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Déviance et crime dans les sociétés modernes

Le document traite de la déviance et du crime dans différentes sociétés, en soulignant que toutes les sociétés, qu'elles soient communautaires ou associationnelles, connaissent des formes de déviance. Il explore les théories fonctionnalistes, notamment celles de Durkheim et Merton, qui relient la déviance à des tensions structurelles et à des inégalités économiques. Enfin, il aborde le crime des puissants et le crime corporatif, soulignant que ces infractions peuvent avoir des conséquences plus graves que celles des crimes commis par les classes défavorisées.

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Déviance et crime dans les sociétés modernes

Le document traite de la déviance et du crime dans différentes sociétés, en soulignant que toutes les sociétés, qu'elles soient communautaires ou associationnelles, connaissent des formes de déviance. Il explore les théories fonctionnalistes, notamment celles de Durkheim et Merton, qui relient la déviance à des tensions structurelles et à des inégalités économiques. Enfin, il aborde le crime des puissants et le crime corporatif, soulignant que ces infractions peuvent avoir des conséquences plus graves que celles des crimes commis par les classes défavorisées.

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Synthèse de traduction: Edzer Jean-Juste

Anthony Guiddens, Mitchell Duneier, Richard Appelbaum (London School of Economics, Princeton
University, University of California, Santa Barbara)
Introduction to Sociology, pp.197-200 Sixth edition, [Link] and Company, 2007, N.W, New York.

La grande transformation sociale, la déviance et le crime


La déviance et le crime sont universels. Toutes les sociétés connaissent la déviance et le crime car les
gens ne sont pas des machines. Ce sont des êtres humains et leur comportement est soumis aux
interprétations et aux évaluations établies par les autres. Quand même, on pense souvent que les
sociétés de type communautaires sont caractérisées par de bas niveaux de déviance. Il en est ainsi
parce que les gens vivant dans les sociétés de type communautaire soient socialisés dans des
traditions de longue date et développent de solides contrôles internes. Ces sociétés sont, de plus,
relativement simples et, par conséquent, exigent moins de règles que les sociétés de type
associationnel. Dans une société constituée de cueilleurs et de chasseurs par exemple, il existe un
consensus entre la grande majorité d’entre eux sur la manière dont les aliments devraient être partagés,
et personne ne doit s'inquiéter des redevances à payer.

Cependant, si vous regardez de plus près une société de type communautaire, vous trouverez des
exemples de déviance. En effet, certaines sociétés de type communautaire ont des taux de meurtre et
de viol plus élevés que ceux des grandes villes des Etats industriels avancés (Edgerton, 1979). Quand on
en vient à punir ceux qui dévient du cours normal des normes, les sociétés de type communautaire
utilisent souvent un argument de restitution pour déterminer une punition appropriée. Ici, l'effort est
de rendre "la victime et la communauté" encore plus soudées en restaurant le statuo quo ante, c’est-
à-dire l’état des choses qui prévalaient avant le comportement déviant et la commission du crime.
Dans certains cas, cela signifie que le criminel paie de l'argent à la victime ou à ses parents en
compensation des pertes. Ces sociétés qui utilisent la restitution espèrent se débarrasser elles-mêmes
de toutes rancunes que les victimes et leurs parents gardent ou peuvent garder envers le criminel
(Reichel, 2002).

La déviance dans les sociétés de type associationnel présente une situation bien différente. Puisque
ces sociétés sont impersonnelles, la tradition et les règles informelles ne sont pas toujours adéquates
pour prévenir la déviance. De plus, elles exigent beaucoup de lois pour leur fonctionnement: corps de
règles qui gouvernent les affaires d'une communauté et qui sont sanctionnées par une autorité
politique, habituellement l’Etat. Beaucoup de sociétés de type associationnel sont diverses, et le
mélange des appartenances ethniques, les langues et les différences régionales requièrent de la
coordination qui, à son tour, exige même plus de lois. Les punitions dans ces sociétés ont tendance à se
centrer sur le délinquant, plutôt que sur la victime. La détention ou l’emprisonnement est utilisée
comme une façon de protéger la société contre le délinquant, avec des punitions telles amendes et
service communautaire.

Déviance et infraction
Alors que la plupart des gens admettront avoir violé un jour la loi durant leur vie, presque nous tous,
nous nous opposons aux violations sérieuses. Et alors que notre vie quotidienne peut être ordonnée, il y
a des moments où la vie est moins ordonnée quand le meurtre ou d’autres violations de normes se

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produisent. En fait, ces violations ont lieu si souvent que la déviance et le crime sont devenus des
champs de spécialisation pratiqués par les sociologues et les criminologues.

Qu’est-ce que la déviance? Techniquement, la déviance est toute violation d'une norme largement
tenue. Elle peut être aussi définie comme la non-conformité à un ensemble de normes acceptées par
un nombre significatif de gens dans une communauté ou société. Dans la pratique, cependant, la
plupart des déviances sont ignorées, ou sont doucement punies ou considérées comme amusantes, ou
même supportées. Agresser une personne est une chose et porter un blue-jeans délavé à un banquet
formel en est une autre. Toute déviance implique une violation des normes, mais certaines normes
attirent l'attention des autorités. Un acte qui a été déclaré illégal par une autorité étatique est qualifié
d’infraction.

La déviance se réfère non seulement au comportement individuel mais aussi elle concerne les activités
des groupes. Une illustration en est le heavens’s Gate cult, un groupe religieux dont les croyances et les
modes de vie étaient différents de ceux de la majorité des américains. Le culte établi dans les années 70,
quand Marshall Herff White prêchait dans l ’Ouest et le Midwest des Etats Unis la croyance que la
civilisation était condamnée et que le seul moyen de salut pour les gens était de se suicider. Le 26 mars
1997, trente-six membres du culte ont son conseil dans un suicide massif en Californie.

A.-Théories fonctionnalistes (théorie de la tension)


Les théories fonctionnalistes voient dans le crime et la déviance le résultat des tensions structurelles
et d’un manque de régulation morale au sein des sociétés. Si les aspirations tenues par des individus et
des groupes en société ne coïncident avec les récompenses disponibles, cette disparité entre les désirs
et leur réalisation sera sentie dans les motivations déviantes de certains de ses membres.

Crime et anomie (Durkheim et Merton)


Forgée par Émile Durkheim, la notion d’anomie suggère que, dans les sociétés modernes, les standards
et les normes deviennent sapées sans en être remplacés par de nouveaux. L’anomie existe quand il n’ya
pas de clairs standards pour guider les comportements individuels ou groupaux dans un domaine
donné de la vie sociale. Dans de telles circonstances, croyait Durkheim, les gens se sentent
désorientés et anxieux; l’anomie est donc l’un des facteurs sociaux qui influencent les dispositions au
suicide.

Durkheim a vu dans le crime et la déviance des facteurs sociaux; il a cru que les deux sont des
éléments nécessaires et inévitables dans les sociétés modernes. Selon Durkheim, les gens vivant à
l’époque moderne sont moins contraints que ceux qui vivaient dans les sociétés traditionnelles. Car il y
a plus de place pour le choix individuel dans le monde moderne, il est inévitable qu’il existe une
certaine non-conformité. Durkheim reconnait qu’aucune société ne trouvera un consensus total sur les
normes et les valeurs qui la gouvernent.

Etant nécessaire, la déviance remplit, selon Durkheim, deux fonctions importantes. D’abord, la
déviance a une fonction d’adaptation. En introduisant de nouvelles idées et de nouveaux défis dans la
société, la déviance est une force innovante. Elle provoque du changement. En effet, de nombreuses
modes ont commencé comme des énoncés d’une identité déviante et seront éventuellement absorbées
par le mainstream culturel (par le courant culturel dominant). Par exemple, la culture de la drogue des
années 70 a produit des chemises à la cravate teintée et de la musique rock and roll qui insultait
l’establishment. Aujourd’hui, ces items paraissent presque pittoresques.

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Ensuite, la déviance assure la démarcation ente les «bons» et les «mauvais» comportements dans la
société. Un acte criminel peut susciter une réponse collective qui élève le niveau de solidarité de groupe
et clarifie les normes sociales. Par exemple, les résidents d’un quartier qui sont confrontés à un
problème de commerce de drogue pourraient se réunir dans la foulée des tirs d’armes à feu liés au trafic
de la drogue et s’engager à maintenir le périmètre comme une zone libre de drogue.

1.-Théorie de la tension (entre les valeurs et les moyens)


Les idées de Durkheim sur le crime et la déviance étaient déterminantes dans le déplacement de
l’attention des explications individuelles aux forces sociales. Sa notion d’anomie allait être reprise par
le sociologue américain Robert K. Merton (1957) qui a construit une théorie de la déviance hautement
influente situant la source du crime dans la structure même de la société américaine.

Merton a modifié le concept d’anomie pour se référer à la tension mise sur le comportement des
individus quand les normes acceptées entrent en conflit avec la réalité sociale. Dans la société
américaine –et dans une certaine mesure dans les autres sociétés, les valeurs généralement tenues
insistent sur la réussite matérielle et les moyens de réaliser le succès sont censés être la discipline de
soi et le dur labeur. Par conséquent, on croit que le gens qui travaillent dur peuvent réussir peu
importe ce qu’est leur point de départ dans la vie. Cette idée n’est pas en fait valide car la plupart des
personnes défavorisées se voient accordées seulement des opportunités conventionnelle limitées pour
leur avancement ou rien du tout. Or celles qui ne réussissent s’estiment condamnées pour leurs
inaptitudes à réaliser des progrès matériels. Dans cette situation, il existe une grande pression pour
essayer d’aller de l’avant par n’importe quel moyen légitime ou illégitime. D’après Merton, la
déviance est alors un produit des inégalités économiques.

Merton identifie cinq réactions possibles aux tensions entre les valeurs socialement endossées et les
moyens limités pour les réaliser. Les conformistes acceptent à la fois les valeurs généralement tenues
et les moyens conventionnels disponibles pour les réaliser, qu’ils réussissent à les réaliser ou pas. La
majorité de la population tombe dans cette catégorie.

Les innovateurs (innovators) continuent à accepter les valeurs socialement approuvées mais usent des
moyens illégitimes ou illégaux pour les suivre. Les criminels qui acquirent des richesses via les activités
illégales en sont un exemple.

Les ritualistes qui se conforment aux standards socialement acceptes bien qu’ils aient perdu de vue les
valeurs qui fondent ces standards. Ils suivent les règles pour leur propre bonté sans avoir en vue une
plus grande finalité de manière attrayante. Un ritualiste serait quelqu’un qui se consacre à un job
fatigant même lorsque ce travail n’a pas de perspective de carrière et procure peu de récompenses.

Les «retreatists» ont abandonné la perspective compétitive d’ensemble en rejetant alors les valeurs
dominantes et les moyens approuvés pour les accomplir. Un exemple en serait les membres d’une
communauté qui se supporte elle-même.

Finalement, les rebelles rejettent et les valeurs et les moyens existants mais souhaitent activement de
leur en substituer de nouveaux et reconstruire le système social. Les membres des groupes politiques
radicaux tombent dans cette catégorie. Les écrits de Merton ont abordé un des principaux puzzles dans
l’étude de la criminologie: à un moment où la société comme un tout devient plus opulente, pourquoi
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les taux de criminalité continuent-ils à augmenter ? En mettant l’accent sur le contraste entre les
aspirations montantes et les inégalités persistantes, Merton suggère un sens à la relative comme étant
un élément important dans le comportement déviant.

2.-Explications subculturelles
Plus tard, d’autres chercheurs situent les causes de la déviance dans la subculture des groupes qui
adoptent des normes encourageant ou récompensant le comportement criminel. Tandis que Robert
Merton a insisté sur les réponses de l’individu déviant à la tension entre les valeurs et les moyens, Albert
Cohen a vu que les réponses se produisent collectivement à travers les subcultures. Dans Delinquant
Boys(1955), Cohen a soutenu que les garçons issus des classes sociales défavorisées qui sont frustrés
de leur position sociale à l’échelle de la stratification s’associent en gangs. Ils ont développé des
subcultures rejetant les valeurs de la classe moyenne et les remplacent par des normes célébrant la
déviance, telle la délinquance et d’autres actes de non-conformité.

Richard A. Cloward et Llyod [Link] (1960) s’accordent avec Cohen sur ce fait que les jeunes les plus
délinquants viennent des classes sociales défavorisées. Mais ils ont soutenu que de tels gangs
émergent dans des communautés subculturelles où les chances de réaliser du succès sont
relativement minces, par exemple chez les minorités ethniques désavantagées. Leur travail a mis, à
juste titre, l’emphase sur des connections entre la conformité et la déviance; le manque
d’opportunité de réussite existant dans la société globale est le principal facteur de différenciation
entre ceux qui s’engagent dans le comportement criminel entre ceux qui s’engagent dans un
comportement criminel et ceux qui ne le font.

La recherche des sociologues a examiné la validité des énoncés que la privation matérielle peut
conduire les gens à commettre des crimes. Une étude conduite sur les jeunes sans logis au Canada,
par exemple, montre une corrélation entre la faim, le maque de logement et le chômage d’un côté, et
le vol, la prostitution, et même le crime violent de l’autre (Hagan et McCarthy, 1997).

Les théories fonctionnalistes insistent à juste titre sur les relations entre la conformité et la déviance
dans de contextes sociaux différents. Toutefois, nous devrons être prudents au sujet de l’idée que les
gens des plus pauvres communautés aspirent au même niveau de réussite que les gens riches. La
plupart d’entre eux tendent à ajuster à leurs aspirations à ce qu’ils considèrent comme la réalité de leur
situation. Merton, Cohen et Ohlin peuvent être tous critiqués pour avoir présumé que les valeurs de la
classe moyenne ont été acceptées à travers la société. On aurait aussi tort de supposer qu’un mauvais
mélange (mismatch) des aspirations et des opportunités soit confiné aux classes moins favorisées, il y
a des pressions vers l’activité criminelle parmi d’autres groupes, tels les crimes de détournement de
fonds, de fraude et d’évasion fiscale commis par des cols blancs.

Crime des puissants


Il est assez clair qu’il y a des relations entre le crime et la pauvreté. Mais ce serait une erreur de
supposer que le crime soit l’apanage des pauvres. Les crimes commis par des personnes qui sont en
position de pouvoir et de richesses peuvent des conséquences de plus grande portée que les délits
souvent insignifiants des pauvres. Le terme infraction de col blanc (White-collar crime), introduit pour
la première fois par Edwin Sutherland (1949) réfère au crime typiquement commis par des personnes
des secteurs les plus puissants de la société. Cette catégorie d’activités criminelles incluent la fraude
fiscale, les violations antitrust (antimonopole), le pratiques de vente illégales, la fraude foncière, les

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atteintes à la sécurité, la production et la vente des produits dangereux et la pollution illégale de
l’environnement ainsi que le simple vol. La distribution des crimes de col blanc est plus difficile à
mesurer que celle d’autres types de crimes. La plupart n’apparait point dans les statistiques officielles.

Les efforts déployés pour détecter le crime de col blanc sont ordinairement limités. C’est seulement en
de rares occasions que ceux qui sont appréhendés vont en prison. Bien que les autorités regardent le
crime de col blanc d’un œil tolérant que les crimes des classes moins privilégiées, on a pensée que la
quantité d’argent engagée est quarante fois plus grande que la quantité engagée dans les crimes contre
la propriété, tels les vols, les cambriolages, le larcin, les contrefaçons (President’s Commission on
Organized Crime, 1986). De plus, certaines formes de crime de col blanc affectent plus de gens que les
actes criminels des classes sociales désavantagées. Un escroc pourrait voler à des centaines- ou
aujourd’hui, via la fraude informatique, des millions-de gens.

Crime corporatif
Certains criminologues se référent au crime corporatif pour décrire les types d’infractions qui sont
commis par de grandes corporations au sein de la société. La pollution, le faux étiquetage et la
violation des normes sanitaires et de sécurité affectent des quantités beaucoup plus élevées de gens
que la petite délinquance. Le pouvoir et l’influence croissants de grandes corporations et leur portée
globale de plus en plus grandissante signifie qu’elles marquent notre vie de nombreuses manières. Les
corporations s’engagent dans la production des voitures que nous conduisons et les aliments que nous
mangeons. Elles ont produisent aussi un énorme effet sur l’environnement naturel et les marchés
financiers qui nous affectent nous tous.

Les études de nature qualitative et quantitative menées sur le crime corporatif ont conclu qu’un grand
nombre de corporations n’adhérent pas aux réglementations qui s’appliquent à elles. (Slapper et Tombs,
1999). Le crime corporatif ne s’applique pas à quelques mauvaises pommes mais il est au contraire
envahissant et répandu. Les études ont révélé six types de violations liées aux grandes corporations;
administrative (non-respect), environnementales (pollution, violations des permissions), financières
(violations du fisc, paiements illégaux), du droit du travail (conditions de travail, pratiques
d’embauche), manufacturière (sécurité du produit, étiquetage) et pratiques commerciales déloyales
(anticoncurrence, fausse publicité).

Parfois, il y a des victimes réelles, comme dans les désastres environnementaux tels la fuite des
substances toxiques de l’entreprise chimique Bhopal en Inde et les dangers sanitaires posés aux femmes
par les implantations de silicone au sein. Les récents cas le s plus fameux de rime cde col blanc
emportant des victimes sont le scandale Enron et l’affaire Mardoff. Enron a crû pour devenir la
compagnie la plus grande des Etats-Unis en justement quinze années, mais la compagnie et ses
comptables ont menti au sujet des profits et a dissimulé ses dettes de sorte qu’ils n’apparaissent dans
les comptes de la compagnie. Les victimes comprennent les futurs pensionnaires, les employés et les
investisseurs. Plusieurs dirigeants, y compris Jefferey Skilling et Kenneth Lay, étaient convaincus de
fraude et délit d’initié. Récemment ceux qui sont sortis blessés des accidents de voiture ou des parents
de ceux qui sont tués ont assigné les dirigeants quand les compagnies ont fait montre de la négligence.

Les effets du crime corporatif sont souvent vécus injustement au sein de la société. Ceux qui sont
désavantagés par d’autres types d’inégalités tendent à souffrir de manière disproportionnée. Par
exemple, les risques de sécurité et de sante sur le lieu de travail tendent se concentrer le plus
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gravement dans les occupations de faible rémunération. Beaucoup des risques liés aux produits de
santé et des pharmaceutiques ont eu un effet plus grand sur les femmes que sur les hommes, comme
c’est le cas des contraceptifs et des traitements de fertilité aux effets secondaires nocifs (Slapper et
Tombs). Les aspects violents du crime corporatif sont moins visibles que dans les cas d’homicide ou de
coups et blessures Mis ils sont justement aussi réels –et peuvent à l’occasion être beaucoup plus
sérieux dans leurs conséquences. .

Crime organisé
Le crime organisé fait référence à des formes d'activité qui revêtent certaines des caractéristiques
d'une affaire orthodoxe mais illégales. Le crime organisé embrasse les jeux illégaux, le commerce de la
drogue, la prostitution, le vol à grande échelle, et le racket de protection parmi d'autres activités.
Dans End of Millenium (1998), Manuel Castells soutient que les activités de groupes liés au crime
organisé deviennent de plus en plus internationales dans leur envergure. Il note que la coordination
des activités criminelles à travers les frontières-avec l'aide de nouvelles technologies de l’information-
devient un trait central de la nouvelle économie globale. Impliqués dans les activités qui varient du
commerce des narcotiques à la contrefaçon, au trafic des immigrants et des organes humains, les
groupes liés au crime organisé opèrent maintenant dans des réseaux internationaux flexibles plutôt
que au sein de leurs propres domaines territoriaux.

D'après Castells, les groupes criminels ont mis en place des alliances stratégiques les uns avec les autres.
Le commerce international des narcotiques, le trafic des armes, la vente des matériaux nucléaires et le
blanchiment de l'argent deviennent tous liés à travers les frontières et les groupes criminels. Les
organisations criminelles ont tendance à baser leurs opérations dans les pays "peu risqués" où il existe
peu de menaces à leurs activités. Ces dernières années, l'ex-Union Soviétique a été l’un des principaux
points de convergence du crime international organisé. La nature flexible de ce crime en réseau rend
relativement facile pour les groupes criminels pour éviter de prêter le flanc aux initiatives des organes
chargés de l’application de la loi. Si un refuge criminel réputé sûr devient plus risqué, la géométrie
organisationnelle peut changer pour former un nouveau modèle.

La nature internationale du crime a été ressentie aux États-Unis. Parmi les plus nouveaux arrivants
figurent des criminels en provenance de l’ex-Union Soviétique. Certains commentateurs croient que la
nouvelle mafia russe est le syndicat de crime organisé le plus dangereux du monde. Les réseaux
criminels russes sont profondément engagés dans le blanchiment d’argent, en reliant leurs activités
aux banques russes en grande partie incontrôlées.

En dépit de nombreuses campagnes menées par le gouvernement et la police, le commerce des


narcotiques est l’une des branches de l’industrie criminelle en expansion le plus rapide avec un taux de
croissance annuel de plus de 10 pour cent dans les 1980s et au début des années 1990s et un niveau de
profit extrêmement élevé. L’Office des Nations Unie pour les Drogues et le Crime a estimé qu’en 2004
le commerce global des drogues illégales sur drogues et infraction (2005) a estimé qu'en 2004 le
commerce global dans les drogues illégales valait 322 milliards de dollars américains-plus que le
commerce global du café, des céréales ou de la viande. Les réseaux d’héroïne s’étendent sur l’Extrême-
Orient, particulièrement l’Asie du Sud et sont aussi localisés en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et
en Amérique latine. Les voies d’approvisionnement traversent aussi Vancouver et d'autres parties de
Canada à partir desquelles les drogues sont généralement distribuées aux États-Unis.

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Cybercrime
Non seulement le crime international organisé est facilité par les avancées récentes de la technologie
de l'information mais il paraît certain que la révolution de l'information et des télécommunications
changeront le visage du crime de manière fondamentale. Les progrès technologiques ont fourni de
nouvelles opportunités excitantes et des avantages, mais ils ont aussi élevé la vulnérabilité au crime
En 2005, une étude des praticiens de la sécurité informatique conduite par le FBI a révélé que
presque 60 pour cent des compagnies ont subi des accès non autorisés à leur système informatique et
ce cybercrime a coûté plus de 130 millions de dollars américains aux entreprises américaines
(Computer Security Institute et Federal Bureau of Investigation, 2005).

Encore presque 40 pour cent des violations de la sécurité n'étaient pas signalées de peur qu’une
publicité négative ne porte préjudice au prix du stock de la compagnie ou que les concurrents ne leur
volent des informations précieuses. Une étude semblable réalisée sur des moyennes et grandes
entreprises au Royaume-Uni a rapporté que 89 pour cent des répondants avaient subi des accès non
autorisés aux réseaux informatiques de leurs entreprises et cette infraction informatique coûte à ces
firmes plus de 2.4 milliards de livres sterling en 2004 (National High Tech Crime Unit 2005).

Il y a des indications que le cybercrime est déjà en hausse. La fraude sur internet était la catégorie
d'infraction qui croit le plus rapidement aux États-Unis à la des années 90. De 1999 à 2000, les pertes
dues à la fraude Internet et au faux ont augmenté de 12 millions à 117 millions de dollars américains au
cours d'une année. L’augmentation a été attribuée à la hausse des infractions internet.

La portée globale des infractions de télécommunications pose des défis particuliers à l’application du
droit. Des actes criminels perpétrés dans un pays peuvent affecter des gens à travers le globe. Cela a
des implications troublantes pour la détection et la poursuite des crimes. Il devient nécessaire pour la
police de déterminer le lieu de la commission du crime et de fournir des évidences nécessaires en vue
de des poursuites.

Fonctions de la prison
Les prisons remplissent plusieurs fonctions. Certains voient dans l'emprisonnement une forme de
châtiment, un acte de vengeance par laquelle la société inflige au criminel une souffrance comparable
à celle causée par l'infraction. Certains espèrent que la simple menace de l'emprisonnement
dissuadera des gens de commettre des infractions. La dissuasion est le terme formel désignant l'usage
de punition pour décourager la commission des délits et des crimes. Un autre but fondamental des
prisons est l’incapacité. Ce concept fait référence à la réclusion perpétuelle c’est-à-dire au fait de
garder incarcérés les criminels les plus dangereux dans un lieu éloigné et sécurisé où ils ne peuvent
pas porter atteinte à l’intégrité physique des gens innocents. Une autre fonction est la réhabilitation-
l’usage de l'éducation et d’autres programmes en vue de réformer les criminels et prévenir de futurs
crimes. L’objectif est de resocialiser les criminels de sorte que soit modifié leur comportement.

Certains déclarent aujourd’hui que l’idée de réhabilitation dédouane les criminels de la responsabilité
de leurs actes et, ces dernières années, l’incapacité a été une stratégie privilégiée (Melossi and Lettiere
1998; Muthvin 1997). Une des raisons avancées est les résultats d’une recherche montrant que certains
criminels commettent beaucoup d'infractions. Par exemple, lnciardi (1992) a étudié 254 usagers de la
cocaïne juvénile à Miami et a trouvé que chacun avait commis des centaines d'infractions, y compris 37

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forfaits majeurs liés à la marijuana l'année passée. En clair, ces personnes représentent une menace
pour la société et les incarcérer est une façon d'éliminer cette menace. D’autres font remarquer que
toute tentative de réhabiliter des jeunes criminels au milieu d’une population de récidivistes est
particulièrement difficile e raison de nombreuses attitudes négatives et antisociales qui prédominent au
sein de la population. Ils déclarent que 60 à 70% de tous les criminels commettent de nouveaux crimes
dans les trois années suivant leur libération des institutions de correction (Wilson, 1983).

Etant donné la menace posée à la société par de dangereux criminels, certains suggèrent de rendre
disponibles plus d’espace en prison pour ceux convaincus coupables d’infractions sérieuses contre les
personnes en réduisant les sentences de ceux impliques dans l'usage de la drogue et dans la
commission d’autres crimes sans victime crimes, des violations de la loi dans laquelle il n’y a pas
aucune victime évidente. Par exemple, si certaines drogues couramment illégales tells la marijuana
étaient rendues légalement disponibles pour les adultes mais interdites aux enfants, il y aurait plus
d’espace disponible pour les criminels dangereux. De plus, on pourrait générer de l'argent en taxant la
vente de la marijuana comme l’alcool et le tabac aujourd’hui. Cet argent pourrait être dépensé dans
les programmes éducatifs que et thérapeutiques. Ceux qui se sont opposés à cette politique craignent
que la dépénalisation de la marijuana et d’autres drogues n’encouragent plus de crimes en affaiblissant
la structure morale de la société.

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