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Développement de l'élevage au Sénégal

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REPUBLIQUE DU SENEGAL

Un Peuple - Un But - Une Foi


____________

MINISTERE DE L’AGRICULTURE
DE L’ELEVAGE ET DE L’HYDRAULIQUE
-----------------

CABINET DU MINISTRE DÉLÉGUÉ CHARGÉ DE L’ELEVAGE

NOUVELLE INITIATIVE SECTORIELLE


POUR LE DEVELOPPEMENT DE
L’ELEVAGE « NISDEL »

SITUATION ET PERSPECTIVES DU SOUS-


SECTEUR DE L’ÉLEVAGE

Caractéristiques
Contraintes
Enjeux
Plan d’Actions

Octobre 2004
SOMMAIRE

Pages
I- Introduction : Place de l’élevage dans l’économie
nationale

II- Situation de l’Elevage sénégalais

2-1- Les effectifs de cheptel et les systèmes d’élevage

2-2- Les productions

III- Analyse du Contexte Actuel

3-1- Les atouts de l’élevage sénégalais

3-2- Les enjeux et contraintes à lever

3-3- Le bilan des réalisations antérieures

IV- Contraintes récurrentes et justification du


programme

V- Description du programme

5-1- Objectifs du Programme

5-2- Stratégie d’intervention du Programme

5-3- Assainissement de l’environnement de la


production

5-4- Sécurisation de l’élevage pastoral

5-5- Intensification Modernisation de l’Elevage

VI- Cadre Institutionnel de Pilotage du Programme

VII- Besoins en financements du Programme

ANNEXES

2
I. INTRODUCTION: PLACE DE L’ELEVAGE DANS L'ÉCONOME NATIONALE

La valeur du cheptel sur pied est estimé à 550 milliards de francs


Cfa dont 490 milliards pour le seul cheptel ruminant.

On estime à 70 milliards de F CFA environ le montant des ruminants commercialisés


annuellement par la population rurale sénégalaise.

En ce qui concerne le revenu net total des ménages intéressés, il est évalué à
7milliards de FCFA/an ainsi répartis :

- Revenu net généré par la vente d’animaux : 5,300 milliards ;


- Revenu net rural généré par la vente de lait : 1,7 milliard.

Selon la Direction de la Prévision de la Statistique, sur le plan macro-économique le


sous-secteur de l’Elevage participe pour 7,5 % à la formation du PIB national et
35,5% à celle du Secteur Primaire.

Le sous-secteur de l’élevage connaît, depuis 1987, une progression régulière avec un


taux de croissance annuel de 3 % en moyenne, avec un niveau exceptionnel de 6% en
2000.

Le sous secteur de l'élevage occupe 350 000 familles au Sénégal soit environ
3.000.000 d'individus issus pour la plupart des couches les plus vulnérables du
monde rural.

Les femmes et les jeunes sont fortement impliqués dans l'élevage des espèces
à cycle court (petits ruminants et volailles).

L'enquête auprès des ménages confirme que le bétail constitue une richesse
essentielle au Sénégal, puisque dans l’ensemble, 68% des ménages sénégalais
possèdent du bétail, notamment 90% des ménages ruraux et 52% des ménages
au niveau des centres urbains.

II- SITUATION DE L’ELEVAGE SENEGALAIS

2.1. Les effectifs :

La situation des effectifs de cheptels disponibles (tableau 1) renseigne sur


l’importance du potentiel dont le sous-secteur de l’élevage dispose au Sénégal.

a) Les ruminants :

Avec des effectifs de 3 millions de têtes pour les bovins, 4,5 millions pour les
ovins et 4 millions pour les caprins, les ruminants constituent la base de
l’élevage sénégalais.
3
Leur exploitation reste néanmoins fortement dominée par des modes
extensifs de conduite des troupeaux.

Tableau 1 - Evolution des effectifs du cheptel au cours des trois


dernières années (en milliers de têtes)

Espèces / Années 2001 2002 2003

Bovins 3.061 2.997 3.018


Ovins 4.678 4.540 4.614
Caprins 3.995 3.899 3.969
Equins 492 496 500
Asins 407 399 399
Porcins 280 292 303
Camelins 4 4 4
Volaille industrielle 6.115 5.174 5.262
Volaille traditionnelle 19.543 20.207 20.813

Selon la situation agro-écologique du pays, on peut distinguer trois systèmes :


un système pastoral localisé au nord dans la zone sylvopastorale, un système
agropastoral dans le bassin arachidier, la vallée du fleuve Sénégal et au sud et
sud-est du pays et un système périurbain localisé dans les Niayes (banlieue de
Dakar).

L’élevage pastoral, localisé au Nord où l’activité agricole est peu développée,


voire inexistante du fait de la faible pluviométrie (< 400mm), se caractérise
par la grande mobilité des éleveurs et de leurs troupeaux. Cet élevage
concerne 32% des bovins et 35% des petits ruminants(ovins et caprins).

Le système agro-pastoral s’est développé dans les zones où la pluviométrie et


les conditions ont permis une activité agricole soutenue. Il concerne environ
67% des effectifs de bovins et 62% des petits ruminants. Dans ce système,
l’amplitude des déplacements des troupeaux autochtones est relativement
faible ; cependant, ces zones accueillent régulièrement les troupeaux
transhumants en provenance du nord pendant la période de soudure annuelle.

Le système périurbain, localisé essentiellement dans la banlieue de Dakar


(Niayes), développe un élevage semi-intensif, voire intensif, avec des effectifs
de l’ordre de 1% des bovins et 3% des petits ruminants.

4
b) Les équins et asins

Avec des effectifs respectifs de 500.000 et 400.000 têtes, les chevaux et


les ânes sont présents dans plusieurs secteurs d’activités, en particulier la
traction hippomobile aussi bien en milieu rural q’en milieu urbain. Leur rôle
dans l’amélioration des productions agricoles et l’approvisionnement en eau des
populations rurales est particulièrement important.

Ces effectifs sont concentrés essentiellement au nord et au centre-ouest du


pays, en raison de la sensibilité de ces animaux à la trypanosomiase (maladie
du sommeil).

c) Les porcins

L’effectif de porcs tourne autour de 300.000 têtes réparties essentiellement


entre les régions de Ziguinchor, Fatick, Kaolack et Thiès.

L’espèce porcine fait l’objet d’une exploitation traditionnelle familiale selon un


mode extensif basé sur la divagation et la valorisation des déchets ménagers.

d) Les volailles

L’aviculture traditionnelle représente environ 80% des effectifs de volailles


du pays, avec plus de 20 millions de têtes. Elle se caractérise par un mode
d’exploitation basé sur la divagation, sans amélioration notable des conditions
d’hygiène, d’alimentation ou d’habitat. Il en résulte, une forte sensibilité à la
maladie de Newcaste qui occasionne chaque année des taux de mortalité
pouvant atteindre 80% des effectifs.

L’aviculture semi-industrielle, quant à elle, a connu un développement


spectaculaire au cours des deux dernières décennies avant de stabiliser ses
effectifs autour de 5 à 6 millions de sujets. On note cependant des
fluctuations annuelles liées à l’évolution de l’environnement de la production ;
notamment la variation du prix du maïs sur le marché mondial, les politiques
sous-régionales (UEMOA, CEDEAO) et internationales (OMC), etc.

2.2. Les productions

Les productions issues du sous-secteur de l’élevage sont variées mais restent


dominées par les viandes.

5
a) Les viandes

La production nationale

L’évolution de la production en fonction des espèces et de la consommation de


viande au cours des quatre dernières années est présentée dans le tableau
n°2.

Tableau 2- Evolution de la production et de la consommation de viande des


différentes espèces exploitées au Sénégal depuis 2000 (en tonnes)
Type de viande/Années 2000 2001 2002 2003
Viande bovine 52.620 57.299 56.319 54.131
Viandes ovine et caprine 29.675 30.565 28.977 27.905
Viande porcine 6.205 6.440 6.500 6.200
Viande de volaille 25.315 24.500 24.437 25.080
Viande caméline 6 6 6 5
Viande équine 27 27 26 26
Total Production 118.995 118.837 116.265 113.347
Importation (tonnes) 3.141 5.324 10.068 15.160
Valeur (milliards F CFA)
Consommation 122.136 124.161 126.333 128.507

La production nationale de viandes (toutes espèces confondues, abattages


contrôlés, abattages clandestins et importations) est estimée à 128.500
tonnes en 2003. Elle est principalement assurée par les bovins (47,8 % en
moyenne) et les petits ruminants (24,6 % en moyenne). La contribution des
volailles, évaluée à 25.000 tonnes, soit 22%, est également appréciable.

On remarque une évolution régulière de la production, de l’ordre de 3 à 4% par


an, en moyenne. Celle-ci résulte essentiellement de la progression numérique
des volailles et des petits ruminants, grâce à la vaccination et de l’amélioration
du poids moyen des carcasses de bovins qui est passé de 135 kg en 1999 à 150
kg en 2002.

Les importations de viandes

Les importations de viande connaissent une hausse vertigineuse continue,


depuis 1997. Elles sont passées de 580 tonnes à 15.160 tonnes en 2003 ; soit
une progression de plus de 2500% en 2003. Cette recrudescence résulte
essentiellement des importations de cuisses de poulets notées à partir de
2001.

6
Tableau 3 – Evolution des quantités et de la valeur des importations de viande et
des importations de moutons de Tabaski depuis 2000
2000 2001 2002 2003
Importation viande (tonnes) 3.141 5.324 10.068 15.160
Valeur (milliards F CFA) 3,276 5,071 9,418 13,944
Moutons Tabaski 34.239 43.372 42.320 62.280

Les importations d’animaux sur pied concernent surtout les moutons qui,
chaque année à l’occasion de la fête de Tabaski, sont introduits en provenance
des pays limitrophes (Mali, Mauritanie). Celles-ci s’établissent comme indiqué
au tableau n° 3.

La consommation de viande

La consommation de viande (toutes espèces confondues) est estimée à 11,50


kg/habitant/an, actuellement. Elle a rarement dépassé 10 kg/an/habitant au
cours des dix dernières années. Elle est donc en net recul par rapport au
niveau de consommation des sénégalais en 1960 qui se situait à 20
kg/habitant/an.

Les exportations de viande

En matière d’exportations de viandes, les quantités enregistrées sont


dérisoires. Seule la viande porcine est exportée en direction du Mali, de la
Guinée Bissau et de la Mauritanie. Il en est de même pour les volailles sur
pieds ou abattus vers le Mali, la Côte d’Ivoire et la Guinée.

Les projections concernant la production et la consommation de viande:

A l’horizon 2015, pour une population de 16 millions d’habitants consommant la


même quantité de viande qu’en 2003, la production domestique doit croître à
raison de 5 % par an pour atteindre un niveau de 185.000 tonnes de viande.

Ces projections sur la viande démontrent l’urgence d’une stratégie de


développement accéléré permettant d’impulser la productivité dans les
systèmes d’élevage pour satisfaire la demande locale.

b) Le lait

La production nationale

La production annuelle estimée varie entre 110 et 118 Millions de litres et


provient essentiellement de l'élevage traditionnel fortement tributaire des
conditions climatiques. Cette production est faible, irrégulière et fortement

7
marqué par une variation saisonnière. Elle est surtout tributaire d'un matériel
génétique très peu performant constitué de races locales non spécialisées
dans la production laitière.

Elle est caractérisée par un déficit structurel car de très loin insuffisante
pour couvrir la demande intérieure qui ne cesse de croître.

La collecte et la transformation du lait

La production laitière ne souffre pas du seul déficit structurel de la


production. En effet la filière lait, dans son ensemble, est mal organisée et se
trouve confrontée à de nombreuses difficultés liées à la collecte, à la
conservation et la transformation du produit.

Les importations de lait et produits laitiers

Les importations contribuent pour une large part à l'approvisionnement du


marché en produits laitiers.

L’évolution des importations de lait et produits laitiers en quantité et en


valeur depuis 2000 figure au tableau n°4. En 2003, le volume en équivalent lait
importé a dépassé les 31 mille tonnes pour une valeur de plus de 32 milliards
de francs CFA.

Tableau 4 - Evolution des importations de lait et produits laitiers (tonnes)


entre 2000 et 2003
Années 2000 2001 2002 2003
Quantité
(tonnes) 21.875 20.211 21.855 31.308
Valeur
(milliards) 24,2 26,3 23,4 32,2

La consommation de lait et des produits laitiers

Au Sénégal, les niveaux de consommation sont relativement faibles. La


consommation annuelle par habitant en équivalent lait est estimée à 27 litres,
alors que la norme recommandée est de 91 litres/habitant.

Les projections à la production et à la consommation du lait

La consommation moyenne actuelle estimée à 27 litres/habitant/an, soit un


volume de près de 250 millions de litres dont la moitié provient des
importations.

8
Pour satisfaire la consommation moyenne par habitant du niveau actuel (27
litres/habitant/an) en 2015, les importations restant constantes, la
production domestique doit s'élever à 309 millions de litres par an. Une telle
option paraît difficilement réalisable à partir des ressources animales
disponibles et avec les pratiques courantes de production. La nécessité d'une
intensification de la production laitière est évidente si l’on souhaite réduire la
dépendance vis à vis de l’extérieur dans ce domaine.

c) Les œufs

La production nationale d’œufs de consommation a été estimée à environ 200


millions, soit une consommation par an et par habitant de 23 oeufs. Le chiffre
d’affaires de la vente des oeufs est de 12 milliards de FCFA.

d) Les cuirs et peaux

Le volume des exportations a fortement augmenté au cours de ces dernières


années. C’est ainsi que, de 1.000 tonnes en 1990, elles sont passées à 4.500
tonnes en 2001.

e) Miel et cire

La production du miel est essentiellement artisanale et constitue le plus


souvent une activité annexe des producteurs. Les modes de collecte et de
conditionnement traditionnels donnent des miels de qualité médiocre dont le
système de commercialisation est peu performant.

La production en 2003 s’est chiffrée à 1.300 tonnes de miel et 280 tonnes de


cire.

III- ANALYSE DU CONTEXTE ACTUEL

3.1. Atouts de l’élevage au Sénégal

Î Les ressources pastorales (parcours et eau) et le cheptel disponibles


sont très importants
Î L’élevage sénégalais recèle une gamme de spéculations diversifiées
selon les différentes zones agro-écologiques
Î Les opportunités d’exportation de produits animaux (miel, cire, cuirs
et peaux, porc) sont considérables
Î Le Sénégal compte un important cheptel de ruminants composé de
races parfaitement adaptées à leur milieu et aux conditions d’élevage
traditionnel (race Gobra au nord et Ndama au sud). Ces races, aux aptitudes
bouchères avérées, assurent l’essentiel des productions.

9
Î Sur le plan sanitaire, le Sénégal a été déclaré indemne de Peste
Bovine le 21 mai 2003. En outre, aucun foyer de péri pneumonie contagieuse
bovine n'a été signalé depuis 1977. La situation zoo-sanitaire est donc
satisfaisante pour ce qui concerne ces deux épizooties qui comptent parmi les
plus redoutables en Afrique Subsaharienne .
Î En matière de recherche vétérinaire, le Laboratoire National d’Elevage et
de Recherches Vétérinaires est une référence en Afrique de l’Ouest, notamment
dans le domaine de la production de vaccins. Il vient de mettre au point un vaccin
homologue contre la Peste des Petits Ruminants et un vaccin buvable et
thermostable contre la maladie de NewCastle.
Î Le Sénégal abrite plusieurs structures d’enseignement supérieur impliquées
dans la recherche vétérinaire et zootechnique et assurant la formation de cadres de
haut niveau (EISMV : Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine vétérinaires ;
ENSA : Ecole Nationale Supérieure d’Agriculture de Thiès; ENCR : Ecole Nationale
des Cadres Ruraux de Bambey).
Î Le sous-secteur de l’élevage est fortement structuré avec un réseau d’
Organisations de Producteurs dense et varié (GIE, coopératives, associations
villageoises) capables d’aider et de soutenir le développement à la base.
Î La marge de progression dans les différentes filières est encore
très importante et les marchés existent.

3.2. Les enjeux et contraintes à relever :

Les enjeux majeurs pour le sous-secteur de l’élevage ont été identifiés et portent
sur:

• l’accroissement des productions animales dans des systèmes durables


• l’approvisionnement régulier des marchés et des industries animales
• la compétitivité des produits locaux vis à vis des produits importés
• le développement des exportations de produits animaux
• le développement des industries animales
• la sécurisation des systèmes pastoraux et agropastoraux
• la sauvegarde des ressources naturelles
• la préservation de la santé publique
• la professionnalisation des producteurs

Face à ces enjeux et malgré les atouts, les contraintes identifiées sont très
nombreuses (voir tableau 5). Celles-ci avaient justifié les actions antérieures
et en cours, développées depuis 2000, dans le cadre d’une nouvelle stratégie.

3.3. Bilan des réalisations antérieures et en cours :

Les axes stratégiques définis en son temps pour relever les défis et imprimer
au sous-secteur une nouvelle dynamique ont eu trait à :

10
• la création d’un environnement institutionnel, législatif et réglementaire
propice à la relance des production animales ;
• l’amélioration des techniques d’exploitation des ressources animales
• au développement d’un partenariat de type nouveau entre les
organisations professionnelles d’éleveurs et les institutions étatiques ;
• l’implication accrue du secteur privé dans le développement de
l’élevage ;
• la gestion durable des ressources naturelles.

Dans cette perspective, plusieurs plans d’opérations (PLANOP) ont été conçus
et mis en œuvre, notamment :

• le plan d’opération pour la multiplication des espèces à cycle court ;


• le plan d’opération pour la généralisation de la pratique des réserves
fourragères, le traitement de fourrages grossiers à l’urée et le
développement de l’ensilage ;
• le plan d’opération pour l’amélioration de la production laitière en saison
sèche ;
• le plan d’opération pour l’assainissement du circuit de commercialisation
du bétail et de la viande.

Concomitamment, des projets d’envergure (PAPEL, PADV, PACE, PRODAM,


Programme Agricole, etc.) ont été initiés et sont en cours d’exécution.

L’analyse de la situation actuelle de l’élevage révèle que la quasi-totalité des


contraintes initialement identifiées demeurent encore.

IV – CONTRAINTES RÉCURRENTES ET JUSTIFICATION DU PROGRAMME PROPOSÉ

Si les initiatives prises depuis quelques années ont permis d’obtenir des
résultats appréciables, force est de constater que les défis majeurs restent
encore à être relevés, en raison des contraintes récurrentes qui n’ont pu être
résolues.

Des progrès sont certes réalisés dans bien des domaines, cependant, le
rythme de ces réalisation est trop lent pour résorber le gap que le sous-
secteur doit rattraper. En effet :

1. En matière de productions
Les efforts d’amélioration de la production de viande et de lait n’ont pas
réduit les importations, ni amélioré la consommation. Au contraire, on assiste à
une explosion des importations de viandes (cuisses de poulets) et de lait, sans
augmentation de la consommation. Il en est de même pour le lait dont les
importations dépassent les 32 milliards.

11
2. En matière de santé animale
Malgré les succès qui ont conduit à la mise en place d’un système national de
surveillance épidémiologique des maladies animales en général et de la peste
bovine en particulier, la lutte contre les maladies enzootiques telles que la
peste des petits ruminants, la maladie de Newcastle, la peste équine, entre
autres, constituent toujours des préoccupations.

3. En matière de distribution, transformation, conservation et stockage


Aucune amélioration sensible n’a été enregistrée par rapport à la situation
antérieure. La plupart des projets prévus n’ont pas été exécutés.

4. En matière de promotion des organisations d’éleveurs et des cadres de


concertation
En dépit de la création des MDE implantées dans toutes les régions, les
organisations professionnelles d’éleveurs sont peu dynamiques.

5. En matière de crédit
Les conditions d’octroi du crédit par la CNCAS se sont légèrement améliorées
mais le financement de la production, de la transformation ou de la
commercialisation est encore très timide, face au besoin de développement.
Les besoins en financement sont nettement plus élevés que l’offre disponible à
travers les fonds de garantie mis en place par les projets en cours.

6. En matière d’abreuvement du bétail


Les projets PAPEL, PADV et PRODAM ont contribué dans leurs zones
d’intervention à améliorer les conditions d’abreuvement de bétail en
réhabilitant certains forages et en implantant de nouveaux ouvrages
hydrauliques. Cependant, le maillage du réseau hydraulique en faveur d’une
bonne gestion de l’espace pastoral est très insuffisant.

7. En matière d’alimentation du bétail


Les difficultés d’accès des éleveurs aux aliments du bétail, notamment les
aliments concentrés sont réels. C’est pourquoi, les campagnes de
sensibilisation menées au cours de ces dernières années ont porté sur la
constitution de réserves fourragères. La pratique des cultures fourragères
serait, néanmoins la solution idéale pour une sécurisation totale.

8. En matière d’aménagement et gestion des pâturages


Les projets PAPEL et PRODAM ont suscité la mise en place d’unités pastorales
dans leurs zones d’intervention (régions de Louga et Saint-Louis). L’évaluation
de ces expériences a permis de mettre en exergue certains acquis qui
méritent d’être généralisés à l’ensemble des zones pastorales.

12
En effet, l'application des plans de gestion des parcours devrait permettre de
réguler l'accès aux ressources de façon à garantir à la fois l'accroissement de
la productivité des troupeaux et la préservation de l'environnement.

Toutes ces considérations justifient la mise en œuvre d’un nouveau programme


permettant d’accélérer la modernisation des systèmes de production et
l’accroissement des productions par une meilleur exploitation des atouts du
sous-secteur.

13
VI – DESCRIPTION DU PLAN D’ACTIONS

1- Objectifs du Plan d’Actions

Le plan d’actions intitulé « Nouvelle Initiative Sectorielle pour le


Développement de l’Elevage (NISDEL) » pour objectif général d’accélérer le
développement de l’élevage en profitant des opportunités du sous-secteur et
de l’environnement socio-économique du Sénégal. Il vise, en particulier :

- la sécurisation de l’élevage pastoral ;


- l’accélération de la modernisation et la diversification durables des
systèmes de production ;
- à garantir la qualité et la traçabilité des produits d’origine animale ;
- la reconquête du marché intérieur ;
- le développement d’une nouvelle dynamique pour l’accès aux marchés
extérieurs ;
- la réduction de la pauvreté et la malnutrition en augmentant les
revenus des producteurs.

5-2. Stratégie d’intervention

La stratégie du Plan d’Actions s’articule autour de trois idées de programmes :

i) un programme d’assainissement de l’environnement de la


production (renforcement de sécurité sanitaire des aliments et
de la protection zoo-sanitaire) la prophylaxie médicale du
cheptel
ii) un programme de sécurisation de l’élevage pastoral
iii) un programme d’intensification de la production à travers la
création de fermes privées modernes (FPM) grâce à la mise en
place d’un Fonds d’appui à la Stabulation (FONSTAB) et de
Centres d’Impulsion pour la Modernisation de l’Elevage
(CIMELs)

5.2.1. Assainissement de l’environnement de la production


(Sécurité Sanitaire des Aliments et Protection Zoo-
sanitaire, Modernisation des circuits de transformation)

Contexte et Justification :

Î Le diagnostic de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires animales et


d’origine animale au Sénégal a révélé les conclusions ci-dessous :

1. Une sécurité sanitaire des filières animales mal maîtrisée

14
Au sein de la filière viande rouge (bovins et petits ruminants), le diagnostic a
mis en évidence des risques sanitaires importants :
• une inspection à l’abattoir insuffisante qui se traduit par des taux de
saisie anormalement faible et un fort taux d’abattages non contrôlés ;
• une chaîne du froid insuffisamment maîtrisée ;
• une hygiène des personnes et des locaux très insuffisante ;
• une absence de salle de découpe répondant aux normes internationales.

Dans la filière, le principal risque identifié concerne les zoonoses. Ce risque


est non maîtrisé en l’absence de pasteurisation systématique ou de
thermisation incomplète. De plus, il faudrait signaler la présence d’aflatoxine
et de résidus médicamenteux.

La filière volaille ponte est bien structurée. Elle est surtout exposée à un
risque d’aflatoxine en raison de l’utilisation de tourteaux d’arachide non
détoxifié. La filière des poulets de chair pose plus de problèmes, avec des
risques de contamination microbiologique (salmonelles, campylobacters), eu
égard aux conditions d’hygiène et de pratiques défectueuses à tous les
maillons de la filière.

2. Une pression d’inspection non coordonnée et insuffisante

La pression d’inspection est faible. L’étape importante de l’inspection des


carcasses à l’abattoir ne concerne qu’environ 40% des carcasses bovines.
Lorsqu’elle est faite, la qualité de cette inspection est irrégulière avec un taux
de saisie particulièrement bas.

Î Sur le plan zoo-sanitaire, la faiblesse des moyens humains et matériels dont


disposent les services de l’élevage entraîne une prise en charge insuffisante
de la totalité des maladies prioritaires pour le bétail. Malgré les appuis
nombreux des différents programmes ou projets intervenant dans le sous
secteur, et l’intervention d'un réseau étoffé de vétérinaires privés, l’ampleur
de la menace qui pèse sur le bétail ne saurait être jugulée face à la situation
de pénurie en moyens des services de l’Elevage.

Les taux de mortalités enregistrés chaque année et imputables aux affections


dues aux maladies prioritaires sont d’environ 12 p100 chez les bovins, 30 p100
chez les petits ruminants, 50 p100 chez la volaille locale, 50 p100 chez les
porcins et 5 p100 chez les équins. Globalement, ces affections coûtent chaque
année à l’économie sénégalaise 60 milliards de francs CFA.

C’est pourquoi, le Programme de Renforcement de la Protection zoo-sanitaire


du cheptel vise à remédier à cet état de fait, contribuant ainsi à lutter contre

15
la pauvreté par l’augmentation des revenus des bénéficiaires consécutive à la
réduction des pertes par mortalité.

Les objectifs spécifiques attendus du programme sont :

ƒ Le Renforcement du Système National de Surveillance Epidémiologique


ƒ Une meilleure couverture sanitaire du cheptel contre les maladies
prioritaires
ƒ Le Renforcement du dispositif et des actions de prophylaxie
ƒ La Mise en place des plans d’intervention d’urgence et prophylaxie
défensive

Actions à mener :

Pour remédier à tout cela et répondre aux standards internationaux, le projet


devra :

• Agir simultanément sur les différents leviers :


- faire évoluer la demande des consommateurs par un
travail de sensibilisation et d’information.
- accompagner les professionnels dans leurs efforts de
modernisation des filières en facilitant les
investissements matériels (modernisation des ateliers..)
et immatériels (formation des agents permettant de
mettre en place des bonnes pratiques).
- revoir le cadre législatif et mettre en place des
principes de base, tels que la responsabilité des
opérateurs sur la sécurité sanitaire des aliments qu’ils
commercialisent et la reconnaissance de guide de bonnes
pratiques d’hygiène.
- moderniser des méthodes d’inspection et de
management des services de contrôle, en parallèle avec
la mise en place des bonnes pratiques d’hygiène.

• Privilégier les approches pragmatiques avec le guide des bonnes


pratiques, afin de tenir compte de la structure particulière des
entreprises de ces filières. L’HACCP pourra servir à créer ces
guides de bonnes pratiques.

• Concentrer l’effort des services de l’Etat sur ses missions


régaliennes : la définition du cadre réglementaire, la mise en
œuvre d’une inspection efficace permettant d’assurer le respect
de la loi et la répression de tous les manquements aux exigences
réglementaires.

16
• Utiliser une partie des marges de compétitivité dégagées avec la
modernisation de la filière pour améliorer la sécurité sanitaire
des aliments.

• Assurer une coordination avec les pays de la sous-région. Il s’agit


d’une part que ce travail serve de pilote à d’autre pays, et
d’autre part, que sa généralisation évite la création d’une
distorsion de concurrence par une application différenciée des
règles sanitaires.

Dans cette perspective, la création de plusieurs nouveaux abattoirs est prévue


à Dakar et dans différentes localités à l’intérieur du pays (Touba, Fatick,
Mbour, Tivaouane, Oussouye, Bignona, etc.).

A Dakar, la construction de nouveaux abattoirs modernes s’inscrit dans le


cadre d’un vaste programme de modernisation de toute la chaîne de
transformation et de distribution des viandes. Ce programme prévoit :

- la délocalisation du foirail des gros et petits ruminants dans la


banlieue ;
- la construction de nouveaux abattoirs dans la zone de transfert des
foirails ;
- la création d’un marché de gros de la viande et d’un centre de
découpe et de conditionnement;
- la création d’un centre de formation aux métiers de la viande pour la
formation de bouchers et charcutiers modernes ;
- la promotion d’une nouvelle chaîne de distribution à travers des
boucheries modernes.

La démarche qualité et traçabilité sera soutenue par la construction et


l’équipement de laboratoires modernes de contrôle des produits animaux et
d’origine animale à Dakar et dans les régions.

La promotion de la création de boucheries modernes et d’unités de


transformation diverses (mini laiteries, tanneries, etc.) sera soutenue par la
mise en place d’un fonds d’appui à l’investissement.

5.2. Sécurisation de l’élevage pastoral

La sécurisation et le développement de l’élevage pastoral, objectifs majeurs du


Gouvernement, constituent les fondements du programme de modernisation et
d’intensification.

17
C’est pourquoi, les actions entreprises dans ce sens seront soutenues et
amplifiées. Il s’agit notamment :

- d’améliorer la gestion du patrimoine pastoral par la création d’unités


pastorales ;
- de renforcer les infrastructures et équipements d’élevage
- de lutter contre le vol du bétail
- de renforcer les capacités techniques, managériales et commerciales
des éleveurs par un encadrement plus approprié
- de renforcer le contrôle et la protection zoo-sanitaires
- d’améliorer les conditions d’accès au crédit
- etc.

La création d’unités pastorales vise à rationaliser l’exploitation, actuellement


anarchique, du domaine pastoral, en le divisant en unités d’une étendue limitée
(rayon de 10 à 15 km). La délimitation des unités pastorales est basée sur les
ressources en pâturages et en points d’abreuvement, mais en tout premier
lieu, sur les formes actuelles d’exploitation collective de l’espace.

Le processus d’identification et de création des unités pastorales se déroule


en plusieurs étapes impliquant la participation des populations concernées. Il
est couronné par la mise sur pieds d’un comité de gestion chargé de veiller à
l’application des règles établies d’un commun accord par les différents groupes
d’éleveurs qui exploitent traditionnellement l’espace en commun.

L’objectif est à terme la distribution de tout l’espace en unités pastorales et


l’amélioration de la transhumance traditionnelle jusqu’à la réduire à un
mouvement de faible amplitude entre les pâturages d’hivernage et ceux de
saison sèche.

Pour rendre opérationnelles et pérennes les unités pastorales ainsi créées, des
infrastructures et équipements seront mis en place.

Parmi ces réalisations, les infrastructures hydrauliques pastorales constituent


une priorité. Il s’agit, après avoir délimité l’une unité pastorale, de compléter
le maillage des points d’eau afin d’assurer un approvisionnement satisfaisant
en fourrage et en eau durant toute l’année, dans le cadre d’une exploitation
rationnelle.

Chaque unité pastorale comprendra nécessairement les deux principaux types


de pâturages suivants :

- des pâturages d’hivernage, avec des points d’eau temporaires (mares


naturelles ou artificielles, bassins de rétention, etc.) ;

18
- des pâturages de saison sèche, aux alentours des points d’eau
permanents (cours d’eau, forages, bas-fonds, etc.).

Les ouvrages hydrauliques à mettre en place peuvent être de divers types


(bassins de rétention, des puits pastoraux, des forages, etc.), selon la nature
du sol, les besoins en eau, le disponible fourrager, etc.

Les autres types d’infrastructures à mettre en place concernent les parcs de


vaccination, les postes vétérinaires, les pare-feux, les pistes de production,
les marchés à bétail, les aires d’abattage, les magasins d’aliment bétail et de
médicaments, les structures sanitaires pour les populations, les centres de
formation, etc.

L’ensemble de ces infrastructures et équipements sera réalisé sur la base des


priorités identifiées et validées avec les populations bénéficiaires.

Dans le cadre du renforcement des capacités techniques des éleveurs, la


priorité sera accordée aux thèmes axés sur l’alimentation (constitution de
réserves fourragères, régénération des parcours, supplémentation minérale,
etc.), la protection sanitaire (vaccination, déparasitage), l’amélioration
génétique (sélection de femelles et taureaux reproducteurs, insémination
artificielle) et la gestion des parcours.

La totalité des actions énumérées ci-dessus font déjà l’objet d’une mise en
œuvre dans le cadre de projets et programmes en cours de réalisation. Il
s’agira d’amplifier ces actions et, surtout, de les étendre à l’ensemble du pays.

Les financements nécessaires sont sollicités dans le cadre de l’extension des


activités desdits projets et programmes. Leur montant sera évalué à 20
milliards de francs CFA.

5.3. Intensification et Modernisation de l’Elevage

Ce projet se présente en trois composantes :

- les Centres d’Impulsion pour la Modernisation de l’Elevage (CIMELS)


- le Fonds d’appui à la Stabulation (FONSTAB)
- les fermes privées modernes (FPM).

Il s’agit essentiellement de promouvoir la stabulation par la création de


fermes privées modernes utilisant les méthodes modernes d’exploitation et de
production animale, sous l’impulsion de centres de référence (CIMELs) et le
soutien d’un fonds d’appui au financement (FONSTAB).

19
L’incitation à la stabulation s’appuie essentiellement sur la mise en place d’un
fonds spécial (FONSTAB : fonds d’appui à la stabulation) dont l’objectif est
de garantir les crédits contractés auprès des institutions financières et de
soutenir les activités ciblées par des mécanismes divers tels que la
bonification, l’octroi de prix par le biais de concours et le soutien à
l’installation (subvention des investissements).

Les fermes privées modernes polarisées par chaque CIMEL sont conçues sur la
base des potentialités zonales et des synergies entre les différents types de
productions possibles.

Les CIMELs constituent le pivot du système et le FONSTAB permet d’aider


à la vulgarisation et à la valorisation des résultats de la recherche. En
intervenant dans des domaines aussi divers et variés que l’amélioration
génétique, la modernisation des infrastructures, la protection zoo-sanitaire, la
sécurité alimentaire du cheptel, la diversification et la valorisation des
productions, entre autres, le CIMEL joue plusieurs rôles, notamment :

- un rôle de démonstration pour l’application des résultats de


recherches au sein d’unités de production viables ;
- un rôle d’incitation et d’appui à la mise en place de fermes privées
modernes, par l’identification et la conception des projets et la mise
en synergie des actions des différents acteurs devant aboutir à un
financement ;
- un rôle de formation permanente des personnels des fermes mises
en place ;
- un rôle de suivi permanent de la mise en œuvre des innovations
techniques et technologiques au sein des fermes privées modernes
et des résultats obtenus ;
- un rôle de prestataires de services et d’appui à la production dans
les domaines de l’approvisionnement en intrants (animaux
reproducteurs ou de production, fabriques d’aliments, semences
fourragères, production de vaccins, magasins d’aliments, stations
service à mélasse, etc.) et la transformation des productions (mini-
laiteries, « mieleries », abattage et conditionnement des volailles,
etc.).

L’implantation des CIMELs ainsi que l’orientation des spéculations qui y seront
développées se fondent sur les expériences vécues, le potentiel en
infrastructures existant et la spécialisation des principales zones agro-
écologiques du pays.

Ces centres auront pour principales cibles les jeunes du terroir, les jeunes
diplômés, les promoteurs privés et les exploitants agricoles dont les activités

20
sont totalement ou partiellement axées sur les pratiques modernes de
productions animales.

V – CADRE INSTITUTIONNEL DE PILOTAGE DU PROGRAMME

La mise en œuvre du programme sera sous-tendue par la re dynamisation des


services de l’élevage à travers le projet de restructuration en cours de
réalisation.

La coordination technique sera assurée par une structure d’exécution


autonome sous la supervision d’un organe d’orientation, de suivi et d’évaluation
des activités.

VI – BESOINS EN FINANCEMENT DU PROGRAMME

Les coûts estimatifs des différentes composantes du programme sont repris


dans le tableau n° 5 ci-dessous.

21
Tableau 5 – Besoins en financement du programme
Projets / Composantes Durée Montant (Milliards
F CFA)
Amélioration de l’environnement de 21
la production
Renforcement de la Sécurité 4 ans 1,0
Sanitaire des Aliments d’Origine
animale
Renforcement de la Protection zoo- 5 ans 8,5
sanitaire
Modernisation des circuits de 2 ans 11,5
transformation et de distribution des
produits animaux
Sécurisation et Développement de 5 ans 20
l’élevage pastoral
Mise en place d’Unités Pastorales 5 ans 3,5
Renforcement des infrastructures et 5 ans 12,5
équipements pastoraux
Renforcement des capacités des 3 ans 2,5
producteurs
Identification du bétail 3 ans 1,5
Modernisation Intensification de 5 ans 73
l’élevage
Mise en place des Centres d’Impulsion 2,5
pour la Modernisation (CIMEL)
Mise en place du FONSTAB 67,5
(hypothèse moyenne)
Unité de gestion du projet 3,0
TOTAL GENERAL 114

22
Tableau 5 : Contraintes du sous-secteur par filière

Filières Viandes bovine ovine et caprine Lait Aviculture moderne et Equine Apicole Porcine Industries
Traditionnelle animales
Contraintes

Physiques – Exiguïté des zones de parcours - Enclavement de la plupart - l’existence de la - Les zones de - Inexistence - Inexistence
concurrencées par les cultures des zones de production ce glossine limite l’élevage production apicoles sont d’abattoirs d’unités de
– Enclavement de la plupart des qui entraîne des difficultés des chevaux dans le sud souvent enclavées et pour les porcs traitement et de
zones de production dans la collecte et le du pays éloignées des zones de dans la plupart transformation des
– Insuffisance des points transport du lait vers les consommation des zones de produits animaux
d’abreuvement du bétail centres de consommation - Manque d’unités de production dans les zones de
- Manque d’unité de traitement et de production
transformation et de transformation des
conditionnement du lait dans produits apicoles
les zones de production
Techniques – Manque de formation des acteurs - Manque de formation des - Manque de formation – Exploitation abusive - Manque de formation - Techniques - Manque de
de la filière notamment les producteurs dans les de la plupart des des chevaux de trait des apiculteurs locaux d’élevage formation des
bouchers, les éleveurs, techniques de aviculteurs – Mauvaises conditions techniques apicoles rudimentaires acteurs sur les
– Mauvaise présentation de la viande transformation des produits - Cherté de l’aliment et d’élevage des chevaux rudimentaires ne - Manque de techniques de
(découpe et exposition) laitiers des intrants de trait respectant pas formation des dépeçage, ce qui
– Déficit du contrôle sanitaire des vétérinaires l’environnement éleveurs occasionne la
produits carnés (abondance des - Mauvaises conditions - Manque de dépréciation de la
abattages clandestins dans les d’élevage (habitat, diversification des valeur marchande
grands centres de consommation entretien, alimentation, produits apicoles des cuirs et peaux
– Manque de politique promotionnelle suivi sanitaire) exploités (seuls le miel
de la viande locale et la cire sont exploités)
– Manque de technicité des éleveurs - Manque de personnel
en matière de production et de d’encadrement bien
valorisation des fourrages formés
- Pauvre valeur nutritive des
pâturages durant une bonne partie
de l’année

23
Institutionnelles – La mauvaise organisation des - Absence d’une politique de - Inefficacité de la – Absence d’un – Absence d’une bonne - Absence d’une - Manque
circuits de commercialisation promotion du lait local ce qui structure de contrôle programme national politique de promotion politique de d’organisation du
entraînant le manque de compétitivité favorise la concurrence par de qualité des aliments d’amélioration de la race des produits apicoles développement circuit de collecte
de la filière les produits laitiers importés et autres intrants équine sénégalais de la des cuirs et peaux
– Nombreuse intermédiation dans le - Absence d’une politique avicoles - Absence d’une – Absence d’une production bruts
circuit cohérente de développement - Absence d’une politique législation sur la législation apicole porcine
- Non application du décret portant de la production laitière de promotion de protection des chevaux faiblesse des crédits
organisation des parcours du bétail l’aviculture de traits accordés aux
- Inexistence de sociétés traditionnelle apiculteurs
d’assurance risque dans le secteur
de l’élevage
- Inefficacité des politiques de
développement en matière d’élevage
- Inadaptation de certain textes
législatifs et réglementaire au
contexte actuel de libéralisation et
de désengagement de l’état
- Non prise en compte de l’activité
pastorale comme une forme de mise
en valeur foncière

Organisation- - Inactivité des organisations - Manque d’organisation des - Inorganisation des les organisations - Inexistence
nelles d’éleveurs producteurs acteurs de la filière d’apiculteurs sont peu d’organisations
- Mauvaise organisation de la filière actives de
producteurs
de porcs (sauf
en Casamance)

24
Sociolo- - Persistance de comportements - Le lait de certaines espèces – L’élevage traditionnelle - L’apiculture n’est - La religion
giques sociologiques contraires à la logique animales est très peu de volaille est souvent souvent pas considérée constitue un
économique (les éleveurs ne vendent apprécié par une bonne considéré comme une comme un métier mais obstacle dans
qu’en cas de besoin d’argent, la frange de la population activité marginale simplement comme une le
plupart des élevages ne sont pas ‘chèvre, mouton) allouée exclusivement activité secondaire de développement
considérés comme des entreprises aux femmes et enfants cueillette de la
devant créer de la valeur ajoutée) les produits apicoles production
l’élevage de chèvre demeure marginal n’entrent souvent pas porcine
dans le régime - Le porc n’est
alimentaire des souvent
sénégalais consommé qu’à
l’occasion de
cérémonies
familiales et
religieuses
Financières - Insuffisance et in adaptabilité du - Faible pouvoir d’achat des – Faible pouvoir d’achat - Absence d’appui à
crédit dans les activités d’élevage consommateurs des consommateurs l’installation de
- Faible pouvoir d’achat des - Insuffisance et inadaptation nouvelles unités
consommateurs du crédit dans l’activité de - Volumes de
production laitière financement
nécessaires souvent
très élevés
Sanitaires - Instabilité de la situation sanitaire - Insuffisance du contrôle de – Instabilité de la - Manque de suivi - Inexistence d’un - Protection
du cheptel (persistance de certaines qualité et de salubrité des situation sanitaire sanitaire des chevaux de contrôle des produits sanitaire peu
enzooties, des maladies produits laitiers –Manque de suivi trait, absence d’un apicoles destinés à la efficace
parasitaires) sanitaire de la volaille programme annuel de commercialisation - La viande de
- Insuffisance du contrôle sanitaire locale protection sanitaire – Absence d’un porc est
et de salubrité, programme de souvent peu
absence de programme de couverture protection sanitaire des contrôlée
sanitaire des chèvres, abeilles compte tenu
du fait que les
porcs ne sont
souvent pas
abattus aux
abattoirs
agréés.

25
Génétiques faible potentiel boucher des races - Faible potentiel génétique - Faible potentiel - Faible potentiel – Grande agressivité des - Faible
des races locales d’ovins et de des races locales génétique des races génétique des races abeilles locales potentiel
caprins locales locales en matière de boucher des
traction lourde et de races locales
course hippique - Inexistence
d’une politique
d’amélioration
génétique de
la race porcine

26
Tableau 6 : Stratégies et actions

ORIENTATIONS ACTIONS A MENER


STRATEGIQUES
- Stratifier les choix stratégiques pour le développement de l’élevage
- Former les producteurs aux techniques modernes de production animale
- Développer une synergie entre l’agriculture, l’élevage et les autres types d’activité (foresterie, artisanat, etc.)
- Renforcer la couverture sanitaire du cheptel
- Diversifier les productions animales en mettant l’accent sur les productions marginalisées (lapins, porcs, apiculture, etc.)
- Faciliter l’accès aux intrants d’élevage et à l’aliment en particulier
- Faciliter l’accès au crédit
- Mise en place de centres de formation des producteurs aux métiers de l’élevage
Moderniser et intensifier - Mesures de promotion de la qualité
l’élevage - Vulgarisation de thèmes techniques à travers l’ANCAR
- Mise en œuvre de programmes de sélection et d’amélioration génétique pour les différentes espèces animales
- Développement de la production de semences fourragères grâce à un partenariat entre les organismes de recherche et tous les autres acteurs
du sous-secteur
- Incitations à la constitution de réserves fourragères et à la pratique des cultures fourragères
- Renforcement du contrôle de qualité des denrées d’origine animale et hygiène publique vétérinaire
- Asseoir un véritable système de collecte et de traitement des données de l’élevage au sein de la DAPS ;
Améliorer les infrastructures - Révision du maillage des forages dans la zone sylvopastorale et renouvellement des équipements de ces ouvrages
de base - Amélioration de l’état des pistes de production dans les zones pastorales
- Réhabiliter les abattoirs existants et en créer d’autres plus modernes
- Mise en place d’une chaîne de collecte du lait et d’installations frigorifiques pour le stockage et la conservation des viandes
- Réhabiliter le Ranch de Doli pour son affectation à des utilisateurs potentiels
- Construction d’un Centre National de Sélection et d’Amélioration Génétique et de Centres Secondaires
- Mise en place de nouveaux postes vétérinaires et de parcs de vaccination dans certaines localités
- Construction de Centres de quarantaine au niveau des frontières, du port et de l’aéroport
- Mise en place d’un système de financement adapté aux spécificités des productions animales
- Moderniser la distribution des produits animaux de manière à ce que la qualité soit bien rémunérée (kiosques à viandes)
- Prise de mesures incitatives diverses (subventions, exonérations de taxes, concessions, etc.)
- Facilitations de l’accès au crédit pour les gros investissements structurants de l’élevage (constructions, infrastructures diverses, équipements)
Promouvoir et développer - Appui à la création d’unités industrielles en amont (fabriques d’aliments, de matériels ou d’autres intrants) et en aval de la production
l’initiative privée (transformation, conditionnement, etc.)
- Création de bulletins d’informations sur les différentes filières du sous-secteur
- Organisation de concours dotés de prix pour les meilleurs producteurs
Promouvoir et responsabiliser - Assistance des Organisations de Producteurs à la mise en place de mutuelles d’éleveurs pour leur consolidation et le financement de petits
les organisations projets
professionnelles - Re dynamiser les organisations professionnelles existantes et les associer à la réflexion et à l’exécution des politiques de développement du sous-
secteur

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- Mise en place des lignes de crédit adaptées aux productions animales
- Création d’un marché de référence du bétail et de la viande
- Mise en place d’un réseau national d’appui au développement des productions animales
- Mise en place d’un cadre de concertation pour la recherche et le développement en partenariat avec tous les autres acteurs

Créer un cadre institutionnel - Maintenir et renforcer les appuis institutionnels aux filières animales telles que l’intervention de la LONASE à la filière équine
favorable au développement - Mise en place d’une législation protégeant et promouvant les productions nationales (suppression temporaire de la taxe sur le maïs, instauration
des productions animales de taxes conjoncturelles sur les importations de produits animaux, obligation aux industriels de vendre sur le marché national un quota des sous-
produits agro-industriels utilisés en alimentation animale
- Adaptation de la loi sur le domaine national aux spécificités du pastoralisme
- Renforcement des moyens des services publics intervenant dans le sous-secteur de l’élevage (DIREL, DRDR, ANCAR, ISRA, etc.)
Asseoir et développer une - Assainissement des abattoirs existants et construction de nouvelles unités à Touba et Dahra
industrie animale moderne et - Incitation à la mise en place de tanneries modernes
compétitive - Soutien actif au développement de la volaille industrielle
- Mise en place d’une chaîne de collecte du lait frais en milieu rural
- Soutien aux initiatives d’installation d’unités de transformation des produits animaux
Promouvoir un développement - Inventaire et suivi de l’évolution de l’état des ressources pastorales dans toutes les zones
durable - Restaurer les sites dégradés par la mise en défens ou l’enrichissement avec des espèces végétales appropriées
- Aménager et assurer une gestion rationnelle des zones pastorales et agropastorales
- Renforcer la couverture sanitaire du cheptel
- Mise en œuvre d’un programme d’éducation environnementale en direction des producteurs
- Mise en œuvre d’un programme d’identification des animaux sur l’ensemble du territoire national
- Réhabilitation et équipement des laboratoires régionaux pour le contrôle et des maladies
- Vaccinations gratuites ou subventionnées dans les localités à forte densité animale et au niveau des villages frontaliers
- Mise en place de Centres de quarantaines au niveau de frontières
Assurer la sécurité des - Renforcement du contrôle zoo sanitaire au niveau du port, de l’aéroport et des frontières
producteurs

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