Projet urbain Bo01 à Malmö : Analyse complète
Projet urbain Bo01 à Malmö : Analyse complète
1
Une présentation de l’exemple du Projet urbain :
1. Localisation et situation géographique
Ville : Malmö
Pays : Suède
Région : Scanie (Skåne), au sud du pays
Position géographique :
Ville portuaire située à l’extrême sud de la Suède
Västra Hamnen se trouve à l’ouest de la gare centrale de Malmö,en façade maritime
directement sur l’Öresund (détroit séparant la Suède et le Danemark)
2
-Contexte régional :
Malmö est une ville de 365 644 habitants1
Deuxième agglomération de Suède après Stockholm
Région de forte urbanisation et de développement économique
1
Malmö compte environ 365 000 habitants (2024, source : Ville de Malmö / Statistiska Centralbyrån)
2
La paupérisation, c’est l’appauvrissement progressif d’un groupe de population ou d’un quartier
3
Justification du choix :
La sélection du projet urbanistique Västra Hamnen est inscrite dans le cadre d’une
réflexion visant à analyser un modèle urbain actuel capable à la fois de répondre
au problèmes économiques, sociaux et environnementaux dans les villes et a être le
plus proches possible de notre projet urbain , Västra Hamnen était un ancien site
industriel et naval profondément pollué et a été l’objet d’une reconversion stratégique
destinée à créer une friche industrielle en un quartier durable, innovant et attirant,
pleinement intégré dans la ville de Malmö.
La Västra Hamnen est aussi un exemple d’abouti fonctionnellement mixte, qui réunit
logements, bureaux, commerces, équipements, zones de loisirs et lieux culturels
d’après une logique de proximité. La multifonctionnalité permet de concevoir un
quartier qui fonctionne 24h/24 et 7/7 via différentes temporalités journalières, sans
rentrer dans la dépendance automobile. La priorité donnée aux transports
doux, réduit bien la dépendance automobile et aide à une mobilité durable et une
qualité de vie.
le projet fait appel à une diversité typologique et architecturale, favorisant ainsi divers
usages et divers ambiances. Les espaces publics, les places, les promenades, les
parcs et interfaces terre-mer, jouent tout un rôle dans la constitution du lien social et
dans la création d'un cadre de vie attractif. La réinvention du quartier fait appel, en
tant que lieu déterminé, à un espace de vie et à un espace de rencontres, et non pas
un projet.
Le projet urbain de Västra Hamnen et notre projet urbain reposent sur une approche
commune de reconversion et de requalification de territoires en rupture, visant à
transformer des espaces fragmentés, hérités d’anciens usages industriels ou
infrastructurels, en morceaux de ville intégrés, actifs et durables. Dans les deux
cas, la continuité urbaine constitue un principe structurant de la conception, cherchant
à reconnecter les quartiers entre eux ainsi qu’à rétablir un lien fort entre la ville et son
4
front d’eau. Cette continuité se traduit par une trame urbaine perméable, le
prolongement des axes existants et la création d’espaces publics continus favorisant
les mobilités douces et les usages quotidiens.
Le rapport à l’eau occupe également une place centrale dans les deux projets, où
celle-ci n’est plus considérée comme une limite mais comme un élément structurant
du paysage urbain, support d’usages, de loisirs et de qualité de vie. Par ailleurs,
l’organisation spatiale repose sur une logique de ville archipel, composée d’entités
urbaines différenciées mais interconnectées, permettant à chaque secteur de
développer une identité propre tout en participant à un système urbain global
cohérent.
Les deux projets intègrent également les principes de la ville éponge à travers
une gestion durable des eaux pluviales, l’utilisation de sols perméables et la
valorisation des espaces verts comme infrastructures écologiques, renforçant ainsi la
résilience face aux enjeux climatiques.
Enfin, la mixité fonctionnelle est au cœur des deux démarches, associant habitat,
activités, équipements et espaces de loisirs afin de créer des quartiers vivants,
animés et adaptés aux différentes temporalités urbaines.
L’analyse et le diagnostic
L’analyse urbaine de Bo01 à Västra Hamnen met en évidence un quartier dense, mixte et
très qualitatif sur le plan spatial, mais avec des limites en termes de mixité sociale et de
reproductibilité à grande échelle.
Trame viaire en grille irrégulière, alternant rues, venelles, impasses et percées visuelles vers
l’eau, créant une échelle piétonne et une forte porosité.Bâti haut sur le front maritime jouant
un rôle de brise-vent et décroissance des hauteurs vers l’intérieur, ce qui façonne des
micro-ambiances urbaines plus abritées
Mobilités et accessibilité
- Hiérarchie nette : priorité piétonne et cyclable, voiries internes largement
apaisées ou sans voitures, réseau de pistes cyclables connecté au reste de
Malmö.
- Stationnement limité (environ 0,7 place/logement) et dispositifs de covoiturage
visant à réduire la dépendance à l’automobile.
- Bonne accessibilité en transport collectif, avec des arrêts de bus à distance de
marche et connexion rapide au centre-ville et à la gare centrale
Environnement et performances
- Reconversion d’un ancien port industriel pollué, avec dépollution des sols et
réemploi du site plutôt qu’extension urbaine en périphérie.
- Objectif de 100% d’énergie renouvelable à l’échelle du quartier (éolien,
solaire, biomasse, réseau de chaleur), combiné à des exigences fortes sur
l’enveloppe des bâtiments.
- Système de gestion intégrée des eaux pluviales à ciel ouvert, conjuguant
fonction technique, valeur paysagère et pédagogie environnementale pour les
habitants
Les énergies renouvelables couvrent une part significative des besoins (éolienne de 2 MW,
capteurs solaires, aquifère souterrain), avec un système d'aspiration des déchets et
traitement des eaux usées en biogaz. Cependant, la consommation réelle de chauffage et
d'électricité dépasse les estimations (jusqu'à 2-3 fois plus pour certains bâtiments), due à une
mauvaise isolation, orientation défavorable au solaire passif et problèmes techniques (pompe
à chaleur, fuites). La biodiversité progresse grâce aux toits verts et parcs, mais le recyclage
diminue et l'unité biogaz n'est pas opérationnelle faute de tri efficace.
Aspects Socio-Économiques
La diversité architecturale (60 concepts, Turning Torso iconique) et les espaces verts
attirent touristes et résidents aisés, mais les loyers sont deux fois plus chers
qu'ailleurs, excluant la mixité sociale (résidents hautement éduqués, peu d'ouvriers).
Le covoiturage a échoué post-exposition, et la voiture persiste malgré les
infrastructures douces. Les enquêtes montrent une satisfaction globale (espaces
extérieurs, transport), mais des manques en équipements (écoles, crèches, jeux
enfants) et interactions sociales.
6
Drainage eaux pluviales intégré (canaux, bassins)
Biodiversité accrue et attractivité touristique
Faiblesses
Consommation énergétique excessive (absence de modélisation, guides)
Exclusivité sociale, pas de logements abordables
Orientation bâtiments non optimisée pour solaire suivi performance défaillante
Bilan Global
Malgré des innovations réplicables (énergies locales, gestion déchets), le diagnostic
souligne un écart théorie-pratique :
Objectifs holistiques ambitieux non pleinement atteints, rendant le modèle coûteux et peu
reproductible sans subventions massives.
Le projet pose les bases d'un quartier durable mais révèle la nécessité de critères stricts,
modélisation et mixité pour de futures réalisations.
7
- Méthodes : Traitement eaux usées (métaux recyclés, phosphore en engrais),
compostages organiques.
Mobilité et Biodiversité
Domaine Approches/Méthodes Outils
Mobilité Rues piétonnes prioritaires, Bus hydrogène/électriques
transports communs (priorité feux), pool voitures
attractifs, limitation voiture électriques, station
biogaz/recharge, écrans
trafic, service covoiturage
web/TV
Biodiversité 35 "points verts" obligatoires Nichoirs
(min. 10 par constructeur), chauves-souris/oiseaux,
infiltration pluie locale jardins papillons, parcs
(Ankarparken, Daniaparken),
flore variée
Matériaux et Suivi
- Approche : Analyse Cycle de Vie (ACV) pour matériaux sains (sans
PVC/cuivre).
- Outils : Dépollution sols (tests, recyclage 75% terre), matériaux
recyclables/démontables.
- Méthodes d'évaluation : Enquêtes/questionnaires résidents, mesures
consommation (10 propriétés suivies), bilan théorique vs réel (Sydkraft).
Les enjeux
Enjeux sociaux
- Améliorer l’accessibilité aux services, espaces publics, équipements pour
différents profils d’habitants (genre, âge).
- Produire des formes d’habitat et d’espaces ouverts favorisant la mixité sociale,
l’appropriation et le « bien vivre ensemble ».
Enjeux économiques
- Redynamiser le secteur par l’accueil d’activités (tertiaire, artisanat, tourisme,
culture) et soutenir l’emploi local.
- Valoriser l’image du site et de la ville (front d’eau, entrée de ville, quartier
vitrine), sans tomber dans le « flagship » déconnecté de son contexte.
- Assurer la faisabilité économique du projet .
8
Enjeux environnementaux
- Limiter l’empreinte écologique : réemploi du foncier, maîtrise des
consommations d’énergie et d’eau, gestion des déchets, mobilité décarbonée.
- Traiter les risques et contraintes en les transformant en supports de projet
- Intégrer la nature en ville : continuités écologiques, espaces verts de
proximité, sols perméables, biodiversité locale
Un autre objectif prioritaire consiste à coordonner les interventions urbaines autour d’un
projet structurant partagé, afin d’éviter la juxtaposition d’actions isolées. À travers une mise
en convergence des politiques urbaines, environnementales, de mobilité et d’équipement, le
projet cherche à optimiser l’utilisation des ressources, à renforcer l’efficacité des
investissements publics et privés et à garantir la lisibilité du projet urbain dans le temps.
Le projet a également pour objectif de favoriser l’appropriation du projet par les usagers
et les habitants, en intégrant leurs besoins et usages réels dès les phases de conception.
Par ailleurs, un objectif prioritaire est de mobiliser les acteurs économiques autour d’une
dynamique de développement local, en favorisant la mixité fonctionnelle, la création
d’emplois de proximité et l’attractivité du territoire. La concentration des acteurs publics et
privés permet de créer des synergies économiques tout en veillant à l’équilibre social et
territorial du projet.
Cette approche collaborative constitue un outil essentiel pour la mise en œuvre d’un projet
urbain résilient, cohérent et partagé.
9
Les scenarios d’intervention
3
Source : Ville de Malmö / ULI Case Study
10
Usine de traitement des déchets extractant l'énergie et les nutriments des
boues d'épuration
Valorisation des phosphates pour l'agriculture
Matériaux écologiques : sélection restreinte à :
Matériaux issus de sources renouvelables ou recyclées
Priorité aux matériaux locaux pour réduire les transports
Approche du cycle de vie complet (LCA) obligatoire
Mobilité durable :
11
Source : [Link]
12
Les vérifications (impacts, rentabilité, faisabilité)
Impacts environnementaux
- Forte réduction des émissions locales grâce au mix 100% énergies
renouvelables à l’échelle du quartier (éolien, solaire, réseau de chaleur,
biogaz).
- Une bonne qualité écologique est assurée par la compensation d’habitats
détruits par un projet de « habitat replacement » ailleurs dans Western
Harbour, et mise en place d’outils comme le Green Space Factor et des «
Green Points »
Impacts socio-spatiaux
- Bo01 a amélioré l’image de Malmö et servi de vitrine internationale, mais a
créé une discontinuité forte avec les tissus plus ordinaires et motorisés autour,
accentuant un contraste symbolique entre « quartier vitrine » et ville
quotidienne.
- Le quartier offre un cadre de vie très qualitatif, mais la mixité sociale est
limitée, avec un profil d’habitants plutôt favorisé et des loyers élevés
Les actions urbaines qu’on propose ici cherchent d’abord à donner une vraie cohérence au
territoire, un endroit vivant, facile d’accès, où les habitants trouvent ce dont ils ont besoin,
tout en respectant l’environnement et les contraintes urbaines.
On commence par retravailler les grands axes pour mieux relier les différents quartiers au
reste de la ville.
13
L’idée, c’est de rendre les déplacements à pied ou à vélo simples, sûrs, agréables, et ainsi
de limiter la place de la voiture. En même temps, on repense totalement les espaces publics.
On veut en faire de vrais lieux de vie, des endroits où les gens se croisent, discutent, ou
simplement profitent d’un moment dehors. Places, promenades, parcs, esplanades , ces
espaces invitent à la détente et à la rencontre.
Ça renforce le lien social et donne au quartier une vraie âme. Le front d’eau, longtemps
oublié, prend une place centrale. On le transforme en un espace ouvert à tous,
multifonctionnel, avec des vues sur le paysage, des coins pour se divertir, des parcours qui
connectent la ville à son littoral et rappellent son histoire maritime. On intègre aussi les
principes de la ville éponge : sols perméables, noues paysagères, bassins de rétention,
espaces verts polyvalents. Tout ça aide à mieux gérer l’eau de pluie, à créer des coins plus
frais, et à rendre le quartier plus résilient face aux enjeux climatiques.
Côté organisation, on imagine une ville archipel. Chaque îlot, chaque quartier garde sa
personnalité, mais reste bien connecté aux autres grâce à des continuités urbaines et
paysagères faciles à suivre. Les habitants s’approprient le lieu, naviguent facilement,
comprennent d’un coup d’œil comment tout s’articule.
La mixité fonctionnelle est essentielle aussi. On mélange logements, activités
économiques, équipements publics, commerces, espaces de loisirs. Le quartier reste animé
du matin au soir et répond aux besoins de tout le monde. Et puis, rien ne se fait sans
échanges : acteurs publics, privés, habitants, tout le monde est dans la boucle.
La concertation assure que chaque intervention a du sens, qu’elle s’inscrit dans une vision
partagée et durable, et que les habitants se sentent vraiment chez eux. Au final, tout ça vise
à créer un quartier harmonieux, résilient, connecté, où la qualité de vie, l’accessibilité, la
convivialité et la durabilité sont au cœur. Un vrai modèle d’urbanisme intégré, pensé pour
et avec ceux qui y vivent.
Étapes de réalisation
Préparation (1998–2000)
Dépollution des sols, avec près de 10 000 tonnes de gravats et matériaux contaminés
traités, afin de rendre la friche portuaire constructible. Mise en place de la planification
urbaine en cherchant à préserver la mémoire industrielle du site, et élaboration d’une
charte de qualité holistique associant les constructeurs et des partenaires techniques
comme Sydkraft autour d’objectifs communs (énergie, eau, paysage, mobilité).
Construction (2000–2001)
Réalisation d’une première tranche d’environ 600 logements sur 9 hectares,
constituant le cœur initial du quartier. Mise en scène du « Village européen » (environ 15
habitations par pays), déploiement des réseaux d’énergie (éolienne de 2 MW, utilisation
d’un aquifère souterrain pour le chauffage/refroidissement), installation du système
d’aspiration pneumatique des déchets et de toits verts.
14
Ouverture et extension (après 2001)
Organisation de l’exposition Bo01 en 2001, qui donne au quartier un rôle de vitrine
internationale de la ville durable. Poursuite du développement de Västra Hamnen avec la
construction de la tour Turning Torso (190 m, Santiago Calatrava) et des secteurs
Dockan et Universitetsholmen
Financement et partenaires
La Ville de Malmö finance les voiries et les espaces publics en s’appuyant sur la propriété
des terrains, ce qui lui permet de revendre les droits de construire aux promoteurs tout en
gardant la maîtrise des infrastructures. Elle consacre environ 16 millions d’euros (147
millions SEK) à différents projets environnementaux, dont la dépollution et les
aménagements de Bo01.
L’État suédois soutient le projet via le programme national d’investissements locaux, avec
environ 27 millions d’euros de subventions, soit près de 250 millions SEK dédiés aux
mesures environnementales spécifiques au quartier. Ces aides publiques sont complétées
par l’Union européenne, qui peut couvrir jusqu’à environ 30% du coût des technologies
durables (énergies renouvelables et systèmes innovants).Parmi les partenaires clés,
Sydkraft4 (aujourd’hui [Link]) est chargé des systèmes d’énergie du quartier (électricité,
chaleur, biogaz, renouvelables), dans le cadre de l’objectif de 100% d’énergies renouvelables
locales. La société Bo01 AB organise l’exposition « City of Tomorrow », coordonne les
acteurs privés et veille à l’application de la charte de qualité auprès des différents
développeurs.
Performances et évaluation
Bo01 affiche des résultats positi fs en termes d’attractivité touristique, de biodiversité (environ
35 points verts recensés) et d’écologie urbaine, notamment grâce au drainage des eaux
pluviales traité à ciel ouvert
avant rejet vers la mer.
4
Sydkraft est une entreprise suédoise de fourniture d’énergie (électricité et chaleur), basée à Malmö, partenaire technique du
quartier Bo01 pour la mise en place des systèmes d’énergies renouvelables
15
Les habitants expriment un fort niveau de
satisfaction concernant la qualité des
espaces publics et des espaces verts, mais
soulignent le manque d’infrastructures de
proximité, en particulier d’écoles et de
commerces du quotidien.
les contraintes
Contraintes physiques et environnementales
- Ancienne friche portuaire industrielle avec sols pollués (hydrocarbures,
substances toxiques) nécessitant diagnostics, excavations et traitement
d’environ 6 000 m³ de terres avant de pouvoir construire.
- Site en front de mer exposé au vent, à la corrosion saline et aux contraintes
de nivellement précis, notamment pour le système de gestion des eaux
pluviales entièrement en surface (runnels, bassins, canaux)
Réflexion critique
- L’étude de Västra Hamnen s’inscrit dans une démarche visant à identifier un modèle urbain
contemporain capable de répondre simultanément aux enjeux économiques, sociaux et
environnementaux, tout en offrant des clés de lecture applicables à notre propre intervention.
- Ancien site industriel profondément pollué :
Västra Hamnen incarne une stratégie de reconversion ambitieuse : transformer une friche en
enclave en un morceau de ville durable, innovant et attractif, pleinement réintégré à la
dynamique de Malmö. Cette transformation offre des parallèles saisissants avec les
problématiques traitées dans notre atelier, tant sur le plan conceptuel que méthodologique
étant donné qu’on travaille sur Hussein dey.
- Continuité urbaine et reconquête du front d’eau : sur le plan
morphologique, Västra Hamnen illustre le passage d’une logique de rupture —
héritée de la clôture portuaire — à une logique de couture urbaine. La
16
réorganisation de la trame viaire en un réseau perméable, associée à la
hiérarchisation fine des espaces publics, rétablit la continuité physique et
visuelle entre le centre-ville historique et le littoral. Le front de mer, autrefois
technique et inaccessible, devient un espace structurant, public et animé, qui
réaffirme l’identité maritime de la ville.
Cette approche résonne directement avec notre projet urbain, qui vise également à
reconnecter des territoires fragmentés et à requalifier des interfaces ville-mer ( promenade
des sablettes) souvent délaissées.
Dans les deux cas, la continuité urbaine n’est pas seulement une question de tracé viaire,
mais de prolongement des usages : le littoral cesse d’être une limite pour devenir un espace
de respiration et de centralité.
- Mixité fonctionnelle et ville des courtes distances : Västra Hamnen
démontre la viabilité d’un modèle fonctionnellement mixte, réunissant habitat,
bureaux, commerces, équipements et lieux culturels selon une logique de
proximité. Cette multifonctionnalité garantit une vie de quartier active 24h/24 et
réduit mécaniquement les besoins de déplacements pendulaires motorisés.
Cette stratégie rejoint notre volonté de concevoir un quartier autonome mais connecté, où la
diversité des programmes permet d’animer l’espace public à différentes temporalités la
priorité donnée aux mobilités douces (piétons, cycles) au détriment de la voiture individuelle
constitue un point de convergence majeur : elle libère le sol pour des usages sociaux et
améliore la qualité de vie, transformant la rue en espace de séjour plutôt qu’en simple
corridor de circulation.
- Innovation environnementale et resilience:
- En tant que « laboratoire urbain », Västra Hamnen intègre des solutions
techniques avancées : 100% d’énergies renouvelables, gestion des eaux
pluviales à ciel ouvert (système de ville éponge), et végétalisation intensive
pour la biodiversité (concept des « points verts »). Cette gestion de l’eau
comme ressource paysagère et non comme contrainte technique est une
leçon fondamentale pour notre projet, situé dans un contexte méditerranéen
où les enjeux de ruissellement et de confort thermique sont cruciaux.
- L’idée de « ville archipel » (des îlots ou quartiers distincts mais
interconnectés par des trames vertes et bleues ) offre un modèle spatial
pertinent pour gérer la densité tout en préservant des porosités écologiques et
visuelles, un principe que nous cherchons à adapter à notre site.
17
Conclusion générale :
En transformant une ancienne friche industrielle polluée en un écoquartier exemplaire, le
projet Bo01 à Västra Hamnen a réussi le pari de reconnecter la ville de Malmö à sa façade
maritime. Par sa densité maîtrisée, la qualité de ses espaces publics et sa gestion innovante
de l’eau et des énergies renouvelables, il constitue un modèle inspirant d’urbanisme durable
cette réussite est nuancée par des résultats énergétiques en dessous des objectifs initiaux
et par un manque de mixité sociale, le quartier restant accessible principalement aux
ménages aisés. Bo01 nous enseigne ainsi que la réussite d’un projet urbain ne repose pas
uniquement sur la technique ou l’image mais sur l’équilibre difficile entre performance
écologique qualité de vie et équité sociale. Toutefois pour notre travail, il reste une
référence majeure .
photos du projet
18
19
20
21