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Intégration multiple en 2 et 3 dimensions

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COURS : Intégration multiple en dimensions 2 et 3

Dr. ESSONO René

Introduction
L’intégration multiple est une généralisation de l’intégrale simple aux fonctions de plusieurs
variables. Pour une fonction f : D ⊂ Rn → R avec n = 2 ou n = 3, on définit l’intégrale
multiple comme :
ZZ ZZZ
f (x, y) dx dy ou f (x, y, z) dx dy dz
D D

Interprétations géométriques et physiques


— En dimension 2 : Si f (x, y) ≥ 0 sur D ⊂ R2 , alors
ZZ
f (x, y) dx dy
D

représente le volume du solide situé au-dessus du domaine D dans le plan xy et sous la


surface d’équation z = f (x, y).
— En dimension 3 : L’intégrale triple
ZZZ
f (x, y, z) dx dy dz
D

peut représenter :
— La masse d’un objet occupant la région D si f est la densité massique
— La charge électrique totale si f est la densité de charge
— Le volume de D si f (x, y, z) ≡ 1
— Le moment d’inertie pour des problèmes de mécanique

Exemple introductif simple


Volume d’un parallélépipède rectangle :
Soit D = [a, b] × [c, d] × [e, f ] un parallélépipède rectangle. Son volume est :
ZZZ Z bZ dZ f
V = 1 dx dy dz = 1 dz dy dx = (b − a)(d − c)(f − e)
D a c e
Aire d’un rectangle :
Soit D = [a, b] × [c, d] un rectangle dans le plan. Son aire est :
ZZ Z bZ d
A= 1 dx dy = 1 dy dx = (b − a)(d − c)
D a c

1
Hypothèses importantes
Pour que ces intégrales existent et que les théorèmes principaux s’appliquent, on suppose
généralement que :
1. La fonction f est bornée sur D
2. La fonction f est continue (ou continue par morceaux) sur D
3. Le domaine D est mesurable (typiquement, fermé et borné avec frontière "suffisamment
régulière")

Notations alternatives
On rencontre parfois les notations suivantes :
ZZ ZZ ZZZ
f (x, y) dA, f (x, y) dS, f (x, y, z) dV
D D D

où dA désigne l’élément d’aire, dS l’élément de surface (dans le cas d’intégrales de surface), et


dV l’élément de volume.

Approche intuitive
L’idée fondamentale derrière l’intégration multiple est la même qu’en dimension 1 : on
découpe le domaine en petits éléments, on évalue la fonction sur chaque élément, on somme, et
on passe à la limite quand la taille des éléments tend vers zéro.
— En dimension 2 : on découpe D en petits rectangles d’aires ∆x∆y
ZZ X
f (x, y) dx dy ≈ f (xi , yj )∆x∆y
D i,j

— En dimension 3 : on découpe D en petits parallélépipèdes de volumes ∆x∆y∆z


ZZZ X
f (x, y, z) dx dy dz ≈ f (xi , yj , zk )∆x∆y∆z
D i,j,k

Plan du chapitre
Nous aborderons successivement :
1. Le théorème de Fubini et l’intégration itérée
2. Les changements de variables (coordonnées polaires, cylindriques, sphériques)
3. Les applications physiques (masses, centres de masse, moments d’inertie)
4. Les techniques spéciales (symétries, changement d’ordre d’intégration)
5. Les intégrales impropres en plusieurs dimensions

1 Théorème de Fubini et intégration itérée


1.1 En dimension 2
Si D = [a, b] × [c, d] est un rectangle et f est intégrable sur D, alors :

2
ZZ Z b Z d  Z d Z b 
f (x, y) dA = f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy
D a c c a
Remarque importante : Ce théorème est valable sous l’hypothèse que f est intégrable
au sens de Lebesgue. En particulier, il s’applique si f est continue sur D, ou plus généralement
si f est bornée et continue presque partout.
Exemple : ZZ Z Z  1 2
(x2 + y) dA = (x2 + y) dy dx
[0,1]×[0,2] 0 0
Calculons d’abord l’intégrale intérieure :
Z 2 y=2
y2

2 2
(x + y) dy = x y + = 2x2 + 2
0 2 y=0
Puis l’intégrale extérieure :
Z 1 1
2x3

2 2 8
(2x + 2) dx = + 2x = + 2 =
0 3 0 3 3
On peut vérifier en changeant l’ordre d’intégration :
ZZ Z 2 Z 1 
2 2
(x + y) dA = (x + y) dx dy
[0,1]×[0,2] 0 0
1 x=1
x3
Z 
1
(x2 + y) dx =
+ xy = +y
0 3 x=0 3
Z 2 2
y y2
  
1 2 8
+ y dy = + = +2=
0 3 3 2 0 3 3

1.2 Domaines non rectangulaires


Pour un domaine D défini par :
D = {(x, y) | a ≤ x ≤ b, g1 (x) ≤ y ≤ g2 (x)}
où g1 et g2 sont des fonctions continues, on a :
Z b Z !
ZZ g2 (x)
f (x, y) dA = f (x, y) dy dx
D a g1 (x)

Inversement, si D est défini par :


D = {(x, y) | c ≤ y ≤ d, h1 (y) ≤ x ≤ h2 (y)}
alors : !
ZZ Z d Z h2 (y)
f (x, y) dA = f (x, y) dx dy
D c h1 (y)

Exemple 1 : Soit D le triangle de sommets (0, 0), (1, 0), (1, 1).
D = {(x, y) | 0 ≤ x ≤ 1, 0 ≤ y ≤ x}
1 x Z 1 y=x Z 1 3  4 1
y2
ZZ Z Z 
x x 1
xy dA = xy dy dx = x· dx = dx = =
D 0 0 0 2 y=0 0 2 8 0 8
Exemple 2 : Calculer l’aire du domaine délimité par les courbes y = x2 et y = 2x. Les
points d’intersection sont solutions de x2 = 2x, soit x(x − 2) = 0, donc x = 0 et x = 2.
Z 2 Z 2x  Z 2 2
x3
ZZ 
2 2 8 4
A= dA = dy dx = (2x − x ) dx = x − =4− =
D 0 x2 0 3 0 3 3

3
1.3 En dimension 3
Pour un parallélépipède D = [a, b] × [c, d] × [e, f ] :
ZZZ Z b Z d Z f  
f (x, y, z) dV = f (x, y, z) dz dy dx
D a c e
L’ordre d’intégration peut être changé selon les bornes du domaine. Pour un domaine général
D ⊂ R3 , on a différentes représentations :
1. Si D = {(x, y, z) | (x, y) ∈ R, α(x, y) ≤ z ≤ β(x, y)} :
ZZZ ZZ Z β(x,y) !
f (x, y, z) dV = f (x, y, z) dz dx dy
D R α(x,y)

2. Si D = {(x, y, z) | a ≤ x ≤ b, g1 (x) ≤ y ≤ g2 (x), h1 (x, y) ≤ z ≤ h2 (x, y)} :


ZZZ Z b Z g2 (x) Z h2 (x,y) ! !
f (x, y, z) dV = f (x, y, z) dz dy dx
D a g1 (x) h1 (x,y)

Exemple : Calculer le volume du tétraèdre délimité par les plans x = 0, y = 0, z = 0 et


x + y + z = 1.
Le domaine est défini par :
D = {(x, y, z) | 0 ≤ x ≤ 1, 0 ≤ y ≤ 1 − x, 0 ≤ z ≤ 1 − x − y}
ZZZ Z 1 Z 1−x Z 1−x−y  
V = dV = dz dy dx
D 0 0 0
1 1−x y=1−x 1
y2
Z Z  Z
= (1 − x − y) dy dx = (1 − x)y − dx
0 0 0 2 y=0
Z 1 Z 1
(1 − x)2 (1 − x)2

2
= (1 − x) − dx = dx
0 2 0 2
1
1 1 x3
Z   
2 1 2 1 1 1
= (1 − 2x + x ) dx = x−x + = 1−1+ =
2 0 2 3 0 2 3 6

1.4 Théorème de Fubini-Tonelli


Pour les fonctions à valeurs positives (mesurables), on a le théorème de Tonelli qui garantit
l’égalité des intégrales itérées sans hypothèse d’intégrabilité :
Si f : D → [0, +∞[ est mesurable, alors :
ZZ Z b Z d  Z d Z b 
f (x, y) dA = f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy
D a c c a
(même si ces quantités sont infinies).
Le théorème de Fubini combine ces résultats : si f est intégrable sur D, alors les intégrales
itérées existent et sont égales à l’intégrale double.
Contre-exemple important : La fonction
x2 − y 2
f (x, y) = 2 pour (x, y) 6= (0, 0)
(x + y 2 )2
sur [0, 1] × [0, 1] vérifie :
Z 1 Z 1  Z 1 Z 1 
π π
f (x, y) dx dy = − et f (x, y) dy dx =
0 0 4 0 0 4
1 2
Ces intégrales itérées sont différentes car f ∈
/ L ([0, 1] ).

4
1.5 Exemples supplémentaires d’intégrales doubles
ZZ
Exemple 3 : Calculer (x2 + y 2 ) dA où D est le domaine délimité par y = x, y = 2x, et
D
x = 1.
Le domaine peut être décrit de deux façons :
— D = {(x, y) | 0 ≤ x ≤ 1, x ≤ y ≤ 2x}
— D = {(x, y) | 0 ≤ y ≤ 2, y2 ≤ x ≤ min(y, 1)}
(plus compliqué)

Utilisons la première description :


ZZ Z 1 Z 2x 
2 2 2 2
(x + y ) dA = (x + y ) dy dx
D 0 x

Calculons d’abord l’intégrale intérieure :


Z 2x y=2x
y3 8x3 x3 10x3

2 2 2
(x + y ) dy = x y + = (2x3 + ) − (x3 + ) =
x 3 y=x 3 3 3

Puis l’intégrale extérieure :


1  1
10x3 10 x4
Z
10 5
dx = = =
0 3 3 4 0 12 6
ZZ
Exemple 4 : Calculer ex+y dA où D est le triangle de sommets (0, 0), (1, 0), (0, 1).
D
Le domaine est : D = {(x, y) | 0 ≤ x ≤ 1, 0 ≤ y ≤ 1 − x}
ZZ Z 1 Z 1−x  Z 1
x+y x+y
 x+y y=1−x
e dA = e dy dx = e y=0
dx
D 0 0 0
Z 1
= (e1 − ex ) dx = [ex − ex ]10 = (e − e) − (0 − 1) = 1
0
Z 1 Z 1
3
Exemple 5 : Changer l’ordre d’intégration pour √
ex dx dy
0 y

Le domaine d’intégration est : 0 ≤ y ≤ 1, y ≤ x ≤ 1
Ceci équivaut à : 0 ≤ x ≤ 1, 0 ≤ y ≤ x2
Donc : Z Z 2
Z Z 1 1 1 x Z 1
x3 x3 3


e dx dy = e dy dx = ex · x2 dx
0 y 0 0 0

Posons u = x3 , alors du = 3x2 dx et lorsque x = 0, u = 0 ; lorsque x = 1, u = 1 :

1 1 u e−1
Z
1
= e du = [eu ]10 =
3 0 3 3

1.6 Exemples supplémentaires d’intégrales triples


ZZZ
Exemple 6 : Calculer xyz dV où D = [0, 1] × [0, 2] × [0, 3]
D
ZZZ Z 1Z 2Z 3
xyz dV = xyz dz dy dx
D 0 0 0

5
z=3
1 2Z 1Z 2
xyz 2
Z Z 
9xy
= dy dx = dy dx
0 0 2 z=0 0 0 2
Z 1 y=2 Z 1  2 1
9xy 2 9x 9
= dx = 9x dx = =
0 4 y=0 0 2 0 2
Exemple 7 : Calculer le volume de la région D délimitée par z = x2 + y 2 et z = 4.
Il s’agit d’un paraboloïde coupé par un plan horizontal. En coordonnées cylindriques :

x = r cos θ, y = r sin θ, z=z

L’équation z = x2 + y 2 devient z = r2 . L’intersection avec z = 4 donne r2 = 4, soit r = 2.


Le domaine est : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ r ≤ 2, r2 ≤ z ≤ 4
ZZZ Z 2π Z 2 Z 4
V = dV = r dz dr dθ
D 0 0 r2
2π Z 2 2π  r=2
r4
Z Z
2 2
= r(4 − r ) dr dθ = 2r − dθ
0 0 0 4 r=0
Z 2π Z 2π
= (8 − 4) dθ = 4 dθ = 8π
0 0
ZZZ p
Exemple 8 : Calculer (x2 + y 2 ) dV où D est le solide délimité par z = x2 + y 2 et
D
z = 1. p
En coordonnées cylindriques : z = x2 + y 2 devient z = r.
Le domaine est : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ r ≤ 1, r ≤ z ≤ 1
ZZZ Z 2π Z 1 Z 1
2 2
(x + y ) dV = r2 · r dz dr dθ
D 0 0 r
Z 2π Z 1 Z 2π Z 1
= r3 (1 − r) dr dθ = (r3 − r4 ) dr dθ
0 0 0 0
2π 5 1 2π
r4 r
Z   Z  
1 1
= − dθ = − dθ
0 4 5 0 0 4 5
Z 2π
1 2π π
= dθ = =
0 20 20 10
ZZZ
Exemple 9 : Calculer z dV où D est la boule unité x2 + y 2 + z 2 ≤ 1.
D
En coordonnées sphériques :

x = ρ sin φ cos θ, y = ρ sin φ sin θ, z = ρ cos φ

avec 0 ≤ ρ ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ φ ≤ π
ZZZ Z 2π Z π Z 1
z dV = (ρ cos φ) · ρ2 sin φ dρ dφ dθ
D 0 0 0
Z 2π Z π Z 1 
3
= cos φ sin φ ρ dρ dφ dθ
0 0 0
2π π 2π φ=π
sin2 φ
Z Z Z 
1 1
= cos φ sin φ · dφ dθ = dθ
0 0 4 4 0 2 φ=0

6
2π 2π
sin2 π sin2 0
Z   Z
1 1
= − dθ = 0 dθ = 0
4 0 2 2 4 0

Ce résultat était prévisible par symétrie : la fonction z est impaire par rapport au plan z = 0
et le domaine est symétrique. p
Exemple 10 : Calculer la masse du solide D délimité par z = x2 + y 2 et z = 4 si la
densité est δ(x, y, z) = z. p
En coordonnées cylindriques : z = x2 + y 2 devient z = r.
Le domaine est : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ r ≤ 4, r ≤ z ≤ 4
ZZZ Z 2π Z 4 Z 4
M= z dV = z · r dz dr dθ
D 0 0 r
2π Z 4 2 z=4 2π Z 4
Z   Z
z r
= r (16 − r2 ) dr dθ
dr dθ =
0 0 z=r 2
0 0 2
Z 2π Z 4 Z 2π  r=4
1 3 1 2 r4
= (16r − r ) dr dθ = 8r − dθ
2 0 0 2 0 4 r=0
1 2π 1 2π
Z Z
= (128 − 64) dθ = 64 dθ = 32 · 2π = 64π
2 0 2 0

1.7 Exercices pratiques avec changements de variables


ZZ
1
Exemple 11 : Calculer p dA où D = {(x, y) | 1 ≤ x2 + y 2 ≤ 4, x ≥ 0, y≥
D x2 + y2
0}
En coordonnées polaires : x = r cos θ, y = r sin θ
Le domaine devient : 1 ≤ r ≤ 2, 0 ≤ θ ≤ π2
ZZ 2 Z π/2 Z
1 1
p dA = · r dr dθ
D x2 + y 2 0 1 r
Z π/2 Z 2 Z π/2 Z π/2
π
= 1 dr dθ = (2 − 1) dθ = 1 dθ =
0 1 0 0 2
ZZ
2 2
Exemple 12 : Calculer e−(x +y ) dA où D est le quart de disque x2 + y 2 ≤ a2 , x ≥ 0,
D
y ≥ 0.
π
En coordonnées polaires : 0 ≤ r ≤ a, 0 ≤ θ ≤ 2
ZZ Z π/2 Z a
−(x2 +y 2 ) 2
e dA = e−r · r dr dθ
D 0 0
Z π/2  r=a Z π/2
1 2 1 2
= − e−r dθ = (1 − e−a ) dθ
0 2 r=0 0 2
π 2
= (1 − e−a )
4
ZZZ p
Exemple 13 : Calculer x2 + y 2 + z 2 dV où D est la boule x2 + y 2 + z 2 ≤ R2 .
D
En coordonnées sphériques :
ZZZ p Z 2π Z π Z R
2 2 2
x + y + z dV = ρ · ρ2 sin φ dρ dφ dθ
D 0 0 0

7
Z 2π Z π Z R 
3
= sin φ ρ dρ dφ dθ
0 0 0
2π π
R4 2π 4
Z Z Z
R
= sin φ · dφ dθ = [− cos φ]φ=π
φ=0 dθ
0 0 4 4 0
R4 2π R4 2π R4
Z Z
= (1 − (−1)) dθ = 2 dθ = · 2π = πR4
4 0 4 0 2
ZZZ
1
Exemple 14 : Calculer 2 + y 2 + z 2 )3/2
dV où D = {(x, y, z) | 1 ≤ x2 +y 2 +z 2 ≤ 4}.
D (x
En coordonnées sphériques :
ZZZ Z 2π Z π Z 2
1 1
2 2 2 3/2
dV = 3
· ρ2 sin φ dρ dφ dθ
D (x + y + z ) 0 0 1 ρ
Z 2π Z π Z 2  Z 2π Z π
1
= sin φ dρ dφ dθ = sin φ · ln 2 dφ dθ
0 0 1 ρ 0 0
Z 2π Z 2π Z 2π
φ=π
= ln 2 [− cos φ]φ=0 dθ = ln 2 (1 − (−1)) dθ = 2 ln 2 1 dθ
0 0 0
= 2 ln 2 · 2π = 4π ln 2

1.8 Application : Centres de masse


Exemple 15 : Trouver le centre de masse d’une plaque mince de densité constante δ0 , ayant
la forme d’un demi-disque de rayon R.
Par symétrie, x̄ = 0. Calculons ȳ.
2
Masse : M = δ0 · πR2 RR
Moment par rapport à l’axe x : Mx = D yδ0 dA
En coordonnées polaires : D = {(r, θ) | 0 ≤ r ≤ R, 0 ≤ θ ≤ π}
Z πZ R Z π Z R 
2
Mx = δ0 (r sin θ) · r dr dθ = δ0 sin θ r dr dθ
0 0 0 0
π 3 3 3
2δ0 R3
Z
R δ0 R δ0 R
= δ0 sin θ · dθ = [− cos θ]π0 = (2) =
0 3 3 3 3
Donc : 3
2δ0 R
Mx 3 4R
ȳ = = δ0 πR 2 =
M 2

Le centre de masse est donc en 0, 4R


.
Exemple 16 : Trouver le centre de masse d’un cône homogène de hauteur h et rayon de
base R, avec la base dans le plan z = 0 et le sommet en (0, 0, h).
Par symétrie, x̄ = ȳ = 0. Calculons z̄. 2
Le cône est défini par : 0 ≤ z ≤ h, x2 + y 2 ≤ Rh (h − z)
Volume : V = 13 πR2 h RRR
Moment par rapport au plan xy : Mxy = D
z dV
En coordonnées cylindriques : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ z ≤ h, 0 ≤ r ≤ Rh (h − z)
R
Z 2π Z h Z
h
(h−z)
Mxy = z · r dr dz dθ
0 0 0

8
2π h r= Rh (h−z) 2π h
r2 R2
Z Z  Z Z
= z dz dθ = z· (h − z)2 dz dθ
0 0 2 r=0 0 0 2h2
2 Z 2π Z h 2π Z h 2 Z
R 2 R 2
= 2 z(h − 2hz + z ) dz dθ = 2 (h2 z − 2hz 2 + z 3 ) dz dθ
2h 0 0 2h 0 0
2 Z 2π 4 z=h
 2 2 3

R hz 2hz z
= 2 − + dθ
2h 0 2 3 4 z=0
R2 2π h4 2h4 h4 R2 2π h4
Z   Z
= 2 − + dθ = 2 dθ
2h 0 2 3 4 2h 0 12
R2 h2 2π R2 h2 πR2 h2
Z
= 1 dθ = · 2π =
24 0 24 12
Donc : 2 2
πR h
Mxy h
z̄ = = 1 12 2 =
V 3
πR h 4
Le centre de masse est donc en 0, 0, h4 .


2 Changement de variables
2.1 Coordonnées polaires (dimension 2)
Pour passer des coordonnées cartésiennes (x, y) aux coordonnées polaires (r, θ) :
x = r cos θ, y = r sin θ, r ≥ 0, 0 ≤ θ ≤ 2π
Le jacobien de la transformation est le déterminant de la matrice jacobienne :
∂x ∂x
cos θ −r sin θ
J= ∂r
∂y
∂θ
∂y = = r(cos2 θ + sin2 θ) = r
∂r ∂θ
sin θ r cos θ
La formule de changement de variables s’écrit :
ZZ ZZ
f (x, y) dx dy = f (r cos θ, r sin θ) · r dr dθ
D D0

Remarque : Le facteur r provient du jacobien et est essentiel pour le calcul correct de


l’intégrale.
Exemple : Calcul de l’aire d’un disque de rayon R.
ZZ Z 2π Z R
A= dx dy = r dr dθ
x2 +y 2 ≤R2 0 0

2π r=R 2π
r2 R2 R2
Z  Z
= dθ = dθ = · 2π = πR2
0 2 r=0 0 2 2
ZZ
Exemple 2 : Calculer (x2 + y 2 ) dx dy où D est le disque x2 + y 2 ≤ 4.
D
En coordonnées polaires : x2 + y 2 = r2 , et le domaine devient 0 ≤ r ≤ 2, 0 ≤ θ ≤ 2π.
ZZ Z 2π Z 2 Z 2π Z 2
2 2 2
(x + y ) dx dy = r · r dr dθ = r3 dr dθ
D 0 0 0 0
Z 2π  4
r=2 Z 2π
r
= dθ = 4 dθ = 4 · 2π = 8π
0 4 r=0 0

9
2.2 Coordonnées cylindriques (dimension 3)
Pour passer des coordonnées cartésiennes (x, y, z) aux coordonnées cylindriques (r, θ, z) :

x = r cos θ, y = r sin θ, z = z, r ≥ 0, 0 ≤ θ ≤ 2π

Le jacobien est le même qu’en coordonnées polaires, puisque la coordonnée z reste inchangée :
∂x ∂x ∂x
∂r ∂θ ∂z cos θ −r sin θ 0
∂y ∂y ∂y
J= ∂r ∂θ ∂z
= sin θ r cos θ 0 = r
∂z ∂z ∂z
∂r ∂θ ∂z
0 0 1

La formule de changement de variables s’écrit :


ZZZ ZZZ
f (x, y, z) dx dy dz = f (r cos θ, r sin θ, z) · r dr dθ dz
D D0

Exemple : Volume d’un cylindre de rayon R et hauteur h.


ZZZ Z 2π Z R Z h
V = dx dy dz = r dz dr dθ
x2 +y 2 ≤R2 , 0≤z≤h 0 0 0

Z 2π Z R Z 2π Z R
= r [z]z=h
z=0 dr dθ = rh dr dθ
0 0 0 0
2π r=R 2π
r2 R2 h R2 h
Z  Z
= h dθ = dθ = · 2π = πR2 h
0 2 r=0 0 2 2
Exemple 2 : Calculer la masse d’un cylindre solide de rayon R, hauteur h, avec densité
δ(x, y, z) = z.
ZZZ Z 2π Z R Z h
M= z dx dy dz = z · r dz dr dθ
D 0 0 0
2π R 2 z=h 2π R
rh2
Z Z   Z Z
z
= r dr dθ = dr dθ
0 0 2 z=0 0 0 2
2π  2 r=R 2π
h2 h2 R2 R2 h2 πR2 h2
Z  Z
r
= dθ = dθ = · 2π =
2 0 2 r=0 2 0 2 4 2

2.3 Coordonnées sphériques (dimension 3)


Pour passer des coordonnées cartésiennes (x, y, z) aux coordonnées sphériques (ρ, θ, φ) :

x = ρ sin φ cos θ, y = ρ sin φ sin θ, z = ρ cos φ

avec ρ ≥ 0, 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ φ ≤ π.
Le jacobien est :
∂x ∂x ∂x
∂ρ ∂θ ∂φ
∂y ∂y ∂y
J= ∂ρ ∂θ ∂φ = ρ2 sin φ
∂z ∂z ∂z
∂ρ ∂θ ∂φ

La formule de changement de variables s’écrit :


ZZZ ZZZ
f (x, y, z) dx dy dz = f (ρ sin φ cos θ, ρ sin φ sin θ, ρ cos φ) · ρ2 sin φ dρ dθ dφ
D D0

10
Remarque : L’ordre des différentielles peut varier, mais le produit ρ2 sin φ doit toujours
être présent.
Exemple : Volume d’une sphère de rayon R.
ZZZ Z 2π Z π Z R
V = dx dy dz = ρ2 sin φ dρ dφ dθ
x2 +y 2 +z 2 ≤R2 0 0 0

2π π ρ=R 2π π
ρ3 R3
Z Z  Z Z
= sin φ dφ dθ = sin φ dφ dθ
0 0 3 ρ=0 0 0 3
2π 2π
R3 R3
Z Z
= [− cos φ]φ=π
φ=0 dθ = (1 − (−1)) dθ
3 0 3 0

R3 2π 2R3 4πR3
Z
= 2 dθ = · 2π =
3 0 3 3
ZZZ
Exemple 2 : Calculer (x2 + y 2 + z 2 ) dx dy dz où D est la boule x2 + y 2 + z 2 ≤ R2 .
D
En coordonnées sphériques : x2 + y 2 + z 2 = ρ2 .
ZZZ Z 2π Z π Z R
2 2 2
(x + y + z ) dx dy dz = ρ2 · ρ2 sin φ dρ dφ dθ
D 0 0 0
2π π R 2π π
R5
Z Z Z  Z Z
4
= sin φ ρ dρ dφ dθ = sin φ · dφ dθ
0 0 0 0 0 5
2π 2π
R5 R5 2R5 4πR5
Z Z
φ=π
= [− cos φ]φ=0 dθ = 2 dθ = · 2π =
5 0 5 0 5 5

2.4 Changement de variables général


Pour un changement de variables (x, y) = T (u, v) avec T : D0 → D bijectif et de classe C 1 ,
la formule générale est :
ZZ ZZ
f (x, y) dx dy = f (T (u, v)) · |JT (u, v)| du dv
D D0

où JT (u, v) est le jacobien de la transformation T .


De même en dimension 3, pour (x, y, z) = T (u, v, w) :
ZZZ ZZZ
f (x, y, z) dx dy dz = f (T (u, v, w)) · |JT (u, v, w)| du dv dw
D D0

Exemple : Changement de variables affine. Soit T (u, v) = (2u + v, u − v). Le jacobien est :
∂x ∂x
∂u ∂v 2 1
J= ∂y ∂y = = (2)(−1) − (1)(1) = −3
∂u ∂v
1 −1

Donc |J| = 3. Si D0 est transformé en D par T , alors :


ZZ ZZ
f (x, y) dx dy = f (2u + v, u − v) · 3 du dv
D D0

Application importante : Les coordonnées polaires, cylindriques et sphériques sont des


cas particuliers de changement de variables, très utiles lorsque le domaine d’intégration possède
une symétrie circulaire, cylindrique ou sphérique.

11
3 Applications physiques
3.1 Masse d’un objet
Si δ(x, y, z) est la densité massique au point (x, y, z), la masse totale est :
ZZZ
M= δ(x, y, z) dV
D

Exemple : Sphère homogène de rayon R et densité δ0 .

4πR3
M = δ0 · V = δ0 ·
3

3.2 Centre de masse


Pour un objet de densité δ(x, y, z) :
ZZZ ZZZ ZZZ
1 1 1
x̄ = xδ(x, y, z) dV, ȳ = yδ(x, y, z) dV, z̄ = zδ(x, y, z) dV
M D M D M D

Exemple : Demi-sphère solide homogène z ≥ 0, x2 + y 2 + z 2 ≤ R2 .


Par symétrie, x̄ = ȳ = 0. Calculons z̄ :
ZZZ Z 2π Z π/2 Z R
1 2
z̄ = z dV = 2 3 (ρ cos φ) · ρ2 sin φ dρ dφ dθ
V /2 D 3
πR 0 0 0

2π π/2 R π/2
R4
Z Z Z Z
3 3 3
= ρ cos φ sin φ d‘ρ dφ dθ = · 2π · cos φ sin φ dφ
πR3 0 0 0 πR3 0 4
4
3 R 1 3R
= 3
· · =
R 4 2 8

4 Techniques spéciales pour le calcul d’intégrales multiples


4.1 Utilisation des symétries
L’exploitation des symétries peut simplifier considérablement le calcul d’intégrales multiples.
— Symétrie paire/impaire par rapport à un axe : Si f (−x, y) = f (x, y) (fonction
paire en x), alors :
ZZ ZZ
f (x, y) dx dy = 2 f (x, y) dx dy
[−a,a]×[c,d] [0,a]×[c,d]

Si f (−x, y) = −f (x, y) (fonction impaire en x) et le domaine est symétrique par rapport


à l’axe y, alors l’intégrale est nulle. p
— Symétrie sphérique : Si f (x, y, z) = g(r) où r = x2 + y 2 + z 2 , utiliser les coordon-
nées sphériques. L’intégrale devient :
ZZZ Z r2
f (x, y, z) dx dy dz = 4π g(r)r2 dr
D r1

si le domaine est une coquille sphérique complète.

12
p
— Symétrie cylindrique : Si f (x, y, z) = g( x2 + y 2 , z), utiliser les coordonnées cylin-
driques. Pour un domaine invariant par rotation autour de l’axe z :
ZZZ ZZ
f (x, y, z) dx dy dz = 2π g(r, z)r dr dz
D D0

où D0 est la section Zméridienne


ZZ du domaine.
2
Exemple 1 : Calculer z dx dy dz où D est la boule x2 + y 2 + z 2 ≤ R2 .
D
Par symétrie sphérique, on utilise les coordonnées sphériques :
ZZZ Z 2π Z π Z R
2
z dx dy dz = (ρ cos φ)2 · ρ2 sin φ dρ dφ dθ
D 0 0 0
Z 2π Z π Z R
2
= dθ cos φ sin φ dφ ρ4 dρ
0 0 0
π  5 R
cos3 φ 2 R5 4πR5
 
ρ
= (2π) − = 2π · · =
3 0 5 0 3 5 15
ZZZ
Exemple 2 : Montrer que x dx dy dz = 0 où D est la boule x2 + y 2 + z 2 ≤ R2 .
D
La fonction f (x, y, z) = x est impaire en x et le domaine est symétrique par rapport au plan
y-z. Donc l’intégrale est nulle.

4.2 Changement d’ordre d’intégration


Parfois, l’ordre d’intégration initial conduit à des calculs difficiles ou impossibles. Changer
l’ordre peut simplifier considérablement.
Z Z 1 1
2
Exemple 1 : Calculer ey dy dx.
R1 0 2 x
L’intégrale intérieure x ey dy n’a pas de primitive élémentaire. Changeons l’ordre :
Le domaine d’intégration est : 0 ≤ x ≤ 1, x ≤ y ≤ 1.
Ceci équivaut à : 0 ≤ y ≤ 1, 0 ≤ x ≤ y.
Donc : Z 1Z 1 Z 1Z y Z 1
y2 y2 2
e dy dx = e dx dy = ey · y dy
0 x 0 0 0
1
Posons u = y 2 , alors du = 2y dy, donc y dy = 2
du :

1 1 u e−1
Z
1
= e du = [eu ]10 =
2 0 2 2
Z 1Z 1
sin x
Exemple 2 : Calculer dx dy.
0 y x
Le domaine est : 0 ≤ y ≤ 1, y ≤ x ≤ 1.
Ceci équivaut à : 0 ≤ x ≤ 1, 0 ≤ y ≤ x.
Donc :
Z 1Z 1 Z 1Z x Z 1 Z 1
sin x sin x sin x
dx dy = dy dx = · x dx = sin x dx = [− cos x]10 = 1 − cos 1
0 y x 0 0 x 0 x 0

13
4.3 Intégrales impropres
Pour les domaines non bornés ou les fonctions non bornées, on définit l’intégrale comme une
limite d’intégrales sur des domaines
ZZ bornés.
2 +y 2 )
Exemple 1 : Calculer e−(x dx dy.
R2
En coordonnées polaires :
ZZ Z 2π Z R
−(x2 +y 2 ) 2
e dx dy = lim e−r r dr dθ
R2 R→∞ 0 0
 Z r=R
2π Z 2π
1 −r2 1 2
= lim − e dθ = lim (1 − e−R ) dθ
R→∞ 0 2 r=0
R→∞ 0 2
Z 2π
1 1
= dθ = · 2π = π
0 2 2
ZZZ
1
Exemple 2 : Calculer 2 2 2 2
dx dy dz.
R3 (1 + x + y + z )
En coordonnées sphériques :
ZZZ Z 2π Z π Z R
1 1
2 2 2 2
dx dy dz = lim 2 2
· ρ2 sin φ dρ dφ dθ
R3 (1 + x + y + z ) R→∞ 0 0 0 (1 + ρ )

2π π R
ρ2
Z Z Z
= lim dθ sin φ dφ dρ
R→∞ 0 0 0 (1 + ρ2 )2
R
ρ2
Z
= lim (2π) · (2) · dρ
R→∞ 0 (1 + ρ2 )2
ρ2
R
Pour calculer (1+ρ2 )2
dρ, on pose ρ = tan t, alors dρ = sec2 t dt et :

ρ2 tan2 t
Z Z Z Z
1 t sin 2t
dρ = sec2 t dt = 2
sin t dt = (1 − cos 2t) dt = −
(1 + ρ2 )2 sec4 t 2 2 4

En revenant à ρ : t = arctan ρ, sin 2t = 1+ρ2
, donc :

R R
ρ2
Z 
arctan ρ ρ arctan R R
2 2
dρ = − 2
= −
0 (1 + ρ ) 2 2(1 + ρ ) 0 2 2(1 + R2 )
π R
Quand R → ∞, arctan R → 2
et 1+R2
→ 0, donc :
ZZZ
1 π
dx dy dz = 4π · = π 2
R3 (1 + x2 2 2
+y +z ) 2 4

4.4 Découpage du domaine


Pour les domaines complexes, il peut être utile de les décomposer en sous-domaines plus
simples. ZZ
Exemple : Calculer (x + y) dx dy où D est le domaine délimité par y = x2 , y = 4 − x2 .
D √
Les courbes se coupent lorsque x2 = 4 − x2 , soit 2x2 = 4, donc x = ± 2.
On découpe√D en deux√ sous-domaines :
— Pour − 2 ≤ x ≤ 2, x ≤ y ≤ 4 − x2
2

14
— On pourrait aussi découper selon y, mais ici la découpe selon x est plus simple

ZZ Z 2 Z 4−x2
(x + y) dx dy = √
(x + y) dy dx
D − 2 x2
√ y=4−x2
2
y2
Z 
= √
xy + dx
− 2 2 y=x2

2
(4 − x2 )2 x4
Z   
2 2
= √ x(4 − x ) + − x·x + dx
− 2 2 2
Z √2 
16 − 8x2 + x4 x4

3 3
= √ 4x − x + −x − dx
− 2 2 2
Z √2 
x4 x4

3 2
= √ 4x − 2x + 8 − 4x + − dx
− 2 2 2
Z √2
= √ (4x − 2x3 + 8 − 4x2 ) dx
− 2
3
√ √
Les termes impairs (4x, −2x ) donnent une intégrale nulle sur [− 2, 2], donc :
Z √
2  3Z√2 √
2
4x
= √ (8 − 4x2 ) dx = 2 (8 − 4x2 ) dx = 2 8x −
− 2 0 3 0
√ ! √ ! √ √
√ 4·2 2 √ 8 2 16 2 32 2
=2 8 2− =2 8 2− =2· =
3 3 3 3

4.5 Utilisation de la linéarité


La linéarité de l’intégrale
Z Z permet de séparer les calculs.
Exemple : Calculer (x2 y + sin x cos y) dx dy où D = [0, π] × [0, π].
D
ZZ ZZ ZZ
2 2
(x y + sin x cos y) dx dy = x y dx dy + sin x cos y dx dy
D D D
Z π  Z π  Z π  Z π 
2
= x dx y dy + sin x dx cos y dy
0 0 0 0
π   2 π 
x3

y
= + ([− cos x]π0 ) ([sin y]π0 )
3 0 2 0
 3 2
π π π5 π5
= + (1 − (−1)) (0 − 0) = +0=
3 2 6 6

5 Exemples d’intégrales multiples complexes


5.1 7 exemples avec corrections détaillées
Exemple 1Z Z
:ZIntégrale triple avec changement de variables
p
Calculer I = x2 + y 2 + z 2 dx dy dz où D = {(x, y, z) | x2 + y 2 + z 2 ≤ 1, z ≥ 0}
D
(demi-sphère supérieure).

15
Correction : En coordonnées sphériques :

x = ρ sin φ cos θ, y = ρ sin φ sin θ, z = ρ cos φ

avec 0 ≤ ρ ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ φ ≤ π/2.


Z 2π Z π/2 Z 1 Z 2π Z π/2 Z 1
2
I= ρ · ρ sin φ dρ dφ dθ = dθ sin φ dφ ρ3 dρ
0 0 0 0 0 0
4 1
 
ρ 1 π
= (2π) · [− cos φ]π/2
0 · = 2π · (0 − (−1)) · =
4 0 4 2

ExempleZ2Z : Intégrale double avec domaine complexe
1
Calculer I = 2 2 2
dx dy où D = {(x, y) | 1 ≤ x2 + y 2 ≤ 4, x ≥ 0, y ≥ 0}.
D (x + y )
Correction : En coordonnées polaires : x = r cos θ, y = r sin θ, avec 1 ≤ r ≤ 2, 0 ≤ θ ≤ π/2.
Z π/2 Z π/2 Z 2
Z 2 Z 2
1 1 π
I= 4
· r dr dθ = dθ 3
dr = · r−3 dr
0 1 r 0 1 r 2 1
 2  
π 1 π 1 1 π 3 3π
= · − 2 = · − + = · =
2 2r 1 2 8 2 2 8 16

Exemple 3 : Centre de masse d’un solide
Trouver le centre de masse d’un cône homogène de hauteur h et rayon de base R, avec le sommet
à l’origine et la base dans le plan z = h. 2
Correction : Le cône est défini par : 0 ≤ z ≤ h, x2 + y 2 ≤ Rh z .
Par symétrie, x̄ = ȳ = 0. Calculons z̄ :
ZZZ
1 2
V = πR h, Mxy = z dx dy dz
3 D
R
En coordonnées cylindriques : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ z ≤ h, 0 ≤ r ≤ h
z

2π h R
z 2π h  Rh z
r2
Z Z Z Z Z 
h
Mxy = z · r dr dz dθ = dθ z dz
0 0 0 0 0 2 0
h h
R2 z 2 πR2 πR2 h4 πR2 h2
Z Z
= 2π z· dz = z 3 dz = · =
0 2h2 h2 0 h2 4 4
πR h 2 2
Mxy 3h
z̄ = = 1 42 =
V 3
πR h 4

ExempleZ4Z : Intégrale impropre
1
Calculer I = 2 2 2
dx dy.
R2 (1 + x + y )
Correction : En coordonnées polaires :
Z 2π Z ∞ Z ∞
1 r
I= 2 2
· r dr dθ = 2π dr
0 0 (1 + r ) 0 (1 + r2 )2

Posons u = 1 + r2 , du = 2r dr, donc r dr = 12 du :

16
Z ∞  ∞
1 1 1
I = 2π · du = π − = π (0 − (−1)) = π
2 1 u2 u 1

ExempleZ5 :ZChangement d’ordre d’intégration
1 1 √
Calculer I = √
1 + x3 dx dy.
0 y

Correction : Le domaine est : 0 ≤ y ≤ 1, y ≤ x ≤ 1.
Ceci équivaut à : 0 ≤ x ≤ 1, 0 ≤ y ≤ x2 .
Z 1 Z x2 √ Z 1 √
I= 1 + x3 dy dx = 1 + x3 · x2 dx
0 0 0
3 2
Posons u = 1 + x , du = 3x dx :
2
2 √ 2 √
Z 
1 1 2 3/2 
I= u du = u = 2 2−1
3 1 3 3 1 9

Exemple 6 Z : ZIntégrale
Z triple avec paramètre
2 2 2
Calculer I(a) = e−(x +y +z ) dx dy dz où D = {(x, y, z) | x2 + y 2 + z 2 ≤ a2 }.
D
Correction : En coordonnées sphériques :
Z 2π Z π Z a
2
I(a) = e−ρ · ρ2 sin φ dρ dφ dθ
0 0 0
Z 2π  Z π  Z a 
−ρ2 2
= dθ sin φ dφ e ρ dρ
0 0 0
Z a Z a
−ρ2 2 2
= 2π · 2 · e ρ dρ = 4π e−ρ ρ2 dρ
0 0
−ρ2
Par intégration par parties avec u = ρ, dv = ρe dρ :
Z a h ρ 2 ia 1 Z a a −a2 1 a −ρ2
Z
−ρ2 2 −ρ −ρ2
e ρ dρ = − e + e dρ = − e + e dρ
0 2 0 2 0 2 2 0
Donc :
a −a2 1 a −ρ2
 Z  Z a 
−ρ2 −a2
I(a) = 4π − e + e dρ = 2π e dρ − ae
2 2 0 0

Exemple 7 : Application physique
Calculer le moment d’inertie par rapport à l’axe z d’un cylindre plein homogène de rayon R,
hauteur h, et densité δ0 . RRR
Correction : Le moment d’inertie est Iz = D
(x2 + y 2 )δ0 dx dy dz.
En coordonnées cylindriques : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ r ≤ R, 0 ≤ z ≤ h
Z 2π Z R Z h Z 2π Z R Z h
2 3
Iz = δ0 r · r dz dr dθ = δ0 dθ r dr dz
0 0 0 0 0 0
4 R
R4 πδ0 R4 h
 
r
= δ0 · 2π · · h = δ0 · 2π · ·h=
4 0 4 2
Comme la masse est M = δ0 · πR h, on a aussi Iz = 12 M R2 .2

17
5.2 7 exemples sans corrections (pour exercice)
Exercice
ZZ 1 : 2
x
Calculer 2 2
dx dy où D = {(x, y) | 1 ≤ x2 + y 2 ≤ 4, y ≥ 0}.
D x + y

Exercice
ZZZ 2 :
z
Calculer p dx dy dz où D = {(x, y, z) | 1 ≤ x2 + y 2 ≤ 4, 0 ≤ z ≤ 1}.
2
x +y 2
D

Exercice 3 : p
Trouver le volume du solide délimité par z = x2 + y 2 et z = 2 − x2 + y 2 .

Exercice
Z 1 Z41 : y
e
Calculer dy dx en changeant l’ordre d’intégration.
0 x2 y

Exercice
ZZ 5 :
Calculer ln(x2 + y 2 ) dx dy où D = {(x, y) | 1 ≤ x2 + y 2 ≤ e, x ≥ 0}.
D

Exercice 6 :
Trouver le centre de masse d’une demi-boule homogène de rayon R (hémisphère solide z ≥ 0,
x2 + y 2 + z 2 ≤ R2 ).

Exercice
ZZZ 7 :
1
Calculer 2 2 2 )3/2
dx dy dz où D = {(x, y, z) | 1 ≤ x2 + y 2 + z 2 ≤ 4, z ≥ 0}.
D (x + y + z

5.3 Indications pour les exercices


1. Utiliser les coordonnées polaires.
2. Coordonnées cylindriques.
3. Déterminer d’abord l’intersection des deux surfaces.

4. Changer l’ordre d’intégration : 0 ≤ y ≤ 1, 0 ≤ x ≤ y.
5. Coordonnées polaires, puis intégration par parties.
6. Par symétrie x̄ = ȳ = 0, calculer z̄ avec coordonnées sphériques.
7. Coordonnées sphériques, attention aux bornes pour φ.

18

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