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Introduction à la planification éducative

Transféré par

Mohamed AZZOUZI
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Introduction à la planification éducative

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Module de planification de

l’éducation
Syllabus

Préambule
L’objet de ce module est d’initier et de sensibiliser les inspecteurs stagiaires aux rôles de la
planification et de la place qu’elle occupe dans la gestion du système éducatif. L’objectif visé est de
permettre à ces stagiaires de s’approprier les tâches et les activités du planificateur en éducation, sans
pour autant prétendre les former et les préparer pour qu’ils deviennent des spécialistes en planification
de l’éducation. Et comme nombreux parmi eux auront l’occasion d’occuper, dans le futur, des postes
de responsabilité, à différents niveaux du système éducatif, ce module peut leur servir pour mener à
bien les différentes tâches et activités auxquelles ils seront confrontés pendant leurs parcours
professionnels. De même ce module peut constituer une nouvelle ouverture sensée enrichir et
promouvoir l’apport du futur inspecteur pédagogique dans son propre domaine pédagogique et
éducatif.
Ce module est composé de onze chapitres répartis sur une charge horaire de 26 heures. Le premier
chapitre sera réservé à la définition du concept de planification, à l’illustration de ces rôles dans la
gestion du système éducatif et enfin à la présentation des différentes activités, qui sont de l’ordre de
dix, qu’un planificateur en éducation est sensé connaître et maitriser. Quant aux autres chapitres, on
va consacré chacun d’eux à la présentation d’une de ces dix activités, dont les concepts seront définis,
les rôles et la place de chacune d’elles seront exposés et des exemples pratiques seront abordés.

Chapitre 1 : place de la planification dans le système éducatif…………………………………….. 2h


Présentation d’une Macro-procédure des activités pour illustrer le rôle du
planificateur de l’éducation comme un processus d’une dizaine de séquences.
1. Définition du concept
2. Rôles de la planification dans la gestion du système éducatif
3. Processus de planification de l’éducation
Chapitre 2 : diagnostic du système éducatif……………………………………………………………. 3h
Montrer la nécessité et l’importance du diagnostic comme première étape de tout
processus de planification, et comme phase préalable à toute autre activité du
planificateur. Une étape qui permet d’avoir une analyse du niveau de développement
du système éducatif, en vue de répondre à des questions telles que :
✓ où en est-on aujourd’hui ?
✓ quelle est la performance du système éducatif ?
✓ quelles sont ses forces et ses faiblesses ?
1. Définition du concept
1
2. Rôles et place du diagnostic dans le processus de la planification de l’éducation
3. Aspects et principales étapes du diagnostic
4. Recensement annuel du système éducatif
5. Principaux indicateurs du recensement
Chapitre 3 : Analyses et études……………………………………………………………………………. 2h
L’importance de réaliser des études et analyser le fonctionnement du système
éducatif, afin d’avoir des interprétations de ce qui est observé directement, et des
mises de significations dans ce qui est enregistré comme informations et/ou données
de base.
1. Définition du concept
2. Rôles et place des analyses et des études dans le processus de la planification de
l’éducation
3. Objectifs et démarche des analyses et des études
4. Quelques exemples
Chapitre 4 : Etudes prospectives………………………………………………………………………….. 3h
Définir et monter le rôle de La prospective pour éclairer les choix du présent, sous
forme de scénarios et de recommandations en termes de politiques éducatives
1. Définition du concept
2. Rôles et place des études prospectives dans le processus de la planification de
l’éducation
3. Objectifs et démarche des études prospectives
4. Exemple d’étude prospective
Chapitre 5 : Elaboration et mise en œuvre du plan éducatif ………………………………………. 4h
Rôle de la planification pour la mise en œuvre des politiques éducatives à moyen et
à long terme et la nécessite de recours à la méthodologie et aux techniques
d’élaboration d’un plan de développement.
1. Rôles et place du plan éducatif dans le développement du système d’éducation
2. Processus et démarche d’un plan éducatif
Chapitre 6 : Elaboration et conduite de projet ………………………………………………………... 2h
L’importance du projet dans la réalisation concrète des objectifs généraux de la
programmation, grâce aux opérations et activités dont ils sont une composante, de
façon complémentaire, avec les autres projets du programme.
1. Concept et définition de projet
2. Rôles et place des projets dans le processus de planification
3. Etapes du projet

Chapitre 7 : Suivi et évaluation …………………………………………………………………………… 2h


2
Définir le suivi comme étant un processus de collecte et d’analyse d’informations
pour mesurer les progrès et l’avancement d’un projet au regard des résultats
attendus.
1. Concept et définition
2. Démarches et étapes de suivi et évaluation
Chapitre 8 : Budgétisation d’un plan et élaboration d’un budget…………………………………. 2h
Rôle du budget comme étant un instrument de planification, de politique, de gestion
et de législation et comme outil de cadrage des choix politiques.
1. Concepts
2. Rôles et place de la budgétisation
3. Etapes de budgétisation d’un plan
4. Elaboration d’un budget annuel
Chapitre 9: Développement de la coopération et du partenariat.……………………………….. 2h
L’importance d’explorer et de mobiliser la coopération et/ou le partenariat pour faire
face à des contraintes budgétaires ou techniques, afin de parvenir à réaliser les
objectifs fixés.
1. Eléments communs entre la coopération et le partenariat
2. La coopération
3. Le partenariat
Chapitre 10 : formalisation, compte rendu et communication….……………………………….. 2h
La formalisation et un moyen de mise en forme et de présentation du processus
d’une activité pour permettre à toute autre personne de se le représenter de façon
suffisante à partir de ce qui a été fait, comment il a été fait et les résultats du travail
fait. Elle constitue une trace écrite et une mémoire.
1. Formaliser et rendre compte dans le processus de planification
2. Pourquoi formaliser et rendre compte ?
3. Comment formaliser et rendre compte ?
4. Informer et communiquer
5. Pourquoi informer et communiquer pour le planificateur ?
6. Comment communiquer ?
Chapitre 11 : Elaboration de la carte scolaire ………………………………………………………… 2h
Rôle et place de la carte scolaire, comme étant un élément de la Micro planification
et comme un ensemble de techniques et de procédures permettant d’estimer les
besoins futurs d’éducation au niveau local.
1. Concepts de la carte scolaire/éducative
2. Rôles, place et objectifs de la carte scolaire/éducative
3. Démarche de la carte scolaire/éducative

3
Chapitre 1

Place de la planification dans la


gestion du système éducatif

Présentation d’une Macro-procédure des activités pour illustrer le rôle de


planification de l’éducation comme un processus d’une dizaine de séquences.

1. Définition du concept
Définition de [Link]: «la planification est un processus continu, qui
se demande non seulement où aller mais comment y parvenir et quel est le
meilleur chemin. Son travail n’est pas terminé quand un plan est établi sur le papier
et approuvé. ……La planification est – ou devrait être – partie intégrante du
processus d’ensemble de l’administration de l’éducation, au sens plus large de
l’expression. Elle peut aider ceux qui prennent des décisions, depuis le maître
d’école jusqu’aux ministres et aux assemblées parlementaires, à les prendre en
meilleure connaissance de cause, en leur permettant de se faire une idée claire des
objectifs spécifiques dont il est question, des diverses stratégies possibles pour les
poursuivre et des incidences probables de chacune.» 1

Selon Adam Curle : « certains semblaient croire que le planificateur se


contenterait, lorsque les informations dont il a besoin lui sont fournies, de les insérer
tout bonnement dans l’agencement du plan. Or, c’est souvent à lui qu’il incombe de
rassembler les informations (….) Il est à chaque instant en train de revoir les
objectifs, les priorités, les affectations prévues par le plan en fonction des
changements intervenus dans l’économie nationale et dans la situation
internationale, ou des impératifs pédagogiques internes. Il est contraint de chercher
des compromis entre ce qui lui apparaît souhaitable et ce qui est politiquement et
administrativement possible.»2

La planification de l’éducation, dans son acception (classique) «au sens large, est
l’application d’une analyse systématique et rationnelle au processus de
développement de l’éducation; son but est de mettre l’éducation à même de satisfaire
de manière plus efficace aux besoins et aux objectifs des étudiants et de la société 3.»
Dans la littérature, plus récente, de la planification stratégique, la planification
peut être définie comme suit:
1
Philip H. Coombs, Qu’est ce que la planification de l’éducation,Paris, UNESCO/IIPE, 1970, p. 14-15.
2
Adam Curle, Identité professionnelle du planificateur de l’éducation, Paris, UNESCO/IIPE, 1970, p.
28.
3
Philip H. Coombs, Qu’est ce que la planification de l’éducation, Paris, UNESCO/IIPE, 1970, p. 14.
4
«Anticipation de situations susceptibles de se produire dans le futur, choix des
objectifs à atteindre et détermination des actions pertinentes à entreprendre afin
d’atteindre ces objectifs à un coût raisonnable4.»
Les caractéristiques de la planification stratégique, selon cette acception sont :
- La planification stratégique est guidée par une notion générale d’orientation (une
vision);
- La planification stratégique est sensible au contexte;
- La planification stratégique est axée sur les résultats;
- La planification stratégique est un instrument mobilisateur;
- La planification stratégique est souple dans sa mise en œuvre 5.

La planification de l’éducation est une composante essentielle de la


planification économique et sociale. C’est un processus de gestion prévisionnelle du
système éducatif, compte tenu des politiques éducatives adoptées dans le cadre du
développement économique et social. La planification de l’éducation revêt deux
aspects. Le premier est d’ordre technique et permet l’élaboration des plans éducatifs,
alors que le deuxième est d’ordre administratif, du fait qu’il englobe les volets de
réalisation, de suivi et d’évaluation de ces plans, et est géré par les règles
administratives et législatives en vigueur. La planification de l’éducation peut se
faire à long, moyen ou à court terme.

2. Rôles de la planification dans la gestion du système éducatif


Le planificateur de l’éducation est appelé à parcourir les étapes suivantes:

TIRER DES
PLANIFIER INTERVENIR PILOTER & GERER EVALUER
LECONS

a. Planifier :
L’objectif de cette étape est de fournir des outils pour accompagner les décideurs
dans la réalisation de diagnostics et dans l’établissement des priorités d’une
politique. Cette partie présente également l’avantage de donner des conseils sur les
périodes cruciales, qui précèdent l’élaboration d’une politique, de manière à
optimiser le temps dont on dispose dans tout ce processus comme le montre le
schéma suivant :

4
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi,Planification stratégique Concept et principes, Paris, UNESCO/IIPE,
2014,p. 10.
5
Ibid ; pp. 14-17
5
Diagnostic détermination
•contexte •prioriser des besoins •choix de
•analyse •quantifier stratégie
•offre et •simulation
environnement
•demande •délais •définir activités
•fonctonnement •poser des
•identifier sénari
problèmes définition des stratégie
Informations
objectifs d'intervention

b. Intervenir :
Cette deuxième étape présente de manière concrète les principaux domaines
d’intervention des politiques et programmes de développement et de soutien du
secteur éducatif : ajuster l’offre et la demande en optimisant les moyens
disponibles : le personnel, les infrastructures et l’investissement, l’équipement, le
financement, les partenaires techniques et financiers (PTF), en veillant sur la qualité,
l’équité et le cadre réglementaire.
c. Suivre et Gérer les actions menées:
Cette facette insiste sur les conditions à remplir pour assurer la pertinence et la
cohérence de la politique éducative:
✓ Coordonner les efforts entre les différents acteurs impliqués dans la
mise en œuvre de la politique éducative : acteurs des instituons
éducatives, de l’économie et des finances, agence d’urbanisme, de
l’équipement, des collectivités, société civile, PTF etc. ;
✓ Assurer la continuité de ses actions de manière à garantir leur stabilité
et leurs effets sur le long terme.
d. Evaluer pour mieux entreprendre :
L’évaluation peut intervenir à plusieurs niveaux :
✓ Au niveau du processus de préparation et de la participation des parties
prenantes ;
✓ Au niveau de la relation entre le programme et son environnement, ses
objectifs, les populations cibles et les partenaires ;
✓ Au niveau de la mise en œuvre : adéquations des besoins, objectifs et
ressources (capacité du système).

3. Processus de planification de l’éducation


Le processus de planification peut être structuré en quatre pôles d’activités qui
se déclinent en 10 activités :

Pôle A : Production des connaissances sur le système éducatif


✓ Activité 1 : Diagnostiquer analyser et exploiter des données ;
✓ Activité 9 : Rédiger et rendre compte ;
✓ Activité 10: Informer et communiquer.
Pôle B : Conduite d’action ou de dispositif ou du changement
✓ Activité 3 : Elaborer et mettre en œuvre le plan de développement ;
6
✓ Activité 6 : Gérer des processus de suivi et d’évaluation.
Pôle C : Ingénierie et conduite de projets
✓ Activité 2 : Conduire des études, analyses et prospectives ;
✓ Activité 4: Elaborer la carte éducative (scolaire, Formation
Professionnelle ; Enseignement Supérieur, dimension quantitative et
qualitative) ;
✓ Activité 5 : Elaborer des projets.
Pôle D : Elaboration de budget et partenariat financier
✓ Activité 7 : Elaborer et exécuter le budget ;
✓ Activité 8 : Développer la coopération en éducation.

Les rôles des planificateurs se résument dans le schéma suivant :

7
Chapitre 3

Analyse et étude

La réalisation des études et l’analyse du fonctionnement du système éducatif font


partie des activités que doit mener un planificateur lui-même pour le besoin des
autres activités qui sont les siennes, à savoir l’élaboration des plans, des cartes
scolaires et éducatives, des projets et des budgets etc.
1. Concepts d’Analyses et Etudes
Les analyses et les études peuvent être définies comme des interprétations de ce
qui est observé directement, et des mises de significations dans ce qui est enregistré
comme informations et/ou données de base. Il s'agit d'une application de notions
abstraites (ou théoriques) à un aspect précis de la réalité pour simplement le décrire,
et/ou l’examiner en profondeur ou encore de l’extrapoler.
Selon le Référentiel de compétences du planificateur de l’éducation, il s’agit
de« réaliser des études et analyser le fonctionnement du système éducatif et
identifier les différents scénarios possibles permettant d’améliorer le
fonctionnement et le rendement du système éducatif.6»
L’activité d’analyses et études consiste à décomposer l'objet à étudier, en allant
du plus complexe au plus simple. Une Etude peut comporter, généralement,
plusieurs Analyses simples ou complexes.
Il s’agit de réaliser des analyses et études du fonctionnement du système éducatif
et, à partir de là, identifier les différents scénarios possibles (prospectives)
permettant d’améliorer le fonctionnement et le rendement du système éducatif.
Par ailleurs, et pour lever une certaine ambiguïté, notons que le terme
d’ « analyse » est parfois utilisé dès l’étape du diagnostic. Cependant il y a une
nuance entre « l’analyse » à ce stade là, qui se limite généralement à examiner et
commenter des indicateurs chacun à part (sans lien de cause à effet avec un autre) ,
et la signification du concept « d’analyse » au niveau de l’activité de Conduite des
analyses, études, et prospectives, qui s’étend à interpréter les valeurs de ces
indicateurs et surtout à se poser des questionnements sur les relations de cause à
effet éventuelles entre deux Indicateurs ou variables ou plus.
2. Place et rôle des Analyses et des Etudes
La Conduite d’Analyses, et Etudes se situe en général juste après l’activité de
Diagnostic et d’Exploitation des Données. Leur rôle, dans le processus de
Planification, est de vérifier et confirmer ou infirmer des éventuelles
relations/corrélations supposées entre les Variables et Indicateurs examinés et
mesurés au cours du diagnostic.
Si l’activité de Diagnostiquer et d’Exploiter des Données, qui entre dans le cadre
du pôle de Production des Connaissances, est une activité à caractère plutôt statique

6
UNESCO/ Bureau Multi-pays de Rabat, Référentiel de Compétences du Planificateur de l’Education,
tableau ACTIVITE 3 : Elaborer et Mettre en œuvre le plan de développement, p. 21.
8
(une photo instantanée et figée de la réalité du système), l’activité de Conduite
d’Analyses et Etudes a un caractère plutôt Dynamique.
Si le diagnostic vise à générer un système d'indicateurs qui seront présentés
généralement sous forme de tableaux de bord, pour faciliter la mise en évidence
des problèmes et la mesure de leur ampleur, les analyses, les études et les
recherches complémentaires visent à proposer des solutions aux
disfonctionnements du système et à prévoir la prospective de son évolution
future.
3. Objectifs des Analyses et des Etudes
L’objectif des Analyses et des Etudes est de « faire parler les chiffres, indices,
coefficients... dégagés par l'analyse, et d’exprimer de façon claire, argumentée,
comment ces résultats constituent un progrès par rapport au point de départ 7. »
Les résultats et conclusions de ces Analyses et de ces Etudes ont pour but
d’apporter des réponses à des questions telles que :
- A-t-on ou non confirmé nos hypothèses de départ ?
- Jusqu'à quel point a-t-on trouvé réponse aux questions posées au départ ?
- Quelles sont les possibilités d'applications de ces résultats ?
Le but pratique ultime de cette activité, dans le processus de Planification, est
d’identifier et de mettre en évidence les variables explicatives (dites aussi
indépendantes) qui pourront servir de leviers ou curseurs; sur lesquels on peut agir,
pour obtenir les effets et les résultats voulus sur les variables et Indicateurs
objectifs, dans un scénario prospectif ou dans un modèle de simulation de plusieurs
scénarii.
4. Démarche des Analyses et des Etudes
La démarche des Analyses et des Etudes comporte globalement trois étapes
principales : la définition des domaines et des axes de recherche, puis le choix et la
mise en application des méthodologies de recherche adéquates, avant l’étape
d’élaboration de prospectives.

4.1 Définition des domaines et des axes de recherche


La définition des domaines et des axes de recherche suppose un minimum de
connaissance des enjeux socio-économiques du pays, ainsi que des institutions et de
l’organisation de son système éducatif, et surtout de la politique éducative des
pouvoirs publics. Cette étape exige, du planificateur, des savoir-faire dans les
domaines de :
- L’analyse du contexte, interne et externe, du système éducatif et de ses
problématiques les plus saillantes ;
- L’identification des domaines et des axes de recherche prioritaires.
Le but est de :
- Identifier le problème ;
- Délimiter le champ de l’étude ;
- Définir la problématique ;
- Formuler les hypothèses;

7
Omar Aktouf, Méthodologie des sciences sociales et approche qualitative des organisations. Une
introduction à la démarche classique et une critique, Montréal, Les Presses de l'Université du Québec,
1987, p. 45.
9
- Identifier la population concernée

4.2 Choix des méthodologies de recherche adéquates


Le choix du niveau de complexité de chaque question d’analyse ou d’étude,
détermine le niveau d’approfondissement de la démarche adéquate, ainsi:
Une démarche de (simple) Analyse permet de répondre à une question sur la
relation de cause à effet entre DEUX Variables ou Indicateurs. Il s'agit d'effectuer,
assez grossièrement, la confirmation ou l'infirmation des hypothèses, de vérifier la
façon dont se comporte globalement la variable retenue (par hypothèse) comme
explicative des variations de la variable dépendante, on parle ici souvent d'analyse
primaire.
Une démarche d’Etude permettra d’approfondir les analyses, pour répondre à
des questionnements concernant la mise en relation de plusieurs (3 et plus) Variables
ou Indicateurs. Ici, on fait appel à un outillage plus sophistiqué appartenant aux
domaines de la statistique mathématique, on pourra établir des traitements plus
abstraits et plus fins tels que corrélations, régressions, analyse factorielle, analyse
de variances8, analyses multi variées etc.
La mise en œuvre de chacune de ces démarches de recherche nécessite la maitrise
de savoir-faire tels que :
- Avoir une connaissance de base dans les procédures de méthodologie de
recherche en sciences sociales en général, et en sciences de l’éducation en
particulier ;
- choisir et justifier l'approche la plus appropriée ;
- choisir et élaborer les outils de travail;
- formaliser et synthétiser les résultats

4.3 Mise en application des méthodologies d’études


Comme il n’y a pas une seule et unique cause à un problème, mais plutôt
différentes causes qui interagissent en même temps, à des degrés divers et selon
différentes circonstances, il y a différentes approches pour entreprendre des analyses
et études en éducation. « Approches classiques et approches modernes distinguent,
en général, recherche quantitative et recherche qualitative. 9»
La méthode quantitative, permet de décrire les caractéristiques d’une
population ayant un comportement précis. Cette méthode vise à tester des
hypothèses et à illustrer des théories par la mise en évidence de corrélations entre
des variables.
Quant à la méthode qualitative, elle s’appuie sur plusieurs
approches : interprétatives, l’étude de cas, l’expérience personnelle, l’introspection,
l’histoire de vie, les interviews, les observations…..
Cependant, la méthode la plus utilisée dans le domaine des analyses et études
relatives à la planification de l’éducation est la méthode quantitative.
Après la définition des hypothèses d’une étude et l’identification des variables
dépendantes (expliquées) et indépendantes (explicatives), les deux grandes étapes
d’une étude quantitative que doit maitriser le planificateurs sont le recueil de
données et l’analyse de ces données.
8
Ibid, p. 126.
9
Steven J. Hite, La recherche quantitative au service des politiques éducatives : le rôle de l’analyse de
la littérature, Paris, UNESCO/IIPE, 2002, p. 17.
10
Le recueil de données :
Comme la population étudiée n’est pas enquêtée en totalité, mais seulement sur
un sous-ensemble représentatif : un échantillon, qui assure la représentativité
statistique des résultats.
L’analyse de données:
Une fois le recueil de données sur le terrain achevé, les données « bruts » font
l’objet d’un codage et d’une saisie informatique. Des traitements statistiques sont
alors envisageables qu’il s’agisse de tris à plat, de tableaux croisés ou d’analyse des
données.

Chapitre 4

Elaboration des études prospectives

La prospective, en planification de l’éducation consiste surtout à élaborer des


scénarios et à émettre des recommandations en termes de politiques éducatives.

1. Concept de prospective
Pour simplifier les choses, comme a dit Julien Winock, la prospective est avant tout
une démarche intellectuelle visant à anticiper au mieux les évolutions d’un système.
La prospective n'a évidemment pas la prétention de prédire l'avenir. Car son but est
avant tout d'éclairer les choix du présent, ceux que nous faisons aujourd'hui et dont
les répercussions sont visibles à moyen ou long terme10.
La prospective est donc une réflexion pour éclairer l’action présente à la lumière
des futurs possibles, elle donne sens et contenu aux projets.
A travers une analyse des événements passés et présents, elle vise à déterminer des
prévisions sur leur évolution dans le futur. «La prospective revêt des aspects
quantitatifs et qualitatifs.
Les études prospectives les plus efficaces dans le processus de planification se
basent sur les résultats des analyses et études pour agir sur les paramètres clés qui
permettent d’obtenir des projections qui mènent aux objectifs escomptés.

La prospective consiste d’abord à réaliser des diagnostics, mais surtout à élaborer


des scénarios (tendanciels et/ou alternatifs) et à émettre des recommandations en
termes de politiques éducatives, à moyen et à long terme.
Si la prévision s'applique a des phénomènes de nature récurrente (…), la
prospective, s'intéresse aux faits générateurs de ruptures, aux mutations, à ce qui n'est
pas prévisible en fonction des seules tendances du passé. C'est un inventaire du champ

10
Julien Winock, «La prospective, une démarche pour anticiper au mieux les évolutions de notre
société», ACPE, décembre 2012, [Link] .
11
des possibles, en s'efforçant de tenir compte de la capacité de réaction, d'adaptation, de
changement d'un système devant une situation donnée11.

2. Place et rôle de la prospective


Une étude prospective simple peut se situer directement après le diagnostic, sans
passer par des analyses et/ou études, dans le cas où le but est de conserver les même
paramètres (indicateurs clés) et donc d’extrapoler la même tendance passée dans le
futur.
Cependant, les études prospectives les plus utiles et plus efficaces dans le processus
de planification se basent sur les résultats des analyses et études pour agir sur les
paramètres clés (leviers) qui permettent d’obtenir des projections qui mènent aux
objectifs escomptés. Il s’agit donc, dans cette prospective, d’une démarche
volontariste.
Son rôle dans le processus de planification est de déterminer l’évolution des valeurs
des variables choisies (exemple: effectifs, taux, coûts…); sur la base de choix de
paramètres clés, dans le but d’élaborer un modèle de simulation qui présente plusieurs
scénarios (au moins 3), selon des hypothèses différentes (haute, moyenne, faible), et
ce pour permettre une prise de décision en connaissance de cause.

3. Objectifs de la prospective
D’après le «Guide sur la planification stratégique », la prospective « prépare
l’organisation aux changements attendus et à l’évolution des facteurs marquants. Elle
permet, notamment par le développement de scénarios, de modeler l'avenir en fonction
de la vision de l’organisation »12.
La Prospective présente une lecture aussi précise que possible des besoins et
attentes, qui alimentent toutes les phases du processus de planification, ainsi son but
est de donner lieu à:

- Une réflexion pour l’action, qui donne sens et contenu aux projets ;
- Une réflexion pour éclairer l’action présente à la lumière des futurs possibles ;
- Elle prépare le système aux changements attendus et à l’évolution des facteurs
marquants;
- Elle permet, par le développement de scénarios, de modeler l'avenir en fonction
de la vision du décideur.

4. Démarche de la prospective
Théoriquement, selon Hugues de Jouvenel, fondamentalement, la démarche
prospective comprend cinq étapes13 :

- 1. La définition du problème et le choix de l’horizon.

11
Vincent Claustre, La démarche prospectiveau service du développementet de la planification
territoriale,Strasbourg,Association de Prospective Rhenane, 19 fevrier 2009, [Link]
[Link]/[Link] , p. 6.
12
Ministère du Conseil exécutif du Québec,Guide sur la Planification Stratégique,Mai 2004,p. 4.
13
Hugues de Jouvenel,« La Démarche Prospective Un bref guide méthodologique », Revue Futuribles
(n°247, novembre 1999),(disponible sur: [Link]
demarche-prospective-un-bref-guide-methodologiq/ ), p. 10.
12
- 2. La construction du système de simulation (ou de modélisation) et l’identification
des variables clés.
- 3. Le recueil de données et l’élaboration des hypothèses.
- 4. La construction, souvent en forme d’arborescence, des futurs possibles (les
instruments de simulation).
- 5. La délimitation des choix stratégiques.
Dans le processus de planification, et notamment lors de l’étape de construction du
système de simulation et l’identification des variables clés, le planificateur doit
exploiter et utiliser le maximum de résultats des analyses et études menées aux niveaux
national, régional et local, et particulièrement celles qui auraient permis d’identifier
des variables leviers ou curseurs, dont l’impact a été confirmé comme paramètres clés
ayant une influence significative sur l’évolution (quantitative et qualitative) future du
système éducatif..
Cependant, au niveau pratique et pour rester dans une démarche plus pragmatique,
on peut distinguer deux principales sous-activités dans toute étude prospective, à savoir
la maîtrise de la méthodologie et des techniques de la prospective et la réalisation de
l’analyse (l’étude prospective) sectorielle.

a. Maîtrise de la méthodologie et des techniques de la prospective


Afin de maitriser et appliquer la méthodologie et les techniques de la prospective,
le planificateur de l’éducation est censé avoir une connaissance des problématiques de
développement du système éducatif du pays et des orientations politiques et priorités
des pouvoirs publiques pour le secteur éducatif, et un savoir procédural des techniques
de planification de l’éducation et des méthodes et outils de la prospective.
Pour cela, le planificateur consultera les décideurs et les services concernés et
traduira les orientations en hypothèses quantifiées. Ces hypothèses sont appelées,
dans la pratique de la prospective, objectifs, paramètres, indicateurs-cible ou variables
(indépendantes ou dépendantes). (…) L’essentiel est de rassembler tous les éléments
de décision concernant les options retenues par les décideurs politiques et de les
traduire en termes ordonnés et chiffrés.14
La maîtrise et l’application des techniques de la prospective nécessitera aussi de la
part du planificateur de l’éducation des savoir-faire en terme d’appréciation des enjeux
et des rôles tenus par les différentes variables et des différents acteurs du système, ainsi
qu’en termes de capacités de synthèse de la situation du système et d’aptitude à
proposer des scénarios de développement en fonction des orientations et des ressources
disponibles.
Sur la base de ces connaissances et des orientations et hypothèses retenues, les outils
de prospective permettent au planificateur d’élaborer :
i) les projections concernant les élèves ;
ii) les données sur les élèves permettent de prévoir d’autres intrants (classes, salles,
profs,..) ;
i) les simulations relatives aux moyens débouchent sur des estimations financières.

b. Réalisation de l’étude prospective sectorielle

14
Gwang-Chol Chang et Mohamed Radi, Planification de l’éducation par la simulation informatique,
Paris, UNESCO, 2001, p. 29
13
Pour la réalisation pratique de la prospective sectorielle, les planificateurs de
l’éducation ont développé des «modèles de simulation», en élaborant une chaîne de
nombreuses séquences de calcul, qui commence (la chaîne) par les données
démographiques et aboutit aux dépenses d’éducation, en passant par les flux des
effectifs des élèves, des enseignants et des autres catégories de personnel, ainsi que les
besoins correspondants en infrastructures et en ressources 15.
Ainsi, Pour G. C. Chang et M. RADI, dans «Planification de l’éducation par la
simulation informatique», les trois principales étapes à suivre dans le processus de la
simulation du développement de l’éducation, à savoir l’organisation des données de
base à projeter, la définition des objectifs paramétrés (appelés hypothèses) à rapporter
aux données de bases et la production des résultats comme conséquences du
paramétrage des hypothèses par rapport aux données de base » constituent « les trois
moments clés dans le processus de construction de la simulation »16
La première étape consiste à rassembler et à organiser des données de base à
projeter:
- Les données démographiques: la population scolarisable que l’on veut projeter
pour chaque cycle d’enseignement;
- Les données sur les flux d’élèves: la simulation présuppose l’existence d’un système
d’information, qui fournit la plupart des données de base, d’autres éléments
d’information sont fournis grâce aux études thématiques ou à l’occasion des
analyses portant sur le fonctionnement d’ensemble du secteur de l’éducation 17.

La deuxième étape de définition des objectifs paramétrés, dits aussi hypothèses


de projection, à rapporter aux données de bases, consiste à :

Rassembler tous les objectifs et options politiques susceptibles d’influer sur le


développement de l’éducation en vue de les traduire en paramètres d’hypothèses18.

Les Options pédagogiques (politiques) en matière d’éducation comprennent


généralement des choix pédagogiques et des modes d’organisation et de gestion des
services éducatifs. Ces orientations pédagogiques concernent par exemple la régulation
des flux d’élèves (promotions, redoublements, abandons etc..), les grilles horaires et
l’utilisation des personnels de l’éducation, la gestion des salles de classe, les
programmes scolaires, etc.19

Les objectifs chiffrés (paramètres d’hypothèses) les plus fréquemment utilisés sont
les taux de scolarisation, d’inscription et de flux, les taux d’encadrement (par exemple,
le rapport élèves/maître), les taux d’utilisation des espaces éducatifs etc.20
La troisième étape relative à la production des résultats des projections de la
simulation, ces derniers contiennent en général deux catégories d’informations liées :

15
Gwang-Chol Chang et Mohamed Radi, Planification de l’éducation par la simulation informatique,
Paris, UNESCO, 2001, p..2.
16
Ibid, p. 21.
17
ibid, p. 25.
18
ibid, p. 28.
19
ibid, p. 25.
20
ibid, p. 28.
14
les effectifs d’élèves et d’enseignants, les infrastructures et équipements, les matériels
etc., par niveau, type et secteur d’enseignement, et la deuxième concerne leurs
conséquences sur les ressources budgétaires et financières21.
La finalité d’un modèle de simulation est de permettre en définitive le chiffrage des
décisions adoptées en matière de politique éducative Les données chiffrées sur les
ressources humaines, physiques et financières fournies par le modèle de simulation
facilitent le dialogue politique concernant les implications budgétaires des décisions
prises par les autorités politiques22.

Chapitre 5

Elaboration et mise en œuvre


d’un plan d’éducation

Le processus d’élaboration d’un plan éducatif recouvre, pratiquement, toutes les


autres activités de planification de l’éducation.

1. Concept de Planification de l’Education


La planification de l’éducation, dans son acception (classique) «au sens large, est
l’application d’une analyse systématique et rationnelle au processus de développement
de l’éducation; son but est de mettre l’éducation à même de satisfaire de manière plus
efficace aux besoins et aux objectifs des étudiants et de la société23.»
Dans la littérature, plus récente, de la planification stratégique, la Planification peut
être définie comme suit:
«Anticipation de situations susceptibles de se produire dans le futur, choix des
objectifs à atteindre et détermination des actions pertinentes à entreprendre afin
d’atteindre ces objectifs à un coût raisonnable24.»
Les caractéristiques de la planification stratégique, selon cette acception sont :
- La planification stratégique est guidée par une notion générale d’orientation (une
vison);
- La planification stratégique est sensible au contexte;
- La planification stratégique est axée sur les résultats;
- La planification stratégique est un instrument mobilisateur;
- La planification stratégique est souple dans sa mise en œuvre25.
Les principales critiques de la planification traditionnelle et les principales
caractéristiques de la planification stratégique sont présentés dans le tableau suivant,
qui résume les différences entre les deux démarches :

21
Ibid, p. 31.
22
Ibid, p.33.
23
Philip H. Coombs, Qu’est ce que la planification de l’éducation, Paris, UNESCO/IIPE, 1970, p. 14.
24
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi,Planification stratégique Concept et principes, Paris, UNESCO/IIPE,
2014,p. 10.
25
Ibid ; pp. 14-17
15
PLANIFICATION TRADITIONNELLE PLANIFICATION STRATÉGIQUE
Axée sur les intrants Axée sur les résultats
Technocratique Participative
Neutre Outil mobilisateur
Planification linéaire Planification itérative
Mise en œuvre rigide Mise en œuvre souple
Fondée sur la routine Axée sur le changement
Suivi de conformité Suivi de performance
Primauté du plan Primauté de la mise en œuvre

Un plan sectoriel d’éducation est un instrument de politique nationale, élaboré sous


la responsabilité du Gouvernement, offrant une perspective à long terme du système
éducatif du pays, et comprenant une série cohérente de stratégies réalisables, conçues
pour atteindre les objectifs fixés et surmonter les difficultés.

2. Place et rôle d’un plan de développement de l’éducation


Quoique la planification impérative (ou directive) n’est plus pratiquée, dans son
acception traditionnelle, dans la plupart des pays du monde depuis le début des années
90, il y a toujours un consensus international (particulièrement au niveau de
l’UNESCO et de l’IIPE) sur la nécessité du recours à la méthodologie et aux techniques
d’élaboration des plans de développement, mais pas nécessairement telles qu’elles sont
stipulées dans la littérature classique de la planification, pour la mise en œuvre de
politiques éducatives à moyen et à long terme.
L’activité d’élaboration d’un plan éducatif ne dépend pas, nécessairement, de
l’existence d’un plan de développement économique et social au niveau de la politique
officielle gouvernementale, et elle n’est pas liée nécessairement à l’idée classique des
«plans quinquennaux», mais elle est très utile, voir nécessaire, à adopter même si on
renonce à la planification impérative.
au Maroc, par exemple, la politique de planification, au sens classique, qui était
adoptée, depuis la Constitution de 1962 26, n’est plus actuellement une obligation
constitutionnelle et/ou juridique, néanmoins la Constitution de 2011 fait une allusion
incidemment aux «plans de développement stratégiques» dans son article 75, dans le
contexte des dispositions relatives au vote des dépenses d’investissement.
Même si dans ce cas le plan n’a pas la même force d’obligation, il représente au
moins une feuille de route très utile et fortement conseillée dans la conduite de
programmes et de projets dans le domaine de l’éducation, il s’agit là d’une
planification indicative.
Dans le domaine spécifique de l’éducation, un plan «est la traduction opérationnelle
de la politique d’éducation d’un gouvernement. Il comprend en général i) l’analyse
sectorielle (diagnostic), ii) la politique et les stratégies et iii) le programme d’action27 ».
Le but ultime d’un plan éducatif est de «traduire en termes opérationnels les
orientations nationales qui ont été définies lors de l’étape de formulation de la politique
générale du secteur. Il doit contenir l’estimation des ressources financières requises en
termes de fonctionnement et d’investissements pour atteindre les objectifs d’éducation
et de formation. Il doit également préciser les actions et les activités que les autorités

26
Constitution du 7 décembre 1962, Titre IX, Du Conseil de la promotion nationale et du plan, &
Constitution du 1er juillet 2011,Titre IV Du pouvoir législatif, Des Pouvoirs du Parlement.
27
Gwang-Chol Chang, Elaboration d’un Plan d’Action pour l’Education Une Note Méthodologique,
Paris, UNESCO, Décembre 2003,p. 2.
16
d’éducation entendent mettre en œuvre de manière coordonnée et cohérente au cours
de la période planifiée28.»

3. Cadre du processus d’élaboration d’un plan de l’éducation


Dans une démarche de planification stratégique, l’élaboration d’un plan est un
processus itératif. Des révisions peuvent s’avérer nécessaires en confrontant les
objectifs aux ressources disponibles et prévues.
Les stratégies peuvent nécessiter d’être repensées lors de l’élaboration de
programmes détaillés, et les contraintes liées à l’exécution peuvent conduire à une
redéfinition des cibles et des programmes ce qui peut, après consultations, donner lieu
à un recadrage et à une redéfinition des priorités, des cibles et des détails des
programmes.

- a une vision d’ensemble


- est stratégique
- est exhaustif
Un Plan sectoriel de l’éducation29 : - se fonde sur des données
empiriques
- est réalisable
- est adapté au contexte
- tient compte des disparités

4. Démarche d’Elaboration d’un Plan Educatif


Les principales phases du processus de planification visent chacune à répondre à
une question essentielle de la démarche intellectuelle stratégique, ainsi :
✓ La phase de diagnostic sectoriel répond à la question «où en sommes-nous
aujourd’hui? Quelle est la situation actuelle du secteur et son contexte ? »
✓ La phase de Formulation de politiques essaye de répondre à la question «où
aimerions-nous être demain? Quels sont nos objectifs et notre stratégie ? »
✓ La phase d’élaboration du plan tend à répondre à la question «comment y
parvenir ? Et comment équilibrer les objectifs et les moyens »
✓ La phase de Suivi-évaluation est destinée à répondre à la question «Comment
savoir si nous avançons dans la bonne direction? Sinon comment prendre
des mesures correctives ? »
Bien qu’il y ait un ordre logique et séquentiel de ces différentes phases, il n’y a pas
d’ordre chronologique précis pour entamer ou achever chacune d’elles. En réalité, les
réponses aux différentes questions sont liées et ont une influence les unes sur les autres.
Avant de passer en revue les phases d’élaboration d’un plan éducatif et comment
réaliser chacune d’elles, il faut souligner que la réussite du planificateur, dans la
conduite de ce processus, nécessite de sa part la maîtrise du processus, et des
connaissances et savoir-faire en méthodes d'élaboration du plan, et notamment :
- les différentes techniques usuelles de planification de l’éducation;

28
Gwang-Chol Chang et Mohamed Radi, Planification de l’éducation par la simulation informatique,
Paris, UNESCO, 2001, p. 7.
29
UNESCO/IIPE/Le Partenariat mondial pour l’éducation(GPE),Guide pour la Préparation d’un Plan
Sectoriel de l’Education,Paris, UNESCO/IIPE, 2015, p. 9.
17
- la connaissance et l’analyse des circuits de décisions (internes et externes au
département de l’éducation);
- l’identification des structures institutionnelles concernées par l'élaboration du plan
éducatif;
- l’analyse des enjeux socio-économiques du plan éducatif.

4.1 Déclaration de Mission politique et de Vision societale


Cette déclaration, à souvent, d’une part, un contenu politique relatif à la mission que
doit remplir le plan à élaborer, et d’autre part une dimension «sociétale» relative à la
vision de la finalité du projet de société que le système éducatif est censé servir. Les
manuels sur la planification stratégique recommandent généralement qu’une telle
déclaration doit résumer :
- « l’objectif général que l’organisation (le système éducatif) essaie d’atteindre ;
- la principale méthode qu’elle va appliquer pour atteindre cet objectif ;
- les principes et valeurs de base qui guideront l’accomplissement de la mission.30 »

4.2 Diagnostic Sectoriel


Il est dit «sectoriel», quand il concerne tout le secteur éducatif avec ses différents
aspects.
Le diagnostic sectoriel ne se limite pas à l’analyse de la situation en cours, mais
comprend une analyse du passé, car l’analyse des tendances passées est essentielle pour
comprendre la dynamique du développement éducatif.
En outre, le diagnostic sectoriel «ne doit pas être limitée au système éducatif en tant
que tel, mais doit également tenir compte de l’environnement dans lequel le système
fonctionne. À cet égard, l’analyse des tendances démographiques, du système
économique et, notamment de la situation financière, ainsi que du contexte
socioculturel est particulièrement pertinente31.»
Après les étapes classiques du diagnostic sectoriel, à savoir: la collecte des
informations, le traitement et l’analyse des informations, et la préparation des résultats
du diagnostic, la planification stratégique suggère un apport important, celui du
partage du diagnostic avec les différents acteurs et partenaires, à travers la
communication et le dialogue. Cette démarche permet l’implication de ces acteurs pour
atteindre les objectifs.

4.3 Formulation de Politiques Educatives


Il s’agit de la formulation et aussi de la formalisation des choix et orientations
politiques du département de l’éducation, et du gouvernement en général, en tenant
compte des possibilités économique et financières du pays. C’est pour cela que cette
phase est directement liée au cadrage macroéconomique (part de l’éducation dans le
budget et dans le PIB,…), car «La formulation des politiques porte sur les orientations

30
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique Concept et principes,Paris, UNESCO/IIPE,
2014,p. 14.
31
Ibid, p. 11.
18
et les objectifs au sens large et à long terme (…) La politique éducative est, par
définition, étroitement liée à la politique de développement générale du pays. 32»
En définitive, il s’agit, dans cette phase, de «déchiffrer» les orientations politiques
pour pouvoir ensuite les «chiffrer» (lors de la phase suivante d’élaboration du plan
proprement dite), en déclinant ces choix politiques en objectifs chiffrés, et ceci passe
nécessairement par « l’analyse :
- des politiques éducatives explicites lorsqu’elles existent ;
- des politiques implicites telles qu’elles apparaissent dans les décisions concrètes
adoptées par le gouvernement et dans le choix des projets de développement de
l’éducation en cours;
- de toutes les politiques de développement qui ont un impact direct sur les
politiques éducatives (par exemple les politiques préconisées dans les Documents
de stratégie pour la réduction de la pauvreté et/ou les Plans de développement
nationaux) ;
- des engagements internationaux du gouvernement, par exemple les OMD
(Objectifs du Millénaire pour le développement), les objectifs de l’EPT (Éducation
pour tous), la Déclaration de Salamanque, etc.) 33»

4.4 Élaboration du Plan Stratégique à moyen terme


Il s’agit, en résumé, de la sélection des domaines prioritaires et des principaux
objectifs du Plan Stratégique à moyen terme. « Cela revient, au fond, à entreprendre
les activités suivantes:
✓ traduire les objectifs politiques à long terme en objectifs et cibles spécifiques,
mesurables et qui devront être atteints dans un laps de temps donné ;
✓ concevoir des programmes d’action prioritaires systématiques pour atteindre les
objectifs, en indiquant les principales activités à mener, les échéances
correspondantes et les unités responsables de chaque activité ;
✓ estimer les ressources humaines, matérielles et financières qui seront nécessaires
pour mener à bien le plan, calculer les coûts correspondants et les équilibrer avec
les ressources disponibles34. »
La réalisation de ces activités nécessite de passer par les étapes suivantes :

• Sélection des Objectifs et des Domaines Prioritaires


Le planificateur est appelé à construire un modèle de simulation (Chapitre 4 :
Elaborer des Etudes Prospectives) et y insérer les objectifs éducatifs quantifiés et les
différents donnés et indicateurs éducatifs et pédagogiques en vue d’élaborer les
scénarios possibles de développement du système éducatif. Ces derniers vont permettre
aux responsables politiques de prendre des décisions en connaissance de cause des
différentes options possibles.
En fonction du scénario de référence choisi, le planificateur de l’éducation
détermine les besoins permettant l’atteinte des objectifs fixés lors de la phase de
Formulation de Politiques Educatives.

32
Ibid, p. 19.
33
Ibid, p. 19.
34
Ibid, p. 20.
19
L’analyse des implications pédagogiques et matérielles de chaque scénario du
modèle permet aussi de faire un premier «arbitrage technique», entre différents
scénarios, avant l’arbitrage politique.

• Consultation Formelle des Acteurs


Après la réalisation des phases «techniques», à savoir le diagnostic sectoriel, la
formulation des politiques et la sélection des principaux objectifs et des domaines
prioritaires, c’est le moment opportun pour lancer un processus de dialogue, de
consultation et de négociation avec les principaux acteurs et des différentes catégories
de partenaires. Leurs avis et leurs suggestions concernent particulièrement:
« • les principaux défis qui s’annoncent,
• les objectifs et les orientations de la politique nationale choisies;
• les principaux objectifs du plan et les domaines prioritaires choisis. 35 »
Ces consultations concernent généralement :
« • les partenaires du développement,
• les organisations et agents de la société civile,
• les associations des professionnels de l’éducation, dont les syndicats d’enseignants,
les associations parents/professeurs, etc. ;
• le secteur privé de l’éducation,...36 »
Cette étape a pour but d’arriver à une sorte de consensus sur «la définition des
priorités politiques», avant la déclinaison des besoins en «programmes et projets
prioritaires».

• Conception des Programmes Prioritaires

« Dès que les objectifs du plan et les domaines d’action prioritaires ont été fixés,
les programmes prioritaires spécifiques doivent être conçus pour réaliser les
objectifs, en indiquant précisément les buts à atteindre et les résultats escomptés (pour
chaque programme), les principales activités à mener, les délais correspondants, les
indicateurs, (et) les unités responsables pour chaque activité, etc. 37»
Le choix des programmes prioritaires n’est pas une tâche purement technique, il est
étroitement lié à la formulation des politiques. Il ne peut donc être laissé aux seuls
cadres de planification, mais implique une étroite interaction entre planificateurs,
décideurs politiques et parties prenantes.

• Préparation du Cadre des Coûts et du Financement


Le cadre des coûts et du financement du projet de plan et de ses programmes
prioritaires a pour but de répondre à des questions clés telles que :
- « Quelle part des ressources de la nation doit-on consacrer à l'éducation, où parait
se situer la limite du faisable en termes non seulement de ressources financières
mais de ressources réelles?

35
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique Concept et principes, Paris, UNESCO/IIPE,
2014, p. 23.
36
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique Mesures organisationnelles, Paris,
UNESCO/IIPE, 2014, p. 13.
37
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique: Techniques et méthodes,Paris,
UNESCO/IIPE, 2013,p. 24.
20
- Qui doit payer? Comment la charge des sacrifices et des dépenses d'éducation
doit-elle être repartie ?
- Quelle doit être la répartition des ressources totales mises à la disposition de
l'éducation selon les différents niveaux d'éducation, types d'enseignement et
catégories de dépenses.38»
« Durant cette phase de Préparation du Cadre des Coût, il faut estimer les coûts des
divers programmes prioritaires, et calculer le coût total du plan (dépenses de
fonctionnement et d’investissement), qui doit être en accord avec les estimations des
fonds disponibles. Pour ce faire, il faudra réaliser un test final de faisabilité des
objectifs du plan. 39»

a. Arbitrage Politique
«Au vu des choix qui leur sont proposés par les services de planification (…), les
autorités gouvernementales ne procèdent pas, dans l'abstrait, à des arbitrages portant
exclusivement sur des volumes de crédits, mais à des choix concrets entre le degré
respectif de satisfaction des besoins qui peut être obtenu…. Ainsi, les arbitrages
financiers sont liés étroitement à l'analyse des besoins à satisfaire et au contenu
des objectifs dont le financement est proposé40. »
L‘arbitrage sur la répartition des crédits est une opération difficile, tant sur le plan
des techniques de planification, que sur le plan purement politique, car « l’expérience
prouve que le total des crédits demandés par les différents organes spécialisés dans la
préparation du plan dépasse les possibilités de financement et, en conséquence, les
arbitrages gouvernementaux peuvent conduire à réduire les demandes présentées »41.

b. Conception d’un Système de Suivi-Evaluation du Plan


Dans la planification traditionnelle, on parle souvent de suivi de conformité, ce qui
signifie de vérifier que les données et les activités sont conformes aux plans et budgets
établis. Cependant, «la planification stratégique considère que le suivi de conformité
n’est pas suffisamment performant, et préfère vérifier si les résultats escomptés ont été
atteints ou non. En d’autres termes, l’accent n’est plus mis sur le suivi de la conformité
mais sur le suivi de la performance (ou des résultats). »

c. Rédaction du Document de Plan


Il n’y a pas de modèle standard pour rédiger un document de plan. Les documents
de plans diffèrent par leur structure, leur longueur et leur mode de présentation.
Cependant, dans cette grande variété, ils ont en commun certains éléments clés,
notamment :

- « Analyse de la situation: elle comprend l’identification des principaux défis à


venir, et elle est le fruit de la phase de diagnostic. Elle peut être présentée dans un
chapitre spécifique ;

38
Philip H. Coombs, Qu’est ce que la planification de l’éducation, Paris, UNESCO/IIPE, 1970, p. 39.
39
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique : Mesures organisationnelles, Paris,
UNESCO/IIPE, 2014, p. 18.
40
Raymond Poignant, Les plans de développement de l'éducation et la planification économique et
sociale,Paris, UNESCO/IIPE,1967,p. 31.
41
Ibid, p. 43.
21
- Présentation de la politique éducative: elle n’est pas toujours très explicite et se
confond parfois avec une présentation des finalités du plan sectoriel et les objectifs
spécifiques du programme ;
- Présentation détaillée des programmes prioritaires: Section du cadre stratégique
et contient généralement la présentation détaillée des différents programmes
prioritaires, avec des informations écrites complémentaires sur les principaux
problèmes à traiter et les principales stratégies à appliquer ;
- Informations sur les coûts et le cadre budgétaire: cette section comprend souvent
des annexes détaillées et, est intégrée au cadre de dépenses à moyen terme
(CDMT) ;
- Informations sur la mise en œuvre et le suivi du plan: indication claire des
structures et des procédures42»
À la fin de cette phase, de rédaction du projet préliminaire de plan, ce projet est
communiqué à tous les acteurs et partenaires, en particulier aux ministères des
Finances et de la Planification et aux niveaux décentralisés et déconcentrés du système,
dans le but de recueillir leurs commentaires et suggestions.

d. Approbation Officielle du Plan Final


Avant l’adoption finale du plan, «la révision du projet de plan doit prendre en
compte les commentaires et suggestions recueillis auprès des divers acteurs. Le plan
révisé sera ensuite transmis au comité de pilotage pour être évalué, puis recommandé
au ministre pour l’approbation officielle. 43»
Il s’agit d’un plan opérationnel détaillé. Il relie les stratégies, les programmes et les
ressources et il fournit des informations sur le calendrier, les rôles et les responsabilités,
les sources de financement et entités responsables d’exécution.
Dès qu’il aura reçu l’approbation officielle, «il est recommandé de médiatiser
l’événement afin d’informer le grand public de l’existence du plan et de mobiliser les
différents acteurs en vue de réussir sa mise en œuvre. 44»

e. Phase de Mise en Œuvre du Plan (Plans Opérationnels Annuels)


Le plan opérationnel annuel doit expliquer clairement:

-les objectifs spécifiques (résultats attendus) à atteindre dans l’année;


-les activités précises qui seront entreprises afin d’atteindre les résultats voulus dans
l’année;
-les unités administratives chargées de l’exécution des différentes activités;
-un chronogramme de réalisation des projets et le calendrier de chaque activité.

La mise en œuvre d’un plan et l’élaboration des programmes d'action requiert des
connaissances et procédures relatives aux techniques de planification de l’éducation
(notamment de carte scolaire), en ingénierie de projet (gestion et pilotage) et en

42
Gabriel Carron et Khalil Mahshi,Planification stratégique : Mesures organisationnelles, Paris,
UNESCO/IIPE, 2014,p. 41.
43
Ibid, p. 19.
44
Ibid,p. 42.
22
modalités de suivi budgétaire des programmes. Elle nécessite aussi des savoir faire qui
permettent de :

-- «traduire les objectifs en propositions opérationnelles;


- planifier la mise en œuvre des actions, selon un calendrier d'exécution;
- identifier et mobiliser les acteurs responsables de l'exécution;
- animer des équipes pour la mise en place des programmes d’action;
- élaborer des guides pour opérationnaliser l’application des mesures.45 »

f. Mise en Œuvre du Dispositif de Suivi-Evaluation Annuel du Plan


Les étapes du suivi-évaluation annuel consistent en général à collecter et traiter les
données suivantes :
 données concernant les réalisations effectives
 données concernant les réalisations prévues
 les écarts sensibles par rapport au plan
 l’identification des problèmes
 les mesures à prendre (mesures correctives ou de redressement).

g. Elaboration du Rapport d’Evaluation Globale du Plan


Il s’agit, en plus de la synthèse des rapports de suivi et d’évaluation annuels, d’une
évaluation qui offre une appréciation systématique et objective du plan et de
déterminer la pertinence et l’accomplissement des objectifs, l’efficacité en matière de
développement, l’efficience, l’impact et la durabilité et interroge sur :
- le processus de préparation du plan ;
- l’implication des parties prenantes ;
- la conception des programmes et la hiérarchisation des stratégies ;
- l’élaboration et le financement du plan d’action ;
- la capacité du système et la gouvernance….
Le dernier rapport du bilan final ne vise pas seulement à «évaluer l’impact final et
les effets directs en termes de pertinence, de rendement et de viabilité, mais aussi à
analyser les raisons pour lesquelles certains résultats ont été atteints et pas d’autres, et
à tirer des leçons pour d’éventuelles mesures correctives de politique générale et pour
préparer le plan à moyen terme suivant. 46»

45
UNESCO/ Bureau Multi-pays de Rabat, Référentiel de Compétences du Planificateur de l’Education,
tableau ACTIVITE 3 : Elaborer et Mettre en œuvre le plan de développement, p. 30.
46
Gabriel Carron et. Khalil Mahshi, Planification stratégique: Techniques et méthodes,Paris,
UNESCO/IIPE, 2013,p. 39.
23
Chapitre 6

Elaboration et conduite
d’un projet

Pour cette activité, Il s’agit en fait pour le planificateur, non pas seulement
d’élaborer des projets, mais être aussi en mesure de les réaliser, leur assurer le suivi, le
pilotage et l’évaluation, qu’il les ait lui-même élaborés ou qu’ils soient élaborés par
une autre entité.

1. Concept et définition
Dans le cadre de la planification de l’éducation, nous entendons par projet:
«Un ensemble d'investissements et d'autres activités planifiées visant la réalisation
d'objectifs spécifiques dans le cadre d'une période et d'un budget déterminés» 47.
Aussi, le Glossaire Des Termes Utilisés Dans Le Domaine De L'évaluation De
L'aide Au Développement, définit un projet comme «Intervention publique unique, non
divisible, visant à atteindre des objectifs opérationnels. Le projet est une composante
d'un programme qui contribue en partie à satisfaire un besoin.
Le projet ne dure, en principe, qu'un temps très limité et prend fin avec la livraison
du produit (biens et services) qu'il doit rendre.
Dans ce sens, le projet peut être soit une déclinaison d’un plan ou d’un programme
ou une proposition que le planificateur peut être amené à élaborer, réaliser et évaluer
pour remédier aux faiblesses d’un plan ou programme. Il peut être de portée nationale
comme il peut couvrir un aspect dans une localité bien particulière.
« Un projet peut se définir comme étant l’ensemble des activités coordonnées et
mises en rapport visant accomplir un objectif précis, lequel est généralement atteint
pendant une période de temps définie au préalable tout en respectant un budget 48 ».
La COMMISSION EUROPEENNE (2001) pense que « le projet est une séries
d'activités avec des objectifs précis, conçus pour produire des résultats spécifiques dans
un délais donné ».
A la lumière de ces différentes définitions, on voit que la définition du concept projet
implique toujours quatre mots clés qui sont : objectifs - activité - résultats - délais.

47
. C. Baum et S. M. Tolbert, Investing in development, Oxford UniversityPress, 1985 ; IIPE, Unité sur
l'identification, la préparation et l'évaluation des projets d'éducation, Programme de formation
approfondie en planification et administration de l’éducation 1987/88, Paris, Unesco : IIPE, 1987, cité
par André Magnen, Les projets d'éducation : préparation, financement et gestion, Paris, Unesco/IIPE,
(1996), p. 14.
48
Lire tout: Définition de projet - Concept et Sens [Link]
24
2. Place de l’élaboration des projets dans le processus de
planification
« Les projets font le lien entre les objectifs généraux de la programmation et les
réalisations concrètes obtenues grâce aux opérations et activités. Ils sont une étape vers
la réalisation des objectifs du programme dont ils sont une composante, de façon
complémentaire avec les autres projets du programme. 49»
Les projets sont donc un moyen qui permet la mise en œuvre des politiques
éducatives avec l’avantage de permettre aux gestionnaires de les maîtriser, car leurs
objectifs, leur budget et leur période d'intervention sont nettement délimités.

3. Les étapes successives d'un projet


Cycle de gestion du projet
C’est un « Outil permettant de comprendre les tâches et fonctions managériales
devant être effectuées durant toute la durée du projet. Cela comprend généralement les
étapes d'identification, de préparation, d'appréciation, de mise en œuvre/supervision,
d'évaluation, d'achèvement et de conclusions. 50»

Schéma du cycle d’un projet


Mis en forme : Police :12 pt, Police de script complexe
:Times New Roman, 12 pt

Evaluation
Identification
Dispositif de suivi
et pilotage

Exécution Préparation

Budgétisation

Négociation Appreciation

49
Centre Européen d'Expertise en Evaluation/OCDE, 2000 ,Glossaire Des Termes Utilisés Dans Le
Domaine De L'évaluation De L'aide Au Développement, (disponible sur :
[Link]/dac/evaluation/dcdndep/[Link] ), Novembre 2000, p. 34.
50
Centre Européen d'Expertise en Evaluation/OCDE, 2000 ,Glossaire Des Termes Utilisés Dans Le
Domaine De L'évaluation De L'aide Au Développement, (disponible sur :
[Link]/dac/evaluation/dcdndep/[Link] ), Novembre 2000, p. 12.
25
▪ L'identification du projet
Elle a pour but de sélectionner un ou plusieurs projets prioritaires pour le
développement du système éducatif ou de l’un de ses sous-systèmes. « La justification
de la priorité des projets identifiés est donc la principale fonction de l'identification.
Justifier un projet d'éducation, c'est montrer qu'il est prioritaire, qu'il est susceptible
d'améliorer notablement la situation de l'éducation. 51»
Il s’agit aussi, lors de cette justification, de définir les objectifs, la stratégie et les
principales caractéristiques dudit projet.

▪ La préparation du projet
La préparation a deux objectifs: i) d’étudier en détail les aspects du projet de manière
à s'assurer de sa viabilité, qu'il est raisonnablement viable; ii) de planifier son exécution
et d’en fixer les délais.
« Elle (la préparation) étudie tous les aspects (techniques, institutionnels, socio-
politiques, économiques et financiers) qui conditionnent la réussite du projet. Elle
détaille les investissements nécessaires et chiffre leur coût, ainsi que les dépenses
récurrentes supplémentaires engendrées par le projet. Elle envisage l'organisation à
prévoir et les mesures à prendre pour l'exécution du projet, ainsi que le fonctionnement
ultérieur des institutions concernées. 52»

▪ L'appréciation du projet
L'appréciation est précisément l’examen approfondie du projet, sur la base du
rapport de préparation (ou d'élaboration) du projet auquel se livrent les services ou
organismes qui devraient en assurer le financement (Ministère des Finances, sources
d'aide extérieure, etc.) avant de l'approuver.
« Le mot ‘’évaluation’’ est souvent employé en français pour désigner cet examen
des projets avant leur mise en œuvre.
La négociation entre les responsables du Ministère de l'Éducation et ceux des
décideurs financiers intervient le plus souvent au terme de l'étape d'appréciation d'un
projet d'éducation. Elle aboutit à un accord sur les objectifs, la conception, le contenu
et le mode de financement du projet. 53»

▪ L’exécution du projet
« L’exécution, ou gestion, comprend la mise en œuvre de tous les investissements
et des autres interventions prévues par le projet. »
Ainsi, elle peut inclure la construction de bâtiments, l'achat d'équipements, la
formation du personnel, l'assistance technique, et des prestations diverses. Cette étape
comprend aussi le « pilotage » et le suivi de la mise en œuvre du projet.

▪ Le suivi et l'évaluation du projet


Le suivi vise à déceler et analyser les difficultés d’exécution et de gestion que tout
projet rencontre au cours de sa réalisation, notamment ceux qui sont imprévisibles, et
ce pour les résoudre en temps voulu. «Le suivi a pour objet de communiquer aux

51
André Magnen, Les projets d'éducation : préparation, financement et gestion, Paris, Unesco : IIPE,
1985, p. 27.
52
André Magnen, Les projets d'éducation : préparation, financement et gestion, Paris, Unesco : IIPE,
(1996),p. 28.
53
Ibid, p. 29.
26
responsables du projet des informations périodiques portant sur un certain nombre
d'indicateurs. Les responsables peuvent ainsi déceler rapidement les difficultés afin d'y
remédier en temps utile.»
Quant à l'évaluation, elle est destinée à mettre en en lumière des problèmes
potentiels sérieux, et elle est effectuée, soit en cours d'exécution, par exemple à mi-
parcours, ce qui en fait un bilan provisoire du projet. «Si elle met en lumière des
problèmes potentiels sérieux, son analyse pourra éventuellement conduire les
responsables à décider certains changements dans les objectifs, la stratégie ou le
contenu du projet. 54»
L'évaluation finale, dite aussi rétrospective, est une étude des résultats du projet
après son achèvement. Elle compare les investissements effectués et les résultats
obtenus avec les prévisions originelles du projet. « Son but principal est d'identifier les
raisons des succès et des échecs apparents afin d'en informer les autorités et d'en tirer
les leçons pour de futurs projets. 55»

4. Démarche d’un projet

Adoption d’un modèle de base à la planification du système de suivi et d’évaluation,


au sens où les outputs et les effets du projet seront analysés à l’aide d’indicateurs
quantitatifs ou qualitatifs, afin de :
✓ améliorer le suivi de mise en œuvre;
✓ améliorer l’évaluation périodique des projets.
✓ associer les diverses parties concernées dès la conception du projet de manière à
examiner leurs rôles respectifs, leurs différents intérêts, leur pouvoir et leur
capacité à participer ;
✓ estimer le degré de collaboration ou de frictions potentielles entre les différents
acteurs, pour finalement intégrer les résultats de l'analyse à l’élaboration du
projet.
4.1 Analyse des problèmes et des parties prenantes
▪ Identifier les problèmes clés, les contraintes et les opportunités ;
▪ identifier et évaluer parties prenantes les plus importantes.
Exemple de l’arbre des problèmes

EFFETS

54
Ibid, p. 30.
55
Ibid, p. 30. CAUSES 27
4.2 Formulation des stratégies
▪ définir des solutions sur la base des problèmes identifiés ;
▪ identifier différentes stratégies pour réaliser les solutions et opérer
un choix.

Critères d’une stratégie


Bénéfice pour le groupe cible;
Pertinence de la stratégie vis-à-vis des politiques
nationales;
Faisabilité politique, technique, financière et
institutionnelle;
Durabilité de l’intervention ;
Dimension temps.

Exemple de l’arbre des solutions/Objectifs

RESULTATSQ

MOYENS

4.3 Programmation
▪ Développer une matrice qui définit la structure du projet et les
indicateurs mesurables de sa réussite
▪ Ordonnancement des activités pour déterminer la séquence et les
interdépendances entre les activités, estimer leur durée et leur coût
et pour assigner les responsabilités

4.3.1 Programmation
Pour veiller sur le bon démarrage et déroulement du projet, la première démarche
consiste à orienter les efforts vers:
• une organisation bien élaborée (le temps de démarrage
respecté, les équipes en places; les rôles de chacun sont
clairs, toutes les ressources bien identifiées…)
• la communication entre parties prenantes du projet.

28
4.3.2 Budgétisation du projet
Evaluation du coût financier de chaque action élémentaire et de l’ensemble des
programmes prévus dans le cadre du projet.
Le Chiffrage est un module de calcul des coûts des programmes. Il complète la fiche
de projet. Pour laisser plus de flexibilité aux utilisateurs en fonction du niveau de
détails de leur structure des programmes, trois options de chiffrage doivent être
prévues, à savoir :
• le chiffrage par projet ;
• le chiffrage par activité;
• le chiffrage par opérations.

Chapitre 7

Budgétisation d’un plan et


élaboration d’un budget

Dans ce chapitre nous essayerons d’illustrer la place et le rôle du budget dans le


processus de planification et de gestion de l’éducation, et de présenter la démarche de
budgétisation d’un plan éducatif et celle de l’élaboration d’un budget annuel. De

29
même, nous aborderons le cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) pour montrer
son importance dans l’intégration des politiques, des plans et des budgets.

5. Concept et définition
Le budget est un instrument de planification, de politique, de gestion et de
législation.
En effet, le budget étant un outil d’allocation des moyens aux secteurs, institutions
et activités, il constitue donc un exercice de planification à court et à moyen terme, qui
doit être placé dans le cadre d’une vision à plus long terme.
Le budget correspond à des options et des choix politiques, c’est un instrument de
mise en œuvre de choix politiques.
En allouant les moyens aux différentes entités administratives, le budget donne le
cadre des moyens avec lesquels les services doivent fonctionner, c’est donc un
instrument de gestion.
Le Budget approuvé est une législation (appelé d’ailleurs loi de finances), il
s’impose à tous les acteurs.

6. Rôle et place de la budgétisation dans la planification


La coordination et l’intégration des politiques, des plans, des programmes et des
budgets garantissent et assurent la performance et l’efficacité budgétaires.
Les activités de budgétisation interviennent dans le processus de planification à
différentes phases:
✓ au moment du cadrage macroéconomique des orientations politiques
(nationales) ;
✓ au moment de la budgétisation des programmes et des projets du plan (coût
des activités et des opérations du plan) ;
✓ pendant l’élaboration des cadres de dépenses à moyen terme (CDMT), qui
constituent le cadre de référence pour la contractualisation ;
✓ au moment de l’élaboration d’un budget annuel.

7. La Budgétisation d’un plan


Elle constitue un cadre des coûts et du financement d’un plan et passe par :

1. La Mise au point du cadre macroéconomique


Consiste à délimiter les projets du plan et ses dépenses dans le contexte des dépenses
publiques; ceci nécessite l’analyse de l’évolution macroéconomique. à travers:
▪ L’évolution de la part des dépenses publiques d’éducation dans les dépenses de
l’Etat
▪ L’évolution de la part des dépenses d’éducation dans le produit intérieur brut
(PIB).

2. L’évaluation du Coût des activités du plan


La budgétisation du plan, par scénario, par année et par type de programmes en
faisant:
▪ Lister les activités qui ont une incidence sur les coûts;
30
▪ Calculer les coûts unitaires pour chaque type d’activité;
▪ Identifier les besoins chiffrés en ressources;
▪ Établir les coûts et estimer les besoins financiers pour mettre en œuvre les
projets du plan.

Cette étape permet d’évaluer les conséquences financières et sert aussi pour calculer
le déficit restant, pour lequel des ressources additionnelles devraient être mobilisées
(coopération, partenariats, etc.), ou une révision des stratégies et de certaines cibles.

8. Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT)


Le cadre de dépenses à moyen terme est l’instrument de l’intégration des politiques,
des plans et des budgets, par la définition de programmes de dépenses, basés sur les
priorités publiques.
Il s’agit d’établir des plafonds budgétaires pour un nombre d’années (souvent sur trois
ans), sur la base des priorités gouvernementales et des objectifs et plans sectoriels
présentés par les différents départements.
Le CDMT est élaboré, puis réactualisé et réajusté chaque année, selon les étapes
suivantes:
l’analyse du secteur;
l’identification de la structure de programmes;
l’élaboration des cadres stratégiques des programmes;
la mise en place d’un système de suivi-évaluation du CDMT.

9. Elaboration d’un Budget Annuel

La préparation du budget du département de l’Education s’effectue en général à deux


niveaux:
5.1 Préparation du budget national

Sur la base du CDMT national, des contraintes du cadre macroéconomique et de la


conjoncture financière, une note de cadrage du budget national est élaborée. Elle donne
un cadre préliminaire du budget de l’Education Nationale, en simulant des scénarios de
l’évolution du budget du département sur la période future (Budget MEN/Budget Etat;
Budget MEN/PIB, …).
Cette note d'orientation budgétaire est adressée aux Directions Centrales et aux
entités décentralisées au niveau régional, et en général aux services chargés de la
mise en œuvre de l’ensemble des programmes, pour préparer leurs propositions
budgétaires, sur la base de:
L’estimation ou la reconduction des coûts de
fonctionnement régulier du système, et des propositions
d’accroissement ou de développement ;
La revue des programmes en cours, à reconduire ou à
étendre ;
Un plaidoyer spécifique pour les programmes
nouvellement proposés ;
Les moyens pour limiter la croissance du budget en deçà
31
de l’objectif déterminé par le «plafond» de dépenses
(CDMT).
5.1 Préparation du budget régional
Le rôle des structures régionales, dans l’élaboration du budget, intervient en deux
temps:
1er temps, en amont:
Avant la détermination du budget de l’éducation au niveau national, chaque entité
régionale prépare son projet de budget, en tenant compte des besoins et des spécificités
des territoires régionaux et dans une perspective d’établir l’équilibre, l’équité et
l’harmonisation entre les territoires de la région.
2ième temps, en aval :
Une fois le projet de budget national arrêté, les services centraux du Ministère
procèdent à une première répartition du budget par région sur la base:
i) des projets de budgets régionaux présentés en première phase;
ii) d’un arbitrage technique selon des critères de priorisation des programmes et
projets.
A la fin, une conférence budgétaire nationale est organisée pour procéder aux
arbitrages nécessaires dans un cadre de contractualisation et arrêter le budget
définitif de chaque région.

32

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