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Introduction aux Nombres Complexes

Le document traite des nombres complexes, abordant des concepts tels que l'inégalité triangulaire, les propriétés de l'exponentielle complexe, et le groupe U des nombres complexes de module 1. Il inclut également des sections sur les équations du second degré et des techniques de calcul. Des théorèmes et propositions sont présentés pour illustrer les propriétés et les applications des nombres complexes.

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Introduction aux Nombres Complexes

Le document traite des nombres complexes, abordant des concepts tels que l'inégalité triangulaire, les propriétés de l'exponentielle complexe, et le groupe U des nombres complexes de module 1. Il inclut également des sections sur les équations du second degré et des techniques de calcul. Des théorèmes et propositions sont présentés pour illustrer les propriétés et les applications des nombres complexes.

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V Nombres complexes

26 août 2025

Table des matières 8.3. Similitudes et isométries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

1. L’inégalité triangulaire 1

2. Propriétés supplémentaires de l’exponentielle complexe et des


arguments 1

3. Groupe U des nombres complexes de module 1 2

4. Équations du second degré 3


4.1. Calcul des racines carrées d’un complexe sous forme algé-
brique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
4.2. Résolution des équations du second degré . . . . . . . . . 3

5. Racines énièmes. 4

6. Techniques de calcul 6
6.1. Formules trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
6.2. Technique de l’angle moitié . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
6.3. Factorisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
6.4. Linéarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

7. L’exponentielle complexe 7

8. Nombres complexes et géométrie plane 7


8.1. Colinéarité et orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
a. Interprétation géométrique du rapport . . . . . . . 7
8.2. Transformations usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
V - NOMBRES COMPLEXES

1. L’inégalité triangulaire z zz ′
Dans le cas où z ′ ̸= 0, on remarque que = , donc l’égalité est vérifiée si et
z ′
|z ′ |2
z
Commençons par démontrer l’inégalité triangulaire, déjà évoquée en seulement si ∈ R+ si et seulement si il existe λ ∈ R+ tel que z = λz ′ .
z′
début d’année : En inversant les rôles de z et z ′ dans le cas où z ′ = 0 on obtient le résultat voulu.

Remarque 1.0.2.
• Géométriquement, il y a égalité dans l’inégalité triangulaire lorsque les
Théorème 1.0.1 (Inégalité triangulaire).
images de z et z ′ sont sur une même demi-droite d’origine O.
Soit z, z ′ ∈ C, on a
• Le bloc « il existe (λ, λ′ ) ∈ (R+ )2 tel que (λ, λ′ ) ̸= (0, 0) » s’écrit aussi
|z| − |z ′ | ⩽ |z ± z ′ | ⩽ |z| + |z ′ |.
  « ∃(λ, λ′ ) ∈ (R+ )2 \ {(0, 0)} » et se lit « il existe deux complexes λ et λ′
non tous nuls ».
De plus, |z + z ′ | = |z| + |z ′ | si et seulement s’il existe (λ, λ′ ) ∈ (R+ )2 tel
que (λ, λ′ ) ̸= (0, 0) et λz = λ′ z ′ . 2. Propriétés supplémentaires de l’exponentielle
complexe et des arguments
Démonstration.
On montre l’encadrement pour |z + z ′ |. Pour |z − z ′ | il suffit de remplacer z ′ par −z ′ .
2 2
Pour montrer |z + z ′ | ⩽ |z| + |z ′ |, il suffit de montrer |z + z ′ | ⩽ (|z| + |z ′ |) . Posons Théorème 2.0.1 (Formules d’Euler).
′ 2 ′ 2
d = (|z| + |z |) − |z + z | et calculons d. On obtient successivement
Soit θ ∈ R, alors
2
d = |z|2 + z ′ + 2|z| z ′ − z + z ′
 
z + z′
e iθ + e −iθ
= 2|z| z ′ − zz ′ − z ′ z cos θ = ,
  2
zz ′ + z ′ z
= 2 |z| z ′ − e iθ − e −iθ
2 sin θ = .
! 2i
zz ′ + zz ′
= 2 |z| z′ −
2

= 2 zz ′ − Re zz ′
 Démonstration.
Direct.
⩾0

On a donc |z + z ′ | ⩽ |z| + |z ′ |. Proposition 2.0.2.


Pour la seconde inégalité : |z| = |(z + z ′ ) + (−z ′ )| ⩽ |z + z ′ | + | − z ′ |, d’où |z| − |z ′ | ⩽
|z + z ′ |. On permute les rôles de z et z ′ et on a |z ′ | − |z| ⩽ |z + z ′ |, ce qui permet de
Soit θ ∈ R :
conclure, car 1. e iθ × e −iθ = e i0 = 1 ;
|z| − |z ′ | = max |z| − |z ′ |; |z ′ | − |z| .
  
2. e iθ ̸= 0 ;
Montrons maintenant le cas d’égalité. Dans le cas où z = z ′ = 0, le résultat est
1
immédiat. 3. iθ = e −iθ = e iθ .
Sinon, d’après la démonstration
 de l’inégalité triangulaire, l’égalité est vérifiée si et e
seulement si zz ′ = Re zz ′ , i.e. si et seulement si zz ′ est un réel positif.

1
V - NOMBRES COMPLEXES

Démonstration. 3. Groupe U des nombres complexes de module 1


Direct.

Définition 3.0.1.
On note U l’ensemble des nombres complexes de module 1 : U = {z ∈
Proposition 2.0.3 (Formule de De Moivre). C | |z| = 1}.
Soit θ ∈ R et n ∈ N. On a
 n
e inθ = e iθ , Remarque 3.0.2.
cos(nθ) + i sin(nθ) = (cos θ + i sin θ) . n U est l’ensemble des affixes des points du cercle trigonométrique

Proposition 3.0.3.
Démonstration. Soit z, z ′ ∈ U. Alors :
Se démontre par une récurrence immédiate sur n.
1. 1 ∈ U ;
2. zz ′ ∈ U ;
1
Proposition 2.0.4. 3. ∈ U.
z
Soient z, z ′ ∈ C∗ . On a :

arg z = − arg z[2π]


Remarque 3.0.4.
arg zz ′ = arg z + arg z ′ [2π] Grâce aux propriétés précédentes, on dit que U est un groupe.
et arg(1/z) = − arg z[2π].
Le groupe U, qui est l’ensemble des affixes des points du cercle trigo-
nométrique, est intimement lié à l’exponentielle complexe, comme nous
l’avons déjà vu :
Démonstration.
Utiliser l’écriture trigonométrique.

Remarque 2.0.5. Théorème 3.0.5 (Paramétrisation de U).


L’écriture a = b [2π] signifie que a et b sont égaux à un multiple de 2π L’application
près, i.e. ∃k ∈ Z, a = b + 2kπ. R → C
θ 7→ e iθ
Les manipulations d’arguments doivent toujours s’effectuer en indiquant
à quel angle près cela s’entend ([π], [2π] le plus souvent). est un paramétrage de U, autrement dit, pour tout nombre complexe z on
a
Exercice 2.0.6.
a b z ∈ U ⇔ ∃θ ∈ R z = e iθ (1)
Si a = b [2π], a-t-on = [2π] ? A-t-on 2a = 2b [2π] ?
2 2

2
V - NOMBRES COMPLEXES

De plus, pour tout complexe z ∈ U donné, le paramètre correspondant


est unique à 2π près, autrement dit, on a
On en déduit successivement :
′ 2 iθ iθ′ ′
∀(θ, θ ) ∈ R e =e ⇔ θ = θ [2π] (2)
a2 − b2 + i2ab = x + iy

(E) ⇐⇒ q
 a2 + b 2 = x2 + y 2
Remarque 3.0.6.  2 2
Ce résultat a une interprétation géométrique intuitive. a − b = x


(E) ⇐⇒ 2ab = y
Démonstration.  q
 2
a + b 2 = x2 + y 2

Soit z ∈ C. Montrons l’équivalence (1). L’implication de droite à gauche est évidente :
s’il existe θ tel que z s’écrive cos θ + i sin θ, alors |z|2 = sin2 θ + cos2 θ = 1, donc z ∈ U.  p
Réciproquement, soit z ∈ U, alors (Re z)2 + (Im z)2 = 1 donc il existe θ ∈ R vérifiant  2 x + x2 + y 2
a =


Re z = cos θ et Im z = sin θ. 

 2
Pour l’équivalence (2), il suffit de remarquer que pour tout couple (θ, θ′ ) de réels,
 p
′ (E) ⇐⇒ −x + x2 + y 2
l’égalité e iθ = e iθ implique l’égalité des cosinus ainsi que des sinus de θ et θ′ , donc  b2 =
2


l’égalité de θ et θ à 2π près. L’autre sens est immédiat par 2π-périodicité des fonctions




sinus et cosinus. 2ab = y

4. Équations du second degré


Exercice 4.1.1.
4.1. Calcul des racines carrées d’un complexe sous forme Trouver les racines carrées de z = 3 − 4i.
algébrique
4.2. Résolution des équations du second degré
Soit z et t deux complexes. On veut résoudre explicitement l’équation
2
t = z, d’inconnue z, que nous noterons (E), en n’utilisant que des
complexes écrits sous forme algébrique. Proposition 4.2.1.
On peut écrire z sous la forme x + iy avec (x, y) ∈ R2 et t sous la forme Soit A un polynôme en z à coefficients complexes, admettant un complexe
a + ib, où (a, b) ∈ R2 . λ comme racine. Alors il existe un polynôme B en z à coefficients complexes
Pour résoudre (E), il y a une astuce très utile. tel que A(z) = (z − λ)B(z).

Astuce. Remarque 4.2.2.


Soit t et z deux complexes. Alors Nous admettons pour l’instant ce résultat, il sera démontré dans le chapitre
t2 = z sur les polynômes.
(
2
t = z ⇐⇒
|t|2 = |z| Exercice 4.2.3.
Soit A(z) = z 3 − iz 2 − (3 + i)z + 2 + 2i.

3
V - NOMBRES COMPLEXES

1. Trouver un polynôme B tel que A(z) = (z − 1)B(z). • Si a, b, c ∈ R, alors le discriminant est réel. S’il est strictement positif,
2. Trouver un polynôme C tel que A(z) = (z − 1)(z − 1 − i)C(z). il y a deux racines réelles distinctes ; s’il est nul, il y a une racine réelle
double ; s’il est strictement négatif, il y a deux racines complexes non
réelles conjuguées.
Théorème 4.2.4. • Avec α, β ∈ C, on a la relation suivante :
̸ 0. Les solutions de l’équation az 2 + bz + c = 0
Soient a, b, c ∈ C avec a =
−b ± δ
d’inconnue z ∈ C sont , où δ est l’une quelconque des deux racines (X − α)(X − β) = X 2 − (α + β)X + αβ.
2a
carrées du discriminant ∆ = b2 − 4ac.
b c • On peut donc connaître la somme et le produit des deux racines sans
La somme de ces solutions vaut − et leur produit .
a a connaître les racines. Réciproquement, si l’on connaît la somme et le
produit de deux nombres complexes, alors on connaît une équation poly-
Démonstration. nomiale du second degré dont ils sont exactement les racines.
Pour tout z ∈ C, on a
Exercice 4.2.6.
b c
 
2 2
az + bz + c = a z + z + Trouver a et b tels que ab = 2 et a + b = i.
a a
 
b 2 b2 c

=a z+ − 2 +
2a 4a a
  5. Racines énièmes.
b2 − 4ac
2
b
=a z+ −
2a 4a2
Définition 5.0.1.
 2 2 
b δ

=a z+ −
2a 2a Soient z ∈ C et n ∈ N∗ . On appelle racine ne de z tout complexe t tel
h
b δ b δ
ih i que tn = z.
=a z+ − z+ +
2a 2a 2a 2a Les racines de 1 sont appelées racines nes de l’unité.
−b − δ −b + δ
  
=a z− z− L’ensemble des racines nes de l’unité est noté Un .
2a 2a
On calcule finalement :
−b − δ −b + δ b Remarque 5.0.2.
+ =− , √
2a 2a a La notation n . est interdite sur les complexes quelconques. En effet, elle
−b − δ −b + δ b2 − δ 2 c désigne l’application réciproque de la fonction x 7→ xn qui n’est bijective
× = = .
2a 2a 4a2 a que considérée comme application de R+ dans R+ si n est pair et de R
dans R si n est impair.
Remarque 4.2.5.
• N’importe quelle racine carrée du discriminant convient, puisqu’elles
sont égales au signe près. Théorème 5.0.3. 1. La seule racine ne de zéro est zéro.
• Si le discriminant est nul, il n’y a qu’une racine, qui est alors dite double.

4
V - NOMBRES COMPLEXES

i e 2iπ/5iπ/3
2. Soit z ∈ C non nul, donné sous une forme trigonométrique z = re iθ , j e
avec r > 0. Alors z possède exactement n racines nes, qui sont les
nombres complexes e 4iπ/5
√ iθ 2ikπ
n
r × e(n+ n )
pour k décrivant l’ensemble J0, n − 1K (ou J1, nK).
1
3. En particulier
−1 0
2ikπ
n o
Un = e n k ∈ [[0, n − 1]] .

e −4iπ/5
Démonstration. 1. Soit t ∈ C. Alors t ̸= 0 ⇒ tn =
̸ 0 donc tn = 0 ⇒ t = 0. On
n
vérifie enfin que t = 0 ⇒ t = 0, pour n > 0. j2 e −iπ/3
−i e −2iπ/5
2. Soit (z, t) ∈ C2 , z ̸= 0.
— 1er cas : z = 1 : on note ρ = |t| et φ ∈ R un argument de t. On a : tn = 1 si
et seulement si ρn .e inφ = 1.e i0 si et seulement si ρn = 1 et nφ = 0[2π] si et
seulement si ρ = 1 et φ =
2kπ
.
Figure 1 – Racines nes de l’unité pour 1 ⩽ n ⩽ 6.
n
— 2nd cas : z est quelconque non nul donc s’écrit sous la forme re iθ où r > 0.

On pose α = n r × e iθ/n , donc αn = z. Alors, si t = ρ.e iφ , tn = z si et
t n Les racines sixièmes de l’unité sont 1, e iπ/3 , j, −1, j 2 et e −iπ/3 : ce
seulement si = 1 et on utilise le premier cas.
α sont les sommets d’un hexagone régulier inscrit dans le cercle unité.
Tout cela est représenté dans la figure 5.
Remarque 5.0.4 (Interprétation géométrique).
Soit n ⩾ 3. Posons zk = 2ikπ n et notons Ak le point d’affixe zk pour
k ∈ [[0, n − 1]]. Alors A0 A1 . . . An est un polygone régulier à n côtés, inscrit
dans le cercle unité. Proposition 5.0.5.
Les racines deuxièmes de 1 sont −1 et 1 (racines carrées de 1). Soit n ∈ N, n ⩾ 2. Pour tout z ∈ C on a les égalités suivantes :
En posant j = e 2iπ/3 , les racines troisièmes de l’unité sont 1, j et j 2 (et
n−1
on a j 2 = j). Ce sont les sommets d’un triangle équilatéral inscrits dans Y Y 2ikπ
(z − ω) = (z − e n ) = zn − 1
le cercle unité.
ω∈Un k=0
Les racines quatrièmes de l’unité sont 1, i, −1 et −i : ce sont les n−1 n−1
Y 2ikπ

sommets d’un carré inscrit dans le cercle unité.
Y X
(z − ω) = z−e n = zk .
Les racines cinquièmes de l’unité sont 1, e 2iπ/5 , e 4iπ/5 , e −4iπ/5 et e −2iπ/5 ω∈Un \{1} k=1 k=0
: ce sont les sommets d’un pentagone régulier inscrit dans le cercle unité.

5
V - NOMBRES COMPLEXES

Par exemple : développer e i(a+b) de deux manières différentes, identifier


La somme des racines ne de l’unité est nulle, i.e. : les expressions obtenues et retrouver les formules donnant sin(a + b) et
n−1 cos(a + b).
X X 2ikπ
ω= e n = 0.
ω∈Un k=0 6.2. Technique de l’angle moitié
En particulier 1 + j + j = 1 + j + j 2 = 0. Déjà vu. Elles permet aussi de retrouver les formules de factorisation
du type cos(a) + cos(b).
Démonstration.
Pour démontrer ce résultat, on utilisera une version généralisée de la proposition 4.2.1 : 6.3. Factorisation
pour tout entier n et tout polynôme P un polynôme de degré n admettant n racines
distinctes z1 , . . ., zn , de coefficient dominant α, on a Utilise la technique de l’angle moitié, souvent après avoir identifié la
∀z ∈ C P (z) = α(z − z1 ) . . . (z − zn ). somme en question comme la partie réelle ou imaginaire d’un type de
somme bien connue. On utilise très souvent les formules suivantes.
On rappelle aussi la formule de sommation géométrique : pour tout z ∈ C et n ∈ N∗ ,
Sommation géométrique : Pour tout z ∈ C et n ∈ N,
z n − 1 = (z − 1)(1 + z + · · · + z n−1 ).

La première égalité est une application directe du résultat admis, en posant P : z →
7 n
X  n+1 si z = 1,
z n − 1 ; P est alors un polynôme de degré n et de coefficient dominant 1. zk = z n+1 − 1
La seconde est une application directe du même résultat en considérant P : z → 7 k=0
 si z ̸= 1.
n−1
X
z−1
2iπ
z k . De plus n ̸= 1 donc e n ̸= 1 donc
k=0
Binôme de Newton : Pour tout (a, b) ∈ C2 et n ∈ N,
 n
2iπ n
!
n−1
2ikπ
n−1 
2iπ
k 1− e n
n
X n k n−k
(a + b) = a b .
X X
e n = e n = = 0.
1−e
2iπ
n
k=0
k
k=0 k=0

n
On peut calculer les coefficients binomiaux k avec le triangle de
Pascal.
6. Techniques de calcul Exemple 6.3.1.
6.1. Formules trigonométriques

n
X  sin(2(n+1)x) cos(2nx) / π2 Z
si x ∈
sin(2x)
cos(4kx) =
Nous avons utilisé les formules de trigonométrie (cf. formulaire de n + 1 si x ∈ π2 Z
k=0
trigonométrie) dans la démonstration de la forme algébrique du produit
de deux nombres complexes.
6.4. Linéarisation
Néanmoins, les propriétés de l’exponentielle « de iθ » permettent de
retrouver ces formules, dans le cas inenvisageable où vous les auriez Méthode pour supprimer les produits et puissances dans une expression
oubliées. en cosinus et sinus :

6
V - NOMBRES COMPLEXES

1- Utiliser la formule d’Euler et développer par la formule du binôme. Démonstration. 1. Immédiat.


2- Regrouper les puissances pour réutiliser les formules d’Euler, mais dans 2. Séparer parties réelle et imaginaire.
l’autre sens. 3. L’exponentielle ne s’annule pas sur R, et e iθ non plus (déjà vu).
Exemple 6.4.1. 4. e z = t si et seulement si e Re z = |t| et Im z = arg t[2π].
′ ′
5. e z = e z ssi e z−z = 1, et on utilise le point précédent.
1 3
cos3 x = cos(3x) + cos x
4 4
1 1 Remarque 7.0.5.
sin3 (x) cos2 (x) = − sin(5x) + sin(x) L’exponentielle n’est ni surjective, ni injective, et il n’existe pas de « loga-
16 8
1 rithme complexe ».
+ sin(3x)
16

7. L’exponentielle complexe 8. Nombres complexes et géométrie plane


Dans toute cette partie, on considère un plan, muni d’un repère ortho-
Définition 7.0.1. normé (O, →
−ı , →
−ȷ ).
Soit z ∈ C, donné sous forme algébrique z = x + iy. On appelle exponen-
tielle de z notée e z le nombre complexe e z = e x e iy .
8.1. Colinéarité et orthogonalité
Remarque 7.0.2. a. Interprétation géométrique du rapport
e z n’est toujours pas une puissance : ce n’est qu’une notation.
Exemple 7.0.3. Théorème 8.1.1.
e 2+iπ/2 = ie 2 . Soit z et z ′ deux complexes non nuls. On note →

u et →

u ′ les vecteurs

d’affixes respectives z et z . Alors
Théorème 7.0.4. 1. L’exponentielle complexe est 2iπ-périodique.

2. Pour tout z, z ′ ∈ C, e z+z = e z e z

: on dit que l’exponentielle z′ ∥→−
u ′∥
= → −
transforme les sommes en produits. z ∥u∥
 ′
z
3. L’exponentielle complexe ne s’annule pas. arg = (→
−u,→−
u ′) [2π]
z
4. Pour tout z ∈ C et t ∈ C∗ , on a

e z = t ⇐⇒ ∃k ∈ Z, z = ln |t| + i arg t + 2ikπ.


Démonstration.

5. Pour tout z, z ′ ∈ C, e z = e z ssi (z − z ′ ) ∈ 2iπZ. Le premier point est immédiat, le second découle de l’interprétation géométrique


de l’argument. En notant i le vecteur d’affixe 1, et en posant θ = arg z, on a

7
V - NOMBRES COMPLEXES


→ → −
→ →′
z = |z|(cos θ + i sin θ), donc ( i , −
u ) = arg z [2π]. De même ( i , −
u ) = arg z ′ [2π]. D’où

→ →′ −
→ →
(−

u,−

u ′) = ( i , −
u ) − ( i ,−
u) [2π] M ′ = τ−
u (M )


= arg z − arg z [2π]
A
 ′
z
= arg [2π]
z

−→ →
OA = −
u
Corollaire 8.1.2.
Soit A, B et M trois points deux à deux distincts d’affixes respectives a, M
b et z. Alors
z−a
(i) A, B et M sont alignés si et seulement si ∈ R; O(0)
z−b
z−a
(ii) (AM )⊥(BM ) si et seulement si ∈ iR∗ .
z−b

Exemple 8.1.3. →
i, 1 et 2 − i sont alignés, et 1 + i, 2 et −2i forment un angle droit en 2. Figure 2 – Translation de vecteur u , OM M ′ A est un parallélogramme.

Exercice 8.1.4.
Soit A(a), B(b) et C(c) trois points du plan.
Définition 8.2.1 (Translation).
On rappelle que le centre de gravité du triangle ABC est le point
1 Soit →
−u un vecteur
d’affixe (a + b + c).
3 La translation de vecteur →

u est l’application qui envoie un point M sur
−− −→
Montrer que ce centre de gravité est le point d’intersection des médianes le point M vérifiant M M = →
′ ′ −
u (voir figure 8.2). On la note souvent τ−
u.

de ABC.
Exercice 8.1.5. Remarque 8.2.2.
Soit A(a), B(b) et C(c) trois points du plan. On suppose que le cercle La translation de vecteur nul est l’identité. Si →

u n’est pas nul, la translation
circonscrit au triangle ABC a pour centre O(0). →

de vecteur u n’a pas de point fixe.
Montrer que l’orthocentre de ABC a pour affixe a + b + c.

Définition 8.2.3 (Rotation).


8.2. Transformations usuelles
Soit Ω un point du plan, θ ∈ R .

8
V - NOMBRES COMPLEXES

hΩ,λ (M ), λ > 1

ρΩ,θ (M ) M = hΩ,1 (M )

hΩ,λ (M ), 0 < λ < 1

θ Ω
Ω M
hΩ,λ (M ), −1 < λ < 0

sym. central : hΩ,−1 (M )

O(0)
O(0) hΩ,λ (M ), λ < −1

Figure 3 – Rotation de centre Ω, d’angle θ.


Figure 4 – Quelques homothéties de centre Ω.

La rotation de centre Ω et d’angle θ est l’application qui :


— fixe Ω ; Définition 8.2.5 (Homothétie).
— envoie tout point M différent de Ω sur le point M ′ vérifiant ΩM = Soit Ω un point du plan, λ ∈ R∗ .
−−→ −−→ L’homothétie de centre Ω et de rapport λ est l’application qui envoie
ΩM ′ et (ΩM , ΩM ′ ) = θ[2π]. −−→ −−→
On la note souvent ρΩ,θ (voir figure 8.2). tout point M sur le point M ′ vérifiant ΩM ′ = λΩM (voir figure 8.2). On
la note souvent hΩ,λ .

Remarque 8.2.4.
Si θ est un multiple de 2π, toute rotation d’angle θ est l’identité. Remarque 8.2.6.
Sinon, une rotation d’angle θ n’a qu’un point fixe : son centre. Si λ = 1, toute homothétie de rapport λ est l’identité.
Enfin, si θ = π [2π], la rotation d’angle θ et de centre Ω est la symétrie Sinon, une homothétie de rapport λ n’a qu’un point fixe : son centre.
(centrale) par rapport à Ω. Si λ = 0, l’homothétie de rapport λ et de centre Ω envoie tout point
sur Ω. Enfin, l’homothétie de rapport −1 et de centre Ω est la symétrie

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V - NOMBRES COMPLEXES

(centrale) par rapport à Ω. 2π


3. La rotation de centre (1+i) et d’angle s’écrit z 7→ j(z−1−i)+1+i.
3
Exercice 8.2.9.
Théorème 8.2.7. Soit quatre points du plan A(a), B(b), C(c) et D(d).
Soit M un point d’affixe z, et Ω un point d’affixe ω.
1. On suppose que ABCD est un carré et que a et b ont des parties
1. Soit →−
u un vecteur d’affixe u. L’image de M par la translation de imaginaires et réelles entières. Montrer qu’il en est de même pour c
vecteur →

u a pour affixe le nombre complexe z + u ; et d.
2. Soit λ ∈ R. L’image de M par l’homothétie de centre Ω et de rapport 2. On suppose que ABC est un triangle équilatétal et que a et b ont
λ a pour affixe le nombre complexe ω + λ(z − ω) ; des parties imaginaires et réelles entières. Peut-il en être de même
3. Soit θ ∈ R. L’image de M par la rotation de centre Ω et d’angle pour c ?
de mesure θ a pour affixe le nombre complexe ω + e iθ (z − ω). En
particulier, iz est l’affixe de l’image de M par la rotation de centre 8.3. Similitudes et isométries
O et d’angle de mesure π2 ;
4. L’image de M par la symétrie centrale de centre O a pour affixe le Définition 8.3.1.
nombre complexe −z ; Soit λ > 0. On appelle similitude (plane) de rapport λ toute application
5. L’image de M par la symétrie par rapport à l’axe des abscisses (Ox) f du plan dans lui-même telle que pour tous points M , N on ait :
a pour affixe le nombre complexe z ;
f (M )f (N ) = λM N.
6. L’image de M par la symétrie par rapport à l’axe des ordonnées (Oy)
a pour affixe le nombre complexe −z. On appelle isométrie (plane) toute application f du plan dans lui-même
telle que pour tous points M , N on ait :
−−−→ −−→ →
Démonstration. 1. L’image M ′ de M est telle que OM ′ = OM + − u . On traduit
cela en termes d’affixes. f (M )f (N ) = M N.
−−→ −−→
2. ΩM ′ = λΩM , donc z ′ − ω = λ(z − ω).
−−→ −−→
3. ΩM ′ = ΩM et (ΩM ′ , ΩM ) = θ[2π], donc |z − ω| = |z ′ − ω| et arg(z ′ − ω) −
arg(z − ω) = θ[2π], d’où z ′ − ω = e iθ (z − ω). Remarque 8.3.2. 1. Comme le nom l’indique (racines grecques), les
4. C’est une homothétie de centre O et de rapport −1. isométries préservent les distances.
5. Déjà vu. 2. Les isométries sont les similitudes de rapport 1.
6. On compose. 3. La composée de deux isométries est une isométrie.
4. La composée de deux similitudes est une similitude de rapport le
Exemple 8.2.8. 1. L’homothétie de centre (2−i) et de rapport 3 s’écrit : produit des rapports de celles-ci.
z 7→ 3(z − 2 + i) + 2 − i = 3z − 4 + 2i.
π 5. Il est clair que toute similitude est injective. On pourrait montrer
2. La rotation de centre 0 et d’angle s’écrit z 7→ iz. que toute similitude est en fait bijective.
2

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V - NOMBRES COMPLEXES

Exemple 8.3.3.
Les translations, les rotations, les symétries et les homothéties sont des de centre ω. De plus cette homothétie et cette rotation commutent.
similitudes. On dit que f est la similitude directe de centre ω, de rapport |a| et
d’angle θ.

Théorème 8.3.4. 1. Les applications de C dans C de la forme z 7→


az + b, où (a, b) ∈ C2 avec a =
̸ 0, sont des similitudes de rapport |a|. Démonstration. 1. Direct.
b
2. De plus, une telle application préserve les angles orientés : on dit 2. Supposons donc que a ̸= 1. L’équation f (z) = z n’a qu’une solution : ω = .
1−a
que c’est une similitude directe. On a alors :

f (z) − ω = f (z) − f (ω)


Démonstration. 1. Soit f une application de la forme z 7→ az + b, où (a, b) ∈ C 2 = (az + b) − (aω + b)
avec a non nul. = a(z − ω)
Alors, soit (z, z ′ ) ∈ C2 . On a |f (z ′ ) − f (z)| = |a||z ′ − z|. Donc f est une similitude = |a| × e i arg a (z − ω)

de rapport |a|. | {z }
rotation de centre ω et d’angle de mesure arg a
2. Soient a, b ∈ C tels que a ̸= 0 et soit f la similitude z 7→ az + b. Soient en outre | {z }
u, v et w trois points distincts. Leurs images respectives par f sont notées u′ , v ′ homothétie de centre ω et de rapport |a| > 0

et w′ . Alors = e i arg a × (|a|(z − ω))


| {z }
′ ′
u −w (au + b) − (aw + b) a(u − w) u−w homothétie de centre ω et de rapport |a| > 0
= = =
u′ − v ′
| {z }
(au + b) − (av + b) a(u − v) u−v rotation de centre ω et d’angle de mesure arg a

d’où égalité des arguments de ces expressions, et l’égalité des angles recherchée.

Exemple 8.3.8.
Remarque 8.3.5. L’application f z 7→ (1 + i)z + 2 est la similitude directe de centre 2i, de
On pourrait montrer que réciproquement toutes les similitudes planes √ π
rapport 2 et d’angle de mesure .
directes sont de cette forme. 4
Exemple 8.3.6.
Translations, rotations et homothéties vs. symétries axiales.

Théorème 8.3.7 (Caractérisation géométrique).


Soit a, b ∈ C tel que a ̸= 0 et f : C → C, z 7→ az + b.
1. Si a = 1, f est la translation de vecteur b.
b
̸ 1, notons θ = arg(a) et ω =
2. Si a = . Alors f est la composée de
1−a
l’homothétie de rapport |a| et de la rotation d’angle θ, toutes deux

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