Travaux dirigés des EVN
MP
CPGE AL QALAM
1 Normes
Exercice 1 On note ℓ1 (N, K) l’ensemble des suites u = (un )n∈N ∈ KN sommables, c’est-à-dire
n X o
ℓ1 (N, K) = u = (un )n∈N ∈ KN un |< +∞ .
Montrer que ℓ1 (N, K) est un K-espace vectoriel et que l’on y définit une norme par l’application
+∞
X
∥u∥1 = |un |
n=0
Exercice 2 Soit I un intervalle d’intérieur non vide de R. On note L2 (I, K) l’ensemble des fonctions
f : I → K continues et de carrés intégrables c’est-à-dire
( )
Z 2
L2 (I, K) = f ∈ C(I, K) f < +∞
I
Montrer que L2 (I, K) est un K-espace vectoriel et que
Z 1/2
2
∥f ∥2 = |f (t)| dt
I
y définit une norme.
Exercice 3 Soit u un endomorphisme d’un espace normé E de dimension finie. On suppose que pour
tout vecteur x de E
∥u(x)∥ ⩽ ∥x∥.
Montrer que les espaces Ker (u − idE ) et Im (u − idE ) sont supplémentaires.
Exercice 4 On appelle norme matricielle sur Mn (R) toute norme ∥.∥ vérifiant
∀A, B ∈ Mn (R) ∥AB∥ ≤ ∥A∥∥B∥
1. Montrer que ∥M ∥ = n max |mi,j | définie une norme matricielle sur Mn (R) .
1≤i,j≤n
2. Soit N une norme sur Mn (R) . Démontrer qu’il existe une constante C > 0 telle que, pour
tout A, B ∈ Mn (R) , on a
N (AB) ≤ CN (A)N (B)
1
Exercice 5 Soient N1 , N2 deux normes sur un R-espace vectoriel E.
1. On note B1 = {x ∈ E/N1 (x) ⩽ 1} et B2 = {x ∈ E/N2 (x) ⩽ 1}. Montrer B1 = B2 ⇔ N1 = N2
2. Même question avec les boules unités ouvertes.
2 Distance à une partie
Exercice 6 On norme l’espace B(N, R) des suites bornées par la norme infinie notée ∥ · ∥∞ .
1. Déterminer la distance de la suite e constante égale à 1 au sous-espace vectoriel E0
2. Déterminer la distance de la suite u = ((−1)n )n∈N au sous-espace vectoriel C des suites réelles
convergentes.
3 Comparaison de normes
Exercice 7 On note E = C 1 ([0, 1], R).
1. Pour f ∈ E, on pose N (f ) = |f (0)| + ∥f ′ ∥∞ Montrer que N est une norme sur E.
2. Pour f ∈ E, on pose N ′ (f ) = ∥f ∥∞ + ∥f ′ ∥∞ Vérifier aisément que N ′ est une norme sur E et
qu’elle est équivalente à N .
3. Les normes N et N ′ sont elles équivalentes à ∥∥∞ ?
Exercice 8 On note E l’espace des suites réelles bornées u = (un )n∈N telles que u0 = 0.
1. Montrer que
N∞ (u) = sup |un | et N (u) = sup |un+1 − un |
n∈N n∈N
définissent des normes sur l’espace E.
2. Montrer que N (u) ⩽ 2N∞ (u) pour tout u ∈ E.
Déterminer une suite non nulle telle qu’il y ait égalité.
3. Montrer que ces deux normes ne sont pas équivalentes.
Exercice 9 On note ℓ1 (N, R) l’espace des suites réelles sommables. Cet espace est normé par
+∞
X
∥u∥1 = |un |
n=0
1. Soit u ∈ ℓ1 (N, R). Montrer que u est bornée. Cela permet d’introduire la norme ∥ · ∥∞ définie
par
2
∥u∥∞ = sup |un |
n∈N
Comparer ∥ · ∥1 et ∥ · ∥∞ .
2. Soit u ∈ ℓ1 (N, R). Montrer que u est de carré sommable. Cela permet d’introduire la norme
∥ · ∥2 définie par
+∞
!1/2
X 2
∥u∥2 = |un |
n=0
Comparer ∥ · ∥1 et ∥ · ∥2 .
Exercice 10 On note B(N, R) l’espace des suites réelles bornées normé par ∥ · ∥∞ .
1. Soit a = (an ) une suite réelle. Former une condition nécessaire et suffisante sur la suite a pour
que l’application
+∞
X
Na : x 7→ an |xn |
n=0
définit une norme sur B(N, R).
2. Comparer Na et ∥ · ∥∞ .
Exercice 11 Pour P ∈ R[X], on pose
+∞
X
N1 (P ) = P (k) (0) et N2 (P ) = sup |P (t)|.
k=0 t∈[−1,1]
1. Montrer que N1 et N2 sont deux normes sur R[X].
2. Étudier la convergence pour l’une et l’autre norme de la suite de terme général
1 n
Pn = X
n
3. Les normes N1 et N2 sont-elles équivalentes ?
Exercice 12 Soit a ∈ R. Pour tout P ∈ R[X], on pose
Z 1
Na (P ) = |P (a)| + P ′ (t) dt
0
1. Établir que Na définit une norme sur R[X].
2. Justifier que, pour tous a, b ∈ [0, 1], les normes Na et Nb sont équivalentes.
3. On considère la suite (Pn )n∈N avec Pn = X n /2n . Pour quelle(s) norme(s) Na peut-on affirmer
que la suite (Pn )n∈N converge ?
3
4. Montrer que pour a ∈ [0, 1] et b ∈]1, +∞ [ , les normes Na et Nb ne sont pas équivalentes.
Exercice 13 Soient l’espace E = f ∈ C 1 ([0, 1], R) | f (0) = 0 et N1 , N2 les applications définies sur
E par
N1 (f ) = f ′ ∞
et N2 (f ) = f + f ′ ∞
1. Vérifier que N1 et N2 définissent des normes sur E.
2. Montrer que N2 est dominée par N1 .
3. En exploitant l’identité
Z x
−x
f (t) + f ′ (t) et dt
f (x) = e
0
montrer que N1 est dominée par N2 .
4 Topologie
Exercice 14 1. Soit A une partie non vide d’un evn E et soit x ∈ E.
Montrer que d(x, A) = 0 ⇐⇒ x ∈ A
2. Montrer que d(x, A) = d(x, A). et que d(x, A) ≤ d(x, A◦ ). A-t- on l’égalité ?
3. Montrer que si A est convexe, il est de même pour A.
4. A-t-on de mêm pour A◦ ?
Exercice 15 Soit A et B deux parties non vides d’un espace vectoriel normé (E, ||.||)
1. On suppose que A ⊂ B .Etablir que A0 ⊂ B 0 et A ⊂ B
2. Comparer (A ∩ B)0 et A0 ∩ B 0 d’une part et puis (A ∪ B)0 et A0 ∪ B 0 d’autre part
3. Comparer (A ∩ B) et A ∩ B d’une part et puis A ∪ B et A ∪ B d’autre part
Exercice 16 Soit E un espace vectoriel normé et F un sous espace vectoriel de E tel que F ̸= E .
1. Montrer que F est un sev de E.
2. (a) Montrer qu’un hyperplan est soit fermé ou dense dans E
(b) En déduire que si E = C ([0, 1], R) est muni d’une norme ||.|| , alors A = {f ∈ C ([0, 1], R) /f (0) = 0}
est soit fermé soit dense dans E
(c) Donner un exemple de norme N telle que A soit fermé de E
(d) Donner un exemple de norme N telle que A soit dense dans E
Exercice 17 Soient E un evn , F un sev de E et A une partie de E.
4
1. Montrer que F est un sev de E.
2. Montrer que Vect(Ā) ⊂ VectA.
3. Si E est de dimension finie, montrer que F = F .
4. Dans le cas général, montrer que F̊ = ∅ ou F = E.
5. Une version faible du théoréme de Baire
(a) Montrer que tout intersection finie d’ouverts denses dans E est un ouvert denses dans E,
et toute réunion finie de fermés d’intérieurs vides est un fermé d’intérieur vide.
(b) Soient F1 , . . . , Fn des sev de E de dimension finie tel que : E = F1 ∪ · · · ∪ Fn ,Montrer
∃ i ∈ [[1, n]] ; Fi = E.
Exercice 18 Soient A, B deux parties non vides d’un evn E. On note A+B = {a+b | a ∈ A, b ∈ B}.
Montrer que .
1. Si A ou B est ouvert, alors A + B est ouvert.
2. Si A et B sont fermés, alors A + B n’est pas nécéssairement fermé.
(Prendre A = {(x, e−x ) tq x ∈ R} et B = {(x, 0) tq x ∈ R})
3. Si A et B sont compacts, alors A + B est compact.
4. Si A et B sont connexes par arcs, alors A + B est connexe par arcs.
Exercice 19 (Topologie matricielle) 1. Montrer que GLn (R) est un ouvert de Mn (R), dense
dans Mn (R).
2. Montrer
∀A, B ∈ Mn (R), com(AB) = com(A)com(B)
3. Montrer que Mn (R) \ GLn (R) est fermé mais non compact (pour n ⩾ 2).
4. Montrer que Sn (R) est fermé.
5. Montrer que l’ensemble des matrices diagonalisables dans Mn (C) est dense dans Mn (C). Peut-
on remplacer Mn (C) par Mn (R) ?
6. Montrer que l’ensemble Dn formé des matrices diagonalisables de Mn (R) est connexe par arcs.
7. (a) Montrer que GLn (R) n’est pas connexe par arcs.
(b) Montrer que GLn (C) est connexe par arcs.
On pourra considérer l’application z 7→ det((1 − z)A + zB) pour A, B ∈ GLn (C).
8. L’ensemble ∆ des matrices diagonalisables de Mn (R) est-il connexe par arcs ?
5
5 Continuité
X X
Exercice 20 1. Soit E = R[X] muni de la norme : ai xi = |ai |.
i i
(a) Est-ce que φ : P 7→ P (x + 1) est continue ?
(b) Est-ce que ψ : P 7→ AP est continue ? (A ∈ E fixé)
(c) Est-ce que ψ : P 7→ P (c) est continue ? (c ∈ R fixé)
2. On note E = ℓ∞ (R) l’espace vectoriel normé des suites réelles bornées muni de la norme N∞ .
Pour u = (un ) ∈ ℓ∞ (R) on pose T (u) et ∆(u) les suites définies par
T (u)n = un+1 et ∆(u)n = un+1 − un
Montrer que les applications T et ∆ sont des endomorphismes continus de E.
3. On note E = C ∞ ([0, +∞[, R) et D l’endomorphisme de E de dérivation : D(f ) = f ′ .
(a) Montrer qu’il n’existe aucune norme sur E pour laquelle D soit continu (considérer x 7→
eαx ).
(b) Soit F le sous-ev de E constitué des fonctions polynomiales. Trouver une norme sur F pour
laquelle D|F est continu.
4. Soit E l’ensemble des suites réelles u = (un ) bornées et F le sev des suites telles que la
série de terme général |un | converge. Pour u ∈ E, on pose ∥u∥∞ = sup |un | et pour u ∈ F :
X n
∥u∥1 = |un |.
n
Soit a ∈ E et f : E → E, u 7→ au = (an un ).
Montrer que f est une application linéaire continue de E dans E
Exercice 21 Montrer qu’une forme linéaire sur un evn (E, ∥.∥) est continue si et seulement si son
noyau est un fermé de E.
Exercice 22 Soit E = C 0 ([0, 1], R) muni de la norme ∥ · ∥∞ et F = C 1 ([0, 1], R) muni de la norme
∥ · ∥F définie par :
∀f ∈ F, ∥f ∥F = ∥f ∥∞ + f ′ ∞
On définit alors T : E → F par :
Z x
∀f ∈ E, ∀x ∈ [0, 1], T f (x) = f (t)dt
0
Montrer que T est bien définie, linéaire, continue et calculer sa norme subordonnée. La valeur de
la norme de T est-elle atteinte ?
6
Exercice 23 Soient E = C 0 ([0, 1], R) muni de la norme ∥ · ∥L2 , a ∈] 0, 1[ et T : E → R définie par :
Z a
∀f ∈ E, T f (x) = x2 f (x)dx
0
Montrer que T est bien définie, linéaire, continue et calculer sa norme subordonnée. La valeur de
la norme de T est-elle atteinte ?
Exercice 24 Soient a < b deux réels, F = C 0 ([a, b], R) muni de la norme ∥ · ∥∞ et φ une forme
linéaire positive sur E, i.e. pour tout f ∈ E, si f ≥ 0 alors φ(f ) ≥ 0.
Montrer que φ est continue et calculer sa norme subordonnée. Indication : On pourra montrer et
utiliser que pour toute f ∈ E, |φ(f )| ≤ φ(|f |).