FACULTE DE MEDECINE IBN EL JAZZAR DE SOUSSE
Année universitaire 2019-2020
Troisième année Médecine (DCEM1)
RAGE
Enseignants :
Pr Amel Omezzine-Letaïef
Pr Wissem Hachfi
Pr Ag Foued Bellazreg
Dr Nadia Ben Lasfar
Dr Maha Abid
Objectifs :
1. énumérer les principaux modes de transmission de la rage
2. décrire la physiopathologie de la rage
3. décrire les manifestations cliniques de la rage
4. énumérer les examens complémentaires de confirmation diagnostique de la rage
5. énumérer les principaux diagnostics différentiels de la rage
6. énumérer les mesures thérapeutiques et préventives de la rage
Pré requis :
Thème 33 : cours de Virologie
Plan :
Pré-test
I- Introduction
II- Virologie
III- Epidémiologie
IV- Physiopathologie
V- Clinique
VI- Evolution
VII- Diagnostic positif
VIII- Diagnostic différentiel
XI- Traitement
X- Prévention
XI- Conclusion
Référence : ECN Pilly 2016, pages 734-39.
Post-test
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Pré-test
1- La rage :
A- est une infection virale
B- est une infection strictement humaine
C- est une infection, une fois déclarée, inéluctablement mortelle
D- est une maladie à déclaration obligatoire
E- est une toxi infection
2- La rage :
A- est transmise essentiellement par les chiens en Tunisie
B- est une encéphalomyélite
C- est une infection fréquente chez l’homme en Tunisie
D- est une maladie contagieuse
E- peut être transmise lors de la manipulation des cadavres d’animaux
3- La rage furieuse est caractérisée par :
A- convulsions
B- hallucinations
C- hypersalivation
D- hyperventilation
E- paralysies
4- Le schéma vaccinal antirabique « long » (Essen) comporte des injections à :
A- J0
B- J3
C- J7
D- J14
E- J28
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I. Introduction :
La rage, une encéphalomyélite virale, est une zoonose accidentellement humaine, à déclaration
obligatoire. son traitement est préventif avec vaccination dite « thérapeutique ». En l’absence de
traitement, la rage est mortelle dans 100% des cas
II. Virologie :
- virus à ARN, fragile (détruit par le savon, la chaleur et la dessiccation
- culture cellulaire possible → suspensions virales à haut pouvoir immunogène, à l’origine des
nouveaux vaccins (après inactivation)
III. Epidémiologie :
1. rage animale : zoonose des vertébrés à sang chaud. 3 grands cycles naturels :
- rage urbaine (pays en voie de développement, Tunisie) : animaux domestiques, chien +++
- rage des animaux sauvages (le vecteur dépend des régions)
- rage des chiroptères (chauves-souris)
2. transmission à l’Homme :
- animal enragé : morsure, griffure, léchage sur peau lésée ou muqueuse
. manipulation de cadavres d’animaux
. inhalation des grottes infestées par des chauves souris
- interhumaine : greffe de cornée
* le virus rabique est présent dans plusieurs organes, essentiellement le système nerveux et la salive
- les animaux sont contaminants 3 jours avant le début des symptômes et meurent maximum 10
jours après
3. rage humaine :
- monde : endémie en corrélation avec l’enzootie. Il existe dans tous les pays sauf insulaires.
- Tunisie : incidence faible et stable depuis plusieurs années : 2-5 nouveaux cas/an.
IV. Physiopathologie :
- réplication virale locale au point d’inoculation terminaisons nerveuses périphériques en 3-4 jours
invasion centripète du système nerveux central le long des nerfs. le virus se propage dans la
substance grise, il se réplique dans les neurones formation des inclusions de nucléocapsides : les
corps de Negri, pathognomoniques mais inconstants.
diffusion centrifuge, le long des nerfs efférents vers tous les organes et les glandes salivaires/
transmission : ceci correspond à la phase d’état.
V. Clinique :
1. incubation : 15 à 90 jours (jusqu’à 2 ans), dépend de la quantité du virus, du statut immunitaire
de l’hôte, et du trajet entre le site de contamination et le système nerveux central.
2. invasion : 2 à 10 jours, céphalées, fièvre, asthénie; paresthésies au niveau de la plaie; insomnie,
agitation et anxiété.
3. phase d’état : 2 aspects cliniques
a. rage furieuse (ou spastique) : crises d’agitation psychomotrice majeure (1 à 15 min),
hallucinations, convulsions, excitabilité cutanée et sensorielle; hyperventilation, hypersalivation,
contractions des voies aéro-digestives à la déglutition puis à la vue de l’eau (hydrophobie) et même
aérophobie. En dehors des crises, le malade est conscient mais anxieux.
b. rage paralytique :
- paralysies flasques s’étendent de bas en haut
- troubles sphinctériens
- atteinte bulbaire avec paralysie des nerfs crâniens et arrêt cardio-respiratoire.
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Histoire naturelle de la rage
stade clinique exposition 1er symptôme S. neuro. Coma DECES
incubation prodromes ph. état
durée usuelle
15-90j 2-10j 2-6 j 1-10j
VI. Evolution : Toujours mortelle 4-10 j après début des signes neurologiques.
VII. Diagnostic positif :
* impossible avant l’apparition de signes cliniques
- détection de l’Ag viral à partir de prélèvement cornéen, LCR, salive, biopsies cutanées ou cérébrales
- culture cellulaire
- post mortem : examen histologique du cerveau (même technique homme et animal)
VIII. Diagnostic différentiel :
a. rage furieuse :
- encéphalite d’autre étiologie (HSV…)
- accès maniaque, délire aigu
b. rage paralytique :
- encéphalomyélite d’autre étiologie (post vaccinale…)
- poliomyélite
- syndrome de Guillain-Barré
IX. Traitement :
* Il n’existe aucun traitement curatif de la rage déclarée dont l’issue est toujours fatale. Néanmoins,
la vaccination précoce avant tout signe clinique, associée à la sérothérapie dans certains cas permet
d’enrayer le cheminement des virus dans l’immense majorité des cas. Après un contact avec un
animal pouvant être enragé, la prise en charge doit prendre en compte trois éléments : traitement
local, appréciation du risque de contamination et traitement général.
1. traitement local : toute plaie secondaire à une morsure doit être lavée abondamment à l’eau
savonneuse et désinfectée. Il n’y a pas de contre-indication à la suture si elle est nécessaire.
2. appréciation du risque de contamination :
* tient compte :
- de l’enzootie rabique régionale
- de l’animal, chez lequel le diagnostic de rage est difficile :
. si l’animal est vivant, une surveillance vétérinaire pendant 10 jours est nécessaire. s’il n’y a pas de
rage déclarée, la morsure est considérée non infectante.
. si l’animal est mort, soit spontanément soit tué, l’analyse en urgence de la tête conservée dans la
glace par les services vétérinaires doit être faite
- du siège et de la nature du contact :
. les morsures de la face, du cou et des extrémités sont dangereuses
. l’interposition de vêtements non déchirés est protectrice.
3. traitement général : mis à part une éventuelle antibiothérapie pour traiter une infection de la
plaie, et si besoin une vaccination antitétanique, il sera pratiquée une sérothérapie et/ou une
vaccination antirabiques.
a. sérothérapie : indiquée sans limite de temps après le contact dans les morsures graves
transdermiques par un animal manifestement enragé.
b. vaccination :
* on distingue 4 situations :
- animal inconnu ou disparu → vaccination complète.
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- animal mort, encéphale intact → débuter vaccination et envoyer la tête aux services vétérinaires
(prévoir arrêt si pas de rage).
- animal vivant mais suspect : débuter vaccination et arrêter si l’animal est sain.
- animal vivant et sain → observation vétérinaire, vacciner si apparition de signes de rage chez l’animal
* Il existe 2 protocoles de vaccination :
- Essen : J0, J3, J7, J14, J28 et J90
- Zagreb : 2 injections à J0, et 1 injection a J7 et J21.
X- Prévention :
1. lutte contre la rage animale :
- très difficile
- abattage des animaux enragés ou errants et vaccination systématique des animaux domestiques.
2. vaccination préventive de la rage humaine :
- préconisée pour certaines catégories professionnelles exposées comme les vétérinaires, les gardes
forestiers...
- schéma vaccinal : une injection à J0, J7 et J28, avec un rappel à 1 an (et tous les 5 ans ou non, en
fonction de la sérologie).
3. déclaration de la maladie
XI- Conclusion :
- les morsures d’animaux sont des accidents fréquents. La sérovaccination antirabique administrée
rapidement après cette morsure est la seule mesure efficace.
- la rage déclarée est inéluctablement fatale chez l’homme et chez l’animal.
Référence : ECN Pilly 2016, pages 734-39.
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Post-test
1- La rage :
A- est une infection virale
B- est une infection strictement humaine
C- est une infection, une fois déclarée, inéluctablement mortelle
D- est une maladie à déclaration obligatoire
E- est une toxi infection
2- La rage :
A- est transmise essentiellement par les chiens en Tunisie
B- est une encéphalomyélite
C- est une infection fréquente chez l’homme en Tunisie
D- est une maladie contagieuse
E- peut être transmise lors de la manipulation des cadavres d’animaux
3- La rage furieuse est caractérisée par :
A- convulsions
B- hallucinations
C- hypersalivation
D- hyperventilation
E- paralysies
4- Le schéma vaccinal antirabique « long » (Essen) comporte des injections à :
A- J0
B- J3
C- J7
D- J14
E- J28
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Réponses au pré-test / post-test
1- A, C, D
2- A, B, E
3- A, B, C, D
4- A, B, C, D