Introduction :
La définition du cadre épistémologique est une étape cruciale et essentielle pour tout chercheur
souhaitant mener convenablement et scientifiquement un travail de recherche dans n’importe quelle
discipline y compris les sciences de gestion. Il s’agit d’un sujet critique qui a suscité de nombreux
débats depuis très longtemps (Albert David 1999).
L’épistémologie est la science et/ou la branche de la philosophie, basée sur le questionnement du
statut des connaissances que la communauté scientifique produit. Elle a pour objet l’étude des
théories de la connaissance, selon Avenier et Gavard-Perret (2012). Piaget (1967) considère
l’épistémologie comme l’étude de la constitution d’un ensemble de connaissances présentant un
caractère valable.
De manière générale, selon Soler (2000), l’épistémologie a pour objectif fondamental de qualifier les
sciences présentes à travers un jugement de leur valeur, particulièrement de choisir les recherches
scientifiques doit être apte et tenir compte de l’hypothèse d’une connaissance certaine et
authentiquement justifiée.
Qu’est-ce-que l’épistémologie ?
L’épistémologie discute de la manière dont une connaissance se construit, elle discute aussi des
méthodes et des moyens employés pour bien identifier, pour bien distinguer une connaissance
scientifique d’une croyance.
Une des questions centrales qu’on se pose c’est : la manière dont on peut examiner la validité des
connaissances scientifiques (comment les tester? Comment leurs faire confiance ? Quels sont les
fondements méthodologiques des connaissances ? comment identifier un discours scientifique et le
distinguer d’un discours qui ne l’ai pas ? ).
Gross au modo, il y a deux conceptions de l’épistémologie :
Epistémologie prescriptive : qui cherche à comprendre les bonnes conditions, les bonnes méthodes
de la conception de la bonne connaissance scientifique.
Epistémologie descriptive : cherche à décrire les conditions dont lesquels les scientifiques produisent
un savoir scientifique au-delà des considérations descriptive.
Les paradigmes épistémologiques
1- Le post positivisme :
C’est le plus ancien des paradigmes épistémologiques
L’approche positiviste stipule que dans le monde, il existe un sujet qui cherche, observe et
expérimente des objets extérieurs à lui-même et qui représentent le champ de la réalité. Cette
réalité, qui a une existence et une essence propres, possède une ontologie.
Selon David (1999), l’idéal positiviste serait d’aboutir à une loi universelle qui explicite la réalité et
qu’il qualifie de « vérité objective ».
2- Approche interprétativiste :
La réalité ne peut pas être indépendante de l’esprit et de la conscience du chercheur.
Selon cette approche, le monde social est constitué d’interprétations qui permettent la
compréhension du sens que les acteurs assignent à la réalité pour produire des connaissances.
Les interprétations sont élaborées grâce aux interactions entre les acteurs, leurs intentions, leurs
motivations, leurs attentes, leurs raisons et leurs croyances (Pourtois et Desmet, 1988; David, 1999).
3- Approche constructiviste :
L’approche constructiviste est la forme radicale de l’interprétativisme.
La connaissance se construit à partir de l’interaction chercheur-sujet de recherche sur des
dimensions personnelles, sociales et culturelles.
Dans le constructivisme, le sujet et l’objet sont dépendants, ce qui implique la subjectivité et la
contextualité de la connaissance (Koenig, 1994).
Le constructivisme s’appuie sur deux hypothèses :
- L’hypothèse phénoménologique (La phénoménologie est l’étude descriptive des phénomènes),
la relation sujet-objet permet de produire de la connaissance
- L’hypothèse téléologique (La téléologie est une doctrine qui traite de l’étude des fins, de la
finalité), l’intentionnalité permet la rationalité du sujet.
Les modes de raisonnement :
- Hypothético-déductif :
Les positivistes recommandent une démarche de type hypothético-déductif, qui démarre avec
une problématique et des questions et se transforment en hypothèses qui vont être testées par
la suite. Cette démarche comprend quatre étapes (Thiétart, 2003, p. 74) :
- la détermination de concepts pertinents pour la question de recherche,
- la constatation que les théories existantes ne rendent pas compte de la réalité,
- la proposition de nouveaux modèles, théories ou hypothèses,
- la phase de test pour réfuter ou valider les hypothèses, modèles ou théories.
- Inductif :
Le raisonnement inductif est le contraire du raisonnement déductif. Le raisonnement inductif permet
de généraliser à partir d'observations spécifiques.
- Abductif :
Cette approche est importante vue qu’il existe souvent un nombre infini d'explications possibles pour
un phénomène.
Le raisonnement abductif commence généralement par un ensemble d'observations incomplet et
aboutit à l'explication la plus probable du groupe d'observations, selon Butte College, Il est basé sur
la formulation et le test d’hypothèses en utilisant les meilleures informations disponibles.