La santé mentale est un pilier essentiel du bien-être global et joue un rôle déterminant dans la
réussite académique des étudiants. En Afrique, les étudiants sont confrontés à une multitude de
défis psychologiques qui peuvent entraver leur parcours éducatif et personnel. Comprendre ces défis
est primordial pour mettre en place des stratégies efficaces afin de les surmonter et de créer un
environnement propice à l'épanouissement intellectuel et émotionnel
La pression académique intense est l'un des principaux défis. Selon une étude menée par
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2020, environ 25 % des étudiants africains souffrent de
troubles liés au stress et à l'anxiété en raison des exigences académiques élevées. Les étudiants sont
souvent soumis à des attentes élevées de la part de leur famille et de la société, qui voient en eux les
futurs piliers du développement économique et social. Cette pression peut engendrer du stress, de
l'anxiété et une peur constante de l'échec. Les difficultés financières constituent un autre obstacle
majeur. D'après la Banque mondiale, plus de 40 % de la population africaine vit avec moins de 1,90
dollar par jour. Beaucoup d'étudiants proviennent de milieux modestes et peinent à couvrir les frais
de scolarité, de logement, de transport et de matériel pédagogique. Cette insécurité financière peut
conduire à une anxiété accrue, des troubles du sommeil et une diminution de la concentration,
affectant ainsi les performances académiques. L'isolement social et l'adaptation culturelle
représentent également des défis significatifs. Une enquête réalisée par l'Association des universités
africaines en 2019 a révélé que 30 % des étudiants qui étudient loin de leur domicile éprouvent un
sentiment de solitude et de déconnexion sociale. Les différences linguistiques, culturelles et sociales
peuvent compliquer leur intégration, entraînant parfois une dépression ou une baisse de l'estime de
soi. La stigmatisation entourant la santé mentale en Afrique est un obstacle supplémentaire.
L'OMS estime que 85 % des personnes souffrant de troubles mentaux en Afrique n'ont pas accès aux
soins dont elles ont besoin, en grande partie à cause de la stigmatisation et du manque de services
appropriés. Les troubles psychologiques sont souvent mal compris et associés à des idées reçues ou
des superstitions. Cette stigmatisation dissuade les étudiants de chercher de l'aide professionnelle
par crainte d'être jugés ou marginalisés, ce qui peut aggraver leur état. Enfin, les environnements
académiques peuvent parfois être stressants en raison de la surcharge des programmes, du manque
de soutien pédagogique et de l'absence de services de conseil psychologique.
Safia et Abdelmajid (2023) :
Résultats : Les données indiquent que 42.7% des étudiants interrogés présentent des signes de
détresse psychologique. Nos résultats révèlent que plusieurs facteurs sont associés à cette détresse
d’une manière statistiquement significative, à savoir la satisfaction des conditions socio-
économiques, le choix de la filière (subi ou choisi), la satisfaction du soutien social et des conditions
de l’hébergement au campus universitaire. Certains facteurs transactionnels sont corrélés d’une
manière significative à notre variable dépendante la santé psychologique, à savoir le stress perçu et
les stratégies d’ajustement ainsi que certains facteurs dispositionnels comme l’estime de soi, le
névrosisme et l’espoir. L’analyse de régression multiple indique que l’estime de soi et le névrosisme
expliquent, respectivement à 31% et à 7%, la variance santé psychologique (Safia et Abdelmajid
2023)
La santé mentale est caractérisée par « un état de bien-être dans lequel un individu peut se réaliser,
surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et être capable de
contribuer à sa communauté. Dans ce sens positif, la santé mentale est le fondement du bien-être
d’un individu et du bon fonctionnement d’une communauté. » (Organisation mondiale de la santé,
2018). Une bonne santé mentale permet à chacun de réaliser pleinement son potentiel et de mieux
faire face aux défis et aux pressions quotidiennes. Elle joue un rôle dans l’adaptation à la société et
dans le développement du capital humain individuel. Cependant, divers événements peuvent
perturber la cognition, l’humeur ou le comportement d’une personne, entraînant des sentiments de
détresse. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ 10 à 20% des enfants et
adolescents connaissent des troubles mentaux. Parmi les plus courants figurent l’anxiété, la
dépression, les troubles de l’attention et les troubles du comportement. Les facteurs de risque
incluent le stress académique, les pressions sociales, les changements familiaux, et l’exposition aux
médias numériques. Ces éléments peuvent aggraver les symptômes et influencer négativement la
performance scolaire et le bien être général des élèves. Malheureusement, une grande partie des
jeunes affectés ne reçoit pas les soins appropriés en raison de la stigmatisation, du manque de
ressources de la méconnaissance des symptômes par les adultes. Cela peut entraîner des
conséquences graves à long terme, telles que l’absentéisme scolaire, les difficultés sociales et même
des comportements jugés à risque.
L’impact de la santé mentale sur la réussite scolaire est significatif. Une mauvaise santé mentale a
des répercussions négatives notables sur l’apprentissage et le développement des élèves. Les
problèmes comme l’anxiété, la dépression et le stress peuvent sérieusement compromettre la
réussite académique des apprenant·e·s. Ces difficultés peuvent perturber leur concentration en
classe, limitant ainsi leur capacité à suivre les cours et à participer activement. La détérioration de la
santé mentale peut également altérer les relations interpersonnelles des élèves, les isolant
socialement et générant des tensions avec leurs camarades et l’équipe pédagogique. Ces interactions
sociales négatives peuvent intensifier leur sentiment d’isolement et d’incompréhension, exacerbant
ainsi leurs difficultés mentales. De plus, les élèves en détresse mentale peuvent adopter des
comportements perturbateurs ou autodestructeurs, ce qui peut créer un environnement de classe
moins favorable pour eux-mêmes et pour les autres élèves. Le développement émotionnel et social
des élèves est également impacté durant leurs années scolaires. Ils apprennent à gérer leurs
émotions et à développer des compétences essentielles pour interagir avec autrui. Une mauvaise
santé mentale peut entraver ce processus, rendant plus difficile pour les élèves d’acquérir une
résilience émotionnelle et des compétences interpersonnelles saines. Ces difficultés peuvent avoir
des répercussions à long terme, influençant leur capacité à établir et à maintenir des relations
positives tout au long de leur vie. Enfin, les troubles de santé mentale peuvent entraîner des
absences fréquentes, réduisant le temps passé en classe et compromettant davantage leur
apprentissage. Les élèves qui manquent souvent l’école risquent de prendre du retard dans leurs
études, ce qui peut augmenter le stress et l’anxiété, créant ainsi un cercle vicieux. Accompagner les
élèves tout au long de leur parcours scolaire est primordial pour favoriser leur développement global
et les préparer à l’âge adulte. Lorsqu’ils sont en bonne santé, ils sont généralement plus réceptifs à
l’apprentissage, soulignant ainsi l’importance d’une approche intégrée de la santé au sein des
établissements scolaires.
La mauvaise orientation scolaire n’est pas un cas isolé. Elle touche un grand nombre d’élèves chaque
année. Cela est dû, en partie, au manque d’accompagnement et de conseils adaptés lors du
processus d’orientation. Souvent, les choix sont faits sous pression, sans une véritable réflexion sur
les intérêts et les compétences de l’élève. D’après le site [Link], « Chaque année, un étudiant
sur trois regrette son orientation postbac et 20 % des étudiants entrés dans le supérieur sortent sans
diplôme. Les difficultés se concentrent sur l’université. Seuls trois étudiants sur dix obtiennent leur
licence en trois ans. Plus de 40 % d’entre eux mettent cinq ans ou plus à obtenir leur diplôme. »
Les effets d’une mauvaise orientation scolaire vont au-delà des performances académiques. Elle peut
entraîner une perte de motivation, une baisse de l’estime de soi, et même des problèmes
psychologiques plus profonds. L’élève peut se sentir perdu, anxieux et démoralisé, ce qui entrave son
plaisir d’apprendre et sa capacité à se projeter dans l’avenir. Plus important, un mauvais choix
d’orientation peut obérer les chances de réussite d’une personne dans sa vie professionnelle. Les
choix d’orientation sont parmi les plus importants de l’existence et ils méritent donc une attention
importante.
De nombreuses études (Coulon, 1997; Davidson & Choquet, 1988; Printemps, Cohen, Poisson, Gibert,
Crowe Mc Cann & Quera Selva, 1999; Vandettoren, 2001) ont mis l’accent sur les problèmes de santé
des jeunes et des étudiants âgés de 12 à 25 ans. Selon le Haut Comité de santé publique (1997), la
symptomatologie anxieuse et dépressive touche un tiers des étudiants. Des comportements à risque
comme l’alcoolisme, le tabagisme et les conduites sexuelles non protégées sont aussi soulignés dans
cette population. Les enquêtes Baromètre santé jeunes (Guilbert, Baudier & Gautier, 2001) montrent
également, chez les 12-25 ans, une augmentation des conduites addictives et des problèmes
d’anxiété et de dépression.
L’Orientation Scolaire et Professionnelle répond à un besoin important étant donné la complexité
croissante du monde du travail. Choisir la bonne filière, celle qui correspond le mieux à ses aptitudes,
est une question présente dans l’esprit de chaque élève. Les élèves qui effectuent un mauvais choix
ou un choix précipité, non réfléchi, obtiennent souvent des résultats médiocres à l’école et, plus tard
dans le monde du travail. Toutefois, bien choisir sa voie n’est pas simple. Pour éviter des déboires
dans sa vie, il faut effectuer, dès le départ, un bon choix de la filière scolaire cadrant mieux avec la
profession à laquelle on aspire dans sa vie active. Pour y parvenir, il faut chaque fois chercher à
obtenir les plus de renseignements possibles sur les filières scolaires et les débouchés existants dans
le monde du travail.
Dans nos sociétés contemporaines riches et mondialisées, nous considérons l’activité de s’orienter (à
l’école, vers l’emploi, pendant la vie professionnelle et, plus généralement dans la vie) comme étant
la responsabilité de l’individu. Nous considérons que s’orienter, c’est avoir le souci de soi, c’est être
dans un processus de gouvernement de soi. Nos sociétés sont, par ailleurs, décrites comme plus
complexes, plurielles et fluides que ne l’étaient les sociétés précédentes. Elles sont plus complexes et
plurielles en ce sens qu’elles comprennent une plus grande variété de champs sociaux que les
sociétés antérieures. Elles le sont, aussi, parce que les logiques de ces champs sont moins accordées
entre-elles que précédemment. Elles le sont, enfin, parce que y interagissent ou s’y côtoient plus
fréquemment qu’auparavant des personnes se référant à des modes de vie ainsi qu’à des modèles
culturels ou religieux différents. D’un autre côté, elles sont plus fluides dans la mesure où les
organisations, les institutions et les normes sociales apparaissent nettement moins établies et moins
stables que précédemment. (Fournier, 2012).
Mais, de nouveaux principes d’accompagnement en orientation émergent pour aider les personnes à
gérer l’incertitude d'un monde changeant, favoriser l’accès à un travail décent tout en contribuant à
atteindre les objectifs de développement durable (ODD) fixés par l’ONU. Dekeister et Lapie (2023) et
l’orientation scolaire se traduit véritablement dans les préoccupations politiques à l'usage de la
première guerre mondiale et elle est essentiellement professionnelle. (Tshisuabantu, 2019).
L’Ecole Scientifique et Technologique montre à cet effet, que les campus africains regorgent plusieurs
étudiants qui ont fait trois années en première année, et il s’agit de l’incapacité causée par une
mauvaise orientation. Ces étudiants qui, généralement ne sont pas déméritant, se sont confrontés à
un problème de choix et ont « bâclé » une année universitaire, une carrière et peut être une vie.
Après deux voire trois années en stagnation universitaire, Ces jeunes abandonnent l’école alors qu’ils
devraient être la ressource humaine nécessaire pour le développement de nos pays.
[Link]
Actuellement en RD Congo, pour lutter contre le décrochage scolaire et favoriser le raccrochage
scolaire, le choix d’une filière d’études dans l’Enseignement Secondaire ou l’Enseignement Supérieur
et Universitaire est à encourager. Cependant, ce choix n’est pas une entreprise aisée. En effet, les
candidats devant opérer un choix se retrouvent généralement en face d’une multiplicité de choix
d’études à entreprendre. Et ne sachant quoi faire, ils se laissent emporter par n’importe qui pourvu
qu’ils reçoivent des informations pour opérer un choix d’une filière d’études. Dans cette optique, il
est judicieux d’écarter les cas des candidats vivants dans un milieu où il n’existe pas plusieurs
possibilités des filières d’études. Tel est le cas de beaucoup de jeunes vivants dans des contrées
éloignées des villes en RD Congo.
L’information à fournir aux candidats dans le processus d’orientation ou dans le processus de choix
d’une filière d’études constitue une question incontournable. Cette question exige d’être
préalablement résolue avant d’être abordée, quoique ce soit dans le cadre de l’enseignement et des
professions. C’est ce qui conduit à penser au principe selon lequel « l’homme qu’il faut à la place qu’il
faut ». De ce fait, l’information est et demeure une attente très capitale pour les différents
participants au processus d’orientation. Partant, il importe que cette information soit disponible et
communicable aux candidats et à tous ceux qui s’intéressent aux problèmes scolaires et
académiques. (Tshilumba, 2014).
L’orientation académique constitue une étape cruciale, dit-on dans le parcours éducatif des
étudiants. Un choix judicieux peut favoriser l’épanouissement personnel et professionnel,
tandis qu’une orientation inadéquate peut engendrer des conséquences néfastes, notamment
un stress accru. De nombreux étudiants se retrouvent dans des filières qui ne correspondent ni
à leurs aspirations ni à leurs compétences, souvent en raison d’un manque d’informations ou
de pressions externes. Cette situation soulève des préoccupations quant à leur bien-être
psychologique et à leur réussite académique. Le stress chez les étudiants mal orientés dans le
choix de leurs études peut s’expliquer à la lumière de plusieurs approches théoriques.
Des récentes recherches mettent en lumière l’impact de l’orientation académique sur la santé
mentale des étudiants. Nous pouvons citer dans cette optique Ji et al. (2024), qui ont démontré
que le stress lié à l’enseignement supérieur et une orientation mal définie sont
significativement associés à une détérioration du bien-être mental chez les étudiants en
sciences infirmières. De même, une enquête menée par Forbes Advisor en (2024) révèle que
les préoccupations liées au choix de la filière académique figurent parmi les principales
sources d’anxiété chez les étudiants universitaires. Dans la même lignée, une mauvaise
orientation peut entraîner des effets négatifs, notamment une démotivation, un sentiment
d’échec, et plus gravement, des troubles psychologiques tels que le stress chronique, l’anxiété,
voire la dépression (Mukamurenzi, 2024 ; Kalenga & Bashizi,2023). Selon Rochat (2021),
une orientation académique inadéquate, peut conduire à des troubles tels que l’anxiété, la
perte de d’estime de soi, la démotivation chronique, voire même la dépression.
Ces perspectives combinées permettent de mieux comprendre le malaise académique et
existentiel chez les étudiants mal orientés, où le stress devient le symptôme d’un échec du
système d’accompagnement. A l’ISP de Bukavu, de nombreux étudiants s’engagent dans des
filières d’études sans avoir fait un choix éclairé.
Cette mauvaise orientation académique peut créer un décalage entre les aspirations
personnelles et la réalité du cursus choisi. Ce désalignement est susceptible d’engendrer un
manque de motivation, une perte d’intérêt aux études et un sentiment d’échec.
L’accumulation de ces facteurs aurait certainement une grande répercussion sur la santé
mentale des étudiants.
La mauvaise orientation académique constitue un enjeu majeur affectant la santé mentale des
étudiants dans le monde entier. En effet, à l’échelle mondiale, plusieurs études soulignent que
l’inadéquation entre les aptitudes des étudiants et leurs choix d’orientation scolaire contribue à un
stress important, une démotivation et parfois des troubles psychologiques sévères. Selon Chou, Yen
et Liu (2018), cette inadéquation peut augmenter le risque de dépression et de rigidité
psychologique, impactant négativement la réussite scolaire et le bien-être des [Link] Afrique,
cette problématique est exacerbé par des facteurs contextuels supplémentaires tels que la surcharge
des programmes, le manque de soutien pédagogique et la stigmatisation entourant la santé mentale.
L’OMS estime que 85% des personnes souffrant de troubles mentaux en Afrique n’ont pas accès aux
soins nécessaires, compliquant davantage la prise en charge des étudiants en détresse psychologique
(Université du Cap, Afrique du Sud) .En République Démocratique du Congo, et plus spécifiquement à
Bukavu, les conséquences de la mauvaise orientation académique sur la santé mentale des étudiants
sont encore peu explorées, mais elles s’inscrivent dans un contexte d’insuffisance des services
adaptés. Les étudiants mal orientés, notamment dans les filières exigeantes comme les sciences
exactes, présentent souvent des niveaux élevés d’anxiété, de stress et un risque accru de décrochage
scolaire (Université de Kinshasa, UNIKIN). Des initiatives locales, telles que les stages en psychiatrie
au centre Sosame de Bukavu, visent à mieux comprendre et prendre en charge ces problématiques.
Ainsi, la présente étude vise à éclairer les conséquences psychologiques spécifiques liées à une
mauvaise orientation académique chez les étudiants de la section sciences exactes de l’ISP Bukavu,
tout en proposant des pistes d’amélioration adaptées aux réalités locales.
La mauvaise orientation académique constitue un facteur prédominant affectant la santé mentale
des étudiants à travers le monde. Cette inadéquation entre les aptitudes, les intérêts personnels et
les choix d’orientation scolaire engendre souvent un sentiment d’échec anticipé, favorisant le
développement de troubles psychologiques tels que le stress chronique, l’anxiété, voire la dépression
(Chou, Yen et Liu, 2018). Les recherches démontrent qu’une orientation subie ou inadéquate accroît
significativement les risques de souffrance mentale chez les étudiants, notamment ceux en première
année d’enseignement supérieur où la vulnérabilité est maximisée par une problématique
d’adaptation aux exigences académiques (Saleh et al., 2017; Pospos et al., 2018). Sur le plan global, la
gestion insuffisante de ces situations entraîne une diminution de la performance académique, un
désengagement accru et, dans certains cas, un abandon des é[Link] contexte africain, où les
ressources dédiées à la santé mentale sont historiquement limitées, cette situation est amplifiée. La
stigmatisation sociale associée aux troubles mentaux et le déficit d’infrastructures adaptées
compliquent la prise en charge précoce des difficultés psychologiques liées à la mauvaise orientation
(OMS, 2023). Les étudiants africains, confrontés tant à des enjeux socio-économiques qu’à des
attentes familiales et sociétales fortes, subissent de plein fouet les conséquences psychologiques
d’une orientation académique inappropriée, souvent sans bénéficier d’accompagnement
psychopédagogique adéquat (Bernadette Muisaka Kamono et al., 2022).Au niveau de la République
Démocratique du Congo et plus particulièrement à Bukavu, les études spécifiques restent rares, mais
les observations empiriques soulignent une prévalence élevée de troubles psychosociaux parmi les
étudiants des filières scientifiques. La pression liée à la complexité des cursus, ajoutée à un choix
d’orientation souvent dicté par des facteurs externes plus que par des intérêts personnels, conduit à
une augmentation notable du stress lié à la performance, de l’anxiété et du décrochage scolaire. Ces
constats plaident pour le développement urgent de programmes d’accompagnement ciblés intégrant
des modules de psychoéducation, de gestion du stress, et d’orientation professionnelle avisée, afin
de promouvoir la santé mentale et le bien-être des étudiants (Conley, Durlak et Dickson, 2013; Keyes,
2002) .
La mauvaise orientation académique ou scolaire a un impact significatif sur la santé mentale des
élèves. Elle peut entraîner une forte démotivation, une perte d’estime de soi, de l’anxiété voire de la
dépression. Par exemple, un adolescent mal orienté peut ressentir un profond mal-être, symbolisé
par des symptômes physiques comme des maux de ventre, des troubles du sommeil et des crises
d'anxiété avant les contrôles, reflétant une souffrance psychologique liée à une inadéquation entre
ses compétences et la filière choisie. Ce mal-être amène souvent une chute durable des résultats
scolaires malgré les efforts fournis, ainsi qu’un sentiment d’inutilité et une perte de sens dans
l’apprentissage, ce qui contribue directement à l’épuisement psychologique et au décrochage
[Link] manière plus large, les troubles liés à la mauvaise orientation scolaire aggravent des
problèmes de santé mentale tels que l’anxiété, la dépression et le stress. Ces problèmes peuvent
nuire à la concentration, au développement socio-affectif des élèves, et à leur capacité à réussir
scolairement. Ils peuvent également engendrer un isolement social et des comportements
perturbateurs ou autodestructeurs. Ce cercle vicieux conduit souvent à un burn-out scolaire, état de
tension psychique intense qui diminue la qualité de vie des élèves et affecte leur santé mentale
[Link], la mauvaise orientation est un facteur important du décrochage scolaire, qui lui-même
est lié à une mauvaise santé mentale, illustrant les liens complexes entre orientation, réussite
scolaire et bien-être psychologique. L’importance d’une prise en charge globale incluant soutien
scolaire, psychologique et accompagnement orientant est soulignée pour prévenir ces
consé[Link], la mauvaise orientation scolaire ne se limite pas à un mauvais choix
professionnel ou éducatif, elle affecte profondément la santé mentale des jeunes, leur bien-être et
leurs trajectoires scolaires.
L’orientation académique joue un rôle essentiel dans la réussite universitaire et l’équilibre
psychologique des étudiants, car elle conditionne l’adéquation entre leurs aptitudes, leurs intérêts et
les exigences de la formation choisie. Lorsqu’elle est mal conduite, elle peut générer des tensions
internes, un sentiment d’inadéquation et une vulnérabilité accrue au stress.
Dans les établissements d’enseignement supérieur, ce phénomène prend une importance
particulière en raison de la complexité des programmes et de la pression liée à la performance. Une
orientation inadaptée peut alors entraîner une désorganisation du parcours de formation, une baisse
de motivation, des difficultés d’apprentissage et, surtout, des manifestations de détresse
psychologique. De nombreux travaux soulignent en effet que le manque d’accompagnement dans le
choix de filière constitue un facteur pouvant contribuer à l’apparition de troubles anxieux,
d’épuisement émotionnel ou de perte d’estime de soi.
Dans ce contexte général, les filières exigeantes telles que les sciences exactes représentent un
environnement encore plus sensible. Leur caractère rigoureux, leur volume de travail élevé et leurs
exigences méthodologiques strictes demandent une préparation cognitive et motivationnelle solide.
Lorsqu’un étudiant s’y retrouve sans y être réellement disposé ou sans l’avoir choisi en fonction de
ses caractéristiques personnelles, le risque de surcharge mentale et de décrochage psychologique
devient particulièrement important.
À l’ISP Bukavu, des observations récentes font apparaître un nombre croissant d’étudiants de la
section des sciences exactes qui expriment des signes de mal-être : stress persistant, démotivation,
anxiété face aux évaluations, sentiment d’incompétence ou isolement social. Ces manifestations
laissent supposer que certains étudiants n’ont pas intégré cette section par choix éclairé, mais plutôt
à la suite d’une orientation insuffisamment réfléchie ou imposée par des influences externes.
L’orientation académique constitue un moment déterminant dans le développement personnel et
professionnel de l’étudiant. Les théories classiques, notamment celle de Holland (1997) sur la
congruence entre la personnalité et l’environnement d’apprentissage ou encore celle de Super
(1990) sur le développement vocationnel, soulignent que l’adéquation entre le profil de l’étudiant et
le programme choisi influence fortement son engagement, sa motivation et son bien-être
psychologique. Lorsqu’elle est inadéquate, l’orientation devient un facteur de risque susceptible
d’entraîner anxiété, désorganisation et perte de sens dans le parcours de formation.
Dans l’enseignement supérieur, ce problème prend une dimension plus critique. Plusieurs travaux,
dont ceux de Tinto (1993) sur la persévérance universitaire et de Deci & Ryan (2000) sur la théorie de
l’autodétermination, montrent que les étudiants orientés vers une filière non choisie ou non
comprise éprouvent une baisse significative de motivation intrinsèque, un sentiment de faible
compétence et une vulnérabilité accrue aux troubles psychologiques. Selon Bandura (1997), le
manque de sentiment d’efficacité personnelle, souvent observé chez les étudiants mal orientés,
favorise l’apparition du stress, du découragement et du désengagement.
Cette situation est particulièrement sensible dans les filières les plus exigeantes, telles que les
sciences exactes. Les travaux de Cognitive Load Theory (Sweller, 1988) rappellent que la charge
cognitive imposée par des tâches complexes devient difficilement supportable lorsque l’étudiant ne
possède pas les prérequis ou la motivation adéquate. Dans ces contextes, une orientation inadaptée
peut donc conduire à une surcharge mentale, à la baisse de performance, puis à des troubles tels que
l’épuisement académique (Schaufeli et al., 2002) ou l’anxiété liée aux études.
À l’ISP Bukavu, plusieurs observations indiquent que des étudiants inscrits en sciences exactes
manifestent des signes de mal-être : stress chronique, démotivation, sentiment d’incompétence ou
retrait socio-académique. Ces manifestations évoquent les caractéristiques du « mal-ajustement
vocationnel » décrit par Guichard & Huteau (2001), selon lequel l’étudiant placé dans un contexte
incompatible avec ses intérêts ou ses capacités développe progressivement une détresse
psychologique. De plus, dans les milieux où l’accompagnement en orientation reste limité, comme le
soulignent Kamanzi (2010) et Ndahayo (2017) dans leurs travaux sur l’Afrique des Grands Lacs, les
risques liés à une orientation inadéquate sont encore plus accentués.
Voici nos questions de recherche :
C’est donc, ainsi que nous nous posons la question générale suivante :
Quelle est l’incidence de la mauvaise orientation académique sur la santé mentale des étudiants de
la section sciences exactes de l’ISP/Bukavu ?
De cette question générale nous dégageons les questions spécifiques suivantes :
Quels sont les facteurs qui contribuent à une mauvaise orientation académique des étudiants de la
section sciences exactes au sein de l’ISP/Bukavu ?
Quelles sont les manifestations les plus courantes de problème de santé mentale observées chez les
étudiants de la section sciences exactes de l’ISP/Bukavu ?
0.2. HYPOTHESES DU TRAVAIL
0 .2. Hypothèse générale
La mauvaise orientation académique a une incidence négative sur la santé mentale des étudiants de
la section sciences exactes de l’ISP/Bukavu
O.2.2. Hypothèses spécifiques
1. Le manque des conseillers d’orientation scolaire et professionnelle au sein de l’ISP/Bukavu,
combiné à la pression familiale et l’imitation sociale seraient les facteurs clé, de la mauvaise
orientation académique des étudiants.
2. Les étudiants mal orientés à l’ISP/Bukavu présenteraient le stress, l’anxiété, la démotivation et des
symptômes dépressifs.