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Concepts fondamentaux de sociologie

Le document présente un polycopié sur la sociologie générale, abordant les concepts fondamentaux tels que les acteurs et les structures, ainsi que l'évolution de la sociologie à travers des penseurs comme Montesquieu, Comte, Marx, et Dürkheim. Il discute des différentes approches sociologiques, y compris le fonctionnalisme, le conflictualisme, et l'interactionnisme symbolique, tout en soulignant l'importance de la culture et de la socialisation dans le développement des individus. Enfin, il examine la relation entre nature et culture, ainsi que l'impact des normes sociales sur le comportement humain.

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Concepts fondamentaux de sociologie

Le document présente un polycopié sur la sociologie générale, abordant les concepts fondamentaux tels que les acteurs et les structures, ainsi que l'évolution de la sociologie à travers des penseurs comme Montesquieu, Comte, Marx, et Dürkheim. Il discute des différentes approches sociologiques, y compris le fonctionnalisme, le conflictualisme, et l'interactionnisme symbolique, tout en soulignant l'importance de la culture et de la socialisation dans le développement des individus. Enfin, il examine la relation entre nature et culture, ainsi que l'impact des normes sociales sur le comportement humain.

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Association des Etudiants en Science Politique et

(Fondée en 1986 à l'université de Genève)


Relations Internationales

Sociologie générale
Y. Fricker

SOCIOLOGIE GENERALE

Prof.
Yves Fricker

Polycopié écrit par Stéphane Derron

Nos polycopiés ne sont qu'un support du cours, ils ne peuvent pas le


remplacer… Nous déclinons toute responsabilité en cas d'erreurs.

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Y. Fricker

Sociologie générale

Prof. Y. Fricker
« Acteurs et structures: les concepts fondamentaux de la sociologie »

Acteurs et structures: les concepts


fondamentaux de la sociologie
Prof. Y. Fricker

Introduction: la sociologie, ses origines, son


développement
Il n’y a pas à priori de définition de la sociologie au vu de la diversité des courants.
On distingue cependant 2 niveaux de perception:
1. La microsociologie: étude de l’insertion des personnes dans le groupe
2. La méso-sociologie: étude de la dynamique des groupes, du devenir des sociétés
industrielles.
Voir p. 10 « 18 leçons sur la société industrielle », ARON Raymond, éd. Gallimard, Paris, 1967.
C’est Auguste Comte qui crée la sociologie en écrivant « Physique du social » qui est une
description de l’homme moyen.

Montesquieu (1689-1755): fondateur ou précurseur?


Aristocrate bordelais (propriétaire terrien) il se lance dans une carrière littéraire et voyage. Il publie
divers ouvrages:
• 1721: « Les lettres persanes »
• 1734: « Grandeur et décadence des Romains »
• 1748: « De l’esprit des lois » (1er ouvrage sociologique)
« Lettres persanes » est publié anonymement; son introduction fait croire que c’est un
ambassadeur persan qui écrit. Par ce subterfuge il porte un regard critique (mais pas neutre
comme Rousseau) sur l’aristocratie française.

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R. Aron considère « Les lettres persanes » comme un ouvrage sociologique par excellence:
Montesquieu prend un regard distancé sur la société, ce qui est le rôle même de la
sociologie. Cette prise de distance est difficile selon le climat social dans lequel le sociologue vit.
Dans « L’esprit des lois » Montesquieu affirme que l’ordre qui prévaut ne peut être irrationnel:
malgré l’infinie diversité des lois et des moeurs on constate que les hommes ne sont pas
uniquement conduits par leur phantaisie; les lois dépendent les unes des autres.
Plusieurs paramètres influent le comportement des peuples: le climat, la religion, les lois, le
gouvernement, le passé, les moeurs et les manières; le tout formant un esprit général. Certains
paramètres ont cependant plus d’influence que d’autres selon les peuples: le climat prédomine le
comportement des sauvages, la manière celui des chinois, les lois celui des japonais.
A. Comte considère Montesquieu comme un précurseur mais non comme un sociologue. En effet
il aurait manqué l’idée de progrès.

La sociologie et le thème de la « fin de l’histoire »: Marx, Comte et


Tocqueville
Epoque située entre 1840 et 1870 qui voit une double révolution: les révolutions démocratiques et
industrielles.
En effet la révolution démocratique ne peut se cantonner à 1789, c’est un mouvement beaucoup
plus vaste qui s’inscrit dans le tissu social: indépendance des colonies américaines, révolutions en
Amérique latine dès 1920 et en Europe dès 1848.
La révolution industrielle qui démarre en Angleterre exigera de la sociologie de prendre de la
distance par rapport aux profonds changements qu’elle engendre et de répondre à l’urgence du
changement social.

Auguste Comte (1798-1857)


Influencé par le Siècle des Lumières il pense que le développement de l’esprit humain est le facteur
essentiel pour le développement d’une société. Pour lui le but de la sociologie est de réorganiser la
société dans ses troubles démocratiques. Partisan du positivisme il envisage l’équilibre d’une
société lorsque l’évolution de celle-ci verra l’avènement de technocrates qui la dirigeront
pacifiquement.

Alexis de Tocqueville (1805-1859)


Disciple de Montesquieu il cherche à mettre en évidence le rôle de « modèle » des USA. Après
avoir voyagé dans cette terre nouvelle où tout est à organiser il publie « De la démocratie en
Amérique » où il affirme qu’une société trouve son équilibre en se réorganisant sur des
bases démocratiques.

Karl Marx (1818-1883)


Marx est influencé par les écrits de Hegel. Pour Hegel l’Histoire se développe à plusieurs niveaux (le
« Devenir historique »):
Niveau 1: les événements chaotiques
Niveau 2: les tendances qui se dégagent de ces événements
Niveau 3: les idées philosophiques qui vont finir par s’affirmer au-delà des tendances. Pour ce
faire elles doivent buter sur leur propre négation.

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La dialectique d’après Hegel: Marche de la pensée reconnaissant le caractère inséparable des
propositions contradictoires (thèse et antithèse), que l’on peut unir
dans une catégorie supérieure (synthèse).
Marx reprend cette notion de « conflit »: le conflit des classes.
Ces 3 auteurs se distinguent de Montesquieu par le fait qu’ils s’interrogent sur le
devenir de la société (idée de progrès) en y définissant des points d’équilibre.

La sociologie et l’institution universitaire: Dürkheim, Weber, Pareto,


l’Ecole de Chicago
Epoque située entre 1885 et 1920.
Afin de faire accepter cette nouvelle discipline dans le monde académique il faut mettre en
évidence son côté rigoureux. Cette démarche engendre un tiraillement entre les sociologues: il est
difficile de concilier une analyse scientifique rigoureuse de la société avec son côté plus
philosophique qui doit répondre à la question existencielle « Où va notre société moderne? »

Chapitre 1: Interactions et structures des


interactions
Primauté de la relation
La sociologie doit chercher la voie médiane entre individualisme et collectivisme totalitaires.
Dans son « Contrat social » Rousseau considère une société construite sur une structure
contractuelle. Mais un contrat sous-entend 2 notions pré-contractuelles: le contractant et la relation
de confiance qu’ont les parties.
La psychologie relève l’influence du tissu social sur le développement de l’individu (contractant). Le
point de départ de la sociologie n’est donc pas l’acteur (individu qui se construit dans un
milieu social) mais bien le tissu de relations dans lequel cet acteur se développe.

Interactions et catégorisation
Tout comportement humain relève d’interactions qu’il faut comprendre au sens large: une
interaction n’est pas qu’un face-à-face mais aussi l’anticipation ou la réalisation d’un face-à-face (la
solitude est une interaction: c’est la réalisation du vide d’autrui).
Ces interactions sont influencées par des règles de comportement dans la société ([Link].
galanterie) dans la mesure où l’individu regroupe les acteurs qui évoluent dans son entourage en
différentes catégories: hommes, femmes, étudiant, professeur, jeune, aîné, etc.
L’expérience de Zimbardo sur un campus universitaire californien en 1976-77 démontre qu’une
structure (règles imposées) influence fortement un individu, le poussant à se comporter à

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l’encontre d’une catégorie de personnes d’une façon contradictoire aux valeurs de la société dans
laquelle il a grandi.

L’intensité du réglage des interactions: anomie et


déviance
Un individu qui transgresse aux règles d’une société est considéré comme déviant. La déviance
n’a pas d’amplitude: elle va de l’acte de goujaterie au crime.
La déviance (=transgression à une norme) est d’autant plus fréquente lorsque, dans une société ou
un groupe d’individus les normes ne sont pas clairement définies. On considère alors cette
transgression comme une anomie.
Anomie: absence d’organisation ou de loi, disparition des valeurs communes à un groupe.
Howard Becker, sociologue et jazzman: il met en évidence l’anomie du milieu du jazz pour lequel la
consommation de marijuana est une norme alors que c’est une déviance pour la société
américaine de 1950.

Les paradigmes de la sociologie


Paradigmes: les approches sous-jacentes aux théories, les grandes perspectives.
On en distingue 5 en sociologie:
• Fonctionnalisme
• Conflictualisme
• Interactionnisme symbolique
• Structuralisme
• Individualisme méthodologique
Emile DÜRKHEIM (1858-1917):
1893: Thèse sur la « Division du travail social »
1895: « Les règles de la méthode sociologique »
1897: « Le suicide »
1912: « Les formes élémentaires de la vie religieuse »
Cf. Extrait de « Les règles de la méthode sociologique » en annexe
Dürkheim insiste sur le poids du fait social sur l’individu: celui-ci se soumet à des règles et des
devoirs de société qui lui sont extérieures (manière d’être, de faire, d’agir) sans même être
conscient qu’il s’y est soumis (registre de l’ordre de la psychologie, domaine spécifique de la
sociologie).

1er principe durkheimien: « La vie sociale s’explicite de façon continuelle »


2ème principe durkheimien: « Expliquer les faits sociaux par les faits sociaux »
L’approche durkheimienne de la société peut être qualifiée de:
• fonctionnaliste: la société fonctionne comme un organisme biologique où les faits sociaux sont
en corrélation. Il faut les analyser dans une perspective globale, replacer les éléments
dans leur environnement pour y trouver une cohérence.

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• holiste: ne pas porter un jugement sur le fait social mais le prendre tel quel dans la totalité.

Le fonctionnalisme absolu (Merton, Malinowski, Braun)


1. s’établit au niveau du système entier
2. l’ensemble des éléments du système doivent être fonctionnels
3. les éléments qui perdent leur fonctionnalité disparaissent
Parson et Merton tempèrent ce fonctionnalisme absolu en constatant que notre société est trop
complexe pour être purement fonctionnelle. Ils y attribuent 2 fonctions distinctes:
1. fonction manifeste: le système universitaire diffuse des compétences (diplômes); les
adolescents sont antagonistes au système scolaire
2. fonction latente: les jeunes gens de bonne famille obtiennent plus facilement les diplômes
universitaires; ces adolescents sont dans un processus de formation où ils affirment leur
personnalité.

Le conflictualisme
La thématisation fonctionnaliste de la société sous-entend une notion de conflit: la réalité sociale
n’est pas unitaire mais conflictuelle; ces conflits sont l’essence d’une dynamique sociale
(marxisme).
Fonctionnalisme et conflictualisme sont 2 paradigmes de la sociologie qui considère la société
comme une totalité:
• cohérente: fonctionnalisme
• déchirée: conflictualisme
Un autre paradigme de la sté est

L’interactionnisme symbolique (Blumer, H. Becker)


« Cubisme de la sociologie »
4 éléments le caractérise:
1. L’homme est un animal symbolique = il devine son univers par des signes.
2. Les phénomènes sociaux renvoient à des faits émergents: les règles que suivent les hommes
sont le produit des hommes, à chaque fois recréées, regénérées (homme façonneur et plus
façonné comme pour Dürkheim). C’est le système symbolique qui influence le façonneur.
3. Idée de « self »: je me forme dans le miroir de ceux qui m’entourent.
4. Vision de la société qui récuse la cohérence de celle-ci (non fonctionnaliste).

Le structuralisme (Lévy-Strauss, Lacant, Foucaut)


La société se compose d’une structure (langue) et d’attitudes, de manière de faire qui s’organisent
autour de cette structure (flux des paroles).
Le structuralisme ne s’intéresse qu’à la structure et non aux acteurs qui l’utilise.

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L’individualisme méthodologique (Boudon)
Les individus sont des êtres rationnels dont les actions sont uniquement rationnelles. Ex.: le divorce
est un contrat de mariage devenu inintéressant pour 1 ou les 2 partenaires.

Le réglage des interactions


C’est l’objet même de l’étude sociologique, orienté sur 3 questions relatives à l’interaction:
1. Sa source?
2. Son intensité?
3. Son niveau?

Source de réglage des interactions: la culture


La culture est le stock de modèles sociaux que les individus ont à disposition.
Pour Dürkheim c’est le registre des comportements contraignants qu’adoptent les hommes.
La société est l’application de la culture (script), lorsque les hommes se l’approprient ils se
socialisent.

Chapitre II: Culture et socialisation


Nature et culture
A la différence des animaux qui s’adaptent à leur milieu selon leur instinct l’homme
s’autoprogramme de façon collective par la socialisation = acquisition de culture. Kant:
« L’homme est un animal qui doit être éduqué ».
La psychologie de Freud distingue l’instinct (poussée ayant une détermination) de la pulsion
(poussée n’ayant pas de finalité). 2 pulsions animent l’homme: pulsion sexuelle et pulsion
d’autoconservation.
L’homme est un animal lâché par son instinct et relayé par la culture.
è Opposition classique entre nature et culture:
1. Jusqu’où la biologie détermine-t-elle notre conduite?
2. La biologie commande-t-elle les différences de groupe (sexe, race)?
3. La biologie commande-t-elle les différences inter-individuelles?

La biologie détermine-t-elle notre conduite?


Dans sa thèse socio-biologique (1975) E.O. Wilson soutient que certains comportements humains
« biologiques » sont marqués par la culture. Ainsi l’expression faciale des émotions: le sourire
exprime la joie pour l’Occidental mais l’embarras pour le Chinois.
De même le langage est une articulation entre le biologique et le culturel: à partir des phonèmes
l’enfant copie son entourage en émettant des mots dans sa langue maternelle. Le culturel se
plaque sur le biologique; il le façonne.

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La biologie commande-t-elle les différences de groupe?
• Les races: La notion de race fut utilisée pour créer des catégories sociales (et justifier leur
discrimination). La biologie étudiant les populations démontre que les différences de
pigmentation de la peau ou du groupe sanguin sont plus grandes au sein d’une « même race »
qu’entre les races. Ainsi cette catégorisation sociale est d’ordre culturelle car il faut parler de
groupes ethniques.
• Les genres: Il est indéniable qu’il y ait des différences biologiques entre les sexes. Mais la
société accentue fortement ces différences en « construisant » la féminité ou la masculinité.
Ces différences relevées par nos cultures se retrouvent dans tous nos comportements (mode
vestimentaire, économie, formation scolaire).
Dans sa « Théorie de l’investissement parental » (analyse éthologique) R. Trivers (1972) affirme
que, dans leur stratégie de choix d’un partenaire, les femmes considèrent un critère qualitatif en
raison de leurs engagements maternelles alors que les hommes ont un critère quantitatif
(dispersion des gènes). M. Mead (1930-70) conteste ce caractère universel des rôles hommes -
femmes en constatant que dans certaines sociétés ce sont les femmes qui sont
entreprenantes.

La biologie commande-t-elle les différences inter-individuelles?


Les vrais jumeaux séparés
Plusieurs études sur les vrais jumeaux ont cherché à déterminer le rôle du patrimoine génétique
sur les comportements des individus par rapport à leur développement culturel.
Etudes de Bouchard (USA) en 1979: 60% de la variance de l’échantillon de vrais jumeaux séparés
ont des similitudes imputables à la biologie.
2 remarques quant à ce résultat:
• La séparation des jumeaux n’était pas fondamentale du point de vue de l’imprégnation culturelle.
• paradoxe des jumeaux de Zazzo: les traits de caractère diffèrent plus entre jumeaux élevés
ensemble qu’entre des jumeaux séparés: ces derniers ne doivent pas développer des traits de
caractère leur permettant de se distinguer.
Les enfants-loup
Après l’échec d’une tentative d’éduquer l’enfant sauvage Victor de la Veron le psychologue Itard
affirme qu’il y a un « point of no return » dans l’éducation d’un humain (cf. « Les enfants
sauvages »).
Betelheim pense que Victor souffrait d’une tare autiste qui fut la raison de son abandon; puis de
l’impossibilité de l’éduquer.
Hospitalisme
Spitz relève un déficit relationnel chez les enfants qui, pendant les guerres, reçurent l’aide
d’urgence nécessaire à leur survie mais sans l’encadrement parental.
Résumé: les humains ont une pulsion à développer dans un contexte culturel tandis
que les animaux ne répondent qu’à leur instinct.

Définition et contenu de la culture


Voir définition de la culture selon R. Girod sur feuille annexe.

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La culture est tout ce que nous pensons, croyons, faisons en tant que membre d’une
société.
Les caractéristiques de la culture:
1. apprise
2. transmise
3. partagée
4. contient un aspect normatif, limitatif (les usages du corps selon M. Mauss)
5. a une dimension expressive par
• une culture matérielle: ensemble des objets et oeuvres formés par l’homme
• une culture immatérielle: ensemble des modèles de conduite, de manières de faire et
d’être au sein d’une société et qui déterminent nos interactions. Elle se compose d’une
dimension connitive (ensemble des croyances) et d’une dimension expressive (
ensemble des normes et valeurs qui découlent de ces croyances - la rationalité
économique relève de cette dimension).

Une approche fonctionnaliste de la culture


L’approche culturelle strictement fonctionnaliste de Malinowski:
Chaque collectivité doit répondre au travers de sa culture à 5 impératifs (problèmes):
1. Reproduction des membres de la collectivité
2. Former ses membres à cette culture
3. Produire des biens nécessaires à l’existence
4. Assurer l’ordre et la sécurité de la collectivité
5. Donner un sens à l’existence.
Pour Malinowski la cohérence au sein d’une même culture provient de l’influence qu’a le milieu sur
ses individus.
Ruth BENEDIKT (1934): en relevant que des comportements antithétiques (apolinien et dionisien)
se retrouvent dans un même milieu elle ne considère pas ce dernier comme critère de
détermination culturelle. Pour elle la cohérence des cultures renvoie à des « choix » initiaux faits
par une société.
La tragédie culturelle selon Lévy-Strauss:
• Une culture livrée à elle-même n’a pas d’avenir; c’est dans l’échange que la culture trouve sa
dynamique.
• les échanges poussés à l’extrême entraînent un melting-pot culturel qui relayerait les spécificités
culturelles. De même un greffon de culture moderne peut entraîner la destruction d’une culture
dite primitive (tribu australienne organisée autour des hâches).
Les études de J.-C. Amselle (1990) sur la religion bombara en Afrique subsaharienne (selon
Dieterlen en 1940) ou celles de Crettaz sur le village montagnard valaisan montrent que nous
projetons une construction normative sur un ensemble qui font que des contextes culturels sont
adoptés comme style.

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La cuture comme totalité


ou « l’institutionnalisation de la culture »
En 1936 Linton introduit les concepts de statuts et de rôles:
La culture est transmise par un jeu de rôles: ce n’est pas la culture qui nous imprègne directement
mais son « incarnation » dans des rôles qui déterminent nos interactions. Statuts et rôles
permettent le processus de socialisation.
Statut: ce qui m’habilite à tenir un rôle.
Rôle: système d’attentes qui est adressé par la société au détenteur d’un statut.
Socialisation: processus complexe d’apprentissage à travers lequel l’individu développe une
identité et acquiert les connaissances, les compétences et les motivations requises
pour sa participation à la vie collective.
L’action d’acquérir est simultanée à celle de développer sa personnalité.
Le processus de socialisation doit permettre aux individus d’acquérir leur rôle dans un ensemble.
L’individu se fait tout au long de son chemin dans la sté par plusieurs types de socialisation:
Socialisation primaire: apprentissage de l’enfant = langue maternelle, marcher
Socialisation anticipatoire: enfants anticipant son rôle par les jeux: la petite fille se voit mère avec
une poupée; le garçon joue au soldat. Les manuels scolaires
contiennent des modèles passéistes, qui ne sont plus au diapason de
la vie moderne (maison au lieu d’appartement, papa travaille et
maman est à la maison).
Socialisation adulte ou secondaire: s’appuie et complète la socialisation primaire.
Resocialisation: Socialisation entre les sexes.
Sous- et sursocialisation: il y a sous-socialisation lorsque l’individu est moins socialisé que la
société en général (idée de déviance). Un individu sursocialisé n’est
pas un individu trop éduqué mais quelqu’un qui a acquis les normes
de la sté au point de ne plus être acteur mais marionnette.
La socialisation ne doit pas faire de nous un robot mais permettre à l’être socialisé d’agir par lui-
même pour créer, inventer, personnaliser son action (être poète et non grammairien).

Famille et socialisation
L’individu n’entre pas directement en contact avec l’ensemble de la sté mais par étapes
successives avec plusieurs agents de socialisation:
• famille: d’abord à deux avec sa mère puis intégration du père et des frères-soeurs.
• école: groupe de pairs
• sous-culture des jeunes
• mass-médias
• autres agents tels que insertion professionnelle, droits civiques, église, armée.
La famille est le lieu d’apprentissage essentiel: on y apprend la langue et autres moyens
d’expression et certaines normes se mettent en place tel que le complexe d’Oedipe et sa
normalisation:

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1er topique de Freud: différenciation entre conscience (=ce que j’ai à l’esprit), subconscient (ou
pré-conscient = que je n’ai pas nécessairement à l’esprit mais dont je
peux me rappeler sans difficulté) et inconscient (=éléments importants
dont je n’arrive pas à me souvenir, à ressortir). Par sa psychanalyse
Freud nous parle d’une vie psychique qui échappe à la conscience.
2ème topique de Freud: distinction de notre appareil psychique de 3 composantes:
1. le ça: paquet de pulsions
2. le moi
3. le surmoi: idéal du moi, système normatif intériorisé = culture
intériorisée pour Parsons
L’enfant se situe dans la société qui l’entoure selon 3 axes: l’âge, le sexe et la fonction socio-
professionnelle. L’acceptation du complexe d’Oedipe (= de l’intru « père ») et l’intériorisation du
modèle parental dans le surmoi.
Malinowski: ethnologue de terrain il conteste l’universalité du complexe d’Oedipe freudien en
observant les Tobriandais de Nouvelle-Guinée: sté matrilinéaire où l’oncle maternelle
et non le géniteur détient l’autorité paternel.
Jones: affirme que le complexe d’Oedipe est universel mais que les Tobriandais le nient de
manière collective face à l’angoisse de la castration. Roheim, psychanaliste-
antropologue, soutiendra Jones.
Bien qu’il ne soit pas possible de trancher le rôle de socialisateur qu’a la famille est indéniable.

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Les agents de la socialisation


L’école:

Fonction explicite
Diffuser du savoir afin de préparer le citoyen à remplir ses tâches civiques.
Dans une étude sur les institutions totalitaires Goffman parle d’une « école totale ou totalisante ».
C’est le cas lorsque les individus sont coupés du reste du monde et encadrés par le même
organisme; lorsque l’individu n’est pas confronté à plusieurs agents de socialisation (hôpital,
instituts pénitenciers, couvents, pensionat).

L’illétrisme ou l’analphabétisme fonctionnels:


Alors que la société n’a jamais autant investi dans la formation de ses individus on constate ce
disfonctionnement. 10%-20% de la population sont incapables de construire une phrase
correctement, appréhender un texte, lire un horaire ou vérifier sa monnaie.
Ceci n’est pas forcément dû à une défaillance du système scolaire mais provient d’un mauvais
apprentissage et d’une non utilisation de ce qui a été enseigné durant 8 ans de scolarité obligatoire.

Fonctions latentes (implicites)


Au-delà du curriculum scolaire on distingue plusieurs fonctions latentes à l’école:
• La socialisation au travers de l’apprentissage de la lecture: l’élève est confronté à des
textes qui reflètent des modèles sociaux traditionnels (famille, rôle des sexes) et contiennent des
valeurs.
• L’école établit et enseigne un ordre social: fonction normative de l’école. L’individu est un
parmi d’autres, au même pied d’égalité. Il n’est plus valorisé comme il l’était dans sa famille mais
est égale aux autres et soumis à l’enseignant. Nouveau rapport social de type
« bureaucratique »: organisation rationnelle et légale (M. Weber).
• La scolarité n’atténue cependant pas les inégalités sociales. 2 type d’inégalités:
1. Le bagage que l’enfant reçoit de sa famille le prédispose à la réussite ou à l’échec scolaire.
L’inégalité familiale se répercute dans le système scolaire.
2. Une famille modeste pourra moins se permettre d’envoyer ses enfants faire des études
supérieures même si ceux-ci en ont les capacités; alors qu’une famille aisée enverra ses
enfants aux études afin de maintenir leur statut social.

Diversité culturelle et sous-culture

Les sous-cultures jeunes


Le terme de « sous-culture » n’est pas dépréciatif mais connote une idée de sous-groupe, de
spécificité.
La diversité culturelle est d’une part individuelle et d’autre part collective dans la mesure où un
groupe est porteur d’une spécificité culturelle. On parle de sous-culture pour exprimer un reflet, une
expression spécifique de la culture d’une société.

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2 approches analytiques:
1. Approche par le positionnement de l’individu: membre ou non-membre d’une sous-culture.
2. Approche par les interactions entre les individus: elles sont beaucoup plus intenses entre les
individus d’une même sous-culture qu’avec des individus externes.
La sous-culture adolescente est paradoxale dans le sens où elle affirme une rupture à la culture
parentale et en même temps adhère de façon extrême à des modèles normatifs acceptés par cette
sous-culture (fashion, trends, idols).
Cette sous-culture est cependant fonctionnelle: elle permet à l’individu de se démarquer des agents
tutélaires et fait dans ce sens partie du processus de socialisation.

Les media
C’est l’ensemble des moyens de communication qui s’oppose à la communication immédiate
(imprimerie, radio, TV). Ces moyens de communication façonnent les goûts et les opinions et n’ont
en l’occurence pas que des intérêts économiques mais sont un moyen de contrôle performant.
P. Lazarsfeld: réfugié autrichien aux USA pendant WW2 il s’est intéressé au pouvoir de
manipulation des régimes fascistes au travers du médium radio. Il distingue 2 modèles d’influence:
1. Modèle de type « seringue-hypodermique »: l’individu est sous l’influence directe de la
manipulation médiatique.
2. Modèle à 2 étapes (two-steps model): chaque individu du public réagit différemment au
bombardement médiatique. Le débat avec d’autres « récepteurs » de l’information permet de la
digérer (travail de réabsorption). Lazarsfeld relève le rôle particulier du leader informel ou
« agent multiplicateur »: son appréciation de l’information médiatique est recherchée et
reconnue par les autres récepteurs.

L’impact de l’image télévisée:


« Le poids des mots; le choc des photos ».
Notre perception de l’image passe d’un modèle chimique à un modèle numérique:
Modèle chimique: se réfère au processus chimique de la photographie argentique qui, représentant
la réalité, est un signe d’authenticité.
Modèle numérique: par l’informatique l’image peut être construite, élaborée et synthétisée, enlevant
ainsi de sa véracité à représenter le réel.

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Y. Fricker

Chapitre III: Groupes, organisation et action


collective
La description du social relève de la morphologie alors que le fonctionnement du social relève de la
physiologie.
Pour définir le statut d’entités telles que la famille, l’école ou des groupes de pairs on doit distinguer
entre catégorie et structure sociale et groupement.

La notion de groupe: usage commun et usage sociologue


Usage commun: Désigne un certain nombre de personnes réunies en un même lieu,
ensemble de personnes réunies en un lieu ou ayant un trait commun.
Usage sociologue: Notion de « catégorie sociale » (pour Merton le terme de groupe a été étiré en
tous sens de telle sorte qu’il n’a plus de sens).
Des expériences ont montré qu’un individu, sous la pression de comparses, adoptera leur point de
vue même si celui-ci est faux et qu’il n’y adhère pas.
è Un groupe est un ensemble de personnes réunies pour une durée définie et ayant une relation
face à face.
Dans un sens plus large le groupe est aussi une association de professeurs ou d’étudiants, une
entreprise, dont les interactions sont médiatisées et différées.

Les catégories sociales


On distingue 3 types de catégories sociales:
1. L’agrégation statistique: n’a pas vraiment de signification sociale
2. La catégorie sociale
3. Le groupe
La pigmentation de la peau devrait relever de l’agrégation statistique car il n’y a pas de grandes
distinctions du point de vue biologique. Cependant le phénomène de discrimination raciale nous
oblige à établir des catégories sociales pour les gens de couleur.
Nos interactions sont réglées par des phénomènes de catégorisation:
1. Repérage d’une situation donnée,
2. Catégorisation,
3. Application de routines.
Un concept est une catégorie sociale qui est déterminée avec rigueur (objet ou personne).
C’est par la catégorisation que je donne un sens au monde qui m’entoure (une chaise n’a de
sens qu’à partir du moment où je sais à quoi elle sert).
On distingue 2 types de catégories sociales:
1. Celle qui naît de la catégorisation sociale
2. Celle qui renvoie à la structure sociale
Exemple: la répartition d’individus selon leur âge:

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Si les tranches sont fines on aura à faire à un agrégat statistique; si les individus sont répartis par
tranches d’âge un dégagera une structure sociale en définissant des catégories sociales.
Les catégories sociales peuvent être considérées selon 2 points de vue:
1. Interactionnisme symbolique: approche définie par nos perceptions (regard)
2. Fonctionnalisme: approche en terme de structure.
Différenciation
Renvoie à une position dans la structure Donne lieu à des phénomènes de catégorisation
sociale
NON OUI
NON 1 2
OUI 3 4
1: agrégat statistique
4: ensemble de catégories que l’on retrouve dans la structure sociale
2-3: phénomènes qui se classent dans 1 question mais qui ne se retrouve pas dans l’autre.

Les effets d’agrégation


Rappel de l’exemple de la pigmentation de la peau ci-dessus.
Exemple de l’endogamie sociale: autrefois on recherchait son partenaire dans un même milieu
social; aujourd’hui on recherche un partenaire avec un même niveau d’instruction.
A partir de préjugés / préférences surgissent des phénomènes agrégés très forts.

Définition du groupe (cf. photocopie)


Le groupe:
1. Regroupe un nbre de personnes plus ou moins importants: distinction entre diade (2) et triade
(3-4)
2. Qui ont un point commun entre elles: ceci est une condition nécessaire à la mise en place
d’interactions, resp. découle d’interactions.
3. Ces personnes sont reliées entre elles par des réseaux d’interactions: cette notion est
importante pour définir le groupe mais pas la catégorie sociale. Ces interactions ne sont pas
forcément de type face à face (petits groupes) mais également différée, médiatisée (grands
groupes).
4. Ces personnes ont le sentiment et sont perçues comme appartenant à un groupe: ce sentiment
n’est pas forcément déterminant et significatif.
Agrégat statistique Catégorie sociale Groupe
Position dans structure - + -
Donne lieu à catégorisation - + +/-
Donne lieu à autocatégorisation - +/- +
Existe un réseau d’interactions - - +

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Groupes latents (quasi-groupes)
Un groupe latent est une catégorie sociale qui est en mesure de se mobiliser pour former des
organismes qui lui sont propres:
• Le monde ouvrier forme des partis politiques et des syndicats,
• Les femmes forment des groupements féministes,
• Les étudiants forment des associations.

Groupe d’appartenance et groupe de référence (cf. photocopie)


L’appartenance à un groupe va de pair avec un comportement donné.
Cependant certains individus qui appartiennent à un groupe alignent leur conduite sur un autre
groupe (snobs). Cette attitude peut être adoptée dans une stratégie de mobilité sociale
(socialisation anticipatoire).
Groupe ou catégorie de référence = groupe ou catégorie sur lequel un individu aligne sa conduite.
Un individu peut également servir de groupe de référence.
2 types d’utilisation:
1. Groupe de référence comparatif: je mentionne un groupe à but comparatif (catégorisation) sans
y adhérer.
2. Groupe de référence normatif: j’adopte l’attitude de ce groupe.

Groupes primaires et groupes secondaires

Les travaux de M. Cooley (1864-1929)


Dans sa théorie du "Working glass self" M. Cooley affirme que le "moi" se forme dans les rapports
sociaux selon qu'on se forge une idée de nous-mêmes à travers le regard des autres. La notion de
groupes primaires et secondaires n'a pas été élaborée par Cooley mais il la conçoit comme suit:
Groupe primaire: groupe dont les interactions entre les individus sont basés sur les affects:
interactions de type "face-à-face", coopération, identification mutuelle
(sentiment du "nous"), ambition d'harmonie et d'amour, affirmation de soi,
attitudes passionelles.
Groupe secondaire: groupes dont les interactions sont plus formelles, caractérisées par
les rôles qu'on y joue (l'entreprise moderne).
La différence essentielle entre groupes primaires et secondaires: le type d’interactions.
La sociologie reprend les idées de Cooley de façon dichotomiques:
Groupe primaire Groupe secondaire
Caractéristique numéraire petit nombre avec liens pas de limite numéraire
proches
Affects présents plutôt absents
Type d'interaction face-à-face,immédiate différées
Insertion dans le groupe insertion avec l'ensemble de insertion par un aspect de
notre personne soi-même selon le rôle dans
groupe
Vertu de socialisation fortement socialisateur faiblement socialisateur
Objectifs peu de finalités finalité marquée

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Structure et contrôle informel formel
social

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La fenêtre de Joharé:
Moyen de visualiser les relations humaines selon les critères de chaleureux (famille) et froid
(entreprise). L'individu est abordé selon ce qu'il sait de lui-même et ce que les autres savent de lui:
Connu de soi (égo)
OUI NON
Connu des autres OUI 1: ouvert = ce que je 2: aveugle = ce
(alter égo) partage avec les qu'autrui sait mais
autres pas moi
NON 3: caché = ce que je 4: inconnu = ce qui
sais de moi mais le est ignoré de moi et
cache à autrui de l'autre

Ouvert Caché

Relation Relation
chaude, froide,
ouverte, fermée,
fusionnelle échange
limité

Qu'il s'agit de groupes primaires ou secondaires une dialectique s'établit en leur sein. Deux
exemples: 1. l'enquête Mayo à la Western Electric (fin années 1920)
2. l'enquête "Street Corner Society"

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L'informel derrière le formel (étude Mayo)


Mayo analyse une entreprise taylorienne (organisation froide) en cherchant les facteurs qui motivent
l'ouvrier à la productivité dans un tel contexte. Il prend comme hypothèses de base qu'il s'agit de
conditions de salaire et de travail favorables.
Ses attentes se vérifient: la productivité est meilleure dans de bonnes conditions de travail et de
salaire. Mais à sa grande surprise la productivité augmente encore lorsque ces conditions sont
pour l'expérience détériorées. Au-delà de l'effet "expérience" et au travers d'autres études Mayo
constate qu'il s'installe dans un groupe secondaire des réactions informelles (ne pas produire plus
que son camarade d'atelier, risques que le patron augmente ses exigences).

La mobilisation et les groupes sociaux


Etude de Michels en 1911: « La loi d’airain des oligarchies ».
Michels observe le mouvement ouvrier allemand et son organisation. En 1903 le tiers des voies du
peuple vont au parti socialiste. L’ananlyse de Michels peut se résumer en 3 propositions:
1. Des structures s’installent dès qu’un mouvement social prend de l’importance.
2. L’organisation hiérarchique de ces structures devient de plus en plus forte.
3. Les individus qui occupent les positions de prestige du mouvement ouvrier adoptent des
positions politiques. On observe une dérive du mouvement vers des ambitions de pouvoir au fur
et à mesure que le mouvement grandit.

Action collective
Observations de Olson, 1968.
Seuls des groupes organisés et qui ont atteints une certaine taille sont en mesure de soulever un
mouvement social actif.
Les mouvements collectifs se battent pour des biens collectifs et non individuels. Souvent l’acteur
rationnel va s’abstenir de participer au mouvement, tout en se gardant une porte ouverte au cas où
le bien collectif est acquis. C’est un free rider.
Un free rider peut tout de même adhérer à un mvt collectif lorsque les pressions sont très fortes ou
lorsque l’action collective en cours dégage un aura.

Les bureaucraties
Grands groupes secondaires.
Max Weber met en évidence le caractère rationnel des bureaucraties. Par la suite ces institutions
seront fortement critiquées par les sociologues.

Gemeinschaft und Gesellschaft, de la dynamique du changement


Tönnies, « Gemeindschaft und Gesellschaft », la société en tant que type de société ou
communauté?
La sociologie naît pour répondre aux défis résultant de la double révolution démocratique et
industrielle. A partir de la fin du XVIIIe siècle, début XIXe siècle l’ensemble de la société est touchée
par les changements qui s’opèrent. La sociologie a le désir de thématisation: dégager une
structure permanente au devenir sociétal. Mais la sociologie a de la peine à se définir soit en

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tant que pensée sociale basée sur une démarche scientifique soit en tant que réflexion sur la
modernité.
Sociologie en tant que Sociologie en tant que réflexion sur la modernité
pensée sociale basée sur
une démarche scientifique
NON OUI
NON 1 Ni scientifique ni confronté 2 Réflexion sur la modernité
à la modernité (Pascal, mais pas scientifique
Platon)
OUI 3 4 Pense trouver une solution
scientifique à la modernité
(Auguste Comte)
Aujourd’hui la sociologie balance entre 2 et 3.

Dürkheim, Nisbet, Tönnies


Dürkheim distingue la solidarité mécanique de la société organique:
Solidarité mécanique: les individus sont liés entre eux parce qu’ils sont identiques, clonés
(relations fusionnelles).
Solidarité organique: les individus sont liés par contrat, parce qu’ils sont complémentaires
(relations froides, contractuelles).
Dürkheim pense que la division du travail dans notre société industrielle risque de compromettre la
solidarité sociale. La complexification va transformer la conscience collective (solidarité
mécanique) des individus en solidarité organique (de complémentarité).
Nisbet conteste ce point de vue: pour lui une vie collective de complémentarité ne peut se baser sur
une solidarité contractuelle car un contrat nécessite une condition précontractuelle qu’est la
confiance réciproque. Ainsi la solidarité organique ne peut pas être la base d’une solidarité
collective mais un ajout à celle-ci.
Tönnies quant à lui distingue 2 types de sociétés selon des rapports sociaux différents: la relation
communautaire (Gemeindschaft) et la relation sociétaire (Gesellschaft):
Relation Relation sociétaire
communautaire
Type d'interaction familiale, voisin, amitié commerciale, contractuelle,
(village) industrielle, urbain
(métropole)
Insertion dans le groupe insertion avec l'ensemble de insertion par un aspect de
notre personne soi-même selon le rôle dans
groupe
Structure et contrôle informel formel
social
Dynamique tendance à la tradition plus favorable à l’innovation

Les considérations de Max Weber « L’étique protestante et l’esprit du capitalisme »

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Etude des conduites rationnelles du capitalisme et de la foi protestante. Pour Weber ce n’est pas l’évolution
économique qui mène au capitalisme mais c’est le développement de la rationnalité dans les comportements
économiques et religieux des bourgeois qui permet l’avènement du capitalisme.
M. Weber définit l’idéal-type de la bureaucratie: l’appareil nécessaire à la légitimité rationnelle de l’Etat défini
dès lors comme « entité qui sur un territoire et une population donnée détient le monopole de la violence
légitime ».

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