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Protection Sociale au Sénégal : Concepts et Risques

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REPUBLIQUE DU SENEGAL

UN PEUPLE-UN BUT-UNE FOI


Université Cheikh Anta Diop de Dakar

PROTECTION SOCIALE
PROTECTION SOCIALE
FSJP-UCAD
Pr Alassane KANTE

PROTECTION SOCIALE

Ce cours comprend une introduction générale et trois grandes parties :

 Introduction générale
 Partie I : la protection sociale des travailleurs
 Partie II : la protection sociale des fonctionnaires
 Partie III : la protection d’une catégorie sociale vulnérable.

INTRODUCTION GENERALE

Le concept de protection sociale se nourrit essentiellement des éléments de définition de la


Sécurité sociale. Cette dernière peut être appréhendée comme l’ensemble des dispositions
législatives, réglementaires et conventionnelles destinées à protéger l’individu contre un
risque. Ce risque l’oblige à cesser son activité professionnelle temporairement ou
définitivement. Il peut aussi le contraindre à assumer des charges familiales de telle sorte
que cela entraîne une diminution de son niveau de vie.
De cette définition, il résulte que la sécurité sociale repose essentiellement sur la notion de
risque social à couvrir et sur l’organisation de la protection contre les risques sociaux.

La protection sociale peut être conçue comme l’ensemble des dispositifs mis en place pour assurer
et aider les individus devant les risques majeurs de l’existence. Ainsi donc, le concept de protection
sociale dépasse celui de la sécurité sociale dès lors qu’il fait appel de plus en plus à des
domaines plus variés. Cette extension touche des domaines tels que la lutte contre la
pauvreté, la protection civile et la protection des groupes vulnérables. Dans cette
introduction générale, il convient de présenter les points suivants : le risque social, la
protection des risques sociaux, l’évolution et les sources du droit de la protection sociale.

SECTION I – LE RISQUE SOCIAL

Le risque social est emprunté au droit des assurances. Le risque est un événement futur et
incertain qui, lorsqu’il survient, engendre un préjudice.

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PROTECTION SOCIALE
FSJP-UCAD
Pr Alassane KANTE
Paragraphe I – La notion de risque social

Le risque social peut être appréhendé selon les conséquences économiques que certains
événements peuvent avoir sur le patrimoine des individus. C’est pourquoi, on s’attache moins
à la cause physique, sociale ou économique de l’événement, qu’à ses effets. Dans cette
perspective, les risques susceptibles d’être couverts par la protection sociale sont les suivants :
- Les risques physiques inhérents à la personne humaine ;
- Les charges exceptionnelles imposées à l’individu ;
- Les risques économiques proprement dits.
Le droit de la protection sociale s’efforce de garantir la sécurité économique de chacun. La notion
de risque social n’a pas de limites précises et elle aura vocation à s’élargir ou se rétrécir selon les
orientations politiques et idéologiques qui prévalent dans un Etat.
Toutefois, l’extension du concept de risque social doit avoir des limites car elle se heurte à
des difficultés liées à la technique de l’assurance, à savoir celles de déterminer le risque et
de réparer le dommage.
Par exemple, relativement aux calamités agricoles ou le chômage, il est difficile de tracer
la limite entre l’aléa normal de la vie agricole ou économique et les aléas exceptionnels
susceptibles d’indemnisation.
En outre, le financement de la réparation de tels risques pose un délicat problème puisque
si le montant de la réparation dépend du montant des cotisations ou contributions, il sera
difficile à établir compte tenu du fait qu’il est difficile d’évaluer la probabilité du risque. De
telles difficultés sont à l’origine de l’exclusion des risques comme le chômage ou les calamités
agricoles, du champ d’application du droit sénégalais de la protection sociale.
Paragraphe II – La définition des risques sociaux par l’O.I.T

Dans le souci d’assurer une protection sociale minimale et une harmonisation des systèmes de
protection sociale, l’O.I.T. a retenu dans la convention n° 102, neuf branches de risques sociaux à
couvrir. Il s’agit :
- de la maladie (frais médicaux) ;
- la maladie (indemnités de maladie) ;
- la maternité ;
- l’invalidité ;
- la vieillesse ;
- l’accident du travail et la maladie professionnelle ;
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Pr Alassane KANTE
- le décès (protection des proches survivants) ;
- les charges familiales ;
- le chômage.

Toutefois, les Etats qui ratifient la Convention ne sont pas obligés de couvrir les neuf
branches de risques.
Le socle minimal à protéger concerne les risques sociaux suivants :

- L’accident du travail et de la maladie professionnelle ;


- La vieillesse ou l’invalidité ;
- Le décès du soutien de famille ou du chômage.

Enfin, les Etats peuvent accepter de couvrir d’autres risques sociaux s’ils en ont les
moyens.

SECTION II – LA PROTECTION DES RISQUES SOCIAUX

On ne peut parler de systèmes de sécurité sociale que lorsque la protection contre les
risques sociaux est organisée de façon collective et spécifique.
La spécificité de cette protection collective est le fruit de l’insuffisance des techniques
classiques de garantie.
Au surplus, elle obéit à une organisation particulière qui vise à atteindre les objectifs
particuliers de réparation.

Paragraphe I – L’insuffisance des techniques classiques de garantie

Cette insuffisance se manifeste au niveau de la responsabilité civile, de l’assistance, de l’épargne et


de la prévoyance.
- La responsabilité civile est une technique d’indemnisation de certains risques. Certes,
elle constitue une garantie appréciable pour la victime car elle transfère la charge du
risque sur la personne tenue de réparer le dommage.
En effet, la responsabilité civile suppose l’intervention d’un tiers dans la réalisation du
dommage, que celle-ci soit son fait personnel ou celui de personnes ou de choses dont il
faut répondre.
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PROTECTION SOCIALE
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NB. : Cependant, il faut bien voir que de nombreux risques excluent l’intervention d’un
tiers (Exemple : maladie, vieillesse…)

- L’assistance fondée sur la charité consiste à venir en aide aux indigents. Elle est aléatoire
dans la mesure où elle est facultative et discrétionnaire et ne profite pas
nécessairement à tous ceux qui en ont besoin.
Exemple : L’obligation alimentaire en droit de la famille
- L’épargne c’est la partie du revenu non consacrée à la consommation immédiate.
Elle peut servir à faire face à des dépenses imprévues comme la maladie, la
vieillesse ou le chômage. Son efficacité dépend de la capacité de l’individu à garder
de l’argent. C’est un procédé individuel qui ne fait que différer la consommation.
Donc finalement c’est l’épargnant qui supporte seul les risques. En outre, l’épargne
est tributaire de la dépréciation monétaire (inflation, dévaluation).
- La prévoyance collective est illustrée par l’assurance et la mutualité. Elle impose à un
groupe donné de supporter le préjudice causé à l’un de ses membres. Les conséquences du
risque sont partagées entre les différents membres du groupe moyennant une
cotisation annuelle.
Toutefois, la prévoyance collective n’est pas très adaptée à la Sécurité sociale. En effet, ce
procédé ne convient qu’aux aléas ou risques déterminables ou prévisibles. Il en résulte
l’exclusion de la garantie de certains risques par ce procédé. Exemple, le chômage. Au
surplus, il y a une corrélation entre la cotisation des membres et l’indemnisation due
éventuellement. En effet, plus le risque est élevé, plus le montant de la contribution de
l’assuré est important. Egalement, on note que, dans ce procédé, le succès de la répartition
du risque entre les membres du même groupe socio- professionnel d’assurés est
largement tributaire de l’importance quantitative de ce groupe.

Paragraphe II – L’organisation d’une protection collective spécifique

La théorie générale du développement d’une protection collective spécifique a été


élaborée par Beveridge en 1941 à l’occasion de l’élaboration d’un plan de la Sécurité
sociale en Grande Bretagne. Ce plan généralise les assurances sociales à toute la
population. En outre, les prestations sont uniformes quelque soient les revenus des
bénéficiaires. L’organisation d’un système de protection sociale doit être adaptée en
fonction des choix opérés par chaque Etat. En effet, les risques à courir varient suivant
les bénéficiaires, l’organisation administrative et financière des institutions et les
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PROTECTION SOCIALE
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modalités de la protection.

A. L’identification des bénéficiaires

Pendant longtemps, ce sont les salariés qui, en raison de leur vulnérabilité physique et
économique, ont pu bénéficier de la protection sociale pour cause d’accidents de travail, de
maladies et de charges familiales. Puis, il s’en est suivi certains membres de leurs familles
tels que les conjoints et les descendants, voire les ascendants à leur charge.
Dans les pays industrialisés, il s’est produit une extension de la protection visant même les
travailleurs indépendants comme les commerçants, les professions libérales etc.
Cependant, on note que, dans les pays en voie de développement, les travailleurs
indépendants ne bénéficient pas d’une couverture spécifique. En outre, au Sénégal, la
protection sociale des fonctionnaires et des agents assimilés est assurée différemment de
celle des travailleurs du secteur privé. Il en est de même des personnes âgées bénéficiaires
du plan Sésame et des étudiants qui font l’objet d’une protection particulière.

B. L’organisation administrative

La conception de la protection sociale comme un Service public favorise une tendance au


monopole, au regroupement et à l’étatisation.
Cependant, un même risque est susceptible d’être géré par plusieurs organismes à la fois.
Au Sénégal, le risque maladie est couvert par de nombreuses institutions de prévoyance
sociale si bien qu’il se crée une concurrence entre elles sur le plan des contributions financières
des assurés et des prestations qui leur sont dues.
Toutefois, l’uniformisation, la monopolisation de la gestion d’un ou de plusieurs risques
déterminés peut être envisagée. Dans ce cas, la gestion sera confiée à un seul organisme. Il
en est ainsi au Sénégal où, d’une part, c’est la Caisse de Sécurité sociale qui a le monopole de
droit de la gestion des branches des prestations familiales, des accidents du travail et des
maladies professionnelles et, d’autre part, c’est l’IPRES qui a le monopole de fait de la
gestion de la retraite des travailleurs.
Il convient de préciser que la monopolisation de la gestion de certains risques n’exclut pas
l’existence de régimes d’assurance complémentaires destinés à améliorer les prestations du
régime de base.
En effet, il est possible que des régimes complémentaires soient prévus pour d’autres
risques.

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La monopolisation présente des avantages indiscutables. Non seulement, elle est moins
coûteuse, plus commode pour les bénéficiaires qui n’auront à s’adresser qu’à un seul
organisme, mais aussi, elle facilite la mise en place de politiques de sécurité sociale. L’on
remarquera, enfin, qu’au Sénégal, l’Etat exerce une tutelle administrative, technique et
financière sur les organismes privés de Sécurité sociale. En effet, l’Etat participe aux Conseil
d’administration, il contrôle et approuve leurs comptes, il demande leur contribution à un
fonds de garantie, et peut s’opposer aux décisions des organes exécutifs et de délibération,
enfin, il fixe le taux maximal et minimal des cotisations et des prestations.
Signalons enfin que la protection sociale des étudiants est confiée au Centre des Œuvres
Universitaires de Dakar (COUD) et au Centre Régional des Œuvres Universitaires de Saint
Louis (CROUS) qui sont deux (2) établissements publics.

C. L’Organisation financière

Elle soulève deux problématiques : le financement et l’utilisation des ressources.


 Relativement au financement, deux modes sont généralement adoptés : la
cotisation et l’imposition.
 La cotisation est une contribution financière demandée à l’intéressé lui-même, en
rapport avec ses ressources professionnelles.
 A l’inverse, l’imposition est destinée à frapper toute la population active, voire la
population inactive dotée de ressources suffisantes pour être appelée à contribuer.
Encore que l’imposition traduise mieux la solidarité nationale, le système de
protection sociale sénégalais largement inspiré du droit français, est
principalement alimenté par des cotisations.
 Au niveau de la Caisse de Sécurité sociale, seul l’employeur cotise.
Au niveau de l’IPRES et des IPM, à l’inverse, ce sont les employeurs et les travailleurs qui
cotisent.
Les cotisations illustrent donc un choix en faveur d’une protection sociale à caractère
professionnel. Elles sont proportionnelles aux salaires et sont également uniformes dans la
mesure où leur taux est identique pour tous les salariés et pour tous les employeurs
relevant d’un même régime. Exemple l’assurance vieillesse.
Enfin, la cotisation est obligatoire dans les emplois rémunérés du secteur formel. Puis, le
défaut ou le retard dans le paiement des cotisations expose son auteur à des sanctions civiles
(majoration de retard), voire pénales (amendes).
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 Relativement à l’utilisation des ressources deux systèmes sont retenus : il s’agit de la
répartition et de la capitalisation.
La répartition consiste à reverser aussitôt, sous forme de prestations, les cotisations ou
impôts collectés.
A l’inverse, la capitalisation consiste à placer les fonds collectés de façon à constituer un capital
que l’on fait fructifier et qui sera attribué plus tard, augmenté des intérêts sous forme de
capital ou de rente, au bénéficiaire.
Toutefois, la répartition est préférée au système de la capitalisation pour de multiples
raisons.
D’abord, elle permet la mise en place immédiate d’un régime de protection sociale, quel que
soit la branche du risque envisagée.
Ensuite, elle évite les méfaits de l’érosion monétaire.

D. Les modalités de la protection

Les bénéficiaires reçoivent des prestations diverses : rentes, indemnités, aides, pensions,
allocations, subventions, prêts etc. Les prestations en matière de protection sociale
remplissent quatre fonctions : une fonction d’assurance (assurance maladie, assurance
invalidité etc.), une fonction de report (assurance vieillesse), une fonction de redistribution
(prestations familiales) et une fonction de protection universelle.
Les prestations peuvent être en espèces ou en nature. Les prestations en espèces consistent
en des versements de somme d’argent. Quant aux prestations en nature, elles consistent en des
fournitures de biens (les aliments, les médicaments) ou des services (les actes médicaux ou
chirurgicaux) au profit des bénéficiaires par les organismes de protection sociale.
SECTION III – EVOLUTION ET SOURCES DU DROIT DE PROTECTION
SOCIALE
Paragraphe I – L’Evolution
L’évolution du droit de la protection sociale est comparable à celle du droit du travail dont
elle a accompagné la progression. En effet, dès que le salarié africain a pris conscience des
risques qui le menaçaient, il a lutté pour la mise en place d’un système de protection
sociale en sa faveur.
Ainsi, l’avènement du salariat a provoqué une véritable révolution économique et sociale :
il a permis d’organiser de nouveaux groupes sociaux qui revendiquent des prestations selon
le modèle européen.

7
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L’évolution a connu plusieurs étapes.
Avant la deuxième guerre mondiale, une protection sociale très limitée était assurée aux
travailleurs. Cette protection était destinée à stabiliser la main d’œuvre et se limitait au risque
maladie du travailleur africain dans le cadre de l’assistance médicale indigène.
Egalement, les employeurs ne pouvaient être obligés à réparer les dommages causés par les
accidents du travailleur que si leur responsabilité était établie (ce qui était rare). Toutefois,
le Décret du 2 avril 19321 devait sensiblement améliorer la situation dans la mesure où la
victime pouvait, grâce à ce texte, prétendre à des soins gratuits et à une indemnité en cas
d’incapacité.
Quant au Décret du 18 Décembre 19382 relatif au travail des enfants et des femmes, il
permettait à la femme salariée de suspendre son contrat de travail, sans indemnité, pendant
8 semaines avant et après son accouchement.
Après la seconde guerre mondiale, la loi Lamine GUEYE de 1950 a permis aux
fonctionnaires africains d’obtenir une protection sociale comparable à celle de leurs
homologues français.
Dans le secteur privé et para public où il s’appliquait, le Code du Travail des Travailleurs
d’Outre-Mer a renforcé la Sécurité sociale. Pour ce faire, il avait mis fin à la discrimination
entre travailleurs européen et africains ; il comportait aussi de nombreuses dispositions
relatives à l’hygiène et à la sécurité ; il prévoyait l’institution de services médicaux
d’entreprise assurant des soins gratuits et réalisait la protection des travailleurs contre
certains risques sociaux, tel que le risque maternité.
Ce risque maternité était garanti par la mise à la charge de l’employeur, pendant tout le congé
de maternité de la femme salariée, des soins nécessités par son état et de la moitié du
salaire qu’elle percevait au moment de la suspension du contrat.
Egalement, les prestations familiales étaient garanties par ce code. Aussi bien, au Sénégal,
sa mise en œuvre et sa gestion étaient assurées par une Caisse.
Ce Code fut complété par le Décret n° 57-245 du 27 Février 19573 modifié par le Décret
57-829 du 23 juillet 19574 relatif aux accidents du travail et maladies professionnelles
confiés à la Caisse des prestations familiales.

1
JORF du 8 Avril 1932.
2
JORF du 29 Septembre 1936.
3
JORF 28/02/1957.
4
JO AOF 1957 P. 1539.
8
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Enfin, à la veille des indépendances, un accord entre des organisations syndicales
patronales et ouvrières en date du 22 Mars 19585 instituait la Couverture du risque
vieillesse confiée à une institution privée, en l’occurrence l’IPRAOF (Institution de
prévoyance retraite de l’AOF).

Paragraphe II – Les sources du droit de la protection sociale

A l’heure actuelle, le système sénégalais de protection sociale comporte deux grands


régimes classiques. Celui des fonctionnaires et celui des travailleurs qui sont deux grands
régimes tout à fait distincts et autonomes.
En outre, il existe la protection des personnes âgées bénéficiaires du plan sésame et celle
des étudiants.
A. Le régime des travailleurs
Les travailleurs du secteur privé et du secteur public (les agents non fonctionnaires)
bénéficient d’un régime propre de sécurité sociale.
Ce régime était organisé par la loi n° 73-37 du 31 juillet 1973 portant Code de la Sécurité
sociale. A l’heure actuelle, cette loi est abrogée et remplacée par la loi n° 97-05 du 10
Mars 1997.
Cependant, cette dernière loi ne remet en cause que certaines dispositions de la loi de 1973
relatives aux cotisations afin de lever les difficultés liées à la situation financière des
institutions concernées.
Ce régime comprenait à l’origine, les prestations familiales (maternité et allocations familiales)
et les accidents du travail et les maladies professionnelles (prévention et réparation). La
gestion du régime des travailleurs est confiée à la Caisse de Sécurité sociale. Au
demeurant, il est prévu d’incorporer, éventuellement, toute autre branche de sécurité
sociale instituée ultérieurement.
La loi n° 75-50 du 3 Avril 1975 (encore applicable) relative aux institutions de prévoyance
sociale prévoit une couverture sociale aux risques maladies et frais pharmaceutiques. Cette
loi a été complétée par le Décret 75-895 du 14 Août 1975 portant organisation des
institutions de prévoyance maladie d’entreprises ou interentreprises6 et par le Décret n° 75-
455 du 24 Avril 1975 rendant obligatoire pour tous les employeurs et pour tous les
travailleurs l’affiliation à un régime de retraite.
Depuis 2008, la loi n° 75-50 du 3 Avril 1975 a été modifiée. En effet, aux termes de

5
JOAOF du 29 Avril 1958.
6
JORS n° 4449 du 27 Septembre 1975 p. 557.
9
PROTECTION SOCIALE
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l’article 13, alinéa 2 de la loi « Les institutions de prévoyance sociale de toute nature, ainsi
que leurs unions, doivent appliquer un régime de répartition ».
Dans le souci d’améliorer les retraites, les différents partenaires sociaux se sont accordés
pour l’institution d’un régime complémentaire par capitalisation basé sur une épargne
volontaire du futur retraité (cf. loi n° 2008-13 du 20 Février 2008 modifiant l’article 13 de la
loi n° 75-50 du 3 Avril 1975 relative aux institutions de prévoyance sociale et autorisant la
mise en place de régimes de retraite par capitalisation basés sur une gestion privée7.
La gestion du régime de retraite est confiée à l’IPRES (Institution de Prévoyance Retraite du
Sénégal) ayant succédé à l’IPRAO, conférant à cet organisme un monopole de fait8.
Parallèlement, l’IPRES s’est vue confier la gestion du régime particulier et complémentaire
de retraite des cadres en vertu d’un accord collectif9.
En somme, la protection sociale des travailleurs est confiée à trois types d’organismes que
sont : la Caisse de Sécurité sociale (CSS), l’Institution de Prévoyance Maladie (I.P.M) des entreprises
et l’IPRES. Cette législation constitue le droit commun pour les travailleurs.
Toutefois, il faut y ajouter des régimes spéciaux concernant les marins régis par le Code de
la marine marchande (maladies et blessures ; prestations familiales ; retraite ; accidents du
travail et maladies contractées à bord) et la convention collective nationale
interprofessionnelle (CCNI) qui contient certaines clauses relatives à la maladie, l’accident
du travail et l’hospitalisation.

N.B. : Soulignons enfin que le statut de la Caisse de Sécurité sociale a été réformé par la
loi n° 91-33 du 26 Juin 1991 faisant de la Caisse une institution de prévoyance sociale.

B. Le régime des fonctionnaires

Le régime des fonctionnaires est applicable aux seuls fonctionnaires, à savoir aux
personnes qui, nommées dans un emploi permanent, ont été titularisées dans un grade de la
hiérarchie des corps du Sénégal ainsi qu’aux membres de leur famille désignés par les
textes.
Le principe d’un régime de Sécurité sociale propre aux fonctionnaires est posé par l’article 97 de la
loi n° 61-33 du 15 juin 1961 relative au statut général de la fonction publique qui renvoie à
un Décret pour la fixation des règles relatives, notamment aux risques maladie, à la
maternité, à l’invalidité et au décès.

7
JORS du 10 Mai 2008 p. 471 et 472.
8
Arrêté n° 3043 du 9 Mars 1978 JORS n° 4638 du 3 juin 1978 P. 709.
9
JORS n° 4313 du 1er Septembre 1973 P. 1743.
10
PROTECTION SOCIALE
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Dans le cadre de la loi de 1961, les articles 27, 57 et 75 posent respectivement les principes
des suppléments pour charges de famille, des congés de maladie et de maternité et de
retraite.
En plus de la loi fondamentale de 1961 sur la fonction publique, on relève deux autres
textes :
- Le Décret n° 72-215 du 7 mars 1972 instituant la Sécurité sociale des
fonctionnaires (JORS n° 4216 du 1er Avril 1972 P. 508) ;
- La loi n° 81-52 du 10 juillet 1981 portant régime général des pensions civiles et
militaires de retraite10.
N.B. : Une particularité du système de protection sociale des fonctionnaires est que sa
gestion n’est pas confiée à un organisme spécialisé doté de la personnalité morale et de
l’autonomie financière. Cette gestion est le fait direct du Ministère chargé de la fonction
publique pour certains risques et du Ministère utilisateur pour ce qui est des prestations
constituant des éléments de rémunération du fonctionnaire. Le régime de sécurité sociale
des agriculteurs est fixé par la loi d’orientation sylvo pastorale. Mais, elle n’est pas encore
appliquée.

C. Le régime de protection des groupes vulnérables

Il existe un régime de protection des groupes vulnérables, à savoir les personnes âgées
bénéficiaires du plan sésame, la jeunesse estudiantine et les personnes handicapées qui
bénéficient d’une protection spéciale.
 La protection des personnes âgées découle d’une volonté politique exprimée par
le Président de la République. Elle intervient en dehors de tout cadre légal et
réglementaire et se fait en concertation avec les institutions de prévoyance
sociale, les collectivités locales et les établissements publics et privés de santé.
La gestion de ce régime est confiée au Ministère de la Santé.
 Concernant la jeunesse estudiantine, il existe un important Cadre juridique qui
permet d’assurer sa protection sociale. Nous pouvons citer :
- la loi n° 66-23 du 1er Février 1966 créant le Centre des Œuvres Universitaires ;
- le Décret n° 75-890 du 23 juillet 1975 fixant les règles d’organisation et de
fonctionnement du Centre des Œuvres universitaires de Dakar ;
- le Règlement intérieur du Centre des œuvres universitaires.
10
JORS n° 4852 du 22 Août 1981 modifié en 1984 et 1990.
11
PROTECTION SOCIALE
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 Quant aux personnes handicapées, le cadre juridique de protection est constitué
essentiellement de 2 textes :
- La Loi d’orientation sociale n°2010-15 du 6 Juillet 2010 relative à la promotion
et la protection des droits des personnes handicapées;
- Le Décret n° 2012-1038 du 02 Octobre 2012 relatif aux commissions technique
et de l’éducation spéciale.

12
PROTECTION SOCIALE
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PARTIE I : LA PROTECTION SOCIALE DES TRAVAILLEURS

La couverture des risques sociaux des travailleurs est assurée par les institutions de
prévoyance sociale. Il s’agit en l’occurrence de la Caisse de Sécurité sociale, de l’IPRES, des
IPM.

Plan proposé :

- Couverture des risques sociaux par la Caisse de Sécurité sociale (titre I),

- Couverture des risques sociaux par les autres institutions de prévoyance sociale (titre
II),

- Le Service médical du travail (titre III).

13
PROTECTION SOCIALE
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TITRE I – LA COUVERTURE DES RISQUES SOCIAUX PAR LA CAISSE DE
SECURITE SOCIALE ( C.S.S.)

Elle monopolise la gestion de deux branches : il s’agit, d’une part, des prestations
familiales et, d’autre part, des accidents du travail et des maladies professionnelles.

CHAPITRE I – L’ORGANISATION DE LA CAISSE DE SECURITE SOCIALE

Il s’agit de l’organisation administrative et financière de la Caisse de Sécurité sociale, du


contrôle et du contentieux.
En tant qu’entreprise publique, la Caisse de Sécurité sociale était régie par la loi sur le secteur
parapublic.
Son statut actuel est organisé par la loi n°91-33 du 26 Juin 1991 relative à la transformation
de la Caisse de Sécurité sociale et modifiant la loi du 73-31 du 31 juillet 1973 portant Code de
Sécurité sociale en son article 2, alinéa 1er. En effet, cette loi remplace le statut
d’établissement public de la Caisse de Sécurité sociale par celui d’institution de prévoyance
sociale. Dès lors, il faudra se référer désormais à la loi n° 75-50 du 3 Avril 1975 relative aux
institutions de prévoyance sociale pour traiter le statut de la Caisse de Sécurité sociale11.
La Caisse de Sécurité sociale devient une institution de prévoyance sociale, à savoir un
groupement de droit privé, doté de la personnalité morale chargé de servir aux travailleurs et
à leurs familles des avantages destinés à compenser des risques sociaux de toute nature.
L’administration de la Caisse est confiée à des organes : un Conseil d’administration, un
Comité de Direction, une Direction générale et les différentes directions.

11
cf. infra.
14
PROTECTION SOCIALE
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SECTION I – L’ORGANISATION ADMINISTRATIVE

L’organisation administrative de la CSS est composée : des collèges des représentants, du conseil
d’administration, le bureau et la Direction générale.

Paragraphe I : Le collège des représentants

Il s’agit de voir sa composition, ses pouvoirs, et ses attributions.

A- La composition

Le collège comprend 32 membres. Il s’agit des membres adhérents (employeurs) et des membres
participants (travailleurs) dont, 16 pour les membres adhérents parmi lesquels, 6 membres sont
réservés à l’administration centrale à savoir l’Etat, et 16 membres pour les membres participants
parmi lesquels, 4 sont réservés aux représentants des membres participants agents non
fonctionnaires de l’Etat, des collectivités locales et des établissements publics. Ces deux
catégories de membres sont élues par les organisations syndicales les plus représentatives.

La qualité de ces membres se perd lorsque pour l’employeur, il a cessé définitivement


d’employer du personnel salarié. Pour le salarié, la qualité se perd lorsqu’il cesse d’exercer une
activité professionnelle en tant que salarié, ou lorsqu’il atteint l’âge d’admission à la retraite.

B- Les pouvoirs

Constituant l’assemblée générale, le collège est investi des pouvoirs de celui-ci. Il est chargé de
désigner les membres du conseil d’administration. Il se prononce aussi sur le rapport
d’activité et le résultat de la gestion financière. La modification des statuts et l’exclusion des
membres, font également partie de ses attributions.

C- Le fonctionnement

Sur convocation du PCA, le collège se réunit au moins une fois par an. La convocation est
notifiée aux membres quinze (15) jours avant la tenue de l’assemblée. La convocation doit
contenir l’ordre du jour de la réunion.

Le collège se réunit en assemblée générale ordinaire pour se prononcer sur les rapports
d’activités et le résultat de la gestion financière établi par le conseil d’administration dans les
conditions fixées par les statuts.

Il peut aussi se réunit en assemblée générale extraordinaire en cas de circonstance exceptionnelle


par le PCA sur avis du conseil ou sur demande d’un tiers au moins de ces membres. Si la réunion

15
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est convoquée dans cette dernière modalité, elle se tiendra au moins 30 jours à compter du dépôt
devant le bureau du PCA. C’est l’AGE qui est spécialement compétente pour se prononcer sur
la modification des statuts ou l’exclusion des membres.

Paragraphe II : Le conseil d’administration

L’encadrement du Conseil d’administration relève de la loi n°75-50 du 30 avril 197512 qui s’est
intéressée à sa composition (A), son fonctionnement (B) et ses attributions (C).

A- La composition du conseil d’administration

Il est composé des représentants des membres participants, des représentants des membres
adhérents et des représentants de l’Etat. Vingt-deux (22) membres composent le conseil
d’administration répartis comme suit : onze (11) représentants des membres adhérents dont
quatre (4) représentants de l’Etat et onze (11) représentants des membres participants.

La durée du mandat des administrateurs est de deux ans renouvelable. Ce mandat commence le
1er janvier d’une année et se termine le 31 décembre de la deuxième année suivante.

B- Le fonctionnement du conseil d’administration

Il se réunit chaque fois qu’il est convoqué par son Président après consultation du Directeur
général. Les réunions se tiennent au moins deux fois par an en raison d’une fois par semestre. La
réunion est obligatoire lorsqu’elle est demandée, par un tiers des membres par écrit, au président
ou par l’un des ministres de tutelle. Le conseil peut convoquer à ses réunions des personnes
extérieures dont la présence revêt une certaine importance. Ces personnes sont convoquées
simplement à titre consultatif.

La convocation des réunions est faite au moins quinze (15) jours à l’avance aux administrateurs
et aux personnes extérieures.

C- Les pouvoirs du conseil d’administration

Le conseil assure l’exécution des décisions du collège des représentants. Le conseil délibère sur :

- les statuts et règlements intérieurs ;

- les comptes prévisionnels annuels ;

- le rapport d’activité annuel et le programme d’action du directeur général ;

12
. Loi n° 75 – 50 du 3 avril 1975 relative aux institutions de prévoyance sociale, (JORS du 28 avril 1975).
16
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Pr Alassane KANTE
- le bilan et les comptes d’exploitation de fin d’exercice ;

- l’achat, l’aliénation ou l’échange de biens mobiliers ou immobiliers ;

- les conventions entre Caisses de sécurité sociale ;

- les dons et les legs, les emprunts et placement de fonds ;

- l’octroi d’aval et de garantie ;

- la nomination et la révocation du directeur général ;

- la rémunération et les avantages consentis au directeur général ;

- l’adoption des accords collectifs d’entreprise ;

- la modification des règlements intérieurs

Paragraphe I : Le bureau du conseil d’administration

Nous verrons sa composition (a), son fonctionnement (b) et les attributions (c).

A- La composition du bureau du conseil d’administration

Le bureau comprend un président, trois vice-présidents, un secrétaire et un secrétaire adjoint. En


cas d’empêchement définitif d’un membre du bureau, la délégation à laquelle il appartient, élit
celui qui le remplace dans ses fonctions jusqu’à l’expiration normale de son mandat. Les
membres du bureau sont élus pour deux ans. La présidence est assurée de façon alternative par
un membre adhérent et un membre participant.

B- Le fonctionnement

Le bureau se réunit sur convocation du président après consultation du Directeur général. La


tenue de la réunion est obligatoire si elle demandée par au moins trois de ses membres. Le bureau
ne peut valablement délibérer que si le quorum est atteint à savoir, la ½ de ses membres plus un.
Les décisions sont prises à la simple majorité.

C- Les attributions du bureau

Le bureau prend toutes les mesures utiles pour exercer les délégations qui lui ont été confiées.
Le bureau propose au conseil la nomination et la révocation du directeur général.

Paragraphe II : La Direction générale

17
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Les conditions de la nomination (A) et les attributions (B) du Directeur général méritent notre
attention.

A- La nomination du directeur général

Nommé par le conseil d’administration sur proposition du bureau dudit conseil, le directeur de
la Caisse de sécurité sociale ne peut avoir d’intérêts ni exercer une activité rémunérée ou non par
une entreprise commerciale ou industrielle.

B- Les attributions du directeur général

C’est le directeur général qui assure la gestion courante de la CSS sous le contrôle du conseil
d’administration. Conformément aux dispositions de la loi n° 73 – 37 du 31 juillet 197313, et
dans le cadre du conseil d’administration, le directeur assure le fonctionnement normal de la CSS
et doit rendre compte de sa gestion. Il procède à l’exécution des dépenses d’investissements. Le
directeur procède à toutes les études nécessaires à l’équilibrer budgétaire. Il présente au conseil :

- un rapport spécial qui retrace l’évolution des effectifs de la masse salariale, les
contentieux en cours, le plan de formation et de carrière des agents ; le programme de
recrutement, la liste et le montant des primes et avantages de toute nature accordés en
cours d’année au personnel ;

- un rapport d’activité sur la situation des différentes branches ;

- une situation trimestrielle de trésorerie et l’exécution des comptes prévisionnels ;

- tous les éléments statistiques et renseignements qui lui sont demandés par le
bureau.

SECTION II – L’ORGANISATION FINANCIERE


Elle concerne les ressources et les dépenses de la Caisse de Sécurité sociale. Les dépenses

13
Loi n° 73-37 du 31 juillet 1973 portant Code de sécurité sociale (JORS du 4 août 1973, numéro spécial, pp. 1565-
1578).
18
PROTECTION SOCIALE
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étant constituées principalement par les prestations du régime (cf. Infra), l’accent sera
mis ici sur les ressources. Il convient d’étudier tour à tour la classification des ressources,
la protection des ressources et les cotisations.

Paragraphe I – La Classification de ressources

Les ressources constituées essentiellement par les cotisations sont destinées à assurer
le financement et la pérennité du régime, les frais de gestion de la Caisse et le financement du
fonds d’action sanitaire et sociale et la prévention des risques professionnels. En outre, il y a
les subventions, les dons et les legs.
A- Les cotisations
Elles représentent la ressource essentielle de la CSS. Elles revêtent un caractère obligatoire
prélevées sur revenus des travailleurs. Le taux de cotisation est de 7% des rémunérations pour
les branches de prestations familiales et de 1 %, 3 %, 5 % pour celles des accidents de travail et
maladies professionnelles varie en fonction des risques auxquels sont exposés les salariés de
l’établissement, en fonction de l’activité principale de l’établissement. Les rémunérations qui
sont prises en compte sont celles versées par l’employeur14. Les cotisations sont versées dans la
limite du plafond mensuel qui est de 63. 000 CFA, soit à un plafond annuel qui est de 756. 000
CFA. Il faut noter que le montant de cotisation ne peut dépasser le SMIG.
NB. : Dans le cadre du recouvrement des cotisations sociales, l’employeur assujetti à l’obligation
de payer celles-ci sous le contrôle de la CSS.
En ce qui concerne l’employeur, celui-ci a l’obligation de s’affilier dans deux mois qui suivent
la première embauche du travailleur. Les cotisations sociales sont donc à la charge de
l’employeur. Elles doivent être payées dans le délai de 15 jours suivant chaque mois si
l’employeur occupe 20 salariés ou plus, et suivant chaque trimestre s’il en occupe moins de 20.
Le non-paiement des cotisations par l’employeur dans les délais légaux fait l’objet d’une
majoration de 10 % par mois de retard due. L’action en recouvrement des cotisations sociales
des travailleurs en lieu et place de ces institutions doit être déclarée irrecevable, pour défaut de
qualité15.
B- Les subventions, dons, legs
Les ressources de la CSS peuvent provenir des subventions, dons, legs. Mais ces ressources

14
Il s’agit : salaire ou gain, allocations de congé de payé, indemnités, primes et tout autre avantage en espèce, en
nature.
1515
. Art 149 et s. du Code de sécurité sociale. Pour une application voir C.A Dakar, arrêt n° 274 du 5 avril 2011,
Massaer BA et autres c/ Soca, Bull. 2013, vol. n° 1. P. 268.
19
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restent marginales.

Paragraphe II – La protection des ressources

Il existe deux garanties essentielles à savoir l’insaisissabilité des fonds et le privilège


général des créances.

A. L’insaisissabilité des fonds


Il en résulte plusieurs conséquences.

- Aucune opposition ne peut être pratiquée sur les sommes dues à la Caisse
de Sécurité sociale ;
- Les créanciers de la Caisse porteurs de titres exécutoires, ne peuvent pratiquer de
saisie sur les biens de leur débitrice.
B. Le privilège général des créances

Le paiement des cotisations est garanti pendant 5 ans à dater de leur exigibilité par un privilège
sur les biens meubles du débiteur, en quelque lieu qu’ils se trouvent. Il est aussi garanti
par une hypothèque légale sur les biens immeubles du débiteur (Art. 155 nouveau issu de la
loi n° 97/05 du 10 mars 1997).

Le privilège prend rang immédiatement après celui du Trésor au titre de l’impôt direct, des
textes indirects et des droits de porte.

Il s’exerce au profit de la Caisse de Sécurité sociale et de l’IPRES par tout moyen de droit,
notamment par l’opposition, le saisie-attribution sur les sommes, objets et effets appartenant
au débiteur. Il s’exerce sur les deniers du débiteur sous forme d’avis à tiers détenteur (A.T.D.).
Ce dernier est délivré par le Directeur général, de la Caisse de Sécurité sociale ou le Directeur
général de l’IPRES par lettre recommandée avec accusé de réception ou selon les modalités
d’une notification administrative.

En cas d’inexécution de l’ATD, le tiers saisi devient personnellement débiteur vis-à-vis du


créancier en lieu et place du débiteur principal.

S’agissant de l’hypothèque, elle prend rang à compter de son inscription à la conservation


foncière et des hypothèques. Elle peut être inscrite à compter de la date où le débiteur
encourt une pénalité pour défaut de paiement.

20
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SECTION III – L’ORGANISATION DU CONTROLE ET DU CONTENTIEUX

Le contrôle de l’application du Code de la Sécurité sociale relève de la mission des


inspecteurs du travail et de la Sécurité sociale.
Il peut également être assuré par des agents désignés par le Directeur général de la Caisse
après l’agrément du Directeur général du travail et de la Sécurité sociale.
Les employeurs sont tenus de les recevoir, à toute époque, pendant les heures ouvrables et de
se soumettre à leurs demandes de renseignement et enquêtes relatives à leurs obligations
envers la Caisse.
Paragraphe I : Le contrôle
La CSS contient des corps de contrôle avec des missions (A) avec plusieurs types de contrôle
(B).
A- Les missions
Les contrôleurs de la CSS ont une mission d’information, de conseil et de contrôle auprès des
employeurs. En vertu de l’art. 159 du Code de sécurité sociale, les employeurs sont tenus de
recevoir à toute époque, pendant les heures ouvrables de l’établissement, les agents agrées de
la CSS. Ils doivent se soumettre aux demandes de renseignements et enquêtes relatives à leurs
obligations.
B- Les types de contrôle
Les contrôleurs de la CSS travaillent en collaboration avec les agents de l’ITSS. La CSS peut
effectuer plusieurs types de contrôle. Il s’agit :
- d’un contrôle sur place ;
- d’un contrôle sur pièce ;
- d’une vérification des déclarations effectuées par l’employeur.
NB. : Le contrôle sur place permet aux contrôleurs de la CSS non seulement de vérifier la
conformité des pratiques de l’entreprise par rapport à la législation sociale, mais aussi de leur
donner des conseils dans l’application de la réglementation.

Paragraphe II : Le contentieux
S’agissant du contentieux, il faut distinguer le contentieux civil (A) du contentieux pénal (B).
21
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A- Le contentieux civil

Pour le contentieux civil, en principe les tribunaux du travail sont compétents pour connaître
les litiges nés entre les travailleurs, les employeurs et la Caisse de Sécurité sociale à l’occasion
de l’application des régimes de Sécurité sociale gérés par cette institution. Le tribunal
compétent est celui du lieu où le travailleur est employé.

Toutefois, il est permis aux parties de soumettre leurs litiges en Conseil d’administration de
la Caisse même si le Conseil ne dispose d’aucun pouvoir pour trancher le litige.

B- Le contentieux pénal
Pour le contentieux pénal, il faut dire que les infractions aux dispositions de la Sécurité sociale
sont constatées par les O.P.J ou par les inspecteurs du travail par des P.V faisant foi jusqu’à
preuve du contraire.
Ces infractions sont de plusieurs types notamment : la non-affiliation de l’employeur dans les
deux mois à compter de la première embauche du salarié, la fraude ou la fausse déclaration
pour obtenir ou tenter d’obtenir indûment des prestations, l’entrave à l’exercice des fonctions
des ITSS, contrôleurs du travail ou agents de la CSS.
En ce qui concerne sanctions prévues dans le Code de sécurité sociale, il s’agit d’une amende
et d’un emprisonnement ou de l’une de ces deux peines seulement.
Ainsi, sera puni d’une amende de 3. 000 à 20. 000 F cfa et en cas de récidive d’une amende
de 20. 000 à 75. 000 et d’un emprisonnement de 6 jours à 3 mois ou de l’une de ces deux
peines seulement, tout employeur qui dans le délai de 2 mois à compter de la première
embauche, du travailleur, ne sera pas affilié à la CSS16.
D’autres sanctions sont aussi prévues notamment, les sanctions contre les administrateurs,
dirigeants, et tout autre agent de la CSS qui auront commis des fraudes, soit en écriture, soit
en gestion des fonds, ou qui seront coupables de détournement de fonds Il y a aussi la
fermeture de l’établissement.

16
. Art. 169 du Code de la sécurité sociale
22
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CHAPITRE II - LES RISQUES COUVERTS PAR LA CAISSE DE SECURITE
SOCIALE

Il s’agit des prestations familiales (section I) versées dans le but d’atténuer les inégalités de
niveau de vie entre les ménages qui ont des charges soit d’un ou de plusieurs enfants. Il y a
en outre, les accidents du travail et les maladies professionnelles (section II).
SECTION I – LES PRESTATIONS FAMILIALES
Nous verrons les conditions d’attribution (paragraphe I) et les différentes sortes de prestations
familiales (paragraphe II).
Paragraphe I – Conditions d’attribution

Trois conditions doivent être réunies pour prétendre au bénéfice des prestations familiales
: la qualité de travailleur, les enfants à charge et la résidence du Sénégal.

A. La qualité de travailleur

Les bénéficiaires des prestations familiales doivent avoir la qualité de travailleur au sens
des Codes du travail17 et de la marine marchande18.

La qualité de travailleur implique une activité professionnelle de 3 mois consécutifs chez un


ou plusieurs employeurs, et d’un temps minimal de travail de 18 jours ou de 120 heures dans
le mois.

Conformément à l’art. 8 du Code de la sécurité sociale, le droit aux prestations familiales rétroagit
à la date du recrutement. En cas de cessation de des droits, quelle qu’en soit la cause, les
prestations familiales sont dues pour le mois entier au cours duquel la cessation intervient. Les
droits des prestations familiales sont maintenus à la suspension19.
B. Les enfants à charge

Est considérée comme ayant enfant à charge la personne qui assure, de manière générale
et permanente, le logement, la nourriture, l’habillement et l’éducation de l’enfant.

Toutefois, la femme salariée ne peut être considérée comme ayant les enfants issus de son

17
Voir art. L. 2
18
Voir art. 421
19
. Pour les cas de suspension du contrat, voir, l’art. L. 70.
23
PROTECTION SOCIALE
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Pr Alassane KANTE
mariage à sa charge que lorsque son conjoint n’exerce aucune activité professionnelle
rémunérée, soit en qualité de fonctionnaire, soit en qualité de travailleur.
Les enfants pris en charge sont les enfants légitimes du travailleur lorsqu’ils sont inscrits sur
les registres de l’Etat civil et si le mariage dont ils sont issus a été célébré ou constaté par
l’officier d’Etat civil.

De même, les enfants adoptés conformément à la loi sont pris en compte. A propos des
enfants naturels, il existe une discrimination selon qu’il s’agit d’enfants naturels de la mère ou
du père.

Les enfants naturels reconnus volontairement par leur mère salariée ou dont la filiation à
l’égard de celle-ci est établie par la loi peuvent bénéficier des prestations familiales. Il en est
autrement des enfants naturels dont la filiation est établie dans les mêmes conditions vis-à-
vis de leur père. D’où, il y a une correction à apporter à une situation défavorable des enfants
naturels à l’égard de leur père.
Enfin, les enfants légitimés par le mariage subséquent de leurs parents sont également
bénéficiaires.

C. La résidence au Sénégal

Les travailleurs ne peuvent prétendre aux prestations familiales que si eux-mêmes et leurs
enfants à charge résident au Sénégal. Toutefois, ceux qui accomplissent, dans un autre Etat,
pour l’exécution de leur contrat, un séjour temporaire de 6 mois maximum, renouvelable une
fois, continuent à bénéficier des prestations. Il en est de même de ceux qui accomplissent à
l’étranger un stage de formation ou de perfectionnement, quelle que soit la durée du stage.
A l’inverse, ne peuvent prétendre aux prestations familiales de la Caisse sénégalaise de
Sécurité sociale, les travailleurs ayant leur résidence habituelle à l’étranger et qui effectuent
au Sénégal, pour l’exécution de leur contrat, un séjour temporaire de 6 mois, renouvelable une
fois.

N.B. : Enfin, les enfants bénéficiaires des prestations doivent également résider au Sénégal.

Toutefois, les travailleurs détachés conservent également le bénéfice des prestations


familiales pour ses enfants qui l’accompagnent.

24
PROTECTION SOCIALE
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Paragraphe II – Les différentes sortes de prestations familiales

A. Les prestations en espèces

Le Code de Sécurité sociale distingue différentes sortes de prestations familiales servies en


espèces. Cependant, on peut les regrouper selon qu’elles sont servies pendant la grossesse ou
après l’accouchement.

a) Les prestations familiales en espèces pendant la grossesse

Pendant la grossesse, peuvent être servies à la femme salariée ou non des allocations
prénatales et des indemnités journalières de maternité.
 Le but des allocations prénatales est d’encourager la natalité en luttant contre
l’avortement et en assurant la protection maternelle et infantile. Il s’agit de généraliser
la surveillance médicales des grossesses afin d’assurer une protection de santé et
d’hygiène aux futures mères. Le droit aux allocations prénatales est ouvert à toute
femme conjointe d’un travailleur salarié, à toute femme salariée non mariée et à toute
femme salariée dont le mari n’exerce aucune activité professionnelle, rémunérée à
compter du jour où l’état de grossesse est déclaré et jusqu’à l’accouchement.

Puis la femme en grossesse doit subir des visites médicales avant le 3e mois, vers le 6e mois
et le 8e mois de grossesse, car toute visite non subie fait perdre le bénéfice de la fraction
correspondante des allocations prénatales.

En plus de ces conditions générales deux conditions spécifiques s’y ajoutent. Il s’agit d’une
déclaration de grossesse, et les examens médicaux. La grossesse doit être déclarée à la CSS
dans les trois premiers mois de la grossesse. Les allocations sont dues pour neuf mois précédant
la naissance.

- Les modalités de paiement20

Les allocations prénatales sont versées à la mère en trois fractions :

- deux mensualités avant le troisième mois de la grossesse ;

- quatre mensualités vers le sixième mois de la grossesse ;

20
. Art. 17 du Code de la sécurité sociale
25
PROTECTION SOCIALE
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Pr Alassane KANTE
- trois mensualités vers le huitième mois de la grossesse

Cette allocation est versée à la mère quel que soit le nombre d’enfants.

 Les indemnités journalières de maternité quant à elles, sont destinées à


assurer la subsistance de la femme salariée et non les soins nécessités par son état.
N.B. : Seule la femme salariée enceinte peut prétendre aux indemnités, à l’exclusion des
femmes non salariées y comprises celles qui sont mariées à un travailleur.

Son montant est égal au salaire journalier effectivement perçu lors de la paye, y compris
toutes les indemnités inhérentes à la nature du travail.

L’indemnité est due pendant toute la durée effective de la suspension du contrat, avec un
maximum de 17 semaines.

Elle est payée soit par période de 30 jours, soit à l’expiration des 6 semaines avant et des
8 semaines après l’accouchement. Enfin, elle est à la charge de la Caisse de Sécurité sociale.

b) Les prestations familiales en espèces après l’accouchement

Après l’accouchement, les prestations familiales visent uniquement à pourvoir à


l’entretien de l’enfant.

 Les allocations de maternité sont destinées à aider la mère à soigner son


enfant durant les deux premières années de la vie du nourrisson.

En cas de naissances multiples, chaque naissance est considérée comme une maternité
distincte. Le droit à ces allocations est ouvert à toute femme conjointe d’un travailleur
salarié, à toute femme salariée non mariée et à toute femme salariée dont le mari n’exerce
pas une activité professionnelle rémunérée. Il est ouvert dès que l’intéressée donne
naissance, sous contrôle médical, à un enfant né viable et inscrit sur les registres de l’état
civil.

Le droit naît à la naissance jusqu’à la 2e année de l’enfant.


Les allocations sont payées à la mère et leurs paiements s’effectuent par tranches.

26
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 Les allocations familiales permettent d’aider le travailleur à entretenir et éduquer
ses enfants.
Elles sont attribuées au travailleur pour chacun des enfants à sa charge âgé de plus de deux ans
et de moins de 15 ans.

L’âge limite est porté à 18 ans pour l’enfant placé en apprentissage et à 21 ans si l’enfant
poursuit des études ou si, par suite d’infirmité ou de maladie incurable, il est dans
l’impossibilité de se livrer à un travail salarié.
Dans tous les cas, l’enfant doit être à la charge effective et permanente de l’allocataire. Pour
cette raison, sont exclus du bénéfice de l’allocation familiale les enfants à charge bénéficiant
d’une bourse entière d’études.
Les allocations familiales sont payées à l’allocataire (le travailleur) à terme échu et à
intervalles réguliers ne dépassant pas 3 mois. Elles sont dues à partir du premier jour du mois
suivant la 2e année de l’enfant.

B. Les prestations en nature

Un fond spécial appelé « fonds d’action sanitaire sociale et familiale », financé par la
Caisse de Sécurité Sociale permet de servir en plus des prestations en espèce, des prestations
en nature à la famille du travailleur (épouses et enfants) ou à toute personne qualifiée qui
aura la charge de les affecter aux soins exclusifs de l’enfant.

Outre le service des prestations en nature, l’action sanitaire, sociale et familiale, la Caisse a
pour objet l’institution et la gestion de services médico-sociaux et de services sociaux.

27
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SECTION II – LES ACCIDENTS DU TRAVAIL ET LES MALADIES
PROFESSIONNELLES

La branche des accidents du travail et des maladies professionnelles (risques professionnels)


est divisée en deux rameaux : il s’agit d’une part, de la prévention et d’autre part, de la
réparation.

Paragraphe I – La prévention des risques professionnels

Il existe deux régimes de prévention : celui organisé dans le cadre d’une politique générale
de prévention par le Code du travail qui prévoit des mesures d’hygiène et de sécurité et celui
organisé par le Code de sécurité sociale qui prévoit des mesures spécifiques.

La Caisse de sécurité sociale prévoit une prévention dans le cadre de l’entreprise et au plan
national.

A. La prévention dans l’entreprise

La prévention dans l’entreprise est organisée de sorte que tout employeur doit déclarer dans
un délai d’un mois à l’inspecteur du travail, les procédés de travail qu’il utilise et qui peuvent
provoquer de maladies professionnelles définies par la réglementation. La sanction au non
respect de cette norme est une amende de 3000 à 2000 F et en cas de récidive 20
000 à 75 000 F et d’un emprisonnement de 6 jours à 3 mois ou de l’une de ces peines.

Il est prévu, en outre, une majoration de cotisations de 10 % à 100 % à tout employeur qui ne
respecte pas les mesures de prévention ou qui aura enregistré dans le trimestre considéré,
un nombre d’accident du travail égal ou supérieur à 100 % de l’effectif de son établissement.

 De plus, dans chaque atelier de chantier, il devra être présenté, par le chef
d’entreprise de façon apparente une affiche destinée à attirer l’attention des travailleurs
sur les conditions de la prévention.
 Notons, enfin, que la prévention dans l’entreprise est également assurée par le
service médical du travail.

B. La prévention au plan national


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Pr Alassane KANTE

Il est prévu l’élaboration d’un programme d’un annuel de prévention. A cet effet, la Caisse
doit collaborer avec les services du travail ; prendre certaines mesures garantissant la
prévention.
- Recueillir pour les différentes catégories d’établissement tous les
renseignements permettant d’établir les statistiques des accidents du travail et des
maladies professionnelles en tenant compte de leurs causes et des circonstances dans
lesquelles ils sont survenus, de leur fréquence, et de leurs effets, notamment
l’importance des incapacités qui en résultent.
- Procéder ou faire procéder à toute enquête jugée utile en ce qui concerne l’état
sanitaire et social, les conditions d’hygiène et de sécurité des travaux.
- Vérifier si les employeurs observent les mesures d’hygiène et de prévention
prévues par la loi.
- Recourir à tous les procédés de publicité et de propagande pour faire connaître, tant
dans les entreprise qu’au sein des populations, les méthodes de prévention par des
séminaires et ateliers.

Paragraphe II – La réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles

A. Champ d’application

a) Notions d’accidents du travail et de maladies professionnelles

1) L’accident de travail

Selon l’art. 33 du Code de la sécurité sociale, est considéré comme accident de travail quel
qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail à toute personne
salariée ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs
employeurs chefs d’entreprises. Pour être qualifié d’accident, il faut trois critères : origine
professionnelle, événement soudain, une légion corporelle ou physique.

L’origine professionnelle signifie que l’accident doit être survenu par le fait ou à l’occasion
du travail. C’est – à – dire lorsque l’employé se trouve soumis ou à la surveillance de
l’employeur. L’événement qui cause le préjudice corporel doit avoir un caractère accidentel.
L’accident est caractérisé par la soudaineté et la violence d’une cause extérieure provoquant
29
PROTECTION SOCIALE
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Pr Alassane KANTE
une lésion corporelle sur la victime.
Le préjudice ne doit pas être progressif, sinon c’est une maladie. Il n’est pas nécessaire
que l’accident soit dû à un événement de force majeure ou fortuit. Il peut même être dû au
fait fautif de la victime. L’essentiel étant que la faute ne soit pas intentionnelle ou
inexcusable. De plus, l’accident doit revêtir un caractère professionnel.
Ce dernier se déduit des cas suivants :

- L’accident par le fait ou à l’occasion du travail ;

- L’accident pendant le trajet de la résidence du travail au lieu de travail et vice- versa,


dans

la mesure où le parcours n’a pas été interrompu ou détourné par un motif dicté par l’intérêt ou
indépendant personnel ou indépendant de l’emploi ;
- L’accident pendant les voyages et déplacements dont les frais sont à la
charge
de l’employeur. Il s’agit, en l’occurrence, du déplacement occasionnel et temporaire hors du
lieu habituel d’emploi du travailleur en service au Sénégal et qui est astreint à un tel
déplacement par obligation professionnelle, soit sur ordre exprès de son employeur, soit par
nécessité de service. Il en est de même du travailleur de nationalité sénégalaise, ou ayant sa
résidence habituelle au Sénégal, victime d’un accident lors d’un accident lors d’un déplacement
du fait de son employeur pour exécuter son contrat de travail hors de sa résidence habituelle.
Il en est ainsi que le lieu d’exécution du travail soit au Sénégal ou à l’étranger.
Enfin, bénéficie de la protection le travailleur expatrié qui va rejoindre le lieu d’exécution
du contrat de travail au Sénégal en début de contrat ou au retour de congé, ou s’il le quitte
définitivement ou pour ses congés.

2) Les maladies professionnelles


Les maladies professionnelles, ce sont des maladies contractées dans l’exercice de certains
travaux et dans des conditions déterminées. Ces maladies sont énumérées dans des tableaux
établis par arrêté conjoint des ministres du travail et de la santé.
Sont réputées maladies professionnelles :

1° Les manifestations morbides d’intoxication aigüe ou chronique présentés par les


travailleurs exposés de façon habituelle à l’action de certains agents nocifs ; les

30
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Pr Alassane KANTE
tableaux donnent, à titre indicatif la liste des principaux travaux comportant la
manipulation ou l’emploi de ces agents (exemple l’usage du plomb, le saturnisme c'est-
à-dire l’intoxication au plomb).
2° Les infections microbiennes lorsque les victimes ont été occupées d’une façon
habituelle à certain travaux (exemple charbon, tétanos…)

3° Les infection présumées résulter d’une ambiance ou d’attitudes particulières


nécessités par l’exécution de travaux limitativement énumérés (exemple la
scoliose, à savoir la déviation de la colonne vertébrale).

4° Les affections parasitaires susceptibles d’être contractées à l’occasion du travail


dans les zones qui seraient reconnues particulièrement infectées.

Dans le but de permettre la mise à jour des tableaux de maladies professionnelles, la Caisse
de Sécurité Sociale fait obligation aux médecins de déclarer à la Caisse et aux inspecteurs du
travail toute maladie ayant un caractère personnel qu’elle soit ou non mentionnée aux dits
tableaux.

b) Les personnes protégées contre les accidents du travail et les maladies


professionnelles

Les personnes protégées par la branche des accidents du travail et de maladie professionnelle
sont les travailleurs salariés relevant du code du travail et de la marine marchande. Il s’agit des
travailleurs qui exercent une activité professionnelle, moyennant rémunération, sous la direction
et l’autorité d’une autre personne physique ou morale, publique ou privée appelée employeur.

Mais aussi une extension de la protection est opérée au profit de certaines catégories de
travailleurs qui sont visés par l’art. 36 du Code de la sécurité sociale. Il s’agit :

- Des travailleurs du secteur privé, les agents non fonctionnaires du secteur


parapublic et les marins ;
- Les membres des sociétés coopératives ouvrières et de production ainsi que les
gérants non salariés des coopératives et leurs préposés ;
- Les gérants d’une SARL ;

- Les PDG des SA ;

- Des élèves de l’enseignement technique et professionnel ;

- Les personnes placées en centres de formation de réadaptation professionnelle

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Pr Alassane KANTE
ou de rééducation fonctionnelle, les mineurs dans les centres de rééducation de
l’éducation surveillée ;
- Les titulaires de bourses et allocations d’études et de stage attribuées par les
établissements du secteur parapublic et privé sous réserve qu’ils ne bénéficient pas
d’un autre régime de protection plus favorables ;
- Les détenus exécutant un travail pénal ;

- Les assurés volontaires.

B. Les règles de réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles

a) Les règles de procédure


La procédure de réparation obéit à un certain nombre de règles qui tiennent compte des étapes
suivantes : la déclaration de l’accident ou la maladie professionnelle, la constatation médicale,
l’enquête, le contrôle de la Caisse, l’expertise et le contentieux.
- Pour les formalités de déclaration, l’employeur est tenu, dès l’accident
survenu ou
la maladie professionnelle constatée, de faire assurer les soins de première urgence (qui reste
à la charge de l’employeur) et d’aviser le médecin de l’entreprise ou à défaut le médecin le
plus proche.
- Pour les enquêtes : A la suite d’un accident du travail déclaré, plusieurs types
d’enquêtes peuvent être menacées : enquête judiciaire, enquête administrative.
(Enquête peut – être menée soit par l’ITSS, soit par les OPJ ou même par l’employeur.
- Pour la constatation médicale : la CSS peut à tout moment faire contrôler,
par toute personne habilitée, les victimes d’accident à qui elle sert prestations.
S’agissant plus particulièrement du contentieux, il peut être civil ou pénal.

Au plan civil, les tribunaux du travail sont compétents pour connaître des contestations entre
la Caisse et la victime ou ses ayants-droits.

Ils sont aussi compétents pour connaître des actions récursoires de la Caisse contre
l’employeur, auteur d’une faute intentionnelle ou contre le tiers auteur de l’accident.

Au plan pénal, lorsque l’accident ou la maladie a pour origine une faute pénale (ex. : non
respect des règles d’hygiène et de sécurité), les juridictions répressives auront compétence

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Pr Alassane KANTE
pour connaître desdites actions.
b) Les règles de fond

Les mesures de réparation consistent en des prestations en espèces (réparation des dommages
financiers) et des prestations en nature (réparation des dommages corporels).

1) La réparation des dommages financiers

Les prestations en espèces consistent en des revenus de remplacement versés à la victime (ou
à ses ayants droits en cas de décès) pour compenser la perte de son salaire pendant la période
d’incapacité temporaire de travail ou d’incapacité permanente de travail.

 En premier lieu, la réparation pécuniaire accordée à la victime d’un accident du


travail contient les éléments suivants :

En cas d’incapacité temporaire, une indemnité journalière est versée au travailleur.


L’indemnité est égale à la moitié du salaire journalier moyen pendant les 28 premiers jours
de l’arrêt de travail. Elle passe à 2/3 de celui-ci à partir du 29e jour.

En cas d’incapacité permanente, c’est une rente qui sera servie au travailleur. Si le travailleur
décède à la suite d’un accident, la rente sera reversée à ses ayants droits.

La rente est calculée en multipliant le salaire annuel par le taux de l’incapacité permanente.
S’agissant de l’indemnité journalière, elle n’est pas due lorsque l’accident résulte d’une faute
intentionnelle ou inexcusable de la victime. Toutefois, une partie des prestations en espèces
qui aurait été normalement allouée à la victime sera servie aux personnes à la charge de
l’intéressé.

A l’inverse, lorsque l’accident est dû à une faute inexcusable de l’employeur ou de l’un de ses
préposés, les indemnités dues à la victime ou à ses ayants droit seront majorées. En outre, il
est interdit à l’employeur de se garantir par une assurance contre les conséquences de leur
faute inexcusable. L’auteur de la faute devra être déclaré responsable sur son patrimoine
personnel.

S’agissant de la rente, elle peut faire l’objet d’une révision, d’une revalorisation, d’un rachat
et d’un cumul.

 La révision tient compte de l’aggravation ou de l’atténuation de l’incapacité;

 La revalorisation tient compte du coût de la vie;


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Pr Alassane KANTE
 Le rachat de la rente consiste, pour la Caisse, à verser un capital à la place de la
rente.

Il est obligatoire si la victime est atteinte d’une incapacité permanente inférieure à 10 %. Il est
aussi imposé aux travailleurs étrangers qui cessent de résider au Sénégal.
 Les rentes allouées en réparation d’un accident ou d’une maladie
professionnelle peuvent se cumuler avec d’autres pensions comme celle d’invalidité ou
de retraite.
 En second lieu, en matière de réparation du préjudice des ayants droit par suite
du décès de la victime, il faut dire que ces ayants droit peuvent prétendre à une rente
(rente viagère ou rente temporaire – limite globale maximale = 85 %).

L’ensemble des rentes allouées aux ayants droit de la victime ne peut dépasser 85 % de son
salaire annuel, sinon les rentes revenant à chaque catégorie d’ayants droit sont réduites
proportionnellement.

Les ayants droit étrangers d’un travailleur ne peuvent prétendre à une rente ou à une indemnité
de conversion en capital que s’ils résident au Sénégal.

S’ils cessent de résider au Sénégal, ils reçoivent pour indemnité un capital égal à trois fois
la rente annuelle qui leur est allouée, sauf accord de sécurité sociale de leur pays avec le
Sénégal ou une loi particulière de ce pays assurant aux nationaux sénégalais les mêmes droits.

La rente des ayants droits est due à partir du lendemain du décès de la victime. Elle est due au
conjoint survivant, aux enfants et descendants ainsi qu’aux ascendants de la victime.

 Le conjoint survivant

Il a droit à un rente viagère égale à 30 % du salaire annuel, à condition que son mariage ait été
constaté antérieurement à l’accident et qu’il ne soit ni divorcé, ni séparé de corps.

Si le conjoint survivant divorcé ou séparé de corps, a obtenu une pension alimentaire, la rente
viagère est ramenée au montant de cette pension, sans pouvoir dépasser 20 % du salaire annuel
de la victime et sans que, s’il existe un nouveau conjoint, celui-ci puisse garder moins de la
moitié de la rente viagère.

En cas de pluralité d’épouses, la rente viagère est partagée entre elles. Une fois fait, ce
partage ne peut être révisé même en cas de décès de l’une des épouses.

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Pr Alassane KANTE
Le conjoint condamné pour abandon de famille ou déchu de la puissance paternelle est déchu
de tous droits au regard du Code de la Sécurité Sociale. Ses droits sont transférés sur la tête
des enfants considérés comme ayant droit.

Le conjoint survivant qui se remarie et qui n’a pas d’enfant considéré comme ayant droit,
cesse de bénéficier de la rente. Il lui est alloué une somme qui ne peut dépasser 3 fois le
montant de la rente annuelle. S’il y a des enfants, le rachat sera différé aussi longtemps que
l’un des enfants aura droit lui-même à une rente.

 Les enfants et descendants: rentes temporaires

Les enfants à charge et les descendants (les petits enfants) de la victime perçoivent une rente
qui est égale à :

- 15 % du salaire annuel de la victime s’il y a qu’un enfant à charge ;


- 30 % s’il y en a deux ;

- 40 % s’il y en a trois.

- A partir du 4e enfant, la rente est supplémentaire, majorée d’un maximum de


10% par enfant.

 Les ascendants de la victime


Une rente viagère est versée aux ascendants dans les conditions suivantes :
10 % du salaire annuel de la victime à chacun des ascendants qui, au moment de l’accident,
était à la charge de la victime.

La rente est également due si, au moment de l’accident ou postérieurement à ce dernier,


les ascendants ne disposent pas ou ne disposent plus de ressources suffisantes.

L’ascendant reconnu coupable d’abandon de famille ou déchu de la puissance paternelle ne


peut prétendre à une rente.

Le total des rentes allouées ne peut dépasser 30 % du salaire annuel de la victime, sinon
la rente de chacun des ascendants sera réduite proportionnellement.

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2) La réparation des dommages corporels

Les prestations en nature se subdivisent en plusieurs catégories.

- Les soins de première urgence qui sont à la charge de l’employeur ; les


soins complémentaires restent à la charge de la Caisse ;
- Les frais funéraires et de transport qui sont à la charge de la Caisse ;

- Les frais de déplacement qui sont également à la charge de la Caisse : ce sont les
frais

de transport, les frais de séjour et l’indemnité compensatrice de perte de salaire ;


- La fourniture, la réparation et le renouvellement des appareils de prothèse dont
l’obtention nécessite l’accord préalable de la Caisse qui est prioritaire de ces appareils ;
- La réadaptation fonctionnelle et la rééducation professionnelle ;

- Les mesures de reclassement destinées à préserver l’emploi de la victime.

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TITRE II- LA COUVERTURE DES RISQUES SOCIAUX PAR LES AUTRES
INSTITUTIONS DE PREVOYANCE SOCIALE

Les I.P.S. (Institution de prévoyance sociale) sont des personnes morales constituées par des
membres participants et des membres adhérents (employeurs et travailleurs), pour servir aux
travailleurs et à leurs famille des avantages destinés à compenser des risques sociaux de toute
nature.

Elles peuvent avoir pour source pour source : le règlement, une Convention Collective,
un ACE ou des contrats individuels.
Les institutions de prévoyance sociale se présentent comme des groupements dotés de la
personnalité morale, chargés de gérer des régimes de prévoyance sociale.

Il existe une loi- cadre du 03 avril 1975 qui a pour objet de donner un statut juridique précis
aux I.P.S. il convient d’analyser ce statut à travers les institutions de prévoyance sociale que
sont les I.P.M et l’I.P.R.E.S.

CHAPITRE I – LES INSTITUTIONS DE PREVOYANCE MALADIE (IPM)

Les IPM ont pour objet la prise en charge des frais occasionnés par la maladie des
membres bénéficiaires.

SECTION I – LES REGLES DE CREATION ET DE GESTION DES I.P.M

Paragraphe I : Les règles de création des IPM


Les IPM sont régies par la loi-cadre du 03 avril 1975. Le décret 75 – 895 du 14 Août 1975
et par deux arrêtés du 31 juillet 1976. Le Décret de 1975 a été abrogé et remplacé par le Décret
n° 2012 -832 du 7 Août 2012 portant organisation et fonctionnement des IPM (JORS du 22
Septembre 2012 pp. 1178 -1184).
La création des IMP obéit à des conditions de fond (A) et de forme (B).

A- Les conditions de fond

La création d’une IPM est une obligation pour toute entreprise comptant un effectif d’au moins
300 travailleurs. Toutefois, cette règle ne s’applique pas aux IPM déjà existantes, mais à toute
IPM qui viendrait à se constituer après les 6 mois suivant la publication du Décret.
Les entreprises dont l’effectif est inférieur à 300 travailleurs devront soit regrouper leurs

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effectifs pour atteindre au moins ce chiffre au sein d’une I.P.M interentreprises, soit adhérer à
une IPM déjà autorisée (Art.4 du Décret de 2012 précité).

Ce regroupement peut s’effectuer par aire géographique ou par branche d’activité ou selon tout
autre critère.
Seront pris en compte dans les effectifs de l’entreprise les catégories de travailleurs suivantes :
- Les travailleurs titulaires d’un CDI ;
- Les travailleurs titulaires d’un CDD ;
- Les apprentis ;
- Les travailleurs engagés à l’essai ;
- Les travailleurs engagés ou rémunérés à l’heure ou à la journée mais de façon
assez
régulière pour totaliser au cours d’une année, l’équivalent de 3 mois de travail au service de
l’entreprise ;
- Les travailleurs saisonniers revenant régulièrement dans l’entreprise et y
effectuant des
périodes de travail régulières atteignant 3 mois ;
- Les gérants ou représentants liés par contrat de travail ou de fait.

Avec l’adoption de la réforme de l’assurance maladie obligatoire, tous les travailleurs, quel
que soit leur statut, vont pouvoir bénéficier d’une couverture maladie ; ce qui constitue un
important pas dans la réalisation des objectifs de la politique de Couverture Maladie
Universelle(CMU)

B- Les formalités
La création d’une IPM passe par une assemblée générale constitutive qui a pour objet la
création de l’institution, l’adoption des statuts et du règlement

En outre, la constitution d’une IPM nécessite un agrément. Ce dernier résulte d’un arrêté
conjoint signé par Le Ministre Chargé de la Sécurité sociale, le Ministre de chargé de la Santé
publique et le Ministre chargé des finances (Art. 11 et 12 du Décret précité). Cet arrêté fixe
les éléments suivants:

- Les modèles types de statuts et règlement intérieur des IPM (Art. 12 al 1 du Décret

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précité) ;
- La liste des rubriques de prestations partiellement prises en charge par les IPM,
ainsi que la fourchette dans laquelle doivent s’insérer les taux de prise en charge desdites
prestations par ces institutions (Art. 12 al 2 du Décret précité) ;
- Le taux maximal de la cotisation globale aux IPM et le plafond de salaire au-
delà duquel les cotisations ne sont pas dues ;
Enfin, les statuts et règlements intérieur de toute IPM doivent être soumis à l’approbation
préalable du Ministre chargé de la Sécurité sociale (Art.13 du Décret précité).

Paragraphe II : Les règles de gestion des IPM

Elles reposent sur l’existence d’un certain nombre d’organes essentiels parmi lesquels, on peut
surtout retenir le collège des représentants et le conseil d’administration.

A- le collège des représentants.


Il est investi des pouvoirs de l’Assemblée générale et est composé de trente-deux représentants
répartis en membres participants et des membres adhérents (Art. 26 du Décret précité).Il a
notamment compétence pour statuer sur le rapport annuel et le compte rendu de la gestion
financière établis par le Conseil d’administration et le vote du budget de l’année. La durée de
leur mandat est de 6 ans renouvelables.

B- le Conseil d’administration
Le conseil d’administration est composé de 8 au moins et de 28 membres participants au plus,
appartenant à l’institution et nommés pour 3 ans renouvelables. En plus des sièges des
membres participants, il est attribué au membre adhérent deux sièges lorsque l’institution ne
couvre qu’une seule entreprise, et un siège par membre adhérent lorsque l’institution regroupe
deux ou plusieurs entreprises (Art. 29 du Décret précité). Le CA élit en son sein, au scrutin
secret et à la majorité simple, le président et le vice–président de l’institution. Le président est
choisi obligatoirement parmi les membres participants. Le CA élit, parmi ses membres, en
dehors du président et du vice–président, au scrutin secret et à la majorité des deux tiers, un
bureau exécutif composé d’un Gérant, d’un Secrétaire général et d’un Trésorier.
Le PCA convoque les assemblées générales du collège des représentants et les réunions du
CA.
Le CA dispose d’importantes prérogatives parmi lesquelles, on peut notamment citer les
éléments suivants :
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PROTECTION SOCIALE
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Il représente l’institution dans tous les actes de la vie civile, et est investi de tous les pouvoirs
à cet effet. Il a notamment qualité pour ester en justice au nom de l’institution comme
défendeur et comme demandeur.
Le CA se réunit chaque fois qu’il est convoqué par son président, ou sur la demande du quart
de ses membres, et au moins une fois chaque trimestre.
Il assure l’exécution des décisions du collège des représentants et est investi des pouvoirs les
plus étendus pour faire ou autoriser tout acte qui n’est pas réservé au collège des représentants.
Il est le seul habilité à décider des modifications à apporter au règlement intérieur.
Le CA fixe aussi le taux de remboursement des prestations en fonction des résultatsenregistrés
et dans la limite des plafonds réglementaires.

SECTION II – LE REGIME DE PREVOYANCE MALADIE

Les I.P.M ont pour objet la prise en charge partielle des frais médicaux, pharmaceutiques et
d’hospitalisation engagés au Sénégal, par les membres bénéficiaires, suivant des pourcentages
fixés par le règlement intérieur soumis à l’approbation préalable du Ministre chargé de la
Sécurité sociale(art.7du Décret précité).

Paragraphe I – Les bénéficiaires

Ce sont les membres participants, à savoir les travailleurs permanents de l’entreprise ou des
entreprises regroupés, ainsi que les membres de leur famille (conjoints et enfants) à leur
charge, à condition qu’ils ne bénéficient pas des avantages d’un autre régime ayant le même
objet. En effet, le bénéficiaire ne peut jouir que de la prise en charge d’une seule IPM (Art.10
du Décret de 2012 précité).

Sont considérés comme membres de la famille du travailleur, au sens de l’alinéa précédent :

- le ou les conjoints (s) du travailleur ;

- les enfants issus d’un mariage légalement constaté du travailleur ;

- les enfants du travailleur dont la filiation naturelle est établie par reconnaissance volontaire
ou par jugement conformément à la loi ;

- les enfants ayant fait l’objet d’une adoption par le travailleur conformément à la loi

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Paragraphe II – Les ressources

Elles comprennent : les cotisations versées par les membres participants et par les membres
adhérents (qui sont les employeurs dont les travailleurs bénéficient des prestations de l’IPM)
; les contributions et subventions qui lui sont accordées par les membres d’honneur ; les dons
et legs.

Le taux et le plafond du salaire global sur lequel est calculée la cotisation due à l’IPM sont
déterminés par le règlement intérieur.
Avec la réforme intervenue en 2012, on assiste à d’importantes modifications au sujet de la
[Link] s’agit de :

- L’augmentation de la cotisation qui passe de 4-6% à une fourchette de 4-15%


- L’augmentation de la fourchette de prise en charge qui passe de 40-80%
- L’augmentation du plafond de l’assiette de calcul des cotisations de 60000 à 250000f
CFA.
En d’autres termes, quel que soit le montant du salaire, le taux de la cotisation ne
s’appliquera que dans la limite de 250000f CFA.

Paragraphe III – Les dépenses et les prestations

A. Les dépenses des IPM

Ce sont des frais de gestion de l’institution (loyers, frais de personnel, charges sociales, frais
de fonctionnement et d’entretien) dont les modalités de prise en charge sont fixées par un
règlement intérieur.

B. Les diverses prestations

Les risques et les prestations offertes par les I.P.M seront identifiés avant l’analyse du règlement
de ces prestations.

1) Les risques et prestations pris en charge

L’IPM a pour mission la prise en charge partielle des frais de maladie (médicaux,
pharmaceutiques, hospitaliers…) engagés au Sénégal.
La liste des rubriques des prestations prises en charge est fixée par arrêté (cf. arrêté n° 9116
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du 31 juillet 1976).

Sont exclus les frais dus à la réalisation des évènements ou des risques suivants :

- Accident du travail ou maladie professionnelle tels que définis par le CSS et


pris en charge par la Caisse de Sécurité Sociale
- Le suicide ou la tentative de suicide

- La mutilation volontaire

- La rixe ou l’émeute

- Le dommage corporel résultant d’une activité sportive

N.B. : le non-paiement de la cotisation mensuelle pendant deux mois et, plus généralement de
toute somme due à l’IPM par le participant.

Sont également exclus des prestations :

- Les produits alimentaires et de régime

- Les produits de parfumerie et de beauté

- La pharmacie de maison

- Les alcools

- Les opérations à but esthétique ou de rajeunissement

- Les soins rééducatifs

- La gymnastique corrective.

2) Le règlement des prestations

Le taux de prise en charge partielle des frais de maladie sont déterminés par le règlement
intérieur et sont les mêmes pour tous les membres bénéficiaires.
Ces taux peuvent varier en hausse ou en baisse en fonction des résultats enregistrés, à la
condition que la hausse ou la baisse soit appliquée uniformément et à la même date à tous les
membres bénéficiaires et dans la limite des plafonds et des planchers règlementaires.

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Paragraphe IV – Le fonds de garantie

C’est un fonds qui est institué au profit des IPM qui se trouveraient temporairement dans
l’impossibilité d’honorer leurs obligations vis-à-vis des travailleurs.
Le fonds a pour objet d’apporter un appui financier aux IPM qui rencontrent des difficultés
temporaires de trésorerie , notamment par suite d’une diminution conjoncturelle de leurs
ressources propres ou par suite d’une augmentation importante et imprévue des dépenses de
soins qu’elles doivent prendre obligatoirement en charge(Art.46 du Décret de 2012 précité).

Les modalités d’organisation, de fonctionnement et d’intervention de ce fonds doivent être


fixées par décret et un arrêté interministériel doit fixer le pourcentage des cotisations
encaissées par les IPM destiné à alimenter ce fonds de garantie. A notre connaissance, aucun
de ces textes n’est intervenu à ce jour.

Ainsi, chaque IPM est tenue de verser à un compte bancaire spécial ouvert à cet effet,
0,20 % de l’ensemble des cotisations encaissées depuis la date de son fonctionnement.
Ce versement se fait mensuellement auprès d’une banque librement choisie.

CHAPITRE II – LES INSTITUTIONS DE PREVOYANCE RETRAITE (L’IPRES)

Les institutions de prévoyance retraite au Sénégal sont régies par la loi-cadre du 03 avril
1975 qui concerne les institutions de prévoyance sociale de façon générale. Cette loi est
complétée par le Décret 75-455 du 24 avril 1975 qui rend obligatoire pour tous les
travailleurs et employeurs l’affiliation à un régime de retraite.

L’IPRES a pris la succession de l’IPRAO qui était d’ordre interétatique.

SECTION I – L’ORGANISATION DE L’IPRES

Il convient d’identifié les personnes assujetties et leurs protégés avant de parler de son
organisation administrative

Paragraphe I – Les personnes assujetties et leurs protégés

A. Les membres adhérents

Un membre adhérent est une personne physique ou morale, de droit public ou privé, employant
un ou plusieurs travailleurs au sens du Code du travail ou du Code de la marine marchande.
De ce fait, les établissements et les armateurs sont des employeurs et ont la qualité de membres
adhérents de l’IPRES. L’employeur perd la qualité de membre adhérent lorsqu’il perd
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PROTECTION SOCIALE
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définitivement d’avoir à son service du personnel salarié. Tous les établissements au sens du
Code du travail sont tenus d’adhérer à une institution de prévoyance retraite et d’y affilier leur
personnel. En la matière, l’IPRES a le monopole. Puis, les marins sénégalais sont tenus de la
même obligation.

Tout employeur qui n’aura pas adhéré ou fait adhéré les travailleurs sera sanctionné
pénalement. Il en est de même de tout employeur qui se soustrait aux charges sociales
imposées au titre du régime de retraite obligatoire.
La qualité d’adhérent se perd lorsque l’employeur cessera d’employer du personnel salarié.
Chaque membre adhérent reçoit un numéro d’affiliation qui doit lui être rappelé dans toutes
les communications relatives au régime de retraite.
B. Les membres participants

Ce sont :

Tous les salariés âgés de 18 ans au moins, à condition qu’ils aient accompli au moins 30 jours
de service dans l’établissement de façon continue ou discontinue.
La qualité de membre participant prend effet à compter de l’embauchage. Les anciens salariés
bénéficient d’une allocation de retraite.
Les personnes ayant perdu la qualité de salarié et qui n’ont atteint l’âge de la retraite et qui
demandent volontairement le maintien de leur affiliation, à condition de payer la totalité des
cotisations.
Conformément aux dispositions de l’art. 40 des statuts de l’IPRES, le maintien volontaire de
l’affiliation est subordonné aux conditions suivantes :
- être âgé de 40 ans au moins et avoir définitivement perdu son emploi salarié ;
- avoir cotisé au régime général pendant 5 ans ;
- produire un certificat de cessation d’activité délivré par l’autorité compétente.

La qualité de membre participant se perd lorsque le travailleur décède soit avant, soit après
avoir atteint l’âge de la retraite. Dans ce cas, ses droits seront dévolus à ses ayants droit. Sont
exclus des membres participants les travailleurs étrangers affiliés à un régime de retraite
institué par une autre législation.

C. Les bénéficiaires

Il s’agit des travailleurs eux-mêmes ainsi que les membres de leur famille (conjoint survivant

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PROTECTION SOCIALE
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Pr Alassane KANTE
et enfants à charge en cas de décès du travailleur : ces personnes perçoivent une allocation de
réversion.
Paragraphe II – L’organisation administrative et financière
A- L’organisation administrative
L’IPRES a pour objet d’organiser et de gérer

- D’une part, le régime général de retraite unique pour l’ensemble des


travailleurs régis par le Code du travail (règlement intérieur n°1) ;
- D’autre part, le régime complémentaire des cadres qui fait l’objet du
règlement intérieur n°2.

• Son organisation administrative repose sur six organes :

Le collège des représentants ; le conseil d’administration ; le président du conseil


d’administration ; le bureau ; le directeur ; l’agent comptable.

B- L’organisation financière

• Les ressources financières de l’IPRES sont constituées par les cotisations des
adhérents et participants ; les majorations de retard, les dons et legs etc.

Le taux de cotisation ne peut dépasser 9% des rémunérations et gains perçus par les
travailleurs.
Les frais de versement des cotisations et des majorations de retard sont à la charge des
employeurs.

N.B. : Dans le souci de garantir la stabilité financière du régime, il est institué unfonds
de réserve globale équivalent à 2 années d’allocations. S’agissant des dépenses de l’IPRES,
elles comprennent :

- Les frais nécessaires à la gestion de l’institution dans la limite de 10% par an,
de l’ensemble des ressources ;
- Les diverses catégories de prestations qui sont versées aux participants et aux
bénéficiaires ;
- Les dépenses d’investissement qui nécessitent une triple signature du Président, du
premier Vice-Président et du Directeur général.

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PROTECTION SOCIALE
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SECTION – II LE REGIME DE RETRAITE GERE PAR L’IPRES

Il s’agit d’un régime unique de retraite de base. C’est un régime légal obligatoire et unique
pour tous les employeurs et tous les travailleurs.

Ce régime de base est susceptible d’être complété par d’autres régimes comme celui des cadres
qui est un régime conventionnel.

Paragraphe I – Le régime unique de retraite de base

Les ayants droit du régime sont : les anciens travailleurs admis au bénéfice d l’allocation
de solidarité, les conjoints survivants et les orphelins des participants décédés, admis au
bénéfice de l’allocation de réversion.

Les prestations du régime sont d’une part, l’allocation de retraite et, d’autre part, l’allocation
de réversion et enfin l’allocation de solidarité.

A. L’allocation de retraite

C’est la prestation principale du régime de base. Elle est versée au travailleur parti à la retraite.
Aux termes de l’article L.69 du CT « Tous les travailleurs, y compris les journaliers, ont droit
à la retraite. L’âge de la retraite est celui fixé par le régime national d’affiliation en vigueur au
Sénégal.
Les relations de travail peuvent néanmoins se poursuivre, d’accord parties ou pour certains
emplois ou professions déterminés par décret, après avis du Conseil consultatif national du
Travail et de la Sécurité sociale, pendant une période ne pouvant excéder l’âge de soixante-
cinq ans (65 ans) du travailleur21. »
Soulignons également que la retraite anticipée est possible. L’allocation est subordonnée à
l’attribution de points de retraite.
N.B. : l’attribution des points de retraite
Le point de retraite c’est l’unité de compte que reçoit un participant en contrepartie des

21
Art. L.69 (nouveau) de la loi n°2020-15 du 26 mai 2020 modifiant l’article L. 69 de la loi n°97-17 du 1er décembre
1997 portant Code du travail.
L’article 1er du décret 2020-2072 portant application de l’article L 69 al.3 prévoit certains emplois et professions
qui sont concernés par la faculté de poursuite des relations de travail au-delà de soixante(60) ans dans la limite de
soixante-cinq ans. Il s’agit :
des médecins ;
des pharmaciens ;
des chirurgiens-dentistes ;
des docteurs vétérinaires.
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cotisations versées par son employeur. Les points de représentent la contrepartie L’attribution de
points de retraite qui sont

Ces points de retraite s’accumulent à l’IPRES jusqu’à la date de la retraite.

Nombre de points = montant des cotisations / salaire de référence

A ces points-cotisations, peuvent s’ajouter des points pour les périodes antérieures, à la
mise en application du régime considéré, mais cette attribution complémentaire n’est
accordée que si le salarié compte 10 ans de travail et s’il a cotisé pendant au
moins un an (points gratuits).

En cas, d’accident du travail ou d’invalidité grave, le salarié pourrait bénéficier de points gratuits
pour le temps de son arrêt de travail.

Enfin, le salarié a droit à une majoration de points de 5% par enfant à charge, dans la limite
de 3 enfants, soit 15%.
Au cas où le nombre total de points de retraite attribués à un participant est inférieur à 200,
l’IPRES procède au rachat de l’allocation minime par un versement unique effectué à l’âge
normal de la liquidation de la retraite.

La valeur du point de retraite est fixée chaque année par le Conseil d’Administration. Ce dernier,
réuni le 30 Mars 2010, vient de décider de l’augmentation de 10 % des pensions du régime
général et du régime des cadres.

Dès l’âge de la retraite, le participant peut demander la liquidation de son allocation de retraite.
Mais, il peut, à partir de 50 ans en demander la liquidation anticipé, auquel cas le taux
d’allocation est affecté d’un abattement de 5% par année d’anticipation. Si le participant
est reconnu invalide ou inapte au travail, avant l’âge de la retraite, il peut percevoir son
allocation sans abattement, à tout âge, à partir de 50 ans.

B. L’allocation de réversion

Elle correspond à une partie de l’allocation dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier le participant
décédé Son objectif c’est de maintenir un niveau de ressources suffisant au conjoint survivant
(1) et aux enfants du travailleur décédé en activité ou après la retraite.

47
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1- L’allocation du conjoint survivant

En de décès de l’un des membres d’un couple marié, le conjoint survivant, selon le cas veuf ou
veuve, peut bénéficier d’une allocation de réversion. Cependant, pour en bénéficier certaines
conditions doivent être réunies. Il s’agit de celle relative à la vie maritale et celle liée à l’âge.

Lorsqu’un participant en activité ou retraité décède, son conjoint survivant a droit à une
allocation égale à la moitié de celle dont bénéficiait ou aurait bénéficiait leparticipant décédé
sur la base des années validées ou validables à la date du décès.

Le bénéfice de l’allocation de réversion est subordonné à un mariage célébré deux ans au


moins avant le décès du participant. Aucune condition d’absence de ressources ou d’activité
n’est exigée.

Le mariage doit être déclaré par les participants à l’IPRES au moyen d’un acte de mariage.
Au cas où cette formalité n’aurait pas été accomplie par le participant avant son décès, le
conjoint a la faculté de produire ce document à la condition qu’il ait été établi avant le décès
du participant.

En outre, la jurisprudence soutient qu’il faut justifier de la qualité d’époux ou épouse du


participant décédé et une durée minimale de mariage qui doit être contracté au moins deux
(02) avant le décès du participant22. En cas de remariage, le droit à l’allocation cesse
d’être servie au conjoint survivant à compter du premier jour du trimestre civil suivant.

Le conjoint survivant est tenu de présenter, chaque année une attestation de l’autorité
administrative compétente certifiant qu’il n’a pas contracté un nouveau mariage.
a- Règles particulières aux veuves

Elles ont droit à l’allocation de réversion à partir de 50 ans. Mais à ce principe, il est apporté
deux exceptions.

Tout d’abord, elles peuvent jouir de cette allocation à partir de 45 ans sous réserve d’un
abattement de 5% par année d’anticipation.

Ensuite, elles peuvent en jouir immédiatement après le décès du mari, si elles ont au moins deux
enfants à charge de moins de 18 ou de 21 ans, si ces derniers poursuivent, sans bourse, des études
secondaires ou supérieures, étant entendu que le service de l’allocation est suspendue dès que ces

22
. C.S., Sénégal, 25 novembre 2015 ? n° 63, IPRES c/ Mbayang LEYE, Bulletin des arrêts de la Cour suprême du
Sénégal, 2015, n° 9 – 10.
48
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enfants cessent d’être à charge ou à leur décès, pour reprendre au cinquantième anniversaire de
l’intéressée.

En cas de pluralité de veuves, l’allocation est répartie entre les ayants droit à la date du
décès.

b- Règles particulières aux veufs

Quant aux veufs, les règles particulières existent également. En effet, les veufs ont droit à
l’allocation de réversion à partir de l’âge normal de la retraite (60 ans) applicable aux membres
participants, sans faculté d’anticipation. Toutefois, le bénéfice en est immédiat dès le décès de
son épouse, si le veuf est atteint d’une invalidité en trainant une inaptitude au travail. Le
service anticipé de l’allocation est supprimé en cas de cessation de l’état d’invalidité. Au cas
où le veuf aurait perdu deux ou plusieurs épouses participantes, il ne lui est accordé que
l’allocation la plus importante.

2- L’allocation des orphelins

Les enfants à charge au jour du décès, orphelins de père ou de mère, bénéficient d’une allocation
de réversion, uniquement si leur ascendant suivant ne peut prétendre à réversion, soit en raison
de son âge, soit en raison du divorce intervenu entre les conjoints.
L’allocation est accordée à chaque orphelin, aussi longtemps qu’il demeure à la charge de
l’ascendant et au plus tard, jusqu’à 18 ou 21 ans s’il poursuit, sans bourse, des études
secondaires ou supérieures.

Le taux de l’allocation est de 20 % de celle à laquelle avait droit ou aurait eu droit l’ascendant
décédé. Si le nombre des enfants est supérieur à 5, l’allocation revenant à chacun est réduite
proportionnellement.

L’allocation est versée à la personne qui a effectivement la charge de l’enfant. Toutefois, le


service de l’allocation aux enfants issus d’un autre lit, est suspendu, dès lors que l’ascendant
commence à percevoir ses propres droits à la retraite.
Au cas où l’enfant est orphelin de père et de mère, tous deux membres participants de l’IPRES,
il ne bénéficie que de l’allocation la plus élevé.

Si la situation de réversion intéresse une ou plusieurs veuves et des orphelins issus d’un autre
lit, la part d’allocation revenant à ces derniers ne peut excéder la moitié des allocations
du conjoint décédé, l’autre moitié revenant à la ou aux veuves.

49
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C- L’allocation de solidarité

Le régime d’attribution de cette allocation varie selon la catégorie de travailleurs : les


travailleurs du régime général ou des travailleurs qui bénéficient du régime particulier.

1- Le régime général

C’est une allocation forfaitaire annuelle accordée aux salariés nés avant 1910 et qui, de ce
fait, ont cotisé moins d’un an ou n’ont jamais cotisé, mais peuvent justifier de 10 ans d’activité
salariée. C’est une allocation forfaitaire qui est calculée sur la base de 2100 points ; peu
importe la durée de la carrière du bénéficiaire.

2- Le régime particulier
Le droit à l’allocation solidarité est également ouvert aux anciens employés de maison,
saisonniers et journaliers, nés avant 1922, qui ont cotisé moins d’un an ou n’ont jamais cotisé.
Pour en bénéficier, ils doivent justifier de 50 années d’activité salariée en qualité d’employé de
maison, de saisonnier ou de journalier. Cette allocation est calculée sur la base de 1200 points.
Ici, la durée de la carrière n’est pas prise en compte.

Paragraphe II – Le régime complémentaire de retraite des cadres

Depuis le 1er janvier 1973, un régime de retraite complémentaire des cadres a été institué et
is en place23. La gestion est confiée à l’IPRES qui le gère séparément du régime général. Ce
régime complémentaire n’est pas obligatoire, il est simplement conventionnel. Il fait l’objet
du règlement intérieur n°2 (JORS n° 4313 du 1er septembre 1973) qui définit les Conditions
d’organisation du régime et de versement des prestations aux bénéficiaires dans des termes
comparables à ceux du règlement n°1.

A- Les personnes assujettis et leurs protégés

Il s’agit des membres adhérents (1), des membres participants et ayants-droit (2).

1- Les membres adhérents


Les membres adhérents sont les entreprises et les employeurs compris dans le champ
d’application des Conventions Collectives. Ces entreprises et employeurs doivent
obligatoirement adhérer à l’IPRES et y affilier leurs cadres. Les autres pourront y adhérer

23
JORS n° 4313 du 1er septembre 1973
50
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volontairement. Les adhérents sont soumis aux mêmes obligations que ceux du régime
général.
2- Les membres participants et ayants-droit
Les membres participants sont :
- les salariés ayant la qualité de cadre depuis leur embauchage ou depuis leur
promotion, à condition qu’ils aient accompli un service minimal de 30 jours, dans une
entreprise adhérente ;
- les cadres en chômage ayant maintenu volontairement leur affiliation, à
condition qu’ils aient 50 ans au moins, qu’ils aient cotisé pendant 10 ans, qu’ils aient
produit les documents de preuve.

Les participants affiliés volontaires doivent payer la totalité des cotisations y compris la part
patronale
- les anciens salariés cadres, bénéficiaires d’une allocation de retraite.
Sont exclus du régime complémentaire des cadres :

- Les travailleurs étrangers s’ils sont affiliés à un régime de retraite institué par
une autre législation étrangère
- Les travailleurs affiliés à d’autres régimes collectifs à la date d’effet d’adhésion
de leur employeur.

N.B. : s’il n’existe pas, dans la profession, de Convention Collective définissant lanotion
de cadre, doivent être considérés comme cadres, les travailleurs qui :

- Possèdent une formation professionnelle résultant soit d’études sanctionnées par un


diplôme d’enseignement supérieur, soit d’une formation ou d’une expérience étendue ;
- Occupant dans l’entreprise ou le service qui les emploie, et par, délégation de
l’employeur, des fonctions comportant des pouvoirs de décision, d’autorité ou de
contrôle sur les collaborateurs de toutes catégories.

Si l’emploi ne comporte pas l’exercice du commandement, le cadre doit être investi de


responsabilité équivalentes (études, gestion, contrôle, formation etc.)

Relèvent aussi du régime complémentaire, en qualité d’ayants droit : les conjoints survivants
et les orphelins des participants décédés, admis au bénéfice d’une allocation de réversion.
a) L’organisation administrative et financière

51
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Les règles d’organisation administrative et financière sont identiques à celles du régime


général.

Le taux de cotisation est fixé à 6% du salaire dont 60% à la charge de l’employeur et 40% à
la charge du cadre.
B. les prestations du régime

a) L’allocation de retraite complémentaire

Elle constitue l’essentiel du régime complémentaire. Elle est allouée aux participants ayant
cotisé au moins un an. Elle est normalement liquidée à 60 ans. Mais une liquidation anticipée
peut être demandée par l’intéressé à l’âge de 50 ans, moyennant un abattement d’allocation de
1% par trimestre d’ajournement.

Les autres conditions de formalité de liquidation sont celles du régime général. Exemple :
l’allocation de retraite est calculée en multipliant le nombre de points de l’intéressé par la valeur
du point.

b) L’allocation de réversion

Les conjoints et les orphelins ont droit à une allocation de réversion, en cas de décès du
participant en activité ou retraité, dans des conditions absolument identiques à celles du régime
général. Toutefois, pour ce qui est de la veuve du cadre, elle ne bénéficie immédiatement de
cette allocation que si elle a au moins deux enfants à charge de 18 ans qui poursuivent, sans
bourse des études secondaires ou supérieures.
c) L’allocation forfaitaire annuelle
Les anciens salariés retraités au 1er janvier 1974 qui n’ont pas été affiliés au régime général,
bénéficient d’une allocation forfaitaire pour chaque année accomplie en qualité de cadre,
dès qu’ils justifient d’au moins une année d’activité à ce titre. Cette allocation est calculée sur
la base de 400 points par année accomplie dans une fonction de cadre.

52
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TITRE III – LE SERVICE MEDICAL DU TRAVAIL

Les services de santé au travail peuvent faire partie de l’entreprise ou être des services extérieurs
auxquels l’entreprise fait recours en cas de besoin. Les formes de service médical (chapitre I), le
personnel des services médicaux du travail (chapitre II) et leurs missions (chapitre III) sont
définies par le décret de 200624.

CHAPITRE I – LES FORMES DE SERVICES MEDICAL DU TRAVAIL


Le service de santé médical du travail peut être organisé soit en tant que service desservant une
seule entreprise (section I), soit en tant que service desservant plusieurs entreprises (section II).
SECTION I : LE SERVICE MEDICAL DU TRAVAIL D’ENTREPRISE
Le service médical du travail est constitué lorsque l’entreprise atteint un seuil d’effectif
(paragraphe I) mais sa création doit respecter des formalités de constitution (paragraphe II).
Paragraphe I : Le seuil de création du service médical du travail d’entreprise
La création du service médical est déterminée par l’effectif de l’entreprise. Ainsi, les
établissements qui ont un effectif égal ou supérieur à quatre cents travailleurs doivent créer un
service médical d’entreprise.
Les établissements dont l’effectif est compris entre cent et quatre cents travailleurs organisent,
après avis du Comité d’hygiène et de sécurité ou, à défaut, celui des délégués du personnel, un
service de médecine du travail, selon l’une des formes définies ci-dessous.

Les entreprises du bâtiment et des travaux publics et les entreprises dont l’activité est saisonnière
ou occasionnelle sont tenues d’organiser un service qui leur est propre ou d’adhérer à un service
de médecine du travail interentreprises, quel que soit le nombre de travailleurs qu’elles
emploient25.

24
Cf. le Décret n° 2006-1258 du 15 novembre 2006 fixant les missions et les règles d’organisation et de
fonctionnement des services de médecine du travail
25
Art. 3 du Décret 2006-1258 du 15 novembre 2006 fixant les missions, les règles d’organisation et fonctionnement
du service de médecine du travail
53
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Paragraphe II : Les formalités de constitution


L’allégement des procédures administratives, en vue de faciliter la création et la multiplication
des services de médecine du travail, a rendu nécessaire la suppression de l’agrément jusque là
en vigueur et préalable à la mise en place d’un service de médecine du travail. L’agrément est
remplacé par une simple déclaration à faire auprès de l’Inspecteur du Travail du ressort.
Les services médicaux du travail doivent faire l’objet, préalablement au démarrage de leurs
activités, d’une déclaration auprès de l’Inspecteur du Travail du ressort.
Cette déclaration doit contenir les renseignements suivants :
- adresse du service de médecine du travail ;
- équipement du service de médecine du travail ;
- personnel du service de médecine du travail :
 administratif ;
 médical et para-médical : nombre, qualification, temps de présence ;
- adresse et raison sociale de l’adhérent ou des adhérents ;
- nombre et répartition du personnel dans chaque établissement ;
- emplois assujettis à une surveillance médicale spéciale.
La déclaration doit être accompagnée du statut et du règlement intérieur, dont les modèles sont
fixés par arrêté du Ministre chargé du Travail.
Les services de médecine du travail sont tenus de faire connaître à l'Inspecteur du Travail et de
la Sécurité Sociale du ressort et à l’Inspection Médicale du Travail, dans les trois mois, tout
changement survenu dans leur administration ou direction, ainsi que toutes modifications
apportées à leurs statuts et règlement intérieur.
SECTION II : LE SERVICE MEDICAL DU TRAVAIL INTERENTREPRISE

Le service médical du travail intertreprisprise est déterminé par des règles de création et
d’adhésion (paragraphe I) ainsi que celles relatives à son organisation et de gestion (paragraphe
II).

Paragraphe I : Les règles de création et d’adhésion


Les établissements qui ont un effectif inférieur à 400 travailleurs sont tenus d’organiser un
service médical du travail interentreprises ou d’adhérer à un service médical du travail

54
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interentreprises26. En vertu de l’article 14 du décret de 2006, l’adhésion à un service médical
interentreprises incombe à l’employeur. A cet effet, il est tenu de requérir l’avis du Comité
d’hygiène et de sécurité ou, à défaut, celui des délégués du personnel, sur le choix du service
médical interentreprises. Ce service médical a pour objectif la pratique de la médecine du travail.
Il est dirigé par un médecin du travail placé sur l’autorité du président du comité de gestion.

La cessation de l’adhésion à un service médical interentreprises est décidée par l’employeur,


après consultation du Comité d’hygiène et de sécurité ou, à défaut, des délégués du personnel.
En cas d’opposition de ces services à la décision de l’employeur, d’adhérer ou de cesser
l’adhésion à un service médical du travail interentreprises doit être motivée.

Paragraphe II : Les règles d’organisation et de gestion

Selon l’article 16 du décret de 2006 L'organisation et la gestion du service de médecine du travail


interentreprises sont placées sont le contrôle d'un conseil de gestion dont la composition est fixée
à l'article 18 ci-après.
Le conseil de gestion délibère sur toute question relative à l'organisation et au fonctionnement
du service de médecine du travail en ce qui concerne :
- la répartition des frais d'organisation et de fonctionnement dudit service entre les entreprises
adhérentes ;
- la création ou la suppression d'emploi du (des) médecin(s) du travail.
Le Conseil de gestion est en outre informé :

- des observations formulées et des mises en demeure notifiées par les services de
l’Inspection du Travail, des observations techniques faites le Médecin-Inspecteur du
Travail et des mesures prises en conséquence ;

- des suites apportées à ses recommandations.

Le Conseil de gestion se prononce sur le rapport annuel relatif à l'organisation, au


fonctionnement et à la gestion financière du service de médecine du travail et sur le rapport
d'activités de chaque médecin du travail.

En outre, le Conseil de gestion, représenté par son Président, recrute le médecin directeur du

26
Cf. Art. 12 du décret de 2006 précité
55
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service de médecine du travail interentreprises.

Le Conseil de gestion comprend neuf membres au moins et vingt-sept membres au plus. Il est
composé, pour deux tiers, de représentants des employeurs et, pour un tiers, de représentants des
salariés des entreprises adhérentes au service de médecine du travail. Leur mandat est d'une durée
de trois ans renouvelable. Il est constitué à la diligence des chefs d'établissements adhérents au
service de médecine du travail interentreprises. Les représentants des salariés sont élus
conformément aux dispositions du décret 67-136027, en tenant compte du nombre de sièges qui
leur est attribué. Le Conseil de gestion peut s'adjoindre toute personne qui lui paraît qualifiée.
Les difficultés auxquelles peut donner lieu l'application de cet article seront soumises à
l'arbitrage de l'Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale du ressort28.

CHAPITRE II : LE PERSONNEL DES SERVICES MEDICAUX DU TRAVAIL

Les services de santé au travail fonctionnent avec un personnel comprenant généralement le


médecin, les infirmiers, le secrétaire médical et le personnel de secours.
SECTION I : LE MEDECIN DU TRAVAIL
Il doit être titulaire d’un diplôme d’étude spécialisé en médecine du travail. Le médecin du travail
doit être enregistré ses titres auprès de l’inspection du travail29 dans le mois qui suit son entrée
en fonction dans un service médical du travail. Entre le médecin du travail et l’entreprise, ils sont
liés par un contrat de travail signé conformément au Code de déontologie médicale30. Ce dernier
bénéficie des garanties et avantages consentis aux cadres de la branche professionnelle à laquelle
appartient l’entreprise.
Ce médecin du travail ne peut être recruté ou licencié qu’avec l’accord du comité d’hygiène et
de santé au travail ou à défaut, par le délégué du personnel. Concernant le médecin du travail,
interentrerprise, il est nommé ou licencié qu’avec l’accord du conseil de gestion.

27
Décret n° 67-1360 du 9 décembre 1967 modifié, fixant les conditions et les modalités de désignation des délégués
du personnel dans les entreprises et définissant leur mission
28
Cf. art. 17 du décret de 2006 précité
29
. Même avec l’adoption du décret instituant l’inspection médicale du travail, ce corps n’est jusqu’à ce jour, pas
mis en place.
30
Cf. Art. 46 et 47 du Décret n° 67-147 du 10 février 1967 instituant le code de déontologie médicale.
56
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SECTION II : LES INFIRMIERS
Dans le service médical du travail, l’infirmier a pour principal rôle, l’assistance du médecin du
travail sur l’ensemble de ses missions. Ils contribuent tout comme le médecin du travail, à la
protection de la santé physique et mentale des salariés sur les lieux de travail et pratique des soins
d’urgence31. Ils participent pleinement à l’identification, l’évaluation et à la prévention des
risques professionnels, à des actions de santé publique notamment en cas de pandémie comme le
Covi-19.
Le nombre d’infirmier est prédéfini selon qu’il s’agit d’un établissement industriel ou non. S’il
s’agit d’un établissement non industriel, il faut recruter un infirmier pour une population de 100
à 500 travailleurs et au-dessus, un infirmier supplémentaire par tranche de 500 travailleurs. Par
contre, si l’établissement est industriel, le nombre d’infirmiers est d’un pour une population de
100 à 300 travailleurs et, au-delà, d’un infirmier supplémentaire par tranche de 300 travailleurs.
Lorsque l’établissement comporte moins de 100 salariés, le médecin du travail peut demander le
recrutement d’un infirmier.

SECTION III : LE SECRETAIRE MEDICAL ET LE PERSONNEL DE SECOURS


Ce personnel que nous pouvons appelé personnel d’appoint est chargé d’assister le médecin du
travail dans sa mission. Le secrétaire médical est l’interlocuteur privilégié du médecin du travail.
Il est recruté avec l’accord du médecin chef du service médical du travail d’entreprise ou du
service médical interentreprises. C’est lui qui gère le planning de rendez-vous du médecin du
travail, la gestion des dossiers médicaux des salariés comme : les fichiers médicaux des patients,
facturation, les rapports d’analyse. Il assure également le lien entre le médecin, l’infirmier, les
employeurs et les intervenants extérieurs.

31
. Nathalie FERRE, « Les infirmières et infirmiers de santé au travail : une réforme inachevée »,
57
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CHAPITRE III : LES MISSIONS DU SERVICE MEDICAL DU TRAVAIL
Les services médicaux du travail ont pour missions principales : le suivi des salariés (section I),
elles peuvent aussi des actions sur le milieu du travail (section II).
SECTION I : LE SUIVI DES SALARIES
Le suivi des salariés s’articule autour des examens d’aptitude à l’emploi et les visites médicales
de reprise
Paragraphe I : Les examens d’aptitude à l’emploi
Il est prévu deux types d’examens, l’un au moment de l’embauche (A) et les autres sont faits au
cours du contrat, il s’agit des visites périodiques (B).
A. L’examen médical d’embauche
Au moment de son embauche, tout salarié doit faire l’objet d’un examen médical. Cet examen a
eu lieu avant que le salarié entre effectivement dans l’entreprise ou bien au plus tard, avant la fin
de la période d’essai qui suit son embauche. Cet examen a pour but de :
- rechercher si le salarié n’est pas atteint d’une affection dangereuse pour les autres
travailleurs ;
- s’assurer qu’il est médicalement apte au poste de travail auquel le chef d’entreprise
envisage de l’affecter ;
- proposer éventuellement les adaptions du poste ou l’affection d’autres postes.
Cet examen médical donne lieu à l’établissement d’une fiche d’aptitude qui est destinée à
l’employeur et qui doit être conservée afin d’être présentée à toute perquisition de l’inspecteur
du travail32.
B. Les visites périodiques
Chaque travailleur bénéficie d’un suivi individuel de leur état de santé. La visite médicale
périodique permet de s’assurer que le salarié est toujours médicalement apte à son poste de
travail. Les visites périodes ont lieu au moins une fois par an. Cependant, dans certains cas, cette
période n’est pas à respecter lorsque, certains risques et travaux nécessitent, une surveillance
spéciale avec des visites plus fréquentes. Tel est l’exemple des salariés venant de changer de type
d’activité, des handicapés, des femmes enceintes, des travailleurs de moins de 18 ans.
C. Les visites médicales de reprise

. Thomas KAPP, « La contestation de l’avis du médecin du travail devant l’inspecteur du travail », Dr. soc, février
32

2011, pp. 159 et s.


58
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Après une absence au sein de l’entreprise causée par un accident de travail, de maladie
professionnelle, de congé de maternité ou même de maladie non professionnelle et en général en
cas d’absence pour des raisons de santé, le travailleur doit se soumettre à une visite de médicale
de reprise. Dans ce sens, la visite doit avoir lieu lors de la reprise du travail et au plus tard dans
un délai de huit jours. L’examen de reprise a pour objet d’apprécier les modifications éventuelles
intervenues dans l’aptitude du salarié et de prévoir les difficultés de remise au travail à la suite
d’une maladie, d’une intervention chirurgicale et de leur apporter si possible une solution en
temps utile.
SECTION II : LES ACTIONS SUR LE MILIEU DE TRAVAIL
Elles sont liées aux visites sur les lieux de travail (paragraphe I), le conseil et la sensibilisation
(paragraphe II).
Paragraphe I : La visite des lieux de travail
Il s’agit de traiter la question de la connaissance des lieux de travail (A) et celle de l’initiative
des visites (B).
A- La connaissance des lieux de travail
Pour identifier les risques qui sont liés à l’activité des salariés, le médecin du travail doit,
connaitre les lieux de travail (conditions, risque…). Il s’agit, d’une connaissance approfondie de
l’entreprise et de ses différents postes de travail pour formuler un avis de compatibilité adapté au
problème de santé éventuel d’un salarié examiné et proposer des aménagements de poste de
travail. Le médecin du travail doit normalement systématiser les visites qui comprennent
notamment, les visites des ateliers, des chantiers avec l’étude des postes de travail, des charges
et des nuisances.
B- L’initiative de la visite
Normalement, l’initiative des visites des locaux de travail revient au médecin du travail dans la
mesure où cela n’entre pas dans son exercice quotidien. Néanmoins, il peut réaliser ces visites
soit à la demandé des de l’employeur, soit à la demande d’un salarié ou du délégué du personnel,
soit à l’issue de l’examen médical systématique d’un membre du personnel ayant des problèmes
de santé particuliers ou pour mener une enquête après un accident de travail.
Paragraphe II : Le conseil et la sensibilisation
Le médecin du travail qui anime le fonctionnement des services de santé au travail, a une mission
de conseil et de sensibilisation auprès de divers acteurs de l’entreprise. Il est le conseiller de

59
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l’employeur, des représentants du personnel ou même des travailleurs en matière d’hygiène de
santé et sécurité au travail. Il les conseille sur les conditions de vie et de travail, l’adaptation des
postes, des techniques et des rythmes de travail lié à la physiologie humaine, la protection des
salariés contre l’ensemble des nuisances, l’hygiène générale de l’établissement ou des services
de restauration.
En outre, il apporte des connaissances en matière médicale à l’employeur afin que ce dernier
assure le meilleur environnement.

60
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PARTIE II : LA PROTECTION SOCIALE DES FONCTIONNAIRES
Ce régime ne concerne que les fonctionnaires tels que définis par la loi 61-33 du 15 juin 196133,
c'est-à-dire les personnes nommées dans un emploi permanent et titularisées dans un grade de
la hiérarchie des corps du Sénégal34. Ce régime s’étend en outre à certains membres de la
famille des fonctionnaires.
Il se compose de trois branches de risques :
- Les prestations familiales (Chap. I)
- Les risques maladie, invalidité et décès des fonctionnaires (Chap. II)
- La retraite (Chap. III).
CHAPITRE I – LES PRESTATIONS FAMILIALES DES FONCTIONNAIRES
De façon spécifique, aucun texte ne traite des prestations familiales dans la loi régissant les
fonctionnaires.
Toutefois, les prestations familiales recouvrent des prestations liées à la maternité et les
suppléments pour charges de famille.

SECTION I – LA MATERNITE

Les prestations liées à la maternité se résument au congé de maternité et au repos pour


allaitement.

Paragraphe I – Le congé de maternité

Il est prévu par l’Article 57, 4° de la loi précitée et réglementé par l’article 29 du décret 63-116
du 19 février 1963 relatif au régime des congés, permissions et autorisation d’absence des
fonctionnaires35.
Il est de quatorze (14) semaines, dont six (6) avant la date présumée de l’accouchement et huit
(8) après la date de la délivrance. Il est accordé pour les couches et l’allaitement.
Le congé prénatal de six (6) semaines est un maximum36. Mais, si à l’expiration du délai de
huit (8) semaines après l’accouchement, l’intéressée n’est pas en état de reprendre ses
fonctions, elle pourra obtenir sa mise en congé de maladie sur présentation d’un certificat
médical.
Il n’est pas exigé que cette maladie soit liée aux couches comme pour la femme salariée.
33 JORS du 22 juin 1961, p.913.
34
Art.1er de la loi de 1961.
35
JORS n°3951 du 30 mars 1961, p.461.
36
Art.29 du décret de 1963.
61
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Au-delà de huit (8) semaines, ce n’est plus le congé de maternité qui se poursuit, mais un congé
de maladie, avec un régime propre. Pendant toute la durée du congé de maternité, la femme
perçoit son traitement.
Mais, au regard de la lettre de l’article 29 du décret 63-116 précité, elle ne doit pas percevoir
l’indemnité de résidence ni les indemnités de frais ou de sujétions ou de risques inhérents à
l’emploi.
A l’inverse, elle perçoit les suppléments pour charges de familles qui ne sont pas liées à
l’activité de la femme mais à sa situation familiale.

Paragraphe II – Le repos pour allaitement

De façon spécifique, aucun texte ne prévoit le repos pour allaitement de la femme


fonctionnaire.
Dans la pratique, elle en bénéficie pendant une période déterminée, à raison d’une heure par
journée de travail.

SECTION II – LES SUPPLEMENTS POUR CHARGE DE FAMILLE

Ils constituent des éléments de la rémunération du fonctionnaire : Il s’agit :


- d’une allocation de premier établissement familial ;
- des allocations familiales ;
- des primes aux premiers âges ;
- d’une allocation de salaire unique ;
- d’un supplément familial de traitement.

Paragraphe I – L’allocation de premier établissement familial

Elle est allouée pendant les deux années suivant le premier mariage du fonctionnaire. Elle est
fixée forfaitairement et payée annuellement.

Paragraphe II – Les allocations familiales

Elles ne sont dues qu’à partir du deuxième enfant à charge. Ces enfants à charge sont les
enfants légitimes, les enfants naturels et les enfants adoptifs (adoption limitée ou plénière).
N.B. : Ici, il y a une différence avec les salariés37.

37
cf. supra (protection sociale des travailleurs).
62
PROTECTION SOCIALE
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Pr Alassane KANTE
Ces allocations sont dues jusqu’à l’âge de 17 ans pour l’enfant placé en apprentissage et
jusqu’à 20 ans si l’enfant poursuit des études ou s’il est atteint d’une infirmité ou d’une maladie
incurable l’empêchant d’exercer une activité salariée. Toutefois, elles ne seront plus accordées
si l’enfant est exclu de l’établissement dans lequel il est scolarisé ou effectue son apprentissage
ou s’il décède avant d’avoir atteint l’âge maximum.

Paragraphe III – Les primes aux premiers âgés

Pour chacun des enfants ouvrant droit aux allocations familiales, il est alloué deux primes aux
premiers âgés pendant les deux premières années de l’enfant, l’une quand l’enfant atteint l’âge
d’un an, l’autre lorsqu’il atteint l’âge de deux ans.
Ces primes correspondent aux allocations post-natales du Code de la sécurité sociale. Leur
montant annuel est fixé forfaitairement.

Paragraphe IV – L’allocation de salaire unique

Elle est accordée aux familles, ménages ou fonctionnaires qui ne bénéficient que d’un seul
revenu provenant de l’exercice de leurs fonctions.
Elle est due à partir du moment où il y a un enfant à charge, peu importe que le fonctionnaire
soit célibataire, marié, ou en concubinage.

Paragraphe V – Le supplément familial de traitement

C’est une allocation qui prend en considération la situation de famille du fonctionnaire. Il est
basé sur le traitement du fonctionnaire.

63
PROTECTION SOCIALE
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CHAPITRE II – LES RISQUES MALADIE, INVALIDITE ET DECES DU
FONCTIONNAIRE
Ces trois risques feront successivement l’objet de notre analyse.

SECTION I – LE RISQUE MALADIE

Le régime du risque maladie est réglementé par le décret 63-116 du 19 février 196338 et
complété par le décret 72-215 du 7 mars 197239 relatif à la sécurité sociale des fonctionnaires.
Il s’applique aux fonctionnaires, aux magistrats, aux personnels des forces de police ainsi
qu’aux membres de leurs familles40.
Ce régime est différent selon qu’il s’agit d’une maladie de courte durée ou de longue durée41.

Paragraphe I – La maladie de courte durée

Les consultations et les soins dans les centres médicaux sociaux et dans les formations
sanitaires, autres que les hôpitaux, sont gratuits.
Les consultations et soins médicaux dans les hôpitaux sont à la charge de l’Etat dans la limite
d’une participation de 80% du tarif en vigueur dans ces établissements, les 20% restants sont à
la charge de l’intéressé.
Lorsque la maladie requiert une hospitalisation dans une formation sanitaire, les frais
d’hospitalisation sont à la charge de l’Etat et de l’intéressé dans les mêmes proportions sur la
base des tarifs pratiqués par ces établissements. Le bénéficiaire ne peut être admis à l’hôpital
que si un billet d’hôpital est établi préalablement en sa faveur, sauf urgence.
Les services financiers précisent l’imputation budgétaire et la catégorie d’hospitalisation.
S’agissant du fonctionnaire malade qui est dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions, il peut
faire une demande de congé de maladie. Cette demande doit être accompagnée d’un certificat
de son médecin ou de l’administration. La même procédure est exigée pour le renouvellement

38
Modifié par le décret 65-346 du 20 mai 1965 JORS n°3747 du 5 juin 1965, p.65.
39 JORS n° 4216 du 1er avril 1972, p.508.
40
Le décret de 1972 a été modifié par le décret n° 2006-1309 du 23 novembre 2006, en son article premier.
Cette modification vise la suppression des dispositions discriminatoires pour permettre à la femme fonctionnaire
de prendre en charge sur le plan médical son conjoint et ses enfants.
Ainsi, sont considérés comme membres de la famille :
« - le ou les conjoint (s) ;
- les enfants issus d’un mariage légalement constaté ;
- les enfants dont la filiation naturelle est établie par reconnaissance volontaire ou
par jugement conformément à la loi ;
- les enfants ayant fait l’objet d’une adoption conformément à la loi. »
41
cf. Art.57, 2° et 3° de la loi 61-33 du 15 juin 1961 précitée.
64
PROTECTION SOCIALE
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Pr Alassane KANTE
du congé de maladie.
Le fonctionnaire en congé de maladie conserve l’intégralité de son traitement salarial
pendant une durée de trois (3) mois et la moitié du traitement pendant les trois (3) mois
suivants. Si, après avoir obtenu six (6) mois de congé de maladie (de manière continue ou non),
pendant une période de douze (12) mois consécutifs, le fonctionnaire malade ne peut reprendre
son service à l’expiration de son dernier congé, il est, soit mis en disponibilité d’office42, soit
admis à la retraite s’il le demande et s’il est reconnu définitivement inapte.
Toutefois, le fonctionnaire conserve l’intégralité de son traitement jusqu’à la retraite si la
maladie :
- résulte d’un acte de dévouement dans un intérêt public ;
- a été contractée par le fonctionnaire alors qu’il exposait sa vie pour sauver celle
d’autrui ;
- résulte d’une lutte soutenue ou d’un attentat subi à l’occasion de ses fonctions ou d’un
accident survenu à l’occasion de ses fonctions ou d’un accident survenu à l’occasion de
l’exercice de ses fonctions.
Si l’état de santé nécessite une hospitalisation à l’étranger, les frais de voyage et
d’hospitalisation seront à la charge de l’Etat.

Paragraphe II – La maladie de longue durée

Le fonctionnaire atteint de certaines maladies est, de droit, mis en congé de longue durée et
aussitôt remplacé dans son emploi. Il s’agit des maladies suivantes : tuberculose, maladie
mentale, affection cancéreuse, poliomyélite, lèpre, trypanosomiase, cardiopathie, décompensée,
néphrite chronique hypertensive ou urémigène grave, complications paralytiques graves,
affections nerveuses ou cérébro-méningées.

La durée du congé accordé ne peut être supérieure à trois (3) mois et inférieure à six (6) mois.
Le congé peut être prorogé, autant de fois que nécessaire, sans pouvoir excéder un total de cinq
(5) ou huit (8) ans.
Le fonctionnaire conserve l’intégralité de son salaire pendant les trois premières années et la
moitié de celui-ci pendant les deux années suivantes.
Ces délais sont portés à cinq ou huit ans lorsque la maladie a été contractée dans l’exercice des
fonctions, auquel cas il faut requérir l’avis de la commission médico-administrative de réforme.

42
Art.78 alinéa 2 de la loi 61-33 précitée.
65
PROTECTION SOCIALE
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Pr Alassane KANTE
Ces fonctionnaires bénéficient de tous leurs autres avantages ainsi que les membres de leur
famille.
Le fonctionnaire qui a épuisé la totalité de la durée du congé de longue durée et qui n’est pas
apte à reprendre ses fonctions, est soit mis en disponibilité d’office, soit admis à la retraite, à sa
demande, s’il est définitivement déclaré inapte43.
Le bénéficiaire d’un congé de longue durée ne peut reprendre son service, au cours du congé ou
à son terme que s’il est reconnu apte à le faire, après examen par un spécialiste agrée et avis
favorable du conseil de santé.

Enfin, lorsqu’un fonctionnaire a repris du service avant d’avoir épuisé le délai maximal du
congé de longue durée, il peut lui être accordé un nouveau congé de longue durée qui s’ajoutera
au congé antérieur, sans que l’ensemble puisse excéder cinq (5) ou huit (8) ans.

SECTION II – LE RISQUE INVALIDITE

Le fonctionnaire est mis dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions en raison d’une infirmité
résultant de la maladie, d’une blessure ou de maladie contractée ou aggravée. Dans ce cas, il
peut être admis à la retraite sur sa demande ou mis à la retraite d’office à l’expiration de ses
droits à congé de longue maladie.
Deux situations à distinguer :
 Lorsque l’invalidité résulte de l’exercice des fonctions.
Ici, l’invalidité résulte du service ou de l’exercice des fonctions ou d’une tentative de sauver la
vie d’autrui. Dans ces cas, le fonctionnaire civil a droit à une rente viagère d’invalidité
cumulable avec la pension proportionnelle ou bien la pension d’ancienneté.
 Lorsque l’invalidité ne résulte pas de l’exercice des fonctions.
Dans ce cas, le fonctionnaire civil a droit à la seule pension proportionnelle de retraite44.
Toutefois, les blessures ou maladies doivent avoir été contractées au cours d’une période durant
laquelle l’intéressé a acquis ses droits à pension.
Les fonctionnaires en détachement bénéficient des mêmes dispositions.

43
cf. loi 61-36 du 15 juin 1961 relative au régime général des pensions.
44
cf. infra.
66
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SECTION III – LE RISQUE DECES

Le décès du fonctionnaire entraîne le droit, pour les héritiers ou ayants droits de


demander le paiement du traitement jusqu’au dernier jour du mois du décès et la liquidation de
la pension. Ils ont en outre, droit au capital décès45 dont le montant est égal au traitement
annuel indiciaire attaché au dernier grade du fonctionnaire. Chaque enfant doit recevoir, en plus
de sa quote-part, une majoration de 20.000F.
Le capital est réparti ainsi qu’il suit : 1/3 au conjoint survivant non séparé de corps, ni divorcé
du défunt et 2/3 aux enfants légitimes, naturels reconnus et adoptifs âgés de moins de 21 ans ou
atteints d’une invalidité totale ou définitive.
En l’absence de conjoints et d’enfants, le capital sera versé à un des ascendants du défunt qui
était à sa charge au moment du décès.
S’agissant du congé de retraite de veuves, on note que, en cas de décès de son mari, la
femme fonctionnaire peut bénéficier, sur sa demande d’un congé dit « retraite de veuve »46.
Pendant ce congé, la veuve est sans solde. Lorsque la retraite de veuve coïncide avec le
congé annuel (généralement plus court), celui-ci sera déduit du congé de retraite et le reste sera
considéré comme sans solde.

Le congé de retraite de veuve ne donnant lieu à aucune indemnité, on ne peut dire qu’il
constitue une véritable prestation de sécurité sociale.

CHAPITRE III – LA RETRAITE DES FONCTIONNAIRES

Le régime de retraite des fonctionnaires découle du code des pensions civiles et militaires de
retraite47. C’est un texte de portée générale qui organise la retraite de tous ceux qui, civils ou
militaires, peuvent prétendre à une pension en récompense des services rendus à l’Etat.

Au terme de l’article 1er de la loi précité, ce régime s’applique aux personnes ci-après.
- Les fonctionnaires civils titulaires dans les cadres permanents d’une administration de
l’Etat et des communes ainsi que les agents de la régie des chemins de fer relevant de
l’ancien statut du personnel permanent ou de l’ancien statut des régies ferroviaires

45
cf. décret 64-767 du 12 novembre 1964 portant réglementation du secours après décès JORS 3716 du 12
décembre 1964, p.1627.
46
Art.10 du Décret 72-215 précité.
47
Ce code est institué par la loi 81-52 du 10 juillet 1981 JORS n° 4852 du 22 août 1981 modifiée en 1984 et en
1990 et en 1991.
67
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d’outre-mer ;
- Les magistrats de la Cour Suprême et des cours et tribunaux ;
- Les personnels titulaires de l’enseignement supérieur ;
- Les sapeurs-pompiers, les douaniers et les policiers qui sont tous désignés, dans le code,
par l’expression fonctionnaires civils ;
- Les personnels militaires des forces armées et du corps national des sapeurs- pompiers
ayant le statut de militaires de carrière ou servant en vertu d’un contrat ou d’une
commission (militaires) ;
- Les veuves et orphelins des fonctionnaires civils et militaires précités.

SECTION I – L’ATTRIBUTION DU DROIT A PENSION

Une retenue de 10% est opérée sur le traitement indiciaire de base, à l’exclusion de toutes
indemnités, allocations et avantages familiaux.
Une retenue de 10% est également prélevée sur les indemnités suivantes :
- Indemnité spéciale de sujétion et toutes celles accordées aux enseignants, en général ;
- Indemnité différentielle dégressive (allouée au personnel ayant appartenu à la fonction
publique française) ;
- Aucune pension ne peut être concédée si le versement des retenues exigibles n’a pas été
effectué.
La constitution du droit à pension repose sur deux conditions, l’âge et les services combinés
différemment selon que le fonctionnaire prétend à une pension d’ancienneté ou à une
pension proportionnelle.

Paragraphe I – Le droit à pension d’ancienneté

Le fonctionnaire a droit à une pension d’ancienneté s’il cesse son activité à l’âge de soixante
(60) ans en comptant trente (30) années de services effectifs.
La condition de durée de services effectifs est réduite à vingt-cinq (25) années pour les
fonctionnaires qui ont effectivement accompli 15 années, au moins, de services effectifs dans
les emplois présentant un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles.

68
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A. La dispense et la réduction de la condition d’âge
Le fonctionnement est dispensé de la condition d’âge (60 ans) s’il est reconnu hors d’état de
continuer ses fonctions après avis de la commission de réforme, s’il est licencié pour
suppression d’emploi, pour insuffisance professionnelle ou révoqué sans suspension des droits
à pension.
La condition d’âge peut être réduite pour les fonctionnaires ayant servi à l’étranger, les anciens
combattants et les femmes fonctionnaires.
Toutefois, la dispense et la réduction d’âge ne peuvent être imposées aux fonctionnaires que
s’ils sont reconnus hors d’état de continuer leurs fonctions par le ministère compétent après
avis de la commission de réforme.
B. Le recul de la limite d’âge
L’âge limite peut être reculé au profit de fonctionnaires placés dans des situations particulières.
Ainsi, la limite d’âge peut être reculée d’une année par enfant à charge sans que la prolongation
d’activité puisse excéder 3 ans.
Elle est également reculée d’une année pour tout fonctionnaire qui, au moment où il atteint la
50e année est père de 3 enfants vivants, à condition qu’il soit en état de continuer à exercer son
emploi sans que cet avantage se cumule avec le précédent.
Enfin, les fonctionnaires qui ne réunissent pas, lorsqu’ils atteignent la limite d’âge qui leur est
applicable, les conditions exigées par le droit à pension d’ancienneté, bénéficient du recul de la
limite d’âge dans la limite nécessaire pour l’obtenir, à la condition qu’il puisse remplir ces
exigences, au plus tard, à soixante (60) ans.
Paragraphe II – Le droit à pension proportionnelle
Il est acquis :
- Sans conditions d’âge ni de durée de services, aux fonctionnaires mis à la retraite pour
invalidité résultant ou non de l’exercice de leurs fonctions ;
- sans condition de durée de services, aux fonctionnaires atteints par la limite d’âge, sans
pouvoir prétendre à une pension d’ancienneté ;
- aux fonctionnaires qui ont effectivement accompli quinze (15) années de services.

Paragraphe III – Les services validables

Les services à prendre en compte pour la constitution du droit à pension d’ancienneté ou


proportionnelle sont tous ceux accomplis avant la limite d’âge ; ceux accomplis
postérieurement ne pouvant l’être.
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Les services effectifs peuvent être bonifiés de la façon suivante :
- les services civils accomplis hors du Sénégal sont comptés pour un sixième en plus
de leur durée effective ;
- les femmes fonctionnaires ont une bonification de services d’un an par enfant déclaré,
dans la limite de six (6) années de bonification, sans pouvoir cumuler celle-ci avec la
précédente.

SECTION II – LA LIQUIDATION DE LA PENSION

Elle consiste à déterminer le montant de la pension. Celui-ci est égal à 2% des émoluments de
base par annuité liquidable.

Paragraphe I – Détermination des émoluments de base

La pension est basée sur le dernier traitement soumis à retenue afférent au grade, à la classe et
à l’échelon qu’occupait effectivement le fonctionnaire ou qu’il aurait pu occuper au moment
de son admission à la retraite ou, dans le cas contraire, sur le traitement soumis à retenue
afférent au grade, à la classe et à l’échelon antérieur.

A ce traitement, s’ajoutent :
- l’indemnité spéciale de sujétion pour les enseignants ;
- l’indemnité différentielle dégressive allouée au personnel ayant appartenu à la fonction
publique française ;
- l’indemnité différentielle dégressive en cas de changement de corps.
Au cas où les traitements et salaires du secteur public augmentent, les pensions et rentes sont
revalorisées dans les mêmes proportions.
Paragraphe II – Détermination des annuités liquidables
Les annuités liquidables sont toutes les années de services effectifs et les bonifications entrant
en compte dans la constitution du droit à pension.
Le maximum des annuités liquidables pour la pension d’ancienneté est fixé, en principe, à trente-
cinq (35) années et six (6) mois et pourrait être porté à quarante (40) annuités.
Le maximum des annuités liquidables pour la pension proportionnelle est fixé à vingt-cinq (25)
annuités.

70
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SECTION III – L’ADMISSION A LA RETRAITE ET LA JOUISSANCE DE LA
PENSION DE RETRAITE
Pour jouir de la pension de retraite il faut être admis à la retraite.

Paragraphe I – L’admission à la retraite

Elle est prononcée par l’autorité qui a qualité pour procéder à la nomination du fonctionnaire.
Les fonctionnaires ne peuvent prétendre à pension qu’après avoir été préalablement, soit admis
sur leur demande à faire valoir leurs droits à la retraite, soit mis à la retraite d’office.
L’admission à la retraite pour ancienneté de services intervient d’office le 1er jour du mois
suivant celui au cours duquel les intéressés atteignent la limite d’âge qui leur est applicable.
Pour ceux dont l’état civil ne précise pas le mois de naissance, l’admission à la retraite est
prononcée à compter du 1er janvier de l’année au cours de laquelle ils sont présumés avoir
atteint la limite d’âge.

Paragraphe II – La jouissance de la pension de retraite

Par principe, la jouissance de la pension de retraite peut être antérieure à la date de la décision
d’admission à la retraite ou de la radiation des cadres du titulaire. Il faut distinguer entre la
jouissance immédiate et la jouissance différée.
La jouissance, par le fonctionnaire civil de la pension civile, est immédiate dans les hypothèses
suivantes :
- il a atteint l’âge de soixante (60) ans, quelle que soit la durée de ses services ;
- il est mis à la retraite d’office par suite de son inaptitude à continuer d’exercer ses
fonctions, sans condition d’âge ;
- il est mis à la retraite d’office par suite de licenciement pour suppression d’emploi, pour
insuffisance professionnelle ou révocation sans suspension des droits à pension, sans
condition d’âge ;
- il demande sa mise à la retraite d’office pour invalidité résultant ou non de ses
fonctions.
Précisons que la femme fonctionnaire jouit immédiatement de la retraite proportionnelle
lorsqu’elle a accompli quinze (15) années de services et qu’elle est mère de 3 enfants vivants,
ou décédés par fait de guerre. Il en est de même si la femme fonctionnaire justifie qu’elle-
même ou son conjoint est atteint d’une infirmité ou maladie incurable les plaçant dans

71
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l’impossibilité d’exercer leurs fonctions.
Pour les fonctionnaires qui réunissent au moins vingt (20) ans de services au moment de
l’acceptation d’un mandat de député ou d’un portefeuille de ministre et ont atteint l’âge de
cinquante (50) ans, jusqu’à la date de cessation de leurs fonctions de député ou de ministre.
Enfin, il y a le problème des cumuls. En effet, on se demandera si le cumul de pension, rente et
rémunération publique peut être admis.
Il faut noter que la rente viagère d’invalidité peut se cumuler avec une rémunération d’activité.
A l’inverse, aucune rémunération publique, civile ou militaire ne peut se cumuler avec une
pension de retraite.
La pension, dans ce cas de figure, doit être suspendue pendant la durée de l’activité.
Il est possible, par contre, de cumuler une pension de retraite avec une rente d’invalidité.
N.B. : Le cumul de deux ou plusieurs pensions est possible si celles-ci correspondent à
des périodes de services effectifs dans des emplois successifs.
Un fonctionnaire ne peut acquérir de droit à pension dans deux emplois concomitants, s’ils sont
exercés pour le compte d’une ou plusieurs personnes morales de droit public.

SECTION IV – LA PENSION DES AYANTS CAUSE

Le conjoint survivant et les enfants du bénéficiaire d’une pension ont droit à cette pension en
cas de décès ou de disparition du bénéficiaire.

Paragraphe I – Le conjoint survivant


Il s’agit de la veuve et du veuf.
A. La veuve
Le principe général est que la veuve du fonctionnaire n’a droit à une pension que si le décès de
son mari survient pendant la période où le mari a droit à une pension ou ne l’a pas perdu.
En outre, le mariage doit avoir été contracté deux ans, au minimum, avant la cessation
d’activité du mari.
Toutefois, cette deuxième exigence est atténuée dans les cas suivants :
 si le mari a droit à la pension de retraite pour cause de cessation d’activité à soixante
(60) ans après trente (30) années de services, effectifs, il suffit que le mariage soit
antérieur, sans durée à la cessation d’activité si un ou plusieurs enfants sont issus de ce
mariage ;
 si le mari a été mis à la retraite pour invalidité ou bien a été atteint par la limite d’âge
72
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sans pouvoir prétendre à une pension d’ancienneté, ou bien a accompli effectivement
quinze (15) années de services, il suffit que le mariage soit antérieur à l’évènement qui a
causé la mise à la retraite ou le décès ;
 si le mari a été mis à la retraite d’office par suite de l’abaissement de la limite d’âge, il
suffit que le mariage soit antérieur à la mise à la retraite, et ait été contracté deux ans au
moins avant le décès (et non la cessation de l’activité) ;
 si le mari avait droit à une pension d’ancienneté le droit à pension de la veuve est
reconnu si son mariage, antérieur ou postérieur à la cessation d’activité, a duré six (6)
années au moins. Elle ne pourra entrer en jouissance de cette pension, qu’à l’âge de
cinquante (50) ans.
Mais, si au moment du décès du mari, existent un ou des enfants issus du mariage, le droit à
pension de veuve est acquis après une durée de 3 années seulement.
Dans ce cas, la jouissance de la pension est immédiate.
En cas de décès de l’une des épouses, sa part accroit celle des autres, sauf réversion au profit
des enfants mineurs. La femme séparée de corps peut prétendre à la pension de veuve.
Il en est autrement pour la divorcée. Dans ce cas, ce sont les enfants mineurs qui y ont droit. La
veuve remariée ou vivant en concubinage perd son droit à la pension qui est alors attribué aux
enfants de moins de vingt (20) ans.
Toutefois, si la veuve remariée est divorcée aux torts exclusifs de son nouveau conjoint ou est
redevenue veuve, elle reprend l’intégralité de ses droits si elle est âgée de moins de 50 ans au
moment de son divorce ou de son nouveau veuvage.
Le droit à pension de la veuve disparaît s’il est de notoriété publique et dûment établi, qu’elle a
cessé de mener une vie conjugale trois (3) ans, au moins, avant le décès de son mari.
La pension de la veuve est égale à la moitié de celle de son mari décédé. Elle est augmentée,
éventuellement, de la moitié de la rente d’invalidité dont le mari bénéficiait ou aurait pu
bénéficier.
A cela, il doit s’ajouter la moitié des majorations pour enfants à charge.

B. La pension du veuf

Le mari de la femme fonctionnaire décédée peut prétendre à la moitié de la pension de retraite


que celle-là a obtenue ou aurait pu obtenir au jour du décès.
A cela s’ajoute la moitié de la rente d’invalidité dont son épouse bénéficiait ou aurait pu

73
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bénéficier au jour du décès.
Le veuf ne peut prétendre à la pension de sa femme que :
- si le mariage est antérieur à la cessation d’activité de son épouse de deux ans au moins ;
- s’il est atteint d’une infirmité ou d’une maladie incurable le rendant définitivement
inapte à travailler ;
- s’il ne dispose pas de ressources propres.

Paragraphe II - La pension des orphelins

Il s’agit des orphelins du père fonctionnaire et de la mère fonctionnaire.

A. Les orphelins du père fonctionnaire

Tout enfant, âgé de moins de 21 ans, et sans condition d’âge s’il est atteint, au moment du
décès de son père, d’une infirmité permanente le mettant dans l’impossibilité de gagner sa vie,
a droit à une pension de réversion.
Le montant de la pension est égal, pour chaque enfant, à 10% de la pension de retraite du père,
au jour du décès. Il est augmenté, le cas échéant, de 10% de la rente d’invalidité dont le père
bénéficiait.
Le total des pensions attribuées aux enfants ne peut être inférieur au montant des avantages
familiaux dont aurait bénéficié le père s’il avait été retraité.
Le total des pensions et rentes versées aux enfants et à la veuve ne peut excéder le montant de
la pension et, éventuellement de la rente d’invalidité dont le père a droit. S’il y a un excèdent,
les pensions des orphelins sont réduits.
En cas de décès de la mère, ou si celle-ci ne peut obtenir une pension ou en est déchue, ses
droits à pension passent aux enfants mineurs en s’ajoutant aux droits propres de ceux-ci, sans
que le total dépasse le montant maximal de la pension de retraite, et éventuellement, la rente
d’invalidité auxquels le père a droit.
B. Les orphelins de la mère fonctionnaire
Les enfants mineurs (légitimes, naturels, adoptifs) ont droit à une pension de réversion en cas
de décès de leur mère.
Si leur père est déjà décédé, ils ont droit à la pension et éventuellement à la rente d’invalidité
dont bénéficiait leur mère ou aurait pu bénéficier.
A partir du second enfant, la pension d’orphelin est de 10%.

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Si leur père est vivant, le montant de la pension pour chaque enfant est de 10% de la
pension, et éventuellement de la rente d’invalidité.
Si leur père est vivant, le montant de la pension pour chaque enfant est de 10% de la
pension, et éventuellement de la rente d’invalidité.
Le total des pensions et rentes ainsi attribuées ne saurait être inférieur au montant des
avantages familiaux.

Paragraphe III – Concours entre plusieurs lits

En cas de polygamie ou d’un ou plusieurs mariages antérieurs du fonctionnaire, le principe est


que la pension est allouée à la famille. Chaque lit est représenté par une veuve, ou
éventuellement par les orphelins mineurs.
La pension est repartie entre les lits au prorata du nombre de personnes composant chaque lit
et, à l’intérieur de chaque lit, également entre la veuve et les orphelins.
Au cas où l’un des lits cesse d’être représenté, la part qui lui revenait est partagée entre les
autres.

SECTION V – LES REGLES COMMUNES AUX PENSIONS ET AUX RENTES


VIAGERES D’INVALIDITE

Ces règles concernent plusieurs points qui sont qui seront étudiés à travers cinq paragraphes.

Paragraphe I – La prise en charge et la demande de pension ou de rente

Les titulaires de pensions civils ou militaires de retraite et les titulaires de pension


militaires d’invalidité sont pris en compte par le Fonds national des retraites.
Les titulaires de pension ou de rente d’invalidité sont pris en charge par la dette viagère.
Toute demande de pension ou de rente d’invalidité doit, à peine de déchéance, être
présentée dans le délai de cinq (5) ans.

Paragraphe II – La suspension du droit à pension ou à rente

Elle intervient dans les cas suivants :


- par la révocation et la suspension des droits à pension ;
- par la condamnation prononcée en application du code de justice militaire ;
- par la condamnation à une peine afflictive et infamante, pendant la durée de la peine ;

75
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- par les circonstances qui font perdre la nationalité sénégalaise, durant la privation
de celle-ci ;
- par la déchéance de la puissance paternelle.
En cas de suspension, celle-ci n’est que partielle si le titulaire est marié ou à des enfants
mineurs.

Paragraphe III – La déchéance du droit à pension ou à rente

Tout bénéficiaire du Code des pensions peut être déchu du droit à pension ou à rente viagère
d’invalidité s’il est définitivement exclu des cadres pour les raisons suivantes :
- avoir été reconnu judiciairement coupable de détournement de deniers publics ou de
dépôt de fonds particuliers versés à sa caisse ou de matières reçues dont il doit rendre
compte ;
- avoir été convaincu de malversations relatives à son service ;
- s’être démis de ses fonctions à prix d’argent ou à des conditions équivalent à une
rémunération en argent ou avoir été complice d’une telle démission.

Paragraphe IV – Le paiement des pensions et rentes

Les règles concernent les avances, les dates et la périodicité et enfin les modalités.

A. Avances
En attendant la liquidation définitive de la pension, des avances sur pension sont payées aux
fonctionnaires et militaires retraités, ainsi qu’à leurs ayants cause, par le fonds national de
retraite, aux mêmes échéances que les pensions elles-mêmes.
Ces avances sont remboursées par voie de précompte sur les premiers arrérages de la
pension définitivement liquidée, à concurrence du 5e des arrérages postérieurs.
Aucune avance ne peut être consentie au titre de la rente d’invalidité.
B. Dates et périodicité
La pension et la rente sont payées mensuellement et à terme échu.
Le paiement est dû à partir du jour de l’entrée en jouissance de la pension ou de la rente et, au
plus tard, à la fin du 2e mois suivant la cessation d’activité.
Le paiement de la pension ou de la rente des ayants droit commence le premier jour du mois
suivant le décès.

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C. Modalités
Le titulaire d’une pension ou d’une rente ou son représentant légal désigne lui-même le
comptable public à la caisse duquel des arrérages doivent lui être payés.
Le paiement a lieu soit en numéraire, à la caisse du comptable du Trésor, soit par virement à un
compte bancaire ou postal ouvert au nom du titulaire ou de son représentant légal.

Paragraphe V – L’incessibilité et l’insaisissabilité des pensions et rentes

Les pensions et rentes viagères d’invalidité sont incessibles et insaisissables, sauf en cas de
débets envers l’Etat, les établissements publics ou en cas de créances privilégiées.

Paragraphe VI – La prescription des pensions et rentes

Les pensions et les rentes sont rayées des registres de la dette viagère après deux ans de non
réclamation.
Les arrérages antérieurs à une réclamation ne sont rétablis que lorsque les justifications
nécessaires sont produites.
La même « déchéance » s’applique aux ayants cause des pensionnés qui n’auront pas produit la
justification de leurs droits dans les deux ans qui suivent la date de décès de leur auteur.

Paragraphe VII – Le cumul de pensions et rentes

Aucune rémunération publique, civile ou militaire, ne peut être cumulée avec une pension
d’ancienneté ou proportionnelle.
Lorsque le titulaire de la pension bénéficie d’une rémunération publique, le paiement de la
pension est suspendu pendant toute la durée de la reprise de l’activité.
Par contre, la rente viagère d’invalidité est cumulable avec une rémunération d’activité.
Les fonctionnaires et les militaires peuvent cumuler une pension d’ancienneté ou
proportionnelle avec une rente d’invalidité. Egalement, ils peuvent cumuler deux ou plusieurs
pensions, basées sur la durée des services si ceux-ci sont effectués dans des emplois successifs.
Aucun fonctionnaire ne peut acquérir des droits à pension dans deux emplois concomitants
qu’ils soient exercés pour le compte d’une ou plusieurs personnes morales de droit public (Etat,
communes, établissements publics).
Au cas où le cumul est prohibé, l’intéressé conserve le droit de désigner la pension dont il veut
bénéficier.

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PARTIE III : LA PROTECTION D’UNE CATEGORIE SOCIALE VULNERABLE

L’une des problématiques principales de la protection sociale est son extension à d’autres
catégories sociales.

Une réponse partielle semble être trouvée grâce à une volonté politique du Président de la
République qui avait posé les jalons d’une prise en charge médicale de toutes les personnes
âgées de soixante (60) ans ou plus. D’où la naissance du plan sésame au Sénégal (Chap. I).

En outre, avec la création de nouvelles universités accueillant la population estudiantine, le


Centre des Œuvres Universitaires de Dakar va jouer de plus en plus un rôle accru en matière de
protection sociale des étudiants (Chap. II). Enfin, avec la prise en compte des questions liées au
handicap dans notre société, il devient utile d’appréhender la protection sociale des personnes
handicapées (chap. III).

N.B. : Au total, les personnes âgées, la jeunesse estudiantine et les personnes handicapées
constituent trois (3) catégories sociales vulnérables nécessitant des règles de protection
sociales particulières.

CHAPITRE I - LA PROTECTION SOCIALE DES PERSONNES AGEES

Quelques considérations générales.

- le vieillissement constitue un défi, surtout pour les pays économiquement faibles.

- pour des raisons sociales, le Sénégal définit la personne âgée comme celle qui a 60 ans
ou plus. En effet, selon les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la
personne âgée est celle qui a 65 ans ou plus.

- l’histoire de la protection sociale des personnes âgées a révélé des dysfonctionnements


dans le système, on peut en relever au moins trois (3) :

 l’inaccessibilité des retraités de l’IPRES aux hôpitaux ;

 le non accès aux médicaments et la prise en charge hospitalière partielle des retraités
du Fonds National de Retraite ;

 l’absence de prise en charge des personnes âgées sans retraite. On peut en dénombrer

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plus de 450.000 personnes (consultations, soins, aides au diagnostic, hospitalisations,
médicaments 100% à leurs frais).

SECTION I - LES PRINCIPES FONDATEURS AU PLAN DE SOLIDARITE «


SESAME »

Dans son discours à la Nation du 03 avril 2006, le Président de la République avait décidé
d’offrir une couverture médicale gratuite aux personnes âgées du Sénégal. Il déclarait alors : «
j’ai décidé d’accorder les médicaments gratuits aux personnes âgées. Cet acte traduit l’idéal de
solidarité intergénérationnelle si caractéristique de notre société. En effet, chez nous, chacun
nourrit le rêve secret de vivre avec ses parents et de prendre soin d’eux. Mais, lorsque par la
force des choses, ce rêve ne peut être réalisé, il est juste que la Nation s’en charge.

C’est pourquoi, j’ai instruit le Ministre de la Santé et de la Prévention médicale de concevoir,


avec des partenaires comme l’IPRES, le FNR, La Faculté de Médecine de Dakar et les
Collectivités Locales, un plan de couverture médicale permettant aux personnes âgées de
bénéficier de soins gratuits dans les hôpitaux, centres et postes de santé sélectionnés sur
l’ensemble du territoire national. Une subvention de 700 millions de francs CFA sur fonds
propres de l’Etat sera dégagée à cet effet pour couvrir ce nouveau système de solidarité
dénommé « sésame ».

La confection du plan tient compte principalement de deux axes, à savoir l’appui


institutionnel aux institutions d’assurance vieillesse (FNR et IPRES) et aux collectivités et la
subvention de la prise en charge gratuite des personnes ne bénéficiant d’aucune couverture
sociale.

Paragraphe I - L’appui institutionnel aux institutions d’assurance vieillesse et aux


collectivités

Il concerne les retraités de l’IPRES et ceux du F.N.R.

A. L’appui aux retraités de l’IPRES


La signature d’un accord-cadre entre l’IPRES et le Ministère de la Santé pour l’octroi de tarifs
préférentiel à l’IPRES dans le plan d’assistance « Sésame » le 19 avril 2006.

Le préfinancement de l’hospitalisation des retraités de l’IPRES sur l’ensemble du territoire


par le biais de convention avec les hôpitaux grâce à une enveloppe de 300.000.000 F

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représentant une prise en charge totale.

Le conventionnement du Centre de gériatrie de l’IPRES qui intègre la pyramide sanitaire du


Sénégal et devient la Centre National de référence gérontologique.

B. L’appui aux retraités du FNR


La mission du sésame est de combler le gap de la prise en charge. Il s’agit :
- le 1/5 des consultations ;
- le 1/5 de l’aide au diagnostic ;
- le 1/5 des hospitalisations ;
- ’intégralité des médicaments.

Ces retraités doivent respecter le circuit traditionnel de prise en charge en produisant une
imputation budgétaire.

Paragraphe II - La prise en charge gratuite des personnes âgées sans couverture sociale

Elle constitue la frange la plus importante des personnes âgées (70%). Sans doute, c’est
pourquoi, il est nécessaire de définir des conditions précises :

- la prise en charge repose sur un état civil fiable grâce à la nouvelle carte nationale
d’identité numérisée ; la signature du décret portant création du plan « Sésame » ;

- la mise en place du Comité chargé de l’exécution, du suivi et de la promotion du


système «Sésame » ;

- l’implication des personnes âgées par l’instauration des comités des usagers du
système «Sésame ».

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SECTION II - LES MODALITES ET LA PROCEDURE DE PRISE EN CHARGE DU
PLAN DE SOLIDARITE « SESAME »
La prise en charge du Plan « SESAME » est subordonnée à des modalités et au respect d’une
certaine procédure.

Paragraphe I - Les modalités de prise en charge

La prise en charge se fait à trois (3) niveaux, à savoir les postes de santé, les centres de
santé et les hôpitaux où les soins sont gratuits.
Quant aux médicaments, ce sont les médicaments essentiels qui sont pris en charge
gratuitement.

La gratuité exclut, en outre, les prothèses, les lunettes et implants sauf les implants oculaires.

Paragraphe II - La procédure de prise en charge

Au niveau du poste et du Centre de santé le remboursement se fera sur la base des outils mis en
place.
En plus, les remboursements se feront par bons à la pharmacie nationale
d’approvisionnement.

Au niveau des hôpitaux, le remboursement se fera aussi sur la base des outils. Les hôpitaux
devront transmettre leurs états récapitulatifs à la région médicale. Il est prévu que les hôpitaux
seront préfinancés par transferts.

SECTION III - LE BILAN D’ETAPE DU PLAN « SESAME »

Il s’agit de faire l’évaluation du plan et dégager les difficultés actuelles qu’il traverse.

Paragraphe I - L’évaluation du plan Sésame

Le plan sésame est devenu effectif depuis le 1er septembre 2006 sur l’ensemble du territoire
national.
La cible du plan concerne 650.000 personnes âgées de 60 ans et plus. A la même date, le plan a
été financé à hauteur de [Link] FCFA :
- Etat : [Link] F
- IPRES : 300.000.000 F
- Conseil régional de Thiès : 30.000.000 F

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Paragraphe II - Les difficultés du plan Sésame

Le montant du financement est loin du budget prévu, à savoir 2,5 milliards de FCFA. Il s’y
ajoute une dette de plus de 579.000.000 FCFA aux hôpitaux. Il en résulte que depuis quelque
temps les lettres de garantie remises par le Bureau de santé des personnes âgées du Ministre de
la Santé font l’objet d’un rejet fréquent par les différentes structures de prise en charge (les
hôpitaux et la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement).

CHAPITRE II - LA PROTECTION SOCIALE DES ETUDIANTS

Cette protection est confiée à un Centre des Œuvres Universitaires (COUD) qui est un
établissement public, doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière48.
Le Centre des œuvres universitaires a pour mission de favoriser l’amélioration des conditions
de vie et de travail des étudiants ou élèves des établissements relevant de l’Université.

Au début de sa création, il n’existait qu’une seule université. Avec, la création et le


développement des Universités Régionales, les compétences du Coud s’exercent dans la
quasi- totalité des Universités. Il faut préciser, à cet effet, que l’Université Gaston Berger de
Saint-Louis (UGB) constitue une exception dans la mesure où un Centre Régional des Œuvres
Universitaires (CROUS) a été déjà érigé.

Dans le cadre de la mission qui lui est assignée, le COUD est chargé :
- d’assurer la gestion des crédits affectés aux œuvres de solidarité universitaires, des
bourses et indemnités allouées aux étudiants, des allocations diverses, des charges
directes et connexes ;
- d’organiser l’accueil des étudiants et leurs activités sociales et culturelles49 etc.

Il s’agit d’appréhender d’une part, les règles d’admission au bénéfice des œuvres sociales
estudiantines (Sect. I) et les œuvres sociales proprement dites offertes aux étudiants (Sect.
II).

48
Cf. Art. 1 loi n°66- 23 du 1er Février 1966 créant le Centre des Œuvres Universitaires.
49
cf. Art.2 du décret 75-890 du 23 juillet 1975 fixant les règles d’organisation et de fonctionnement
du COUD.
82
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SECTION I - LES REGLES D’ADMISSION AUX BENEFICES DES ŒUVRES
SOCIALES

Ces règles sont posées par le règlement intérieur du Centre des Œuvres Universitaires50. Ce
règlement permet d’identifier clairement les personnes exclues et celles qui sont concernées.
Paragraphe I - Les personnes exclues
Il s’agit des agents rémunérés de l’Administration, des collectivités publiques, des entreprises
et des sociétés privées.

Paragraphe II - Les personnes bénéficiaires

Il s’agit de la jeunesse universitaire51. En l’occurrence, il s’agit des étudiants, de leurs épouses


(conjoints) et de leurs enfants.

Il faut préciser que l’admission est subordonnée au versement d’une contribution forfaitaire
annuelle destinée au fonctionnement du COUD, soit par l’Etat, soit par un organisme, soit par
l’étudiant lui-même52.

Les étudiants désirant bénéficier des œuvres doivent :

- remplir une fiche de demande fournie par le service social ;

- présenter la carte d’étudiant de l’année en cours et, éventuellement la carte des


œuvres de l’année précédente ;

- fournir des photos d’identité ;

- déposer s’il y a lieu une attestation de bourse signée par l’autorité compétente ;

- s’inscrire pour la prise en compte par l’ordinateur.

Enfin, chaque étudiant inscrit aux bénéfices des œuvres reçoit une carte individuelle et
incessible.

SECTION II - LES ŒUVRES SOCIALES OFFERTES AUX ETUDIANTS

Le COUD dispose d’un certain nombre d’infrastructures : cités et résidences, service social,
installations culturelles et sportives, moyens de transport etc.
Ainsi donc les étudiants admis aux œuvres peuvent bénéficier de toutes les prestations

50
Cf. Recueil de textes régissant le COUD, pp.129 à 133.
51
Art. 1er de la loi n°66-23 précitée.
52
Art.3 Règlement intérieur.
83
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accordées par le COUD53.

Nous examinerons les prestations relatives à l’hébergement (I), la restauration (II), la prise
en charge médicale (III) et les missions spécifiques du service social (IV).

Paragraphe I - L’hébergement

Les étudiants bénéficiaires des œuvres universitaires peuvent être logés dans la limite des
places disponibles dans les cités et résidences universitaires.

L’hébergement est soumis à des règles contenues dans les articles 9 à 22 du règlement
intérieur précité.

Paragraphe II - La restauration

Les restaurants sont réservés en priorité aux étudiants bénéficiaires des œuvres. L’accès aux
restaurants est subordonné à la présentation de la carte du COUD54.

Les tarifs des repas fixés par le Conseil d’administration du COUD font l’objet d’une
subvention au profit des bénéficiaires des œuvres et qui est prise en charge par l’Etat.

Paragraphe III - La prise en charge médicale

Le service médical des étudiants assure gratuitement aux étudiants bénéficiaires des œuvres, les
consultations, les soins et hospitalisations55.
Les étudiants bénéficiaires des œuvres ont droit, sur certificat préalable du médecin chef :
- Au remboursement des frais pharmaceutiques sur présentation de l’ordonnance
appuyée des vignettes ;
- au remboursement des frais d’achat des lunettes ;
- au paiement des frais d’accouchement.

L’accès au restaurant médical est subordonné à la présentation d’une ordonnance signée ou


visée par le médecin chef.

53
Art.2 et 5 du règlement intérieur précité.
54
Art.23 et 24 du règlement intérieur précité.
55
Art. 28 du règlement intérieur.
84
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Paragraphe IV - Les missions spécifiques du service social

Le service social a pour rôle principal d’aider les étudiants à surmonter leurs difficultés
d’ordre matériel, médical et moral. Il peut faire des aides en espèces ou en nature à des
étudiants non boursiers et ne bénéficiant d’aucune allocation ou aide56.

Le prêt de ticket est strictement réservé aux étudiants boursiers bénéficiaires des œuvres.

La fourniture des produits laitiers est strictement réservée aux enfants des étudiants et qui sont
âgés de moins d’un an.

En somme, le service social offre d’autres prestations qui sont énumérées dans les articles 37
à 41 du règlement intérieur.

56
Art.33 et 34 du règlement intérieur.
85
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CHAPITRE III : LA PROTECTION DES PERSONNES HANDICAPEES

Elle découle de la Constitution, de la loi d’orientation sociale et du Décret relatif aux


commissions technique et de l’éducation spéciale .Ces différents textes tentent d’apporter une
réponse à une demande sociale. Ils constituent, en outre, des cadres de référence en matière de
prise en charge et d’intégration des personnes handicapées dans la société sénégalaise.
En particulier, il s’agit de garantir l’égalité des chances des personnes handicapées ainsi que la
promotion et la protection de leurs droits contre toutes formes de discrimination.
Dans ce chapitre, il s’agit d’une part, de déterminer les différentes personnes handicapées
(Sect. I) et, d’autre part, d’identifier les principaux droits consacrés au profit des personnes
handicapées (Sect. II).

SECTION I : LA DETERMINATION DES PERSONNES HANDICAPEES


PARAGRAPHE I : LA NOTION DE PERSONNES HANDICAPEES

Par personnes handicapées, le législateur entend toutes les personnes qui présentent des
incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec
diverses barrières peut porter atteinte à leur pleine et effective participation à la société sur la
base de l’égalité57. Il en résulte l’interdiction de toutes formes de discrimination. Au regard de
la loi, sont considérées comme discriminatoires, toutes les dispositions ou actes qui ont pour
conséquence, l’exclusion ou peuvent causer la réduction des chances ou un préjudice aux
personnes handicapées. A l’inverse, ne sont pas considérées comme discriminatoires, les
mesures incitatives spéciales en faveur des personnes handicapées qui visent à garantir l’égalité
effective de chance et de traitement58.

Paragraphe II : La prise en charge des personnes handicapées

Dans le but de prétendre aux droits résultant de son handicap, toute personne handicapée reçoit
une carte spécifique prouvant son handicap .Cette carte appelée carte d’égalité des chances est
délivrée par le Ministre chargé de l’action sociale sur proposition des commissions techniques
départementales .Cette carte permet en outre à son titulaire de bénéficier des droits et
avantages en matière d’accès aux soins de santé, de réadaptation, d’aide technique, financière,
d’éducation, de formation, d’emploi, de transport, ainsi qu’à tout autre avantage susceptible de

57
Art. 1er de la loi de 2010 précitée.
58
Art.1 et 2 de la loi de 2010 précitée.
86
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contribuer à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées.
Il s’y ajoute que la personne qui assiste une personne lourdement handicapée peut
bénéficier des droits des personnes handicapées.
Dans le but de matérialiser cette carte d’égalité des chances, les pouvoirs publics ont pris un
Décret relatif aux commissions technique et de l’éducation. Cette commission présidée par le
Préfet de département remplit deux fonctions : l’instruction des dossiers de demande de carte
d’égalité des chances et l’établissement d’un procès-verbal précisant la liste des candidats
éligibles59.

SECTION II : LES DROITS CONSACRES AU PROFIT DES PERSONNES


HANDICAPEES

Il existe de multiples droits que l’on peut regrouper en différentes rubriques :


- Le droit d’accès aux soins de santé, actions sociales et prévention60;
- Le droit à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’emploi61 ;
- l’accessibilité, l’habitat, le cadre de vie, le transport, la communication et l’accès à la terre62;
63
- Le droit aux sports, l’art et la culture ;
- le droit à une meilleure détention carcérale64;
Ce dernier constitue un droit véritablement spécifique car il oblige l’administration
pénitentiaire à prendre désormais en considération l’état des prisonniers handicapés.
Sur le plan collectif, on relève que les organisations de personnes handicapées légalement
reconnues agissant dans le domaine de la protection des personnes handicapées sont consultées
pour donner des avis sur toutes les questions se rapportant au handicap et notamment dans la
mise en œuvre et l’évaluation des politiques et programmes en faveur des personnes
handicapées65.
Toutefois, au plan procédural, il est important de souligner que le législateur reste muet sur la
capacité des organisations de défense de droits des handicapés à ester en justice ; ce qui
constitue une insuffisance de la loi devant être corrigée afin de s’assurer d’une réelle protection
judiciaire des droits des personnes handicapées.

59
Art .1 du Décret de 2012 précité.
60
Art.7-14 de la loi de 2010 précitée.
61
Art.15-30 de la loi 2010 précitée.
62
Art.31-38 de la loi de 2010 précitée.
63
Art. 39-42 de la Loi de 2010 précitée.
64
Art.46 de la Loi de 2010 précitée.
65
Art. 43 de la loi de 2010 précitée.
87

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