🪖 I.
Guerre des Malouines (1982)
1. Contexte
Les îles Malouines (Falkland Islands) se trouvent dans l’Atlantique Sud.
L’Argentine revendique ces îles depuis son indépendance.
Le Royaume-Uni les contrôle depuis 1833.
2. Déroulement
2 avril 1982 : invasion argentine pour affirmer sa souveraineté.
Réaction britannique : envoi d’une flotte pour reprendre les îles.
14 juin 1982 : capitulation de l’Argentine après de violents combats.
3. Pertes humaines
649 soldats argentins et 255 britanniques morts.
Peu d’impact sur les civils.
4. Caractéristiques
1. Guerre principalement navale et aérienne.
2. Distance importante (~13 000 km) compliquant la logistique britannique.
3. Conflit court (10 semaines) mais aux grandes conséquences politiques et militaires.
5. Conséquences
Renforcement de la présence militaire britannique dans l’Atlantique Sud.
Crise politique en Argentine → chute de la junte militaire.
Souveraineté toujours contestée : l’Argentine revendique encore les îles.
6. Remarque stratégique
Conflit thalassocratique : supériorité maritime britannique décisive.
L’Argentine, puissance continentale, manquait de capacités navales à longue portée.
🌊 II. Liberté et restriction des mers
Situation Liberté des mers Restrictions
Temps de paix Navigation libre sur la haute mer Aucune
Temps de guerre Navigation limitée Fouille des navires neutres, blocus maritime
⚖ III. Principe de Hugo Grotius sur la mer
La haute mer appartient à tous → navigation et commerce libres.
Les eaux territoriales sont sous la souveraineté de l’État côtier.
Résumé simple :
Haute mer = libre pour tous.
Eaux territoriales = sous contrôle national.
🌐 IV. Droit international de la mer
Définition
Ensemble des règles juridiques régissant l’usage, la navigation, l’exploitation et la protection des
océans.
Points essentiels
Avant 1982, c’était un droit coutumier (basé sur la pratique des États).
Principes : haute mer libre, eaux territoriales limitées, passage innocent.
Différence entre les deux droits
Terme Définition (français) Définition (arabe) Différence principale
ينظم العالقات
Règle les relations privées et Domaine privé/commercial
Droit maritime الخاصة والتجارية
commerciales liées à la mer. (navires, commerce, contrats).
المتعلقة بالبحر.
القواعد الدولية
Droit Règles publiques Domaine public/international
العامة الستخدام
international de internationales sur l’usage (souveraineté, navigation,
البحار من قبل
la mer des mers par les États. ressources).
الدول.
Résumé simple :
Droit maritime = privé / commercial.
Droit de la mer = public / international.
🚢 V. Le navire et son pavillon
Le pavillon = drapeau national à la poupe du navire.
Sert à :
1. Identifier la nationalité.
2. Déterminer le droit applicable.
3. Indiquer le statut du navire (civil, militaire, marchand).
📜 VI. Les conventions internationales
Convention de Genève (1958)
Première codification du droit de la mer : mer territoriale, plateau continental, haute mer,
pêche.
Base du droit international moderne.
Convention de Montego Bay (1982)
Codifie tout le droit moderne de la mer : eaux territoriales, ZEE, haute mer, ressources.
Approche universelle
Idée Explication
Universel Le droit de la mer s’applique à tous les États.
Codifié Par des traités internationaux (Genève 1958, Montego Bay 1982).
Adhésion Les États suivent et participent aux institutions maritimes.
➡️Le droit de la mer est universel, codifié et accepté par la majorité des États.
🌍 VII. Le régionalisme en droit international moderne
Définition
Coopération entre plusieurs États partageant des intérêts communs pour gérer ensemble certaines
affaires.
Contexte et rôle
Né après la décolonisation, pour résister aux grandes puissances.
Création de régimes juridiques nouveaux :
o Eaux archipélagiques,
o Plateau continental,
o Zone économique exclusive (ZEE).
Formes du régionalisme
Géographique : selon la proximité.
Fonctionnel : selon les objectifs communs.
Conventionnel : basé sur des accords écrits.
Comparaison universel / régional
Traduction
Aspect Définition Portée Exemple
arabe
ONU, OMC,
Universel Coopération entre tous les États Mondiale 🌎 عالمي
DUDH
Traduction
Aspect Définition Portée Exemple
arabe
Coopération entre États d’une même
Régional Limitée 🌍 UA, UE, ASEAN إقليمي
région
🔄 VIII. L’interaction entre universel et régional
1. Croisement ()التقاطع
→ Quand les deux approches se rencontrent sur un même objectif.
Exemple : les droits de l’homme → principes universels appliqués régionalement.
2. Interférence ()التداخل
→ Quand elles s’influencent mutuellement.
Exemple : la ZEE née d’initiatives régionales, devenue règle universelle (Montego Bay 1982).
3. Interaction ()التفاعل
→ Le droit international moderne résulte du dialogue permanent entre :
Vision universelle (principes généraux),
Réalité régionale (besoins locaux).
🧭 IX. Conclusion générale
Le droit international de la mer combine :
Un aspect universel (règles communes à tous les États),
Un aspect régional (adapté aux contextes locaux).
Cette interaction constante garantit un équilibre entre liberté des mers, souveraineté nationale et
coopération internationale.
Les composantes internationales du droit de la mer
Le droit de la mer repose sur les mêmes sources que le droit international général, mais avec des
particularités.
1. La coutume internationale ( )الُعرف الدوليa longtemps été la principale source du droit de la
mer.
→ Les règles se sont formées à partir des pratiques répétées des États et parfois codifiées
depuis le Moyen Âge.
→ La coutume résulte d’un ensemble d’actes concordants ou d’un comportement d’un État
suivi par d’autres (effet d’entraînement )تأثير تبعي.
2. Les traités internationaux ( )المعاهدات الدوليةsont devenus une source privilégiée.
→ Malgré une procédure lente ()إجراءات بطيئة, ils couvrent aujourd’hui presque tous les
domaines : navigation, pêche, piraterie, protection de l’environnement marin, délimitation
maritime, etc.
3. La jurisprudence et la doctrine ( )االجتهاد القضائي والعقيدة القانونيةont un rôle secondaire (
)ثانوي.
→ Selon l’article 38 de la CIJ, elles servent d’aide pour déterminer les règles, même si leur
influence a diminué par rapport au passé.
4. Les normes et pratiques généralement acceptées ( )المعايير والممارسات المقبولة عمومًاne
sont pas une source indépendante,
→ mais elles complètent les conventions comme celles de Genève (1958) et de 1982, qui s’y
réfèrent souvent.
Le droit international repose sur la volonté commune des États ; il ne reconnaît pas les actes
unilatéraux ( )األعمال االنفراديةfaits par un seul État sans accord des autres, sauf s’ils sont
acceptés par les tiers ()أي الدول األخرى. Cependant, quand plusieurs États répètent le même
acte, cela peut créer une pratique internationale ( )ممارسة دوليةqui devient une règle
coutumière ()قاعدة عرفية.
La codification ( أي جمع وتنظيم القواعد القانونية في نص واحد، )تقنينdu droit de la mer a
commencé au début du XIXᵉ siècle grâce à des juristes comme Pardessus, Bustamante et
Strupp, qui ont voulu organiser et systématiser le droit existant.
En 1958, la Conférence de Genève a réussi à adopter quatre conventions principales :
1. sur la mer territoriale et la zone contiguë ()البحر اإلقليمي والمنطقة المتاخمة,
2. sur la haute mer ()أعالي البحار,
3. sur la pêche et la conservation des ressources biologiques ()الصيد وحماية الموارد الحية,
4. sur le plateau continental ()الرف القاري,
un protocole facultatif ( )بروتوكول اختياريpour le règlement des différends ( تسوية
)النزاعات.
Mais malgré cela, ces conventions n’étaient pas suffisantes. Une nouvelle conférence (1973–
1982), appelée « Conférence du siècle », s’est tenue pendant 9 ans et 11 sessions et a abouti
à la Convention de Montego Bay de 1982.
Cette convention est considérée comme la plus complète dans l’histoire du droit de la mer.
Elle a apporté plusieurs nouveautés :
Extension de la mer territoriale à 12 milles marins (12 )ميل بحري,
Création de nouvelles zones :
o Zone économique exclusive (ZEE) ( )المنطقة االقتصادية الخالصة: zone de 200 milles
où l’État a des droits économiques,
o Eaux archipélagiques ()المياه األرخبيلية,
o Zone internationale des fonds marins ( )المنطقة الدولية لقاع البحارconsidérée
comme patrimoine commun de l’humanité ()تراث مشترك للبشرية, gérée par
l’Autorité internationale ()الهيئة الدولية لقاع البحار.
Organisation de nouveaux domaines : recherche scientifique marine ()البحث العلمي البحري,
protection de l’environnement marin ()حماية البيئة البحرية, règlement pacifique des
différends ()تسوية سلمية للنزاعات.
La convention de 1982 remplace celle de 1958 entre les États qui y ont adhéré, mais n’a pas
arrêté l’évolution du droit de la mer. Elle reste ouverte à des adaptations et de nouvelles
interprétations, notamment sur le régime de la pêche dans la zone économique exclusive.