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Devoir Maison MPSI : Problèmes Mathématiques

Le devoir maison no 11 pour les élèves de MPSI du lycée Camille Jullian aborde deux problèmes mathématiques indépendants, l'un portant sur la formule de Stirling et l'autre sur les nombres de Bernoulli et la formule d'Euler-Maclaurin. Le premier problème explore différentes méthodes pour établir des équivalents de n! et la seconde partie se concentre sur les propriétés des polynômes et la convergence des suites. Les élèves sont encouragés à ne pas procrastiner et à rendre un seul problème s'ils le souhaitent.

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Le devoir maison no 11 pour les élèves de MPSI du lycée Camille Jullian aborde deux problèmes mathématiques indépendants, l'un portant sur la formule de Stirling et l'autre sur les nombres de Bernoulli et la formule d'Euler-Maclaurin. Le premier problème explore différentes méthodes pour établir des équivalents de n! et la seconde partie se concentre sur les propriétés des polynômes et la convergence des suites. Les élèves sont encouragés à ne pas procrastiner et à rendre un seul problème s'ils le souhaitent.

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Devoir Maison no 11

MPSI Lycée Camille Jullian

pour le 28 avril

Ce devoir à la maison va vous permettre de passer vos vacances en compagnie de grands mathé-
maticiens (quelle chance !). Il est constitué de deux problèmes indépendants qui sont tous les deux
basés sur des thèmes classiques que le taupin qui se respecte se doit d'avoir étudié au moins une fois
dans sa vie. Attention, l'ensemble est très long, si vous voulez avoir le temps d'explorer sérieusement
ces problèmes, ne vous y plongez pas la veille de la rentrée (et encore moins le lendemain de la
rentrée...) ! Si vous souhaitez rendre ce DM, rédiger un seul problème sera déjà très bien.

Problème 1 : autour de la formule de Stirling.

Prérequis pour ce problème : les intégrales de Wallis (John Wallis, mathématicien anglais
du 17ème siècle, qui a popularisé le symbole ∞ et fût également précurseur de la phonétique et de
l'orthophonie) étudiées dans le problème 2 de la feuille d'exercices no 6, et notamment le résultat
admis à la n de la première partie de ce problème, interviendront en cours de problème.

Première méthode : avec des séries.

Comme on n'a pas encore fait le chapitre sur les séries, on admettra le résultat suivant : si (un )
n
et (vn ) sont deux suites de réels positifs telles que un ∼ vn , et si la suite (Sn ) dénie par Sn =
X
uk
k=0
n
converge vers une limite nie, alors la suite (Tn ) dénie par Tn = vk converge également (mais
X

k=0
pas forcément vers la même limite que (Sn ), bien entendu). Les plus courageux pourront même
démontrer ce résultat classique.
n
1
1. On pose dans cette première question Sn = . Montrer que la suite (Sn ) converge
X
k2
k=1
(exemple déjà vu plusieurs fois en cours, on pourra par exemple montrer que (Sn ) est
Z k
croissante
1 1
et majorée, la majoration pouvant être obtenue en constatant que ∀k > 2, 2 6 2
dx).
k k−1 x
n
1  n n √
2. On pose un = n, vn = ln(un+1 ) − ln(un ) et Tn = vk . Déterminer un équivalent
X
n! e
k=1
simple de vn (un peu de calculs de DL ne peut pas vous faire de mal), en déduire la convergence
de (Tn ).
√  n n
3. En déduire l'existence d'un réel K > 0 tel que n! ∼ K n .
e
4. En exploitant les intégrales de Wallis, déterminer la valeur de K pour obtenir la formule
de Stirling (James Stirling, mathématicien écossais du 18ème siècle ayant notamment
travaillé sur les séries).

1
Deuxième méthode : avec des encadrements moches de logarithmes.

Soit k ∈ N∗ , on note g la fonction ane dénie sur [k, k +  1] par g(k)


 = ln(k) et g(k
 + 1) =
1 1
ln(k +1), et h la fonction ane par morceaux sur les intervalles k, k + et k + , k + 1 vériant
2 2
1 1
h(k) = ln(k), h(k + 1) = ln(k + 1), h0 (k) = et h0 (k + 1) = . La fonction h n'est pas continue
k k+1
1
en k + .
2
1. Représenter les courbes de ln, g et h sur un dessin, en précisant leurs positions relatives.
2. Montrer en exploitant ce qui précède l'encadrement suivant :
Z k+1
1 1 1 1
(ln(k) + ln(k + 1)) 6 ln(t) dt 6 (ln(k) + ln(k + 1)) + − .
2 k 2 8k 8(k + 1)
Z n n−1
X1
3. On pose Jn = ln(t) dt, Kn = (ln(k) + ln(k + 1)) et
1 2
k=1
n−1
X 1  
1 1 1
Ln = (ln(k) + ln(k + 1)) + − .
2 8 k k+1
k=1
(a) Exprimer Jn , Kn et Ln en fonction de n (en essayant de faire apparaitre du ln(n!)).
(b) Démontrer que (Jn − Kn ) est une suite croissante et majorée, et qu'elle converge donc vers
un réel l.
(c) Donner un équivalent simple de n! faisant intervenir cette limite l.

Troisième méthode : avec des fonctions invraisemblables.

1 x+1 x3
On pose dans cette partie f (x) = −x + ln , g(x) = et h(x) = f (x) − g(x).
2 x−1 3(1 − x2 )
1. Déterminer la monotonie et le signe sur [0, 1[ des fonctions f , g et h.
   
1 1
2. Calculer (2n + 1)f et (2n + 1)g .
2n + 1 2n + 1
1
nn+ 2 e−n
3. On pose un = et vn = un e 12n . Montrer que les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes.
1

n!
4. En déduire que n! ∼ Ke−n nn+ 2 pour un certain réel K > 0. On reprendra la valeur de K
1

obtenue à la dernière question de la première partie.



n
n!
5. Quelle est la limite quand n tend vers +∞ de ?
n

2
Problème 2 : nombres de Bernoulli et formule d'Euler-MacLaurin.

Ce sujet est un extrait (quasiment tout en fait) du premier DS de mathématiques posé dans la
classe de MP* du lycée Charlemagne le 15 septembre 1999. Devoir auquel votre professeur de maths
préféré avait eu la note misérable de 13/20. Vous n'aurez aucun mal à faire mieux.

Première partie : Une famille de polynômes.

Dans cette partie, on note E = Q[X] et En = Qn [X] (le fait qu'on prenne Q comme corps de
base ne change absolument rien aux calculs eectués). On déninit l'application linéaire ∆ : E → E
par ∆(P ) = P (X) − P (X − 1), et on notera ∆n la restriction de ∆ au sous-espace vectoriel En .
1. Déterminer le noyau et l'image des applications ∆n et ∆.
2. Que dire de deux polynômes ayant la même image par ∆ ?
3. (a) Justier l'existence et l'unicité d'un polynôme Qn vériant Qn (X)−Qn (X −1) = (X −1)n
et Qn (0) = 0. Quel est le degré de Qn ?
(b) Calculer Qn (1) et Qn (2). Que représente Qn (p) pour p > 1 ?
(c) Déterminer les polynômes Q0 et Q1 .
4. Démontrer l'existence d'une suite de nombres rationnels (an ) telle que, ∀n > 1, Q0 n(X)+an =
nQn−1 (X).
5. En s'intéressant au polynôme Sn (X) = (−1)n+1 Qn (1−X), montrer que Qn (X)+(−1)n Qn (1−
X) = 0 pour n > 1.
   
1 1
6. Calculer Q2p ainsi que Q2p+1
0 et a2p+1 .
2 2
1
7. (a) Démontrer que Q2p+1 est de signe constant sur ]0, 1[ et que Q2p ne s'annule qu'en sur
2
cet intervalle si p > 1 (on pourra procéder par récurrence).
(b) Calculer Q2 et étudier les variations sur [0, 1] de Q2p , puis le signe de Q2p+1 sur ce même
intervalle. En déduire que a2p n'est pas nul, et déterminer son signe.
8. Montrer que les polynômes Qn sont entièrement dénis par la donnée de Q0 , de Q1 et de la
relation de récurrence Q00n+1 = (n + 1)Q0n , ainsi que des conditions Qn+1 (0) = Qn+1 (1) = 0.
Le nombre Bp = (−1)p a2p est appelé p-ème nombre de Bernoulli (Jacques Bernoulli fût un grand
mathématicien suisse, pote d'Euler, frère de Jean Bernoulli, oncle de Daniel et Nicolas Bernoulli,
eux-mêmes mathématiciens).

Deuxième partie : Formule d'Euler-Maclaurin.

Comme vous ne vous en seriez sûrement pas doutés, on va démontrer dans la première question
de cette partie une belle formule due à Colin Maclaurin, éminent mathématicien écossais qu'il
est inutile de présenter tant sa célébrité est universelle, et Leonhard Euler, obscur mathématicien
suisse dont le nom a été complètement oublié.
Dans cette partie, on notera kf k le maximum atteint par |f | quand f est une fonction continue sur un
segment [a, b] (ce maximum existe bien entendu d'après le théorème du maximum). Les polynômes
Qn et les nombres Bp sont ceux dénis dans la première partie.

1. Soit n ∈ N et f de classe C 2n+3 sur [0, 1], montrer que


n
f 0 (0) + f 0 (1) X (−1)k Bk (2k)
f (1) − f (0) = + (f (1) − f (2k) (0)) + Rn
2 (2k)!
k=1

3
,
Z 1
1
où Rn = Q2n+1 (t)f (2n+3) (t) dt.
(2n + 1)! 0
B2n+1
2. Démontrer que |Rn | 6 kf (2n+3) k.
(2n + 2)!
p−1
!
b−a h
3. Soit f de classe C 2n+2 sur [a, b] et p ∈ N∗ . On pose h = et up = f (a + ih) .
X
f (a) + f (b) + 2
p 2
i=1
Montrer que :
b n
(−1)k Bk
Z X
f (x) dx = up + h2k (f (2k−1) (b) − f (2k−1) (a)) + Tn
a (2k)!
k=1
,
Bn+1
avec |Tn | 6 ph2n+3 kf (2n+2) k.
(2n + 2)!
Z b
4. En déduire que la suite (up ) converge vers f (x) dx, et qu'elle admet un DL à l'ordre 2n
a
suivant les puissances de h (ce qui prouve accessoirement les résultats sur la méthode des
trapèzes énoncés en cours).
5. On dit que la convergence d'une suite (zn ) vers sa limite l est d'ordre k lorsque nk (zn − l) est
bornée.
Z b
(a) Que dire de l'ordre de convergence de (up ) vers f (x) dx lorsque f est de classe C 2 ?
a
Que se passe-t-il si f est C 4 et que f 0 (a) = f 0 (b) ?
1 1
(b) En posant vp = (4u2p − up ) et wp = (16v2p − vp ), que peut-on dire des limites et des
3 15
ordres de convergence des suites (vp ) et (wp ) ?
Bon, ben voila, maintenant je n'ai plus qu'à aller taper les 42 pages de corrigé...

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