Zoonoses parasitaires chez les bovins
Zoonoses parasitaires chez les bovins
Présenté par
Bouacherine Selma
Devant le jury :
Année : 2021-2022
Remerciements
Avant tout, nous remercions Dieu tout puissant de nous avoir donné la force, le courage, la
persistance
Et nous a permis d’exploiter les moyens disponibles afin d’accomplir ce modeste travail
Dois à tous ceux qui ont contribué de loin ou de près à l’élaboration de ce travail.
Au terme de ce travail, La première personne que nous tenons à remercier est notre encadrante
madame-Dr DAHMANI Asma, pour avoir bien accepté de diriger ce travail, pour
l’orientation, la confiance, la patience qui ont constitué un apport
Nos vifs remerciements vont également aux membres du jury : nous vous remercions
Nous exprimons notre profonde gratitude à tous les enseignants qui ont participés
Nos remerciements à l’ensemble de nos amis et camarades étudiants de la promotion 2022 pour
leurs aides et leurs encouragements.
Dédicace
A la fleur qui rehausse et aromatise mes jours, qui gardent mes nuits pour que je me rendorme,
à ma très chère mère «Malika» que le Dieu la garde pour nous.
A la bougie qui est la source de la lumière de ma vie, à mon cher père « Mahmoud » que Dieu
ait pitié de lui.
À ma chère sœur « Sousou », a son mari « Hamdi » et ses trois petits gosses « Sadou »,
« Nouna » et « Noussou » et à mon futur homme « Papino » pour leur encouragement
permanent, et leur soutien moral.
A mes chères amies pour tous les instants inoubliables que j’ai passés avec eux.
Elles sont souvent associées au manque d’hygiène, aux mauvaises pratiques culinaires mais
encore à la méconnaissance du mode de transmission. Leurs distribution est mondiale et les
maladies se rencontrent essentiellement dans les pays où le climat est tempéré.
Donc, un programme doit être développé pour éliminer ces maladies dangereuses et réduire
les pertes matérielles, humaines et animales causées par ces infections.
ﺗﺸﻜﻞ ھﺬه اﻷﻣﺮاض ﻣﺸﻜﻠﺔ ﺻﺤﯿﺔ ﻋﺎﻣﺔ ﻛﺒﺮى ﻓﻲ ﻋﺪة ﻣﻨﺎطﻖ ﻣﻦ اﻟﻌﺎﻟﻢ ،ﺣﯿﺚ ﺗﺘﻔﺸﻰ ﻓﻲ ﺷﻜﻞ وﺑﺎﺋﻲ .أھﻤﯿﺘﮭﺎ اﻻﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ
.ﻛﺒﯿﺮة ﺟﺪا ﺑﺎﻟﻨﻈﺮ إﻟﻰ ﻓﻘﺪان اﻟﻮزن واﻟﺤﻠﯿﺐ وﺿﺒﻂ اﻟﺬﺑﺎﺋﺢ واﻷﺣﺸﺎء اﻟﻄﻔﯿﻠﯿﺔ ﻓﻲ اﻟﻤﺴﺎﻟﺦ
ﻏﺎﻟﺒًﺎ ﻣﺎ ﺗﺮﺗﺒﻂ ﺑﻨﻘﺺ اﻟﻨﻈﺎﻓﺔ وﻣﻤﺎرﺳﺎت اﻟﻄﮭﻲ اﻟﺴﯿﺌﺔ ،وﻟﻜﻨﮭﺎ ﺗﺮﺗﺒﻂ أﯾﻀًﺎ ﺑﺎﻟﺠﮭﻞ ﺑﻄﺮﯾﻘﺔ اﻧﺘﻘﺎل اﻟﻌﺪوى .ﯾﺘﻢ ﺗﻮزﯾﻌﮭﺎ ﻓﻲ
ً
ﻣﻌﺘﺪﻻ .ﺟﻤﯿﻊ أﻧﺤﺎء اﻟﻌﺎﻟﻢ وﺗﻮﺟﺪ اﻷﻣﺮاض ﺑﺸﻜﻞ رﺋﯿﺴﻲ ﻓﻲ اﻟﺒﻠﺪان اﻟﺘﻲ ﯾﻜﻮن اﻟﻤﻨﺎخ ﻓﯿﮭﺎ
ﻟﺬﻟﻚ ﯾﺠﺐ وﺿﻊ ﺑﺮﻧﺎﻣﺞ ﻟﻠﻘﻀﺎء ﻋﻠﻰ ھﺬه اﻷﻣﺮاض اﻟﺨﻄﯿﺮة وﺗﻘﻠﯿﻞ اﻟﺨﺴﺎﺋﺮ اﻟﻤﺎدﯾﺔ واﻟﺒﺸﺮﯾﺔ واﻟﺤﯿﻮاﻧﯿﺔ اﻟﺘﻲ ﺗﺴﺒﺒﮭﺎ ھﺬه
.اﻟﻌﺪوى
These diseases pose a major public health problem in several areas of the world, where they
are rampant in endemic form. Their economic importance is very great considering the
losses of weight, milk and seizures of carcasses and parasitized viscera at slaughterhouses.
They are often associated with lack of hygiene, poor cooking practices, but also with
ignorance of the mode of transmission. Their distribution is worldwide and the diseases are
mainly found in countries where the climate is temperate.
Therefore, a program must be developed to eliminate these dangerous diseases and reduce
the material, human and animal losses caused by these infections.
Et l’agriculture
T : Tænia
H : Hepatica
µm : micromètre
mm : millimètre
cm : centimètre
mg : milligramme
g : gramme
kg : kilogramme
l : litre
% : pourcent/pourcentage
°C : degré Celsius
INTRODUCTION
Les bovins sont souvent exposés à des zoonoses parasitaires telles que la fasciolose,
l’hydatidose et la cysticercose ; qui font la majeure partie.
L'importance économique et sanitaire de ces maladies sont très grandes en considérant les
pertes pondérales, de lait, les saisies des organes et de viandes parasités aux abattoirs, les
mesure d’assainissement (congélation en cas d’infestation légère de cysticercose (jusqu’à 4
cysticerques) (Wamae et Ihiga, 1991), ainsi que le coût des méthodes de dépistage, de
prévention et de traitement.
A cet effet, nous nous sommes intéressés à réaliser une synthèse bibliographique à travers
laquelle on a présenté l’aspect étiologique, clinique, moyens de luttes ainsi que la
prévalence et la répartition géographique de ces maladies à travers le monde et en Algérie.
1
Chapitre I : Cysticercose bovine
I. Généralités
I.1.Définition
[Link]
Selon Euzeby et al., (2005), il y a plusieurs espèces de Cysticercus dont la classification
est la suivante:
- Embranchement : des Plathelminthes
- Classe : des Cestodes
- Ordre : des Cyclophyllidés
- Famille : des Taeniidae
- Genre : Tænia (Cysticercus)
- Espèce : Cysticercus tenuicollis
Cysticercus ovis
Cysticercus bovis
Cysticercus cellulosae
I.3. Morphologie
Les cysticerques sont des vésicules remplies de liquide et des scolex. Elles mesurent 4
à 6 mm sur 7 à 10 mm et ressemblent à des perles (Figure 1). Cette larve se développe dans
l'organisme de l'hôte intermédiaire, sa durée de vie varie chez un même hôte en fonction de
sa localisation, elle est en moyenne de 20 à 30 mois. On peut retrouver des larves vivantes et
d'autres mortes au sein d'un même animal (F.A.O/O.M.S., 2004).
2
Figure 01 : Cysticercus bovis (Al-Quereishy, 2008).
[Link] évolutif
Le bovin se contamine en ingérant des œufs de [Link] qui éclosent dans le tube
digestif de l’animal et libèrent des larves qui vont se diriger vers les muscles et se positionner
entre les fibres musculaires (Figure 02). Les muscles privilégiés sont : le cœur, les muscles, la
langue, le diaphragme et l’œsophage et peuvent contaminer l’Homme après une maturation
de dix semaines environ. Le temps nécessaire pour que les larves se situent au niveau de
l’intestin est de trois mois après l’ingestion par l’Homme, celui-ci se contamine en ingérant
des cysticerques contenues dans la viande mal cuite. Dans l’intestin de l’Homme, la larve se
développe en adultes appelés T. saginata qui détermine une maladie appelée téniasis
(Oguremi et al., 2010).
3
Figure 02 : Cycle de Tænia saginata (Assana et al., 2001).
I.5. Epidémiologie
L'incidence et la prévalence de ce parasite sont en relation avec les conditions locales
d'habitat, et la consommation de la viande de bœuf mal cuite ou crue. Dans le téniasis on
estime qu'il y a plus de 60 millions de cas dans le monde. La cysticercose bovine est
cosmopolite. On l’a décelé à peu près dans tous les pays du monde, même en Australie et en
Nouvelle-Zélande et en Europe (Morlot, 2011).
En Algérie, la cysticercose a été à l’origine de la saisie de 553 Kg de viandes durant la période
2005-2009 (Rahmani, 2016). La transmission de la cysticercose bovine se fait
majoritairement par la voie indirecte, après contamination de l’eau ou de la nourriture. Par
contre, la transmission directe est très rare (Dorny et Praet, 2007).
La fréquence de la cysticercose bovine est directement liée à celle du téniasis humain. L’âge
est le facteur déterminant, les animaux de moins de deux ans étant les plus réceptifs. Les
animaux les plus âgés possèdent une immunité en cas de rencontre précédente avec le
4
parasite; dans le cas de bovins ayant été infestés avant l’âge de 4 mois, il se produit une
«paralysie immunitaire ». Ils ont une plus grande sensibilité à la ré-infestation (Bouteille,
2014).
Les œufs de tænia sont très résistants aux produits chimiques. Ils vivent très longtemps dans
le milieu extérieur. Leur température optimale de conservation est de -4°C. Ils peuvent
survivre 70 à 90 jours dans le foin (Esterre et al., 2003).
III. Dignostic
Le diagnostic de la cysticercose repose sur la description des signes cliniques,
l’imagerie, la biopsie, bien que peu réalisée, reste le seul moyen d’être sûre du diagnostic.
III.1. Diagnostic clinique
La ladrerie/cysticercose chez les bovins et est généralement asyptomatique. Les
bovins infestés par un très grand nombre d’œufs de T. saginata peuvent avoir de la fièvre,
du ptyalisme, de l’anorexie et des raideurs musculaires, et être affaiblis (Aubry, 2006).
III.2. Coprologie
L’identification de proglottis gravides ou d’œufs de ténia (flottation) dans les
matières fécales (si les premiers résultats sont négatifs, il faut répéter l’examen).L’examen
microscopique ne permet pas de différencier T. saginata de T. solium (Pozio, 1998).
III.3. Examen anatomo-pathologique
Il est basé chez l'animal sur la mise en évidence macroscopique des cysticerques sur
la carcasse , le cœur, les sections de masséter…..Chez les bovins la présence de cysticerques
dans la musculature peut être diagnostiquée par examen anatomo-pathologique post
mortem; en cas d'infection grave, les cysticerques peuvent être diagnostiqués sur l’animal
vivant par palpation de la langue. La sérologie n'est pas spécifique(Aubry, 2014).
6
[Link] et Prophylaxie
[Link]
Le traitement repose sur des cures plus ou moins longues d’Albendazole et/ou de
Praziquantel selon la localisation du parasite et les symptômes. Chez l’Homme, Dans les cas
de la neurocysticercose, des corticoïdes peuvent être prescrits en parallèle pour limiter le
risque inflammatoire associé à la destruction du parasite. La chirurgie est employée dans les
formes oculaires ne pouvant pas être traitées par thérapie médicamenteuse (Boussard et
al., 2012).
IV.2. Prophylaxie
Les moyens de prévention qui peuvent être réalisés pour empêcher la propagation de la
cysticercose bovine sont :
Inspection aux abattoirs
Habitudes culinaires
Eviter : Viandes crus, fumées / saignantes
Hygiène (Mains) Traitement en masse en régions endémiques.
Traitement des porteurs (Latrines en zones rurales et touristiques
Traitement des engrais d’origine humaine.
Traitement des eaux usées
Eviter de faire paitre les animaux en bordure des rails(Hélène et al., 2012).
IV.3. Mesures de lutte contre la cysticercose bovine en abattoir
Toutes les carcasses de bovin sont inspectées à l’abattoir afin de vérifier si elles
hébergent ou non des larves de Tænia. Le règlement (CE N°854, 2004) précise les lieux où il
faut rechercher les larves sur les carcasses des bovins âgés de 8 à 12 mois et des gros bovins
(plus de 12 mois):
-Examen des masséters externes : dans lequel il convient de pratiquer deux incisions
parallèles à la mandibule, ainsi que des masséters internes (muscles ptérygoïdes internes), à
inciser suivent un plan. La langue, préalablement dégagée de façon à permettre un examen
visuel détaillé de la bouche et de l’arrière bouche, doit faire l’objet d’un examen visuel et
d’une palpation.
- Inspection de la trachée et de l’œsophage.
-Examen du péricarde et du cœur : ce dernier faisant l’objet d’une incision longitudinale de
façon à ouvrir les ventricules et à traverser la cloison intraventriculaire.
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- Examen du diaphragme
Lorsque des cysticerques sont mis en évidence, l’arrêté ministériel du 18/12/09 fixe les
règles sanitaires applicables.
L’arbre de décision à suivre
Toute carcasse dans laquelle est décelé un cysticerque vivant, un cysticerque en voie de
dégénérescence ou une lésion calcifiée qu’il n’est pas possible de rapporter avec certitude à
une autre cause que la cysticercose est considérée comme atteinte de cysticercose. La
carcasse doit alors être soumise à un examen approfondi en abattoir au cours duquel il peut
être procédé à des incisions complémentaires pouvant aller jusqu’à la découpe de gros.
-L’assainissement par le froid : L’assainissement des carcasses, demi-carcasses ou morceaux
découpés, désossés et conditionnés, y compris les têtes, les cœurs et les œsophages,
s’effectue par maintien à une température inférieure ou égale à -10°C à cœur pendant un
minimum de dix jours (Mohammad et al., 2014).
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Chapitre II : Fasciolose bovine
I. Généralités
I.1.Définition
Est une maladie parasitaire caractérisée par une évolution subaiguë ou chronique
provoquant des altérations hépatiques, qui évoluent en désordre métaboliques, de l’anémie
et une émaciation progressive, avec une diminution de la production laitière, et finalement
la mort dans la majorité des cas (Bussiras et Chermette, 1995). Il s’agit, de plus, d’une
zoonose dans de nombreux pays (Kaboré et al., 1993). La distribution de cette affection est
mondiale et la maladie se rencontre essentiellement dans les pays où le climat est tempéré
(Torgerson et Claxton, 1999). L'importance économique de la fasciolose bovine est très
grande en considérant les pertes pondérales, de lait et les saisies de foies parasités aux
abattoirs en zone endémique (Wamae et Ihiga, 1991).
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- Ordre : Distome
- Sous ordre : Fascioloidea
- Famille : Fascioloidae
- Genre : Fasciola
- Espèce hepatica
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b) Fasciola hépatica
Est un ver à corps aplati, triangulaire allongé en bandelette, et non segmenté
mesurant de 2 à 3 cm de long et de 0,80 cm à 1,3 cm dans sa plus grande largeur, de
coloration brune ou gris jaunâtre et ayant la forme d'une feuille de laurier , la partie
céphalique antérieure est nettement visible et suivie d'un élargissement scapulaire la
différencie avec Fasciola gigantica (Ranaivoarison, 1989 ; Tekouk et al., 2003). Elle porte
deux ventouses très rapprochées d'où le nom de distome l'une buccale et l'autre ventrale au
niveau du tiers antérieur. Le tégument est souple, élastique et apparemment lissé mais en
réalité il est recouvert sur toute sa surface des épines cuticulaires microscopiques à effet à
brasifs (Euzeby, 1971). Le tube digestif : part de la ventouse orale, se continue par un
pharynx musculeux, puis un œsophage qui bifurque rapidement en deux caecums très
ramifiés. Le caecum ramifié, de coloration brun foncé à noir, sont visibles à l'état frais. Les
glandes vitellogènes (appareil génital), hermaphrodite s'ouvrent dans le port génital unique
situé entre les deux ventouses, plus près de la ventouse ventrale.
L'appareil génital mâle est représenté par deux testicules très ramifiés occupant presque
toute la moitié postérieure du parasite (Belkaid et al., 1999).
11
I.2.3 Biologie du parasite
Habitat
Les douves immatures migrent dans l'organisme de l'anima à travers le péritoine puis
le foie où elles cheminent dans le parenchyme hépatique pendant 7 à 9 semaines avant de
passer dans les canaux biliaires ou elles deviennent adultes.
N.B : quelques localisations erratiques sont à signaler dans le poumon, la rate,
l'encéphale (Bentounsi, 1999).
Nutrition
La jeune douve est histophage et se nourrit de tissu hépatique, à l'état adulte elle est
hématophage.
Reproduction
Les adultes sont hermaphrodites se reproduisent par auto fécondation. Chez l’hôte
définitif la fécondation croisée existe lorsque plusieurs parasites sont présents, chez l'hôte
intermédiaire les parasites se multiplient par les polyembryonies (Bentounsi, 2001).
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- Le miracidium est un embryon cilié mobile de 300 microns de forme triangulaire, il suivit
24 à 48 H dans l'eau et doit trouver durant ce délai l'hôte intermédiaire qui est un mollusque
gastéropode amphibie dont l'espèce type est : Lymnaea truncatula .
La pénétration du « Miracidium » chez le mollusque est la conséquence d'un phototropisme
positif et chimiotropisme par un appareil piriforme élaborant des enzymes protéolytiques le
« Miracidium » pénètre activement, il se libère de sa couche ciliée et se transforme en :
sporocyste.
- Sporocyste : Elément circulaire de 300 microns contenant des cellules germinales, celui-ci
s'installe dans la glande digestive du mollusque son développement donne par
polyembryonies 5 à 8 rédies qui par leur croissance provoque la distension des parois du
sporocyste qui se rompe d'où leur libération.
- La rédie : est un élément allongé, bourgeonné pourvu d'un orifice de ponte, munie de 2
appendices latéraux (ailes caudales) et antérieurement d'un collier musculeux possède une
ébauche, un tube digestif. Ces rédies quittent par la suite le sporocyste pour gagner
l’hépatopancréas du mollusque comme chez le sporocyste il se produit à l'intérieur de la
rédie un phénomène de polyembryonie donnant naissance de 16 à 20 cercaires.
- Le cercaire : est le dernier stade larvaire ou les organes de l'adulte sont ébauchés : 2
ventouses, l’œsophage, l'intestin bifurqué, l'appareil excréteur, les glandes cétogènes
latérales dont la fonction est de secréter le kyste protecteur du stade suivant, une queue de
600microns. (Bentounsi , 2001).
- Les métacercaires : Ils ont une forme sphérique, blanche nacrée de la taille d’une tête
d’épingle (200 µm) et c’est l’élément infestant de l’hôte définitive. Cependant la
métacercaire pour être infestant, subissent en quelques jours certaines transformations ; un
kyste interne vient doubler l’enveloppe externe qui constitue un écran protecteur contre le
froid, la chaleur et la sécheresse. En attendant l’ingestion par l’hôte définitif, sa durée de vie
moyenne est de 6 mois à 1 an variant en fonction des conditions climatiques et notamment
la température et l’humidité (Robison, 1984). Les métacercaires peuvent être quand même
détruites par un climat chaud et sec. L’infestation des animaux se fait par ingestion de
végétaux porteurs de métacercaires ou d’eau contenant ces mêmes métacercaires.
- Les jeunes douves : Les kystes ainsi ingérés sont dissous dans l’intestin et libèrent des
douves immatures qui migrent de l’intestin vers le parenchyme hépatique (en moins d’une
13
semaine) en passant par la cavité péritonéale. Les jeunes douves histophages (ou douvelles)
migrent à travers du parenchyme hépatique en augmentant de taille et gagnent les canaux
biliaires en 7 à 8 semaines. En quelques semaines ces jeunes douves deviennent adultes et
acquièrent leur maturité sexuelle. Dans de rares cas, la jeune douve peut s'égarer dans son
parcours vers le foie, emprunter accidentellement la voie veineuse ou lymphatique et être
responsable de localisation erratique cérébrale, sous cutanées, pulmonaires ou musculaires
(Belkaid, 1999).
.
I.4. Hôte intermédiaire (Lymneae truncatula)
I.4.1. Classification
Lymnaea truncatula est un gastéropode pulmoné appartenant à la limnée, se classe
dans la systématique comme suit (Euzeby, 1971) :
Embranchement : mollusca.
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Classe : gastropoda.
Super ordre : pulmonata.
Ordre : Basommatophora.
Famille : lymneidae.
Genre : lymnaea.
Espèce : truncatula.
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l'alimentation des limnées, grosses consommatrices d'algues chlorophycées dont le
développement exige beaucoup de lumière.
• L'eau : Les mares peu profondes et les terres humides constituent un habit idéal à
l'hôte intermédiaire, ce dernier peut vivre pendant plusieurs semaines sous l’eau,
dans les trous d'eau des prés, ou au fond des abreuvoirs, et même les sols
apparemment secs peuvent être habités par Lymnaea truncatula : C’est donc les
milieux intermédiaires ni trop mouillés ni totalement secs qui sont les meilleurs
biotopes.
• Reproduction : La Lymnée est un hermaphrodite et capable d'autofécondation, cette
notion est très important car elle explique la possibilité de reconstitution facile d'une
population lymnée dans un biotope favorable à partir de quelques individus
seulement. Dans les conditions optimales, les lymnées sont aptes à la ponte dès l'âge
de 5 semaines, les œufs pondus sont agglutinés les uns aux autres dans une masse
d'aspect gélatineux de 10 à 18 œufs irrégulièrement disposés.
L'émission des œufs peut se poursuivre pendant quelques mois et est variable
en fonction de l'alimentation reçue et d'un individu à l'autre. Elle peut passer de 800
à 900 œufs en 460 jours à 3400 œufs pendant le même temps, de même la ponte est
influencée par l'hygrométrie ambiante, et elle est réduite en période de sécheresse.
• Nutrition : La lymnée tronquée ou Lymnaea truncatula se nourrit essentiellement
d’algues, qu'elle ingère en broutant le substrat sur lesquels se développent ces
cryptogames.
• Habitats : Peuvent être divisés en deux grands types : foyers primaires ou réservoirs,
et aires de dissémination. Les foyers primaires sont des régions humides en
permanence (Szyfres et Acha, 1989).
16
Figure 07 : Cycle biologique des limnées (Rakotoarisoa, 2002)
18
L’inflammation chronique des voies biliaires est très apparente. Les canaux biliaires sont
dilatés, elles peuvent atteindre la taille d’un doigt. La paroi des canaux incrustés de calcaire,
le foie apparaît blanchâtre, la palpation pression du foie est dure et ferme au lieu d’être
friable. L’incision du parenchyme crisse sous le couteau. Dans les voies biliaires on découvre
des formes vivantes ou mortes de douves (douves mortes en cas de traitement
antifasciolienne).
III. Diagnostic
[Link] clinique
Très malaisé dans la forme aigüe, la mort survient sans signe précis. L’affection
évoque un accident d’entérostomie. Dans la forme chronique on doit chercher à reconnaître
la succession dans un ordre chronologique qui détermine les différents symptômes : anémie,
diarrhée, œdème et cachexie. L’anémie survient le premier avec nonchalance, perte
d’appétit, œil gras, amaigrissement progressif ; après la diarrhée et en fin l’installation
d’œdème. On remarque en outre que la palpation pression du flanc droit révèle une douleur
sourde. Les diagnostics cliniques sont impossibles car les symptômes observés ne sont pas
pathognomoniques de la fasciolose. Il est donc nécessaire de les complémenter par des
diagnostiques biologiques.
19
La détection d’anticorps est utile particulièrement aux stades précoces de
l’infestation, quand les œufs ne sont pas encore détectables dans les selles, ou dans la
fasciolose à localisation ectopique. On peut utiliser diverses méthodes :
-L’hémagglutination passive (HAP)
-ELISA (avec des antigènes f2 extraits de Fasciola hépatica)
-Immunofluorescence (Meissonnier, 2007).
Les différents types d’antigènes et leur pouvoir antigénique :
a) Antigènes métaboliques : Ce sont des antigènes libérés en grande quantité lors de
l’activité métabolique et qui est maximum au moment de la migration transhépatique.
b) Antigènes somatiques : Liés aux tissus du parasite, ils ne sont massivement libérés que
lors de la désintégration des distomes. Ce sont des antigènes structuraux et non spécifiques
du Fasciola. Ils ont un pouvoir immunogène nul (Burden et al., 1980).
c) Antigènes de surface : Constitués par des corps produits et libérés par des cellules
tégumentaire du parasite. Ces antigènes induisent une réaction immunitaire protectrice
mais qui subit des variations au cours du développement du parasite. Cette évolution des
cellules tégumentaires s’accompagne d’un développement des corps produits (Raharinosy,
2000). Mais ces méthodes sont très coûteuses, elles ne sont donc pas utilisées que chez des
animaux de grande valeur, ainsi que pour des cas de fasciolose humaine.
III.2.3. Les méthodes coprologiques
Il s’agit de la coproscopie microscopique, et dont le principe est d’identifier les œufs
de parasites dans les fèces. Elle est la plus recommandée en médecine vétérinaire. La
coproscopie en matière de douve fait appel aux méthodes d’enrichissement. Elle a pour but
de concentrer au maximum les œufs de parasites dans la suspension fécale, soit par
sédimentation, soit par flottaison (technique facile à mettre en œuvre).
[Link] méthodes de diagnostic
- Possibilité de recherche de coproantigènes (mise en évidence des antigènes présents dans
les fèces (anonyme, 2007)
- Imagerie : zone hypodenses hépatiques (Duriez et al., 2002).
- Inspection des foies douvées à l’abattoir : le signe absolu est la présence de grandes
douves vivantes ou calcifiées. Les foies doivent être saisies pour cholangite avec ou sans
douves.
- Recherche d’œufs dans la bile par echoquidage (Meissonnier, 2007).
20
En 2007, une étude de comparaison des différentes méthodes de diagnostic de la fasciolose
a été réalisée par Meissonnier. Elle consiste à comparer la fiabilité, sensibilité, spécificité et
valeurs prédictives de trois méthodes :
-L’inspection de foies douvés
-La coprologie par sédimentation
-La sérologie par test ELISA
Il a pu en déduire que :
-Aucune méthode n’est parfaite pour identifier les bovins atteints de fasciolose subclinique.
-Toutes les méthodes citées sont complémentaires car elles ont chacune une faible valeur
prédictive.
-La méthode ELISA actualisée donne les résultats les plus fiables sur les sérums sanguins de
mélange (bonne estimation de prévalence dans une population des bovins) (Meissonnier,
2007).
IV.2. Prophylaxie
- Déterminé l'hôte intermédiaire : L'intervention vis-à- vis de la limnée tronquée est limité.
Un dépistage des gîtes à limnées peut être réalisé au sein de l'élevage. Il est ensuite possible
d'envisager la destruction des mollusques dans ces localisations.
22
Moyen biologique : par l'introduction de prédateurs de limnées comme le
gastéropode du genre Zani tialoe « les algues parasites des œufs : Cathénerea auguillulae »
(Bentounsi, 2001).
[Link] défensives
-Moyens médicaux
b) Traitements systématiques
-Avant la mise au pâturage : Eviter le réensemencement des prairies par les infestés.
-Saison de pâturage : Expulser les 1ers parasites avant d’être trop nombreux (pathogène)
- Moyens sanitaires - Clôturer les zones trop humides, les bas-fonds, où persistent des
limnées (Mekroud et al., 1999).
23
Chapitre III : Hydatidose bovine
I. Généralités
I.1. Définition
- Embranchement : Helminthes
- Sous embrachement : Plathelminthes (vers plats)
- Classe : Cestodes (vers segmentés)
- Sous classe : Eucestodes
- Ordre : Cyclophylidea
- Famille : Taeniidae
- Genre : Echinococcus
- Espèce : Echinococcus granulosus
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I.3. Espèces affectées
Le parasite adulte vit dans l’intestin de l’hôte définitif qui est un mammifère
carnivore, appartenant à la famille des canidés. C’est un petit ver plat de 3 à 5mm de long,
formé d’une tête ou scolex, d’un cou et des anneaux. Il est hermaphrodite et sans tube
digestif. Le scolex porte 4 ventouses et un rostre saillant muni d’une double couronne de 30
<à 50 crochets de 30 à 40μ de long, ceux de la couronne antérieure sont les plus grands. Le
cou est court. Les anneaux sont au nombre de trois (Bourée et Bisaro, 2007).
Il est de forme arrondie, mesurant 20 à 35μm, non operculé, protégé par une coque
épaisse et striée (figure 7). Il contient un embryon hexacanthe à 6 crochets (oncosphère). La
maturation de l’œuf est réalisée dans le milieu extérieur. Sa survie dans le sol dépend des
conditions d’humidité et de température, elle est d’un mois à +20°C et de 15 mois à +7°C, à 4
mois à -10°C. L’œuf est détruit en 3 jours si l’hygrométrie est faible (inférieur à 70%), en
quelques heures par la dessiccation et en quelques instants au-delà de 60°C. Les agents
chimiques, engrais ou désinfectants n’altèrent pas la vitalité et ne peuvent donc pas être
utilisés pour désinfecter les légumes contaminés (Bussieras et Chermette, 1991).
25
Figure 8 : Schéma de l’œuf de l’Echinococcus granulosus (Eckert et al., 2002)
Elle se forme dans divers organes par la vésiculation, suivie d’une croissance
progressive d’un embryon hexacanthe de 25 à 30μm. Au terme de son développement, elle
peut atteindre 10 à 15 cm de diamètre. Elle est de forme sphérique ou plus ou moins
polylobée. Le kyste est rempli d’un liquide hydatique contenant de nombreuses larves,
appelées scolex de 150 à 200μm. Les scolex donneront de futures têtes de tænia portant 4
ventouses et une double couronne de 30 à 40 dans le liquide hydatique(Graber et Perrotin ,
1983).
Il évolue selon un cycle naturel se déroulant en deux phases survenant chez deux
hôtes différents : définitif et intermédiaire (figure 8). Le parasite adulte vit dans l’intestin
de l’hôte définitif qui est un mammifère carnivore appartenant à la famille des canidés.
C’est un Tænia d’environ 5 mm de long, composé d’une tête et d’un corps. Celui-ci est
constitué de trois ou quatre anneaux. Le dernier anneau, encore appelé anneau germinatif,
renferme 400 à 800 œufs ou embryophores. Une fois mâture, l’anneau germinatif s’élimine
dans le milieu extérieur avec les déjections du chien infestant. La forme larvaire du parasite
est abritée par l’hôte intermédiaire qui est un mammifère herbivore. L’hôte intermédiaire
26
s’infeste en broutant l’herbe ou en buvant de l’eau souillés par les œufs rejetés par l’hôte
définitif parasité (Pratlong, 1981 ; Lgardere et al., 1995), visqueux, les œufs frais peuvent
adhérer au pelage des hôtes définitifs et ainsi faciliter leur dissémination, alors que l’hôte
définitif est contaminé en consommant les abats infestés d’un hôte intermédiaire décédé
naturellement ou par abattage sanitaire. Ainsi le cycle animal naturel du parasite se trouve
bouclé (Burgos, 1999 ; Bouhaouala et al., 2004).
Pour E. granulosus le cycle le plus répandu intervient entre chiens et bovins. Il existe un cycle
similaire entre chiens et chevaux, chiens et chameaux, etc. et, parmi la faune sauvage, entre
loups et orignaux/cerfs ou dingos et kangourous/wallabies, par exemple.
En dépit d’une croissance lente chez l’homme et les animaux ayant une grande longévité, les
kystes d’E. granulosus peuvent atteindre 10 à 20 centimètres, tandis que chez le mouton, ils
mesurent 2 à 6 cm.
Dans le cas d’E. multilocularis, une lésion ou masse multivésiculaire contenant des
protoscolex grossit rapidement par bourgeonnement exogène et provoque l’échinococcose
alvéolaire chez les rongeurs et autres petits mammifères.
27
Figure 9 : Cycle parasitaire (Franf, 1982)
II. 1. Symptômes
Les vers provoquent peu d’effets cliniques dans l’intestin grêle de l’hôte définitif. Chez l’hôte
intermédiaire, le kyste se déplace progressivement et induit une fibrose des tissus normaux,
entraînant des manifestations cliniques. Chez l’Homme, les symptômes dépendent de la
28
localisation des kystes, ainsi que de leur taille et de leur nombre ou de la masse du
métacestode.
Sur le bétail infesté par E. granulosus, on peut enregistrer une diminution de la croissance,
de la production de lait, de viande et de laine, une baisse du taux de natalité ainsi que des
pertes dues à la saisie des organes lors de l’examen post-mortem. Toutefois, les kystes se
développent lentement et un nombre d’animaux infestés sont abattus avant que la maladie
ait une manifestation clinique.
Il peut cependant exister de multiples kystes d’E. granulosus, éventuellement présents dans
le cerveau, les reins, les os ou les testicules, entraînant une maladie plus grave. En absence
de mesures de contrôle, les taux d’infestation peuvent être très élevés parmi le bétail et les
chiens, avec une incidence significative pour l’homme.
II. 2. Lésions
Au niveau des kystes d’E. granulosus, on peut individualiser les éléments suivants :
C’est une membrane très mince et fine, constituée d’une fine couche de cellules
germinatives de 20 microns d’épaisseur. C’est la membrane responsable de la persistance de
l’espèce, elle élabore par sa face externe la membrane cuticulaire et par sa face interne les
différents éléments contenus dans le kyste hydatique (Garbet, 1978 ; Houin, 1994).
b) Le contenu est formé par le liquide hydatique et les éléments figurés du kyste :
29
Le liquide hydatique :
Normalement limpide si le kyste est intact, ayant l’aspect classique « Eau de roche »,
stérile et il a une saveur salée. La pression régnante à l’intérieur du kyste peut-être
considérable, atteignant 100cm d’eau pour un diamètre de 10cm. Sa composition chimique
est assez variable quantitativement avec des constituants bien définis, électrolytes, acides
nucléiques, sucres, lipides, protéines et déchets azotés.
Le liquide hydatique joue ainsi un rôle antigénique d’importance diagnostique, à côté de son
rôle assurant la nutrition des tissus parasitaires, le transport des déchets métaboliques et la
mobilisation des réserves. Il est élaboré par la membrane proligère, le liquide hydatique
possède aussi un pouvoir toxique responsable de manifestations ou de choc allergique pour
l’hôte qui l’héberge lorsque le kyste se rompt.
Eléments figurés
Les vésicules proligères : Lorsque le kyste atteint le volume d’une cerise, sa membrane
proligère forme sur sa face interne de petits bourgeonnements cellulaires mesurant 250-
500μm qui grossissent puis se creusent d’une cavité, mais restent appendus par un fin
pédicule. Ce sont les capsules ou vésicules proligères, chacune d’elles peut engendrer par
bourgeonnement interne 10 à 100 scolex ou têtes de futurs tænias. Ces scolex présentent
des crochets à leurs surfaces.
Les vésicules filles (figure 10) : De même structure que l’hydatide qui leur a donné
naissance, elles résultent de l’évolution vésiculaire d’un scolex. Elles sont soit endogènes,
contenues dans le kyste primitif aussi longtemps qu’il n’est pas rompu, soit exogènes situées
à la périphérie du kyste.
La structure du parasite est la même quel que soit l’organe atteint, seule l’adventice change,
absente au niveau de l’os, très mince au niveau du cerveau et souvent scléreuse au niveau
du foie.
30
Figure 10 : Pièce opératoire de kyste hydatique avant (A) et après (B) ouverture. Présence de
nombreuses vésicules filles intra-kystiques (Ravoniarison, 2020).
III. Diagnostic
III. [Link]
III.1.2. Post-mortem
31
Le diagnostic se fait cliniquement et via des examens complémentaires chez
l’Homme. Chez l’animal, le diagnostic repose sur une détection post-mortem des kystes,
notamment dans le foie et les poumons pour E. granulosus. Ils sont souvent décelés lors du
contrôle de la viande à l’abattoir et peuvent également être localisés grâce à un examen par
ultrasons, bien que les images présentent une faible spécificité. Les épreuves sérologiques
ne sont pas couramment utilisées sur les vaches, les moutons et les porcs pour la détection
de l’échinococcose kystique en raison d’une sensibilité et d’une spécificité variables.
L’examen post-mortem des petits mammifères peut servir à détecter des kystes d’E.
multilocularis.
[Link]
IV.2. Prophylaxie
Dans les régions où sont présents les échinocoques, la détection d’œufs de Taeniidés
dans les matières fécales d’un carnivore doit systématiquement être interprétée comme la
preuve d’une infestation potentielle par des échinocoques. Il est alors recommandé de
traiter les animaux pendant deux jours consécutifs à l’aide d’un produit hautement efficace,
32
sous le contrôle d’un vétérinaire. L’application concomitante d’un shampooing permet
d’éliminer mécaniquement les œufs de parasites présents dans le pelage. Il est utile de
recourir à des vêtements, gants et masques jetables pour le personnel impliqué.
L’élimination des éléments parasitaires (œufs, larves) présents dans l’environnement est
indispensable pour réduire le risque d’infestation des animaux ou de leurs propriétaires. Les
éléments parasitaires libérés dans les matières fécales des carnivores sont directement
infestant.
Pour les zones où une contamination massive est suspectée, il est recommandé de prendre
des mesures rigoureuses de décontamination. Il est parfois nécessaire de retirer le sable ou
la terre, ou de recouvrir le sol de béton ou d’asphalte (par exemple, dans les chenils et les
refuges où la densité animale est très forte). Dans toute collectivité, un traitement
anthelminthique et une quarantaine devront être pratiqués pour les animaux nouvellement
introduits. Les terrains de jeux destinés aux enfants doivent être clos afin d’interdire l’accès
aux animaux, y compris aux chats. Les bacs à sable doivent être recouverts, lorsqu’ils ne sont
pas utilisés. Le sable doit être remplacé régulièrement (une à deux fois par an au minimum)
(ESCCAP, 2007).
- Laver abondamment les fruits et les légumes consommés crus (Louvain, 1999).
33
Chapitre IV : Prévalence et répartition géographique des trois pathologies
chez les bovins dans le monde et en Algérie
I. Cysticercose bovine
La cysticercose chez les bovins, les ovins et les caprins est un problème vétérinaire
très important en Algérie et dans tout le monde ; les cysticerques sont responsables d’un
degré élevé de morbidité et de mortalité chez le bétail (Kara, 2005). La plupart des études
de la prévalence sont appuyées sur les données d’abattage, car elles constituent un moyen
économique d’analyser des informations sur les maladies du bétail.
La fréquence peut atteindre jusqu’à 80% dans certains régions du monde. Elle est rare en
Inde où la consommation de viande bovine est interdite aux adeptes de l’Hindouisme. En
revanche, elle est fréquente dans les régions où la viande bovine est consommée crue ou
peu cuite. En Afrique du Nord, au Maroc notamment, le taux d’infestation est faible (de 0,3 à
1,15%), mais beaucoup plus élevé dans d’Afrique subsaharienne 18% en Sierra Leone, 20%
en Guinée, 15-20 % au Tchad, 30% en Erythrée, 80 % en Ethiopie, 30 à 40 % au Kenya,
jusqu’à 70 -80 % en République démocratique du Congo (Pandey et Ziam, 2003).
34
Elle a touché surtout l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Sud avec une prévalence s’élevant
de 25,7% à 56,6%. Elle est enzootie au Tchad, une enquête portant sur 4 015 têtes donne
une moyenne nationale de 8,56 % avec de sérieux écarts selon les régions. L'Ouest et le
Nord-Ouest du pays sont beaucoup moins touchés. Or, la source d'approvisionnement
principale de l'abattoir est le Kanem où Je taux d'infestation ne semble pas dépasser 4, 9 %.
Au Kenya la cysticercose bovine varie entre 30% à 40%,30% en Erythrée et 80% en Ethiopie
(Sissay et al., 2008). En Italie,( Laranjo-González et al., 2017) ont enregistré des taux de 3,4
à 8 %. (Kedra et al., 2001) ont noté une prévalence de 2,73% en Islande mais en Allemagne,
en Hongrie, en Italie, au Danemark et en Belgique les pourcentages atteignent en moyenne :
0,36%, 0,5%, 1,5%, 0,66%, 0,79% et 1,57% respectivement.
I.2. En Algérie
En Algérie, les données concernant la cysticercose sont peu connues toutefois, des
études réalisées par Hamsas et Kedjit (2010) au niveau de l’abattoirs d’El Harrach ont
rapporté que sur un total de 264 bovins inspectés, aucun cas de cysticercose bovine n’a été
noté, d’après ces auteurs, l’absence de cas de cysticercose peut être expliqué par le fait que
l’inspection n’a pas concerné tous les territoires de la carcasse notamment la tête, aussi, les
techniques classiques de recherche de la cysticercose ne permettent pas un dépistage réel
de la cysticercose (Kebede, 2008).
Par ailleurs, Bouhalit et Zerdoudi (2020) ont enregistré une prévalence de la cysticercose
bovine de l’ordre de 3 % sur un total de 177 bovins inspectés au niveau de l’abattoir de
Guelma. Aussi, l’étude menée par Chahi et Ben Haffaf (2011) au niveau de l’abattoir de
Rouïba a révélé un taux de 0,12% sur un total de 819 bovins examinés.
35
fibrosées, ce qui dénotent de la non gravité et du peu de risque de contamination humaine
lorsqu’l s’agit d’espèces zoonotiques (Rahmani, 2016).
36
pluviométrie supérieure à 1200 mm, le taux d’infestation a été très faible. D’autres facteurs
pourraient intervenir sur le cycle biologique de F. gigantica. La salinité par exemple empêche
la prolifération des mollusques et, les prospections malacologiques dénotent l’absence de
Lymnaea natalensis dans la basse Casamance au Sénégal et dans la région maritime au Togo.
Les variations des prévalences des infestations naturelles par F .hepatica chez les ruminants
dans le monde et au niveau de divers abattoirs ont été décrites (Tableau 1).
Tableau 1:Les prévalences des infestations naturelles par Fasciola hepatica dans les élevages
des bovins dans le monde (Bacha, 2020)
Afrique :
Egypte Bovins 12 ,3 Mekroud et al., 2003
Amériques : Bovins
Floride 17,2 Torgerson et al., 1999
Montana 68
Océanie :
Australie Bovins 8 ,4 Moly et al., 2006
Europe :
Belgique Bovins 12,5 Torrgerson et al., 1999
Espagne Bovins 29,5 Mekroud et al., 2004
France/Limousin Bovins 41,8 Mage et al., 1989
Cerdagne Bovins 82 Mage et al., 1989
Italie/Alpes Bovins 11,1 Grinoli et al., 2002
37
Figure 2: Distribution dans le monde (rouge) des cas humains de Fasciolose à Fasciola sp.
(OMS., 2013)
II.2. En Algérie
Peu d’études épidémiologiques ont été réalisées sur la fasciolose au cours des
quarante dernières années. Les rares études datent depuis l’ère coloniale, (Pallary, 1921 ;
Lievre, 1932). Des travaux récents dans l’est Algérien sur les prévalences de la fasciolose
chez le bovin ont été entrepris par Mekroud en 2004 (Mekroud, 2004). Mais à l’heure
actuelle, la seule banque de données disponible sont les rapports provenant des abattoirs.
Malheureusement, les données de ces établissements ne peuvent pas être utilisées comme
indicateurs épidémiologiques d’une région, car la plupart des animaux abattus dans ces
abattoirs proviennent de région éloignées, divers pouvant se situer à plus de 100 Km.
38
En Algérie, la fasciolose est due uniquement à Fasciola hepatica selon Lievre (cité par
Khalfallah, 1988) et d'après l'enquête menée sur la fasciolose algérienne, on la trouve
presque dans tout le pays, avec une répartition inégale. Elle s'étend de la zone du littorale
jusqu'à l’Atlas Saharien (65 % dans la wilaya de El Tarf, et de 35% dans la wilaya de Jijel, et
28% dans la wilaya de Constantine) selon des études réalisées ultérieurement. Selon une
enquête menée durant la période allant de 2007 à 2017 par Khalf Allah (2018) dans les
abattoirs de Dellys et Sétif, les prévalences de la fasciolose varient entre 1% et 1,5%.
En Australie, l’hydatidose totalement inconnue a été introduite par les colons venus
d’Europe, il y a plus de deux siècles (Jenkins, 2006). L’hydatidose est très répandue dans les
pays d’élevage des bovins où le contact chien-vache est constant. Plusieurs études ont
montré que l’hydatidose est un problème de santé publique dans de nombreux pays, et elle
39
est considérée actuellement comme une maladie émergente et ré-émergente (Mc Manus et
al., 2003 ; Jenkins et al., 2005). Les prévalences les plus élevées sont trouvées dans les pays
des zones tempérées incluant les pays de la région Méditerranée, le centre et le sud des
pays de l’Europe de l’Est, le centre de l’Asie, la Chine, l’Australie, et certains pays de l’Afrique
subsaharienne et de l’Amérique du Sud (Mc Manus et al., 2003). Les quatre pays réputés
pour leur hyper-endémicité hydatique sont l'Uruguay (32/100000), l'Argentine (21/100000),
la Tunisie (15/100000) et le Maroc (7,2/100000). Mais, le principal foyer d’hydatidose
humaine est en Afrique subsaharienne, au Kenya (30%), Tchad (30%), Soudan (37%),
Zimbabwe (60 à 70%) (Aubry, 2013).
40
III.2. En Algérie
L’hydatidose revêt en Algérie une importance considérable à cause des problèmes de
santé publique et des pertes économiques, consécutives aux saisies d’organes parasités. Elle
continue à sévir malgré les tentatives de contrôle de la pratique d’abattage et
l’intensification des campagnes de vulgarisation afin d’interrompre le cycle du cestode entre
les bovins et les chiens (Bardonnet et al., 2003).
Cette parasitose autochtone est fréquente dans les hauts plateaux, en particulier dans les
villages non contrôlés par les services vétérinaires. Le mode d’élevage dispensé dans ces
régions expose le mouton à un polyparasitisme certain. Lors de l’abattage rituel du mouton,
pendant Aïd El Adha, les réservoirs du parasite représentés par les abats infectés par les
kystes et laissés à la portée des chiens errants augmentent le degré de contamination et de
dispersion des éléments parasitaires dans l’environnement (Blibek, 2009).
Dans une enquête menée par Bellili et Bendou (2018) dans quelques abattoirs de la région
de Tizi- Ouzou, les taux d’infestation des taux d’infestation des ovins supérieurs à ceux des caprins
et des bovins soit respectivement 5,29%, 4,62% et 2,13% en 2017, et des taux de l’ordre de 3,78%,
2,20% et 1,34% pour 2018. Aloulla, (1985) confirme qu’à Alger et Oran le taux d’infestation
des bovins atteignant 11,8 % est largement supérieur à celui des ovins qui ne représente que
1,4% des cas.
41
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
La diminution de l’infestation de nos viandes par ces parasitoses passe par la rupture
du cycle de parasite quel que soit l’espèce impliquée. Il convient d’agir de l’amont à l’aval.
Il faut agir en préservant l’eau et les aliments destinés aux animaux d’élevage des souillures
par les fèces des chiens qui sont incriminés dans l’infestation des bovins par ces parasites.
Cependant, il est impossible d’empêcher l’infestation des ruminants dans les pâturages,
exposés à diverses souillures.
Déparasiter régulièrement les chiens d’élevage, nettoyer les bergeries et à défaut, interdire
l’accès des chiens et des chats aux lieux d’élevage.
Répertorier et réorganiser les lieux de rassemblement des animaux pour une meilleure
traçabilité des animaux destinés à l’abattage afin de récolter d’avantage d’information sur
l’origine des bovins abattus.
Les équiper de chambre de congélation afin d’assainir les carcasses peu infectées et les doter
aussi d’incinérateurs pour les produits de saisies.
Interdire l’accès chiens à nos abattoirs, ne pas leurs donner de la viande crue et des abats.
Saisir les viandes massivement infestées par la cysticercose, et assainir les carcasses moins
infestées par le froid.
Pour le consommateur,
Le sensibiliser du danger que représentent ces parasitoses zoonotiques.
Interdire la consommation de la viande et des abats crus ou insuffisamment cuits par les
hôtes définitifs (l’Homme et/ou les chiens et/ou les chats).
Enfin, pour déterminer une prévalence réelle de ces parasitoses, il serait intéressant
d’augmenter l’échantillonnage des carcasses inspectées, d’utiliser des méthodes de
détection plus sensibles (tests sérologiques) comme l’ELISA en ante-mortem au niveau des
42
élevage, et effectuer une recherche systématique coprologique des œufs des parasites chez
tous les animaux domestiques (hôtes définitifs potentiels) ainsi que l’homme.
43
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