Rappels 1 : Technologie du béton armé
Chapitre 0.
Rappels 1 : Technologie du béton armé
1. Technologie du béton
1.1. Généralités
1.1.1. Définition
Le béton ordinaire classique est une pierre artificielle obtenue à partir d’un mélange
correctement dosé de ciment, d’eau, de granulats (gros et petits) et éventuellement
d’adjuvants.
1.1.2. Classification
Il y a plusieurs critères de classification du béton, par exemple :
la densité (ou masse volumique) :
o bétons très lourds (>2,5 tonnes/m3) ;
o bétons lourds (1,8 … 2,5 tonnes/m3) ;
o bétons légers (<1,8 tonnes/m3) ;
la résistance à la compression :
o les bétons de classe inférieure (fc28<20 MPa) ;
o les bétons de classe supérieure (fc28 = 20 … 60MPa) ;
o les bétons de très haute performance (ou résistance) fc28>60 MPa ;
la destination ;
le type de composants (liant, granulats) ; etc...
1.1.3. Domaines d’utilisation
Le béton = principal matériau de construction, est utilisé dans tous les types de construction ;
il est soit coulé en place, soit préfabriqué.
1.2. Les composants du béton
1.2.1. Le liant
Différentes variétés de ciment sont utilisées pour le béton. Ces ciments sont différents aussi
bien par leur composition chimique que par leur résistance mécanique à la compression.
1.2.2. Les granulats
Les granulats sont des matériaux inertes, naturels ou artificiels qui rentrent dans la
composition du béton. Il y a les gros granulats constitués par les graviers (roulés ou
concassés) ou cailloux et les petits granulats constitués par les sables.
2.3. L’eau de gâchage
L’eau utilisée pour le gâchage du béton doit être propre et ne doit pas contenir des matières en
suspension (matières grasses) et des sels dissous (eau potable de robinet). L’utilisation de
l’eau de mer pour le béton est interdite.
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1.2.4. Les adjuvants
Un adjuvant est un produit (en poudre ou en liquide) qui, ajouté au béton en faible quantité,
permet d’améliorer certaines propriétés ou qualités souhaitées soit au béton frais, soit au béton
durci. Ainsi, on a :
les plastifiants,
les accélérateurs de prise ou de durcissement ;
les retardateurs ;
les fluidifiants ;
les hydrofuges ; etc…
1.3. Qualités essentielles du béton
Les deux qualités essentielles du béton sont :
l’ouvrabilité et,
la résistance.
Résistance et ouvrabilité doivent être étudiées de pair, car elles sont étroitement dépendantes
l’une de l’autre et varient en sens inverse en fonction de certains facteurs de la composition du
béton.
1.3.1. L’ouvrabilité
L’ouvrabilité (ou maniabilité) est la facilité offerte à la mise en œuvre du béton pour le
remplissage parfait du coffrage et du ferraillage avec conservation de son homogénéité. On
apprécie, généralement, l’ouvrabilité par des mesures de plasticité :
soit par des affaissements au cône d’Abrams ;
soit par étalement à la table de secousses ;
ou par d’autres méthodes d’appréciation de la plasticité du béton
1.3.2. La résistance
La résistance du béton est sa capacité de s’opposer à la rupture sous l’action des contraintes
internes provoquées par des actions extérieures.
Pour le béton, les résistances caractéristiques sont la résistance à la compression fc28 et la
résistance à la traction ft28 à l’âge de 28 jours.
La résistance du béton à la compression fc28 peut être calculée par la formule de Bolomey en
fonction du rapport ciment/eau (C/E), de la classe du ciment (Rc) et de la qualité des
granulats (coefficients granulaires A1 et A2).
Le rapport ciment/eau (C/E) est un facteur très important pour le béton, car il englobe deux
grandeurs principales (le dosage en ciment C et le dosage en eau E) qui influent toutes deux
(mais inversement) sur sa résistance. Il apparaît donc comme un facteur global intervenant
dans la résistance du béton. Généralement, pour atteindre une résistance maximale du béton, il
faut une valeur du rapport C/E = 5,0 ... 3,0, (c’est-à-dire la quantité d’eau nécessaire pour
l’hydratation du ciment seulement); mais pour une bonne ouvrabilité, on est amené à
augmenter la quantité d’eau jusqu’à obtenir une valeur du rapport C/E = 2,5 ... 1,5.
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Aussi, la résistance du béton dépend de certains facteurs comme le rapport gravier/sable
(G/S), les dimensions des granulats et la granularité (voir tableau 2.8).
Le béton a une très faible résistance à la traction; cette résistance est d’environ 5 à 21 fois
plus faible que celle à la compression, mais le rapport fc28 /ft28 croit avec la qualité du béton,
c’est-à-dire qu’une amélioration de la résistance à la compression des bétons ne
s’accompagne pas d’une amélioration de même ampleur de celle à la traction.
1.4. La composition du béton
1.4.1. Considérations générales
L’étude de la composition d’un béton consiste à définir le mélange optimal des différents
composants, c’est-à-dire le rapport entre les granulats (graviers et sable), le liant et l’eau afin
de réaliser un béton dont les qualités soient celles recherchées pour la construction de
l’ouvrage ou de l’élément qu’on désire réaliser. Il existe plusieurs méthodes de détermination
de la composition du béton qui aboutissent généralement à un dosage volumétrique.
1.4.2. Données de base
Pour le calcul de la composition du béton, il faut les données suivantes:
la classe de béton en projet : fc28;
la plasticité désirée (ouvrabilité);
la classe de ciment ;
les caractéristiques géométriques et physiques des granulats (gravier et sable) ;
l’humidité des granulats.
4.3. Dosage en ciment
La résistance du béton fc28 croît avec le dosage en ciment C et la classe du ciment Rc, mais on
est toujours limité par le coût trop élevé du ciment ; toutefois, il faut un dosage suffisant en
ciment pour atteindre une résistance nominale garantie et assurer certaines qualités (comme la
protection des armatures, une ouvrabilité adéquate, etc...) du béton. Pour cela, un dosage
minimal en ciment est exigé.
1.4.4. Dosage en eau
Le dosage en eau E, c’est-à-dire la quantité d’eau nécessaire pour le gâchage doit être précis
en tenant compte de:
l’eau nécessaire pour l’hydratation du ciment;
l’eau apportée par les granulats (humidité du gravier et du sable);
l’eau perdue pendant la fabrication et la mise en oeuvre du béton (évaporation,
absorption par le sol et par le coffrage, etc...).
1.4.5. Dosage des granulats
Il existe plusieurs méthodes de détermination des quantités de graviers et de sable pour une
unité (1 m3) de volume de béton.
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1.5. Fabrication et mise en œuvre des bétons
1.5.1. Stockage des matériaux
Stockage des granulats
stockés à l’air libre sur un fond propre et solide (couche de béton de propreté) ;
graviers et sables doivent être stockés séparément suivant les granulations.
Stockage du ciment
Le ciment doit être stocké à l’abri de l’humidité et isolé du sol :
hangars couverts, isolés du milieu extérieur,
sacs posés sur des planches en bois, elles-mêmes posées sur des briques ou pierres ;
entrées et sorties doivent exclure le vieillissement du ciment.
L’eau
prendre du réseau de distribution extérieure ;
ou stocker l’eau dans des citernes ou réservoirs à l’abri des impuretés.
1.5.2. Mélange et malaxage
La fabrication du béton comprend les deux opérations suivantes:
le mélange des différents composants (granulats, ciments, eau, adjuvants);
le malaxage proprement dit pour obtenir un mélange homogène.
1.5.3. Transport du béton frais du lieu de fabrication à la mise en œuvre dans le
coffrage
Matériels et moyens de transport : les jets de pelles; les brouettes; les wagonnets; les
bennes; les pompes à béton; l’air comprimé; les tapis roulants; les camions en bennes
rotatives; les réservoirs à béton pour le transport (levage) par grues; etc...
Le problème fondamental : éviter la ségrégation du mélange de béton.
1.5.4. Vibration
La vibration a pour but de donner au béton sa compacité maximale par élimination des vides
d’air et le remplissage parfait du coffrage. Plus le béton est compact, plus sa résistance sera
élevée. Il faut faire très attention à la vibration, car son excès provoque la ségrégation du
béton, ce qui est très néfaste. Il existe plusieurs types de vibrations.
1.5.5. Joints de reprise
Ils doivent se présenter suivant des plans disposés perpendiculairement à la direction
des contraintes ;
ils ne doivent pas être faits dans les endroits critiques (sections les plus sollicitées,
zones de concentration de contraintes).
La surface des plans de reprise doit être rugueuse.
Utilisation de colles à béton.
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1.5.6. Bétonnage par temps chaud
Le temps chaud et sec accélère la prise et le durcissement du béton, mais il a un effet très
néfaste en favorisant l’évaporation de l’eau de gâchage qui devient désormais insuffisante
pour l’hydratation du ciment et en même temps provoque un retrait important et accéléré du
béton. Les précautions à prendre pour éviter l’évaporation rapide de l’eau :
un arrosage abondant (2 à 4 fois par jour) ;
la protection contre le vent sec et chaud et contre l’ensoleillement à l’aide de sacs,
nattes ou paillasses mouillées régulièrement;
l’utilisation de matériaux stockés dans l’ombre ;
le choix d’un ciment à faible chaleur d’hydratation.
1.5.7. Bétonnage sous l’eau
Le problème fondamental ici est la mise en œuvre du béton en évitant son délavage.
Pour cela, conduire le béton jusqu’au fond par l’intermédiaire d’une goulotte ; le bulbe
de béton grossit progressivement en remplissant l’espace à bétonner et la goulotte est
relevée progressivement.
Injecter le mortier sous pression par des tubes à partir du fond où le gros granulat est
déjà mis en place et régalé dans le coffrage ; les tubes sont progressivement relevées
au fur et mesure que le mortier remplit les vides entre les gros granulats.
1.5.8. Contrôle de qualité du béton
Rôle fondamental du contrôle = s’assurer qu’on aura un béton avec toutes les qualités
demandées ; ce qui passe par :
un contrôle de qualité des composants ;
un dosage correct ;
une surveillance du malaxage, du transport et de la mise en œuvre ;
un contrôle de la plasticité ;
une vibration suffisante sans excès ;
la réalisation d’une cure efficace du béton.
La qualité est contrôlée par des prélèvements d’échantillons de constituants ou pour
confectionner des éprouvettes. Les essais pour contrôle de qualité du béton sont normalisés.
On peut distinguer différentes catégories d’essais de béton :
les essais d’étude pour déterminer la composition du béton étudié compte tenu des
caractéristiques exigées et des conditions de mise en œuvre (échantillons des
composants utilisés sur le chantier) ;
les essais de convenance ont un double objectif :
o vérifier qu’avec les moyens de chantier, on peut réaliser le béton défini par
l’essai d’étude ;
o vérifier que les quantités de composants prévues par mètre cube de béton
donnent bien un mètre cube (1 m3) de béton
les essais de contrôle pour vérifier la régularité de la fabrication et de contrôler si les
qualités prescrites sont bien atteintes ;
les essais de recherche pour étudier l’influence de certains paramètres sur les
caractéristiques du béton ;
les essais d’information pour déterminer les résistances probables du béton dans le
temps.
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1.6. Bétons spéciaux
Les bétons spéciaux sont ceux qui diffèrent des bétons classiques ; leur spécificité réside :
soit dans les caractéristiques des constituants (gros granulats, liants);
soit dans des produits ajoutés (adjuvants conférant des propriétés particulières).
Parmi les bétons spéciaux les plus utilisés, on peut citer : le gros béton ; le béton cyclopéen ;
le béton de latérite ; le béton pour ouvrages hydrotechniques ; le béton routier ; les bétons
légers ; le béton réfractaire ; le béton à base de résine ; les bétons très lourds; etc... Au Mali,
on utilise couramment le gros béton, le béton cyclopéen et le béton de latérite.
1.6.1. Le gros béton
Gros béton = béton classique + caillasse (cailloux de dimension 8 … 10 cm).
Il est destiné pour des ouvrages massifs comme les puits, les massifs de fondations,
digues et autres ouvrages similaires.
1.6.2. Le béton cyclopéen
Béton cyclopéen = béton classique + moellons (cailloux de dimensions 10 … 40 cm).
Il est utilisé pour les ouvrages massifs n’exigeant pas une composition spéciale du
béton, surtout dans un but économique (semelles de fondation, puits, radiers massifs).
1.6.3. Le béton de latérite
Béton de latérite = béton avec gros granulats extraits de la latérite (leur rugosité
augmente le dosage en ciment)
Les granulats de latérite doivent être :
o bien lavés pour être débarrassés de la terre rouge ;
o mouillés avant utilisation comme ils sont poreux ;
o dosés comme pour les granulats traditionnels.
1.6.4. Le béton pour ouvrages hydrotechniques
Ce sont les bétons utilisés pour la construction des barrages et autres ouvrages
hydrotechniques ; ils doivent:
pouvoir résister à l’action de l’eau et en milieu agressif ;
être imperméable à l’eau (infiltration de l’eau, protection des armatures) ;
dégager moins de chaleur au moment du durcissement (corps massifs).
Pour obtenir un tel béton, il faut:
utiliser des adjuvants conférant au béton une plasticité maximale ;
utiliser des ciments répondant aux qualités du béton recherché ;
avoir des granulats de qualité excellente et une composition granulaire permettant
d’obtenir un mélange dense ;
une vibration suffisante, sans excès et un suivi minutieux.
1.6.5. Le béton routier
C’est le béton utilisé pour la construction des routes et des pistes d’aéroports (mouvements
intenses des avions ; action agressive du milieu). Il doit avoir les qualités suivantes :
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une résistance importante à la compression et à la traction (utiliser des adjuvants
tensioactifs et utilisation d’un ciment pour routes) ;
une tenue importante à l’usure (granulats de très haute résistance mécanique) ;
une résistance suffisante aux intempéries atmosphériques et à l’action agressive du
milieu.
1.6.6. Les bétons légers
Ce sont : les bétons caverneux ; les bétons de granulats légers ; les bétons cellulaires ; etc...
Le béton caverneux
Le béton caverneux est obtenu par mélange de gros granulats (avec cg20 mm) avec une pâte
de ciment sans ou avec peu de sable. La pâte de ciment enrobe les granulats et les soude en
leurs points de contact. C’est un bon isolant thermique et s’oppose aux montées d’humidité
par capillarité.
Les bétons de granulats légers
Ils sont obtenus en utilisant des gros granulats poreux, donc très légers. Ils sont utilisés dans la
construction des murs et similaires.
Le béton cellulaire
Le béton cellulaire est un mortier (ciment + sable + eau) auquel on additionne une matière
génératrice de gaz ou de mousses. Ce gaz forme, dans la masse de mortier, de petits pores de
dimensions 0,5 ... 2,0 mm; après durcissement, on obtient un béton très poreux, donc très léger
qui est un bon isolant thermique.
1.6.7. Le béton réfractaire
Les bétons réfractaires sont ceux capables de supporter de hautes températures (1500°C)
sans perdre leurs qualités physiques et mécaniques. Ils sont utilisés dans la construction
industrielle (fours, etc...).On utilise obligatoirement un ciment réfractaire et des granulats
réfractaires. En utilisant des granulats isolants thermiquement, on obtient un béton réfractaire
isolant, utilisé pour l’isolation des hautes températures.
1.6.8. Les bétons très lourds
Les bétons très lourds sont utilisés dans la construction des centrales atomiques et sont
destinés à jouer le rôle de protection biologique contre les radiations atomiques, neutrons et
rayons gamma () en particulier. On utilise des granulats spéciaux très lourds (déchets
ferreux, barytine, magnétite).
2. Propriétés physiques et mécaniques du béton.
2.1. Propriétés physiques
2.1.1. Densité
Elle varie de 0,4 à 5,0t/m3.
2.1.2. Propriétés hydrophysiques
Imperméabilité
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Les bétons, sous forte pression laissent passer l’eau. La classe en imperméabilité à l’eau W du
béton est la pression (en daN/m2) à laquelle le béton (éprouvette cylindrique de hauteur 15
cm) ne laisse pas passer l’eau. On utilise les bétons de classe W2 à W12 pour les constructions
exploitées sous pression des liquides ou de gaz.
Le coefficient de ramollissement.
Si le coefficient de ramollissement du béton kram0,8kram, il peut être exploité les lieux très
humides et dans l’eau (béton à base de liants hydrauliques).
2.1.3. Propriétés thermiques
Conductivité thermique
Le béton conduit le flux de chaleur de la surface d’une paroi de température relativement
haute à l’autre de température relativement basse. Le coefficient de conductivité thermique
des bétons varie de 0,1 à 2,0 W/(m°C).
Le coefficient de dilatation thermique
Le coefficient de dilatation thermique des bétons varie de 7.10-6 °C-1 à 15.10-6 °C-1, ce qui
correspond à une dilatation linéaire de 0,21 mm/m à 0,45 mm/m pour une variation de
température égale à 30°C (par exemple de 15°C à 45°C). Pour éviter la fissuration des
ouvrages de grandes dimensions, ils sont coupés par des joints de dilatation.
Les gros granulats et les mortiers de ciment ont des coefficients de dilatation thermique
différents ; sous variation de températures, ces deux matériaux se déforment différemment, ce
qui peut provoquer la fissuration du béton en cas de variations importantes de la température.
Résistance à l’action des hautes températures
Les bétons réfractaires peuvent tenir longtemps sous une température de plus de 1500 °C
(fours métallurgiques, revêtements des appareils thermiques travaillant sous une température
de plus de 1000°C, etc...). La résistance du béton à l’action des hautes températures dépend du
type de ciment et de la nature des granulats.
2.2. Propriétés mécaniques
2.2.1. Résistance du béton
Le durcissement du béton commence après la prise. Au cours de ce durcissement, le béton
prend, petit à petit, sa résistance et au 28ème jour, cette résistance atteint sa valeur
caractéristique, désignant la classe de béton. Cette croissance de la résistance se fait
intensivement pendant les sept (7) premiers jours et au 7ème jour la résistance atteint 60 à 80%
de la valeur caractéristique.
Il existe plusieurs autres relations entre la résistance à l’âge j(pour j 28 jours) fj et la
résistance fc28 ; les Règles BAEL -91, modifiées 99 (normes Françaises : « Règles techniques
de conception et de calcul des ouvrages et des constructions en béton armé suivant la méthode
des états limites ») donnent les expressions suivantes pour la résistance fcjà l’âge j (pour j 28
jours) :
j
fcj = fc28 pour fc28 40 MPa (1)
4,76 0,83 j
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Les résistances caractéristiques du béton sont :
la résistance à la compression fc28 (caractéristique principale);
la résistance à la tractionft28 ;
La caractéristique principale du béton reste toujours sa résistance à la compression fc28(sa
classe de qualité ou encore résistance caractéristique spécifiée). La résistance mécanique du
béton dépend :
des conditions de durcissement;
de l’âge du béton;
des conditions de mise en œuvre ;
du dosage en ciment, en eau et du rapport ciment/eau (C/E);
de la classe de résistance du ciment;
de la nature et de la qualité des granulats;
de la granularité et du rapport gravier/sable (G/S);
des adjuvants utilisés.
La résistance caractéristique du béton à la compression fc28 est fondée et contrôlée sur des
éprouvettes. Ces éprouvettes ont des dimensions différentes selon les pays. Par exemple, les
normes Françaises utilisent des éprouvettes cylindriques avec un diamètre de 16 cm et une
hauteur de 32 cm (soit une section transversale de 200 cm2). Dans certains pays, on fait des
éprouvettes cubiques d’arête 10 cm, 15 cm, 20 cm. Ces éprouvettes, durcies dans des
conditions normales de température et d’humidité sont écrasées en compression centrée à
l’âge de 28 jours (en général), ou à d’autres âges.
La résistance caractéristique du béton à la compression à l'âge j, quand j est très grand, peut
être déterminée par la formule suivante:
fcj = 1,1fc28 (6)
La résistance du béton à la traction ft28 est très faible par rapport à celle à la compression :
ft28 = (0,05 ... 0,10) fc28.
Les Règles BAEL -91, modifiées 99 proposent la relation suivante entre les résistances
caractéristiques du béton à la compression fcj et à la traction ftj à l'âge j pour les classes
inférieures à B40 :
ftj = 0,6 + 0,06fcj (10)
où, fcj, ftj sont exprimés en MPa.
2.2.2. Déformabilité du béton
Caractéristiques de déformation du béton
On distingue deux types de déformations du béton :
les déformations dues aux actions des forces extérieures ;
les déformations (variations) de volume (retrait, gonflement et dilatation) dues aux
variations de l'humidité et de la température de l'air environnant.
Le béton est un matériau à la fois élastique et plastique. La déformation totale du béton b
comprend une composante élastique b,elet une composante plastique b,pl :
b = b,el + b,pl (13)
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Les déformations dues aux forces extérieures dépendent du caractère d'application de ces
charges, notamment :
de la vitesse de chargement, c'est-à-dire la vitesse d'application de la charge
(application statique ou dynamique de la charge);
de la durée d'application de la charge (charge de très courte durée d'application ou
de longue durée entraînant le fluage du béton).
Les propriétés de déformation du béton sont caractérisées par le module de déformation
longitudinale et le coefficient de Poisson. Pour les calculs pratiques de béton et de béton armé,
on se sert généralement d'une valeur moyenne du module de déformation Eb ; les Règles
BAEL – 91, modifiées 99 donnent les expressions suivantes :
sous les charges supposées instantanées, c'est-à-dire les charges pour lesquelles la
durée d'application est inférieure à 24 heures (charges variables de courte durée
d'application) :
Eb,ij = 11 000 3 f cj (24)
sous les charges de très longue durée d'application, par exemple les charges
permanentes, entraînant des déformations importantes dues au fluage :
1
Eb,j = E = 3700 3 f cj (25)
3 b,ij
avec, Eb,ij , Eb,j , fcjen MPa.
Le coefficient de Poisson du béton b sans fissures est en moyenne égal à 0,12 ... 0,25. Après
la formation des fissures, le coefficient de Poisson est pris égal à zéro (0). Pour les calculs
pratiques on prend :
b = 0,2 pour le béton sans fissures ;
b = 0 pour le béton avec fissures.
Pour b= 0,2, on obtient pour le module de cisaillement du béton l’expression suivante :
Gb = 0,4Eb,o (26)
Déformations limites du béton
Les déformations limites sont les déformations au-delà desquelles il y a rupture (écrasement
ou déchirement) du béton. Ainsi :
les allongements unitaires limites du béton bt,u du béton varient de 0,00010 à
0,00017 ; dans les calculs pratiques, on prend bt,u = 0,00015 ;
les raccourcissements unitaires limites du béton b,u varient :
o de 0,0008 à 0,0030 en compression simple ; pour les calculs pratiques, on
prend b,u = 0,0020 ;
o de 0,0025à 0,0045 en compression excentrée (flexion composée) et en flexion
simple ; pour les calculs pratiques en flexion, on prend b,u= 0,0035 pour
fc2840 MPa ;
Le fluage du béton
Le fluage est la propriété du béton de se déformer sous l'action des charges de longue durée,
constantes dans le temps. Les expériences ont montré que pendant les trois premières années
se réalisent à peu près 85% des déformations totales de fluage.
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Le retrait du béton
En durcissant à l’air libre, le béton diminue de volume. Ce phénomène est appelé le retrait ;
on l'appelle souvent retrait positif (voir fig. 3.27). Le retrait se manifeste pendant de longue
durée indépendamment des contraintes développées dans le béton. Les déformations de
retrait du béton b,ret varient en général de 0,0003 à 0,0005. Pour les calculs pratiques de
béton, on prend b,ret = 0,0002 ... 0,0003.
Le gonflement du béton
En durcissant dans l'eau, le béton augmente de volume; c'est le gonflement du béton (retrait
négatif). Les déformations de gonflement du béton b,gonf ne sont pas importantes et sont plus
petites que celles dues au retrait ; dans les calculs pratiques, elles ne sont pas tenues en
compte.
3. L’armature
3.1. Généralités
Les armatures sont des assemblages d'éléments noyés dans la masse de béton et ayant pour
rôles essentiels:
de prendre les contraintes de traction qui ne peuvent être prises par le béton ;
de renforcer la capacité portante du béton comprimé ;
d'empêcher la formation et le développement des fissures dans le béton.
Comme armatures, on peut utiliser des barres d'acier (fers à béton), des fils en acier, des
profilés en acier, des fibres de verre, des matériaux synthétiques, des barreaux de bois, des
troncs de bambou, etc...Les armatures en acier, c'est-à-dire les barres, les fils et les profilés en
acier sont aujourd'hui les plus utilisées, raison pour laquelle notre étude sommaire des
armatures qui suit se limitera seulement à ces types d'armatures.
Les fers à béton se présentent sous forme de :
barres ronds lisses qui ne présentent aucune aspérité sur la surface ;
barres à haute adhérence présentant des aspérités ou reliefs (verrous, créneaux,
nervures, etc...) sur la surface afin d'améliorer l'adhérence acier-béton.
Les aciers à béton présentent différentes nuances qui correspondent à leurs qualités de limite
d’élasticité et de résistance. Ces qualités diffèrent selon les pays producteurs et, il n'y a pas
une standardisation et une classification internationale définitives.
Les limites d'élasticité des aciers varient, en général de 200 MPa à 1400 MPa et même plus.
Pour les treillis soudés (TS), la section d'armatures est, généralement, déterminée pour un
mètre de largeur de l'élément (dalles en général). Pour cela, il suffit de faire la somme des
sections du nombre de barres dans un mètre de largeur. Dans le tableau 4 sont données les
valeurs des sommes des sections des barres se trouvant dans un mètre de largeur de l'élément
pour certaines dimensions les plus courantes des mailles de treillis. Ces valeurs sont aussi
valables pour les treillis ligaturés, généralement conçus sur les chantiers.
Tout acier est livré avec des fiches d'identification comportant :
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la dénomination du produit, sa description et son croquis, le nom et l'adresse du
producteur ;
la nature et la classe de l'acier ;
les caractéristiques géométriques des sections ;
les caractéristiques d'adhérence ;
les caractéristiques mécaniques garanties (classe, type, limite d'élasticité, etc ...) ;
les recommandations d'emploi ;
les conditions de cintrage, de façonnage, l'aptitude au soudage.
Notation : 12 veut dire: barre en acier de diamètre 12 mm.
212 HA veut dire : deux barres de diamètre 12 mm à haute adhérence.
2HA12 veut dire toujours : deux barres à haute adhérence de diamètre 12 mm.
8T10 veut dire: huit barres Tor de diamètre 10 mm (symboles des fiches
d'homologation).
Les treillis soudés ou ligaturés sont désignés par les lettres T.S. suivies des dimensions des
mailles dans les deux directions et des diamètres des barres en millimètres (mm) :
TS 100x200x8x6veut dire : treillis avec des barres (porteuses) espacées de 100
mm, de diamètre 8 mm et avec des barres (de répartition) espacées de 200 mm de
diamètre 6 mm.
En plus des barres, fils, treillis soudés (sous formes ordinaires), l'armature en acier est utilisée
sous forme de profilés en I, H, , L , T, O, , , etc.
3.2. Propriété physiques et mécaniques de l’acier
3.2.1. Propriétés physiques
3
La densité de l'acier est égale à sa masse volumique et équivaut à 7,85 t/m ; soit une densité
de 2 à 16 fois plus grande que celles des différents bétons (ou 3 à 4 fois celle du béton lourd
ordinaire). Néanmoins, grâce à sa grande résistance mécanique, il est le matériau de
-4
construction le plus léger. Sa légèreté est de l'ordre de (1,5 ... 3,7).10 , soit en moyenne 2 fois
plus léger que le bois et 10 fois plus léger que le béton ordinaire (rappelons que la légèreté est
définie comme le rapport de la densité par la résistance mécanique).
Grâce à sa grande densité, l'acier est un bon conducteur de chaleur, donc un mauvais isolant
thermique. Son coefficient de conductivité thermique est de 58,35 W/m.°C, soit plus de 40
fois celui du béton et plus de 70 fois celui d'un mur en banco.
L'acier est imperméable à l'eau et au gaz.
L'acier possède une très faible résistance au feu ; à 200°C, son module d'élasticité diminue et
à 600°C déjà, il passe à l'état plastique.
Les aciers sont classés selon leur classe de résistance, leur composition chimique et leurs
propriétés.
3.2.2. Propriétés mécaniques
Les caractéristiques mécaniques principales de l'acier sont sa résistance mécanique et sa
déformabilité qui dépendent de sa composition et de la technologie de sa fabrication. On
distingue
Cours de béton armé, par H.A. DICKO, Ph.D - 2014 12
Rappels 1 : Technologie du béton armé
les aciers doux avec un palier de ductilité et,
les aciers durs sans palier de ductilité et se déformant jusqu'à la rupture sans
déformations plastiques considérables.
Le critère mécanique de base dans les calculs est la limite d'élasticité garantie fe.L’acier a
une même résistance en traction et en compression.
5 5
Le module d'élasticité des aciers utilisés comme armatures varie entre 1,7.10 MPa à 2,1.10
5
MPa; pour les calculs pratiques, on prend, en général : Es = 2.10 MPa.
Les diagrammes de déformation de l'acier en traction et en compression sont identiques; ils
permettent de déterminer les caractéristiques mécaniques des aciers, à savoir:
les contraintes caractéristiques : limites d'élasticité garantie fe;
les déformations (allongements, raccourcissements) unitaires caractéristiques;
le module d'élasticité de l'acier Es.
4. Le béton armé
4.1. Généralités sur le béton armé
Le béton armé (B.A.) est un matériau obtenu en plaçant (noyant) des barres d'aciers
(armatures) dans du béton frais ; après durcissement du béton, le matériau obtenu est appelé
béton armé.
Le béton armé est donc un matériau constitué de béton et d’armature (en acier). Ces deux
composants (béton et acier) travaillent ensemble et se complètent. Ainsi, le béton :
résiste bien aux efforts de compression;
protège l'armature contre la corrosion;
assure la rigidité de l'élément;
définit les caractéristiques (propriétés) physiques de l'ouvrage;
détermine en grande partie la durabilité et la fiabilité de l'ouvrage.
Quant à l'armature, elle:
résiste très bien aux efforts de traction;
augmente la capacité portante du béton comprimé;
peut empêcher la formation des fissures ou limiter leur ouverture (si elle est placée
pour cela);
détermine en partie la durabilité et la fiabilité de l'ouvrage.
Selon le rôle des armatures, on distingue:
les armatures porteuses destinées à prendre des efforts;
les armatures de répartition, destinées à répartir les efforts entre les armatures
porteuses ;
les armatures constructives placées pour des raisons technologiques (armatures
technologiques) ou de montage (armatures de montage).
Selon leur disposition dans la pièce, on distingue:
des armatures longitudinales parallèles à l'axe longitudinal de l'élément;
des armatures transversales placées perpendiculairement à l'axe longitudinal de
l'élément (cadres, étriers, épingles, armatures de couture);
Cours de béton armé, par H.A. DICKO, Ph.D - 2014 13
Rappels 1 : Technologie du béton armé
des armatures inclinées par rapport à l'axe longitudinal de l'élément servant
d'armatures porteuses, de couture ou de montage.
Les armatures sont façonnées aux droits des arrêts et de changement de direction (cadres,
épingles, étriers, crochets, coudes, cavaliers, cerces, etc.)
Les barres peuvent être enrobées, soit individuellement (barres isolées), soit en groupe
(paquets de barres). Les paquets de plus de trois barres sont utilisés seulement quand ils ne
sont pas soumis à une sollicitation d'entraînement. Des dispositions par rapport à l'enrobage
des barres et aux distances entre paquets de barres sont à respecter :
distance horizontale,
distance verticale,
couche d’enrobage.
4.2. Association béton-acier
La possibilité de fonctionnement rationnel et d'existence durable de l'élément complexe
béton-acier est due à :
l'adhérence mutuelle béton-acier permettant la transmission des efforts ;
l'analogie des coefficients de dilatation thermique très voisins : pour le béton, il
-1 -1
est égal à (7 ... 15).10-6 °C ; pour l'acier, il est égal à 12.10-6 °C ;
l'absence de réactions chimiques nuisibles entre le béton et l'acier.
L'adhérence béton-acier est due:
aux forces tangentielles de frottement provoquées par les irrégularités de surface
de l'armature et par les déformations de retrait du béton qui diminue de volume et
serre plus la barre d'acier;
à la formation à partir du ciment d'une substance collante sur la surface de
l'armature.
Ainsi, une importance particulière revient à:
l'état des surfaces des aciers : les barres avec des surfaces rugueuses (aspérités,
reliefs) sont caractérisées par une très haute adhérence (barres à Haute Adhérence),
alors que l'adhérence des barres ronds lisses est relativement faible ;
la qualité du béton d'enrobage : la pâte de ciment doit pouvoir bien enrober la
surface de l'armature ;
aux soins apportés à la mise en œuvre : éviter l'effet de voûte des granulats et toute
impureté et graisse sur la surface des barres, etc...
La résistance d'adhérence dépend surtout des irrégularités de surface de la barre d'armature.
4.3. Arrêts et jonctions des barres
4.3.1. Arrêts des barres
Les barres sont arrêtées au niveau des extrémités des éléments et par défaut de longueur.
L’arrêt d’une barre suppose son ancrage dans la masse de béton. L'ancrage des barres d'acier
se fait à l'aide:
d'ancrage droit;
de crochet en équerre avec ligature reliant le retour à la masse du béton ;
de crochet normal ou à 135°;
Cours de béton armé, par H.A. DICKO, Ph.D - 2014 14
Rappels 1 : Technologie du béton armé
de crochet à double coudes ;
de profilés soudés au bout de l'armature;
de têtes spéciales.
L'ancrage des barres permet une transmission des efforts de l'armature au béton grâce à leur
adhérence. Cette transmission se fait, soit tout le long de la longueur de scellement (longueur
d’ancrage) de la barre, soit par des têtes spéciales.
La longueur de scellement droit (ls) ou longueur d’ancrage droit est celle nécessaire pour
qu'une barre rectiligne, de diamètre d, soumise à une contrainte égale à fe (limite d'élasticité
garantie), ne soit pas arrachée ; cette longueur est calculée par les formules. Forfaitairement,
on admet d'adopter les valeurs suivantes pour ls :
ls = 50 d pour les ronds lisses;
ls = 40 d pour les aciers à H.A.
L'ancrage de l'ensemble d'un paquet de barres est interdit. Une barre doit être toujours ancrée
individuellement ; de plus, les longueurs d'ancrage des barres ne doivent pas se chevaucher.
Aux droits des ancrages, des armatures transversales sont prévues pour équilibrer les réactions
nées par la mise en jeu mécanique de l'ancrage. Ces armatures, de section totale At et de
limite d'élasticité fe,t, doivent satisfaire la condition suivante :At fe,t Asfeavec, As, fe-section
et limite d'élasticité des armatures à ancrer.
4.3.2. Jonction des barres
La jonction des barres peut se réaliser, soit par recouvrement, soit par soudage si les aciers
présentent certaines caractéristiques de soudabilité. Pour les treillis soudés, la jonction se fait,
en général, par recouvrement.
Le recouvrement sert à rétablir la continuité entre les armatures ; pour cela, les barres se
recouvrent sur une longueur lr dite longueur de recouvrement. La longueur de recouvrement lr
dépend de la distance entre les barres. Lorsque les barres sont munies de crochets, cette
longueur est réduite. Aux recouvrements des armatures tendues, on doit prévoir des
armatures de couture disposées au moins en trois plans sur la longueur de recouvrement
(deux plans aux extrémités et un plan au milieu).
Le recouvrement des barres comprimées se fait sans crochets qui risqueraient de faire
éclater le béton qui les entoure.
Aux recouvrements des armatures comprimées seront prévues des armatures de
couture comme pour les armatures tendues.
4.4. Propriétés mécaniques du béton armé
Le béton armé est l'union de deux matériaux qui, malgré leur adhérence mutuelle, ont des
propriétés et des comportements différents..
4.4.1. Résistance et déformabilité du béton armé
Les propriétés mécaniques du béton armé ne dépendent pas seulement du béton et de l'acier,
mais aussi de la quantité d'armatures, de la position de l'armature dans la structure, etc.
Cours de béton armé, par H.A. DICKO, Ph.D - 2014 15
Rappels 1 : Technologie du béton armé
En compression, l'acier et le béton travaillent généralement ensemble jusqu'à l'écrasement du
béton quand le raccourcissement unitaire de ce dernier atteint sa valeur limite b,u (l'acier étant
le plus souvent plus résistant que le béton même en compression).
En traction, le béton et l'acier travaillent ensemble au début tant que l'allongement unitaire
du béton est inférieur à sa valeur limite bt,u. Une fois que l'allongement dépasse cette valeur,
il se forme des fissures dans le béton et l’effort revient en totalité sur l’armature.
4.4.2. Influence du retrait du béton
Les barres d'armature placées dans le béton constituent des liaisons internes s'opposant au
développement libre des déformations de retrait ; cela entraîne une diminution des
déformations de retrait du béton et une compression de l’armature.
4.4.3. Influence du fluage du béton
Comme pour le retrait, les barres d'armatures placées dans le béton constituent des liaisons
internes qui s'opposent au développement libre des déformations de fluage. Dans ces
conditions, il se passe une redistribution des contraintes entre le béton et l'armature. Ce
processus de redistribution s'intensifie au début, pendant les premiers mois pour s'amortir au
fur du temps.
4.5. Les éléments en béton et en béton armé
Les éléments en béton et en béton armé dans les ouvrages peuvent être :
des éléments coulés en place ;
des éléments préfabriqués.
4.5.1. Eléments coulés en place
Ce sont les éléments qui sont exploités dans la même place où ils sont coulés. La technique de
fabrication des éléments coulés en place (éléments monolithes) comprend les opérations
suivantes :
le coffrage (avec toutes les exigences) ;
le ferraillage (pour les éléments en béton armé) avec toutes les exigences ;
le bétonnage avec les exigences de malaxage, de transport et de mise en œuvre ;
le suivi de l’élément après la mise en œuvre du béton ;
le décoffrage en respectant les délais règlementaires et les règles de décoffrage en
fonction de la nature de l’élément.
Le béton coulé en place est utilisé dans la réalisation de presque tous les types d'ouvrages
modernes (bâtiments civils et industriels, ouvrages hydrauliques, ouvrages de franchissement,
etc) et leurs éléments constitutifs (fondations, dallages, murs, piliers, revêtements,
couvertures, escaliers, etc…).
Avantages du béton armé coulé en place :
- grande possibilité de donner aux éléments les formes et les dimensions désirées ;
- invariabilité (indéformabilité) géométrique considérable des ouvrages en béton
coulé en place grâce aux nœuds de jonction très rigides.
Cours de béton armé, par H.A. DICKO, Ph.D - 2014 16
Rappels 1 : Technologie du béton armé
Défauts du béton armé coulé en place :
- difficultés d'exécution liées aux techniques et aux conditions climatiques ;
- coûts élevés liés aux travaux importants de coffrage ;
- lenteur des travaux, d’où une longue durée de réalisation de la construction.
4.5.2. Eléments préfabriqués
Ce sont les éléments qui sont fabriqués dans des usines spéciales appelées usines de
préfabrication d'éléments en béton armé. Ces usines ont leurs propres ateliers de dosage, de
fabrication de béton frais, de travaux de ferraillage et de coffrage et locaux de séchage.
La nomenclature des éléments préfabriqués est très vaste. On y trouve des éléments pour tous
les types de bâtiments, d’ouvrages et d’infrastructures (semelles, dalles, poutres, panneaux,
piliers, escaliers, conduites, éléments en caissons, etc.)..
Avantages de la préfabrication :
- industrialisation de la construction ;
- délai de construction relativement court ;
- possibilité de montage à tout moment et sans coffrage ;
- qualité de béton relativement meilleure.
Défauts des éléments préfabriqués :
- grande déformabilité (variabilité) de l'ouvrage due à la faible rigidité des nœuds de
jonction des éléments préfabriqués ;
- armatures supplémentaires nécessaires pour le transport et le montage ;
- utilisation de matériels de chantiers (grues) parfois très chers pour le montage.
Les techniques de la préfabrication comportent les opérations essentielles suivantes : le
dosage, la préparation du mélange, la préparation de l’armature, le ferraillage, le moulage et le
durcissement du béton.
Pour réduire la durée de durcissement du béton (de 28 jours à 1... 2 jours, on procède par
étuvage qui consiste à introduire l'élément frais dans un autoclave où il est soumis à un
traitement spécial de température et d'humidité. Le processus de durcissement du béton
est ainsi accéléré grâce à ces deux facteurs essentiels qui sont une température élevée et un
milieu très humide. Il existe plusieurs procédés pour créer un tel milieu (chaud et humide) :
- un traitement à la vapeur chaude ;
- le maintien de l'élément dans des réservoirs avec eau chaude ;
- le traitement à gaz chaud et humide sous haute pression ;
- l'introduction des éléments dans des héliocaméras (utilisation de l'énergie solaire).
5. Notions sommaires sur les dessins d’exécution de béton armé
Les dessins (plans) d’exécution de béton armé comprennent :
les plans de coffrages ;
les dessins (détails ou schémas) de ferraillage ;
les spécifications des plans.
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Rappels 1 : Technologie du béton armé
Les dessins de coffrage sont l'ensemble des élévations, coupes et plans qui déterminent les
formes extérieures brutes de coffrage (c'est-à-dire sans enduits et revêtements) des éléments
constitutifs en béton armé. Ces dessins sont à établir, en général, chaque fois qu'il s'agit d'un
ouvrage ou partie d'ouvrage en béton armé. Leur établissement se fait en respectant un certain
nombre de règles.
Les dessins d’armatures sont l’ensemble des représentations des barres d'armatures en plan,
profil et coupes. Ces dessins doivent donner tous les renseignements nécessaires à la bonne
exécution de l'ouvrage, à savoir les formes (façonnages), les nombres, les diamètres, les
longueurs et les positions des barres à l'intérieur des coffrages. Ils sont exécutés en respectant
un certain nombre de règles.
Les dessins d'exécution sont toujours accompagnés de tableaux pour la spécification
(nomenclature) des armatures et la détermination des quantités des armatures (poids) et du
béton (volume).
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