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Puissance américaine : enjeux et évolutions

Le document explore la puissance américaine à travers son histoire, son économie, sa géopolitique et ses défis contemporains. Il aborde des enjeux tels que la perception de la puissance des États-Unis, leur place dans un monde en mutation, et les crises internes qui les affectent. La chronologie présentée retrace des événements clés et des lois influentes qui ont façonné l'identité et la politique américaine depuis leur indépendance jusqu'à aujourd'hui.

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Puissance américaine : enjeux et évolutions

Le document explore la puissance américaine à travers son histoire, son économie, sa géopolitique et ses défis contemporains. Il aborde des enjeux tels que la perception de la puissance des États-Unis, leur place dans un monde en mutation, et les crises internes qui les affectent. La chronologie présentée retrace des événements clés et des lois influentes qui ont façonné l'identité et la politique américaine depuis leur indépendance jusqu'à aujourd'hui.

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SOMMAIRE

ACCROCHES
ENJEUX
CHRONOLOGIE
DEFINITIONS
PUISSANCE AMERICAINE EN CHIFFRE
CONTEXTE HISTORIQUE, IDENTITE ET COMPLEMENTS
SOCIETE AMERICAINE
- La question indienne
- Les USA depuis 1945 - La révolution énergétique des
- La constitution du territoire et identité hydrocarbures de Schistes
nationale aux USA - La politique de sécurisation de
- Etat et économie aux USA l’approvisionnement en pétrole
- L’identité des USA, entre unité et diversité - Le New Deal de Roosevelt
- Population et société - La Nouvelle frontière
ECONOMIE - L’Hyperpuissance américaine sous Clinton
- La fin de l’Hyperpuissance et l’ère Bush
- L’industrie aux USA
- Point sur le Délcin Américain
- La grande entreprise américaine au
- L’OTAN
XXème siècle
- Point sur le dollar REFERENCES
- L’ACEUM - Citations
- La puissance agricole américaine et le - Thèses du déclin amércain
Food power américain (déjà là ???) - Thèses contre le déclin américain
- Point sur les Belts - La société américaine
GEOPOLITIQUE EXEMPLES
- Les USA et le Monde - La politique intérieure, société (4)
- Les USA dans la mondialisation - La politique extérieure (3)
- Les vecteurs de l’influence des USA depuis - USA et mondialisation (2)
1945 - Les relations avec l’UE (2)
- Les USA et le continent américain - Les relations avec la Chine (3)
- Les USA et l’Europe - Les relations avec le Canada (2)
- Les USA et l’Afrique - La question énergétique (3)
- Les USA et l’Asie - La question industrielle (2)
- Les USA et le MO - Entreprises (5)
ACCROCHES

• Pour introduire la dimension Pacifique de la puissance américaine : Dès 1846, les EUA, avec l’intégration de la Californie,
deviennent une nation du pacifique. 1898 : guerre gagnée contre l’Espagne, les philippines deviennent américaines. Cette
maîtrise du pacifique sera l’une des clés de la victoire de la 2GM. Encore une large présence pendant la guerre froide.

• Automne 2016 : visite du président philippin à Pékin qui annonce qu’il se sépare des USA alors que les Philippines
représentaient un allié traditionnel des USA depuis 1898. Depuis Duterte a été élogieux lors de la visite de ce dernier en 2017,
sans pour autant remettre en cause le partenariat entre ces deux pays.

• Mars 2017 : Les US déploient un système anti-missiles Thaad en Corée du Sud pour faire face à la menace de la Corée du Nord
de bombarder les bases militaires américaines en Asie

• Janvier 2018 : Apple va verser 38 milliards de dollars au fisc américain sur ses avoirs à l’étrangers du fait de la réforme de
2017. Néanmoins, le géant va saisir l’opportunité offerte par la baisse de fiscalité de 35 à 15% pour rapatrier une partie de
ses 254MM dollars stockés à l’étranger. Tim Cook affirme que la marque va investir pour 350 milliards dans l’appareil productif
américain sur les 5 prochaines années. Donald Trump s’est félicité de ce succès dans un tweet. Mais : Si Apple rapatrie c’est
bien parce que la fiscalité avantageuse lui permet d’économiser à hauteur de 40 milliards d’impôts et que les investisseurs
voient d’un mauvais œil que l’argent soit immobilisé à l’étranger.

• Janvier 2018 : Les US suspendent l'aide sécuritaire au Pakistan. Le département d’Etat a gelé les paiements prévus dans le
cadre du « fond de soutien de la coalition » destiné à rembourser au Pakistan ses dépenses liées aux opérations antiterroristes.
L'administration Trump réclame au Pakistan une « action décisive » contre les factions talibanes établies dans ce pays.

• Janvier 2018 Trump relance l'exploitation offshore. Washington a fait part de son intention d’ouvrir la quasi-totalité des eaux
littorales américaines à l'exploitation pétrolière et gazière, défaisant l'héritage environnemental d’Obama. L'exploitation en
mer représente déjà le sixième de la production d’hydrocarbures américains. A cela s’ajoute l'autorisation des forages le
sanctuaire protégé Arctic National Wildlife Refuge en Alaska, passé dans la réforme fiscale adoptée en décembre 2017.

• Janvier 2018 : dans son discours devant le Congrès, Trump parle de la Chine et de la Russie (vision tripolaire) comme des
rivaux qui menacent « les intérêts, l’économie et les valeurs » des EU.

• Aout 2018 : Donald Trump impose des tarifs douaniers sanctionnant la Chine à la hauteur de 16MM$, déclenchant des
représailles immédiates de Pékin. Dans cette guerre commerciale, les USA sont en position de force, il importe 4 fois plus
qu’il n’exporte vers la Chine.

• Février 2019 : Lors du référendum local, les Okinawais ont voté majoritairement (71% !)contre le projet de construction
d’une nouvelle base militaire américaine. Toutefois, le référendum n’impose aucune obligation juridique au gouvernement
d’Abe. D’ailleurs, le lendemain du référendum, les opposants ont été évacués du site par les forces de l’ordre. Le
gouvernement a entamé le remblayage d’une baie de Henoko en décembre 2018, afin de récupérer des terres en vue de la
construction d’une nouvelle base militaire américaine.

• Mars 2019 : Annulation des exercices militaires avec la Corée du Sud.  Montre une pacification du lieu. Revirement des
alliances.

• Mars 2019 : Le Venezuela a été victime d’un important sabotage contre la centrale hydro-électrique de Guri privant
d’électricité 80% de la population. De nombreux acteurs, même le magazine américain Forbes considère comme hautement
probable que cette attaque provienne des USA dans le but d’augmenter la pression interne pour favoriser Juan Guaido.
ENJEUX

• La nature de la puissance des EU : impériale, hégémonique, leader ? Perception intérieure de cette puissance.
• L’évolution de la puissance des EU : en déclin (montée de la Chine, perte de parts de marché remettant en cause les
facteurs structurels de la réussite américaine) ou au contraire s’affirmant (hyperpuissance géostratégique, élimination
progressive des rivaux potentiels au cours du 20e, succès intrinsèque du modèle suffisamment souple pour relever tous les
défis et rebondir après les échecs) ? Quelle redéfinition dans le nouvel ordre mondial ?
 Une double crise pour USA : Crise intérieure : sociale, politique, « Etats-Désunis » marqué par inégalités, les
clivages ont une répercussion territoriale : Grands lac touchés par désindustrialisation. Crise dans la définition de leur
place dans le monde : la difficulté des Etats-Unis est de s’adapter à un monde plus complexe, marqué par un
rééquilibrage structurel des rapports de force, dont elle reste incontestablement la première puissance, mais une
puissance qui n’est plus sans partage. L’enjeu pour les Etats-Unis serait d’accepter d’être une puissance « normale »,
de rompre avec une certaine idée de leur exception (c’est-à-dire avec l’idée d’être une nation indispensable à l’ordre
mondial, qui en fixe à elle seule les règles, les valeurs), tout en assumant leurs responsabilités de première puissance
mondiale.
• Le processus de mondialisation, emmené par les EUA, se retourne-t-il contre eux aujourd’hui ? Les EUA ont-ils la volonté et
la capacité de refonder la mondialisation sur de nouveaux supports ?
• Les horizons privilégiés de la puissance américaine : de l’Atlantique au Pacifique ? L’ensemble des Amériques ? L’espace
mondial ?
• Le modèle américain : dominant (ayant fait ses preuves ou servi par le bras armé de l’hyperpuissance stratégique?,
rôle de la population, de la job machine et du marché de consommation), contesté (de l’extérieur avec le « choc des
civilisations », de l’intérieur avec une latinisation démographique ?), en déclin (factures politiques, culturelles, et sociales
internes ; nouveaux rivaux économiques extérieurs) ?
• Désindustrialisation des EUA réelle ou perçue ? Quelle capacité de rebond de l’industrie américaine ?
• Activisme géopolitique destiné à camoufler un éventuel déclin économique pouvant justifier les guerres pour le pétrole,
l’unilatéralisme commercial ?

CHRONOLOGIE

• 1773 : Boston Tea Party marque le refus de toute ingérence anglaise et le début de la guerre d’indépendance (1775-1783)
• 1783 : Traité de Paris marque l’indépendance des US => 1787 : Constitution américaine
• 1823 : Doctrine Monroe, « L’Amérique aux américains »
• 1848 : traité de Guadalupe Hidalgo fixe la frontière au Sud des US
• 1890 : le bureau de recensement américain décrète la fin de la Frontier (tous les territoires ont été conquis) / Sherman Act
(lois antitrust, anti ententes entre entreprises pour éviter les monopoles
• 1921 et 1924 : Lois de quotas d’immigration
• 1924 : les Indiens acquièrent la nationalité
• 1934 : Dévaluation historique du dollar (41%)
• 1935 : Wagner act : début du Welfare State avec reconnaissance des syndicats
• 1945 : accords de Quincy entre Roosevelt et le roi d'Arabie Saoudite Ibn Saoud = protection du pays en échange de la garantie
de l'approvisionnement du bloc occidental à un prix raisonnable
• 1946 : Employment Act légitime l’intervention de l’Etat dans l’éco pour promouvoir la création d’emplois et le pvr d’achat
• 1948 : résolution Vandenberg
• 1961 : Alliance pour le progrès de Kennedy = aides pour promouvoir la démocratie, le développement économique et la lutte
contre le communisme (20 milliards $ investis, abandonné en 1973)
• 1964 : Civil Rights Act (fin de la ségrégation) / lancement projet de Grande Société par Johnson (amélioration de l’instruction,
limite pauvreté)
• 1965 : Fin du programme Bracero et début du programme PRONAF (Maquiladoras), Medicaid et Medicare
• 1971 : Premier déficit commercial => Nixon Shock
• 1978 : Airline Deregulation Act
• 1979 : Traité Carter-Torrijos pour la rétrocession du Canal de Panama (effective en 1999)
• 1985 : Accords du Plaza (faire baisser le dollar)
• 1987 : accord du Louvre (nécessité de stabiliser le dollar car les Accords du Plaza l'ont trop fait baisser) / pour la 1ère fois
depuis 1917, les US sont débiteurs de l’extérieur
• 1990 : Georges Bush expose son « Initiative pour les Amériques » avec pour objectif la création d’une vaste zone de libre-
échange, « de l’Alaska à la Terre de Feu »
• 1996 : loi d’extraterritorialité (Amato-Kennedy)
• 2002 : loi Sarbanes-Oxley pour plus de transparence financière
• 2010 : loi FACTA (oblige les banques à signaler aux US les contribuables américains qui possèdent des comptes chez elles)
• 2014 : entrée en vigueur d’Obama Care

Chrono spéciale guerres et interventions militaires :


• 1898 : Guerre contre l’Espagne à Cuba à la suite de laquelle les US obtiennent un protectorat sur Cuba et les Philippines
• 1953 : Coup d’Etat en Iran contre Mossadegh qui voulait nationaliser le pétrole
• 1954 : intervention au Guatemala pour protéger la United Fruit face à la réforme agraire de Arbenz
• 1965 : intervention en République Dominicaine
• 1964-1975 : Guerre du Vietnam
• 1979 : Guerre en Afghanistan suite à l’invasion par l’URSS (armement par la CIA des moudjahidines afghans)
• 1983 : débarquement au Salvador dans le cadre du soutien à la Junte militaire
• 1989 : débarquement à Panama dans le cadre de la lutte contre la drogue
• 1991 : Guerre du Golfe (l’Irak envahit le Koweït pro-américain)
• 1993-1994 : Opération Restore Hope en Somalie (avec l’ONU) mais échec
• 2001-2018 : Intervention en Afghanistan

Chrono spéciale lois migratoires


• 1882 : Chinese Exclusion Act (fin en 1943)
• 1907 : immigration japonaise interdite puis toute l’immigration asiatique (émergence identité WASP)
• 1921-1924 : quotas laws pour éviter une infiltration communiste de l’Europe
• 1942 : Mexican Farm agreement (devient prg Bracero en 1948)
• 1965 : Hart-Celler Act qui marque un tournant car quotas pour chacun des 2 hémisphères
• 1986 : loi Simpson-Rodino => quota global de 425000/an et loi s’attaque de front au pb des sans-papiers (amnistie)
• 2006 : loi pour la construction de la Linea
• 2012 : programme DACA de Obama pour les immigrés illégaux arrivés mineurs (Trump veut l’enlever)
• 2018 : entrée en vigueur du « Muslim Ban » (interdiction d’entrée pour Syrie, Yemen, Iran, Somalie, Libye, Corée du Nord).

DEFINITIONS
DEFINITIONS

• Domination : 1. Fait d’avoir les moyens matériels, institutionnels et/ou psychologiques d’exercer le pouvoir, d’imposer
durablement sa volonté à autrui. 2. Inversement, situation dans laquelle un pays n’est pas maître de ses choix du fait de la
tutelle d’une autre puissance. Les analystes de la puissance américaine soulignent la très grande diversité des modes de
domination exercés par les US sur le reste du monde.
• Economie dominante : Capacité à organiser l’économie mondiale, à influencer les autres économies nationales ou régionales
sans réciprocité. Différents pouvoirs de commandements, appuyés sur la géopolitique.
• Hégémonie : type d’exercice de la puissance géopo se caractérisant par :
- la domination sans partage d’un Etat sur des pays en situation d’infériorité
- le refus par cet Etat d’une maîtrise territoriale directe à laquelle est préférée une mainmise indirecte et une
hiérarchisation des subalternes
- une pratique récurrente de l’unilatéralisme.
• Puissance : Etat qui se distingue par son poids territorial, économique, démographique par les moyens dont il dispose pour
atteindre ses objectifs et par les stratégies qu’il est capable de mettre en œuvre de façon à s’assurer une influence durable.
Selon Raymond Aron, une puissance a « la capacité de faire, de produire et de détruire ».
Penser au poids, aux moyens, aux stratégies employées. Repose aujourd'hui sur un triple pilier : politico-militaire, économico-
technologique, idéologico-culturel.
- Domaine politique : présence dans les grandes institutions internationales d’où capacité à peser sur la scène géopolitique
mondiale, mener une diplomatie active pour le bien commun et pour préserver ses intérêts
- Domaine économique : place que le pays occupe dans les échanges internationaux, le niveau d’internationalisation de ses
entreprises, résultats économiques
- Domaine militaire : Etat qui doit être capable d’assurer la sécurité de son pays et de se projeter sur d’autres théâtres
d’arbitrage.
- Domaine culturel : diffusion des valeurs.
• Défi : obstacle intérieur ou extérieur à surmonter qui peut conduire à une compétition.
• Zone d’influence : ensemble spatial plus ou moins vaste soumis au pouvoir de commandement d’un centre et de ses acteurs.
En géopolitique, on utilise la formule pour une puissance ou un bloc de puissance.
• Big Stick : politique étrangère menée par le président Theodore Roosevelt au début du 20° siècle pour protéger les intérêts
économiques des EU en AL, principalement dans la zone des Caraïbes. Concrètement : accroissement des forces navales
américaine et engagement plus important sur la scène politique mondiale
• Diplomatie du dollar : Initiée par le Président William Howard Taft, son but est de stabiliser politiquement et
économiquement l’AL et l’Asie de l’Est, pour promouvoir les intérêts commerciaux américains en encourageant les
investissements de capital américain à l’étranger.
• Megalopolis : terme apparu en 1962 avec Gottmann, pour la métropole Boswash
• Bilatéralisme : stratégie diplomatique d'entente avec un partenaire et sur un thème souvent précis. Vise souvent à "diviser
pour régner" en développant des accords séparés.
• Multilatéralisme : principe selon lequel des Etats acceptent de régler des questions ou des différends géopolitiques par une
coopération sur un pied d'égalité ou dans un esprit de compromis
• Unilatéralisme : principe selon lequel un Etat impose des choix à ses partenaires où à la communauté internationale toute
entière, sans les concerter ou négocier avec eux.
LA PUISSANCE AMERICAINE EN CHIFFRES

TERRITOIRE
• Superficie : 9,6 M km2
POPULATION
• 330 M d’habitants = 3e population mondiale
• Blancs = 55%, Hispaniques = 25%, Noirs = 13%, Asiatiques = 7%.

ECONOMIE
• 15% du PIB mondial (30% dans les années 1980)
• 2e puissance industrielle (15% production mondiale)
• 200 des 500 premières entreprises du monde
• Dette de 105% du PIB
• Services : 70% du PIB
• En 2008, chômage officiel de 9.5% (14% en vrai) mais 4% en 2018

L’ARMEE
• Armée professionnelle de 1,4 M d’hommes.
• Les flottes : II° flotte au large de la côte Est, III° flotte au large de la côte Ouest, V° flotte dans le Golfe Persique, VI° flotte en
Méditerranée, VII° flotte près du Japon.
CONTEXTE HISTORIQUE, IDENTITE ET SOCIETE AMERICAINE

LES USA DEPUIS 1945

I) I. UNE AMERIQUE TRIOMPHANTE (1945-FIN 60’S)


• L’héritage de Roosevelt (1932-1945) Fin du capitalisme sauvage après la crise de 29 (Glass Steagall Act en 1933 séparant
banques d’investissement et banques commerciales) ; le New Deal & l’Etat Providence ; la fin du protectionnisme (charte de
l’Atlantique en 1941) et des Etats-Unis renforcés par la guerre (économiquement, militairement, idéologiquement etc…)
• Des héritages confortés La fin de l’isolationnisme : Truman puis Eisenhower, poursuivent interventionnisme avec
containment et la résolution Vandenberg de 1948. Les années 50, un âge d’or : baby-boom, essor de la consommation,
coexistence pacifique avec URSS.
• L’illusion des années 60 « Une nouvelle frontière » : Kennedy (61-63) veut s’attaquer aux défis de la pauvreté (politique
keynésienne et mesures sociales comme Medicare), du racisme, envoyer un homme sur la Lune. Mais des menaces :
économiquement par le 1° déficit commercial en 1971, militairement par la guerre du Vietnam, diplomatiquement (crise des
missiles et manifestations anti guerre du Vietnam) et politique (mouvement noir et assassinats de Kennedy, Luther King)

II) II. UNE AMERIQUE QUI DOUTE MAIS QUI RETROUVE DES CERTITUDES DANS LE CADRE DE LA REVOLUTION REAGANIENNE (1969-
2001)
• Sentiment de déclin: Un déclin économique (choc pétrolier, déficit commercial) et géopolitique (Vietnam, Iran). La politique
de Nixon avec Connally a la FED lutte contre inflation et récession par gel salaire mais maintien dépenses sociales. Plan
politique, inaugure un « Realpolitik » avec le camp communiste, se rapprochent de la RPC mais le scandale du Watergate en
74 fragilise les Etats-Unis.
• Le reaganisme et le retour des certitudes : America is back en 81. 4 piliers économiques : forts taux d’intérêts, baisse des
dépenses publiques, baisse des impôts, déréglementation. Reagan est réélu en 1984 car il a su redonner confiance et fierté
aux américains. Mais les inégalités se creusent et l’endettement augmente (twin deficits = commercial et budgétaire). George
Bush donne donc la priorité à la réduction des dépenses publiques tout en étant reaganien
• Les années 90s, l’hyperpuissance : Clinton en 92 qui est centriste, croissance éco exceptionnelle (4% en moyenne), inflation
maîtrisée, pauvreté qui diminue. Une « hyperpuissance « inégalée technologiquement, militairement, économiquement etc…
USA n’hésitent pas à intervenir au nom de la démocratie (enlargement) et favorisent le libre-échange (enforcement), tout en
donnant priorité aux intérêts nationaux américains (unilatéralisme).

III) III. L’AMERIQUE DEPUIS 2001 : LA FIN DE L’EXCEPTION


• 2001, un tournant : GW Bush se présente comme héritier du Reaganisme. Crise de la bulle spéculative internet et attentats
(Patriot Act en 2001, lutte contre le terrorisme).
• Les années 2000, « l’impuissance de la puissance » Bertrand Badie : Des bourbiers et des critiques : l’Irak et l’échec de la
démocratisation, de la pacification, des interventions souvent unilatérales et des bavures ; contestations en Amérique latine
(ALBA de Chavez) ; économiquement les scandales (affaire Madoff, paradis fiscaux) et la crise de 2008 mettent à mal le
capitalisme porté par les EU ; La crise de 2008 : désindustrialisation, endettement accru.
• Les présidences Obama, un espoir déçu ? L'élection d'Obama est le symbole d’une nation soudée et d'un tournant avec Bush
: politique monétaire incitative, régulation financière (Dodd-Frank 2010), Obamacare, subvention des énergies renouvelables.
Approche plus réaliste des relations étrangères : plus réticent aux interventions, retrait Irak. Ses nouveaux concepts : leading
from behind (Libye : soutien logistique aux autres puissances), smart power, pivot asiatique, retour de l’extraterritorialité.
Bilan : les Etats-Unis ont rapidement renoué avec la croissance, chômage sous 5%, mais le chômage réel est estimé à 12%
avec les emplois précaires, permanence du problème racial, a déçu en politique étrangère et notamment en Syrie (non
intervention malgré l’utilisation d’armes chimiques). Mais des succès en politique étrangère : COP21, nucléaire iranien, Cuba
(tous déconstruit par Trump).
LA CONSTITUTION DU TERRITOIRE ET IDENTITE NATIONALE AUX USA

I) UNE GRANDE PARTIE DE L’IDENTITE AMERICAINE S’EST FORGEE DANS LA CONQUETE DU TERRITOIRE
• Une constitution du territoire longue et progressive : 1775-1783 : Guerre d’indépendance qui s’achève avec le traité de Paris.
Dès leur naissance, les US se définissent comme nation pionnière : par l’achat de terres (Louisiane, Alaska), par expédition
(Lewis and Clark), par des guerres (avec le Mexique pour le Texas, guerre de Sécession 1861-1865, guerre contre Esp à Cuba
en 1898). Fin de l’expansion (Frontier) en 1890.
• Une organisation territoriale spécifique : mise en valeur égalitaire, avec l’Homestead Act en 1862 : Etat donne la terre aux
colons contre mise en valeur pendant minimum 5 ans
• La conquête du territoire a profondément marqué l’identité. Le mythe de la Frontière est central : explique l’esprit de liberté
individuelle, la grande mobilité.

II) UN TERRITOIRE AU SERVICE DE LA PUISSANCE


Un territoire immense, terre d’abondance : tri-océanité (avec l’Arctique), 1° ZEE, charbon, hydrocarbures. Penser à l’école
géopolitique réaliste : H. Morgenthau qui dit que les grandes puissances disposent d’un grand territoire. Mais des risques :
risques sismiques, ouragans (Katrina en 2005), Dust Bowl ( une région à cheval sur l'Oklahoma, le Kansas et le Texas, touchée par
la sécheresse) dans les 30s.
• D’où un souci précoce de protéger et préserver le territoire : dès fin 19° T. Roosevelt dénonce un capitalisme sauvage. Clean
Air Act en 1963, Clean Water Act en 1972, création de l’EPA (Environmental Protection Agency) en 1970.
• La mise en valeur libérale a abouti dès le XIXe à une concentration et spécialisation des territoires suivant une logique
centre/périphérie : concentration précoce des activités autour d’un centre, le Nord Est, grâce à son commerce maritime, son
industrialisation précoce (riche en matières premières, peuplé). Dans les 50s, rééquilibrage en faveur des périphéries : Sun
Belt émerge dans de nouvelles industries (aéronautique, cinéma).

III) CEPENDANT LES DIFFERENTES REGIONS CONSERVENT LEURS IDENTITES SPECIFIQUES


• Des identités régionales multiples : on parle de « belt » plutôt que de région. Joel Garreau The nine nations of North America
• La Mégalopole atlantique : son cœur est New-York (ville mondiale), au Nord Boston (aujourd’hui centre high tech), au Sud
Philadelphie, Baltimore, Washington (centre de décision).
• Le Midwest, entre les Grands Lacs et le Mississippi : grenier à grains (Corn Belt), Chicago en est le principal nœud ferroviaire.
• « Vieux Sud » et « Nouveaux Suds » : Vieux Sud : histoire marquée par la ségrégation, indicateurs socio-économique
inférieurs à la moyenne. Nouveaux Suds : Floride avec l’héliotropisme qui joue un rôle décisif + tourisme, hyperspécialisation
agricole et Texas de grandes réserves de pétrole.
• La façade Pacifique : dynamique avec de grandes métropoles, fait partie de la Sun Belt.
• L’Ouest de l’intérieur : le Quartier vide. A cause des contraintes naturelles. On y trouve d’immenses sites naturels :
Yellowstone et 2 métropoles : Denver et Salt Lake City.
LA QUESTION NOIRE

La situation début XXème : ségrégation raciale, économique, géographique


• 1865 suppression de l’esclavage, 1868 citoyenneté, 1870 droit de vote mais limité. Mais mise en place d’une ségrégation
officielle, Jim crow Laws, 1896 rendue officielle dans l’affaire Plessy VS Ferguson qui reconnaît la doctrine de « separate but
equal »
Ce qui a fait avancer la déségrégation
• 1963 : « I have a dream » de MLK
• 1960s : le Black Power prend de l’ampleur (cf JO de Mexico en 1968 2 athlètes noirs Tom Smith et John Carlos lèvent leurs
poings)
Grandes lois de déségrégation :
• 1954, ségrégation scolaire déclarée illégale. 1956 : idem pour les transports.
• 1964 : Civil Right Act : met fin à ségrégation ds bâtiments pub, embauche et processus électoral et prévoit affirmative action
• 1965 : Voting Right Act : plus de restriction pour inscription sur liste électorale.
ETAT ET ECONOMIE AUX USA

I) MALGRE UN TRADITION LIBERALE, L’ÉTAT A RENFORCE SA PRESENCE DANS L’ECONOMIE AU XX°


- Un Etat complexe. Un Etat fédéral, donc à une souveraineté à plusieurs niveaux, depuis la constitution de 1787 ; pose certains
problèmes (26 Etats déposent une plainte à la Cour Suprême, qui veille à la constitutionalité des lois, contre l’Obamacare,
entre autre car empiète sur leur souveraineté). S’appuie sur le principe de « Check and Balance » (séparation des pouvoirs :
législatif au Congrès qui vote le budget, ratifie les traités cmcx, déclare la guerre ; place considérable au judiciaire) et sur deux
partis majoritaires (sans de véritable coupure idéologique entre les deux même si radicalisation des républicains depuis 1980s
 2008 : mouvement Tea Party.)
- Une société hostile à l’intervention de l’Etat. Intervention tardive de l’Etat car mentalité individualiste, darwinisme social et
historiquement peu de conflits entre un Etat qui respecte le marché et grands groupes (Carter et les Majors). Début de
l’affirmation : respect de la concurrence, anti-trust avec le Sherman Act en 1890 mais le poids est faible dans l’éco
- Mais un contexte qui force l’intervention pour assurer la prospérité du pays. Contre la crise de 29 avec le New Deal, pendant
WWII et donc renforcement de l’Etat jusqu’au retrait des années 80 (Employement Act 46, CEA (Council of Economic Advisers
qui définit la politique américaine) en 46, Medicare et Medicaid avec la « Grande société » de Johnson, CMI etc.). Mais limité,
pas comme en Europe : échec du « Fair Deal » de Truman.

II) UNE INTERVENTION MULTIFORME ET ORIGINALE POUR CREER UN CADRE FAVORABLE ET DEFENDRE LES INTERETS NATIONAUX
- Soutenir la croissance et garantir la prospérité individuelle. • Par des politiques macroéconomiques : arme budgétaire
(recours aux déficits pour soutenir la xce), fiscale (reaganomics, réduction des impôts, seulement 2 seuils), monétaire (fin de
BW, $ faible pour procurer des liquidités et faire face à la concu en favorisant les exp) et soutenir la croissance (New Economics
de JFK). •Par des politiques de réglementations pour fixer les règles du jeu concurrentiel (Anti-trust) puis déréglementation
dans les 80’s pour l’offre. • Par des politiques indirectes qui favorisent l’actv éco (Small Business Act 1953 soutient l’innova°,
créa° d’emplois).
- Défense des intérêts économiques. Soutient de certains secteurs (agriculture ; commandes publiques par le Buy American
Act de 1933 ; la défense, seule véritable politique indus américaine avec formation de la « Gun blet »). Politique commerciale
en gardant un certain protectionnisme (clauses de sauvegarde du GATT) puis offensive dans les 90’s (Trade Act 88). Des
sauvetages d’entreprises avec le Too big to fail  AIG (banque), Chrysler (en 1983)
- Mais Etat providence embryonnaire. Naissance avec le Social Security Act (1935), renforcé par Medicare et Medicaid mais
peu efficace et contesté (pas de prise en charge universelle jusqu’à Obama, Workfare State sous Clinton 1996). Naissance
d’un Welfare Capitalism (recours au privé). Système aujourd’hui en crise avec des assurances complémentaires qui sont une
charge lourde pour les entreprises et une guerre contre la pauvreté (43M d’américains sous le seuil de pauvreté)

III) CONTESTATION DANS LES 80’S QUI FORCE A UNE REDEFINITION DU ROLE DE L’ÉTAT
- Remise en question et désengagement des 80’s. Critique (par les monétaristes, Friedman) idéologique et son intervention
est vécu comme une contrainte (déficit budgétaire, hausse des prix avec réglementations etc). Donc révolution libérale de
Reagan (« l’Etat est le problème et non la solution », dérèglementa°). Suivies par Clinton : abrogation du Glass Steagall Act
en 1999).
- Redéfinition du rôle de l’Etat pour pérenniser la prospérité nationale. Malgré les dérèglementa°, politiques pragmatiques
pour assurer la croissance (aides aux secteurs en difficultés), renforcement de la compétitivité nationale avec une fiscalité
avantageuse de 80s à auj. Mais certaines actions spécifiques au service de la compétitivité sous Clinton en 90s (législation
anti-trust dans le domaine des NTIC qui a permis une reconquête des HighTech) Les pol libérales ont eu pr but de recentrer
l’action de l’Etat sur des fonctions sécuritaires (lors de Katrina : envoi de l’armée pour sécuriser et non répondre aux besoins
de la pop).
- Crise de légitimité actuelle. Un Etat rendu responsable de la crise de 08 (finance surdimensionnée, endettement,
délocalisations industrielles, lutte surdimensionnée contre le terrorisme au détriment d’investissement dans les
infrastructures), mais qui a su réagir (sauvetage de GM, loi Dodd Franck, Obamacare en 2014, quantitative easing par la FED)
mais qui est confrontée au creusement de la dette et du déficit, l’impact sur la xce diminue. En fait, la Q° de
l’interventionnisme de l’Etat est plus politique qu’économique car c’est une crise de légitimité (opinion publique pas satisfaite,
hostilité face à la régulation qui restreint les libertés  libertariens, Tea Party en 2008)
Chiffres : Chronologie :

• 14% de la pop vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté • 1787 : Constitution américaine.
• Aujourd'hui, 30M de personnes n’ont pas accès à une • 1890: Sherman Act contre les trusts
couverture santé (20M de moins qu’en 2014 avec • 1933 : New Deal
Obamacare) • 1935 : Social Security Act + Wagner Act
• Budget militaire = 600 Mrd $ en 2015 • 1953 : Small Business Act
• Dette US > 50.000 Mrd $ • 1988 : Trade Act : mesure contre la concurrence déloyale
• 2009 : Sauvetage de GM et Chrysler (Too big to fail)

LA NOUVELLE « REVOLUTION ENERGETIQUE » DES HYDROCARBURES DE SCHISTES

Depuis 2009, 1e producteurs de gaz naturel devant la Russie grâce aux gaz de schiste (1/2 de la production de gaz).
• Le pétrole de schiste, c’est quoi ? Moins connu que le gaz du même nom, les réservoirs compacts de pétrole de
schiste sont contenus dans des roches poreuses du sous-sol. Les gisements de cet hydrocarbure léger sont assez
rares, mais se retrouvent de plus en plus convoités. Le bassin permien, à l’ouest du Texas, est l’un des principaux
gisements de la planète, certains spécialistes estiment même que les réserves pourraient être plus grandes qu’en
Arabie saoudite
• Les causes du renouveau énergétique : nouvelles techniques de forage (fracturation hydraulique de roches grâce à l’injection
massive en profondeur de litres d’eau mélangé à du sable et produits chimiques), flambée des cours de pétrole.
• Les impacts sur l’éco : impacts locaux car aide les régions touchées par la désindustrialisation (Pennsylvanie), relance
l’économie US (facture des ménages allégée). L’énergie est redevenue un élément essentiel de la compétitivité de l’industrie
US car abondance d’une énergie bon marché.
• Un exemple de zone d’exploitation : bassin de Marcellus dans les Appalaches
• Bouscule les rapports de force géopolitique : redéfinit les relations entre US et pays exportateurs d’hydrocarbures, impact
sur les économies africaines (depuis 2014, les US n’importent pas de pétrole au Nigéria pour la 1ère fois depuis 1973, ce qui
provoque une grave crise), impact sur les relations avec la Russie (perçoit le gaz de schiste comme une menace) et avec la
Chine (rapport de force plus favorable face à une Chine dont les ressources nationales s’épuisent).
• Révolution énergétique durable ? L’extraction de pétrole a atteint son plus haut niveau depuis quarante-sept ans en 2017
aux Etats-Unis. MAIS en procédant à la fracturation hydraulique pour exploiter le pétrole de schiste, les compagnies
pétrolières injectent des additifs chimiques dans les roches, ce qui contribue à polluer les sols. Les populations locales peuvent
donc rencontrer des problèmes sanitaires à cause de la mauvaise qualité de l’eau, la biodiversité locale ainsi que les espèces
animales dépendant des eaux de surface sont également menacées. En outre son coût d’exploitation élevé.
• Au même moment en Chine : Chine a construit 27 réacteurs nucléaires, est un leader incontournable dans le solaire,
monopoles des terres rares.

LA POLITIQUE DE SECURISATION DE L’APPROVISIONNEMENT EN PETROLE

• Pacte du Quincy (1945) : Entre le roi Ibn Séoud (AS) et Roosevelt. Renouvelé en 2005 par Bush => protection militaire. En
contrepartie, l’AS garanti l’essentiel des approvisionnements énergétiques des US.
• 1953, la CIA organise un coup d’État en Iran pour renverser le premier ministre, Mossadegh, qui voulait nationaliser le pétrole
iranien, permettant ainsi l’entrée des compagnies américaines dans l’exploitation des gisements iraniens, jusque-là chasse
gardée anglaise.
• Au début des années 1960, pressions exercées sur le Mexique pour qu’il n’adhère pas à l’OPEP. Plus récemment
l’intervention en Irak est officieusement motivée par la sécurisation de l’approvisionnement.
=> Pour montrer comment les US ont très tôt mené une diplomatie énergétique
L’IDENTITE DES USA, ENTRE UNITE ET DIVERSITE
I) UNE IDENTITE ORIGINALE AUX RACINES ANCIENNES
• 3 ruptures historiques : Pilgrim Brothers, la Révolution, la guerre de Sécession (1861-1865)
• 3 textes fondateurs : Déclaration d’indépendance 1776, Constitution 1778, Bill of Rights 1790
• 4 principes : liberté, sureté (30/50 Etats : peine de mort), droit à la recherche du bonheur, mythe de la frontier (les américains
sont encore aujourd'hui très mobiles : 15% d’entre eux déménagent chaque année)

II. UNE IDENTITE QUI FORGE UN TRIPLE MODELE : POLITIQUE, ECONOMIQUE ET SOCIAL
• La plus vieille démocratie au monde : stabilité institutionnelle, alternance politique
• La « patrie du capitalisme » : degré d’achèvement inconnu ailleurs, du pionnier au self made man,
un même idéal, des robber barons aux patrons des GAFAs.
• Melting pot et American Way of Life : 329 M dont 16% Latinos et 13% noirs, société de
l’abondance (Supermarket Lady, Duane Hanson) et des contrepouvoirs (lobbys, presse)

III. UNE IDENTITE COMPLEXE REVELANT SA PART D’OMBRE : UN CONTRE MODELE


• Un « contre modèle » : 1930’s (fermeture, capitalisme cause de la crise de 1929), 1970’s (Vietnam, Watergate, chocs
pétroliers, concurrence européenne et japonaise), 2000’s (9/11, bulle technologiques, supbrimes, chômage)
• La « société du paradoxe » Kamman : Salad Bowl (ghettoïsation ethnique, gated communities), faille dans le modèle
économique (surendettement 105% du PIB, darwinisme social, working poors) et rôle de l’Etat loin d’être libéral :
interventionnisme fréquent (engagé économiquement Sarbanes-Oxley, dépenses militaires, protections des intérêts
américains dans le monde)
• Société de l’inégalité : exemple de la Californie, plus riche que la France mais aussi Etat le plus inégalitaire des Etats-Unis,
entre extrême pauvreté et milliardaires.
POPULATION ET SOCIETE
2000 : 281M hab, 2018 : 328M

I) UNE DYNAMIQUE DEMOGRAPHIQUE QUI RESTE FORTE CONTRIBUANT A L’ORIGINALITE DE LA POP AMERICAINE
• Natalité et fécondité plus fortes que dans les autres pays développés. 3ème population du monde. Période fort
accroissement naturel entre 1945-65 (+28M); depuis 60s naturel se réduit (remise en question puissance nationale).
• Apport de l’immigration : quantitatif (1er pays immigrat°) et qualitatif, l’immigration est contrôlée depuis fin XIX° (quotas
1921 et 1924, changement avec WWII et migrations mexicaines, brain drain). Dimension sécuritaire politique migratoire
depuis 11/09/01. Ajd 3 réalités : immigrants légaux (raisons écos) + réfugiés (convention Genève 1951) + clandestins (12M)
• Une nation de minorités : blancs non hispaniques 64% (recul), hispaniques 16%, noirs 13%, asiatiques 6%, amérindiens 1%.
(Mais disparité entre les Etats : à Los Angeles presque 50% de latinos contre 35% de blancs). Ajd 1er groupe immigrants =
Asiatiques (≠hispaniques). Atouts = démographique, dev régional, MO variée, atout culturel
• Défis : vieillissement de la pop (15% a plus de 65 ans) et défi de la santé (que 30% pop couverte par programme public).

II) UNE SOCIETE AU MODE DE VIE FAVORABLE AU DEVELOPPEMENT ECO


• Une population mobile : mobilité géographique, (1 américain sur 3 vit hors État natal) avec migrations internes (zones
répulsives (NE) // attractives (SO)). Professionnelle (les Américains changent 3/4 fois de job). Sociale (mythe du Self Made
Man, même si de - en - vrai)
• Une nation de citadins : taux d’urbanisation 80%. Mais pays « suburbanisé » => triomphe de la banlieue pavillonnaire (raisons
culturelles car ≈ échappatoire; politiques car État encourage accès prop. privée; économiques car bassins emplois)
• Le 1e marché de consommation au monde : atout pour la puissance industrielle. Une force de travail exceptionnelle : une
pop active de 160M. État protège emploi (employment act 1946) MAIS la « Job machine » américaine souffre d’une
précarisation des emplois, du problème du chômage.

III) UNE SOCIETE CONFRONTEE A LA DESUNION ?


• Le melting pot : une réalité (perte identité des immigrants); MAIS : question noire, société multiculturelle (salad bowl)…
• Etre pauvre dans une nation riche : en 2007, 37M de pauvres // 50M ajd. Législation sociale tardive et peu développée
(traditionnellement, lutte pauvreté = ressort Églises MAIS intervent° depuis fin XIX et tournant 1960s; puis remise en cause
État-Providence dans 90s car coûteux). D’où une crise urbaine, symptomatique des pbs liés pauvreté => déclin démo,
hémorragie de l’emploi, accroissement pauvreté (ex de Détroit)
• Une société violente ? Armes à feu (Puissance de la NRA), drogues (50% de la drogue consommée dans le monde est
consommée aux EU
• Fin du rêve ? Dégradation mobilité sociale, pauvreté, rejet immigration alors que fondement du mythe, inégalités raciales …
MAIS notion reve toujours là (cf. Make America Great Again)

POINT SUR LA QUESTION INDIENNE AUX EU


1% de la population, dont 40% vivent en réserves
• Au XIXe lors de la conquête intérieure des territoires les populations sont repoussées au fur et à mesure de la mise en valeur
des territoires américains et sont cantonnés dans des camps. Depuis la conquête, les indiens ont été maintenus dans un état
d’infériorité culturelle, sociale (question agraire) et politique (accès tardif à la citoyenneté surtout en Am du N : 1924 aux US
et 60s au Canada). Il faudra attendre le retour de la démocratie dans les 80s, 90s et l’adoption de nouvelles constitutions qui
pour la première fois reconnaissent les droits des indiens. L’identité indienne refait surface au moment des indépendances
pour montrer la différence avec les espagnols.
• Une personnalité à connaître : Benito Juarez, 1° président d’origine indienne (au Mexique).
ECONOMIE

L’INDUSTRIE AUX USA

• La 2GM a permis la suprématie : dvlpmt de l’aéronautique, aluminium, chimie, pétrole. Mise au point de technologies
nouvelles (électronique, nucléaire, spatial) qui deviennent le moteur de l’innovation d’après-guerre. 2GM a permis de sortir
de crise éco. Ap 1945, USA rpz les 2/3 de pdction mdle d’acier, pétrole, alu.
• Une désindustrialisation : le premier déficit commercial des EU en 1971 marque le début d’un déclin de l’industrie.
Progressivement la « manufacturing Belt » se vide (Detroit devient une « shrinking city ») à cause d’une concurrence accrue,
une baisse de la compétitivité et surtout les délocalisations. Intervention de l’Etat qui sauve Chrysler en 1979.
• Une mutation du secteur industriel : mutation sectorielle (se tourne vers les hautes technologies, plus rentables),
géographique (part de la manufacturing belt pour la sun belt), organisationnelle (fin du fordisme.
• Mais un secteur économique qui demeure puissant : le territoire américain reste attractif (main d’oeuvre qualifiée, aménités,
énergie peu chère) ce qui attire des relocalisations. Néanmoins l’État joue un rôle clef dans les relocalisations cf. Trump a
instauré une pénalité de taxation si les entreprises ne relocalisent pas.
• Révolution high-tech : avènement du New-Age permettant un retour à la croissance (4%/an entre 1993-2001). Les industries
High-tech sont des fers de lance de la réindustrialisation. Mais persistance de fragilités (énergie, concurrence internationale
avec constructeurs japonais détenant 1/3 du marché US de l’automobile)

L’INDUSTRIE AUTOMOBILE AUX ETATS-UNIS

Une industrialisation qui connait des profondes mutations sous les effets de la concurrence internationale et de la
mondialisation :
• La région des grands lacs est le berceau de la construction automobile : signature d’un accord avec UAW permet la
concentration de l’industrie auto dans la région (surcout Michigan)
• Glissement progressif vers le Sud du pays à partir du 2nd choc pétrolier : (1) petites voitures en provenance du Japon et de
CdS + concurrence allemande ; (2) A partir des 80s, pour éviter les quotas et barrières douanières ces constructeurs
étrangers s’installent aux US mais pas dans le Michigan (dans un premier temps dans les états limitrophes puis se décale
progressivement vers les états du sud comme le Mississipi, l’Alabama, la Géorgie, la Caroline du S, le Texas). EX : en Caroline
du Sud en 2013, salaires 1/3 plus bas qu’au Michigan et 2,2% de syndicalisés. (3) Big Three ouvrent aussi des usines en
dehors du Michigan (ex : Ford au Kansas)
• Délocalisation surtout depuis 2000 : 65% en 2000 de la prod° des Big Three se faisait sur territoire américain VS 44,8% en
2012

Malgré l’impact de la crise financière et économique mondiale apparue aux EU en 2007/2008, l’industrie automobile a retrouvé
le chemin de la croissance au prix de changements structurels importants :
→Crise révélatrice des difficultés structurels de l’auto : GM déclarée en faillite en 2009 (173Ma$ de dettes// 1,8Ma de
capitalisation en bourse)
• Rôle décisif de l’Etat fédéral : soutien décisif de Bush et Obama à Chrysler et GM (disparition de ces 2 entreprises =
disparition d’un écosystème →1,1 millions d’emplois et 1 point de croissance du PIB perdu si disparition). L’aide totale à GM
(nationalisé en 2009) et Chrysler s’élève à 80Ma$ ➔oblige GM à se restructurer : 14/47 usines en Am du N ferment et
suppression de marque (Hummer, Pontiac…). En novembre 2010, introduction en bourse de GM qui lui permet de redevenir
un groupe privé. En 2015, GM fait 7MA$ de bénéfices.
• Bilan social et territorial : Big Three = 1,2 millions de salariés en 1978 VS 171000 en 2011 ; UAW accepte diminution de 40%
des salaires (taux horaire : 28$-->19$) et limiter avantages sociaux (retraite). Exemple de Détroit : « motor city » à « murder
city »
• Le rôle clef joué par le Mexique : 4ème exportateur M ; délocalisation se fait au détriment du Midwest ; véhicule moyen
des Big Three incorporerait plus de 40% de contenu Mexicain

RQ :
• Industrie auto =locomotive de l’industrie américaine avec effets d’entrainement sur sidérurgie, métallurgie, machines,
chimie, électronique….
• US : 2ème producteur mondiale de véhicules avec 12,1 millions de véhicules
• Automobile a encore de l’avenir : sous-investissement des transports en commun aux EU et villes étalées dans l’espace

LE DOLLAR DEPUIS LE DEBUT DU XXe SIECLE

• Créé en 1792, le dollar est intimement lié à l’identité américaine et devient progressivement le symbole de la puissance.
Consolidé au 20°, définit une parité fixe avec l’or. Triomphe du dollar en 1944 à BW : 35$ = 1 once d’or « as good as gold »,
devient la première monnaie échangée au monde. Puis instabilité à partir des 1960s :
- Montée des spéculations sur le dollar dans les 60s (guerre du Vietnam) à création du pool de l’or en 1961 (pour soutenir
parité $)
- 1971 : 1er déficit commercial de l’histoire des USA Nixon choc = dévaluation de 15% à flottement généralisé des monnaies.
Connally (secrétaire d’Etat au trésor) : « le $ c’est notre monnaie, mais votre pb».
- 1976 : accords de la Jamaïque : passage à un système de changes flottants  permet un dollar faible qui bénéficie aux
exportations.
- 1979 : arrivée de Volker à la tête de la Fed à il remonte les taux d’intérêt de 20%  pour combattre l’inflation.
- 1985 : accords du Plaza pour faire baisser le dollar (pour relancer les exports américaines dont la baisse pénalisaient
l’économie mondiale) ; 1987 : accords du Louvre pour enrayer la baisse du dollar
• Un outil de la puissance américaine : les IDE permettent aux FMN de s’étendre. Les US disposent d’un avantage considérable
car peuvent financer le déficit avec leur propre monnaie. 1e monnaie mondiale : monnaie de réserve, change, et de facturation.
• La Chine détient aujourd'hui l’arme absolue contre le dollar : ses gigantesques réserves (2500 Mrd $ dont plus de 40% en bons
du trésor) $ elle pourrait faire chuter le dollar mais elle y aurait peu d’intérêts.

I) AVENEMENT DU ROI DOLLAR JUSQUE DANS LES ANNEES 70


• Dollar stabilisé et consolidé au début XXe : Création de la FED en 1913, e (réunion des 12 plus grandes banques régionales, fonds
privés mais sous surveillance du gouv) puis enrichissement pendant WW1 (40% du stock d’or mondial, 1ere éco mondiale).
• Un dollar qui devient hégémonique de Gênes à BW :
- 1922 : Conférence de Gênes : le $ devient monnaie de référence, comme la £.  C’est le début du péché monétaire de
l’Occident selon Jacques Rueff (1971) : les USA n’ont plus à se soucier de leurs déficits puisqu’ils les règlent dans leur monnaie,
c’est les « déficits sans pleurs »  folie de l’endettement  1929 puis extension mondiale avec la dévaluation du $ en 1934.
- Enrichissement pdt la 2GM (75% du stock d’or mondial).
- 1944 : Conférence de Bretton Woods ; « as good as gold » = 35$ = 1 once d’or.
• Un règne ébranlé durant les années 60-70 :
- 1961 : création du pool de l’or afin de défendre la parité du $ en achetant des $ et en vendant de l’or. Trop de $, conséquence
de spéculation, multiplication des xénodollars : USA possède slmt 30% stock d’or mdl et réserve en or américain ne couvre que
17% des $ en circulation.
- 1971 : Nixon shock, non-convertibilité en or
- 1976 : conférence de Kingston, Jamaïque marque le passage à un système de changes flottants : permet un dollar faible qui
bénéficie aux exportations américaines, Connally (secrétaire d’État au trésor) : « le dollar c’est notre monnaie mais votre
problème ».
Effets néfastes du $ : surendettement des PED, dilemme de Triffin (=le système de Bretton Woods rend nécessaire le déficit de la
balance courante des EU pour alimenter le monde en moyens de paiement internationaux, donc les besoins importants de
l’économie mondiale en une devise fiable aboutissent paradoxalement à la perte de confiance envers cette monnaie) origines de
la crise de 73 (OPEP cherche à rattraper les dévaluations du $).

II) DEPUIS LES 70’, LE ROI DOLLAR EST DESTABILISE MAIS JAMAIS DETRONE
• 1985 : accords du Plaza et 1987 : accords du Louvres pour stabiliser le dollar → krach boursier. 1992-1993 : récession mondiale.
A partir de cette date, le dollar est extrêmement volatile.
• Le dollar n’a pas trouvé de successeur, il conserve les 3 rôles d’une monnaie mondiale (⅔ des réserves des banques centrales,
50% du commerce international et des transactions de changes). La plupart des pays sont dépendants du $ car c’est leur monnaie,
ou leur monnaie a une parité fixe avec le $. Le gouverneur de la FED est ainsi souvent vu comme le maître du monde.

III) LE DOLLAR TOURMENTE : PEUT-IL GARDER SON SCEPTRE ?


• Dette des EU (19.000 Mds$) et déficits US conséquents + crise des subprimes = le $ est dans la tourmente. Il est au cœur de
guerres économiques (contre le yuan volontairement sous-évalué par ex).
Mais le dollar reste indétrônable : la capitalisation boursière des EU vaut celle des autres pays du G7.

LA GRANDE ENTREPRISE AMERICAINE AU XXe SIECLE

• Une constante dans le capitalisme américain : très grandes firmes d dès l’ère de barons pillards fin 19ème (ex. Rockefeller).
• La grande entreprise est le lieu majeur de l’innovation du capitalisme : production de masse, nouvelles organisations du travail,
consommation de masse (1907 : Ford T et le fordisme), du management et des stratégies (ex. marketing)., internationalisation
précoce (United Fruit fin 19ème), rachat de marques euro dans les 20’s.
• Le relais de l’influence des USA dans le monde, au fondement du soft power américain (ex. Coca-Cola, coup d’Etat CIA en 54 au
Guatemala qui avait décidé nationaliser les terres de United Fruit).
La Gde Entrep a profité d’un environnement favorable: lois antitrust (Sherman Act 1890 Clayton Act 1914), loi sur les faillites
1978 (permet à une entreprise en difficultés financières de continuer à fonctionner normalement, tout en lui laissant le temps
de chercher un accord avec ses créanciers).
• Elle est également au cœur de la crise du fordisme dans les 1980s. Accusée de contribuer au déclin de l’industrie car les IDE
américains pèsent sur balance commerciale. Elle est à la base de la recomposition de l’économie mondiale : outsourcing, DIPP,
diffusion des NTIC.
• Small is beautiful de Schumacher en 73, mais retour en grace dans les 90.
• Limites : « Walmartisation » de l’éco américaine, « barons voleurs », fusac foireuses (AOL –Time Warner en 2002)

L’ACEUM (EX L’ALENA)

• Elle entre en vigueur en 1994. Elle est en fait l’extension d’un accord de libre- échange entre les EUA et le Canada, l’ALE, entré
en vigueur en 1989.
• Des résultats impressionnants :
• Dynamisme économique : ¼ du commerce mondial. Les échanges commerciaux entre les partenaires ont plus que triplé,
entre les EU et le Mexique les échanges ont quadruplé.
• Bonne affaire pour le Mexique : admission à l’OCDE, nouvelle spécialisation dans l’automobile, essor des multilatinas car
coûts salariaux très bas (8$/h contre 38$/h aux Etats-Unis).
• Toutefois, des disparités au sein de l’ALENA : Les Etats-Unis représentent 2/3 de la population et 85% du PIB de l’Alena.
• Et des contestations :
• Déficit commercial américain creusé, d'où la réaction de Trump ("Le Mexique a trop longtemps profité des Etats-Unis »)
• Espace dominé par US (Porfirio Diaz « Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des Etats-Unis »)
• Une mauvaise affaire du point de vue social : Avec la politique des bas salaires pour attirer les activités industrielles, le
Mexique n’est pas sorti de la pauvreté (ex soulèvement du Chiapas par l’EZLN du commandant Marcos). L’Alena a
impacté les emplois industriels aux Etats-Unis (perte d’1 millions d’emplois dans la Manufacturing Belt. Dégradation
environnementale au Canada avec le développement des activités minières (Alberta)
Voulu par Trump, l’ACEUM (Accord Canada-EU-Mexique) signé en novembre 2018 remplacera l’ALENA en cas de ratification. Il va
plus loin que l’ALENA (plus de règlementations et protection de la propriété intellectuelle), il uniformise les droits des travailleurs
(ce qui pénalise le Mexique et va ralentir les délocalisations). Cependant le Mexique conditionne la ratification de ce nouvel accord
à la levée des taxes sur l’acier et l’aluminium.

LE PROJET DE ZLEA

• C’est quoi? Un projet défendu par les US dans les 90s pour créer une zone de libre-échange en Amérique.
• Un symbole du rejet des US : Projet vivement critiqué par le Mercosur qui y voit un néocolonialisme et le Venezuela qui
répond par la création de l’ALBA (2004). Finalement enterré au Sommet de Mar del Plata (2005)
• Un symbole du renversement des rapports de force en Amérique Latine : le Brésil autrefois pro-américain est le pays qui s’y
oppose alors que l’Argentine le soutient.

LA PUISSANCE AGRICOLE AMERICAINE

1ère agriculture pour la production & plus de 20% de la production américaine exportée donc une intégration à l’économie de
marché.
I. UNE ORGANISATION ORIGINALE
• Agriculture très tôt productiviste, mécanisation précoce + climat favorable, SAU 2 fois plus gde que celle de l’UE.
• Intégration à une économie de marché : exportations vers façade atlantique, Europe, elle est liée à la diplomatie du $ et à
l’impérialisme américain (United Fruit & les républiques bananières)
• Des fragilités : effondrement des prix dans les années 20 & surendettement, Dust Bowl + crise 29 => nécessité d’une
intervention massive de l’Etat : législation protectionniste, normes de sécurité & subventions, New Deal qui instaure la
construction de barrages sur le bassin du Colorado pour une agriculture irriguée.

II. DEPUIS 1945, LE POUVOIR AGROALIMENTAIRE AMERICAIN


• Intégration à un complexe agroalimentaire : augmentation des rendements (grandes exploitations, motorisation (Jon Deere)
engrais par DuPont de Nemours, hormones de croissance, recherche agronomique par Monsanto). 1° complexe agro-
industriel au monde (il représente 15% PIB américain et 20M d’actifs)
• Une agriculture tournée vers l’extérieur : « Food power » en direction de l’UE, Japon & TM (la Public Law 480 en 1954 permet
aux PED de payer leurs importations agricoles aux USA dans leur propre monnaie & est un moyen pour les USA d’écouler leurs
surplus).
• Cette agriculture reste aujourd'hui la 1ère du monde. 1er producteur de soja, maïs, blé + Puissance des FMN (Monsanto),
1er marché du bio, utilisation d’OGM & des biotechnologies

III. L’AGRICULTURE MONTRE L’AMBIGUÏTE DE L’AMERIQUE : PUISSANCE ET FRAGILITE


• Un monde agricole encore fragile : les exploitations sont dépendantes des entreprises en amont (OGM) et en aval (Wal-
Mart), surproduction chronique & endettement des farmers.
• Soutien de l’Etat : importance du lobby agricole. D’où des tensions internationales (plainte à l’OMC contre les subventions
américaines à l’exportation).
• Nouveaux défis : concurrence Russie, Brésil, Chine, Australie, manque de mo, protection de l’environnement (tensions pour
l’eau en Californie & érosion des sols) -> développement du bioéthanol; problème de l’obésité.

POINT SUR LE FOOD POWER AMERICAIN


• Le trinôme maïs-blé-soja constitue le fondement du food power américain (25% du total mondial de céréales). En 1974, le
secrétaire à l’agriculture Earl Butz affirme « Food is a weapon ».
• De 1945 au début des 1980’s, c’est un instrument majeur au service de la puissance des EU. En 1954, PL 480 fournit une aide
alimentaire à tous PED. Les EU dominent les marchés grâce à leur puissance productive mais aussi il y a une forte demande
du TM puis dès 1963 de l’URSS. => Mc Govern, directeur du programme d’aide alimentaire qui disait que « les pays que nous
aidons aujourd’hui seront nos clients de demain ».
• Dès les années 1980’s, le food power devient une source de désillusion, une arme dépassée. S’illustre par l’échec de
l’embargo lancé par les EU contre l’URSS au lendemain de l’invasion en Afghanistan : l’URSS n’en soufre que très peu,
s’approvisionne chez la CEE voire même chez des firmes américaines. => perte d’efficacité de l’arme, amplifiée par la
transformation des marchés agricoles mondiaux (CAIRNS). Arme dénoncée.
• L’arme est renouvelée depuis les 90’s sous le visage du hard power. Le food power poursuit de nouveaux objectifs (cible de
nouvelles zones, notamment l’Afrique pour contrer le terrorisme). Le Food power est de plus en plus détenu par des acteurs
privés de l’agrobusiness américain. Depuis 2000 le contexte est favorable au retour d’une arme alimentaire avec l’émergence
de classes moyennes dans les PED et la fragilité des métropoles des PED.
• En février 2019, les Etats-Unis envoie plusieurs tonnes d’aliments et de médicaments au Venezuela, qui sont bloqués à la
frontière par N. Maduro. Son opposant Juan Guaido, qui avait tenté de récupérer l’aide à la frontière avec ses partisans, a
qualifié ce blocage par l’armée de « crime contre l’humanité ».

LA GEOGRAPHIE DES BELTS

• Corn Belt (Middle West) : maïs / élevage (bovin ou porcin) mais qui est devenu depuis les années 60 un « Cornsoy belt » du
fait de l’extension foudroyante du soja
• Wheat Belt du Nord (Dakotas) car on ne peut pas cultiver autre chose, mais en expansion vers l’ouest
• Hautes terres de l’Ouest : couple élevage (élevage plus intensif avec la multiplication des feedlots) / agriculture irriguée (plus
diversifiée : coton, légumes, agrumes, plantes fourragères)
• Permanence d’une spécialisation de la Floride dans des cultures tropicales (oranges, pamplemousses, cannes à sucre)
• Disparition du Cotton belt dans le Vieux Sud du fait d’une érosion accélérée des sols et de la concurrence des États situés
plus à l’Ouest qui pratique une culture du coton irriguée : le Texas est devenu la 1° région de production du pays
• Californie, 1° État agricole des États-Unis, producteur de vins, coton, fruits et légumes mais devenue aussi une grande région
d’élevage bovin (lait et viande).
 Pour montrer comment les espaces agricoles US sont bien organisés pour maximiser la production
USA-CHINE : UNE GUERRE COMMERCIALE

LES FAITS
• Affaire Huawei : Le 1er décembre 2018 Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms et fille de son
fondateur, a été arrêtée au Canada à la demande des États-Unis : regain de tension entre Pékin et Washington. Le même jour,
Donald Trump et Xi Jinping se rencontraient en marge du G20 de Buenos Aires et concluaient une trêve commerciale de trois
mois, le temps d'ouvrir de nouvelles négociations
• Trêve de 90 jours : En effet, début décembre 2018 en marge du G20 à Buenos Aires, la Chine et les États-Unis ont conclu une
trêve de 90 jours. Ils se sont engagés à ne pas imposer de nouveaux droits de douane pendant trois mois, le temps de négocier
un accord sur le commerce. La question est d’avancer aussi sur des sujets comme les transferts de technologie forcés, le
respect de la propriété intellectuelle : en gros, des réformes de fonds de l’économie chinoise
• Les signes d’un accord ? :
• Car la Chine est perdante… : « Les discussions avec la Chine se passent très bien. Je crois vraiment qu'ils veulent
conclure un accord », selon Trump, qui estime que le ralentissement de l'économie du géant asiatique ne fait qu'inciter
Pékin à trouver un accord
• Mais les US aussi : le ralentissement affecte aussi les entreprises américaines (chute des ventes en Chine de groupes
comme Ford, General Motors ou Apple).

QUELS ENJEUX POUR LE MONDE ?


• Trêve de 90 jours : En effet, début décembre 2018 en marge du G20 à Buenos Aires, la Chine et les États-Unis ont conclu une
trêve de 90 jours. Ils se sont engagés à ne pas imposer de nouveaux droits de douane pendant trois mois, le temps de négocier
un accord sur le commerce. La question est d’avancer aussi sur des sujets comme les transferts de technologie forcés, le
respect de la propriété intellectuelle : en gros, des réformes de fonds de l’économie chinoise
• Ce déséquilibre pousse Donald Trump à vouloir taxer les produits importés de chine, selon lui pour enrayer le déclin
industriel américain : D. Trump a bien conscience de la dépendance de son pays aux importations chinoises et a promis aux
Américains de relancer l’industrie « made in America ». Depuis le mois de mars 2018, il y a une surenchère des annonces
d’une guerre commerciale américano-chinoise :
• Les US annoncent la mise en place de droits de douane (25% acier, 10% aluminium)
• Réplique de Pékin (34B de taxes)
• Forcer la Chine à adopter des règles d’une économie de marché classique : Trump reproche une « concurrence déloyale »,
un pillage des technologies et par les transferts de technologies imposés au entreprises américaines rachetées par les Chinois
• Lutte pour le leadership technologique : En attaquant l’industrie technologique chinoise, ils s’attaquent à une stratégie
industrielle essentielle pour Pékin, son plan « Made in China 2025 ». Cela se voit avec Huawei : Pékin s'appuyant
énormément sur cette entreprise pour imposer des normes chinoises dans la 5G (« l’internet des objets »).
• 3 enjeux : la péninsule coréenne, la mer de Chine méridionale, et bien entendu Taïwan, qui revient au centre du jeu.
Revendique encore son indépendance protégée par Taiwan Relations Act, par lequel les Etats-Unis garantissent sa sécu
depuis 1979.

MAIS SI LES TENSIONS SE MATERIALISENT EN UNE VERITABLE GUERRE COMMERCIALE, CECI-AURAIT UN IMPACT ECONOMIQUE GLOBAL
« La Chine a beaucoup plus à perdre que nous » selon Peter Navarro, le conseiller au commerce de la Maison Blanche. Car 3 fois
plus de marchandises vont de la Chine vers les US que les US vers la Chine ; donc peu de leviers pour taxer les produits américains.
Mais le consommateur américain a aussi beaucoup à perdre, car tout est quasiment made in China. De plus la Chine peut activer
d’autres leviers :
• Elle est détentrice de 1000 B de dette américaine qu’elle pourrait décider de vendre massivement. Elle a d’ailleurs commencé
récemment à vendre des emprunts du Trésor américain (+ taux d’intérêts en hausse).
• Elle peut manier l’arme monétaire (guerre financière ?) : faire baisser le yuan pour rendre les produits chinois exportés plus
compétitifs. Mais ce n’est pas évident parce que si la monnaie n’est pas stable, les investisseurs ne sont pas attirés.
• Les produits chinois se redirigent vers les autres marchés de la planète, faute de mieux.
GEOPOLITIQUE

LES USA ET LE MONDE

Une désindustrialisation : le premier déficit commercial des EU en 1971 marque le début d’un déclin de l’industrie.
Progressivement

I) EMERGENCE DE LA PUISSANCE AMERICAINE (DEBUT DU 20EME)


• Fin 19e : Big Stick et diplomatie du dollar pour faire de l’AL une chasse gardée. Influence de Mahan
• La WWI : puissance commerciale, financière et politique et interventionnisme. 14 points de Wilson.
• Dans l’entre2G : crise de 1929 → retour à un isolationnisme (lois de neutralité de 1935-36-37 : interdiction de vendre des
armes à un pays en Guerre).
• 1945 : une superpuissance (PIBx2; 3/4 stocks or; arme automatique). Accepte les responsabilités d’économie dominante :
Plan Marshall, Breton Woods, GATT

II) UNE AMERIQUE TRIOMPHANTE (1945-FIN 1960S)


• Truman confirme les héritages du NewDeal et de la guerre : rupture isolationnisme avec Truman (containment ; Résolution
Vandenberg 1948). Dominent le nouvel ordre mondial, grâce au marché intérieur, FMN et intervention de l’Etat
• Mais les 1960s mettent à mal le rêve américain (problème noir, contestation, Vietnam, difficultés économiques : croissance
modérée par rapport au Japon et à l’Europe)

III) UNE AMERIQUE QUI DOUTE MAIS QUI RETROUVE DES CERTITUDES DANS LE CADRE DE LA REVOLUTION REAGANIENNE (1969-
2001).
• Nixon et Kissinger : mix policy et realpolitik => retour croissance + meilleures relat° diplomatiques (ex diplomatie Ping Pong)
• Sentiment d’un déclin dans les 1970s (économique et géopolitique) : Paul Kennedy et la surexpansion impériale.
• Reaganisme et retour des certitudes : révo néoconservatice (rupture éco + poli « America is back ») => prospérité car
croissance + période de détente
• 1990s, une décennie exceptionnelle pour les Américains => avènement de « l’hyperpuissance » (Hubert (MY LOVE) Védrine)
-> domine dans éco, militaire, techno et culturel. Politique Clinton = « wilsonisme pragmatique » (enlargment pour étendre
démocratie; enforcement pour renforcer LE; multilatéralisme « when we can », unilatéralisme when we must »)

IV) L’AMERIQUE DEPUIS 2001 : LA FIN DE L’EXCEPTION ?


• Choc du 09/11 -> tournant : poli intérieure (inquiétude => Patriot Act); politique étrangère (fonder un nouveau siècle
américain et créer un empire bienveillant)
• Les 2000S révèlent une « nouvelle impuissance américaine » (Olivier Zajec) : impuissance militaire (Irak); économique (+
grave crise depuis 1930); politique (manque crédibilité et légitimité)
• Les présidences Obama : des espoirs déçus ? « Leading from behind », the Reluctant Sheriff (Richard Haass). Drone Papers
en 2015
• Aujourd’hui, une double crise : intérieure (économique, sociale, politique car par de compromis entre les deux grands partis
centristes) & accepter d’être une puissance « normale » tout en assumant leurs responsabilités. Les USA ont-ils moyens
d’assumer leurs responsabilités dans contexte de recomposition de l’ordre mondial ?
POINT SUR « L’HYPERPUISSANCE » (H. VEDRINE) AMERICAINE SOUS CLINTON (1990S)
• Administration Clinton « Wilsonisme pragmatique » : concept d’enlargement (élargissement de la démocratie dans le monde qui
justifie la politique « d’engagement », d’intervention militaire comme à Haïti en 1995) et d’enforcement (renforcement du LE, arme
stratégique) avec Uruguay Round, création OMC, ouverture de négociations avec la Chine pour son entrée à l’OMC, ALENA
• « Une nation indispensable » (Madeleine Albright) au fonctionnement du monde, imposant à leurs partenaires des règles qu’ils ont
fixées.

POINT SUR LA FIN DE L’HYPERPUISSANCE ET L’ERE BUSH (2001-2009)


Configuration géopolitique : multipolaire avec le redressement de la Russie, émergence de la Chine
• George W Bush (fils) : réduire le poids de l’Etat fédéral en coupant ses sources de financement, remise en question de l’Etat
Providence (projet de privatisation du système de retraites publiques), soutien à l’économie par les dépenses militaires (conception
de l’Etat sécuritaire dont la tâche principale est d’assurer la sécurité du pays), programme de bouclier anti-missile, recours à la fibre
patriotique en présentant les US comme une nation « exceptionnelle », justifiant les prétentions américaines à une hégémonie
globale (remodeler les rapport de force en fonction de leurs valeurs « nation-building »).
• Le tournant 2001 « guerre contre le terrorisme » : Création d’un Homeland Security Department, chargé de la protection du
territoire et dont l’action aboutit à un renforcement de la sécurisation des frontières am et militarisation de la frontière avec le Mex,
reprise du terme « Etats voyous », mise en place de Guantanamo
• Tournant en politique étrangère : politique plus interventionniste d’affirmation d’une hégémonie globale au nom de la défense des
valeurs occidentales. Pour les néoconservateurs, but est de fonder un « nouveau siècle américain » de créer un « empire
bienveillant » qui reconfigurerait le MO autour de valeurs occidentales : renverser régime de Saddam, soutien à Israël. Enfin la
doctrine de « guerre préventive » en rejetant les institutions multilatérales (invasion Irak, pas de ratification de Kyoto, refus
d’adhérer à la CPI) au nom de la libre-souveraineté américaine.

POINT SUR LE DECLIN AMERICAIN


• Sentiment d’un déclin perceptible à la fin des 1970s : années de doute et de transition, passage d’une Amérique contestataire,
idéaliste, à l’esprit collectif, à une Amérique plus conservatrice valorisant des valeurs individualistes. (Ford, Carter)
• Déclin économique : érosion des performances, sentiment de vulnérabilité croissance face à la concurrence extérieure (Europe,
Japon, NPIA) se traduisant par des déficits croissants et par une pénétration du marché intérieur US par des entreprises étrangères.
Tout ceci révèle une perte de compétitivité liée à crise du travail fordiste, surcoûts de la production liés aux réglementations.
• Déclin géopolitique : capacité des US à organiser le monde remise en question car deux piliers de leur rayonnement économique
sont contestés (fluctuation du dollar, accès à une énergie abondante et bon marché). Leadership politique érodé défaite militaire au
Vietnam, perdent alliés importants (Iran, pièce maîtresse de la sécurisation du MO).
• Donald Trump : place sa campagne présidentielle sous l’égide d’un slogan jouant sur les ressorts du déclinisme qui avait déjà été
adopté par Reagan en 1980 (« America Is Back » qui souhaite rétablir le leadership américain) « Make America Great Again ».
LES USA DANS LA MONDIALISATION

I. I. À PARTIR DE 45, LES EU SONT ARCHITECTES DE LA MONDIALISATION


• Relai du RU comme économie dominante et se donnent les moyens de diriger la mondialisation. Isolationniste début
XXeme, puis, créent ordre mondial pour prospérité et assurer leurs interets : FMI, ONU, BM, FMI. Cela passe aussi par une
aide à la reconstruction aux pays menacés par le communisme, un investissement dans la sécurité internationale.
• Ils se posent comme modèle. De grandes entreprises dynamiques avec un modèle fordiste, un immense marché intérieur
symbole de l’American Way of Life et une forte implication de l’Etat. Maintien d’un certain protectionnisme (American Selling
Price malgré le GATT)
• Ils sont les premiers bénéficiaires de la mondialisation. Suprématie du Dollar dans Bretton Woods, EU 1er vendeur et
acheteur de la planète. Produisent 4/5 des ordinateurs mondiaux dans les années 1960 (et 2/3 de la Chimie).

II. II. LES US STRUCTURENT LEUR ESPACE POUR LA MONDIALISATION


• Leur territoire est façonné par la mondialisation. Passe par l’essor des transports aériens (40% du trafic mondial et 18500
aéroports), maritimes et de data (hégémonie mondiale) mais aussi la valorisation de nouveaux lieux comme les façades
maritimes (Houston, South Louisiana et LA Long Beach) et les frontières.
• Investissement dans un processus de régionalisation. Création de l’APEC en 89 mais surtout de l’ALENA en 94.
• Investissement de nouveaux territoires. Permet aux US d’ouvrir de nouveaux marchés en vertu du Fair Trade, de convertir
au libre-échange et au libéralisme (Mexique). Poids nouveaux avec les IDE des FMN américaines.

III. III. LES US SUBISSENT LA MONDIALISATION BIEN QU’ILS DEMEURENT L’ECONOMIE DOMINANTE
• Remise en question de la domination Américaine dans les 60’s. La mondialisation est critiquée car difficulté de l’industrie
Américaine, déficit extérieur. Crainte incarnée dans la Théorie de la Surexpansion impériale de Paul Kennedy.
• Ce qui justifie une politique commerciale agressive. Protectionnisme rééducateur. Se protège de l’UE et du Japon avec Trade
Act (74) et de la concurrence déloyale (Japan Bashing) et politique offensive avec utilisation de l’arme monétaire, ouverture
de marché, subventions (agriculture) et renforcement du libre-échange régionalisation avec ALENA et un renforcement de
l’APEC. Forme d’unilatéralisme via loi d’extraterritorialités ( loi Amato-Kennedy en 96).
• Mais demeure l’économie dominante. Les US conservent de nombreux atouts. Le dollar est la première monnaie mondiale,
1er importateur et 2ème exportateur mondial et des FMN puissante. De surcroît, le déficit commercial est à relativiser. Mais
Chine 1ere puissance mondiale en PPA depuis 2014. Devient une « puissance normale » ? (F. Zakaria

UNE « NOUVELLE IMPUISSANCE AMERICAINE » (OLIVIER ZAJEC)


• Impuissance militaire :
En Irak (2003-2011), les US n’ont pas réussi à pacifier le pays, à bâtir un Etat moderne et ont quitté un pays en proie à la
guerre civile. Guerre vue comme un élément déstabilisateur au MO, marginalisation des tribus sunnites après la chute de Saddam
Hussein, renforçant un « arc chiite », de l’influence régionale de l’Iran.
En Afghanistan (2001-2017), la chute des Talibans a eu un impact régional (déstabilisation de l’Etat voisin du Pakistan,
allié des US et puissance nucléaire), fragilité du pouvoir installé par les Occidentaux (Ashraf Ghani auj) oblige les US à maintenir
une présence militaire de 8000 hommes
• Impuissance économique : Récession de 2007-2009, 10m d’emplois détruits, chômage + de 10%, crise du capitalisme libéral
mondialisé, finance dérégulée remettant en question la pertinence d’un certain nombre de dogmes libéraux, limites d’un
modèle de développement inégalitaire, fondé sur l’endettement.
• Impuissance politique : Depuis début 21e, nouvelle structure multipolaire, où l’exercice de l’unilatéralisme ne fonctionne plus
du fait de l’émergence de nouvelles puissances en mesure de s’opposer aux US.
LES VECTEURS DE L’INFLUENCE DES USA DEPUIS 1945

I) DES VECTEURS TRADITIONNELS PERMETTENT UNE INFLUENCE INCONTESTEE A LA SORTIE DE LA 2GM :


• Vecteurs militaires : le hard power (J. Nye, Bound to Lead) → en AL (intervention au Guatemala en 1954 pour protéger les
intérêts de la United Fruit Corporation). Nb équipements militaires (voir début)
• Vecteurs idéologiques : le containment, les 14 points du Président Wilson (SDN)
• Vecteurs économiques : au travers du plan Marshall, de la régionalisation (cf US et AL), adoption du libéralisme à l’échelle
internationale (Thatcher), plus de la moitié des 500 premières FMN mondiales.

II) UNE INFLUENCE PERMISE PAR DES VECTEURS PLUS ORIGINAUX


• « L’américanisation » du monde : adoption du modèle tayloro-fordiste de production, langue anglaise, produits, marques,
American Way of Life
• Le soft power : la pactomanie après la WWII, les grandes organisations. Exemple du cinéma américain.
• Le « smart power » (Hilary Clinton, discours au Sénat, 2009) : combinaison du soft et du hard power → nécessité d’une armée
forte, mais aussi d’alliances, de partenariats et d’institutions à tous les niveaux.

III) MAIS L’INFLUENCE AMERICAINE EST FRAGILISEE PAR DES VECTEURS ENDOGENES ET EXOGENES
• Contestations de l’américanisation : la France prône l’exception culturelle (exemple : création d’un ministère de la culture
en France en 1959 avec André Malraux à sa tête et mise en place notamment d’un statut spécial sur les œuvres et les
productions audiovisuelles visant à les protéger des règles commerciales de libre-échange)
• Contestation par les faits : au travers de l’échec des « sales guerres » (Vietnam) qui ont eu un effet catastrophique pour
l’image des US. Faiblesse du modèle américain : inégalités importantes (cf. le coefficient de Gini des US est moins bon que
celui de la Chine).
• Le monde multipolaire ébranle les vecteurs de l’influence américaine... (cf. ordre mondial et émergents).

• Le phénomène Trump : depuis son arrivé à la Maison Blanche, Donald Trump a modifié l’horizon de l’influence des US qui est
contesté à cause du retour de l’ « America First » (notamment à la suite du retrait des accords de Paris le 1er Juin 2017)

LES USA ET LE CONTINENT AMERICAIN

POINT SUR LA DOCTRINE MONROE

• C’est quoi ? Doctrine sur la politique étrangère des USA de 1823 au début du 20ème Elle condamne toute intervention
européenne dans les affaires « des Amériques ». Elle est mise en place dans un contexte de menace pour les EU : Russes au
nord, révolte mexicaine au sud qui fait appel aux puissances européennes. Cette forme d’impérialisme débute ainsi avec
l’annexion de la république du Texas au détriment du Mexique en 1845 et l’achat de l’Alaska à la Russie en 1867.
• Et en vrai : Au début du 20°, ce discours ne prône plus une neutralité absolue mais permet de justifier les désirs d’expansion
nord-américaine vers l’AL. C’est le corollaire Roosevelt, qui entraîne la mise en place de la Big Stick policy en 1901 et la Dollar
Diplomacy (impérialisme à forme économique) en 1909.

POINT SUR LA MEXAMERICA

• C’est quoi ? Conceptualisée par Joël Garreau dans Les neuf nations de l’Amérique du nord (1981). C’est une nation
transculturelle qui regroupe les populations de part et d’autre du Rio Bravo, unies par des liens linguistiques, économiques et
culturels. Malgré la barda construite en 2006 (secure fence act), la frontière américano-mexicaine et l’une des plus
dynamiques du monde.
• Essor : entre 1942 et 1964, le programme Bracero et l’implantation des maquiladoras, moteurs de l’interdépendance. Des
flux économiques et migratoires naissent une culture mexaméricaine (apparition du spanglish) qui irrigue toute la région
grâce aux médias. La question du vote reste cependant un problème : aux EU, ils peuvent changer la donne électorale mais le
Mexique ne peut ignorer ces 20M d’expatriés en âge de voter.

LE TOURNANT DES DIRIGEANTS ANTI-AMERICAINS

• 1998 : Chavez au Venezuela → « la ZLEA est un projet néocolonial qui vise à engloutir l’AL ».
• 2002 : Lula au Brésil
• 2003 : Kirchner en Argentine
• 2004 : signature traités de Libre-échange Argentine/Corée du Sud et Chili/ Japon
• 2005 : sommet de Mar del Plata (Arg) avec Venezuela, Arg, Brésil enterre le projet de ZLEA
• 2006 : Evo Morales en Bolivie
• 2011 : le Venezuela accueille le sommet de la CELAC sans US et Canada

LES USA ET L’EUROPE

I) LES US ET L’EUROPE ONT NOUE DES RELATIONS ETROITES DEPUIS 1945


• Les US, parrains (pas comme moi) et protecteurs de la CEE, pendant la GF, alliance face aux cocos, surtout militaire avec la
Résolution Vandenberg (1948) qui autorise les US à signer une alliance en temps de paix avec l’Europe, puis l’OTAN (1949).
• Un partenariat étroit à partir des 50s, dans le domaine politique (alliance solide, résiste aux crises : euromissiles), dans le
domaine socio-culturel (diffusion de l’American Way of Life, cinéma (Accords Blum-Byrnes 1946) et économique (les US sont
le 1° client et le 2° fournisseur de l’Europe).
• Mais des rapports de force déséquilibrés : diversité des relations (RU est l’allié principal, RFA l’allié privilégié, France l’allié
incommode : DG quitte l’OTAN en 1966) ce qui alimente des tensions : géopolitiques (crise de Suez 1956, refus de la guerre
du Vietnam, US condamne le colonialisme), liées au nucléaire, tensions éco (la CEE dépasse les US comme première puissance
commerciale dans les 60s : « L’€ est une concu déloyale peuplée de fieffés d’ingrats » selon Schlesinger).

II) TOURNANT DE LA FIN DE LA GF : DES RELATIONS PLUS DISTANTES, L’UE SE POSANT EN CONCURRENT POTENTIEL
• US contre une Europe puissante : exercent pression (sur la PAC -> Blair House 1992, accords de Dayton 1995 sans l’UE).
• D’où des « guerres » économiques : conflits qui passent surtout par l’OMC : Airbus/Boeing, guerre de la banane (1996-2001),
l’UE obtient la condamnation des Foreign Sales Corporation en 2000.
• Tournant du mandat de Bush : forte dégradation des relations avec l’intervention en Irak. Donald Rumsfeld (Secrétaire
Défense) oppose la « nouvelle Europe » atlantiste et la « vieille Europe » en déclin.
• Relations distantes car différentes visions du monde : Kagan oppose une vision américaine hobbesienne à la vision kantienne
de « paix perpétuelle » européenne. US refusent Cour Pénale Inter, Kyoto, Montego Bay.

III) ENJEU AUJOURD’HUI : REDEFINIR LA RELATION, NECESSITE DE REEQUILIBRER LES RELATIONS


• Des rapports déséquilibrés : suprématie américaine dans l’économie (15% du PIB ppa mondial), dans l’innovation (R&D 3%
du PIB, 2% pour l’UE), dans le militaire, soft power actif, réactivité économique (pragmatisme de la FED là où la BCE est rigide)
• Mais des atouts pour l’UE : un modèle cohérent (Rifkin Le rêve européen, 2004 exemple pour MERCOSUR ou ASEAN).
• Arrivée d’Obama change la donne : rapprochement des valeurs (retrait des soldats d’Irak), meilleure coopération.
Mais Obama déclare que la relation entre les USA et la Chine donnera « sa forme au 21ème siècle »
• L’élection de Trump marque un tournant dans les relations EU/UE : hostile à l’UE, critique TTIP, et appuie l’Europe de l’Est
(2017 visite en Pologne). La divergence de valeurs s’accentue (retrait COP 21). Mais peut être une opportunité : émancipation.

Dates
• 1946 : Accords Blum-Byrnes Chiffres :
• 1948 : Résolution Vandenberg • USA 1° client et 2° fournisseur de l’Europe

• 1966 : DG quitte l’OTAN


Références
• Obama : « Nous voulons des alliés forts. (…) Nous nous considérons comme les partenaires de l’Europe. »
• [Link] dans l'article « Puissance et faiblesse » (2002) : « il faut cesser de faire comme si Américains et Européens avaient
une vision commune du monde

L’OTAN
Si l’OTAN reste nécessaire à la protection de l’Europe, n’empêche-t-elle pas paradoxalement l’autonomisation de l’Europe et freine
la PSDC ?
• Origines : instauré en 1949, l’OTAN réunit aujourd’hui 29 pays (contre 12 au départ).
• Subordination de l’Europe vis-à-vis des US : impose la présence de 300.000 soldats américains en Europe, le commandement
suprême est nécessairement assuré par un soldat américain, assure protection nucléaire de l’Europe. D’où le rejet de DG qui
quitte commandement intégré en 1966.
• OTAN-post GF : maintenu et consolidé : • missions repensées : élargissement géographique des missions en dehors de
l’Europe lors du Sommet de Rome en 1991 (succès en Yougoslavie, 1999 : intervention au Kosovo, 2001 : Afghanistan car US
attaqué), missions de prévention (piraterie, cyberattaques). Renforcement et nouvelle légitimité de l’OTAN dans les
90s (s’élargit à l’Est, retour de la France en 2009).
• Depuis 2000, les relations OTAN-UE vont vers plus de complémentarité que de rivalité : Les US, embourbés en Irak, ne
peuvent être seuls gendarmes du monde (Obama : « partager le fardeau de la puissance ») et retour menace russe. Les
accords de Berlin Plus (2003) mettent les moyens de l’OTAN au service de missions de UE (ex : intervention France/RU en
Lybie) mais nécessite l’aval des US… L’OTAN reste indispensable à la défense de l’UE (désarmement, absence unité
stratégique, faibles moyens, etc)
• Et la Russie dans tout ça ? L’extension vers l’Est est vue comme une menace. 2002, Conseil Russie/OTAN vise à promouvoir
coopération sur la question lutte contre le terrorisme, prolifération armes destruction massive.
LES USA ET L’AFRIQUE

I) THEATRE (MINEUR) DE LA GUERRE FROIDE


• Des atouts : intérêt stratégique (richesse en matière première, contrôle des routes du pétrole, clientèle politique). Les pays
jouent des 2 Grands pour obtenir une rente stratégique. L’Afrique permet aux US d’étendre une influence évangélique. Les
US attirent les élites anglophones dans les universités dans les 1960s.
• Exemple de conflit emblématique de la guerre froide : guerre civile angolaise (1975-2002) qui opposa le gouvernement
angolais avec des troupes cubaines et soviétiques aux rebelles de l’UNITA aidés par les forces sud-africaines et financés par
les Etats-Unis --> 500 000 morts et défaite de l’UNITA.

II) DEPUIS 2000S, REGAIN D’INTERET STRATEGIQUE POUR L’AFRIQUE, QUI DEVIENT LE THEATRE D’UN « NOUVEAU GRAND JEU »
• Pour le pétrole : activisme diplomatique motivé par la volonté de sécuriser les approvisionnements pétroliers. Les gisements
ne nécessitent pas d’investissement terrestre.
• Pour la lutte contre le terrorisme : 1e attentats antiaméricains à Nairobi (Kenya) et Dar es-Salaam (Tanzanie) en 1998 dans
les ambassades. Les zones hors de contrôle sont propices à l’installation de sanctuaire terroristes d’où renforcement de la
présence militaire avec la création d’une base américaine à Djibouti en 2002 (1800 soldats), en raison de sa position
stratégique (corne de l’Afrique, mer rouge, verrou du détroit de Bab-el-Manbed).
• 2003, lancement de l'initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme qui prévoit la formation des armées de 10 pays
du Sahel pour assurer la protection des frontières, le suivi de mouvement de population.
• 2008, entrée en fonction de l’AFRICOM (US Africa Command), commandement militaire spécifique pour l’Afrique (≠ Egypte)
qui n’existait pas auparavant. Destiné à coordonner les activités militaires et sécuritaires des US sur le continent.
• Pour contrer les puissances extérieures : pénétrer une zone chasse-gardée de l’Europe. 1996, secrétaire au commerce de
Clinton « les US ne laisseront pas le marché africain aux européens », marché prometteur dans le domaine de la téléphonie
mobile, transports. 2000, lancement de l'AGOA (African Growth and Opportunity act). 2004, accord de LE avec Maroc. De
plus, interventions dans le domaine humanitaire et sanitaire.

Le point d’actualité sur Trump : en décembre 2018, John Bolton a annoncé une « nouvelle stratégie africaine ». Veut des relations
éco + « équilibrées », insiste sur bilatéralisme et investissements privées. Stratégie pas vraiment d’aide mais de mise en garde. Au
sujet des pays africains et d’Haiti, Trump les a appelé des « petits pays de merde »

Zoom sur AGOA (African Growth and Opportunity Act en 2000) : le but est de soutenir l’économie des pays africains en leur
facilitant l’accès au marché américain s’ils suivent les principes de l’économie libérale. Intérêt réciproque : les pays africains ont
la possibilité de s’affirmer progressivement sur la scène mondiale et les US bénéficient d’une nouvelle source
d’approvisionnement. Mais 70% des produits vers les US sont du pétrole, près de 40 partenaires.
LES USA ET L’ASIE

I. UN ESPACE QUI DEVIENT PROGRESSIVEMENT STRATEGIQUE POUR LES US


• Un intérêt ancien des US. Expansion nationale vers le pacifique et acquisition Philippines et Hawaï (1898). D’autre part ce
sont les US qui forcent l’ouverture du Japon avec le commodore Perry
• Montée en puissance du Japon. Montée en puissance avec l’ère Meiji qui débouche sur la renégociation des traités inégaux
fin 19ème et l’affirmation comme l’égal des puissances européennes (traités inégaux avec Chine, victoire contre Russie en
1905). Devient une puissance impériale (Corée 1910 et Mandchourie 1931) et donc se pose comme le futur ennemi des US.
• WWII impose les Etats Unis comme puissance asiatique. Après Pearl Harbor et la victoire contre le Japon, le Pacifique devient
un lac Américain. Occupation relative du Japon mais dès 49 le danger devient la Chine.

II. LA GUERRE FROIDE OBLIGE LES US A S’IMPLIQUER DIRECTEMENT DANS LES AFFAIRES ASIATIQUES

• Pour conforter la proéminence des US dans le monde non communiste. Ils veulent faire du Japon un avant poste du monde
libre donc aide avec le plan Dodge, transfert de technologie et dévaluation du yen et arrête l’occupation militaire en 51. Ils
aident aussi massivement la Corée du Sud et Taiwan dans les 50’s et soutient régimes anti-communistes au Philippines,
Malaisie, Indonésie et Thaïlande.
• Empêcher l’expansion rouge. Ils utilisent un réseau de bases militaires (Japon), s’appuie sur la Pactomanie (ANZUS, OTASE
54) et ils interviennent militairement dans la Guerre de Corée (50-53) et Guerre du Vietnam (60-73)
• Un développement Asiatique qui se retourne contre les US dès 70’s. Le Japon et les NTIC deviennent de terribles concurrents
économiques. Ce qui force un politique défensive avec le Buy American Act, le Japan Bashing et le Trade Act.

III. UN PIVOTEMENT VERS L’ASIE PACIFIQUE

• Pour profiter du dynamisme du nouveau centre du monde. En 84, les échanges pacifiques dépassent les échanges
Atlantiques et l’Asie devient le cœur des échanges mondiaux surtout avec l’essor Chinois. Les Etats Unis s’investissent dans
les instances régionales (93, 1er sommet de l’APEC, TPP « aussi important qu’un autre porte avion » Ashton Parker)
• Pour accompagner la montée en puissance Chinoise. Les US stationnent la 7ème flotte dans le Pacifique, la 5ème dans l’Océan
Indien. Ils ont aussi des partenariats de défenses avec de nombreux pays (Philippines, Thaïlande etc.). Ils poussent aussi le
Japon à devenir un pôle stabilisateur dans la zone.
• Nécessité de se rapprocher de l’Inde. Comme la Chine joue la carte des BRICS et de l’organisation de Shanghai qui vise à créer
un espace régional stable sans les US, ces derniers se tournent vers l’Inde. Passe par un rapprochement diplomatique dans
les 90’s, concrétisé par une collaboration nucléaire civile en 2008. Mais l’Inde ne veut pas s’enfermer dans des relations
bilatérales avec Chine ou US.
LES USA ET LE MO

HISTORIQUE
• 1945 : pacte du Quincy, scellé entre président Roosevelt et roi Ibn Saoud, consacre le partenariat privilégié de la nouvelle
puissance mondiale avec le royaume saoudien et fait du pétrole l’élément clef de l’intérêt américain pour la région. Pendant
la GF, la préoccupation constante des US fut celle d’entraver l’empire soviétique en s’appuyant sur la Turquie (membre de
l’OTAN en 1952) et sur l’Iran, dont le Shah, installé en 1941 par les Alliés, allait montrer une loyauté envers Washington.
• 1957 doctrine Eisenhower puis en 1980, doctrine Carter au lendemain de l’invasion en Afghanistan soviétique : apporter un
soutien résolu aux régimes en place et confirmer l’accroissement de la présence militaire américaine
• 80s : le soutien résolu à l’Etat hébreu entre en conflit avec les objectifs des pays pétroliers, l’Iran du Shah est lâché par
l’Amérique qui craint un rapprochement avec l’URSS, l’ARAMCO est nationalisée par les Saoudiens en 1980, prise d’otages de
la Mecque.
• 2000s : espoir de construire un « Grand MO » démocratique grâce à l’intervention en Irak soldée par un échec. L’Amérique
engage donc un retrait partiel de sa surface d’exposition dans la région. 2011, se retire d’Irak. Puis prend ses distances avec
Israël tout en se déclarant attaché à son indépendance, renoue avec l’Iran sans rompre avec les pays pétroliers, soutient
l’opposition modérée en Syrie mais combat Daesh, cherche à renforcer ses relations avec la Turquie malgré ses ambiguïtés
Un désengagement impossible : 1e région pétrolière au monde et avenir du pétrole de schiste incertain. Politique réaliste qui vise
l’équilibre des forces au MO, permettant aux US de ne pas trop s’engager.

COMPLEMENTS

LE NEW DEAL ET ROOSEVELT (1933-1945) « NOUVELLE DONNE »

• Le New Deal : rupture par rapport au capitalisme « sauvage » libéral hérité du 19ème siècle car moment d’intervention de
l’Etat, donne la priorité absolue à la reconstruction de l’éco nationale, lois de « neutralités » votées par le Congrès où les US
refusent d’être engagés de nouveau dans un conflit mondial qui serait contraire à leurs intérêts et début « Présidence
impériale ».
• Les lois du New Deal : Glass-Steagall Act (1933) : séparation des activités bancaires entre banques de dépôt et banques
d’affaire. Buy American Act (1933) : impose l'achat de biens produits sur le territoire américain pour les achats directs
effectués par le gouvernement. Agricultural Adjustment Act: (1933) intervention de l’Etat dans l’agri, subvention contre
diminution de l’offre pour enrayer la déflation. NIRA: intervention ds l’industrie.
• Une rupture sociale qui marque les prémices de l’Etat Providence : Wagner Act (1935) : reconnaissance du pouvoir syndical.
Social Security Act (1935) : système de retraites qui rompt avec l’individualisme américain
• Une rupture politique : présidentialisation de la vie politique américaine, renforcement du pouvoir de l’Etat fédéral par
rapport aux Etats fédérés.

« LA NOUVELLE FRONTIERE » (J. KENNEDY 1961-1963)

Discours de 1960 qui s’inscrit dans la lignée des grandes politiques démocrates progressistes (« Nouvelle Liberté » W. Wilson, «
Nouvelle Donne » F. Roosevelt)
• « Nouvelle frontière » : Kennedy propose aux Américains de relever une série de défis pour permettre au pays de renouer
avec la croissance, d’affirmer la supériorité économique et technique du pays et son leadership sur le monde occidental. Défis
technologiques (Lune), éco (rétablir le leadership économique), sociaux (lutter contre la pauvreté et ségrégation) et
internationaux (aides économiques)
• « Frontière » : terme qui fait appel aux valeurs fondatrices de la société américaine, celles des pionniers qui vont de l’avant,
font preuve d’énergie, d’initiative au service de l’intérêt national
• « New economics » : politique keynésienne de soutien à la croissance, baisse de la fiscalité, recours au déficit budgétaire,
augmentation des dépenses
POINT SUR TRUMP

• Trump élu avec 3M de voix de moins que Clinton par nouvelle coalition républicaine (droite néolibérale, courant
évangélique, courant « nationaliste identitaire »). Ne cherche pas à réunir mais à diviser➔ sentiment d’abandon,
crispation identitaire
• Economiquement : déréglementation qui favorise plutôt les classes sups.
• Trump différent de Reagan : Reagan projette les US dans un avenir radieux, positif vs Trump négatif et entretient les
peurs. Néo protectionnisme reaganien vu comme moyen de retrouver concurrence mais dans le cadre du libéralisme,
alors que Trump qui se replie, remet en cause alliés atlantiques et libre échange
• En terme de politique étrangère : N’est qu’un outil pour la politique intérieure. America first➔ défait les alliances
(attaque l’OTAN), ALENA qualifié de « pire traité jamais signé par les US », retrait UNESCO et Accord Paris.
Dénonciation se fait au nom + du nationalisme que de l’isolationnisme ➔ veut retrouver souveraineté nationale sans
entrave // avec positions des républicains isolationnistes des années 20s quand ils refusent la SDN.
• Repli américain pour une puissance américaine DOMINATRICE : politique NRJ doit permettre de créer une
« superpuissance NRJ »
• Pb : fragilisation de l’ordre mondial après 45 qui avait permis interdépendance et stabilité. Crise de l’ordre mondial
antérieur a Trump, besoin de réformes, voir Kagan. Reprise de la course aux armements. Amérique de Trump est une
« superpuissance voyou « et retrouve des formes qu’elle avait au début du XXème, repli identitaire et protectionnisme

REFERENCES

PUNCHLINES ET CONCEPTS A CONNAITRE :


• Thomas Snégaroff, Géopolitique des Etats-Unis (2016) : les US entre « prédation et sanctuarisation de leur territoire » →
relation paradoxale et complexe avec son territoire car base de la puissance, attachement à la mise en valeur pour atteindre
une indépendance nationale mais la mise en valeur prend la forme d’un important gaspillage des ressources et conduit à une
destruction de cette richesse.
• H. Védrine parle d’« Hyperpuissance américaine » (après 1991)
• Fareed Zakaria, L'Empire américain : L'heure du partage (2009) : Face aux émergents, les États-Unis joueront moins un rôle
de leader que d'arbitre et de négociateur. Et, pour cela, l'Amérique devra transformer sa stratégie planétaire.
• O. Zajec : Dès 2000s, il parle de la « nouvelle impuissance américaine »
• Reagan dans sa campagne de 1980 : « l’État est le problème, le responsable de tous les maux américains et non la solution ».
Puis Clinton dira ensuite que c’est « Ni le problème, ni la solution. »
• John Connally (secrétaire au Trésor sous Nixon 1971) « le dollar est notre monnaie mais votre problème »
• Carla Hills (Secrétaire au commerce de Bush) en 1991 « Nous ouvrirons les marchés étrangers avec une barre de fer où cela
est nécessaire, mais avec une poignée de main toutes les fois où̀ cela est possible »
• George H. Bush à Rio (1992) « Le mode de vie des Américains n’est pas négociable»
• Madeleine Albright (secrétaire d’Etat) en 1998 : « Nous sommes la nation indispensable »
• Suzanne Nossel définit la notion de « Smart Power » (2004)
• Joël Garreau définit la notion de Mexamerica dans Les 9 nations de l’Amérique du Nord (1981)
• Israël Zangwill parle de « Melting pot »
• Wilson, 1954 : « ce qui est bon pour General Motors est bon pour les US »
THESES SUR LE DECLIN AMERICAIN

Paul Kennedy dans Rise and Fall of the Great Powers en 1987

• Pour mettre en avant une thèse décliniste : Il dresse une vaste fresque historique de la succession des empires depuis le 16e,
mettant en avant l’existence d’un phénomène de « surexpansion impériale » (imperial overstretching) qui guetterait les
Américains du fait que « la somme globale des intérêts et des obligations de leur pays est aujourd’hui bien plus grande que
sa capacité à les défendre simultanément ». Selon lui, comme l’Espagne de Philippe II ou le RU de la reine Victoria jadis, les
US seraient condamnés à voir leur puissance s’effriter du fait du coût exorbitant de son entretien.
• Pour montrer que les dépenses militaires US n’ont pas d’effets d’entraînement : le coût des responsabilités mondiales
assumées par les US est trop lourd. Aujourd’hui, thèse d’actualité, puisque malgré les dépenses militaires, les US ont été
incapables de sanctuariser leur territoire (11/01).
• Toujours d’actualité : Trump

Patrick Arthus et Marie-Paule Virard dans Est-il trop tard pour sauver l’Amérique ? (2009)
• Remise en cause du « modèle américain » : éco d’endettement issue des 80s n’a pas résisté au choc de la crise financière et
US doivent faire face à l’affaiblissement de leur puissance éco, indus et fi, à la remise en cause de leur leadership mondial et
aux doutes d’une so fragilisée par le creusement des inégalités. Ils considèrent que ces inégalités sont entretenues par le
système et que ce dernier s'en nourrit.

Emmanuel Todd dans , Après l’empire : essai sur la décomposition du système américain. (2003)
• Les USA étaient source de paix et de stabilité mais ils sont devenus source de désordre. Il considère que les USA
instrumentalisent les conflits pour se rendre indispensables, face à des adversaires plus faibles ! Il invente l’expression de «
guerres théâtrales » qui expliquerait selon lui la flambée anti-américanisme dans les 2000’

Olivier Zajec dans La nouvelle impuissance américaine, 2011

• Les USA se sont détruits eux-mêmes, leur déclin est réel et irréversible. Dix années d'approximations et de manipulations
qui ont multiplié les interrogations sur une "hyperpuissance" incapable de stratégie cohérente depuis la chute de l'URSS. La
mort d'un Ben Laden oublié de tous ne peut masquer le processus d'"autodissolution stratégique" entamé symboliquement
le 11 septembre 2001. L'ère postaméricaine a commencé tant sur les plans économique, militaire que culturel. « USA ne sont
pas prêts à laisser leur place. Mais ils sont tout près de le faire ».

• En Irak (2003-2011), les US n’ont pas réussi à pacifier le pays, à bâtir un Etat moderne et ont quitté un
pays en proie à la guerre civile. Guerre vue comme un élément déstabilisateur au MO, marginalisation des
tribus sunnites après la chute de Saddam Hussein, renforçant un « arc chiite », de l’influence régionale de
Impuissance
l’Iran.
militaire
• En Afghanistan (2001-2017), la chute des Talibans a eu un impact régional (déstabilisation de l’Etat voisin
du Pakistan, allié des US et puissance nucléaire), fragilité du pouvoir installé par les Occidentaux (Ashraf
Ghani auj) oblige les US à maintenir une présence militaire de 8000 hommes
• Récession de 2007-2009, 10m d’emplois détruits, chômage + de 10%, crise du capitalisme libéral
Impuissance mondialisé, finance dérégulée remettant en question la pertinence d’un certain nombre de dogmes
économique libéraux, limites d’un modèle de développement inégalitaire, fondé sur l’endettement, fragilisant les
classes moyennes américaines
• Depuis début 21e, nouvelle structure multipolaire, où l’exercice de l’unilatéralisme ne fonctionne plus du
Impuissance fait de l’émergence de nouvelles puissances en mesure de s’opposer aux US.
politique • Le gagnant indirect a été la Chine qui a poursuivi son ascension économique, qui est apparu comme un
nouveau modèle de développement attractif proposant une alternatif au modèle occidental
THESES QUI S’OPPOSENT AU DECLIN AMERICAIN

Joseph Nye dans Bound to Lead : The Changing Nature Of American Power, 1990

• Pour répondre et contredire la thèse de Kennedy 3 ans après : L’intérêt que présente sa critique des thèses de Kennedy tient
au fait qu’elle le conduit à réévaluer la nature même de la puissance américaine. Il estime que la comparaison entre
l’Angleterre victorienne et les US des 1980s n’a guère de sens tant sont différentes les formes et la nature de leur puissance
respectives.
• Pour expliquer la notion de soft power : C’est à cette occasion qu’il est amené à forger la notion de soft power pour désigner
tout un pan de la puissance américaine, à savoir son influence culturelle. Il cite Lee Kwan Yew « la Chine peut compter sur les
talents de ses 1.3Mrd d’habitants, mais l’Amérique peut compter sur ceux de 7Mrd de Terriens, et mélanger ces talents
d’une façon que le nationalisme han ne peut égaler ». Il explique ainsi que la nature de la puissance est très différente
aujourd’hui de ce qu’elle était hier et dépend de la capacité à influencer et non plus de la force pure. Le hard power, pouvoir
de contrainte reposant sur des attributs quantifiables (territoire, population, économie, militaire) est complété par un soft
power subtile. Cette "capacité à séduire et attirer" menant à l'acceptation ou l'imitation est véhiculé par l'idéologie, la culture,
FMN, les instituions.

Richard Haass, The Age of Nonpolarity : what will follow US Dominance (2008)
 Pour montrer que les USA restent la puissance dominante, mais plusieurs facteurs l’ont affaiblie :
• Réémergence de géants (Chine, Inde), de puissances moyennes (Turquie, Corée du Sud)
• Mondialisation et NTIC émergence d’acteurs non étatiques (FMN, médias, organisations criminelles) affaiblissement des Etats
nations: du mal à construire le consensus à l’intérieur Etats eux-mêmes.
• Mais aucun rival sérieux (Chine, UE, wannabes : Inde, Russie) effet paralysant sur la gouvernance mondiale

Fareed Zakaria dans L’Empire américain, l’heure du partage (The Future of American Power « How America Can Survive the Rise
of the Rest ») en 2009

• Pour parler d’un rééquilibrage de la puissance américaine plutôt qu’un déclin : il accepte d’envisager un déclin relatif des
US pour des raisons externes (émergence d’autres puissances) et non internes. Selon lui, l’émergence du « reste » n’est pas
nécessairement synonyme d’un déclin de «l’Ouest». Au contraire, dans un monde globalité et interdépendant, la prospérité
des uns ne peut que profiter aux autres et les US pourront donc « demeurer un joueur central dans un monde plus riche,
plus dynamique et plus excitant » (wouhou)

• Très utile pour un sujet sur l’ordre mondial : Il invite ses concitoyens américains à ne pas envisager le monde qui vient
comme « anti-américain » mais comme « post-américain ». En d’autres termes, ce n’est pas parce que le monde ne serait
plus dominé par les seuls US mais reviendrait à une normale multipolaire que les US s’en trouveraient affaiblis. Au contraire,
ils pourraient partager le fardeau du maintien de l’ordre mondial avec des partenaires internationaux plus efficaces et éviter
le risque de « surexpansion impériale » (Paul Kennedy).

• Il termine en prenant le contre-pied des analyses de Kennedy en disant que le futur recul américain, qu’il ne conteste pas, «
ne sera cependant pas semblable au déclassement du RU au cours du 20e siècle »
THESES SUR LA SOCIETE AMERICAINE

L’Amérique pauvre (2010), Romain Huret

• Paradoxe américain : comment se fait-il que dans une nation aussi prospère, tant de gens soient pauvres ? La conception
américaine de la pauvreté : c’est une anomalie, un état temporaire et relève de la responsabilité individuelle. Les Américains
ont redécouvert la pauvreté en 2005 avec l’ouragan Katrina : Absence de l’Etat en termes d’assistance humanitaire, incapable
de porter secours à la Nouvelle Orléans, aux populations pauvres, essentiellement noires (qui sont les premières victimes de
ce retrait de l’Etat). La réaction de l’Etat après l’ouragan reflète parfaitement le rôle de l’Etat qui se limite aux fonctions
régaliennes. En effet, la priorité a été donnée à la sécurisation de l’espace par l’envoi de l’armée pour assurer l’ordre et non
de répondre aux besoins des populations en détresse.

Qui sommes-nous ? (2004), Samuel Huntington


• Hispaniques = danger, ferment de la dissolution de la nation et de l’identité US.

EXEMPLES

LA POLITIQUE INTERIEURE ; LA SOCIETE AMERICAINE

LES LEVITTOWN
➲ Illustre la culture de la banlieue des US ; American Way of Living

• C’est quoi ? Pavillons de banlieues créés par le promoteur immobilier William Levitt. Ont connu un grand succès juste après
les années 60 car elles sont économiques et se construisent en un temps record.
• Illustre le rêve américain, la propriété privée : Jusqu’à la fin des années 40, la plupart des banlieues américaines avaient été
conçues sur le modèle britannique : on y voyait d’imposantes résidences construites pour les classes aisées le long de rues
bordées d’arbres. C’est seulement lorsque le constructeur William Levitt a introduit les techniques des chaînes de montage
sur les chantiers de construction que l’accès à la propriété est devenu une réalité pour des milliers de jeunes ménages
américains, dont mes parents. En 1960s, avec une caution de 10 dollars et un premier versement de 100 dollars, on s’offrait
non seulement une maison mais une partie du “rêve américain”.
• Un exemple : une ville de 50.000 d’habitants s’appelle carrément Levittown dans l’État de NY, elle a été entièrement
construite par l’entreprise de Levitt. Construite pour les vétérans de la 2GM.
TRIBECA
➲ Exemple de gentrification.

• C’est quoi ? Un quartier bobo de New York, situé sur l’île de Manhattan. TriBeCa = Triangle Below Canal Street. Ancienne zone
industrielle de New York rénovée durant les années 1990. Entrepôts => lofts. Il est devenu une zone résidentielle à la mode,
où habitent quelques personnalités. En 2006, le magazine Forbes a classé le quartier en tête des zones de New York où
l'immobilier est le plus cher.

PITTSBURGH, UNE VILLE QUI RENAIT


➲ Une reconversion industrielle réussi : de la sidérurgie à la crise industrielle des années 80 à une dynamique impulsée par les
domaines de la R&D technologique, la santé, l’éducation et la finance.

• C’est quoi ? Dans les 1970’s, les aciéries qui faisaient la grandeur de la ville ferment à cause de la concurrence étrangère 
déclin de la ville (chômage, déclin démo). Pittsburgh se reconvertit alors dans la haute technologie et les services. La
municipalité agit avec le Programme Renaissance II : construction de bureaux, de moyens de transport… Politique d’attraction
d’investisseurs : implantation de Sony.
• Résultat : en 1983 le chômage était de 15%, il est de 4% aujourd’hui. Pittsburgh est généralement classée comme la première
ville américaine pour la qualité de vie, grâce à sa sécurité, ses universités, sa culture, son économie et sa taille modeste.
Aujourd’hui, l’ancienne Steel City, particulièrement polluée, s’engage à respecter la COP21 et priorise les énergies
renouvelables. En accueillant en 2009 le sommet du G20 à Pittsburgh, le président Obama a voulu honorer le brillant exemple
de la façon dont une ville industrielle américaine autrefois déprimée a réussi à se régénérer avec succès.

VILLE DE DETROIT
➲ THE exemple de désindustrialisation

• Historique : 1912 : 92% de la production industrielle à Détroit. Après la 2GM Detroit est la 4ème ville US, attire les populations
rurales et les immigrés permettant le développement d’une industrie s’appuyant sur des OS. Elle connaît son apogée dans les années
1960 : l’industrie automobile emploie 40% de la population active.
• Crise des 1970s : bouleverse le système productif automobile de détroit. La capitale automobile devient le symbole de la Rust Belt,
le revenu annuel/hab est 2x inférieur à la moyenne nationale.
• 2013 : placée sous le régime des faillites, augmentation de la violence => de « motor city » elle devient « murder city ».
• 2015 : elle est sortie de la crise avec un taux de chômage 10%. Redémarrage est-il un simple redressement de la situation
(temporaire) ou une renaissance (durable) ?
• La question noire : à partir de 1950, la population blanche de Detroit a commencé partir et la population noire a augmenté (en
provenance du Sud) ; fortes émeutes en 1967. Dans les années 1980, la majorité de la population était noire.

LA POLITIQUE EXTERIEURE

LES BASES MILITAIRES, OUTIL DU SEAPOWER AMERICAIN


➲ Cartographiable, magnifique exemple.

• Notion de Sea Power : théorisée par Mahan dans The influence of Sea Power upon history
• Héritage de la Guerre Froide : Nombreuses bases au RU et en RFA, sur l’ile de Diego Garcia (cédée par le RU en 1971) pour surveiller
le détroit d’Ormuz. Bases plus anciennes (Hawai avec Pearl Harbor)
• Objectif : rapprochement stratégique de l’Asie Pacifique, accès facilité aux hydrocarbures du Moyen-Orient et lutte contre le
terrorisme.
• Un recul : 2004 => 239 installations en Europe. 2013 => 137 installations en Europe. 800 implantations dans le monde contre 909 en
2007
• Terreau de l’anti américanisme : déplacement de populations dans le cadre de l’aménagement de Diego Garcia, plus de 5800 délits
(dont de nbx crimes) par des soldats américains à Okinawa selon la police.
• En 2017, près de 200 000 hommes, soit 10 % du personnel militaire américain, sont déployés à l'étranger dans 800 bases militaires
et 177 pays
Les bases à connaître : • Europe : partout (sauf en France)
• Corée du Sud : Pusan • Turquie : 3 bases
• Japon : Okinawa, Yokokusa (QG de la 7e flotte) • Territoires am ext : Hawaï, Guam, Porto Rico.
• Djibouti • Qatar : Al-Oudeid
• Bahreïn
• Arabie Saoudite : Ryiad • Diego Garcia (en pleine mer)

LES USA ET L’AMERIQUE LATINE


➲ Montre la Realpolitik des EU
➲ Montre que les EU ont toujours la capacité d’intervenir à l’extérieur

• L’exemple du Chili. Le président Allende (un socialiste élu démocratiquement) met en péril les intérêts économiques de
certaines FMN américaines dont ITT corporation, une entreprise manufacturière. Dès lors, de 1971 à 1973 les EU ont dépensé
six millions de dollars pour entre autres truquer les élections et instrumentaliser les différents journaux. En 1974, le général
Pinochet arrive au pouvoir. Merci oncle Sam!
• Le débarquement militaire au Panama (1989) : le général Noriega est accusé de favoriser le trafic de drogue (à raison),
d’apporter son soutien à Fidel Castro et aux sandinistes du Nicaragua. Pour les EU ce comportement compromet la sécurité
du canal. Résultat intervention et bye bye Noriega.

LES DRONES PAPERS


➲ Illustre le changement de nature de la guerre et remise en cause du hard power des EU

• Octobre 2015 : publication par le site américain The Intercept à l’origine de l’affaire Snowden des « drone papers ». Ces
documents révèlent l’ampleur de la guerre des drones (assassinats ciblés) menée par l’administration Obama : 9 victimes sur
10 n’étaient pas à l’origine des cibles définies par les Américains, pas de réelle certitude pour certaines victimes.
USA ET MONDIALISATION

LA SILICON VALLEY
➲ THE exemple de pôle technologique dynamique.
➲ Montre l'importance de la recherche et de l'innovation pour les Etats-Unis.
➲ Montre que l'industrie de la Silicon Valley sait s'adapter à la demande mondiale

• C’est quoi ? Nom donné par le journaliste Don Hoeffler en 1971 à la vallée de Santa Clara pour la présence de Silicium. Situé
sur la baie de San Francisco au Nord de la Californie, elle regroupe plus de 30 000 entreprises employant plus d’1 million de
personnes.
- Très fort dynamisme : la plus grande concentration de laboratoires de R&D au monde. Création d’emplois jusqu’à 2x
supérieure à la moyenne nationale : forte présence d’étrangers, culture d’innovation car liens forts avec le milieu étudiant
de Stanford, forte capacité à exporter.
- 22 entreprises parmi les 500 premières mondiales, création d’emploi, attire une main d’œuvre étrangère très qualifiée
(64% des diplômés de la SV sont étrangers). 18 professeurs de Stanford ont des prix Nobel.
• Rapport annuel du Joint Venture Silicon Valley en 2007 : Note que 2006 a été un tournant pour le pôle qui retrouve sa santé
économique, avec un investissement de 900m de $ dans les énergies propres et 30K créations d’emplois. Mais pointe de nbx
problèmes : même si le niveau de vie dans la SV est l’un des plus élevés de la planète, seuls 26% des foyers ont un pouvoir
d’achat suffisant pour devenir propriétaire ; augmentation de la délinquance juvénile ; nbx emplois précaires d’une
population qui peinent à se loger (donc difficultés de recrutement de la part des entreprises).
• Cycles de croissance entrecoupés de crises
- Années 1950 : Industrie de la défense
- Années 1960 : Circuits intégrés
- Années 1970-80 : Micro-ordinateurs (Apple par Steve Jobs)
- Depuis 1992, Internet (Google par Larry Page ; crise = éclatement de la bulle informatique)
- Années 2000s : Biotechnologies et développement durable

L’HYPERPUISSANCE NUMERIQUE AMERICAINE


➲ Montrer la domination écrasante des EU dans un domaine clé

• Les Etats-Unis représentent 83% de la capitalisation boursière des entreprises numérique contre 2 % pour Europe. Les
Européens acceptent cette suprématie inéluctable après les nombreux échecs de tentatives de réponses dans les 70s comme
le Plan Calcul ou Unidata. De son côté la Chine a lancé Alibaba et Baidu pour concurrencer Amazon et Google, la Russie les
affronte avec Yandex et Vkontakte.
• Les efforts de recherche et développement de Microsoft et d'Intel dépassent le budget de la France pour financer l'ensemble
de sa recherche civile, tous secteurs confondus. Bref, c’est un viol sans vaseline.

RELATION AVEC L’UE

UNE GUERRE COMMERCIALE : LA GUERRE DU BŒUF AUX HORMONES


➲ Guerres économiques, néo-protectionnismes, rivalités transatlantiques

Depuis 1988, la guerre dite « du bœuf aux hormones» empoisonne les relations avec l’UE.
• 1988 : la CEE interdit l’importation de viandes issues de tels animaux.
• Les US répliquent dix ans plus tard par des pénalités douanières sur certains produits de qualité importés d’Europe (fromage,
truffes).
• 2009, un compromis fut trouvé, l’UE ayant accepté d’importer davantage de viande américaine de «haute qualité», tout en
maintenant son veto sur le bœuf aux hormones.
• Depuis, les États-Unis accusent l’UE de ne pas respecter l’accord. Parallèlement, Washington maintient depuis 1998 (et
l’affaire de la vache folle) un embargo sur les importations de viande bovine depuis l’UE.
• En 2017, les États-Unis lèvent le blocus sur les importations de viande bovine française.

LES FOREIGN SALES CORPORATION


➲ Illustre le côté « fait ce que je dis pas ce que je fais » des EU

• Régime fiscal d’exonération mis en place en 1984 par Reagan. Il vise à permettre aux entreprises US exportatrices de réduire
leurs impôts en utilisant des filiales (sociétés écran) dans des paradis fiscaux. Boeing, Microsoft et GM en ont profité.
• Mais en 1998 l’UE porte plainte devant l’OMC et en 1999 l’OMC montre qu’il s’agit bien de subventions déguisées et donne
possibilité à l’UE de prendre des mesures de représailles.

RELATION AVEC LE CANADA

LES RELATIONS AVEC LE CANADA

• Le Canada, un allié privilégié : deux pays liés par leurs géographies, leurs histoires mais aussi par l’économie, l’idéologie, la
politique, la culture etc. Cette relation étroite est concrète : signature d’un accord bilatéral de sécurité frontalière en 2011,
l’élaboration d’une stratégie commune contre les drogues en 2012.
• Mais des oppositions : notamment autour de la question de l’Arctique (revendiqué comme ZEE par les 2 pays).
• Les conflits économiques avec le Canada : les USA dénonçaient des subventions apportées par le gouvernement canadien à
son industrie du bois d’œuvre. Un accord a été trouvé dans le cadre de l’ALENA en 2004. Mais l’Alena ne fait pas tout. 2014 :
étiquetage de la viande aux USA indique le pays d’origine. Canada et Mexique considèrent alors que cela privilégie la viande
des Etats-Unis. Problème qui n’a pas été réglé par l’ALENA. Conflit porté devant l’OMC qui a donné raison au Canada en 2014.
• En 2018, le Canada a répliqué aux tarifs américains sur l’acier et l’alu en imposant 16MM$ de sanctions commerciales aux USA,
néanmoins, les USA demeurent influents envers le Canada comme en témoigne l’arrestation (à la demande des USA) de la
directrice financière de Huawei à Vancouver en décembre 2018 pour fraude et violations des sanctions contre l’Iran.

LE RÉSEAU DE VOIE MARITIME DU SAINT-LAURENT (CARTO +)


➲ Exemple de coopération frontalière.

• Voie navigable qui permet aux bateaux en provenance de l’Atlantique de rentrer dans les grands lacs et donc de connecter
une partie plus intérieures des EU et du Canada. Ce projet transfrontalier est lancé en 1954 par les EU et le Canada. Il permet
le transport de céréales depuis les EU et de métaux venant du Canada.
• Le réseau a permis d’intégrer une dizaine de ports de chaque pays ainsi que la création de plus de 200 000 emplois qui lui sont
directement liés. Mais cela pollue les eaux.
LA QUESTION ENERGETIQUE

DAKOTA ACCESS PIPELINE


➲ Montrer le renforcement de l’indépendance énergétique au détriment des questions environnementales
➲ Montrer que les minorités ne sont pas écoutées.

• Le projet : Le Dakota Access Pipeline est un pipeline allant du Dakota du Nord à l’Illinois devant être exploité par Energy
Transfer Partners.
• Mais : l’oléoduc passe près de la réserve indienne de Standing Rock et ces derniers redoutent des fuites d’hydrocarbure qui
contamineraient la rivière Missouri.
• Cette contestation a reçu le soutien de Bernie Sanders et fin 2016 le corps des ingénieurs de l’armée américaine annonce qu’il
refuse le permis de forage sous la rivière Missouri à la société pétrolière.
• Mais : Élection de Trump qui relance le projet et en mai 2017 l’oléoduc est mis en marche.

LA MOBILISATION DES ÉTATS FÉDÉRÉS POUR L’ENVIRONNEMENT


➲ Montre que les EU font des efforts mais à une échelle non-fédérale
➲ Montre qu’il y a des divergences entre États fédérés et État.
• Le 2 juin 2017, après que Trump a retiré les EU de l’accord de Paris, Michael Bloomberg, ancien maire de New York a annoncé
que 1200 acteurs américains s’engageaient à respecter les accords de Paris. Parmi les signatures on trouve 125 villes, 9 États
fédérés, 902 entreprises.
• La lutte de la Californie. Depuis 2005 la Californie a été à la pointe du combat contre le réchauffement climatique : grands
programmes de développement des énergies durables (financement de la création de toits solaires), soutien au
développement des voitures électriques avec la mise en place d’un réseau de stations-service pour moteurs hybrides.
Pourtant la Californie est un gros pollueur.

LA TENNESSEE VALLEY AUTHORITY


➲ Est un des symboles de l’intervention de l’État aux EU

• La Tennessee Valley Authority est une agence fédérale/entreprise créée en 1933 par Roosevelt dans le cadre du New Deal
couvrant les États du Tennessee, de l’Alabama et de la Georgia. À l’époque ces États sont très ruraux et très pauvres d’où la
création sous Roosevelt de barrages afin de fournir une irrigation plus abondante à l’agriculture. À la fin de la guerre, la TVA
était devenue le premier producteur d’électricité du pays.
• Aujourd’hui, la TVA c’est 17 centrales thermiques, 29 barrages hydroélectriques et 3 centrales nucléaires

LA QUESTION INDUSTRIELLE

APPLE ET LA DÉSINDUSTRIALISATION
➲ Pour montrer les conséquences de la désindustrialisation aux USA

• « Those jobs aren’t coming back » répond Steve jobs à Obama qui souhaitait voir le retour des emplois d’Apple aux Etats
Unis.
• En 2011, tous les iPhones, iPads et autres produits ont été produits en Chine, chez Foxconn. Apple est le groupe qui a le plus
poussé la logique de mondialisation : les composants viennent de la Corée du Sud, d’Allemagne, du Japon et de Taïwan.
Seulement, le seul IPhone grève la balance commerciale américaine de près de 2 Milliards de dollars. Cet exemple montre
donc que la désindustrialisation ampute gravement les déficits américains : l’Amérique a besoin de 1 Mrd de rentrées
financières par jour pour couvrir son déficit commercial !
• Election de Trump : Trump s’est attribué le retour de certains grands groupes (GM a annoncé 1 mois après tweet de TRump
contre déloc que aller investir 1 milliards aux US) mais il s’agit d’un mouvement de + long terme du au marché américain.
Idem pour Ford et Intel (constructeurs de semi conducteur qui fait projet de reloc depuis Obama)

LA COMPARAISON APPLE AUJOURD'HUI/GM DANS LES 50S


➲ Pour montrer l'importance de la sous-traitance aujourd'hui
➲ Pour montrer la perte de poids des FMN pour leurs pays d'origine

• Apple aujourd'hui et GM dans les 50s sont comparables en terme de poids (200 et 150 milliards de dollars de CA)
• Mais GM emploie 500 000 salariés aux USA, 80 000 à l’extérieur. Apple emploie seulement 30 000 salariés aux USA, 10 000 à
l'extérieur et … 700 000 via la sous-traitance

ENTREPRISES

WAL-MART
➲ Montre une success-story américaine mais également les impasses d’une telle entreprise.
• Un poids immense : 1° entreprise mondiale, (476Mrd$ CA), 1° employeur (2M) même au Canada, 30% du marché des
produits de grande consommation US.
• Entreprise innovante: Sam Walton créateur invente le discount, s’implante des des lieux traditionnellement délaissés (ruraux,
pauvres).
• Contestation : salaires faibles, heures sup non payées, pauses non autorisées, généralisation du temps partiel, forts écarts de
salaire H/F, Working poors à tel point qu’on parle de « Walmartisation » de l’emploi. D’où la nécessité de redorer son image :
place le DD au cœur de sa stratégie (indice environnemental défini pour chaque article, inauguration de magasins de nouvelle
génération utilisant moins d’eau et moins d’énergie).

THE COCA-COLA COMPANY


➲ Le symbole de l’américanisation du monde et de la mondialisation.

• Le chiffre de dingue : 1,5 milliard de bouteilles de The Coca-Cola Company sont vendues CHAQUE JOUR dans le monde
(possède aussi Fanta ou Sprite la boisson préférée de la daronne de Guillaume).
• Exemple d’une stratégie FMN ajustée à la M° : Souvent moins chère que l’eau aux US, adaptation à une clientèle plus féminine
(Light), marketing important (publicité, Sponsor des JO à Londres, mythe de la recette)
• Exemple de l’américanisation du monde : Coca-colonisation face à la Vodka-colonisation, diffusion des fast food... En 1930,
transforme l’image traditionnelle du Père Noël Vert et Blanc en Blanc et Rouge, couleurs de la marque.

UNITED FRUIT COMPANY (UFCO), LE « ROI SANS COURONNE D’AMERIQUE CENTRALE »


• L’UFCO est fondée en 1899 par Minor C. Keith, entrepreneur américain ayant obtenu la concession de la construction du
chemin de fer entre San José et Puerto Limon au Costa Rica.
• Exemple de l’impérialisme américain et de la déstabilisation politique des pays d’Amérique centrale :
C’est un véritable « Etat dans l’Etat », Keith entreprend de partir à la conquête de l’Amérique centrale avec Panamá, Cuba,
la Jamaïque, la Colombie, la République Dominicaine et le Guatemala. Contre la construction de lignes de chemin de fer,
l’UFCO se voit octroyer d’immenses superficies de terres par les pouvoirs dictatoriaux. Certains Etats comme le Guatemala
deviennent des annexes de la firme (elle y contrôle de nombreux services publics). Surnommée « la Pieuvre », elle acquière
son pouvoir à grands renforts de corruption et de manœuvres frauduleuses : « Au Honduras, il est meilleur marché
d’acheter un député qu’une mule » Samuel Zemurray PDG de l’UFCO milieu 20ème.
Elle est également à l’origine et finance de nombreux coups d’Etats en Amérique centrale : 1954 coup d’état au Guatemala
contre Jacobo Arbenz qui veut lancer une réforme agraire (2% pop = 75% terres), 1961 tentative de renversement de Fidel
Castro avec le débarquement de la Baie des Cochons.
• ̈Exemple d’une firme symbole du capitalisme sauvage qui cherche à se refaire une image : En 1989, après les nombreux
scandales de corruption dont l’achat du président hondurien Oswaldo López Arellano, la United Fruit Company change de
nom et devient la Chiquita Brands International Inc. pour rassurer l’opinion des investisseurs et consommateurs. Finalement
Chiquita est rachetée en 2014 par le groupe brésilien Cutrale, symbole du basculement économique mondial vers les
émergeants.

GENERAL MOTORS
➲ Incontournable

• 1° fabricant automobile au monde entre 1931-2007. Chiffre d’affaires de 135,5 Mrd $. Emploie 200 000 personnes.
• Un géant de l’industrie américaine : créée en 1908, grossit par fusions acquisitions, se diversifie dans les 1930s avec des
locomotives, des réfrigérateurs (N°1 du secteur). Pendant la 2GM, participe à l’effort de guerre. Apogée après 1945 : 50
millionième voiture sort des usines fin des années 60s.
• Stratégies de GM : constituer une large gamme de modèles, d’où ses nombreuses fusions acquisitions (Chevrolet, Opel, Saab),
de bas prix, stratégie internationale (nombreuses usines en Europe, joint-venture avec Toyota en 1983, GM a des usines
d’assemblage dans plus de 25 pays dans le monde).
• Un géant en crise : Depuis 2000, le titre de GM a perdu plus de 90 % de sa valeur. Causes de ce déclin : concurrence japonaise
sur le marché national, coûts élevés (couverture santé de ses retraités), dette gigantesque. Sauvetage par l’Etat : En 2009,
General Motors est placée sous la protection de la loi américaine des faillites. Elle est détenue à 60 % par le gouvernement
fédéral des États-Unis. GM a annoncé être officiellement sortie de la faillite, après avoir procédé à d’importants dégraissages
et ventes d’usines en Europe. Le retour en bourse en 2010 de GM a été une réussite.

NIKE : FIRME RESEAU EMBLEMATIQUE DE LA DIPP

• Histoire : 2 étudiants aux US dans l’Oregon créent une PME spécialisée dans la chaussure de sport, puis décident d’étendre
leur production au textile (habits et matériels de sports) que la marque commercialise dans les 90s dans des grandes surfaces
(Nike Towns)
• Le modèle : D. Cohen parle « d’entreprise démembrée » (secteur clef de la 1e révolution industrielle a presque disparu du
territoire) conciliant concentration (actions essentielles de commandement centrées sur les anciens centres de l’économie
mondial à Beaverton – direction, design, gestion, Saint Louis, Memphis) et dissémination (actions productives disséminées
avec 350 sous-traitants, mobilisant 550 000 salariés dans 55 pays).
• Les limites : qualité inégale, conditions de travail. En 2001, Nike a dû reconnaître la maltraitance et la violence à l’égard des
employés et mettre en place un code de bonne conduite sociale afin d’améliorer l’image de marque auprès de l’opinion
publique. Les ADBUSTERS dénonce les conditions de travail de Nike en Indonésie.

FORD ET L’INDUSTRIE AUTOMOBILE AUX US


➲ Pour montrer que l’évolution de la stratégie de Ford est révélatrice du passage des firmes à une internationalisation,
multinationalisation, globalisation
➲ Pour montrer un modèle spécifique d’organisation de firmes multinationales, vitrine de l’entreprise mondialisée,
inoxydable

• La place de l’automobile aux US : l’automobile a incarné la 2nd RI (moment où les US sont devenus les n°1), un symbole de
croissance et de prospérité, mais également, de tous les maux, de la désindustrialisation, de la Rust Belt, de l’implication de
l’Etat dans le made in America, qui cherche à faire de cette industrie une industrie compétitive (élément clef de la puissance,
au cœur du système productif)
• Pour illustrer la capacité de rebond de l’industrie US : capable de retrouver une position favorable après une période de
difficultés. L’usage demeure incontournable en tant que suppose indispensable de la mobilité.
• Pionnière de l’internationalisation : 20e, mise en place de filiales relais (sous la direction de la maison-mère) + recours à des
sous-traitants locaux (Bordeaux, Irlande, Japon, Brésil. Pour échapper à la concurrence, développe des filiales intégrées à
l’étranger dans les 20s, 30s (1932, ouverture d’une usine à Dagenham, centre d’approvisionnement de toutes les autres),
multiplication des sites à l’étranger (GM a suivi avec 10 ans de retard). Divisé géographiquement en 3 ensembles (US à Détroit,
Canada à Walkerville, Europe à Dagenham).
• Pionnière de la rationalisation : Standardisation des pièces avec voiture unique, la Ford T, lancée en 1908, compétitive (prix
divisés par 3), introduction de chaines de production (« travail posté » 3x8) et mise en place de la théorie du « salaire
d’efficience » afin de fidéliser et motiver les ouvriers, distribuer les richesses pour que les ouvriers puissent acheter ce qu’ils
produisent (Keynes).
• Multinationalisation et exemple précis de DIPP : on passe de la DIT à la DIPP (avantages comparatifs des territoires) avec un
ancrage européen renforcé (firme multinationale) et 1.5m de véhicules/an dans les 70s en Europe. En 1967, Ford of Europe
Inc, modèles spécialisés au marché européen voire nationaux (Cortina et RU). La DIPP européenne de la Fiesta est un 1e
exemple de modèle entièrement repensé, conçu et vendu en Europe sans l’intervention de la maison mère (les centres de
R&D sont à Durton au RU et Merkenich en ALL, les pièces détachées sont à Bordeaux avec les boîtes de vitesse, l’assemblage
à Valence, les roues en BELG).
• Adaptation douloureuse à la concurrence mondiale: rattrapage des autres firmes, marchés saturés, défis environnementaux,
concurrence japonaise (Toyota, Honda) avec nouvelles méthodes de production (toyotisme). Les BIG THREE (GM, Ford,
Chrysler) sont accusées de ne pas s’être adaptées.
• Une firme globale depuis les 90s ? Expansion mondiale avec enracinement en Asie (rachat de 25% du capital de Mazda en
1979), diversification en Europe et réorganisation de ses activités dans un contexte de crise, organisation en zones
géographiques (horizontale). Lancement de la Ford MONDEO en 1993 mais sans succès, reposant sur le toyotisme avec des
équipes semi-autonomes responsabilités.
• En difficulté aujourd’hui: nécessité de toujours rationaliser le travail, jouer sur les avantages comparatifs et compétitifs,
crise de 2008 (baisse des effectifs, revente des filiales comme Jaguar).

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