Programme de célébrations orthodoxes
Programme de célébrations orthodoxes
SOMMAIRE
ÉPH
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0 6 1 11 4 5 0 0 N E
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Matines de la Dormition
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Ainsi, nous croyons être dans notre droit lorsque, après nous être appliqués, dans d'autres
occasions, selon nos forces, ou plutôt selon notre faiblesse, à l'étude des témoignages que les
écritures rendent de la très-sainte Vierge, nous voulons aujourd'hui, au lieu de livres, lire quelque
peu dans l'image de la Dormition de la très sainte Mère de Dieu, dont la peinture très ancienne,
par une disposition particulière de la Providence, a été apportée de Constantinople à Kiev, et
que le saint hiérarque Pierre, de sa main vénérable et sainte, nous a représentée ici pour être
l'objet, sans aucun doute, non seulement de la contemplation de nos yeux, mais aussi des
méditations de notre piété.
Ce que le spectateur aperçoit d'abord, au premier plan du tableau, est très simple. Nous voyons
le corps très pur de la très sainte Vierge, après le départ de son âme très sainte, gisant sur un lit.
Les apôtres réunis l'enlèvent et l'emportent au lieu de sa sépulture. Saint Pierre lui rend les
honneurs de l'encensoir, quoiqu'il remplît lui-même d'un parfum incomparablement plus suave
et plus vivifiant les sentiments intérieurs de ceux qui s'en approchaient avec foi. Si le pinceau et
la couleur pouvaient exprimer les sons, nous entendrions certainement partir aussi de l'image le
chant funèbre des apôtres, dans le quel, selon l'expression de saint Denys l'Aréopagite, réunis
pour contempler ce corps source de la vie et sanctuaire de Dieu, Jacques, le frère du Seigneur,
et Pierre, et tous les chefs de l'Église chantaient sans fin la bonté immense de l'abaissement de
la Puissance divine, c'est-à-dire la bonté du Fils de Dieu ayant revêtu dans l'incarnation la
faiblesse de la nature humaine, moins le péché (Des noms divins, – chap. 3).
Que nous rappelle cette peinture ? Que nous enseigne-t-elle ? – Elle nous rappelle la loi terrible
de la mort. Elle nous enseigne à songer à temps à l'exécution sur nous de cette loi.
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Esprit, afin qu'elle fût un vase digne de l'incarnation du Fils de Dieu. Ensuite, comme, dès le
moment de l'incarnation, son corps fut la demeure de Dieu, ainsi, sans aucun doute, son âme
aussi fut la demeure de Dieu, et dans un sens aussi élevé qu'elle surpasse, par sa dignité de
Mère de Dieu, les chérubins et les séraphins. Cependant, malgré tout cela, elle est soumise, elle
aussi, à la loi de la mort, quoique ce ne soit, il est vrai, qu'en apparence; elle rentre, elle aussi,
dans la terre, quoique ce ne soit, il est vrai, que pour un temps très court. Comment cela a-t-il
pu être permis ?
– Cela a pu être permis à cause de son humilité qui a fait qu'elle n'aurait pas voulu consentir à
ne pas être soumise à la mort quand son divin Fils en avait subi l'épreuve; et cela a été en effet
permis, par une disposition de la Providence, pour nous, enfants de l'Adam terrestre, qui ne
nous efforçons pas de nous transformer à l'image de l'Adam céleste; – pour nous, enfants de
celui qui a péché, qui péchons et ne sommes pas purifiés, afin qu’en voyant le cercueil de la très
pure Mère de la Vie, et en regardant ce qui est au-dessous d'elle, nous songions avec crainte à
la vérité de cette parole de l'Apôtre que le juste même à peine sera sauvé, et afin que nous
sentions profondément toute la force de la conclusion qui suit : Si le juste même à peine sera
sauvé, que deviendront l'impie et le pécheur (I Pi 4,18) ?
Si, malgré une vie saintement renouvelée, malgré une haute sainteté et une pureté parfaite, le
trait de la mort trouve encore un endroit plus ou moins vulnérable dans la nature humaine, qu'en
sera-t-il de l'homme qui, ne s'efforçant pas de parvenir à une sainte rénovation, vit avec
insouciance dans sa nature corrompue ? Qu'en sera-t-il d'une âme qui, par ses inclinations
corrompues et par ses passions, entretient en elle-même les éléments de l'enfer, et féconde en
elle les semences de la mort spirituelle ? Qu'en sera-t-il d'un corps qui, avec sa disposition déjà
naturelle à la corruption, non seulement ne reçoit pas le remède de la force d'en haut renouvelée
par le don de la vie, mais encore se remplit des nouvelles et plus funestes semences de
corruption et de mort d’ici-bas, que jettent en lui une âme viciée, ses passions mauvaises, ses
convoitises effrénées, et tous les genres d'intempérance et d'abus des facultés sensitives ?
Puissions-nous, mes frères, nous efforcer vigilamment et de tout notre pouvoir de redresser, de
purifier et d'exhausser notre conduite par les commandements de Dieu et par la puissance de la
foi, et de nous élever, de la vie visible d'ici-bas, à la vie cachée de la grâce, afin que notre vie
temporelle soit le vrai commencement de notre vie éternelle, afin que notre mort temporelle ne
nous conduise pas à la mort éternelle, afin que notre cercueil soit pour nous la porte du ciel !
Revenons à la contemplation de notre icône. La seconde partie n'en est pas aussi simple que la
première. Au-dessus du lit funèbre et du corps inanimé de la très sainte Vierge, l'icône
représente le Christ Sauveur lui-même, tenant sur ses mains l'âme de sa Mère sous la figure
d'un enfant, symbole, évidemment, d'une nouvelle naissance à la vie du ciel. Les écritures ne
disent pas que ceci ait été vu de tous les témoins de la dormition et de la sépulture de la Mère
de Dieu. Il faut donc supposer que le peintre de l'image a représenté ici comme visible ce qui
appartient au monde invisible, et a réuni tout simplement ce qui était visible aux yeux du corps
avec ce qui ne l'a été qu'à ceux de l'esprit. Après avoir représenté le corps de la très sainte
Vierge délaissé par son âme, il a semblé vouloir prévenir cette question : Qu'est devenue alors
son âme ? Et, pour réponse, il l’a représentée visiblement aussi, portée dans les mains de son
divin Fils.
Ici se place d'elle-même une nouvelle question fort importante : Quelle valeur a cette image ?
N'est-ce pas simplement un rêve de l'imagination? – Non.
Cette pensée ne serait pas conforme à la dignité d’une antique et sainte icône. L'audace de
peindre les images selon les rêves de l'imagination du peintre, est le produit de la licence des
temps modernes. Les anciens représentaient dans les icônes ce qu'ils trouvaient dans les
écritures ou les traditions dignes de foi. L'artiste de notre image, saint Pierre, n'a pas voulu non
plus, sans aucun doute, prendre pour sujets de ses peintures des rêves de l'imagination. Nous
concluons sans hésiter que son tableau nous représente, non une fantaisie de l'imagination,
mais une observation conforme à l'essence de l'objet.
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Faut-il, d'après le principe de prudence de l’Église, montrer la conformité de cet te tradition avec
les saintes Ecritures ? – On peut, pour cela, se servir des paroles de Jésus Christ : Il arriva que le
pauvre mourut, et qu’il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham (Luc 16,22). La
considération que ces paroles appartiennent à une parabole ne doit pas être un motif de douter
de leur signification, parce que les personnages eux-mêmes des paraboles sont représentés
sous les traits de la nature réelle. De même que la mort et la sépulture du riche sont des traits de
la nature réelle, ainsi l'enlèvement par les anges du pauvre qui vient de mourir, et qui a racheté
son âme par la souffrance, est un trait de l’observation réelle. Maintenant, comparez. Si l'Ecriture
témoigne que les âmes des saints, en sortant de leur corps, sont reçues par les anges, n'est-elle
pas parfaitement conforme avec cela, la tradition qui témoigne, entre autres, par le moyen de
cette image, que l'âme très sainte de la Mère du Seigneur, plus élevée que les anges, fut reçue,
au sortir de son corps, par son divin Fils lui-même ? Selon une autre tradition, un ange lui fut
envoyé encore sur la terre pour la prévenir de l'approche de son trépas; ensuite le choeur des
anges l'accueillit par des cantiques célestes dont les échos furent entendus de ceux qui en
étaient dignes, au moment de la cérémonie funèbre.
Vous voyez quelle sagesse multiple nos pieux Pères ont renfermée dans la peinture des
icônes. Ils nous y ont présenté, non seulement un souvenir édifiant d'un passé visible, mais
encore une observation mystérieuse de l’invisible dans le domaine de la vie future.
Qui que tu sois, toi, mon compagnon de voyage sur la terre, qui m'écoutes, bientôt, pour ton
âme et pour la mienne, – je ne sais pour laquelle la première, – mais certainement bientôt, pour
la tienne et pour la mienne, s'ouvriront les espaces invisibles de la vie future. Avons-nous songé
à ce qui nous y attend ? Qui nous y recevra ? Les anges voudront-ils, comme l'âme du pauvre
de l'Évangile, porter aussi notre pauvre âme dans quelque demeure de la lumière ? Ou bien ne
t'en inquiètes-tu pas, et penses-tu que tu pourras bien te passer de cet honneur ? Ne t'abuse
pas. Il est vrai que c'est un honneur pour ceux qui en sont dignes; mais n'est-ce pas aussi un
secours pour ceux qui en ont besoin ? Si, sur le chemin de ce monde visible, nous avons besoin
d'être gardés et conduits par les anges, n'en aurons-nous pas encore plus besoin à notre entrée
dans le monde invisible, inconnu et sans bornes ? Aujourd'hui, le monde matériel s'étend devant
nous comme un mur qui nous cache les splendeurs du royaume des cieux, mais qui nous
sépare en même temps du royaume ténébreux de l'enfer; mais aujourd'hui aussi, les influences
de l'ombre sans fond pénètrent plus ou moins jusqu'à nous, et nous avons d'autant plus besoin
des influences tutélaires du royaume de la lumière : que sera-ce donc quand notre âme, se
séparant de son corps, franchira les limites du monde matériel, et entrera en contact immédiat
avec le monde spirituel ? N'est-elle pas menacée d'une attaque ouverte des puissances de
ténèbres, elle qui ne peut pas dire d'elle-même, comme le pouvait le seul Impeccable : Le prince
de ce monde vient, et il n'a aucun droit sur moi (Jn 14,30) ? Bienheureux celui qui, regardant par
de là le tombeau, a assez de présence d'esprit pour dire avec David : Quand même je
marcherais au milieu de l'ombre de la mort, je ne craindrais aucun mal, parce que vous êtes avec
moi (Ps 22,4), – vous, la lumière du monde et le vainqueur de l'enfer, – vous qui illuminez même
l'ombre de la mort de la splendeur de votre croix, – vous qui avez supporté la mort pour tous,
afin que la mort fût absorbée par la vie, – vous qui commandez à vos anges de garder ceux qui
vivent sous votre protection, dans toutes les voies visibles et invisibles, dans le temps et au delà
des limites du temps ! Mais pour avoir une pareille présence d'esprit, il faut que Jésus Christ soit
réellement avec nous dans notre foi, dans notre amour, dans notre conduite conforme à sa
volonté et à ses commandements.
Dans le prophète Isaïe, voici ce que dit le Seigneur : Bienheureux celui qui a une famille dans
Sion, et des parents dans Jérusalem (31,9). Si ces paroles ont une signification par rapport à la
Jérusalem terrestre et au peuple juif, elles en ont une incomparablement plus grande par rapport
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à l'Israël spirituel et à la Jérusalem céleste. Le Juif, s'il ne peut, dans la Jérusalem terrestre,
s'arrêter dans la maison d'un parent, peut y trouver un hôtel, et, pour de l'argent, se procurer ce
qu'il ne peut recevoir de l'amitié d'un parent; mais, dans la Jérusalem céleste, il n'y a ni
appartements à louer, ni argent, ni achat, ni vente. Ou il y faut arriver comme compatriote et
parent, ou l'on n'y est pas reçu. – Mais est-ce que nous pouvons devenir les parents des
citoyens du ciel, quand, pour la plupart, nous ne les connaissons même pas ? – Nous pouvons
devenir les parents, non seulement des citoyens du ciel, mais de leur Roi lui-même. Lisez, dans
l'Évangile, sa charte préparée depuis longtemps pour vous tous, et pour vous admettre tous à
cette haute parenté : Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui
l'accomplissent (Luc 8,21). Ainsi donc, mes frères, soyez attentifs à écouter la parole de Dieu,
surtout lorsqu'il vous parle par l'Église; soyez vigilants et fidèles dans l'accomplissement des
commandements de Jésus Christ, et vous entrerez dans la parenté céleste, et vous aurez une
famille dans la Sion céleste, et des parents dans la Jérusalem qui n'a pas été construite de main
d'homme, et vous serez dès cette terre, selon la parole de l'Apôtre, des cohabitants de la cité
des saints et de la maison de Dieu (Éph 2,19), et, à la fin, ils vous admettront aussi dans les
demeures éternelles du ciel, au partage de la félicité et à la contemplation de la gloire du Père,
du Fils et du saint Esprit. Amen.
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Le dernier patriarche orthodoxe dans l’Eglise russe fut le patriarche Tikhon. Ceux qui ont
suivit pendant le communisme ont chercher à ménager la chèvre et le cou, pour m’exprimer
familièrement, c’est-à-dire à réconcilier le bolchevisme athée et l’Orthodoxie. Ceux, après le
communisme ne valent pas plus.
La biographie du patriarche Tikhon se trouve facilement sur le net. Voici son élection
comme patriarche, écrit par le prince P. M. Volkonsky en 1921 :
Les élections des candidats au trône patriarcal étaient fixées au 24 octobre 1921. Le
concile décida d'élire trois candidats; le tirage au sort devait ensuite désigner le patriarche. Il
avait été décidé au Conseil des évêques que le candidat désigné par le sort ne pourrait pas se
dérober.
Le 24, les billets présentés au président du concile accusaient 30 candidats, très variés
et quelques-uns très inattendus, car on proposa même des laïques. La majorité se prononça
pour Mgr Antony, évêque de Karkof, qui le premier passa aux voix et recueillit presque
l'unanimité (plus de 400 voix). Les autres candidats furent élus le lendemain. Mgr Arsenyi,
évêque de Novgorod, réunit près de 300 voix, et Mgr Tykhon, métropolite de Moscou, un peu
plus de 200. Aussitôt après les élections, les candidats quittèrent le concile. Mgr Antony se retira
au monastère de Valaam, Mgr Arsenyi au monastère Troïtsky-Serguievsky, et Mgr Tykhon au
couvent de Troïtsky. Ils devaient attendre, sans sortir de leur retraite, les résultats du tirage au
sort.
Le président honoraire du concile, Mgr Vladimir, métropolite de Kiev, écrivit sur des billets
séparés les noms des candidats; il les plia et les déposa dans une cassette en argent. Cette
cassette fut liée avec un cordon et le sceau du concile y fut apposé. Ensuite on la porta à l'église
du Sauveur, où le tirage au sort avait été fixe pour le 28 octobre. La cassette fut déposée sur le
pupitre, face à l'autel. Deux membres du concile, se relayant tour à tour, faisaient la garde.
La date du 28 octobre restera doublement célèbre dans la mémoire des Moscovites et
de tous les Russes, car ce fut le jour où les bolcheviks écrasèrent l' «insurrection de Moscou» et
où le patriarche fut élu.
Quand, il la mi-octobre, les bolcheviks triomphèrent du gouvernement provisoire et,
ayant dispersé la Constituante des socialistes révolutionnaires, s'installèrent de vive force à
Petrograd, il se forma à Moscou un petit noyau qui refusait de reconnaître leur pouvoir. Ce noyau
était composé d'officiers et surtout d'élèves des écoles militaires dont une partie s'enferma dans
le Kremlin et les autres dans leurs écoles. Pourquoi et pour qui se battaient-ils, ils ne le savaient
pas au juste. Ils avaient seulement résolu de ne pas se soumettre aux bolcheviks. Petrograd
expédia contre eux des commissaires et des troupes avec de l'artillerie. Plusieurs places et les
rues principales de la ville furent occupées par les batteries qui, à partir du 23 octobre, tiraient
sur le Kremlin et les édifices derrière lesquels s'abritaient les insurgés. La canonnade se
poursuivit pendant tout le temps que durèrent les élections et fut particulièrement nourrie le 28
octobre.
Sous le tonnerre des canons bolcheviks, malgré les obstacles créés par eux et le danger
qu'offrait la circulation, de grand matin, le peuple commença à affluer de tous les coins de
Moscou vers la cathédrale du Sauveur. A 10 heures, l'église et les galeries étaient bondées, car
plus de 20 000 personnes y étaient rassemblées. Tous les membres du concile étaient présents.
La Liturgie solennelle était célébrée par le métropolite de Kiev, Mgr Vladimir, assisté de douze
évêques. Après les Heures, Mgr Vladimir, accompagné du secrétaire du concile, le professeur
Cheine, s'approcha du pupitre sur lequel reposait la cassette en argent. Le secrétaire la souleva
et la montra au peuple; puis le métropolite rompit le scellé et ouvrit la cassette. A ce moment
sortit du sanctuaire un vénérable moine, blanc comme neige, revêtu de son aube noire sur
laquelle se détachait l’étole. Il se dirigea vers le pupitre. C’était le vénérable Alexis, connu de
tout Moscou. Naguère protodiacre, puis prêtre de la cathédrale Ouspensky, à Moscou, il avait su
s'attirer pendant sa longue carrière le profond respect de ses paroissiens, et il était
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avec toutes sortes de précautions, passant par les ruelles, choisissant les endroits les moins
exposes. Au Kremlin, sur tes places et dans les grandes rues, on se battait, et la lutte se termina
par la défaite d'une poignée de braves. Ceux qui ne furent pas tués ou faits prisonniers se
cachèrent dans la ville ou prirent la fuite; tandis que les bolcheviks s'installaient pour de bon à
Moscou.
Cependant, le patriarche était élu, et nous pensons que les destins inconnus, ayant
provoqué l'absence du pouvoir, favorisèrent le fait de cette élection. Le pouvoir impérial, au nom
de l'autocratie, craignait le patriarcat; le gouvernement provisoire, qui le remplaça, le considérait
comme gênant, et, dans le régime bolchevik, il se présentait comme une anomalie dangereuse.
A. Leroy-Beaulieu avait raison lorsqu'il disait : «Il n'y a pas de place en Russie pour un
patriarche, jamais autocrate ne redressera le trône de Nikon. Une Russie constitutionnelle ne
s'en soucierait pas davantage.» Mais il se trompa dans sa prédiction : «Si la Russie doit avoir un
patriarche, ce sera celui de Constantinople, le patriarche œcuménique.» Il est vrai que ni lui ni
aucun mortel ne pouvait prévoir les épreuves incroyables que le sort réservait à la malheureuse
Russie.
QUESTION :
RÉPONSE :
Les trois évangiles : de Matthieu, de Marc et de Luc sont désignés comme évangiles
"synoptiques". Ils ont une même vue sur les mêmes événements de la Vie du Christ sur terre
depuis l’Annonciation jusqu’à l’Ascension. Le mot synoptique vient du grec : syn = ensemble et
opsis = vue. Chacun de ces évangélistes a donc écrit, à sa manière, sur les mêmes événements.
L’évangile de Jean, par contre, complète plutôt ce que les trois premiers évangiles passent
sous silence.
Matthieu avait écrit son évangile en hébreu, mais très tôt il fut traduit en grec. Marc a relaté ce
qu’il avait appris de l’apôtre Pierre; c’est donc, d’une certaine manière, l’évangile de Pierre. Luc,
un homme instruit, a mis par écrit lui-même son évangile et Jean a dicté à Prochor son évangile.
Les trois évangiles synoptiques relatent donc le même contenu, dans un ordre presque pareil,
et on peut les mettre dans trois colonnes parallèles, ce que certains pères ont fait.
Matthieu a connu le Christ, puisqu'il fut choisi par Lui comme apôtre, étant douanier (péagier).
Luc fut un des deux disciples qui ont accompagné le Seigneur sur le chemin d’Emmaüs. Marc
était un disciple de Pierre et Jean est l’apôtre que Jésus aimait particulièrement.
a. Cassien
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Sous le règne de Décius, lorsque la persécution contre les chrétiens sévissait dans
l'univers entier, et qu'on offrait partout de funestes sacrifices à de vaines idoles, les principaux
officiers dans le palais du prince étaient sept jeunes hommes de noble extraction; ils se
nommaient Achillide, Diomède, Diogène, Probatus, Étienne, Sambatius et Cyriaque. Comme ils
étaient journellement témoins de la scélératesse et de la cruauté de l'empereur, dans la crainte
qu'il ne leur ordonnât d'adorer des idoles sourdes et muettes à la place du vrai Dieu, touchés de
componction et par une inspiration céleste, ils s'empressèrent de recevoir la grâce du baptême;
et dans les fonts sacrés de la régénération, on leur donna les noms de Maximien, Malchus,
Martinien, Constantin, Denys, Jean et Sérapion.
Sur ces entrefaites, l’empereur Décius s'étant rendu en la ville d’Éphèse, ordonna de faire
une recherche si exacte de la secte des chrétiens, que l'on parvint, s'il était possible, à anéantir
jusqu'au nom de cette religion. On prépare donc les sacrifices, l’empereur lui-même sacrifie, et
presse par des caresses ou par des menaces ses serviteurs de faire comme lui. Tous rivalisent
de zèle pour l'offrande des victimes , en sorte que la ville entière était empestée par l'odeur et
les vapeurs qui s'exhalaient de ces horribles sacrifices. Les sept athlètes du Christ, voyant ce
qui se passait, se prosternèrent pour prier et pour gémir, et la tête couverte de poussière, ils
imploraient la Miséricorde du Seigneur, Le conjurant de regarder du haut du ciel ces rites
profanes, et de ne pas permettre que le peuple du Seigneur succombât au milieu d'une telle
perversité.
Les persécuteurs du nom chrétien s'étant aperçus de ce qu'ils faisaient, allèrent trouver
le prince et lui dirent : «Ton décret impérial, ô prince, est parvenu jusqu'aux extrémités de
l'univers, et personne, n'a la présomption de contrevenir à tes ordres; tous, en effet, offrent
chaque jour des sacrifices aux dieux immortels, excepté sept jeunes hommes, pour lesquels
cependant tu as une affection singulière et qui sont comblés de tes faveurs.» L'empereur leur
dit : «Qui sont-ils ?» Ils lui répondirent : «C'est Maximien, fils du préfet, avec ses compagnons.»
Décius, transporté de fureur, se les fit aussitôt amener chargés de chaînes, le visage trempé de
larmes et la tête encore couverte de poussière, tels qu'ils étaient lorsqu'ils priaient en présence,
du Seigneur. L'empereur les voyant, leur dit : «Votre âme dépravée est donc montée à un tel
degré de perfidie que vous osez braver nos ordres , et refuser d'offrir les holocaustes qui sont
dus aux dieux immortels ? J'en jure par ma gloire, vous subirez divers genres de tourments pour
avoir ainsi méprisé nos dieux.» Ils lui répondirent : «Notre Dieu est unique et le seul véritable;
c'est Lui qui est le Créateur du ciel, de la terre et de la mer : tous les jours nous Lui immolons un
sacrifice de louanges, et nous sommes même disposés à mourir pour son Nom. Quant à ces
divinités que tu nous convies à adorer comme des dieux, nous savons qu'elles ne sont rien. Si
elles ont des membres, c'est l'ouvrage des artistes qui les ont fabriquées; mais elles ne
sauraient avoir la vie. C'est pourquoi les oracles des prophètes du Seigneur condamnent ceux
qui adorent ces idoles, souhaitant qu'ils leur deviennent semblables, aussi bien que ceux qui les
fabriquent.» Ces paroles ne firent qu'enflammer davantage la colère de l'empereur. Cependant,
ayant fait retirer tout le monde, il leur dit : «Sortez de notre présence, misérables; mais vous
serez punis pour l’injure que vous venez de proférer, avant que vous puissiez rentrer dans notre
palais, et que, réconciliés par la clémence des dieux, vous jouissiez encore de la fleur de
l'adolescence. Car il n'est pas convenable que des corps qui ont tant de grâce et de beauté
soient soumis aux supplices.» Il ordonna ensuite de leur ôter leurs chaînes, et de les remettre en
liberté jusqu'à son retour à Ephèse.
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Ces jeunes hommes étant ainsi redevenus libres, tandis que l'empereur se rendait dans
une autre ville, retournèrent dans leurs maisons, et après en avoir fait l’inspection, en enlevèrent
l'or, l'argent, les vêtements et tout le mobilier, qu'ils distribuèrent aux pauvres; puis ils se
retirèrent dans une caverne du mont Céleus, emportant seulement un peu d'argent pour se
procurer des vivres. Ils chargèrent Malchus, l'un d'entre eux, d'aller secrètement à la ville pour y
acheter des aliments, et informer prudemment de la conduite de l'empereur envers les chrétiens.
Tandis que les saints se consignaient ainsi eux-mêmes dans une prison volontaire, et se livraient
assidûment à la prière, le détestable empereur revint à Éphèse. Après avoir pris ses informations
ordinaires sur les chrétiens, il demande Maximien et, ses compagnons. Leurs parents lui
répondent qu'ils se sont enfermés dans un antre du mont Céleus, mais qu'il serait facile de les
en arracher, sur un ordre impérial. Les jeunes hommes ayant appris cette nouvelle de la bouche
de Malchus, en furent saisis de terreur; et aussitôt, se prosternant par terre, ils priaient le
Seigneur avec larmes de les maintenir dans la foi et de les dérober aux regards du cruel
empereur. Comme ils priaient ainsi, le Seigneur, prévoyant qu'ils seraient un jour utiles à ses
desseins, exauça leurs supplications et reçut leurs âmes : et ils restèrent ainsi étendus par terre
comme ensevelis dans un doux sommeil.
L'empereur, dans sa colère, dit à ses satellites : «Allez donc, et bouchez l'entrée de la
caverne, afin que ces contempteurs des dieux n'en puissent sortir. Comme ils se mettaient en
devoir d'accomplir les ordres du prince, deux chrétiens, Théodore et Ruben, qui adoraient en
secret le Christ, par crainte de l'empereur, prirent les devants, portant avec eux des tablettes de
plomb sur lesquelles ils avaient écrit toute l'histoire de ces saints, et qu'ils placèrent au dedans
de la caverne, vers l'entrée, sans que personne en sût rien; et ils se disaient : «S'il plaît à Dieu de
révéler aux peuples les bienheureux corps de ses athlètes , cette écriture attestera ce qu'ils ont
souffert pour son Nom.» Les satellites de l'empereur arrivèrent ensuite, roulèrent de grosses
pierres à l'entrée de la caverne, qu'ils fermèrent entièrement, et s'en allèrent, en disant : «Qu'ils
meurent de faim, qu'ils se dévorent les uns les autres, eux qui ont refusé avec tant de mépris
d’offrir à nos dieux les sacrifices qui leur sont dus.»
Décius étant mort, et les années ayant succédé aux années, l'empire fut enfin dévolu à
Théodose fils d'Arcadius. Sous son règne, l'impure secte des Saducéens reparut dans le
monde, cherchant à détruire l'espérance de la résurrection, et disant ouvertement : «Les morts
ne ressuscitent point.» Les chefs de cette hérésie étaient les évêques Théodore et Gaius, qui
cherchaient même à en infecter l'esprit de l'empereur. Le prince, inquiété par leurs erreurs, se
prosterna par terre, et conjura le Seigneur de daigner lui inspirer ce qu'il devait croire.
Or il y avait en ce temps-là à Éphèse, un nommé Dalius, qui possédait de nombreux
troupeaux. Parcourant un jour le mont Céleus, il dit au chef de ses bergers : «Dispose ici des
parcs pour nos brebis; car ce lieu est un excellent pâturage.» Il ignorait ce que renfermait la
caverne. Les bergers se mirent aussitôt au travail, et roulaient de grosses pierres. Ayant aperçu
celles qui obstruaient l'entrée de la grotte, ils les employèrent aussi à construire leur mur, mais
ils n'entrèrent pas.
Le Seigneur ordonna alors aux âmes de ces saints de reprendre possession de leurs
corps. Aussitôt ils se levèrent et se saluèrent comme ils avaient coutume de le faire après leur
sommeil; et croyant n'avoir dormi qu'une nuit, ils s'assirent gais et dispos. Non seulement leurs
membres avaient conservé toute leur beauté et leur souplesse, leurs vêtements même étaient
aussi entiers et en aussi bon état que lorsqu'ils les avaient mis tant d'années auparavant.
S'adressant alors à Malchus, ils lui dirent : «Raconte-nous donc ce que l'empereur a dit cette
nuit, et si on nous recherche encore, afin que nous le sachions.» Il leur répondit : «Oui, on nous
recherche pour nous faire sacrifier aux dieux.» Et Maximien ajouta : «Nous sommes tout prêts à
mourir pour le Christ. Mais toi, prends cet argent, et va nous acheter des vivres; puis informe-toi
diligemment, mais avec prudence, et reviens nous dire ce que tu auras appris.» Ayant pris
l'argent, il s'en alla. Or les pièces de monnaie portaient le nom et l'effigie de Décius.
Comme il approchait de la porte de la ville, il aperçut l'image de la croix placée au-
dessus; étonné de ce qu'il voyait, il se dit en lui-même : «Est-ce que, depuis hier que je sortais
de la ville après le coucher du soleil, le coeur de Décius est tellement changé qu'il ait été jusqu'à
munir la porte de la ville dut signe de la croix ?» Après qu'il y fut entré, il entendit des hommes
jurer par le Nom du Christ, en regardant du côté de l'église; il vit des clercs parcourir les rues de
la cité, et s'aperçut que les murs avaient été renouvelés. Son étonnement croissait à chaque
pas, et il crut presque qu'il était entré dans une autre ville. Cependant il se rendit au marché, et
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présenta ses pièces de monnaie en échange des aliments qu'il voulait acheter. Les marchands
les ayant examinées, dirent : «Cet homme-là a découvert un trésor, car il a des pièces du temps
de l'empereur Décius.» Malchus, entendant ce discours, se mit à rouler dans son esprit des
pensées étranges. «Qu'est-ce que tout cela ? se disait-il. Je fais donc un rêve ?» Ou le conduisit
à l'évêque Marin et an préfet de la ville. Le préfet lui dit : «D'où es-tu ? de quel pays viens-tu ?
Je suis d'Éphèse, répondit-il, si toutefois c'est ici la ville d'Éphèse, que je me souviens d'avoir
vue hier.» Le préfet ajouta : «Comment possèdes-tu ces pièces de monnaie ?» Malchus
répondit : «Je les ai prises dans la maison de mon père.» Le préfet : «Et où est ton père ?» Et
Malchus nommait ses parents, que personne ne connaissait. Le préfet lui dit : «Raconte-nous
comment tu as acquis cet argent; car il est du temps de Decius, qui est mort il y a longtemps :
d'où il est manifeste que tu es venu pour te moquer des sages d'Éphèse; mais je vais te faire
subir la torture, jusqu'à ce que tu dises la vérité.» Malchus, ému de ces menaces, répondit en
pleurant, et toujours étonné : «Si vous le permettez, je vous adresserai une seule question.
L'empereur Décius, qui a persécuté les chrétiens dans cette ville, où est-il ?» L'évêque Marin lui
répondit : «Mon cher fils, il n’y a personne en cette ville qui se rappelle les temps de Décius; car
il y a de longues années qu'il est mort.»
Malchus, à ces paroles, rentrant en lui-même, dit à l'évêque : «Je croyais n'avoir dormi
qu'une nuit avec mes frères; mais il parait qu'un grand nombre d'années ont passé sur notre
sommeil. Et maintenant le Seigneur m'a ressuscité avec mes frères, afin que tout le monde
connaisse que la résurrection des morts aura lieu. Suivez-moi, et je vous montrerai mes frères
qui sont ressuscités avec moi.» L'évêque, étonné plus qu'on ne le saurait dire, se rendit avec lui
à la caverne, accompagné du préfet et de tout le peuple. Malchus, ayant raconté aux frères tout
ce qui lui était arrivé dans la ville, l'évêque entra dans la caverne et y trouva une cassette fermée
de deux sceaux d'argent. Il sortit aussitôt, fit assembler la multitude qui l'avait suivi, brisa les
sceaux avec le préfet, et trouva deux tablettes de plomb, sur lesquelles était gravé tout ce que
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ces saints avaient souffert, ainsi que nous l'avons rapporté plus haut. Dès lors ils ne doutèrent
plus de la vérité des paroles de Malchus.
Ils rentrèrent, et trouvèrent les bienheureux martyrs assis dans un coin de la caverne.
Leurs visages, vermeils comme des roses, avaient tout l'éclat du soleil dans sa splendeur, et ni
leurs corps, ni leurs vêtements n'avaient souffert ni diminution ni avaries. L'évêque Marin, avec
le préfet, se prosterna à leurs pieds pour leur rendre hommage, et tout le peuple glorifia Dieu
d'avoir daigné rendre ses serviteurs témoins d'un tel miracle. Les saints racontèrent à l'évêque,
devant tout le peuple, ce qui leur était arrivé du temps de Décius.
L’évêque et le préfet envoyèrent aussitôt des courriers à l'empereur Théodose, avec
cette missive : «Venez en toute hâte; si vous voulez, vous pouvez voir un grand miracle qui s'est
manifesté de votre temps par la permission de Dieu. Vous y reconnaîtrez par vous-même que
l'espérance de la résurrection est fondée, conformément à la promesse évangélique.»
Théodose, apprenant cette nouvelle, se leva tout joyeux, et levant les mains il dit : «Je
vous rends grâces, Seigneur Jésus Christ, Soleil de justice, de ce que Vous avez daigné
illuminer les ténèbres des mortels par la lumière de votre Vérité. Je vous remercie de n'avoir pas
permis que la lampe de ma confession fût obscurcie par le sombre nuage d'une doctrine
erronée.» Et parlant ainsi, il monta à cheval, et se rendit en toute hâte à Éphèse. L'évêque et le
préfet, avec toute la multitude, allèrent au-devant de l'empereur. Comme ils approchaient de la
caverne, les saints martyrs sortirent au-devant du prince. Leurs visages parurent resplendissants
comme le soleil dans son midi. L'empereur se prosterna par terre pour les honorer, et rendit
gloire à Dieu. Il se releva aussitôt, les embrassa avec larmes et leur dit : «Je vois vos visages
comme si je voyais mon Seigneur Jésus Christ , lorsqu'il appela Lazare du tombeau. Je Lui
rends d'immenses actions de grâces de ce qu'Il m'a confirmé dans l'espérance de la
résurrection.» Maximien répondit : «Sache, ô empereur, que c'est pour raffermir ta foi que le
Seigneur nous a ordonné de ressusciter. Aie donc confiance en Lui, et confesse que la
résurrection des morts aura lieu, puisque tu nous vois aujourd'hui, ressuscités comme nous
sommes, nous entretenir avec toi, et raconter les merveilles de Dieu.» Et ils lui parlèrent de
beaucoup d'autres choses.
Après cela, ils se prosternèrent par terre et s'endormirent, de nouveau, remettant leurs
âmes au Roi immortel, le Dieu tout-puissant. L'empereur, à ce spectacle, se jeta sur leurs corps,
les embrassa avec larmes, et quittant ses somptueux vêtements, il les en couvrit; puis il donna
l'ordre de faire des cercueils d'or pour les y déposer. Mais la nuit suivante, les saints apparurent
à lui et lui dirent : «Ne fais rien, mais laisse-nous reposer dans la terre; c'est de là que le
Seigneur nous ressuscitera de nouveau, au grand jour de la résurrection de toute chair.»
L'empereur fit construire une grande basilique sur leur tombeau, et y adjoignit un hospice
pour les pauvres, qu'on devait y entretenir aux frais du trésor publie. Il réunit ensuite les évêques
pour célébrer la fête de ces saints, et tous glorifièrent Dieu, à qui appartient, dans la Trinité
parfaite, honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen.
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Abba Poemen dit : «Fais ton possible pour ne faire aucun mal à personne
et garde ton cœur pur avec tout homme.»
Il dit encore : «Il n’y a pas d'amour plus grand que de donner sa vie pour le
prochain.» En effet, si quelqu'un entend une parole attristante et, bien que
pouvant répliquer de même, lutte pour supporter la peine sans rien dire; ou
encore lorsqu'on lui a fait violence pour quelque chose, s'il supporte la
violence sans se venger de celui qui l'a peiné, un tel homme donne sa vie
pour son prochain.»
Il arriva une fois qu'abba Pambo marchait avec des frères pour se rendre
dans les régions d'Égypte. Voyant des séculiers assis, il leur dit : «Levez-vous,
saluez les frères afin d'être bénis, car ils parlent sans cesse à Dieu et leurs
bouches sont saintes.»
Il faut fuir la société de ces sortes de gens, quand même ils nous seraient unis
par les liens de la parenté. Car la conversation des insensés est toujours nuisibles
et jette sur un coeur innocent une espèce de noirceur qui le ternit, parce que
comme en vous attachant à un saint vous serez saint, ainsi vous deviendrez
méchant avec un méchant. En effet il arrive souvent qu'un homme qui veut
garder les règles de la tempérance, écoutant les discours d'un sensuel se laisse
noircir contre son intention par la fumée de son dérèglement, rien n'étant plus
opposé et plus contraire que l’ordre et le désordre.
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L’évêque Jean, étant sorti du palais épiscopal avec les évêques, dit à tous : «Venez,
prions et allons prendre congé de l’ange de l'église»; d'un côté il se réjouissait de ce qui se
passait, mais de l’autre, il était navré de la situation pénible où se trouvait le peuple. Soudain,
l'un de ceux qui étaient au pouvoir et qui aimaient Dieu avertit Jean : «Lucius, cet homme
effronté au visage arrogant, se tient prêt dans le bain public avec les troupes qu’il commande à
se saisir de toi et à te chasser même par la force, si t'opposes à l'ordre et si tu temporises; mais
les gens de la ville sont en état d’alerte; hâte-toi donc de sortir en cachette, de peur que le
peuple, en prenant ta défense, n’entre en lutte avec les soldats.» Alors Jean, ayant embrassé en
pleurant quelques-uns des évêques – son émotion ne lui permit pas d’embrasser les autres –
prit congé d’eux en disant à ceux qui étaient à l'intérieur du sanctuaire : «Restez ici un moment
pour qu’à mon départ j’aie un peu de répit.»
Passant alors dans le baptistère, il appelle Olympias, qui ne quittait jamais l'église, et
Pentadia et Proclè, toutes trois diaconesses, ainsi que la femme du bienheureux Nébridios,
Silvina, qui parait de noblesse son veuvage. Il leur dit : «Venez ici, mes filles, écoutez-moi. En ce
qui me concerne les choses arrivent à leur terme, je le vois, j’ai achevé ma course, et peut-être
‘ne verrez-vous plus mon visage’. Mais voici ce que je vous recommande; qu'aucune de vous ne
mette fin à son dévouement habituel envers l’Église; quant à celui qui, involontairement, sera
amené à être élu sans avoir intrigué pour cela et avec le consentement de tous, inclinez-vous
devant lui comme devant Jean, car l'Église ne peut être sans évêque. Ainsi, que Dieu ait pitié de
vous. Souvenez-vous de moi dans vos prières.» Bouleversées par les larmes, elles se roulaient à
ses pieds. Alors faisant signe à l’un des vénérables prêtres, il lui dit : «Emmène-les d'ici pour
qu'elles ne mettent pas la foule en révolution.» Après avoir été retenues un moment, elles
parurent céder à son désir.
C'est ainsi qu'il sortit du côté du levant, car il n'y avait rien de ténébreux en lui. Mais du
côté du couchant où se trouvait le portail de l'église, il fit placer devant le porche le mulet qu’il
montait toujours; pour détourner l’attention des fidèles qui l'attendaient à cet endroit; et l'ange
de l’église sortit avec lui, car il ne supportait pas l'abandon de l'église que les Principautés et les
Puissances du mal avaient provoqué, en la transformant en un théâtre. «Comme dans un
théâtre, en effet, il y avait un grand tumulte : sifflets des impies, railleries et insultes hurlées sans
mesure par Juifs et païens, et, comme dans une prison, coups et blessures portées aux
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entrailles par les soldats, tension de toutes les facultés, de l'âme devant le maître qu'on faisait
disparaître et Dieu qu'on blasphémait.» Et en effet, dans les lieux réservés à la «rémission des
péchés,», ce fut «l’effusion de sang».
Après ces ténèbres indicibles et indescribles, voilà qu’une flamme s'élève du milieu du
trône où Jean avait l'habitude de s’assoir, tel le cœur placé au milieu du corps; pour commenter
aux autres membres les paroles du Seigneur; resplendissante, elle cherchait l’interprète de la
parole; ne l’ayant trouvé, elle consumait le mobilier; poussent alors ses branches vers le haut
comme un arbre, elle se propagea par les chaînes jusqu’au toit; comme un serpent qui dévore
ses entrailles, elle s'élevait jusqu'au faite du bâtiment de l'église, comme si Dieu payait pour
«salaire de l’injustice» la juste punition fixée pour elle, afin d"amender et de corriger ceux qui ne
voulaient pas se laisser corriger, grâce au spectacle de telles catastrophes envoyées par Dieu; et
ce n'est pas tout, car il laissait en même temps le mémorial du synode sauvage.
Et ce qui est arrivé à l'église n'a rien d'extraordinaire, si l'on sait que le même bâtiment
que les païens appellent Sénat et qui se trouve en face de l'église, à de nombreux pas de
distance vers le sud, le feu que guidait la sagesse le détruisit, ayant franchi, comme un pont, le
peuple qui se trouvait entre les deux, allant et venant sur la place, non pas d'abord le côté le
plus voisin de l'église, afin que nous n'attribuions pas la catastrophe à la proximité, mais bien du
côté qui donnait sur le palais impérial, afin que le caractère prodigieux de l'événement
démontrât bien que cet ingénieux stratagème était l'œuvre de Dieu; on pouvait voir, en effet,
entre deux montagnes de flammes les gens vaquer sans danger à leurs occupations
personnelles.
Ainsi le feu, volant de toutes parts et s’enflant comme une vague, semblable à la mer
qu'agite un vent violent venu du sud, s’avançait comme sur un mot d'ordre, s'attaquant sans
pitié aux bâtiments d'alentour; il épargna seulement la petite salle où étaient déposés en grand
nombre les vases sacrés, non qu'il respectât l'or ou le reste qui était en argent, mais pour ne pas
laisser la possibilité aux calomniateurs de dire des mensonges contre le juste, en prétendant
qu'il s'était approprié quoique ce soit de ces trésors. Ainsi le feu retenait son élan, dépistant la
jalousie des responsables de l'affaire, afin de confondre la folie de Théophile quand il tente de
montrer que Jean a été expulsé à cause des vases sacrés. Bien que la foule fût si dense, il n’y
eut aucune mort par le feu, homme ou bêtes, mais la souillure de ceux qui se comportaient en
ce lieu de façon impie était lavée par la puissance du feu qui, en trois heures du jour, de la
sixième à la neuvième heure, fit disparaître l’œuvre de bien des années.
Le Père céleste veut former en toi un fils de sa grâce, et, pour cela, il
t'impose des leçons difficiles, des épreuves sévères, des châtiments
énergiquement instructifs, et, selon l'assurance de l'Apôtre, si vous
supporter le châtiment, Dieu vous traite comme ses enfants : car tout
châtiment, dans le moment présent, ne paraît pas être une joie, mais un
chagrin; mais il rend ensuite un fruit paisible de justice à ceux qui ont été
ainsi instruits (Héb 12,7). Lourdes sont pour toi les leçons, les épreuves,
les punitions; mais serait-il mieux pour toi d'en être exempté, et de rester
sans fruits de justice, et de ne pas atteindre à la dignité de fils de la grâce
de Dieu ?
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