STRUCTURE INSTITUTIONNELLE DU COMESA
Tout d’abord, il y a les organes décisionnels :
Le COMESA a mis en place une structure décisionnelle complète, dont le sommet est la Conférence
des chefs d'État et de gouvernement des 21 pays membres. Cette structure est complétée par un
Conseil des ministres chargé de l'élaboration des politiques, 12 comités techniques et plusieurs
autres organes consultatifs.
La Conférence des chefs d’État et de gouvernement :
La Conférence est l’organe directeur suprême du Marché commun, et elle est composée des chefs
d’État et de gouvernement de tous les 21 États membres. Elle se charge de la prise des décisions
majeures, traités et protocoles et de la nomination du Secrétaire Général autour d’une réunion
annuelle. L’actuel président du COMESA est William Samoei Arap Ruto, le président du Kenya.
Le Conseil des ministres :
Le Conseil des ministres est le deuxième organe directeur le plus élevé du COMESA. Le Conseil est
composé des ministres en charge de la coordination des affaires du COMESA dans tous les États
membres. Il assure le contrôle du bon fonctionnement et du développement de l’organisation
conformément aux dispositions du Traité. Il prend également les décisions politiques sur les
programmes et activités du COMESA, incluant la surveillance et la revue de la gestion financière et
administrative.
Les Comités techniques :
Ils regroupent des experts des États membres dans des secteurs techniques spécifiques. Ces comités
sont chargés de l’élaboration de programmes et de calendriers d’exécution qui servent à établir les
priorités programmatiques dans chaque secteur. De plus, ils suivent et examinent l’exécution des
programmes de coopération et peuvent demander au Secrétaire général de mener des investigations
précises.
Les articles 15 et 16 du Traité énoncent les Comités techniques du COMESA à savoir :
a) le Comité des Affaires administratives et budgétaires ;
b) le Comité Agriculture ;
c) le Comité des Systèmes d’information ;
d) le Comité Énergie ;
e) le Comité des Affaires financières et monétaires ;
f) le Comité Industrie ;
g) le Comité du Travail, des Ressources humaines et des Affaires sociales et culturelles ;
h) le Comité juridique ;
i) le Comité Ressources naturelles et Environnement ;
j) le Comité Tourisme et Faune sauvage ;
k) le Comité Statistique ;
l) le Comité Commerce et Douanes ; et
m) le Comité Transport et Communication.
Le Comité des gouverneurs des banques centrales :
Il est composé des gouverneurs des Banques centrales de tous les États membres et est responsable
des affaires monétaires et financières de la région. Notamment il est responsable de la politique
monétaire régionale, supervise les critères de convergence macroéconomique et prépare l'union
monétaire progressive.
Le Comité intergouvernemental :
Ce Comité regroupe des directeurs/ secrétaires généraux des États membres et a la responsabilité
d’élaborer des programmes et plans d’action dans tous les secteurs de coopération, sauf les volets
financier et monétaire. Par ailleurs, il est chargé d’assurer le suivi et la revue constants du bon
fonctionnement et du développement du Marché commun, tout en supervisant la mise en œuvre
des programmes conformément aux dispositions du Traité.
Ensuite, il y l’organe exécutif dont le Secrétariat dirigé par Chileshe Mpundu Kapwepwe et siégé à
Lusaka, en Zambie.
Le Secrétariat :
Il est composé de fonctionnaires provenant des 21 États membres et est dirigé par un Secrétaire
général qui est nommé par la Conférence. Il veille à la bonne application des règlements et directives
adoptés par le Conseil des ministres et lui fournit des recommandations stratégiques. Il est composé
de la Direction exécutive – le Cabinet du Secrétaire général, les Secrétaires généraux adjoints aux
programmes, aux finances et à l’administration, et l’équipe de direction.
Enfin, les institutions spécialisées :
La cour de Justice du COMESA :
La Cour de justice du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Cour de justice du COMESA)
a été créée en 1994 en vertu de l’article 7 du Traité du COMESA et constitue l’un des organes du
COMESA. Sa principale fonction est de faire respecter l’état de droit dans l’application du Traité du
COMESA. La Cour de justice peut recevoir des affaires non seulement des États membres, mais aussi
des personnes physiques et morales. Elle est à Khartoum de Soudan et composée de deux chambres
dont la Première Instance et l’Appel. Elle s’occupe d’interpréter le traité, résout les litiges, statue sur
pratiques commerciales déloyales et prend des décisions obligatoires pour tous les États.
Le conseil des Entreprises du COMESA :
Le Conseil des entreprises du COMESA est une organisation membre et une institution reconnue du
secteur privé du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA). Il représente le
secteur privé dans la région. Elle a pour mission de faciliter le dialogue entre le monde des affaires,
les autres groupes d'intérêt et les autres organes du Marché commun.
La chambre de compensation du COMESA :
La Chambre de compensation du COMESA est une institution du COMESA est située à Harare de
Zimbabwe. Elle facilite le règlement des échanges commerciaux et de services transfrontaliers entre
les États membres, intègre le Système Régional de Paiement et Règlement et permet utilisation des
monnaies nationales.
Banque de commerce et de développement :
La Banque de commerce et de développement, anciennement Banque PTA, est une institution
financière africaine de commerce et de développement. La BCD est le bras financier du Marché
commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA), bien que l'adhésion soit ouverte aux États non
membres du COMESA et à d'autres actionnaires institutionnels.
Agence d'investissement régionale (AIR)
L'AIR constitue la branche de promotion des investissements du COMESA, lancée en juin 2006, ayant
pour mandat de faire de la région COMESA une destination viable et attrayante pour les
investisseurs. Il gère la Zone d'Investissement Commune, attire les IDE régionaux et internationaux et
soutient l'Accord-cadre d'investissement de 2007. Il est situé à Claire en Egypte.
Institut africain du cuir et des produits en cuir :
Basée en Éthiopie et fondée en 1990, l'ALLPI (anciennement COMESA/LLPI) est une organisation
intergouvernementale dédiée au développement de la chaîne de valeur du cuir à travers dix pays
membres africains. Elle collabore avec les secteurs public et privé, ainsi que des partenaires
mondiaux, pour fournir des solutions stratégiques et techniques visant à renforcer l'industrie
régionale du cuir. Sa mission consiste à aciliter les échanges entre les États membres et les
partenaires, entreprises et institutions pour une valeur ajoutée, une durabilité et une compétitivité
accrues dans le secteur du cuir grâce au partage des connaissances et à l'innovation.
Assurance pour le développement du commerce et des investissements en Afrique :
Organisation panafricaine d'assurance-crédit et d'assurance contre les risques politiques, ATIDI
s'adresse aux entreprises, investisseurs et prêteurs souhaitant investir en Afrique. Forts d'une solide
implantation sur le continent, nous sommes les mieux placés pour comprendre et évaluer les risques
locaux et contribuer à les atténuer.
Commission de la concurrence du COMESA (CCC)
Situé à Lilongwe, en Malawi, c’est la première autorité régionale de concurrence en
Afrique (deuxième au monde après UE) et le guichet unique pour fusions transfrontalières. Elle
interdit pratiques anticoncurrentielles, contrôle fusions, protège consommateurs. De ce fait, la
Commission promeut et encourage la concurrence en prévenant les pratiques commerciales
restrictives et autres restrictions qui entravent le bon fonctionnement des marchés, améliorant ainsi
le bien-être des consommateurs du Marché commun et les protégeant contre les comportements
abusifs des acteurs du marché.
Compagnie de réassurance PTA (ZEP-RE) :
ZEP-RE (Compagnie de réassurance PTA) souscrit des risques de réassurance vie et non-vie au Kenya,
en Éthiopie, en Tanzanie, au Zimbabwe, en Inde, en Ouganda et au Soudan. La société propose des
produits d'assurance dommages, automobile, maritime, aéronautique, vie et santé. Son siège social
est situé à Nairobi, au Kenya.
Institut monétaire du COMESA (IMC) :
L'Institut monétaire du COMESA a été créé en 2011 à Nairobi, au Kenya, afin de mener à bien tous les
travaux préparatoires à la mise en œuvre des différentes étapes du Programme de coopération
monétaire du COMESA prévu pour 2018. L'Institut est hébergé par la Banque centrale du Kenya et
travaille en étroite collaboration avec les banques centrales du COMESA.
Fédération des femmes d’affaires du COMESA (COMFWB) :
Les principaux objectifs de la COMFWB sont de promouvoir des programmes visant à intégrer les
femmes aux activités commerciales et de développement en Afrique orientale et australe.
Association régionale des régulateurs de l’énergie pour l’Afrique orientale et australe (RAERESA) :
L’Association régionale des régulateurs de l’énergie pour l’Afrique orientale et australe (RAERESA) est
l’une des institutions spécialisées du COMESA dans le domaine de la réglementation énergétique. Ses
objectifs comprennent notamment le renforcement des capacités et le partage d’informations, ainsi
que la facilitation de l’élaboration de politiques, de législations et de réglementations en matière
d’approvisionnement énergétique.
Alliance pour le commerce des produits de base en Afrique orientale et australe (ACTESA) :
L’objectif stratégique d’ACTESA est d’assurer une intégration accrue et une compétitivité régionale
améliorée des marchés des produits alimentaires de base dans toute la région de l’Afrique orientale
et australe, afin de favoriser une croissance inclusive et généralisée et de renforcer la sécurité
alimentaire.
HARMONISATION DES DOUANES ET FACILITATION DU COMMERCE
Le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA) a mis en place un arsenal complet de
mesures visant à harmoniser les pratiques douanières et à faciliter le commerce entre ses 21 États
membres. Ces initiatives, fondées sur le Traité du COMESA et ses protocoles annexes, constituent un
cadre intégré pour la création d'un véritable espace économique régional.
Harmonisation des douanes
Union douanière du COMESA
L'Union douanière du COMESA, lancée le 7 juin 2009 à Victoria Falls au Zimbabwe, représente
l'aboutissement d'un processus de libéralisation commerciale amorcé depuis la création de la Zone
d'échanges préférentiels en 1981. Cette union repose sur trois piliers fondamentaux : la
Nomenclature tarifaire commune (NTC), le Tarif extérieur commun (TEC) et la Règlementation
régissant l'Union douanière. Le Système harmonisé de codification et de désignation des
marchandises complète ce dispositif en assurant une classification uniforme des produits échangés.
Le Traité prévoyait initialement une période transitoire de dix ans pour l'établissement progressif de
cette union douanière, avec pour objectif l'élimination complète des droits de douane entre États
membres en 2000. Cette période transitoire visait à permettre aux États membres d'aligner leurs
législations douanières nationales sur les instruments régionaux convenus. Une période additionnelle
de trois ans a été accordée pour finaliser cet alignement institutionnel et législatif.
Élimination progressive des droits de douane
Conformément à l'article 46 du Traité, les États membres se sont engagés à réduire puis éliminer
progressivement les droits de douane et autres taxes d'effet équivalent perçus sur les marchandises
remplissant les conditions du régime douanier du COMESA. Cette réduction tarifaire s'accompagne
d'une interdiction stricte d'imposer de nouveaux droits ou d'accroître ceux existants pendant toute la
période de transition. Cette discipline tarifaire constitue un engagement contraignant pour tous les
États membres, qui doivent communiquer au Secrétariat l'ensemble des informations concernant
leurs droits d'importation.
L'adoption du tarif extérieur commun, prévue sur une période de dix ans selon l'article 47 du Traité,
vise à créer un régime tarifaire uniforme applicable aux marchandises provenant de pays tiers. Cette
harmonisation externe complète la libéralisation interne et transforme le COMESA en une véritable
union douanière au sens économique du terme.
Les règles d'origine
Les règles d'origine du COMESA constituent un mécanisme essentiel pour déterminer l'éligibilité des
marchandises au traitement préférentiel au sein de la Zone de libre-échange. Le système du COMESA
se distingue par sa flexibilité, offrant cinq critères indépendants parmi lesquels l'exportateur peut
choisir celui qui correspond le mieux à son processus de production.
Une marchandise est considérée comme originaire du COMESA si elle remplit l'un des critères
suivants : être entièrement produite dans la région ; contenir des matières non originaires dont la
valeur CAF ne dépasse pas 60% du prix départ usine ; atteindre une valeur ajoutée d'au moins 35%
du coût départ usine ; respecter la règle de changement de position tarifaire ; ou présenter une
importance pour le développement économique avec au moins 25% de valeur ajoutée. Cette
approche multicritère permet aux opérateurs économiques de choisir la voie la plus appropriée pour
démontrer l'origine régionale de leurs produits.
La simplification et l'harmonisation des procédures
L'harmonisation douanière ne se limite pas aux aspects tarifaires. Le COMESA s'est engagé dans une
démarche ambitieuse de simplification et d'harmonisation des procédures douanières,
conformément aux dispositions du chapitre IX du Traité (articles 69 à 71). Cette démarche vise à
réduire au minimum le nombre de documents commerciaux requis, à limiter les institutions
intervenant dans le processus de dédouanement, et à harmoniser les informations figurant sur les
documents commerciaux.
L'adoption d'une classification tarifaire uniforme, basée sur des normes internationalement
acceptées, et d'un système normalisé d'évaluation des marchandises fondé sur les principes d'équité
et d'uniformité, témoigne de cette volonté d'harmonisation. Les États membres ont également
convenu de procédures communes pour l'admission temporaire, la réexportation, la création et le
fonctionnement de zones franches et de ports francs. Cette harmonisation s'étend également aux
nomenclatures douanières et statistiques, permettant ainsi la comparabilité et la fiabilité des
informations commerciales régionales. En outre, le Secrétariat du COMESA et la CNUCED ont signé
en 2018 un Accord de co-délégation pour appuyer la création d'un centre régional d'appui à
l'automatisation des douanes (CARSC) et d'un Portail d'information commerciale.
Le Document douanier du COMESA (DD-COM)
Le Document douanier du COMESA (DD-COM), officiellement adopté en avril 1996, constitue
l'instrument pratique de cette harmonisation. Le Secrétariat organise régulièrement des cours de
formation destinés aux agents des douanes des pays membres sur l'utilisation de ce document, dans
le cadre d'un programme plus large d'harmonisation des systèmes de statistiques commerciales et
douanières, incluant notamment le Sydonia (Système douanier automatisé de la CNUCED).
Un centre régional du Système automatisé des données douanières, situé au siège du Marché
commun à Lusaka, facilite l'informatisation des procédures douanières et assure l'interopérabilité
des systèmes nationaux. Cette infrastructure technologique régionale permet de réduire les délais et
les coûts administratifs. Treize États membres du COMESA utilisent différentes versions de
SYDONIAWorld, un programme développé par la CNUCED pour l'administration des douanes et la
communauté d'affaires, afin de se conformer aux normes internationales.
Le Régime régional de garantie du transit sous douane
Le Régime régional de garantie du transit sous douane du COMESA, plus connu sous le nom de
Carnet RGTD, constitue un mécanisme sophistiqué pour faciliter le mouvement des marchandises en
transit sous scellés dans la région. Ce régime est une composante essentielle du Protocole du
COMESA sur le commerce de transit et la facilitation du transit, annexe I du Traité, qui stipule que
tous les États membres sont tenus de mettre en œuvre des mesures de transit et de douane visant à
supprimer les obstacles au commerce et au transport dans la région.
L'Accord sur le RGTD a été signé et ratifié par douze États membres et non-membres du COMESA : le
Burundi, Djibouti, l'Éthiopie, Madagascar, le Malawi, le Kenya, l'Ouganda, le Rwanda, la RDC, le
Soudan, la Tanzanie et le Zimbabwe. Les travaux d'élaboration des modalités de fonctionnement et
des dispositifs institutionnels ont débuté en 2002, et la mise en œuvre effective du programme a
commencé en 2012.
Les garanties du transit sous douane ont pour objectif principal de permettre aux différents
gouvernements de recouvrer les droits et taxes auprès des garants si les marchandises en transit sont
illégalement écoulées pour mise à la consommation dans le pays de transit. Le dispositif établit ainsi
un système de responsabilité partagée qui protège les recettes fiscales de chaque État par lequel
transitent les marchandises, tout en facilitant le commerce transfrontalier. Le système régional de
garantie se substitue aux pratiques et procédures nationales souvent disparates et complexes, créant
ainsi un cadre uniforme et prévisible pour les opérateurs de transport, les transitaires et les agents
en douane. Cette standardisation réduit considérablement les coûts de transaction et les délais de
transit, tout en offrant aux administrations douanières un système de contrôle régional sécurisé.
L'HARMONISATION DANS LE SECTEUR DES TRANSPORTS
Les péages de transit routier harmonisés
Le système de péages de transit routier harmonisés, introduit en 1991, constitue l'une des premières
initiatives d'harmonisation du COMESA dans le secteur des transports. Actuellement appliqué par
neuf États membres (Burundi, Éthiopie, Kenya, Malawi, Ouganda, Rwanda, Soudan, Zambie et
Zimbabwe), ce régime spécifie des tarifs uniformes : les poids lourds ayant plus de trois essieux
paient un péage routier de 10 dollars américains par 100 kilomètres, les camions jusqu'à trois essieux
paient 6 dollars américains par 100 kilomètres, et les autobus d'une capacité de plus de 25 passagers
paient 5 dollars américains par 100 kilomètres.
Cette harmonisation tarifaire élimine les disparités de coûts qui pouvaient auparavant distordre les
flux de trafic et crée des conditions équitables pour tous les opérateurs de transport dans la région.
La prévisibilité des coûts ainsi créée facilite la planification logistique et réduit les incertitudes pour
les transporteurs régionaux.
La Licence de transport du COMESA
La Licence de transport du COMESA, introduite en 1991, permet aux véhicules de transport des
marchandises de disposer d'une licence unique, valide à travers toute la région. Cette innovation
signifie que les véhicules licenciés peuvent être utilisés dans tous les États membres participants,
éliminant ainsi la nécessité d'obtenir des autorisations multiples dans chaque pays traversé. L'un des
avantages majeurs de ce système réside dans le fait que les camions peuvent charger des
marchandises au retour, maximisant ainsi l'utilisation du parc automobile régional et réduisant le
coût du commerce régional. Les voyages à vide, qui constituaient auparavant une source majeure
d'inefficacité et de coûts élevés dans le transport régional, sont ainsi considérablement réduits.
La licence est actuellement utilisée dans onze pays continentaux : le Burundi, l'Érythrée, l'Eswatini,
l'Éthiopie, le Kenya, le Malawi, l'Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. Cette
couverture étendue crée un véritable espace de transport intégré en Afrique orientale et australe.
L'harmonisation de la charge à l'essieu et des dimensions des véhicules
L'harmonisation technique des véhicules constitue un aspect crucial de la facilitation du transport
régional. Elle protège les infrastructures routières tout en maximisant la capacité de transport des
véhicules. Elle élimine également les situations où des véhicules conformes aux normes d'un pays se
trouvent en infraction dans un pays voisin, réduisant ainsi les tracasseries aux frontières et les coûts
de conformité pour les transporteurs.
Le COMESA a établi des limites uniformes suivantes pour la charge à l'essieu :
Spécification Limite
Essieu directeur simple 8 tonnes
Essieu porteur/moteur simple 10 tonnes
Essieu tandem 16 tonnes
Essieu tridem 24 tonnes
Charge maximale totale 56 tonnes
Longueur 12,5-22 m selon type
Largeur 2,65 m
Hauteur 4,60 m
FACILITATION DU COMMERCE
La zone libre d’échange
La création de la Zone de libre-échange (ZLE) du COMESA le 31 octobre 2000, après seize années de
libéralisation progressive du commerce via la réduction des droits de douane intra-COMESA, marque
une étape décisive dans l'intégration économique régionale. En décembre 2017, seize pays
participaient pleinement à cette ZLE, tandis que trois autres États membres – l'Éthiopie, l'Érythrée et
l'Eswatini – se trouvaient à différents niveaux de participation.
Les résultats de cette zone de libre-échange sont tangibles : selon les statistiques du COMESA, le
commerce intra-régional a augmenté en moyenne de 7% chaque année depuis sa création. Plus
significativement encore, les échanges entre les pays membres participants à la ZLE ont enregistré
l'augmentation la plus forte, démontrant l'effet catalyseur de la libéralisation tarifaire sur les flux
commerciaux régionaux. Cette dynamique commerciale s'explique par la suppression progressive des
droits de douane intra-COMESA et l'établissement de la libre circulation des biens produits dans la
région. Le traitement préférentiel accordé aux marchandises originaires du COMESA crée un
avantage compétitif significatif pour les producteurs régionaux et stimule le développement de
chaînes de valeur régionales.
Suppression des Obstacles Non Tarifaires (ONT)
Si la suppression des barrières tarifaires constitue une avancée majeure, l'élimination des obstacles
non tarifaires (ONT) représente un défi tout aussi crucial pour la fluidité du commerce régional. Le
COMESA a accompli des progrès constants dans ce domaine, dont la libéralisation des licences
d'importation, la levée des restrictions de change, la suppression des prélèvements sur devises, la
suppression des quotas intra-régionaux, l’élimination des barrages routiers, l’assouplissement des
formalités douanières, l’augmentation des heures d'ouverture frontalières et la création de PFGU
pilotes.
L'article 49 du Traité impose aux États membres de supprimer immédiatement, dès l'entrée en
vigueur du Traité, tous les obstacles non tarifaires existants à l'importation de marchandises
originaires des autres États membres. Néanmoins, le Traité prévoit des exceptions temporaires pour
la protection des industries naissantes ou en cas de problèmes de balance des paiements, à condition
que l'État membre concerné ait pris toutes les mesures nécessaires pour résoudre ces problèmes.
L'adoption en décembre 2014 de la Règlementation relative aux obstacles non tarifaires a simplifié la
manière dont ces obstacles sont identifiés, signalés et résolus dans la région, créant ainsi un
mécanisme institutionnel pour traiter ces entraves au commerce.
Le Régime commercial simplifié - Récos
Le Récos, lancé en 2010, vise à formaliser le commerce transfrontalier informel. Reconnaissant que
ce type de commerce constitue un élément important du commerce régional, le COMESA a
développé ce régime spécifiquement adapté aux besoins des petits commerçants opérant aux zones
frontalières.
Le Récos cible les petits commerçants qui importent ou exportent des marchandises d'une valeur
inférieure ou égale à 2 000 dollars américains et figurant sur une liste commune de produits éligibles
négociée et approuvée par les pays voisins. Le régime repose sur l'utilisation d'un certificat d'origine
simplifié et d'un document douanier simplifié (DDS), accompagnés de procédures de dédouanement
allégées. Cette simplification administrative réduit considérablement les coûts de transaction pour
les petits commerçants et accélère la vitesse de traversée de la frontière.
Pour accompagner cette facilitation, des agents des Bureaux d'information commerciale (BIC) ont été
déployés à certains postes-frontières. Ces agents assistent les petits commerçants dans l'obtention
d'informations sur les procédures de passage des frontières et les aident à remplir les formulaires
nécessaires. Cette approche participative se double de la création d'Associations des commerçants
transfrontières dans la plupart des postes-frontières, ce qui améliore la sensibilisation et l'utilisation
du Récos. L'adhésion à ces associations n'est toutefois pas une condition préalable à l'utilisation du
régime, garantissant ainsi son accessibilité maximale. Actuellement, 7 Etats membres appliquent le
Récos : le Burundi, le Kenya, le Malawi, l'Ouganda, le Rwanda, la Zambie et le Zimbabwe. Cette
couverture géographique continue de s'étendre, témoignant du succès de cette initiative.
Le Programme de facilitation du commerce dans la région des Grands Lacs
Le Programme de facilitation du commerce dans la région des Grands Lacs (PFCGL), financé par la
Banque mondiale, vise à augmenter la capacité de commerce et à réduire les coûts supportés par les
commerçants, en particulier les petits commerçants et les femmes commerçantes, à des
emplacements frontaliers sélectionnés. Il combine des composantes nationales et régionales,
permettant ainsi le partage d'expériences et de meilleures pratiques. Au-delà de ses objectifs
strictement commerciaux, le PFCGL soutient la paix et la stabilité régionales par le biais de
programmes visant à améliorer les moyens de subsistance dans les zones frontalières, à promouvoir
le commerce transfrontalier et à renforcer l'interdépendance économique.
Une innovation notable du programme réside dans l'utilisation d'une nouvelle application mobile
pour la collecte de données vitales sur le petit commerce, permettant ainsi un suivi en temps réel des
flux commerciaux et une meilleure compréhension des dynamiques du commerce transfrontalier
informel.
Les Postes-frontières à guichet unique
Le Poste-frontière à guichet unique (PFGU) de Chirundu, inauguré en décembre 2009 dans le cadre
d'un accord bilatéral entre le Zimbabwe et la Zambie, a marqué un tournant dans la facilitation du
commerce en Afrique. L'objectif principal du PFGU de Chirundu était de faciliter les échanges
commerciaux en réduisant le temps des formalités à la frontière et, par conséquent, les coûts des
transactions transfrontières, contribuant ainsi à améliorer la compétitivité de la région. Le concept
repose sur une zone de contrôle commune juxtaposée, où les services de frontières des deux pays
partagent les mêmes installations, éliminant ainsi les duplications et les inefficacités du système
traditionnel où les véhicules doivent s'arrêter deux fois pour accomplir des formalités similaires de
chaque côté de la frontière. À terme, un système informatisé communautaire est établi pour faire du
PFGU une véritable installation de traitement des formalités à guichet unique.
Le Protocole sur le commerce de transit
Le Protocole sur le commerce de transit et les facilités de transit, annexé au Traité, établit un cadre
juridique complet pour le transit des marchandises à travers les territoires des États membres. Ce
protocole définit les conditions techniques que doivent remplir les moyens de transport pour être
admis au transport intra-régional de marchandises sous scellement douanier, les procédures d'octroi
de licence de transport, et les obligations respectives des États membres, des transporteurs et des
garants.
Le protocole prévoit la liberté de transit à travers les territoires des États membres par tout moyen
de transport, pour tous les transitaires et tout trafic en transit, qu'il s'agisse de mouvements entre
États membres, entre États membres et pays tiers, ou entre pays tiers transitant par le territoire d'un
État membre. Cette liberté de transit s'accompagne néanmoins de la possibilité pour les États
d'imposer des restrictions fondées sur des considérations de moralité, de sécurité, d'hygiène et de
santé publiques, ou sur des considérations d'ordre vétérinaire ou phytopathologique.
Le Document de transit du Marché commun, établi selon des règles uniformes et un modèle
approuvé par le Comité Commerce et Douanes, constitue l'instrument opérationnel de ce régime. Ce
document, imprimé en langues anglaise, française et portugaise, accompagne chaque expédition de
marchandises en transit et permet le suivi des mouvements transfrontaliers tout en garantissant la
protection des recettes fiscales des États de transit.
Système de facilitation du commerce virtuel (CVTFS)
Le Système virtuel de facilitation du commerce du COMESA (CVTFS) est une initiative de facilitation
électronique a été mise au point pour suivre les cargaisons le long des différents corridors de
transport de la région et gérer en ligne les instruments intégrés. Le CVTFS intègre divers outils à
savoir la Carte jaune (assurance automobile responsabilité civile), le Régime régional de garantie du
transit sous douane (RGTD), le Module de transfert des données de transit, la Licence de transport
pour les opérateurs de fret routier, les normes harmonisées de charge à l'essieu, la Masse limite
brute des véhicules (incluant le certificat de contrôle de la surcharge du COMESA), et le Document de
déclaration en douane. Cette intégration permet une gestion holistique du transit des marchandises,
réduisant les redondances et simplifiant les procédures pour les opérateurs.
Le système est actuellement utilisé dans les pays du Corridor Nord (Kenya, Ouganda, République
démocratique du Congo et Rwanda) ainsi que dans d'autres pays qui ont adopté le CVTFS : l'Éthiopie,
Djibouti, le Malawi, la Zambie et la Tanzanie. Cette couverture géographique continue de s'étendre,
témoignant de l'efficacité et de l'acceptation de cette innovation technologique.
INSTRUMENTS JURIDIQUES : YELLOW CARD ET ACCORD ANTI-DOUBLE
IMPOSITION
Le Régime de la Carte Jaune (Yellow Card)
- Nature et objectif
La Carte Jaune est essentiellement un régime d'assurance régional de responsabilité civile
automobile qui fournit une couverture de responsabilité légale aux tiers et une compensation pour
les frais médicaux résultant d'accidents de la route causés par des automobilistes visiteurs.
- Historique
Le Protocole de la Carte Jaune a été signé par les Chefs d'État et de gouvernement le 4 décembre
1986 à Addis-Abeba, Éthiopie, et le Régime a commencé ses opérations le 1er juillet 1987 dans 9
États membres.
- Couverture géographique
Le Régime de la Carte Jaune du COMESA est actuellement opérationnel dans douze pays membres du
COMESA et un pays non-membre. Les pays où la Carte Jaune du COMESA est reconnue comme une
couverture d'assurance valide sont : Burundi, République démocratique du Congo, Djibouti, Érythrée,
Éthiopie, Kenya, Malawi, Rwanda, Soudan, Tanzanie, Ouganda, Zambie et Zimbabwe.
- Garantie de couverture
Le Régime de la Carte Jaune couvre la responsabilité civile des tiers notamment en cas de blessures,
de décès ou de dommages matériels aux véhicules. Les limites de responsabilités vont jusqu’à 5 000
US$ pour les véhicules particuliers ou les motos, et jusqu’à 30 000US$ pour les véhicules
commerciaux. Les couvertures additionnelles concernent les frais médicaux d’urgence pour
occupants, l’assistance rapatriement et l’assistance juridique.
- Résultats
Pour la période de juillet 2019 à juin 2020, le Régime d'assurance automobile du COMESA a versé
plus de 1,1 million de dollars en indemnisations aux victimes d'accidents de la route causés par des
automobilistes visiteurs et étrangers dans la région. COMESA Plus de 208 000 Cartes Jaunes ont été
émises avec un revenu brut de primes de 12,3 millions de dollars.
Gestion Ce régime de Carte Jaune est administré comme un Pool d'assurance et ZEP-RE gère ce Pool
depuis plus de dix ans.
Accord anti-double imposition
- Base juridique
La négociation et la mise en œuvre des Accords de double imposition (DTA) sont fondées sur les
articles 161 et 162 du Traité du COMESA. Comesa En 2010, le Conseil des Ministres du COMESA a
émis une directive exhortant les États membres à négocier des accords anti-double imposition.
- Modèle de convention fiscale
Le COMESA a développé un Modèle de double imposition (DTM) comme outil pour guider et faciliter
la négociation d'accords anti-double imposition entre les États membres du COMESA, entre eux et
avec des États partenaires tiers, sur une base bilatérale ou de groupe.
- Objectifs des accords anti-double imposition
Les objectifs incluent de protéger contre le risque qu'un individu ou une entité corporative soit
imposé deux fois lorsque le même revenu est imposable dans deux États, et de fournir une certitude
de traitement pour le commerce transfrontalier.
Les accords anti-double imposition visent à éviter la double taxation du même revenu, éliminer
l'évasion fiscale, encourager l'efficacité du commerce transfrontalier, et améliorer la certitude pour
les contribuables et les autorités fiscales.
Accord d'investissement pour la Zone d'investissement commune du COMESA (CCIA)
L'Accord d'investissement pour la Zone d'investissement commune du COMESA (CCIA) a été adopté
en mai 2007 et révisé en 2017. Il vise à harmoniser les politiques, réglementations et législations en
matière d'investissement, à établir des normes pour la protection et l'encouragement des
investisseurs et des investissements. United Nations Economic Commission for AfricaPacci Parmi les
mesures prévues figure l'expansion du nombre d'accords bilatéraux d'évitement de la double
imposition entre les États membres du COMESA.