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Vérité vs Opinion : Concepts et Types

Le document explore la distinction entre vérité et opinion, soulignant que la vérité est objective et universelle, tandis que l'opinion est subjective. Il aborde également les différents types de vérités, les réalités selon Platon, et la moralité, en se concentrant sur la nécessité d'une loi morale universelle selon Kant. Enfin, il examine les méthodes d'atteinte de la vérité à travers les mathématiques, les sciences naturelles et humaines, tout en soulignant les limites de la démonstration et de l'expérience.

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Vérité vs Opinion : Concepts et Types

Le document explore la distinction entre vérité et opinion, soulignant que la vérité est objective et universelle, tandis que l'opinion est subjective. Il aborde également les différents types de vérités, les réalités selon Platon, et la moralité, en se concentrant sur la nécessité d'une loi morale universelle selon Kant. Enfin, il examine les méthodes d'atteinte de la vérité à travers les mathématiques, les sciences naturelles et humaines, tout en soulignant les limites de la démonstration et de l'expérience.

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La vérité

Distinction entre vérité et opinion:

- La vérité est la correspondance entre une affirmation/ l’esprit et la réalité. →


objective et universelle
- Tandis que l’opinion est la simple affirmation d’une idée → subjective, relative aux
croyances particulières de l’individu

Il existe une multitude de vérités divergentes même dans les sciences (humaines,
naturelles, physiques) → “A chacun sa vérité” → mais on ne sait plus qui a raison/tort
→ Comment peut-on être sûr d’être parvenu à une vérité?

Types de vérités:

- Vérité formelle: validité des raisonnements, aux lois logiques de la pensée


- Vérité matérielle: adéquation entre la pensée et la réalité perceptible.
→ Un raisonnement peut être vrai au niveau formel mais faux du point de vu matériel ( le
contenu est faux, affirmation ne correspond pas à la réalité).

Types de réalité:

Selon Platon, il y a 2 types:


- réalité sensible: relative aux 5 sens ⇒ empirique ⇒ perception
→ MAIS NOS SENS NOUS TROMPENT! La recherche vers la vérité est déjà remise
en cause
Ex: Eau chaude perçue tiède/bouillante → on sort de la dimension subjective en
utilisant une mesure = thermomètre
- réalité intelligible ⇒ concevoir → parce que c’est possible / pas contradictoire
→ celle de l’esprit et de ses lois = domaine de la logique + principe de non
contradiction
Ex: Maths

La vérité en moral:
En un sens, on peut également parler de vérité en morale (le domaine des actions
humaines).
C’est le mot grec « hamartia » qui nous montre la voie à suivre. Ce mot signifie :
« erreur », « faute », « péché ». Il semble ainsi indiquer que mal agir, c’est rater une cible
(comme quand on tire à l’arc), ne pas atteindre son but.
→ Pbl:
- l’aspect éminemment relatif de la morale car bien/ mal varient en fonction des
individus, des cultures, des époques (il n’y pas une morale mais des morales)
- il existe, pour Kant, un critère qui nous permet de vérifier la validité d’une morale →
morale « vraie » et universelle.

Pour être universelle, une loi morale doit provenir de la raison, car des actions impulsives ou
passionnelles ont peu de chances de répondre à ce critère.
→ Selon Kant, la validité d'une morale repose sur le principe d'universalisation sans
contradiction : agir de manière à ce que la maxime (=formule brève énonçant une règle de
morale ou de conduite ou une réflexion d'ordre général) de son action puisse devenir une loi
universelle.
→ Ainsi, des actes tels que mentir, voler ou resquiller sont immoraux non parce qu'ils sont
condamnables en soi, mais parce qu'ils ne peuvent être universalisés sans incohérence.
Pour Kant, la moralité d’un acte est absolue et universelle.

Le doute
- s’oppose à la vérité = ne pas arriver à trancher entre une chose et son contraire
● ≠ vérité absolue/ universelle → indubitable
Doute sceptique (définitif): épochè (suspendre son jugement)/ ne plus se prononcer
sur quoi que ce soit (Des vérités empiriques aux énoncés mathématiques, le doute
méthodique détruit tout sur son passage, jusqu’à atteindre l’indubitable et à cesser ainsi son
activité destructrice.) ≠ doute hyperbolique cartésien/ dogmatisme
→ Selon Descartes, en un sens, la seule manière/moyen d’atteindre la vérité absolue (le
Cogito) est de pas se tromper est de ne rien dire pour ne dire aucune erreur → je
m’abstiens, sinon je n’aurai jamais la certitude → provoque anxiété
Cependant qd on agit, on fait des choix constamment

Petite et importante précision : étant donné que Descartes prétend atteindre avec
certitude la vérité absolue, on peut dire qu’il fait preuve de dogmatisme (car il correspond
à la définition de ce terme : « position philosophique consistant à admettre qu’on peut
atteindre des vérités certaines et/ou absolues »).

Pour le sceptique, la vérité = essentiellement relative (aux individus).


→ il y a, en un sens, une dimension individuelle/subjective en mathématiques
(choix des axiomes/postulats par « commodité » ou par « convention »), et en science
(processus expérimental élaboré de façon à ce qu’il confirme les hypothèses à tester, et
interprétation des résultats de ce processus en faveur de ces mêmes hypothèses).

⇒ doute sceptique: permet d’atteindre la tranquillité de l’esprit ( ataraxie/aponie lien


important avec l’épicurisme) car impossibilité de ne pas se tromper constitue un trouble, est
anxiogène...

Différents moyens pour parvenir à la vérité

● En maths: démonstrations → semble être un modèle de certitude = assurance


intellectuelle
● Dans les sciences de la nature (physique, chimie, biologie): expériences →
modèle de rigueur
● Dans les sciences humaines: compréhension/interprétation des phénomènes
humains → considérées comme des “sciences molles” ≠ “sciences exactes”

On peut donc se demander:


⇒ La démonstration mathématique permet-elle vraiment de parvenir à des vérités absolues
et incontestables?
⇒ L’expérience dans les sciences de la nature est-elle vraiment une source de
connaissances fiables ?
⇒ Faut-il vraiment refuser aux sciences humaines le statut de science?

La démonstration en mathématiques (dans la réalité intelligible)

A. Démonstration = modèle de certitude


Au sens large, démonstration = tt type de preuve
Au sens strict, démonstration = démonstration comme dans les maths

La démonstration est sous forme de raisonnement (= inférence qui tire une conclusion à
partir de prémisses (= points de départ du raisonnement) et de syllogismes, il existe 2
formes de raisonnement:
- Induction: si prémisses vraies, alors conclusion est probablement vraie.
→ Elle repose sur une généralisation à partir d’un ensemble d'observations sur le
monde.
Ex: “On est en été, il a fait beau ces derniers jours donc il fera beau demain”
- Déduction: si prémisses vraies, alors conclusion nécessairement vraie.
→ Elle repose sur un lien purement formel entre les idées. Les lois de la logique
m’imposent cette conclusion, je suis contraint → c’est une nécessité logique
Ex: Tout nombre divisible par 2 est un nombre pair. 4 est divisible par 2, donc 4 est
un nombre pair”.
⇒ On obtient une vérité-cohérence

Démo ≠ simple déduction logique: démo se fonde en effet sur un raisonnement déductif,
purement logique, mais il ne suffit pas de faire une déduction pour faire une démo.
→ On peut raisonner de manière logique à partir d’affirmations absurdes ou de prémisses
fausses, qui conduisent par déduction logique, à une affirmation absurde, que l’on n’aura
pas pour autant démontrée.
Ex: “Tt ce qui est rare est cher, un cheval bon marché est rare, donc un cheval bon
marché est cher”
= Sophisme: raisonnement (fallacieux), conforme au règle de la logique et néanmoins faux
⇒ Pour qu’il ait une démo, il faut déduire logiquement une conclusion à partir de
prémisses reconnues comme vraies
→ Si je ne peux pas m’assurer de la vérité des prémisses, je ne peux m’assurer de la
conclusion → régression à l’infini car on doit démontrer les prémisses
⇒ “Aucune raison ne s’établira sans une autre raison: nous voilà à reculons jusques à
l’infini” - Montaigne, Essais

Il faut donc instaurer des axiomes (qu’en maths): 1ers fondements d’une théorie/ base
qu’on admet comme vrai pour débuter une démarche (=axiomes)
→ Dans l’histoire des maths, on observe une telle démarche d’axiomatisation dès l’Antiquité
dans les Eléments d’Euclide: “la démonstration ne peut en effet remonter à l’infini et doit
bien reposer sur quelques propositions premières, mais on a pris soin de les choisir telles
qu'aucun doute ne subsiste à leur égard dans un esprit sain.”

Démo comme modèle: “la preuve n’a pas pour seule fin de libérer une proposition du
doute: elle permet en outre de pénétrer la dépendance relative des vérités [...] Plus on
poursuivra la recherche, moins nombreuses seront les vérités fondamentales auxquelles on
pourra tout ramener” - Frege, Les Fondements de l’arithmétique

B. Limites de la démonstration

Démo a une place essentielle dans les maths, mais il ne faut pas réduire la pratique des
maths à la démo.
→ La recherche mathématique repose aussi sur l'intuition /évidence de connexions, de
liens, d’analogies entre différentes idées. Av de démontrer, il faut avoir une idée de ce qu’on
veut démontrer, et c’est l’intuition qui permet d’ouvrir une voie de recherche
⇒ “ C’est par la logique que nous prouvons. C’est par l’intuition que nous inventons” -
Poincaré
⇒ “ La déduction est à l’aveugle ce que l’intuition est au paralytique, l’une avance mais ne
se voit pas, l’autre voit mais n’avance pas “ - René Thom

Statut des axiomes: Comment démontrer les axiomes eux-mêmes, étant donné que les
axiomes sont les principes les + élémentaires d’une théorie? Qu’est ce qui permet donc
d’affirmer la vérité des axiomes?
→ Position de Pascal: considérer les axiomes comme des vérités évidentes par
elles-mêmes “Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le
cœur. [...] Le coeur sent qu’il y trois dimensions dans l’espace et que les nombres sont
infinis” - Pensées L100
→ Aussi, l’histoire des maths montre que des principes qui semblent évidents en
eux-mêmes ne sont en fait révélés partiellement faux:
Ex: En géométrie, l’axiome des parallèles (“par un point extérieur à une droite
passe une et une seule parallèle”) semble évident - or il existe des géométries dites
non-euclidiennes par lesquelles, par un point extérieur à une droite, on a une infinité de
parallèle ou bien aucune.

→ Plusieurs systèmes axiomatiques semblent donc possibles, avec des théorèmes


différents. une vérité démontrée ne l’est qu’à l’intérieur d’un système théorique particulier.
⇒ “Une géométrie ne peut pas être plus vraie qu’une autre: elle peut seulement être plus
commode” - Poincaré, La Science et l’Hypothèse, ch. III
→ les axiomes sont donc choisis par commodité

⇒ “Les mathématiques peuvent être définies comme le domaine dans lequel on ne sait pas
de quoi l’on parle ni si ce que l’on dit est vrai.” - Russell, Mystique et logique
Il y a donc un avis subjectif/ relatif à chacun
Ex: Caverne de platon : La caverne symbolise le monde sensible, qui est bas, et n'est
qu'apparence ; c'est celui où les sens sont utilisés pour acquérir ce que l'on croit être un
savoir
→ nous sommes prisonniers de nos sens, on est dans la caverne.

→ Je suis victime d’une illusion, je suis dans l’erreur quand je pense ressentir. J’ai la
certitude que je vois mais ce que je vois n’est pas certain d’exister
Ex: Pas de différence de nature et de degré de perception entre le rêve et la réalité sensible
l’erreur: absence/privation de vérité/connaissance. Elle est nécessaire au processus de la
recherche de la vérité

C. Jugement
Selon Kant:
- Jugement analytique: explique ce que contient un concept/ ne nous apprend rien →
sûr de ne pas me tromper
Ex: Un mineur est (nécessairement) âgé de moins de 18 ans
- Jugement synthétique: fait une synthèse entre 2 concepts → pas sûr de ne pas me
tromper

→ En dehors des maths, il n’y a pas de certitude mathématique. D’ailleurs il faut opposer
certitude mathématique et probabilité empirique
Ex: Il est concevable que la Terre ne tourne pas autour du Soleil

L’expérience dans les sciences de la nature

La démarche expérimentale est composée de:


1. l’observation: constat de phénomènes récurrents
2. Elaboration d’hypothèse: la raison intervient, hypo non fantaisistes mais en lien
avec le phénomène observé → déjà biaisé car on cherche dès le départ quelque
chose
3. Expérimenter/tester/vérifier: à l’aide d’expérimentation/ dispositif en corrélation
avec l’hypo
4. On peut parler de théorie scientifique dans la réalité sensible si hypo vérifiée (en ce
sens)

A. L’empirisme: l’expérience comme source de connaissance

Empirisme: théorie d'après laquelle toutes nos connaissances viennent de l'expérience et


de l’observation des faits. ≠ Idéalisme
→ Expérience = point de départ pour construire une théorie car il n’y a pas de connaissance
a priori (av l’expé) → La connaissance est a posteriori.
⇒ Hume affirme en ce sens que: “Si nous raisonnons a priori, n'importe quoi peut paraître
capable de produire n'importe quoi. [...] C'est seulement l'expérience qui nous apprend la
nature et les limites de la cause et de l'effet et nous rend capables d'inférer l'existence d'un
objet de celle d'un autre” - Enquête sur l'entendement humain

Expérience comme preuve de la vérité d’une théorie: Critère de vérité → On a ici une
forme de raisonnement par induction, par généralisation à partir de cas particuliers qui
confirment la théorie: si tous les autres scientifiques ont le même résultat/ sont d’accord en
ce sens, c’est que l’hypo est vraie/ probablement vraie.

Critère de l’objectivité (scientifique): construction méthodique d’un objet à partir de


l’observation et l’expérimentation → adhésion de tous les savants + la démarche commune
est rationnelle

B. Les critiques de l’empirisme


Expérience = point de départ des théories scientifiques ??
- L’histoire des sciences semble montrer que le plus souvent: c'est la théorie qui
précède l'expérience
Ex: la planète Neptune a d'abord été une hypothèse théorique avant d'être
observée réellement.
➢ Quels en sont les raisons ?
○ l'expérience, dans sa finalité, vise à tester une théorie. C'est la théorie qui
définit ce que l'on cherche à observer: l’observation dans une
expérimentation n’est pas passive, elle est une recherche active d’info,
guidée par la théorie
○ l’expérience repose sur des instruments scientifiques de mesure et
d’observation. Or la fabrication et l’utilisation de ces instru dépendent de la
maîtrise de théories scientifiques. Ex: microscope, IRM
⇒ “Les instruments ne sont que des théories matérialisées” - Bachelard

Expérience peut vrmt jouer le rôle d’une preuve?


Non car même si une théorie se vérifie de nombreuses fois dans des expériences diverses,
il est possible qu’il y ait une exception que l’on n’ait pas encore prise en compte.
Ex: Théorie de Newton s’appliquait très bien à de nmb phénomènes mais Einstein a montré
que ses lois ne sont que des approximations et ne fonctionnent pas qd on a des vitesses
proches de celle de la lumière

→ Il n’y a pas de théorie vraie mais provisoirement valide


“ La science ne souscrit à une loi ou une théorie qu’à l’essai, ce qui signifie que toutes les
lois et les théories sont des conjectures ou des hypothèses provisoire” - Popper,
Conjectures et réfutations
→ L’expérience permet donc de prouver la FAUSSETÉ d’une théorie.
→ Selon Popper: une théorie scientifique est une théorie ouverte à la critique et qui cherche
à faire des expériences pour tester les théories. → une théorie n’est scientifique que si elle
est réfutable/ falsifiable = critère de falsifiabilité
→ Un énoncé non scientifique est irréfutable = irréfragable/ irrécusable = dogmatique
Or, c'est précisément ce test que ne passe pas la psychanalyse : selon lui, celle-ci n'est pas
science. Popper lui reconnaît une forte valeur explicative des comportements humains.
Néanmoins, il refuse qu'on lui octroie le statut de science en raison de son caractère non
falsifiable.

“Elles sont purement et simplement impossibles à tester comme à réfuter. Il n'existe aucun
comportement humain qui puisse les contredire. “ Conjectures et réfutations : la croissance
du savoir scientifique, 1963 - Popper

Conclusion:
La notion de vérité est perçue comme inexistante. Je ne peux pas avoir la certitude de
l’atteindre/pas me tromper/ pas commettre d’erreur.
→ La seule certitude est que je peux (possibilité) alors me tromper.
→ doute sceptique
Complément: Pourquoi souhaitons-nous accéder à la vérité?
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