UEPHI 331 : Éthique et philosophie politique
Sujet : Hobbes a-t-il été trahi par Rousseau ?
Introduction
Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau sont deux penseurs majeurs de la philosophie
politique moderne. Tous deux ont recours à l’idée d’un état de nature et à la notion de contrat social
pour expliquer la naissance de la société politique. Cependant, leurs analyses semblent opposées :
là où Hobbes voit un homme naturellement violent, Rousseau voit un être naturellement bon. La
question est donc de savoir si Rousseau, en s’opposant à Hobbes, trahit sa pensée ou la prolonge
autrement.
I. Les points d’accord entre Hobbes et Rousseau : un cadre théorique commun
1. L’état de nature comme hypothèse de raison
Les deux auteurs utilisent l’état de nature comme une fiction permettant de comprendre le
fondement de la société.
2. Le contrat social comme fondement de la société
Hobbes comme Rousseau affirment que la société résulte d’un accord volontaire des individus.
II. La rupture majeure : Rousseau contredit Hobbes sur la nature humaine
1. Hobbes : l’homme est naturellement dangereux
L’homme est égoïste et violent, et seul un pouvoir fort peut maintenir la paix.
2. Rousseau : l’homme est naturellement bon
L’homme naturel est paisible ; c’est la société qui corrompt.
III. Le fondement de l’autorité politique : deux conceptions opposées
1. Hobbes : un pouvoir absolu
Le contrat hobbesien repose sur la soumission à un souverain pour éviter la guerre.
2. Rousseau : la souveraineté populaire
Le contrat rousseauiste fonde la liberté et la participation citoyenne.
Conclusion
Rousseau « trahit » Hobbes en inversant sa vision de la nature humaine et de l’autorité politique,
mais ne le trahit pas totalement puisqu’il conserve le cadre théorique du contrat social. Il apparaît
comme un réformateur critique de Hobbes.