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Longueur et courbure d'un arc paramétré

Ce document traite de la longueur et de la courbure d'un arc paramétré dans un plan affine euclidien. Il introduit le concept de changement admissible de paramètre pour un arc paramétré de classe C k, ainsi que des formules pour calculer la longueur d'un arc compact de classe C 2 au moins. Des exemples illustrent les calculs de longueur pour des courbes simples comme le cercle et l'ellipse.

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Longueur et courbure d'un arc paramétré

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Chapitre 11 : Longueur et courbure


d’un arc paramétré
Ici, P désigne un plan affine euclidien, muni d’un repère R = (O,⃗i, ⃗j) orthonormé (voire direct si
besoin)
I désigne un intervalle infini de R.
γ: I ÝÑ P est un arc paramétré de classe C k où k ě 2, et on note F⃗ : I ÝÑ dir(P) .
t ÞÝÑ M (t) ÝÝÑ
t ÞÝÑ OM (t)

I Changement admissible de paramètre


Proposition, définition :
Soit φ une bijection de classe C k , et de réciproque C k d’un intervalle J de R vers I (on dit que φ est un
difféomorphisme C k de J vers I). Ce qui revient à dire que φ : J Ñ I, φ est C k , φ1 ne s’annule pas et que
φ(J) = I.
Soit γ̂ l’arc paramétré γ̂ : J ÝÑ P .
θ ÞÝÑ M (φ(θ)) noté M̂ (θ)
Alors γ̂ a essentiellement les mêmes propriétés que γ.
On dit alors que φ définit un changement admissible de paramètre sur l’arc γ.
Plus précisément :

‚ γ̂ a la même classe et le même support que γ.

‚ Soit θ1 P J, et notons t1 = φ(θ1 ).


M̂ (θ1 ) = M (t1 ) est un point multiple de γ si et seulement si c’est un point multiple de γ̂
Le point M (t1 ) est stationnaire sur γ si et seulement si M̂ (θ1 ) est stationnaire sur γ̂.
Il y a une tangente en M (t1 ) sur γ si et seulement si il y a une tangente en M̂ (θ1 ) sur γ̂, et dans
ce cas c’est la même.
M (t1 ) est birégulier sur γ si et seulement si M̂ (θ1 ) est birégulier sur γ̂. Etc.

Explications
M̂ (θ1 ) = M (φ(θ1 )) M (φ(θ2 ))
M (φ(θ3 ))
M (t1 ) M (t2 )
M (t3 )

ˆ ÝÝÝÝÑ ˆ
‚ La classe de γ̂, c’est la classe de F⃗ : θ ÞÑ OM̂ (θ), c’est-à-dire de F⃗ = F⃗ ˝ φ. Comme φ est de classe
ˆ
C k et F⃗ est de classe C k aussi, F⃗ est bien de même classe que F⃗ .
! )
‚ Le support de γ̂, c’est M̂ (θ), θ P J = tM (φ(θ)), θ P Ju = tM (t), t P Ju
car φ est surjective

‚ Si M (t1 ) = M (t2 ) avec t1 ‰ t2 :

MPSI Mathématiques 1 Ismaël Bouya


Analyse
I. CHANGEMENT ADMISSIBLE
CHAPITREDE 11.
PARAMÈTRE
LONGUEUR ET COURBURE D’UN ARC PARAMÉTRÉ

M (t1 )
M (φ(θ1 ))

M (t2 )
M (φ(θ2 ))

Soient θ1 , θ2 P J tels que t1 = φ(θ1 ) et t2 = φ(θ2 ).


Alors M (φ(θ1 )) = M (φ(θ2 )), et θ1 ‰ θ2 .
Inversement, si M̂ (θ1 ) = M̂ (θ2 ) avec θ1 ‰ θ2 ,
Alors M (φ(θ1 )) = M (φ(θ2 )) et φ(θ1 ) ‰ φ(θ2 ) (car φ est injective)
ÝÝÑ
M̂ (θ) = F⃗ˆ 1 (θ) = (F⃗ ˝ φ)1 (θ) = φ1 (θ)F⃗ 1 (φ(θ))
‚ @θ P J, ⃗vˆ(θ) = ddθ
Soit

@θ P J, ⃗vˆ(θ) = lo 1
φomo (θ)
on ⃗v (t) (avec t = φ(θ)) (11.1)
‰0

M̂ (θ)
i

⃗v (θ)
M (t)
⃗v (t)

ÝÝ2ÝÑ
‚ @θ P J, ⃗a(θ) = ddθM̂
ˆ ⃗ˆ 2 2 ⃗1 1 2 ⃗2
2 (θ) = F (θ) = φ (θ)F (φ(θ)) + (φ (θ)) F (φ(θ))

Soit

ˆ(θ) = φ2 (θ)⃗v (t) + (φ1 (θ))2 ⃗a(t)


@θ P J, ⃗a (avec t = φ(θ)) (11.2)
looomooon
‰0

(11.1) et (11.2) montrent que (⃗v (t), ⃗a(t)) est libre si et seulement si (⃗vˆ(θ), ⃗a
ˆ(θ)) l’est :
Démonstration :
(En notant toujours t = φ(θ))
Supposons que (⃗v (t), ⃗a(t)) est libre.
Soient maintenant α, β P R, supposons que α⃗vˆ(θ) + β⃗a ˆ(θ) = ⃗0.
Alors αφ1 (θ)⃗v (t) + β(φ2 (θ)⃗v (t) + (φ1 (θ))2⃗a(t)) = ⃗0.
Donc, comme (⃗v (t), ⃗a(t)) est libre, αφ1 (θ) + βφ2 (θ) = 0 et β(φ1 (θ))2 = 0
Donc, comme φ1 (θ) ‰ 0, β = 0, puis α = 0.
Supposons maintenant que (⃗v (t), ⃗a(t)) est liée.
Soit alors (α, β) P R2 z t(0, 0)u tel que α⃗v (t) + β⃗a(t) = ⃗0.
Si β = 0, alors ⃗v (t) = ⃗0 (car alors α ‰ 0), et donc ⃗vˆ(θ) = ⃗0, donc (⃗vˆ(θ), ⃗a
ˆ(θ)) est liée.
α
Si β ‰ 0, alors ⃗a(t) = β⃗ et donc :
v (t),
   
ˆ(θ) = φ1 (θ) φ2 (θ) + (φ1 (θ))2 α ⃗v (t) = φ2 (θ) + (φ1 (θ))2 α ⃗vˆ(θ)
φ1 (θ)⃗a (11.3)
β β
 
ˆ(θ) ´ φ2 (θ) + (φ1 (θ))2 α ⃗vˆ(θ) = ⃗0, et φ1 (θ) ‰ 0, donc (⃗vˆ(θ), ⃗a
C’est-à-dire φ1 (θ)⃗a ˆ(θ)) est liée.
β
D’où l’équivalence pour la birégularité.
Cela montre aussi que si M (t) est stationnaire mais ⃗a(t) ‰ ⃗0, alors M̂ (θ) est stationnaire, mais avec
ˆ(θ) ‰ ⃗0 et colinéaire à ⃗a(t).
⃗a
On admet que c’est vrai dans tous les autres cas…

MPSI Mathématiques 2
Analyse
CHAPITRE 11. LONGUEUR ET COURBURE
II. LONGUEUR D’UN ARC COMPACT C 2 AU MOINS
D’UN ARC PARAMÉTRÉ

Simplification des notations


‚ On enlève les chapeaux, ce qui revient à ne plus distinguer dans les notations F⃗ et F⃗ ˝ φ.
‚ On se repère alors avec les noms de variables.
dt
‚ φ1 est notée dθ .

Les formules (11.1) et (11.2) deviennent alors :


ÝÝÑ ÝÝÑ
dM dt dM
(11.1) @θ P J, (θ) = (θ) (t) où t = φ(θ) (11.4)
dθ dθ dt
ÝÝÑ ÝÝÑ
Ou encore dM
dθ =
dt

dM .
dt

ÝÝ2ÝÑ ÝÝÑ  2 ÝÝ2ÝÑ


d M d2 t dM dt d M
(11.2) @θ P J, = + (11.5)
dθ2 dθ2 dt dθ dt2
Exemple :

$ $
&x = t &x = θ + θ3
γ: , t P R+ , γ̂ : , θ P R+ (11.6)
%y = 0 % y=0

M̂ (0) M (2)
O M (0) M (1) M̂ (1)

II Longueur d’un arc compact C 2 au moins


Soit γ : [a, b] ÝÑ P un arc de classe C k , où k ě 2.
t ÞÝÑ M (t)
żb
Par définition, longueur de γ = }⃗v (t)} dt = l(γ) .
looomooon
a
” dl”

Explication

Version physique…

Version mathématique Pour n P N˚ , on introduit t0 , t1 , . . . tn , subdivision régulière de [a, b] (soit


ti = a + i b´a
n )
On introduit les Mi = M (ti ).
Soit i P J1, nK
ÝÝÑ
L’inégalité de Taylor–Lagrange à l’ordre 1 pour F⃗ : t ÞÑ OM (t) (de classe C k ) donne :
2
F⃗omo ⃗ (ti´1 ) + (ti ´ ti´1 ) Ý
(tio)n = F
Ý1ÝÝÝÑ ⃗ ⃗ i } ď (ti ´ ti´1 ) sup }F⃗ 2 (t)}
où }R (11.7)
lo loomoon loooomoooon F (ti´1 ) +Ri ,
looomooon 2 [a,b]
ÝÝÑ ÝÝÑ b´a ⃗
v (ti´1 )
looooomooooon
OM i OM i´1 n
M

ÝÝÝÝÝÑ ⃗i
Ainsi, Mi Mi´1 ´ b´a ⃗v (ti´1 ) = R
› n
ˇ›ÝÝÝÝÝÑ› ›› b´a ›ˇˇ ››ÝÝÝÝÝÑ b´a
ˇ› › 2
Donc ˇ›Mi Mi´1 › ´ n ⃗v (ti´1 )›ˇ ď ›Mi Mi´1 ´ n ⃗v (ti´1 )› ď (b´a)2n2 M

›ÝÝÝÝÝÑ› b´a
2
› › 2
Donc b´a v (ti´1 )} ´ (b´a)
n }⃗ 2n2 M ď ›Mi Mi´1 › ď n }⃗ v (ti´1 )} + (b´a)
2n2 M

MPSI Mathématiques 3
Analyse
II. LONGUEUR D’UN ARC
CHAPITRE 11. CLONGUEUR
COMPACT 2
AU MOINS ET COURBURE D’UN ARC PARAMÉTRÉ

Donc, en sommant pour i de 1 à n :


n n › n
b´a ÿ (b ´ a)2 ÿ ›ÝÝÝÝÝÑ› b ´ a ÿ
› (b ´ a)2
}⃗v (ti´1 )} ´ Mď ›Mi Mi´1 › ď }⃗v (ti´1 )} + M (11.8)
n i=1 2n
looooomooooon i=1
n i=1 2n
looooomooooon
loooooooooomoooooooooon loooooooooomoooooooooon
şb Ñ0 şb Ñ0
Ña v (t)} dt
}⃗ Ña v (t)} dt
}⃗

Remarque :
l(γ) dépend à priori de γ (c’est-à-dire du paramétrage) et pas seulement du support.
Pour calculer une longueur d’une courbe géométrique simple : être raisonnable (en particulier, ne
pas avoir de points doubles autres qu’en des points isolés)

Exemples

Cercle

$ $
&x = r cos θ &x1 = ´r sin θ
C: , θ P [0, 2π], ⃗v : , θ P [0, 2π] (11.9)
% y = r sin θ % y 1 = r cos θ
a
}⃗v } = r2 sin2 θ + r2 cos2 θ = r (11.10)
ş2π ş4π
Donc l = 0
r dθ = 2πr (si on avait pris θ P [0, 4π], on aurait eu le même support, mais 0
r dθ = 4πr :
d’où l’utilité de ne pas avoir « trop » de points doubles)

Ellipse $ $
&x = a cos θ &x1 = ´a sin θ
C: , θ P [0, 2π], ⃗v : , θ P [0, 2π] (11.11)
% y = b sin θ % y 1 = b cos θ
a
}⃗v } = a2 sin2 θ + b2 cos2 θ (11.12)
ş2π a
l= 0 a2 sin2 θ + b2 cos2 θ dθ (Pas de formule simple)
$
&x1 (t) şb a
Formules Si ⃗v : , alors l(γ) = a x1 (t)2 + y 1 (t)2 dt
%y 1 (t)

Cas particulier : $
& x=t
Pour une courbe d’équation y = f (x), x P [a, b], dont un paramétrage est : , t P [a, b], on a
%y = f (t)
şb a
l = a 1 + f 1 (t)2 dt
Par exemple, avec f : x ÞÑ x2 .
Longueur de l’arc de parabole entre les points d’abscisse 0 et a ą 0 :
1 Argsh 2a 2
żaa
1 2a a
ż ż
l= 1 + 4t2 dt = 1 + u2 du = ch t dt
0 u=2t 2 0 u=sh t, tě0 2 0
du=2 dt du=ch t dt

1 Argsh 2a 1 + ch 2t (11.13)
ż
1 1
= dt = Argsh(2a) + sh(2 Argsh(2a))
2 0 2 4 8
1  a  1 a
= ln 2a + 1 + 4a2 + a 1 + 4a2
4 2

MPSI Mathématiques 4
Analyse
CHAPITRE 11. LONGUEUR ET COURBURE D’UN ARC PARAMÉTRÉ
III. ABSCISSE CURVILIGNE

III Abscisse curviligne


On suppose toujours γ de classe C 2 au moins.

A) Définition

On appelle abscisse curviligne sur γ toute primitive de t ÞÑ }⃗v (t)}.


Ainsi, une abscisse curviligne sur γ, c’est une fonction S : I Ñ R, dérivable, telle que @t P I, S 1 (t) =
}⃗v (t)}. Si S en est une, on a donc, pour tous a, b P I :
şb
S(b) ´ S(a) = a }⃗v (t)} dt : longueur (algébrique par rapport au sens des t croissants) de l’arc de
courbe situé entre les points de paramètre t = a et t = b.
Si S est la primitive de t ÞÑ }⃗v (t)} nulle en un certain a P I, S(t) est alors la longueur algébrique de
l’arc situé entre M (a) et M (t).
żt
Ainsi, si a P I, t ÞÑ }⃗v (u)} du est l’abscisse curviligne nulle en a.
a

B) Paramétrisation admissible avec l’abscisse curviligne

Ici, et jusqu’à la fin du chapitre, γ est un arc régulier de classe C k , k ě 2.


Dans ce cas, t ÞÑ }⃗v (t)} est de classe C k´1 :
t ÞÑ ⃗v (t) est de classe C k´1 , et comme t ÞÑ ⃗v (t) ne s’annule pas, t ÞÑ }⃗v (t)} a la même classe.
Ainsi, si S est une fonction abscisse curviligne, S est alors de classe C k sur I. Sa dérivée, t ÞÑ }⃗v (t)}
ne s’annule pas et garde donc un signe constant. Donc S réalise une bijection de I vers un intervalle
J. Comme sa dérivée ne s’annule pas, c’est donc un difféomorphisme de classe C k de I vers J. Cela
correspond donc à un changement admissible de paramétrage sur γ (pour S ´1 )
On note γ̂ : J ÝÑ P c’est à dire M (t) où S(t) = s.
s ÞÝÑ M (S ´1 (s))

Exemple :

M̂ (3)
M̂ (1) M̂ (2)
M (t2 ) M (t3 )
⃗j M (t1 )
M (t0 )

O ⃗i

On prend comme origine le point d’abscisse curviligne M (t0 ).


Le point M̂ (s) correspond dons au point d’abscisse curviligne s. On a alors un mouvement uniforme
(}⃗vˆ} = cte), et même }⃗vˆ} = 1.

Proposition
ÝÝÑ :
@s P J, ddsM̂ (s) = T⃗ (t), où S(t) = s (rappel : T⃗ (t) est la tangente à la courbe, orientée, en M (t) et

}T⃗ } = 1)

MPSI Mathématiques 5
Analyse
IV. REPÈRE DE FRENET,
CHAPITRE
COURBURE
11. LONGUEUR ET COURBURE D’UN ARC PARAMÉTRÉ

En effet :
ÝÝÑ
dM̂ ⃗v (t)
@s P J, (s) = (F⃗ ˝ S ´1 )1 (s) = (S ´1 1
) (s) ⃗ 1 (S ´1 (s)) =
ˆF = T⃗ (t) (11.14)
ds loooomoooon looooomooooon }⃗v (t)}
1 1 =⃗
v (t)
= = }⃗
S 1 (S ´1 (s)) v (t)}

Où S(t) = s.

On retiendra
ÝÝÑ
dS dS ´1 1 dM̂
(t) = }⃗v (t)} (s) = où t = S ´1 (s) (s) = T⃗ (t) (11.15)
dt ds }⃗v (t)} ds
Ou encore, avec les notations simplifiées :
ÝÝÑ ÝÝÑ
ds dt 1 dM dt dM 1
= }⃗v } = = = ⃗v = T⃗ (11.16)
dt ds }⃗v } ds ds dt }⃗v }

IV Repère de Frenet, courbure

A) Repère de Frenet

M T⃗

Le repère de Frenet en un point M de la courbe est, par définition : (M, T⃗ , N


⃗ ) où N
⃗ est tel que ce
repère soit orthonormé direct.

⃗ et T⃗ « bougent » et sont fonctions, au choix, de t ou s.


Attention : M , N
Remarque :
T⃗ est fonction de classe C k´1 de t (ou de s). On introduit les fonctions a et b de classe C k´1 telles que
T⃗ = a⃗i + b⃗j.
⃗ est aussi de classe C k´1 .
⃗ = ´b⃗i + a⃗j, donc N
Alors N

B) Dérivées des vecteurs T⃗ et N


⃗ (en tant que fonctions de s)

dT
‚ ds ¨ T⃗ = 0
En effet, }T⃗ }2 = T⃗ ¨ T⃗ = cte = 1.

dT
Donc 2T⃗ ¨ ds =0

dT
Il existe donc γ P R tel que ds
⃗ (dépendant de s).
= γN
γ s’appelle la courbure algébrique au point M considéré.

dN ⃗ = 0 (même raisonnement)
‚ ds ¨N

dN
Il existe alors x P R tel que ds = xT⃗
Mais T⃗ ¨ N
⃗ = cte = 0.

dT ⃗ + T⃗ ¨ ⃗
dN
La dérivation donne alors ds ¨N ds = 0, c’est-à-dire γ + x = 0.

dN
Donc ds = ´γ T⃗ .

MPSI Mathématiques 6
Analyse
CHAPITRE 11. LONGUEUR ET COURBURE D’UN ARC
[Link]ÉTRÉ
REPÈRE DE FRENET, COURBURE

C) Composantes de ⃗v et ⃗a dans le repère de Frenet

dM⃗ ds dM⃗ ds ⃗ ds
⃗v = = = T et = }⃗v } (11.17)
dt dt ds dt dt
⃗  2
2
d s⃗ ds dT d2 s ⃗ ds ds dT⃗ d2 s ⃗ ds ⃗
⃗a = T+ = T+ = T +γ N (11.18)
dt2 dt dt dt2 dt dt ds dt2 dt
Ainsi :  2
ds d2 s ds
⃗v = T⃗ , ⃗a = ⃗
T +γ ⃗
N (11.19)
dton
loomo dt 2
loomoon dt
loooomoooon
vitesse accélération accélération
numérique tangentielle normale
ds
Il en résulte que M est birégulier si et seulement si γ ‰ 0 (puisque déjà M est régulier, donc dt ‰ 0)
Commentaire (en supposant γ ‰ 0) :


N
T⃗
M

M1

dT ⃗ . Or, ⃗
dT
ds = γN ds est l’accélération pour le paramétrage avec s. Il doit donc être dirigé dans la
concavité de la courbe.
De plus, en considérant toujours le mouvement uniforme correspondant au parcours avec s, « on
sait » (intuitivement) que |γ| est d’autant plus grand que c’est « courbe », puisque plus c’est courbe, plus
l’accélération normale est importante.

Explication plus précise du mot courbure (toujours avec γ ‰ 0)


N
M T⃗
a

1
On note R = : rayon (algébrique) de courbure en M .
γ
2
L’accélération normale est alors γ ds ⃗ = v2 N
N ⃗ , c’est-à-dire celle qu’on obtient pour un mouve-
dt R
ment sur un cercle de rayon R.
ÝÝÑ ⃗ . Ω s’appelle le centre de courbure au point M .
Soit Ω tel que M Ω = RN
Le cercle de centre Ω et de rayon |R| (passant par M ) s’appelle le cercle osculateur à la courbe en
M . C’est celui qui est « le mieux » tangent à la courbe (voir fin du cours)

D) Autre formule

Théorème (« de relèvement » – admis) :


⃗ une fonction vectorielle de classe C p (p ě 0) sur un intervalle I, à valeur sur un R-ev euclidien
Soit G
orienté de dimension 2, muni d’une base orthonormée (⃗i, ⃗j).

MPSI Mathématiques 7
Analyse
IV. REPÈRE DE FRENET,
CHAPITRE
COURBURE
11. LONGUEUR ET COURBURE D’UN ARC PARAMÉTRÉ

⃗ = cte = 1.
On suppose que }G}
Alors il existe une fonction θ : I Ñ R de classe C p telle que :


@t P I, G(t) = cos(θ(t))⃗i + sin(θ(t))⃗j (11.20)


En d’autres termes, on peut trouver une mesure θ(t) de l’angle orienté (⃗i,̂G(t)) de sorte que t ÞÑ θ(t)
soit de classe C p .
Ici, la fonction T⃗ : s ÞÑ T⃗ (s) est de classe C k´1 et de norme 1.
Il existe donc s ÞÑ α(s), de classe C k´1 de sorte que :

@s P J, T⃗ (s) = cos(α(s))⃗i + sin(α(s))⃗j (11.21)


dT
Ainsi, @s P J, ds (s) = ´ dα ⃗
ds (s) sin(α(s))i +
dα ⃗
ds (s) cos(α(s))j = dα ⃗
ds (s)N (s)

D’où la formule : γ = ds
dt dα 1 dα
En pratique : γ = ds dt = }v} dt

E) Récapitulation des méthodes

‚ 1ère méthode
ˇ ˇ
ˇ ˇ 1
ˇx(t) ˇx (t)
M (t) ˇ
ˇ , ⃗v (t) ˇˇ , donc }⃗v (t)}2 = (x1 (t))2 + (y 1 (t))2
ˇy(t) ˇy 1 (t)
ˇ
ˇ
ˇa(t) 1 1
⃗ 1
T (t) = }⃗v(t)} ⃗v (t) ˇˇ (avec a = ? 1 x 2(t) 1 2 , b = ? 1 y 2(t) 1 2 )
(x (t)) +(y (t)) (x (t)) +(y (t))
ˇ b(t)
ˇ
ˇ
ˇ´b(t)
Et N⃗ (t) ˇ
ˇ a(t)
ˇ

dT ⃗ d’une part,
Or, ds = γN
ˇ 1
ˇ a (t)

dT ⃗
dt dT 1 ⃗
dT ⃗
dT
ˇ }⃗v(t)}
Et d’autre part ds = ds dt = v (t)} dt ,
}⃗ soit ds
ˇ 1
ˇ b (t)
ˇ }⃗v(t)}
D’où on tire γ après calculs…

‚ 2ème méthode
ˇ :ˇ ˇ
ˇ ˇ 1 ˇ 2
ˇx(t) ˇx (t) ˇx (t)
M (t) ˇˇ , ⃗v (t) ˇˇ , ⃗a(t) ˇˇ
ˇy(t) ˇy 1 (t) ˇy 2 (t)

⃗v = ds ⃗ a = d22s T⃗ + γ ds 2 N ⃗.
dt T , ⃗ dt dt
 3 
ds 3
Donc det(⃗v , ⃗a) = [⃗v , ⃗a] = γ ds dt [T⃗ , N
⃗] = γ
dt
[⃗
v ,⃗
a] x1 y 2 +y 1 x2
D’où γ = v }3
}⃗ = }⃗v }3 .

‚ 3ème méthode :
dα dt dα 1 dα
γ= ds = ds dt = v } dt
}⃗ où α est une mesure de l’angle orienté (⃗i,̂T⃗ ), ou aussi de (⃗i,̂⃗v ).

Exemple$:
& x=x
Parabole
%y = ax2
ˇ ˇ ˇ
ˇ ˇ ˇ
ˇ x ˇ 1 ˇ0
Mˇ ˇ , ⃗v ˇ
ˇ , ⃗a ˇˇ .
2
ˇax ˇ2ax ˇ2a

MPSI Mathématiques 8
Analyse
CHAPITRE 11. LONGUEUR ET COURBURE D’UN ARC
[Link]ÉTRÉ
REPÈRE DE FRENET, COURBURE

1 0
Donc [⃗v , ⃗a] = = 2a, et }⃗v }3 = (1 + 4a2 x2 )3/2 .
2ax 2a
2a
Donc γ = (1+4a2 x2 )3/2
.

Complément hors programme : à propos du cercle osculateur Soit un arc birégulier de classe
C 3 . Soit M0 un point de l’arc, origine des abscisses curvilignes. Le repère de Frenet en M0 est noté
(M0 , T⃗0 , N
⃗ 0 ).

⃗ : s ÞÑ Ý
Développement limité de G
ÝÝÝÝÑ
M0 M (s) à l’ordre 3 en 0

ÝÝÝÝÝÑ ⃗ s2 ⃗ s3 ⃗ 3
M0 M (s) = 0 + sT⃗0 + γ0 N 0+ G (0) + s3 ⃗ε(0) (11.22)
2 6
⃗ 3 (0) = dγ ⃗ ⃗
dN dγ ⃗
Où ⃗ε(s) ÝÝÝÑ ⃗0, et G ds (0)N0 + γ0 ds (0) = ds (0)N0 ´ γ02 T⃗0 .
sÑ0

Composantes de M (s) dans (M0 , T⃗0 , N


⃗ 0)

ÝÝÝÝÝÑ s3 s2 dγ s3
M0 M (s) = (s ´ γ02 + o(s3 ))T⃗0 + (γ0 + ⃗0
(0) + o(s3 ))N (11.23)
6 2 ds 6
Un cercle de centre Ω(x0 , y0 ) (dans (M0 , T⃗0 , N
⃗ 0 )) passant par M0 (0, 0) a pour équation

x2 + y 2 ´ 2xx0 ´ 2yy0 = 0
looooooooooooomooooooooooooon (11.24)
=ΩM 2 ´R2 où M (x,y)

Définition :
Puissance d’un point M du plan par rapport à ce cercle φ(M ) = ΩM 2 ´ R2

Ici, φ(M (s)) = (´2x0 )s + (´2y0 γ0 12 + 1)s2 + (2x0 γ02 16 ´ 26 y0 ds (0))s
3
+ o(s3 )
Pour que φ(M (s)) soit infiniment petit d’ordre le plus élevé possible, on prend x0 = 0 (ainsi, ´2x0 = 0),
1
ce qui revient à prendre Ω sur la normale à l’arc en M0 ; et on peut prendre aussi y0 = γ0 = R0 (ainsi,

 0 γ0 + 1 =0), ce qui revient alors à prendre le cercle osculateur. Ainsi, pour ce choix, φ(M (s)) =
´y
1 1 dγ
(0) s3 + o(s3 )
3 γ 0 ds
looooooomooooooon
‰0 en général

Ainsi, le cercle osculateur traverse en général la courbe (car φ change de signe), et c’est bien celui
qui est « le mieux » tangent à la courbe.

MPSI Mathématiques 9
Analyse

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