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Électromagnétisme : Régimes Quasi-Stationnaires

Ce document présente un cours sur l'électromagnétisme, axé sur l'étude des régimes quasi-stationnaires et l'induction électromagnétique. Il aborde les équations de Maxwell, les phénomènes d'induction dans des circuits, ainsi que la densité d'énergie électromagnétique. Le chapitre souligne l'importance de l'Approximation des Régimes Quasi-Stationnaires (ARQS) dans l'analyse des circuits électriques.

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Électromagnétisme : Régimes Quasi-Stationnaires

Ce document présente un cours sur l'électromagnétisme, axé sur l'étude des régimes quasi-stationnaires et l'induction électromagnétique. Il aborde les équations de Maxwell, les phénomènes d'induction dans des circuits, ainsi que la densité d'énergie électromagnétique. Le chapitre souligne l'importance de l'Approximation des Régimes Quasi-Stationnaires (ARQS) dans l'analyse des circuits électriques.

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Université Ibn Tofail

Licence de Physique PC S3 Faculté des Sciences


Année universitaire 2024-2025 Département de physique
Kénitra

Cours d’électromagnétisme dans le vide

Chapitre I
Etude des régimes quasi-stationnaires

Responsable de module :
Pr. Abdelkrim MANAR

1
Sommaire
I. Régime quasi-stationnaire
I.1. Introduction
I.2. ARQS et équations de Maxwell
I.2.1. Les quatre équations de Maxwell en régime stationnaire
I.2.1.1. Equation Maxwell-Ampère
I.2.1.2. Equation Maxwell – Thomson
I.2.1.3. Equation de Maxwell-Gauss
I.2.1.4. Equation de Maxwell-Faraday
I.3. Induction électromagnétique
I.3.1. Circuit en mouvement dans un champ magnétique constant (uniforme ou non)
I.4. Loi de Faraday
I.5. Sens du courant induit : Loi de Lenz
I.5.1. Enoncé de La Loi de Lenz
I.5.2. Loi de modération de Lenz
I.5.3. Généralisation : cas d’un circuit filiforme
I.6. Phénomènes d’induction dans un circuit fixe placé dans un champ 𝑩 ⃗⃗ variable
I.6.1. Expression du champ électromoteur (𝐸⃗𝑚 )
I.6.2. Extension de la notion de champ électrique
I.6.3. Relation de Maxwell-Faraday en ARQS
I.6.4. Relation de Maxwell-Gauss en ARQS
I.7. Coefficients d’induction
I.7.1. Coefficients d’induction mutuelle de deux circuits
I.7.2. Coefficient d’auto-induction L
I.7.3. Matrice induction mutuelle
I.8. Energie électromagnétique
I.8.1. Définition
I.8.2. Energie électromagnétique dans un circuit unique
I.8.3. Cas de deux circuits filiformes (C1) et (C2)
I.9. Densité volumique d’énergie électromagnétique
I.9.1. Energie électromagnétique
I.9.2. Localisation de l’énergie électromagnétique : densité d’énergie électromagnétique
I.9.3. Energie électromagnétique dans le cas des circuits non filiformes

Bibliographie

2
Ce chapitre est consacré à l’étude du mouvement des charges électriques dans un conducteur,
éventuellement mobile, en présence d’un champ électromagnétique susceptible de varier dans le
temps. L’ensemble des phénomènes électriques qui apparaissent est appelé induction
électromagnétique.

I. Régime quasi-stationnaire
I.1. Introduction

Les régimes quasi-stationnaires sont des régimes lentement (ou quasiment) variables pour que les lois
en régime stationnaire y puissent être appliquées instantanément. Cette théorie est dite aussi
Approximation des Régimes Quasi-Stationnaires (ARQS). L’approximation consiste à négliger la durée
de propagation du signal électrique 𝜏𝑝 entre deux points 𝑃 et 𝑀 du circuit (distants d’une longueur 𝑙
(Fig. 1)) vis à vis d’un temps ∆𝑡 = 𝑇 caractéristique d’évolution des grandeurs physiques, autrement dit,
le temps 𝜏𝑝 est très petit devant le temps ∆𝑡 de modification des sources 𝜌 ou 𝑗 et la vitesse de
propagation peut être considérée infinie..

𝜏𝑝

Figure 1 : Signal électrique enregistré en deux points différents


distants de 𝑙 montrant un déphasage temporel 𝜏𝑝

Analogie :
On peut comprendre cette approche ARQS par analogie avec le démarrage des véhicules
(représentant ici les électrons) à un feu qui vient de passer au vert : toutes les voitures de la file ne
démarrent pas en même temps, il faut un certain temps pour que l’information « remonte la file » et
que la dernière voiture démarre. Cette vitesse à laquelle l’information remonte est liée au temps de
réaction des conducteurs et n’a rien à voir avec les 60 km/h (représentant ici la vitesse de la lumière
dans le vide) auxquels se déplacent les voitures une fois qu’elles peuvent rouler librement. À titre

3
indicatif, les électrons dans un fil se déplacent à une vitesse de l’ordre de 105 à 106 𝑚/𝑠, qui est donc
100 à 1000 fois plus faible que c.

Dans le cas d’un signal sinusoïdal de période 𝑇 et de fréquence 𝑓, l’ARQS est valable si :
1
𝜏𝑝 ≪ 𝑇 =
𝑓

ARQS non vérifiée ARQS vérifiée

Figure 2 : Deux signaux électriques enregistrés en deux points


différents distants de 𝑙 montrant un temps 𝜏𝑝 différent

L’ARQS s’applique pour des circuits dont la taille est faible vis-à-vis de la longueur d’onde 𝜆 du signal.
Ainsi, en électrocinétique, on considère que l’intensité du courant est la même en tout point d’un fil,
négligeant en cela le temps de propagation.
La longueur 𝑙 entre 𝑃 et 𝑀 doit vérifier :
𝑐
𝑙 = 𝑐𝜏𝑝 ≪ ⟹ 𝜆≫𝑙
𝑓
𝑐 = 3. 108 𝑚/𝑠 est la vitesse de la lumière dans le vide.

A.N.
• pour 𝑓 = 50𝐻𝑧 (𝑇 = 2. 10−2 𝑠 ∶ réseau ONE) : 𝜆 = 𝑐⁄𝑓 = 6000𝑘𝑚 ; 𝐿 ≪ 𝜆 est aisément
réalisée ! A l’échelle de notre pays, le transport de l’électricité peut être traité dans le cadre de
l’ARQS.
• pour 𝑓 = 1𝑀𝐻𝑧 (fréquence usuellement utilisée en TP) : 𝜆 = 𝑐⁄𝑓 = 300𝑚 ;
• pour 𝑓 = 1𝑘𝐻𝑧 (fréquence maximale utilisée en TP) : 𝜆 = 𝑐⁄𝑓 = 300𝑘𝑚 ;

L’ARQS sera donc valide dans toutes les situations que nous étudierons. Autrement dit, l’ARQS néglige
les phénomènes de propagation mais pas les phénomènes d’induction.

4
I.2. ARQS et équations de Maxwell
I.2.1. Les quatre équations de Maxwell en régime stationnaire
I.2.1.1. Equation Maxwell - Ampère

On a vu que la circulation du champ magnétique sur un contour fermé Γ orienté dans un sens arbitraire,
s’appuyant sur une surface Σ (théorème d’Ampère), s’écrit :

⃗ . 𝑑𝑙 = 𝜇0 ∬ 𝑗. 𝑑𝑆
𝒞 = ∮𝐵
𝛤 𝛴

D’après Stokes (voir annexe II), on peut écrire :

⃗ . 𝑑𝑙 = ∬ →
∮𝐵 𝑟𝑜𝑡𝐵 . 𝑑𝑆
𝛤 𝛴

On en déduit que :

∬ 𝑟𝑜𝑡𝐵 . 𝑑𝑆 = ∬ 𝜇0 . 𝑗. 𝑑𝑆
𝛴 𝛴

D’où :

𝑟𝑜𝑡𝐵 = 𝜇0 . 𝑗 (𝑀 − 𝐴)

I.2.1.2. Equation Maxwell – Thomson

Dans le contexte d’une distribution filiforme, on sait que :

𝜇0 ⃗⃗⃗ ∧ 𝑢
𝐼𝑑𝑙 ⃗ 𝑃𝑀
⃗ (𝑀) =
𝐵 .∫
4𝜋 2
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖𝑃𝑀
𝐶

𝜇0 𝐼 𝑢

⃗ = ⃗∇. 𝐵
𝑑𝑖𝑣𝐵 ⃗ = ⃗⃗⃗ ∧ 𝑃𝑀 )
. ∫ ⃗∇. (𝑑𝑙
4𝜋 2
𝐶
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖𝑃𝑀
⃗ ∧𝑉
Utilisons maintenant l’identité : 𝑑𝑖𝑣(𝑈 ⃗ ) = ⃗∇. (𝑈
⃗ ∧𝑉
⃗)=𝑉
⃗ . ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝑈 − 𝑈 ⃗ . ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝑉 (voir annexe II,
relation 7). On pose :
⃗ 𝑃𝑀
𝑢
⃗ = ⃗⃗⃗
𝑈 𝑑𝑙 et ⃗ =
𝑉 2
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖𝑃𝑀

5
𝜇0 𝐼 𝑢
⃗ 𝜇 𝐼 𝑢
⃗ 𝑢
⃗ 𝑃𝑀
⃗ =
𝑑𝑖𝑣𝐵 .∫ ∇ ⃗⃗⃗ ∧ 𝑃𝑀 ) = 0 . ∫ [ 𝑃𝑀 . ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗ 𝑀 . (𝑑𝑙 ⃗⃗⃗ . ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝑀 𝑑𝑙 − 𝑑𝑙 𝑟𝑜𝑡𝑀 [
4𝜋 2 4𝜋 2 2 ]]
𝐶
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖𝑃𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖𝑃𝑀 𝐶
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖𝑃𝑀

⃗⃗⃗ ne dépendant pas de M on a ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗


La première intégrale est nulle, car 𝑑𝑙 𝑟𝑜𝑡𝑀 𝑑𝑙 = 0 ⃗ . La seconde intégrale
⃗ 𝑃𝑀
𝑢
est également nulle. En effet, 2 est le résultat d’un gradient d’une fonction scalaire :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖𝑃𝑀

𝑢
⃗ 𝑃𝑀 1 1 𝑢
⃗ 𝑃𝑀 1
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
= −𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗ .(
= −∇ ) 𝑒𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡 ⃗ ∧∇
= −∇ ⃗ .( ⃗
)=0
2 𝑟 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖ 2 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖𝑃𝑀 ‖𝑃𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖𝑃𝑀 ‖𝑃𝑀

et le rotationnel d’un gradient est nul ! Finalement, on établit alors la relation :

⃗ =0
𝑑𝑖𝑣𝐵 (𝑀 − 𝑓𝑙𝑢𝑥)

I.2.1.3. Equation Maxwell - Gauss

𝑞𝑖𝑛𝑡
⃗⃗⃗⃗ =
𝛷𝑒 = ∯ 𝐸⃗ .𝑑𝑆 (𝑇ℎé𝑜𝑟è𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝐺𝑎𝑢𝑠𝑠)
𝜀0
𝛴

𝑞𝑖𝑛𝑡 𝜌
⃗⃗⃗⃗ = ∭ 𝑑𝑖𝑣 𝐸⃗ . 𝑑𝜏
∯ 𝐸⃗ .𝑑𝑆 𝑒𝑡 = ∭ 𝑑𝜏
𝜀0 𝜀0
𝛴 𝒱 𝒱

𝜌
D’où : 𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ = 𝜀 (𝑀 − 𝐺)
0

I.2.1.4. Equation Maxwell - Faraday

On a vu que la circulation du champ électrique sur un contour fermé Γ, s’appuyant sur une surface Σ,
est nulle :

𝒞 = ∮ 𝐸⃗ . 𝑑𝑙 = 0
𝛤

D’après Stokes (voir annexe II), on peut écrire :



∮ 𝐸⃗ . 𝑑𝑙 = ∬ 𝑟𝑜𝑡𝐸 . 𝑑𝑆 = 0
𝛤 𝛴

→ →
On déduit : 𝑟𝑜𝑡𝐸 = 0 (𝑀 − 𝐹)

On admet que dans l’ARQS, tout revient à conserver les équations de Maxwell relatives au champ
magnétique, vues auparavant ; à savoir :

⃗ =0 →
𝑑𝑖𝑣𝐵 𝑒𝑡 𝑟𝑜𝑡𝐵 = 𝜇0 . 𝑗

6
En conséquence, les équations décrivant le champ magnétique de l’ARQS sont identiques à celles des
régimes stationnaires ; en ARQS, le champ magnétique vérifie les lois de la magnétostatique (propriétés
de symétrie, flux conservatif, théorème d’Ampère dans sa version simple).
Sachant que la divergence d’un rotationnel est toujours nulle :

𝑑𝑖𝑣 𝑟𝑜𝑡𝐵 = 𝜇0 . 𝑑𝑖𝑣𝑗 = 0 ⟹ 𝑑𝑖𝑣𝑗 = 0

❖ dans le cadre de l’ARQS, le vecteur courant est à flux conservatif ;


❖ le flux de 𝑗 à travers une surface fermée et orientée est nul ;
❖ on retrouve la loi des nœuds appliquée en électrocinétique.

Les deux autres équations de Maxwell relatives au champ électrique 𝐸⃗ seront étudiées plus loin.

I.3. Induction électromagnétique


I.3.1. Circuit en mouvement dans un champ magnétique constant (uniforme ou non)

Maintenant, imaginons un circuit (purement résistif) fermé sur un


galvanomètre susceptible de déceler l’apparition d’un courant, et approchons-
le d’un aimant fixe (Figure 3) : tant que dure le déplacement, le galvanomètre
dévie. Si on immobilise le circuit, le galvanomètre revient au zéro.
Ramenons maintenant le circuit à sa position de départ : pendant tout
le mouvement, il y a encore déviation du galvanomètre, mais en sens inverse
Figure 3 : Circuit fermé
de la précédente. Dès le retour du circuit à l’immobilité, le galvanomètre sur un galvanomètre en
revient au zéro. approche d’un aimant
fixe
Le mouvement du circuit dans le champ magnétique créé par l’aimant, induit donc un courant
dans le circuit, comme s’il y apparaissait, le temps du déplacement, un générateur en série dont la
polarité s’inverse lorsque le sens du déplacement s’inverse. On dit que le circuit est le siège d’un
phénomène d’induction électromagnétique.
Les phénomènes d’induction électromagnétique consistent en l’apparition de courant
électrique ou de force électromotrice induite. Le circuit se comporte comme un générateur
électrocinétique. En général ce phénomène résulte de deux cas :
➢ induction dite de Neumann : Le circuit électrique est immobile (indéformable) dans un champ
⃗ (𝑡) (Fig. 4a).
magnétique variable 𝐵

➢ induction de Lorentz : Le circuit électrique est mobile (déformé) dans un champ magnétique 𝐵
constant (Fig. 4b).

7
(𝑎) (𝑏)

Figure 4 : Circuit fermé en présence d’un aimant permanent :


(a) : expérience de Neumann
(b) : expérience de Lorentz

I.4. Loi de Faraday

On peut interpréter ces phénomènes d’induction par la manifestation de la


force magnétique qui, au cours du déplacement du circuit comme exemple,
met en mouvement les charges mobiles que contient ce dernier.

Soit, en effet, un circuit conducteur (C) plongé dans un champ magnétique 𝐵
constant (Figure 5). Orientons (C) arbitrairement en y définissant en chaque
point un vecteur unitaire 𝑒𝑡 tangent, de même sens que l’orientation choisie.

Alors, si (C) effectue la translation 𝑀𝑀′ pendant le laps de temps
𝑒𝑡
infinitésimal 𝑑𝑡, les charges mobiles q contenues dans un élément de

longueur 𝛿𝑙 du circuit prennent la vitesse 𝑣 = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗


𝑀𝑀′⁄𝑑𝑡 dans le champ
⃗ et subissent, de ce fait, la force magnétique𝑓𝑚 = 𝑞(𝑣 ∧ 𝐵
𝐵 ⃗ ). Mais,

comme ces charges ne peuvent sortir du circuit, leur mouvement à

l’intérieur de celui-ci est régi par la coordonnée de 𝑓𝑚 selon 𝑒𝑡 , soit par


:
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀𝑀′
⃗ ). 𝑒𝑡 = 𝑞 ( ⃗ ) . 𝑒𝑡 Figure 5 : Circuit fermé en mouvement
𝑓𝑚 . 𝑒𝑡 = 𝑞(𝑣 ∧ 𝐵 ∧𝐵
𝑑𝑡 dans un champ magnétique constant

Tout se passe donc, en définitive, comme si les charges mobiles étaient soumises à un champ

électromoteur 𝐸⃗𝑚 = 𝐸𝑚 . 𝑒𝑡 (avec 𝐸𝑚 > 0 𝑜𝑢 < 0), et l’élément 𝛿𝑙 se comportant comme un


générateur de f.e.m infinitésimale « 𝒅𝒆». La f.e.m d’un générateur est définie comme la circulation
interne de son champ électromoteur depuis le pôle de plus bas potentiel jusqu’à celui de potentiel le
plus élevé, était une grandeur nécessairement > 0.

8
Il est commode d’écrire, ici, 𝒅𝒆 comme la circulation élémentaire :
𝒅𝒆 = 𝐸⃗𝑚 . 𝛿𝑙𝑒𝑡 = 𝐸𝑚 𝛿𝑙
et de la transformer ainsi en une grandeur algébrique, qui est positive lorsque le sens arbitraire choisi
pour 𝑒𝑡 est le même que celui de 𝐸⃗𝑚 , et négative dans le cas contraire (𝛿𝑙 étant positive par nature).

Le champ 𝐸⃗𝑚 peut être obtenu en posant qu’il y a identité des coordonnées de forces 𝑞𝐸𝑚 et 𝑓𝑚 . 𝑒𝑡 ;
d’où il vient :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀𝑀′
𝐸𝑚 = ( ⃗ ) . 𝑒𝑡
∧𝐵
𝑑𝑡

⃗⃗⃗ :
Soit, en multipliant les deux membres par 𝛿𝑙 et en posant 𝛿𝑙. 𝑒𝑡 = 𝛿𝑙
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀𝑀′ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀𝑀′ 1 1 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐸𝑚 𝛿𝑙 = ( ∧𝐵 ⃗⃗⃗ = (𝛿𝑙
⃗ ) . 𝛿𝑙 ⃗⃗⃗ ∧ ).𝐵 ⃗⃗⃗ ∧ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗ = (𝛿𝑙 𝑀𝑀′) . 𝐵 ⃗ = − (𝑀𝑀′ ⃗⃗⃗ ) . 𝐵
∧ 𝛿𝑙 ⃗
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡

Puisque : 𝒲 = 𝑞. 𝑒 = ∫ 𝐹 . ⃗⃗⃗ ⃗ ). ⃗⃗⃗


𝛿𝑙 = 𝑞 ∫ (𝑣 ∧ 𝐵 𝛿𝑙 ⃗ ). ⃗⃗⃗
→ 𝑒 = ∫ (𝑣 ∧ 𝐵 𝛿𝑙 = ∫ 𝐸⃗𝑚 . ⃗⃗⃗
𝛿𝑙
On a, par conséquent :
1 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑒 = 𝐸𝑚 𝛿𝑙 = − (𝑀𝑀′ ∧ ⃗⃗⃗ ⃗
𝛿𝑙 ) . 𝐵
𝑑𝑡
Ainsi, la f.e.m « induite » dans le circuit tout entier, par le déplacement, est :

1 𝑑Φ𝑐
𝒆 = ∮ 𝒅𝒆 = − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗′ ∧ ⃗⃗⃗
∮ (𝑀𝑀 ⃗ =−
𝛿𝑙 ). 𝐵
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑪 𝐶

puisque l’intégrale représente le flux coupé par le déplacement infinitésimal de (C). Comme elle
représente également la variation du flux 𝑑Φ𝑐 embrassé par (C), on peut écrire :
𝑑Φ𝑐 𝑑Φ𝑒
𝒆=− =−
𝑑𝑡 𝑑𝑡
égalités qui constituent la Loi de Faraday.

Remarques :
𝑑Φ𝑐 𝑑Φ𝑒
1. La grandeur 𝒆, telle que définie par la relation 𝒆 = − 𝑑𝑡
=− 𝑑𝑡
, s’appelle force

électromotrice d’induction.
2. La Loi de Faraday est encore vérifiée si, le circuit restant fixe, et c’est l’aimant qui se déplace
(bien qu’alors on ne puisse plus définir, à proprement parler, de vitesse de déplacement des
charges dans le circuit, sinon par rapport au champ magnétique). Elle l’est toujours, si tout reste
⃗ seul variant (comme dans le cas où ce champ est produit par une spire fixe
immobile, 𝐵
parcourue par un courant d’intensité variable).

9
I.5 Sens du courant induit : Loi de Lenz

D’après les conventions de signe adoptées, le sens arbitraire choisi sur(C) définit, par la règle du tire-
⃗ à toute surface s’appuyant sur ce circuit et, en
bouchon, le sens du vecteur unitaire normale 𝑁
conséquence, le signe du flux embrassé par ce circuit ; et le signe de 𝑒, qui est positif si le sens du courant
produit est celui choisi pour (C).
Toute variation positive de flux magnétique à travers un circuit (C) mène à l’apparition d’une f.é.m
d’induction 𝒆 négative donnée par :
𝑑Φ𝑐 𝑑Φ𝑒
𝒆=− =− = 𝑅𝑖
𝑑𝑡 𝑑𝑡
donc un courant dans (C) qui produit un champ dont le flux s’oppose, en définitive, à cette augmentation
du flux embrassé et une quantité de charges induite :

∆𝑞 = − ∆Φ⁄𝑅

I.5.1 Enoncé de La Loi de Lenz

Les effets de l'induction s'opposent à la cause qui leur a donné naissance. C'est la traduction du signe
"-" de la loi de Faraday.
𝑑Φ
⃗ ↗ ⇒
𝐵 ⃗ 𝑖𝑛𝑑𝑢𝑖𝑡 s’oppose à l’augmentation du flux (loi de Lenz)
>0 ⇒ 𝑒<0 ⇒ 𝑖<0 ⇒ 𝐵
𝑑𝑡
𝑑Φ
⃗ ↘ ⇒
𝐵 ⃗ 𝑖𝑛𝑑𝑢𝑖𝑡 s’oppose à la diminution du flux (loi de Lenz).
<0 ⇒ 𝑒>0 ⇒ 𝑖>0 ⇒ 𝐵
𝑑𝑡

La présence du signe – dans la loi de Lenz-Faraday a une signification profonde : elle décrit le
comportement modérateur du phénomène d’induction et traduit comme nous allons le voir la
conservation de l’énergie.

I.5.2 Loi de modération de Lenz

Pour illustrer cette loi, prenons l’exemple d’un cadre qui


⃗ (Fig. 6). La
pénètre dans une zone de champ magnétique 𝐵
spire carrée est le siège d’un courant induit 𝑖 = 𝐵𝑎𝑣/𝑅 qui
provoque l’apparition d’une force de Laplace :
(𝐵𝑎)2 𝑣 Figure 6 : cadre pénétrant dans une zone
⃗⃗⃗⃗⃗ ∧ 𝐵
𝐹𝐿 = 𝑖𝐵𝐶 ⃗ =−
𝑅 de champ magnétique 𝐵 ⃗ constant

10
qui s’oppose au mouvement en exerçant un effet de freinage visqueux. Ainsi, les effets
électromagnétiques issus de l’apparition du courant induit ont tendance à modérer le phénomène
d’induction en freinant la spire et atténuant la variation du flux total.

Enoncé :
La polarité de la tension induite est telle que si le courant peut circuler, souvent les effets qu’il génère
s’opposent à la cause qui lui a donné naissance.

Du fait de la force de freinage, l’opérateur doit produire un travail pour maintenir la vitesse de la spire
constante. Le travail mécanique à fournir vaut :
𝑎
𝐵2 𝑎3 𝑣
⃗⃗⃗ = −
𝒲 = − ∫ 𝐹𝐿 . 𝑑𝑙
𝑅
0

Pendant le même temps, l’énergie électrique dissipée par effet joule vaut :
𝑎⁄𝑣
𝐵2 𝑎3 𝑣
𝒲′ = ∫ 𝑅𝑖 2 . 𝑑𝑡 =
𝑅
0

Comme on le constate, l’énergie mécanique apportée par l’opérateur afin de pousser le cadre
conducteur pour maintenir sa vitesse constante est convertie en terme d’effet Joule. La loi de
modération est le résultat de cette conversion d’énergie.
En présence d’un champ magnétique stationnaire, la puissance de la force électromotrice induite est
opposée à la puissance des forces de Laplace.
𝒫𝐿 + 𝒫𝑒𝑚 = 0

I.5.3 Généralisation : cas d’un circuit filiforme

Le résultat précédent se généralise pour tout circuit filiforme


en mouvement dans un champ magnétique uniforme.
Considérons un circuit (C) filiforme fermé de forme quelconque
soumis à un mouvement et/ou à une déformation au cours du
temps. Notons 𝑣𝑝 la vitesse de déplacement d’un point P du
circuit C. Figure 7 : Le circuit (C) balaye une surface
Σ entre les instants 𝑡 et 𝑡 + 𝑑𝑡 dans un
champ magnétique uniforme.

Notons 𝜙(𝑡) le flux magnétique à travers (C) à l’instant 𝑡 et 𝜙(𝑡 + d𝑡) celui à travers le circuit à l’instant
𝑡 + d𝑡. Lors de son déplacement, le circuit balaye une surface latérale Σ, de sorte que la réunion de Σ et

11
de la surface des spires aux deux instants 𝑡 et 𝑡 + d𝑡 forme une surface fermée. En vertu du
paragraphe I.7.2 du chapitre 0 (Conservation du flux magnétique) on a :

⃗ . 𝑛⃗𝑒𝑥𝑡 𝑑𝑆 = 0
∯𝐵
𝑆

⃗ . 𝑛⃗𝑒𝑥𝑡 𝑑𝑆 = 0
ϕ(t) − ϕ(t + dt) + ∬ 𝐵
Σ

⃗ . 𝑛⃗ 𝑑𝑆
ϕ(t) = ∬ 𝐵
S

Pendant d𝑡, le flux magnétique à travers la spire varie donc de :

⃗ . 𝑛⃗𝑒𝑥𝑡 𝑑𝑆
dϕ = ϕ(t + dt) − ϕ(t) = ∬ 𝐵
Σ

Exprimons l’élément de surface latérale en fonction de l’élément de parcours infinitésimal ⃗⃗⃗


𝑑𝑙 et 𝑣𝑝 :

𝑛⃗𝑒𝑥𝑡 𝑑𝑆 = 𝑣𝑝 𝑑𝑡 ∧ ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 . Il en découle :

⃗ . (𝑣𝑝 ∧ ⃗⃗⃗
⃗ . 𝑛⃗𝑒𝑥𝑡 𝑑𝑆 = ∬ 𝐵
dϕ = ∬ 𝐵 𝑑𝑙 )𝑑𝑡 = − |∮ ⃗⃗⃗ ⃗ )| 𝑑𝑡 = − |∮ ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 . (𝑣𝑝 ∧ 𝐵 𝑑𝑙 . 𝐸⃗𝑚 | 𝑑𝑡
Σ Σ C C

⃗ s’interprète
La f.é.m induite par le déplacement d’un circuit dans un champ magnétique permanent 𝐵
comme la circulation du champ électromoteur de Lorentz 𝐸⃗𝑚 = 𝑣𝑝 ∧ 𝐵
⃗ le long du circuit :

𝑑𝜙
𝑒(𝑡) = − = ∮ 𝐸⃗𝑚 . ⃗⃗⃗
𝑑𝑙
𝑑𝑡
C

I.6 ⃗ variable
Phénomènes d’induction dans un circuit fixe placé dans un champ 𝐵
I.6.1 Expression du champ électromoteur (𝐸⃗𝑚 )

⃗ variable. Comme 𝑑𝑖𝑣𝐵


Soit un circuit (C) plongé dans un champ 𝐵 ⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗ = 0 et 𝐵 𝑟𝑜𝑡𝐴, en utilisant le
théorème de Stokes on obtient :

𝑑𝜙 𝑑 𝑑 𝑑 𝜕𝐴 ⃗⃗⃗
𝑒(𝑡) = − = − ∬𝐵 ⃗⃗⃗⃗ = − ∬ 𝑟𝑜𝑡𝐴
⃗ . 𝑑𝑆 ⃗⃗⃗⃗ = − ∮ 𝐴. 𝑑𝑙
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ . 𝑑𝑆 ⃗⃗⃗ = − ∮ . 𝑑𝑙
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝜕𝑡
𝑆 𝑆 C C

Or, d’après ce qui précède :

⃗⃗⃗
𝑒(𝑡) = ∮ 𝐸⃗𝑚 . 𝑑𝑙
C

12
on en déduit alors par identification :

𝜕𝐴
𝐸⃗𝑚 = −
𝜕𝑡
Remarque importante :
⃗ variable), le champ
Lorsque les deux phénomènes coexistent (circuit (C) mobile dans une induction 𝐵
électromoteur s’écrit sous la forme :

𝜕𝐴
𝐸⃗𝑚 = 𝑣 ∧ 𝐵
⃗ −
𝜕𝑡
Le champ électromoteur est parfois appelé champ électrique d’induction. Il présente des propriétés
différentes de celles du champ électrostatique.

I.6.2 Extension de la notion de champ électrique

Supposons qu’en plus des phénomènes d’induction, il règne dans la région considérée un champ 𝐸⃗𝑠
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉.
d’origine électrostatique : 𝐸⃗𝑠 = −𝑔𝑟𝑎𝑑

(∮ 𝐸⃗𝑠 . ⃗⃗⃗ 𝑟𝑜𝑡𝐸𝑠 . ⃗⃗⃗⃗


𝑑𝑙 = ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑆 = ∆𝑉 = 0 ⟹ 𝑟𝑜𝑡𝐸𝑠 = ⃗0)
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑐 𝑆

– D’une part, une charge q du circuit sera soumise à la force totale :

𝑓𝑡 = 𝑞(𝐸⃗𝑚 + 𝐸⃗𝑠 )
𝜕𝐴 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉)
⃗ −
𝑓𝑡 = 𝑞 (𝑣 ∧ 𝐵 − 𝑔𝑟𝑎𝑑 (1)
𝜕𝑡

– D’autre part, la force de Lorentz qui s’exerce sur cette charge est égale à :

𝑓𝑚 = 𝑞(𝐸⃗ + 𝑣 ∧ 𝐵
⃗) (2)
Par identification des deux relations (1) et (2), on en déduit l’expression de 𝐸⃗ :
𝜕𝐴 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉
𝐸⃗ = − − 𝑔𝑟𝑎𝑑 (3)
𝜕𝑡

Par définition, le vecteur 𝐸⃗ de la relation (3) s’appelle vecteur champ électrique généralisé. En régime
variable, le champ électrique présente une composante non conservative, appelé champ électromoteur
𝜕𝐴
de Neumann : 𝐸⃗𝑚 = − 𝜕𝑡 .

Comme l’ensemble {𝐸⃗ , 𝐵


⃗ } constitue le champ électromagnétique, l’ensemble {𝑉, 𝐴} constitue le

potentiel électromagnétique. On peut montrer que le couple {𝑉, 𝐴}, est ainsi défini d’une manière

équivoque. En effet, supposons qu’un autre couple {𝑉′, 𝐴′}, soit tel que :
𝜕𝐴′
𝐸⃗ = − 𝜕𝑡 − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑𝑉′ ⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
et 𝐵 𝑟𝑜𝑡𝐴′

13
On a : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝜑 avec
𝐴′ = 𝐴 + 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝜑 une fonction scalaire du point.
𝜕𝐴′ 𝜕𝜑
On déduit que : 𝐴 = 𝐴′ − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑𝜑  𝐸⃗ = − 𝜕𝑡 + ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝜕𝑡 − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑𝑉
𝜕𝐴′ 𝜕𝜑
Soit : 𝐸⃗ = − − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑉 − ).
𝜕𝑡 𝜕𝑡
𝜕𝐴′ 𝜕𝜑
Or, 𝐸⃗ = − 𝜕𝑡 − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑𝑉′, alors 𝑉′ = 𝑉 − 𝜕𝑡
.

Nous venons de démontrer que les potentiels {𝑉, 𝐴} d’une part, et {𝑉′, 𝐴′} d’autre part, conduisent au

même champ 𝐸⃗ pourvu que l’on ait :

⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝜑 𝜕𝜑
𝐴 = 𝐴′ − 𝑔𝑟𝑎𝑑 et 𝑉′ = 𝑉 − 𝜕𝑡
.

I.6.3 Relation de Maxwell-Faraday en ARQS

De la relation (3) on en déduit : 𝑟𝑜𝑡𝐸 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝜕𝐴 − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗


⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = − 𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉)
𝑟𝑜𝑡(𝑔𝑟𝑎𝑑
𝜕𝑡

𝜕⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝐴 ⃗
𝜕𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝐸 = − =−
𝜕𝑡 𝜕𝑡
Donc :
𝜕𝐵 ⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝐸 = − (Equation de Maxwell-Faraday) (4)
𝜕𝑡

⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ≠ ⃗0) ; le champ électrique n’est plus


En ARQS, le champ électrique ne dérive plus d’un gradient (𝑟𝑜𝑡𝐸
à circulation conservative et les lignes de champ électrique peuvent se refermer sur elles-mêmes.
Cette équation, dite de Maxwell-Faraday, constitue une relation générale et fondamentale de
l’électromagnétisme. C’est l’une des équations fondamentale de Maxwell dans la théorie de
propagation des ondes.
Les équations de propagation sont une conséquence des équations de Maxwell mais ne sont
pas équivalentes à ces dernières. En particulier, il est clair que (4) ne renseigne pas sur le lien qui existe

entre 𝐸⃗ et 𝐵
⃗ (surtout si elles sont résolues séparément).

I.6.4 Relation de Maxwell-Gauss en ARQS

De la relation (3), on déduit :


𝜕
𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ = − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉)
(𝑑𝑖𝑣𝐴) − 𝑑𝑖𝑣(𝑔𝑟𝑎𝑑
𝜕𝑡
Donc :
𝜕
𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ = − 𝜕𝑡 (𝑑𝑖𝑣𝐴) − ∆𝑉 (5)

14
En régime quasi-stationnaire, on peut comme en régime stationnaire choisir 𝐴 de façon à ce que :

𝑑𝑖𝑣𝐴 = 0
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , alors 𝐵
⃗ = 𝑟𝑜𝑡𝐴
Cette condition est appelée jauge de Coulomb : Si 𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ′ ; toute fois que :
⃗ = 𝑟𝑜𝑡𝐴

𝐴′ = 𝐴 + ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑𝑓
𝜌
On a alors, en s’appuyant sur l’équation de Poisson (∆𝑉 = − 𝜀 ):
0

𝜌
𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ = 𝜀 (6)
0

𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ = 0 si la région est dépourvue de charges statiques (dans le vide, par exemple).

Remarque :

La jauge de Coulomb (𝑑𝑖𝑣𝐴 = 0) implique que :


⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝜑) = 0
𝑑𝑖𝑣𝐴′ = 𝑑𝑖𝑣𝐴 + 𝑑𝑖𝑣(𝑔𝑟𝑎𝑑
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝜑) = 0, implique que  = 0 (potentiel harmonique).
c’est-à-dire : 𝑑𝑖𝑣(𝑔𝑟𝑎𝑑

I.7. Coefficients d’induction


I.7.1. Coefficients d’induction mutuelle de deux circuits
Soient deux circuits filiformes fermés (𝑎)et (𝑏) parcourus respectivement par des courants permanents
𝐼1 et 𝐼2 (Figure 8).

Figure 8 : Deux circuits (𝑎) et (𝑏) baignant dans un champ


magnétique uniforme, parcourus par les courants 𝐼1 et 𝐼2
respectivement.

⃗ 𝑎 (𝑟). Le circuit (𝑎) crée un flux


Le circuit (𝑎) crée en tout point du circuit (𝑏) un champ magnétique 𝐵
⃗ 𝑎 (𝑟), à travers le circuit (𝑏).
Φ𝑎𝑏 , flux de 𝐵

⃗ 𝑎 (𝑟). 𝑑𝑆𝑏 = ∬ →
𝛷𝑎𝑏 = ∬ 𝐵 𝑟𝑜𝑡 𝐴𝑎 (𝑟). 𝑑𝑆𝑏 = ∮ 𝐴𝑎 (𝑟). 𝑑𝑙𝑏
𝑆𝑏 𝑆𝑏 𝐶𝑏

𝜇 𝑑𝑙𝑎
Or : 𝐴𝑎 (𝑟) = 4𝜋0 . 𝐼𝑎 . ∮𝐶 𝑟
𝑎

15
ce qui donne :

𝜇0 𝑑𝑙𝑎 . 𝑑𝑙𝑏
𝛷𝑎𝑏 = . 𝐼𝑎 . ∮ ∮
4𝜋 𝐶𝑎 𝐶𝑏 𝑟
ou bien : Φ𝑎𝑏 = 𝑀𝑎𝑏 𝐼𝑎
avec :

𝜇0 𝑑𝑙𝑎 . 𝑑𝑙𝑏
𝑀𝑎𝑏 = .∮ ∮
4𝜋 𝐶𝑎 𝐶𝑏 𝑟
⃗ 𝑏 (𝑟). Le circuit (𝑏) crée
De même le circuit (𝑏) crée en tout point du circuit (𝑎) un champ magnétique 𝐵
⃗ 𝑏 (𝑟), à travers le circuit (𝑎).
un flux Φ𝑏𝑎 , flux de 𝐵

⃗ 𝑏 (𝑟). 𝑑𝑆𝑎 = ∬ →
𝛷𝑏𝑎 = ∬ 𝐵 𝑟𝑜𝑡 𝐴𝑏 (𝑟). 𝑑𝑆𝑎 = ∮ 𝐴𝑏 (𝑟). 𝑑𝑙𝑎
𝑆𝑎 𝑆𝑎 𝐶𝑎

Comme

𝜇0 𝑑𝑙𝑏
𝐴𝑏 (𝑟) = . 𝐼𝑏 . ∮
4𝜋 𝐶𝑏 𝑟

Alors, on obtient :

𝜇0 𝑑𝑙𝑏 . 𝑑𝑙𝑎
𝛷𝑏𝑎 = . 𝐼𝑏 . ∮ ∮
4𝜋 𝐶𝑏 𝐶𝑎 𝑟
ou bien :
Φ𝑏𝑎 = 𝑀𝑏𝑎 𝐼𝑏
avec :

𝜇0 𝑑𝑙𝑏 . 𝑑𝑙𝑎
𝑀𝑏𝑎 = .∮ ∮
4𝜋 𝐶𝑏 𝐶𝑎 𝑟
donc 𝑀𝑏𝑎 = 𝑀𝑎𝑏 = 𝑀

M est appelé coefficient d’induction mutuelle. Il ne dépend que de la géométrie des deux circuits et
peut être > 0 ou < 0. Dans le Système International (𝑆𝐼), M s’exprime en Henry (H).

I.7.2. Coefficient d’auto-induction L

16
Un circuit fermé isolé parcouru par un courant 𝐼 crée sur lui-même son flux propre (Figure 9) :
Φ = 𝐿. 𝐼
𝐿 est appelé coefficient d’auto-induction ou self-inductance.
Remarque :
Si 𝐼 dépend du temps alors :
𝑑𝛷 𝑑𝐼
= 𝐿 = −𝑒
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑𝐼
Donc 𝑒 = −𝐿 est la f.e.m induite dans le circuit.
𝑑𝑡

Figure 9 : Circuit fermé parcouru par le courant 𝐼


I.7.3. Matrice induction mutuelle
Soient les deux circuits filiformes fermés (𝑎) et (𝑏) de la figure 8 parcourus respectivement par des
courants permanents 𝐼𝑎 et 𝐼𝑏 . Soit Φ𝑎 le flux total créé à travers le circuit (𝑎) et soit Φ𝑏 le flux total
créé à travers le circuit (𝑏), on écrira alors :
Φ𝑎 = Φ𝑎𝑎 + Φ𝑏𝑎
Φ𝑏 = Φ𝑏𝑏 + Φ𝑎𝑏
ou :
Φ𝑎 = 𝐿𝑎 𝐼𝑎 + 𝑀𝐼𝑏
Φ𝑏 = 𝑀𝐼𝑎 + 𝐿𝑏 𝐼𝑏
En notation matricielle on écrit ;
𝛷 𝐿 𝑀 𝐼𝑎
( 𝑎) = ( 𝑎 )( )
𝛷𝑏 𝑀 𝐿𝑏 𝐼𝑏
𝐿 𝑀
avec ( 𝑎 ) la matrice d’induction.
𝑀 𝐿𝑏
Nous définissons le facteur de couplage 𝑘 par :
𝑀2
𝑘=
𝐿 𝑎 𝐿𝑏
I.8. Energie électromagnétique
I.8.1. Définition
Considérons un circuit (𝐶) parcouru par un courant d’intensité 𝐼. Soit 𝜑 son flux d’auto-induction, on
appelle énergie électromagnétique du circuit (𝐶) le travail minimal que l’on doit lui fournir pour faire
passer l’intensité du courant et son flux propre des valeurs initiales nulles, aux valeurs 𝐼 et 𝜑,
respectivement.
I.8.2. Energie électromagnétique dans un circuit unique
Soit un circuit (𝑅, 𝐿) contenant un générateur de f.e.m. 𝐸. Si on ferme son interrupteur 𝐾, il apparaît
un courant dans le circuit 𝑖(𝑡) qui vérifie l’équation :
𝐸 + 𝑒 = 𝑅𝑖

17
avec :
𝑑𝜑
𝑒=−
𝑑𝑡
et 𝜑 = 𝐿. 𝐼 , 𝑒 étant la f.e.m induite de la bobine.
On a donc :
𝑅
𝑑𝜑 𝑑𝑖 𝐸
𝐸= + 𝑅𝑖 ⟹ 𝐸=𝐿 + 𝑅𝑖 ⟹ 𝑖(𝑡) = (1 − 𝑒 −𝐿 𝑡 )
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑅

En multipliant les deux membres de 𝐸 par 𝑖𝑑𝑡, on a :


𝑑𝑖
𝐸. 𝑖𝑑𝑡 = 𝐿 𝑖𝑑𝑡 + 𝑅𝑖 2 𝑑𝑡
𝑑𝑡
ou :
1
𝐸. 𝑖𝑑𝑡 = 𝑑 ( 𝐿𝑖 2 ) + 𝑅𝑖 2 𝑑𝑡
2
Discussion
1. La quantité 𝐸. 𝑖𝑑𝑡 représente l’énergie ou le travail fourni par le générateur pendant l’intervalle
de temps 𝑑𝑡.
2. La quantité 𝑅𝑖 2 𝑑𝑡 représente l’énergie calorifique dissipée par effet joule dans le circuit
pendant l’intervalle de temps 𝑑𝑡.
1
3. Le terme 𝑑 (2 𝐿𝑖 2 ) = 𝑑𝒲𝑚 représente l’énergie absorbée pour faire passer le courant malgré

la f.e.m d’induction. Il correspond à l’accroissement du flux d’auto-induction à travers le circuit


pendant l’intervalle de temps 𝑑𝑡. C’est l’augmentation de l’énergie électromagnétique du
circuit.

Si 𝑖(𝑡) passe de 0 (à l’instant t = 0) à 𝐼 (à l’instant t), alors l’énergie électromagnétique emmagasinée


dans le circuit est :
𝐼 𝐼
1 1 2
𝒲𝑚 = ∫ 𝐿. 𝑖𝑑𝑖 = ∫ 𝑑 ( 𝐿𝑖 2 ) = 𝐿𝐼
2 2
0 0

Comme 𝜑 = 𝐿. 𝐼, on a aussi :
1
𝒲𝑚 = 𝜑𝐼
2
Cette énergie sera restituée à la rupture du courant.
On arrivera au même résultat en procédant autrement. En effet, la puissance reçue par un circuit de
self-inductance 𝐿 (on suppose que 𝑅 = 0) et parcouru par un courant 𝑖(𝑡) est :
𝒫𝑚 = −𝑒. 𝑖
Avec

18
𝑑𝛷 𝑑 𝑑𝑖
𝑒=− = − (𝐿𝑖) = −𝐿
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
Donc :
𝑑𝑖 1 𝑑
𝒫𝑚 = 𝐿𝑖. = . 𝐿. (𝑖 2 (𝑡))
𝑑𝑡 2 𝑑𝑡
Entre l’instant t = 0, où le courant dans un circuit est nul, et l’instant t, où le courant est 𝑖(𝑡), l’énergie
𝒲𝑚 emmagasinée par le circuit est :
𝑡 𝑡 𝑡
1 𝑑 1 1
𝒲𝑚 = ∫ 𝒫𝑚 𝑑𝑡 = ∫ . 𝐿. (𝑖 2 (𝑡))𝑑𝑡 = . 𝐿 ∫ 𝑑𝑖 2 = . 𝐿𝑖 2 (𝑡)
2 𝑑𝑡 2 2
0 0 0

Ainsi :
1
𝒲𝑚 = . 𝐿𝑖 2 (𝑡)
2

I.8.3. Cas de deux circuits filiformes (C1) et (C2)


Soient deux circuits (𝐶1 ) et (𝐶2 ) parcourus respectivement par les courants permanents 𝑖1 (𝑡) et 𝑖2 (𝑡).
L’énergie totale 𝒲𝑚 emmagasinée par les deux circuits est :
𝑡 𝑡 𝑡 𝑡

𝒲𝑚 = ∫ 𝒫1𝑚 𝑑𝑡 + ∫ 𝒫2𝑚 𝑑𝑡 = ∫ −𝑒1 𝑖1 𝑑𝑡 + ∫ −𝑒2 𝑖2 𝑑𝑡


0 0 0 0

avec :
dΦ1 dΦ2
𝑒1 = − et 𝑒2 = −
dt dt
Φ1 = 𝐿1 𝑖1 + 𝑀𝑖2
Φ2 = 𝑀𝑖1 + 𝐿2 𝑖2
Ce qui s’écrit :
𝑑𝑖1 𝑑𝑖2 𝑑𝑖2 𝑑𝑖1
𝑒1 = −𝐿1 −𝑀 𝑒𝑡 𝑒2 = −𝐿2 −𝑀
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
D’où :
𝑡 𝑡
𝑑𝑖1 𝑑𝑖2 𝑑𝑖2 𝑑𝑖1
𝒲𝑚 = ∫ (𝐿1 +𝑀 ) 𝑖1 𝑑𝑡 + ∫ (𝐿2 +𝑀 ) 𝑖 𝑑𝑡
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 2
0 0
𝑡 𝑡 𝑡
1 1
𝒲𝑚 = ∫ 𝐿1 𝑑(𝑖1 )2 + ∫ 𝐿2 𝑑(𝑖2 )2 + ∫ 𝑀(𝑖1 𝑑𝑖2 + 𝑖2 𝑑𝑖1 )
2 2
0 0 0
𝑡 𝑡 𝑡
1 1
𝒲𝑚 = ∫ 𝐿1 𝑑(𝑖1 )2 + ∫ 𝐿2 𝑑(𝑖2 )2 + 𝑀 ∫ 𝑑(𝑖1 𝑖2 )
2 2
0 0 0

Donc :

19
1 1
𝒲𝑚 = 𝐿1 (𝑖1 )2 + 𝐿1 (𝑖1 )2 + 𝑀(𝑖1 𝑖2 )
2 2

Les deux premiers termes correspondent aux énergies magnétiques propres. Le troisième terme
correspond à l’énergie magnétique d’interaction mutuelle.

Remarque :
On pourra également exprimer l’énergie totale 𝒲𝑚 emmagasinée par les deux circuits par :
1 1
𝒲𝑚 = Φ1 𝑖1 + Φ2 𝑖2
2 2
En effet :
1 1 1 1 1 1
𝒲𝑚 = 𝐿1 (𝑖1 )2 + 𝐿1 (𝑖1 )2 + 𝑀(𝑖1 𝑖2 ) = 𝐿1 (𝑖1 )2 + 𝐿1 (𝑖1 )2 + 𝑀(𝑖1 𝑖2 ) + 𝑀(𝑖1 𝑖2 )
2 2 2 2 2 2
1 1 1 1
𝒲𝑚 = (𝐿1 𝑖1 + 𝑀𝑖2 )𝑖1 + (𝐿2 𝑖2 + 𝑀𝑖1 )𝑖2 = Φ1 𝑖1 + Φ2 𝑖2
2 2 2 2

I.9. Densité volumique d’énergie électromagnétique


I.9.1. Energie électromagnétique
⃗ et un champ
Considérons, dans une région de l’espace où règne une induction magnétique 𝐵
électrique 𝐸⃗ variables, une charge 𝑞 animée d’une vitesse 𝑣 . D’après Lorentz, cette charge est soumise
à une force qui s’écrit sous la forme :

𝐹𝑙 = 𝑞(𝐸⃗ + → ⃗)
v ∧𝐵
On a également :
𝜕𝐴 →
𝐸⃗ = − 𝜕𝑡 − 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑉.

Au cours d’un déplacement élémentaire, ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗


𝑑𝑂𝑀 = 𝑣 𝑑𝑡, le travail de la force 𝐹𝑙 est :
→ ⃗ ). →
𝑑𝑊 = 𝐹𝑙 . 𝑑𝑂𝑀 = 𝑞(𝐸⃗ + 𝑣 ∧ 𝐵 𝑑𝑂𝑀
Soit :

𝑑𝑊 = 𝑞. 𝐸⃗ . →
𝑣 . 𝑑𝑡
L’énergie électromagnétique dissipée dans le circuit sous l’action de la force 𝐹 est une énergie
potentielle qui s’écrit sous la forme :

𝑑𝒲𝑚 = −𝑞. 𝐸⃗ . →
𝑣 . 𝑑𝑡
Supposons que l’on ait un volume chargé de charges totale Q définie par une densité volumique
de charge ρ. Dans le volume 𝑑𝜏 se concentre la charge 𝑑𝑄 = 𝜌𝑑𝜏. L’énergie électromagnétique mise

en jeu par le déplacement de la charge élémentaire, en remarquant que 𝑑𝜏 = 𝑑𝑆. 𝑑𝑙 , est :


𝑑2 𝒲𝑚 = −𝑑𝑄. 𝐸⃗ . →
𝑣 . 𝑑𝑡 = −𝜌. 𝑑𝜏. 𝐸⃗ . →
𝑣 . 𝑑𝑡 = −𝑗. 𝐸⃗ . 𝑑𝜏. 𝑑𝑡

20
Soit :

𝑑𝒲𝑚 = − ∭𝑗. 𝐸⃗ . 𝑑𝜏. 𝑑𝑡


𝜏

Et la puissance par unité de volume 𝒫𝑣 (puissance volumique) s’écrit :


𝑑𝒲𝑚 𝑑𝑃𝑣
𝑃𝑣 = = − ∭𝑗. 𝐸⃗ . 𝑑𝜏 ⇒ 𝒫𝑣 = = −𝑗. 𝐸⃗
𝑑𝑡 𝜏 𝑑𝜏
→ ⃗
Comme 𝑟𝑜𝑡 𝐵 = 𝜇0 𝑗, la relation précédente peut être aussi écrite sous la forme :
𝑑𝒲𝑚 1 → ⃗
= − ∭𝐸⃗ . 𝑟𝑜𝑡 𝐵 . 𝑑𝜏
𝑑𝑡 𝜇0 𝜏

I.9.2. Localisation de l’énergie électromagnétique : densité d’énergie électromagnétique


Partons de la dernière relation, alors :
1 →
𝑑2 𝒲𝑚 = − 𝐸⃗ . 𝑟𝑜𝑡 𝐵
⃗ . 𝑑𝑡. 𝑑𝜏
𝜇0

⃗ .→ → ⃗ → ⃗
𝜕𝐵
Or, ⃗ ) = 𝛻⃗. (𝐸⃗ ∧ 𝐵
𝑑𝑖𝑣(𝐸⃗ ∧ 𝐵 ⃗)=𝐵 𝑟𝑜𝑡 𝐸⃗ − 𝐸⃗ . 𝑟𝑜𝑡 𝐵 et 𝑟𝑜𝑡 𝐸⃗ = − 𝜕𝑡 ,

alors :
1
𝑑2 𝒲𝑚 = [𝑑𝑖𝑣(𝐸⃗ ∧ 𝐵 ⃗ .→
⃗ )−𝐵 𝑟𝑜𝑡 𝐸⃗ ]. 𝑑𝑡. 𝑑𝜏
𝜇0
1 ⃗
𝜕𝐵
𝑑2 𝒲𝑚 = [𝑑𝑖𝑣(𝐸⃗ ∧ 𝐵
⃗)+𝐵
⃗ . ]. 𝑑𝑡. 𝑑𝜏
𝜇0 𝜕𝑡
1 1
𝑑2 𝒲𝑚 = [𝑑𝑖𝑣(𝐸⃗ ∧ 𝐵
⃗ ). 𝑑𝜏. 𝑑𝑡 + 𝑑(𝐵2 ). 𝑑𝜏]
𝜇0 2
1 1
𝑑𝒲𝑚 = . ∭𝑑𝑖𝑣(𝐸⃗ ∧ 𝐵
⃗ )𝑑𝑡. 𝑑𝜏 + . 𝑑 ∭(𝐵2 ). 𝑑 𝜏
𝜇0 𝜏 2. 𝜇0 𝜏
1 1
𝑑𝒲𝑚 = . ∯ (𝐸⃗ ∧ 𝐵
⃗ ). 𝑑𝑆𝑑𝑡 + . 𝑑 ∭(𝐵2 ). 𝑑 𝜏
𝜇0 𝛴 2. 𝜇0 𝜏

Σ est la surface délimitant le volume .


Si Σ est une surface sphérique de rayon infini contenant toutes les distributions de courant, alors le

premier terme dans l’expression 𝑑𝒲𝑚 est nul (𝐸⃗ varie en 1⁄ 2 , 𝐵


⃗ varie en 1⁄ 2 aussi et ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 en 𝑟 2 ; d’où
𝑟 𝑟
l’intégrale tend vers zéro ). On obtient donc :
𝐵2
𝒲𝑚 = ∭ .𝑑𝜏 (7)
𝜏 2. 𝜇0

Cette relation (7) exprime que l’énergie électromagnétique est répartie dans l’espace avec une densité :
𝑑 𝒲𝑚 𝐵2 1
𝓌𝑚 = = 2𝜇 = 2 𝜇0 𝐻 2 (8)
𝑑𝜏 0

21
Lorsqu’il existe simultanément des charges élémentaires d’origine électrostatique et du champ
d’origine magnétique, l’énergie totale se calcule comme si elle était répartie dans l’espace avec une
densité d’énergie électromagnétique 𝓌𝑒𝑚 . On a :
1 1 𝐷 2 𝐵2
𝓌𝑒𝑚 = 𝓌𝑒 + 𝓌𝑚 = (𝜀0 𝐸 2 + 𝜇0 𝐻 2 ) = ( + )
2 2 𝜀0 𝜇0
I.9.3. Energie électromagnétique dans le cas des circuits non filiformes
L’expression (8) donnant la valeur de l’énergie électromagnétique fait intervenir la valeur d’un champ
magnétique. Comme celui-ci peut être créé par la présence du courant, nous pourrons écrire une
expression de l’énergie électromagnétique en fonction du vecteur densité du courant. En effet,
𝐵2
𝒲𝑚 = ∭ .𝑑𝜏
𝜏 2. 𝜇0

peut s’écrire sous la forme :


⃗ .→
𝐵 𝑟𝑜𝑡 𝐴
𝒲𝑚 = ∭ .𝑑𝜏
𝜏 2. 𝜇0

En remarquant que 𝑑𝑖𝑣(𝐵 ⃗ ∧ 𝐴) = 𝐴. →


⃗ ∧ 𝐴) = 𝛻⃗. (𝐵 𝑟𝑜𝑡 𝐵⃗ −𝐵⃗ .→
𝑟𝑜𝑡 𝐴, alors on a :
1 1 → ⃗
𝒲𝑚 = − ⃗ ∧ 𝐴). 𝑑 𝜏 +
∭𝑑𝑖𝑣(𝐵 ∭𝐴. 𝑟𝑜𝑡 𝐵 . 𝑑𝜏
2𝜇0 𝜏 2𝜇0 𝜏

→ ⃗
Puisque, 𝑟𝑜𝑡 𝐵 = 𝜇0 𝑗 et d’après Stokes :
1 1
𝒲𝑚 = − ⃗ ∧ 𝐴). 𝑑𝑆 + ∭𝑗. 𝐴. 𝑑𝜏
∯ (𝐵
2𝜇0 𝛴 2 𝜏
En faisant le même raisonnement que précédemment, c’est-à-dire Σ est une surface sphérique de rayon
infini, la première intégrale est nulle d’où :
1
𝒲𝑚 = ∭𝑗. 𝐴. 𝑑𝜏
2 𝜏

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Bibliographie

[1] Livre « ELECTROSTATIQUE, COURANTS CONTINUS, MAGNETISME »


P. FLEURY et J. P. MATHIEU, Editions Eyrolles, 1967

[2] Cours et exercices corrigés « ELECTROMAGNETISME », classes préparatoires scientifiques,


2ème année MP – MP* - PT – PT*, Paul ROUX
Editions Ellipses1998

[3] Cours « ELECTRICITE 1 », Faculté des Sciences Kénitra, 1989


M. HABIBI

[4] Cours d’ELECTROMAGNETISME, deuxième partie : « MAGNETOSTATIQUE,


MAGNETODYNAMIQUE & INDUCTION », Année 2011/2012
Hervé CERCELLIER / Arnaud RALKO, DLST - U. J. Fourier

[5] Cours d’ELECTROMAGNETISME, Année universitaire 2012-2013


Chargé du Cours : M. Gagou YAOVI, Université de Picardie Jules Verne, Amiens, France

[6] Notes de cours d’ELECTROMAGNETISME, classes préparatoires de mathématiques et


physique.

[7] Cours Chapitre VI : « LES COURANTS ALTERNATIFS » L. AÏT GOUGAM, M. BENDAOUD, N.


DOULACHE, F. MEKIDECHE

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