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Crises de la mondialisation et alternatives

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IV.

Crises et limites de la mondialisation libérale : quelles sont les logiques


alternatives d’organisation de l’espace mondial ?
Deux grands axes thématiques sont abordés dans cette partie :

= la mondialisation ne parvient pas à expliquer à elle seule l’organisation de l’espace mondial et les interactions ou
fermetures au sein de cet espace : il faut tenir compte aussi de la multiplicité des cultures et des civilisations (parfois
millénaires) préexistantes à la mondialisation… Les civilisations subissent le choc de la mondialisation, ce qui donne
parfois lieu à des réactions ou des rejets anti-mondialisation. partie A.

= la mondialisation étudiée dans les parties I à III, a aussi, en elle-même, des conséquences néfastes et des effets
pervers. Depuis la fin des années 2000, ces limites apparaissent de plus en plus clairement. Des groupes (ONG,
mouvements sociaux, initiatives de citoyens…) critiquent ces dérives voire demandent une autre mondialisation (=
alter-mondialisme). Les regroupements d’États, l’émergence d’un gouvernance mondiale (politique, économique,
écologique) pourraient être des tentatives de réponse à ces limites. Mais sont-elles, pour l’instant, suffisamment
efficaces ? parties B et C.

A. Les différentes cultures et civilisations face à la mondialisation


[ Exposé d’Antoine Sander]
1) Le poids des grandes aires mondiales de civilisations

NB : le mot civilisation évoque pour une population donnée dans une aire géographique donnée, l’héritage d’un passé
commun mêlant des traits religieux, linguistiques et culturels au sens large.
Aire de civilisation = entité géographique comme espace culturel fondé sur un ensemble de caractères
matériels, moraux, religieux, linguistiques, artistiques et sociaux communs à une société ou à un groupe de
sociétés.

Exercice : étude de document = Carte 1 p. 36 :


1) Cette carte a-t-elle des points communs avec celles étudiées jusqu’à présent ? Non. C’est une autre logique à prendre
en compte.
2) Quel est le critères principal retenu pour déterminer les frontières entre les différentes civilisations ? la religion
3) Vous paraît-il pertinent ? Quels autres critères pourraient être utilisés ? langue (langues slaves, langue urdu , espace
d’échange (méditerranée), culture au sens large : <modes de vie (civilisation du blé, du riz, du mil, expériences passées
communes (ex : pays communistes, ex : Inde britannique)…
4) Pourquoi prendre en compte cette réflexion sur les civilisations quand on parle de la mondialisation ? la mondialisation
doit tenir compte des civilisations. Elle ne se développe pas sur un terrain vierge : il y une grande diversité de langues, de
cultures, de religions dans le monde.

a) Il existe de nombreuses différences très anciennes parfois millénaires entre les cultures, les langues, les religions dans
le Monde. On parle ainsi d’une mosaïque des civilisations (voir les écrits de l’historien français Fernand BRAUDEL,
comme par ex. sa Grammaire des civilisations).

b) Il n’y a pas de critère unique pour délimiter les civilisations :


* Samuel Huntington a développé la notion de « choc (clash) des civilisations » sur la base du critère religieux (voir ch. 3
(histoire)). : la carte du livre (p. 36) est directement inspirée de Samuel Huntington et donc critiquable dans ses choix de
délimitations.
* En effet bien d’autres critères sont possibles : linguistiques, historiques, culturels au sens large (ex : on parle de
civilisation méditerranéenne). / des pratiquants d’une même religion peuvent être très divisés (sunnites contre chiites,
protestants contre catholiques) ce qui change les tracés des limites de civilisations. carte-synthèse meilleure que
celle du livre à observer dans le diaporama.

c) Une chose est sûre : ces civilisations précèdent de loin la mondialisation. Elles organisent l’espace mondial de
manière très différente de la mondialisation. Les acteurs de la mondialisation doivent non seulement tenir compte de
ces différences (cf. stratégies différenciées de commercialisation des produits vues dans le II.A.1 et 2) mais ils
peuvent aussi être considérablement freinés par elles.
2) Face aux différences culturelles, la mondialisation pousse à une relative uniformisation

a) La domination du modèle culturel américain et occidental : culture et consommation de masse en provenance


des États-Unis. (documents p. 60)
* Le déclin relatif du poids des USA dans la globalisation (voir le II.C et le ch. C) ne se vérifie pas dans la culture et
consommation de masse. Au contraire ! Quelques exemples :
= l’expansion des chaînes américaines de fast-food (McDonald’s : photo 9 p. 43), KFC, Pizza Hut…) et de café
(Starbucks), n°1 mondial dans leurs domaines. les modes de consommation alimentaire inspirés des habitudes
occidentales en particulier américaines se développent (tout spécialement en Asie dans les nouvelles classes
moyennes).
= la domination écrasante du cinéma américain au niveau mondial. Expansion de la domination des séries TV
américaines depuis le milieu des années 1990.
= la langue anglaise est, de loin, la 1ère langue de communication internationale dans le monde (texte 8 p. 43). Cette
domination s’est encore renforcée depuis la chute du bloc communiste (exemple emblématique en TV : la chaîne
russe internationale d’information Russia Today diffuse tous ses programmes en anglais).

b) Baisse de la diversité culturelle et linguistique au niveau mondial


De nombreuses langues sont en voie d’extinction dans le Monde. Plusieurs centaines en Amérique, Afrique et Asie.
Selon un rapport de l’Unesco, 96% des langues de la planète sont parlées par 3% de la population mondiale 90% des
langues pourraient avoir disparu à la fin du XXIe siècle ce qui va à l’encontre de la Convention de l’UNESCO sur la
diversité culturelle (signée en octobre 2005).

3) Résistances et réactions identitaires à la mondialisation

documents 10 et 11 p. 43

a) Des réactions multiformes à la mondialisation (à ne surtout pas mettre toutes dans le même sac !)
Certains groupes dans les populations de la planète se sentent déstabilisés voire agressés dans leur identité et ne restent
pas sans réagir face à l’uniformisation des modes de vie et au développement d’une « culture globale » dominée par
les valeurs et les goûts anglo-saxons.
Voici, en allant des plus modérées aux plus violentes, quelques attitudes que l’on peut partiellement (elles ont aussi
d’autres causes naturellement) expliquer comme des formes de réactions contre la mondialisation culturelle :
= la recherche par les consommateurs de racines locales rassurantes ou attirantes face à l’uniformisation :
consommation de produits locaux, typique de terroirs et de traditions que l’on imagine centenaires voire millénaires
(doc. 11 p.43), succès des restaurants, des festivals, des musiques dites « traditionnelles » ou « ethniques ».
= la (ré-)apparition de mouvements régionalistes parfois autonomistes voire indépendantistes contre les États
fragilisés par la mondialisation (Catalogne en Espagne, « Padanie » en Italie, Écosse dans le Royaume-Uni, Flandre
en Belgique, mécontentements contre Washington dans beaucoup d’États américains)… Certains de ces
mouvements sont marqués à droite voire à l’extrême-droite (replis identitaires, rejets voire racisme), d’autres sont à
gauche voire à l’extrême-gauche (célébration des cultures du monde contre l’impérialisme de l’État américain et
contre l’ultra-libéralisme incarné par les grandes FTN souvent américaines ex : destruction du Mac Donalds de
Millau par José Bové en 1999 : [Link] )
= des réactions identitaires violentes : le cas emblématique, ce sont les mouvements islamistes.

b) Mais en même temps, inscription paradoxale de ces résistances dans la mondialisation


Les mouvements de réaction ne reviennent pas à une époque antérieure à la mondialisation (ce qui est impossible ! On ne
sait pas remonter le temps !). Ils s’inscrivent donc consciemment ou inconsciemment dans l’air du temps…
L’engouement pour la « World Music » ou les « Ethnic Foods », pour les rencontres ou festivals multiculturels
deviennent autant voire plus des symptômes de la mondialisation des cultures que de résistance à la mondialisation
libérale.
Deux autres exemples :
= le cinéma indien : 2e cinéma mondial. Il a développé des productions originales mais dont certains codes, les modes
de diffusion (marketing), le star-system sont calqués sur le cinéma américain, d’où le surnom de « Bollywood ».
= l’organisation Al Qaïda se sert des codes, des styles et des moyens de la mondialisation (utilisation des médias,
d’internet…) pour faire passer ses messages anti-américains et anti-occidentaux.
B. Excès et limites de la mondialisation
1) La mondialisation en crise à la fin des années 2000

a) La dégradation de l’environnement
[exposé d’Antoine Outrequin]
* La mondialisation apparaît comme en contradiction avec les défis environnementaux du XXIe siècle (cf. dossier p. 44-
45 en quoi ce dossier incarne par excellence cette contradiction ? La fonte de l’Arctique est provoquée par le
réchauffement climatique causé par l’industrialisation et la mondialisation… Cette fonte va permettre l’ouverture de
nouvelles routes maritimes pour les porte-conteneurs ainsi que de nouveaux forages pétroliers et gaziers qui
provoqueront une nouvelle accélération du réchauffement climatique = cercle vicieux qui menace la planète tout
entière !)
À l’échelle locale, la concentration des flux de la mondialisation dans quelques lieux est source de pollutions et de
dégradations de l’environnement (cf. exemples vus en TP : eaux polluées des ports de la mondialisation).

* La lutte contre le réchauffement climatique (lancée réellement lors du Sommet de Kyoto en 1997 signature du
Protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005, sauf pour les États-Unis qui n’ont jamais ratifié le Protocole) pourrait impliquer
une remise en cause radicale d’aspects majeurs de la mondialisation : 1-- à l’échelle mondiale : relocalisations,
limitation des transports interplanétaires de marchandises et remise en cause de la DIT / 2-- à l’échelle locale : rapport
direct entre producteurs et consommateurs : consommation de denrées de saison et produits localement, remise en cause
de l’organisation spatiale des métropoles et villes-mondiales (l’installation de citadins à la campagne, effectuant tous les
jours de longs trajets polluants vers la ville serait remise en question) / 3-- en remettant en cause la croissance
économique (polluante ! gaspilleuse d’énergie fossile !) à la base de la mondialisation (photo 3 p. 39 : théorie de la
« décroissance »).
Depuis la conférence de Copenhague en 2009, les sommets climatiques internationaux échouent à trouver un
consensus. Le Protocole de Kyoto a été très difficilement prolongé lors de la Conférence de Durban en décembre 2011.
Les pays émergents ne veulent pas supporter le poids d’efforts qui pourraient freiner leur développement économique. Ils
accusent les pays du Nord d’être les principaux responsables du réchauffement climatique. Néanmoins, les grands pays
émergents prennent individuellement des mesures pour rendre leur développement plus soutenable : la Chine investit
beaucoup dans les énergies renouvelables.(voir documents complémentaires sur le site du cours)

* Les 1ères victimes des catastrophes environnementales sont les pays déjà faibles, en particulier les PMA. En
outre, les déchets de la mondialisation sont souvent exportés dans des zones périphériques de non-droit environnemental
(Ex : bateaux envoyés dans des chantiers navals en Inde pour y être démantelés et/ou désamiantés / Ex : décharges
géantes en Afrique subsaharienne où sont dépecés et recyclés des composants d’appareils hors d’usage, etc…)

* L’idée de Développement durable est peut-être une solution = un développement qui s’inscrit dans la durée, c'est-à-
dire qui allie développement économique et respect des ressources naturelles limitées, puisque le mode de développement
actuel des pays développés ne peut être généralisé aux pays du Sud et aux générations futures. Il doit être écologiquement
sain, économiquement viable (le développement durable intègre la notion de croissance économique) et socialement juste.
idée qui pourrait être à la source d’une nouvelle ère de croissance, la « croissance verte ».

b) L’exploitation des pays les plus pauvres et les écarts croissants de richesse dans le monde

Carte 3 p. 37 : la limite Nord-Sud est-elle encore pertinente sur cette carte ? en grande partie, oui ! Malgré le
développement spectaculaire de quelques pays du Sud (Chine) ou le déclin de certains pays du Nord (Russie), le fossé de
richesse entre les pays du Nord et les pays du Sud persiste encore LIRE LE TEXTE 4 p. 39 = 2% de l’humanité
concentre 50% du patrimoine de la planète.

* La mondialisation ne permet que partiellement aux pays du Sud de se développer : certains PED sont incapables de
supporter leur mise en concurrence (par le biais de la libéralisation du commerce mondial voulue par l’OMC) avec les
pays développés et les nouveaux pays émergents.
= Ex : dossier sur les échanges agricoles p. 46-48 = les pays d’Afrique noire voient leur agriculture écrasée par les
produits agro-industriels importés d’Europe, d’Amérique ou d’Asie orientale (ex. d’un commerce inéquitable : le lait
en Afrique noire, p. 48).
= Autre exemple : l’industrie textile d’Afrique du Nord a beaucoup souffert depuis l’ouverture (libre-échange) des
échanges textiles entre l’UE et la Chine en 2005… Les industriels du textile marocains ou tunisiens ont perdu des
parts de marché dans l’UE face aux Chinois (vidéo à visionner sur le site du cours).
* La mondialisation, de ce fait, n’appauvrit pas davantage les pays du Sud dans l’absolu (le niveau de vie moyen
augmente sur la planète depuis 20 ans, sauf en Afrique noire où il stagne) mais accroît les inégalités relatives de
richesse, entre eux ou au sein de ces pays : seules certaines parties de la population profitent de la mondialisation (y
compris en Chine ou en Inde où les classes moyennes se développent). Les écarts entre riches et pauvres n’ont pas été
réduits par la mondialisation. Au contraire, elle les a souvent accentués.

c) Les bas-fonds de la mondialisation

* Parallèlement à la mondialisation officielle et légale, les mondialisations criminelles se développent :


[exposé d’Anaïs Michel et de Marie Lemoine]
1-- mafias internationales et trafics au niveau mondial (produits de contrefaçon, trafics de drogue, réseaux de
prostitution internationale, réseaux de passeurs pour l’immigration illégale, etc... Ces réseaux profitent des
innovations et des technologies de la mondialisation pour se développer... La plupart de ces flux sont dirigés vers les
pays du Nord, en particulier vers les pôles de la Triade (à fort pouvoir d’achat).
2-- délinquance des exclus de la mondialisation : la piraterie, le kidnapping... Ex : les pirates somaliens profitent du
passage près des côtes somaliennes d’énormes flux de marchandises se dirigeant vers l’Europe pour « capter » une
partie de cette richesse dont leur pays en ruine (Somalie= PMA en guerre civile depuis 1991) est totalement exclu.

* Les « zones grises » de la mondialisation : certains profitent des failles juridiques et réglementaires de la
mondialisation ainsi que des dérégulations accompagnant l’essor du libre-échange et l’affaiblissement des États pour
développer des activités certes non illégales mais nuisibles à l’intérêt général.
= Ex : les pavillons de complaisance (bateaux de commerce immatriculés dans des pays « complaisants » comme le
Panama où les taxes sont très faibles et les normes de sécurité très laxistes) : ces bateaux sont souvent dangereux et
leur équipage exploité, il est difficile de faire condamner les propriétaires en cas de fraude ou de pollution.
= Ex : les paradis fiscaux : des particuliers mais aussi des FTN se domicilient dans ces paradis fiscaux pour échapper
aux taxes et aux impôts de leurs pays d’activité réelle (on parle pudiquement « d’optimisation fiscale »). Elles ne
contribuent donc pas aux budgets d’États dont elles profitent (marchés de consommation, infrastructures, main
d’œuvre formée…). La FTN française Total n’a payé ainsi aucun impôt sur les sociétés en France jusqu’en 2011…
Les paradis fiscaux permettent aussi d’héberger des activités complexes et périlleuses de la mondialisation
financière (produits dérivés et complexes, fonds d’investissement ultra-spéculatifs, les Hedge Funds situés
majoritairement dans les Îles Caïmans)… Tous les paradis fiscaux ne sont pourtant pas situés dans des îles lointaines
(voir carte du diaporama) : certains pays européens ont, dans une certaine mesure, des paradis fiscaux sur leurs
propres territoires (au Royaume-Uni, les Îles Jersey et Guernesey voire la City (=CBD) de Londres elle-même !)

d) La crise financière, économique et énergétique depuis 2007-2008

Le monde, en particulier les pays industrialisés du Nord, sont entrés depuis 2007-2008 dans une probable longue
période de crises voire de dépression. Il y a deux crises principales : la crise économique et la crise énergétique.

d.1) CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE [exposé de Camille Beniada et Mathilde Trouvé voir aussi IV.C.3]
En septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers fait faillite entraînant les États-Unis puis l’ensemble des pays
du Nord dans une crise sans précédent depuis la dépression des années 1930. Cette crise s’accentue et s’approfondit
depuis 2010 selon les mêmes modalités que la crise des années 1930 (crise financière économique sociale
politique)… Quelles limites de la mondialisation apparaissent à l’occasion de cette crise ?
= les excès de la mondialisation financière qui ont engendré des bulles spéculatives déconnectées de l’économie
réelle et des besoins réels des entreprises. La richesse virtuelle mobilisée en bourse (capitalisations boursières) a
dépassé largement la richesse réellement produite (PIB mondial).
= Un déséquilibre croissant découlant de la division internationale du travail (DIT) : endettement des classes
moyennes des pays riches enrichissement considérable mais limité à certains couches sociales dans les pays
émergents (Brésil, Chine) crise mondiale de la demande (< endettement des classes moyennes des pays du
Nord) qui apparaît désormais au grand jour : le pouvoir d’achat stagne voire baisse dans les pays du Nord, la
croissance des pays de la Triade s’atrophie et l’enrichissement des pays émergents ne profite pas encore
suffisamment à leurs populations.

d.2) CRISE ÉNERGÉTIQUE


Le prix du pétrole a fortement augmenté depuis 2007 (de 30 $ à plus de 100 $ le baril avec un pic à 150 $ en 2008).
Certains estiment que l’on a déjà franchi le peak oil : moment où la production pétrolière devrait commencer à décliner
dans le monde, faute de ressources suffisantes pour satisfaire la demande mondiale croissante (chinoise et indienne
notamment).
Or le pétrole est la source d’énergie par excellence de la mondialisation. Un baril à 200 ou 300 $ redonnerait de
l’importance aux coûts de transport (actuellement extrêmement faibles) et pourrait remettre en cause la DIT.

2) Mouvements altermondialistes et ONG

* Mouvements altermondialistes (lire le doc. 1 p.39) : mouvements contestataires de la mondialisation libérale nés en
1999 lors d’un sommet de l’OMC à Seattle. Ils veulent réguler le processus de mondialisation, et imposer des règles du
jeu économiques et sociales qui fondent une « autre » mondialisation, sur d’autres bases plus justes et moins inégalitaires.
Réunion du Forum Social Mondial (FSM) chaque année depuis 2001 souvent à Porto Alegre au Brésil.

* ONG (organisations non gouvernementales) : association privée agissant au niveau international, sur des questions
variées (santé avec MSF, environnement avec Greenpeace, etc.) : elles cherchent à mobiliser une « opinion mondiale »
sur les enjeux transnationaux liés aux questions de développement et d’environnement.

* Mesures pronées : 1- Montée en force du commerce équitable : cf. label Max Havelaar… (photo 2 p. 39). 2- plus
radicalement : remise en cause des modèles de la globalisation libérale alter-mondialisation des peuples (cf. José
Bové qui lutte pour les paysans pauvres des PED) idée même de la décroissance au niveau mondial et du
développement endogènes des PED les plus pauvres.

C. Les moyens de réguler à long terme la mondialisation


1) Le rôle ambigu des grands États avec les dangers afférents (repli protectionniste)

* Comme on l’a vu dans le II (les acteurs), B. Les (Etats) = les Etats, surtout les plus riches et les plus grands, gardent des
marges d’influence sur la globalisation.

* Ils agissent par le biais des organisations internationales (OMC, FMI) dans lesquelles les États les plus puissants
essaient d’imposer leurs vues.

* Pris un à un, ces grands États expriment d’abord des égoïsmes nationaux : ils peuvent freiner la mondialisation mais
sont impuissants à l’organiser vraiment.
Ex : le blocage des négociations à l’OMC depuis 2003 (Sommet de Cancun échoué) : aucun accord trouvé sur de
nouvelles baisses tarifaires ni dans l’agriculture (bloc pays émergents s’oppose à la Triade) ni dans les services (les PED
s’opposent à la Triade) danger : replis protectionnistes en chaîne, mondialisation remise en cause au profit de
simples rapports de force géopolitiques comme au XIXe siècle (cf. photo : doc. 7 p. 41 : mondialisation chamboulée). La
précédente grande crise dans les années 1930 avait conduit à un repli généralisé des pays sur eux-mêmes, ce qui avait
aggravé la dépression.

* Retour en force des États actuellement ? Difficile à dire ! Rôle des « fonds souverains » : intervention des pays sur les
marchés boursiers pour prendre le contrôle partiel de firmes transnationales. < PAYS ayant des réserves d’argent = pays
du Golfe, Norvège, Chine, Singapour (2500 milliards de dollars investis en 2007). Ces fonds ne sont pas des fonds de
placement comme les autres : ils sont gouvernés par les États.
Ex déjà étudié : Autorité du Port de Dubaï qui voulaient acheter 5 terminaux portuaires majeurs des USA en 2005
(cf. travail en TP).

NB : Les Etats rebelles = la nouvelle Amérique du Sud (Bolivie, Venezuela, Cuba) : Etats qui prétendent contester la
mondialisation par une politique de nationalisation de l’industrie et de contrôle des capitaux qui transitent par leur
sol. Etablissent liaisons entre eux (Alternative Bolivarienne pour les Amériques fondée en 2005) … Avenir de ces contre-
projets ?

2) La montée en puissance des organisations régionales comme bouclier ?

* Utilité dans la mondialisation : protection contre la concurrence + moyen d’être plus compétitifs et plus influents au
niveau international.
* Ces efforts se traduisent par la constitution de plusieurs organisations commerciales régionales à travers le monde
(carte : doc. 5 p. 41) dont les mieux structurées sont :ASEAN en Asie du sud-est, ALENA, MERCOSUR en Amérique et
surtout l’Union Européenne.

* Ces organismes de coopération interétatique créent, en leur sein, des zones de libre échange entre leurs membres,
facilitent la circulation des capitaux voire des hommes. L’UE est la plus aboutie puisqu’elle possède des mécanismes de
décision supranationaux (à la majorité qualifiée) et une monnaie commune…

* Effets régulateurs : Les réunions fréquentes entre les membres et les règles communes imposées permettent 1--
d’éviter, en partie, les concurrences entre États membres et 2-- d’assurer une certaine redistribution de la richesse et de la
prospérité vers leurs États constitutifs les moins avancés (ex : Mexique dans l’ALENA, Pays de l’Est dans l’UE).

3) Un rôle élargi pour les organisations internationales (au sein ou hors de l’ONU)

* Pouvoirs élargis au FMI ? Domaine monétaire (compétence de départ) crise monétaires pilotage des crises
économiques mondiales (nouvelle compétence) : son budget a été fortement augmenté depuis 2009, son conseil directeur
devrait être élargi à de nouveaux pays émergents (comme la Chine par ex.). Le FMI prête de l’argent aux pays les plus en
difficulté dans la crise (à la Grèce par ex.) et réfléchit à un nouvel ordre monétaire mondial beaucoup plus stable.

* Du G8 au G20 : [exposé de Camille Beniada et Mathilde Trouvé, 2e partie] depuis l’automne 2008 (début de la crise
économique), l’habituelle réunion des 8 pays les plus industrialisés de la planète (dit G8) a été élargie pour devenir le
G20 (G8 + principaux pays riches et émergents dont les BRICS, l’Indonésie, l’Argentine, l’Australie, la Corée du Sud, le
Mexique, la Turquie…) qui s’est déjà réuni 6 fois.
le G20 peut être considéré comme un directoire des pays de la Triade avec les grands pays émergents pour
imposer un contrôle et une régulation sur la mondialisation financière et économique.
Cela pourrait conduire à la naissance d’une nouvelle organisation internationale sous l’égide de l’ONU ? voire à
l’embryon d’un gouvernement économique de la planète ? en fait, le G20 est assez critiqué et peu efficace : il a
pris très peu de mesures concrètes de régulation depuis 2008.
Dernier sommet en date = Sommet de Cannes en novembre 2011 sous la présidence de la France.

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CONCLUSION GÉNÉRALE DU CHAPITRE

1) LA MONDIALISATION : UN PROCESSUS IRRÉVERSIBLE ?

= Un processus global qui a des effets à toutes les échelles spatiales.


= Un processus qui acte l’unification du Monde commencée au XVIe siècle par les Européens et qui redessine la carte des
puissances dans le Monde XXIe s = zone Pacifique : n°1 mondial ?

2) SOMBRES PERSPECTIVES ?

Un processus qui pourrait connaître une involution inopinée (angoisse du siècle) : catastrophes naturelles de grande
ampleur (climat, eau, agriculture), choc énergétique mondial (énergie chère), effondrement économique durable
(dépression), repli des aires régionales ou même des pays sur eux-mêmes !
Quel sera le Monde en 2050 ? Nouvelles fragmentations ? Monde multipolaire dominé par quelques grandes
puissances (dont la Chine et les USA) ? Limitation du processus de la mondialisation à une petite élite et à quelques zones
très interconnectées pendant que le reste du Monde sombre dans le chaos (lisez par exemple le roman d’anticipation
Globalia de Jean-Christophe Ruffin qui traite de ce sujet) ?

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