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Théorie des ensembles et intégration

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UNIVERSITÉ D’ANTANANARIVO

MESURES ET INTÉGRATIONS

RANDRIANOMENJANAHARY RADO ABRAHAM

16 novembre 2025
Table des matières

2
CHAPITRE 1.

Théorie des ensembles (Rappels)

L a théorie des ensembles constitue le langage fondamental de toutes les branches des
mathématiques. Elle fournit le cadre conceptuel nécessaire pour définir et manipuler
les objets mathématiques — nombres, fonctions, espaces — de manière rigoureuse.
Dans le contexte de la mesure et de l’intégration, elle permet notamment de formaliser
les notions d’ensemble mesurable et de fonction mesurable. Nous commencerons donc
par rappeler quelques notions élémentaires d’ensembles, d’ensembles ordonnés et de
dénombrabilité. Ces rappels serviront de base à la construction progressive de la théorie
de la mesure.

1.1. Parties et familles d’un ensemble


Nous allons placer sur un ensemble quelconque 𝑋. Une attention particulière sera donnée
dans cette section afin de ne pas confondre les parties de 𝑋 et, une famille de parties de
𝑋, et les différentes relations qui existent entre ces deux notions. Pour les distinguer, les
parties de 𝑋 seront notées par des lettres capitales comme 𝐴, 𝐵, 𝐶, · · · , tandis que les
familles de parties seront notées à l’aide de lettre en cursive comme A, B, C, · · · . Nous
noterons dans toute la suite par P (𝑋) l’ensemble de toutes les parties de 𝑋. Rappelons
que l’ensemble P (𝑋) est ordonné par la relation d’inclusion ⊆ et, que
𝐴 ⊆ 𝐵 si, et seulement si pour tout 𝑥 ∈ 𝐴 on a 𝑥 ∈ 𝐵. (1.1)
Dans tous le cours, nous supposerons toujours que ∅ ∈ P (𝑋). En particulier, pour tout
𝐴 ∈ P (𝑋) on a
∅ ⊆ 𝐴 ⊆ 𝑋. (1.2)
Une famille de parties de 𝑋 est simplement une partie de P (𝑋) et, donc un élément
de P (P (𝑋)). Une famille A ⊆ P (𝑋) est souvent indicée par un ensemble d’indices
quelconques 𝐼. On écrit alors,
A = ( 𝐴𝑖 )𝑖∈𝐼 . (1.3)
Dans toute la suite, 𝐼 désigne un ensemble d’indices quelconques que l’on suppose non
vide sauf mention expresses du contraire. L’ ensemble P (𝑋) est non seulement ordonné
par la relation d’inclusion mais, il est aussi muni de plusieurs opérations :
Définition 1.1.1 (Opérations sur les ensembles). On définit
3
4 Randrianomenjanahary

(a) le complémentaire d’un élément 𝐴 ∈ P (𝑋), noté 𝑋 \ 𝐴 ou parfois 𝐴û , comme étant


la partie de 𝑋 définie par
𝑋 \ 𝐴 := {𝑥 ∈ 𝑋 | 𝑥 ∉ 𝐴}. (1.4)

(b) la réunion d’une famille ( 𝐴𝑖 )𝑖∈𝐼 notée 𝐴𝑖 comme étant la partie de 𝑋 définie par
Ð
𝑖∈𝐼
Ø
𝐴𝑖 := {𝑥 ∈ 𝑋 | il existe 𝑖 ∈ 𝐼 tel que 𝑥 ∈ 𝐴𝑖 }. (1.5)
𝑖∈𝐼

(c) l’intersection de la famille ( 𝐴𝑖 )𝑖∈𝐼 notée 𝐴𝑖 comme étant la partie de 𝑋 définie


Ñ

par
𝑖∈𝐼

Ù
𝐴𝑖 := {𝑥 ∈ 𝐼 | pour tout 𝑖 ∈ 𝐼 on a 𝑥 ∈ 𝐴𝑖 }. (1.6)
𝑖∈𝐼

(d) la différence de deux éléments 𝐴 par 𝐵 ∈ P (𝑋) notée 𝐴 \ 𝐵 comme étant la partie
de 𝑋 définie par
𝐴 \ 𝐵 := {𝑥 ∈ 𝑋 | 𝑥 ∈ 𝐴 et 𝑥 ∉ 𝐵}. (1.7)

(e) la différence symétrique de deux éléments 𝐴 et 𝐵 ∈ P (𝑋) notée 𝐴Δ𝐵 comme étant
la partie de 𝑋 définie par
𝐴Δ𝐵 := ( 𝐴 \ 𝐵) ∪ (𝐵 \ 𝐴). (1.8)
Exemple 1.1.2. On a
(a) 𝑋 \ 𝑋 = ∅, ∅ \ 𝑋 = ∅ et 𝑋 \ (𝑋 \ 𝐴 = 𝐴) pour tout 𝐴 ∈ P (𝑋).
(b) 𝐴Δ𝐴 = ∅, 𝐴Δ∅ = 𝐴 et 𝐴Δ𝑋 = 𝑋 \ 𝐴 pour tout 𝐴 ∈ P (𝑋).
(c) 𝐵 \ 𝐴 = 𝐵 ∩ (𝑋 \ 𝐴) pour tous 𝐴 et 𝐵 ∈ P (𝑋).
Théorème 1.1.3 (Lois de dualités de Morgan 1 ). Soit ( 𝐴𝑖 )𝑖∈P (𝑋) . Alors,
! !
Ø Ù Ù Ø
𝑋\ 𝐴𝑖 = (𝑋 \ 𝐴𝑖 ) et 𝑋 \ 𝐴𝑖 = (𝑋 \ 𝐴𝑖 ) . (1.9)
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼

Preuve.
(a) Soit 𝑥 ∈ 𝑋. Alors,
!
Ø Ø
𝑥∈𝑋\ 𝐴𝑖 si, et seulement si 𝑥 ∉ 𝐴𝑖 (1.10)
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼
si, et seulement si pour tout 𝑖 ∈ 𝐼 𝑥 ∉ 𝐴𝑖 (1.11)
si, et seulement si pour tout 𝑖 ∈ 𝐼 𝑥 ∈ 𝑋 \ 𝐴𝑖 (1.12)
Ù
si, et seulement si 𝑥 ∈ (𝑋 \ 𝐴𝑖 ) . (1.13)
𝑖∈𝐼
1. Augustus de Morgan, 1806-1871, logicien et mathématicien britanique.
1.1. PARTIES ET FAMILLES D’UN ENSEMBLE 5

(b) Utilisons la première égalité qu’on vient de voir. On a


! !
Ù Ù
𝑋\ 𝐴𝑖 = 𝑋 \ (𝑋 \ (𝑋 \ 𝐴𝑖 )) (1.14)
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼
!!
Ø
=𝑋\ 𝑋\ (𝑋 \ 𝐴𝑖 ) (1.15)
𝑖∈𝐼
Ø
= (𝑋 \ 𝐴𝑖 ) . (1.16)
𝑖∈𝐼

ƒ
Remarque 1.1.4. Soit ( 𝐴𝑖 )𝑖∈𝐼 ⊆ P (𝑋). On admet par convention que si 𝐼 = ∅ alors
Ø Ù
𝐴𝑖 = ∅ et 𝐴𝑖 = 𝑋. (1.17)
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼

Donc, les lois de dualités de Morgan sont encore vraies mêmes si 𝐼 = ∅.


Théorème 1.1.5 (Distributivité). Soient 𝐴, 𝐵 et 𝐶 ∈ P (𝑋). Alors,
𝐴 ∪ (𝐵 ∩ 𝐶) = ( 𝐴 ∪ 𝐵) ∩ ( 𝐴 ∪ 𝐶) et 𝐴 ∩ (𝐵 ∪ 𝐶) = ( 𝐴 ∩ 𝐵) ∪ ( 𝐴 ∩ 𝐶). (1.18)

Preuve.
(a) Pour la première égalité, raisonnons par double inclusion.
— Soit 𝑥 ∈ 𝐴 ∪ (𝐵 ∩ 𝐶). Alors, 𝑥 ∈ 𝐴 ou 𝑥 ∈ 𝐵 ∩ 𝐶. Si 𝑥 ∈ 𝐴 alors, 𝑥 ∈ 𝐴 ∪ 𝐵 et
𝑥 ∈ 𝐴 ∪ 𝐶 de sorte que 𝑥 ∈ ( 𝐴 ∪ 𝐵) ∩ ( 𝐴 ∪ 𝐶). Sinon, si 𝑥 ∈ 𝐵 ∩ 𝐶 alors 𝑥 ∈ 𝐵
et 𝑥 ∈ 𝐶 de sorte que 𝑥 ∈ 𝐴 ∪ 𝐵 et 𝑥 ∈ 𝐴 ∪ 𝐶 puis, 𝑥 ∈ ( 𝐴 ∪ 𝐵) ∩ ( 𝐴 ∪ 𝐶).
— Soit 𝑥 ∈ ( 𝐴 ∪ 𝐵) ∩ ( 𝐴 ∪ 𝐶). Supposons que 𝑥 ∉ 𝐴. Alors, puisque 𝑥 ∈ 𝐴 ∪ 𝐵
et 𝑥 ∈ 𝐴 ∪ 𝐶, 𝑥 ∈ 𝐵 et 𝑥 ∈ 𝐶 de sorte que 𝑥 ∈ 𝐵 ∩ 𝐶 puis, 𝑥 ∈ 𝐴 ∪ (𝐵 ∩ 𝐶).
(b) Pour la seconde égalité, utilisons la première égalité qu’on vient de voir et les lois
de dualités de Morgan. On a
𝐴 ∩ (𝐵 ∪ 𝐶) = 𝑋 \ (𝑋 \ ( 𝐴 ∩ (𝐵 ∪ 𝐶))) (1.19)
= 𝑋 \ ((𝑋 \ 𝐴) ∪ (𝑋 \ (𝐵 ∪ 𝐶))) (1.20)
= 𝑋 \ ((𝑋 \ 𝐴) ∪ ((𝑋 \ 𝐵) ∩ (𝑋 \ 𝐶))) (1.21)
= 𝑋 \ (((𝑋 \ 𝐴) ∪ (𝑋 \ 𝐵)) ∩ ((𝑋 \ 𝐴) ∪ (𝑋 \ 𝐶))) (1.22)
= 𝑋 \ ((𝑋 \ ( 𝐴 ∩ 𝐵)) ∩ (𝑋 \ ( 𝐴 ∩ 𝐶))) (1.23)
= 𝑋 \ (𝑋 \ (( 𝐴 ∩ 𝐵) ∪ ( 𝐴 ∩ 𝐶))) (1.24)
= ( 𝐴 ∩ 𝐵) ∪ ( 𝐴 ∩ 𝐶). (1.25)

ƒ
Définition 1.1.6 (Fonction indicatrice). Soit 𝐴 ∈ P (𝑋). On appelle fonction indica-
trice de 𝐴 l’application, notée 1 𝐴 définie sur 𝑋 vers par R
1 si 𝑥 ∈ 𝐴

1 𝐴 (𝑥) := 0 si 𝑥 ∉ 𝐴 . (1.26)
6 Randrianomenjanahary

Théorème 1.1.7. Soient 𝐴 et 𝐵 ∈ P (𝑋). Alors,


(a) 1 𝑋\𝐴 = 1 − 1 𝐴 .
(b) 1 𝐴∩𝐵 = 1 𝐴 1𝐵 .
(c) 1 𝐴∪𝐵 = 1 𝐴 + 1𝐵 − 1 𝐴 1𝐵 .
(d) 1 𝐴\𝐵 = 1 𝐴 − 1 𝐴 1𝐵 .
(e) 1 𝐴Δ𝐵 ≡ 1 𝐴 + 1𝐵 mod (2).

Preuve.
(a) Soit 𝑥 ∈ 𝑋. Distinguons les cas 𝑥 ∈ 𝐴 et 𝑥 ∉ 𝐴.
— Si 𝑥 ∈ 𝐴 alors, 𝑥 ∉ 𝑋 \ 𝐴 de sorte que
1 𝑋\𝐴 (𝑥) = 0 (1.27)
= 1 − 1 𝐴 (𝑥). (1.28)
— Sinon, si 𝑥 ∉ 𝐴 alors, 𝑥 ∈ 𝑋 \ 𝐴 de sorte que
1 𝑋\𝐴 (𝑥) = 1 (1.29)
= 1 − 1 𝐴 (𝑥). (1.30)
(b) Soit 𝑥 ∈ 𝑋. Distinguons les cas 𝑥 ∈ 𝐴 ∩ 𝐵 et 𝑥 ∉ 𝐴 ∩ 𝐵.
— Si 𝑥 ∈ 𝐴 ∩ 𝐵 alors, 𝑥 ∈ 𝐴 et 𝑥 ∈ 𝐵 de sorte que
1 𝐴∩𝐵 (𝑥) = 1 (1.31)
= 1 𝐴 (𝑥)1𝐵 (𝑥). (1.32)
— Si 𝑥 ∉ 𝐴 ∩ 𝐵 alors, 𝑥 ∉ 𝐴 ou 𝑥 ∉ 𝐵. Donc, 1 𝐴 (𝑥)1𝐵 (𝑥) = 0 de sorte que
1 𝐴∩𝐵 (𝑥) = 0 (1.33)
= 1 𝐴 (𝑥)1𝐵 (𝑥). (1.34)
(c) Pour la troisième égalité, utilisons les lois de dualités de Morgan et, les deux
premières égalités qu’on vient de voir. On a
1 𝐴∪𝐵 = 1 𝑋\(𝑋\( 𝐴∪𝐵)) (1.35)
= 1 − 1 (𝑋\𝐴)∩(𝑋\𝐵) (1.36)
= 1 − (1 − 1 𝐴 ) (1 − 1𝐵 ) (1.37)
= 1 𝐴 + 1𝐵 − 1 𝐴 1𝐵 . (1.38)
(d) Pour la quatrième égalité, utilisons les deux premières égalités qu’on vient de voir.
On a
1 𝐴\𝐵 = 1 𝐴∩(𝑋\𝐵) (1.39)
= 1 𝐴 1 𝑋\𝐵 (1.40)
= 1 𝐴 (1 − 1𝐵 ) (1.41)
= 1 𝐴 − 1 𝐴 1𝐵 . (1.42)
(e) En remarquant que ( 𝐴 \ 𝐵) ∩ (𝐵 \ 𝐴) = ∅ et que 1∅ = 0 on a par le point précédent
et, par la troisième égalité
1 𝐴Δ𝐵 = 1 ( 𝐴\𝐵)∪(𝐵\𝐴) (1.43)
1.2. ENSEMBLES ORDONNÉS 7

= 1 𝐴\𝐵 + 1𝐵\𝐴 (1.44)


= 1 𝐴 + 1𝐵 − 21 𝐴 1𝐵 (1.45)
≡ 1 𝐴 + 1𝐵 mod (2). (1.46)

1.2. Ensembles ordonnés


Un ensemble ordonné est une collection d’éléments que l’on peut comparer selon une
certaine logique de classement. Il permet d’établir une hiérarchie ou une relation de
priorité entre les éléments. Par exemple, les nombres réels sont ordonnés selon la relation
plus petit que. Cette idée d’ordre aide à organiser les données et à étudier leurs relations
internes. Elle joue un rôle fondamental dans de nombreux domaines des mathématiques.
Dans cette section, on suppose que 𝑋 est non vide.
Définition 1.2.1 (Relation d’ordre). On dit qu’une relation binaire ´ sur 𝑋 est une
relation d’ordre lorsqu’elle vérifie les trois axiomes suivantes :
— Réflexivité : pour tout 𝑥 ∈ 𝑋 on a 𝑥 ´ 𝑥.
— Antisymétrie : pour tous 𝑥 et 𝑦 ∈ 𝑋, si 𝑥 ´ 𝑦 et si 𝑦 ´ 𝑥 alors, 𝑥 = 𝑦.
— Transitivité : pour tous 𝑥, 𝑦 et 𝑧 ∈ 𝑋, si 𝑥 ´ 𝑦 et 𝑦 ´ 𝑧 alors, 𝑥 ´ 𝑧.
On dit alors que le couple (𝑋, ´) est un ensemble ordonné.
Définition 1.2.2. Soit (𝑋, ´) un ensemble ordonné.
(a) On dit que l’ordre ´ est total lorsque deux éléments quelconques de 𝑋 peuvent être
comparés c’est-à-dire pour tous 𝑥 et 𝑦 ∈ 𝑋 on a 𝑥 ´ 𝑦 ou 𝑦 ´ 𝑥. Dans ce cas, le
couple (𝑋, ´) est dit un ensemble totalement ordonné.
(b) Dans le cas contraire, on dit que l’ordre ´ est partiel et, que le couple (𝑋, ´) est
dit un ensemble partiellement ordonné.
Exemple 1.2.3. Voici trois exemples fondamentals.
(a) Le couple (P (𝑋), ⊆) est un ensemble partielement ordonné.
R
(b) Le couple ( , ≤) est un ensemble totalement ordonné.
R R
(c) En complétant la relation usuelle ≤ de sur par −∞ ≤ +∞ et −∞ ≤ 𝑥 ≤ +∞
R R
pour tout 𝑥 ∈ , le couple ( , ≤) est un ensemble totalement ordonné.
Définition 1.2.4 (Suites d’éléments). Une suite d’éléments de 𝑋 est une famille d’élé-
ments de 𝑋 indicée par les entiers naturels (plutard, par les éléments d’un ensemble
dénombrable).
Définition 1.2.5 (Suites monotones). Soient (𝑋, ´) un ensemble ordonné et (𝑥 𝑛 )𝑛∈N ⊆
𝑋 une suite d’éléments de 𝑋.
(a) On dit que la suite (𝑥 𝑛 )𝑛∈N est croissante et on écrit (𝑥 𝑛 )𝑛∈N % lorsque pour tout
N
𝑛 ∈ on a
𝑥 𝑛 ´ 𝑥 𝑛+1 . (1.47)
8 Randrianomenjanahary

(b) On dit que la suite (𝑥 𝑛 )𝑛∈N est décroissante et on écrit (𝑥 𝑛 )𝑛∈N & lorsque pour
N
tout 𝑛 ∈ on a
𝑥 𝑛+1 ≤ 𝑥 𝑛 . (1.48)
Définition 1.2.6 (Plus petit et plus grand élément). Soient (𝑋, ´) un ensemble ordonné,
𝐴 ∈ P (𝑋) et 𝑚 ∈ 𝑋.
(a) On dit que 𝑚 est un plus petit élément de 𝐴 et on note 𝑚 := min( 𝐴) lorsque 𝑚 ∈ 𝐴
et pour tout 𝑥 ∈ 𝐴 on a 𝑚 ´ 𝑥.
(b) On dit que 𝑚 est un plus grand élément de 𝐴 et on note 𝑚 := max( 𝐴) lorsque
𝑚 ∈ 𝐴 et pour tout 𝑥 ∈ 𝐴 on a 𝑥 ´ 𝑚.
Théorème 1.2.7 (Unicité). Soient (𝑋, ´) un ensemble ordonné et 𝐴 ∈ P (𝑋). Alors, si
𝐴 admet un plus petit élément (resp. plus grand élément), il est unique.

Preuve. Supposons que 𝐴 admet deux plus petits éléments (resp. plus grands éléments)
𝑚 et 𝑚0. Alors, 𝑚 et 𝑚0 ∈ 𝐴. Donc, par définition de 𝑚 on a 𝑚 ´ 𝑚0 (resp. 𝑚0 ´ 𝑚) et,
par définition de 𝑚0 on a 𝑚0 ´ 𝑚 (resp. 𝑚 ´ 𝑚0). Donc, par l’antisymétrie de la relation
´ on a
𝑚 = 𝑚0. (1.49)
ƒ
Définition 1.2.8 (Minorant et majorant). Soient (𝑋, ´) un ensemble ordonné, 𝐴 ∈
P (𝑋) et 𝑚 ∈ 𝐴.
(a) On dit que 𝑚 est un minorant de 𝐴 lorsque pour tout 𝑥 ∈ 𝐴 on a 𝑚 ´ 𝑥.
(b) On dit que 𝑚 est un majorant de 𝐴 lorsque pour tout 𝑥 ∈ 𝐴 on a 𝑥 ´ 𝑚.
Définition 1.2.9 (Borne inférieure et borne supérieure). Soient (𝑋, ´) un ensemble
ordonné, 𝐴 ∈ P (𝑋) et 𝑚 ∈ 𝑋.
(a) On dit que 𝑚 est une borne inférieure de 𝐴 et on note 𝑚 = inf ( 𝐴) lorsque 𝑚 est le
plus grand élément de l’ensemble des minorants de 𝐴.
(b) On dit que 𝑚 est une borne supérieure de 𝐴 et on note 𝑚 = sup( 𝐴) lorsque 𝑚 est
le plus petir élément de l’ensemble des majorants de 𝐴.
Théorème 1.2.10 (Unicité). Soient (𝑋, ´) un ensemble ordonné et 𝐴 ∈ P (𝑋). Alors,
si 𝐴 admet une borne inférieure (resp. une borne supérieure) elle est unique.

Preuve. Supposons que 𝐴 admet deux bornes inférieures (resp. bornes supérieures) 𝑚
et 𝑚0. Alors, 𝑚 et 𝑚0 sont des minorants (resp. majorants) de 𝐴. Donc, par définition
de 𝑚 on a 𝑚0 ´ 𝑚 (resp. 𝑚 ´ 𝑚0) et, par définition de 𝑚0 on a 𝑚 ´ 𝑚0 (resp. 𝑚0 ´ 𝑚).
Donc, par l’antisymétrie de la relation ´ on a
𝑚 = 𝑚0. (1.50)
ƒ
Remarque 1.2.11. Attention !!!
(a) Une partie d’un ensemble ne peu admettre de la borne inférieure (resp. borne
supérieure). Par exemple, pour (𝑋, ´) Q Q
√ = ( , ≤) et pour 𝐴 = {𝑥 ∈ | 𝑥 ≤ 2}, si
2

Q
inf 𝐴 (resp. sup( 𝐴)) existerait alors, 2 ∈ .
1.3. DÉNOMBRABILITÉ 9

(b) Soient (𝑋, ´) et 𝐴 ∈ P (𝑋). Alors, si 𝐴 admet un plus petit élément (resp. plus
grand élément) on a
inf ( 𝐴) = min( 𝐴) (resp. max( 𝐴) = sup( 𝐴)). (1.51)
Définition 1.2.12. Soient (𝑋, ´) un ensemble ordonné et (𝑥𝑖 )𝑖∈𝐼 ⊆ 𝑋.
(a) On définit la borne inférieure de la famille (𝑥𝑖 )𝑖∈𝐼 notée inf (𝑥𝑖 ) comme étant la
𝑖∈𝐼
borne inférieure si elle exsite de la partie
{𝑥𝑖 | 𝑖 ∈ 𝐼}. (1.52)
(b) On définit la borne supérieure de la famille (𝑥𝑖 )𝑖∈𝐼 notée sup (𝑥𝑖 ) comme étant la
𝑖∈𝐼
borne supérieure si elle exsite de la partie
{𝑥𝑖 | 𝑖 ∈ 𝐼}. (1.53)
Définition 1.2.13 (Limites inférieures et supérieures). Soient (𝑋, ´) un ensemble
ordonné et (𝑥 𝑛 )𝑛∈𝐼 ⊆ 𝑋.
(a) On définit la limite inférieure de la suite (𝑥 𝑛 )𝑛∈N notée lim inf(𝑥 𝑛 ) par
lim inf(𝑥 𝑛 ) := inf sup (𝑥 𝑚 ). (1.54)
𝑛∈ N 𝑛≤𝑚
(b) On définit la limite supérieure de la suite (𝑥 𝑛 )𝑛∈N notée lim sup(𝑥 𝑛 ) par
lim sup(𝑥 𝑛 ) := sup inf (𝑥 𝑚 ). (1.55)
𝑛∈ N 𝑛≤𝑚
Exemple 1.2.14 (Important). On a les résultats suivants :
(a) si ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N ⊆ P (𝑋) alors,
ØÙ ÙØ
lim inf( 𝐴𝑛 ) = 𝐴𝑚 et lim sup( 𝐴𝑛 ) = 𝐴𝑚 . (1.56)
𝑛∈ N 𝑛≤𝑚 𝑛∈ N 𝑛≤𝑚
(b) si (𝑥 𝑛 )𝑛∈N ⊆ R alors,
lim inf(𝑥 𝑛 ) = lim inf (𝑥 𝑛 ) et lim sup(𝑥 𝑛 ) = lim sup (𝑥 𝑛 ) (1.57)
𝑛→+∞ 𝑛≤𝑚 𝑛→+∞ 𝑛≤𝑚

1.3. Dénombrabilité
En théorie de la mesure, tous les ensembles ne se valent pas face à la notion de taille ;
certains ensembles, bien que infinis, restent « petits » et peuvent être négligés dans le
calcul de la mesure ; ces ensembles jouent un rôle particulier dans la construction de
la mesure de Lebesgue, permettant de distinguer les ensembles de mesure nulle des
ensembles ayant une mesure positive ; cette idée est fondamentale pour comprendre la
structure des ensembles mesurables et la définition de l’intégrale.
La question que nous abordons ici est comment montrer qu’un ensemble est dénombrable.
Définition 1.3.1 (Dénombrabilité). On dit que 𝑋 est dénombrable lorsqu’il est fini ou
lorsqu’il est en bijection avec . N
On admet par convention que ∅ est dénombrable.
10 Randrianomenjanahary

Exemple 1.3.2. On vérifie facilement que


(a) N\ {0} est dénombrable. En fait, l’application
𝑛∈ N ↦−→ 𝑛 + 1 ∈ N \ {0} (1.58)
est bijective.
Z
(b) est dénombrable. En fait, l’application
−2𝑛 si 𝑛 ≤ 0
Z

𝑛 ∈ ↦−→ 2𝑛 − 1 si 𝑛 > 0 (1.59)

est bijective.
Théorème 1.3.3. Toute partie 𝐴 ⊆ N est dénombrable.
Preuve. Si 𝐴 est fini c’est terminé. Supposons que 𝐴 est infini. On définit par récurrence
N
l’application 𝜙 −→ 𝐴 par
𝜙(0) := min( 𝐴) et 𝜙(𝑛 + 1) := min{𝑥 ∈ 𝐴 | 𝜙(𝑛) < 𝑥} (1.60)
N N
pour tout 𝑛 ∈ . On sait que toute partie non vide de admet un plus petit élément.
Donc, par infinité de 𝐴 et, par l’unicité du plus petit élément, l’application 𝜙 est bien
définie. Montrons maintenant que 𝜙 est bijective. Mais, cela revient à montrer que
𝐴 = {𝜙(𝑛) | 𝑛 ∈ N}. (1.61)
Raisonons par l’absurde. Supposons qu’il existe 𝑥 ∈ 𝐴 tel que pour tout 𝑛 ∈ N on a
𝜙(𝑛) ≠ 𝑥. (1.62)
Remarquons que pour tout 𝑛 ∈ N on a
𝜙(𝑛) < 𝜙(𝑛 + 1) (1.63)
c’est-à-dire que la suite (𝜙𝑛)𝑛∈N est strictement croissante. Comme une telle suite est à
N
valeur dans , sa limite est +∞. Par ailleurs, puisque 𝜙(0) < 𝑥 on a par une récurrence
simple sur 𝑛,
𝜙(𝑛) < 𝑥 (1.64)
Donc, en faisant tendre 𝑛 vers +∞ dans cette inégalié, on a une absurdité. Donc, 𝜙 est
bijective de sorte que 𝐴 est dénombrable.
ƒ
Corollaire 1.3.4. Si 𝑋 est dénombrable alors, toute partie de 𝑋 est dénombrable.

Preuve. Supposons que 𝑋 est dénombrable. Soit 𝐴 ⊆ 𝑋. Si 𝐴 est fini c’est terminé.
Supposons alors que 𝐴 est infini. Alors, 𝑋 est aussi infini. Donc, par hypothèse, il existe
une bijection
𝑓 : 𝑋 −→ N. (1.65)
Donc, la restriction
𝑓 | 𝐴 : 𝐴 −→ 𝑓 ( 𝐴) (⊆ N) (1.66)
1.3. DÉNOMBRABILITÉ 11

est une bijection. Puisque 𝑓 ( 𝐴) est infini, par le théorème précédent, il existe une bijection
𝜙 : 𝑓 ( 𝐴) −→ N (1.67)
de sorte que la composée
𝜙 ◦ 𝑓 | 𝐴 : 𝐴 −→ N (1.68)
est aussi une bijection. Donc, 𝐴 est dénombrable.
ƒ
Théorème 1.3.5. N alors, 𝑋 est dénombrable.
S’il existe une injection 𝑓 : 𝑋 −→

Preuve. Supposons que 𝑋 est infini car autrement c’est terminé. Soit 𝑓 : 𝑋 −→ N une
injection. Donc, l’application
𝑔 : 𝑥 ∈ 𝑋 ↦−→ 𝑔(𝑥) = 𝑓 (𝑥) ∈ 𝑓 (𝑋) (⊆ N) (1.69)
est bijective. Or, puisque 𝑓 (𝑋) est infini, par le théorème 1.3.3, il existe une bijection
𝜙 : 𝑓 (𝑋) −→ N (1.70)
de sorte que la composée
𝜙 ◦ 𝑔 : 𝑋 −→ N (1.71)
est bijective. Donc, 𝑋 est dénombrable.
ƒ
Lemme 1.3.6. Pour tout 𝑛 ∈ N \ {0}, N𝑛 est dénombrable.
N
Preuve. Soit 𝑛 ∈ \ {0}. Notons par 𝑝 1 , 𝑝 2 , · · · , 𝑝 𝑛 les 𝑛 nombres premiers distincts.
Considérons l’application
𝑓 : (𝑥 1 , 𝑥 2 , · · · , 𝑥 𝑛 ) ∈ N𝑛 ↦−→ 𝑝𝑥1 𝑝𝑥2 1 2
· · · 𝑝 𝑥𝑛𝑛 ∈ N. (1.72)
Montrons que 𝑓 est injective. Soient (𝑥1 , 𝑥 2 , · · · , 𝑥 𝑛 ) et (𝑦 1 , 𝑦 2 , · · · , 𝑦 𝑛 ) ∈ N𝑛. Suppo-
sons que
𝑓 (𝑥1 , 𝑥 2 , · · · , 𝑥 𝑛 ) = 𝑓 (𝑦 1 , 𝑦 2 , · · · , 𝑦 𝑛 ). (1.73)
Alors,
(1.74)
𝑦 𝑦 𝑦
𝑝 𝑥11 𝑝 𝑥22 · · · 𝑝 𝑥𝑛𝑛 = 𝑝 11 𝑝 22 · · · 𝑝 𝑛𝑛 .
Donc, par l’absurde, si 𝑦 1 < 𝑥 1 on a
(1.75)
𝑥 −𝑦 1 𝑥2 𝑦 𝑦
𝑝 11 𝑝2 · · · 𝑝 𝑥𝑛𝑛 = 𝑝 12 · · · 𝑝 𝑛𝑛
de sorte qu’il existe 𝑖 ∈ {2, · · · , 𝑛} tel que 𝑝 1 divise 𝑝𝑖 . Ce qui est impossible avec les
hypothèses faites sur les 𝑝𝑖 . De même, par symétrie du problème, l’inégalité 𝑥 1 < 𝑦 1 est
aussi impossible. Donc, on a
𝑥1 = 𝑦 1 . (1.76)
Donc, par une récurrence finie, on arrive à montrer que
(𝑥 1 , 𝑥 2 , · · · , 𝑥 𝑛 ) = (𝑦 1 , 𝑦 2 , · · · , 𝑦 𝑛 ) (1.77)
de sorte que 𝑓 est injective. Donc, par le théorème précédent, N𝑛 est dénombrable.
ƒ
12 Randrianomenjanahary

Théorème 1.3.7. Un produit fini d’ensembles dénombrables est dénombrable.

Preuve. Soient 𝑋1 , 𝑋2 , · · · , 𝑋𝑛 𝑛 ensembles dénombrables. Alors, pour chaque 𝑖 ∈


{1, 2, · · · , 𝑛} il existe une bijection
𝑓𝑖 : 𝑋𝑖 −→ N. (1.78)
De plus, par le lemme précédent, il existe une bijection
𝑔: N𝑛 −→ N. (1.79)
Considérons alors l’application
𝜙 : (𝑥 1 , 𝑥 2 , · · · , 𝑥 𝑛 ) ∈ 𝑋1 × 𝑋2 × · · · × 𝑋𝑛 ↦−→ 𝑔( 𝑓1 (𝑥1 ), 𝑓2 (𝑥2 ), · · · , 𝑓𝑛 (𝑥 𝑛 )) ∈ N.
(1.80)
Montrons que 𝜙 est injective, auquel cas, le produit 𝑋1 × 𝑋2 × · · · × 𝑋𝑛 est dénombrable
par le théorème 1.3.5. Soient (𝑥 1 , 𝑥 2 , · · · , 𝑥 𝑛 ) et (𝑦 1 , 𝑦 2 , · · · , 𝑦 𝑛 ) ∈ 𝑋1 × 𝑋2 × · · · × 𝑋𝑛 .
Supposons que
𝜙(𝑥1 , 𝑥 2 , · · · , 𝑥 𝑛 ) = 𝜙(𝑦 1 , 𝑦 2 , · · · , 𝑦 𝑛 ). (1.81)
Alors,
𝑔( 𝑓1 (𝑥1 ), 𝑓2 (𝑥2 ), · · · , 𝑓𝑛 (𝑥 𝑛 )) = 𝑔( 𝑓1 (𝑦 1 ), 𝑓2 (𝑦 2 ), · · · , 𝑓𝑛 (𝑦 𝑛 )). (1.82)
Or, 𝑔 est bijective, donc injective. Donc, pour chaque 𝑖 ∈ {1, 2, · · · , 𝑛} on a
𝑓𝑖 (𝑥𝑖 ) = 𝑓𝑖 (𝑦𝑖 ). (1.83)
Or, chaque 𝑓𝑖 est bijective, donc injective. Donc, on a
(𝑥 1 , 𝑥 2 , · · · , 𝑥 𝑛 ) = (𝑦 1 , 𝑦 2 , · · · , 𝑦 𝑛 ) (1.84)
de sorte que 𝜙 est injective.
ƒ
Théorème 1.3.8. N −→ 𝑋 alors, 𝑋 est dénombrable.
S’il existe une surjection 𝑓 :

Preuve. Supposons que 𝑋 est infini car autrement c’est terminé. Soit 𝑓 : N −→ 𝑋 une
surjection. Considérons l’application
𝑔 : 𝑥 ∈ 𝑋 ↦−→ min{𝑦 ∈ N | 𝑓 (𝑦) = 𝑥} ∈ N. (1.85)
N
Puisque toute partie non vide de admet un plus petit élément et puisque 𝑓 est sur-
jective, l’application 𝑔 est bien définie. Montrons que 𝑔 est injective, auquel cas, 𝑋 est
dénombrable par le théorème 1.3.5. Soient 𝑥 et 𝑥 0 ∈ 𝑋. Supposons que
𝑔(𝑥) = 𝑔(𝑥 0). (1.86)
Alors,
min{𝑦 ∈ N | 𝑓 (𝑦) = 𝑥} = min{𝑦 ∈ N | 𝑓 (𝑦) = 𝑥0}. (1.87)
Donc, par unicité du plus petit élément, il vient
𝑥 = 𝑥0 (1.88)
de sorte que 𝑔 est injective.
ƒ
1.3. DÉNOMBRABILITÉ 13

Théorème 1.3.9. Une réunion dénombrable d’ensembles dénombrables est dénom-


brable.

Preuve. Soient 𝐼 un ensemble dénombrable et (𝑋𝑖 )𝑖∈𝐼 une famille d’ensembles dénom-
brables. Alors, pour chaque 𝑖 ∈ 𝐼 il existe une bijection
𝑓𝑖 : 𝑋𝑖 −→ N. (1.89)
Posons
N.
Ø
𝑍 := {(𝑖, 𝑓𝑖 (𝑥)) | 𝑥 ∈ 𝑋𝑖 } ⊆ 𝐼 × (1.90)
𝑖∈𝐼

N
Comme produit d’ensembles dénombrables, 𝐼 × est dénombrable et, comme partie
d’ensemble dénombrable, 𝑍 est dénombrable. Donc, il existe une bijection
𝑔: N −→ 𝑍. (1.91)
Considérons maintenant l’application
Ø
𝜙 : (𝑖, 𝑦) ∈ 𝑍 ↦−→ 𝑓𝑖−1 (𝑦) ∈ 𝑋𝑖 . (1.92)
𝑖∈𝐼

Montrons que 𝜙 est surjective. Soit 𝑧 ∈ 𝑋𝑖 . Alors, il existe 𝑖 ∈ 𝐼 tel que 𝑧 ∈ 𝑋𝑖 . Donc,
Ð
𝑖∈𝐼
en posant 𝑦 = 𝑓𝑖 (𝑧), on a bien
𝜙(𝑖, 𝑦) = 𝑧. (1.93)
Ainsi, la comme composée de deux surjections, l’application

N
Ø
𝜙 ◦ 𝑔 : −→ 𝑋𝑖 (1.94)
𝑖∈𝐼

est une surjection. Donc, par le théorème précédent, 𝑋𝑖 est dénombrable.


Ð
𝑖∈𝐼
ƒ
Théorème 1.3.10 (Argument diagonal de Cantor 2 ). L’ensemble ]0, 1[ n’est pas
dénombrable.

Preuve. Raisonnons par l’absurde. Supposons que


]0, 1[ = {𝑥 𝑛 | 𝑛 ∈ N}. (1.95)
Écrivons le développement en base 10 de chaque 𝑥 𝑛 :
Õ
𝑥𝑛 = 𝑎 𝑘,𝑛 10−𝑘 . (1.96)
𝑘≥0

Pour chaque entier naturel 𝑛 définissons


𝑎 𝑛 := 2 si 𝑎 𝑛,𝑛 = 1

𝑎 𝑛 := 1 si 𝑎 𝑛,𝑛 ≠ 1 . (1.97)

2. Georg Cantor, 1845-1918, mathématicien allemand.


14 Randrianomenjanahary

Posons
Õ
𝑥 := 𝑎 𝑘 10−𝑘 . (1.98)
𝑘∈ N
Alors, il est clair que 𝑥 ∈ ]0, 1[. Mais, par construction même, chaque 𝑥 𝑛 ≠ 𝑥 puisque
chaque 𝑎 𝑛,𝑛 ≠ 𝑎 𝑛 . Donc, on a une contradiction. Donc, ]0, 1[ n’est pas dénombrable.
ƒ
Corollaire 1.3.11. R n’est pas dénombrable.
R
Preuve. Raisonnons par l’absurde. Supposons que est dénombrable. Alors, comme
partie d’un ensemble dénombrable, ]0, 1[ est dénombrable. Ce qui rentre en contradiction
R
avec les théorème précédent. Donc, n’est pas dénombrable.
ƒ
Exercices du chapitre 1

Exercice 1. Soient 𝐴, 𝐵, 𝐶 et 𝐷 ∈ P (𝑋). Montrer que


(a) 𝐴 \ 𝐵 = 𝐴 \ ( 𝐴 ∩ 𝐵) = ( 𝐴 ∪ 𝐵) \ 𝐵.
(b) 𝐴Δ𝐵 = ( 𝐴 ∪ 𝐵) \ ( 𝐴 ∩ 𝐵).
(c) ( 𝐴 \ 𝐵) ∩ (𝐶 \ 𝐷) = ( 𝐴 ∩ 𝐶) \ (𝐵 ∪ 𝐷).
Exercice 2. Soient ( 𝐴𝑖 )𝑖∈𝐼 et (𝐵 𝑗 ) 𝑗 ∈𝐽 ⊆ P (𝑋). Montrer que
   
(a) 𝐴𝑖 ∩ 𝐵 𝑗 .
Ð Ð Ð 
𝐴𝑖 ∩ 𝐵𝑗 =
𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽 (𝑖, 𝑗)∈𝐼×𝐽
   
(b) 𝐴𝑖 ∪ 𝐵 𝑗 .
Ñ Ñ Ñ 
𝐴𝑖 ∪ 𝐵𝑗 =
𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽 (𝑖, 𝑗)∈𝐼×𝐽

Exercice 3. Soit ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N ⊆ P (𝑋).


(a) Montrer qu’on peut toujours écrire
Ø Ø
𝐴𝑛 = 𝐵𝑛 (1.99)
𝑛∈ N 𝑛∈ N
où la suite (𝐵𝑛 )𝑛∈N est une suite disjointe de P (𝑋).
(b) Peut-on écrire 𝐴𝑛 comme réunion d’ une suite croissante ? d’une suite décrois-
Ð
𝑛∈ N
sante ?
Exercice 4. Toutes les parties sont dans un ensemble non vide 𝑋 mais, on peut
généraliser pour les produits.
(a) Montrer que
 
i) 𝐴 × 𝐴 × 𝐵𝑗 .
Ð Ð 
𝐵𝑗 =
𝑗 ∈𝐽 𝑗 ∈𝐽
   
ii) 𝐴𝑖 × 𝐵 𝑗 .
Ð Ð Ð 
𝐴𝑖 × 𝐵𝑗 =
𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽 (𝑖, 𝑗)∈𝐼×𝐽
(b) Montrer que
 
i) 𝐴 × 𝐴 × 𝐵𝑗 .
Ñ Ñ 
𝐵𝑗 =
𝑗 ∈𝐽 𝑗 ∈𝐽
   
ii) 𝐴𝑖 × 𝐵 𝑗 .
Ñ Ñ Ñ 
𝐴𝑖 × 𝐵𝑗 =
𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽 (𝑖, 𝑗)∈𝐼×𝐽

15
16 Randrianomenjanahary

(c) i) Montrer que ( 𝐴1 × 𝐴2 ) \ (𝐵1 × 𝐵2 ) = (( 𝐴1 \ 𝐵1 ) × 𝐴2 ) × ( 𝐴1 × ( 𝐴2 \ 𝐵2 )).


ii) Étudier plus généralement ( 𝐴1 × 𝐴2 × · · · × 𝐴𝑛 ) \ (𝐵1 × 𝐵2 × · · · × 𝐵𝑛 ).
Exercice 5. Soient 𝑋 et 𝑌 deux ensembles non vides et 𝑓 : 𝑋 −→ 𝑌 une application.
(a) On définit 𝑓 −1 : P (𝑌 ) −→ P (𝑋) par
𝑓 −1 (𝐵) := {𝑥 ∈ 𝑋 | 𝑓 (𝑥) ∈ 𝐵}. (1.100)
i) Montrer que pour toute famille (𝐵𝑖 )𝑖∈𝐼 ⊆ P (𝑌 ) on a
!
Ø Ø
𝑓 −1 𝐵𝑖 = 𝑓 −1 (𝐵𝑖 ). (1.101)
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼

ii) Montrer que pour toute famille (𝐵𝑖 )𝑖∈𝐼 ⊆ P (𝑌 ) on a


!
Ù Ù
𝑓 −1 𝐵𝑖 = 𝑓 −1 (𝐵𝑖 ). (1.102)
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼

iii) Montrer que pour tout 𝐵 ∈ P (𝑌 ) on a


𝑓 −1 (𝑌 \ 𝐵) = 𝑋 \ 𝑓 −1 (𝐵). (1.103)

(b) Pour 𝐴 ∈ P (𝑋) on définit


𝑓 ( 𝐴) := {𝑦 ∈ 𝑌 | il existe 𝑥 ∈ 𝑋 tel que 𝑦 = 𝑓 (𝑥)}. (1.104)
i) Montrer que pour toute famille ( 𝐴𝑖 )𝑖∈𝐼 ⊆ P (𝑋) on a
!
Ø Ø
𝑓 𝐴𝑖 = 𝑓 ( 𝐴𝑖 ). (1.105)
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼

ii) Montrer que pour toute famille ( 𝐴𝑖 )𝑖∈𝐼 ⊆ P (𝑋) on a


!
Ù Ù
𝑓 𝐴𝑖 ⊆ 𝑓 ( 𝐴𝑖 ). (1.106)
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼

Donner un contre-exemple montrant que l’inclusion peut-être stricte.


iii) Montrer qu’en général, il n’y aucune relation d’inclusion entre 𝑓 (𝑋 \ 𝐴) et
𝑌 \ 𝑓 ( 𝐴) où 𝐴 ∈ P (𝑋).
Exercice 6. Soient 𝑋 et 𝑌 deux ensembles et 𝑓 : 𝑋 −→ 𝑌 une application. Montrer
que
(a) 𝑓 est injective si, et seulement si pour tout 𝐴 ∈ P (𝑋) on a
𝑓 −1 ( 𝑓 ( 𝐴)) = 𝐴. (1.107)

(b) 𝑓 est surjective si, et seulement si pour tout 𝐵 ∈ P (𝑌 ) on a


𝑓 ( 𝑓 −1 (𝐵)) = 𝐵. (1.108)
Exercices 17

(c) 𝑓 est bijective si, et seulement si pour tout 𝐴 ∈ P (𝑋) on a


𝑓 (𝑋 \ 𝐴) = 𝑌 \ 𝑓 ( 𝐴). (1.109)
R
Exercice 7. Soient 𝑓 et 𝑔 : 𝑋 −→ deux applications et 𝑎 ∈ . R
(a) Montrer que
𝑆𝑟 où chaque 𝑆𝑟 := 𝑓 −1 (]𝑟, +∞[) ∩ 𝑔 −1 (]𝑎 − 𝑟, +∞[).
Ø
( 𝑓 + 𝑔) −1 (]𝑎, +∞[) =
𝑟∈ Q
(1.110)
(b) i) Exprimer (sup( 𝑓 , 𝑔)) −1 (]𝑎, +∞[) en fonction de 𝑓 −1 (]𝑎, +∞[), 𝑔 −1 (]𝑎, +∞[).
ii) De même pour (inf ( 𝑓 , 𝑔)) −1 (]−∞, 𝑎[).
  −1
iii) Plus généralement sup ( 𝑓𝑛 ) (]𝑎, +∞[).
𝑛∈ N
Exercice 8. On munit R2 de l’ordre lexicographique ´ par
(𝑥, 𝑦) ´ (𝑥 0, 𝑦0) ⇐⇒ (𝑥 < 𝑥 0 ou (𝑥 = 𝑥 0 et 𝑦 ≤ 𝑦0)). (1.111)
R
(a) Montrer que ( 2 , ´) est un ensemble totalement ordonné.
R
(b) Donner une partie bornée de 2 n’ayant ni borne inférieure ni borne supérieure
pour cette relation d’ordre.
Exercice 9. Soient 𝐴 et 𝐵 deux parties non vides de , 𝑟 et 𝑠 ∈ . R R
(a) Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes
i) 𝑟 = sup( 𝐴).
ii) 𝑟 est un majorant de 𝐴 et, pour tout 𝜀 > 0 il existe 𝑎 ∈ 𝐴 tel que
𝑟 − 𝜀 < 𝑎 ≤ 𝑟. (1.112)
iii) 𝑟 est un majorant de 𝐴 et, il existe une suite (𝑥 𝑛 )𝑛∈N ⊆ 𝐴 convergeant vers 𝑟.
(b) Trouver des caractérisations analogues pour inf ( 𝐴).
(c) Montrer que si 𝐴 et 𝐵 sont majorés (resp. minorés) alors,
sup( 𝐴 + 𝐵) = sup( 𝐴) + sup(𝐵) (resp. inf( 𝐴 + 𝐵) = inf ( 𝐴) + inf (𝐵)). (1.113)
(d) Montrer que si 𝐴 est minoré alors, pour tout 𝑡 > 0 on a
sup(−𝑡 𝐴) = −𝑡 inf ( 𝐴). (1.114)
(e) Montrer que si sup( 𝐴) > 𝑠 alors, il existe 𝑎 ∈ 𝐴 tel que 𝑎 > 𝑠.
(f) Montrer que
i) si 𝐴 et 𝐵 sont majorés alors,
sup( 𝐴 ∪ 𝐵) = max(sup( 𝐴), sup(𝐵)) et (1.115)
sup( 𝐴 ∩ 𝐵) = min(sup( 𝐴), sup(𝐵)). (1.116)
ii) si 𝐴 et 𝐵 sont manorés alors,
inf ( 𝐴 ∪ 𝐵) = min(inf ( 𝐴), inf (𝐵)) et (1.117)
inf ( 𝐴 ∩ 𝐵) = max(inf ( 𝐴), inf(𝐵)). (1.118)
18 Randrianomenjanahary

(g) Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes


i) sup( 𝐴) = inf (𝐵).
ii) Pour tout 𝑥 ∈ 𝐴 et tout 𝑦 ∈ 𝐵 on a 𝑥 ≤ 𝑦 et pour tout 𝜀 > 0 il existe 𝑎 ∈ 𝐴
et 𝑏 ∈ 𝐵 tels que 𝑏 − 𝑎 < 𝜀.
Exercice 10. Soit 𝑓 : [0, 1] −→ [0, 1] une application croissante. Ob pose
𝐴 := {𝑥 ∈ [0, 1] | 𝑓 (𝑥) < 𝑥}. (1.119)
(a) Montrer que 𝐴 admet de la borne inférieure notée 𝑎.
(b) Montrer que 𝑓 ( 𝐴) ⊆ 𝐴.
(c) Montrer que 𝑓 (𝑎) = 𝑎.
Cela prouve que toute application de [0, 1] dans lui-même admet un point fixe.
Exercice 11. Soit (𝑋, ´) un ensemble ordonné dans lequel toute partie non vide
possède un plus grand et un plus petit élément. Montrer que (𝑋, ´) est totalement
ordonné et, que 𝑋 est fini.
Exercice 12. Soit F l’ensemble des applications de R dans lui-même muni de la
relation d’ordre ´ définie par
𝑓 ´ 𝑔 ⇐⇒ ∀𝑥 ∈ R 𝑓 (𝑥) ≤ 𝑔(𝑥). (1.120)
Montrer que la partie
𝐴 := { 𝑓 ∈ F | 𝑓 est croissante et, pour tout 𝑥 ∈ Z on a 𝑓 (𝑥) = 𝑥} (1.121)
admet un plus grand élément que l’on explicitera.
Exercice 13. Soit (𝑥 𝑛 )𝑛∈N ⊆ R.
(a) Montrer que
lim inf(𝑥 𝑛 ) = lim inf (𝑥 𝑚 ) et lim sup(𝑥 𝑛 ) = lim sup (𝑥 𝑚 ) (1.122)
𝑛→+∞ 𝑛≤𝑚 𝑛→+∞ 𝑛≤𝑚

R
(b) Montrer que si 𝐴 ⊆ désigne l’ensemble de toutes les limites des suites extraites
R
de (𝑥 𝑛 ) dans alors
lim inf(𝑥 𝑛 ) = min( 𝐴) et lim sup(𝑥 𝑛 ) = max( 𝐴). (1.123)
(c) En déduire que (𝑥 𝑛 )𝑛∈N est convergente si, et seulement si
lim inf(𝑥 𝑛 ) = lim sup(𝑥 𝑛 ). (1.124)
(d) Calculer lim inf(𝑥 𝑛 ) et lim sup(𝑥 𝑛 ) dans les cas suivantes :
𝑛 𝑛
 
i) 𝑥 𝑛 := 1 + (−1)
𝑛 .
 
ii) 𝑥 𝑛 := ln 1 + 𝑛 + (−1) + sin 2 .
1 𝑛 𝑛𝜋

Exercice 14. Calculer


 𝜋
(a) sup cos 1+𝑥42 .
𝑥𝑡+

𝑥≥0 et 𝑡∈ R
Exercices 19

− 𝑡

(b) sup 𝑒 1+𝑥 2


.
𝑥,𝑡∈ R 1+𝑥+𝑥 2

Exercice 15. Soit ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N ⊆ P (𝑋).


(a) i) Montrer que

lim inf( 𝐴𝑛 ) = 𝐴𝑚 et lim sup( 𝐴𝑛 ) =


ØÙ ÙØ
𝐴𝑚 . (1.125)
𝑛∈ N 𝑛≤𝑚 𝑛∈ N 𝑛≤𝑚

ii) Montrer que


lim inf( 𝐴𝑛 ) ⊆ lim sup( 𝐴𝑛 ). (1.126)
(b) Montrer que
i) si la suite ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N est croissante alors,

lim inf( 𝐴𝑛 ) = lim sup( 𝐴𝑛 ) =


Ø
𝐴𝑛 . (1.127)
𝑛∈ N
Dans ce cas, on écrit ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N % 𝐴𝑛 .
Ð
𝑛∈ N
ii) si la suite ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N est décroissante alors,

lim inf( 𝐴𝑛 ) = lim sup( 𝐴𝑛 ) =


Ù
𝐴𝑛 . (1.128)
𝑛∈ N
Dans ce cas, on écrit ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N & 𝐴𝑛 .
Ñ
𝑛∈ N
(c) i) Montrer que 𝑥 ∈ lim inf( 𝐴𝑛 ) si, et seulement si 𝑥 appartient à tout sauf en
un nombre fini des 𝐴𝑛 . En déduire que
lim inf( 𝐴𝑛 ) = {𝑥 ∈ 𝑋 |
Õ
1 𝑋\𝐴𝑛 (𝑥) < +∞}. (1.129)
𝑛∈ N
ii) Montrer que 𝑥 ∈ lim sup( 𝐴𝑛 ) si, et seulement si 𝑥 appartient à une infinité
des 𝐴𝑛 . En déduire que
lim sup( 𝐴𝑛 ) = {𝑥 ∈ 𝑋 |
Õ
1 𝐴𝑛 (𝑥) < +∞}. (1.130)
𝑛∈ N
Exercice 16. Soit ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N ⊆ P (𝑋).
(a) Montrer que
𝑋lim inf( 𝐴𝑛 ) = lim inf(𝑋 \ 𝐴𝑛 ). (1.131)
(b) Montrer que
lim inf(1 𝐴𝑛 ) = 1lim inf( 𝐴𝑛 ) et (1.132)
lim sup(1 𝐴𝑛 ) = 1lim sup( 𝐴𝑛 ) . (1.133)
(c) Montrer que
i) lim sup( 𝐴𝑛 ) = lim sup( 𝐴2𝑛 ) ∪ lim sup( 𝐴2𝑛+1 ).
20 Randrianomenjanahary

ii) lim inf( 𝐴𝑛 ) = lim sup( 𝐴2𝑛 ) ∩ lim inf( 𝐴2𝑛+1 ).


(d) Déterminer lim inf( 𝐴𝑛 ) et lim sup( 𝐴𝑛 ) dans les cas suivantes (avec 𝑋 = R) :
i) 𝐴1 et 𝐴2 sont donnés et 𝐴𝑛 = 𝐴𝑛−2 pour tout 𝑛 ≥ 3.
ii) 𝐴2𝑛 := −1, 2 + 𝑛1 et 𝐴2𝑛+1 := −2 − 𝑛1 , 1 .
   

iii) 𝐴𝑛 := ]−∞, 𝑎 𝑛 ] où (𝑎 𝑛 )𝑛∈N ⊆ . R


Exercice 17. Soit ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N P (𝑋).
(a) Montrer que ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N % 𝐴 si, et seulement si (1 𝐴𝑛 )𝑛∈N est croissante et converge
simplement vers 1 𝐴 .
(b) Montrer que ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N & 𝐴 si, et seulement si (1 𝐴𝑛 )𝑛∈N est décroissante et
converge simplement vers 1 𝐴 .
(c) Soit 𝐴 := 𝐴𝑛 . Montrer que si la ( 𝐴𝑛 )𝑛∈N est disjointe alors,
Ð
𝑛∈ N
Õ
1𝐴 = 1 𝐴𝑛 . (1.134)
𝑛∈ N
Exercice 18. Important !!!
(a) Montrer que Q
est dénombrable.
R Q
(b) En déduire que \ n’est pas dénombrable.
Exercice 19. Soit 𝑋 un ensemble dénombrable. Montrer que l’ensemble des parties
finies Pf(𝑋) est dénombrable.
C
Exercice 20. Un nombre complexe 𝑧 ∈ est dit algébrique s’il existe un polynôme
non nul 𝑃 ∈ 𝑃 [𝑋] tel que 𝑃(𝑧) = 0. Un nombre qui n’est pas algébrique est dit
transcendant.
(a) Montrer que l’ensemble des nombres algébriques est dénombrable.
(b) En déduire que l’ensemble des nombres transcendants n’est pas dénombrable.
Exercice 21. (Fonction couplage de Cantor)
N
(a) Montrer que pour tout 𝑛 ∈ il existe un unique entier 𝑝 ∈ N tel que
𝑝( 𝑝 + 1) ( 𝑝 + 1) 𝑝 + 2
≤𝑛< . (1.135)
2 2
(b) En déduire que l’application

𝑓 : (𝑥, 𝑦) ∈ N2 ↦−→ (𝑥 + 𝑦)(𝑥2 + 𝑦 + 1) + 𝑦 ∈ N (1.136)

est bijective.
Exercice 22. (Théorème de Cantor) Montrer qu’il n’existe pas de surjection de
𝑋 dans P (𝑋).
Solutions

Solution 1. (a) Utilisons les fonctions caractéristiques. On a


1 𝐴\( 𝐴∩𝐵) = 1 𝐴 − 1 𝐴 1 𝐴∩𝐵
= 1 𝐴 − 1 𝐴 1𝐵 , (1.137)
car 1 𝐴 1 𝐴 = 1 𝐴∩𝐴 = 1 𝐴 . Et,
1 ( 𝐴∪𝐵)\𝐵 = 1 𝐴∪𝐵 − 1𝐵
= 1 𝐴 − 1 𝐴 1𝐵 . (1.138)
(b) De même, puisque 𝐴 ∩ 𝐵 ⊆ 𝐴 ∪ 𝐵, on a
1 ( 𝐴∪𝐵)\( 𝐴∩𝐵) = 1 𝐴∪𝐵 − 1 𝐴∩𝐵
≡ 1 𝐴 + 1𝐵 mod (2). (1.139)
(c) On a
( 𝐴 \ 𝐵) ∩ (𝐵 \ 𝐷) = 𝐴 ∩ 𝐶 ∩ (𝑋 \ 𝐵) ∩ (𝑋 \ 𝐷) (1.140)
= ( 𝐴 ∩ 𝐶) ∩ (𝑋 \ (𝐵 ∪ 𝐷)) 3 (1.141)
= ( 𝐴 ∩ 𝐶) \ (𝐵 ∪ 𝐷). (1.142)

Solution 2. (a) Soit 𝑥 ∈ 𝑋. Alors,


! !
𝐴𝑖 et 𝑥 ∈
Ø Ø Ø Ø
𝑥∈ 𝐴𝑖 ∩ 𝐵 𝑗 ⇐⇒ 𝑥 ∈ 𝐵𝑗
𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽 𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽
⇐⇒ ∃(𝑖, 𝑗) ∈ 𝐼 × 𝐽 𝑥 ∈ 𝐴𝑖 et 𝑥 ∈ 𝐵 𝑗
Ø
(1.143)

⇐⇒ 𝑥 ∈ 𝐴𝑖 ∩ 𝐵 𝑗 .
(𝑖, 𝑗)∈𝐼×𝐽

(b) Utilisons la première égalité qu’on vient de voir et les lois de Morgan. On a
! ! !! !!!
Ù Ù Ù Ù
𝐴𝑖 ∪ 𝐵𝑗 = 𝑋 \ 𝑋 \ 𝐴𝑖 ∩ 𝑋 \ 𝐵𝑗 (1.144)
𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽 𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽
! !!
Ø Ø
(1.145)

=𝑋\ (𝑋 \ 𝐴𝑖 ) ∩ 𝑋 \ 𝐵𝑗
𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽
3. D’après la loi de Morgan.

21
22 Randrianomenjanahary

© Ø
(1.146)
 ª
= 𝑋 \­ (𝑋 \ 𝐴𝑖 ) ∩ 𝑋 \ 𝐵 𝑗 ®
« (𝑖, 𝑗)∈𝐼×𝐽 ¬
© Ø
(1.147)
 ª
= 𝑋 \­ 𝑋 \ 𝐴1 ∪ 𝐵 𝑗 ®
(𝑖, 𝑗)∈𝐼×𝐽
Ù« ¬
(1.148)

= 𝐴𝑖 ∪ 𝐵 𝑗 .
(𝑖, 𝑗)∈𝐼×𝐽

Solution 3. (a) Soit 𝑛 ∈ N. Posons


𝑛−1
!
𝐵0 := 𝐴0 et 𝐵𝑛 := 𝐴𝑛 \ si 𝑛 ≠ 0.
Ø
𝐴𝑘 (1.149)
𝑘=0

Alors, la suite (𝐵𝑛 )𝑛∈N convienne. En effet, il est clair que cette suite est disjointe
et, que
Ø Ø
𝐵𝑛 ⊆ 𝐴𝑛 . (1.150)
𝑛∈ N 𝑛∈ N
Par ailleurs, si 𝑥 ∈ alors, en posant
Ð
𝑛∈ N
𝑁 := min{𝑛 ∈ N | 𝑥 ∈ 𝐴𝑛 } (1.151)
on a 𝑥 ∈ 𝐵 𝑁 de sorte que
Ø Ø
𝐴𝑛 ⊆ 𝐵𝑛 . (1.152)
𝑛∈ N 𝑛∈ N
(b) Soit 𝑛 ∈ N. Posons
𝑛
Ø
𝐶𝑛 := 𝐴𝑘 . (1.153)
𝑘=0

Alors, la suite (𝐶𝑛 )𝑛∈N convienne. En effet, puisque


𝑛
Ø 𝑛+1
Ø
𝐴𝑘 ⊆ 𝐴𝑘 (1.154)
𝑘=0 𝑘=0

cette suite (𝐶𝑛 )𝑛∈N est croissante. L’égalité


Ø Ø
𝐴𝑛 = 𝐶𝑛 (1.155)
𝑛∈ N 𝑛∈ N
est évidente.
Solution 4. (a) i) On a
!
𝐵 𝑗 ⇐⇒ 𝑥 ∈ 𝐴 et 𝑦 ∈
Ø Ø
(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐴 × 𝐵𝑗
𝑗 ∈𝐽 𝑗 ∈𝐽
Solutions 23

⇐⇒ ∃ 𝑗 ∈ 𝐽 (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐴 × 𝐵 𝑗
Ø
⇐⇒ (𝑥, 𝑦) ∈ ( 𝐴 × 𝐵 𝑗 ). (1.156)
𝑗 ∈𝐽

ii) Utilisons la première égalité qu’on vient de voir. On a


! !
Ø Ø ØØ
(1.157)

𝐴𝐼 × 𝐵𝐽 = 𝐴𝑖 × 𝐵 𝑗
𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽 𝑖∈𝐼 𝑗 ∈𝐽
Ø
(1.158)

= 𝐴𝑖 × 𝐵 𝑗 .
(𝑖, 𝑗)∈𝐼×𝐽

(b) Raisonnement analogue comme dans le précédent.


(c) i) On a (en utilisant la distributivité)
(𝑥, 𝑦) ∈ ( 𝐴1 × 𝐴2 ) \ (𝐵1 × 𝐵2 ) ⇐⇒ (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐴1 × 𝐴2 et (𝑥, 𝑦) ∉ 𝐵1 × 𝐵2
⇐⇒ (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐴1 × 𝐴2 et (𝑥 ∉ 𝐵1 ou 𝑦 ∉ 𝐵2 )
⇐⇒ ((𝑥, 𝑦) ∈ 𝐴1 × 𝐴2 et
𝑥 ∉ 𝐵1 )ou ((𝑥, 𝑦) ∈ 𝐴1 × 𝐴2 et 𝑦 ∉ 𝐵2 )
⇐⇒ (𝑥, 𝑦) ∈ (( 𝐴1 \ 𝐵1 ) × 𝐴2 )
∪ ( 𝐴1 × ( 𝐴2 \ 𝐵2 )). (1.159)
ii) Plus généralement, on a
𝑛
! 𝑛
! 𝑛
Ö Ö Ø
𝐴𝑘 \ 𝐵𝑘 = ( 𝐴1 × · · · × 𝐴 𝑘−1 × ( 𝐴 𝑘 \ 𝐵 𝑘 ) × 𝐴 𝑘+1 × · · · × 𝐴𝑛 ) .
𝑘=1 𝑘=1 𝑘=1
(1.160)
Solution 5. (a) i) Soient (𝐵𝑖 )𝑖∈𝐼 ⊆ P (𝑌 ) et 𝑥 ∈ 𝑋. Alors,
!
Ø Ø
𝑥 ∈ 𝑓 −1 𝐵𝑖 ⇐⇒ 𝑓 (𝑥) ∈ 𝐵𝑖
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼
⇐⇒ ∃𝑖 ∈ 𝐼 𝑥 ∈ 𝑓 −1 (𝐵𝑖 )
Ø
⇐⇒ 𝑥 ∈ 𝑓 −1 (𝐵𝑖 ) . (1.161)
𝑖∈𝐼

ii) Soient (𝐵𝑖 )𝑖∈𝐼 ⊆ P (𝑌 ) et 𝑥 ∈ 𝑋. Alors,


!
Ù Ù
𝑥 ∈ 𝑓 −1 𝐵𝑖 ⇐⇒ 𝑓 (𝑥) ∈ 𝐵𝑖
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼
⇐⇒ ∀𝑖 ∈ 𝐼 𝑥 ∈ 𝑓 −1 (𝐵𝑖 )
Ù
⇐⇒ 𝑥 ∈ 𝑓 −1 (𝐵𝑖 ) . (1.162)
𝑖∈𝐼

iii) Soient 𝐵 ∈ P (𝑌 ) et 𝑥 ∈ 𝑋. Alors,


𝑥 ∈ 𝑓 −1 (𝑌 \ 𝐵) ⇐⇒ 𝑓 (𝑥) ∉ 𝐵
24 Randrianomenjanahary

⇐⇒ 𝑥 ∉ 𝑓 −1 (𝐵)
⇐⇒ 𝑥 ∈ 𝑋 \ 𝑓 −1 (𝐵). (1.163)
(b) i) Soient ( 𝐴𝑖 )𝑖∈𝐼 ⊆ P (𝑌 ) et 𝑦 ∈ 𝑌 . Alors,
!
Ø Ø
𝑦∈ 𝑓 𝐴𝑖 ⇐⇒ ∃𝑥 ∈ 𝐴𝑖 𝑦 = 𝑓 (𝑥)
𝑖∈𝐼 𝑖∈𝐼
⇐⇒ ∃𝑖 ∈ 𝐼 𝑦 ∈ 𝑓 ( 𝐴𝑖 )
Ø
⇐⇒ 𝑦 ∈ 𝑓 ( 𝐴𝑖 ). (1.164)
𝑖∈𝐼
 
ii) Soient ( 𝐴𝑖 )𝑖∈𝐼 ⊆ P (𝑌 ) et 𝑦 ∈ 𝑌 . Supposons que 𝑦 ∈ 𝑓 𝐴𝑖 . Alors, il existe
Ñ
𝑖∈𝐼
𝐴𝑖 tel que 𝑦 = 𝑓 (𝑥). Donc, pour tout 𝑖 ∈ 𝐼, 𝑦 ∈ 𝑓 ( 𝐴𝑖 ) de sorte que
Ñ
𝑥∈
𝑖∈𝐼
Ñ
𝑦∈ 𝑓 ( 𝐴𝑖 ).
𝑖∈𝐼
Montrons que cette inclusion peut-être stricte. Considérons l’application
𝑓 :𝑥∈ R ↦−→ 𝑥2 ∈ R. (1.165)
Pour 𝐴 := ]−1, 2[ et 𝐵 := [−2, 0] on a
𝑓 ( 𝐴) = 𝑓 (𝐵) = [0, 4[ et 𝑓 ( 𝐴 ∩ 𝐵) = [0, 1[ (1.166)
de sorte que
𝑓 ( 𝐴 ∩ 𝐵) ⊂ 𝑓 ( 𝐴) ∩ 𝑓 (𝐵). (1.167)
iii) Reprenons encore l’application 𝑓 précédente. Mais, cette fois-ci, posons
𝐴 = [0, +∞[. On a
𝑓 ( 𝐴) = [0, +∞[ et 𝑓 (R \ 𝐴) = ]0, +∞[ (1.168)
de sorte qu’il n’y a aucune relation d’inclusion entre 𝑓 ( R \ 𝐴) et R \ 𝑓 ( 𝐴).
Solution 6. (a) Supposons que 𝑓 est injective. Soit 𝐴 ∈ P (𝑋). On vérifie facile-
ment que
𝐴 ⊆ 𝑓 −1 ( 𝑓 ( 𝐴)). (1.169)
Soit maintenant 𝑥 ∈ 𝑓 −1 ( 𝑓 ( 𝐴)). Alors, 𝑓 (𝑥) ∈ 𝑓 (𝑋) de sorte qu’il existe 𝑥 0 ∈ 𝐴
tel que
𝑓 (𝑥) = 𝑓 (𝑥 0). (1.170)
Donc, par hypothèse, 𝑥 = 𝑥 0 ∈ 𝐴 de sorte que
𝑓 −1 ( 𝑓 ( 𝐴)) ⊆ 𝐴. (1.171)
Réciproquement, supposons que pour tout 𝐴 ∈ P (𝑋) on a
𝑓 −1 ( 𝑓 ( 𝐴)) = 𝐴. (1.172)
Soient 𝑥 et 𝑥 0 ∈ 𝑋. Supposons que 𝑓 (𝑥) = 𝑓 (𝑥 0). Alors, 𝑓 −1 ( 𝑓 ({𝑥})) =
𝑓 −1 ( 𝑓 ({𝑥 0 })). Puis, par hypothèse, il vient 𝑥 = 𝑥 0 de sorte que 𝑓 est injective.
Solutions 25

(b) Supposons que 𝑓 est surjective. Soit 𝐵 ∈ P (𝑌 ). Soit 𝑦 ∈ 𝑓 ( 𝑓 −1 (𝐵)). Alors, il


existe 𝑥 ∈ 𝑓 −1 (𝐵) tel que 𝑦 = 𝑓 (𝑥) ∈ 𝐵. Donc,
𝑓 ( 𝑓 −1 (𝐵)) ⊆ 𝐵. (1.173)
Soit maintenant 𝑦 ∈ 𝐵. Alors, par hypothèse, il existe 𝑥 ∈ 𝑋 tel que 𝑦 = 𝑓 (𝑥).
Donc, 𝑥 ∈ 𝑓 −1 (𝐵) de sorte que 𝑦 = 𝑓 (𝑥) ∈ 𝑓 ( 𝑓 −1 (𝐵)). Donc,
𝐵 ⊆ 𝑓 ( 𝑓 −1 (𝐵)). (1.174)
Réciproquement, supposons que pour tout 𝐵 ∈ P (𝑌 ) on a
𝑓 ( 𝑓 −1 (𝐵)) = 𝐵. (1.175)
Alors, puisque 𝑓 −1 (𝑌 ) = 𝑋 on a
𝑓 (𝑋) = 𝑌 (1.176)
de sorte que 𝑓 est surjective.
(c) Supposons que 𝑓 est bijective. Soit 𝐴 ∈ P (𝑋). Soit 𝑦 ∈ 𝑓 (𝑋 \ 𝐴). Alors, par
hypothèse, il existe un unique 𝑥 ∈ 𝑋 \ 𝐴 tel que 𝑦 = 𝑓 (𝑥). Donc, 𝑦 ∉ 𝑓 ( 𝐴) par
unicité de 𝑥 c’est-à-dire 𝑦 ∈ 𝑌 \ 𝑓 ( 𝐴). Donc,
𝑓 (𝑋 \ 𝐴) ⊆ 𝑌 \ 𝑓 ( 𝐴). (1.177)
Soit 𝑦 ∈ 𝑌 \ 𝑓 ( 𝐴). Alors, puisque 𝑓 est surjective, il existe 𝑥 ∈ 𝑋 tel que 𝑦 = 𝑓 (𝑥).
Si 𝑥 ∈ 𝐴 alors, on aurra 𝑦 = 𝑓 (𝑥) ∈ 𝑓 ( 𝐴). Donc, 𝑥 ∈ 𝑋 \ 𝐴 de sorte que
𝑦 = 𝑓 (𝑥) ∈ 𝑓 (𝑋 \ 𝐴). Donc,
𝑌 \ 𝑓 ( 𝐴) ⊆ 𝑓 (𝑋 \ 𝐴). (1.178)
Réciproquement, supposons que pour tout 𝐴 ∈ P (𝑋) on a
𝑓 (𝑋 \ 𝐴) = 𝑌 \ 𝑓 ( 𝐴). (1.179)
Alors, pour 𝐴 = ∅ on a
𝑓 (𝑋) = 𝑌 (1.180)
de sorte que 𝑓 est surjective. Il reste à montrer qu’elle est injective. Soient 𝑥 et
𝑥 0 ∈ 𝑋. Supposons que 𝑓 (𝑥) = 𝑓 (𝑥 0). Alors, par hypothèse, on a
𝑓 (𝑋 \ {𝑥}) = 𝑓 (𝑋 \ {𝑥 0 }) (1.181)
de sorte que 𝑥 = 𝑥 0.
Solution 7. (a) Soit 𝑥 ∈ ( 𝑓 + 𝑔) −1 (]𝑎, +∞[). Alors,
𝑓 (𝑥) + 𝑔(𝑥) > 𝑎. (1.182)
Or, par densité de Q dans R il existe 𝑟 ∈ Q tel que
𝑓 (𝑥) > 𝑟 (1.183)
de sorte que
𝑔(𝑥) > 𝑎 − 𝑟. (1.184)
Donc, 𝑥 ∈ 𝑆𝑟 . L’incusion inverse est immédiate.
26 Randrianomenjanahary

(b) i) On vérifie facilement que


(sup( 𝑓 , 𝑔)) −1 (]𝑎, +∞[) = 𝑓 −1 (]𝑎, +∞[) ∪ 𝑔 −1 (]𝑎, +∞[). (1.185)
ii) De même, on a
(inf ( 𝑓 , 𝑔)) −1 (]−∞, 𝑎[) = 𝑓 −1 (]−∞, 𝑎[) ∪ 𝑔 −1 (]−∞, 𝑎[). (1.186)
iii) Plus généralement, on a
  −1 Ø
sup ( 𝑓𝑛 ) (]𝑎, +∞[) = 𝑓𝑛−1 (]𝑎, +∞[). (1.187)
𝑛∈ N 𝑛∈ N
Solution 8. (a) On vérifie sans peine que ´ est une relation d’ordre totale.
(b)
Solution 9. (a) Montrons le chemin
i ⇐⇒ ii ⇐⇒ iii. (1.188)
Supposons que 𝑟 = sup( 𝐴). Alors, par définition même, 𝑟 est un majorant de 𝐴.
Soit 𝜀 > 0. Alors, 𝑟 − 𝜀 < 𝑟. Donc, 𝑟 − 𝜀 n’est plus un majorant de 𝐴. Donc, il
existe 𝑎 ∈ 𝐴 tel que
𝑟 − 𝜀 < 𝑎 ≥ 𝑟. (1.189)
Supposons maintenant ii. Supposons par l’absurde que 𝑟 ≠ sup( 𝐴). Posons
𝑟 0 = sup( 𝐴). Alors, puisque 𝑟 est un majorant de 𝐴 on a 𝑟 0 < 𝑟 de sorte que pour
𝜀 = 𝑟 − 𝑟 0, il existe 𝑎 ∈ 𝐴 tel que
𝑟 0 = 𝑟 − (𝑟 − 𝑟 0) < 𝑎 > 𝑟. (1.190)
Ce qui est impossible en tant que borne supérieure. Donc, 𝑟 = sup( 𝐴). Montrons
N
maintenant iii sous-cette hypothèse. Pour 𝑛 ∈ \ {0} notons 𝑥 𝑛 ∈ 𝐴 le réel tel
que
1
𝑟 − < 𝑥 𝑛 ≤ 𝑟. (1.191)
𝑛
Alors, la suite (𝑥 𝑛 )𝑛∈N\{0} converge vers 𝑟.
L’implication iii =⇒ ii est évidente.
(b) Les assertions suivantes sont équivalentes :
i) 𝑟 = inf ( 𝐴).
ii) 𝑟 est un minorant de 𝐴 et, pour tout 𝜀 > 0 il existe 𝑎 ∈ 𝐴 tel que
𝑟 ≤ 𝑎 < 𝑟 + 𝜀. (1.192)
iii) 𝑟 est un minorant de 𝐴 et, il existe une suite (𝑥 𝑛 )𝑛∈N ⊆ 𝐴 convergeant vers 𝑟.
(c) Supposons que 𝐴 et 𝐵 sont majorés. Posons 𝑟 = sup( 𝐴) et 𝑟 0 = sup(𝐵). Alors, il
existe deux suites (𝑥 𝑛 )𝑛∈N ⊆ 𝐴 et (𝑦 𝑛 )𝑛∈N ⊆ 𝐵 convergeant respectivement vers
𝑟 et vers 𝑟 0. Pour chaque 𝑛 ∈ N
posons 𝑧 𝑛 := 𝑥 𝑛 + 𝑦 𝑛 ∈ 𝐴 + 𝐵. Alors, la suite
(𝑧 𝑛 )𝑛∈N ⊆ 𝐴 + 𝐵 converge vers 𝑟 + 𝑟 0. Or, il est évident que 𝑟 + 𝑟 0 est un majorant
de 𝐴 + 𝐵. Donc, on a
sup( 𝐴 + 𝐵) = sup( 𝐴) + sup(𝐵). (1.193)
Solutions 27

(d) Supposons que 𝐴 est minoré. Soit 𝑡 > 0. Posons 𝑟 = inf( 𝐴). Alors, 𝑟 est un
minorant de 𝐴 et, il existe une suite (𝑥 𝑛 ) ⊆ 𝐴 convergeant vers 𝑟. Pour chaque
N
𝑛 ∈ posons 𝑦 𝑛 := −𝑡𝑥 𝑛 ∈ −𝑡 𝐴. Alors, la suite (𝑦 𝑛 ) converge vers −𝑡𝑟. Or, il est
évident que −𝑡𝑟 est un majorant de −𝑡 𝐴. Donc,
sup(−𝑡 𝐴) = −𝑡𝑟. (1.194)

(e) Supposons que sup( 𝐴) > 𝑠. Posons 𝑟 = sup( 𝐴). Alors, pour 𝜀 = 𝑟 − 𝑠 > 0 il existe
𝑎 ∈ 𝐴 tel que 𝑎 > 𝑟 − (𝑟 − 𝑠) = 𝑠.
(f) i) Supposons que 𝐴 et 𝐵 sont majorés. Posons 𝑟 = sup( 𝐴) et 𝑟 0 = sup( 𝐴). Alors,
il existe deux suites (𝑥 𝑛 )𝑛∈N ⊆ 𝐴 et (𝑦 𝑛 )𝑛∈N ⊆ 𝐵 convergeant respectivement
N
vers 𝑟 et 𝑟 0. Pour chaque 𝑛 ∈ posons 𝑧 𝑛 := max(𝑥 𝑛 , 𝑦 𝑛 ). Alors, par continuité
de la fonction maximum, la suite (𝑧 𝑛 ) ∈ 𝐴 ∪ 𝐵 converge vers max(𝑟, 𝑟 0). Or,
il est évident que max(𝑟, 𝑟 0) est un majorant de 𝐴. Donc,
sup( 𝐴 ∪ 𝐵) = max(𝑟, 𝑟 0). (1.195)

ii) Raisonnement analogue pour les autres cas.


(g) Supposons que sup( 𝐴) = inf(𝐵). Soient 𝑥 ∈ 𝐴 et 𝑦 ∈ 𝐵. Alors,
𝑥 ≤ sup( 𝐴) = inf (𝐵) ≤ 𝑦. (1.196)
Soit 𝜀 > 0. Alors, il existe 𝑎 ∈ 𝐴 et 𝑏 ∈ 𝐵 tels que

sup( 𝐴) − < 𝑎 et 𝑏 < inf (𝐵) +


𝜀 𝜀
(1.197)
2 2
de sorte que
𝑏 − 𝑎 < 𝜀. (1.198)
Réciproquement, supposons ii. Alors, puisque tous les éléments de 𝐵 sont des
majorants de 𝐴, les éléments de 𝐵 sont supérieurs à sup( 𝐴) de sorte que
sup( 𝐴) ≤ inf (𝐵). (1.199)
Par ailleurs, pour 𝑛 ∈ N \ {0}, il existe 𝑎 ∈ 𝐴 et 𝑏 ∈ 𝐵 tels que
1
𝑏<𝑎+ . (1.200)
𝑛
N
Donc, par définition, pour tout 𝑛 ∈ on a
1
inf (𝐵) < + sup( 𝐴). (1.201)
𝑛
Donc, en faisant tendre 𝑛 vers l’infini on obtient
inf (𝐵) < sup(𝐵). (1.202)

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