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Analyse globale d'un projet
Cours 01 : Introduction à l’Architecture et au Projet de Construction
1. Notions générales d’architecture et conception
L’architecture, issue des termes grecs arkhê (le principe, le commandement) et tektôn
(charpentier, bâtisseur), désigne l’art de bâtir. Elle se définit comme l’art de concevoir et de
disposer des volumes protecteurs, par des moyens techniques, afin de protéger l’homme des
nuisances naturelles et artificielles.
La loi sur l’architecture du 3 janvier 1977 (art. 1) établit que : « L’architecture est une
expression de la culture. La création architecturale, la qualité des constructions, leur
insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou
urbains ainsi que du patrimoine sont d’intérêt public. »
La conception architecturale organise et matérialise l’espace bâti selon les besoins
fonctionnels, les contraintes techniques, réglementaires et économiques, mais aussi des
valeurs esthétiques et environnementales.
Le style architectural traduit la manière dont un architecte ou une époque mobilise
formes, matériaux et techniques pour donner une identité particulière à ses réalisations.
Comme tout phénomène culturel, il connaît une évolution marquée par une naissance, une
maturité et parfois un déclin. Le style doit cependant se plier aux réalités du projet, qui sont
fixées dès l’élaboration du programme architectural.
Le programme architectural, défini par le maître d’ouvrage, fixe les besoins et
contraintes d’un projet. L’article 2 de la loi MOP (loi n°85-704 du 12 juillet 1985) en
précise la portée : il constitue la base sur laquelle le maître d’œuvre élabore son projet.
L’architecture doit aussi se conformer à un ensemble de règles et de normes. Parmi elles,
les Eurocodes définissent les méthodes de calcul des structures au niveau européen, tandis que
les DTU (Documents Techniques Unifiés) fixent les règles de construction reconnues par la
profession.
là je dois ajouter définition NF DTU et eurocode.
À ces normes s’ajoutent les réglementations thermiques et environnementales : la
première a été instaurée en 1974, suivie par la RT 2012 qui a renforcé les performances
énergétiques, et aujourd’hui par la RE 2020 qui impose des bâtiments à énergie positive. La
réglementation thermique ou environnementale permet donc de fixer la quantité maximale
d’énergie qu’un bâtiment peut consommer au niveau du chauffage, de l’éclairage, de la
production d’eau et de la ventilation. L’objectif de ces réglementations est donc de diminuer
le coût de l’énergie dans l’habitat. Ce coût de l’énergie est exprimé en :
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La réglementation urbaine
Parallèlement, toute conception doit se conformer aux prescriptions du Plan Local
d’Urbanisme (PLU). Celui-ci encadre de manière précise l’implantation des constructions
(retrait par rapport aux limites séparatives), fixe des seuils de hauteur maximale, détermine
l’emprise au sol autorisée et prévoit des obligations en matière de stationnement. Dans
certains secteurs, il peut également imposer l’usage de matériaux ou de teintes spécifiques
afin de préserver l’identité architecturale et paysagère locale.
Règles parasismiques
Les constructions doivent respecter les normes parasismiques afin de garantir la sécurité
des occupants en cas de séisme. Ces normes, définies par l’arrêté du 22 octobre 2010 et le
règlement de construction parasismique (RPS 2011), imposent le dimensionnement des
structures (fondations, murs, charpente) pour résister aux secousses, l’utilisation de matériaux
et techniques adaptés aux zones sismiques et des contrôles et études spécifiques pour les
bâtiments sensibles (écoles, hôpitaux, immeubles collectifs). L’objectif est de prévenir
l’effondrement et de limiter les dommages matériels et humains.
Sécurité incendie
La réglementation incendie pour les bâtiments d’habitation est définie par l’arrêté du 31
janvier 1986 et le Code de la construction et de l’habitation (CCH, art. R.123-2 et suivants).
Elle impose des matériaux et revêtements résistants au feu, des dispositifs de détection et
d’alarme, des issues de secours accessibles et signalées et des installations électriques
conformes aux normes NF C 15-100. Ces règles visent à protéger les occupants et faciliter
l’évacuation en cas d’incendie.
Accessibilité pour les personnes à mobilité réduite (PMR)
La loi 11 février 2005 et le décret n°2019-305 imposent l’accessibilité dans les bâtiments
neufs et rénovés pour les personnes à mobilité réduite : accès aux parties communes et
logements (ascenseurs, rampes, largeurs de portes), sanitaires adaptés et équipements
accessibles, circulation sécurisée et signalétique adaptée. Ces normes garantissent l’égalité
d’accès et la sécurité de tous les usagers dans le bâtiment.
2. Étapes fondamentales du projet architectural
La réalisation d’un chantier de construction se déroule en plusieurs phases successives,
permettant d’organiser les travaux, de respecter les contraintes techniques, financières et
réglementaires, et d’assurer la qualité et la sécurité des ouvrages.
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Analyse des besoins et préparation du projet
La première étape consiste à définir les objectifs du chantier, le programme et les
contraintes financières et techniques. Le maître d’ouvrage précise ses besoins, tandis que
l’équipe de projet analyse le site, identifie les intervenants nécessaires et établit un calendrier
prévisionnel. Cette phase permet de clarifier les attentes et de préparer la planification globale
du chantier.
Étude de faisabilité
Le maître d’ouvrage exprime ses attentes, objectifs et contraintes, l’architecte évalue la
faisabilité générale du projet, en considérant le programme, le budget prévisionnel, les
exigences fonctionnelles, environnementales et les règles d’urbanisme. Cette phase vise à
vérifier la réalisabilité du projet sur le site choisi.
Les esquisses (ESQ)
L’architecte propose les premières intentions architecturales : volumétrie, implantation,
orientation, insertion dans le paysage. Ces documents servent de support aux échanges avec le
maître d’ouvrage pour affiner les choix.
Avant-projet
L’avant-projet se déroule en deux phases
Avant-projet sommaire (APS) : on définit de façon plus précise les plans du projet
ainsi que les premières estimations de coûts et de délais. Plusieurs variantes
(matériaux, techniques, systèmes) sont étudiées.
Avant-projet définitif (APD) : une phase dans laquelle sont arrêtées les choix
techniques et architecturaux.
Projet et obtention des autorisations
Avant le début des travaux, il est nécessaire de constituer l’ensemble des documents
techniques et administratifs permettant de lancer le chantier.
Le projet (PRO) regroupe tous les plans et documents détaillés nécessaires à la
construction, tandis que le dossier de demande de permis de construire (DPC) contient les
pièces administratives obligatoires : plans de situation, plans de masse, façades et notices
réglementaires. Cette étape inclut également le dépôt des permis de construire ou des
déclarations préalables et la vérification de la conformité aux règles d’urbanisme et aux
normes de sécurité. L’obtention de ces autorisations est indispensable avant tout
commencement des travaux.
Consultation et choix des entreprises
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Le maître d’ouvrage ou le conducteur de travaux prépare les documents nécessaires à la
consultation des entreprises, tels que le cahier des charges, les devis estimatifs et les pièces
techniques. Les entreprises sont ensuite sélectionnées en fonction de leurs offres et de leurs
compétences pour chaque corps d’état, afin de garantir la qualité et la compétitivité du
chantier. Parallèlement, les études de conception détaillées (EXE) permettent de produire les
documents techniques d’exécution traduisant l’Avant-Projet Définitif (APD) et le Projet
(PRO) en prescriptions constructives précises et conformes aux normes en vigueur.
Préparation du chantier
Avant le début des travaux, le chantier doit être organisé et équipé. Cette phase inclut
l’implantation, l’installation des infrastructures temporaires (bureaux, stockage, clôtures,
sécurité), la livraison des matériaux essentiels, et la coordination des équipes. Une
planification détaillée est établie pour optimiser le déroulement des travaux.
Exécution des travaux
Pendant cette phase les travaux de construction se déroulent selon les calendriers établis
plusieurs, des réunions de chantiers sont organisées pour suivre l’avancement, des
vérifications de conformité des ouvrages aux plans sont effectuées, le suivi des délais et du
budget ainsi que la gestion des situations et avenants. Pendant toute la durée du chantier, le
suivi est essentiel. Réception et levée des réserves
À la fin des travaux, l’ouvrage est inspecté pour vérifier sa conformité avec le cahier des
charges et les plans. Les éventuelles réserves sont consignées et doivent être levées avant la
remise définitive du chantier au maître d’ouvrage. Cette étape marque la clôture des travaux et
la fin de l’intervention des entreprises. Après la réception, les garanties légales entrent en
vigueur
3. Les garanties légales
La réception constitue un acte juridique formalisé par un procès-verbal. Elle ouvre les
délais de garanties légales prévues par le Code civil :
Garantie de parfait achèvement (art. 1792-6) : un an, couvre les malfaçons
signalées,
Garantie de bon fonctionnement (art. 1792-3) : deux ans, couvre les équipements
dissociables,
Garantie décennale (art. 1792 et suivants) : dix ans, couvre solidité et impropriété à
la destination, obligatoire avec assurance décennale.
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Garantie de bon fonctionnement (art. 1792-3) : deux ans, couvre les équipements
dissociables,
Garantie décennale (art. 1792 et suivants) : dix ans, couvre solidité et impropriété à
la destination, obligatoire avec assurance décennale.
4. Les acteurs et intervenants du projet (à reprendre d’ici)
Le maître d’ouvrage
(commanditaire) et le
maître d’œuvre
(souvent l’architecte)
sont les deux acteurs
principaux, encadrés
par la loi MOP (1985)
et le Code de la
construction et de
l’habitation (CCH, art.
L.243-1 à L.243-4).
Les bureaux
d’études techniques
interviennent pour la
structure, les fluides ou
la thermique. Les
entreprises de
construction assurent
la mise en œuvre des
travaux.
La coordination
repose sur un planning
de chantier (outil de
gestion recommandé
par le CNOA),
utilisant des méthodes
comme le diagramme
de GANTT ou le PERT.
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4. Réalisation du chantier
La préparation comprend la viabilisation du terrain, le piquetage et les terrassements.
Le gros œuvre regroupe les travaux assurant la stabilité : fondations, murs porteurs,
planchers, charpente. L’étape dite hors d’eau – hors d’air correspond respectivement à la
mise en place de la toiture et des menuiseries extérieures.
Le second œuvre inclut les travaux d’habitabilité : isolation, chauffage, plomberie,
électricité, cloisons, finitions.
La réception des travaux marque la fin du chantier et déclenche les garanties légales.