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Log lithostratigraphique et isovaleurs OCP

Ce document présente un rapport de stage réalisé au sein de l'Office Chérifien des Phosphates (OCP), axé sur la génération d'un log lithostratigraphique et de cartes d'isovaleurs à partir de données géospatiales. Il détaille l'historique et le rôle de l'OCP dans l'exploitation du phosphate au Maroc, ainsi que des études géologiques sur le gisement de Ghar Tajer. Le rapport est structuré en plusieurs chapitres, incluant des informations sur le phosphate, son origine, et les travaux effectués dans le service géologique.

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UNIVERSITE SULTAN MOULAY SLIMANE

FACULTE POLYDISCIPLINAIRE DE KHOURIBGA


Département de Géologie
Licence Géologie Minière et Substances Utiles

Génération d’un log lithostratigraphique et de cartes d’isovaleurs à partir de


données géospatiales

Réalisé par : Encadrés par :

MERIAM ABOU EL WAFAE [Link]

[Link] EL HAJI

[Link] AOUD MUSTAPHA

Mr. SAMRANI MORAD

Année universitaire : 2024-2025

1
Remerciement

Avant de débuter ce rapport de stage, je tiens à adresser mes plus sincères remerciements à toutes
les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à la réussite de cette expérience professionnelle,
tant sur le plan humain que technique.

Je tiens également à exprimer ma gratitude à M. Elouardi Mustapha pour sa disponibilité constante et


sa bienveillance tout au long de cette expérience

Mes remerciements les plus sincères s’adressent à l’ensemble du personnel du service géologique,
en particulier au Chef de département, M. BAAMAR Brahim et M. HAOUARI Tayib ainsi qu’à mes
encadrants : [Link] EL HAJI**[Link] AOUD MUSTAPHA**Mr. SAMRANI MORAD** [Link]

Je tiens également à exprimer toute ma gratitude à Monsieur OMAR , pour ses précieux conseils, son
accompagnement attentif et ses explications claires qui m’ont permis de mieux comprendre le
fonctionnement du service et les missions qui m’étaient confiées

Enfin, je remercie sincèrement l’ensemble du corps enseignant et administratif de la Faculté

Pluridisciplinaire de Khouribga , ainsi que le département de géologie, pour leur encadrement durant
ma formation universitaire et pour avoir facilité l’obtention de ce stage. Ce stage a été pour moi une
expérience très enrichissante tant sur le plan scientifique que personnel, et je garderai un excellent
souvenir de cette période.

2
Sommaire

INTRODUCTION………………………………………………………………………………………..….. 5

PREMIERE PARTIE : BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………….... 6

Chapitre I : Présentation de l'Organisme d'Accueil……………………………………………………… 7

1. Historique du Groupe OCP……………………………………………………………………. 7

2. Rôle de l’O.C.P…………………………………………………………………………………8

3. Filiales et Participations d’OCP……………………………………………………………… 8

4. Organigramme de l’O.C.P ……………………………………………………………………10

5. Organisation du service géologie …………………………………………………………….10.

CHAPITRE 2 : GENERALITE SUR LE PHOSPHATE……………………………………………………11

I. DEFINITION………………………………………………………………………………..11

II. ORIGINE DU PHOSPHATE……………………………………………………………..12

III. Description de quelques séries phosphatées marocaines………………………………….13

1. Bassin d’Oulad Abdoun…………………………………………………………………..13

2. Bassin de Gantour…………………………………………………………………………13

3. Bassin de Meskala………………………………………………………………………...13

4. Bassin d’Oued Eddahab…………………………………………………………………14

Chapitre 3 : Généralités sur le bassin d’Oulad Abdoun parmi les autres gisements phosphatés
marocains…………………………………………………………………………………………………….15

I. . Présentation du bassin d’Oulad Abdoun……………………………………………15

1. Cadre géographique…………………………………………………………………………..15

2. Cadre géologique………………………………………………………………………..18

II. DESCRIPTION DES DIFFERENTES ZONES QUI CONSTITUENT LE BASSIN DES


OULAD ABDOUN…………………………………………………………………………18

1. Les zones reconnues du bassin des Oulad Abdoun………………………..18

2. Les zones non reconnues……………………………………………………….18

III. DECOUPAGE DE LA SERIE PHOSPHATEE DU BASSIN DES GISEMENTS


D’OULAD ABDOUN………………………………………………………………………….19

1. Le découpage minier…………………………………………………………………19

2. Découpage séquentiel………………………………………………………………..20

3. Découpage chronostratigraphique………………………………………………….20

3
IV. LES NIVEAUX REPERES DANS LA SERIE PHOSPHATEE D’OULAD ABDOUN

DEUXIEME PARTIE : TRAVAUX EFFECTUES AU NIVEAU DU SERVICE GEOLOGIQUE………23

Chapitre 4 : Coupe lithologique……………………………………………………………….24

I. Présentation…………………………………………………………………………………24

1. Cadre géographique ……………………………………………………………………….25

2. Cadre géologique……………………………………………………………………………25

II. TRAVAIL REALISE………………………………………………………………….26

1. . Découpages de la série phosphatée du bassin des Oulad Abdoun…………….26

a. Découpage chronostratigraphique……………………………………………………………..26

b. Découpage minier………………………………………………………………………………27

c. Découpage séquentiel …………………………………………………………………………28

2. Ghar Tajar ……………………………………………………………………………………29

CHAPITRE V : ETABLISSEMENT DES CARTES D’ISOVALEURS……………………………32

I. PRESENTATION……………………………………………………………………………32

1. Cadre Géographique………………………………………………………………………32

2. Cadre Géologique…………………………………………………………………………32

II. TRAVAIL REALISE………………………………………………………………………….32

CONCLUSION

4
5
Introduction
Le Maroc est le premier producteur mondial de phosphate, avec plus
de 70% des réserves mondiales prouvées. L'Office Chérifien des Phosphates
(OCP) est l'entreprise publique chargée de l'exploitation de ce minerai
stratégique. Le gisement d'Oulad Abdoun, situé dans la région de Khouribga,
est l'un des principaux bassins de phosphate du pays. Dans le cadre d'un stage
au sein du Groupe OCP, Département Service Géologique, ce travail vise à
présenter les résultats d'une étude géologique menée sur le gisement de Ghar
Tajer, qui fait partie du bassin d'Oulad Abdoun. L'objectif est de réaliser un log
stratigraphique à l'aide du logiciel AutoCAD et d'interpoler un niveau
phosphaté à l'aide du logiciel ArcGIS. Ce rapport sera organisé en quatre
chapitres : présentation de l'OCP, généralités sur le phosphate marocain, étude
du bassin d'Oulad Abdoun, et enfin, présentation des résultats de l'étude
géologique menée sur le gisement de Ghar Tajer et l'interpolation d'un niveau
phosphaté à Sidi El Maati.

6
PREMIERE PARTIE : BIBLIOGRAPHIE

7
Chapitre I : Présentation de l'Organisme d'Accueil

L'Office Chérifien des Phosphates (OCP) est une société minière spécialisée dans l'extraction du
phosphate, fondée le 7 août 1920. Depuis sa création, l'OCP a évolué pour devenir un acteur majeur
dans le secteur des phosphates, avec une présence mondiale. En 2008, l'OCP est devenu OCP
Group S.A., une société anonyme détenue majoritairement par l'État marocain.

1. Historique du Groupe OCP


L'OCP a été créé pour garantir à l'État marocain le monopole de l'exploitation, de la recherche et de la
commercialisation des ressources phosphatées nationales. L'exploitation effective du phosphate a
commencé en mars 1921 à Boujniba, dans la région de Khouribga. Depuis, l'OCP a étendu ses
activités à d'autres régions phosphatées du Royaume, contribuant significativement au
développement économique et social du pays.

Au fil des ans, l'OCP a diversifié ses activités en intégrant la transformation industrielle des
phosphates, notamment à travers la création de plusieurs unités chimiques et industrielles. En 1998,
l'OCP a lancé la fabrication et l'exportation d'acide phosphorique purifié, marquant son entrée dans le
secteur des produits à haute valeur ajoutée.

Aujourd'hui, l'OCP est un leader mondial de la filière phosphatée, avec une présence forte dans le
secteur des phosphates et des produits dérivés. L'OCP est un pilier de l'économie marocaine et un
acteur mondial majeur dans le secteur des phosphates.

Tableau 1 : Historique du groupe OCP

8
2. Rôle de l’OCP

Le Groupe OCP occupe une place stratégique dans l’économie marocaine, en raison de sa maîtrise
complète de la chaîne de valeur du phosphate — de l'extraction jusqu'à la commercialisation à
l’échelle mondiale. Cette intégration verticale lui permet de contrôler l’ensemble du processus, qui
s’articule autour de quatre étapes principales :

• Extraction : Cette phase initiale consiste à extraire le minerai de phosphate du sol, soit par
des méthodes d’exploitation de surface, soit par des techniques souterraines. L’extraction se
déroule en quatre étapes successives : le forage, l’explosion (ou abattage), le
dépouillement (retrait des couches stériles), et la gestion des détritus.

• Traitement : Après l’extraction, le minerai est soumis à des opérations de traitement


destinées à l’enrichir. Il s’agit principalement de concentrer le phosphate afin d’en améliorer la
qualité et la valeur marchande.

• Transport : Le phosphate traité est ensuite acheminé vers les principaux ports marocains,
notamment Casablanca, Safi et El Jadida, d’où il est exporté vers différents marchés
internationaux.

• Commercialisation : Enfin, le phosphate est vendu sous différentes formes, en fonction de la


demande des clients. Il peut être commercialisé à l’état brut, enrichi ou transformé en produits
à forte valeur ajoutée tels que les engrais, l’acide phosphorique ou l’acide sulfurique,
principalement destinés aux secteurs chimique et agricole. Cette étape implique aussi des
activités de marketing et de communication pour répondre aux besoins spécifiques du
marché.

3. Filiales et Participations d’OCP

Dès 1975, l’Office Chérifien des Phosphates s’est transformé en un groupe structuré, donnant
naissance à OCP S.A., une entité regroupant plusieurs filiales. Cette évolution a permis au groupe
d’adopter une stratégie d’expansion financière ambitieuse, consolidant ainsi sa position de leader
mondial dans le domaine des phosphates.

Grâce à une maîtrise complète de ses filiales stratégiques, OCP est en mesure de remplir sa
mission dans des conditions optimales. Le groupe s’est également engagé dans une ouverture à
l’international à travers des partenariats et joint-ventures, tout en adoptant une politique de
diversification financière raisonnée, évitant les prises de risques excessives.

Cette structure permet à OCP de bénéficier d’une flexibilité opérationnelle et d’une capacité
d’adaptation accrues face aux évolutions du marché mondial, tout en renforçant sa contribution à
l’économie nationale

9
.

Figure 1 : Les principales filiales et participations de OCP SA (d’après le bureau d’OCP)

• Les activités du groupe OCP :

Les activités du groupe sont organisées selon un modèle qui couvrent l’ensemble des opérations de la
chaine de valeur, soit : De l’extraction des phosphates jusqu’à la production et la commercialisation
des différents produits (notamment des engrais et de l’acide phosphorique). L’office joue un rôle
économique et social important au Maroc. En 2010, les phosphates et ses dérivés représentaient près
d’un quart des exportations du pays et approximativement 3,5% du PIB. Depuis 2007, le groupe OCP
envisage de doubler sa capacité de production annuelle de phosphates jusqu’en 2017. Mais aussi à
tripler sa production d’engrais jusqu’en 2020.

10
4. Organigramme de l’O.C.P :

Figure 2 : Organigramme de l'O.C.P

5. Organisation du service géologie :

C’est une unité qui a pour principales missions d’étudier la série phosphatée tout en repérant les
différents niveaux phosphatés qui s’y trouvent et de fournir des informations concernant les
puissances et les teneurs de ces niveaux.

Figure 3 : Organigramme du Services Géologie de Khouribga.

11
CHAPITRE 2 : GENERALITE SUR LE PHOSPHATE

I. DEFINITION

Le phosphate est la source naturelle du phosphore. Ce dernier fournit un quart des besoins des
plantes en nutriments, permettant leur croissance et leur développement. Le phosphore est utilisé
dans plusieurs produits. Il constitue l'ingrédient essentiel des engrais. Il est obtenu par le lessivage de
l’apatite suivi du transport du phosphore en solution, l’accumulation du phosphore par les micros
organismes, la mort et la décomposition de ces micros organismes, puis la libération du CO2 et
l’accumulation du phosphore en solution la remontée du phosphate est assurée par le phénomène
d’up welling.

Figure 4 : schéma explicatif du phénomène d’up welling.

Figure 5 : estimation des réserves mondiales de phosphate en milliards de tonnes (USGS, 2011).

12
Le Maroc détient de loin la plus grande réserve mondiale de phosphate, avec plus de 70 % des
réserves mondiales connues.

Les autres pays, bien que producteurs, ont des réserves nettement moindres.

Cela confirme le rôle stratégique du Maroc et du groupe OCP dans l'industrie mondiale du
phosphate.

II. ORIGINE DU PHOSPHATE

Les gisements de phosphate présents dans la nature se classent en trois grandes familles, en
fonction de leur origine géologique. Chacune de ces catégories contribue différemment à la production
mondiale de phosphate :

1. Gisements d’origine magmatique


Représentant environ 15 % de la production mondiale, ces gisements sont associés à des
complexes intrusifs alcalins, comme celui de Palabora en Afrique du Sud. Ils sont
généralement constitués de syénites néphéliniques avec un cœur de carbonatites,
formations magmatiques profondes riches en éléments phosphatés.

2. Gisements de guanos
Ces gisements ne représentent qu’environ 2 % de la production mondiale. Ils proviennent de
l’accumulation des déjections d’oiseaux marins, qui se nourrissent principalement de
poissons. Ces déjections, riches en phosphates de magnésium (Mg) et d’ammonium
(NH₄⁺), interagissent avec les roches du support pour former des dépôts phosphatés
exploitables.

3. Gisements sédimentaires
Dominants au niveau mondial, ils représentent près de 80 % de la production. Ces gisements
se sont formés par sédimentation marine dans des bassins riches en matières organiques,
au cours de périodes géologiques anciennes. Ils présentent souvent des teneurs élevées en
P₂O₅, dépassant parfois 20 % à 30 %, comme c’est le cas des gisements marocains, parmi
les plus riches et étendus au monde.

Figure 6 : répartitions du phosphate en fonction de leur type

Cette carte montre la localisation des principaux types de gisements phosphatés :

• Carrés bleus : Gisements ignés (igneous deposits)

• Cercles rouges : Gisements sédimentaires (sedimentary deposits)

• Croix jaunes : Gisements insulaires (island deposits)

13
Sédimentaires : Majoritaires, formés dans les environnements marins anciens riches en
matière organique.
Ignés : Gisements magmatiques plus rares, issus de complexes alcalins.
Insulaires : Formés par l’accumulation de guanos (déjections d’oiseaux marins) sur
des îles océaniques.

III. Description de quelques séries phosphatées marocaines

Le Maroc est l’un des principaux pays producteurs de phosphate au monde, grâce à la richesse et à la
diversité de ses bassins phosphatés. Le territoire national abrite quatre grands bassins
sédimentaires riches en phosphate, répartis dans différentes régions géologiques :

1. Bassin d’Oulad Abdoun

C’est le plus ancien bassin phosphatier reconnu et exploité au Maroc. Situé au nord de la
Meseta, il est délimité au sud par la plaine de Béni Amir et occupe une grande partie du plateau
des phosphates, entre Khouribga et Béni Mellal. Ce bassin est caractérisé par une stratigraphie
bien développée et constitue l’un des sites les plus riches en phosphate du pays, aussi bien en
termes de quantité que de qualité du minerai.

2. Bassin de Gantour

Le bassin de Gantour est localisé à environ 100 km à l’est de Safi, dans une structure géologique
allongée orientée est-ouest sur près de 120 km de long et 20 à 30 km de large.
Ses limites naturelles sont les suivantes :

• Au nord : le massif paléozoïque des Rehamna ;

• Au sud : le massif paléozoïque des Jebilet ;

• À l’est : l’oued Tassaout, affluent de l’oued Oum Errabia ;

• À l’ouest : les collines jurassiques de Mouissate.

Le bassin de Gantour est exploité notamment par la mine de Youssoufia, avec des phosphates de
bonne qualité.

3. Bassin de Meskala

Le bassin de Meskala est situé dans la plaine d’Essaouira-El Haouz, entre les formations du Haut
Atlas et la côte atlantique.
Il est délimité par :

• Les Jbilets et les collines jurassiques de Mouissate au nord,

• Le Haut Atlas au sud,

• La plaine de l’Haouz à l’est,

• La plaine côtière d’Essaouira à l’ouest.

Ce bassin présente une épaisseur de série phosphatée variant entre 110 m et 140 m. Il est
subdivisé en trois zones principales :

• Oulad Bou Sbâa (Nord-Est),

• Imin’Tanout (Sud-Est),

14
• Khémis Meskala (Ouest).

Bien que moins exploité que les autres, le bassin de Meskala présente un potentiel intéressant.

4. Bassin d’Oued Eddahab

Situé dans la région saharienne du Maroc, ce bassin s’étend sur environ 800 km, depuis la zone
d’Eddchira, au sud-est de Laâyoune, jusqu’aux environs sud de Dakhla.
La bande minéralisée est relativement large dans la zone nord (autour de Laâyoune-Boucraâ), mais
se rétrécit progressivement vers le sud, ne dépassant parfois que 5 km de largeur.

Les dépôts phosphatés de ce bassin ont été formés dans des conditions marines peu profondes,
avec des variations importantes de concentration, et sont exploités par la société Phosboucraâ, filiale
du groupe .

Figure 7 : répartition des Bassin phosphatés marocains (Piqué et al., 2001) modifiée

Proposition de légende pour insertion dans un rapport :

Figure : Carte géologique des principaux bassins phosphatés marocains


La carte montre la localisation des quatre bassins phosphatés majeurs du Maroc :

• ① Ouled Abdoun (Khouribga), le plus ancien et le plus vaste,

• ② Gantour (Youssoufia), riche en gisements d’exploitation intensive,

• ③ Meskala (Essaouira), au potentiel moyen,

• ④ Oued Eddahab (Laâyoune – Dakhla), exploité dans la zone saharienne par Phosboucraâ.

15
Chapitre 3 : Généralités sur le bassin d’Oulad Abdoun parmi les autres gisements
phosphatés marocains

I. . Présentation du bassin d’Oulad Abdoun

1. Cadre géographique

Le bassin phosphatier des Oulad Abdoun est l’un des gisements les plus importants et les plus
riches du Maroc. Il constitue le plus vaste bassin phosphaté du pays, tant par sa superficie que par
la qualité et la quantité de ses réserves.

Sur le plan géographique, la zone reconnue et exploitée du gisement s’inscrit dans un quadrilatère
dont les sommets sont définis par les villes de :

• Oued Zem,

• Settat,

• Al Brouj,

• Fkih Ben Salah.

Le bassin s’étend sur une longueur d’environ 95 km d’est en ouest et une largeur de plus de 45 km
du nord au sud.

Il convient également de noter que la limite sud-est du bassin semble coïncider avec la bordure
nord du Haut Atlas, dans une zone comprise entre Zaouit Ech-Cheikh, Ksiba et Beni Mellal, où
l'on observe la présence de petites occurrences phosphatées isolées, témoignant d'une extension
possible du bassin au-delà des limites classiquement reconnues.

Figure 8 : la situation géologique du Bassin des Oulad Abdoun

16
2. Cadre géologique

Le bassin des Oulad Abdoun correspond à une plate-forme stable, il est formé par une série
phosphatée qui compose le terme final d’une couverture sédimentaire s’étalant de l’Infracénomanien
de couleur rouge au Lutétien supérieur (Choubert et al., 1962) (Figure 15). Le socle paléozoïque de la
série phosphatée du bassin des Oulad Abdoun, est très fortement plissé et faillé et formé de quartzites
et de schistes (Salvan 1952). Le Crétacé supérieur (l’Infracénomanien) est le premier terme
transgressif de la série phosphatée, il est représenté par des marnes et des grés de couleur rouge
brique sans fossiles reposant en forte discordance sur le socle primaire (Belfkira 1980) .

Le Cénomanien est constitué par des petits bancs très gypseux et par une alternance de marnes et
de marno-calcaire blanches et jaunâtres, sa puissance varie de 20 à 100 m, il repose directement sur
le Paléozoïque dans la région de Boujâad et Kasba-Tadla (Elmontassir 1977, Belfkira (1980). Le
Turonien est essentiellement calcaire, il forme un important réservoir d’eau (aquifère profond). Les
calcaires turoniens sont fortement dolomitiques et peu fossilifères. Le Sénonien constitue le mur de la
série phosphatée, il est formé par des marnes à caractère régressif, sa puissance varie de 50 à 100
m. Il comprend presque partout deux séries marneuses jaunes séparées par une barre calcaire
d’épaisseur variable (Choubert et al., 1972). Le Maastrichtien est constitué par des phosphates
marneux et des marnes phosphatées. Il débute localement par du calcaire très fossilifère à bone-bed.

Dès le Maastrichtien, la phosphatogenèse fait brusquement son apparition et se poursuit jusqu’au


Lutétien (Arambourg 1935).

17
Figure 9 : carte géologique et log du bassin des Oulad Abdoun extrait de la carte géologique d'Al
Borouj .

18
II. DESCRIPTION DES DIFFERENTES ZONES QUI CONSTITUENT LE BASSIN DES
OULAD ABDOUN
Plusieurs zones constituent le bassin des Oulad Abdoun. Ces gisements sont divisés en deux grands
groupes qui sont : Les zones reconnues et les zones non reconnues se différencient les unes des
autres par des variations assez importantes au niveau de la lithologie et la puissance des niveaux
phosphatés.

1. Les zones reconnues du bassin des Oulad Abdoun

Les zones reconnues dans ce grand bassin sont caractérisées par un grand nombre d’ouvrages
(puits, sondages, tranchées…), ces zones reconnues sont les suivant :

✓ Zone de Khouribga ;

✓ Sidi Daoui ;

✓ Merah El Ahrech ;

✓ M’rizig ;

✓ Sidi Hajjaj ;

✓ Oulad Fares ;

✓ Al Brouj ;

✓ Oulad Smain ;

✓ Sidi Chennane ;

✓ El Halassa.

2. Les zones non reconnues


En marge de la zone officiellement reconnue et exploitée du bassin des Oulad Abdoun, certaines
zones périphériques présentent un intérêt géologique et économique potentiel, bien que non encore
pleinement explorées ou développées à grande échelle.

Parmi ces zones figurent notamment :

• Al Brouj Sud

• Fkih Ben Salah

Ces secteurs montrent des valeurs économiques variables (teneurs en phosphate, accessibilité,
profondeur des gisements, etc.) ainsi que des superficies inégalement réparties. Bien qu’ils ne
fassent pas encore l’objet d’une exploitation industrielle massive, leur potentiel reste à évaluer, ce
qui laisse envisager des perspectives futures d’extension du périmètre d’exploitation du bassin
des Oulad Abdoun.

19
III. DECOUPAGE DE LA SERIE PHOSPHATEE DU BASSIN DES GISEMENTS D’OULAD
ABDOUN

Fait partie du plateau des phosphates ou plateau des Oulad Abdoun ou encore plateau de Khouribga,
ce bassin est le plus anciennement connu et exploité des dépôts phosphatés marocains Il consiste
également le plus important bassin phosphaté aussi bien par son extension que par la qualité et la
quantité des minerais qu’il renferme la série phosphatée des Oulad Abdoun constitue le terme final
d’une couverture sédimentaire s’étalant de l’infracénomanien au Lutétien supérieur. La série
phosphatée représente plusieurs niveaux repère qui facilitent l’identification des différentes couches et
sillons phosphatés de cette série

La série d’Oulad Abdoun a fait l’objet de 3 découpages qui sont :

1. Le découpage minier

Ce découpage est basé sur la qualité du niveau phosphaté avant que ce dernier soit réalisé on
détermine au préalable les critères de la teneur en BPL (Figure 17). Les principaux nivéaux
phosphatés sont (de bas en haut), les couches phosphatées : Couche 3, Couche 2, Couche 1,
Couche 0P, Couche0 ; et les sillons phosphatés : sillon A et sillon B.

- La couche 3 : Elle est généralement constituée d’un phosphate à prédominance marneuse,


calcifié, compact à dur, renferment une faune très diversifiée et assez abondante.

- L’intercalaire couche 2 / couche 3 : Il est formé par un banc de calcaire phosphaté marneux,
qui repose sur des marnes phosphatées grumeleuses à géodes de calcite.

- La couche 2 : Elle est subdivisée en deux niveaux phosphatés bien distincts : couche 2
supérieur, couche 2 inférieur, séparés par une banquette continue ou discontinue de calcaire
phosphaté à marneux. La couche 2 est formée en générale par un phosphate à grains
grossier à la base et moyen à fin au toit, par endroits calcareux et/ou fossilifères et pouvant
renfermer des banquettes de calcaire phosphaté, la puissance et la régularité de ces
banquettes sont variables. La partie sommitale de la couche est légèrement marneuse tandis
que son mur peut être grumeleux avec des blocs de calcaires phosphate.

- L’intercalaire couche 1 /couche 2 : Il est généralement formé de bas en haut par un niveau de
marne bioturbée au sommet et calcareux au mur et un calcaire phosphaté coprolitique
légèrement marneux au mur et peut renfermer des poches de phosphates

- La couche 1 : Elle est subdivisée en 3 entités :

Couche 1 inférieure formée de phosphate grossier sableux plus ou moins calcifié, et renfermant des
coprolithes

Couche 1 médiane qui présente une lithologie marno-phosphatées assez variable, elle va du
phosphate marneux à la marne plastique en passant par des termes plus ou moins phosphatés et
renfermant des coprolithes mais rarement des blocs de silex phosphatés.

Couche 1 supérieure caractérisée par un phosphate meuble fin compact avec un passé de silex
ménilitique au toit, sa fin est marquée par des rangées de bloc de silex phosphatés.

- La couche 0P : formée par un phosphate friable grisatre, marneux et parfois calcifié avec
quelques blocs de silex.

- La couche 0 constituée par un phosphate marneux coprolithique friable, de couleur grisatre,


séparé par des lisérés de marne ou de calcaire phosphaté.

- Sillon A, c’est un faciès formé par un phosphate grossier à coprolithes dans sa partie
inférieure et d’un phosphate marneux dans sa partie supérieure.

- Sillon B est constitué par un phosphate grossier coprolithique.

20
- Recouvrement est formé par une alternance de marne siliceuse à silex et de calcaire
marneux, le tout est coiffé par une puissante dalle de calcaire coquillé, la dalle à Thersitées.

Figure 10 : schémas illustrant le découpage minier (OCPK, rapport annuel 2012 du groupe office
chérifien des phosphates).

2. Découpage séquentiel

Le bassin des Oulad Abdoun est une séquence transgressive allant du Maastrichtien au Lutétien avec
un granoclassement des plus grossiers vers les plus fins. La série phosphatée des Oulad Abdoun
comporte plusieurs mégaséquences qui traduisent une évolution majeure marquée paar des phases
de régression et de transgression.

Quatre mégaséquence ont été définies d’après les discontinuités majeures de sédimentation et les
contenus en débris biogènes dans les strates :

✓ La mégaséquence A (Maastrichtien) : caractérisée par une concentration


importante de débris d’ossements ;

✓ La mégaséquence B (Paléocène) : très pauvre en débris biogènes ;

✓ La mégaséquence C (Yprésien) : est très riche en coprolithes ;

✓ La mégaséquence D (Lutétien) : se fait distinguer par sa richesse en débris


coquillers.

3. Découpage chronostratigraphique

Ce découpage est basé essentiellement sur la datation des strates, en se basant sur le contenu en
fossiles qui montre que la série phosphate débute au Maestrichtien par des dépôts généralement
phosphatés très marneux et se termine au Lutétien par une dalle calcaire. De la base vers le sommet
et selon la terminologie établie par les scientifiques, on distingue des niveaux de phosphate qu’on
peut rencontrer le plus souvent se présentent comme suit : couche 3 : d’âge Maestrichtien (-72,1 ± 0,2
et -66,0 Ma) formée à la base essentiellement par des marnes phosphatées qui se déposent sur des
marnes de Sénonien et consistent les premières manifestations de la phosphatogénèse, les marnes
phosphatées sont surmontées par descalcaire à bone-bed (débris d’ossement).

Couche 2 : Danien –Thanétien Le Danien est peu développé par rapport au Thanétien. Cette période
est caractérisée par une légère tendance à la subsidence, avec la présence de Carditat Coquandi.

21
Yprésien renferme les couches 1 et couches 0 avec les sillons A et B, débute par un calcaire
phosphaté coprolitiques et fossilifère, et se caractérise par l’alternance des niveaux phosphatés
intercalés avec des calcaires phosphatés, des argiles, silex phosphaté, silex, marnes et des marnes
siliceuses. Au sein de cette série, nous rencontrons un certain nombre de niveaux repères (calcaire dit
« Boujniba », silex type ménilites, argile plastique …) qui sont d’excellents guides d’identification et de
corrélation de faciès.

IV. LES NIVEAUX REPERES DANS LA SERIE PHOSPHATEE D’OULAD ABDOUN

La série phosphatée des Oulad Abdoun présente certaines figures et des formations sédimentaires
particulières de contenue fossilifère particulier pouvant servir de repère fiable à l’identification des
niveaux miniers conventionnels.

Ces niveaux sont classés du bas vers le haut comme suite :

• Couche 3 : le niveau « Bone-bed » qui est un niveau très riche en fossile à la base de la
couche 3 ;

• Couche 2 : la dalle calcaire à Cardita Coquindi qui subdivise géologiquement la Couche


2 en 2A et 2B ;

• Couche 1 : deux alignements en série parallèle de rognons de silex marquant le mur et


le toit de la Couche 1 supérieure ;

• Silex à menilithes que l’on retrouve dans l’intercalaire C0/C1 ;

• L’intercalaire SA/C0 est marqué par une passée irrégulière de silex phosphaté
communément appelé « Toit de Boujniba » ;

• Sillon B : le toit marqué par une marne siliceuse.

22
Figure 11 : coupe lithostratigraphique de la série phosphatée du bassin des Oulad
Abdoun (Rapport annuel OCP, 2015).

23
DEUXIEME PARTIE : TRAVAUX EFFECTUES AU
NIVEAU DU SERVICE GEOLOGIQUE

24
Chapitre 4 : Coupe lithologique

I. Présentation

1. Cadre géographique

Le gisement de Ghar Tajer fait partie intégrante du bassin phosphatier des Oulad Abdoun. Il est
situé à environ 3 km au sud-est de la ville de Khouribga et à environ 7 km de Fkih Ben Salah. Ce
gisement est bordé :

• au nord par la route nationale N°11 reliant Fkih Ben Salah à Khouribga,

• à l’est et à l’ouest par les méridiens Lambert 360000 et 375000,

• au nord et au sud par les parallèles Lambert 247000 et 240000.

Le site est entouré d’anciennes exploitations souterraines et d’affleurements visibles dans toutes les
directions.

2. Cadre géologique

La série phosphatée de Ghar Tajer est très condensée et s'étend du Maastrichtien au Lutétien,
témoignant d’une longue histoire sédimentaire. Elle est généralement recouverte par la dalle à
Thersités, une formation relativement épaisse qui joue un rôle de couche protectrice contre
l’érosion.

La minéralisation en phosphate est présente sous forme de strates horizontales, intercalées de


couches de calcaire, marne et argile, avec des silicifications variées, notamment à partir de
l’étage Yprésien.

Les niveaux lithologiques affleurants dans cette série phosphatée sont les suivants :

• Couche 2 : appartenant à l’étage Thanétien.

• Couche 1, subdivisée en trois sous-niveaux :

o C1INF (inférieur),

o C1MED (médian),

o C1SUP (supérieur).

• Couche 0.

• Sillon A et Sillon B.

• Recouvrement : constitué de dépôts d’environ 14 mètres d’épaisseur, attribués aux étages


Lutétien et Yprésien.

25
[Link] REALISE

Le 11/08/2025, avec Mr SAMRANI MORAD et ELAOUD MUSTAPHA on a effectué une sortie de


terrain au niveau du gisement de Oulad Abdoun exactement Sidi El Maati et Ghar Tajar afin
d’observer, d’analyser et de faire une description détaillée des couches qui affleurent dans cette zone.
L’objectif principal de cette sortie était de décrire précisément les différentes formations : leur nature
lithologique, leur texture, leur couleur, les structures sédimentaires visibles ainsi que les contacts entre
les unités tel que les intercalaires. Ces observations nous ont permis d’établir une coupe
lithostratigraphique avec les puissances respectives des niveaux en vue de réaliser un log
lithostratigraphique à l’aide du logiciel AutoCAD.

Figure 12: photo d’un dérangement dans le gisement de Sidi El Maati

1. . Découpages de la série phosphatée du bassin des Oulad Abdoun

a. Découpage chronostratigraphique

Le bassin des Oulad Abdoun est une région géologique du Maroc qui contient d'importants gisements
de phosphate. Il se situe sur une plateforme stable qui résulte de la transgression marine du Crétacé
moyen à l'Éocène. La série phosphatée constitue le dernier terme de la couverture sédimentaire,
s'étend de l'Infra-Cénomanien rouge au Lutétien supérieur .

Dans cette région, le socle paléozoïque est très fortement plissé et faillé et formé principalement de
quartzites et de schistes en lie de vin. Dans la région de Ben Ahmed, cette série est attribuée au
Silurien (Salvan 1952).

Le Crétacé supérieur (Infracénomanien) est le premier terme transgressif de la série phosphatée. Il


est représenté par une suite de marnes et de grès de couleur rouge brique azoïque reposant en forte
discordance sur le socle paléozoïque (Belfkira 1980).

Le Cénomanien est constitué par de petits bancs très gypseux et par une alternance de marnes et de
calcaires marneux blancs et jaunâtres. La puissance de cette formation varie de 20 à 100 m, il repose
directement sur le Paléozoïque dans la région de Boujâad et KasbaTadla (Elmontassir 1977 & Belfkira
1980).

Le Turonien est essentiellement calcaire, et forme un important réservoir d’eau (aquifère profond). Les
calcaires turoniens sont fortement dolomitiques et peu fossilifères.

26
Le Sénonien constitue le mur de la série phosphatée, et est formé par des marnes à caractère
régressif, sa puissance varie de 50 à 100 m. Il comprend presque partout deux séries marneuses
jaunes, séparées par une barre calcaire d’épaisseur variable (Choubert & al. 1972).

Le Maestrichtien, marquant le début de la phosphatogenèse, est constitué par des phosphates


marneux et des marnes phosphatées. Il est formé à sa base par des calcaires très fossilifères à Bone
Beds et en son sommet par des marnes meubles granuleuses. Les dépôts de phosphate se
poursuivent jusqu’au Lutétien (Arambourg 1935).

Le Danien-Thanétien du Paléocène est formé à sa base de calcaire phosphaté sur laquelle repose
une couche a puissance élevée de phosphates grossiers riches en Bone Phosphates of Lime, et de
phosphates meubles de moyenne à fine granulométrie, avec des bancs de calcaires à Cardita
Coquandi .La formation se termine par des calcaires phosphatés et marnocalcaires (Montenat & Merle
2018).

L’Yprésien débute dans la majorité des cas par un calcaire phosphaté coprolithique. La
phosphatogenèse y atteint son apogée. Il est formé d’une succession de niveaux phosphatés
intercalés avec des calcaires phosphatés coprolithiques, des argiles et des sillexites ou marnes
siliceuses (Salvan 1952, Belfkira 1980). Le phosphate occupe des bioturbations au niveau des
marnes.

Le Lutétien marque la fin de la sédimentation phosphatée. Il est principalement représenté dans sa


partie inférieure par des marnes tendres et des bancs de silex peu ou non phosphatés. Une dalle à
Thersitées occupe le recouvrement de la formation ce qui est bénéfique pour la mine phosphatée car
elle est responsable à la conservation des niveaux phosphatés contre les facteurs d’érosion.

À la base de chaque séquence de dépôt, du phosphate subit une calcification en calcaire phosphaté.
Ce phénomène rend les activités d’extraction plus facile lors du défruitage.

b. Découpage minier

Ce découpage est basé sur la qualité du niveau phosphaté. La série phosphatée des Oulad Abdoun
et constituée d'une alternance de couches phosphatées et de stérile.

Couche 3: déposée durant le Maestrichtien, constituée de phosphates à prédominance marneuse,


calcifié, compacte à dure, et très fossilifère (fossilisation atteint son apogée avant l'extinction en
masse au Crétacé). Couche 2: d’âge allant du Danien au Thanétien et formée de phosphate friable à
meuble, calcifié au toit, pauvre en fossiles et légèrement marneuse, absence de la silicification.

Couche 1: elle est d’âge Yprésien, présente des silex et riche en coprolithes. C’est la couche qui fait
l’objet de notre étude dans le présent mémoire de fin d’études. Elle est subdivisée en trois parties: 29

o Couche1 inférieure: c'est la partie la plus riche en BPL% de la série (71%PBL à 73% BPL),
formée de phosphate grossier sableux de couleur grisâtre avec des silex vers le toit. o Couche1
médiane: constituée de phosphate moyen marneux, jaunâtre au mur et de marne très phosphaté et
compacte au milieu et calcareux au toit.

o Couche1 supérieure: formée de phosphate fin compacte grisâtre avec un passé discontinu de
silex.

Couche 0': appartient à l’Yprésien, elle est formée de coprolithes, marneuse parfois calcareuse
d'où la faible teneur en P2O5%.

Couche 0: constituée de phosphate marneux coprolithique friable de couleur grisâtre. Elle est d’âge
Yprésien.

Sillon A: formé de phosphate grossier à coprolithes dans sa partie inférieure et de phosphate,


marneux dans sa partie supérieure et intercalé par des marnes et des banquettes de calcaire formant
un faisceau.

27
Sillon B: d’âge Yprésien, le sillon B est constitué de phosphate grossier meuble, par une puissance
de 1 m, il représente les teneurs les plus élevées en P2O5 (>73% BPL); c’est le premier niveau
phosphaté exploitable.

Recouvrement: Correspond au Lutétien, constitué d'une alternance de marnes, marne siliceuse à


silex, calcaire marneux et des sillons de phosphate dits parasites.

Figure 13 : exemple de silex ménilitique

c. Découpage séquentiel

Le découpage séquentiel établit dans les Oulad Abdoun est basé sur les critères d'observation
macroscopiques décelables sur le terrain. Ainsi une séquence fondamentale est définie d'après la
granulométrie; on allant des grossiers à la base aux fins au sommet. La distinction des
macroséquences est principalement basée sur la stratonomie :

-stratodécroissance des termes séquentiels grossiers.

-stratocroissance des termes séquentiels fins.

"D'après les discontinuités majeures de sédimentation et les contenus en débris biogènes dans les
strates; quatre mégaséquence ont été définies:

-La mégaséquence A: caractéristique du mésozoïque, correspond au maestrichtien et contient la


couche 3. C'est une mégaséquence particulièrement fossilifère

. -La mégaséquence B: correspond au Danien-Thanétien, à l'ère Tertiaire, et contient la couche 2, elle


est caractérisée par sa lacune en débris organiques.

-La mégaséquence C: correspond à l'Yprésien et forme une large séquence riche en coprolithes
comprenant les couches1, C0 et C0' jusqu'au sillon B.

-la mégaséquence D: correspond au Lutétien, celle-ci forme la dalle à Thersitées dont l'origine des
terrains provient de l'accrétion des coquilles de Thersitées .

28
Figure 14: (a) Cardita Coquandi (Gmelin 1791), (b) Thersitea (Savornin 1914).

Tableau 2: synthèse des différents découpages de la série phosphatée du bassin des Oulad
Abdoun (service géologique nord Khouribga 2023).

2. Ghar Tajar

Le gisement de Ghar Tajer est une zone d'exploitation faisant partie du bassin des Oulad Abdoun. Il
est situé à 9km au Sud-Est de la ville de Khouribga et limité au Sud par Oulad Kacem, à l'Est par le
gisement de Sidi El Maati et au Nord par la route n°11 reliant Fekih Ben Saleh et Khouribga .

29
Figure 15 : localisation de tranchée étudiée dans le gisement de Ghar Tajer (service géologique nord
Khouribga 2023)

Figure 16 : (a) rognons de silex dans la couche 1 phosphatée, (b) couche 2 et intercalaire C1/C2, (c)
couche 0, (d) intercalaire SA/C0, (e) couche 1 et intercalaire C0’/C1, (f) intercalaire C0/C0’, (g) les
niveaux de la couche 1

30
o.c.p U.G.Z.N Khouribga le 16/08/2025

Figure 17 : Log lithsotratigraphique du Gisement de Ghar Tajer

31
CHAPITRE V : ETABLISSEMENT DES CARTES D’ISOVALEURS

I. PRESENTATION

1. Cadre Géographique

Les gisements de Sidi El Maati se situe à 11km au Sud-Est de Khouribga, il est limité par les
anciennes exploitations souterraines, il est traversé au Sud par la route N11 reliant Fkih Ben Saleh et
Khouribga. Il est délimité à l’Est et à l’Ouest par les méridiens de Lambert 360000 et 375000, au Nord
et au Sud par les parallèles de Lambert 247000 et 240000.

2. Cadre Géologique

En allant du gisement de Ghar Tajer vers celui de Sidi El Maati du NE au SW, l’évolution de la série
phosphatée de ces zones est comparable avec celle de Ghar Tajer, et comme différence principale,
on a le début de l’apparition de la couche 0’ qui prend naissance à partir du gisement de Sidi El Maati,
cette dernière constitue une transition.

La série phosphatée qui affleure sur le terrain dans Sidi El Maati est datée de l’Eocène, et plus
précisément l’étage Yprésien et Lutétien. L’étage Yprésien est représenté par la couche 1, la couche
0’, la couche 0, le sillon A et le sillon B. Une grande partie du recouvrement est d’âge Lutétien. Les
couches phosphatées dans cette zone ne représentent pas en général une grande variation sauf à
côté des dérangements ou elles subissent une inclinaison vers ces derniers.

II. TRAVAIL REALISE 2

L’OCP a foré 442 puits au niveau du gisement de Sidi El Maati. Chaque puits fournit des informations
spécifiques telles que sa profondeur, la teneur brute en BPL, le faciès etc. A partir de ces données,
nous allons élaborer des cartes représentant l’affleurement, la puissance et les teneurs brutes du
Sillon B dans cette zone. Ce travail sera réalisé à l’aide de la méthode de Krigeage en utilisant le
logiciel ArcGIS.

32
Figure 18 : Carte des teneurs brutes du Sillon B dans le Gisement de Sidi El Maati

33
Figure 19 : Carte des Puissances totale du Sillon B dans le Gisement de Sidi El Maati

34
Figure 20 : Carte des teneurs brutes du Sillon A dans le Gisement de Sidi El Maati

35
Figure 21 : Carte des Puissance Total du Sillon A dans le Gisement de Sidi El Maati

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Figure 22 : Carte des teneurs brutes du Couche 1 dans le Gisement de Sidi El Maati

37
Figure 23 : Carte des Puissance Total du Couche 1 dans le Gisement de Sidi El Maati

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Conclusion
Ce travail a porté sur l’élaboration d’un log lithostratigraphique et la génération de cartes
d’isovaleurs, à partir des données de forage collectées par le groupe OCP. L’utilisation du logiciel
AutoCAD a permis de représenter avec précision la succession verticale des formations
géologiques du gisement de Ghar Tajer, en mettant en évidence leur nature lithologique, leur
épaisseur (puissance), ainsi que leurs rapports de contact.

Par ailleurs, le traitement des données géospatiales relatives à la zone de Sidi El Maati à l’aide du
logiciel ArcGIS a permis de produire des cartes d’isovaleurs illustrant la variation de paramètres
géologiques importants, notamment la puissance et la teneur en phosphate au sein du gisement.

Ces représentations graphiques constituent des outils essentiels pour une meilleure compréhension
de l’architecture géologique de la zone d’étude. Elles peuvent également servir de base à des
travaux ultérieurs, tels que la modélisation géologique 3D, l’exploration minière ou l’évaluation
des ressources.

La réalisation de ce projet m’a permis d’acquérir une connaissance générale du phosphate


marocain ainsi que des compétences pratiques très utiles dans l’utilisation des logiciels
spécialisés. Je tiens à remercier le groupe OCP pour l’opportunité qui m’a été offerte et pour
l’encadrement durant cette expérience enrichissante.

Ce travail met ainsi en lumière l’importance de l’intégration des outils numériques dans les
méthodes modernes d’analyse géologique, au service d’une exploitation minière plus précise et plus
efficiente.

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