TRAVAIL, EMPLOI,
CHÔMAGE
QUELLES POLITIQUES POUR
L’EMPLOI ?
I. QUELQUES DEFINITIONS
Politiques de l’emploi : Mesures d’intervention de l’Etat favorables à la réduction du chômage
et à la hausse de l’emploi
Création d’emploi : situation dans laquelle les entreprises effectuent de nouvelles embauches
Destruction d’emploi : situation dans laquelle les entreprises mettent fin à un contrat de travail
Flux de main d’œuvre : Ensemble des arrivées et des départs de salariés dans les entreprises
Ajustements économiques : Correspondent aux évolutions de l’activité économique déduction
faite des gains de productivité
Croissance de l’emploi : Croissance du PIB / Croissance de la productivité du travail
Externalisation/ sous-traitance: consiste à transférer à une autre entreprise une activité jugée
moins centrale
Taux d’emploi : Nombre de personnes dans une population donnée ayant un emploi / Nombre
total de cette population
Taux de chômage : nombre de chômeurs / population active
II. LES FORMES DE CHOMAGE
Un chômeur est un membre de la population active qui ne travaille pas, qui est à la recherche
d’un emploi et immédiatement disponible, selon les critères internationaux.
Le taux de chômage est le quotient entre le nombre de chômeurs et la population active.
Pour influer sur le chômage, le gouvernement mène une politique de l’emploi caractérisée par
des mesures qui ont pour but d’améliorer l’insertion et la réinsertion professionnelle, ces
mesures peuvent être ciblées ,elles peuvent par exemple concerner les jeunes diplômés, les
seniors ou bien encore les personnes non qualifiées.
Il existe plusieurs types de chômages :
- Chômage conjoncturel : limité dans le temps, lié à des événements ponctuels
- Chômage structurel : lié à des modifications importantes de l’économie
- Chômage partiel : touche les salariés ayant un volume horaire hebdomadaire inférieur à
la durée légale.
La mesure du chômage est de plus en plus sujet à caution pour certains, car une organisation du
travail autour de l’intérim ou bien encore du temps partiel vient biaiser les chiffres officiels.
L’employabilité d’un individu correspond à sa capacité à être embaucher par rapport à un autre
candidat. Les critères entrant en jeu sont divers : l’âge, le sexe, la formation initiale, l’expérience
… etc.
III. LES DIFFERENTES POLITIQUES DE L’EMPLOI
1. LES POLITIQUES DE SOUTIEN A LA DEMANDE
GLOBALE
Il faut retenir ici que pour Keynes (1883-1946) il n’y a pas réellement de marché de l’emploi car
la demande de travail ne dépend pas du salaire mais de la demande effective (demande
anticipée par les entrepreneurs qui déterminera leur niveau de production).
En partant de cette hypothèse les politiques de relance devront donc soutenir cette demande
effective.
C’est la reprise de la consommation et de l’investissement qui va influencer la production
et inciter à de nouvelles embauches. De plus, pour lui, la réduction du coût salarial provoque un
ralentissement de la demande (moins de pouvoir d’achat donc moins de demande effective) qui
mène à une augmentation des licenciements. Le chômage est subi, dû au ralentissement de
l’activité économique qui peut être relancée par des incitations gouvernementales.
Les incitations gouvernementales dans la politique économique sont quant à elles limitées par le
déficit budgétaire.
Elles financent essentiellement la consommation et surtout celle des produits importés et de
plus elles accentuent le déficit budgétaire qui mène au non-respect du pacte de stabilité de
l’union européenne.
La réduction du coût du travail passe désormais par une diminution de la masse salariale qui est
censée améliorer la compétitivité de l’entreprise et permettre la mise en place de
nouveaux investissements qui seront créateurs d’emplois.
On pourra retrouver ici des politiques visant à :
- La hausse des revenus,
- La baisse des impôts
- La baisse des taux d’intérêts
- La hausse des taux de marges
- La hausse des demandes de l’Etat…
2. LES POLITIQUES D’ALLEGEMENT DU COUT DU
TRAVAIL ET FLEXIBILISATION
Dans cette vision, les politiques visent à diminuer l’impact du chômage dit « classique ». En effet
dans cette théorie, le chômage est dû à la détérioration des conditions de l’offre par
l’augmentation des coûts de production.
Les politiques viseront donc à alléger ces coûts et principalement celui du travail.
Nous retrouverons dans ce domaine la plupart des politiques prises par le gouvernement
français depuis les années 90, avec par exemple les politiques d’allègement des charges sociales
et dernièrement « le pacte de responsabilité » du gouvernement actuel.
Dans le domaine de la flexibilisation, une politique de la gestion de la main d’œuvre sera mise en
place avec la création de contrats aidés ou des recours au CDD et à l’intérim développés.
3. LES POLITIQUES DE FORMATION
Certains économistes théorisent le remplacement de l’humain par la machine grâce aux progrès
techniques.
L’amélioration des procédés de fabrication peut aboutir à la destruction d’emplois non
indispensables.
Les nouvelles techniques nécessitent de nouvelles compétences et la difficulté à les acquérir via
une reconversion peut entrainer des licenciements.
A partir de cette observation, on conclut que la création de nouveaux produits à partir de
nouvelles techniques crée un nouveau marché et une nouvelle demande qui va nécessiter de
nouvelles embauches.
Les gains de productivité améliorent le partage de la valeur ajoutée, et induisent une
augmentation des revenus des employés ce qui va avoir pour effet d’augmenter l’offre et donc la
création de nouveaux emplois.
La conception et la construction de nouvelles machines va également nécessiter l’embauche
de nouveaux salariés.
On mettra donc en place des politiques de formation visant à l’adaptabilité des salariés vers les
nouvelles donnes technologiques. (Formation tout au long de sa vie professionnelle, DIF, CIF…)
4. LES POLITIQUES DE L’EMPLOI VISANT A
DIMINUER L’OFFRE DE TRAVAIL
Si jusqu’à maintenant nous avons vu les politiques de l’emploi tournées vers la demande, voyons
ce qu’il en est des politiques possibles tournées vers l’offre. C'est-à-dire les politiques visant à
diminuer la population active et donc réduire mécaniquement le chômage.
Elles seront basées sur 3 catégories de la population active :
- Les jeunes, dans ce cas les politiques viseront à allonger la durée des études afin de les
faire entrer dans la vie active le plus tard possible
- Les femmes, en créant des mesures incitatives à leur maintien au foyer (aides, congés,
allocation…)
- Les séniors, en créant des mesures de préretraite (mesure très utilisée par la France
dans les années 80 mais en diminution du fait du problème de financement des
retraites)