Algèbre Linéaire Prof.
Walid Zouhair
Cours d’Algèbre Linéaire
TC-AI // ch5 Algèbre
Prof. Walid Zouhair
11 décembre 2025
Table des matières
1 Matrices et applications linéaires 2
1.1 Matrice d’une application linéaire dans un couple de bases . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Coordonnées de l’image d’un vecteur par une application linéaire . . . . . . . . . 3
1.3 Matrice d’une composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 Changements de bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4.1 Matrice de passage d’une base à une autre . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4.2 Effet d’un changement de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.5 Matrices semblables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.6 Trace d’une matrice et d’un endomorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.6.1 Trace d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.6.2 Trace d’un endomorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.7 Noyau, image et rang d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.8 Inversibilité et noyau, pour une matrice carrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.9 Calcul du rang par la méthode du pivot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
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1 Matrices et applications linéaires
Introduction
Les matrices constituent un outil privilégié pour représenter et étudier les applications li-
néaires entre espaces vectoriels. En effet, une application linéaire f : E → F peut être entière-
ment décrite, une fois les bases de E et F fixées, par une matrice appelée matrice de f.
Cette correspondance entre matrices et applications linéaires permet de traduire les pro-
blèmes algébriques en calculs matriciels, et inversement, d’interpréter les opérations sur les
matrices (somme, produit, inversion) comme des propriétés des applications linéaires (compo-
sition, bijectivité, etc.).
Dans ce chapitre, nous allons établir ce lien fondamental, définir la notion de matrice associée
à une application linéaire, et étudier ses principales propriétés.
1.1 Matrice d’une application linéaire dans un couple de bases
Définition 5.1.2 - Matrice d’une application linéaire
Soient E et F deux espaces vectoriels sur K, avec dim(E) = p > 1 et dim(F ) = n > 1. On
se donne une base e = (e1 , ..., ep ) de E et une base ϵ = (ϵ1 , ..., ϵn ) de F. Soit f : E → F
une application linéaire.
On appelle matrice de f dans les bases e et ϵ cette matrice :
Λ = M ate,ϵ (f ) ∈ Mn,p (K)
dont la j ème colonne est formée des coordonnées de f (ej ) dans la base ϵ.
Exemple 5.1.1
Soit E un espace de dimension 3 muni de la base e = (e1 , e2 , e3 ), et F un espace de
dimension 2 muni de la base ϵ = (ϵ1 , ϵ2 ). On définit f : E → F par :
f (e1 ) = ϵ1 + 2ϵ2 ,
f (e2 ) = 7ϵ1 + 5ϵ2 ,
f (e3 ) = 3ϵ1 .
Alors la matrice de f dans les bases e et ϵ est :
1 7 3
M ate,ϵ (f ) =
2 5 0
Remarque 5.1.1
1) Une application linéaire est entièrement déterminée par sa matrice dans un couple de
bases donné. Ainsi, l’application
L(E, F ) −→ Mn,p (K), f 7→ M ate,ϵ (f )
est une bijection.
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2) Si l’on change la base de E ou de F, la matrice de f change en général. On étudiera
plus loin cette dépendance. Cependant, la matrice de l’application nulle est toujours la
matrice nulle, quel que soit le couple de bases.
3) Si A = M ate,ϵ (f ), alors :
— nombre de colonnes de A = dim(E).
— nombre de lignes de A = dim(F ).
Cas particulier : Matrice d’un endomorphisme
Soit f un endomorphisme d’un espace vectoriel E de dimension n ≥ 1. Si l’on choisit la
même base e = (e1 , ..., en ) pour E au départ et à l’arrivée, on note simplement
M ate (f ) := M ate,e (f )
et on l’appelle la matrice de f dans la base e. Dans ce cas, la matrice est carrée d’ordre n.
Exemple 5.1.2
Considérons l’endomorphisme f : R3 [X] → R3 [X] défini par
f (P (X)) = (X + 1)P ′ (X) + P (X).
On munit R3 [X] de la base canonique e = {1, X, X 2 , X 3 }. On calcule :
f (1) = 1,
f (X) = 1 + 2X,
f (X 2 ) = 2X + 3X 2 ,
f (X 3 ) = 3X 2 + 4X 3 .
Ainsi, la matrice de f dans la base e est :
1 1 0 0
0 2 2 0
M ate (f ) =
0
0 3 3
0 0 0 4
1.2 Coordonnées de l’image d’un vecteur par une application linéaire
Proposition
Soient E et F deux espaces vectoriels sur K, avec dim(E) = p > 1 et dim(F ) = n > 1. On
se donne une base e = (e1 , ..., ep ) de E et une base ϵ = (ϵ1 , ..., ϵn ) de F. Soit f : E → F une
application linéaire de matrice A = M ate,ϵ (f ). Alors, pour tout u ∈ E, on a l’équivalence :
v = f (u) ⇐⇒ [v]ϵ = A[u]e .
Réciproquement, si une application f : E → F admet une matrice A telle que
[v]ϵ = A[u]e , ∀u ∈ E
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alors f est linéaire et A = M ate,ϵ (f ).
Exemple 5.1.1 (Suite)
Soit E de base e = (e1 , e2 , e3 ) et F de base ϵ = (ϵ1 , ϵ2 ). On définit f : E → F par :
f (e1 ) = ϵ1 + 2ϵ2 ,
f (e2 ) = 7ϵ1 + 5ϵ2 ,
f (e3 ) = 3ϵ1 .
Alors la matrice de f est :
1 7 3
A = M ate,ϵ (f ) =
2 5 0
Si u = (x, y, z) est exprimé dans e et v = (x′ , y ′ ) dans ϵ, on a :
′ x
x 1 7 3
[v]ϵ = A[u]e ⇐⇒ ′ = y
y 2 5 0
z
soit encore : (
x′ = x + 7y + 3z,
y ′ = 2x + 5y.
Exemple 5.1.2 - Vérification de linéarité
Définissons g : E → F par : (
x′ = x + 2y + 3z,
y ′ = 9x + 8y + 7z.
pour u = xe1 + ye2 + ze3 ,
Ce système s’écrit :
′ x
x 1 2 3
′ = y
y 9 8 7
z
On en déduit que g est linéaire, et que :
1 2 3
M ate,ϵ (g) =
9 8 7
Remarque 5.1.2 - Application identité
La matrice de l’application identité IdE dans une base e de E est la matrice identité In .
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1.3 Matrice d’une composée
Proposition 5.1.2 - Matrice de la composée g ◦ f
Soient E, F, G trois espaces vectoriels de dimension finie non nulle sur K. On munit E,
F, G de bases notées respectivement α, β, γ. Soient :
f : E → F, g:F →G
deux applications linéaires. On note :
A = M atα,β (f ), B = M atβ,γ (g).
Alors la matrice de la composée g ◦ f : E → G dans les bases α et γ est donnée par :
M atα,γ (g ◦ f ) = BA
Autrement dit,
M atα,γ (g ◦ f ) = M atβ,γ (g) · M atα,β (f ).
Proposition 5.1.3 - Matrice de f −1
Soient E et F deux espaces vectoriels sur K de même dimension n > 1. On munit E
d’une base e et F d’une base ϵ. Soit f : E → F une application linéaire, de matrice
A = M ate,ϵ (f ). Alors :
f est un isomorphisme ⇐⇒ A est inversible.
Dans ce cas, la matrice de l’application réciproque f −1 : F → E dans les bases ϵ et e est
donnée par :
M atϵ,e (f −1 ) = A−1 = (M ate,ϵ (f ))−1 .
Cas particulier : Automorphisme
Soit E un espace vectoriel de dimension n > 1 muni d’une base e. Soit f : E → E un
endomorphisme, de matrice A = M ate (f ). Alors :
f ∈ GL(E) ⇐⇒ A ∈ GLn (K)
Dans ce cas, la matrice de f −1 dans la base e est :
M ate (f −1 ) = A−1 = (M ate (f ))−1 .
Proposition 5.1.4 - Matrice de f k
Soit E un espace vectoriel sur K, de dimension n > 1 muni d’une base e. Soit f : E → E
un endomorphisme, de matrice A = M ate (f ). Alors pour tout entier naturel k ≥ 0 :
M ate (f k ) = Ak
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De plus, si f est un automorphisme (i.e. A est inversible), cette propriété s’étend aux
entiers k < 0, avec :
M ate (f k ) = Ak .
1.4 Changements de bases
1.4.1 Matrice de passage d’une base à une autre
Proposition 5.2.1 - Inversibilité de la matrice d’une famille de vecteurs
Soit E un espace vectoriel de dimension n > 1 sur K, muni d’une base e = (e1 , ..., en ).
Soit v = (v1 , ..., vn ) une famille de n vecteurs de E. On note A la matrice de la famille v
dans la base e (donc A ∈ Mn (K)). Alors :
v est une base de E ⇐⇒ A est inversible.
Définition 5.2.1 - Matrice de passage
Soit E un espace vectoriel de dimension n > 1 sur K, muni de deux bases :
e = (e1 , ..., en ), ϵ = (ϵ1 , ..., ϵn ).
La matrice de la famille ϵ exprimée dans la base e est appelée matrice de passage de
e vers ϵ, et se note :
Peϵ
D’après la proposition précédente, Peϵ est toujours inversible.
Exemple 5.2.1 - Matrice de passage
Considérons l’espace vectoriel R2 muni de deux bases :
e = (e1 , e2 ) = ((1, 0), (0, 1)), ϵ = (ϵ1 , ϵ2 ) = ((1, 1), (1, −1)).
On souhaite déterminer la matrice de passage de e vers ϵ, notée Peϵ . Il faut exprimer
chaque vecteur de ϵ dans la base e :
ϵ1 = (1, 1) = 1 · e1 + 1 · e2 .
ϵ2 = (1, −1) = 1 · e1 + (−1) · e2 .
Ainsi, les coordonnées de ϵ1 et ϵ2 dans la base e forment les colonnes de la matrice de
passage :
ϵ 1 1
Pe =
1 −1
Vérifions l’inversibilité : det(Peϵ ) = (1)(−1)−(1)(1) = −2 ̸= 0, donc Peϵ est bien inversible.
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1.4.2 Effet d’un changement de base
Proposition 5.2.2 - Changement de base pour les coordonnées d’un vecteur
Soit E un espace vectoriel sur K de dimension n > 1, muni de deux bases e et ϵ. Soit P
la matrice de passage de e vers ϵ. Alors, pour tout vecteur u ∈ E :
[u]e = P [u]ϵ
Exemple 5.2.2 - Changement de base pour les coordonnées d’un vecteur
Soit E = R2 muni de deux bases :
e = (e1 , e2 ) = ((1, 0), (0, 1)), ϵ = (ϵ1 , ϵ2 ) = ((1, 1), (1, −1)).
La matrice de passage de e vers ϵ est :
1 1
= Peϵ
1 −1
2
Soit un vecteur u ∈ E de coordonnées [u]ϵ = dans la base ϵ. Pour obtenir ses
3
coordonnées dans l’ancienne base e, on utilise la formule :
[u]e = Peϵ [u]ϵ
Calculons :
1 1 2 2+3 5
[u]e = = =
1 −1 3 2−3 −1
Ainsi, les coordonnées de u dans la base e sont [u]e = (5, −1)T .
Endomorphisme et changement de base :
Soit E un espace vectoriel sur K, de dimension n > 1. Soient :
— e : une ancienne base de E.
— e′ : une nouvelle base de E.
— f : E → E un endomorphisme.
— A = M ate (f ) la matrice de f dans la base e.
— B = M ate′ (f ) la matrice de f dans la base e′ .
— P la matrice de passage de e vers e′ .
Alors on a la relation fondamentale :
B = P −1 AP.
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1.5 Matrices semblables
Définition 5.2.3 - Matrices semblables
Soient A, B ∈ Mn (K). On dit que A et B sont semblables s’il existe une matrice
inversible P ∈ GLn (K) telle que :
B = P −1 AP.
Remarque 5.2.2
La similarité concerne uniquement les matrices carrées.
La seule matrice semblable à la matrice nulle 0n est 0n elle-même.
Pour tout scalaire λ ∈ K, la seule matrice semblable à λIn est λIn .
Proposition 5.2.5 - Caractérisation de la similarité
Soient A, B ∈ Mn (K). Si f est un endomorphisme d’un espace vectoriel E de dimension
n, de matrice A dans une base e et B dans une autre base e′ , alors :
B = P −1 AP,
où P est la matrice de passage de e à e′ . Ainsi, A et B sont semblables.
Propriété : Puissances de matrices semblables :
Si A, B ∈ Mn (K) sont semblables avec B = P −1 AP , alors pour tout entier naturel m :
B m = P −1 Am P.
Cette propriété s’étend aux entiers négatifs si A (et donc B) est inversible. En particulier, on
peut calculer B m à partir de Am , ce qui est particulièrement utile lorsque A est diagonale.
Exemple 5.2.3 - Matrices semblables
Considérons les matrices suivantes :
2 1 1 1
A= , P = .
0 3 0 1
−1 −1 1 −1
Calculons P . On trouve : P = .
0 1
Posons B = P −1 AP . On obtient :
1 −1 2 1 1 1 2 0
B= = .
0 1 0 3 0 1 0 3
Ainsi, A et B sont semblables. Remarquons que B est diagonale, ce qui montre qu’une
matrice triangulaire comme A peut être transformée en matrice diagonale par similarité.
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1.6 Trace d’une matrice et d’un endomorphisme
1.6.1 Trace d’une matrice
Définition 5.3.1 - Trace d’une matrice carrée
Soit A = (aij ) ∈ Mn (K) une matrice carrée d’ordre n. On appelle trace de A, et on la
note tr(A), la somme des coefficients diagonaux de A :
n
X
tr(A) = aii .
i=1
Proposition 5.3.1 - Linéarité de la trace
L’application
tr : Mn (K) −→ K, A 7→ tr(A)
est une forme linéaire. Ainsi, pour toutes matrices A, B ∈ Mn (K) et pour tous scalaires
α, β ∈ K on a :
tr(αA + βB) = α tr(A) + β tr(B).
Proposition 5.3.2 - Trace d’un produit de matrices
Soient A ∈ Mn,p (K) et B ∈ Mp,n (K). Alors :
— AB ∈ Mn (K) est une matrice carrée d’ordre n.
— BA ∈ Mp (K) est une matrice carrée d’ordre p.
et ces deux matrices ont la même trace :
tr(AB) = tr(BA)
Proposition 5.3.3 - Invariance de la trace par similitude
Soient A, B ∈ Mn (K).
Si A et B sont semblables, c’est-à-dire s’il existe P ∈ GLn (K) tel que :
B = P −1 AP
alors elles ont la même trace : tr(A) = tr(B).
Preuve : Soient A, B ∈ Mn (K) telles que B = P −1 AP pour une matrice inversible P ∈
GLn (K). Rappelons que pour toutes matrices X, Y ∈ Mn (K), on a la propriété fondamentale
de la trace :
tr(XY ) = tr(Y X)
En appliquant cette propriété, on obtient :
tr(B) = tr(P −1 AP ) = tr(AP P −1 ) = tr(AIn ) = tr(A).
car P P −1 = In est la matrice identité.
Ainsi, la trace est invariante par similarité, ce qui conclut la preuve.
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1.6.2 Trace d’un endomorphisme
Définition 5.3.2 - Trace d’un endomorphisme en dimension finie
Soit E un espace vectoriel sur K de dimension finie n > 1. Soit f ∈ L(E) un endomor-
phisme de E. On appelle trace de f, notée tr(f ), la trace de la matrice de f dans une base
quelconque de E :
tr(f ) := tr(M ate (f ))
pour une base e de E. Cette définition est bien posée : même si la matrice de f dépend
du choix de la base, sa trace n’en dépend pas, car toutes ces matrices sont semblables.
Propriétés immédiates :
Soit E un espace vectoriel de dimension finie. Pour tous f, g ∈ L(E) et α, β ∈ K :
— Linéarité : tr(αf + βg) = α tr(f ) + β tr(g).
— Symétrie de la trace : tr(gf ) = tr(f g).
1.7 Noyau, image et rang d’une matrice
Définition
Soit A ∈ Mn,p (K). On associe à A l’application linéaire
f : Kp → Kn , U 7→ AU.
L’image de A est définie par Im(A) = Im(f ).
Le noyau de A est défini par Ker(A) = Ker(f ).
Le rang de A est défini par rg(A) = rg(f ) = dim(Im(A)).
Le théorème du rang assure que :
rg(A) + dim(Ker(A)) = p
Remarque Lignes et noyau
Déterminer Ker(A) revient à résoudre un système de n équations linéaires obtenu à partir
des lignes de A.
Remarque Colonnes et image
Les colonnes d’une matrice A forment toujours une famille génératrice de Im(A).
Exemple
Déterminons le noyau, l’image et le rang de la matrice
2 −1 1 5
A = −1 2 3 −4
3 0 5 6
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1) Noyau. On cherche les solutions de AU = 0 avec U = (x, y, z, t)T ∈ K4 :
2x − y + z + 5t = 0
(E1 )
−x + 2y + 3z − 4t = 0 (E2 )
3x + 5z + 6t = 0 (E3 )
On remarque que E3 = 2E1 + E2 , donc seules les deux premières équations sont indépen-
dantes : (
2x − y = −z − 5t,
x − 2y = 3z − 4t.
En résolvant, on obtient : x = − 35 z − 2t et y = − 73 z + t.
Ainsi, (x, y, z, t) = z3 (−5, −7, 3, 0) + t(−2, 1, 0, 1).
Donc
−5 −2
−7 , 1
Ker(A) = V ect 3 0
0 1
C’est un sous-espace de dimension 2.
2) Rang. Par le théorème du rang : dim(Ker(A)) + dim(Im(A)) = 4. Comme
dim(Ker(A)) = 2, on en déduit dim(Im(A)) = 2. Donc rg(A) = 2.
3) Image. Les colonnes de A engendrent Im(A). On vérifie que deux colonnes indépen-
dantes suffisent, par exemple :
2 −1
C1 = −1 , C2 =
2
3 0
Ainsi :
2 −1
Im(A) = V ect −1 , 2
3 0
Conclusion :
Ker(A) = V ect{(−5, −7, 3, 0), (−2, 1, 0, 1)}, Im(A) = V ect{(2, −1, 3), (−1, 2, 0)},
rg(A) = 2.
1.8 Inversibilité et noyau, pour une matrice carrée
Proposition 5.4.1 - Inversibilité et noyau
Soit A ∈ Mn (K). Alors A est inversible si et seulement si :
Ker(A) = {0}.
Autrement dit, pour prouver qu’une matrice A est inversible, il suffit de vérifier que
l’équation AX = 0 n’admet que la solution triviale X = 0. (Remarque : cela ne permet
pas de calculer A−1 : pour cela, il faut résoudre AX = B en X = A−1 B.)
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Proposition 5.4.5 - Rang et transposée
Pour toute matrice A :
rg(A) = rg(t A).
Proposition 5.4.6 - Interprétations du rang
Soit A ∈ Mn,p (K). Le rang de A peut s’interpréter de plusieurs façons équivalentes :
— c’est le nombre maximum de colonnes linéairement indépendantes de A.
— c’est aussi le nombre maximum de lignes linéairement indépendantes de A.
1.9 Calcul du rang par la méthode du pivot
Rang : trois définitions équivalentes .
Le mot « rang » peut se comprendre de trois façons différentes, mais équivalentes :
1)Application linéaire. Si f : E → F est une application linéaire, alors :
rg(f ) = dim(Im(f )).
2) Matrice. Si A ∈ Mn,p (K) et f : Kp → Kn est l’application associée, alors :
rg(A) = rg(f ).
3) Famille de vecteurs. Si (v1 , ..., vp ) est une famille de vecteurs d’un espace E de dimension
n, alors :
rg(v1 , ..., vp ) = dim(V ect(v1 , ..., vp )).
Proposition 5.4.7 - Passage à une forme échelonnée
Soit A ∈ Mn,p (K). Par une suite d’opérations élémentaires sur les lignes, on peut trans-
former A en une matrice échelonnée supérieure. Ces opérations ne modifiant pas le rang,
on obtient : rg(A) = nombre de pivots non nuls de la forme échelonnée finale.
Exemple 5.4.3 - Calcul du rang d’une matrice 3 × 3 par pivot
Calculons le rang de :
2 4 1
A = 6 13 5
−2 −3 1
Étape 1 : élimination sous le premier pivot 2. L2 ← L2 −3L1 , L3 ← L3 +L1 . On obtient :
2 4 1
A1 = 0 1
2
0 1 2
Étape 2 : élimination sous le pivot 1 de la deuxième ligne. L3 ← L3 − L2 . On obtient :
2 4 1
A2 = 0 1 2
0 0 0
Conclusion : la forme échelonnée A2 possède 2 pivots non nuls. Donc rg(A) = 2.
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Exemple 5.4.2 - Calcul du rang par pivot
Calculons le rang de :
1 5 9 13 17
3 7 11 15 19
A=
2
6 1 0 11
1 3 14 21 16
Étape 1 : élimination sous la première ligne. L2 ← L2 −3L1 , L3 ← L3 −2L1 , L4 ← L4 −L1 .
On obtient :
1 5 9 13 17
0 −8 −16 −24 −32
A1 = 0 −4 −17 −26 −23
0 −2 5 8 −1
Étape 2 : élimination sous le pivot -8. L3 ← 2L3 − L2 . L4 ← 4L4 − L2 . On obtient :
1 5 9 13 17
0 −8 −16 −24 −32
A2 = 0 0
18 28 14
0 0 −36 −56 −28
Étape 3 : élimination sous le pivot 18. L4 ← L4 + 2L3 . On obtient :
1 5 9 13 17
0 −8 −16 −24 −32
A3 = 0 0
18 28 14
0 0 0 0 0
Conclusion : la forme échelonnée A3 possède 3 pivots non nuls. Donc : rg(A) = 3.
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