VRD (Voiries et Réseaux Divers)
I. Définition
Les VRD regroupent l’ensemble des travaux visant à rendre un terrain constructible et
fonctionnel : voirie, réseaux d’eau potable, d’électricité, d’assainissement, de
télécommunications, éclairage, stationnements et espaces verts.
II. Objectifs
Les VRD assurent la viabilité, l’accessibilité, la sécurité, l’hygiène et l’esthétique du cadre
bâti. Ils permettent la connexion des bâtiments aux réseaux urbains et garantissent un
usage sécurisé des lieux.
III. Réglementation
Les travaux VRD sont encadrés par la loi 25-90 relative aux lotissements. Toute opération
de viabilisation requiert une autorisation administrative préalable, et doit respecter le Plan
d’Occupation des Sols (POS).
IV. Travaux préparatoires
Les travaux préparatoires constituent la première phase opérationnelle du chantier. Ils
comprennent :
● Le bornage : il permet de délimiter juridiquement et
physiquement la parcelle à aménager. Il est effectué
par un géomètre expert.
● Le relevé topographique : il consiste à
cartographier le terrain avec ses altitudes, pentes,
creux, masses bâties et végétation.
● La reconnaissance géotechnique : indispensable
pour identifier la nature des sols (argileux, rocheux,
sableux) et les éventuels risques (glissement,
tassement).
● Le nettoyage du site : cela inclut le débroussaillage,
l’abattage d’arbres, la démolition d’anciens ouvrages
et le retrait des déchets.
● L’implantation : matérialisation au sol des futurs tracés de voies, bordures, réseaux
et ouvrages par des piquets ou peinture.
V. Terrassements
Les terrassements consistent à modeler le terrain pour accueillir les ouvrages prévus.
Types de terrassement :
● Déblais : extraction de matériaux excédentaires pour aplanir ou abaisser le terrain.
● Remblais : apport de matériaux pour surélever ou remplir une zone.
● Fouilles : creusement de tranchées pour les réseaux (eau, électricité, etc.).
● Mise en forme : ajustement de la surface (profil en long et en travers).
● Compactage : opération mécanique pour améliorer la portance du sol et éviter les
tassements ultérieurs.
Ces travaux ont pour objet :
● Le décapage d'un terrain: le terrassement de faible épaisseur (de 0,20 à 0,40m).
Fréquemment, il consiste à enlever la couche de terre végétale sur l'emprise des
bâtiments et des voiries.
● La création des plates-formes sur lesquelles sont édifiées les constructions et les
voiries.
● La préparation des excavations de grandes dimensions nécessaires pour les niveaux
en sous-sol des bâtiments .
● Les tranchées dans lesquelles sont posées les diverses canalisations.
VI. Voirie
Les travaux de voirie permettent la circulation des véhicules et des piétons.
Éléments constitutifs :
1. Emprise
L’emprise désigne la propriété foncière cadastrée affectée par le gestionnaire à un usage
routier. Elle comprend :
● la chaussée,
● les accotements,
● les fossés,
● les aires de stationnement,
● les dispositifs de sécurité, etc.
Les parties de l’emprise non utilisées pour la route sont qualifiées de terrains délaissés.
2. Assiette
L’assiette correspond à la portion de l’emprise réellement utilisée par la route. Elle inclut
la chaussée, les fossés et les talus. C’est donc la zone directement mobilisée par
l’infrastructure routière.
3. Chaussée
La chaussée est la partie revêtue de la route, spécifiquement destinée à la circulation des
véhicules. Elle peut être divisée en plusieurs voies de circulation selon la largeur de la
route et son aménagement.
4. Accotements
Les accotements bordent la ou les chaussées. Ils accueillent :
● les dispositifs de sécurité (glissières, séparateurs),
● les bandes dérasées, c’est-à-dire des zones tampons situées entre la chaussée et
les dispositifs de sécurité. Elles jouent un rôle psychologique en incitant les
conducteurs à rester éloignés des bords de la chaussée.
Sur les voies rapides, la bande dérasée de droite est souvent élargie et revêtue pour
former une bande d’arrêt d’urgence.
5. Berme
La berme est la partie terminale de l’accotement. Elle assure la liaison entre la route et le
fossé ou le talus.
6. Terre-plein central (TPC)
Le terre-plein central sépare les deux sens de circulation sur les routes à chaussées
séparées.
Il peut être interrompu localement pour permettre certains échanges ou demi-tours : on
parle alors d’Interruption du Terre-Plein Central (ITPC).
7. Trottoirs
En milieu urbain, les chaussées sont bordées de trottoirs destinés à la circulation des
piétons.
8. Bande de roulement
La bande de roulement est l’ensemble de la surface comprise entre les dispositifs de
sécurité. Elle comprend :
● la chaussée,
● les bandes dérasées, le cas échéant.
9. Plate-forme
La plate-forme routière désigne l’ensemble formé par :
● les chaussées,
● les accotements,
● le terre-plein central.
Elle constitue la partie supérieure de l’infrastructure directement dédiée à la circulation et
à la sécurité.
La réalisation des travaux des voiries nécessite de prendre en compte
les points suivants :
● Principes de conception des structures de chaussée
● Objectif de l'étude des sols
● Drainage des eaux pluviales
● Prévention des désordres
VII. Stationnement
Type de bâtiment Norme de stationnement
Logement individuel 2 places minimum
Logement collectif 1 place par 60 m² de SHON
Bureaux 1 place pour 50 à 100 m²
Commerce 1 place par 80 m²
Hôtels 1 place pour 2 chambres
Salles de spectacles 1 place pour 10 spectateurs
VIII. Réseaux divers
1. Assainissement
A. Système séparatif
● Eaux usées (EU) : issues des sanitaires, cuisines, lessives. Collectées par un
réseau spécifique et dirigées vers une station d'épuration.
● Eaux pluviales (EP) : ruissellements des toitures, chaussées. Dirigées vers un
exutoire naturel (ou bassin de rétention).
Ce système est conforme aux normes modernes car il limite le traitement inutile des eaux
pluviales.
B. Système unitaire
2. Eau potable
A. Alimentation ramifiée
● Structure en étoile.
● Une seule canalisation dessert chaque branche, mais si elle est endommagée, toute
la zone est privée d’eau.
B. Alimentation maillée
● Interconnexion entre conduites.
● Sécurité et continuité renforcées en cas de coupure ou travaux.
Les réseaux sont composés de :
● Canalisations principales (fonte, PVC, PEHD),
● Branchements particuliers (compteurs individuels),
● Dispositifs de défense incendie (bouches ou poteaux)
3. Électricité
A. Haute tension (HTA)
● Fournie par les postes sources (63 kV ou 20 kV),
● Transportée vers les transformateurs de quartier.
B. Basse tension (BT)
● Sortie des transformateurs,
● Alimente les bâtiments via des câbles enterrés ou aériens.
Les câbles sont posés dans des tranchées normalisées, accompagnées de grillages
avertisseurs.
4. Télécommunications
Composition :
● Fourreaux : tubes PVC enterrés pour la pose des câbles,
● Chambres de tirage : points d’accès réguliers aux câbles,
● Points de raccordement : boîtiers d’abonné, sous-répartiteurs,
● Câbles : cuivre ou fibre optique selon les besoins.
Deux modalités d’implantation :
● Aérienne : sur poteaux (zones rurales),
● Souterraine : dans zones denses ou neuves.
5. Éclairage public
L’éclairage urbain remplit trois fonctions :
1. Sécurité des usagers (piétons, conducteurs),
2. Esthétique des lieux (mise en valeur du paysage),
3. Ambiance urbaine (température de couleur, intensité variable).
Composants :
● Candélabres et lanternes (LED, sodium haute pression),
● Coffrets de commande avec horloges ou capteurs,
● Réseaux enterrés en basse tension.
IX. Aménagements paysagers
1. Espaces verts
Ils structurent l’environnement, favorisent la biodiversité et améliorent le confort visuel. Leur
implantation suit un plan d’ensemble intégrant zones de repos, plantations, et séparations
naturelles.
2. Mobilier urbain
Il comprend :
● Des éléments de sécurité (plots, barrières),
● Des équipements de confort (bancs, abris),
● Des éléments de propreté (corbeilles),
● Des composants esthétiques (fontaines, jardinières),
● De la signalétique (panneaux, totems).