0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
8 vues21 pages

Combattants algériens dans l'armée française

la guerre d'Algerie part2

Transféré par

youcefbilel604
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
8 vues21 pages

Combattants algériens dans l'armée française

la guerre d'Algerie part2

Transféré par

youcefbilel604
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Les combattants indigènes d'Algérie dans l'Armée française

En 1960, 85 000 musulmans (appelés, engagés, militaires


d'active, appelés FSNA ou Français de souche nord-africaine)
servaient dans l'Armée régulière plus environ
150 000 supplétifs (60 000 harkis, 62 000 GAD, 8 600 GMS et
19 000 moghaznis) soit au total près de 235 000 musulmans
combattant aux côtés des soldats français.
Au total, un peu plus de 110 000 FSNA furent incorporés dans
l'armée régulière de 1956 à 196158.
[ ]

Le 19 mars 1962, jour du cessez-le-feu, selon le rapport à


l'ONU du contrôleur général aux armées Christian de Saint-
Salvy, on dénombrait en Algérie, 263 000 musulmans engagés
du côté français (60 000 militaires (FSNA), 153 000 supplétifs
dont 60 000 harkis et 50 000 notables francophiles)
représentant, familles comprises, plus de 1 million de
personnes menacées sur 8 millions de musulmans Algériens59. [ ]

L'Armée française recruta également environ 3 000 anciens


éléments du FLN et de l'ALN dont certains formèrent le
célèbre Commando Georges du lieutenant Georges Grillot. La
plupart d'entre eux furent victimes de représailles à partir de
196260.
[ ]

Selon Maurice Faivre, on comptait ainsi quatre fois plus de


combattants musulmans dans le camp français que dans celui
du FLN61. [ ]

Concernant le nombre des supplétifs ayant servi du côté


français durant toute la guerre d'Algérie, François-Xavier
Hautreux, estime qu'il est impossible à connaître avec
exactitude sans registre précis, mais donne un ordre de
grandeur « entre 200 000 et 400 000 hommes, soit 10 % à
20 % de la population algérienne susceptible d'être recrutée. »
Selon lui, l'ordre de grandeur témoigne d'un « phénomène
massif, qui a concerné avec plus ou moins d'intensité la société
rurale algérienne dans son ensemble »62. Par ailleurs, il
[ ]

considère que comparer les effectifs des musulmans algériens


combattant de l’armée française et ceux de l’ALN « relève d’un
non-sens », la stratégie du combat clandestin de l’ALN ne
permettant pas la présence d’effectifs armés importants et la
nature du combat mené par les nationalistes algériens ne
devant pas être réduite à un engagement militaire63. [ ]

Côté algérien
Naissance du mouvement national algérien
Article détaillé : Histoire du mouvement national algérien.

Ben Badis (1889-1940). Messali Hadj (1898-1974), père du


nationalisme algérien et président fondateur du Parti du peuple algérien.
Au début du XXe siècle, plusieurs dirigeants algériens exigent de
la France le droit à l'égalité ou à l'indépendance.
Plusieurs partis vont être créés et plusieurs pamphlets seront
écrits pour défendre le droit des Algériens. Plusieurs penseurs
algériens vont vilipender les plus importantes personnalités du
régime colonial français.
La plupart des figures du mouvement algérien vont être
surveillées de près par les services policiers français, d'autres
seront exilées vers d'autres pays comme l'a été l'émir Khaled
el-Hassani ben el-Hachemi (1875-1936) en Égypte puis
en Syrie.
Malek Bennabi64, Mohamed Hamouda Bensai, Saleh
[ ]

Bensai, Messali Hadj65, Ben Badis66, Mohamed Bachir El


[ ] [ ]

Ibrahimi, Fodil El Ouartilani, Larbi Tébessi, Ferhat Abbas, Omar


Ouzeggane, etc., tous vont diverger entre eux sur la question
algérienne, cela provoquera l'émergence de plusieurs
associations et partis algériens : Parti de la réforme ou
mouvement pour l'égalité, Association des oulémas musulmans
algériens, association de l'Étoile nord-africaine, le Parti du
peuple algérien, Amis du Manifeste des Libertés, Parti
communiste algérien, etc.
Le massacre du 8 mai 1945
Article détaillé : Massacres de Sétif, Guelma et Kherrata.

Le drapeau utilisé par le FLN durant les années


1950, devenu officiellement le drapeau de l'Algérie en 1962.
Le 8 mai 1945 ont lieu des manifestations d’Algériens dans
plusieurs villes de l’Est du pays (Sétif, et le Constantinois), qui
devaient permettre de rappeler leurs revendications
nationalistes, de manière concomitante avec la liesse de la
victoire67. À Sétif, après des coups de feu, un policier qui tue un
[ ]

jeune scout ayant brandi le drapeau algérien et une petite fille


européenne est tuée par une balle perdue, la manifestation
tourne à l’émeute et la colère des manifestants se retourne
contre les « pieds noirs » : 27 Européens et Juifs sont
assassinés (103 trouveront la mort dans les jours suivants),
ainsi que 700 Algériens. La répression de l’Armée française est
brutale, quelques images de ces événements ont été archivées
et diffusées par la télévision algérienne en 200568. [ ]

Officiellement, elle a fait 1 500 morts parmi les


indépendantistes, chiffre plus proche des 5 000 à 6 000
selon Charles-Robert Ageron69, ou des 6 000 à 6 500 calculés
[ ]

par le Service Historique de la Défense70 et Roger Vétillard71,


[ ] [ ]

tout en précisant qu'il s'agit d'une estimation haute. Selon


l’historien Benjamin Stora, il s'élève entre 20 000 et 30 000.
Le Parti du peuple algérien (PPA) estime qu'il y a eu
45 000 morts72. Du fait de la radicalisation qu'ils ont engendrée
[ ]

dans les milieux nationalistes algériens, certains historiens


considèrent ces massacres comme le véritable début de la
guerre d'Algérie73, opinion qui, pour Charles-Robert Ageron,
[ ]

« ne peut pas être acceptée comme un constat scientifique »69.[ ]

Dans son rapport, le général Duval, maître d'œuvre de la


répression, se montra prophétique : « je vous donne la paix
pour dix ans, à vous de vous en servir pour réconcilier les deux
communautés »74,75. [ ] [ ]

De 1945 à 1954
À la suite de la mort de Ben Badis en 1940, de
l'emprisonnement de Messali Hadj et de l'interdiction du Parti
du peuple algérien, le parti Mouvement pour le triomphe des
libertés démocratiques (MTLD) revendique, après le statut de
l'égalité, l'indépendance de l'Algérie en 1948. L'Association des
oulémas musulmans algériens est alors interdite.
L'Organisation spéciale apparait et a pour but de rassembler
des armes pour le combat. Mohamed Belouizdad est le premier
chef de l'organisation clandestine. Hocine Aït Ahmed prend
ensuite la tête de l'Organisation et continue à œuvrer pour
l'achat des armes. La poste d'Oran est attaquée par les
membres de l'OS.
Ahmed Ben Bella prend la place de Hocine Aït Ahmed en 1949.
Le plan de l'organisation est dévoilé et des arrestations en
chaîne sont opérées par les autorités françaises en 1950.
Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques nie
tout relation avec l'Organisation spéciale afin d'éviter des
arrestations.
Le CRUA, fondé en mars 1954, organise la lutte armée. Le parti
du Mouvement national algérien (MNA) est fondé en juillet
1954 par les messalistes. Par la suite, le Front de libération
nationale (Algérie) (FLN) est fondé en octobre 1954 par la
branche du CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action).
Le Front de libération nationale (FLN) et le Mouvement national
algérien (MNA) rivalisent non seulement pour prendre le
contrôle de la révolution mais surtout pour la représentation du
futur État. Messali Hadj sera libéré de prison en 1958 et sera
assigné à résidence surveillée en France.
Décision de lutte armée
En 1954, l'élimination des nationalistes Algériens lors des
élections de l'Assemblée algérienne marque le point de rupture
politique et l'échec des nationalistes. Lors de la réunion des 22,
le vote se prononce en faveur de la lutte armée. L'action armée
va venir du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA).
Le déclenchement de la révolution algérienne a été décidé
à Alger lors de la réunion des 6 chefs du CRUA76,77. Le CRUA se
[ ] [ ]

transformera en Front de libération nationale (FLN). Les six


chefs du FLN qui ont fait le déclenchement des hostilités
le 1er novembre 1954 sont Rabah Bitat, Mostefa Ben
Boulaïd, Mourad Didouche, Mohamed Boudiaf, Krim
Belkacem et Larbi Ben M'Hidi. La Déclaration du 1er novembre
1954 est émise par radio depuis Tunis. Dans la nuit
du 1er novembre 1954, la caserne de la ville de Batna est
attaquée par les moudjahidines. Cette nuit sera appelée par les
historiens français « Toussaint rouge ». Un caïd et deux
enseignants français vont être abattus sur la route
de Biskra et Arris. Il y aura deux versions différentes des faits.
Des attentats sont enregistrés dans les trois districts de Batna,
Biskra et Khenchela et le reste du pays.
Impérialisme et colonialisme dogmatiques

Au cours d'un voyage en Algérie, François Mitterrand, alors


ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Pierre Mendès
France, déclare « La présence française sera maintenue dans
ce pays ». Les opérations sont déclenchées dans les Aurès.
L'Armée de libération nationale (ALN) ne dispose alors que
de 500 hommes qui seront, après quelques mois, plus de
15 000 à défier l'autorité française78. 100 000 soldats français
[ ]

sont affectés dans les Aurès et plus tard ils seront plus de
400 000 en Algérie. Le général Cherrière donne l'ordre de faire
le ratissage des Aurès. Il croit gagner, mais va subir une
importante défaite79.[ ]
Les massacres du Constantinois des 20 et 21 août 1955,
notamment à Skikda (Philippeville) par leur cruauté du côté des
insurgés algériens comme par la sanglante répression du côté
français sont une étape supplémentaire dans la guerre80. La [ ]

même année, l'affaire algérienne est inscrite à l'ordre du jour à


l'Assemblée générale de l'ONU. À noter aussi la mort de
Mostefa Ben Boulaïd, de Zighoud Youcef, etc. Plusieurs chefs
sont emprisonnés79. [ ]

Français décoloniaux alliés du FLN

Des intellectuels français vont aider le FLN79. Maurice [ ]

Audin fut torturé et tué par les services français81. Frantz [ ]

Fanon s'engage auprès de la résistance algérienne et a des


contacts avec certains officiers de l'ALN (Armée de libération
nationale) et avec la direction politique du FLN, Ramdane
Abane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Il donne
sa démission de médecin-chef de l'hôpital psychiatrique de
Blida-Joinville en novembre 1956 au gouverneur Robert
Lacoste, puis est expulsé d'Algérie en janvier 1957. Albert
Camus, natif d'Algérie, fut un défenseur des droits Algériens 82, [ ]

dans les années 1940, avant de refuser de prendre position


pour l'indépendance par ces phrases prononcées
à Stockholm en 1957 : « En ce moment, on lance des bombes
dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de
ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma
mère83. » En mai 1955, le premier militant français incarcéré
[ ]

pour son soutien à la cause algérienne est un


ouvrier communiste libertaire, membre de la Fédération
communiste libertaire (FCL) : Pierre Morain84. Il est condamné à [ ]

un an de prison ferme85. Dès 1956, Jean-Paul Sartre et la


[ ]

revue Les Temps modernes prennent parti contre l'idée d'une


Algérie française et soutiennent le désir d'indépendance du
peuple algérien. Sartre s'élève contre la torture86, revendique [ ]

la liberté pour les peuples de décider de leur sort, analyse la


violence comme une gangrène, produit du colonialisme87. [ ]

En 1960, lors du procès des réseaux de soutien au FLN, il se


déclare « porteur de valise »88 du FLN89. Cette prise de position
[ ] [ ]
n'est pas sans danger, son appartement sera plastiqué deux
fois par l'OAS et Les Temps modernes saisis cinq fois.
Après la condamnation de Larbi Ben M'Hidi et après le
déroulement du Congrès de La Soummam, le FLN intègre les
dirigeants du Mouvement national algérien (MNA). Plusieurs
partis Algériens adhèrent à la cause du FLN. Le Front de
libération nationale et l'armée française tiennent le même
langage : « Ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre
nous »79.
[ ]

La guerre éclate entre les chefs kabyles (Krim Belkacem,


Ouamrane, etc) et les chefs chaouis et aussi entre les chefs
chaouis des Aurès et les chefs chaouis de Nemencha90. [ ]

Abdelhai et Abbès Leghrour seront condamnés à mort par


le Comité de coordination et d'exécution (CCE). Il y aura aussi
un conflit entre les hommes du Sud algérien et les dirigeants
kabyles79. La Tunisie va être le théâtre d'affrontements entre les
[ ]

différents chefs. Le président Bourguiba devait intervenir pour


pacifier les choses. Les Aurès, le Constantinois, l'Ouest de
l'Algérie, la Kabylie, seront les zones les plus stratégiques de la
révolution. Le Maroc aussi va jouer un rôle important,
notamment pour faire transiter les armes, organiser des
réunions du FLN et héberger des troupes militaires algériennes.
Le Maroc et la Tunisie, sous protectorat français jusqu'en 1956,
hébergeront néanmoins les deux armées de l'ALN aux
frontières ainsi que plusieurs chefs du FLN comme Ferhat
Abbas.
L'armée française fait construire le barrage de la mort,
320 km de long, 7 000 volts, un poste de contrôle chaque
15 km, des milliers de mines terrestres, etc., pour empêcher le
passage des armes dans les Aurès et dans tout l'est de
l'Algérie. Mais les éléments de l'ALN (Armée de libération
nationale) déjouent toute la stratégie militaire française. Les
villes (population algérienne) passent sous le contrôle de
l'Armée de libération algérienne. La bataille d'Alger fait la une
de la presse internationale et intérieure. Le conflit est porté
jusqu'à L'ONU. Il y a également plusieurs grèves et
manifestations dans les villes. Les protestations ont été
organisées par le FLN.
Le colonel Amirouche Aït Hamouda se rend dans les Aurès en
voulant intervenir pour unifier des zones des Aurès et faire
passer les armes en Kabylie91. L'Aurès fut le lieu de passage
[ ]

des armes vers l'intérieur du pays. Le colonel Amirouche Aït


Hamouda réussit à faire passer les armes qui provenaient
d'Égypte en passant par la frontière de Tunisie et de l'Algérie. Il
franchit les Aurès pour rejoindre la Kabylie. Une vingtaine
de chaouis sont du voyage, mais, à la fin, ils abandonnent les
troupes du colonel Amirouche pour revenir aux Aurès. Krim
Belkacem voulait contrôler la région des Aurès pour établir
l'union des forces. Les hommes de Ben Bella et de Abdelhafid
Boussouf désiraient aussi avoir un pied dans les Aurès. Au
même moment, la France connaît une crise interne qui aboutit à
l'arrivée au pouvoir du général de Gaulle. Les ultras européens
veulent garder l'Algérie française. L'Armée française décide de
créer les zones interdites sous contrôle des SAS (sections
administratives spécialisées) et entame une lutte contre les
Djounoudes (maquisards) et la population locale, dans les
villes, dans les villages, dans les douars et sur tous les
territoires sensibles au FLN. Les bombardements massifs, les
tueries, les massacres, la torture, les viols, etc., tous les types
d'actes criminels ont été employés dans cette guerre. Plusieurs
attentats ont été organisés par l'ALN dans les villes et les
villages, dans les zones interdites et dans les zones
montagneuses des Aurès. Le CCE (Comité de coordination et
d'exécution) s'est agrandi et a décidé de garder le cap sur les
objectifs militaires ainsi que la primauté de l'intérieur par rapport
à l'extérieur. Une grave crise apparaît entre les membres du
Comité de coordination et d'exécution.
Selon Yves Courrière, Ramdane Abane s'oppose sévèrement
aux militaires. Il choisit de prendre le maquis et désigne Hadj
Ali, un homme de l'Aurès, pour renverser le CCE à Tunis mais il
est condamné à la prison au Maroc par le CCE. Plus tard, il est
tué au Maroc, mais les sources du FLN diront qu'il a été tué lors
d'un accrochage avec l'Armée française. Le général Charles de
Gaulle chef de l'État français engage une lutte contre les
éléments de l'armée de libération nationale algérienne et il
apporte les réformes tant attendues pour donner tous les droits
aux Algériens. L'Armée française élimine presque tous les
réseaux de l'Armée de libération nationale en Kabylie et dans
quelques régions sensibles dans l'Opération jumelles. Les
colonels Amirouche Aït Hamouda et Si el haouès sont tués lors
d'un accrochage avec les éléments de l'Armée française. Le
FLN appelle les éléments de son armée à tenir jusqu'au bout.
La délégation des principaux dirigeants du FLN (Mohamed
Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed
Boudiaf et Ahmed Ben Bella) est arrêtée, à la suite du
détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur
avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction
du Caire (Égypte)92.
[ ]

En 1959, Messali Hadj sort de prison, et est assigné à


résidence surveillée en France93. Les Algériens
[ ]

en France organisent des attentats et des manifestations en


métropole en faveur du FLN.
Le début de l'année 1960 est marqué par la semaine des
barricades à Alger. La même année, l'ONU annonce le droit à
l'autodétermination du peuple algérien. Le côté français
organise des pourparlers avec le Gouvernement provisoire de
la République algérienne. Plusieurs réunions à l'extérieur du
pays vont aboutir aux accords d'Évian.
Le général de Gaulle annonce la tenue d'un référendum sur
l'autodétermination de l'Algérie. Des militaires français se
rebellent contre l'autorité du Général, notamment lors du putsch
des généraux. En parallèle, le Gouvernement provisoire de la
République algérienne est proclamé. Ferhat Abbas décline
l'invitation française.
Dans un contexte de violence croissante qui voit augmenter les
attentats du FLN contre les forces de l'ordre et se former des
groupes « anti-terroristes » prêts à se faire justice eux-
mêmes[réf. nécessaire], le ministre de l'Intérieur et le préfet de police
décident d'instituer un couvre-feu envers les seuls Algériens.
Le 17 octobre 1961, une manifestation organisée à Paris par le
FLN visant à boycotter le couvre-feu nouvellement appliqué, est
réprimée par la police. La répression fait plusieurs centaines de
blessés et un nombre de morts qui reste discuté, de plusieurs
dizaines selon les estimations les moins élevées, à plus de 120
selon les historiens britanniques Jim House et Neil
MacMaster94. [ ]

L'Organisation armée secrète (OAS) organise des attentats


contre les Algériens malgré l'accord de cessez-le-feu et les
résultats du référendum pour l'indépendance pour sanctionner
les gens qui étaient pour. L'indépendance de l'Algérie est
proclamée après les résultats95. La plus grande bibliothèque
[ ]

d'Alger a été complétement détruite par l'OAS95. [ ]

Vecteurs de révolte et violences faites aux


Algériens
Une pauvreté et une marginalisation endémique des
indigènes par la gestion coloniale
Un vaste mouvement de révoltes naît au fil des ans du fait de
nombreuses discriminations et injustices coloniales.
L'Algérien, sujet sans droit politique de la France, devient
seulement officiellement citoyen français par la loi du 20
septembre 194796, mais officieusement des inégalités
[ ]

économiques, politiques et ethniques extrême subsistent liées


notamment aux droits électoraux ; la citoyenneté française
pleine ou entière est accordée aux Algériens en 1958, « bien
trop tard pour arrêter le conflit » selon l'historienne Valérie
Morin97.
[ ]

Les infrastructures construites en Algérie pendant la période


coloniale étaient financées par l'impôt indigène et servaient
exclusivement aux colons et non pas aux indigènes Algériens
dans un régime d'apartheid non officiel, la majorité des
Algériens vivaient encore dans les campagnes
désindustrialisées et « clochardisées » (comme le
qualifiait Germain Tillion) par la grande misère dans laquelle
étaient maintenus les indigènes98, misère qui avait été créé
[ ]

artificiellement par le colonialisme français99. [ ]

Maintien hors de la scolarisation


Avec l'aide américaine du plan Marshall, 403 503 élèves sont
scolarisés dans l'enseignement primaire en 1951 - 1952 à
travers tout le territoire de l'Algérie : en 1962 à la veille de
l'Indépendance moins de 15% des garçons et près de 2% des
filles étaient scolarisés100,101 cette scolarisation avait pour but de
[ ] [ ]

convaincre les Algériens que la France coloniale se préoccupait


de leur sort, elle était structurée de manière à servir les intérêts
de la colonisation.
La scolarisation tardive était un moyen pour la gestion coloniale
d'occulter les conditions de vies majoritaires des indigènes
durant la période coloniale : en 1930 57 000 garçons et
7 000 filles de 6 à 13 ans le sont, soit respectivement 11 % et
1 %102. L'instruction était perçue par les colons et le
[ ]

gouvernement français comme un vecteur d'


« humanisation » des indigènes et un moyen pour eux de
prendre conscience du caractère arbitraire de leur condition et
donc un outil de révolte102. Cependant le programme pour
[ ]

agrandir les villes et diminuer la proportion de gens des


campagnes n'a été réalisé que partiellement par le
gouvernement français et ce durant les trois dernières années
de la colonisation, alors que la guerre d'Algérie avait atteint le
point de non-retour98.
[ ]

Crimes de guerres et actions violentes


Nombre d'exactions, de crimes, de violences sexuelles et
d'exaction commises par l'armée coloniale française durant la
guerre d'Indépendance algérienne tombent selon la convention
de Genève sous la dénomination de crimes de guerre.
Déplacements de populations et camps de
détention/concentration
Des éléments de l'armée française restent en Algérie pour aider
à l'évacuation de Harkis et de plusieurs centaines de milliers
de pieds-noirs. Un million de réfugiés Algériens reviennent
en Algérie. Les Algériens viennent des quartiers périphériques
ou des régions rurales dans les centres-villes en remplaçant les
européens partis.
Article détaillé : Camp de regroupement.

Dans leur lutte contre la guérilla, les autorités militaires décident


de prendre le contrôle de la population pour priver le FLN des
moyens logistiques (abri, nourriture) qu'il obtient de force dans
les campagnes. Pour cela, des zones interdites sont créées, où
tout être vivant, homme ou animal, est abattu sans sommation
(qu'importait son genre, son âge, son statut socio-économique,
sa participation réelle ou non au conflit ou sa culpabilité). La
population qui y vit est chassée de ses habitations et regroupée
dans des villages de tentes ou construits à cet effet, sous la
surveillance de l'armée. Les villages vidés de leurs habitants
sont souvent détruits pour ne pas pouvoir être utilisés par le
FLN. Le déplacement de la population est en général forcé, une
fois déplacées ces populations étaient concentrées dans
des camps dits de regroupements. Dans ces camps, les
conditions de vies sont extrêmement précaires et difficiles du
fait de l'absence de logements et d'infrastructures. Cela y a
causé une surmortalité de la population : selon Fabien Sacriste
au moins 200 000 personnes (surtout des enfants) y moururent.
« Pourtant pour ceux qui vivent [dans ces camps] — plus d'un
million de personnes pour la seule année 1959, et qui, avec le
déplacement ont perdu leurs terres, leurs troupeaux, leurs
poulets, bref, tous leurs moyens de survie, mais qui sont aussi
dépossédés de toute culture, de toute initiative personnelle et
de toute possibilité de compréhension d'un monde —, les
camps deviennent d'immenses mouroirs : "il meurt à peu près
un enfant tous les deux jours dans chaque camp"
affirme Michel Rocard (près de 500 enfants par jour dans les
seuls camps visités par Michel Rocard). Jean
Amrouche avance des chiffres plus importants de l'ordre de
1500 à 2000) pour l'ensemble des camps se trouvant sur tout le
territoire. »99 [ ]

Environ 3 525 000 personnes sont déplacées durant le conflit,


soit 41% de la population colonisée. 1 175 000 se sont recasés
en construisant des habitations de fortune par leurs propres
moyens ou en rejoignant des villages ou des villes et 2 350 000
ont été regroupés dans des camps créés par les autorités
françaises, soit un tiers de la population rurale musulmane
d'Algérie103.[ ]

Déracinés de leurs villages, sans bétails, terres agricoles,


encrage familiale ou culturel, de nombreux indigènes
sombreront dans une pauvreté encore plus forte98,27. [ ] [ ]

Seule une minorité de moins de 20% reviendra dans son village


d'origine, d'autres resteront dans les camps, parfois pendant
une longue période ou migreront dans les villes.
En 1959 (jusqu'alors, les métropolitains ignoraient l'existence
de ces camps) un documentaire du Figaro est réalisé dans ces
camps par le journaliste Pierre Macaigne, ces camps sont très
rapidement comparés par les métropolitains à des camps de
concentration nazis.
« Loin d'être des cas isolés [ces camps] furent le résultat d'une
politique programmée, si bien que le terme de génocide fut
utilisé sans hésitation par Michel Rocard et Jean Amrouche »99 [ ]

Utilisation de gaz toxiques


Article détaillé : Armes chimiques pendant la guerre d’Algérie.

Le recours à une large échelle entre 1956 et 1961 à un gaz


toxique, le CN2D, contenant de
la diphénylaminechlorarsine (DM)104, est révélé en avril 2022
[ ]

grâce à une enquête de la journaliste Claire Billet parue dans la


revue XXI, fondée sur des témoignages d’anciens militaires
français104 et ultèrieurement par le documentaire Algérie,
[ ]

sections armes spéciales. À cette date, l'accès aux archives de


l'armée française n'est toujours pas autorisé104. L'utilisation de
[ ]
ce gaz est interdite par le protocole de Genève signé par la
France en 1925104. Le texte proscrit « l’emploi à la guerre de gaz
[ ]

asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens


bactériologiques »104. La France s'est dispensée de suivre le
[ ]

protocole, considérant que la guerre d'Algérie n'était pas une


guerre, mais une opération de maintien de l'ordre104. L'utilisation [ ]

de ce gaz toxique peut être qualifié de crime de guerre selon


le protocole de Genève mais également la convention de
Genève relative aux droits humains.
Le CN2D n'est pas mortel en règle générale mais peut le
devenir dans un lieu fermé104. Or il a servi dans le cadre de la
[ ]

« guerre des grottes » contre des nationalistes Algériens qui


s'étaient réfugiés dans ces lieux souterrains104. Cette utilisation[ ]

des gaz rappelle les enfumades de 1844-1845 qui ont fait des
milliers de victimes lors de la conquête de l'Algérie104. [ ]

Le général de Gaulle étend à travers l'Algérie les « sections des


grottes » dans les troupes françaises, dès 1959 ; ces sections
reçoivent une formation de la part des unités de la batterie des
armes spéciales (BAS), dont la première est créée en 1956104. [ ]

Violences sexistes et sexuelles sur les femmes algériennes


Viol comme moyen de torture et arme de guerre « genrée »
La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec
précaution. Améliorez-le ou discutez-en, sachant que la pertinence encyclopédique
d'une information se démontre essentiellement par des sources secondaires
indépendantes et de qualité qui ont analysé la question. (janvier 2024)
Motif avancé : Cette sous-section repose principalement sur une seule source. Il est
obligatoire d'inclure une diversité de sources provenant des deux côtés (algérien,
français, ainsi que d'autres parties neutres) pour un sujet aussi sensible que les viols.

Femme algérienne victime d'abus sexuels par des


militaires français.
Les violences faites aux femmes, les agressions sexuelles,
les mutilations génitales, les viols sont monnaies courante au
sein de l'armée coloniale française, de nombreux combattants
du côté algérien en ont été victimes, tels que Djamila
Boupacha105 et Louisette Ighilahriz106.
[ ] [ ]

Raphaëlle Branche, professeure d'histoire contemporaine à


l'université Paris-Nanterre et spécialiste des violences en
situation coloniale, analyse ce phénomène et l'illustre au moyen
de plusieurs études et exemples : « Ugo Iannucci décrit à
plusieurs reprises la tentation puis la réalisation de réduire les
« femmes de fellouzes » arrêtées en esclaves sexuelles.
Tentant de discuter avec les autres soldats, il note dans son
journal, dépité, ces bribes de conversation : « On est bien
d’accord avec toi, Ugo. C’est dégueulasse ce qu’on a fait. Mais
c’est la guerre, et les femmes de fel, qui ont coupé les couilles à
nos copains. Toujours la même « logique », commente-t-il. En
réalité, racisme et couilles trop pleines »107
[ ]

Selon un ancien appelé interrogé par Le Monde, « les détenues


subissaient ce sort « en moyenne neuf fois sur dix ». Un
homme né en 1960 du viol d’une Algérienne par des soldats
français demande aujourd’hui réparation »108. « Dans mon
[ ]

commando, les viols étaient tout à fait courants. Avant les


descentes dans les mechtas (maisons en torchis), l’officier nous
disait : « Violez, mais faites cela discrètement » », raconte
Benoît Rey, appelé comme infirmier dans le Nord constantinois
à partir de septembre1959, et qui a relaté son expérience dans
un livre, Les Egorgeurs. « Cela faisait partie de nos
« avantages » et était considéré en quelque sorte comme un
dû. On ne se posait aucune question morale sur ce sujet. La
mentalité qui régnait, c’est que, d’abord, il s’agissait de femmes
et, ensuite, de femmes arabes, alors vous imaginez »108 [ ]

« Pour Henri Pouillot, il y avait deux catégories de


viols : « Ceux qui étaient destinés à faire parler, et les viols « de
confort », de défoulement, les plus nombreux, qui avaient lieu
en général dans les chambrées, pour des raisons de
commodité ». Il se souvient que la quinzaine d’hommes affectés
à la villa Sesini avait « une liberté totale » dans ce domaine. « Il
n’y avait aucun interdit. Les viols étaient une torture comme une
autre, c’était juste un complément qu’offraient les femmes, à la
différence des hommes. » »
« Les prisonniers qu’on torturait dans ma compagnie, c’étaient
presque toujours des femmes, raconte de son côté l’ancien
sergent Jean Vuillez, appelé en octobre 1960 dans le secteur
de Constantine. Les hommes, eux, étaient partis au maquis, ou
bien avaient été envoyés dans un camp de regroupement
entouré de barbelés électrifiés à El Milia. Vous n’imaginez pas
les traitements qui étaient réservés aux femmes. Trois
adjudants les « interrogeaient » régulièrement dans leurs
chambres. En mars 1961, j’en ai vu quatre agoniser dans une
cave pendant huit jours, torturées quotidiennement à l’eau
salée et à coups de pioche dans les seins. Les cadavres nus de
trois d’entre elles ont ensuite été balancés sur un talus, au bord
de la route de Collo. »108
[ ]

« L’évidence était apparemment répandue : les Algériennes


étaient des femmes qui pouvaient être violées. C’est ce que
notait par exemple un pasteur en 1956 à propos de secteurs où
« le viol devient une manière de pacification » »107 « C’est la
[ ]

femme elle-même qui est visée. Le désir y est moins sexuel


que volonté de possession et d’humiliation. À travers la femme,
bousculée, violentée, violée, les militaires atteignent sa famille,
son village, et tous les cercles auxquels elle appartient jusqu’au
dernier, »107
[ ]

Néanmoins, toujours selon Raphaëlle Branche, pour autant que


les archives permettent de le savoir, « aucun texte n’autorise à
conclure à une volonté politique ou stratégique prônant les viols
pour asseoir la puissance française en Algérie ; aucun
document même ne tente d’en recommander l’usage ou de
laisser les soldats s’y livrer. »107 Le viol est totalement interdit
[ ]

dans l’armée française étant un crime au regard du code pénal.


Si rares sont les viols qui arrivent à la connaissance des
autorités supérieures, ces « viols signalés à l’autorité militaire
semblent avoir été sanctionnés disciplinairement et leurs
auteurs peuvent même avoir été déférés devant la justice
militaire. En tout cas, les quelques enquêtes connues sur des
viols aboutissent toujours à des sanctions et à des
inculpations »107.
[ ]

Elle ajoute en revanche que malgré les interdictions, les viols


survenaient tout de même très régulièrement : « Les viols ont
été nombreux en Algérie même s’ils sont demeurés
officiellement interdits et ont pu être sanctionnés. Dans certains
endroits, néanmoins, ils semblent avoir été particulièrement
massifs. Il faudrait toutefois encore travailler sur ce point. Les
témoignages sont rares et les sources peu abondantes.
Mouloud Feraoun, commentateur des progrès de la guerre
dans sa Kabylie natale, constitue sur ce point une source
exceptionnelle. Dans son journal, il décrit le viol comme une
pratique courante en Kabylie et évoque bien le lien entre fouille
et viol : « Lorsque les militaires les délogent de chez eux, les
parquent hors du village pour fouiller les maisons, [les hommes
du village] savent que les sexes des filles et des femmes seront
fouillés aussi »109. [ ]

Comme le souligne Catherine Brun (universitaire à


la Sorbonne), « Le viol de guerre est une violence politique –
c’est-à-dire en dernière instance, à cette époque, une affaire
d’hommes. À l’inverse, en choisissant de l’ignorer, de l’effacer,
les Algériens déniaient à l’armée française son pouvoir
destructeur, alors que la sape était à l’œuvre
quotidiennement »109. « En Algérie, la guerre a réactivé des
[ ]

germes existants, ceux d'un discours raciste sur les indigènes,


ces sauvages, qui fantasme une hystérie des femmes et une
hyper-virilité des hommes. Ces viols étaient aussi intégrés dans
une stratégie militaire de terreur. Et de ces exactions là, les
Algériennes, telles Louisette Ighilahriz, qui finit par briser le
silence dans la douleur, n'ont pu parler pendant des
décennies »110.
[ ]

Fouilles, dévoilement et tentatives de sexualisation des


Algériennes
Les autorités coloniales, soucieuses d'abord de ne pas laisser
échapper des hommes cachés sous-vêtements féminins, ont
mené des fouilles à corps dans le but particulier de contrôler le
sexe des femmes. Ces fouilles pouvaient aller d'une palpation
sur les vêtements jusqu'à l'obligation faite aux Algériennes
de soulever leur robe. C'était le cas notamment pour les
femmes de maquisards soupçonnées de continuer à voir leurs
maris : un pubis rasé étant tenu pour preuve de relations
sexuelles récentes, vérifier la longueur des poils
pubiens devenait un aspect de la recherche
du renseignement111. [ ]

Usage de Napalm
« Pendant cette guerre, la France a utilisé du napalm, miné
massivement le territoire, dressé des barrages à 20 000 volts
aux frontières et parqué des populations entières dans des
camps de regroupements. « Un quart des huit millions
d'Algériens ont dû partir de chez eux, c'est colossal », explique
Sylvie Thénault.
Jusqu'au bout, la logique de cette guerre aura été celle de la
terreur. »112[ ]

Chronologie
Article détaillé : Chronologie de la guerre d'Algérie.

« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise à Alger,


boulevard de la Marne, juste avant le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954.
Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad
Didouche et Mohamed [Link] : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à
droite. Pierre Mendès France, président du Conseil depuis le 18
juin 1954.
La IVe République et la conduite des affaires algériennes
(1954-1958)
Déclenchement de l'insurrection le 1er novembre 1954 et État
d'urgence
Articles détaillés : Comité révolutionnaire d'unité et d'action et Front de libération
national (Algérie).

Le 25 juillet 1954, dans une modeste villa du Clos Salambier,


un quartier musulman d'Alger, vingt-deux Algériens (les
« Cinq » du début, Mostefa Ben Boulaïd, Mohamed Boudiaf,
Larbi Ben M'Hidi, Mourad Didouche et Rabah Bitat, ont
beaucoup recruté) se prononcent « pour la révolution illimitée
jusqu'à l'indépendance totale ». C'est de ce jour-là que date
véritablement la guerre d'Algérie. Les chefs de région sont
désignés : Aurès-Némentchas : Ben Boulaïd, département
Nord-Constantinois : Rabah Bitat, Kabylie : Krim
Belkacem, Algérois-Orléansvillois : Mourad Didouche, Oranie :
Larbi Ben M'Hidi. Fin octobre, ces cinq responsables décident
de créer l’« ALN » (Armée de libération nationale)113. [ ]

Le 15 octobre 1954, le C.R.U.A. se transforme et devient le


F.L.N. : « Front de libération nationale ». Les revendications de
l'organisation comportent : reconnaissance de la nationalité
algérienne, ouverture de négociations, libération des détenus
politiques. Les Français demeurant en Algérie pourront choisir
leur nationalité, Français et Algériens obtenant des droits
égaux113. Sont définis les cibles qui devaient être attaquées
[ ]

dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Ils avaient prévu,


en accord avec la Délégation extérieure, d’en faire l’annonce à
la radio du Caire le jour du déclenchement de la Révolution.
Jour « J », 1er novembre : la « Toussaint rouge »
Article détaillé : Toussaint rouge.

François Mitterrand, ministre de l'Intérieur depuis quatre mois


quand l'insurrection éclate le 1er novembre 1954 et déclare le 7 novembre : « l'Algérie, c'est la
France ! »
Plus de trente attentats ont lieu, dans la nuit du 31
octobre au 1er novembre 1954, en différents points du territoire
algérien. Bilan : huit tués, dont pour moitié des civils, et des
dégâts matériels. L'opinion s'émeut surtout de l'attaque du
car Biskra-Arris, dans les Aurès, principal foyer de
l'insurrection : deux passagers, le caïd Hadj Sadok, ancien
lieutenant de l'armée française, et l'instituteur Guy Monnerot
sont abattus. Une proclamation diffusée dans la presse
revendique ces actions au nom d'un mystérieux groupe : le
FLN, Front de libération nationale. Son but : l'indépendance
d'un « État algérien souverain démocratique et social dans le
cadre des principes islamiques ». Et ce, « par tous les
moyens »114. Personne, en France ou en Algérie, ne pense
[ ]

qu'une guerre vient de commencer.


Président du Conseil depuis le 18 juin 1954, Pierre Mendès
France est surpris par la révolte algérienne. Il affirme aussitôt
avec force que « l'on ne transige pas quand il s'agit de défendre
la paix intérieure de la nation, l'unité et l'intégrité de la
République » Son ministre de l'Intérieur, François Mitterrand, en
visite en Algérie le 12 novembre 1954 réagit brutalement :
« l’Algérie, c’est la France ! la négociation avec les rebelles
c'est la guerre. » Des renforts sont acheminés, des milliers de
nationalistes arrêtés. Mais 99 % d'entre eux n'ont aucun rapport
avec le FLN. Car Mitterrand, à l'image de presque tous les
responsables, se trompe : il croit que les attentats sont liés au
MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés
démocratiques), le parti du vieux nationaliste Messali Hadj, et
que leur tête pensante est au Caire, autour de Ben
Bella[réf. nécessaire].
Pierre Mendès

Vous aimerez peut-être aussi