ANNEE UNIVERSITAIRE 2021-2022
14/03/2022 Droit des Médias et de
la presse
LASSOU AISSATOU
INTRODUCTION
En France, on retrouve la notion de liberté de la presse dès le 18ème siècle. La
déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 rappelle notamment
que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les
plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer
librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par
la Loi ».
Il faut cependant attendre près d’un siècle pour que soit votée la loi du 29 juillet
1881 sur la liberté de la presse toujours applicable à ce jour et qui édicte les
règles de la presse, de l’imprimerie, de l’édition, de l’affichage et du colportage.
Cette loi sera suivie par d’autres textes complétant ou édictant les grands
principes des différents secteurs de la communication tels que les lois du 29
juillet 1982 et du 30 septembre 1986 pour l’audiovisuel, la loi du 21 juin 2004
pour la communication en ligne.
Le droit de la presse est constitué des règles applicables à ce secteur d'activité.
Il est à l'origine de ce que l'on identifie plus généralement désormais sous
l'appellation de droit de la communication ou des médias. L'évolution des
techniques fait que la presse écrite a été le premier moyen de communication
publique. Il fallut déterminer, pour elle, un certain nombre de règles,
garantissant ses droits et ses libertés, et y apporter de nécessaires limites dans
le souci du respect de droits concurrents.
Ce droit de la presse ne présente que quelques spécificités par rapport à celui
qui est applicable aux autres moyens de communication. Ce sont même plutôt
ces derniers, et notamment l'audiovisuel, qui s'en distinguent par les règles
particulières auxquelles ils sont soumis.
On s'intéressera ici au droit français, inséré dans son environnement
international, qui assure une certaine harmonisation des droits nationaux. Le
droit de la presse a vocation à mettre en œuvre le principe de liberté
d'expression. Comportant de nécessaires limites, celui-ci exige aussi, dans une
conception démocratique d'un droit à l'information, diverses garanties.
Module 1 : LES RÈGLES GOUVERNANT L’EXERCICE DE L’ACTIVITÉ DES MEDIAS
ET DE PRESSE
L’exercice de l’activité des médias et de la presse obéit à certaines exigences.
En France, au Mali et comme dans toute démocratie, le droit de la presse
assure la mise en œuvre du principe de liberté d'expression, interprété ou
complété par référence à la notion de droit à l'information.
I- Les règles juridiques gouvernant l’activité de la presse.
L'information, et plus généralement l'expression publique, sont des activités
encadrées par de nombreuses règles. La première d'entre elles et la plus
emblématique est la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Son
principe de liberté, limité par des incriminations précises (la diffamation,
l´injure, la provocation à la discrimination ou la haine...) et ses mécanismes de
régulation de l´information, tels que les droits de réponse et de rectification,
restent une référence
La liberté de la presse est consacrée par :
– l’article 1er de la loi du 29 juillet 1881 disposant : « L’imprimerie et la librairie
sont libres » ;
– l’article 1er de la loi du 30 septembre 1986 disposant : « La communication au
public par voie électronique est libre » ;
– l’article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme
et des libertés fondamentales rappelant que : « Toute personne a droit à la
liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de
recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y
avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière ».
Cette liberté doit se concilier avec d’autres valeurs reconnues dans les sociétés
démocratiques, ce qui explique l’existence d’obligations et de restrictions qu’il
convient de maîtriser.
A : OBLIGATIONS DES ACTEURS DES MEDIAS ET DE DROIT DE LA PRESSE
Les fondements mêmes qui président à la liberté et aux droits conférés à la
presse dans une société démocratique comportent obligatoirement des
responsabilités inhérentes. Ces responsabilités incombent autant aux dirigeants
des médias qu’aux journalistes. La fonction sociale et le caractère de service
public de la presse exigent que les plus hautes normes en matière d’éthique
journalistique soient rigoureusement respectées et appliquées.
Le droit de la presse définit pour chaque support de communication (journaux,
livres, fréquences de télévision et de radio, sites internet, etc.) les obligations de
leurs éditeurs.
A titre illustratif, l’éditeur d’un journal, d’un livre ou d’un site internet doit
fournir des renseignements permettant son identification et doit désigner un
directeur de la publication. Des règles spécifiques s’appliquent également
lorsque l’éditeur n’est pas un professionnel.
Dans certains cas, les acteurs du droit de la presse doivent procéder à des
formalités administratives sous peine de sanction.
Dès lors, toute personne qui communique avec le public, par quelque moyen que
ce soit, doit connaître les obligations lui incombant car sa responsabilité peut
être engagée.
B : RESPONSABILITES
L’exercice de la liberté de la presse connaît des restrictions en ce qu’il peut
engager la responsabilité pénale et civile.
En effet, la loi du 29 juillet 1881 s’appliquant tant devant les juridictions pénales
que devant les juridictions civiles définit les « délits de presse », à savoir : la
provocation aux crimes et aux délits, le délit contre la chose publique ainsi que
les délits contre les personnes incluant le délit de diffamation et d’injure.
Ces délits peuvent être poursuivis pour des propos écrits ou oraux reproduits ou
tenus dans tout support de communication tel qu’un journal, un site internet,
une émission télévisée, etc.
Les différents régimes de responsabilité en matière de presse, y compris en ligne,
sont très spécifiques et dérogatoires du droit commun en ce qu’ils prévoient
notamment :
– une responsabilité dite « en cascade » déterminant une liste de personnes
présumées responsables à la tête de laquelle se trouve le directeur de la
publication ;
– une responsabilité limitée pour les hébergeurs de contenus en ligne.
Surtout, la matière connaît un régime procédural très strict visant à garantir la
liberté de la presse. A titre illustratif, le délai de prescription des délits de presse
est de trois mois et la rédaction des actes de poursuite doit respecter de
multiples exigences formelles.
En matière de presse, y compris en ligne, toute personne nommée ou désignée
dispose d’un droit de réponse (en plus des demandes de correction ou de
suppression) que le directeur de la publication ou l’éditeur sont tenus d’insérer
lorsqu’il répond aux exigences légales.
En parallèle, les atteintes à la personnalité telles que la reproduction non
autorisée de l’image connaissaient un régime différent de poursuite.
Ainsi, la responsabilité en droit de la presse peut être engagée sur divers
fondements légaux qui sont parfois cumulatifs ou exclusifs, ce qui nécessite une
bonne connaissance des règles procédurales.
Module 2 : CADRE NORMATIF DE LA LIBERTE DE LA PRESSE AU MALI
Décret N° 892-191/P-RM instituant une commission de la carte de presse.
Chapitre I : Création
Article 1er : Il est institué une Commission de la Carte de Presse. Cette Commission est
seule habilitée à statuer sur la délivrance de la Carte de Presse. Le siège de la
Commission est à Bamako, au Ministère chargé de la Communication.
Article 2 : La Carte de Presse est une Carte d'identification du journaliste.
Chapitre II : Composition, fonctionnement, attribution
Article 3 : La Commission de la Carte de Presse se compose comme suit :
- un représentant du ministre de la Communication ;
- deux représentants des Directeurs de journaux désignés par leurs pairs ;
- quatre représentants des journalistes désignés par leurs organisations
professionnelles.
Des membres suppléants désignés dans les mêmes conditions que les membres
titulaires peuvent être appelés à suppléer ceux-ci en cas d'absence et à remplacer les
membres titulaires démissionnaires ou décèdes entre deux renouvellements. La
Commission élit en son sein un Président, un vice-président et un Secrétaire Général.
Un arrêté du Ministre chargé de la Communication fixe la liste nominative des
membres titulaires et suppléants de la Commission.
Article 4 : Les directeurs de journaux et journalistes, pour être membres de la
Commission de la Carte de Presse, doivent justifier de l'exercice de leur profession
depuis deux ans au moins et jouir de leurs droits civils et civiques.
Article 5 : Les membres de la Commission de la Carte de Presse sont désignés pour
deux ans. Les membres sortants peuvent être reconduits une seule fois. Toutefois, tout
membre sortant peut-être désigner à nouveau pour siéger au sein de la Commission
après une interruption d'au moins un mandat.
Article 6 : La Commission de la Carte de presse établit son règlement intérieur. Elle
siège en présence des deux tiers au moins de ses membres. Les décisions portant
délivrance, renouvellement, conditions de retrait provisoire ou définitif de la Carte de
presse doivent être prises à la majorité absolue des membres présents.
Article 7 : Le postulant à la Carte de presse doit fournir à l'appui de sa demande :
1) un extrait d'acte de naissance ou une pièce d'identité ;
2) un extrait de casier judiciaire datant de moins de trois mois ;
3) un Curriculum Vitae ;
4) une déclaration sur l'honneur que le journalisme est sa profession. Cette affirmation
devra être établie ;
a) soit sur la base de l'identification des publications auxquelles le postulant aurait déjà
loué ses services ;
b) soit par la justification des services rendus ‡ un organe de presse comme pigiste ou
journaliste indépendant ;
c) soit par la production d'un diplôme d'une Ecole de journalisme reconnu par la
République du Mali ;
5) une attestation dument établie et signée par le Directeur de la publication à laquelle
le postulant à la carte loue ses services au moment où il adresse sa demande à la
Commission de la Carte de presse ;
6) l'indication, le cas échéant, des autres occupations régulièrement rétribuées ;
7) trois photos d'identité ;
8) un engagement de tenir la Commission de la carte de presse informée de tout
changement intervenu dans sa situation, engagement qui comportera l'obligation de
rendre la carte de presse à la Commission dans le cas où le titulaire perdrait la qualité
de journaliste. Cet engagement sera mentionné sur la carte de presse.
Article 8 : A titre exceptionnel, la Commission peut attribuer la Carte de presse pour
un an non renouvelable aux journalistes professionnels en attente d'emploi. Mention
en sera faite sur la carte.
Article 9 : La carte de presse est retirée à tout journaliste :
1°) ayant subi une condamnation afflictive ou infamante non amnistiée ;
2°) ayant violé de manière flagrante la déontologie de la profession.
Article 10 : La Commission de la Carte de presse est seule habilitée à retirer la Carte du
Journaliste. Sa décision est notifiée à l'intéressé par lettre recommandée.
Article 11 : Le recours contre les décisions de la Commission s'exerce devant la
juridiction administrative.
Article 12 : Toute personne qui aura fait une déclaration inexacte, en vue d'obtenir la
Carte de presse ou qui aura fait usage d'une Carte de Presse frauduleusement obtenue,
périmée ou annulée pour acquérir des avantages sera passible des peines prévues par
la loi.
Article 13 : La Carte de presse du journaliste porte la photographie du titulaire, sa
signature, l'indication de ses noms, prénoms, nationalité et adresse de l'organe auquel
il est affilié. Sa validité est de trois ans. La carte de presse est revêtue de la signature
du Président de la Commission et de celle du Ministre chargé de la Communication. Sa
possession est un acte d'adhésion à la déclaration des droits et devoirs du journaliste.
Chapitre III : Dispositions finales
Article 14 : Le présent décret qui abroge toutes dispositions antérieures contraires,
notamment celles du décret n8250/PG- RM du 7 Juillet 1961 sera enregistré et publié
au Journal Officiel.
Module 3 : LES DROITS DE RÉPONSE ET DE RECTIFICATION.
I. CONDITIONS D’OUVERTURE DU DROIT DE RÉPONSE POUR LES
COMMUNICATIONS EN LIGNE
L’article 6 IV LCEN (loi sur la confiance dans l’économie numérique) vise « les
services de communication au public en ligne ». Cette affirmation permet
d’identifier le champ d’application du nouveau dispositif (A). Mais l’information
initiale doit elle aussi présenter certaines caractéristiques pour permettre
l’ouverture de ce droit de réponse (B).
A. Un droit de réponse pour les communications au public en ligne
En instaurant trois régimes différents pour l’exercice du droit de réponse, le
législateur invite nécessairement à se poser la question des frontières entre la
presse écrite, la communication en ligne et la communication audiovisuelle. Face
à ce mouvement de “fragmentation légale”, il faut tenir compte du phénomène
inverse de convergence qui tend à rassembler sur le même réseau numérique,
l’audiovisuel traditionnel, la communication en ligne stricto sensu, la
correspondance privée, mais aussi la presse écrite traditionnelle qui opère, peu
à peu, son adaptation à ce nouveau média.
1. Communication au public en ligne et communication audiovisuelle
On pourrait croire que la ligne de partage entre communication au public en
ligne et communication audiovisuelle n’amène pas de longs développements.
Cependant, la réalité́ juridique est bien plus complexe. La notion de
communication au public en ligne ne couvre pas l’ensemble de ce que l’on
désigne communément par “internet”. Juridiquement, seules les
communications, sur demande individuelle, de données numériques n’ayant pas
un caractère de correspondance privée, par un procédé́ permettant un échange
réciproque d’informations entre l’émetteur et récepteur ressortissent de la
catégorie de la communication au public en ligne.
2. Communication au public en ligne et presse écrite
A priori, le champ d’application des deux droits de réponse est clair. Par exemple,
une diffusion sur internet “périodique” en format “.PDF” de l’intégralité́ de la
version papier d’un journal relève-t-elle encore de la LCEN (loi pour la confiance
dans l'économie numérique) ? Que faire dans le cas où un article est exploité à
la fois sur internet et dans la presse “papier” mais sous une présentation
différente ? Il conviendra sans doute de laisser la possibilité́ d’une application
cumulative au même contenu des deux lois pour chaque média.
3. Communication au public en ligne et correspondance privée
Le droit de réponse ne peut s’appliquer à une correspondance privée sur
internet. Cependant la distinction entre correspondance privée et
communication au public en ligne est moins simple qu’il n’y parait. Il est
incontestable qu’un site web ou un blog ouvert à tous est un service de
communication au public en ligne. La réponse est plus délicate pour les sites, les
blogs, les newsletters, les forums de discussion, les courriels etc.... qui sont
diffusés en accès restreint à une liste de destinataires identifies...
Il est difficile d’apporter un critère simple et prévisible pour régler cette
question. Ainsi, plus les conditions liées à l’inscription, au contrôle et à
l’exclusion des destinataires des communications sont sévères, plus le service de
communication tendra vers le privé. À l’inverse, une simple procédure
d’inscription ouverte à tous n’est certainement pas suffisante pour qualifier le
service de privé. La notion classique de communauté́ d’intérêts fournit un
élément de réponse. Dès lors qu’un groupement de personnes est lié par une
communauté́ d’intérêts, le caractère privé de la communication est établi. On
estime que les personnes concernées sont alors suffisamment proches et se
connaissent pour ne pas être surprises, choquées, blessées par les propos
échanges. Reste à transposer ce principe au réseau pour lequel cohabitent de
multiples variantes de services de communication. Ainsi un simple courriel a pu
récemment recevoir la qualification de public dans une affaire relevant de la
concurrence déloyale. Si le courriel était bien destiné aux membres d’un groupe
de sociétés, son texte même invitait à une diffusion large au-delà̀ de ce cercle
restreint. Du fait de ce manque de visibilité́, on conseillera aux responsables de
services “hybrides” de ne pas rejeter trop légèrement des demandes de droit de
réponse.
B. Les caractéristiques de la mise en cause
Au regard du contenu de la mise en cause, le nouveau texte est peu contraignant.
Seule la condition liée à la titularité́ de la mise en cause reste réellement
contraignante (1). Ni l’in- tentions de nuire (2), ni la périodicité́ de la publication
ne sont exigées (3). La question de la forme écrite de la mise en cause (4) et celle
du possible caractère international de celle-ci posent problèmes (5).
1. La titularité́ du droit de réponse
Inspiré de la loi de 1881, l’article 6 dispose que le droit de réponse appartient à
« toute personne nommée ou désignée dans un service de communication au
public en ligne ». Il est donc nécessaire d’avoir été́ mis personnellement en
cause. Mais la désignation ne se réduit pas à la dénomination. Il suffit que la
personne puisse être reconnue. Il est cependant inutile de tenter d’exercer un
droit de réponse dans l’intérêt général ou pour défendre uniquement un produit
ou un service.
2. L’absence de condition d’intention de nuire
Il faut sans doute estimer que la loi reconnait un véritable droit d’expression
plutôt qu’un droit de se défendre. Cette constatation permet de distinguer le
droit de réponse de celui la démonstration d’un préjudice, d’un contenu
malveillant ou injurieux. Cette absence de connotation diffamatoire ouvre très
(trop ?) largement le droit de réponse. C’est évidemment un risque accru pour
les éditeurs de contenus en ligne...
3. L’absence d’exigence de périodicité́ de la diffusion
L’absence de condition liée à la périodicité́ distingue par contre la LCEN de la loi
de 1881. Pour mémoire, selon ce critère de la périodicité́ de publication, des
tracts et autres affiches ne peuvent faire l’objet d’un droit de réponse fondé sur
la loi de 1881. Cependant, cette condition de périodicité́ est la source de trop de
difficultés pour la communication en ligne. Ainsi comment considérer la mise à
jour régulière d’un site web ? Est-ce une nouvelle publication ? Quels pourraient
être les critères utilisés pour apprécier cette condition pour la communication
en ligne ? Le législateur a donc sagement abandonné cette exigence et simplifié
le dispositif. Pour l’internet, une diffusion unique peut faire l’objet d’un droit de
réponse. Cette ouverture à tous les types de publication n’est cependant pas à
l’avantage des éditeurs de contenus qui voient ici aussi leurs obligations
s’entendre...
4. La mise en cause initiale doit-elle être écrite ?
Internet véhicule non seulement de l’écrit mais aussi des images animées et du
son. La question est alors de savoir si, à l’ins- tar de la loi de 1881, seul l’écrit
pourra faire l’objet d’une réponse sur le fondement de la LCEN ? Il est en effet
de jurisprudence constante que les dessins et autres photographies ne peuvent
faire l’objet d’une réponse dans le cadre de la loi de 1881.
Celles-ci sont conçues uniquement pour l’écrit dans la loi de 1881... Il apparait
donc que seule la réponse écrite par internet a été́ prévue par le législateur. Des
lors, doit-on limiter le champ d’application du droit de réponse de la LCEN aux
seuls écrits ? Cela parait critiquable au regard du développement actuel de
l’internet. D’autant plus que la référence à la seule mise en cause utilisant un
mode écrit de diffusion de la pensée a été supprimée lors de l’élaboration du
texte (21). Doit-on répondre à une communication de sons et d’images par un
écrit comme pourrait le laisser supposer une interprétation littérale du texte ?
Cette question importante mérite d’être clarifiée...
5. Le problème du caractère international de la communication en ligne
Un Français peut vouloir réagir à une communication sur un site web localisé à
étranger. De même, un étranger pourrait souhaiter répondre à une
communication en ligne française. Quelle est la loi applicable à cette situation
sachant que l’article 6 IV ne prévoit pas son champ d’application dans l’espace ?
À titre de comparaison, l’article 6 de la loi du 29 juillet 1982 relatif à la
communication audiovisuelle s’applique aux émissions reçues en France et
destinées à un public français, même si le siège de l’entreprise ou son émetteur
se situe à l’étranger.
II - CHRONIQUES ET OPINIONS
II. LE RÉGIME DE LA RÉPONSE
L’absence de décret d’application empêche de juger de la totalité́ du nouveau
dispositif. Toutefois nous verrons tout d’abord la demande d’insertion de la
réponse (A), puis les modalités d’insertion de celle-ci (B).
A. La demande de réponse
Le contenu de la demande est libre (1), le seul élément contraignant est ici le
délai de trois mois dans lequel la demande de réponse est enfermée (2), le
formalisme de la demande étant, quant à lui, des plus minimes (3).
1. Le contenu de la demande de réponse
Le demandeur doit simplement faire état de sa volonté́ d’exercer son droit de
réponse. Il est maitre de la teneur de sa réponse. La loi ne donne pas d’indication
au sujet du contenu de la demande de réponse. À la différence du droit de
réponse en matière audiovisuelle, il n’est pas besoin de préciser certaines
informations concernant la date et l’heure de la diffusion, ainsi que le contenu
même de la mise en cause initiale. De même, il n’a pas à renoncer aux demandes
de correction ou de suppression du message qu’il peut adresser au site web. Bien
évidemment ce droit est gratuit.
2. Le délai pour exercer la demande : trois mois à compter de la diffusion
Il faut agir vite ! Le délai pour exercer un droit de réponse est de trois mois. Le
point de départ de ce délai est la mise à disposition du public du message
justifiant la demande. C’est le seul instant de la mise en ligne qu’il faut prendre
en considération.
3. Le formalisme de la demande d’insertion
L’envoi peut prendre la forme d’une lettre ordinaire, voire un courriel, ou une
télécopie... Cependant, il appartient au demandeur de prouver que le directeur
de la publication a bien reçu la demande. Dès lors, il est préférable d’utiliser un
courrier recommandé avec accusé de réception. En effet, la question de la
preuve du respect du délai de trois mois par le demandeur sera réglée de cette
manière.
B. Les modalités d’insertion de la réponse
Le délai d’insertion de la réponse est de trois jours (1), la présentation de la
réponse doit être faite sur le modèle de la presse écrite (2), la durée de la
communication de la réponse n’est pour l’instant pas connue (3).
1. Le délai de trois jours de publication de la réponse
Le législateur français a estimé́ que l’internet permet la diffusion facile et rapide
des données. Le délai imposé pour rendre publique une réponse est donc très
court. Le directeur de la publication est tenu d’insérer dans les trois jours de leur
réception les réponses sous peine d’une amende de 3 750 €. Pour mémoire, en
matière de communication audiovisuelle, le délai est de 8 jours avant la saisie du
juge. Pour la presse écrite non quotidienne, le directeur de la publication est
tenu d’insérer la réponse dans le numéro qui suivra le surlendemain de sa
réception. Pour la presse quotidienne ce délai est de trois jours à compter de la
réception.
2. La présentation de la réponse
En principe, l’insertion de la réponse doit être faite à la même place et dans les
mêmes caractères que le message critiqué et sans intercalation, c’est ce qu’on
appelle le principe d’équivalence.
Il apparait clairement que le droit de réponse pour les documents à base
d’images et de sons diffuses en ligne ne donne pas droit à une réponse de la
même nature.
3. La durée de la communication de la réponse
En l’absence de décret d’application, la loi ne fixe aucune durée concernant la
durée de la mise en ligne de la réponse. La référence à la loi de 1881 ou à la
communication audiovisuelle n’est ici d’aucune utilité́. En effet, cette question
ne se pose pas pour la presse écrite ni pour les communications audiovisuelles.
L’avant-projet de recommandation du Conseil de l’Europe prévoyait que « la
réponse devrait être accessible au public dans un emplacement visible pour une
durée au moins égale à celle pendant laquelle l’information contestée a été́
accessible au public ; dans tous les cas, cette durée ne devra pas être inferieure à
24 heures ». Cette indication a été́ abandonnée dans les textes définitifs des
différentes recommandations européennes.
III. LE DÉLIT DE NON-INSERTION DU DROIT DE RÉPONSE
Le principe est simple : la non-insertion d’un droit de réponse est une infraction
pénale et peut donner lieu à une action civile (B). Toutefois, par analogie avec le
droit de réponse de la presse écrite, il convient de prendre en compte certains
motifs légitimes de refus (A).
A. Les motifs légitimes de refus d’insertion
Les principes relatifs aux motifs légitimes de refus sont inspirés de la
jurisprudence traditionnelle en matière de droit de réponse de la presse écrite.
L’application à internet des principes directeurs dégages par la jurisprudence au
sujet de la presse écrite est plus que probable, sous réserve d’une adaptation
aux caractéristiques propres d’internet.
Le premier motif légitime de refus, lié au moment de la réponse, ne souffre
aucune discussion. La demande de réponse doit intervenir dans un délai de trois
mois à compter de la mise en ligne. D’où̀ l’importance pratique de pouvoir
connaitre et prouver la date de mise en ligne d’un contenu. Le second motif de
forme est le respect du “principe d’équivalence”. La réponse doit avoir les
mêmes caractéristiques, le même calibrage quantitatif que les propos initiaux.
Plusieurs autres motifs légitimes de refus sont liés au contenu même de la
réponse. La réponse demandée ne doit pas être contraire à l’ordre public ou aux
bonnes mœurs. Ainsi, une demande de réponse raciste ou injurieuse doit
évidemment être écartée. La réponse ne doit pas mettre en cause abusivement
l’auteur du texte ou un tiers. Et enfin, la réponse doit porter sur le même sujet
que le texte initial.
B. Conséquence de l’absence de refus légitime
Le refus d’insertion est constitutif d’un délit pénal passible d’une amende de 3
750 € sans préjudice des autres peines et dommages et intérêts auxquels le
message pourrait donner lieu. Il ne faut pas non plus couper le texte de la
demande de réponse.
Les poursuites pourront être exercées devant le juge pénal. C’est le juge de ce
type d’action concernant la presse écrite.
Enfin, l’action au pénal est enfermée dans un délai très court. Concernant la
question de la prescription, l’article 6 V de la LCEN renvoie à l’article 65 de la loi
du 29 juillet 1881. Ainsi, le délit relatif à la non-insertion de la réponse se prescrit
par trois mois révolus à compter du jour où la réponse aurait dû être insérée et
où elle ne l’a pas été́.
MODULE 4 : PRESSE ET DROITS D’AUTEUR
I – QUELQUES NOTIONS FONDAMENTALES
1) Qu’est-ce qu’un droit d’auteur ?
C’est un droit incorporel portant sur une création intellectuelle. Il permet à son
titulaire d’exercer un droit exclusif notamment de reproduction et de
représentation sur l’œuvre.
2) Qui est l’auteur ?
C’est, sauf preuve contraire, la personne sous le nom de laquelle l’œuvre est
divulguée. C’est-à-dire communiquée au public.
3) Toutes les créations intellectuelles sont-elles des œuvres ?
Non. Pour être protégée par le droit d’auteur, une création intellectuelle doit
être « originale ». C'est-à-dire qu’elle doit laisser transparaitre la personnalité́ de
son auteur. Ce critère d’originalité́ n’est pas recherché au niveau des idées
abordées dans l’œuvre (qui sont non protégeables), mais leur forme. Autrement
dit, c’est la manière dont ces idées sont présentées (expression, plan, rythme,
mélodie...) qui doit être originale.
4) Comment protéger un œuvre ?
La loi ne prévoit aucune formalité́ (à la différence du brevet ou des dessins et
modèles). L’œuvre est « légalement » protégée, même inachevée, dès lors
qu’elle est communicable (donc sur un support) et qu’elle présente une forme
originale.
5) Quel est l’intérêt d’un dépôt privé ?
L’absence de formalisme, notamment d’une procédure de dépôt oblige en cas
de conflit, le créateur à prouver, par tous moyens, qu’il est bien l’auteur de
l’œuvre dont on lui conteste la paternité́. Pour éviter ce type de conflit (et se
rassurer...) il convient, avant de diffuser son œuvre d’effectuer un dépôt privé.
Cela consiste à remettre une copie de son œuvre à un organisme habilité
(SCAM...) ou à un officier ministériel comme un notaire qui, en cas de problème,
amènera la preuve de l’antériorité́ et ainsi de la titularité.́
6) Peut-il y avoir plusieurs auteurs d’une œuvre ?
Oui. Il existe plusieurs types d’œuvre à concours multiples. Les œuvres dérivées
ou composites sont des créations qui reprennent tout ou partie d’une œuvre
existante. Leur création est libre, mais leur exploitation nécessite l’accord du
titulaire des droits portant sur l’œuvre originelle.
L’œuvre collective réunis un « auteur » (souvent une entreprise) et des
contributeurs. L’auteur dirige la création et exerce seul les droits de propriété́
sur l’œuvre.
L’œuvre de collaboration réunit également plusieurs auteurs (personnes
physiques) qui collaborent en vue de créer une œuvre commune sur laquelle,
en l’absence de convention de répartition, chacun exercera les mêmes droits
(régime de l’indivision : toute décision de gestion ou d’administration de
l’œuvre devant être prise à l’unanimité́).
7) Quels sont les droits patrimoniaux de l’auteur ?
L’auteur bénéficie d’un droit exclusif lui permettant de reproduire son œuvre
(par tous moyens sur tous types de support) et de la représenter (diffusion,
présentation publique...). Ce droit est cessible totalement ou partiellement par
contrat. Il existe également un droit de suite, pour les œuvres graphiques et
plastiques (sculpture, peinture...) qui permet à l’auteur de toucher 3% du prix
des cessions successives de son œuvre. Ce droit, à la différence des autres
attributs patrimoniaux, n’est pas cessible.
8) Quel est la durée de protection des droits patrimoniaux ?
Elle est en principe de 70 ans après le 1er janvier suivant la mort de l’auteur.
Toutefois si on ne peut identifier l’auteur (œuvre pseudonyme ou anonyme) ou
si l’auteur est une personne morale (entreprise), la durée de protection est
ramenée à 70 ans après le 1er janvier qui suit la diffusion de l’œuvre. Certaines
œuvres peuvent également bénéficier d’une protection prolongée si leur auteur
est mort avant ou pendant une des deux guerres mondiales ou s’il est mort «
pour la France ».
8) Quels sont les droits moraux de l’auteur ?
L’auteur bénéficie de droits moraux sur son œuvre. Ils sont incessibles et
perpétuels (ils durent tant que dure la mémoire des hommes dit-on). Il s’agit du
droit de divulgation qui offre à l’auteur le droit exclusif de communiquer son
œuvre (dans les faits, personne ne peut contraindre un auteur à divulguer son
travail, même s’il s’agit d’une œuvre de commande), du droit à la paternité́
(obligation d’associer une œuvre à son auteur, sauf si l’auteur ne le souhaite
pas), du droit au respect et à l’intégrité́ (obligation de représenter ou de
reproduire une œuvre telle qu’elle a entré conçue et en respectant l’esprit de
son auteur), et des droits de retrait et de repentir (possibilité́ offerte à l’auteur,
moyennant un dédommagement préalable, de retirer ou de modifier une œuvre
dont les droit de représentation ou de reproduction ont été cédés).
9) Quelles sont les sanctions en cas de contrefaçon ?
La contrefaçon est le viol d’un droit d’auteur. C’est un délit. Les sanctions sont :
300 000 euros d’amende et 3 ans de prison (600 000 euros d’amende et 6 ans
de prison en cas de récidive).
II – DROIT D’AUTEUR ET CULTURE
1 - Le point sur l’usage et le droit de prêt (Films, jeux, musique)
Le droit de prêt ne concerne pas que les livres. Aujourd’hui, les centres de
documentation, les bibliothèques, les médiathèques proposent également à
leurs adhérents l’accès à des œuvres audiovisuelles (films, concerts et théâtre
filmé, jeux multimédia, musique).
2- Les usages
Ils vont permettre la détermination des montants à payer aux titulaires des
droits d’auteurs ou à ses ayants droit. On peut ici rappeler que « L'auteur d'une
œuvre de l'esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de
propriété́ incorporelle exclusif et opposable à tous ». Ce droit, d’un point de vue
patrimonial comprend la reproduction et la représentation.
3-L’achat
Chacun d’entre nous a la possibilité́ d’acheter un film sur un support quelconque
dans une grande surface par exemple. D’un point de vue juridique l’acheteur
bénéficie alors d’un droit de jouissance lui permettant de représenter l’œuvre
autant de fois qu’il le souhaite dans les limites de son cercle familial et amical.
Aucun autre droit n’est associé à cet acte « d’achat ».
4-Le prêt à titre gratuit
L’établissement acheteur va ici pouvoir prêter, gratuitement, pour un temps
limité un DVD (film...) à un usager qui devra en faire une utilisation privée. Si
certains éditeurs permettent sans surcoût le prêt gratuit, d’autres (la plupart)
l’autorisent moyennant une contrepartie dont le montant varie de 10 à 20 € en
plus du prix de vente des films et autres spectacles filmés.
5- La location
L’emprunt d’un programme va ici donner lieu à une contrepartie financière.
Cette pratique n’a pas cours dans les établissements publics. Le prix d’un
programme destiné à la location est bien entendu supérieur à celui proposé
pour un simple usage privé.
6- La consultation
Il s’agit de la possibilité́ de visionner un programme dans les locaux (principaux
ou rattachés) du centre acquéreur. Ce droit de consultation s’exerce
individuellement ou dans le cadre d’un groupe restreint (5 personnes au plus).
Un complément financier pourra également être demandé pour l’exercice de
ce droit.
7- La projection gratuite
Il s’agit d’une projection gratuite et sans billetterie. Elle doit être organisée
dans les locaux de l’acquéreur (projection extérieure exclue) et réunir 30
personnes au maximum. Aucune publicité́ n’est autorisée en dehors de la
simple information des usagers du centre de documentation ou de la
bibliothèque. Un complément financier pourra être demandé par les ayants
droit.
8- La projection classique
Tout autre type de projection ne répondant pas à la définition de la projection
gratuite. Dans cette hypothèse, une démarche préalable visant à obtenir
l’autorisation des ayants droit devra être entamée. Une démarche en direction
du CNC pourra également être nécessaire.
MODULE 5 : LE DROIT À L’IMAGE
1) Qu’est-ce que le droit à l’image ?
C’est un droit de création jurisprudentielle (il n’a pas de base textuelle) qui
permet à toute personne physique de s’opposer à la reproduction de ses traits.
Il est issu de la notion de vie privée.
2) Qu’est-ce que la notion de vie privée ?
Le droit français offre à chacun la possibilité́ de défendre sa vie privée. Cette
notion n’est pas clairement définie par le droit civil (art. 9 du Code civil). En
revanche, sa violation se trouve précisée par l’art. 226-1 du Code pénal. Cette
dernière stipule que l’enregistrement, la transmission de paroles ou d’images de
personnes prises dans un lieu privé (sans leur consentement) est puni d’un an de
prison et de 45 000 euros d’amende.
3) Peut-on prendre des photos de personnes dans un lieu public ?
A priori, non. Du moins, on peut penser que les personnes concernées pourront
s’opposer à la diffusion de ces images. Toutefois, les juges tentent, de plus en
plus, de trouver un équilibre entre le droit à l’information (principe fondamental
des systèmes démocratiques) et le droit à l’image issu de la notion de vie privée.
Par prudence, il convient néanmoins d’obtenir l’autorisation écrite des
personnes filmées ou photographiées.
4) Quid des photos de foule ?
Si la personne photographiée ou filmée n’est pas l’objet de la prise de vue (foule,
élément secondaire...), on peut envisager que les risques d’être condamné pour
atteinte au droit à l’image sont réduits (sauf si la diffusion de l’image cause un
préjudice certain aux personnes photographiées : consommation de drogues,
ébats sexuels, relations extraconjugales...).
5) Quel est le droit à l’image des propriétaires d’un bien ?
Après une série de décisions judiciaires contradictoires, on peut penser (dans
l’état actuel de la jurisprudence) que le simple fait d’être le propriétaire d’un
bien ne fait pas de vous le propriétaire de son image. En fait, vous ne pouvez-
vous opposer à l’exploitation de cette dernière par un tiers que si cette
exploitation vous empêche de jouir pleinement de votre propriété́
(débarquement de touristes, de voleurs...). En revanche vous pouvez vous
opposer au fait que des personnes entrent dans votre propriété́ pour réaliser des
prises de vues.
6) Existe-il des droits d’auteurs sur les biens immobiliers ?
Il existe en effet des droits d’auteurs sur un bien immobilier. Le plus souvent ces
derniers sont exercés par l’architecte. Dès lors, la reproduction d’un immeuble
(photo, film) doit s’accompagner du respect du droit moral (le nom de l’auteur
doit être précisé sous chaque reproduction de son œuvre) et du respect des
droits patrimoniaux s’ils perdurent (autorisation initiale du titulaire des droits).
I- CADRE JURIDIQUE DU DROIT A L’IMAGE
L’utilisation croissante de l’informatique et de l’internet implique une utilisation
croissante d’images confectionnées par les établissements ou captées par
scanner ou réseau.
Le cadre juridique touchant l’image est complexe, car il fait intervenir plusieurs
corpus juridiques : droit pénal, droit civil, droit de la propriété́ intellectuelle, droit
administratif. Les responsables pédagogiques et juridiques des établissements
doivent tenir compte de l’ensemble des interactions entre les acteurs du
système pour garantir l’institution et ses responsables, ainsi que les usagers du
service, dans leurs droits. Il s’agit donc de définir les connaissances à avoir pour
développer une culture professionnelle par rapport à l’utilisation d’images, celle-
ci ne se faisant pas uniquement dans le cadre des technologies de l’information.
II – Risques juridiques liés l’utilisation illégale ou irrégulière de l’image
L’utilisation non autorisée d’images de choses ou de personnes fait courir à
l’utilisateur le risque d’être condamné civilement et pénalement. De plus, la
qualité́ de fonctionnaire peut être perdue à l’occasion d’une condamnation.
1. Risque civil
L’article 9 du Code civil français stipule : « Chacun a droit au respect de sa vie
privée (loi du 17 juillet 1970 tendant à renforcer la garantie des droits individuels
des citoyens). Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage
subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à
empêcher ou faire cesser une atteinte à l’intimité́ de la vie privée : ces mesures
peuvent, s’il y a urgence, être ordonnées en réfèré. » L’usage, sans son
autorisation, de l’image d’une personne dans le cadre de sa vie privée peut donc
entrainer la mise en cause de la responsabilité́ de l’utilisateur. Il faut pour cela
que la preuve de l’existence d’un préjudice constitutif d’une atteinte à la vie
privée soit faite
2. Risque pénal
L’intention de nuire n’est pas obligatoirement nécessaire à la pénalisation d’une
atteinte à l’image d’une personne. « Tout fait quelconque de l’homme qui cause
à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer »
Cet article peut être invoqué par toute victime d’un préjudice quelles que soient
les circonstances, toutefois, pour obtenir réparation, la victime doit apporter la
preuve de trois éléments :
• - la faute ;
• - le dommage ;
• - le lien de causalité́
La faute lourde est la faute commise avec intention de nuire. L’usage de l’image
d’une personne avec intention de nuire est donc passible de plusieurs sanctions
pénales :
1. Eléments protégés juridiquement
En France, le nom est certainement l’élément fondateur de la personnalité́.
Accolé au prénom, voire aux prénoms, il définit l’identité́ de l’individu, celle-ci
pouvant être précisée par des éléments physiques : taille, couleur des yeux,
signes distinctifs (grains de beauté́, taches cutanées, handicaps, ...). Cependant,
le nom et le ou les prénoms ne suffisent pas à définir la personnalité́.
Il faut garder à l’esprit que le nom n’est pas forcément le moyen unique
d’identification de l’individu.
Outre le nom, la voix, les empreintes digitales de l’individu sont des éléments
caractéristiques de sa personnalité́ protèges par le droit.
2. Eléments difficilement protégeables
Au sens commun, la personnalité́ d’un individu ne se résume pas à son nom ou
à ses caractéristiques physiques mesurables par des appareils scientifiques.
Ainsi, l’image que va vouloir renvoyer un individu peut être considérée comme
un élément de sa personnalité́ : un tel portera presque toujours une chemise
blanche largement ouverte, d’autres ne se vêtiront que de bleu ou de rose.
Si ces caractéristiques sont facilement identifiables par le commun des mortels,
elles ne sont cependant pas des éléments constitutifs de la personnalité́ au sens
juridique. Elles sont des éléments extérieurs à l’individu, à sa substantifique
moelle, à son essence.