Thabita Botegra : L'Arbitrage au Féminin en RDC
Thabita Botegra : L'Arbitrage au Féminin en RDC
Arbitre centrale au niveau national, Thabita Botegra a dirigé la finale de la 108e édition
de l’Entente Provinciale de Football de Kinshasa (Epfkin), remportée par le FC Mweka face
à Nouvelle Vie Bomoko (2-1), dans une cérémonie haute en couleur organisée par
Illicocash.
CLM : Justement, parlons de la Ligue 1. Vous y avez récemment intégré quelques matchs
en tant qu’arbitre nationale. Par rapport à l’Epfkin, qu’en pensez-vous ?
TB : C’est vrai que c’est le championnat d’élite. L’intensité y est différente par rapport
aux divisions inférieures, mais on vit aussi des matchs tout aussi intenses à l’Epfkin.
CLM : Avant d’atteindre l’élite, comment tout a commencé ? L’arbitrage est-il venu à
vous, ou l’inverse ?
TB : C’est l’amour du football qui a tout changé. Ma famille voyait d’un mauvais œil le fait
que je veuille devenir footballeuse. C’est grâce à un concours d’arbitrage organisé à
l’Université Pédagogique Nationale, où j’ai été inscrite par l’un de mes formateurs, M.
Denis Bemanga – à qui je dois une immense reconnaissance. Il m’a dit une phrase restée
gravée en moi : « Je ferai de toi une grande dame. »
En 2020, lorsque la formation a commencé, il m’a inscrite. Sur 20 candidats, j’étais la
seule retenue. C’est ainsi que j’ai débuté, dans les ententes de Lupopo, Kilimani,
Lukunga, où j’ai eu la grâce d’être plébiscitée meilleure arbitre de la saison à plusieurs
reprises.
CLM : Lors de la finale de cette édition 2024-2025 de l’Epfkin, au stade Tata Raphaël,
vous étiez à nouveau maîtresse du jeu. Ce fut une belle finale, bien que les supporters
aient tenté de la gâcher par des troubles et des insultes. Comment gérez-vous la relation
avec les supporters, sur et en dehors du terrain ?
TB : Peu de gens comprennent ou connaissent réellement les règles du jeu, encore moins
les nouvelles règles ou les critères d’appréciation propres à chaque situation. Nous
devons prendre des décisions en quelques secondes. On fait face à des agressions aussi,
malheureusement. Mais c’est dans l’arbitrage que je trouve ma plus grande joie.
Lors de cette finale, certains ont tenté de gâcher une belle cérémonie de remise des
médailles et du trophée. Le danger est plus grand dans les ententes à cause des
conditions des terrains et de la proximité avec les supporters. Même dans des stades
reconnus, des arbitres se font encore tabasser. Espérons que cela change.
CLM : L’objectif, c’est devenir arbitre internationale. Avez-vous les moyens d’y parvenir ?
TB : L’ascension dépend de la qualité de nos prestations. Pour être promue au niveau
international, chaque match compte. Les supporters doivent comprendre que c’est notre
métier et que chaque rencontre est une opportunité mais aussi un jugement sur notre
avenir. Moi, je vis chaque match comme si c’était le plus décisif de ma carrière.
CLM : Un match en Illicocash L1 que vous avez particulièrement apprécié cette saison ?
TB : Simba de Kolwezi contre Sanga Balende. On avait bien arbitré, ça s’est terminé sur
un score d’un but partout. Même si je dois avouer que pour mon tout premier match en
Ligue 1, j’étais morte de trac (rires).
CLM : Et si je vous dis “Epfkin”, quel est votre premier souvenir de match ?
TB : La finale entre l’AC Mbudi et le RC Bumbu.
Ou Foot ! ou Éducation
Un choix qui divise encore…
C’est un dilemme qui sépare bien des jeunes de leur famille. Autrefois plus répandu, le
choix du football comme voie de carrière était souvent perçu comme incertain, voire
risqué. Mais aujourd’hui, avec l’essor du foot business, qui combine sport et éducation, la
donne a changé. Ce modèle fonctionne avec succès à l’étranger, et même dans plusieurs
pays africains. En RDC, le débat reste vif, principalement à cause du manque de
structures permettant de lier sport et études. Car en cas d’échec dans le football, l’avenir
peut sembler compromis.
Emmanuel Josart Ntumba, lui aussi, a connu ce bras de fer familial. Il a dû faire un choix :
les études ou le football. Et c’est finalement le ballon rond qui a eu gain de cause. Depuis
trois saisons, il évolue à l’AS Simba de Kolwezi, où sa polyvalence lui a permis de
s’imposer comme l’un des attaquants phares des "Kamikazes".
De passage à Kinshasa, dans le cadre des playoffs du championnat national IllicoCash L1,
il nous a reçus entre deux entraînements, dans leur QG kinois. Il revient sur son parcours,
le combat pour faire accepter son choix, et ses ambitions.
EJN : Bonjour Les Coulisses. À un moment, ma famille m’a presque tourné le dos. Elle ne
voulait plus entendre parler de football. Personne ne me soutenait (rires). Ce n’était pas
par méchanceté, mais parce qu’ils voulaient que je devienne universitaire, notamment en
math-info vu mon potentiel. Mais quand un tel dilemme se présente, la passion l’emporte
toujours. Et lorsqu’on comprend que la seule voie pour exister dans la société, c’est le
football, on se sacrifie, on travaille dur, et avec l’aide du ciel, on avance. Même si le
chemin est encore long.
EJN : Ce surnom vient du fait que j’étais très fragile à mes débuts, surtout en catégories
de jeunes. En arrivant en 3e division, mon grand frère, un ancien de la JSK, m’a poussé à
développer un vrai impact physique. Il ne me ménageait pas à l’entraînement. J’ai dû
durcir mon jeu, gagner mes duels, être plus agressif. Sans abnégation, on n’y arrive pas.
Et d’ailleurs, on n’y est pas encore totalement.
EJN : Le comité dirigé par Madame la présidente Fifi Masuka fait tout pour qu’on soit dans
de bonnes conditions. Depuis mon arrivée, il y a trois ans, je me sens bien.
CLM : Le challenge, c’était d’amener l’AS Simba en playoffs. C’est fait. Mais aujourd’hui,
la qualification pour les interclubs de la CAF semble loin. Parle-nous du niveau de la Ligue
1 congolaise.
EJN : La L1 est un championnat exigeant. En playoffs, on affronte des clubs très solides,
qu’on n’a pas rencontrés en phase classique. Mais il y a encore la Coupe du Congo, et on
peut toujours rêver d’Afrique.
EJN : C’est inimaginable ! Lors de notre match contre FC Tanganyika, j’ai marqué dans les
dernières minutes, et le public a envahi le terrain. Une ambiance incroyable. Ce public est
extraordinaire.
EJN : (Rires) C’est à cause de mon impact physique et ma capacité à conserver le ballon.
Mais niveau taille, je suis bien plus élancé que lui.
EJN : Les blessures… Heureusement, elles sont rares, mais quand ça arrive, c’est long à
guérir et très stressant. Le meilleur souvenir, c’est de marquer contre les grands clubs.
C’est dans mon ADN.
EJN : Le championnat français ! Ça fait longtemps qu’un Congolais ne s’est pas vraiment
imposé là-bas. J’aimerais relever ce défi.
Ils ont finalement terminé 9e avec 17 points. Une phase de playoffs compliquée pour
Emmanuel Josart Ntumba, qui n’a pas trouvé le chemin des filets comme en phase
classique. Mais l’ambition est toujours là. Le rêve aussi.
À Kinshasa, deux clubs promus ont fait sensation dès le lancement du championnat
national Illicocash L1 : l’un s’est illustré par ses individualités, l’autre par sa force
collective.
Pour sa première saison dans l’élite du championnat national Illicocash L1, New Jak FC —
basé dans la commune de Kintambo — a marqué les esprits. Arborant les couleurs jaune
et bleu, le club a livré une bataille acharnée en Ligue 2, décrochant son ticket pour la
Ligue 1 lors d’un sprint final face à un autre club de Kintambo, le FC Didjak. Une montée
rendue possible grâce au travail du coach Dido Nzita, qui a conduit ses hommes vers
cette première expérience dans l’élite.
Le parcours en Ligue 1 n’a cependant pas été de tout repos. New Jak FC a connu des
moments difficiles, luttant pour le maintien jusqu’à la dernière minute.
Entretien avec Dido Nzita, entraîneur principal
DN :
« Le chemin fut difficile. Dès notre arrivée en Ligue 2, nous avons affronté des clubs
expérimentés comme le FC MK. Mais en travaillant d’arrache-pied pendant trois ans, nous
avons atteint notre objectif. »
CLM : Cette première participation semble compliquée. Vous êtes en bas du classement
provisoire, avec un risque de relégation. Quel est l’objectif ?
DN :
« C’est une année d’apprentissage. C’est comme un enfant qui passe du primaire aux
humanités : le choc est réel. La Ligue 1, c’est un autre niveau avec des clubs comme V.
Club ou Maniema Union. Mais nous ferons tout pour nous maintenir. »
Dès le début de la saison, un talent s’est rapidement imposé : Jonathan Bola Boto, l’un
des meilleurs buteurs de la phase aller du groupe B.
DN :
« Bola Boto est une fierté. Il est talentueux, travailleur, et mérite vraiment une place en
équipe nationale A’. »
CLM : Bonjour Bola Boto. Beaucoup t’ont découvert cette saison. Peux-tu nous parler de
ton parcours ?
JBB :
« Bonjour. Comme beaucoup d’enfants de Kinshasa, j’ai commencé dans la rue. J’ai
évolué chez les juniors de l’AC Kora, puis au Patronage. Ensuite, j’ai joué au FC Alvic en
3e division, avec qui nous avons atteint la 1re division. Après un passage à Idumu, j’ai
rejoint New Jak une première fois, puis Maniema Union et les Dauphins Noirs. C’est là que
mon nom a commencé à circuler, avec trois titres d’homme du match. »
JBB :
« J’aime le style de Neymar : le dribble, la vitesse, les gestes techniques. J’aime
m’amuser sur le terrain. »
CLM : Tu es parmi les meilleurs buteurs de cette phase. Est-ce une surprise ?
JBB :
« J’ai toujours eu l’instinct de buteur. À mon retour à New Jak en Ligue 2, il restait deux
matchs avant la trêve : j’ai inscrit 7 buts et délivré 8 passes décisives. Même dans les
divisions inférieures, j’aimais déjà marquer. »
JBB :
« Je ne m’y attendais pas. J’étais sur la liste des réservistes du sélectionneur Otis Ngoma.
Une place s’est libérée, et j’ai été appelé. J’ai joué 74 minutes en Côte d’Ivoire lors des
éliminatoires du CHAN. Je voulais marquer, mais ce sera pour une autre fois. »
JBB :
« Pour l’instant, je suis joueur de New Jak. »
Parmi les individualités marquantes figure Jonathan Bindanda, surnommé Tolisso, milieu
de terrain et maître à jouer du club. Contrairement à certains de ses coéquipiers, il a déjà
connu la Ligue 1.
CLM : Bonjour Jonathan. Une brève présentation pour ceux qui ne te connaissent pas ?
JB :
« Bonjour. Je suis milieu offensif à New Jak FC. On m’appelle Tolisso. »
JB :
« Énormément. J’ai joué l’élite avec les Dauphins Noirs, aux côtés de Bola Boto. On avait
fait une belle saison. J’essaie de transmettre cette expérience au groupe, même si ce
n’est pas toujours évident. »
JB :
« Bien sûr. On joue tous avec cet objectif. La convocation de Bola montre que le mérite
compte. J’espère aussi avoir ma chance. »
Capitaine de l’équipe, Michee Kazadi a vécu les trois montées successives avec New Jak
FC. Malgré la saison difficile, il reste confiant.
MK :
« L’ambiance reste bonne malgré les défaites. J’ai vécu les trois montées : EPFKIN, Ligue
2, puis Ligue 1. C’est déjà une prouesse pour ce club. On va se battre pour rester en L1. »
Conclusion
Le play-down décidera du sort de New Jak FC pour la saison 2025–2026. Mais, quelle que
soit l’issue, leur passage en Ligue 1 n’aura pas été insignifiant. Quant à Jonathan Bola
Boto, il terminera la saison chez les Immaculés du DCMP pour les play-offs, même si ses
performances récentes n’ont pas encore totalement convaincu.
Première saison à l'élite, première qualification, ils ont étaient à la hauteur de la phase
classique en terminant parmi les 6 qualifiés de la poule B, avec hargne, mais aussi avec
des talent inouï à l'instar de Tony Talasi (AF Anges Verts) : 6 buts avec à la clé une
sélection chez les U20 lors de la dernière Can de la spécialité, ou encore Josué Lofoy
Afankoy (AF Anges Verts) : 5 buts.
Si la phase des playoff n'a pas était une réussite pour les anges, ils auront au moins
marqué cette saison 2024-2025, qui a était riche en surprise et émotion.
Mr L'arbitre le 1e Homme
Objet d’éternel débat, les décisions de Monsieur l’Arbitre — assisté d’hommes ou de la
technologie — sont toujours sujettes à controverse.
Au-delà des équipements de qualité offerts, le sponsor du championnat pour les cinq
prochaines années entend également prendre en charge le corps arbitral à tous les
niveaux, afin de garantir un spectacle équitable — car cela engage aussi son image.
Arbitre, un métier à part entière, exercé aujourd’hui par Elaeïs Tomakwiza, internationale
congolaise
CLM : Bonjour Elaeïs. Trois ans après notre dernière interview où vous étiez encore à vos
débuts, vous êtes aujourd’hui arbitre internationale. Cette progression a-t-elle été rapide
ou naturelle ?
ET : Bonjour. Pour moi, c’est une grâce de Dieu. Mon ascension a été rapide. Je suis
devenue arbitre internationale très vite. Aujourd’hui, grâce aussi aux formations mises à
disposition par la CAF, je peux arbitrer n’importe quel match. Mais je reste prudente : on
avance étape par étape.
CLM : Entre-temps, vous avez officié dans des matchs du championnat Illicocash Ligue 1,
le plus haut niveau du football congolais.
CLM : Le championnat porte désormais le nom Illicocash L1 et offre aux arbitres des outils
modernes. Quelle est, selon vous, la place de la technologie dans votre travail aujourd’hui
?
CLM : Et la violence dans les stades ? Comment la vivez-vous, surtout en tant que femme
arbitre ? En avez-vous déjà été victime ?
ET : Oui, une fois, lors d’un match de l’Epfkin. Même si je n’avais rien à me reprocher, j’ai
été agressée. Mais je savais que ce risque existait. On m’a toujours dit que si on est juste
et de bonne foi, il n’y a rien à craindre. Malheureusement, certains supporters réagissent
avec fanatisme, sans objectivité. Il nous faut davantage de protection : nous sommes
aussi des athlètes.
BN : C’est un travail colossal. La psychologie des supporters est telle que, si l’on vous voit
parler à un dirigeant — même sans lien avec le match — on vous suspecte
immédiatement. Il est donc essentiel que chaque acteur joue son rôle pour encadrer les
fanatiques.
CLM : Vous êtes aussi président d’une association de défense des droits des arbitres.
Quelle est votre approche face à l’insécurité croissante ?
BN : Nous envisageons des rencontres entre notre structure et les supporters des clubs
pour échanger sur les nouvelles et anciennes règles. Le but est de mieux faire
comprendre nos décisions.
CLM : Vous avez un parcours élogieux, avec plusieurs participations à la CAN comme
arbitre de touche. D’après vous, qu’est-ce qui fait un bon arbitre ?
CLM : En tant que membre de la commission d’arbitrage à la CAF, que peut-on attendre
de vous ?
OS : Je ne suis qu’un membre, mais nous travaillons déjà à mettre en place des réformes
pour faire émerger de jeunes arbitres congolais à l’échelle continentale et mondiale. Ceux
qui dirigeront le football congolais demain doivent s’engager à éradiquer cette gangrène.
J’ai moi-même vécu des scènes de corruption, où, même après un bon match, une main
noire venait en modifier l’issue. Ce mal est profondément enraciné, mais il faut le
combattre, sinon notre football disparaîtra.
OS : Peut-être. Je suis déjà vice-président de la ligue du Nord-Kivu. Mais ce qui est certain,
c’est que je figurerai sur une liste.
S’il y a 11 hommes sur le terrain, un 12ᵉ dans les tribunes et un 13ᵉ sur le banc, alors
rappelons que Monsieur l’arbitre est bien le 1er homme d’un match de football. Car c’est
son jugement qui, en fin de compte, déterminera l’issue de la rencontre.
Le 31 mars 2025, dans l’enceinte de l’espace de travail Silikin Village, situé dans la
commune de Kintambo, Bosco-Michel Mwehu Kofela a dressé le bilan de ses huit années
passées à la tête de la Ligue Nationale de Football (Linafoot). Un récapitulatif de son
mandat, qui a largement dépassé les objectifs assignés lors de sa nomination en 2017
par Constant Omari, alors président de la Fédération Congolaise de Football Association
(FECOFA).
« J’ai souhaité réunir mes amis de la presse ainsi que certains membres de la
commission de gestion de la Linafoot, non pas pour annoncer mon départ — cela est déjà
acté, puisque je ne suis pas candidat et les listes ont été publiées — mais pour dresser un
bilan depuis notre arrivée jusqu’à ce jour de départ. »
La mission
BM :
« Nous avions reçu trois missions principales après que le président Omari ait constaté
un désordre profond entre les clubs et l’ancien comité de la Linafoot, dirigé à l’époque, je
crois, par Jeph Kapondo.
La première mission consistait à créer un championnat d’élite direct, exigé par la CAF
pour les clubs représentant leur pays aux compétitions interclubs.
La deuxième était de mettre en place une Ligue 2, avec l’objectif, à long terme, de la
rendre également directe pour réguler les montées et descentes.
Enfin, il s’agissait de faciliter aux clubs l’obtention des licences CAF, ce qui impliquait de
nombreuses réformes nécessaires à l’évolution du football national. »
Il poursuit :
« Nous avons réussi à lancer ce championnat direct, grâce notamment au partenaire que
le président Omari nous avait laissé : Vodacom.
Malheureusement, plusieurs contraintes, souvent hors de notre portée, ont ralenti les
réformes : manque de moyens logistiques, absence de compagnies aériennes
disponibles, et faibles ressources financières des clubs.
Sans oublier la pandémie de COVID-19, qui nous a obligés à suspendre le championnat.
À l’arrivée du Comité de Normalisation (CONOR) à la saison 2022-2023, notre partenaire
s’est retiré.
Nous avons continué sans sponsor, soutenus quelque temps par le gouvernement, mais
cette subvention a été interrompue sans explication.
Le CONOR de la FECOFA a donc déclaré une saison blanche, les clubs étant incapables de
continuer sans appui financier. »
BM :
« Durant la saison 2023-2024, nous avons de nouveau travaillé sans partenaire, avec des
moyens limités. Mais comme en 2018, nous avons désigné le champion sur le terrain.
La cérémonie de sacre du TP Mazembe en 2024 à Lubumbashi fut rendue possible grâce
à un partenariat amorcé avec Illicocash, sollicité initialement pour gérer la billetterie des
playoffs.
Cette expérience fut enrichissante : nous avons enregistré des pics de recettes jamais
atteints depuis notre arrivée à la Linafoot.
Nous avons alors envisagé un partenariat à long terme, qui a abouti à la signature du
naming du championnat : désormais, Illicocash Ligue 1. »
« Pour la saison 2024-2025, Illicocash nous a octroyé 780 000 dollars, une somme
supérieure à celle de notre ancien partenaire.
Déjà lors de la saison précédente, avant même la signature, Illicocash nous avait avancé
170 000 dollars en deux tranches, nous permettant de clôturer la saison. »
« Huit années à la tête de la Linafoot ont été épuisantes. J’ai donc choisi de ne pas me
représenter, pour me reposer et passer du temps avec ma famille.
Mais avant de partir, nous avons voulu garantir la continuité : nous avons signé un
contrat de cinq ans avec Illicocash.
Jusqu’en 2030, le championnat portera leur nom. Ils se sont engagés à augmenter la
contribution annuelle jusqu’à 1 million de dollars, et à revaloriser la récompense du
champion, qui percevra 150 000 dollars dès cette saison. »
Questions-réponses
« Président, est-ce que votre non-candidature est due à des pressions de certains
présidents de clubs ? Et pourquoi signer un contrat de cinq ans avant l’installation du
nouveau comité ? »
BM :
« Je suis habitué aux pressions. Clubs, présidents, supporters… tout le monde en exerce
à un moment ou à un autre.
Mais je ne cède jamais, tant que mes décisions sont fondées sur les textes légaux.
Quant au contrat, Illicocash a exigé que la signature se fasse sous ma présidence, car ils
avaient confiance en ma gestion, sur la base de nos expériences précédentes. »
BM :
« L’affaire du joueur Matutala m’a profondément marqué. J’ai été suspendu malgré des
décisions fondées sur les textes et les preuves.
Heureusement, une fois V. Club rétabli dans ses droits, j’ai été réhabilité, avec le
secrétaire M. Luzizila.
Ce qui m’a le plus réjoui, c’est que malgré les accusations, nous sommes sortis indemnes
et intègres. »
Junior Bopema :
« Président, partez-vous car vous êtes fatigué ou parce que vous visez un poste plus
élevé ? La présidence de la FECOFA, peut-être ? »
BM :
« Chaque individu a des ambitions. Peut-être un jour, oui. Mais pour l’instant, je veux me
ressourcer. »
Conclusion
La Ligue Nationale de Football entre dans une nouvelle ère avec un nouveau comité.
Bosco-Michel Mwehu Kofela aura marqué de son empreinte le football congolais.
Quoi qu’on puisse dire de l’homme, son intégrité, son impartialité et son sens du
management manqueront à la Linafoot.
L’histoire retiendra qu’il a été nommé pour une mission… et qu’il l’a accomplie
pleinement.
Une page se tourne. Espérons qu’une nouvelle s’ouvrira bientôt pour lui dans le monde
du football congolais, car son expérience reste précieuse.
Les Hommes du match
Loin d’être une première dans le championnat national, le trophée de l’Homme du Match
a pourtant eu un impact inédit, tant sur l’opinion publique que sur les performances des
joueurs. Il s’est imposé comme un véritable moteur de motivation : les athlètes se
challengent désormais pour remporter le plus grand nombre de trophées, remis par la
mascotte du championnat Illicocash Ligue 1.
Ce geste du sponsor Illicocash — qui avait déjà apporté son soutien à l’arbitrage — est
donc salutaire. Comme lors de la phase aller, les récompenses sont versées à la fin de
chaque phase.
Témoignages de joueurs
CLM : Il a été l’une des révélations du groupe B durant la phase classique. Paul Mata,
gardien de but du New Jak FC, a réalisé de nombreuses parades décisives qui lui ont valu
plusieurs distinctions d’Homme du Match. Issu d’une famille de footballeurs, ce jeune
talent rêve en grand.
CLM : Bonjour Djogo. Deux fois Homme du Match, ce n’est pas courant pour un gardien.
Comment as-tu accueilli cette distinction ?
Paul Mata (PM) : Bonjour ! J’ai ressenti une immense fierté. La première fois, j’ai été très
honoré, et cela m’a tellement motivé que j’en ai décroché un second. Jouer la Ligue 1
Illicocash, c’est déjà un aboutissement. Mon père était aussi footballeur, même s’il n’a
pas atteint ce niveau. Mes frères le sont également — nous sommes trois gardiens dans
la famille.
CLM : Pour Jonathan Bindanda (JB), ce trophée est devenu un défi entre joueurs.
JB : On se suit entre nous, on se challenge pour savoir qui en aura le plus. C’est aussi un
enjeu financier important. J’ai gagné le mien face à Dauphins Noirs, ici à Kinshasa. Je
n’étais pas titulaire, le coach m’a lancé en seconde période — il savait que j’étais un
ancien du club. J’ai marqué et délivré une passe décisive à Bola Boto.
CLM : Jonathan Bola Boto (JBB), lui aussi, connaît bien cette reconnaissance : deux
trophées cette saison, plus un obtenu avant l’arrivée d’Illicocash.
JBB : Ce sont des trophées qu’on expose fièrement chez soi. Ils reflètent le joueur que l’on
est. Certains ont vraiment un impact sur le jeu, ils sortent du lot. À Dauphins Noirs, j’étais
souvent plébiscité, mais il n’y avait pas de trophées à l’époque. Aucune reconnaissance.
Ce genre d’initiative est crucial pour nous.
Une première saison marquée par le naming, avec un investissement conséquent. Mais
pour construire une image de marque forte, aucun prix n’est trop élevé. Durant la phase
classique — aller et retour confondus —, 282 trophées ont été distribués, à l’exception de
15 matchs annulés pour cause de forfaits ou de litiges. Chaque trophée a un coût de
production, auquel s’ajoute une prime pour le joueur récompensé.
La phase de play-offs, elle, ne comptera que 17 journées au lieu de 22, en raison d’un
calendrier surchargé jusqu’au 30 juin 2025, date limite de la dérogation accordée par le
ministère des Sports.
Parmi ces mécanismes figure le Fonds pour la promotion du sport. Cette structure a déjà
prouvé son efficacité ailleurs, car elle met en place un système de prélèvements réguliers
auprès de diverses structures, publiques ou privées. Les pourcentages ainsi collectés sont
ensuite réorientés vers un fonds spécifique, réinvesti pour le développement ciblé de
certains secteurs du sport.
Le coup de génie
Cette loi encourage la mise en place de telles structures, en incitant les entreprises à
investir dans le développement du sport en échange d’allègements fiscaux. Ces
avantages fiscaux pourraient ensuite être réinjectés dans le fonds afin de financer des
projets au bénéfice du sport national. Ce fonds ferait ainsi le lien entre la législation, la
fiscalité et le développement des projets sportifs.
Le Diko Foot
Diko Foot – Le langage du football congolais
Les expressions footballistiques ont tellement évolué à travers le monde. Issues des
commentateurs, des journalistes ou encore des noms de joueurs ayant marqué l’histoire
grâce à un geste technique devenu légendaire — comme la "Madjer", apparue en 1987
lors de la finale de la Coupe des clubs champions entre le Bayern Munich et le FC Porto.
Alors que Porto était mené 1-0 depuis la 25e minute par un but de Kögl, Rabah Madjer,
international algérien, égalisa à la 78e minute d’une talonnade mémorable. Quelques
minutes plus tard, Porto inscrivait le but de la victoire.
En RDC, le football et les footballeurs ont aussi modelé le langage des sportifs et de la
population en général. Certains joueurs ont vu leurs gestes techniques devenir
légendaires. Dans les stades, les supporters ont développé un vocabulaire propre, qui
s’est même étendu à d'autres disciplines, créant un langage sportif généralisé.
DJOGO
Wadol / Ndembo
Magenda
Utilisé lorsqu’une équipe subit une lourde défaite, notamment avec plus de trois buts
encaissés.
Nzombo
Tiphoïde
Etabe
Signifie "banane" (en français), une expression désignant un centre offensif parfaitement
exécuté, généralement par un ailier ou un latéral, avec une trajectoire courbe.
Ngidi
Ngiza
Imite la sonorité produite lorsqu’une balle touche la barre transversale ou le poteau avant
de finir au fond des filets. Ce bruit singulier est devenu une expression courante.
Mobombo
Son surnom provient d’une publicité célèbre de l’époque pour la bière Doppel Munich.
Korando
La 30e
Illicocash L1 : Un nouveau départ pour la 30e édition du championnat d’élite de la RDC
La 30ᵉ édition du championnat national de la RDC, désormais baptisé Illicocash L1, a été
officialisée ce lundi 9 septembre 2024, à travers un partenariat entre la Fédération
Congolaise de Football Association (FECOFA) et Illicocash, nouveau sponsor titre de la
compétition.
À deux semaines du coup d’envoi, une question hante déjà l’esprit des supporters
congolais : Qui succédera au TP Mazembe, champion en titre ?
Le championnat se jouera selon le même format que la saison précédente : deux phases,
classique et play-off/play-down, avec 25 clubs répartis en deux groupes (12 pour le
groupe A, 13 pour le groupe B).
La cérémonie d’officialisation
La presse sportive nationale, les dirigeants de la FECOFA et les responsables d’Illicocash
étaient réunis pour sceller ce partenariat stratégique.
Innocent Kibundulu, secrétaire général du comité de normalisation de la FECOFA, a
exprimé sa satisfaction :
Il précise que :
Les rapports des arbitres seront digitalisés, permettant une homologation rapide des
résultats et une mise à jour quotidienne du classement.
60 arbitres seront retenus pour l’élite, tous habillés par Illicocash dès cette saison.
Le trophée "Homme du Match" sera désormais remis sur tous les terrains, et non plus
uniquement à Kinshasa. La presse participera à sa désignation.
Chaque club recevra une quote-part de la cagnotte globale mise à disposition par
Illicocash.
J’adore Muanda, chargé des événements pour Illicocash, insiste sur l’impact national du
projet :
Giggs Nlandu (Digital Congo) et Edo Kiakumbuta (RTVS1), journalistes sportifs, ont
également réagi :
GN :
EK :
Essentiel dans une compétition, le terrain est réservé aux joueurs, tandis que les gradins
sont occupés par les supporters. Parmi ces derniers, on retrouve une catégorie bien
particulière : les animateurs.
Quand tout le monde peut se taire après un but encaissé, eux continuent de chanter.
Quand l’équipe perd, ils persistent à encourager. Ce sont les membres du groupe
d’animation, les animateurs.
Le CLM a ouvert ses portes à l’un des plus emblématiques d’entre eux. Depuis Godjila et
Evoloko, il s’est imposé comme une figure de l’animation au sein de l’AS VClub, intégrant
même le cercle restreint des animateurs qui accompagnent les Léopards. Il s’agit de
Seignor, alias Mundele Ndundu, de son vrai nom Matondo Matoumona Joli. Il a répondu à
nos questions.
CLM : Bonjour. Nous avons appris que vous avez un très bon parcours scolaire et
académique. Vous êtes même fonctionnaire de l’État congolais. Comment avez-vous
basculé dans l’animation ?
MN : Bonjour, merci pour l’invitation. Je suis avant tout un passionné de sport. J’ai
pratiqué plusieurs disciplines, comme le football, le judo... De plus, je suis issu d’une
famille de fervents VClubiens. Et comme j’ai toujours aimé mettre de l’ambiance, même à
l’école, au stade je m’exprimais spontanément en chant et en danse, tout en étant un
simple supporter, sans appartenir à un groupe d’animation.
Le déclic a eu lieu lors d’un match de VClub, sous la présidence d’Amisi. Il y a eu une
coupure d’électricité au stade Tata Raphaël. Nous étions plongés dans le noir pendant
longtemps. De manière spontanée, les supporters de Vita ont commencé à chanter pour
maintenir l’ambiance et motiver les joueurs. Une chanson en particulier a été entonnée
(*), et comme par miracle, les projecteurs se sont rallumés.
Emporté par l’émotion, j’ai rejoint le groupe d’animation dirigé à l’époque par feu Godjila.
On a chanté et dansé. Le public m’a tout de suite adopté avec la fameuse chanson
"Mundele Ndundu". À la fin du match, le président du groupe m’a demandé de revenir…
et tout est parti de là.
CLM : Quelle est la différence entre vous, membres du groupe d’animation, et les autres
supporters ?
MN : On a tous le même objectif : soutenir l’équipe. La différence, c’est que nous, nous
sommes équipés d’instruments, et nous chantons pendant 90 minutes, voire 120
minutes, peu importe le résultat du match.
CLM : Et comment faites-vous pour maintenir cette cadence, entre les chansons, les
séquences… ?
MN : L’ambiance dans les stades est spéciale. Il y a une vraie rivalité entre clubs. Pour
certains supporters, il est inconcevable d’avoir des relations amicales avec un membre
d’un club rival, même en dehors du terrain. Mais ce n’était qu’un malentendu, qui a
depuis été réglé. Je suis VClubien, et je le resterai.
À l’époque du feu président Godjila, j’ai failli tout abandonner. J’étais nouveau dans le
groupe et une activité exclusive à certains anciens membres m’avait été confiée. Par
naïveté, j’ai partagé l’information avec d’autres non conviés. Le président m’a crié dessus
comme jamais auparavant. Il m’a même privé de transport. J’ai dû rentrer à pied, un long
trajet, avec le tambour sur l’épaule. C’était éprouvant. Mais j’ai tenu bon. Aujourd’hui,
c’est à mon tour d’encadrer les jeunes.
MN : Mon premier voyage avec l’équipe nationale, Seignor, c’était au Cameroun. C’est
aussi là que j’ai obtenu mon premier passeport. De retour chez mes parents, je ne savais
pas comment l’annoncer à mon père, qui n’acceptait pas que je sois animateur. Mais
quand je lui ai dit que je partais pour le Cameroun avec la sélection nationale, il m’a
regardé, et m’a encouragé. À partir de là, j’ai compris que l’animation pouvait devenir
mon métier.
CLM : Vous êtes souvent pris en charge lors de vos déplacements. Mais en termes de
revenu, avez-vous déjà été satisfait ?
CLM : Beaucoup d’expériences… mais quel est, selon vous, l’apport le plus significatif de
ce métier ?
Je suis d’ailleurs un des rares animateurs dont le public a rendu populaire à travers une
chanson devenue virale dans tous les stades. Et pour aller plus loin, nous avons créé le
AARD Congolais, l’Association des Animateurs de la République Démocratique du Congo,
qui fédère toutes les structures d’animation des clubs. L’objectif est de nous organiser
sérieusement.
CLM : Depuis quelque temps, on a l’impression que le groupe d’animation des VClubiens
est en retrait. Le FC Renaissance semble avoir pris le relais en termes d’ambiance et de
créativité.
MN : Nous sommes toujours là, et ils le savent. Les Moscovites sont des bosseurs. Il existe
même des compétitions entre animateurs des différents clubs kinois, avec un jury
indépendant. Nous avons été les premiers à y participer. Donc oui, nous sommes toujours
bien présents.
CLM : Merci.
MN : Merci à vous.
Les Faits de la saison : 25 clubs au lancement, 12 a l'arrivé
Ils étaient 25 clubs au lancement de la 30ᵉ édition du championnat national IllicoCash L1.
La phase classique s’est achevée le week-end du 10 au 13 avril 2025, avec 12 clubs
qualifiés, soit 6 pour chaque groupe.
Dans le groupe B, le suspense a duré jusqu’à la dernière journée : deux places restaient à
pourvoir pour trois clubs encore en lice.
Du côté du groupe A, le verdict était déjà connu, avec ses six qualifiés confirmés.
Sans surprise, les favoris ont répondu présents. Les Corbeaux du TP Mazembe, bien que
loin d’être étincelants, ont su tenir leur rang. La jeune garde du club a terminé co-leader
avec les Cheminots du FC Lupopo de Luc Eymael, qui maintiennent le cap depuis l’arrivée
de Jacques Kyabula Katwe, avec pour ambition cette saison une qualification aux
interclubs de la CAF, avant même de penser au sacre final.
Dans le groupe B, la phase retour du tour classique a débuté avec trois clubs forfaits :
l’OC Bukavu Dawa, l’Étoile du Kivu et les Dauphins Noirs de Goma, tous issus du Nord et
du Sud-Kivu, des provinces durement touchées par la situation sécuritaire liée à
l’agression rwandaise.
L’AS Maniema Union, en véritable patron, a dominé ce groupe, suivi des Aigles du Congo.
Si leur qualification semblait être une surprise par le passé, cette fois-ci, ils ont été la
meilleure équipe kinoise, remportant les derbys de la capitale.
Solide et cohérente, l’Académie Club Rangers a confirmé sa montée en puissance dans
un championnat qu’elle connaît bien.
Première saison à l’élite, première qualification pour les Anges Verts, méritée tant ils ont
su allier individualités et jeu collectif, s’adjugeant la cinquième place qualificative.
La surprise, dans ce groupe, vient des vieux routiers : l’AS V. Club et le DCMP, qualifiés
presque miraculeusement au vu de leurs prestations irrégulières, en dents de scie,
manquant souvent de talent et d’inspiration.
TP Mazembe (Lubumbashi)
AS Simba (Kolwezi)
FC Tanganyika (Kalemie)
AS [Link] (Kinshasa)
DCMP (Kinshasa)
AC Rangers (Kinshasa)
Cette fois, c’est Junior Kiaku, manager général du club, qui nous reçoit. Il incarne au
quotidien la vision du président des Aigles du Congo, Vidye Tshimanga.
CLM : Bonjour Manager, merci de nous recevoir ici à l’académie des Aigles du Congo,
dans l’enceinte du complexe Tata Raphaël.
CLM : Votre nomination comme manager général avait surpris plus d’un dans le secteur
sportif. Comment cela s’est-il fait ?
JK :
J’ai grandi dans l’environnement du football congolais, notamment grâce à mon père,
dirigeant d’un grand club kinois. Je connais donc les méandres et les réalités de ce milieu.
Nous avons voulu apporter un changement en œuvrant pour un vrai développement du
football congolais.
Depuis 2017, je suis activement engagé dans le secteur. Et l’opportunité s’est présentée
avec M. Vidye Tshimanga, président des Aigles du Congo, qui m’a confié la mission de
concrétiser son rêve : bâtir un grand club structuré et durable.
CLM : Un an après votre arrivée, certains observateurs parlent d’« ambitions démesurées
» pour les Aigles. Que leur répondez-vous ?
JK :
Ceux qui ont révolutionné leur secteur ont souvent été incompris au départ, mais les
bénéfices finissent toujours par être visibles.
M. Tshimanga est ce genre de visionnaire : un révolutionnaire pour le football congolais. Il
voit loin et sait où il veut amener ce club.
CLM : Parlons de cette vision et du modèle économique des Aigles. Certains estiment que
vous fonctionnez comme les clubs traditionnels, c’est-à-dire financés uniquement par le
président. Est-ce le cas ?
JK :
Pas du tout. Justement, nous travaillons pour que le club soit indépendant des finances
personnelles du président.
Nous sommes ici dans l’académie des Aigles du Congo, où nous visons 3 000 jeunes
inscrits d’ici la fin de l’année. En février 2025, nous avions déjà franchi la barre des 10 %
de cette cible, en moins de trois mois d’ouverture.
Les frais d’inscription s’élèvent à 100 USD (comprenant les équipements), avec une
mensualité de 85 USD. Faites le calcul : ce sont des revenus propres au club. Bien sûr, le
président reste l’investisseur principal, mais nous développons des sources de revenus
autonomes.
CLM : Vous misez beaucoup sur la jeunesse, autant en formation qu’en compétition. Quel
est votre objectif à ce niveau ?
JK :
L’objectif est de sortir chaque année 3 à 4 talents capables d’évoluer à l’étranger. Lors de
la dernière Novio Cup aux Pays-Bas, deux de nos jeunes ont été repérés : l’un est
aujourd’hui à l’AZ Alkmaar, l’autre au centre de formation du RWDM Molenbeek en
Belgique.
C’est une fierté pour les Aigles, mais aussi un levier économique durable, car nous
bénéficions des indemnités de formation lors des transferts.
Un exemple frappant est Ibrahim Matobo : inconnu hier, il est aujourd’hui appelé chez les
Léopards U20 et les A’, et demain, pourquoi pas chez les Séniors !
JK :
Oui. Nous avons mis en place le projet 2030, qui vise à établir les bases solides d’un club
qui comptera en Afrique, au même titre que TP Mazembe, Al Ahly ou Zamalek.
Nous lançons bientôt nos boutiques officielles pour vendre nos produits dérivés, un pas
de plus vers l’autonomie.
Nous allons aussi inaugurer notre propre centre de formation à Kindobo (commune de la
N’sele), avec un programme sport-études pour les meilleurs talents issus de l’académie
et de nos détections.
En deux ans, nous avons concrétisé ce que d’autres n’ont pas réussi en plusieurs
décennies.
CLM : Quel regard portez-vous sur le football congolais actuel, souvent critiqué pour son
manque de niveau et d’intérêt du public ?
JK :
Le potentiel est énorme, mais les gens se sont lassés à cause de l’absence
d’organisation. Pour progresser, les Aigles ont besoin d’adversaires solides.
Un Daring fort rendra un [Link] fort, un Renaissance fort renforcera les Aigles, etc. Le
salut du football congolais viendra d’un diagnostic collectif et de clubs qui jouent leur rôle
à fond.
JK :
Parce que nos rêves dépassent parfois nos moyens. Mais cela ne nous empêche pas
d’avancer. Nous assumons ces rêves « démesurés », car nous nous donnons les moyens
de les réaliser. Notre président ne se fixe aucune limite, et ça nous inspire.
CLM : L’objectif pour cette saison, alors que l’équipe est allée préparer la reprise de la
phase classique à Luanda ?
JK :
Nous ne nous cachons pas : nous visons l’une des trois places qualificatives pour une
compétition africaine. Nous travaillons dur pour y arriver.
JK : Merci à vous.
Rendez-vous à l’horizon 2030 pour un envol encore plus grand des Aigles !
EcoSport :Régie des infrastructures : levier de développement
sportif
Focus sur deux piliers de l’économie sportive
Dans cette édition des CLM, la rubrique EcoSport (comprendre : économie du sport) se
penche sur deux leviers aussi fondamentaux l’un que l’autre pour bâtir une véritable
économie sportive : la régie des infrastructures sportives et le Fonds pour la promotion
du sport.
La Régie des Infrastructures Sportives est un levier essentiel dans la construction d’une
économie sportive solide et indépendante. Cette structure, prévue par la loi encadrant la
pratique et la gestion du sport en République Démocratique du Congo, devrait être
chargée de la gestion de toutes les infrastructures sportives du pays. Malheureusement,
elle n’a jamais vu le jour.
Depuis toujours, la gestion des infrastructures sportives en RDC est assurée par des
responsables nommés directement par le ministre des Sports, auxquels ils rendent
compte exclusivement. Cette méthode de gestion, pourtant, est en contradiction avec la
loi en vigueur depuis 2011, qui stipule clairement la création d'une régie autonome pour
gérer l'ensemble des infrastructures sportives de l'État.
Mettre en place cette régie permettrait non seulement une gestion plus professionnelle,
mais aussi une exploitation plus rentable des installations. À l’image des grands
complexes internationaux, les infrastructures sportives modernes peuvent générer
d’importants revenus grâce à des activités annexes : musées, boutiques, showrooms,
restaurants, espaces publicitaires, etc.
l’administration générale,
Il s’agira d’une véritable entreprise publique, avec des objectifs clairs de performance et
de développement. Le choix de ses animateurs devra donc se faire avec rigueur, sur base
de compétences avérées et d'une vision axée sur les résultats.
La 30e année : un symbole fort
Avec ses 80 000 places, le stade impressionnait par sa majesté, ce qui lui a valu le
surnom de « Grande Marmite Africaine ». Cependant, dès son inauguration, plusieurs
lacunes étaient pointées du doigt : sécurité, billetterie, confort des spectateurs… Autant
de défauts jamais vraiment corrigés.
Trente ans plus tard, le stade ne répond toujours pas aux normes FIFA/CAF, en dépit de
quelques rénovations symboliques, comme la réfection de la tribune de presse (mal
intégrée au plan initial) ou l’installation de sièges, réduisant la capacité à environ 65 000
places.
La mise en place de la Régie des Infrastructures Sportives, impulsée par le ministre Didier
Budimbu, pourrait marquer un tournant décisif vers une gestion moderne, transparente
et rentable des équipements sportifs.
Cette régie pourra également conclure des partenariats public-privé pour la rénovation et
la construction de nouvelles installations, répondant aux besoins du pays et aux
standards internationaux.
Il est urgent de créer cette structure pour sauver ce qui peut encore l’être, remettre aux
normes nos infrastructures existantes, puis construire celles de demain.
Les Faits de la saison : La Valse des dirigeants.
Rien ne présageait une telle tournure dans la belle histoire entre l’Association Sportive
VClub et le groupe Milvest, via sa filiale Milsport, représentée par Amadou Diaby,
intronisé président de coordination afin de mener à bien le projet du "VClub nouvelle
version".
Un an et demi après la signature de l’accord entre les deux parties, celui qui était perçu
comme le souffle nouveau de Vita, en implémentant le projet "bling-bling" du groupe
turc, s’est finalement révélé inefficace.
Le rêve d’un club au standing international est repoussé à plus tard : Amadou Diaby a
déposé les clés du club après avoir résisté à une vague de contestation, marquée par une
pétition le visant personnellement. C’est finalement le vendredi 18 avril qu’il a annoncé
verbalement son départ du club vert et noir, 24 heures avant l’Assemblée générale
extraordinaire convoquée par les instances du club, notamment le Conseil suprême.
Les circonstances
« Aujourd’hui, c’est un grand jour pour nous, les [Link]. Je me rappelle du jour de
mon élection, quand vous m’avez accordé votre confiance en me désignant président de
coordination. J’ai accepté par respect, mais aussi par amour pour l’AS VClub. Cette date
marque, pour moi, une nouvelle ère. VClub est un grand club, en Afrique comme en RDC.
Mais ailleurs, on ne parle plus vraiment de l’AS VClub. À partir d’aujourd’hui, et grâce à ce
partenariat, notre équipe retrouvera son niveau. »
Un discours motivant, qui avait galvanisé les troupes. Pourtant, malgré un recrutement
qualifié de XXL, l’élimination précoce dès le premier tour des interclubs de la CAF a
provoqué la démission de l'entraîneur Abdeslam Ouaddou, pourtant porteur du projet de
renouveau.
Un coup dur pour ce projet qui visait à bâtir une équipe compétitive, cohérente, avec une
véritable identité de jeu. Après son départ, le coach Ouaddou déclarait :
« J’ai découvert un très grand club. L’un des plus grands au monde. Malheureusement, le
VClub est une coquille vide. Malgré ses titres et ses exploits, le club n’a même pas de
centre d’entraînement. On s’entraîne chaque jour sur un terrain différent, sans savoir à
l’avance lequel. »
« Pour un club de cette envergure, ce n’est tout simplement pas normal. J’avais été
recruté pour structurer le club avec des investisseurs, qui ne sont jamais venus. Il n’y
avait pas de finances. Les fameux investisseurs ont disparu du jour au lendemain. »
Mais une question majeure restait sans réponse : quel était réellement le contrat qui liait
VClub à la firme turque ? Quel modèle économique devait être mis en place pour parler
de développement réel du club ? Un an et demi plus tard, aucune réponse claire n’a été
donnée aux supporters, qui ont pourtant été écartés d’un projet qui aurait dû leur être
centré.
L’éternel recommencement
Vita Club est un club de prestige, comparable — par son aura populaire — au Real Madrid
ou au FC Barcelone, des clubs ancrés dans la culture de leurs supporters. Ce qui le
distingue d’un club privé comme le TP Mazembe, qui a su trouver un équilibre et un
modèle de gestion participatif.
C’est ce modèle européen qui doit inspirer VClub : un modèle qui place les supporters au
cœur du développement, en créant des mécanismes participatifs, en les transformant en
moteur économique du club.
L’annonce a été rendue publique dans la soirée du lundi 21 avril 2025, via une lettre
publiée sur sa page Facebook officielle. Engagé dans une profonde réforme du club —
avec le recrutement de joueurs et d’entraîneurs, l’amélioration des conditions de travail,
et une meilleure communication — Christian Mory quitte son poste sans en évoquer les
véritables raisons.
À l’aube de la phase des play-offs, qui sera lancée ce mercredi 23 avril 2025 à 13h00 au
Stade des Martyrs avec le match AS Maniema Union vs AF Anges Verts, nous vous
proposons un récapitulatif des principales statistiques enregistrées lors de la phase
classique.
Buts marqués
Groupe A : 257 buts au total (dont 11 sur forfait), répartis en 125 à l’aller et 132 au
retour.
Groupe B : 250 buts au total (dont 4 sur forfait), avec 163 à l’aller et 90 au retour.
Matchs joués
Groupe A : 132 matchs joués, dont 11 soldés par forfait (5 à l’aller, 6 au retour). C’est le
seul groupe où toutes les rencontres ont été programmées.
Groupe B : 121 matchs joués, dont 4 par forfait (1 à l’aller, 3 au retour). 2 matchs de
l’aller et 33 du retour n'ont pas eu lieu, notamment en raison du forfait de AS Dauphin
Noir, OC Bukavu Dawa et FC Étoile du Kivu, qui n'ont disputé aucune rencontre de la
phase retour.
Meilleures attaques
Meilleures défenses
Pires attaques
Pires défenses
Matchs nuls
Groupe A :
Groupe B :
---
Triplés :
John Pweto
Sylva TshitengeMolia Lihozasia
Deux doublés dans une même phase :
128 dans le groupe B (dont 3 buts contre leur camp : Junior Mohuta, Nkee Modwa, Tracy
Dangi)
La Linafoot RDC nous promet encore plus de surprises pour cette phase des play-offs.
Êtes-vous prêts ? Prêtes ?
Timothée-David Luemba
Sport et politique : Le Football victime
L'impact de la politique sur le sport est souvent plus évident que celui du sport sur la
politique.
Mais cette dernière voie mérite d’être explorée, tant il est vrai que certains sportifs ont
su, par leur influence et leurs actions, marquer positivement la vie politique de leur pays.
L’exemple le plus emblématique reste sans doute celui de Didier Drogba, après la
qualification de la Côte d’Ivoire à la Coupe du monde 2006.
Lors de la dernière journée des éliminatoires, le 8 octobre 2005 — une date désormais
gravée dans la mémoire collective ivoirienne —, après une victoire face au Soudan, les
joueurs ivoiriens sont restés dans les vestiaires pour suivre à la télévision le match décisif
entre le Cameroun et l’Égypte. Lorsque le Cameroun échoue, c’est l’explosion de joie : la
Côte d’Ivoire est qualifiée !
Didier Drogba, entouré des cadres de l’équipe, invite alors la presse dans les vestiaires. Il
demande à une caméra de le filmer et, micro en main, il prononce un discours devenu
historique. À ses côtés, Kolo Touré — musulman — incarne, aux côtés du chrétien
Drogba, l’unité que l’équipe veut refléter : celle d’une nation rassemblée au-delà des
clivages religieux et ethniques.
Didier Drogba :
« Ivoiriens, Ivoiriennes, du nord, du sud, du centre à l’ouest, vous avez vu… On vous a
prouvé aujourd’hui que toute la Côte d’Ivoire peut cohabiter, peut jouer ensemble pour
un même objectif : se qualifier pour le Mondial. On vous avait promis que cette fête allait
rassembler le peuple. Aujourd’hui, on vous demande, s’il vous plaît… [L’équipe entière se
met à genoux]… Pardonnez. Pardonnez. Pardonnez. Le seul pays d’Afrique qui a toutes
ces richesses ne peut pas sombrer dans la guerre ainsi. S’il vous plaît, déposez toutes les
armes. Organisez des élections et tout ira mieux. »
[Puis en chantant :] « On veut s’amuser, arrêtez vos fusillades ! »
Ce moment est à lui seul la preuve que le sport peut avoir un impact sur la politique. Il
réfute l’idée selon laquelle ces deux sphères seraient indépendantes : au contraire, elles
se croisent, interagissent et parfois, marchent ensemble. La notoriété du sport peut
même ouvrir les portes de la politique.
Depuis des années, les Congolais subissent une injustice silencieuse aux yeux du monde :
un pillage systématique de leurs ressources naturelles, couplé à des massacres à grande
échelle. À l’est de la République Démocratique du Congo — notamment au Nord-Kivu et
au Sud-Kivu — cette guerre imposée s’est progressivement transformée en un véritable
génocide, depuis près de 30 ans.
La mémoire collective retiendra que, durant cette édition du championnat Illicocash L1, la
politique a influencé le sport, mais que le sport a également tenté d’influencer la politique
— ne serait-ce que comme plate-forme d’expression.
Edito
Édito – Les Coulisses de la Ligue : une aventure qui continue
Comme promis, Les Coulisses de la Ligue revient pour une deuxième édition. Une suite
logique dans la chronologie d’un championnat qui célèbre sa 30ᵉ saison. Et, en attendant
que le Christ revienne — oui, j’y crois, d’où notre précédent article Athlètes pour Christ —
cette édition 2024-2025 fera référence pour les saisons à venir, tant l’identité du
championnat national, désormais baptisé Illicocash L1, est marquée.
L’année 2025 marque un tournant pour le football national. Des élections pour élire un
nouveau comité exécutif de la FECOFA sont prévues. Même si, à la clôture du
championnat, rien n’est encore acté, ce moment politique reste important. Avant ce
changement, notons que huit ans après la mise en place de la Commission de gestion de
la Linafoot, Bosco Mwehu quitte ses fonctions avec le sentiment du devoir accompli.
— Idriss Kalombo
Une année après notre première descente chez les Aigles du Congo au stade Tata
Raphaël, nous y retournons cette fois-ci, non plus dans l’enceinte principale, mais dans
les installations de l’académie des Aigles du Congo, anciennement centre Ujana.
En seulement deux ans d’existence, les Aigles du Congo ont mis en avant un modèle
économique et une vision claire, traduite par une politique qui porte déjà ses fruits.
Cette fois, c’est Junior Kiaku, manager général du club, qui nous accueille. Il incarne la
vision du président Vidye Tshimanga.
CLM : Bonjour Manager, merci de nous recevoir ici, au sein de l’académie des Aigles du
Congo, dans l’enceinte du complexe Tata Raphaël.
CLM : Votre nomination au poste de manager général a surpris plus d’un dans le milieu
sportif. Comment cela s’est-il fait ?
JK : J’ai grandi dans l’environnement du football congolais, notamment grâce à mon père,
qui fut dirigeant d’un grand club kinois. Je connais les réalités et les méandres de notre
football. C’est justement pour changer ce contexte que je me suis engagé. Depuis 2017,
j’agis concrètement dans ce domaine. L’opportunité s’est présentée avec le président
Vidye Tshimanga, qui m’a confié la mission de concrétiser son rêve : bâtir un grand club.
JK : Ceux qui ont révolutionné les industries dans le monde ont souvent été incompris au
départ, mais les bénéfices ont ensuite profité à tous. Monsieur Tshimanga est de cette
trempe. Il est un visionnaire, un révolutionnaire pour le football congolais. Sa vision du
futur du club est claire.
CLM : Parlons justement de cette vision et du modèle économique. Certains disent que
vous reproduisez le schéma classique : un club dépendant du financement de son
président...
JK : Nous mettons tout en œuvre pour rendre le club autonome. C’est le but même de
notre académie. D’ici la fin de l’année, nous visons 3 000 jeunes inscrits. En février 2025,
après moins de trois mois d’ouverture, nous avons déjà franchi les 10 % d’inscriptions.
Les frais s’élèvent à 100 $ pour l’inscription, incluant les équipements, puis 85 $ de
mensualité. Faites le calcul : cela génère des revenus indépendants, bien que le président
reste notre principal investisseur à ce stade.
CLM : Vous misez fortement sur la jeunesse, tant dans la formation que dans votre
effectif engagé en Illicocash Ligue 1. Quel est votre objectif ?
JK : Pour l’académie, l’objectif est de sortir chaque année trois ou quatre talents capables
d’attirer l’attention internationale. Lors du tournoi Novio Cup aux Pays-Bas, deux de nos
joueurs ont été retenus, l’un par AZ Alkmaar, l’autre est aujourd’hui au centre de
formation du RWDM à Molenbeek, en Belgique. C’est une fierté pour nous, mais surtout
un modèle économique solide. En tant que club formateur, nous bénéficierons de
dividendes sur leurs transferts. Un autre bel exemple est Ibrahim Matobo, inconnu hier,
aujourd’hui appelé chez les Léopards U20 et A’. Il incarne parfaitement notre vision.
JK : Oui. Nous avons lancé le projet “Objectif 2030”, un plan de développement pour faire
des Aigles du Congo un club non seulement de référence au pays, mais aussi en Afrique.
Quand on citera les grands clubs du continent, nous voulons que les Aigles soient cités
aux côtés du TP Mazembe, d’Al Ahly ou du Zamalek.
Autre point clé de notre stratégie : le lancement de nos boutiques officielles pour vendre
nos produits dérivés. Nous pensons que le sérieux que nous instaurons peut attirer de
nouveaux supporters. La vision est plus large que ce que l’on perçoit. Par exemple, nous
inaugurons bientôt notre propre centre de formation à Kindobo, dans la commune de la
N’Sele. Là-bas, les meilleurs jeunes de l’académie, issus aussi de nos détections
ponctuelles, seront pris en charge dans un programme sport-études. En deux ans, nous
concrétisons ce que d’autres n’ont pas pu faire en dix.
JK : Le potentiel est énorme, mais le public s’est lassé à cause de nombreuses frustrations
liées à l’organisation. Pour que les Aigles soient forts, il faut aussi des adversaires forts.
Un Daring fort rendra [Link] plus fort, un Renaissance solide nous challengera
davantage. Un bon diagnostic est nécessaire pour sauver notre football. Chaque club doit
jouer sa partition.
CLM : Pourquoi avoir adopté ce slogan : « Plus des rêves que des objectifs » ?
JK : Parce que nos rêves dépassent nos moyens actuels. Comme vous l’avez dit au début,
ce sont des « rêves démesurés ». Mais nous travaillons dur pour les réaliser. Notre
président ne se fixe aucune limite, et son ambition est sans faille.
JK : Soyons clairs : nous visons l’une des trois places qualificatives pour les compétitions
africaines. Et nous nous en donnons les moyens.
JK : Merci à vous. Rendez-vous à l’horizon 2030 pour un envol encore plus grand des
Aigles !