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Résistances à la conquête coloniale en Côte d'Ivoire

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INTRODUCTION

La conquête coloniale de la Côte d’Ivoire s’est engagée bien avant l’érection du territoire en
colonie française le 10 mars 1893. Les populations indigènes ont opposé des résistances aussi
bien passives que violentes.

Quelles sont les causes et les formes des résistances à la conquête territoriale en Côte
d’Ivoire ? Et quelles sont les étapes de cette conquête territoriale ?

L’époque des résistances débuta dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle après les premières
percées impérialistes en Afrique. Elle se prolongea jusqu’au XXᵉ siècle. La résistance est un
mouvement d’autodéfense pour garder sa liberté et sa dignité.

2-1 Les résistances passives

Ce sont celles manifestées par les peuples ivoiriens de façon pacifique. En 1885, les Abourés
de Yaou ferment le Comoé aux Français. Les populations Ébrié ferment la lagune au
commerce européen en 1886. Cette forme consistait également pour les populations à migrer
massivement ou de s’enfuir.

2-2 Les résistances violentes

Cette résistance est précoce et se manifeste déjà pendant la période d’exploration. Celle-ci se
fait par la force :

➤ Les lagunaires

En 1890, on assiste à l’attaque des postes de douane de Lahou et de Jacqueville. Les Français
bombardent leurs villages et écrasent la résistance. En 1891, les populations Adjoukrou et
Bouboury attaquent le fort de Dabou.

➤ Les résistances de Samory Touré

De 1893 à 1898, Samory et ses troupes mènent une guerre permanente contre les Français. Ils
utilisaient la technique de la terre brûlée qui consiste à détruire tout sur son passage afin
d’affamer l’ennemi. Après un dur combat à Doué au nord de Biankouma, Samory est enfin
capturé à Guélémou et déporté au Gabon.

➤ Les résistances Akan


Chez les Akan, les résistances les plus significatives sont celles des Baoulés. De 1894 à 1899,
les populations Baoulés mènent des attaques contre les convois et les colonnes militaires
françaises.

Les Agni d’Agnibilékrou entre 1898 et 1899 livrent une bataille contre les Français à
Assikasso. En 1898 tout le royaume d’Ndenye se soulève contre les Français. Ils sont matés et
le roi Kassi Dihyé est arrêté et déporté.

I – LES CAUSES ET LES FORMES DES RÉSISTANCES À LA CONQUÊTE


COLONIALE EN CÔTE D’IVOIRE

1 – Les causes des résistances aux conquêtes coloniales

1-1 Les causes politiques

Elles sont liées à la défense de leur souveraineté. La conquête européenne provoque un


profond bouleversement de l’ordre politique ancien et porte atteinte à la dignité, à l’intégrité
et à la souveraineté de leur État. L’installation des postes de douane, la demande fréquente de
produits et les convocations cavalières de leaders politiques sont perçues comme autant
d’atteintes à la souveraineté des peuples indigènes. Ces peuples ont le désir de maintenir leur
liberté.

1-2 Les causes économiques

L’arrivée des Français perturbe les relations commerciales établies. Les peuples côtiers
refusent cette rivalité commerciale à cause de la baisse des profits dus au contact direct établi
par les Français avec les peuples de l’intérieur.
Les peuples côtiers tiraient beaucoup d’avantages économiques du rôle d’intermédiaires entre
les Européens et les peuples de l’intérieur du pays (échanges de produits : esclaves, or, huile).
Ils ne veulent donc pas perdre ces avantages commerciaux avec la pénétration européenne à
l’intérieur des États.
C’est le cas des Alladian, des Abouré. Pour ces mêmes peuples, la cessation de versements de
taxes par les Européens constitue un manque à gagner.

1-3 Les causes religieuses

Les peuples islamisés luttent contre les Français qu’ils considèrent comme des infidèles qui
viennent perturber les sociétés islamiques.

Si tu veux, je peux aussi mettre tout cela au propre dans un document Word, ou faire un
plan détaillé, un résumé, ou une version plus longue.
I – LES ÉTAPES DE LA CONQUÊTE TERRITORIALE EN CÔTE D’IVOIRE

Les premiers contacts entre la France et la Côte d’Ivoire ont lieu à Assinie en 1687. Mais c’est
à partir de 1843 que débute véritablement l’implantation de la France après deux siècles de
présence intermittente.

On distingue deux phases de conquête coloniale en Côte d’Ivoire :

La pénétration pacifique : 1893 – 1908

La manière forte : 1908 – 1920

1 – La conquête pacifique 1893-1908

Le gouverneur Louis Gustave Binger préconise la conquête pacifique en Côte d’Ivoire du 20


mars 1893 au 23 février 1896. Mais cette politique de pénétration pacifique est appliquée par
le gouverneur Clozel en :

collaborant avec les populations indigènes.

n’ayant pas systématiquement recours à la force.

installant une administration civile.


Bien avant l’arrivée de Binger, la pénétration pacifique s’est traduite par :

1-1 La création des comptoirs

C’est la forme économique de la conquête. Dès la première moitié du XIXᵉ siècle (1843-
1875), la France signe des traités avec quelques chefs locaux et obtient ainsi le droit
d’implanter des comptoirs à Assinie, Grand-Bassam et à Dabou pour y faire le commerce. La
création de ces comptoirs place le littoral sud-est sous l’influence française. Ces comptoirs
sont des lieux d’échange.

---

1-2 Les missions et explorations

C’est la forme politique de la conquête. Elle est marquée par la signature de traités d’amitié
avec les chefs locaux qui placent leur territoire sous protectorat français. En 1885, après le
congrès de Berlin, la France revient en Côte d’Ivoire et lance une série d’explorations afin de
mieux connaître l’arrière-pays ivoirien.

Quelques exemples de missions d’explorations françaises en Côte d’Ivoire :

✓ La mission Marcel Treich-Laplène de 1887 à 1889 concernant l’Est de la Côte d’Ivoire, du


Sanwi à Kong.
✓ La mission Gustave Binger de 1887 à 1889, il part de Bamako au Soudan occidental à
Kong où il signe un traité commercial avec le roi de Kong qui met le pays sous protectorat
français.

✓ La mission Bidaud de 1890 à 1891 concerne la région du sud-ouest, la région de Tabou.

Ces missions se poursuivront jusqu’au début du XXᵉ siècle (1902). Lors de ces missions, la
France acquiert des possessions dans l’hinterland grâce à des traités signés avec les chefs et
rois de l’intérieur (avec le roi Amoikon Dihyé 1er de l’Indénié, avec Adjoumani, roi de
Bondoukou, avec Karamoko Ouattara, roi de Kong…).

1-3 La signature des conventions

C’est la forme diplomatique. La convention du 26 juin 1891 pose les principes de la limitation
des frontières entre les possessions françaises et britanniques. Le 10 mars 1893, la France crée
la colonie de Côte d’Ivoire dans le souci de regrouper toutes ses possessions ivoiriennes et de
mettre fin aux convoitises anglaises sur la région.

Cette politique a été un échec. L’occupation française se limite aux régions du nord, ancien
domaine de Samory, au littoral sud-est et à la frontière orientale. Le reste de la colonie
notamment le centre et l’ouest échappe à l’autorité française. Cet échec emmène les colons à
envisager une autre méthode.

---

2 – La conquête brutale (1908 – 1920)


Elle est appliquée par le gouverneur Louis Gabriel Angoulvant du 18 février 1908 au 27
décembre 1916. La méthode utilisée par Angoulvant pour soumettre les populations
ivoiriennes. Pour soumettre les populations, Angoulvant a utilisé la méthode forte caractérisée
par :

L’augmentation des effectifs militaires : 840 militaires sous Clozel contre 2001 militaires plus
1300 miliciens et 1247 gardes de police sous Angoulvant en 1910.

L’aggravation des sanctions contre les populations (internement et déportation des chefs…)

L’installation d’administrations civiles normales dans les régions soumises.

L’installation de cercles militaires dans les régions insoumises (Bouna, Guiglo-Toulepleu,


Dimbokro, Man)

Cette méthode a permis la conquête totale de la Côte d’Ivoire en 1920.

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