l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène est essentiel à la santé et au bien-être humains.
Un accès sûr à l’eau, à l’assainissement et
à l’hygiène (EAH) est non seulement une condition préalable à la santé, mais contribue également aux moyens de subsistance, à la scolarisation et
à la dignité des individus, et participe à la création de communautés résilientes vivant dans des environnements sains.
La consommation d’eau insalubre nuit à la santé en provoquant des maladies telles que la diarrhée, et les excréments non traités contaminent les
eaux souterraines et de surface utilisées pour l’eau potable, l’irrigation, la toilette et les besoins domestiques.
La contamination chimique de l’eau continue de représenter un fardeau sanitaire, qu’elle soit d’origine naturelle (comme l’arsenic et le fluorure)
ou anthropique (comme les nitrates).
Un accès sûr et suffisant à l’EAH joue un rôle clé dans la prévention de nombreuses maladies tropicales négligées (MTN) telles que le trachome, les géohelminthiases et la schistosomiase. Les
décès dus à la diarrhée liés à un accès insuffisant à l’EAH ont été réduits de moitié au cours de la période des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) (1990-2015), grâce
notamment aux progrès significatifs réalisés en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement.
Des études suggèrent que l'amélioration des niveaux de service en matière d'eau potable gérée en toute sécurité ou d'assainissement, comme l'approvisionnement en eau courante réglementée ou
les raccordements aux égouts avec traitement des eaux usées, peut améliorer considérablement la santé en réduisant les décès dus aux maladies diarrhéiques.
Principaux faits
En 2021, plus de deux milliards de personnes vivaient dans des pays en situation de stress hydrique, phénomène que les changements climatiques et la croissance démographique devraient
exacerber dans certaines régions (1).
En 2022, au moins 1,7 milliard de personnes dans le monde utilisaient une source d’eau potable contaminée par des matières fécales. La contamination microbienne de l’eau potable due à la
contamination par des matières fécales constitue le plus grand risque pour la salubrité de l’eau potable.
La présence d’arsenic, de fluorure ou de nitrate dans l’eau potable est le risque chimique le plus important, mais les nouveaux contaminants tels que les produits pharmaceutiques, les pesticides,
les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) et les microplastiques inquiètent le grand public.
La disponibilité d’eau salubre en quantité suffisante facilite l’hygiène, essentielle pour prévenir non seulement les maladies diarrhéiques mais aussi les infections respiratoires aiguës et de
nombreuses maladies tropicales négligées.
La contamination microbiologique de l’eau potable peut être à l’origine de la transmission de maladies telles que la diarrhée, le choléra, la dysenterie, la fièvre typhoïde et la poliomyélite, et on
estime qu’elle entraîne chaque année 505 000 décès consécutifs à des maladies diarrhéiques.
En 2022, 73 % de la population mondiale (soit 6 milliards de personnes) utilisaient un service d’alimentation en eau potable géré en toute sécurité, c’est-à-dire situé sur le lieu d’usage, disponible
à tout moment et exempt de contamination.
Vue d’ensemble
À des fins de santé publique, il est important d’avoir facilement accès à de l’eau salubre, destinée à la consommation, à un usage domestique, à la production alimentaire ou aux loisirs.
L’amélioration de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, ainsi qu’une meilleure gestion des ressources en eau, peuvent favoriser la croissance économique des pays et contribuer
sensiblement à faire reculer la pauvreté.
En 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu explicitement le droit à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit humain. Chacune et chacun a droit à un accès suffisant,
continu, sûr, acceptable et abordable à de l’eau pour un usage personnel et domestique.
Services d’alimentation en eau potable
La cible 6.1 des objectifs de développement durable consiste à assurer l’accès universel et équitable à l’eau potable à un coût abordable. Les progrès réalisés en vue d’atteindre cette cible sont
suivis au moyen de l’indicateur relatif aux « services d’alimentation en eau potable gérés en toute sécurité », c’est-à-dire l’eau potable issue d’une source d’eau améliorée située sur le lieu
d’usage, disponible à tout moment et exempte de contamination fécale et de pollution par des substances chimiques d’intérêt prioritaire.
En 2022, 6 milliards de personnes utilisaient des services d’alimentation en eau potable gérés en toute sécurité, c’est-à-dire qu’elles utilisaient des sources d’eau améliorées situées sur le lieu
d’usage, disponibles à tout moment et exemptes de contamination. Parmi les 2,2 milliards de personnes restantes n’ayant pas accès à des services gérés en toute sécurité en 2022 :
1,5 milliard de personnes avaient accès à des services de base, c’est-à-dire à une source d’eau améliorée située à moins de 30 minutes aller-retour ;
292 millions de personnes avaient accès à des services limités, c’est-à-dire à une source d’eau améliorée située à plus de 30 minutes aller-retour ;
296 millions de personnes utilisaient l’eau de puits et de sources non protégés ; et
115 millions de personnes collectaient des eaux de surface non traitées provenant de lacs, d’étangs, de rivières et de ruisseaux.
De profondes inégalités géographiques, socioculturelles et économiques subsistent, non seulement entre les zones rurales et urbaines, mais aussi dans les villes, petites et grandes, où les
personnes ayant de faibles revenus et habitant dans des implantations spontanées ou illégales ont en général moins accès aux sources d’eau améliorées que les autres citadins.
Eau et santé
L’eau contaminée et le manque d’assainissement entraînent la transmission de maladies comme le choléra, la diarrhée, la dysenterie, l’hépatite A, la fièvre typhoïde et la poliomyélite. L’absence
de services d’alimentation en eau et d’assainissement, ou leur insuffisance ou mauvaise gestion, expose les personnes concernées à des risques sanitaires évitables. C’est particulièrement vrai
dans les établissements de santé où les patients et le personnel courent un risque supplémentaire d’infection et de maladie lorsqu’il n’y a pas de services d’alimentation en eau, d’assainissement et
d’hygiène.
Sept patients sur 100 dans les pays à revenu élevé et 15 patients sur 100 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire contractent au moins une infection nosocomiale pendant leur séjour à
l’hôpital.
La mauvaise gestion des eaux usées urbaines, industrielles et agricoles implique pour des centaines de millions de personnes une contamination dangereuse ou une pollution chimique de l’eau
potable. La présence naturelle de produits chimiques, notamment l’arsenic et le fluorure, en particulier dans les eaux souterraines, peut également avoir une incidence sur la santé, tandis que
d’autres produits chimiques, comme le plomb, peuvent être libérés dans l’eau potable en quantités importantes en raison de leur présence dans les éléments du réseau d’approvisionnement.
On estime que, chaque année, environ un million de personnes meurent de diarrhée à cause de l’insalubrité de l’eau potable et du manque d’assainissement et d’hygiène. La prévention de la
diarrhée est pourtant largement possible, et on pourrait éviter chaque année la mort de 395 000 enfants de moins de cinq ans si on luttait contre ces facteurs de risque. Lorsqu’il est difficile de se
procurer de l’eau, il arrive que les gens décident que le lavage des mains n’est pas une priorité, ce qui augmente le risque de diarrhée et d’autres maladies.
La diarrhée est la maladie la plus connue associée aux aliments et à l’eau contaminés, mais elle n’est pas la seule. En 2021, plus de 251,4 millions de personnes avaient besoin d’un traitement
préventif de la schistosomiase, une maladie aiguë et chronique causée par des vers parasites qui peuvent être présents dans l’eau.
Dans de nombreuses régions du monde, les insectes vivant ou se reproduisant dans l’eau sont vecteurs de maladies, comme la dengue. Certains d’entre eux se reproduisent de préférence dans une
eau propre, et les conteneurs d’eau pour la consommation des ménages peuvent servir de gîtes larvaires. L’intervention simple qui consiste à couvrir les conteneurs pour la conservation de l’eau
permet de réduire la reproduction des vecteurs et pourrait aussi avoir l’avantage de diminuer la contamination fécale de l’eau au niveau des ménages.
Effets économiques et sociaux
Lorsque l’eau provient de sources d’eau améliorées et plus accessibles, les gens passent moins de temps et consacrent moins d’efforts à la collecter, ce qui libère leur productivité pour d’autres
choses. Il peut aussi en résulter une plus grande sécurité personnelle et une réduction des troubles musculosquelettiques, puisque cela évite les déplacements longs et risqués pour aller chercher
de l’eau et la transporter. L’amélioration des points d’eau implique en outre une baisse des dépenses de santé, car la probabilité de tomber malade et de devoir assumer des frais de santé diminue ;
il est alors plus facile de maintenir la productivité économique.
Les enfants étant particulièrement exposés au risque de maladies d’origine hydrique, l’accès à des sources d’eau améliorées peut leur permettre de vivre en meilleure santé et ainsi améliorer leur
fréquentation scolaire, ce qui aura des conséquences positives à long terme sur leur vie.
Défis
Le rythme de progression historique doit être multiplié par deux pour parvenir à une couverture mondiale des services d’eau potable de base d’ici à 2030, et par six pour parvenir à des services
universels gérés en toute sécurité. Les changements climatiques, la raréfaction de l’eau, la croissance de la population, les évolutions démographiques et l’urbanisation posent déjà des problèmes
aux systèmes d’approvisionnement en eau. Plus de deux milliards de personnes vivent dans des pays en situation de stress hydrique, phénomène que les changements climatiques et la croissance
démographique devraient exacerber dans certaines régions. Le recyclage des eaux usées, pour récupérer des nutriments ou de l’énergie, devient une stratégie importante. L’utilisation des eaux
usées et des boues est répandue dans le monde entier, mais elle se pratique souvent de manière informelle et/ou sans traitement suffisant ni autres contrôles pour assurer la protection de la santé
humaine et de l’environnement. Si elle s’effectue dans des conditions appropriées, l’utilisation sûre des eaux usées et des boues peut présenter de multiples avantages, notamment accroître la
production alimentaire, renforcer la résilience face aux pénuries d’eau et de nutriments, et rendre l’économie plus circulaire.
Les sources utilisées pour l’eau potable et l’irrigation continueront d’évoluer et dépendront de plus en plus des eaux souterraines et de nouvelles sources d’approvisionnement, dont les eaux
usées. Les changements climatiques entraîneront de plus grandes fluctuations dans la collecte des eaux pluviales. Il faudra améliorer la gestion de l’ensemble des ressources hydriques pour
garantir la quantité et la qualité de l’approvisionnement.
Action de l’OMS
En tant qu’autorité internationale en matière de santé publique et de qualité de l’eau, l’OMS dirige les efforts mondiaux visant à prévenir les maladies d’origine hydrique, tout en conseillant les
gouvernements sur la réglementation et les objectifs sanitaires.
L’OMS produit une série de lignes directrices sur la qualité de l’eau couvrant l’eau potable, l’utilisation sans risque des eaux usées et la qualité des eaux de baignade. Les lignes directrices
relatives à la qualité de l’eau se fondent sur la gestion des risques. Depuis 2004, les Directives de qualité pour l’eau de boisson promeuvent l’application du cadre destiné à garantir la sécurité
sanitaire de l’eau de boisson. Ce cadre recommande la définition d’objectifs sanitaires, l’élaboration et la mise en œuvre de plans de gestion de la salubrité de l’eau par les fournisseurs, afin de
repérer et de gérer les risques le plus efficacement possible, du captage au consommateur, et une surveillance indépendante pour que les plans de gestion de la salubrité de l’eau soient efficaces et
que les objectifs sanitaires soient bien atteints.
Les Directives pour la qualité de l’eau de boisson s’appuient sur des publications qui constituent le fondement technique des recommandations. Par ailleurs, l’OMS apporte un appui aux pays
dans la mise en œuvre des Directives en élaborant des guides pratiques et en leur fournissant un soutien direct. Ces efforts consistent, entre autres, à élaborer des réglementations localement
applicables sur la qualité de l’eau de boisson qui soient conformes aux principes figurant dans les Directives, à élaborer, mettre en œuvre et contrôler des plans de gestion de la salubrité de l’eau,
et à renforcer les pratiques de surveillance.
Directives de qualité pour l’eau de boisson (en anglais)
Planification en matière de sécurité sanitaire de l’eau (en anglais)
Élaboration de réglementations et de normes sur la qualité de l’eau potable (en anglais)
Publications à l’appui des Directives de qualité pour l’eau de boisson (en anglais)
Depuis 2014, l’OMS teste les produits de traitement des eaux utilisés dans les ménages au regard des critères de performance sanitaire de l’OMS dans le cadre de son programme international
visant à évaluer les technologies de traitement des eaux au niveau des ménages (en anglais). Le but est de veiller à ce que ces produits protègent les utilisateurs contre les agents pathogènes à
l’origine des affections diarrhéiques et de renforcer les politiques, réglementations et dispositifs de suivi au niveau national pour contribuer au ciblage adapté de ces produits, ainsi qu’à leur
utilisation correcte et régulière.
L’OMS collabore étroitement avec l’UNICEF dans plusieurs domaines relatifs à l’eau et à la santé, y compris en ce qui concerne l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les établissements de
santé (en anglais). En 2015, les deux organisations ont conjointement mis au point l’Outil d’amélioration de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène dans les établissements de santé (WASH
FIT), qui est une adaptation de l’approche du plan de gestion de la sécurité sanitaire de l’eau. WASH FIT vise à guider les petits établissements de soins de santé primaires dans les zones à
revenu faible ou intermédiaire par le biais d’un cycle continu d’améliorations obtenues grâce à l’évaluation, à la hiérarchisation des risques et à la définition d’actions ciblées spécifiques. Un
rapport de 2023 (en anglais) présente les mesures pratiques que les pays peuvent prendre pour améliorer les aspects relatifs à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène dans les établissements de
santé.
UN-Water. Summary progress update 2021: SDG 6 – water and sanitation for all. [Link]
2021_Version-[Link]
Focus
Portail GLAAS : Analyse et évaluation mondiales de l'ONU-Eau sur l'assainissement et l'eau potable
Assanissement
Directives de qualité pour l’eau de boisson
Actualités
Les femmes et les filles sont les plus touchées par la crise de l’eau et de l’assainissement 6 juillet 2023
Agir plus vite pour garantir à tous l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène 14 décembre 2022
Principaux repères
Assainissement 22 mars 2024
Maladies diarréhiques 2 mai 2017
Principaux faits
En 2022, 57 % de la population mondiale (soit 4,6 milliards de personnes) avait accès à des services d’assainissement gérés de manière sûre.
Plus de 1,5 milliard de personnes ne disposent toujours pas de services d’assainissement de base, tels que des toilettes privées ou des latrines.
Parmi elles, 419 millions défèquent encore à l’air libre, par exemple dans les caniveaux, derrière des buissons ou dans des plans d’eau.
En 2020, 44 % des eaux usées domestiques générées dans le monde ont été rejetées dans l’environnement sans avoir fait l’objet d’un traitement sûr (1).
On estime qu’au moins 10 % de la population mondiale consomme des aliments provenant de cultures irriguées par des eaux usées.
Un assainissement de mauvaise qualité porte atteinte au bien-être humain et au développement social et économique compte tenu de ses effets en termes d’anxiété, de risque d’agression sexuelle
et de réduction des possibilités éducatives et professionnelles.
Le manque d’assainissement est lié à la transmission de maladies diarrhéiques telles que le choléra et la dysenterie, ainsi que la typhoïde, les infections par les vers intestinaux et la poliomyélite.
Il exacerbe le retard de croissance et contribue à la propagation de la résistance aux antimicrobiens.
Contexte
D’après les dernières estimations (en anglais) de la charge de morbidité associée aux problèmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène, 1,4 million de personnes meurent chaque année en raison du
manque d’eau potable et de la médiocrité des systèmes d’assainissement et d’hygiène. La grande majorité de ces décès se produisent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. L’insuffisance
des services d’assainissement est à l’origine de 564 000 de ces décès, en grande partie causés par des maladies diarrhéiques, et elle est un facteur déterminant de plusieurs maladies tropicales
négligées, notamment les helminthiases intestinales, la schistosomiase et le trachome. Un mauvais assainissement contribue également à la malnutrition.
En 2022, 57 % de la population mondiale (soit 4,6 milliards de personnes) avait accès à des services d’assainissement gérés de manière sûre ; 33 % (2,7 milliards de personnes) utilisaient des
installations sanitaires privées raccordées aux réseaux d’égouts dont les eaux usées étaient traitées ; 21 % (1,7 milliard de personnes) utilisaient des toilettes ou des latrines où les excréments
étaient éliminés in situ en toute sécurité ; et 88 % de la population mondiale (soit 7,2 milliards de personnes) utilisait au moins un service d’assainissement de base (2).
La diarrhée reste une cause majeure de décès, mais elle est en grande partie évitable. De meilleures conditions d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène pourraient prévenir les
décès d’enfants de moins de 5 ans, dont 395 000 en 2019.
La défécation à l’air libre entretient le cercle vicieux de la maladie et de la pauvreté. Les pays où cette pratique est la plus répandue sont ceux qui enregistrent les plus forts taux de mortalité chez
les enfants de moins de 5 ans, les niveaux les plus élevés de malnutrition et de pauvreté, et d’importantes disparités dans la répartition des richesses.
Les avantages d’un meilleur assainissement
L’amélioration de l’assainissement a des avantages qui vont bien au-delà de la réduction du risque de diarrhée, notamment :
la diminution de la propagation des helminthiases intestinales, de la schistosomiase et du trachome, qui sont des maladies tropicales négligées dont souffrent des millions de personnes ;
la diminution de la gravité et des conséquences de la malnutrition ;
la promotion de la dignité humaine et le renforcement de la sécurité, en particulier pour les femmes et les jeunes filles ;
la promotion de la fréquentation scolaire : on observe en particulier une augmentation de la fréquentation scolaire des filles lorsqu’elles disposent d’installations sanitaires séparées ;
la réduction de la propagation de la résistance aux antimicrobiens ;
la récupération potentielle et sûre de l’eau, des nutriments et de l’énergie renouvelable à partir des eaux usées et des boues ; et
la possibilité d’accroître la résilience globale de la communauté face aux chocs climatiques, par exemple par l’utilisation sûre des eaux usées pour l’irrigation afin d’atténuer le manque d’eau.
Une étude de 2012 de l’OMS (en anglais) a montré que pour chaque dollar (USD) investi dans l’assainissement, on obtient en retour 5,50 USD du fait de la baisse des dépenses de santé, du gain
de productivité et de la diminution du nombre des décès prématurés.
Difficultés rencontrées
En 2013, le Vice-Secrétaire général des Nations Unies a lancé un appel à l’action en faveur de l’assainissement, prévoyant notamment l’élimination de la défécation à l’air libre d’ici 2025. Le
monde est en bonne voie pour éliminer la défécation à l’air libre d’ici 2030, si ce n’est d’ici 2025. Cependant, il faudrait que le rythme des progrès double pour que le monde parvienne à instaurer
une couverture universelle des services d’assainissement de base d’ici 2030. Pour obtenir un accès universel à des services gérés de manière sûre, ce rythme devra être multiplié par cinq.
La situation dans les zones urbaines, en particulier dans les zones denses, informelles et à revenu faible, constitue un problème de plus en plus important, car les réseaux d’égouts sont précaires
ou inexistants, l’espace pour les toilettes est limité, les fosses et les fosses septiques mal conçues et mal gérées contaminent les égouts à ciel ouvert et les eaux souterraines, et les services
d’élimination des boues fécales sont indisponibles ou inabordables. Les inégalités sont aggravées lorsque les eaux usées rejetées dans les collecteurs d’eaux pluviales et les cours d’eau polluent
les quartiers les plus pauvres des villes. Les effets du changement climatique – inondations, pénurie d’eau et sécheresses, élévation du niveau de la mer – font reculer les progrès pour les milliards
de personnes qui n’ont pas accès aux services gérés en toute sécurité et menacent de saper les services existants s’ils ne sont pas rendus plus résilients.
Les eaux usées et les boues sont de plus en plus considérées comme une ressource précieuse dans l’économie circulaire permettant de fournir l’eau et les nutriments destinés à la production
d’aliments et l’énergie récupérée sous diverses formes. En réalité, l’utilisation des eaux usées et des boues est déjà courante, mais une grande partie est utilisée de manière dangereuse sans
traitement adéquat, contrôles de l’utilisation ou surveillance réglementaire. Une utilisation sûre qui empêche la transmission des maladies liées aux excréments est essentielle pour réduire les
dommages et maximiser l’utilisation bénéfique des eaux usées et des boues.
En 2019, ONU-Eau a lancé le Cadre mondial d’accélération de la réalisation de l’ODD 6. À l’occasion de la Journée mondiale des toilettes 2020, l’OMS et l’UNICEF ont présenté un rapport sur
la situation de l’assainissement dans le monde, qui décrit l’ampleur des défis existants en termes d’impact sur la santé, de couverture sanitaire, de progrès, de politique et d’investissement, et qui
établit un programme d’accélération de l’assainissement dans le contexte du Cadre mondial d’accélération de la réalisation de l’ODD 6.
Action de l’OMS
En 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu que le droit à l’eau potable et à l’assainissement était un droit fondamental et a appelé à faire davantage d’efforts au niveau
international pour aider les pays à fournir à leur population de l’eau potable et des services d’assainissement accessibles et abordables. La cible 6.2 des objectifs de développement durable appelle
à un assainissement adéquat et équitable pour tous et la cible 6.3 appelle à réduire de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et à augmenter considérablement le recyclage et la réutilisation
sans danger.
En tant qu’autorité internationale de la santé publique, l’OMS dirige les efforts mondiaux pour éviter la transmission des maladies et conseille les gouvernements en matière de réglementation
sanitaire et de prestation de services. En ce qui concerne l’assainissement, l’OMS surveille la charge mondiale de morbidité (ODD 3.9) et le niveau d’accès à l’assainissement et au traitement des
eaux usées (ODD 6.2, 6,3) et analyse ce qui contribue et entrave les progrès (ODD 6a, 6 b et GLAAS). Ce suivi donne aux États Membres et aux donateurs des données mondiales les aidant à
décider comment investir pour fournir des toilettes et garantir une gestion sans risque des eaux usées et des excreta.
L’OMS collabore avec ses partenaires en vue de promouvoir des pratiques efficaces de gestion et d’évaluation des risques pour l’assainissement dans les communautés et les établissements de
santé, en s’appuyant sur des bases factuelles et des outils ; notamment lignes directrices de l’OMS sur l’assainissement et la santé, l’utilisation sans risque des eaux usées, la qualité des eaux à
usage récréatif et la promotion de la planification de la sécurité de l’assainissement et des inspections sanitaires, et par le biais de communautés de pratique comme le Réseau international des
régulateurs de l’eau potable et de l’assainissement (RegNet) et l’initiative sur les travailleurs du secteur de l’assainissement. L’OMS soutient également la collaboration entre l’eau,
l’assainissement et l’hygiène et les programmes de santé lorsque l’assainissement est essentiel pour la prévention des maladies et la réduction des risques, notamment les maladies tropicales
négligées, le choléra, la poliomyélite et la résistance aux antimicrobiens, ainsi que la surveillance environnementale des agents pathogènes. Les aspects relatifs à la résilience face aux
changements climatiques sont inclus dans tous les documents d’orientation de l’OMS sur l’assainissement.
(1) UN Habitat and WHO, 2021. Progress on wastewater treatment – Global status and acceleration needs for SDG indicator 6.3.1. United Nations Human Settlements Programme (UN-Habitat)
and World Health Organization (WHO), Geneva.
(2) Progress on household drinking water, sanitation and hygiene 2000–2022: special focus on gender. New York: United Nations Children’s Fund (UNICEF) and World Health Organization
(WHO), 2023. [Link] (en anglais)
Focus
Situation de l’assainissement dans le monde : Un appel pressant à améliorer l’assainissement au profit de la santé, de l’environnement, de l’économie et de la société
Note d’orientation technique relative à l’eau, l’assainissement et l’hygiène et la gestion des eaux usées pour prévenir les infections et réduire la propagation de la résistance aux antimicrobiens
Collaboration entre le secteur WASH et le secteur de la santé : guide pratique à l’intention des programmes de lutte contre les maladies tropicales négligées
Planification de la gestion de la sécurité sanitaire de l’assanissement
Actualités
Les femmes et les filles sont les plus touchées par la crise de l’eau et de l’assainissement 6 juillet 2023
Principaux repères
Eau potable 13 septembre 2023
Maladies diarréhiques 2 mai 2017
L’hygiène fait référence aux conditions et aux pratiques qui contribuent à maintenir la santé et à prévenir la propagation des maladies, notamment le lavage des mains, l’hygiène alimentaire et la
gestion de l’hygiène menstruelle (voir S anté menstruelle ).
L’hygiène est depuis longtemps liée à la santé publique, mais n’était incluse dans aucun objectif ni indicateur des OMD. La mention explicite de l’hygiène dans le texte de l’objectif 6.2 des ODD
témoigne d’une reconnaissance croissante de son importance et de ses liens étroits avec l’assainissement. L’hygiène est un concept multidimensionnel qui englobe de nombreux comportements,
notamment le lavage des mains, l’hygiène alimentaire et l’hygiène menstruelle (voir Santé menstruelle ). Des consultations internationales menées auprès de professionnels du secteur de l’eau, de
l’assainissement et de l’hygiène ont identifié le lavage des mains à l’eau et au savon comme une priorité absolue dans tous les contextes, et comme un indicateur pertinent pour le suivi national et
mondial.
L'échelle de services JMP pour l'hygiène
La présence d'un dispositif de lavage des mains avec eau et savon à domicile a été identifiée comme l'indicateur prioritaire du suivi mondial de l'hygiène. Les ménages disposant d'un tel dispositif
répondent aux critères d'un service d'hygiène de base . Les ménages qui possèdent un dispositif mais qui n'ont ni eau ni savon sont considérés comme bénéficiant d'un service limité et se
distinguent des ménages n'ayant aucun dispositif (absence de service). Dans certaines cultures, la cendre, la terre, le sable ou d'autres matériaux sont utilisés pour se laver les mains, mais ces
produits sont moins efficaces que le savon et sont donc comptabilisés comme des services d'hygiène limités.
Échelle pour le lavage des mains
Basique
Disponibilité d'un dispositif pour se laver les mains avec du savon et de l'eau à domicile
Limité
Disponibilité à domicile d'un dispositif pour se laver les mains sans savon et/ou eau
Aucune installation
Aucun dispositif de lavage des mains sur place
Remarque : Les installations de lavage des mains peuvent être fixes ou mobiles et comprendre un lavabo avec eau courante, des seaux avec robinet, des robinets à bascule et des pichets ou
bassines réservés au lavage des mains. Le terme « savon » inclut le savon en pain, le savon liquide, la lessive en poudre et l’eau savonneuse, mais exclut la cendre, la terre, le sable et tout autre
agent nettoyant pour les mains.
Les enquêtes auprès des ménages comprennent de plus en plus une section sur les pratiques d'hygiène, au cours de laquelle l'enquêteur visite les installations de lavage des mains et vérifie la
présence d'eau et de savon. L'observation des équipements de lavage des mains par les enquêteurs constitue un indicateur plus fiable des comportements de lavage des mains que le simple fait de
demander aux individus s'ils se lavent les mains. Les rares cas où les ménages refusent l'accès à leurs installations par les enquêteurs sont exclus des estimations du JMP.
Contenu associé
Ram (2013) Guide pratique pour mesurer les comportements de lavage des mains : mise à jour 2013. Banque mondiale
Freeman (2014) Hygiène et santé : revue systématique des pratiques de lavage des mains dans le monde et mise à jour des effets sur la santé
Navigation
Eau potable
Sanitaire
Hygiène
Santé menstruelle
Inégalités
EAH (Eau, Assainissement et Hygiène) dans les établissements de soins de santé
WASH dans les écoles
Méthodes
EASH résilient au climat
En un coup d'œil
L'hygiène désigne les pratiques qui permettent d'assurer une bonne santé et une bonne propreté, comme se laver avec du savon et de l'eau.
Se laver les mains régulièrement est l'un des moyens les plus importants de prévenir la propagation des maladies.
Dans de nombreuses régions, le manque d'accès à l'eau potable et au savon rend l'hygiène difficile.
Jeune fille souriant tandis que l'eau coule entre ses mains
Aperçu
L’hygiène des mains est l’un des moyens les plus efficaces de prévenir la propagation des germes. En 2023, on recensait dans le monde :
2,3 milliards de personnesqui n'avaient pas accès à un point d'eau et de savon pour se laver les mains à domicile
670 millions de personnesqui n'avaient absolument pas accès à un point d'eau pour se laver les mains
462 millions d'enfantsqui n'avaient pas accès à des installations pour se laver les mains dans les écoles
Maladies diarrhéiques et respiratoires
Dans de nombreux contextes où les ressources sont limitées, les maladies diarrhéiques constituent la principale cause de mortalité [Link] analyse des données de 2018Une étude a montré
qu'apprendre aux communautés à se laver les mains à l'eau et au savon réduisait les cas de diarrhée de 30 %. Cela signifie que la promotion des pratiques d'hygiène pourrait prévenir environ un
million de décès dus aux maladies diarrhéiques.
Les maladies respiratoires sont également fréquentes dans les milieux aux ressources limitées. En 2016, près de 300 millions de personnes en étaient [Link] millions de personnes sont
tombées malades et près de deux millions sont décédées des suites d'infections des voies respiratoires inférieures. Bien que des données plus systématiques soient nécessaires, de nombreuses
études montrent que le lavage des mains peut réduire le nombre de maladies respiratoires en général, notamment dans les structures d'accueil de la petite enfance et les écoles.
Les maladies diarrhéiques et respiratoires se transmettent souvent par contact avec des mains sales. La transmission peut également se faire par voie oro-fécale (lorsque des germes présents dans
les selles pénètrent dans la bouche). Se laver les mains permet d'enrayer la propagation de nombreux germes pathogènes et est essentiel pour prévenir la propagation des maladies partout dans le
monde. Cependant, dans de nombreux contextes aux ressources limitées, l'accès à l'eau et au savon est restreint.
Défis et ressources en matière d'hygiène
Dans les régions aux ressources limitées, le principal obstacle à une bonne hygiène est le manque d'accès à l'eau.
Environ 2 milliards de personnesn’ont pas accès à des services d’eau potable gérés en toute sécurité, parmi lesquels 800 millions de personnes n’ont pas accès à une source d’eau améliorée et
manquent d’eau potable saine.
À l'échelle mondiale, 1,4 million de décèsChaque année, de nombreuses maladies sont attribuées à la propagation de l'eau insalubre, du manque d'assainissement et de l'hygiène.
On estime que 2,3 milliards de personnes n'ont pas accès à un dispositif de lavage des mains avec eau et savon à domicile, et que 670 millions de personnes n'ont aucun accès à un tel dispositif.
Les programmes de lavage des mains efficaces enseignent et promeuvent des pratiques d'hygiène en adéquation avec les normes sociales et culturelles locales. Sensibiliser les populations à
l'utilisation de l'eau et améliorer l'accès à cette ressource sont essentiels pour améliorer la santé dans les zones aux ressources limitées. Malgré cela, les problèmes d'hygiène demeurent un enjeu
majeur pour des millions de personnes.
Termes à connaître
L'accès à une hygiène appropriée dépend de la présence d'un dispositif de lavage des mains et du type de matériel disponible. Ces dispositifs peuvent être fixes ou mobiles et comprendre un
lavabo avec eau courante, des seaux avec robinet, des robinets à bascule, ainsi que des cruches ou des bassines réservées au lavage des mains. Le terme « savon » inclut le savon en pain, le savon
liquide, la lessive en poudre et l'eau savonneuse. Il exclut la cendre, la terre, le sable et tout autre produit servant à se laver les mains.
Les définitions suivantes décrivent comment les services d'hygiène sont définis par le Programme commun de suivi, une collaboration entre l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et
l'UNICEF.
niveaux de service d'hygiène
Définition
Basique
Disponibilité d'un dispositif pour se laver les mains avec du savon et de l'eau à domicile
Limité
Disponibilité à domicile d'un dispositif pour se laver les mains sans savon et/ou eau
Non amélioré
Aucun dispositif de lavage des mains sur place
Les sites sont : [Link]
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