sport féminin, le régime de Vichy « interdit rigoureusement » la pratique dans
l'Hexagone en 1941. Le football est jugé « nocif pour les femmes »[59].
Presque anecdotique, la pratique perdure après la Seconde Guerre
mondiale mais il faut attendre la seconde moitié des années 1960 pour
assister au renouveau du football féminin : en 1969-1970, les
fédérations anglaise, française et allemande reconnaissent ainsi le football
féminin[60]. On recense 2 170 licenciées à la FFF pour la saison 1970-71, puis
4 900 la saison suivante[61].
Au niveau international, une première Coupe d'Europe est organisée
en 1969[62]. Elle met aux prises l'Angleterre, le Danemark, la France et l'Italie.
Le football féminin n'étant pas reconnu officiellement par la FIFA et l'UEFA,
cette compétition est « non officielle ».
Au niveau mondial, la première Coupe du monde est jouée dès juillet 1970[63].
C'est encore une compétition « non officielle ». Après de multiples
organisations de ce type, l'UEFA (1984)[64] puis la FIFA (1991)[65] conviennent
qu'il faut mettre en place des compétitions « officielles », Coupe du monde de
football féminin et Championnat d'Europe de football féminin notamment.
Appellations contrôlées
L'association anglaise de football, la Football Association, fondée
à Londres en 1863, prend à son compte le terme générique de « football » et,
en codifiant les règles du jeu, lui adjoint la mention
« association » (association football) afin de le distinguer des autres formes
de football jouées à l'époque. Cependant certains des clubs adhérents à la FA
continuent de suivre des règles très différentes ; Blackheath RC, notamment,
qui milite pour l'usage des mains et l'autorisation du placage. L'unification
des règles menée par la FA, qui marque la période allant de 1863
à 1870 place Blackheath dans une position isolée. Le club londonien quitte
alors la FA et part créer en 1871 la Football Rugby Union, une fédération de
football selon les règles dites de Rugby. Ainsi, dès 1871, deux formes
principales de football, d'une part l'association football et d'autre part
le Rugby football (football de Rugby) sont codifiées et disposent d’instances
dirigeantes. Ces deux sports essaiment dans le monde entier et donnent
naissance à des variantes américaine, australienne, gaélique ou canadienne.
Très tôt, une variante argotique d'appellation de « association football »
apparaît chez les anglophones par abréviation : d'abord « assoc. football »
puis « assoc. » et enfin le diminutif « soc » complété par le suffixe « -er » qui
donnera le terme « soccer ». Cette dernière appellation s'est largement
popularisée au fil du temps en Amérique du Nord au point d'éclipser
totalement toute mention de « football ». Les changements de noms de la
fédération américaine (États-Unis) de football au cours du vingtième siècle
témoignent de cette évolution : en 1913, date de sa fondation, à 1945, elle a
pour nom United States Football Association, puis jusqu'en 1974 elle porte le
nom de United States Soccer Football Association. Elle adopte alors le nom
de United States Soccer Federation. Soccer[66] est officiellement en usage
dans trois pays : États-Unis, Canada et Samoa, les trois seules fédérations
nationales anglophones qui reprennent le terme de soccer (en
excluant football) dans leur nom. Ce terme argotique pour les autres
anglophones est toutefois parfois employé, notamment dans la presse. Il est
ainsi d'emploi très courant en Afrique du Sud et plus rare au Royaume-Uni.
Chez les francophones, le dictionnaire quadrilingue de la FIFA[67] donne
« football » comme seule dénomination officielle du jeu actuellement en
français[68], bien que les francophones canadiens aient adopté le terme
« soccer » en raison de son usage courant et généralisé au Canada.
Ces questions de dénominations ne touchent pas que les pays donnant
naissance à des « football » locaux. Ainsi, en France, la peur panique des
paris, du professionnalisme et de la montée en puissance des pouvoirs des
clubs provoquent un boycott de la discipline par l'USFSA. Pour cette
fédération, le seul football reconnu est celui de la variante du rugby car les
instances anglaises de cette discipline étaient parvenues à interdire
l’adoption du professionnalisme. Aussi, le terme football employé seul fait
plutôt référence en France à celui de Rugby (football rugby) jusqu'au début
du XXe siècle[69]. À partir de 1894 et la reconnaissance tardive de la discipline
par l'USFSA, l'appellation « football association » (traduction française de
« association football ») ou plus simplement « association » s'impose
naturellement. On joue ainsi à l'« assoce » en France à la Belle Époque et on
retrouve dans certains journaux de province le terme « association » jusque
dans les années 1920. C'est également en France, à Paris, en 1904 qu'est
fondée (avec comme première langue officielle le français) la Fédération
Internationale de Football Association (en anglais : International Federation of
Association Football). La Fédération Française de Football Association n'est
quant à elle fondée qu'en 1919 à la suite de l'éclatement de la structure
omnisports de l'USFSA. Dans le milieu du football association, le terme de
football est de plus en plus utilisé seul pour nommer le jeu, et la mention
« association » perd alors progressivement de son usage : le magazine
spécialisé Football, créé en 1929, puis la FFFA qui devient FFF à
la Libération illustrent cette évolution. De son côté le rugby, éclaté en deux
sports différents, à XV ou à XIII, a perdu l'usage du terme « football » tandis
que les autres variantes sont perçues comme exotiques en Europe et dans les
pays francophones, Canada excepté. Elles sont donc nommées selon leur
origine : football américain, football australien, football gaélique et football
canadien.
Le français, comme c'est le cas en général dans le domaine sportif [70], a ainsi
conservé le terme d'origine (au moins en partie à l'époque, car la
mention association a bien été traduite, ce qui explique l'inversion en passant
de l'anglais « association football » au français « football association »). Ce
n'est pas le cas dans la plupart des autres langues où ont été forgés des
termes à consonances locales, du Fussball allemand, au Fútbol espagnol (ou
également très rarement Balompié) en passant par le Voetbal néerlandais ou
le Futebol portugais. En Italie, on adopte en 1909 le terme de calcio en
référence à l'ancien jeu du calcio florentin[71].
Pratique du football
Règlement
Premières règles
Articles détaillés : Règles de Cambridge et Règles de Sheffield.
Le premier code de jeu date de 1848 : les Cambridge Rules[18]. D'autres
universités suivent l'exemple de Cambridge et édictent leurs propres
règlements. Harrow met ainsi en place un code autorisant l'usage des mains
qui donnera naissance au rugby et à ses déclinaisons, comme le football
américain et le football canadien. Le football se base exclusivement sur les
règles de Cambridge, qui s'imposent comme les plus simples. Cette notion de
simplicité est fondatrice du football lui-même, comme l'indique clairement le
sous-titre des règles de J. C. Thring qui affinent le règlement de Cambridge
en 1862 : The Simplest Game[72] (« Le jeu le plus simple »).
Angleterre-Écosse en 1872.
Quand la Football Association (FA) est fondée à Londres le 26 octobre 1863,
E.C. Morley est chargé de faire une synthèse des différentes règles en
usage[73]. Blackheath RC qui suivait les règles d'Harrow, était alors membre de
la FA et le débat devient houleux quand un premier code de 14 règles
s'inspirant des Cambridge Rules est présenté le 24 novembre 1863[73]. Après
plusieurs jours de débats et de modifications, un règlement de 13 règles est
adopté le 1er décembre par 13 voix contre 4[74]. Le 9 janvier 1864, le premier
match disputé sous ses nouvelles lois du jeu est joué [73]. Elles sont assez
floues, notamment dans les domaines du nombre de joueurs et des
dimensions du terrain ou des buts car un accord n'a pas pu être trouvé sur
ces points. Les équipes comptent alors de treize à quinze joueurs puis
passent à onze progressivement, malgré les résistances de nombre d'équipes
à la fin des années 1860. En 1867, quand la Surrey FA propose un match à
onze contre onze au Cambridge University FC, ce dernier répond par
courrier : « nous jouons au minimum à quinze par équipe et nous ne pouvons
pas jouer avec moins de treize joueurs par équipe [75] ». La loi 11 précise que
l'usage des mains est interdit. De fait, il s'agit dans les grandes lignes de la
reprise des Cambridge Rules et des règles de J.C. Thring, saluées par tous
comme les plus simples[76].
Le 1er décembre 1863, le Sheffield FC demande son affiliation à la FA[76]. Les
clubs de Sheffield suivent alors un code de jeu particulier mais proche
des Cambridge Rules et qui se joue à onze contre onze[19]. Pendant plus d'une
décennie, les deux codes coexistent et s'influencent tandis que certains clubs
édictent des règlements internes stipulant que seul leur règlement interne
est applicable. Cette situation très hétérogène n'empêche pas la FA de
peaufiner son règlement. Le poste du gardien de but est ainsi créé
en 1870[75]. De même, entre 1867 et 1870, les règles de Sheffield connaissent
quelques modifications comme l'abandon en 1868 du rouge[77] (forme de
points semblable au football australien, avec deux poteaux supplémentaires
situés à 4 yards des buts). Les clubs de la région de Nottingham, qui avaient
également un règlement inspiré des Cambridge Rules, adoptent les règles de
la FA en 1867[78].
La FA Cup est fondée en 1871 sur le principe « une coupe, deux codes »[79].
L'espoir de la FA est de pousser les clubs de Sheffield à adopter ses règles.
C'est presque l'inverse qui se produit. En fait, les deux codes fusionnent
en 1877[80]. Depuis lors, les règles sont unifiées puis confiées à la garde de
l'International Board, créé le 6 décembre 1882.
Principes du jeu
Un jeune gardien de but en action dans son
but.
Le football met aux prises deux équipes de onze joueurs sur un terrain
rectangulaire de 90 à 120 mètres de long sur 45 à 90 mètres de large. Pour
les matches internationaux, les dimensions du terrain sont ramenées entre
100 et 110 mètres de long pour 64 à 75 mètres de large. L'objectif est de
faire pénétrer un ballon sphérique de 68 à 70 cm de circonférence pour un
poids de 410 à 450 grammes[81] dans un but long de 7,32 m sur 2,44 m de
hauteur. Le but est considéré marqué quand le ballon a entièrement franchi la
ligne de but tracée au sol entre les deux poteaux [82].
Le seul joueur autorisé à utiliser ses mains et ses bras lorsque le ballon est en
jeu est le gardien de but, pourvu que ce dernier se trouve dans sa surface de
réparation. Dans cette même surface, une faute habituellement sanctionnée
par un coup franc direct, l'est par un coup de pied de réparation (pénalty). Ce
dernier s'exécute sur un point situé à 11 mètres de la ligne de but. Outre les
fautes de mains, les autres fautes concernent essentiellement les
comportements antisportifs et les contacts entre les joueurs. Le tacle est
autorisé, mais réglementé : un tacle par derrière est ainsi souvent sanctionné
d'un carton rouge synonyme d'expulsion. En cas de faute moins grave,
un carton jaune peut être donné par l'arbitre au joueur fautif. Si ce joueur
écope d'un second carton jaune au cours d'une même partie, il est expulsé [83].
La règle du hors-jeu force les attaquants à ne pas se contenter d'attendre des
ballons derrière la défense adverse. Pour qu'un joueur soit en jeu, il faut qu'il
soit devant le dernier défenseur adverse, dans le sens du jeu de ce
défenseur. L'arbitre assistant signale avec un drapeau le hors-jeu qui se juge
au départ de la balle, c'est-à-dire au moment où le passeur frappe le ballon,
et non pas à l'arrivée du ballon dans les pieds de l'attaquant.
Le match dure 90 minutes en deux périodes de 45 minutes séparées par une
interruption (ou mi-temps) de 15 minutes. Lors de certains matches de coupe
devant désigner un vainqueur ou un qualifié (on peut se qualifier en matches
aller-retour sans nécessairement remporter le match retour), une
prolongation de deux fois quinze minutes est disputée. Au terme de cette
période, en cas d'égalité, les tirs au but départagent les deux formations[84].
Lois du jeu
Article détaillé : Lois du jeu.
Le football compte dix-sept « lois du jeu » régies par l'International Board. Le
règlement est le même pour les professionnels et les amateurs, en senior ou
chez les jeunes. La FIFA veille à l'application uniforme des mêmes lois du jeu
partout dans le monde.
Les 17 lois du jeu :
1 Le terrain de jeu 10 But marqué
2 Le ballon 11 Le hors-jeu
3 Nombre de joueurs 12 Fautes et comportement
antisportif
4 Équipement des joueurs
13 Coup franc
5 L'arbitre
6 Les arbitres assistants 14 Coup de pied de réparation
(penalty)
7 La durée du match
15 Rentrée de touche
8 Le coup d'envoi et
reprise du jeu 16 Coup de pied de but
9 Ballon en jeu et hors du 17 Coup de pied de coin
jeu (corner)
Très conservateur, l'International Board modifie rarement le règlement
contrairement à nombre d'autres disciplines sportives. Depuis la création
du Board, la plus importante réforme fut celle de 1925 qui porte de trois à
deux le nombre de joueurs adverses devant se situer entre la ligne de but et
celui qui reçoit une passe pour ne pas être hors-jeu [85]. Cette réforme a
d'importantes implications en matière de tactique. Signalons également les
réformes liées au gardien de but avec l'interdiction de prendre le ballon à la
main sur une passe d'un partenaire[86] (1992)[87] et de la limitation à l'usage
des mains dans la seule surface de réparation (1912)[88]. D'autres évolutions
importantes ont lieu en 1891 : elles concernent l'arbitre.
Arbitre
Article détaillé : Arbitre de football.
Trio arbitral mixte.
Sur le terrain, l'application du règlement est confiée à un corps arbitral qui se
met en place définitivement en 1891[89]. Un temps évoqué, le double
arbitrage était en usage au début du jeu et un troisième arbitre, situé en
tribune, prenait la décision en cas de conflit entre les deux arbitres
principaux. Ce système s’avère inefficace et en 1891, le referee, jadis placé
en tribune, est désormais positionné sur le terrain, tandis que la doublette
d’arbitres (umpires) est mise sur les bords de touche (linesmen). L'arbitre
central est rapidement doté de larges pouvoirs afin de diriger pleinement la
partie. Avant ces réformes, les penalties n'existent pas et l'arbitre n'a pas le
contrôle du temps de jeu. Depuis 1874, les umpires peuvent siffler des coups
francs et expulser des joueurs. Avant cette date, les expulsions sont
discutées avec les capitaines[90]. Les cartons jaunes et rouges sont introduits
en 1970 à la suite d'un incident au cours du match de Coupe du
monde Angleterre-Argentine en 1966. Expulsé, le capitaine argentin Antonio
Rattín refuse de quitter le terrain prétextant ne pas comprendre l'arbitre
allemand Rudolf Kreitlein ; l'affaire dure sept minutes[91]. Pour éviter ce genre
de problèmes, le Board met en place le système universel de cartons de
pénalité jaunes et rouges.
Le corps arbitral est aujourd'hui constitué d'un arbitre principal qui se déplace
sur le terrain, ainsi que deux arbitres assistants évoluant le long de chaque
ligne de touche et munis de drapeaux. Dans le milieu professionnel, un
quatrième arbitre est présent pour assurer un remplacement en cas de
blessure de l'un des trois autres ; il sert également à signaler les
changements de joueurs et à veiller au maintien de l'ordre dans les zones
techniques (bancs des joueurs) et au bord du terrain. Au plus haut niveau, les
arbitres subissent des tests physiques réguliers (test de Cooper, notamment).
Depuis la fin du XXe siècle, le recours à la vidéo est souvent évoqué pour
remédier aux problèmes d’arbitrage. Ce système est toutefois très
controversé, notamment car il n'est pas absolument fiable [réf. nécessaire] et n'est
pas applicable à tous les niveaux du football, des juniors aux vétérans. Le 8
mars 2008, à l'occasion de sa 122e réunion annuelle, le Board suspend,
jusqu'à nouvel ordre, les options technologiques après des essais peu
concluants d'arbitrage vidéo testés au Japon et les difficultés techniques
rencontrées par les équipes travaillant sur le contrôle de la ligne de but par
des moyens électroniques. En revanche, le Board autorise la mise en place de
tests avec deux arbitres assistants supplémentaires pour surveiller les
surfaces de réparation[92].
Arbitre assistant signalant une sortie de
but.
Comme dans d'autres disciplines, l'arbitrage doit faire face à des problèmes
de corruption. Les derniers cas en date en Allemagne[93], en Belgique[94],
en Italie[95] et au Portugal[96] ont notamment mis en lumière le rôle de certains
clubs dans ces affaires mais aussi l'intervention de parieurs. Dans d'autres
cas, des joueurs peuvent être également impliqués. Les sanctions
(rétrogradation, titre annulé, points retirés et poursuites judiciaires des
personnes impliquées) et les précautions (en Allemagne, l'arbitre est
désormais désigné 48 heures avant la rencontre) n'empêchent pas la
poursuite de ces pratiques. Aussi, de nombreuses voix appellent de leurs
vœux la mise en place d'un véritable statut professionnel pour les arbitres.
Le statut des arbitres, professionnel ou pas, est un sujet récurrent des
dernières années. La plupart des arbitres sont amateurs. La FIFA et son
président Sepp Blatter militent pour l'arbitrage professionnel. Pour les matchs
de haut niveau, les arbitres sont sous contrat avec leur fédération en
Argentine, au Brésil, au Mexique et en France, liés à la Premier League en
Angleterre, et sous une sorte de rapport contractuel en Italie [97].
La féminisation du corps arbitral débute avant la reconnaissance du football
féminin. En France, on attend ainsi 1970 pour admettre des licenciées
féminines à la FFF mais la première femme certifiée arbitre l'est dès le 10
novembre 1967 (Martine Giron, 21 ans)[98]. Depuis les années 1990, des
femmes (Nelly Viénot, notamment, à partir du 23 avril 1996[99]) accèdent au
statut d'arbitre assistant en première division. En 2003, un premier match
masculin de l'UEFA est arbitré par une femme, Nicole Petignat[100].
Les équipements
L'équipement du joueur
Évolution des chaussures de football de
1930 à 2002.
Article détaillé : Loi 4 du football.
Réglementés par la Loi 4, les équipements des joueurs comprennent un
maillot, un short, une paire de chaussettes, des protège-tibias et
des chaussures. Le port des gants et des lunettes est autorisé.
Les gardiens arborent parfois des casquettes quand ils font face au soleil. Ils
doivent de plus porter un maillot de couleur différente. La possibilité de
porter une jupe-short est évoquée pour les équipes féminines depuis
2008[101], mais le règlement officiel n'en fait pour l'instant aucune mention [102].
Les équipes disposent de plusieurs jeux de maillots. Habituellement, une
équipe évolue avec ses couleurs à domicile et doit s'adapter aux couleurs de
l'adversaire en déplacement. L'échange des maillots en fin de partie est une
tradition pour les matches importants.
Les premiers maillots sont des lainages assez épais. Ils s'allègent durant la
première moitié du XXe siècle avec l'adoption de chemises en coton, puis,
grâce aux fibres synthétiques à partir des années 1960, ils deviennent très
légers. Polyester et polyamide sont principalement utilisés avec des systèmes
d'évacuation de la transpiration.
Les chaussures sont à l'origine des chaussures montantes courantes
auxquelles on fixait des crampons. Il faut attendre les années 1950, et les
premières chaussures de football commercialisées par Adidas, pour voir
l'apparition de chaussures modernes. Depuis les années 1990, les meilleures
chaussures sont généralement en peau de kangourou avec semelle
en plastique et crampons en aluminium.
Le ballon est codifié par la Loi 2. Ses dimensions sont fixées en 1872. Le
ballon doit être sphérique, en cuir ou dans une autre matière adéquate, avoir
une circonférence de 70 cm au plus et de 68 cm au moins, un poids de
450 g au plus et de 410 g au moins au début du match et une pression de 0,6
à 1,1 atmosphère (600 - 1 100 g/cm2). Ces dimensions sont plus réduites pour
les ballons utilisés par les joueurs de moins de 13 ans. Depuis
le 1er janvier 1996, seuls des ballons ayant passé les tests de la FIFA (Fifa
Approved) sont utilisables en compétitions internationales organisées par la
FIFA ou les confédérations continentales [103].
Le stade
Article détaillé : Stade de football.
Du terrain de jeu au stade
Le terrain de jeu.
Les terrains de cricket restant déserts pendant l'hiver, ils sont utilisés au
début de l'histoire du jeu. Ceux qui peuvent disposer d'installations de cricket
comprenant également des vestiaires et des tribunes sont toutefois
minoritaires. Il faut le plus souvent se contenter de jouer sur un terrain plus
ou moins bien tracé et se changer au café du coin. Certains matches drainent
toutefois très vite une affluence certaine, et les premières tentatives
d'entrées payantes se font en Angleterre dès les années 1860. Sur le
continent européen, les vélodromes jouent le rôle des terrains de cricket au
Royaume-Uni.
Passée l'étape du simple pavillon destiné à accueillir les membres du bureau
et leurs invités puis l'installation de praticables couverts ou pas autour du
terrain pour les autres spectateurs, les premiers stades sont principalement
en bois, mais les dimensions des tribunes, toujours plus imposantes,
nécessitent bien vite le recours à une armature métallique. Parmi les
principaux architectes initiant cette évolution, citons
l'emblématique Archibald Leitch qui opère de 1904 à 1939.
Après la Seconde Guerre mondiale, les stades connaissent de nombreuses
révolutions, du toit cantilever (sans poteaux de soutien au milieu des
tribunes) à la construction de systèmes d'éclairage pour les matches en
nocturne. Les premières expériences de matches joués à la lumière des
projecteurs datent de 1878, mais ce type de rencontres, interdit en
Angleterre de 1930 à 1950, reste marginal jusqu'après la Seconde Guerre
mondiale[104]. L'éclairage est seulement de quelques centaines de lux, mais la
télévision exige au moins 800 lux pour filmer correctement les rencontres.
Cette demande pressante de la télévision et les progrès réalisés au niveau
des systèmes d'éclairage permettent désormais aux meilleurs stades de
disposer d'au moins 1 500 lux.
Le terrain de jeu connaît également des changements avec la mise en place
de systèmes de chauffage pour éviter le gel du terrain ou même l'adoption de
surfaces de jeu plus ou moins artificielles. La pelouse naturelle reste toujours
la plus courante. Quelques clubs anglais installent des revêtements
totalement artificiels comme QPR, Luton, Preston et Oldham dans les années
1980, mais la FA freine ces expériences sans toutefois parvenir à les
interdire[105]. Même remarque au niveau de la FIFA qui ne recommande pas
cette surface mais qui ne l'interdit pas. En revanche, ce type de revêtement
reste longtemps proscrit par la FIFA en phase finale de Coupe du monde. Lors
de la Coupe du monde 1994 disputée aux États-Unis, les stades ont dû tous
être dotés de pelouse naturelle, Pontiac Silverdome à Détroit
(Michigan) et Giants Stadium (New Jersey) au premier chef. À la suite des
modifications des tests de certification de la FIFA (2001)[106], il est désormais
possible d'utiliser un terrain artificiel en phase finale de Coupe du monde.
Toutefois, jamais le cas ne s'est produit. Pourtant équipé depuis 2002 d'une
pelouse artificielle certifiée par la FIFA, le Stade Loujniki de Moscou est
équipé d'une pelouse naturelle pour accueillir la finale de la Ligue des
champions de l'UEFA 2007-2008[107].
Confort et sécurité
La Südtribüne du Signal Iduna
Park de Dortmund.
Le confort et la sécurité des spectateurs restent longtemps une notion
anecdotique pour les architectes et les dirigeants, qui cherchent seulement à
rentabiliser au maximum leurs enceintes. Malgré la multiplication des drames
et accidents, les autorités prennent tardivement conscience de ce problème.
L'UEFA réagit après le drame du Heysel (1985), mais le football anglais,
pourtant concerné au premier chef par les morts du Heysel, ne modifie sa
politique qu'après le drame de Sheffield (1989) avec la mise en application
du « Rapport Taylor », bannissant notamment les places debout en
Angleterre[108]. L'Allemagne, qui s'était refusée à diffuser en direct les
événements du Heysel, lance une réflexion de fond sur ces problèmes à cette
période. Elle donne ses fruits à l'occasion de la Coupe du monde 2006, avec
des enceintes intégrant pleinement les besoins de confort et de sécurité. À
noter le maintien d'une tribune avec des places debout au Signal Iduna Park