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Introduction aux Normes IFRS 2021

Le document présente un cours sur les Normes Internationales d'Information Financière (IFRS), abordant leur histoire, leur cadre conceptuel, et leur application dans divers domaines comptables. Il souligne l'importance des IFRS pour assurer la comparabilité et la fiabilité des informations financières à l'échelle mondiale, en particulier pour les investisseurs. Le passage aux IFRS est illustré par des exemples concrets, notamment l'impact sur le groupe PSA.

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Introduction aux Normes IFRS 2021

Le document présente un cours sur les Normes Internationales d'Information Financière (IFRS), abordant leur histoire, leur cadre conceptuel, et leur application dans divers domaines comptables. Il souligne l'importance des IFRS pour assurer la comparabilité et la fiabilité des informations financières à l'échelle mondiale, en particulier pour les investisseurs. Le passage aux IFRS est illustré par des exemples concrets, notamment l'impact sur le groupe PSA.

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Ministère de l’enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique

Normes internationales d’information financière I

Naoufel FROUJA

Année universitaire : 2021-2022

Page | 1
Normes internationales d’information financière
I

Plan du cours :
Volume horaire : 63
Contenu pédagogique Nombre de crédit : 6
Coefficient : 3

Partie I : Introduction aux IFRS

Chapitre 1 : Présentation générale des IFRS

Chapitre 2 : Cadre conceptuel de l’information financière

Chapitre 3 : Méthode comptables, changement d’estimation et erreurs

Chapitre 4 : Impôt sur le résultat

Chapitre 5 : Effet des variations des cours des monnaies étrangères

Chapitre 6 : Évènements postérieur à la période de reporting

Partie II : Actifs hors instruments financiers

Chapitre 1 : Immobilisations corporelles

Chapitre 2 : Immobilisations incorporelles

Chapitre 3 : Dépréciation d’actifs

Chapitre 4 : Immeubles de placement

Chapitre 5 : Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées

Chapitre 6 : Stocks

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Normes internationales d’information
financière I

Chapitre Introductif :
Présentation des IFRS

Les normes IFRS, nées d’une initiative entre les organismes professionnels comptables
d’Allemagne, d’Australie, du Canada, des États-Unis, de France, du Japon du Mexique des Pays-
Bas et du Royaume-Unis et Irlande en 1973, sont désormais nées (appellation à l’époque) « Les
normes internationales de Comptabilité et d’information financière » : les deux tiers des pays du
G201, y compris l’Union européenne, les appliquent aux sociétés cotées.
Le Comité des normes comptables internationales (IASC International Accounting Standards
Comitee) a été constitué, organisme privé indépendant avait pour objectif l’uniformisation des
principes comptables employés pour les états financiers des entreprises et autres organismes dans
le monde entier.

1
Les membres du G20 sont : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du
Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, Union européenne (représentée
par le pays assurant la présidence de l’UE et la Banque Centrale européenne ; la Commission européenne assiste également aux
réunions). L’Espagne est devenue invité permanent et les pays présidant le G20 ont toute latitude pour inviter qui elles souhaitent.
Page | 3
Les normes internationales d'information financière, IFRS se sont fait reconnaitre de plus en plus
par les normalisateurs nationaux et régionaux mais aussi d’autres organismes de renommée
internationale. Les juridictions ayant adoptées ces normes, à ce jour, dépassent les 166 pays à
l’échelle internationale (dont 86 pays ont adopté la norme IFRS pour PME). La vague d’adoption
des normes IFRS a porté avec elle la Tunisie. C’est ainsi qu’en vertu de la décision de
l’Assemblée Générale du Conseil National de la Comptabilité (CNC), tenu le 6 Septembre 2018,
les sociétés cotées en bourse, les banques et les établissements financiers, les sociétés
d’assurance et de réassurance sont appelés à établir leurs états financiers consolidés selon les
normes IFRS à partir du 01 Janvier 2021.

En 2001, l’IASC est reformé pour devenir l’IASB (International Acounting Standards Board), et est
doté d’un organe de direction l’IASCF (International Accounting Standards Commitee Foundation)
chargé également d’en assurer le financement.

Les principales missions de l’IASB

L’IASB a pour principales missions :


D’élaborer des normes comptables internationales (IFRS) ;
De promouvoir l’utilisation des IFRS au niveau mondial ;
D’émettre des interprétations sur la mise en œuvre des IFRS.

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Processus d’élaboration des normes IFRS par l’IASB :

Les normes et interprétations comptables sont publiées selon un processus d’élaboration (dit due
process) devant respecter les 3 principes suivants :
Transparence ;
Consultation équitable compte tenu des avis différents que peuvent avoir les parties
prenantes à l'échelle mondiale ;
Garantie de la responsabilité publique des normes : l'IASB analyse les effets potentiels de
ses propositions sur les parties prenantes concernées et explique la raison pour laquelle
elle a pris les décisions dans l'élaboration ou la modification d'une norme.

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En pratique, l’évolution du référentiel comptable s’inscrit dans le schéma suivant :

L’élaboration d’une nouvelle norme suit, en règle générale, le processus suivant :


Constitution d’un advisory group dont le rôle est de conseiller l'IASB sur le projet s’il est
majeur ;
Publication d'un discussion paper présentant de manière générale le thème examiné
(problématiques, approches envisageables) pour appel à commentaires ;
Publication d'un exposé-sondage (exposure draft), projet de norme, pour appel à
commentaires 3 ;
Au besoin, organisation de débats publics (outreach) ou de tests terrains (field test) ;
Ajustement de la norme après analyse des commentaires 4;
Approbation du texte et publication ;
Examen de l’application de la norme deux ans après son entrée en vigueur (procédure
dite Post-Implementation Review - PIR).

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Finalité du cadre normatif des IFRS

La comptabilité est un système d’informations permettant de retracer l’activité de l’entreprise et ses


relations avec ses partenaires.
Les cadres conceptuels comptables stipulent que l’objectif de la comptabilité est de fournir
des informations intéressant ses utilisateurs potentiels et plus particulièrement les investisseurs.
Les états financiers des entreprises doivent fournir des informations utiles aux personnes qui
prennent des décisions, notamment aux investisseurs actuels et potentiels, aux créanciers et à
tout autre décideur économique semblable. De même, le cadre conceptuel des normes
internationales (International Financial Reporting Standards, IFRS) indique que les états financiers
ont pour but de fournir une information sur le niveau et l’évolution de la situation financière ainsi
que sur la performance de l’entreprise. Ces informations doivent être utiles pour des utilisateurs
potentiels qui ont à prendre des décisions économiques.
Les normes IFRS considèrent sept catégories d’utilisateurs :
- l’investisseur,
- le personnel,
- les prêteurs,
- les fournisseurs et autres créditeurs,
- les clients,
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- les États et les organismes publics et
- le public.
Cependant, comme le souligne Obert (2003), même si les informations comptables ont pour
objectif d’être utiles pour chacun de ces utilisateurs, « il semble bien qu’une présentation orientée
vers les besoins des investisseurs ait été privilégiée ». Les normes IFRS sont orientées pour les
besoins d’information des investisseurs afin de faciliter leurs prises de décisions.
Il n’est pas neutre que les normes IAS (International Accounting Standards) soient devenues les
normes IFRS (International Financial Reporting Standards). Ce changement terminologique
traduit un changement attendu des comportements.
Le référentiel IFRS est construit sur l’idée que la comptabilité est moins un système de collecte,
de saisie et de traitement de l’information qu’un système de reporting financier
« pro-investisseur ».

IFRS Plan comptable Général

Approche régalienne de la
Résulte d’organismes privés et indépendants des pouvoirs
comptabilité, Résulte des
publics
pouvoirs publics français
Deux référentiels : les comptes sociaux et les comptes
Un référentiel unique pour tous les acteurs économiques.
consolidés, qui conduisent à des écarts considérables.
Les états financiers = bilan + compte de résultat + annexe +
tableau du flux de trésorerie + tout autre document utile à la Les états financiers = bilan + compte de résultat + annexe.
compréhension des comptes.

Logique d’information et de communication financière. Logique d’application du droit.

Prééminence du fond sur la forme Méthodes comptables laissant une large place à la
« Substance over form » forme des documents.

Lien ombilical avec la fiscalité rompue. La fiscalité Lien ombilical entre la fiscalité et la comptabilité : de
(détermination de l’assiette imposable doit être faite en nombreuses règles comptables résultent de dispositions
dehors des états financiers) doit être transformée ; fiscales.

Une refonte de certains grands principes comptables : fair


value. Volatilité plus grande de l’évaluation de certains Le principe dit du coût historique.
actifs.

Une orientation vers les partenaires de


Une orientation vers les investisseurs.
l’entreprise. Conception partenariale du
Conception actionnariale du gouvernement d’entreprise.
gouvernement d’entreprise.

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Les qualités de l’information comptable selon le référentiel IFRS

Afin d’être utile à l’investisseur, l’information comptable découlant du référentiel IFRS doit présenter
un certain nombre de qualités. Elle doit être :
Intelligible,
Pertinente,
Fiable et
Comparable.

Elle doit être intelligible, ce qui signifie qu’elle doit pouvoir être compréhensible immédiatement
par les utilisateurs, à condition que ceux-ci aient une connaissance raisonnable des affaires et des
activités économiques et une culture minimale en comptabilité.

L’information comptable doit être pertinente, ce qui signifie qu’elle doit pouvoir influencer les
décisions économiques des investisseurs en les aidant à évaluer des évènements passés, présents
ou futurs, à confirmer ou à corriger leurs évaluations passées.
Pour être pertinente, une information doit être significative ou d’une importance relative.
L’information est significative si son omission ou son inexactitude peut influencer les décisions
économiques que les utilisateurs prennent sur la base des états financiers.

L’information comptable doit être fiable c’est-à-dire exempte d’erreurs et de biais significatifs.
Les utilisateurs doivent pouvoir avoir confiance et considérer que les données comptables
auxquelles ils ont accès reflètent une image fidèle de l’entreprise.
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Enfin l’information comptable doit être comparable, c’est-à-dire permettre une présentation de
l’effet financier de transactions et d’évènements semblables de manière cohérente pour une
même entreprise et de façon permanente pour différentes entreprises.

L’intérêt du référentiel IFRS pour les marchés de capitaux : une information comparable

L’un des intérêts du référentiel IFRS pour les lecteurs des états financiers est de favoriser une
comparabilité des informations financières. Selon cette thèse, le fait d’imposer aux entreprises
cotées l’usage d’un référentiel unique aurait pour conséquence de limiter certaines dérives de la
politique comptable, à savoir l’errance ou le vagabondage comptable. Après avoir rapidement
situé les divergences existant entre les référentiels comptables, nous questionnerons l’intérêt d’une
information comptable comparable pour les marchés financiers.

Hétérogénéité des référentiels et vagabondage comptable : l’apport du référentiel IFRS


L’harmonisation comptable est une réponse aux exigences des marchés financiers. Wyatt (1992)
identifie 4 facteurs ayant favorisé l’harmonisation comptable
- Le premier facteur est d’ordre technologique. Les nouvelles technologies de l’information et
de la communication ont entraîné une accélération de la transmission des informations au
niveau planétaire.
- Le second facteur est économique et politique. La constitution de blocs économiques tels
que l’Union Européenne, exige une uniformisation des techniques de représentation
économique qu’est la comptabilité privée.
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- Le troisième facteur résulterait du crédit grandissant que les organismes économiques tels
que l’IOSCO2 (en français : Organisation Internationale des Commissions des valeurs
mobilières) ont accordé à l’IASC.
- Le quatrième facteur serait financier. Il découlerait de la volonté des entreprises inter-
nationales d’abaisser le coût du capital en augmentant l’efficacité des marchés financiers.
Or cette efficacité fonctionne principalement grâce à la confiance et à des informations
financières fiables et comparables.

La comparabilité de l’information financière induite par le recours à un référentiel


comptable unique revêt un enjeu d’autant plus crucial que les systèmes comptables
existants étaient jusqu’à présent très hétérogène. Deux grandes conceptions de la
comptabilité dominent sur le plan international : la conception anglo-saxonne pour laquelle
l’information comptable doit répondre en priorité aux besoins des actionnaires et la
conception européenne continentale pour laquelle la comptabilité doit satisfaire les intérêts
de l’ensemble des parties prenantes et notamment l’administration fiscale.
L’harmonisation comptable induite par le référentiel IFRS devrait ainsi limiter le
vagabondage comptable qui tend à brouiller les repères des lecteurs de l’information
financière (Barbu’04). Le vagabondage comptable consiste pour une entreprise à choisir
le référentiel le plus approprié à ses besoins notamment en termes de communication
financière. En effet, les grands groupes tendraient, depuis les années 1980, à choisir le
référentiel le mieux adapté à leurs besoins en fonction du marché sur lequel ils veulent être
cotés. En fonction du référentiel choisi, résultant d’une pluralité de conventions, une
entreprise dégagera un résultat considérablement différent. Selon le référentiel comptable
utilisé, le résultat d’une entreprise peut être soit un bénéfice, soit une perte, ce qui pour un
lecteur des comptes peut être gênant.

2
International Organisation of Securities Commissions : Traduit de l'anglais-L ‘Organisation internationale des commissions de
valeurs est une association d'organisations qui réglementent les marchés mondiaux des valeurs mobilières et des contrats à terme
Page | 11
L’obligation pour les entreprises cotées européennes de présenter leurs comptes
consolidés en appliquant le référentiel IFRS devrait brider la tentation des comptables de
jongler avec les référentiels. Toutefois, il est possible que l’on dérive d’un standard
shopping où il est possible de choisir entre les différents référentiels existants, à un
vagabondage comptable au sein du même référentiel en choisissant entre les différentes
options proposées par le référentiel.

Les normes IFRS ne modifient pas la composition du capital social. Elles précisent
simplement la liste des normes à appliquer pour calculer le bénéfice net par action. Dans
le cas de PSA, l'explication de la variation du bénéfice par action, et par conséquent du
PER, réside dans la variation du résultat net part du groupe qui passe de 1 357 millions €
en normes françaises à 1 681 millions € en normes IFRS (tableau, suivant).

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Tableau 1 : passage des normes françaises aux IFRS : groupe PSA

Le passage aux normes IFRS entraîne, pour le groupe PSA, une augmentation de 24 % du
résultat net, de 16 % du résultat opérationnel, de 2 % des capitaux propres et une
diminution de 1 % du chiffre d'affaires. Autrement dit, la mesure de l’activité du groupe
PSA (le chiffre d’affaires) n’est que très faible- ment affectée par le changement de norme.
Par contre, l'impact est très important pour la mesure du résultat résiduel revenant aux
actionnaires et très significatif pour la mesure de la rentabilité d'exploitation du groupe
automobile. L'impact sur les capitaux propres apparaît globalement très faible car
différentes normes produisent des effets opposés. Pour pouvoir estimer la per- Magnence
de l’impact du passage aux normes IFRS il convient d'étudier plus spécifiquement les
principales d'entre elles.

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Les principales normes IFRS affectant le groupe PSA
Comme le montre le tableau 1, de nombreuses normes impactent la présentation des états
financiers du groupe PSA. Nous ne présenterons que celles qui nous semblent les plus
intéressantes, et nous laissons le soin au lecteur désireux d'approfondir les variations de se
reporter au site Internet de PSA.

1 Les frais de développement


Afin de se rapprocher des pratiques amé- ricaines (les US GAAP), tout en respectant les
normes françaises, PSA enregistrait ses frais de développement en charges. A l’inverse,
Renault utilisait la possibilité ouverte par la réglementation française (3). Depuis 2002,
Renault comptabilise en immobilisations incorporelles « les frais de développement
engagés entre l’accord traduisant la décision d’entrer dans le développement et
l’industrialisation d’un véhicule nouveau ou d’un organe nouveau (moteurs, boîtes de
vitesses…) Et l’accord de fabrication en série de ce véhicule ou de cet organe ».
L’IAS 38 ne laisse plus ce choix. Si les dépenses de développement constituent une
immobilisation incorporelle qui générera des avantages économiques futurs, alors
l'entreprise doit immobiliser les dépenses. En conséquence, l’immobilisation est appliquée
aux dépenses supportées entre la phase de gel du choix du style (jalon 1) et la phase de
passage en production de présérie (jalon 5) pour le développement des véhicules et des
gros organes mécaniques. Ces frais de développement immobilisés feront l’objet d’un
amortissement à partir de l’accord de fabrication en série sur 5 ans (véhicules) ou 10 ans
(organes). Pour l’application rétrospective de cette disposition, PSA a passé en revue les
dépenses relatives aux projets mis en services depuis le 1er janvier 1999.
L’impact sur le chiffre d’affaires est bien évidemment nul. Par contre l'impact sur la marge
opérationnelle et le résultat net est très significatif (254 et 274 millions €) et surtout l'impact
sur les capitaux propres est très important (2578 millions €).
Cet impact sur les capitaux propres est lié au retraitement des dépenses de développement
supportées entre 1999 et 2003 inclus qui se retrouvent portées à l'actif du bilan. Il s'agit
d'un impact définitif. Si les immobilisations incorporelles vont continuer à croître (elles

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représentent 3486 millions € de valeur brute au 1er janvier 2004), il en sera de même pour
les amortissements (1165 millions € ) à cette même date3.

L'impact sur la rentabilité d'exploitation est plus complexe à appréhender. A très court
terme, il est positif car l'entreprise ne retraite ses comptes que depuis 1999. A moyen
terme, il devrait n’être que très légèrement positif. En effet, les amortissements des
dépenses de développement antérieures viendront diminuer le résultat opérationnel (en
2004, les montants immobilisés ont représenté 676 millions € et les amortissements
427 millions €). Cet effet n'est pas encore pleinement visible puisque le retraitement ne
porte que sur les frais de développement à compter de 1999. Il s'agit donc d’un impact
positif provisoire.
Renault, qui activait ses dépenses de développement depuis 2002, a dû procéder à une
capitalisation rétrospective des frais portés en charges antérieure- ment au 1er janvier
2002. Cela se traduit par un impact (net d’impôts différés) positif de 634 M € sur les
capitaux propres d’ouverture mais négatif de 191 M€ sur le résultat net 20044 .

2 Les ventes avec clauses de rachat


Selon la norme IAS 18, les ventes de véhicules avec clause de rachat ne peuvent pas être
considérées comme des ventes (et à ce titre figurer dans le chiffre d’affaires) mais doivent
être appréhendées comme des locations. Les véhicules doivent ainsi être immobilisés à
l'actif du groupe.
Au niveau des capitaux propres, l'impact est négatif et correspond à la marge initialement
constatée sur la vente des véhicules. En effet, cette marge doit désormais être constatée
sur la durée du contrat et non lors de la livraison du véhicule. L'impact est donc positif sur
le résultat opérationnel car il conduit à constater sur les exercices en cours (au titre de la
location) une marge qui avait déjà été constatée au cours d'exercices antérieurs (au titre de
la vente).

3
Le montant affectant les capitaux propres est différent de l'écart entre la valeur brute des immobilisations incorporelles et les
amortissements car le groupe PSA a aussi procédé à des reclassements des stocks vers les immobilisations incorporelles.
4
En effet, l’amortissements des frais de développement antérieurs à 2002 s'est traduit par une charge supplémentaire non
compensée par l’activation des frais de développement 2004 puisque ceux-ci étaient déjà immobilisés dans les pratiques
comptables de Renault
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Pour le chiffre d'affaires, il s'agit de l'impact le plus significatif (dans le cas de PSA cela
correspond à une diminution de 1% du chiffre d’affaires constaté). Cet impact devrait aller
en diminuant dans la mesure où les loyers devraient progressivement compenser la
disparition du chiffre d’affaires sur les ventes avec clause de rachat.

3 Les immobilisations incorporelles


Auparavant, le groupe PSA incluait dans le coût d’entrée des immobilisations le coût du
financement supporté avant leur mise en service. Désormais PSA exclut ces intérêts
intercalaires du coût des immobilisations. Cela se traduit par une diminution de la valeur
nette comptable des immobilisations à hauteur de 207 millions € compensée par une
diminution correspondante des capitaux propres. D’autres frais accessoires sont également
exclus du coût des immobilisations et viennent en diminution des capitaux propres à
hauteur de 85 millions €.
Cette décision du groupe PSA apparaît, dans la forme, très contestable. En effet selon IAS
23, les coûts d’emprunt qui sont directement attribuables à la production d’un actif peuvent
(7) être incorporés dans le coût de cet actif. Par conséquent, si PSA incorporait
antérieurement certains coûts de financement, ce n’est pas l’application des 30 normes
IFRS qui l'a obligé à changer de méthode. Le groupe PSA met sur le compte des IFRS un
changement de méthode qui résulte d’une décision de la direction générale.

Les normes IFRS entraînent un certain nombre de modifications comptables. La plupart des
modifications visent à mieux faire coïncider la présentation financière avec la réalité économique.
Dans le cas particulier du passage des normes françaises aux normes IFRS, l’examen des
pratiques du groupe PSA montre très clairement que ce passage est aussi l'occasion de prendre
quelques libertés avec les pratiques pérennes de reporting financier.

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Conclusion
Le référentiel IFRS officialise, en l’explicitant, le lien entre la comptabilité et la finance. Il se
présente d’ailleurs comme un système normatif construit pour le point de vue des investisseurs et
un modèle de gouvernance actionnariale. Tant le cadre conceptuel des normes IFRS que certains
principes tels que la juste valeur induisent une convergence du système comptable et de la
finance. Cependant, il nous semble crucial d’émettre un certain nombre de remarques et de
nuances relatives à la supériorité du référentiel IFRS sur l’ancien modèle comptable illustré par le
plan comptable général. Le référentiel IFRS n’est pas la panacée universelle qui permettra à la fois
de supprimer toute tentation de vagabondage comptable ou de gestion comptable des résultats.
En outre, il est difficile d’appréhender a priori si le nouveau référentiel comptable permettra de
fournir des informations financières plus pertinentes. Cela ne pourra être vérifié qu’a posteriori.
Enfin, il nous semble important de contester une idée couramment défendue. L’alignement de la
comptabilité sur la finance n’est pas en soi un élément positif. Le référentiel IFRS est sous-tendu
par l’idée que le point de vue des financiers doit primer sur les autres points de vue. Or la
coexistence de plusieurs conceptions ne signifie pas forcément que l’une est meilleure que l’autre.
En outre, les financiers ne sont pas forcément désireux d’un mélange des genres. L’information
comptable était jusqu’à présent retravaillée par les analystes financiers, ce travail d’extraction de
l’information pertinente à partir des données comptables n’est pas en soi inutile, au contraire, il
pouvait permettre un croisement utile des points de vue.

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Liste des normes IAS-IFRS
Numéro Titre
IAS 1 Présentation des états financiers
IAS 2 Stocks
IAS 7 Tableaux des flux de trésorerie
IAS 8 Méthodes comptables, changements d’estimations comptables et erreurs
IAS 10 Evénements postérieurs à la période de reportant
IAS 12 Impôts sur le revenu
IAS 16 Immobilisations corporelles
IAS 18 Produits des activités ordinaires
IAS 19 Avantages du personnel
IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur
l'aide publique
IAS 21 Effets des variations des cours des monnaies étrangères
IAS 23 Coûts d'emprunt
IAS 24 Informations relatives aux parties liées
IAS 26 Comptabilité et rapports financiers des régimes de retraite
IAS 27 Etats financiers individuels
IAS 28 Participations dans des entreprises associées et des coentreprises
IAS 29 Information financière dans les économies hyper inflationnistes
IAS 30 Informations à fournir dans les états financiers des banques et des
institutions financières assimilées
IAS 32 Instruments financiers : présentation
IAS 33 Résultat par action
IAS 34 Information financière intermédiaire
IAS 36 Dépréciation d'actifs
IAS 37 Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels
IAS 38 Immobilisations incorporelles
IAS 40 Immeubles de placement
IAS 41 Agriculture
IFRS 1 Première adoption des normes d’information financière internationale
IFRS 2 Paiements fondés sur des actions
IFRS 3 Regroupements d’entreprises
IFRS 4 Contrats d’assurances
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IFRS 5 Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées
IFRS 6 Prospection et évaluation de ressources minérales
IFRS 7 Instruments financiers : informations à fournir
IFRS 8 Secteurs opérationnels
IFRS 9 Instruments financiers
IFRS 10 Etats financiers consolidés
IFRS 11 Partenariats
IFRS 12 Informations à fournir sur les intérêts détenus dans d'autres entités
IFRS 13 Evaluation de la juste valeur
IFRS 14 Comptes de report réglementaires

IFRS 15 Produits des activités ordinaires tirés des contrats conclus avec des clients
IFRS 16 Contrats de location
IFRS 17 Contrats d'assurance

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