0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues5 pages

Architecture vernaculaire : avenir durable

Transféré par

mohamed trabelsi
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues5 pages

Architecture vernaculaire : avenir durable

Transféré par

mohamed trabelsi
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

L’architecture vernaculaire : une source d’inspiration pour l’habitat de demain

Aujourd’hui, de plus en plus d’architectes et de chercheurs s’intéressent à l’architecture


vernaculaire. Que ce soit à travers des études, des publications ou même des projets concrets,
cette approche ancestrale inspire les pratiques contemporaines. Elle repose sur une relation
harmonieuse entre l’homme et son environnement, un principe essentiel à l’heure où nos
villes et nos bâtiments consomment une quantité excessive d’énergie.

L’urbanisation moderne repose sur des matériaux comme le béton, le verre ou l’asphalte, qui
ne sont pas toujours adaptés aux contraintes climatiques. Le verre, par exemple, réfléchit la
chaleur du soleil, créant des îlots de chaleur urbains et accentuant l’effet de serre dans les
logements. L’asphalte, quant à lui, absorbe la chaleur et la restitue dans l’air ambiant, tandis
que la fabrication du béton engendre une empreinte carbone importante. Par ailleurs, la
conception des villes encourage souvent l’usage de la voiture individuelle, aggravant la
pollution et rendant l’air plus difficile à respirer, notamment en été.

Avant l’ère de la construction industrielle, les bâtiments étaient conçus en fonction de leur
environnement. Les matériaux provenaient des ressources locales et répondaient
naturellement aux besoins climatiques et culturels des habitants. Ces pratiques, aujourd’hui
considérées comme des modèles d’économie circulaire, permettaient d’assurer un confort
thermique optimal et une empreinte écologique réduite. De nos jours, l’architecture
contemporaine cherche à renouer avec ces principes pour proposer des espaces de vie plus
durables et adaptés aux défis environnementaux.

Le village d’El Gourna en Égypte : l’héritage de Hassan Fathi

Parmi les architectes qui ont su puiser dans le patrimoine vernaculaire pour proposer une
architecture adaptée aux réalités modernes, Hassan Fathi occupe une place majeure. Véritable
pionnier de l’architecture bioclimatique, il a consacré sa carrière à développer des
constructions en harmonie avec le climat et les modes de vie locaux, notamment dans les
régions chaudes et arides. Il est devenu un des architectes les plus reconnue en domaine
d’inspiration du vernaculaire en Afrique.1

À travers ses nombreux projets, mais aussi grâce à son livre Construire avec le peuple (1973),
il a démontré qu’il était possible de bâtir des logements économiques et confortables en
1
[Link]
utilisant des techniques et des matériaux traditionnels. L’un de ses projets les plus
emblématiques est la reconstruction du village d’El Gourna, où il a travaillé avec les habitants
pour concevoir des logements en briques de terre crue, tout en leur transmettant les savoir-
faire nécessaires à leur construction.

Le village d’El Gourna, construit entre 1946 et 1952, illustre parfaitement cette approche. Son
plan urbain favorise la compacité pour limiter l’exposition au soleil, les murs épais offrent une
excellente isolation thermique, et les ouvertures sont stratégiquement orientées pour
maximiser la ventilation naturelle. Chaque maison est dotée d’une cour intérieure et d’un toit
en terrasse, permettant aux habitants de profiter d’un espace frais pendant les nuits estivales.

Hassan Fathi a également perfectionné un système de ventilation naturelle en intégrant des


tours à vent équipées de plateaux de charbon de bois humidifiés, capables d’abaisser la
température intérieure de plusieurs degrés. Il a su exploiter les principes de la ventilation
transversale pour capter l’air frais et évacuer la chaleur, réduisant ainsi le besoin en
climatisation artificielle.

Ce projet prouve qu’il est possible de construire des logements adaptés au climat tout en
restant abordables : les 1500 maisons en adobe réalisées pour ce village ont coûté sept fois
moins cher qu’une construction en béton. Plus qu’un simple modèle architectural, El Gourna
est devenu une référence en matière de durabilité et d’habitat social.

L’héritage de Hassan Fathi dépasse largement les frontières égyptiennes. Avec plus de 160
projets réalisés en Égypte, en Irak et au Pakistan, il a démontré que l’architecture vernaculaire
n’était pas une simple nostalgie du passé, mais une véritable solution pour l’avenir. Son
travail rappelle que les meilleures innovations ne reposent pas forcément sur des technologies
sophistiquées, mais sur une compréhension fine des ressources et des savoir-faire locaux.

Pourquoi s’intéresser à l’architecture vernaculaire pour construire aujourd’hui ?


L’architecture vernaculaire se présente comme un véritable répertoire de suggestions et de
pistes de réflexion, à la fois pour les architectes et pour toute personne engagée dans la
conception du bâti. Pierre Frey, dans Learning from vernaculaire, écrit que « l’architecture
vernaculaire s’offre au monde et aux architectes comme un catalogue enchanté de
suggestions et d’amorces de solutions soumises à leur inventivité ». Présente dans toutes les
régions du monde, elle témoigne de l’ingéniosité humaine et de la capacité à adapter les
formes architecturales aux spécificités locales.

Elle incarne une approche sobre et responsable en matière de construction. Fondée sur
l’utilisation de ressources locales, elle permet de réduire les besoins en transport et limite ainsi
les effets environnementaux associés. Ces architectures, profondément ancrées dans leur
contexte géographique et culturel, s’intègrent naturellement dans leur environnement. Elles
traduisent un équilibre entre la matérialité, les savoir-faire locaux, et le respect du lieu.

Mais au-delà des matériaux, l’architecture vernaculaire se distingue par la richesse et la


variété des techniques de construction qu’elle mobilise. Ces techniques, souvent issues d'une
longue tradition de transmission empirique, témoignent d’une profonde intelligence
constructive. Elles peuvent aujourd’hui être adaptées ou réinterprétées dans une logique
contemporaine, offrant des solutions alternatives à la standardisation et à la dépendance
technologique du bâti moderne. Leur intégration dans des projets actuels permet d’explorer de
nouvelles pistes architecturales, plus sensibles au contexte, plus économes en ressources, et
plus durables dans le temps.

L’architecture vernaculaire propose également une autre manière de concevoir la durée de vie
d’un bâtiment. Certaines constructions sont pensées pour être transformées, renouvelées ou
même disparaître sans laisser de trace polluante, tandis que d’autres traversent les siècles
grâce à leur solidité et à l’entretien régulier qu’elles nécessitent. Ce sont des architectures
réversibles, construites à partir de matériaux simples et non transformés, dont la fin de vie ne
représente pas une menace pour l’environnement.

Cette forme d’architecture se distingue aussi par sa conscience climatique. Bien avant
l’apparition du concept de bioclimatisme, elle intégrait déjà des stratégies de confort
thermique passif, adaptées aux conditions locales. Orientation, ventilation naturelle,
protection solaire ou encore gestion des eaux : tout y est pensé en fonction du climat, des
ressources et des contraintes du terrain. Elle met en œuvre une intelligence constructive,
fondée sur des solutions sobres, efficaces et peu coûteuses.

Enfin, au-delà de ses qualités techniques, l’architecture vernaculaire offre une dimension
esthétique riche et singulière. Elle nourrit l’imaginaire architectural et inspire encore
aujourd’hui de nombreuses démarches contemporaines.

En somme, l’architecture vernaculaire n’est pas un simple héritage du passé. Elle constitue
une ressource vivante, capable d’éclairer les enjeux contemporains liés à la durabilité, à
l’identité locale et à notre manière d’habiter le monde, tout en apportant un éventail de
techniques constructives précieuses à réinterpréter dans l’architecture d’aujourd’hui.

Matériaux et techniques de constructions


L'architecture vernaculaire est un reflet authentique des traditions, des ressources locales et du
savoir-faire transmis de génération en génération. Elle se caractérise par une grande diversité
de techniques de construction, adaptées aux conditions climatiques, culturelles et
géographiques de chaque région, comme l'affirme Oliver, P. : « L'architecture vernaculaire est
le reflet d'une sagesse constructive ancestrale, transmise de génération en génération, qui
regroupe une multitude de techniques adaptées aux contextes locaux, aux ressources
disponibles et aux conditions climatiques spécifiques » 2(Oliver, P., 2006).

Cette vision m'interpelle sur le grand héritage des techniques de construction de cette
architecture, qui présente une grande diversité de matériaux provenant des ressources locales.
Ces techniques confèrent une identité propre à chaque région du monde, chacune ayant sa
manière de construire. Ces techniques sont influencées par des facteurs tels que le savoir-faire
constructif transmis, le climat et la culture.

Les matériaux ancestraux dans les constructions

L’intérêt dans les matériaux ancestraux tels que le bois, la pierre ou encore la terre crue, c’est leur
durabilité. En effet, ils n’ont pas besoin de traitements spécifiques, ils se suffisent à euxmêmes,
contrairement à des matériaux qui demandent des processus chimiques, des mélanges, des liants, de
la chaleur, etc. En ce qui concerne la réutilisation ou le recyclage, l’avantage ira toujours aux
matériaux bruts, à condition que ceux-ci ne soient pas recouvert d’autres produits tels que le ciment
entre autre. Par exemple, la terre crue peut facilement être réutilisée, ce qui fait d’elle une technique
à garder en considération et un matériau pertinent à utiliser encore aujourd’hui de manière à limiter
les consommations d’énergie grise (Heinrich, 2020). La terre peut être utilisée de multiples façons, il
existe pas moins de 12 modes d’utilisation qui ont été répertoriés par l’étude des traditions et des
savoir-faire vernaculaires du monde entier.

2
(Oliver, P. (2006). Built to Meet Needs: Cultural Issues in Vernacular Architecture. Routledge).

Vous aimerez peut-être aussi