Population
et
échantillonnage
La
problématique
étudiée
dans
ce
cours
est
essentielle
car
c'est
dans
la
population
que
l'on
sélectionne
les
sujets
inclus
dans
l'étude,
et
c'est
à
partir
de
cet
échantillon
que
l'on
tire
les
résultats
et
conclusion.
Il
convient
donc
de
les
choisir
correctement.
1.
La
hiérarchie
des
populations
La
première
chose
à
savoir,
c'est
que
le
terme
de
population
désigne
plusieurs
concepts
en
épidémiologie
et
recherche
clinique
et
que
ces
différentes
acceptions
du
terme
ne
sont
pas
égales.
Le
premier
type
de
population
est
celle
qui
est
concerné
par
votre
question
de
recherche.
On
appelle
cette
population
la
population
cible,
c'est-‐à-‐dire
la
population
pour
laquelle
on
aimerait
généraliser
les
résultats
de
l'étude.
Du
fait
qu'on
cherche
souvent
à
généraliser
le
plus
possible
les
résultats
d'une
étude,
cette
population
cible
est
souvent
de
contours
flous,
difficile
à
définir
précisément.
Il
faudra
donc
bien
souvent
isoler
une
sous-‐
partie
précise
de
cette
population
cible,
dans
laquelle
on
pourra
aisément
tirer
un
échantillon.
Cette
sous-‐population
bien
définie
est
la
population
source,
la
population
à
laquelle
les
chercheurs
ont
accès
et
d'où
sont
issus
les
personnes
incluses.
L'ensemble
des
personnes
incluses
représente
l'échantillon
d'étude,
aussi
appelé
population
d'étude,
sous-‐ensemble
de
la
population
source.
exemple
:
Si
vous
voulez
connaître
la
prévalence
des
troubles
bipolaires
dans
la
population
Nantaise,
votre
population
cible
sera
la
population
nantaise,
votre
population
source
pourra
être
la
population
nantaise
inscrite
sur
l'annuaire
(accessible
à
l'échantillonnage)
et
votre
population
d'étude
sera
l'échantillon
finalement
inclus.
2.
Définir
les
populations
L'une
des
premières
choses
à
préciser
lors
de
la
construction
d'une
étude,
ce
sont
les
définitions
des
populations
cible
et
source.
Pour
cela,
on
définit
des
critères
d'éligibilité,
qui
peuvent
être
positifs
(critères
d'inclusion)
ou
négatifs
(critères
d'exclusion).
Ces
critères
sont
de
trois
ordres
:
1.
critères
spatiaux
et
temporels
2.
critères
liés
aux
expositions
ou
aux
maladies
étudiées
3.
critères
de
bon
déroulement
de
l'étude
Si
les
deux
premiers
tsont
souvent
aisés
à
définir,
les
critères
de
bon
déroulement
de
l'étude
sont
plus
difficile
à
appréhender
:
il
peut
s'agir
par
exemple
d'assurer
la
bonne
adhésion
des
sujets
au
protocole
(sélection
de
sujets
compliants),
de
limiter
les
perdus
de
vue
(limiter
les
sujets
dont
le
suivi
sera
difficile),
de
s'assurer
d'une
faisabilité
pratique
ou
économique
(mesures
utilisant
une
méthode
peu
invasive
et
peu
onéreuse),
de
limiter
des
obstacles
légaux
(inclusion
seulement
des
personnes
majeures),
etc.
Ces
critères
doivent
aussi
présenter
certaines
caractéristiques
résumées
par
l'acronyme
POOLS
:
• Précis
• Objectifs
• Opérationnels
• Logiques
• Sensibles
et/ou
spécifiques
Par
précision,
on
entend
qu'une
définition
précise
des
individus
doit
être
apportée,
qui
ne
prête
pas
à
confusion.
Par
exemple,
on
n'inclura
pas
des
patients
présentant
une
fièvre,
mais
des
patients
présentant
une
température
auniculaire
supérieure
à
38°C.
Les
critères
doivent
reposer
sur
des
éléments
objectifs,
et
quand
cela
n'est
pas
possible
sur
des
outils
validés
et
standardisés
(échelles
de
douleur,
de
qualité
de
vie,
etc.).
L'aspect
logique
des
critères
renvoie
l'utilisation
d'opérateurs
logiques,
comme
ET,
OU,
NON.
Par
exemple,
on
pourra
inclure
des
individus
présentant
un
fièvre
supérieure
à
38°C
ET
une
toux
mais
NON
présentant
des
antécédents
de
BPCO.
Ces
définitions
peuvent
être
plus
ou
moins
sensibles
ou
spécifiques
(voir
le
cours
sur
les
erreurs
de
mesures
et
les
études
diagnostiques)
et
il
est
possible
de
définir
plusieurs
niveaux
de
définition.
Ainsi,
dans
une
étude
cas-‐témoins,
une
définition
sensible
définira
les
cas
possibles,
une
définition
spécifique
sera
utilisée
pour
les
cas
certains,
et
les
cas
probables
se
rapporteront
à
une
définition
de
niveau
intermédiaire.
3.
Définition
du
type
de
question
d'étude
Comme
on
le
verra
par
la
suite,
une
question
fondamentale
en
méthodologie
épidémiologique
est
de
savoir
distinguer
entre
les
études
descriptives
et
comparatives.
Les
études
descriptives
s'intéressent
à
l'estimation
d'un
paramètre
dans
une
population.
Connaître
la
taille
moyenne
de
la
population
française
ou
l'incidence
du
cancer
du
sein
chez
la
femme
de
moins
de
quarante
ans
en
Europe
au
cours
des
20
dernières
années
sont
des
exemples.
L'idée
est
de
décrire
la
population
sous-‐jacente.
L'important
dans
ce
cas
est
d'avoir
un
échantillon
représentatif,
c'est-‐à-‐dire
semblable
à
la
population
cible
–—sur
les
critères
importants
tout
au
moins.
Le
but
final
des
études
comparatives
est
d'étudier
des
liens
plusieurs
variables
:
l'exposition
aux
pesticides
est-‐elle
liée
à
la
survenue
des
hémopathies
malignes
?
La
prise
de
ce
nouveau
médicament
est-‐elle
associée
à
de
meilleurs
résultats
thérapeutiques
?
L'important
est
ici
que
les
groupes
soient
comparables.
On
s'efforcera
donc
dans
ce
cas
de
faire
en
sorte
que
le
groupe
de
référence
et
le
groupe
de
comparaison
soient
issus
de
la
même
population.
4.
Calculer
le
nombre
de
sujets
nécessaires
Afin
de
limiter
suffisamment
l'importance
de
la
fluctuation
aléatoire
et
par
là
même
d'augmenter
la
précision,
il
est
nécessaire
d'inclure
suffisamment
de
personnes
dans
dans
votre
étude.
Cepandant,
plus
il
y
a
de
personnes
à
inclure,
plus
l'étude
sera
longue,
couteuse
et
difficile
à
gérer.
Il
convient
donc
d'inclure
le
minimum
nécessaire
d'individus.
Pour
estimer
cette
taille
d'échantillon,
il
existe
une
différence
entre
les
études
descriptives
et
comparatives
:
pour
les
premières
la
taille
de
l'échantillon
se
base
sur
la
précision,
pour
les
secondes
sur
la
puissance
statistique.
Pour
les
études
descriptives,
il
faut
tout
d'abord
déterminer
avec
quelle
précision
on
cherche
à
estimer
le
paramètre
d'interêt.
Cela
revient
en
fait
à
fixer
la
taille
de
l'intervalle
de
confiance
à
95
%.
!×(!!!)
Pour
une
prévalence,
par
exemple,
la
formule
classique
pour
calculer
l'IC95
est
p ± 1.96×
avec
p
!
représentant
la
prévalence
et
n
la
taille
de
l'échantillon.
Si
on
cherche
à
obtenir
un
intervalle
de
confiance
de
±
5
%,
!×(!!!)×!.!"!
il
est
facile
de
montrer
que
n = .
Trois
éléments
sont
donc
essentiels
à
formuler
:
la
précision,
le
type
(!%)!
d'intervalle
de
confiance
(ici
la
pondération
à
1.96
est
dû
au
choix
d'un
IC
à
95
%)
et
la
prévalence.
Notons
donc
que
pour
calculer
la
taille
de
l'échantillon
nécessaire
à
l'estimation
de
la
prévalence,
il
faudra
avoir
une
idée
de
la
valeur
de
cette
prévalence…
Pour
l'estimation
basée
sur
la
puissance,
la
formule
précise
dépendra
du
test
statistique
!×!!
utilisé,
mais
de
façon
générale,
la
formule
peut
s'écrire
de
cette
manière
:
f(α, β)× !! .
Ici,
les
éléments
à
déterminer
sont
:
α
et
β,
les
risques
d'erreurs
de
type
I
et
II,
s²
la
variance
de
la
variable
estimée
et
δ,
la
plus
petite
différence
qu'on
aimerait
pouvoir
détecter
dans
l'étude.
Il
existe
de
nombreuses
solutions
pour
estimer
le
nombres
de
personnes
à
inclure
sans
faire
les
calculs
soi-‐même.
Voici
par
exemple
un
lien
vers
un
outil
en
ligne
:
Sampsize.
5.
Méthode
d'échantillonnage
La
dernière
étape
dans
la
constitution
d'une
population
d'étude
est
de
choisir
la
méthode
de
tirage
au
sort
la
plus
adaptée
à
la
question
de
recherche
est
aux
possibilités
offertes.
Échantillons
non-‐aléatoires
Pour
les
échantillons
non-‐aléatoires,
plusieurs
méthodes
existent
de
l'échantillon
de
convenance
à
l'échantillon
par
quotas.
Plusieurs
solutions
sont
expliquées
sur
le
site
de
statistiques
Canada.
L'inconvénient
principal
de
ces
méthodes
est
bien
sûr
le
manque
de
représentativité
mais
également
le
manque
de
validité
des
statistiques
réalisées.
Échantillons
aléatoires
Plusieurs
possibilités
existent
pour
tirer
au
sort
un
échantillon
aléatoire
simple.
Tout
d'abord,
si
nous
possédons
une
liste
exhaustive
des
individus
composant
la
population
source,
il
est
assez
aisé
d'attribuer
un
numéro
à
chacun
de
ces
individus
et
de
tirer
au
sort
une
séquence
de
ces
numéros
dont
la
longueur
est
égale
à
la
taille
souhaitée
de
notre
échantillon.
On
peut
pour
cela
utiliser
des
générateurs
de
nombres
aléatoires
comme
celui
disponible
sur
[Link].
Des
méthodes
plus
pratiques
existent
aussi
sur
excel
par
exemple
(pour
une
version
française
d'excel,
remplacer
la
fonction
´´rand()´´
par
´´alea()´´).
Cette
méthode
s'appelle
un
échantillonnage
élémentaire.
Si
en
revanche
on
ne
possède
pas
la
liste
exhaustive
des
individus
ou
que
celle-‐ci
est
difficile
à
obtenir
ou
à
utiliser
(liste
longue
et
non
numérisée,
par
exemple).
On
utilisera
alors
un
échantillonnage
systématique.
La
première
étape
d'un
échantillonnage
systématique
est
de
déterminer
un
pas
de
sondage,
qui
est
égal
à
la
taille
de
la
population
divisée
par
la
taille
souhaitée
de
l'échantillon.
Ensuite,
il
ne
reste
plus
qu'à
choisir
aléatoirement
le
premier
individu
à
inclure
en
tirant
au
sort
un
numéro
compris
entre
1
et
le
pas
de
sondage.
Pour
plus
d'information
sur
le
sondage
systématique
(et
les
autres
types
de
sondage),
voir
cette
vidéo.
Il
peut
arriver
que
vous
vouliez
estimer
un
paramètre
pour
différentes
sous-‐populations
dont
la
fréquence
dans
la
population
source
est
variable.
Il
est
possible
que
la
population
la
moins
représentée
soit
peu
tirée
au
sort
et
que
l'estimation
du
paramètre
soit
peu
précise.
On
pourra
dans
ces
cas-‐là
réaliser
un
tirage
au
sort
stratifié,
c'est-‐à-‐dire
tirer
au
sort
avec
un
taux
de
sondage
différent
dans
les
différentes
sous-‐populations,
afin
de
sur-‐représenter
celles
étant
les
moins
fréquentes.
Enfin,
il
arrive
fréquemment
que
tirer
au
sort
dans
l'ensemble
de
la
population
source
soit
difficile
à
réaliser.
Prenons
l'exemple
d'une
étude
sur
les
capacités
de
lecture
d'enfants
en
CM1
en
France.
Des
listes
d'élèves
existent
dans
chaque
école
mais
il
peut
être
fastidieux
de
les
réunir
toutes
et
de
les
fusionner.
De
plus,
le
tirage
au
sort
amènerait
à
sélectionner
un
nombre
très
réduit
d'enfants
par
écoles
et
nécessiterait
aux
enquêteurs
beaucoup
de
déplacements
entre
les
écoles.
Dans
des
cas
comme
celui-‐ci,
il
est
possible
de
réaliser
tirer
aux
sort
des
grappes
(ici,
par
exemple
des
écoles)
puis
d'inclure
les
individus
de
ces
grappes.
Plusieurs
méthodes
d'échantillonnage
utilisent
ce
procédé,
comme
les
échantillonnages
par
grappe
(cluster
sampling)
et
les
échantillonnages
multi-‐niveaux.
Il
est
important
de
noter
que
les
individus
issus
d'une
même
grappe
(par
exemple
d'une
même
classe)
seront
souvent
plus
semblables
entre
eux
qu'avec
les
individus
d'autres
grappes.
On
dit
que
la
variance
intra-‐grappe
est
plus
faible
que
la
variance
inter-‐grappe.
Des
méthodes
statistiques
avancées
sont
nécessaires
pour
prendre
cela
en
compte,
mais
elles
dépassent
largement
le
cadre
de
ce
cours.
Cas
des
études
comparatives
épidémiologiques
Dans
les
études
comparatives
épidémilogiques,
il
est
souvent
difficile
de
sélectionner
les
groupes
à
comparer
(cas
et
témoins
ou
exposés
et
non
exposés)
directement
dans
la
population
source.
Plusieurs
recettes
existent
et
aucune
ne
fait
référence
et
il
faut
bien
souvent
discuter
des
possibilités
au
cas
par
cas.
Plusieurs
aspects
sont
à
vérifier
cependant
pour
s'assurer
que
les
groupes
sont
bien
comparables
:
-‐
Si
un
membre
du
groupe
contrôle
(témoins
ou
non-‐exposés)
étaient
finalement
malade/exposé,
pourrait-‐il
faire
partie
du
groupe
d'intérêt
?
-‐
La
probabilité
d'exposition/maladie
dans
le
groupe
témoin
est-‐elle
la
même
que
celle
de
la
population
source
?