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Droit de réclamation des candidats électoraux

Le document traite du contentieux électoral en Afrique, en particulier du droit de réclamation des candidats suite à la publication des listes des candidats à l'élection présidentielle au Sénégal. Il souligne que les candidats recalés et admis peuvent contester la liste dans un délai de 48 heures, mais que les décisions du Conseil constitutionnel sont généralement non susceptibles de recours. Enfin, il est précisé que seules les décisions juridictionnelles du Conseil sont contraignantes, tandis que les décisions administratives, comme la publication des listes, permettent des réclamations limitées aux candidats concernés.

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Droit de réclamation des candidats électoraux

Le document traite du contentieux électoral en Afrique, en particulier du droit de réclamation des candidats suite à la publication des listes des candidats à l'élection présidentielle au Sénégal. Il souligne que les candidats recalés et admis peuvent contester la liste dans un délai de 48 heures, mais que les décisions du Conseil constitutionnel sont généralement non susceptibles de recours. Enfin, il est précisé que seules les décisions juridictionnelles du Conseil sont contraignantes, tandis que les décisions administratives, comme la publication des listes, permettent des réclamations limitées aux candidats concernés.

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Section 2 : L ARRET DE LA LISTE DES CANDIDATS

Le contentieux électoral précédant le scrutin est très développé en Afrique


[60]. Il constitue une occasion pour les juge électoral de mettre en œuvre
ses premières attributions juridictionnelles. Dès lors,c'est une phase du
contrôle des opérations pré-électoral permettant au juge d'écarter les
candidatures fantaisistes,incomplètes ou incompatibles par une
interprétation fidèle des textes en la matière. Le contentieux résultant de
l'établissement des listes des candidats ; relevant de la compétence des
sept sages s'observe donc à deux niveaux. En premièr lieu, il s'agit de
répondre aux réclamations des candidats à la suite de la décision du
conseil constitutionnel publiant la liste des candidats à l'élection
présidentielle. En second lieu,ce sont les contestations des candidats (A)
que le conseil constitutionnel devra statuer aux fins d'établir les listes
définitives ( B)
Au clair le Conseil constitutionnel intervient en dernier ressort concernant
les listes des candidats aux élections nationales et des hauts conseillers
dont l'enregistrement des dossiers de candidatures se fait d'abord au
niveau du ministère en charge des élections.
A:LE DROIT DE RECOURS DES CANDIDATS À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE.

C'est l'article L.127 du code électoral qui ouvre le droit de réclamation au


profit des candidats à la suite de la publication de la liste des candidats
admis à l'élection présidentielle. Le délai de saisine du juge électoral
sénégalais est de quarante - huit (48) heures suivant le jour de l'affichage
de la liste des candidats. Ce délai consacré par la loi n* 2018-22 du 4
juillet 2018 modifiant le Code électoral qui était en vigueur au 21 juillet
2017,confère plus de temps aux candidats pour porter leurs réclamations
devant le Conseil constitutionnel [68]. Il faut préciser que ce droit de
saisine de la plus haute juridiction sénégalaise, en sa qualité de contrôleur
de validité des candidatures, est réservée exclusivement à tout candidat.
Ce la implique que tout les candidats recalés et admis peuvent jouir de ce
droit de recours. Le droit de réclamation contre la liste publiée est alors un
recours gracieux accordant une seconde chance, notamment aux
candidats recalés, le pouvoir de se conformer aux conditions de
recevabilité. Car le conseil constitutionnel ne peut rejeter un dossier de
candidature déposé à temps et remplissant tous les critères de forme et
de fond requis pour la validité d'une candidature présidentielle. Face à ce
recours , le conseil constitutionnel devra statuer sans délai. A titre
illustratif, la décision n* 2/E/2019 du 13 janvier 2019 arrêtant la liste des
candidats à l'élection présidentielle du 24 février 2019 a déclaré
recevables cinq candidatures et irrecevables ving-deux
candidatures. .Alors cette décision a fait l'objet de plusieurs recours
inventés par des candidats recalés, directement ou par leurs
représentants, et par un candidat admis [ 69].
En faisant une analyse plus approfondie du droit de réclamation des
candidats, le juge de la régularité des élections nationales considéré que
la requête du candidat doit faire l'objet de rejet "lorsque les moyens sur
lesquels elle est fondée ont pour objet de critiquer le raisonnement suivi
par le Conseil constitutionnel ou la motivation de sa décision ".De ce fait,
le juge constitutionnel sénégalais assume un rôle pédagogique fort
intéressant en rappelant que ses décisions ne sont pas en principe
susceptibles d'aucune voie de recours. A travers sa décision n* 3/E/2019, il
a montré clairement que "la réclamation au sens de l'article L.122 du
code électoral, ne peut avoir pour objet ou pour effet ni la reformation ou
l'annulation de la décision fondée sur une erreur dans l'appréciation des
circonstances de fait ou l'interprétation de la règle de droit, ni la
rétractation de la décision fondée sur ce qu une partie n'aurait pas été
entendue ou appelée, la procédure devant le Conseil constitutionnel
n'étant pas contradictoire ". De cette interprétation du droit de
réclamation des candidats, il serait extrêmement rare de voir le conseil
constitutionnel modifier la liste des candidats à la suite des réclamations.
Dans sa décision publiant la liste définitive des candidats à l'élection
présidentielle de 2024 , le conseil constitutionnel a néanmoins donné une
suite favorable à la requête du candidat Thierno Alassane Sall contre la
candidature de Karim Meissa Wade en faisant la liste des candidats de 21
à 20 candidats. Entre la première liste de candidats publiés et la liste
définitive, la Haute juridiction a rejeté toutes les requêtes déposées,
demandant de renforcer la liste provisoire, sauf celle portant contre la
candidature de la coalition Karim 2024 sur le motif de double nationalité.
[70]
En outre , le droit de réclamation peut faire l'objet d'une autre
interprétation en distinguant les décisions à caractère juridictionnel du
Conseil constitutionnel et celles ayant un caractère administratif. Les
premières s'imposent, en vertu de l'article 92 al .2 de la constitution, "aux
pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et
juridictionnelles ".Cela résulte du fait que les décisions juridictionnelles du
Conseil, à savoir ses arrêts, ne sont susceptibles d'aucune voie de recours
[71], tandis que la seconde catégorie de décisions portant sur des affaires
non juridictionnelles [72], comme la décision portant publication de la liste
des candidats, relève de la fonction administrative du juge constitutionnel.
Elle ouvre une voie de recours strictement réservée à des personnes
textuellement citées. En réalité, seuls les candidats sont habilités à faire
des réclamations contre la décision publiant des candidats à l'élection
présidentielle.

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