Bien sûr !
Je vais reprendre point par point ce que je t’ai expliqué mais cette fois en
développant beaucoup plus, en analysant chaque notion en profondeur et en donnant
plus d’exemples et d’interprétations pour que tu comprennes vraiment chaque partie.
On commence :
Analyse du discours et énonciation : Explication ultra-détaillée
A/ Introduction générale
Pourquoi étudier le discours et l’énonciation ?
La langue n’est pas juste un système de règles (comme la grammaire) : elle sert à agir,
convaincre, séduire, manipuler, expliquer, etc.
Donc, l’analyse du discours et l’énonciation s’intéressent à la langue utilisée dans de
vraies situations : qui parle, pour dire quoi, à qui, comment et dans quel but.
Exemple concret :
Dire « Il fait chaud. » en plein été est différent de « Il fait chaud ! » pour se plaindre. Le
sens dépend du contexte et de l’intention du locuteur.
1. Qu’est-ce que l’analyse de discours ?
Définition
Ce n’est pas une analyse grammaticale.
C’est observer comment le langage est utilisé pour construire du sens dans un
contexte : choix de mots, structure du texte, effets produits sur l’interlocuteur.
1.1 Objectifs détaillés
1.2
1. Comprendre la construction du sens
Choix de mots → influence sur l’interprétation.
Syntaxe → organisation du message.
Pragmatique → lien avec l’intention de communication.
2. Analyser les relations entre énoncés
Cohésion : connecteurs (parce que, donc, pourtant) qui organisent les idées.
Cohérence : logique interne du discours (introduction-développement-conclusion).
3. Étudier les phénomènes sociaux/idéologiques
Comment les discours renforcent des idéologies ou expriment des rapports de force
(ex : discours politique, publicitaire, médiatique).
1.3 Méthodes utilisées
1.4
Analyse syntaxique : structure des phrases, types de phrases (déclarative,
interrogative…).
Analyse lexicale : champ lexical utilisé (ex : vocabulaire militaire dans un discours
politique).
Analyse pragmatique : intentions cachées, sous-entendus, implicatures.
2. L’énonciation
Définition
L’énonciation = acte par lequel quelqu’un produit un énoncé, à un moment donné, dans
un lieu donné.
Exemple :
« Je viendrai demain. » → le sens de « je » et « demain » dépend du locuteur et du moment
où c’est dit.
2.1 Les éléments fondamentaux
2.2
1. Le sujet de l’énonciation
Celui qui parle ou écrit (énonciateur).
Peut être différent de l’auteur réel (un narrateur dans un roman).
2. Le contexte d’énonciation
Moment (date, heure)
Lieu (où cela est dit)
Situation (formelle/informelle ; professionnelle/amicale)
3. Les marques linguistiques de l’énonciation
Temps verbaux, pronoms personnels, adverbes de temps et lieu.
2.3 Les deux types d’énoncés
2.4
Exemple expliqué :
Quand Maupassant écrit « Oui, tu as raison », on a besoin de savoir qui parle, à qui, pour
comprendre pleinement.
Quand il raconte le passage du tramway, le récit est autonome.
Marques dans l’énoncé ancré :
Temps : présent, passé composé, futur.
Déictiques : « je », « ici », « demain ».
Modalisation : subjectivité exprimée.
Marques dans l’énoncé coupé :
Temps : passé simple, imparfait.
Pronoms : 3e personne (« il », « elle »).
Pas de déictiques, style neutre, objectif.
3. Dichotomie Discours / Récit (Benveniste)
Le discours
Présence immédiate du locuteur et de l’auditeur.
Utilisation du « je » et « tu », du présent, futur.
Exemples : dialogue, conférence, débat politique.
Exemple :
« Je te parle aujourd’hui pour te dire que demain sera important. »
Le récit
Absence du locuteur : il raconte des événements passés.
Temps privilégiés : passé simple, imparfait.
Pas d’ »ici » ou « maintenant », mais « jadis », « autrefois », « hier ».
Exemple :
« Le roi partit au lever du soleil et chevaucha trois jours durant. »
Schéma simplifié :
4. Modalisation et modalisateurs
Modaliser = exprimer son point de vue dans ce qu’on dit.
Sans modalisation : « Le ciel est bleu. » (objectif)
Avec modalisation : « Le ciel est magnifiquement bleu ! » (subjectif)
Types de modalisateurs
Verbes : « Je pense que », « il semble que ».
Adverbes : « probablement », « certainement ».
Adjectifs : « magnifique », « horrible ».
Ponctuation : « ! », « ? », guillemets.
Effets produits :
Exprimer un doute : « Peut-être qu’il viendra. »
Affirmer une certitude : « Il viendra sans aucun doute. »
Porter un jugement : « C’est regrettable. »
5. Monstration (montrer dans le discours)
Définition :
La monstration = montrer directement quelque chose dans le discours.
Déictiques de monstration : ce, cette, ces, voici.
Références
Déictique : dépend de l’acte d’énonciation (« ici », « aujourd’hui »).
Anaphorique : dépend d’un élément déjà connu (« au Sénégal en 2007 »).
6. Les modalités de l’énoncé
7. Relations entre analyse du discours et énonciation
Toute analyse de discours passe par l’étude de l’énonciation.
Identifier qui parle et dans quel contexte est essentiel pour comprendre comment le
sens est construit.
B/ Pragmatique linguistique
1. Origines de la pragmatique
William James → action et langage.
Charles Peirce → signe linguistique et action.
Après la 2e Guerre mondiale → la pragmatique devient une discipline essentielle.
2. De l’énonciation à la pragmatique
Pragmatique = Étudier le langage en fonction du contexte, de l’intention du locuteur.
Exemple :
Dire « Tu as laissé la porte ouverte. » → peut être un simple constat, un reproche ou une
accusation selon le ton et le contexte.
3. Théorie des actes de langage
Austin : Trois niveaux d’actes
Searle : Approfondissement
Assertifs : affirmer une vérité (« Il pleut. »)
Directifs : demander une action (« Ferme la fenêtre. »)
Commissifs : promettre (« Je promets de revenir. »)
Expressifs : exprimer un sentiment (« Je suis désolé. »)
Déclaratifs : changer une situation par les mots (« Je vous déclare mari et femme. »)
Conclusion générale
L’analyse du discours + l’énonciation + la pragmatique permettent de comprendre
comment le langage fonctionne dans la vie réelle :
Ce n’est pas seulement ce qu’on dit qui compte, mais comment, pourquoi et dans
quelles conditions on le dit.