Introduction aux Nombres Complexes
Introduction aux Nombres Complexes
26 août 2025
1. L’inégalité triangulaire 1
5. Racines énièmes. 4
6. Techniques de calcul 6
6.1. Formules trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
6.2. Technique de l’angle moitié . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
6.3. Factorisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
6.4. Linéarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
7. L’exponentielle complexe 7
1. L’inégalité triangulaire z zz ′
Dans le cas où z ′ ̸= 0, on remarque que = , donc l’égalité est vérifiée si et
z ′
|z ′ |2
z
Commençons par démontrer l’inégalité triangulaire, déjà évoquée en seulement si ∈ R+ si et seulement si il existe λ ∈ R+ tel que z = λz ′ .
z′
début d’année : En inversant les rôles de z et z ′ dans le cas où z ′ = 0 on obtient le résultat voulu.
Remarque 1.0.2.
• Géométriquement, il y a égalité dans l’inégalité triangulaire lorsque les
Théorème 1.0.1 (Inégalité triangulaire).
images de z et z ′ sont sur une même demi-droite d’origine O.
Soit z, z ′ ∈ C, on a
• Le bloc « il existe (λ, λ′ ) ∈ (R+ )2 tel que (λ, λ′ ) ̸= (0, 0) » s’écrit aussi
|z| − |z ′ | ⩽ |z ± z ′ | ⩽ |z| + |z ′ |.
« ∃(λ, λ′ ) ∈ (R+ )2 \ {(0, 0)} » et se lit « il existe deux complexes λ et λ′
non tous nuls ».
De plus, |z + z ′ | = |z| + |z ′ | si et seulement s’il existe (λ, λ′ ) ∈ (R+ )2 tel
que (λ, λ′ ) ̸= (0, 0) et λz = λ′ z ′ . 2. Propriétés supplémentaires de l’exponentielle
complexe et des arguments
Démonstration.
On montre l’encadrement pour |z + z ′ |. Pour |z − z ′ | il suffit de remplacer z ′ par −z ′ .
2 2
Pour montrer |z + z ′ | ⩽ |z| + |z ′ |, il suffit de montrer |z + z ′ | ⩽ (|z| + |z ′ |) . Posons Théorème 2.0.1 (Formules d’Euler).
′ 2 ′ 2
d = (|z| + |z |) − |z + z | et calculons d. On obtient successivement
Soit θ ∈ R, alors
2
d = |z|2 + z ′ + 2|z| z ′ − z + z ′
z + z′
e iθ + e −iθ
= 2|z| z ′ − zz ′ − z ′ z cos θ = ,
2
zz ′ + z ′ z
= 2 |z| z ′ − e iθ − e −iθ
2 sin θ = .
! 2i
zz ′ + zz ′
= 2 |z| z′ −
2
= 2 zz ′ − Re zz ′
Démonstration.
Direct.
⩾0
1
V - NOMBRES COMPLEXES
Définition 3.0.1.
On note U l’ensemble des nombres complexes de module 1 : U = {z ∈
Proposition 2.0.3 (Formule de De Moivre). C | |z| = 1}.
Soit θ ∈ R et n ∈ N. On a
n
e inθ = e iθ , Remarque 3.0.2.
cos(nθ) + i sin(nθ) = (cos θ + i sin θ) . n U est l’ensemble des affixes des points du cercle trigonométrique
Proposition 3.0.3.
Démonstration. Soit z, z ′ ∈ U. Alors :
Se démontre par une récurrence immédiate sur n.
1. 1 ∈ U ;
2. zz ′ ∈ U ;
1
Proposition 2.0.4. 3. ∈ U.
z
Soient z, z ′ ∈ C∗ . On a :
2
V - NOMBRES COMPLEXES
(E) ⇐⇒ q
a2 + b 2 = x2 + y 2
Remarque 3.0.6. 2 2
Ce résultat a une interprétation géométrique intuitive. a − b = x
(E) ⇐⇒ 2ab = y
Démonstration. q
2
a + b 2 = x2 + y 2
Soit z ∈ C. Montrons l’équivalence (1). L’implication de droite à gauche est évidente :
s’il existe θ tel que z s’écrive cos θ + i sin θ, alors |z|2 = sin2 θ + cos2 θ = 1, donc z ∈ U. p
Réciproquement, soit z ∈ U, alors (Re z)2 + (Im z)2 = 1 donc il existe θ ∈ R vérifiant 2 x + x2 + y 2
a =
Re z = cos θ et Im z = sin θ.
2
Pour l’équivalence (2), il suffit de remarquer que pour tout couple (θ, θ′ ) de réels,
p
′ (E) ⇐⇒ −x + x2 + y 2
l’égalité e iθ = e iθ implique l’égalité des cosinus ainsi que des sinus de θ et θ′ , donc b2 =
2
′
l’égalité de θ et θ à 2π près. L’autre sens est immédiat par 2π-périodicité des fonctions
sinus et cosinus. 2ab = y
3
V - NOMBRES COMPLEXES
1. Trouver un polynôme B tel que A(z) = (z − 1)B(z). • Si a, b, c ∈ R, alors le discriminant est réel. S’il est strictement positif,
2. Trouver un polynôme C tel que A(z) = (z − 1)(z − 1 − i)C(z). il y a deux racines réelles distinctes ; s’il est nul, il y a une racine réelle
double ; s’il est strictement négatif, il y a deux racines complexes non
réelles conjuguées.
Théorème 4.2.4. • Avec α, β ∈ C, on a la relation suivante :
̸ 0. Les solutions de l’équation az 2 + bz + c = 0
Soient a, b, c ∈ C avec a =
−b ± δ
d’inconnue z ∈ C sont , où δ est l’une quelconque des deux racines (X − α)(X − β) = X 2 − (α + β)X + αβ.
2a
carrées du discriminant ∆ = b2 − 4ac.
b c • On peut donc connaître la somme et le produit des deux racines sans
La somme de ces solutions vaut − et leur produit .
a a connaître les racines. Réciproquement, si l’on connaît la somme et le
produit de deux nombres complexes, alors on connaît une équation poly-
Démonstration. nomiale du second degré dont ils sont exactement les racines.
Pour tout z ∈ C, on a
Exercice 4.2.6.
b c
2 2
az + bz + c = a z + z + Trouver a et b tels que ab = 2 et a + b = i.
a a
b 2 b2 c
=a z+ − 2 +
2a 4a a
5. Racines énièmes.
b2 − 4ac
2
b
=a z+ −
2a 4a2
Définition 5.0.1.
2 2
b δ
=a z+ −
2a 2a Soient z ∈ C et n ∈ N∗ . On appelle racine ne de z tout complexe t tel
h
b δ b δ
ih i que tn = z.
=a z+ − z+ +
2a 2a 2a 2a Les racines de 1 sont appelées racines nes de l’unité.
−b − δ −b + δ
=a z− z− L’ensemble des racines nes de l’unité est noté Un .
2a 2a
On calcule finalement :
−b − δ −b + δ b Remarque 5.0.2.
+ =− , √
2a 2a a La notation n . est interdite sur les complexes quelconques. En effet, elle
−b − δ −b + δ b2 − δ 2 c désigne l’application réciproque de la fonction x 7→ xn qui n’est bijective
× = = .
2a 2a 4a2 a que considérée comme application de R+ dans R+ si n est pair et de R
dans R si n est impair.
Remarque 4.2.5.
• N’importe quelle racine carrée du discriminant convient, puisqu’elles
sont égales au signe près. Théorème 5.0.3. 1. La seule racine ne de zéro est zéro.
• Si le discriminant est nul, il n’y a qu’une racine, qui est alors dite double.
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i e 2iπ/5iπ/3
2. Soit z ∈ C non nul, donné sous une forme trigonométrique z = re iθ , j e
avec r > 0. Alors z possède exactement n racines nes, qui sont les
nombres complexes e 4iπ/5
√ iθ 2ikπ
n
r × e(n+ n )
pour k décrivant l’ensemble J0, n − 1K (ou J1, nK).
1
3. En particulier
−1 0
2ikπ
n o
Un = e n k ∈ [[0, n − 1]] .
e −4iπ/5
Démonstration. 1. Soit t ∈ C. Alors t ̸= 0 ⇒ tn =
̸ 0 donc tn = 0 ⇒ t = 0. On
n
vérifie enfin que t = 0 ⇒ t = 0, pour n > 0. j2 e −iπ/3
−i e −2iπ/5
2. Soit (z, t) ∈ C2 , z ̸= 0.
— 1er cas : z = 1 : on note ρ = |t| et φ ∈ R un argument de t. On a : tn = 1 si
et seulement si ρn .e inφ = 1.e i0 si et seulement si ρn = 1 et nφ = 0[2π] si et
seulement si ρ = 1 et φ =
2kπ
.
Figure 1 – Racines nes de l’unité pour 1 ⩽ n ⩽ 6.
n
— 2nd cas : z est quelconque non nul donc s’écrit sous la forme re iθ où r > 0.
√
On pose α = n r × e iθ/n , donc αn = z. Alors, si t = ρ.e iφ , tn = z si et
t n Les racines sixièmes de l’unité sont 1, e iπ/3 , j, −1, j 2 et e −iπ/3 : ce
seulement si = 1 et on utilise le premier cas.
α sont les sommets d’un hexagone régulier inscrit dans le cercle unité.
Tout cela est représenté dans la figure 5.
Remarque 5.0.4 (Interprétation géométrique).
Soit n ⩾ 3. Posons zk = 2ikπ n et notons Ak le point d’affixe zk pour
k ∈ [[0, n − 1]]. Alors A0 A1 . . . An est un polygone régulier à n côtés, inscrit
dans le cercle unité. Proposition 5.0.5.
Les racines deuxièmes de 1 sont −1 et 1 (racines carrées de 1). Soit n ∈ N, n ⩾ 2. Pour tout z ∈ C on a les égalités suivantes :
En posant j = e 2iπ/3 , les racines troisièmes de l’unité sont 1, j et j 2 (et
n−1
on a j 2 = j). Ce sont les sommets d’un triangle équilatéral inscrits dans Y Y 2ikπ
(z − ω) = (z − e n ) = zn − 1
le cercle unité.
ω∈Un k=0
Les racines quatrièmes de l’unité sont 1, i, −1 et −i : ce sont les n−1 n−1
Y 2ikπ
sommets d’un carré inscrit dans le cercle unité.
Y X
(z − ω) = z−e n = zk .
Les racines cinquièmes de l’unité sont 1, e 2iπ/5 , e 4iπ/5 , e −4iπ/5 et e −2iπ/5 ω∈Un \{1} k=1 k=0
: ce sont les sommets d’un pentagone régulier inscrit dans le cercle unité.
5
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n
On peut calculer les coefficients binomiaux k avec le triangle de
Pascal.
6. Techniques de calcul Exemple 6.3.1.
6.1. Formules trigonométriques
n
X sin(2(n+1)x) cos(2nx) / π2 Z
si x ∈
sin(2x)
cos(4kx) =
Nous avons utilisé les formules de trigonométrie (cf. formulaire de n + 1 si x ∈ π2 Z
k=0
trigonométrie) dans la démonstration de la forme algébrique du produit
de deux nombres complexes.
6.4. Linéarisation
Néanmoins, les propriétés de l’exponentielle « de iθ » permettent de
retrouver ces formules, dans le cas inenvisageable où vous les auriez Méthode pour supprimer les produits et puissances dans une expression
oubliées. en cosinus et sinus :
6
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V - NOMBRES COMPLEXES
−
→ → −
→ →′
z = |z|(cos θ + i sin θ), donc ( i , −
u ) = arg z [2π]. De même ( i , −
u ) = arg z ′ [2π]. D’où
−
→ →′ −
→ →
(−
→
u,−
→
u ′) = ( i , −
u ) − ( i ,−
u) [2π] M ′ = τ−
u (M )
→
′
= arg z − arg z [2π]
A
′
z
= arg [2π]
z
−→ →
OA = −
u
Corollaire 8.1.2.
Soit A, B et M trois points deux à deux distincts d’affixes respectives a, M
b et z. Alors
z−a
(i) A, B et M sont alignés si et seulement si ∈ R; O(0)
z−b
z−a
(ii) (AM )⊥(BM ) si et seulement si ∈ iR∗ .
z−b
Exemple 8.1.3. →
i, 1 et 2 − i sont alignés, et 1 + i, 2 et −2i forment un angle droit en 2. Figure 2 – Translation de vecteur u , OM M ′ A est un parallélogramme.
Exercice 8.1.4.
Soit A(a), B(b) et C(c) trois points du plan.
Définition 8.2.1 (Translation).
On rappelle que le centre de gravité du triangle ABC est le point
1 Soit →
−u un vecteur
d’affixe (a + b + c).
3 La translation de vecteur →
−
u est l’application qui envoie un point M sur
−− −→
Montrer que ce centre de gravité est le point d’intersection des médianes le point M vérifiant M M = →
′ ′ −
u (voir figure 8.2). On la note souvent τ−
u.
→
de ABC.
Exercice 8.1.5. Remarque 8.2.2.
Soit A(a), B(b) et C(c) trois points du plan. On suppose que le cercle La translation de vecteur nul est l’identité. Si →
−
u n’est pas nul, la translation
circonscrit au triangle ABC a pour centre O(0). →
−
de vecteur u n’a pas de point fixe.
Montrer que l’orthocentre de ABC a pour affixe a + b + c.
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hΩ,λ (M ), λ > 1
ρΩ,θ (M ) M = hΩ,1 (M )
θ Ω
Ω M
hΩ,λ (M ), −1 < λ < 0
O(0)
O(0) hΩ,λ (M ), λ < −1
Remarque 8.2.4.
Si θ est un multiple de 2π, toute rotation d’angle θ est l’identité. Remarque 8.2.6.
Sinon, une rotation d’angle θ n’a qu’un point fixe : son centre. Si λ = 1, toute homothétie de rapport λ est l’identité.
Enfin, si θ = π [2π], la rotation d’angle θ et de centre Ω est la symétrie Sinon, une homothétie de rapport λ n’a qu’un point fixe : son centre.
(centrale) par rapport à Ω. Si λ = 0, l’homothétie de rapport λ et de centre Ω envoie tout point
sur Ω. Enfin, l’homothétie de rapport −1 et de centre Ω est la symétrie
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V - NOMBRES COMPLEXES
Exemple 8.3.3.
Les translations, les rotations, les symétries et les homothéties sont des de centre ω. De plus cette homothétie et cette rotation commutent.
similitudes. On dit que f est la similitude directe de centre ω, de rapport |a| et
d’angle θ.
d’où égalité des arguments de ces expressions, et l’égalité des angles recherchée.
Exemple 8.3.8.
Remarque 8.3.5. L’application f z 7→ (1 + i)z + 2 est la similitude directe de centre 2i, de
On pourrait montrer que réciproquement toutes les similitudes planes √ π
rapport 2 et d’angle de mesure .
directes sont de cette forme. 4
Exemple 8.3.6.
Translations, rotations et homothéties vs. symétries axiales.
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