique35.
À l’inverse, on observe l’émergence ici et là d’une créativité surprenante, venant de réseaux
informels, « parallèles » ou «underground », formés de bricoleurs et de gens parfois peu
instruits. Le fait remarquable est qu’autant les technologies qui sont mises en œuvre au sein
du dispositif formel — celui des entreprises ou même des institutions scientifiques comme
les universités et les centres de recherche — ne dépassent pas le stade d’une utilisation, au
mieux conforme au mode d’emploi, sans guère connaître une quelconque modification,
adaptation ou amélioration, autant celles qui se pratiquent en marge des prescriptions
formelles sont appropriées, adaptées, voire « détournées » de leurs usages initiaux. C’est ainsi
que la plupart des inventions et des propositions d’innovation naissent en dehors ou à la
périphérie des dispositifs mis en place.
Ces inventions restent cependant à l’état expérimental, dépassant rarement, pour ne
pas dire presque jamais, le stade du prototype. Les tentatives répétées de les traduire en
innovations se heurtent quasi systématiquement à une sorte de « mur invisible »qui empêche
leur aboutissement. Si des inventions parviennent à naître en marge de l’organisation
formelle— voire contre la logique même qui l’anime—, peu d’entre elles franchissent le seuil
de l’industrialisation, pour donner lieu à un produit ou à une qualité technologique acceptable
par le marché. En somme, si les organisations formelles s’avèrent stériles, les pratiques
35
Hocine Khelfaoui, « Accès aux technologies en Algérie : imposition ou appropriation ? », Montréal, 2011, P.2.
30
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
informelles se révèlent plus inventives, sans pour autant parvenir à traduire leurs inventions
en innovation technologique au sens schumpetérien36.
Ceci a conduit l’Etat à entreprendre une vaste réforme tant sur le plan juridique
qu’institutionnel, en dotant ce secteur d’un cadre législatif et réglementaire. C’est ainsi, que la
loi – Décret Législatif – n°2000-03 promulguée le 5 août 2000, constitue un tournant dans
l’histoire des TIC en Algérie. Elle édicte le principe de l’ouverture à des opérateurs publics et
privés du secteur des télécommunications, mettant ainsi fin au monopole de l’Etat. Cette Loi
met donc en place le cadre législatif et réglementaire nécessaire à l’ouverture du marché à de
nouveaux opérateurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Cette concurrence est amenée à
s’exercer sur la téléphonie fixe comme sur la téléphonie mobile et, au-delà, sur tous les modes
d’échange d’information modernes comme l’Internet, les liaisons par satellite ou encore les
réseaux internes d’échange d’informations37.
36
Hocine Khelfaoui, [Link], P.3.
37
Kessouri Mohamed Amine, « L’observatoire des TIC en Algérie », 2012, P.12.
38
Djilali Slimani, « Les problèmes de concurrence dans l’économie numérique en Algérie », Genève, 2019, P.7.
31
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
5
4,5
4
3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Source : Documents sur les indicateurs des infrastructures et services postaux en Algérie – Direction Générale
de l’Economie Numérique.
L’investissement dans les TIC (pour des raisons économiques, éducatives, de recherche,
etc.) a créé des cybers parc technologiques dans tout le territoire algérien. Ces cybers parc
visent d’un côté à rapprocher les services et produits des TIC au citoyen algérien (vente et
réparation de PC et de téléphones portables, vente et programmation de logiciels, accès à
internet, etc.) et de l’autre côté à exploiter les TIC dans les différents champs d’activité
(l’enseignement, la recherche, le partage et l’accès à l’information, etc.). Le cyber parc créé
rassemble les différents acteurs du marché algérien : les entreprises privées et publiques, les
établissements d’enseignement et de formation, les universités et les instituts, les centres de
conférence, les hôtels, etc.39
32
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Fin 2008, le programme de développement des TIC sur cinq ans « e-Algérie 2013 » dont
l’objectif principal est de généraliser les TIC dans plusieurs domaines d’application est conçu
par le ministère des postes et technologies de l’information et communication (MPTIC)
devenu récemment Ministère de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du
Numérique (MPTTN) et lancé, cependant réalisé partiellement. Le taux de réalisation de ce
projet est estimé aujourd’hui à 28%. D’ailleurs l’appellation de ce dernier fut modifiée pour
devenir « e-Algérie », car il était devenu impossible de se fixer une échéance à l’atteinte d’une
telle finalité. 90% des actions planifiées concernaient la modernisation de l’administration
publique40.
De même pour d’autres administrations telles que les impôts qui ont mis en ligne un
nouveau système de télédéclaration et télépaiement des impôts et taxes « Jibaya’tic », axé sur
la dématérialisation de toutes les opérations fiscales et l’automatisation intégrale de toutes les
procédures de traitement des données dont les premières prémices sont déjà visibles
aujourd’hui, au niveau de 22 centres des impôts et qui se généraliseront incessamment à la
direction des grandes entreprises (DGE) et aux centres de proximité des impôts (CPI)42.
40
Djilali Slimani, « Les problèmes de concurrence dans l’économie numérique en Algérie », Genève, 2019,
page7 et page8.
41
Lounes Houda, « L’administration électronique en Algérie, entre plan et réalisations », 2018, P.502.
42
Bulletin d’information de la Direction Générale des Impôts « Modernisation de l’administration fiscale »,
N°90/2018.
33
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Par ailleurs, Algérie Poste de son côté a levé le voile en 2017 sur sa nouvelle carte
interbancaire (CIB) « Edahabia », ce qui a lancé définitivement le service de paiement en
ligne chez les clients de la poste. Ce sont près de 20 millions cartes qui ont été distribuées aux
clients. Cette nouvelle carte de paiement est attribuée aux détenteurs de comptes CCP ce qui
leur permet d’effectuer tout type de transactions sur internet notamment le règlement des
factures d’eau et d’électricité, mais aussi l’achat et le paiement de produits sur le Web via la
plateforme « BaridiNet »44.
Tableau N° 2 : Le nombre de cartes CIB actives entre 2017 et le 1er semestre 2018
4 799 693
4 097 010
Source : Documents sur les indicateurs des infrastructures et services postaux en Algérie.
43
Bulletin d’information de la Direction Générale des Impôts, [Link], N°90/2018.
44
Revue des nouvelles technologies « N’TIC », éd Sense Conseil, Alger, 2017, P.6.
34
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Durant le 1er Semestre 2018, le Nombre de cartes Edahabia (retrait/paiement) actives a connu
une croissance de 17,15% par rapport à l’année 2017.
Graphe N°4 : Comparaison entre l’année 2017 et l’année 2018 en fonction du nombre
d’abonnés par technologies
2017 2018
22%
47% 4G 4G
37%40%
31% GSM GSM
23%
3G 3G
Source : Documents sur les indicateurs des infrastructures et services postaux en Algérie.
45
Agence nationale de développement de l’investissement (andi), voir site :
[Link] consulté le 26/04/2020
35
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
En 2018 plus de 40% d’abonnés mobiles sont des abonnés 4G soit avec une augmentation de
81,8% par rapport à 2017. Cela est expliqué par le choix de la technologie offrant le meilleur
débit.
En complément aux réseaux terrestres et sous-marins, plusieurs actions ont été menées et
d’autres sont en cours, dans le domaine des télécommunications par Satellite, pour
la réalisation d’un ensemble de plateformes offrant aux usagers une multitude de solutions en
termes de télécommunications et de service par satellite (VSAT, IP phone, Visioconférence,
Géo localisation)46.
La législation du secteur de la poste et des TIC est passée par trois (03) grandes étapes :
L’étape du monopole que consacrait l’ordonnance n°75-89 portant code des postes et
des télécommunications, étape durant laquelle l’Etat était le fournisseur direct et
unique des activités de la poste et des télécommunications. La poste et les
télécommunications étaient alors un service public fourni par l’administration à
l’usager.
L’étape de l’ouverture de la concurrence initiée par la loi 2000-03 qui a introduit les
mécanismes du marché dans le secteur de la poste et des TIC.
L’étape de la mise à niveau du cadre législatif régissant les activités du secteur qui
s’est traduit par la promulgation de la loi 18-04, qui intervient pour s’adapter aux
46
Agence nationale de développement de l’investissement (andi), voir site :
[Link] consulté le 26/04/2020.
36
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
47
Voir site officiel du Ministère de la Poste et des Télécommunications ;
[Link] consulté le 06/05/2020.
37
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Les agents économiques doivent se conformer à ces dispositions, au plus tard le 31 décembre
2020.
Nul ne doute aujourd’hui des opportunités offertes par les TIC en termes de
croissance, de création d’emploi (140 000 emplois en Algérie), d’amélioration des conditions
de vie (meilleur accès à l’éducation, à la santé…etc.), comme levier d’inclusion sociale et
financière48. Selon le MPTIC, le chiffre d’affaires global du marché TIC en Algérie aurait
dépassé les 5 milliards de dollars en 2011, dont 4.5 milliards de dollars pour le seul secteur
des télécoms49.
48
Rachid Jankari, « Les technologies de l’information au Maroc, en Algérie et en Tunisie », IPEMED, Paris,
2014, P.6.
49
Idem, page 10.
38
Chapitre I : La digitalisation et ses conséquences sur l’économie
Conclusion du chapitre
Les TIC s’imposent en tant qu’une intervention de première nécessité à apporter pour
garantir le bien-être dans tous les domaines de vie et d’activité. D’après Emmanuel Macron
« Ignorer aujourd’hui les bouleversements à l’œuvre, ou chercher à les contourner, c’est se
condamner à les subir demain de plein fouet. Il y a plus d’opportunités que de danger dans la
transformation numérique, à condition de l’embrasser ».
Sur l’environnement concurrentiel, la nouvelle donne est intégrée. L’irruption de
nouveaux acteurs issus du numérique a rebattu les cartes de l’accès au marché en moins de
deux décennies et certains d’entre eux sont désormais le mètre-étalon à l’aune duquel se
mesurera chaque étape d’une transformation digitale.
Sur le versant “marché”, le client est désormais au centre des attentions. L’enjeu est
bien ici de faciliter la vie du citoyen, accommoder le travail des employés et améliorer les
services fournis... L’Algérie quant à elle accorde un intérêt certain à la recherche scientifique
et à la production technologique et ce, d’après les projets et les programmes consentis en
matière des TIC. Ainsi qu’elle a conduit une réforme de fond, basée sur l’ouverture des
marchés des télécommunications et de la poste qui s’est traduite par un meilleur accès aux
réseaux de l’information.
Cependant, penser digital c’est accepter que l’entreprise devienne ce que les
consommateurs font, disent et attendent d’elle. Evidemment, cela peut bousculer certaines
certitudes, apprendre de nouveaux codes. L’intégration du digital à l’ADN des entreprises ne
peut que s’accentuer et continuer à croître dans le futur. A cet égard, il est essentiel d’aborder
les pratiques d’intégration du numérique dans les entreprises.
39
Chapitre II :
L’impact de la
digitalisation sur les
entreprises et les métiers
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Introduction
A l’instar du 19ème siècle connu par la révolution industrielle, le 21ème siècle lui aussi a
connu des révolutions techniques et technologiques bousculant les secteurs économiques. De
nouvelles perspectives s’imposent, d’après EY ; l’un des plus importants cabinets d’audit
financier et de conseil au monde ; « nous devons passer d’une logique centrée produit à des
produits et services connectés ».
En quelques années ; une nouvelle donne s’est imposée comme moteur de croissance
des économies : « La digitalisation ». L’économiste Joseph Schumpeter nous rappelle « il ne
peut y avoir de véritable création sans destruction d’un passé, ce qu’il faut accepter ».
Désormais, les succès économiques ne reposant plus sur la richesse des matières premières
comme ce fut le cas durant les trente glorieuses, mais plutôt sur un capital immatériel comme
source d’avantage compétitif.
Dans ce présent chapitre, nous allons voir à quel point les entreprises et les métiers
sont touchés par le phénomène que l’on appelle « digitalisation », et qu’en est-il des
entreprises algériennes.
41
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Dans un monde toujours aussi connecté, les modèles d’affaires dits traditionnels sont
chamboulés et les dirigeants n’ont guère le choix que de faire subir une transformation
digitale à leurs entreprises afin que ces dernières restent compétitives dans un environnement,
où la concurrence devient de plus en plus rude. Ce qui implique un changement des
comportements, des esprits ainsi que des métiers.
Désormais, le numérique prend une place très importante dans notre vie quotidienne,
tout va de plus en plus vite, nous sommes connectés du matin au soir et plus de 50% de notre
communication passe par internet. A cet effet, les innovations digitales ont conduit à la
progression des besoins et habitudes des individus que ce soit au niveau personnel ou
professionnel50.
Cependant, le digital n’est plus forcément un moyen d’assurer les relations avec les
clients, mais il est au cœur de :
La stratégie de l’entreprise ;
50
Extellient, « La digitalisation des entreprises, un enjeu stratégique », voir site
[Link] consulté le 20/05/2020.
51
Idem.
42
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
1.1.1. La transformation digitale n’est plus une option mais une nécessité
D’une part, l’adoption des technologies par les clients incite voire oblige l’entreprise à
effectuer sa transformation digitale afin qu’elle puisse rester sur le marché et ainsi satisfaire
les besoins de ses clients qui deviennent de plus en plus exigeants53, comme dit le dicton :
« Le client est roi ». Selon Joël Gueguen (ingénieur en informatique au sein d’une société de
service) ; la méthode de digitalisation consiste souvent à expérimenter, mesurer et améliorer
en permanence les produits et services en tenant compte du retour des utilisateurs.
D’autre part, les entreprises traditionnelles sont confrontées depuis quelques années à
l’émergence d’entreprises entièrement digitales qui se révèlent être des concurrents
redoutables. Ces entreprises ont su établir un lien fort avec leurs clients grâce à leur présence
sur Internet et à une forte réactivé dans leur prise de décisions. Ainsi, pour éviter
l’obsolescence de leurs produits et services et la perte de parts de marché, ces entreprises non
modernisées doivent entamer leur transformation digitale pour améliorer leur chiffre
d’affaires et ainsi rester compétitives dans un monde en pleine mutation54.
Le tableau ci-dessous, représente les points clés d’une nouvelle manière de conduire :
52
Etude du cabinet Mille-Alliance, « La transformation digitale des entreprises », Novembre 2015, P.6.
53
Idem.
54
Ibidem.
43
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
La transformation qui se prépare est encore plus radicale sous deux angles
complémentaires :
55
Jean-Pierre Corniou, « La transformation numérique au service de la croissance », ed Fondapol, Paris, 2011,
P.29.
44
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
métiers. C’est un exercice très difficile que d’imaginer des métiers qui n’existent pas encore,
un exercice qui nécessite de faire preuve d’une imagination prospective importante.
Néanmoins, certains se sont essayés à cet exercice pour déterminer les contours du marché
du travail de demain ».
La vitesse dont la technologie s’est évoluée au cours de ces dernières années est plus
qu’impressionnante. Elle bouscule notre société de fond en comble, tous les secteurs
d’activité, toutes les organisations sont touchés par la transformation numérique plus
particulièrement le monde du travail. Mais qu’en est-il, qu’en sera-t-il de l’ensemble des
emplois ? Certains seront-ils amenés à disparaître, d’autres à évoluer en profondeur ?
Plusieurs études se sont intéressées à la phase disruption du cycle schumpétérien classant
ainsi les banques, les assurances, les professions médicales, les métiers juridiques,
l’enseignement, les agences de communication, les constructeurs automobiles, et bien d’autres
activités sur la « hit list » de la disruption56.
Les études et les analyses réalisées sur cette disruption
John Maynard Keynes : prévoyait que d’ici la fin du XXe siècle, la
technologie aurait détruit les emplois aliénants et pénibles. Une intuition
qui se révèle exacte : le classement de la Direction de l’Animation et de la
Recherche, d’Etudes et des Statistiques (DARES) des métiers les plus
pénibles se superpose avec celui des métiers menacés57.
56
Philippe Arraou, [Link], P.22.
57
Erwan Tison, « L’impact de la révolution digitale sur l’emploi », Institut Sapiens, 2017, P.5.
58
INFFO Formation n°957, « Ces métiers que la digitalisation transforme », 2019, P.2.
59
Emmanuel Okamba, « Transition digitale et reconfiguration des métiers dans les organisations : le rôle du
manager de transition », France, 2018, P.7.
45
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
60
Erwan Tison, [Link], P.5.
46
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
disparaître dans les prochaines années » 61 , les cinq (05) métiers en question sont
énumérés ci-dessous :
Les employés de banque et assurance : la banque et les assurances sont les
secteurs les plus touchés par ce phénomène de digitalisation. Aujourd’hui, la
digitalisation facilite, automatise et minimise un ensemble d’opérations
pénibles et routinières. De ce fait, les acteurs traditionnels n’ont guère le
choix ; soit ils l’adoptent et apprennent à faire avec, soit ils vont disparaître62.
Cependant, les fonctionnaires de la banque et des assurances qui sont
contraints de disparaître sont principalement : les agents de guichets, les
employés de services techniques et les commerciaux. Ceci est dû à la
digitalisation de la plupart des services bancaires ainsi que l’émergence des
technologies financières63. Par ailleurs, la banque et les assurances ne comptent
plus que 253 000 employés, contre 323 000 en 1986. Selon les estimations
faites par Erwan Tison (macro-économiste), elle risque de ne plus n’en
compter aucun d’ici 2038 à 2051, alors que le métier embauchait encore près
de 2% de la population active il y’a 30 ans64.
61
Erwan Tison, [Link], P.5.
62
Laurent Corbiere, « La digitalisation : un enjeu stratégique pour le secteur banque et assurance », 2019. Voir
site [Link]
et-assurance/ consulté le 27/05/2020.
63
Erwan Tison, [Link], page 8.
64
Idem.
47
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
65
Erwan Tison, [Link], p.10.
66
Idem, p.12.
67
Ibidem, p.14.
68
Dito, p.16.
48
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Graphe N°5 : Variation des effectifs par métier entre 1986 et 2016 selon l’institut
Sapiens
30%
20%
10%
0%
Employés de la Secrétaire de Ouvriers non Employés de la Caissiers, employés Total population
-10% banque et des direction qualifiés de la comptabilité de libre service active
assurances manutention
-20%
-30%
-40%
-50%
Source : Erwan Tison, « L’impact de la révolution digitale sur l’emploi », Institut Sapiens, 2017, p6.
Comme nous l’avons précédemment constaté, la numérisation a chamboulé tous les secteurs
sans exception. Le monde du travail a été principalement affecté.
L’apparition de nouveaux outils tels que les smartphones, tablettes, logiciels…etc, et leur
incorporation au travail nécessite de développer ou d’acquérir de nouvelles compétences 69
notamment, ce que l’on appelle les soft skills telles que : la créativité, la capacité à manager, à
négocier avec les autres, à former…etc 70 . Ceci engendre également de nouveaux métiers,
transforme ou modifie des métiers déjà existants, d’autres sont amenés à disparaître71.
69
Bruno Mettling, « Transformation numérique et vie au travail », 2015, page7.
70
INFFO formation n°957, [Link], p.12.
71
Bruno Mettling, [Link], p.7.
49
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
précipitation- à cette disruption qui implique non seulement les métiers, mais aussi
l’organisation du travail ». Il est donc primordial pour les entreprises de placer au cœur de
leur stratégie une formation continue afin que cette transition numérique soit source
d’opportunités pour les salariés (Mc Kinsey)72.
[Link]. Le télétravail
Pour les employés : ceci leur permet de gagner du temps tout en évitant le
déplacement quotidien au lieu de travail, c’est un moyen d’échapper au stress lié aux
relations entre collègues, aux horaires à respecter…etc sans pour autant perdre son
salaire, comme il permet également une certaine conciliation entre le travail et la vie
de famille vu que la majorité des télétravailleurs effectuent leur mission de chez eux74.
Toutefois, le télétravail a certains inconvénients que nous allons citer comme suit :
72
INFFO formation n°957, [Link], p.12.
73
Diane-Gabrielle Tremblay, Catherine Chevrier & Martine Di Loreto, « Le télétravail comme nouvelle forme
d’organisation du travail », Québec, 2007, p.8.
74
Idem, p.9.
50
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
A ne pas oublier aussi, qu’en raison de la crise sanitaire du Covid 19 à laquelle fait face le
monde actuellement, les gens ne peuvent plus se déplacer ou sortir comme ils avaient
l’habitude de faire que ce soit pour se rendre au travail, à l’école ou ailleurs. De ce fait, les
entreprises se sont trouvées dans l’obligation d’organiser le télétravail pour faire en sorte que
l’activité continue sans pour autant faire de déplacement et ainsi éviter que la situation ne
s’aggrave davantage.
[Link]. La robotisation
Suite aux progrès technologiques, les robots entrent dans une nouvelle ère et leur champ
d’action s’étend progressivement à tous les domaines : médecine, agriculture, logistique…etc.
Cependant, d’après les études préalablement réalisées nous déduisons qu’il y a deux (02)
parties opposantes. D’une part, il y a ceux qui prétendent que la robotique va engendrer la
création de nombreux emplois et d’autre part, il y a ceux qui sont convaincus que les robots
vont causer la destruction d’emplois, autrement dit ; l’humain va être remplacé par le robot.
Par ailleurs, le secteur d’activité le plus touché par la robotisation est bel et bien « la
logistique », le géant du commerce et de la logistique « Amazon » en est le meilleur exemple,
ce dernier a acquis « Kiva Systems » ; une société qui fabrique des systèmes de robotique
mobile dont le nom est devenu aujourd’hui « Amazon Robotics », qui lui permet de disposer
de robots qui peuvent mouvoir des racks entiers pour préparer les commandes76. Ajouter à
cela, Amazon développe un projet de drones livreurs de colis, qui sera en marche dans un
futur proche77.
75
Diane-Gabrielle Tremblay, Catherine Chevrier & Martine Di Loreto, [Link], p.12.
76
Adecco Group, « Digitalisation et robotisation : réinventer les métiers ? », livre blanc informatif n°07, France,
2016, p.14.
77
INFFO formation n°957, [Link], p.13.
51
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
D’en connaître l’origine (le pays d’où provient le produit en question, son
fabricant…etc) ;
Les fabricants, imprimeurs, sous-traitants ainsi que les logisticiens sont les seuls responsables
de la qualité et de la performance des codes-barres qu’ils impriment. Pour cela, ils sont dans
l’obligation de mettre en place un système de contrôle qualité des codes. Cela nécessite
l’utilisation des outils de vérification notamment ceux conformes aux normes ISO/IEC 15415,
15426,…etc79.
78
Axicon, « La vérification des codes à barres », Paris, p.2.
79
Idem, p.4.
52
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Toutefois, de nouveaux codes comme le code QR (Quick Response Code) sont apparus
dernièrement sur les panneaux publicitaires, sur certains produits (tablettes de chocolat par
exemple)…etc. Ces derniers sont décryptés par smartphone80.
La majeure partie des entreprises a subi ou est en train de subir une transformation
digitale, ce qui impacte la comptabilité en vue de son importance et de sa nécessité au sein de
l’entreprise. Cette dernière est à la fois un outil de gestion, d’information et de prévision,
ajoutons à cela qu’une comptabilité bien tenue révèle clairement la situation financière d’une
entreprise. Toutefois, la tenue de la comptabilité est une tâche chronophage et l’apparition de
nombreux logiciels spécialisés dans la facturation, la paie, la gestion des immobilisations…etc
a rendu la tâche plus ou moins facile. Ces derniers sont fiables et disponibles sur internet et
dans les grands magasins comme on peut les obtenir auprès des sociétés spécialisées.
80
Axicon, [Link], p.2.
53
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Tenir la comptabilité
générale de
l’entreprise
Gérer les
Exporter les
transactions
données
comptables avec les tiers
Gérer les
Utiliser des
ouvertures et
modèles
clôtures des
d’enregistrement
exercices
comptable
Sauvegarder les
données
comptables
54
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
55
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Gérer son entreprise au quotidien : autrement dit, gérer l’ensemble des obligations
comptables de l’entreprise et être informé en temps réel sur sa situation financière ;
Limiter le risque d’erreur : telles que les écritures en double, les écritures non
équilibrées…etc ;
81
MAZARS, « Les logiciels comptables », Dar El Moukawil, p.6, p.7 et p.8.
82
Idem, p.4.
56
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Durant ces dernières années, nous avons beaucoup entendu parler de ce que l’on appelle
« Dématérialisation ». C’est en effet, un sujet d’actualité alors qu’est-ce-que la
dématérialisation ? Et en quoi est-elle utile ?
Parmi les nombreux documents comptables existant, nous avons deux (02) principaux
documents qui sont : le livre-journal et le grand livre.
Le livre-journal : comme son nom l’indique ; c’est un document sur lequel sont
enregistrées toutes les opérations qui impactent le patrimoine de l’entreprise
quotidiennement et de manière chronologique.
Le grand livre : est un document sur lequel figurent tous les mouvements financiers
effectués par l’entreprise, ces derniers sont classés par comptes selon les normes
établies par le système comptable financier (SCF).
Ces documents sont obligatoires et jouissent d’une très grande importance au sein de
l’entreprise, pour cela ils demandent du temps et de la précision en les éditant pour éviter qu’il
y ait des anomalies. Mais c’est fini tout ça, le comptable n’aura plus à passer énormément de
temps à réaliser ces écritures comptables récurrentes. Aujourd’hui, il existe des logiciels de
saisie d’écritures comptables qui permettent la dématérialisation de ces documents ce qui rend
leur édition plus facile et réalisable en peu de temps. Cependant, la conservation de ces
derniers exige une attention particulière de la part des chefs d’entreprises en termes de cyber
sécurité. S’agissant du grand livre, la loi stipule qu’il doit être conservé au minimum 10 ans.
83
Livre blanc, « La dématérialisation de la production comptable », Paris, p.4.
57
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Pour toutes les activités générant beaucoup de documents qui demandent énormément de
temps pour les classer chronologiquement dans des boites d’archives, telle que la comptabilité
qui génère de nombreux documents exigeant une grande attention de la part des responsables
58
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
afin d’éviter qu’ils ne soient égarés. Il existe maintenant un nouveau système d’archivage plus
simple et moins fastidieux que l’on appelle « archivage électronique ».
Nous entendons parler également de gestion électronique des documents (GED) et de serveur,
le SAE diffère de ces deux là :
Par ailleurs, ce mode d’archivage est assez développé dans plusieurs pays du monde tels que
les Etats-Unis d’Amérique ; là où ce système est né et en France aussi. En ce qui concerne
l’Algérie, ceci n’est pas encore adopté par les administrations et les entreprises mais il y a une
forte volonté pour réaliser ce projet notamment l’archivage des documents papier sous la
forme électronique après leur numérisation qui commence à progresser petit à petit.
La facture joue un rôle très important dans les relations interentreprises. Cependant, son
élaboration ainsi que son traitement demandent beaucoup de temps et de concentration afin
d’éviter qu’il y ait des anomalies. Mais de nos jours, on a tendance à entendre parler de la
facture électronique. De quoi s’agit-il exactement ?
De prime abord, la facture dite électronique est une facture numérisée et elle est envoyée en
format électronique (Word, PDF…etc) plutôt qu’en format papier, accompagnée d’une
signature électronique bien évidemment. Ce qui implique la mise en place de contrôles
documentés et permanents permettant d’établir une piste d’audit fiable entre la facture et la
livraison de biens ou services. Toutefois, il existe trois (03) principes à respecter :
Le service Archives du CIG, « Système d’archivage électronique », fiche pratique, Paris-Versailles, 2014, p.1.
84
85
Idem.
59
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Authenticité de l’origine ;
Intégrité du contenu ;
Néanmoins, scanner une facture papier pour l’envoyer par email n’en fait pas pour autant une
facture électronique.
Faciliter l’accès aux factures archivées à tout moment et partout, sur n’importe quel
appareil ;
Exclure la fraude ;
86
Aurélie Leleu, « Facture électronique : nouveaux modes opératoires, nouvelles valeurs ajoutées », éd
MARKESS by exaegis, Paris, p.2.
87
Idem.
88
Livre blanc, « Êtes-vous prêt pour la facturation électronique », NEOPOST, 2015, p.9.
60
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Par ailleurs, l’adoption de la loi n°15-04 du 11 Rabie Ethani 1436 correspondant au 1er
février 2015 fixant les règles générales relatives à la signature électronique et à la certification
électronique92, exprime l’intention de l’Algérie d’entamer la modernisation de son économie
et de son administration. Et comme nous avons pu le constater à travers le chapitre précédent,
cette volonté est déjà apercevable depuis quelques années notamment l’informatisation des
89
Créatis, « Le guide du chef d’entreprise », Paris, 2017, p.8.
90
Idem.
91
Ibidem, p.5.
92
Journal Officiel de la République Algérienne n°06 du 10 février 2015, p.6.
61
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
L’homme d’affaires français Jean-Michel Aulas , trouve que la révolution digitale constitue
une partie des défis à relever tout en étant aussi une part importante de la réponse et des
solutions à apporter. Cette économie de la plateforme et des services qui lui sont associés, ne
pouvait que percuter l’activité traditionnelle des cabinets d’expertise comptable et
particulièrement leurs relations avec les entreprises clientes. Les experts comptables doivent
se poser la seule question qui vaille : celle de leur utilité, celle des usages possibles et des
bénéfices par leurs clients par rapport à leurs services94.
Par ailleurs, les clients sont devenus plus volatiles, plus exigeants et susceptibles de changer
d’expert-comptable dans le cas où ce dernier ne leur apporte pas l’entière satisfaction, de ce
fait l’expert-comptable doit prendre en considération leurs attentes (conseil, flexibilité,
disponibilité…etc) tout en essayant d’entretenir la relation client 95
. Ajouter à cela,
93
Agiris, « Guide de la digitalisation de la profession comptable en 5 étapes », guide pratique, p.9.
94
Ordre des experts-comptables, « Les experts-comptables acteurs du changement », 2017, p.5.
95
Agiris, [Link], p.7.
62
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Il est important de savoir également que l’enjeu pour les cabinets n’est pas de disposer du
matériel informatique nécessaire ou de varier les logiciels. Certes, ils ont besoin de tous ces
outils et ils ne peuvent pas s’en passer. Mais l’enjeu d’aujourd’hui est de repenser
l’organisation afin de faire de la révolution numérique un levier de croissance pour les
cabinets.
Philippe Barré, « Experts comptables : l’heure des grands défis », b-ready, 2011, p.72.
96
97
Idem, p.73.
63
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Il ne faut pas oublier aussi que l’expert-comptable représente un tiers de confiance pour
les entreprises. Qui est meilleur que l’expert-comptable pour conseiller ou connaître au
mieux une entreprise ? Personne ! C’est là que se définit un autre challenge pour l’expert-
comptable qui est de passer d’un expert-comptable à un expert en consulting autrement
dit ; de moins en moins comptable de plus en plus conseiller ce qui va lui permettre de
dégager plus de valeur ajoutée.
La matière comptable et fiscale lui assure une présence auprès de 90% des TPE/PME
jusqu’à 20 salariés ; aucune autre profession n’est aussi bien implantée ;
1.4.2. Les étapes d’une bonne digitalisation des cabinets d’expertise comptable
En premier lieu, il est important de savoir que la transition numérique n’est pas qu’un
problème de logiciel mais concerne en grande partie tous ceux qui travaillent dans les
cabinets. En fait, beaucoup de gens pensent que la transformation digitale n’est qu’une simple
affaire de technologie or que ce n’est pas vraiment le cas, c’est avant tout un challenge pour
les cabinets d’expertise comptable et une aventure qui concerne tout le monde (salariés,
collaborateurs, dirigeants…etc.) et ne fait aucune exception.
En deuxième lieu, afin que la digitalisation d’un cabinet soit un succès, il est impératif
d’impliquer les collaborateurs et les clients.
98
Philippe Arraou, [Link], p.127.
99
Ordre des experts comptables, « Les experts comptables acteurs du changement », 2017, p.6.
64
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Pour mettre en pratique le processus de digitalisation d’un cabinet, il est conseillé de suivre
les étapes suivantes :
Comme nous l’avons déjà expliqué, la transition digitale impacte et impactera la fiduciaire
davantage ce qui oblige les cabinets à repenser leur organisation. Afin de mener à bien ce
projet, il est recommandé de nommer au sein du cabinet un responsable. Néanmoins, il est
préférable qu’il ait déjà touché aux outils digitaux, qu’il sache les manipuler et ce, peu
importe son niveau hiérarchique. Ce dernier va avancer petit à petit et aider les autres
collaborateurs un à un. Le rôle du référent est de se former aux nouveaux outils, de les
paramétrer pour la fiduciaire en collaboration avec l’éditeur du logiciel, de réaliser des tests
en interne, de commencer à équiper quelques clients pilotes et valoriser ses premiers succès
auprès de ses collègues. Le référent est la personne centrale dans le projet de déploiement de
l’offre digitale au sein du cabinet. Il devra suivre de près les clients à digitaliser, le
déploiement interne, les formations…etc, comme il sera aussi capable de juger de la
pertinence des nouveaux outils, les tester ainsi que les mettre en œuvre.
Nous l’avons déjà précisé au début, il faut absolument impliquer les collaborateurs dans la
démarche de digitalisation du cabinet et ce, dès le départ. A vrai dire, cette étape consiste à
commencer à lever les freins inhérents au changement, d’expliquer les enjeux de la
dématérialisation et de présenter les nouveaux outils. Il est important de savoir aussi que peu
importe le nombre de collaborateurs, cette démarche reste essentielle.
Afin de réussir cette transition, il est conseillé de ne pas déployer les outils digitaux sur la
totalité des collaborateurs et des clients. Après le référent, il faut choisir les personnes les plus
aptes à accepter le changement et qui penchent beaucoup plus vers les nouvelles technologies.
Par conséquent, les bénéfices évidents entraîneront le reste de l’équipe de manière naturelle à
appréhender et à manier les nouvelles procédures. De même pour les clients, il faut
commencer à utiliser ces outils avec les clients demandeurs d’abord.
65
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Il est nécessaire que chaque collaborateur bénéficie d’une familiarisation et d’une formation
technique aux nouveaux outils. Ces formations peuvent être données soit par le référent ou par
l’éditeur de logiciels s’il propose ce genre de service.
Même si la majorité des PME n’ont pas encore mis en place une procédure de transformation
digitale, celle-ci est déjà lancée et elle est également source d’opportunités pour elles.
En outre, certains éléments peuvent être mis en exergue auprès des clients afin qu’ils
affranchissent le pas à leur tour :
Elle permet également une transmission efficace des chiffres et indicateurs clés
de l’entreprise ;
Une fois les clients convaincus, cette étape formative est indispensable car si le client ne sait
pas comment manier ces outils, la digitalisation du cabinet sera vouée à l’échec. Ce qui fait
que les collaborateurs sont dans l’obligation d’expliquer pas à pas la manière d’utiliser ces
différent outils ainsi que comment profiter des avantages qu’offre leur utilisation.
66
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Maintenant, en quoi consiste la nouvelle offre des cabinets ? En effet, cette dernière s’articule
autour de 03 axes :
Dans cette présente section, nous allons mettre à votre disposition une présentation
synthétisée de l’échantillon INFONET suivie d’une étude de cas en vue de collecter un
maximum d’informations concernant l’adoption des technologies par les entreprises
algériennes qui nous permettront de traiter et analyser les résultats obtenus.
INFONET SAHOUI est une start-up créée en 2002, elle n’était au départ qu’une toute
petite entreprise voire un cybercafé qui s’est transformée par la suite en une entreprise de
prestation de services informatiques (INFONET SERVICES). Son directeur est titulaire d’un
diplôme de technicien supérieur en électromécanique délivré par le collège technique de TIZI-
OUZOU en 1967 ; il est important de savoir qu’à l’époque, la notion « Informatique »
n’existait pas, on parlait beaucoup plus d’électromécanique et d’électricité industrielle. Son
fondateur quant à lui a suivi une formation en cybersécurité à la Silicone Valley californienne
là où il poursuit son travail à distance avec ses frères qui, eux se trouvent au sein de
l’entreprise elle-même. Par ailleurs, la forte volonté de ces derniers d’accroître leur activité
100
Livre blanc, « Réussir la digitalisation », WinBooks, p.26 et p.27.
67
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
ainsi que leur savoir-faire les a conduits à élargir leur champ d’action en créant deux autres
succursales (INFONET INFORMATIQUE et INFONET PRINT) que nous allons illustrer par
la suite. De plus, il est à noter qu’un projet d’investissement d’une unité de fabrication de
câble LAN et optique (INFONET INDUSTRIE) ; le premier en son genre dans toute
l’Afrique ; est en cours de réalisation (Annexe N° 1).
Coordonnées
Courriel : infonetcyb@[Link]
Moyens humains
68
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Moyens matériels
69
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Coordonnées
Courriel : infonetdz@[Link]
Moyens humains
70
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Technicien supérieur
Electromécanique (collège
1 Directeur
technique TIZI-OUZOU)
Formation en réception de
données informatiques
Formation Installation et
2 Gérant
maintenance réseaux
téléphoniques et
Informatiques (CFP Alcatel-
Lucent)
Diplôme en cybersécurité
(Silicone Valley)
3 Expert en sécurité Technicien supérieur
informatique
informatique de gestion
Formation en infographie
Formation Installation et
maintenance réseaux
4 Chef de projet informatique
téléphoniques et
Informatiques (CFP Alcatel-
Lucent)
71
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Diplôme de technicien
supérieur en informatique
6 Technicien télécoms et option systèmes et réseaux
réseaux
informatiques
Moyens matériels
72
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Atelier 1
Bureau de direction 1
Entrepôt 2
Hangar 2
Coordonnées
Même adresse
Moyens humains
73
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Moyens matériels
Show-room 1
Atelier 3
Entrepôt 2
Par ailleurs, INFONET collabore avec des partenaires et des clients dont on cite quelques-uns
des plus importants dans le tableau ci-dessous (Annexe N°2) :
Partenaires Clients
hp Ministère des Travaux Publics et des Transports
Intel Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales
EPSON Ministère de la Poste, des Télécommunications, des
Technologies et du Numérique
Canon Ministère de l’Education Nationale
DELL Ministère de la Santé de la Population et de la
Réforme Hospitalière
74
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
En outre, nous avons choisi de faire une étude plus ou moins approfondie sur
l’entreprise INFONET vu que cette dernière s’occupe de tout ce qui est technologie dans de
nombreuses entreprises et administrations algériennes afin de voir à quel point ces dernières
introduisent-elles ce type de technologie dans leurs activités.
75
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Adoption des technologies du numérique par les entreprises algériennes : cas INFONET
SERVICES / INFONET PRINT et INFONET INFORMATIQUE
Afin d’éviter de trop parler là-dessus, nous avons choisi de nous exprimer de manière plus
concrète à l’aide des tableaux et graphes suivants :
14000
12000
10000
8000
6000
4000
2000
0
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
76
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Nous avons un schéma illustrant l’évolution des commandes reçues de la manière classique
dans deux entreprises appartenant au même groupe : INFONET SERVICES et INFONET
PRINT de la période allant de 2013 à 2020.
3500
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Comme nous l’avons déjà précisé en haut, INFONET PRINT a débuté son activité en fin
2017, ce qui justifie le peu de commandes électroniques reçues. De plus, on observe un
certain déclin dans l’année 2020 ce qui est tout à fait normal car cette étude a été faite en Août
2020 (l’année n’est pas encore terminée). Cependant, on remarque que les commandes
électroniques reçues chez INFONET SERVICES sont beaucoup plus basses que celles reçues
chez PRINT et ce, malgré l’écart du début d’activité.
77
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Graphe N°08 : Comparaison entre les commandes reçues de la manière classique et par
voie électronique chez INFONET SERVICES
14000
12000
10000
8000
6000
4000
2000
0
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Graphe N°09 : Comparaison entre les commandes reçues de la manière classique et par
voie électronique chez INFONET PRINT
3500
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
2017 2018 2019 2020
78
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
On note qu’au sein de la même entreprise « INFONET PRINT », les commandes reçues par
mail sont beaucoup plus élevées que celles reçues traditionnellement.
Interprétations
Suite à l’étude des graphes ci-dessus, nous déduisons que les entreprises ont tendance
à se digitaliser d’une vitesse assez remarquable contrairement aux particuliers qui,
eux aussi ont tendance à se digitaliser mais ils restent toujours restreints, ceci est
apercevable chez INFONET SERVICES notamment en ce qui concerne les
commandes électroniques qui demeurent très minimes. Toutefois, nous constatons
également que ces dernières sont clairement ascendantes ce qui signifie une forte
volonté de digitalisation des particuliers. Ajoutons aussi que, même si les commandes
reçues de la manière classique chez INFONET SERVICES sont fortement élevées par
rapport à celles reçues chez INFONET PRINT, ces dernières ont tout de même
tendance à baisser, ceci implique que le client commence à limiter ses déplacements ;
ce qui peut être traduit par le recours au digital.
79
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Comparaison entre le nombre de logiciels installés de la période allant de 2015 à 2020 aux TPE, PME et GE par l’entreprise INFONET
INFORMATIQUE en fonction du chiffre d’affaires
Le tableau ci-dessous nous démontre laquelle des TPE, PME ou GE utilise le plus de logiciels par rapport aux autres, et je tiens à préciser que les
chiffres sont représentés en kilo dinars (KDA) :
Tableau N°15 : Le nombre de logiciels installés aux TPE, PME et GE par INFONET INFORMATIQUE
80
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Graphe N°10 : Le chiffre d’affaires généré suite à l’installation des logiciels de gestion
par type d’entreprise
450000
400000
350000
300000
250000 TPE
200000 PME
150000 GE
100000
50000
0
2015 2016 2017 2018 2019 2020
D’après ce schéma, nous constatons que le chiffre d’affaires généré par la mise en place des
logiciels de gestion dans les TPE ainsi que les GE est en constante évolution. S’agissant des
PME, nous observons un déclin assez remarquable.
Graphe N°11 : Le chiffre d’affaires généré par l’installation des réseaux informatiques
par type d’entreprise
10000
9000
8000
7000
6000
TPE
5000
PME
4000
GE
3000
2000
1000
0
2015 2016 2017 2018 2019 2020
81
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Nous observons une constante évolution du chiffre d’affaires (CA) généré par la mise en
place des réseaux informatiques dans les TPE, PME et GE. Toutefois, on note que ce dernier
demeure faible pour les TPE et PME.
Déduction
Quelle que soit leur taille, de nombreuses entreprises ont tendance à opter de plus en
plus pour l’intégration des nouvelles technologies dans leur ADN ainsi que leur
processus de gestion.
Adoption des technologies numériques dans la chaine logistique par les entreprises
algériennes : échantillon imprimerie numérique INFONET PRINT
Graphe N°12 : L’évolution de l’utilisation des codes-barres par les TPE et PME
120000
100000
80000
60000 TPE
PME
40000
20000
0
2017 2018 2019 2020
82
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
On note que les entreprises se servent de plus en plus des codes-barres dans leur chaine de
logistique.
Graphe N°13 : L’évolution de l’utilisation des codes QR par les TPE et PME
160000
140000
120000
100000
80000 TPE
60000 PME
40000
20000
0
2017 2018 2019 2020
Nous remarquons que les codes QR ne cessent d’être utilisés par les entreprises tant les
PME que les TPE dans leur chaine de logistique. Ces derniers ont une certaine particularité ;
ils sont facilement décryptés à l’aide des smartphones ce qui explique leur emploi en masse.
Déduction
Depuis leur apparition, les codes-barres et les codes QR ne cessent d’évoluer au fil du
temps et sont fréquemment utilisés par les entreprises notamment dans la logistique.
Ceci leur facilite la saisie et la gestion des immobilisations ainsi que l’inventaire et la
gestion des stocks principalement.
Les TIC ont joué un rôle très important dans la modernisation des entreprises ainsi que
des administrations algériennes depuis leur introduction à ce jour et ce, malgré le retard
qu’accuse l’Algérie dans ce domaine par-rapport aux autres pays notamment les pays voisins
tels que le Maroc et la Tunisie qui sont bien plus avancés que nous.
83
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Néanmoins, l’université algérienne s’avère très en retard en matière d’usage des TIC et de
présence sur le web comparée aux autres universités du continent Africain. En effet, selon le
dernier classement de « 4 International Colleges & Universities » ; moteur de recherche
international de l’enseignement supérieur et répertoire d’examen des universités et collèges
accrédités dans le monde, nos universités arrivent aux derniers rangs de ce classement
international qui classe les facultés en fonction de leur présence sur le net. Ainsi, sur un
classement de dix (10) universités les plus célèbres en Afrique, figurent l’université Abou
Bekr Belkaid de Tlemcen suivie de celle de Mentouri de Constantine et Mouloud Mammeri
de Tizi-Ouzou qui occupent respectivement la 42ème et la 44ème place dans le top 100 des
universités les plus célèbres d’Afrique. Ceci prouve que les universités algériennes ne sont
pas à jour avec l’évolution des TIC. En revanche, l’intention de moderniser et numériser le
secteur en question demeure toujours présente (Annexe N°3).
84
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Lors d’un communiqué qui s’est déroulé en juin dernier, le Ministre de la Santé, de la
Population et de la Réforme Hospitalière a mis l’accent sur les travaux de préparation du
lancement de programme de digitalisation et de numérisation du secteur (e-santé), réalisé avec
l’appui du Ministère de la micro-entreprise, des start-up et de l’économie de la connaissance.
Par ailleurs, plusieurs centres hospitaliers ont récemment fait appel à INFONET
INFORMATIQUE en vue de réaliser des projets de grande envergure et ce, dans des délais
assez courts. Ces derniers sont : l’hôpital Mohamed Boudaoud de Dellys, l’établissement
public hospitalier (EPH) d’Azeffoun, le centre Pierre et Marie Curie relevant du Centre
Hospitalier Universitaire (CHU) Mustapha Pacha, l’hôpital Dr Fares Yahia de Koléa et
l’hôpital Saïd-Aouamri de Bougâa Sétif (Annexe N°5).
Si dans plusieurs pays développés dans le monde, les citoyens arrivent à tirer leur extrait de
naissance sur Internet sans avoir à se déplacer, en Algérie, nos collectivités locales ignorent
encore l’existence du Web. Cependant, l’année 2016 a été marquée par la numérisation des
APC à l’instar des pièces d’identité nationale, carte grise ainsi que les documents d’état civil.
85
Chapitre II : L’impact de la digitalisation sur les entreprises et les métiers
Conclusion du chapitre
Aujourd’hui plus que jamais, les métiers dits traditionnels ont pris conscience des
enjeux et de l’importance de subir une digitalisation afin de prospérer dans un monde qui
devient de plus en plus digital. S’agissant des métiers du chiffre, du droit, de la santé, de
conseil et de contrôle ou d’autres, des efforts ont été déployés pour embrasser ce changement
car l’avenir de ces métiers là, dépend forcément de leur digitalisation, comme disait
Churchill : « Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par
la gorge » .
Ajoutons que l’impact de la digitalisation des métiers est assez flagrant notamment
dans le domaine de la comptabilité dont l’évolution a été remarquable durant ces dernières
années, et la dématérialisation des opérations comptables a été l’une des principales
évolutions, ceci allège les tâches administratives et permet à l’expert-comptable de devenir un
conseiller proactif capable de créer de la valeur pour sa clientèle.
Etant donné que l’audit est étroitement lié à la comptabilité, ceci implique certains
changements dans les pratiques de ce dernier. Pour cela, il est nécessaire d’aborder les défis
auxquels l’auditeur doit faire face pour mener à bien sa mission dans cette nouvelle ère qui est
marquée par la révolution digitale.
86
Chapitre III :
L’audit légal à l’heure
du digital
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
Introduction
L’heure du numérique a bel et bien sonné et nul ne peut l’ignorer même les
traditionalistes les plus convaincus. En effet, les entreprises ont pris conscience de
l’importance de la digitalisation et sont conscientes également qu’il ne s’agit pas uniquement
d’un simple projet parmi d’autres, vu qu’elle impacte tous les services et tous les domaines
sans exception tout en poussant ces dernières à évoluer leurs processus internes ainsi qu’à
repenser leurs métiers. C’est notamment le cas des cabinets d’audit qui sont eux aussi dans
l’obligation de modifier leurs habitudes de travail afin de mener à bien leurs missions surtout
dans le cas où il s’agit d’auditer une entreprise complètement digitalisée.
Le terme « audit » est un nouveau concept qui est devenu très courant ces dernières
années, notamment dans le monde des affaires. Ce dernier consiste à effectuer rigoureusement
et systématiquement des travaux d’étude, de vérification et d’évaluation des divers aspects de
l’activité de l’entreprise. Ce qui fait que si l’entreprise a subi une transformation digitale cela
va impacter de manière directe ou indirecte le travail de l’auditeur qu’il soit interne ou
externe.
Ce chapitre a donc pour objectif de mettre l’accent sur l’impact de la digitalisation sur
les procédures d’un type d’audit qu’est l’audit légal ; autrement dit les challenges auxquels le
commissaire aux comptes doit faire face pour effectuer sa mission dans les meilleurs délais et
conditions. A cet égard, nous avons choisi de faire une petite enquête suivie d’une étude
comparative sur deux échantillons de cabinets d’audit nationaux et internationaux en vue de
faire ressortir des éventuelles divergences entre les cabinets les plus digitalisés et ceux
travaillant encore avec les moyens traditionnels.
88
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
A cet effet, nous avons élaboré un questionnaire en ligne composé d’une vingtaine de
questions dont la plupart sont fermées avec des choix multiples et des cases à cocher, car
c’est plus facile d’y répondre. Nous aurions également pu procéder à des entretiens en face à
face mais à défaut des circonstances liées à la pandémie du Covid-19 ainsi que du manque de
temps, nous les avons épargnés tout en se focalisant sur l’enquête en ligne qui s’est avérée
bien plus efficace.
Le questionnaire tourne autour de notre problématique qui est : « Quelles sont les
transformations majeures apportées à l’économie, aux entreprises, aux administrations ainsi
qu’aux institutions financières et par conséquent la profession d’auditeur légal à travers
l’utilisation des outils technologiques du digital ? ». Pour ce faire, nous avons procédé à la
répartition du questionnaire en trois parties essentielles plus une partie facultative ; la
première étant de voir l’état des lieux à l’aide des informations générales sur les personnes
interrogées, la deuxième partie visant à prendre en compte l’évolution ou pas de la profession
d’auditeur légal suivie de l’impact du digital sur cette dernière, terminant ainsi avec un volet
facultatif qui traite certaines connaissances sur les nouvelles technologies adapté d’après une
étude faite par des chercheurs de l’université UC Louvain ( School of Management) en
Belgique en vue de faire ressortir des éventuels écarts en introduction ainsi que l’utilisation
des nouvelles technologies par les auditeurs nationaux et leurs homologues internationaux
( Annexe N°7).
89
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
Vingt quatre (24) personnes jusqu’à présent ont répondu à notre questionnaire en ligne; six
(06) réponses non acceptées car jugées incohérentes. Dans les dix-huit restantes, nous avons
neuf (09) auditeurs et dix (10) comptables dont deux (02) comptables vérificateurs.
Aussi, il est à noter que le questionnaire reste toujours ouvert ainsi nous continuons à
recevoir d’autres réponses de la part des experts comptables, commissaires aux comptes,
auditeurs…etc. Mais, malheureusement à défaut de temps nous n’avons pas pu toutes les
traiter.
Par ailleurs, on retrouve plus de ¾ des professionnels interrogés travaillant dans des
cabinets de taille moindre à celle des Big four (Deloitte, EY, KPMG, PwC). Ce n’est pas un
hasard parce qu’à travers notre recherche théorique, nous avons été régulièrement confrontées
à des études et des recherches de ces derniers. Or, nous désirions également obtenir des
informations relatives aux autres cabinets. Aussi, il est également intéressant d’inclure des
auditeurs plus expérimentés ainsi que ceux débutant tout juste leur carrière dans l’audit.
Finalement, nous avons sondé des professionnels ayant de 1 mois à 37 années d’expérience.
De plus, afin d’exercer dans le domaine en question, ces derniers ont tous suivis un cursus
universitaire ou d’autres études assez classiques mais avec quelques différences de parcours.
Par exemple, l’auditeur N°13 ayant 37 ans d’expérience a suivi des études de master en
business administration (MBA) aussi titulaire d’un diplôme d’études approfondies (DEA)
tandis que le comptable N°11 débutant tout juste sa carrière avec 1 mois d’expérience est
titulaire d’un diplôme en master audit et contrôle de gestion.
90
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
3,5
Nombre de professionnels
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
moins 1 an 2 ans 4 ans 5 ans 7 ans 15 ans 20 ans 23 ans 25 ans 30 ans 37 ans
d'un an
Années d'experience
3) Quelle(s) formation (s) aux études supérieures avez-vous suivi pour devenir
auditeur (Bac, licence, master ou autre…) ? (17 réponses)
- Licence ;
- Commissaire aux comptes ;
- Master audit et contrôle de gestion ;
- Diplôme d’Etudes Universitaires Appliquées (DEUA) en audit et gestion
opérationnelle ;
91
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
Comptable
Comptable vérificateur
Commissaire aux comptes
28%
39% Commissaire aux comptes
stagiaire
Expert-comptable
22% Expert-comptable stagiaire
11%
Auditeur
Je ne sais pas
92
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
6) Pensez-vous que les jeunes diplômés sont suffisamment formés pour faire face
aux besoins actuels du métier d’audit ? (18 réponses)
11% 17%
Oui
Non
Je ne sais pas
72%
28% Oui
Non
72% Je ne sais pas
11%
Oui
Non
89%
93
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
44% Oui
56% Non
10) Pensez-vous que le support physique est voué à être remplacer par le numérique
prochainement ? (18 réponses)
11) A l’avenir, pensez-vous qu’il est possible de travailler depuis son bureau sans
avoir à se déplacer chez le client ? (18 réponses)
94
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
12) Quels sont les outils numériques que vous employez dans le cadre de votre
production comptable et/ou de votre gestion des données ? (18 réponses)
Autre 6,00%
Je n’emploie pas ce type de solution 0,00%
Gestion électronique des données (GED) 40,00%
Site internet 39,00%
Logiciels internes 33,00%
Le cloud computing 6,00%
Logiciels comptables 89,00%
13) Quels sont les apports que vous pouvez constater dans l’utilisation de ces outils ?
(17 réponses)
Autre 0,00%
14) Quelle est l’échelle des gains de productivité générée par l’utilisation de ces
outils ? (17 réponses)
95
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
15) Comment qualifiez-vous, votre relation avec vos clients après avoir intégré les
outils du digital dans votre cabinet ? (17 réponses)
17) L’usage de ces outils augmente-t-il le niveau des risques inhérents et des risques
liés au contrôle ? (17 réponses)
41%
Aucune idée
96
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
20) Avez-vous rencontré des difficultés dans l’introduction et/ou l’utilisation des
outils numériques dans votre travail ? (17 réponses)
97
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
6%
Oui, je sais exactement de
19% quoi s'agit-il
Oui, le terme m'est familier
mais sans plus
75% Non, je n’en ai aucune idée
98
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
- Non
- Des logiciels de construction de diagrammes et d’organigrammes (Visio)
- Magnitude de SAP
- Sage
26) Avez-vous quelque chose à ajouter ? Sur un sujet pas suffisamment abordé au
cours de cette enquête, ou bien pas abordé et qui mériterait de l'être ? (5
réponses)
- Non
99
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
Près de 50% des répondants estiment que la profession est en phase d’évolution et sont
également convaincus qu’elle va encore se transformer à l’avenir. Tandis que les 50% restants
trouvent que la profession n’évolue pas vraiment ou du moins évolue négativement !
Les jeunes diplômés qui sortent tout juste de l’université et qui envisagent de faire leur
carrière dans l’audit, doivent avoir acquis les compétences nécessaires qui leur permettront de
décrocher un premier poste de travail, comme ils doivent aussi posséder des aptitudes plus
générales afin de pouvoir suivre des formations complémentaires en cours et en dehors
d’emploi pour qu’ils progressent davantage dans un marché du travail en pleine mutation. Ces
derniers pourraient donc apporter un nouveau souffle à la profession qui traverse
d’importants bouleversements. Malheureusement, ce n’est pas le cas. En effet, presque 72%
des auditeurs interrogés jugent que les jeune diplômés ne sont pas suffisamment prêts pour
exercer le métier en question encore moins de faire face à ses besoins actuels. Cependant,
trois (03) comptables dont deux (02) comptables vérificateurs estiment que les jeunes
diplômés sont capables de travailler directement et de manière efficace en tant qu’auditeurs.
100
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
Plus de la moitié des répondants (83%) pensent que le physique est indispensable et il est
formellement impossible de s’en séparer malgré que le numérique est de plus en plus
imposant. C’est notamment le cas du commissaire aux comptes (CAC) N°4, de l’auditeur
N°10, du CAC N°13 et plusieurs autres comptables qui considèrent que le physique reste
essentiel et encore meilleur la plupart du temps, car pour eux ; travailler sur du physique est
beaucoup plus simple et permet d’avoir une preuve tangible du travail accompli.
Cependant, certains pensent qu’il est fort probable que le numérique remplace entièrement
le support physique.
Bien que les documents soient de plus en plus numérisés, qu’il existe de nouveaux moyens
de communication à distance tels que la visioconférence, les professionnels interrogés se sont
quasiment (89%) tous mis d’accord sur le fait que le déplacement chez le client reste
primordial, excepté quelques-uns (11%) qui s’accordent à dire qu’ils ne sont presque plus
obligés à se déplacer chez le client.
101
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
Les cabinets font désormais recours de plus en plus à de multiples outils technologiques
dans le cadre de leur production et/ou gestion de données. L’exemple le plus pertinent
concerne notamment les logiciels comptables implémentés majoritairement dans les cabinets
avec un taux de 89%.
On constate également la présence grandissante d’autres outils tels que : les GED employés
par près de la moitié des cabinets (47%) suivi par les sites internet (39%) ainsi que les
logiciels internes à l’établissement installés dans 1/3 des cabinets.
De plus, certains testent d’autres outils dans l’exécution de leurs missions, comme les
progiciels et solutions de gestion d’entreprise britannique « sage » ; considéré comme
troisième éditeur européen de progiciels, derrière le progiciel de gestion intégré allemand
« Systems, Applications and Products (SAP) » plus particulièrement magnitude de SAP, ainsi
que les logiciels de construction de diagrammes et d’organigrammes.
Comme c’est le cas pour de nombreuses autres entreprises et dans de nombreux autres
domaines, l’utilisation des outils numériques impacte plutôt positivement les cabinets d’audit
et d’expertise comptable. Cela est apercevable notamment dans l’énorme gain de temps que
procure l’emploi de ces outils d’après tous les professionnels questionnés.
En outre, plus de ¾ de ces derniers estiment que les technologies du numérique apportent
une meilleure accessibilité à l’information, aussi meilleure sécurité et réduction des coûts
selon près de la moitié des répondants (47%). On ne peut également nier l’apport lié à la
réduction des risques d’erreurs ou fautes d’inattention bien que peu (¼) des personnes
interrogées l’affirment.
C’est ainsi que ces constatations se traduisent par une échelle de gain de productivité au
moins supérieure à 10% voire 20%, 40% ou même 50% selon la plupart des répondants avec
un taux avoisinant les 90% et nul n’a osé dire le contraire !
Par ailleurs, la relation client/ auditeur a tendance à s’améliorer de manière progressive suite
à l’introduction et l’utilisation des différentes technologies existantes. En effet, la majorité
(82%) des répondants affirme qu’ils entretiennent de bonnes ou même très bonnes relations
avec leurs clients.
102
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
S’agissant de la qualité des informations financières des entreprises auditées, près de ¾ des
personnes sondées affirment qu’il y a une amélioration considérable. En revanche, il existe
toujours des risques inhérents et d’autres liés au contrôle et ce, malgré l’usage de ces outils
plutôt performants.
Le but étant de savoir à quel point les gens, et plus particulièrement tous ceux qui
travaillent dans la comptabilité et l’audit sont branchés technologies ou pas. En effet, nous
avons eu beaucoup de réponses que ce qu’on espérait avoir d’autant plus que cette partie du
questionnaire en ligne est facultative et que nul n’est obligé d’y répondre.
Ainsi, nous avons choisi de faire une étude de façon à comparer entre le niveau de
digitalisation des cabinets d’audit algériens et les cabinets internationaux en se référant à une
étude déjà faite par les chercheurs de l’université de Louvain en Belgique.
Une très grande partie des auditeurs algériens questionnés ignorent complètement de quoi
parlent ces technologies et encore moins leur utilité. Néanmoins, c’est moins le cas pour les
auditeurs belges dont la plupart en sont déjà au courant.
103
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
En outre, si on prend l’exemple du langage XBRL, la totalité des auditeurs belges jugent
qu’il s’agit d’une technologie connue depuis longtemps, ils voient exactement ou du moins
ont une petite idée sur cette dernière, et au moins la moitié d’entre eux l’utilisent pour leur
travail. Or, c’est moins le cas pour les auditeurs en Algérie qui, eux n’ont aucune idée de
quoi s’agit-il et n’envisagent même pas de l’implémenter au sein de leurs cabinets et encore
moins l’utiliser pour leur travail.
Il est à noter qu’en plus de cette avance que connaît le secteur de l’audit et du conseil en
Belgique en termes des technologies suscitées comparant à celui en Algérie, d’autres
technologies notamment les logiciels d’audit tels que Révisaudit Premium et Circulariz ont
été déjà appréhendé par quelques cabinets en vue d’assurer au mieux la mission de contrôle.
Le stage pratique ou étude de cas est un processus très important et une étape
incontournable pour tout étudiant souhaitant terminer ses études avec la meilleure des façons.
Ceci nous permet de nous enrichir nous-mêmes en tant que jeunes étudiants en nous aidant à
avoir un premier contact avec le monde du travail et nous permet également d’apporter du
concret à notre travail de recherche et ainsi le compléter. Cependant, comme pour tout autre
travail, nous avons eu quelques soucis lors de notre stage.
Bien que cette enquête quantitative soit riche en enseignement et objective, nous ne
pouvons pas non plus affirmer que ces résultats soient complètement représentatifs.
Recueillir l’avis d’autant d’auditeurs est intéressant et pertinent pour notre recherche
empirique, même si les questions posées sont orientées et ne poussent pas nécessairement les
répondants à donner explicitement et en détails leur avis sur la situation de la profession
aujourd’hui.
Pour être plus représentatif, il faudrait reproduire l’enquête pour un échantillon bien
plus large et idéalement questionner des auditeurs de presque tous les cabinets en Algérie,
afin de voir s’il y a des divergences, ou si, au contraire, leurs opinions ont tendance à
converger. Mais, à défaut de manque de temps, de la crise sanitaire liée au Covid-19 qui nous
104
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
a causé un énorme retard de 1, de petits changements dans notre programme initial de 2, des
déplacements très limités de 3, la recherche s’est avérée moins signifiante.
Toutefois, nous avons pu braver toutes les entraves qui ont fait obstruction au bon
déroulement de notre stage avec l’utilisation massive des outils technologiques du digital ce
qui fait particulièrement l’objet de notre étude.
105
Chapitre III : L’audit légal à l’heure du digital
Conclusion du chapitre
Au cours de ce troisième et dernier chapitre, nous avons mené une enquête ciblant les
cabinets comptables et les cabinets d’audit en Algérie, tout en se basant sur des critères bien
définis à savoir la carrière professionnelle, la nature de la profession et enfin le degré de
numérisation des cabinets en question et ce que cela implique comme conséquences.
En outre, nous avons pu collecter des données quantitatives et qualitatives que nous
avons traitées au fur et à mesure de l’avancement de notre travail de recherche. Les résultats
obtenus nous ont amené à conclure que l’utilisation des nouvelles technologies du numérique
améliore considérablement la démarche d’audit. Cependant, cette amélioration reste encore
très limitée.
En fait, les cabinets d’aujourd’hui doivent automatiser leurs processus internes et faire
évoluer leurs systèmes d’information, ce qui va transformer le métier de l’audit en le
réorientant vers des tâches à plus forte valeur ajoutée. La profession a également besoin de
nouveaux talents, maîtrisant l’analyse et le traitement de données qui constitue la pierre
angulaire de l’audit. Au-delà des compétences techniques, les auditeurs doivent posséder des
compétences en matière de pensée critique, d’innovation et de créativité ce qui va améliorer
davantage la qualité d’audit.
Néanmoins, comme l’audit est une activité réglementée, il est donc primordial que les
régulateurs ainsi que le normalisateur suivent le courant des choses en faisant évoluer les
normes d’audit vers une meilleure intégration des nouvelles technologies.
106
Conclusion générale
Conclusion générale
En effet, nous avons tout d’abord élaboré un éclairage théorique sur le développement
technologique dans le monde allant de sa naissance à aujourd’hui afin de démontrer quelles
sont ses répercussions que ce soit sur l’économie, sur les entreprises ou sur les métiers en
général. En outre, la disruption des modèles productifs industriels traditionnels ainsi que la
capacité d’innovation qui nourrit et assure le développement de la digitalisation demeurent
faibles.
Nous avons également abordé l’enjeu de la nouvelle économie se fondant sur des
initiatives individuelles, sur des énergies entrepreneuriales illustré par l’exemple de
l’entreprise INFONET.
En dernier lieu, nous avons procédé à une enquête par questionnaire en ligne adressé
aux cabinets comptables et d’audit dans quasiment tous les coins de l’Algérie (Tizi-Ouzou,
Alger, Mostaganem, Bejaïa, Oran…) en vue de vérifier le degré de numérisation de ces
derniers. L’analyse des données recueillies de notre enquête après traitement, nous a permis
d’obtenir des résultats sur l’apport de l’utilisation des outils digitaux dans les cabinets en
question.
En effet, la majorité des enquêtés sont conscients de l’importance de ces outils, et ils
consacrent une partie de leur budget pour l’acquisition de nouveaux outils ainsi que la
formation du personnel. Toutefois, les entraves souvent rencontrées sont généralement liées
au manque de compétences et la complexité de l’utilisation de ces outils.
108
Conclusion générale
Par ailleurs, cette enquête ainsi que tout ce travail nous ont conduits à confirmer une
grande partie de nos hypothèses ; que l’intégration ainsi que le maniement des nouvelles
technologies impactent plutôt positivement et efficacement tout organisme de manière
globale, bien que cette intégration reste toujours restreinte. Ce qui nous a amené à formuler
des recommandations notamment sur la généralisation de la pénétration du numérique dont on
cite :
109
Conclusion générale
110
Ouvrages
Emily Metais-Wiersch & David Autissier, « La transformation digitale des
entreprises », éd Eyrolles, Paris, 2016.
[Link] et all, « Les grands auteurs en management de l'innovation et de la
créativité », édition EMS, paris, 2016.
OMC, Electronic commerce and the role of WTO, Genève, 1998, cite in: Philippe
Barbet. Commerce électronique et régulation des échanges internationaux. Annals of
Telecommunications - annales des télécommunications.
Philippe Arraou, « L’expert-comptable et l’économie numérique », éd septembre
2016.
Olivia La Vecchia& Stacy Mitchell, « Amazon, cette inexorable machine de guerre
qui étrangle la concurrence, dégrade le travail et menace nos centres-villes », Institute
For Local Self-Reliance.
Jean-Pierre Corniou, « La transformation numérique au service de la croissance », ed
Fondapol, Paris, 2011.
Emmanuel Okamba, « Transition digitale et reconfiguration des métiers dans les
organisations : le rôle du manager de transition », France, 2018.
Bruno Mettling, « Transformation numérique et vie au travail », 2015.
Adecco Group, « Digitalisation et robotisation : réinventer les métiers ? », livre blanc
informatif n°07, France, 2016.
Livre blanc, « La dématérialisation de la production comptable », Paris.
Aurélie Leleu, « Facture électronique : nouveaux modes opératoires, nouvelles valeurs
ajoutées », éd MARKESS by exaegis, Paris.
Livre blanc, « Êtes-vous prêt pour la facturation électronique », NEOPOST, 2015.
Philippe Barré, « Experts comptables : l’heure des grands défis », b-ready, 2011.
Livre blanc, « Réussir la digitalisation », WinBooks.
Articles et revues
[Link], [Link], « Révolution numérique ou révolution informationnelle ? »,
revue d’économie politique 742-743, juin 2016.
[Link], « L’économie de la connaissance aux États-Unis : concepts,
institutions, territoires », Revue LISA, vol. XIV-n°1, 2016.
Paul. Boccara, « la révolution informationnelle, ses ambivalences, ses antagonismes,
ses potentialités », revue d’économie politique 742-743, juin 2016.
[Link], [Link]. Les nouvelles monnaies numériques : au-delà de la
dématérialisation de la monnaie et de la contestation des banques, Revue de la
régulation, n°18, 2015.
Revue des nouvelles technologies « N’TIC », Alger, 2017.
Thèses et Rapports
Jean-Paul. Pinte, « La veille informationnelle en éducation pour répondre au défi de la
société de la connaissance au XXIème siècle », thèse de doctorat en sciences de
l’information et de la communication, université de marne la vallée, France, 2006.
CNUCED, rapport sur l’économie numérique ; création et captation de valeur :
incidence sur les pays en développement, ONU, Genève, 2019. Document disponible
en ligne sur le lien suivant :
[Link] consulté le
26/03/2020.
Ariane. Tichit et all, « Les monnaies virtuelles décentralisées sont-elles des dispositifs
d’avenir ? », Revue Interventions économiques N°59, 2018.
Lounes Houda, « L’administration électronique en Algérie, entre plan et réalisations »,
2018.
Diane-Gabrielle Tremblay, Catherine Chevrier & Martine Di Loreto, « Le télétravail
comme nouvelle forme d’organisation du travail », Québec, 2007.
Réglementations et lois
Ordonnance n°75-89 portant code des postes et des télécommunications.
Loi 2000-03 introduisant les mécanismes du marché dans le secteur de la poste et des
TIC.
Promulgation de la loi 18-04, intervenant sur l’adaptation aux développements
socioéconomiques nationaux et internationaux ainsi qu’aux progrès techniques et
technologiques enregistrés depuis l’année 2000.
Art.32, 65 et 111 de la loi de finance 2020.
Loi n°15-04 fixant les règles générales relatives à la signature électronique et à la
certification électronique.
Sites web
Site officiel de l’OMC : [Link]
[Link]
economies/gafa-gafam-ou-natu-les-nouveaux-maitres-du-monde/, Institut pour
l’éducation financière du public, 2019.
Site officiel de l’agence nationale de développement de l’investissement (andi) :
[Link]
tic
Autres
Séminaire, «TESLA MOTORS révolutionne l’industrie automobile », stratégie
d’entreprise.
Lettre mensuelle de l’OMC n°51, juin 2016.
Si toutefois vous acceptez de participer à cette enquête, vous devez savoir que :
● Votre participation est volontaire; rien ne vous oblige à répondre au questionnaire qui
vous a été remis;
● Nous vous remercions de bien vouloir remplir ce questionnaire à votre meilleure
convenance;
● Nous vous demandons simplement de répondre le plus précisément possible aux questions
posées de façon à nous permettre un recueil de réponses les plus représentatives
possibles;
● Les données recueillies sont confidentielles et votre anonymat est garanti dans la mesure
où rien ne permettra aux responsables de cette enquête de vous identifier;
● Vous pouvez toujours nous contacter si vous avez besoin d’informations
complémentaires.
Nous vous remercions de l’attention portée à notre projet et vous prions d’agréer,
Madame, Monsieur, l’expression de nos meilleurs sentiments.
Partie 01 : Informations générales sur les personnes interrogées
Petite taille
Taille moyenne
……………………………………………………………………………………………..
3) Quelle(s) formation (s) aux études supérieures avez-vous suivi pour devenir auditeur
(Bac, licence, master ou autre…) ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….
Comptable
Comptable vérificateur
Expert-comptable
Expert-comptable stagiaire
Auditeur
Je ne sais pas
Oui, certainement
Pas du tout
Aucune idée
7) Pensez-vous que les jeunes diplômés sont suffisamment formés pour faire face aux
besoins actuels du métier d’audit ?
Oui
Non
Je ne sais pas
Oui
Non
Je ne sais pas
Oui
Non
10) Considérez-vous que le métier d’audit est entré dans un processus de transition
numérique ?
Oui
Non
11) Pensez-vous que le support physique est voué à être remplacer par le numérique
prochainement ?
Il est vrai que le numérique est plus pratique que le physique mais ce dernier reste tout
de même indispensable
12) A l’avenir, pensez-vous qu’il est possible de travailler depuis son bureau sans avoir à
se déplacer chez le client ?
13) Quels sont les outils numériques que vous employez dans le cadre de votre
production comptable et/ou de votre gestion des données ?
Logiciels comptables
Le cloud computing
Logiciels internes
Site internet
Autre : …………………………………………………………………..
14) Quels sont les apports que vous pouvez constater dans l’utilisation de ces outils ?
Gain de temps
Meilleure sécurité
Autre : ……………………………………………………………….
15) Quelle est l’échelle des gains de productivité générée par l’utilisation de ces outils ?
Moins de 10%
Plus de 50%
16) Comment qualifiez-vous, votre relation avec vos clients après avoir intégré les outils
du digital dans votre cabinet ?
Très bonne
Bonne
Moyenne
Mauvaise
Très mauvaise
Oui, considérablement
Je ne sais pas
18) L’usage de ces outils augmente-t-il le niveau des risques inhérents et des risques liés
au contrôle ?
Non, au contraire
Aucune idée
Je ne sais pas
21) Avez-vous rencontré des difficultés dans l’introduction et/ou l’utilisation des outils
numériques dans votre travail ?
Oui, récemment
Je ne sais pas
Oui, récemment
Je ne sais pas
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….
27) Avez-vous quelque chose à ajouter ? Sur un sujet pas suffisamment abordé au cours
de cette enquête, ou bien pas abordé et qui mériterait de l'être ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….
Notions Définitions
Dans les pays développés comme dans les pays en développement les technologies disruptives
apportent rapidement des solutions innovantes à des défis complexes dans un large éventail de
secteurs.
Les modèles d’affaires dits traditionnels sont de plus en plus remis en cause. Pour cela, il
devient donc essentiel pour les entreprises de s’adapter afin d’offrir des services et des produits qui
répondent aux nouvelles attentes des clients. Embrasser le digital pour répondre aux nouveaux usages
constitue donc un réel défi pour ces dernières.
Abstract
The digital revolution is a total one. It upsets our way of producing, consuming and working.
It transforms professions, brings out entire areas of activity. It transforms others by introducing
competition where there was none, by reconsidering traditional business models.
In both developed and developing countries, disruptive technologies bring quickly innovative
solutions to complex challenges in a wide variety of sectors.
The so-called traditional business models are increasingly reconsidered. Therefore, the
companies must conform with in order to offer services and products meeting new customer hopes.
Consequently, embracing digital to fulfill new purposes constitutes a real challenge for them.
Regarding to the legal auditor profession, the digital economy emergence doesn’t represent a
threat but a real opportunity, although it remains an unprecedented historical challenge. Indeed,
reinventing the accountant profession is awarding it more value. There is no fatality. A profession is
never threatened when it makes the effort to reinvent itself.
ملخص
كما قامت بتبديل.تعتبر الثورة الرقمية ثورة شاملة كونها زعزعت طريقتنا في اإلنتاج واالستهالك والعمل على حد سواء
وذلك بالتشكيك، إلى جانب تحويل مهن أخرى من خالل إدخال المنافسة حيث لم تكن موجودة، وإبراز برا مج عمل وطنية كاملة،المهن
.في نماذج األعمال التقليدية
ا
حلوال مبتكرة للتحديات المعقدة على نطاق واسع من سرعان ما تقدم التقنيات التحليلية في كل من البلدان المتقدمة والنامية
.القطاعات
يتعين على الشركات التكيف من أجل تقديم خدمات ومنتجات، لهذا.تو اجه ما يسمى بنماذج األعمال التقليدية تحديات متزايدة
. فإن تبني التقنيات الرقمية لتلبية االستخدامات الجديدة يمثل تحدياا حقيقياا لها، وعليه.تستجيب لتطلعات الزبائن
على الرغم من. فإن ظهور االقتصاد الرقمي ال يشكل تهديد اا وإنما فرصة حقيقية،عندما يتعلق األمر بمهنة المدقق القان وني
، و”ال داعي للقلق. تعتبر إعادة صياغة مهنة المحاسبة دافعا يزودها قيمة أكبر، وفي الواقع.أنه ال يزال يمثل تحدي اا تاريخياا غير مسبوق
.حيث ال تكون المهنة مهددة أبداا طالما تبذل جهد اا إلعادة صياغة نفسها