Introduction à la planification éducative
Introduction à la planification éducative
l’éducation
Syllabus
Préambule
L’objet de ce module est d’initier et de sensibiliser les inspecteurs stagiaires aux rôles de la
planification et de la place qu’elle occupe dans la gestion du système éducatif. L’objectif visé est de
permettre à ces stagiaires de s’approprier les tâches et les activités du planificateur en éducation, sans
pour autant prétendre les former et les préparer pour qu’ils deviennent des spécialistes en planification
de l’éducation. Et comme nombreux parmi eux auront l’occasion d’occuper, dans le futur, des postes
de responsabilité, à différents niveaux du système éducatif, ce module peut leur servir pour mener à
bien les différentes tâches et activités auxquelles ils seront confrontés pendant leurs parcours
professionnels. De même ce module peut constituer une nouvelle ouverture sensée enrichir et
promouvoir l’apport du futur inspecteur pédagogique dans son propre domaine pédagogique et
éducatif.
Ce module est composé de onze chapitres répartis sur une charge horaire de 26 heures. Le premier
chapitre sera réservé à la définition du concept de planification, à l’illustration de ces rôles dans la
gestion du système éducatif et enfin à la présentation des différentes activités, qui sont de l’ordre de
dix, qu’un planificateur en éducation est sensé connaître et maitriser. Quant aux autres chapitres, on
va consacré chacun d’eux à la présentation d’une de ces dix activités, dont les concepts seront définis,
les rôles et la place de chacune d’elles seront exposés et des exemples pratiques seront abordés.
3
Chapitre 1
1. Définition du concept
Définition de [Link]: «la planification est un processus continu, qui
se demande non seulement où aller mais comment y parvenir et quel est le
meilleur chemin. Son travail n’est pas terminé quand un plan est établi sur le papier
et approuvé. ……La planification est – ou devrait être – partie intégrante du
processus d’ensemble de l’administration de l’éducation, au sens plus large de
l’expression. Elle peut aider ceux qui prennent des décisions, depuis le maître
d’école jusqu’aux ministres et aux assemblées parlementaires, à les prendre en
meilleure connaissance de cause, en leur permettant de se faire une idée claire des
objectifs spécifiques dont il est question, des diverses stratégies possibles pour les
poursuivre et des incidences probables de chacune.» 1
La planification de l’éducation, dans son acception (classique) «au sens large, est
l’application d’une analyse systématique et rationnelle au processus de
développement de l’éducation; son but est de mettre l’éducation à même de satisfaire
de manière plus efficace aux besoins et aux objectifs des étudiants et de la société 3.»
Dans la littérature, plus récente, de la planification stratégique, la planification
peut être définie comme suit:
1
Philip H. Coombs, Qu’est ce que la planification de l’éducation,Paris, UNESCO/IIPE, 1970, p. 14-15.
2
Adam Curle, Identité professionnelle du planificateur de l’éducation, Paris, UNESCO/IIPE, 1970, p.
28.
3
Philip H. Coombs, Qu’est ce que la planification de l’éducation, Paris, UNESCO/IIPE, 1970, p. 14.
4
«Anticipation de situations susceptibles de se produire dans le futur, choix des
objectifs à atteindre et détermination des actions pertinentes à entreprendre afin
d’atteindre ces objectifs à un coût raisonnable4.»
Les caractéristiques de la planification stratégique, selon cette acception sont :
- La planification stratégique est guidée par une notion générale d’orientation (une
vision);
- La planification stratégique est sensible au contexte;
- La planification stratégique est axée sur les résultats;
- La planification stratégique est un instrument mobilisateur;
- La planification stratégique est souple dans sa mise en œuvre 5.
TIRER DES
PLANIFIER INTERVENIR PILOTER & GERER EVALUER
LECONS
a. Planifier :
L’objectif de cette étape est de fournir des outils pour accompagner les décideurs
dans la réalisation de diagnostics et dans l’établissement des priorités d’une
politique. Cette partie présente également l’avantage de donner des conseils sur les
périodes cruciales, qui précèdent l’élaboration d’une politique, de manière à
optimiser le temps dont on dispose dans tout ce processus comme le montre le
schéma suivant :
4
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi,Planification stratégique Concept et principes, Paris, UNESCO/IIPE,
2014,p. 10.
5
Ibid ; pp. 14-17
5
Diagnostic détermination
•contexte •prioriser des besoins •choix de
•analyse •quantifier stratégie
•offre et •simulation
environnement
•demande •délais •définir activités
•fonctonnement •poser des
•identifier sénari
problèmes définition des stratégie
Informations
objectifs d'intervention
b. Intervenir :
Cette deuxième étape présente de manière concrète les principaux domaines
d’intervention des politiques et programmes de développement et de soutien du
secteur éducatif : ajuster l’offre et la demande en optimisant les moyens
disponibles : le personnel, les infrastructures et l’investissement, l’équipement, le
financement, les partenaires techniques et financiers (PTF), en veillant sur la qualité,
l’équité et le cadre réglementaire.
c. Suivre et Gérer les actions menées:
Cette facette insiste sur les conditions à remplir pour assurer la pertinence et la
cohérence de la politique éducative:
✓ Coordonner les efforts entre les différents acteurs impliqués dans la
mise en œuvre de la politique éducative : acteurs des instituons
éducatives, de l’économie et des finances, agence d’urbanisme, de
l’équipement, des collectivités, société civile, PTF etc. ;
✓ Assurer la continuité de ses actions de manière à garantir leur stabilité
et leurs effets sur le long terme.
d. Evaluer pour mieux entreprendre :
L’évaluation peut intervenir à plusieurs niveaux :
✓ Au niveau du processus de préparation et de la participation des parties
prenantes ;
✓ Au niveau de la relation entre le programme et son environnement, ses
objectifs, les populations cibles et les partenaires ;
✓ Au niveau de la mise en œuvre : adéquations des besoins, objectifs et
ressources (capacité du système).
7
Chapitre 3
Analyse et étude
6
UNESCO/ Bureau Multi-pays de Rabat, Référentiel de Compétences du Planificateur de l’Education,
tableau ACTIVITE 3 : Elaborer et Mettre en œuvre le plan de développement, p. 21.
8
(une photo instantanée et figée de la réalité du système), l’activité de Conduite
d’Analyses et Etudes a un caractère plutôt Dynamique.
Si le diagnostic vise à générer un système d'indicateurs qui seront présentés
généralement sous forme de tableaux de bord, pour faciliter la mise en évidence
des problèmes et la mesure de leur ampleur, les analyses, les études et les
recherches complémentaires visent à proposer des solutions aux
disfonctionnements du système et à prévoir la prospective de son évolution
future.
3. Objectifs des Analyses et des Etudes
L’objectif des Analyses et des Etudes est de « faire parler les chiffres, indices,
coefficients... dégagés par l'analyse, et d’exprimer de façon claire, argumentée,
comment ces résultats constituent un progrès par rapport au point de départ 7. »
Les résultats et conclusions de ces Analyses et de ces Etudes ont pour but
d’apporter des réponses à des questions telles que :
- A-t-on ou non confirmé nos hypothèses de départ ?
- Jusqu'à quel point a-t-on trouvé réponse aux questions posées au départ ?
- Quelles sont les possibilités d'applications de ces résultats ?
Le but pratique ultime de cette activité, dans le processus de Planification, est
d’identifier et de mettre en évidence les variables explicatives (dites aussi
indépendantes) qui pourront servir de leviers ou curseurs; sur lesquels on peut agir,
pour obtenir les effets et les résultats voulus sur les variables et Indicateurs
objectifs, dans un scénario prospectif ou dans un modèle de simulation de plusieurs
scénarii.
4. Démarche des Analyses et des Etudes
La démarche des Analyses et des Etudes comporte globalement trois étapes
principales : la définition des domaines et des axes de recherche, puis le choix et la
mise en application des méthodologies de recherche adéquates, avant l’étape
d’élaboration de prospectives.
7
Omar Aktouf, Méthodologie des sciences sociales et approche qualitative des organisations. Une
introduction à la démarche classique et une critique, Montréal, Les Presses de l'Université du Québec,
1987, p. 45.
9
- Identifier la population concernée
Chapitre 4
1. Concept de prospective
Pour simplifier les choses, comme a dit Julien Winock, la prospective est avant tout
une démarche intellectuelle visant à anticiper au mieux les évolutions d’un système.
La prospective n'a évidemment pas la prétention de prédire l'avenir. Car son but est
avant tout d'éclairer les choix du présent, ceux que nous faisons aujourd'hui et dont
les répercussions sont visibles à moyen ou long terme10.
La prospective est donc une réflexion pour éclairer l’action présente à la lumière
des futurs possibles, elle donne sens et contenu aux projets.
A travers une analyse des événements passés et présents, elle vise à déterminer des
prévisions sur leur évolution dans le futur. «La prospective revêt des aspects
quantitatifs et qualitatifs.
Les études prospectives les plus efficaces dans le processus de planification se
basent sur les résultats des analyses et études pour agir sur les paramètres clés qui
permettent d’obtenir des projections qui mènent aux objectifs escomptés.
10
Julien Winock, «La prospective, une démarche pour anticiper au mieux les évolutions de notre
société», ACPE, décembre 2012, [Link] .
11
des possibles, en s'efforçant de tenir compte de la capacité de réaction, d'adaptation, de
changement d'un système devant une situation donnée11.
3. Objectifs de la prospective
D’après le «Guide sur la planification stratégique », la prospective « prépare
l’organisation aux changements attendus et à l’évolution des facteurs marquants. Elle
permet, notamment par le développement de scénarios, de modeler l'avenir en fonction
de la vision de l’organisation »12.
La Prospective présente une lecture aussi précise que possible des besoins et
attentes, qui alimentent toutes les phases du processus de planification, ainsi son but
est de donner lieu à:
- Une réflexion pour l’action, qui donne sens et contenu aux projets ;
- Une réflexion pour éclairer l’action présente à la lumière des futurs possibles ;
- Elle prépare le système aux changements attendus et à l’évolution des facteurs
marquants;
- Elle permet, par le développement de scénarios, de modeler l'avenir en fonction
de la vision du décideur.
4. Démarche de la prospective
Théoriquement, selon Hugues de Jouvenel, fondamentalement, la démarche
prospective comprend cinq étapes13 :
11
Vincent Claustre, La démarche prospectiveau service du développementet de la planification
territoriale,Strasbourg,Association de Prospective Rhenane, 19 fevrier 2009, [Link]
[Link]/[Link] , p. 6.
12
Ministère du Conseil exécutif du Québec,Guide sur la Planification Stratégique,Mai 2004,p. 4.
13
Hugues de Jouvenel,« La Démarche Prospective Un bref guide méthodologique », Revue Futuribles
(n°247, novembre 1999),(disponible sur: [Link]
demarche-prospective-un-bref-guide-methodologiq/ ), p. 10.
12
- 2. La construction du système de simulation (ou de modélisation) et l’identification
des variables clés.
- 3. Le recueil de données et l’élaboration des hypothèses.
- 4. La construction, souvent en forme d’arborescence, des futurs possibles (les
instruments de simulation).
- 5. La délimitation des choix stratégiques.
Dans le processus de planification, et notamment lors de l’étape de construction du
système de simulation et l’identification des variables clés, le planificateur doit
exploiter et utiliser le maximum de résultats des analyses et études menées aux niveaux
national, régional et local, et particulièrement celles qui auraient permis d’identifier
des variables leviers ou curseurs, dont l’impact a été confirmé comme paramètres clés
ayant une influence significative sur l’évolution (quantitative et qualitative) future du
système éducatif..
Cependant, au niveau pratique et pour rester dans une démarche plus pragmatique,
on peut distinguer deux principales sous-activités dans toute étude prospective, à savoir
la maîtrise de la méthodologie et des techniques de la prospective et la réalisation de
l’analyse (l’étude prospective) sectorielle.
14
Gwang-Chol Chang et Mohamed Radi, Planification de l’éducation par la simulation informatique,
Paris, UNESCO, 2001, p. 29
13
Pour la réalisation pratique de la prospective sectorielle, les planificateurs de
l’éducation ont développé des «modèles de simulation», en élaborant une chaîne de
nombreuses séquences de calcul, qui commence (la chaîne) par les données
démographiques et aboutit aux dépenses d’éducation, en passant par les flux des
effectifs des élèves, des enseignants et des autres catégories de personnel, ainsi que les
besoins correspondants en infrastructures et en ressources 15.
Ainsi, Pour G. C. Chang et M. RADI, dans «Planification de l’éducation par la
simulation informatique», les trois principales étapes à suivre dans le processus de la
simulation du développement de l’éducation, à savoir l’organisation des données de
base à projeter, la définition des objectifs paramétrés (appelés hypothèses) à rapporter
aux données de bases et la production des résultats comme conséquences du
paramétrage des hypothèses par rapport aux données de base » constituent « les trois
moments clés dans le processus de construction de la simulation »16
La première étape consiste à rassembler et à organiser des données de base à
projeter:
- Les données démographiques: la population scolarisable que l’on veut projeter
pour chaque cycle d’enseignement;
- Les données sur les flux d’élèves: la simulation présuppose l’existence d’un système
d’information, qui fournit la plupart des données de base, d’autres éléments
d’information sont fournis grâce aux études thématiques ou à l’occasion des
analyses portant sur le fonctionnement d’ensemble du secteur de l’éducation 17.
Les objectifs chiffrés (paramètres d’hypothèses) les plus fréquemment utilisés sont
les taux de scolarisation, d’inscription et de flux, les taux d’encadrement (par exemple,
le rapport élèves/maître), les taux d’utilisation des espaces éducatifs etc.20
La troisième étape relative à la production des résultats des projections de la
simulation, ces derniers contiennent en général deux catégories d’informations liées :
15
Gwang-Chol Chang et Mohamed Radi, Planification de l’éducation par la simulation informatique,
Paris, UNESCO, 2001, p..2.
16
Ibid, p. 21.
17
ibid, p. 25.
18
ibid, p. 28.
19
ibid, p. 25.
20
ibid, p. 28.
14
les effectifs d’élèves et d’enseignants, les infrastructures et équipements, les matériels
etc., par niveau, type et secteur d’enseignement, et la deuxième concerne leurs
conséquences sur les ressources budgétaires et financières21.
La finalité d’un modèle de simulation est de permettre en définitive le chiffrage des
décisions adoptées en matière de politique éducative Les données chiffrées sur les
ressources humaines, physiques et financières fournies par le modèle de simulation
facilitent le dialogue politique concernant les implications budgétaires des décisions
prises par les autorités politiques22.
Chapitre 5
21
Ibid, p. 31.
22
Ibid, p.33.
23
Philip H. Coombs, Qu’est ce que la planification de l’éducation, Paris, UNESCO/IIPE, 1970, p. 14.
24
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi,Planification stratégique Concept et principes, Paris, UNESCO/IIPE,
2014,p. 10.
25
Ibid ; pp. 14-17
15
PLANIFICATION TRADITIONNELLE PLANIFICATION STRATÉGIQUE
Axée sur les intrants Axée sur les résultats
Technocratique Participative
Neutre Outil mobilisateur
Planification linéaire Planification itérative
Mise en œuvre rigide Mise en œuvre souple
Fondée sur la routine Axée sur le changement
Suivi de conformité Suivi de performance
Primauté du plan Primauté de la mise en œuvre
26
Constitution du 7 décembre 1962, Titre IX, Du Conseil de la promotion nationale et du plan, &
Constitution du 1er juillet 2011,Titre IV Du pouvoir législatif, Des Pouvoirs du Parlement.
27
Gwang-Chol Chang, Elaboration d’un Plan d’Action pour l’Education Une Note Méthodologique,
Paris, UNESCO, Décembre 2003,p. 2.
16
d’éducation entendent mettre en œuvre de manière coordonnée et cohérente au cours
de la période planifiée28.»
28
Gwang-Chol Chang et Mohamed Radi, Planification de l’éducation par la simulation informatique,
Paris, UNESCO, 2001, p. 7.
29
UNESCO/IIPE/Le Partenariat mondial pour l’éducation(GPE),Guide pour la Préparation d’un Plan
Sectoriel de l’Education,Paris, UNESCO/IIPE, 2015, p. 9.
17
- la connaissance et l’analyse des circuits de décisions (internes et externes au
département de l’éducation);
- l’identification des structures institutionnelles concernées par l'élaboration du plan
éducatif;
- l’analyse des enjeux socio-économiques du plan éducatif.
30
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique Concept et principes,Paris, UNESCO/IIPE,
2014,p. 14.
31
Ibid, p. 11.
18
et les objectifs au sens large et à long terme (…) La politique éducative est, par
définition, étroitement liée à la politique de développement générale du pays. 32»
En définitive, il s’agit, dans cette phase, de «déchiffrer» les orientations politiques
pour pouvoir ensuite les «chiffrer» (lors de la phase suivante d’élaboration du plan
proprement dite), en déclinant ces choix politiques en objectifs chiffrés, et ceci passe
nécessairement par « l’analyse :
- des politiques éducatives explicites lorsqu’elles existent ;
- des politiques implicites telles qu’elles apparaissent dans les décisions concrètes
adoptées par le gouvernement et dans le choix des projets de développement de
l’éducation en cours;
- de toutes les politiques de développement qui ont un impact direct sur les
politiques éducatives (par exemple les politiques préconisées dans les Documents
de stratégie pour la réduction de la pauvreté et/ou les Plans de développement
nationaux) ;
- des engagements internationaux du gouvernement, par exemple les OMD
(Objectifs du Millénaire pour le développement), les objectifs de l’EPT (Éducation
pour tous), la Déclaration de Salamanque, etc.) 33»
32
Ibid, p. 19.
33
Ibid, p. 19.
34
Ibid, p. 20.
19
L’analyse des implications pédagogiques et matérielles de chaque scénario du
modèle permet aussi de faire un premier «arbitrage technique», entre différents
scénarios, avant l’arbitrage politique.
« Dès que les objectifs du plan et les domaines d’action prioritaires ont été fixés,
les programmes prioritaires spécifiques doivent être conçus pour réaliser les
objectifs, en indiquant précisément les buts à atteindre et les résultats escomptés (pour
chaque programme), les principales activités à mener, les délais correspondants, les
indicateurs, (et) les unités responsables pour chaque activité, etc. 37»
Le choix des programmes prioritaires n’est pas une tâche purement technique, il est
étroitement lié à la formulation des politiques. Il ne peut donc être laissé aux seuls
cadres de planification, mais implique une étroite interaction entre planificateurs,
décideurs politiques et parties prenantes.
35
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique Concept et principes, Paris, UNESCO/IIPE,
2014, p. 23.
36
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique Mesures organisationnelles, Paris,
UNESCO/IIPE, 2014, p. 13.
37
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique: Techniques et méthodes,Paris,
UNESCO/IIPE, 2013,p. 24.
20
- Qui doit payer? Comment la charge des sacrifices et des dépenses d'éducation
doit-elle être repartie ?
- Quelle doit être la répartition des ressources totales mises à la disposition de
l'éducation selon les différents niveaux d'éducation, types d'enseignement et
catégories de dépenses.38»
« Durant cette phase de Préparation du Cadre des Coût, il faut estimer les coûts des
divers programmes prioritaires, et calculer le coût total du plan (dépenses de
fonctionnement et d’investissement), qui doit être en accord avec les estimations des
fonds disponibles. Pour ce faire, il faudra réaliser un test final de faisabilité des
objectifs du plan. 39»
a. Arbitrage Politique
«Au vu des choix qui leur sont proposés par les services de planification (…), les
autorités gouvernementales ne procèdent pas, dans l'abstrait, à des arbitrages portant
exclusivement sur des volumes de crédits, mais à des choix concrets entre le degré
respectif de satisfaction des besoins qui peut être obtenu…. Ainsi, les arbitrages
financiers sont liés étroitement à l'analyse des besoins à satisfaire et au contenu
des objectifs dont le financement est proposé40. »
L‘arbitrage sur la répartition des crédits est une opération difficile, tant sur le plan
des techniques de planification, que sur le plan purement politique, car « l’expérience
prouve que le total des crédits demandés par les différents organes spécialisés dans la
préparation du plan dépasse les possibilités de financement et, en conséquence, les
arbitrages gouvernementaux peuvent conduire à réduire les demandes présentées »41.
38
Philip H. Coombs, Qu’est ce que la planification de l’éducation, Paris, UNESCO/IIPE, 1970, p. 39.
39
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique : Mesures organisationnelles, Paris,
UNESCO/IIPE, 2014, p. 18.
40
Raymond Poignant, Les plans de développement de l'éducation et la planification économique et
sociale,Paris, UNESCO/IIPE,1967,p. 31.
41
Ibid, p. 43.
21
- Présentation de la politique éducative: elle n’est pas toujours très explicite et se
confond parfois avec une présentation des finalités du plan sectoriel et les objectifs
spécifiques du programme ;
- Présentation détaillée des programmes prioritaires: Section du cadre stratégique
et contient généralement la présentation détaillée des différents programmes
prioritaires, avec des informations écrites complémentaires sur les principaux
problèmes à traiter et les principales stratégies à appliquer ;
- Informations sur les coûts et le cadre budgétaire: cette section comprend souvent
des annexes détaillées et, est intégrée au cadre de dépenses à moyen terme
(CDMT) ;
- Informations sur la mise en œuvre et le suivi du plan: indication claire des
structures et des procédures42»
À la fin de cette phase, de rédaction du projet préliminaire de plan, ce projet est
communiqué à tous les acteurs et partenaires, en particulier aux ministères des
Finances et de la Planification et aux niveaux décentralisés et déconcentrés du système,
dans le but de recueillir leurs commentaires et suggestions.
La mise en œuvre d’un plan et l’élaboration des programmes d'action requiert des
connaissances et procédures relatives aux techniques de planification de l’éducation
(notamment de carte scolaire), en ingénierie de projet (gestion et pilotage) et en
42
Gabriel Carron et Khalil Mahshi,Planification stratégique : Mesures organisationnelles, Paris,
UNESCO/IIPE, 2014,p. 41.
43
Ibid, p. 19.
44
Ibid,p. 42.
22
modalités de suivi budgétaire des programmes. Elle nécessite aussi des savoir faire qui
permettent de :
45
UNESCO/ Bureau Multi-pays de Rabat, Référentiel de Compétences du Planificateur de l’Education,
tableau ACTIVITE 3 : Elaborer et Mettre en œuvre le plan de développement, p. 30.
46
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique: Techniques et méthodes,Paris,
UNESCO/IIPE, 2013,p. 39.
23
Chapitre 6
Elaboration et conduite
d’un projet
Pour cette activité, Il s’agit en fait pour le planificateur, non pas seulement
d’élaborer des projets, mais être aussi en mesure de les réaliser, leur assurer le suivi, le
pilotage et l’évaluation, qu’il les ait lui-même élaborés ou qu’ils soient élaborés par
une autre entité.
1. Concept et définition
Dans le cadre de la planification de l’éducation, nous entendons par projet:
«Un ensemble d'investissements et d'autres activités planifiées visant la réalisation
d'objectifs spécifiques dans le cadre d'une période et d'un budget déterminés» 47.
Aussi, le Glossaire Des Termes Utilisés Dans Le Domaine De L'évaluation De
L'aide Au Développement, définit un projet comme «Intervention publique unique, non
divisible, visant à atteindre des objectifs opérationnels. Le projet est une composante
d'un programme qui contribue en partie à satisfaire un besoin.
Le projet ne dure, en principe, qu'un temps très limité et prend fin avec la livraison
du produit (biens et services) qu'il doit rendre.
Dans ce sens, le projet peut être soit une déclinaison d’un plan ou d’un programme
ou une proposition que le planificateur peut être amené à élaborer, réaliser et évaluer
pour remédier aux faiblesses d’un plan ou programme. Il peut être de portée nationale
comme il peut couvrir un aspect dans une localité bien particulière.
« Un projet peut se définir comme étant l’ensemble des activités coordonnées et
mises en rapport visant accomplir un objectif précis, lequel est généralement atteint
pendant une période de temps définie au préalable tout en respectant un budget 48 ».
La COMMISSION EUROPEENNE (2001) pense que « le projet est une séries
d'activités avec des objectifs précis, conçus pour produire des résultats spécifiques dans
un délais donné ».
A la lumière de ces différentes définitions, on voit que la définition du concept projet
implique toujours quatre mots clés qui sont : objectifs - activité - résultats - délais.
47
. C. Baum et S. M. Tolbert, Investing in development, Oxford UniversityPress, 1985 ; IIPE, Unité sur
l'identification, la préparation et l'évaluation des projets d'éducation, Programme de formation
approfondie en planification et administration de l’éducation 1987/88, Paris, Unesco : IIPE, 1987, cité
par André Magnen, Les projets d'éducation : préparation, financement et gestion, Paris, Unesco/IIPE,
(1996), p. 14.
48
Lire tout: Définition de projet - Concept et Sens [Link]
24
2. Place de l’élaboration des projets dans le processus de
planification
« Les projets font le lien entre les objectifs généraux de la programmation et les
réalisations concrètes obtenues grâce aux opérations et activités. Ils sont une étape vers
la réalisation des objectifs du programme dont ils sont une composante, de façon
complémentaire avec les autres projets du programme. 49»
Les projets sont donc un moyen qui permet la mise en œuvre des politiques
éducatives avec l’avantage de permettre aux gestionnaires de les maîtriser, car leurs
objectifs, leur budget et leur période d'intervention sont nettement délimités.
Evaluation
Identification
Dispositif de suivi
et pilotage
Exécution Préparation
Budgétisation
Négociation Appreciation
49
Centre Européen d'Expertise en Evaluation/OCDE, 2000 ,Glossaire Des Termes Utilisés Dans Le
Domaine De L'évaluation De L'aide Au Développement, (disponible sur :
[Link]/dac/evaluation/dcdndep/[Link] ), Novembre 2000, p. 34.
50
Centre Européen d'Expertise en Evaluation/OCDE, 2000 ,Glossaire Des Termes Utilisés Dans Le
Domaine De L'évaluation De L'aide Au Développement, (disponible sur :
[Link]/dac/evaluation/dcdndep/[Link] ), Novembre 2000, p. 12.
25
▪ L'identification du projet
Elle a pour but de sélectionner un ou plusieurs projets prioritaires pour le
développement du système éducatif ou de l’un de ses sous-systèmes. « La justification
de la priorité des projets identifiés est donc la principale fonction de l'identification.
Justifier un projet d'éducation, c'est montrer qu'il est prioritaire, qu'il est susceptible
d'améliorer notablement la situation de l'éducation. 51»
Il s’agit aussi, lors de cette justification, de définir les objectifs, la stratégie et les
principales caractéristiques dudit projet.
▪ La préparation du projet
La préparation a deux objectifs: i) d’étudier en détail les aspects du projet de manière
à s'assurer de sa viabilité, qu'il est raisonnablement viable; ii) de planifier son exécution
et d’en fixer les délais.
« Elle (la préparation) étudie tous les aspects (techniques, institutionnels, socio-
politiques, économiques et financiers) qui conditionnent la réussite du projet. Elle
détaille les investissements nécessaires et chiffre leur coût, ainsi que les dépenses
récurrentes supplémentaires engendrées par le projet. Elle envisage l'organisation à
prévoir et les mesures à prendre pour l'exécution du projet, ainsi que le fonctionnement
ultérieur des institutions concernées. 52»
▪ L'appréciation du projet
L'appréciation est précisément l’examen approfondie du projet, sur la base du
rapport de préparation (ou d'élaboration) du projet auquel se livrent les services ou
organismes qui devraient en assurer le financement (Ministère des Finances, sources
d'aide extérieure, etc.) avant de l'approuver.
« Le mot ‘’évaluation’’ est souvent employé en français pour désigner cet examen
des projets avant leur mise en œuvre.
La négociation entre les responsables du Ministère de l'Éducation et ceux des
décideurs financiers intervient le plus souvent au terme de l'étape d'appréciation d'un
projet d'éducation. Elle aboutit à un accord sur les objectifs, la conception, le contenu
et le mode de financement du projet. 53»
▪ L’exécution du projet
« L’exécution, ou gestion, comprend la mise en œuvre de tous les investissements
et des autres interventions prévues par le projet. »
Ainsi, elle peut inclure la construction de bâtiments, l'achat d'équipements, la
formation du personnel, l'assistance technique, et des prestations diverses. Cette étape
comprend aussi le « pilotage » et le suivi de la mise en œuvre du projet.
51
André Magnen, Les projets d'éducation : préparation, financement et gestion, Paris, Unesco : IIPE,
1985, p. 27.
52
André Magnen, Les projets d'éducation : préparation, financement et gestion, Paris, Unesco : IIPE,
(1996),p. 28.
53
Ibid, p. 29.
26
responsables du projet des informations périodiques portant sur un certain nombre
d'indicateurs. Les responsables peuvent ainsi déceler rapidement les difficultés afin d'y
remédier en temps utile.»
Quant à l'évaluation, elle est destinée à mettre en en lumière des problèmes
potentiels sérieux, et elle est effectuée, soit en cours d'exécution, par exemple à mi-
parcours, ce qui en fait un bilan provisoire du projet. «Si elle met en lumière des
problèmes potentiels sérieux, son analyse pourra éventuellement conduire les
responsables à décider certains changements dans les objectifs, la stratégie ou le
contenu du projet. 54»
L'évaluation finale, dite aussi rétrospective, est une étude des résultats du projet
après son achèvement. Elle compare les investissements effectués et les résultats
obtenus avec les prévisions originelles du projet. « Son but principal est d'identifier les
raisons des succès et des échecs apparents afin d'en informer les autorités et d'en tirer
les leçons pour de futurs projets. 55»
EFFETS
54
Ibid, p. 30.
55
Ibid, p. 30. CAUSES 27
4.2 Formulation des stratégies
▪ définir des solutions sur la base des problèmes identifiés ;
▪ identifier différentes stratégies pour réaliser les solutions et opérer
un choix.
RESULTATSQ
MOYENS
4.3 Programmation
▪ Développer une matrice qui définit la structure du projet et les
indicateurs mesurables de sa réussite
▪ Ordonnancement des activités pour déterminer la séquence et les
interdépendances entre les activités, estimer leur durée et leur coût
et pour assigner les responsabilités
4.3.1 Programmation
Pour veiller sur le bon démarrage et déroulement du projet, la première démarche
consiste à orienter les efforts vers:
• une organisation bien élaborée (le temps de démarrage
respecté, les équipes en places; les rôles de chacun sont
clairs, toutes les ressources bien identifiées…)
• la communication entre parties prenantes du projet.
28
4.3.2 Budgétisation du projet
Evaluation du coût financier de chaque action élémentaire et de l’ensemble des
programmes prévus dans le cadre du projet.
Le Chiffrage est un module de calcul des coûts des programmes. Il complète la fiche
de projet. Pour laisser plus de flexibilité aux utilisateurs en fonction du niveau de
détails de leur structure des programmes, trois options de chiffrage doivent être
prévues, à savoir :
• le chiffrage par projet ;
• le chiffrage par activité;
• le chiffrage par opérations.
Chapitre 7
29
même, nous aborderons le cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) pour montrer
son importance dans l’intégration des politiques, des plans et des budgets.
5. Concept et définition
Le budget est un instrument de planification, de politique, de gestion et de
législation.
En effet, le budget étant un outil d’allocation des moyens aux secteurs, institutions
et activités, il constitue donc un exercice de planification à court et à moyen terme, qui
doit être placé dans le cadre d’une vision à plus long terme.
Le budget correspond à des options et des choix politiques, c’est un instrument de
mise en œuvre de choix politiques.
En allouant les moyens aux différentes entités administratives, le budget donne le
cadre des moyens avec lesquels les services doivent fonctionner, c’est donc un
instrument de gestion.
Le Budget approuvé est une législation (appelé d’ailleurs loi de finances), il
s’impose à tous les acteurs.
Cette étape permet d’évaluer les conséquences financières et sert aussi pour calculer
le déficit restant, pour lequel des ressources additionnelles devraient être mobilisées
(coopération, partenariats, etc.), ou une révision des stratégies et de certaines cibles.
32